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Voir le profil de l'utilisateur Mar 19 Sep - 19:41

Une enveloppe solitaire trônait sur sa table de chevet, au milieu d'une lampe extravagante et jouets divers, depuis plus de trois heures. Une boule anti-stress coincé entre chacun de ses doigts, s'échappa par sa texture malléable, lorsque les gestes de Gadiel furent moins réguliers. Ses mirettes noisettes n'avaient pas quittées le guéridon depuis que son Gouvernant lui avait apporté ce matin. Il se souvenait encore être rentré de sa séance d'équitation, la bombe sous le bras, le front ruisselant de sueur, les joues pivoines et le souffle discontinu.

Ce matin-là, il était parti courroucé contre son paternel à cause d'un sermon, à ses yeux, injuste, en pensant que rien ne pouvait lui arriver de pire. Ce matin-là, il était tombé de cheval parce que Yacktos avait perçu le bruissement d'une cascade se jetant dans une rivière. Son jean en toile beige préféré s'était scindé en lambeaux dans sa chute, tandis qu'il avait cherché sa monture en titubant à travers l'épais brouillard. Ce matin-là, il pleuvait, et les gouttes semblables aux tourments de son âme mourraient sur les pointes de sa chevelure ébène. Une araignée l'avait piqué pour se défendre alors qu'il s'était adossé à un peuplier pour faire un bandage provisoire avec sa veste.

"Rien ne peut m'arriver de pire." Doucereuse ironie qu'est le destin. Le contenu de la lettre scellerait son destin à jamais et affirmerait, ou contredirait sa théorie concernant le mauvais karma. Mais l'air grave de sa famille et notamment de sa sœur, celle qui savait tirer du positif dans chaque situation, ne l'encouragea pas à l'ouvrir.

Si sa future épouse ne lui plaisait pas physiquement ? Psychologiquement ? Si elle était violente ou imbue d'elle-même ? Si c'était Kiri ? Ou alors un homme ? Gadiel avait une confiance aveugle envers l'Incontestable, logiciel immatériel pour lequel il s'était pris d'affection. Aussi inhumain soit-il, l'amas de pixel était pourtant le seul à le connaître mieux qu'il ne se connaissait lui-même. Son choix était forcément judicieux et impérial. D'une main tremblante, le garçon aux yeux noisettes saisit finalement l'enveloppe et déchira l'ouverture d'un coup à l'aide d'un coupe-papier. Reprenant son souffle pour garder une respiration stable, le gamin repris ses esprits et cessa de se morfondre. En adoptant une telle attitude, il se calfeutrait lui-même à travers la spirale démente, devenant la proie facile de son imagination habitée par ses démons.

Derrière lui, seul bruissement d'une trotteuse circulant sempiternellement le long du cadre dans une course contre le temps, imposait un rythme. Promptement, il survola les lignes de formalités et porta son intérêt sur le nom, souligné d'une police de caractère gras. Ryûji Takara. Un homme. Le papier s'hérissa sous ses doigts pendant qu'il se terra de nouveau dans un silence total. La présence de son Gouvernant stationnant dans son dos lui était encore inconnu. Cette main favorable fit l'effet d'une caresse sur ses muscles, mais elle déclencha aussi des pleurs. En réalité, Gadiel ne pourrait expliquer la source de son état émotionnel. S'enfouissant dans un même mouvement contre le torse de l'homme qui avait davantage contribué à son développement personnel que son propre géniteur, le garçon agrippa ses vêtements bicolores et s'y cramponna comme pour échapper à son propre caprice. Pourtant, il ne devrait rien avoir de négatif dans le changement puisqu'il indique la bonne direction.

***

Bagages en main, Gadiel choisit un siège au fond d'un wagon, proche de la fenêtre. S'isolant du monde en se cloîtrant dans le sien, il posa son casque sur ses oreilles, les pieds sur ses sacs qui indiquaient un message subliminal à quiconque souhaiterait se placer à côté de lui ou gratterait son amitié. S'il avait les moyens de se déplacer en limousine, le jeune riche avait préféré faire livrer ses affaires le lendemain en même temps que sa monture. Son cher Yacktos.

Kōtō était le vingt-troisième arrondissements de Tokyo, soit à trois heures de route son ancien village. Proche de la mer, le choix de la préfecture lui fit arquer un sourire quand il parcourra de nouveau la lettre désormais froissée par son impulsion matinale. Soigneusement, il la déplia et relit le nom plusieurs fois dans sa tête, comme si son contenu se rectifierait sous ses yeux ou que sa relecture ferait de ce fameux inconnu, une bonne personne. Au fond, le gamin culpabilisait de douter ce en quoi il avait toujours cru. L'Incontestable. Le logiciel. Celui qui avait uni son père et sa belle-mère. Qui en avait fait un couple heureux, épanouit.

Mais est-ce que finalement, il doutait de sa décision ou de l'idée qu'il s'en était fait depuis le départ ?

