Naeryan Valmont
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le Ven 10 Fév 2017 - 14:43
par Naeryan Valmont


Naeryan Nanase


" Le dessin n'est pas la forme.
Il est la manière de voir la forme..."
Première esquisse

Nom ;; Nanase
Prénoms ;; Naeryan
Âge ;; 27 ans (Née le 14 février 2082)
Genre ;; Féminin
Origines ;; Japonaise
Activité ;;  Artiste du 3ème art (dessin) || Doubleuse voix cinéma et télévision
Sexualité ;; Bi-sexuelle
Avatar ;; Veloce Visrin de la Visual Novel 'Carciphona' from Shilin
Règlement ;; Nop nop nop !! - Yaishi
Chemin ;; DC
Commentaire ;; Désolée, j'ai fait (un peu plus) long cette fois-ci... ^^
Tout homme a, a eu ou aura besoin d'un dessin pour faire passer son message
23 ans. C'est l'âge qu'avait mon père, Yushiro Nanase, lorsque l'Incontestable lui a ordonné de se marier. Une jeune femme de 5 ans son aînée, Sona Izuno, se voit donc devenir Nanase avant de s'installer avec son nouveau mari. La cohabitation n'est pas toujours évidente, mais les deux époux se supportent, se tolèrent et en viennent même rapidement à s'apprécier. Lui, membre du gang de son frère et elle, styliste à la carrière en plein essor. Deux caractères affirmés mais capable de s'entendre.

Au final, une union pas si dramatique que cela. Pas le grand amour mais une histoire agréable. Ponctuée malgré tout de petites anicroches. Comme dans tous les couples me direz-vous. Toujours est-il que l'idée de la descendance fit son chemin sans se voir obligée par l'ordinateur central. Cependant, la réalisation de ce doux se révéla compliquée. La santé fragile de la jeune femme lui fit perdre deux enfants coup sur coup, avant de les laisser choisir de laisser cette idée de côté.

Son frère aîné, Yato Nanase, était marié et père de son premier enfant. Une joie que Yushiro partagea avec sa belle-sœur faute de trouver son frère très concerné par cette naissance. Puis, 2 ans plus tard, suivi un second fils. Si le bonheur d'être oncle était toujours présent, une pointe de jalousie perçait également le cœur de Yushiro. Pourquoi cet homme, incapable d'apprécier le fait d'avoir une famille, était-il gratifié de 2 si beaux bébés alors que malgré tous ses efforts, sa propre demeure demeurait vide des cris d'un quelconque nourrisson?

Pourtant, sa détresse avait dû être entendue car Sona retomba enceinte. Peu après l'anniversaire de leurs 6 ans de mariage. Une grossesse classée à risque et surveillée de très près. Mais qui se déroula plutôt bien. Les deux futurs parents devenaient de plus en plus fébriles à l'approche de la date fatidique et finalement, furent même pris de cours. Avec plus de 3 semaines d'avance, Sona perdit les eaux et fut emmenée d'urgence à l’hôpital pour enfin donner la vie. Mélange étrange d'impatience et de nervosité, ce sentiment inconnu avait malgré tout un gout d'aventure et de bonheur attendu.

Un 14 février. Au crépuscule. Alors que la neige se mettait à tomber en doux flocons, légers et cotonneux. Deux cris se firent échos dans une salle de travail. Celui de la vie, du premier souffle qui parcouru mes poumons. Celui de la douleur, de la délivrance pour cette femme qui avait tout donné pour me tenir contre son cœur. Pourtant, cette étreinte sera la seule qu'elle ne pourra jamais m'offrir. Sa constitution fragile ne lui permit pas de récupérer et les complications se succédèrent, l'emportant en moins de 48h.

Le retour à la maison se révéla difficile, les premières semaines de cohabitation entre mon père et moi furent plutôt ardues mais rapidement, il m'accepta. Non, je n'étais pas coupable. Et j'étais tellement à son image. Oui, avec le temps, il avait fini par l'aimer et ne le découvrait que maintenant. A travers moi. En fait, il souffrait davantage de la solitude que provoquait le départ de son épouse que du fait d'être père célibataire. Pas très doué avec la maternité, il se révéla malgré tout un père attentionné et présent. Juste et attentif, s'assurant que je ne manque de rien. Pour faire honneur à son souvenir toujours bien présent.

Si la vie est injuste, elle est joueuse aussi. La preuve avec cette lettre qui attira mon attention de petite fille de par sa forme et sa couleur atypique. Épaisse et rose. J'avais tout juste 3 ans et je préparais ma première rentrée scolaire mais le regard de mon père en cet instant, je ne l'oublierais jamais. Surprise, colère, résignation. Son visage passa par tant d'émotions contradictoires que j'en eus presque le tournis. Avant que son sourire ne revienne, destiné à ma seule attention. Nous allons déménager bientôt, dans un meilleur quartier et pour une belle maison. Et tout irait bien, a t'il répété à plusieurs reprises. Alors, pourquoi tremblait-il en me racontant tout cela?

Mon seul souvenir d'Oncle Yato reste cette soirée d'orage de printemps. Ses cris et sa voix déformée par la colère et la honte. Ses gestes vifs, sa respiration rapide, son visage crispé et ses poings serrés. Je me trouvais dans le coin opposé du salon, jouant calmement avec une peluche ou une poupée lorsque je me suis tournée vers eux, suite à coup de tonnerre un peu plus fort que les autres. Mon père est venu me prendre dans ses bras, pour me rassurer et c'est là que ces mots ont retenti, avec une telle violence que je les garde inconsciemment gravés dans ma mémoire.

En plus d'être une tapette, ta fille est une tarée...
Tu n'es plus mon frère...
Je ne veux plus jamais entendre parler de toi...


Mon père m'a simplement caressé les cheveux avant de se diriger vers la porte du salon. Son geste bien que doux me semblait plus rude qu'à l'ordinaire. Il m'a déposé au sol avant de me demander de rester ici sagement. La porte s'est refermée et des bruits bizarres me sont parvenus depuis l'autre côté. Grognements, cris, éructations, coups sourds, bris d'objets divers. Moi, je restais simplement là à fixer la porte, comme on me l'avait demandé. Sans expression ni attitude particulière.

Le diagnostic était tombé 3 jours plus tôt. Troubles autistiques légers, de haut niveau. Pas de retard de développement mais des perturbations principalement au niveau de l'interaction sociale et un peu au niveau de la communication dans mon cas précis. Personnellement, cela ne m'a rien fait mais Zachary avait semblé soulagé. Rien de trop grave selon lui et j'étais encore jeune. C'était lui qui avait reconnu les signes et qui nous avait obtenu un rendez-vous avec un médecin compétent et reconnu dans le domaine. Qui les avait rassurés sur mon état. Je ne serai pas inadaptée, simplement un peu différente.

D'ailleurs, c'est lui qui rentre. Et en me trouvant devant la porte fermée, il grince des dents. Les bruits n'ont pas cessé et il me demande d'aller chercher deux serviettes dans la salle de bains. Ce que je fais. Mais du haut de mes 3 ans, la tâche se révélait ardue. Et lorsqu'enfin je reviens dans le salon, oncle Yato a disparu. Je ne le reverrais plus. Zachary est venu s'occuper de mon père, assis sur le canapé et plutôt abîmé. Lui, pas le canapé. Il me remercie tandis que je lui remets les serviettes, le laissant soigner mon père. A qui, en plus de son cœur, la vie vient de prendre ce qui lui restait d'orgueil. En lui arrachant la seule larme que je ne le verrais jamais verser.

Pourtant, l'adage est bien connu. Avec le temps, on finit par guérir de tout. Malgré tout, depuis cet incident, j'ai la sensation de ne plus être aussi proche de mon père qu'avant. Et puis, la vie n'est pas tous les jours faciles avec Zachary. Je les entends se disputer souvent, à propos de travail et d'avenir. Et même s'ils font semblant devant moi, je me rends bien compte que tout ne va pas aussi bien que papa me l'avait promis. Alors, je m'isole dans ma chambre. J'écoute de la musique, je regarde des dessins animé pour enfants, je joue avec mes jouets même. Je fais tout comme tout le monde. Du moins, j'essaie.

Et la vie reprend son cours. Lentement, avec les années, les tensions à la maison ont quasiment disparues. Et mon existence a fini par trouver un équilibre presque parfait, me permettant d'améliorer également mon état. Un nouveau diagnostic de mes capacités est effectué une fois par an et mes progrès ont été notés. Presque néant avant mon entrée en primaire, mes troubles du langage avaient complètement disparus pour mon arrivée dans le secondaire. Selon le docteur, l'apprentissage poussé de l'anglais avec Zachary n'y est pas étranger.

On ne peut pas dire que je croule sous les amis. Mes relations sociales restent restreintes et limitées. J'ai du mal à comprendre les autres et comme je n'exprime quasiment jamais le moindre sentiment, cela n'aide pas. Je reste donc une grande solitaire, partageant mon temps entre mon cursus scolaire correct sans être exceptionnel, les sorties avec mon père, les activités en famille et le dessin. Une passion que je me suis découverte avec les premiers cours d'Arts plastiques. Détrônant le sport et les langues dans mes matières préférées, je ne me promène plus sans un carnet de croquis dans mes poches.

Tout ce que je ne sais pas partager et offrir au travers de ma voix, de mon attitude ou de ma gestuelle, je le restitue en traits noirs sur fond blanc avant de le remplir de couleurs. A la pastel, à la craie, au crayon ou au feutre. A la sanguine, au fusain, à la plume et, plus rarement, à la peinture. Je n'apprécie pas cette dernière. Il faut passer par un substitut, le pinceau, pour vraiment la travailler alors que j'aime être la véritable maîtresse de mon oeuvre. Chaque dessin est une part de moi-même aussi, personne n'a le droit encore d'observer. A part mon père et Zachary.

Zachary qui a des projets pour moi. Bien que je sois encore trop jeune et inexpérimenté, il commence à me parler de reprendre son affaire. Devenir la directrice du Carré Barré, le Casino/Cabaret dont il est l'heureux propriétaire. Mais son rêve ne correspond à rien pour moi et même s'il ne me força jamais la main, il n'hésita pas à me relancer l'idée de façon régulière. L'idée de me voir travailler à ses côtés lui plaisait, lui qui avait eu un jeune frère autiste sévère mort avant d'avoir atteint l'adolescence. Par sa faute visiblement, ce qu'il fait qu'il s'en veut encore aujourd'hui. La raison de son dévouement sans faille à mon égard? Peut-être un peu, qui sait.

Et finalement, mes talents en dessin eurent le dessus sur son insistante volonté de me voir le rejoindre. Son cadeau d'anniversaire, une toile représentant une des salles de jeu de son casino, recopiée à partir d'une photographie aperçue simplement une fois, le laissa sans voix. Et cette année, un test fut ajouté à ceux que je passais chaque année, avant de me déceler douée de mémoire eidétique. Non, je n'ai pas de super pouvoir, ni la mémoire absolue mais toujours est-il que oui, ma mémoire fonctionne telle un objectif qui capte l'image avant de l'enregistrer sans l'altérer. De même pour les sons.