Quand un voyageur, visiblement trop bête pour analyser sa décision, fit mine de s'asseoir à côté de lui, il joua la carte de l'ignorance. Toutefois, comme la demande fut ponctué par une main qui entra en contact avec la lanière de son sac, il monta d'un cran dans son comportement de solitaire esseulé et grogna tout en tapant son pied contre son interlocuteur. Ce dernier, médusé, fronça les sourcils et pivota dans une direction annexe.

Son regard se perdit ensuite, à travers le paysage flou qui défila sous ses yeux. Prolixement, la monotonie de bâtiments colossaux et d'enseignes colorées se dissipèrent pour se convertir en différentes vallées, versant montagneux et champs de blés d'où les éoliennes tournaient paisiblement. Perché sur une branche, une mésange bleue secoua ses plumes avant de piquer vers le sol, ayant aperçu une proie. C'est dans cet instant là, qu'il songea à sa mère. Il ne l'avait jamais connu, mais chérissait l'image qu'il s'en faisait, celle qu'il avait façonné, pour faire comme si elle avait toujours vécu à ses côtés. Gadiel la voyait comme une femme avenante au caractère bien trempé. Et comme il n'y avait personne pour démentir sa théorie fondée sur son utopie, il avait conservé cette précieuse pensée. Si seulement il avait pu être marié à une femme... Hélas, la route épineuse de son destin ne semblait pas apprécier la présence féminine, pour en éjecter ainsi chacune de celles qui y poseraient les talons. Peut-être qu'il n'aurait jamais dû naître.

Le speaker annonça l'arrêt de Kōtō et le garçon ne réagit qu'au bout du deuxième appel. Désorganisé, il rassembla tous ses sacs puis bondit à l'extérieur du wagon avant la fermeture totale des portes. L'ambiance extérieure avait un nouvel aspect. Bien plus qu'une nouvelle couverture visuelle, elle respirait également la fraîcheur.

Le garçon jeta de nouveau un œil à l'adresse et se décida de faire appel à un service de taxi, plutôt que de devoir porter ses affaires et de marcher à pied. Même sans ses caprices de stars, le sens de l'orientation n'était pas son fort et cette difficulté c'était moult fois présenté, pendant ses cours d'équitation en pleine nature, où le cavalier devait suivre une carte menée par une boussole pour se repérer. Il n'était pas rare que le personnel encadrant suspend le concours pour venir le chercher. Si certains murmuraient qu'il n'avait aucun sérieux, préférant ne jamais louper une occasion de folâtrer dans les bois, Gadiel ne disconvenait pas les bruits de couloir, trop honteux, trop fier, pour subir les conséquences de son inaptitude.

Ryuji & Gadiel Takara-Nidethel
3-0-0 Koto-ku
Tokyo 100-8994


La maison était dans un style colombage situé en haut d'une colline, se découpant derrière de grands sapins, dont les aiguilles laissées au sol faisaient office d'un tapis confortable. Saisissant le code confidentiel sur une tablette numérique, Gadiel franchit le portail. Lorsqu'il le referma derrière lui, dans un crissement sourd, le gamin découvrit son fameux "époux". Dos à lui, l'homme d'une certaine jeunesse d'âge, pointa son nez vers le ciel, semblant s'adresser à un interlocuteur invisible. Ses cheveux blonds tomberaient en bouclette sur ses épaules s'ils n'étaient pas attachés d'une petite tresse à là-va-vite.

Respirant silencieusement, le brun pris son élan et injecta d'office son venin, une main cependant tendu, bien qu'il s'en serait passé.

- Gadiel. Présentation rude. Sympa la robe de chambre.

Ricana t-il en désigna sa tenue marginale. Son tendre et cher était également pied nus. Étouffant un rire derrière son bras qu'il plaquant contre son visage, son esprit n'omis pas d'éclore son opinion :

Mais sur quel détraqué suis-je tombé ?

- Hé le décalage horaire était si important que ça que pour tu oublies de t'habiller ?

Abject pour une première rencontre.
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Voir le profil de l'utilisateur Mer 4 Oct - 0:00
J’étais en train de prier au temple, comme à mon habitude. J’habitais ici avec d’autres prêtres, en attendant de recevoir la fameuse lettre. C’est ainsi que pendant ma prière quotidienne, j’entendais un jeune apprenti crier.

« Takara-sama ! Où est Takara-sama ? »

Je ne sortais pas tout de suite de mes prières, les paupières fermées. Lorsque je les rouvrais, l’apprenti était devant moi, haletant, tenant une enveloppe dans les mains. Je reconnaissais sans problème la fameuse lettre. Je lui souriais et prenais le paquet qu’il me tendait, l’ouvrant pour lire calmement son contenu. J’étais donc marié, pas aux dieux non, mais à un humain, à un homme. Gadiel Nidethel… Un joli nom.

Je lisais tout. Sept jours pour m’installer avec lui ? Ça irait. Je rangeais le tout et déposais ça à côté de moi, joignant les mains pour me remettre à prier en souriant doucement. Je priais pour le bonheur de mon époux, pour sa santé, pour lui tout simplement. J’avais hâte de le rencontrer ! Tellement hâte. J’essayais aussi de me le représenter.

Finalement, je me levais pour aller préparer mes affaires. Les autres prêtres avaient été mis au courant, ceux que je croisais me félicitaient, enfin, la plupart. D’autres me souhaitaient bonne chance, je ne comprenais pas pourquoi mais bon.