Ma déficience est toujours réelle, bien que moins marquée, mais aujourd'hui, je me découvre aussi dotée d'un don assez rare. Bien que je ne vois pas ce que cela puisse changer, selon mes deux pères, cela pourrait expliquer beaucoup de choses. Au fond, tant que cette annonce ne change rien à mes repères, à ma vie tranquille et bien ordonnée, j'avoue que cela ne me fait ni chaud ni froid. Mais d'apprendre que ma première oeuvre sera exposée dans le grand hall d'entrée du Cabaret de Zachary, cela me surprend mais si cela peut lui faire plaisir, qu'il fasse comme bon lui plaise. Même si cette idée de signature à rajouter au bas de mon dessin m'a contrariée, je me suis exécutée.

C'est ce soir-là qu'est née NaNa. Une identification simple et rapide, calligraphiée avec soin. Consonne en majuscules comme pour mes initiales, voyelles en minuscules pour harmoniser le tout. Sans oublier ce symbole qui s'est soudain imposer à mon esprit. Une plume. Une légère erreur, un trait qui a un peu débordé mais qui, collé à cette signature, ne pouvait à mes yeux représenter que cela. Et c'est ainsi que ma signature d'artiste vit le jour. Une évidence aussi simple qu'une respiration mais qui, une fois terminée pour la première fois, me tira un véritable sourire. Que mon père se hâta d'immortaliser en photo. Souvenir précieux pour chacun, à sa manière.

Le temps continue son cours et mon diplôme obtenu, je commence à me lancer avec le soutien de mes deux pères dans une carrière d'artiste. Cependant, je mets du temps à créer une oeuvre que j'accepte de partager. Comme si je désirais les garder encore cachées à l'abri des regards, pour ne surtout pas risquer de trop m'exposer, moi. Je tente quelques petits boulots à côté mais rien de vraiment concluant. Mon manque de pratique dans les interactions sociales ne m'aide pas vraiment et même si mon travail est correct, mon manque de sourire et de discussion, ma solitude profonde et mon absence de réactions me ferment pas mal de portes.

Au final, Zachary aura gagné. Me voilà serveuse dans son cabaret. Même si ce n'était pas la place qu'il me voyait occupé, il est malgré tout heureux de m'aider en plus de me voir travailler avec lui. Certes, il me surveillait attentivement et tous les employés avaient bien vite compris ma raison de ma présence ici, qui n'était en rien due à mes capacités particulières. Pourtant, je me sentais bien ici. A l'abri derrière cet uniforme obligatoire qui finalement me laissait me perdre dans la masse. Et puis, avec le recul, je ne le remercierais jamais assez de m'avoir offert cette chance. Car sans cela, je ne l'aurais jamais rencontrée.

Ce soir-là, je n'étais pas de service. Pour mon 19ème anniversaire, Zachary avait programmé une soirée spéciale dans son cabaret. Sans m'en avertir, il avait transformé ce dernier en hall d'exposition où il était venu afficher toutes les œuvres signées de ma plume d'artiste sur lesquelles il avait pu mettre la main. Il en avait bien récupéré une vingtaine, l'équivalent de mon âge. En découvrant cela, je fus d'abord horrifiée. Mortifiée. Je me sentais profondément trahie, d'autant plus par lui qui avait toujours tenté de me comprendre. Aussi, c'est le visage fermé que je parcours les allées, acceptant les compliments sans vraiment les entendre. Jusqu'à cet éclat de voix.

Je la veux !!!

Une femme venait d'attraper Zachary par le bras. A son cou, pendait un imposant appareil photo. Elle, si frêle. Lui, si gros. Le contraste était saisissant. Tout comme sa stature fluette étonnait suite à cette présence qu'elle avait dégagée par ses paroles. Le silence était tombé autour de nous alors que ses ongles manquaient de percer la première épaisseur de la veste de mon second père. Son regard était vibrant, pulsant presque au rythme de sa respiration, courte et rapide. Sa robe de soirée crème rehaussait sa chevelure flamboyante et ses taches de rousseurs alors que ses pupilles vertes agrémentées d'un léger maquillage la faisait paraître incandescente. Brillante.

Je n'ai pas suivi l'échange qui a suivi entre elle et Zachary tandis que d'autres invités et curieux venaient tour à tour me voir pour me féliciter avant de me noyer dans la foule. Un verre dans ma main, qui se vide mais est de nouveau rempli, de nouveaux échanges basiques, mon regard qui fouille les lieux sans retrouver trace de mon père. La fête qui doucement se termine et la salle qui se vide. Jusqu'à ce que je reste seule avec les quelques employés s'affairant à ranger les lieux sans toucher à mes œuvres.

Zachary apparaît comme par magie dans mon dos avant de me demander de le suivre dans son bureau. Où je la retrouve. Avec moins de monde, je peux sentir son odeur de myrrhe, rare et délicate. Un parfum que je me surprends à apprécier alors qu'elle m'agresse presque. Elle veut acheter un de mes tableaux. La vue de ma chambre d'où j'observe le lever du soleil un matin d'automne, à travers un vol d'oiseau. Ma première toile. Celle qui compte le plus et que je me refuse à voir disparaître. Peu importe le prix qu'elle soit prête à y mettre.

Les négociations s'éternisèrent longuement et aucune de nous deux ne plia. Zachary mis fin au débat en me soutenant, cette exhibition n'ayant pas une vocation de vente. La jeune femme visiblement courroucée finie malgré tout par s'en aller, laissant derrière elle un arôme vraiment particulier. Et sa silhouette s'effaçant derrière la porte me laissa un instant indécise. Avais-je vraiment pris la bonne décision? Que pouvait-elle bien trouver à mon tableau pour le vouloir à ce point? De la valeur, il en avait pour moi. Mais à ses yeux, que représentait-il donc?