Je n’avais pas grand-chose, une petite valise où j’avais mis le peu de vêtements que j’avais, et un sac de randonnée, dans lequel j’avais mis mes livres de prières, des livres normaux aussi, quelques statuettes de dieux et autres objets religieux, avec mes papiers, la fameuse lettre, de l’argent pour le voyage et de quoi me nourrir et m’abreuver. J’étais parti le lendemain, après avoir dit au revoir à mes collègues, dans ma robe de prêtre, avec des sandales de paille, à pieds.

J’aimais voyager simplement, je faisais du stop, je marchais… je prenais mon temps pour arriver, dormant à la belle étoile la nuit. Finalement, j’arrivais à l’adresse indiquée sur la lettre :

Ryuji & Gadiel Takara-Nidethel
3-0-0 Koto-ku
Tokyo 100-8994

J’admirais en souriant la maison style colombage, trônant sur le haut d’une colline. J’observais le code et le tapait sur la tablette du portail, le passant. Je ne sentais pas les épines de sapins se planter dans mes pieds déjà abîmés par le voyage. J’avais offert mes sandales à un sans-abri qui semblait en avoir bien plus besoin que moi, et j’avais oublié de prendre une autre paire de chaussures dans ma valisette.

Enfin bref, j’étais arrivé, c’était l’important ! Ne manquait plus qu’à rencontrer mon époux. Mon visage se dirigea vers le ciel alors que j’adressais une prière aux dieux pour que son voyage soit agréable. Je sursautais en entendant le portail s’ouvrir à nouveau et se refermer, découvrant un homme au physique avantageux, avec de beaux cheveux ébène et des prunelles noisette. C’était donc lui mon mari… nous étions arrivés presque en même temps, mais sans doute pas par les mêmes moyens. Je lui souriais avec gentillesse et joie. Il me tendit la main, et je m’empressais de la serrer chaleureusement en souriant encore.

- Gadiel. Sympa la robe de chambre.

Il ricana, alors que j’émettais un léger rire, cristallin et agréable à l’oreille d’après mes collègues. Il était amusant !

« Je m’appelle Ryuji ! Ravi de te rencontrer Gadiel. Et ce n’est pas une robe de chambre, c’est ma tenue de travail, une robe de prêtre, j’ai oublié mes vêtements normaux dans ma valisette et je ne voulais pas risquer de tout déranger pour ça. »

Je souriais joyeusement et niaisement. Il plaqua son bras sur son visage, je ne comprenais pas mais ce n’était pas bien grave, nous auront tout le temps de nous connaitre plus tard !

- Hé le décalage horaire était si important que ça que pour tu oublies de t'habiller ?

Je penchais la tête sur le côté, essayant de décoder ses paroles, puis, une fois que j’eus compris qu’il parlait de mes pieds nus, je souriais à nouveau.

« Ah, mes pieds ? Un sans-abri avait plus besoin que moi de mes sandales. »

Je souriais et l’attrapais par la main, l’entraînant joyeusement dans la maison. Je l’observais, faisant le tour avec gaieté et revenait vers mon époux.

« Elle est vraiment belle cette maison ! Ah, au fait, tu fais quoi comme travail ? Moi je suis prêtre ! »

J’étais tellement enjoué que je m’embrouillais déjà dans mes questions, je voulais lui en poser pleins, mieux le connaitre. Mais en revenant vers lui, juste après lui avoir posé cette question, je me prenais les pieds dans je ne sais pas trop quoi et tombais violement au sol… le sourire toujours aux lèvres.
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Oct - 22:48
Gadiel ajusta sa carapace surmontée de pics. Si l'idée de se marier apportait un côté apaisant dû au fait que son époux lui appartiendrait pour le reste de ses jours, cette notion était également à double tranchant. Se lier à un humain et l'encadrer de ses chaînes toxiques ne lui apporterait rien si ce dernier ne s'avérait ne pas être compatible. Mais l'Incontestable a toujours raison. Ryuji était forcément fait pour lui. En dépit de ses présentations amères, ce dernier ne sembla pas s'en faire et l'accueillit d'un sourire chaleureux. Méfiant, le gamin recula de quelques pas et fronça les sourcils, cherchant à s'immerger dans l'esprit de son interlocuteur afin de détecter sa véritable personnalité.

Doué pour cerner les autres, ses proches l'invitait souvent à questionner ceux dont l'intégralité leur paraissait sibyllin. Ses analyses se montraient fréquemment exactes et pourtant, le garçon ne s'appuyait sur aucune science du comportement, ni sur l'opération de phases d'actions qui détermineraient à capter des petits tics qui amènerait finalement à un raisonnement fiable. Son instinct de survie, celui du chasseur, prévalait sur la logique. Toutefois, tout comme ses humeurs, son domaine de prédilection se montrait capricieux et instable, ainsi, il lui arrivait de retranscrire faussement des traits de caractère identiques à ses problèmes actuels.