Cette interrogation ne m'a quitté durant une bonne semaine et du coup, je n'ai rien réussi à sortir de correct sur papier. Papa s'en est rendu compte et finalement, c'est Zachary qui est venu me voir. Il n'a pas dit un mot, il s'est contenté de venir regarder le tableau que j'avais laissé exposé sur mon bureau avant de me tendre un morceau de carton. Une carte de visite. Celle de la femme photographe de l'autre nuit. Mon regard s'attarde sur le morceau de papier glacé avant de croiser le sien, qui me fixe avec encouragement.

De moi-même, j'ai donc fait le premier pas pour aller vers quelqu'un. Et cela m'a coûté. Enfin, ce n'était pas évident. Je pensais l'appeler mais finalement, je suis carrément passée à son bureau. Elle est journaliste pour un journal sans grande envergure. Son bureau est encombré et en pagaille, à peine si j'ai pu m'asseoir en face d'elle sans rien déranger. Ce capharnaüm est impressionnant et pourtant, elle s'y déplace comme un poisson dans l'eau. Et lorsqu'enfin elle trouve le temps de s'occuper de moi, entre ses coups de téléphone et son texte à finir d'imprimer pour le donner à son responsable, je n'ai même pas le temps d'en placer une.

Je n'aurais jamais la réponse à la seule question que je voulais lui poser. Cette elle qui a mené la danse de bout en bout, me révélant seulement à la fin de notre entretien que cette interview serait publiée la semaine prochaine dans son article dédié aux talents émergents de la ville. Au final, tout ceci n'était rien de plus qu'une immense mise en scène simplement destinée à me faire réagir, le tout orchestré par Zachary. En apprenant la vérité, je me sens une nouvelle fois flouée par cet homme que je tiens pourtant en si haute estime. Et je quitte les lieux avec un arrière gout amer en bouche.

L'interview publiée eut son petit effet et dans les mois qui suivirent, j'ai commencé à exposer mes toiles de façon volontaire. Puis à les vendre. Les prix ne sont pas mirobolants mais j'ai de la matière et c'est toujours un bon début. Zachary suit mon parcours de près, ayant dans ses connaissances des personnes s'y connaissant assez pour m'aiguiller et me renseigner, surtout autour des questions financières. Pourtant, tout ce temps, ce tableau n'a plus quitté mon bureau. Et chaque fois que je le regarde, ce parfum si singulier me revient toujours avec la même intensité.

Alors, lorsque je la revois enfin, assise au bar du cabaret où je suis de service, je n'hésite pas à quitter mon poste pour aller la rejoindre. Et son sourire en dit long sur la raison de sa présence. Cette soirée, je n'ai rien bu. Je l'ai écouté des heures me parler de son métier, des rencontres fantastiques qu'elle y faisait, des photos et des reportages tous plus importants les uns que les autres. De nouveau, je n'ai pas eu l'occasion de parler mais je n'en ai pas ressenti le besoin non plus. A la fermeture du Cabaret, elle m'a invité à boire un dernier verre chez elle. Et je l'y ai suivi.

Cet appartement ressemble plus à un enchevêtrement d'objets disparates sans queue ni tête qu'à un véritable lieu de vie. Des photos partout, des vêtements qui traînent, un évier débordant de vaisselle. C'est à peine si je peux faire un pas sans risque de m'étaler alors qu'elle évolue là-dedans aussi naturellement que le crayon danse sur le papier sous mes doigts. Elle me propose une bière que j'accepte et vient déguster la sienne à mes côtés. Je suis assise sur une sorte de pouf épais et elle, sur un carton marqué livres, non déballé.

Cette fois, de nouveau, c'est elle qui mène qui mène l'interrogatoire. Mais ce dernier est très différent de celui dans son journal. Personnel mais pas intrusif. Curieux mais pas malsain. Intrigué mais pas déplacé. Elle respecte aussi bien mon oeuvre que ma réserve. Elle accepte ma différence et au lieu de me forcer sur un terrain qui me braquerait, elle cherche à me mettre à l'aise et à suivre mon rythme plutôt que de m'en imposer un qui ne me conviendrait pas. Au final, cette nuit-là, je n'ai pas quitté ce pouf. Tout comme je n'ai plus quitté ni cet appartement, ni cette femme.

Solveig Kergaec. Une française, bretonne d'origine. Expatriée au Japon pour vivre une idée folle, celle de tester l'incontestable. Rien ne la retenait chez elle, ni famille ni amis. Alors, elle a joué sa vie aux dés. Et la voici arrivée ici. Elle peine encore avec le japonais alors, je lui enseigne les subtilités de notre langue pendant qu'elle m'apprend tout du français. Ces cartons, toujours remplis de livres, sont une source intarissable de découvertes pour moi. Elle me fait découvrir l'instantanéité de la photographie alors que je lui offre le calme et la patience de la création pensée et mesurée dans l'art du dessin.

Nous menons chacune notre vie de notre côté sans jamais nous séparer plus de 24h. Moins d'un mois après cette soirée chez elle, nous nous installons ensemble. Mes deux pères sont ravis et jamais je ne suis sentie aussi bien. L'ambiance calme des lieux se remplit toujours de vie à chaque retour de Solveig. Qui revient rarement seule. Une véritable SPA ambulante, qui ramène presque chaque soir un chat ou un chien errant, un oiseau blessé ou une créature un peu délaissée. Une fois cette dernière bestiole soignée et rétablie, elle les relâche pour en prendre une nouvelle sous son aile. Il n'y a qu'à moi qu'elle s'attache et qu'elle ne lâche plus, ce qui me fait horriblement plaisir.

Pour ses 25 ans, Solveig me met au défi de passer un casting pour la voix d'un personnage de manga en sa compagnie. Je la suis plus pour lui faire plaisir que pour vraiment participer. Sauf qu'au final c'est ma voix qui a été retenu. Et visiblement, mon timbre de voix très détaché et calme, profond et assez grave pour une fille leur plait. Et si ce premier contrat ne dura que quelques épisodes, il fut le premier d'une longue série. Malgré la déception de Zachary de ne plus me compter dans son équipe de serveurs, il m'encouragea de tout son cœur, tout comme mon père, à suivre cette voix. Sans mauvais jeu de mots.