Maintenant qu'il était seul avec son époux, Gadiel laissa ses pas le guider sur la voie de la solution. Mais au lieu de paraître dense, sombre et épineux, son chemin était limpide et fluide, comme si l'issue se déployait volontairement face à lui. Cette soudaine part de lumière qu'il discerna chez son interlocuteur l'effraya. Qui pouvait être aussi gentil ? Est-ce une leurre ? Une douce chimère destiné à l'empoisonnée lorsqu'il accorderait finalement sa confiance ?

Euphoniquement, Ryuji s'esclaffa, prenant sa provocation pour une réelle démarque d'affection. Son rire cristallin illumina les sous-bois et face à son frêle gazouillement, Gadiel resta sans voix. Se pinçant la lèvre face à la réponse suivante qui suggéra l'état déplorable de son époux à conséquence d'une donation à un démunit, le gamin n'eut pas de mal à l’étiqueter d'un caractère généreux, affable voir même altruiste. Le genre de personne qui lui mettait du baume au cœur. Toutefois, il ne serait pas facile pour autant. On lui offrait un pouce, il prenait le bras.

Soudain, le blondinet l'entraîna dans la maison, souhaitant effectuer une visite en sa compagnie. Sans mots dire, le gamin se laissa faire, mollasson. L'entrée déboucha sur une cuisine ouverte munit d'un frigo métallisé et d'une cuisinière dernier cri. Prolongeant l'alignement du plan de travail à son antipode, un couloir menait aux chambres et aux pièces personnelles. Cependant, si le gamin trimait d'impatience pour choisir son côté du lit en premier, il pris plaisir à découvrir le reste de la maison. L'intérieur moderne donnait une atmosphère éthérée à son l'ensemble. Loin du cocon chaleureux, son nid était particulièrement à son image. Naturel et exclusif. La particularité marginale qui détacha le salon des autres pièces, était le petit escalier de bois qui descendait dans un petit espace clos. Telle une grotte dans laquelle il hibernerait, un canapé sans méridienne jalonnait le mur, tandis qu'une étoffe beige trônait au milieu. Une TV plasma agrémentait l'image aux pixels près. Pas de doute, son père était le principal financier de tous ses biens. Le patriarche avait toujours eu un goût pour le luxe et enfant déjà, il veilla à ce que son précieux prince ne manque de rien. Jouets comme confort. Gadiel ouvrait à peine la bouche pour exiger, que l'objet de son désir éclorait dans ses mains.

« Elle est vraiment belle cette maison ! Ah, au fait, tu fais quoi comme travail ? Moi je suis prêtre ! »

Le chant harmonieux de son compagnon lui arracha ses pensées. Prêtre ? Le garçon frémit imperceptiblement. Éternel sensible aux mystères de l'Au-delà, il n'avait jamais douté de la présence d'une divinité supérieure, épiant tous ses faits et gestes, silencieusement, tapit entre les nuages denses. Jugeant ses actions, ses actes, un sourire dissimulant le reste de son visage, attendant perfidement l'heure de son jugement pour le châtier de tous ses péchés.

- Pfff, tu dis n'importe quoi, ce n'est pas un métier prêtre ! Cracha t-il pour masquer sa susceptibilité à ce sujet. Parce que tu ne gagnes même pas d'argent.

S'empressa t-il à ajouter comme s'il avait peur de se faire punir par les Dieux.

Fixant Ryuji dans les yeux pour masquer sa profonde gêne, il préféra toutefois s'effacer quant à sa question indiscrète. Si ce dernier avait une activité "professionnelle" enrichissante, lui, il ne s'occupait que dans l'équitation en espérant décrocher un titre qu'il ne posséderait jamais. Le seul de ses caprices qui ne seraient jamais assouvit. Devenir jockey à un mètre soixante-dix-neuf n'était possible qu'en franchissant la porte des songes. Face à cet échec, Gadiel éprouvait une profonde haine en à la réussite d'autrui et le fait que Ryuji soit épanoui dans le domaine qu'il semblait affectionner lui était insupportable.

Donnant un discret coup de pied rageur dans un meuble, en arborant une mine crispée, il sursauta lorsqu'un objet tomba à terre dans un fracas sonore. À ses pieds, ce n'était pas une lampe de chevet qui était tombé par l'effet son coup, mais bel et bien son époux, qui, étalé sur le ventre, afficha cet air sempiternellement heureux. Complètement niais, le blondinet émit un petit son étouffé derrière la longue manche de son costume nacré.

Un laps de temps s'étendit lorsque Gadiel réalisa les circonstances de la situation. Aussitôt, un rire guttural émergea de ses cordes vocales, tandis qu'il se frappa à plusieurs reprises le genou droit du membre opposé dans un mouvement frénétique. Les larmes aux yeux, les bras encadrent son ventre, il peina à se traîner près de lui tout en calant sa respiration pour reprendre son souffle.

- Toi, toi, tu n'es vrai___vraiment pas doué ahaha !

Réussit-il articuler, ricanant toutes les deux syllabes. Drainé par le jeu, Gadiel rampa à l'aide de la seule force de ses bras en direction du prêtre et pris place sur son dos, assis en tailleur. Posant ensuite la paume de ses deux mains sur sa tête, il profita de sa position de force, pour réclamer, une fois la crise apaisée :

- Pour la chambre, je veux le côté gauche du lit !

Et comme Gadiel ne faisait jamais rien dans la demi-mesure, le garçon rendu d'humeur espiègle, s'allongea sur son époux et entoura ses bras colossaux autour de son cou, si maigre, il pouvait presque toucher les os des cervicales. Dans cette position, il donnait presque l'impression de l'étrangler.

Chevaucher ses interlocuteurs était une seconde passion chez lui, destinée à être irritante pour ses victimes, le garçon aux cheveux ébènes y prenait réellement goût. S'il ne pouvait être jockey sur un cheval, qui avait dit qu'il ne pourrait l'être en ayant pour monture un être humain ?

- Allez dada, debout !

Ordonna t'il en effectuant une légère pression sur ses flancs à l'aide de ses mollets. L'évidence dictait qu'en comparant les deux gabarit, la fluette plume violette ne puisse soulever l'imposante pierre d'ambre, toutefois, ses actions étaient dictées par un besoin d’approfondissement de la connaissance de l'être avec qui, il cloisonnerait à jamais sa vie. Autant tater les limites, tester leur solidité.

et les rompre.
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Voir le profil de l'utilisateur Mer 8 Nov - 22:22
Je ris doucement face au fait que j’étais encore tombé. Cela m’arrivait souvent, je ne regardais pas forcément où je mettais les pieds. Et à chaque fois, je riais de moi, quand je ne me faisais pas trop mal bien sûr ! Je regardais mon époux avec un grand sourire. Gadiel était hilare, et j’avoue que j’adorais son rire. J’espérais qu’il rirait ainsi encore longtemps. Il s’en frappait le genou et en pleurait tout en étant plié en deux. Il devait avoir mal… je m’inquiétais pour lui quand même. Il vint près de moi en rampant, reprenant peu à peu sa respiration. Tant mieux s’il allait bien.

- Toi, toi, tu n'es vrai___vraiment pas doué ahaha !

Je lui souriais encore plus.

Eh non. Je suis très maladroit.

Il s’assit alors sur mon dos, un peu surpris, je retenais une légère plainte. J’avais un peu mal aux reins après ma marche pour arriver ici. Il posa la paume d’une de ses mains sur ma tête, je ne disais rien, me laissant faire malgré la douleur de mes reins.

- Pour la chambre, je veux le côté gauche du lit !

Je hochais la tête en riant doucement.

Pas de problème, je n’ai pas de préférence pour ça… pour pas grand-chose d’ailleurs…

J’étais quelqu’un de très simple au fond, peu m’importait telle ou telle chose du moment que tout le monde y trouvait son compte. Si cela faisait plaisir à Gadiel, alors il aura le côté gauche du lit. Ce n’était pas vital à mes yeux.

Je retenais un couinement alors que mon époux s’allongeait complètement sur moi, entourant mon cou de ses bras. Je souriais quand même doucement, c’était un enfant en fait non ?

- Allez dada, debout !

Je riais doucement. En fait, je prenais surtout un peu de temps pour ignorer la douleur de mes reins. En plus, Gadiel était plus grand et plus imposant que moi… donc je risquais de me faire mal et de vite m’épuiser si je me précipitais. Je retenais encore un couinement quand avec ses mollets il fit une légère pression sur mes flancs. C’était douloureux…

Je me levais avec beaucoup de difficulté, gardant le sourire alors que j’avais envie de crier de douleur. Je ne voulais pas culpabiliser Gadiel, je ne voulais pas le décevoir, alors je fis le cheval pour lui… malgré mon corps faible qui me hurlait de m’arrêter et de me reposer. Cela m’étais malheureusement interdit.
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Voir le profil de l'utilisateur Mer 22 Nov - 22:47
Dés lors que son interlocuteur démontrait une docilité, tel un chien louant une loyauté sans faille à son maître, Gadiel sut qu'il pourrait le dresser, selon ses envies et ses humeurs. La plupart des personnes de son entourage possédaient des barrières qu'il avait appris, à ses dépends, à ne pas franchir. Hormis son Majordome - qui lui, avait été éduqué pour ne pas satisfaire ses propres désirs et aspirations personnelles, préférant se vouer entièrement à la famille qu'il devait servir - jamais Gadiel n'aurait pensé rencontrer un type qui se soumettrait à lui aussi facilement. Cela dit, le gamin était convaincu que son époux avait fixé ses limites, aussi ténues soient-elles. Chaque âme contient, ne serais-ce qu'une goutte d'amour-propre. Le dévouement total, facteur inconnu pour de simples humains, ne s'appliquait qu'aux animaux domestiques, dont l'esprit ne s'alimentait que d'amour pour leurs supérieurs. La race humaine est si égoïste. Alors, suivant avidement le chemin que lui dictait son esprit compétiteur, Gadiel cherchait à éveiller la partie la plus obscure, sommeillant encore dans la poitrine de son époux.