Ainsi, pendant 5 années, j'ai passé les plus belles années de ma vie. Ce jeu de voix, je me suis prise à y prendre plaisir. A tel point que j'ai dû prendre un agent pour m'aider à gérer les propositions que l'on m'envoie, de plus en plus nombreuses. Et grâce à ce second métier, je n'ai plus à chercher à tout prix à créer. Je me contente de laisser l'art émerger sous mes doigts, sans me forcer. A mon propre rythme. Et quoi que je fasse, où que j'aille, quoi qu'il se passe, Solveig est là. Repère devenu encore plus immuable que la présence de mes deux pères.

L'annonce du cancer de mon père me rappela cependant qu'ils ne seraient pas éternels et, si parfois j'en venais à oublier le temps de quelques semaines de prendre leurs nouvelles, cette dernière remit aussi de l'ordre dans mes priorités. Si Solveig était mon oxygène, ils étaient mon moteur. Alors, je tâchais de partager un peu plus régulièrement avec eux, en sa compagnie aussi. Ensemble, tous les 4, nous étions devenus une vraie famille et je me prenais à rêver que cela dure ainsi éternellement. C'était sans compter sur le bien étrange sens de l'humour dont la vie sait si bien nous gratifier.

Ce soir, je fête mes 25 ans. Et les 6 ans de notre rencontre. Sous mon bras, se trouve une toile, enveloppée d'un ruban d'une belle teinte rousse flamboyante. Un cadeau que je tiens à faire à Solveig, en souvenir de ce jour si spécial pour moi. Qui a une immense valeur à mes yeux et qui, je l'espère, en aura au moins autant aux siens. Je me sens étonnement légère en arrivant devant l'appartement et en entrant, l'arôme de Myrrhe de son parfum si particulier me tire un sourire. Pourtant, lorsque je dépose mon présent sur la table, une petite touche de couleur inhabituelle au milieu du pouf attire mon attention.

Une enveloppe rose. Épaisse. Mais manuscrite, de la main de Solveig. A l'intérieur, se trouve bien ce que je redoute. Une lettre de l'incontestable. Un avis de mariage. A son nom. Mais dont elle a effacé tous les noms et toutes les adresses qui pourraient me permettre de la retrouver. Derrière cette photo, se trouve un message d'adieu. Un papier un peu froissé, au texte aussi doux que douloureux. Sur lequel mes larmes se mêlent aux siennes, déjà absorbées et immortalisées par le buvard de la feuille. Imprégnée de son parfum autant que de ses sentiments à son égard.

Je t'aime...

Jamais je ne le lui ai dit. Pas une seule fois en plus de 5 ans de vie commune. Sa présence à mes côtés était juste une évidence, tellement naturelle que je n'en avais jamais ressenti le besoin. Mais aujourd'hui qu'elle est partie, je voudrais le crier, le hurler. Frapper les murs, détruire tout cet environnement qui me soulève le cœur. Car le moindre recoin, la plus petite fissure, la plus insignifiante ombre de cet appartement la rappelle à mon bon souvenir. Cette odeur que j'appréciais tant me rend soudain malade, me soulevant le cœur, avant de me finir par vomir pour de bon. Je me vide ainsi dans l'évier de mon trop plein d'amertume et de douleur, de longues minutes, avant de décrocher mon téléphone.

J'ai l'impression d'avoir raccroché la seconde précédente et pourtant, papa est déjà entré. Il vient me soutenir avant de remarquer l'enveloppe rose dans ma main. Et de tout comprendre. Je n'ai rien réussi à lui dire, à peine si j'ai réussi à lui demander de venir ici. Je crois qu'il a compris tout seul. Et avec toute la douceur dont il sait faire preuve, il me soutient le temps de me faire quitter les lieux, monter dans la voiture et me venir m'asseoir sur mon lit. A la maison. Où il me laisse pleurer en silence toutes les larmes que mon corps peut encore expulser.

Lui qui vient de perdre son frère il y a tout juste 6 mois, lui qui est malade, lui qui aurait tant besoin que je sois là pour lui, reste pourtant on ne peut plus présent à mes côtés. Pour la première fois, il vient me parler de cette mère que je n'ai jamais connue et qu'il aimait pourtant beaucoup. Et finalement, cette douleur qui me coupait jusqu'au souffle finit par s'atténuer. Lentement, progressivement. Zachary s'est chargé de faire rapatrier mes affaires tandis qu'il vendait l'appartement. Je suis revenue vivre à la maison, avec eux. Mes seuls repères. Les seuls sur qui je puisse réellement compter. Mais pour combien de temps encore?

La douleur est profondément ancrée et je mets du temps à m'en remettre. A mes yeux, la vie m'a volé mon essence vitale, comme si mon inspiration avait terminé par s'envoler loin de moi. Cette période fut la plus vide de mon existence niveau création et même niveau contrat. Simons a accepté de me laisser une pause mais au bout de 3 mois, mon agent commence à me bousculer. Zachary m'offre l'oreille attentive et épaule compatissante dont ma peine a besoin pour lentement passer au second plan. Papa me gratifie de toute sa tendresse et sa présence rassurante sans être étouffante me laisse doucement envisager un avenir possible. Sans elle.

Et comme la neige laisse toujours place au printemps, la vie reprend inlassablement son cours. Le dessin fut le premier réflexe à revenir de lui-même. Comme un remède salvateur, après une période de vide totale, je me remets à noircir et colorer le papier avec une énergie nouvelle. Celle de passer outre. La volonté de me relever pour remplir mon nouvel objectif. Rendre papa fier de moi. Car depuis que je suis revenue vivre à la maison, j'ai pu le noter. Son état dégénère plus vite qu'il n'accepte de le reconnaître et qu'il ne veut le montrer. Alors maintenant, c'est à mon tour de le soutenir.