En réalité, Gadiel éprouvait le besoin secret d'être rassuré et, à l'antipode de son attitude qui laissait entrevoir un garçon indomptable, seul l'autorité, dosée de notes de tacts et d'un subtile arôme de protection pouvaient apaiser le démon qui l'abritait. La compagnie de ses pairs arborant des traits de caractère de bienveillance, faisant preuve de douceur, tout en les équilibrant par la fermeté était l'une de ses favorites. Dans le cas de Ryujii, rien ne semblait, à première vue, pouvoir le faire sortir de ses gonds. Pour un garçon se braquant d'un claquement de doigt, cet homme était une opportunité en or pour conserver son mental à son état initial. Mais, à l'instar du pourri gâté qu'il incarnait, obtenir ce qu'il voulait avant que sa bouche n'ouvre la commande, enlevait son attrait pour l'objet en question.

***

Bien que le rire limpide de son époux caressa les murs nacrés de la pièce, sa corporelle afficha un tout autre langage. Prisonnier de son poids, Ryujii peine à se redresser et Gadiel ne faisait rien pour se rendre plus léger. À demi-fléchi, son mari resta immobile, comme s'il attendait la suite des instructions. Aussitôt, un demi-sourire mesquin s'esquissa, élargissant le visage carré du gamin, piquant ses traits principaux pour lui donner un aspect austère. Se voyant déjà gouverneur des actions du petit blondinet en lui ordonnant quand manger, quand boire, quand respirer.

Empoignant une mèche de cheveux dans chacune de ses mains pour dessiner des rênes, Gadiel fixa ses conditions. S'il tirait à gauche, alors son cheval humain irait à droite et à contrario, s'il donnait une pression à droite, alors, il se dirigeait du côté opposé. L'obligeant à grimper les petites marches qui faisaient office de petit trou pour isoler le salon, le cavalier orienta son partenaire dans la salle à manger, en le contraignant à faire le tour de la table, assez large, pour y accueillir six personnes. Se penchant près de son visage, son souffle chatouilla les joues de son interlocuteur, pendant que son timbre prenait un ton accusateur.

- Tu es un peu rouillé non ?

Question rhétorique, puisque Ryujii n'était pas aussi puissant et résistant que Yacktos. Peu à peu, le gamin perdait patience, la balade humaine n'avait plus rien de fôlatre si son partenaire n'était pas capable d'effectuer de bons mouvements et même si ce jeu permettait de tester ses limites, Gadiel ne se permettrait pas d'envoyer son cher et tendre à l'hôpital pour une action aussi irréfléchie. Qui ferait le ménage sinon ? Certainement pas lui !

Écrasant ses mains contre la nuque du malheureux, pour lui imposer une posture basse, Gadiel mis pied au sol puis, lui redressa la tête en glissant son index sous son menton :

- C'est bon. Râla t-il. Je vois que tu ne tiens pas, mais ne crois pas que je suis descendu par gentillesse ! Je n'ai juste pas envie d'abîmer mon nouveau jouet. Je n'en aurai pas d'autres, alors autant te conserver en état. Par contre, je te préviens, les tâches ménagères c'est toi qui t'y colle, je n'ai jamais levé le petit doigt de ma vie et ce n'est pas aujourd'hui que mes habitudes vont prendre un autre tournant.

Croisant les bras, se rendant petit à petit compte le poids de ses mots, il détourna le regard, fixant une branche de sapin, cognant légèrement, emportée par le gré du vent, contre l'une des fenêtres principales de la pièce. D'une voix blanche, il rajouta, ses mirettes noisettes plongées dans le doux courant violet :

- Et j'ai d'autres conditions aussi...

Si Ryuji avait accepté l'une des premières variations qui consistait à lui céder le côté gauche du lit, le terrain n'était pas préparé pour autant.
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 17 Déc - 13:15
J’étais triste de voir que j’étais trop faible pour pouvoir porter mon époux sur mon dos pendant un trop grand laps de temps. J’allais pourtant devoir tenir, je voulais tenir, je voulais lui faire plaisir, même si ça devait passer par un évanouissement de ma part. J’eus tout de même un léger tremblement quand il attrapa deux mèches de mes cheveux, une pour chaque main. Ne pouvait-il pas simplement m’indiquer la direction ?

On aurait dit que non. Il testait déjà ce que ça faisait quand il tirait sur ma chevelure, ce que ça faisait quand il donnait une pression sur mes flans. Je n’étais pas un cheval, il m’était difficile de réellement comprendre ce qu’il voulait, et même si je ne disais rien pour lui faire plaisir, je n’aimais pas particulièrement ça…

Je dû, toujours avec difficulté, grimper les marches qui donnaient sur la salle à manger, puis faire le tour de la table avant qu’il ne se penche, me déséquilibrant un peu. Je frémissais en sentant son souffle, mes jambes tremblaient en menaçant de me lâcher… j’avais beaucoup de mal à tenir… mais j’oubliais ça en entendant mon époux, me dire d’un ton accusateur que j’étais rouillé. Je baissais alors la tête, triste de l’avoir déçu alors que l’on se connaissait à peine. J’étais donc un tel incapable ? Je ne pouvais même pas combler les désirs de mon époux ? Gadiel méritait sans doute mieux que moi…

Un couinement étouffé s’échappa de ma gorge en sentant les mains de mon époux qui me forçaient à me baisser. J’avais mal du coup… mais je le cachais comme je le pouvais,  laissant mon corps se soulager du poids de Gadiel qui venait de descendre. Je m’effondrais au sol, tenant mes reins en retenant des larmes de douleur. J’avais bien fait, car mon époux ne me laissa malheureusement pas l’occasion de me remettre complètement. Il remonta mon visage vers le sien, m’obligeant ainsi à soutenir son regard. Ses mots me firent mal, ils étaient un peu cruels… mais je ne disais rien, je me contentais de l’écouter.