Ce que j'ai fait, jusqu'au dernier jour. Cela faisait à présent une semaine que papa était à l'hôpital, dans un état critique. Et ce matin, les médecins nous ont demandés de passer en urgence. Selon eux, il ne passera pas la nuit. Alors, c'est notre dernière chance de le voir et de partager avec lui. Du coup, cette journée fut la sienne. Vers 14h cependant, les machines s'emballèrent et on nous fit quitter sa chambre presque trop violemment. Moins d'une demi-heure plus tard, il était parti, le sourire aux lèvres. Visiblement calme et apaisé. Alors que ses dernières paroles résonnent dans mon esprit avec un écho profond, tandis que je reste blotti dans les bras de Zachary, dont je partage le chagrin.

La famille, c'est précieux. Parce qu'on en a qu'une seule.

L'enterrement fut une véritable épreuve. Aussi bien nerveusement que physiquement. Sans Zachary, je n'aurais pas tenu le coup. Je ne sais pas comment il fait pour sembler toujours aussi rassurant, solide comme un roc. Je l'envie, vraiment. Surtout que le deuil sera long. Chaque affaire, chaque souvenir, chaque odeur ou chaque lieu nous rappelle à son bon souvenir. Moi qui voulais m'installer ailleurs, j'ai bien compris que ce n'était pas le bon moment et la proximité de Zachary m'est aussi indispensable que le soutien que je peux lui offrir. Le temps que les premiers mois passent et que doucement, la vie reprenne son cours.

Maintenant que le deuil est passé, que la douleur a refluée, je dois honorer les dernières volontés de mon père. Ma famille a toujours été mon seul refuge, mon meilleur soutien. Et aujourd'hui, je ne peux plus faire semblant. Si Zachary est ma seule famille dans mon cœur, j'en ai malgré tout une autre de famille. Une famille de sang. Qui a certes coupé les ponts avec moi et papa lorsque j'étais enfant mais dont les responsables de cette scission ne sont plus. Aujourd'hui donc, il n'y a plus rien qui me retienne loin d'eux. Alors je sais ce qu'il me reste à faire.

Me rapprocher d'eux.
Les Nanase...


L'illusion est la première
apparence de la vérité

Je suis une silhouette parmi tant d'autre, une forme dessinée  avec soin mais aussi particulière que banale. A la fois commune et unique. Je suis une femme et de ce fait, je possède certaines formes propres aux personnes de mon sexe. Une poitrine existante sans être encombrante, aux courbes bien dessinées et harmonieuses. Une taille fine qui s'accorde parfaitement au reste de mon physique. Des hanches juste assez présentes pour bien souligner mon maintien et s'harmoniser avec mes jambes longues et fines.

Oui, je suis plutôt élancée et même assez grande pour une native japonaise. Je parais un peu frêle, même fragile dans le sens où ma délicatesse frise la maigreur. Pourtant, je ne suis pas maladive pour autant. Je manque de force brute, c'est vrai, mais je compense en souplesse. Même si cette dernière ne m'a jamais été particulièrement utile. Par contre, mes doigts longs et fins, agiles et flexibles sont une de mes fiertés. S'il y a bien une chose dont je prends soin, ce sont mes mains.

Naturelles, toujours. Sans vernis ni autre accessoire. Tout comme le reste de ma personne. Pas de parfum artificiel, aucun maquillage surfait et pas le moindre bijou superflu. Le seul collier que je ne quitte jamais est l'unique souvenir qu'il me reste de ma chère et tendre. Pourtant, personne ne le voit jamais, ce dernier toujours dissimulé sous mes vêtements, collé à même ma peau, au plus près de mon coeur. Ou sa place est et restera à jamais.

De toute façon, je n'ai besoin d'aucun artifice. Ma peau est d'une belle teinte nacrée, à la fois douce et lisse. Peu importe le temps que je peux passer en extérieur. Et cette peau de lait ne fait que rehausser le vert profond et vibrant de mon regard. Vif et perçant. Mes lèvres d'une légère teinte corail semblent figées éternellement dans la même expression, me faisant ressembler à une statue de marbre. Pas un sourire, simplement une extrême neutralité, comme si rien ne pouvait m'atteindre.

Et le blanc immaculé de ma longue chevelure jamais réellement coiffée ne fait rien pour changer cette impression que je dégage. Comme si j'étais loin, inatteignable. Mon regard perdu dans le vide, peinant à se fixer, cette apparente nonchalance et le désintérêt total que je semble porter au reste du monde ne me rendent pas très attirante. Je suis jolie, du moins on me l'a déjà dit, mais c'est surtout le mystère qui semble m'entourer qui intrigue. Et qui lasse aussi, encore plus vite qu'il n'intéresse pas le commun des mortels.

Tout comme ma tenue n'a jamais rien d'exceptionnelle. Je ne me préoccupe nullement de la mode ou des saisons. Je me contente de me vêtir de ce qui me fait plaisir, ou plutôt de ce qui me tombe sous la main. Des tissus agréables et doux, des formes amples et pratique, dans lesquelles je ne me sens pas restreintes. Souvent dans des teintes unies et claires comme le vert et le blanc, parfois avec une teinte de rouge pastel et à l'occasion du plus sombre. En tout cas, toujours des affaires très simples.

Si je le pouvais, je passerais ma vie pieds nus. Je tolère les chaussons ainsi que tout ce qui s'apparente à des sandales. A la limite, les ballerines. Et pour ce qui est des talons, ce n'est même pas la peine d'y penser, tout comme pour les semelles compensées. J'aime la simplicité, que je cultive à ma façon. Je cherche plus à me fondre dans la foule qu'à attirer l'attention. Et même si finalement, de part mon physique un brin atypique, ce n'est pas toujours le cas, mon attitude finie toujours par terminer le travail.

Je parais facilement hautaine du fait de mon port de tête altier et de ma stature toujours égale. Ce côté icône de plâtre et mon absence d'expressions y contribuent également. Je ne me tiens pas si droite pour dénigrer les autres ou les rabaisser, comme ils semblent le penser, simplement pour avoir un œil différent sur le monde. Le mien. Alors, je suis vite cataloguée. Belle enveloppe mais coquille vide. A délaisser. S'ils savaient...


Ce n'est pas parce que tu as une personnalité
que tu as de la personnalité

Depuis toujours, j'ai compris que je n'étais pas comme les autres. Pourtant, en apparence, rien ne nous distingue vraiment. C'est dans mon comportement et mon développement que réside tout le mystère. Pourquoi moi? Je ne le saurais jamais. Et au fond, je crois que cela m'indiffère complètement. Je suis simplement moi et si cela ne plait pas aux autres, qu'ils aillent voir ailleurs. L'adage le dit si bien, ce sont aux plus gênés de s'en aller.

Je suis franche. Trop pour eux. En fait, je n'ai pas de réelle barrière dans mes paroles bien que je ne parle pas tant que cela. Si j'ai quelque chose à dire, je le dirais. Sans chercher à y mettre la forme ni à arrondir les angles. Que les mots soient crus, cela ne me fait ni chaud ni froid. S'ils existent, c'est bien pour être utilisés, non? Enfin, pour que je parle, il faudra déjà éveiller mon intérêt et cela n'est pas gagné. Mes centres d'intérêts sont plutôt limités. Et aléatoires.

On dira que c'est à cause de mon autisme. Léger certes et qui a bien évolué jusqu'à devenir au final presque inexistant. Non, on n'efface pas ce genre de tare. Il n'est juste pas vraiment visible chez moi, ce qui n'est pas forcément plus simple. Car les gens ne me comprennent pas. Enfin, je ne comprends pas les gens. Comme si nous étions sur des longueurs d'ondes différentes. Incapable de se croiser mais obligés de cohabiter malgré tout.

Je les laisse donc profiter de la foule là où je préfère la solitude et les cercles restreints. Je n'aime pas trop être bousculée même si j'apprends à appréhender la nouveauté. Dans leur monde, tout va trop vite, trop fort, là où j'aime prendre mon temps et apprivoiser les choses. Je ne sais pas exprimer les choses comme eux le font, à travers mes mouvements, ma gestuelle et mes expressions faciales. Ce jeu de théâtre m'est inconnu même si je commence à le comprendre, à force de le côtoyer.

Calme et sereine, je suis une personne modérée et dans le recul. La spontanéité n'est aucunement ma qualité première. Je regarde, j'observe, j'écoute et j'analyse les choses, des dizaines de fois avant de me décider. On me dira lente, je me pense simplement réfléchie. On me pensera stupide, je me considère juste différente. Ils ont leur mode de pensée et moi, j'ai découvert le mien propre. Je suis une brebis, là où ils ne sont tous que des moutons. Tous semblables et paniqués à l'idée que l'on puisse ne pas leur ressembler.

Pourtant, nous sommes similaires. Moi aussi, je connais des accès de colère mais ces derniers sont particulièrement violents et virulents. Plutôt rares, ils n'en sont pas moins impressionnants, destructeurs. Autant pour moi que pour les autres. Oui, je fais peur, réellement dans ces instants où je ne me ressemble plus. Mais ces périodes ne durent pas et je préfère les dissimuler. Tout comme mes sentiments et mes ressentis. De toute façon, personne ne les comprend alors pourquoi les leur exposer? Ils auront assez de mes dessins pour, peut-être un jour, appréhender ma complexité.

Ce n'est que dans l'intimité et la confiance que je parviens malgré tout à m'ouvrir. Un peu. Gagner ma confiance est un travail long, délicat et périlleux. La perdre est d'une simplicité enfantine et je n'ai jamais ressenti le besoin d'offrir de seconde chance à qui que ce soit. Mais ceux que je considère comme ma famille le savent. Ils pourront toujours compter sur moi. A ma manière, je leur suis dévouée. Et si mes sourires sont très rares, c'est à eux qu'ils sont le plus souvent destinés.

Je suis une passionnée et le dessin est devenu mon exutoire, mon refuge, ma bouffée d'oxygène. Tout ce que je suis incapable de dire, de montrer ou d'exprimer, je suis capable de le coucher sur papier. Peu importe la méthode utilisée, le trait sera toujours sur et précis. Ce domaine est le seul dans lequel je ne doute jamais, où je suis assurée de ma supériorité. Et j'ai un véritable avantage à ce jeu-là. Un don que la vie m'a offert, peut-être pour compenser cette déficience légère dont elle m'a affublée et me rendant malgré tout un peu inadaptée. On appelle cela, la mémoire eidétique.

Ma mémoire est comme un livre d'image, remplie de photos qui se superposent, à la netteté terrifiante. Des images d'une précision saisissante et effrayante. Complétée par les sons, les odeurs et tout ce qui entourait cet instant qui s'est gravé en moi. Je me souviens de tout, de détails complètement insignifiants mais qui pour moi trouveront toujours une importance. Je crois que cette vision du monde qui m'a guidée vers l'art et m'a offert ce souffle nouveau. Ainsi, par ce biais, j'ai malgré tout la sensation de pouvoir réellement partager une petite partie de mon moi véritable, inaccessible autrement.