Mais je ne pus retenir un tremblement de peur quand il m’apprit qu’il n’avait pas l’intention de s’occuper de quelques tâches ménagères. S’il ne le faisait vraiment pas, nous finirions en prison… voire pire… je ne voulais pas qu’il arrive du mal à Gadiel… c’est la raison pour laquelle je décidais de parler, un peu timidement tout de même, ayant déjà comme un peu peur de mon époux.

M… mais selon le contrat… nous devons nous partager les tâches ménagères… Je les aurais toutes faites volontiers… mais si tu ne participes pas, l’Incontestable nous enverra en prison… pour avoir violé les termes du contrat de mariage…

J’avais peur pour Gadiel et j’espérais que mes paroles ne le mettraient pas en colère. Il croisa ensuite les bras, détournant le regard sans que je ne comprenne pourquoi. Je venais observer la direction de ses yeux pour voir qu’il fixait une branche de sapin. Je reportais mon attention sur lui, attendant une réaction tout de même à mes paroles…

Il se tourna à nouveau vers moi, me regardant dans les yeux, me faisant ainsi légèrement rosir. Je me perdais rapidement dans ses prunelles noisette, était-il en colère ? Comment allait-il réagir ? Je contrôlais mon corps comme je le pouvais afin de ne pas trembler. Finalement, il me dit simplement qu’il avait d’autres conditions. Peu m’importait, il pouvait avoir toutes les exigences du monde, je voulais simplement que l’on respecte le contrat, ce fut-là ma réponse.

J’accepterai volontiers toutes tes conditions, tant qu’on ne viole pas le contrat. Je ne veux pas que tu finisses en prison à cause de ça.
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Voir le profil de l'utilisateur Mer 27 Déc - 0:14
Visiblement, son partenaire ne semblait pas posséder en lui, une once de noirceur. Mais, il était encore trop tôt pour confirmer cette pensée. Après tout, les époux ne se connaissaient que depuis quelques heures. Gadiel le fixa dans le blanc des yeux quand Ryuji explora un bout de courage enfoui au fond de lui-même. Courroucé, le gamin claqua sa langue contre son palais puis, souffla bruyamment. Il n'acceptait pas les impératifs, notamment quand il s'agissait des tâches ménagères. Cependant, Gadiel ne manquait pas de jugement au point de souiller les règles de l'Incontestable par sa désinvolture. Les clauses du contrat, le gamin les avaient assimilé rien qu'en les lisant une seule fois.

- C'est bon arrête ! Je sais ! J'ai compris ! Bon... Alors, juste. Pas les chiottes. Ca je ne nettoie pas. Ni la vaisselle, avec la salive des autres dessus lààà, sur les assiettes et les couverts, ça me dégoûte. À la limite, je suis d'accord pour l'aspirateur et mettre la table. Après pour le reste, consulte-moi et je te dirais si oui ou non j'ai envie de le faire.

Article neuf : Les époux doivent se partager les tâches de la vie quotidienne. Dans cette partie, il n'était nullement mentionné que cela devait être équitable, ni même que chaque partie devait effectuer un roulement. Donc, le gamin se réservait pour droit de bannir les besognes, dont il ne voulait pas s'acquitter.

- Tu sais... Je ne violerai jamais le contrat, donc forcément que mes conditions n'iront pas contre le gré de l'Incontestable. Réfléchis un peu neuneu !

Affirma t-il en lui tapotant le front de son index dans un mouvement itératif. Gadiel se détendit peu à peu. Le garçon n'avait pas encore pris totalement ses quartiers dans cette nouvelle maison. Alors, il mit la conversation en suspend et se dirigea vers la chambre à coucher. Le reste de ses bagages arriveraient demain. Yacktos aussi. En tout bon cavalier, le gamin nota dans sa liste mentale, d'aller vérifier si tous les équipements, box, barrières, foins, étaient opérationnels avant l'arriver de son partenaire à sabot.

- Ah oui, je ne t'ai pas dit. Mes modalités viendront en temps et en heure.

Compléta-t-il en voyant que son époux le suivait. Installant ensuite ses affaires dans l'armoire qui contenait que des longues robes nacrées de prêtre, ainsi que quelques vêtements souples, Gadiel s'appropria les autres espaces du meuble ainsi que ceux de la commode. Il orna ensuite les étagères de poster de chevaux et de ses héros favoris de jeu vidéo. Une étagère vide surmonta le bureau en bois blanc. Avec précaution, le gamin y déposa ses trophées et ses quelques médailles qui reposaient dans une mousse, protégées par un cadre en verre. Bombant le torse, il les présenta à son mari, les yeux pétillants :

- Tu vois ce trophée ici, en argent, c'est une course hippique que j'ai remporté l'an dernier. Et cette médaille, la rouge carmin, elle date de mes débuts, c'était juste une simple "bataille" entre les membres débutant du club. J'avais hmmm dix-neuf ans je crois. J'ai commencé l'équitation assez tard, mais je ne regrette pas.  