Mon coeur est fragile. Mon âme est sensible. Mais tout ceci reste enfermé, bien dissimulé derrière cette apparence que personne ne cherche à percer. Au fond, c'est mieux ainsi. Le meilleur moyen de ne pas être blessé reste de ne pas se laisser approcher et naturellement, les autres m'évitent. Et je ne fais pas le moindre effort pour que cela change. S'ils en valaient vraiment la peine, ils feraient le premier pas. Tout comme elle. D'ailleurs, si je continue à faire des efforts, c'est bien pour leurs souvenirs. Ceux que j'ai aimé et qui me manquent terriblement aujourd'hui.

Pour les rendre fiers. Les rares qui ont cru en moi, qui m'ont poussé à avancer et qui m'ont soutenu sans jamais rien attendre de moi. Je les respecte, je les admire, je les aime, même si je suis incapable de leur dire. Même s'il est trop tard aujourd'hui. Mais un jour, grâce à eux, à l'espoir qu'ils m'ont offert, peut-être que j'y arriverais. A laisser parler mes sentiments, autrement qu'à travers mes oeuvres. Directement et pour de bon. Qui sait ...


Makoto Nanase
Messages postés : 4547
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 14:49
par Makoto Nanase
Bienvenue la cousine La 'Nanase Family' s'agrandit.... 176833776

*se prépare à prendre le contrôle de JM* Mouhahahahahaha !
La 'Nanase Family' s'agrandit.... Tumblr_inline_nnfj5zQqV51rk2dot_540

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

La 'Nanase Family' s'agrandit.... 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit La 'Nanase Family' s'agrandit.... 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
La 'Nanase Family' s'agrandit.... Ld7d
La 'Nanase Family' s'agrandit.... BbNTuR8
Le plus beau compliment ♥️:
La 'Nanase Family' s'agrandit.... Cn3Ckyx
La 'Nanase Family' s'agrandit.... 1EPYLUw
La 'Nanase Family' s'agrandit.... DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
La 'Nanase Family' s'agrandit.... E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
La 'Nanase Family' s'agrandit.... 3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
La 'Nanase Family' s'agrandit.... Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
La 'Nanase Family' s'agrandit.... YqECw0j
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 14:52
par Invité
Ma cousiiiiiiiiiiiiiiiiiiine ♥️ *la chope pour un câlin* La 'Nanase Family' s'agrandit.... 3926283201
Bon courage pour la validation, on t'attendait ~
Ayame Fujikawa
Messages postés : 529
Inscrit.e le : 05/02/2017

Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Princesse Poulpette
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 15:01
par Ayame Fujikawa
Une invasion de Nanase *-*

Re-bienvenue !
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 15:08
par Invité
Bouuuuuh y en a assez bouuuuuuuuuh
Amuse toi bien avec ta nouvelle tête o7
Bon choix d'avatar au passage *-*
Kûgo Kusanagi
Messages postés : 294
Inscrit.e le : 28/08/2015

Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 15:22
par Kûgo Kusanagi
Encore un Nase? Réellement? Rah. Cette famille va me donner l'envie de fuir le forum à force! ça me donne de l’urticaire d'ailleurs! *se gratte frénétiquement*

T'as de la chance que je t'aime de base sinon je viendrais même pas te faire un poutoux pour te souhaiter la bienvenue! Bon courage pour la validation quand même chou ♥
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Ven 10 Fév 2017 - 15:53
par Invité
On est un peu de la même famille en vrai 8D

Re bienvenue ma belle!! Bonne courage pour ta validation! La 'Nanase Family' s'agrandit.... 2244379341 La 'Nanase Family' s'agrandit.... 2244379341
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Sam 11 Fév 2017 - 8:40
par Invité
ILS NOUS ENVAHISSENT DDDDDDDDDDD8

Nan mais s'non, bienvenue petit dc xD
Inari Akiyama
Messages postés : 601
Inscrit.e le : 17/12/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Corvus ♥
Autre:
Old Man
Old Man
posté
le Sam 11 Fév 2017 - 16:04
par Inari Akiyama
INVASIOOOOOOOOOOOOOOOOON FUYEZ !
Hrm. Bon DC et bon courage pour la validation :3
Solveig Flores
Messages postés : 354
Inscrit.e le : 15/01/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Beloved la vache. ♥︎
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Sam 11 Fév 2017 - 16:07
par Solveig Flores
Une Nanase, héhé
Re-Bienvenue o/
(et l'avatar, *-*)
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Sam 11 Fév 2017 - 21:20
par Invité
... Naeryan.
Cet avatar.
C'est amusant mais... cela me rappelle beaucoup de choses, d'un coup.
Genre... Une personne rencontrée sur un forum académie divine, tout ça...
IS THAT YOU ?
Ou bien j'me plante complètement ? 8)
Kohaku Edo
Messages postés : 742
Inscrit.e le : 01/09/2015

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Dim 12 Fév 2017 - 8:44
par Kohaku Edo
Trop de Nanase tue le Nanase... Ou "la" en l’occurrence :p
Bonne nouvelle tête ^^
Bacon L. Beigbeder
Messages postés : 1845
Inscrit.e le : 22/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Celle qui fait du couscous. (Aka la plus belle, la plus perf, la plus merveilleuse, la plus...)
Autre: Connard pathétique IRL, passe ta route.
#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Dim 12 Fév 2017 - 10:52
par Bacon L. Beigbeder
Oï.

Rien à dire d'particulier, donc...


Pré-validation par la Goyave.
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.


Amuse toi bien :)
Black Chocolate
Messages postés : 9534
Inscrit.e le : 22/11/2013

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Fon'Dada ♕
Fon'Dada ♕
posté
le Dim 12 Fév 2017 - 11:02
par Black Chocolate

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :

• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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La 'Nanase Family' s'agrandit.... Obg8
Un GRAND MERCI à Driss Y. Nanase pour ce superbe kit. ♥♥
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posté
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