Soigneusement, Gadiel déposa une statuette de cheval se cabrant et de sa copine, celle d'un étalon en plein saut. Au-dessus du lit, le garçon accrocha un fer à cheval à simple clou. En clair, leur espace chambrette imitait plus une écurie, qu'un nid douillet cocooning. Le garçon aux cheveux de jais se présenta au seuil de la pièce, afin d'avoir un aperçu général de son nouvel environnement.

- Alors ? Qu'est-ce-que tu en dis ?

Même si son jugement négatif ne changerait rien dans ses décisions, Gadiel tenait à avoir son avis concernant sa passion et qu'il l'encense également sur ses talents de décorateur ! Ou de cavalier. Il se pourrait que son époux n'aime pas les animaux. Un peu comme son meilleur ami qui lui, les haïssaient seulement parce qu'il les trouvait salissants. En dehors de ça, il ne se permettrait pas de leur faire du mal. Ryuji était du genre à donner ses chaussures à un SDF, c'était véridique ! Information confirmée. Pas de doute que son pur-sang serait en sécurité avec lui.

Claquant ensuite des doigts, il pivota ensuite vers son mari :

- Pouf ! Une condition vient de pleuvoir ! Je veux ton portable.

 Personne ne peut te parler à part moi !

Sa jalousie maladive refaisait surface. Même s'il n'était pas encore attaché au beau blond, l'Incontestable l'avait choisis pour LUI. C'était SON cadeau. Donc, il ne PARTAGERAIT PAS.
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 9 Jan - 22:30
Mon regard restait rivé sur mon époux qui semblait irrité par mes paroles. Je m’en doutais… bien sûr… mais je ne faisais que rappeler les clauses du contrat de mariage. Ses paroles me firent sourire. Je pouvais comprendre qu’il ne veuille pas faire les toilettes ou la vaisselle. Pour ma part, j’étais habitué à faire ce genre de tâches au temple.

D’accord. Je te demanderai pour le reste. Mais de mon côté, tout est ok.

Je dû me retenir de rire à ses autres paroles, rire de moi-même. J’avais été idiot en effet, d’avoir pensé qu’il pourrait aller contre l’Incontestable. Je ne réfléchissais pas souvent, aussi, j’avais souvent besoin que l’on m’aide ou que l’on me rappelle à l’ordre. J’offrais encore un sourire à mon époux alors qu’il tapotait mon front avec son index. C’était mignon.

Je me levais et le suivais vers la chambre, l’écoutant d’une oreille distraite en hochant la tête. Pourquoi distraite ? Euh… parce que j’étais déjà parti à rêvasser… comme d’habitude… heureusement que Gadiel m’avait adressé la parole pour me ramener sur Terre…

Et pendant qu’il rangeait, je repartais dans mes rêveries, dans mes pensées. Hmm… je devrais peut être préparer le repas non ? Qu’aimait-il manger ? Je ne sais pas… oh, il faut aussi que je prépare la prière pour demain au temple… tant de choses à penser… beaucoup trop de choses… je m’y perdais. J’étais tellement perdu dans mes pensées que je ne remarquais même pas que la chambre se transformait en écurie sous les mains de mon cher et tendre. Je revenais à moi juste à temps pour le voir bomber le torse et me montrer des médailles et des trophées. Mon regard devint admiratif alors que je le posais sur lui.

Je l’écoutais me les présenter avec fierté, lui souriant tendrement. J’étais réellement intéressé par ce qu’il me racontait, il devait vraiment être doué en équitation. Il déposa ensuite, sur cette même étagère deux statuettes de chevaux. Elles étaient jolies… je m’approchais, pour pouvoir observer tout ça un peu mieux. Voir mon époux refaire la décoration me faisait plaisir. Il était trop mignon à mettre son petit fer à cheval au dessus du lit, puis il revint sur le seuil de la pièce, admirant son œuvre qui était très réussie. Il me demanda alors mon avis, et je lui répondais avec le sourire.

J’aime beaucoup ! J’aime tous les animaux, les chevaux sont particuliers… je trouve qu’ils dégagent une certaine noblesse, non ? Et tu dois vraiment être doué en équitation… moi la seule fois où j’ai essayé… la selle a glissé et je me suis retrouvé la tête sous le ventre du cheval…

Une expérience qui n’était pas très valorisante, je l’avouais… mais bon… c’était ma faute, j’avais mal sellé l’animal autrefois… Je sursautais et me tournais à nouveau vers Gadiel quand il claqua des doigts. Je penchais la tête sur le côté à sa demande… un portable ? Pour quoi faire ? Ca sert à quoi ? Je me massais la nuque en souriant, gêné.

Je… n’en ai pas… je ne sais même plus à quoi ça ressemble ni à quoi ça sert. Je n’utilise que le téléphone fixe en général…
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