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Voir le profil de l'utilisateur Mar 31 Oct - 18:59

I don't know where I'm at
I'm standing at the back
And I'm tired of waiting
Waiting here in line,
hoping that I'll find what I've been chasing.

Dix ans. Dix années enfermées à l'écart du monde. À l'écart de la vie. À l'écart des autres. De la société et de la réalité. Du monde comme les gens le voit. Comme les gens l’aperçoivent. Dix ans derrière des barreaux en métal. À observer le ciel parfois trop bleu. Trop étincelant. Il a fini par te brûler les yeux, Ban. Il a fini par te bouffer. Par te perdre aussi. Par écarter le sourire joyeux et innocent d'un gamin. De ceux qui ne demandent rien à la vie, mais qui doivent exister dans une dimension parallèle. Tu as payé. Si longtemps. Trop longuement pour un crime que tu n'as pas commis. Tu as payé et parfois, tu te demandais. Si lui aussi t'avais oublié. Si lui aussi te tournait le dos. Ce mot qu'elle n'avait de cesse d'utiliser. De t'imprégner dans le cerveau. À la recherche de la perfection. D'une image de toi qui aurait été différente. Idéalisée, plus belle. Oui, tu as fini par te demander si l'Incontestable avait rayé ton nom. Comme si la prison pouvait t'épargner de ses filets. Dix ans et rien. Dix longues années sans une lettre. Sans même un regard probablement.

Dix ans solitaires.

Cela fait environ huit mois maintenant. Huit mois de liberté. Huit mois que d'autres prisonniers t'envient certainement. Entre ton boulot, la moto, ton patron, cette ville et ton chat le temps s'est écoulés rapidement. À tel point que tu n'as pas encore songé à la suite. À ce sentiment qu'il te manque. À cet objectif que tu as perdu de vue. Que faire de la liberté. Que faire à présent ? Les mois se sont écoulés oui. Beaucoup de choses se sont déjà passées. Le typhon est venue vous frapper de plein fouet. Sans crier gare. Sans une once de scrupule. Au milieu du chaos, tu as cherché ce chaton. C'est la seule chose à laquelle tu pensais sur l'instant. En chemin, tu avais bien fait un détour pour t'assurer que ton patron allait bien, mais tu n'étais pas resté longtemps. Cela faisait seulement une petite semaine que tu avais trouvé la boule de poils blanche à ce moment. Alors, tu étais rentré pour le trouver. Miaulant sur une chaise haute du bar, tu avais eu un soupir de soulagement. C'est la seule chose qui comptait pour toi. Après cela pourtant, les dégâts étaient assez impressionnants. Vous y avez passé du temps, tous les deux, pour ranger le bordel. Aussi bien dans l'appartement que dans le garage.

Un bordel qui encore d'actualité.

Des affaires traînent encore. Des meubles sont encore à jeter. La console a déjà été rachetée. Tout ce qui t'est nécessaire pour vivre est déjà revenu. Il reste le plus superficiel. Et c'est au milieu du salon que tu l'as tien maintenant. Cette lettre rose. Des yeux grands ouverts de surprise. Un instant en suspend. Tu l'observes aujourd'hui et tu comprends. Que finalement, il ne t'a jamais oublié. Il attendait patiemment. Sagement. Il t'attendait, Ban. Que tu quittes la cage aux lions pour revenir à la réalité. C'est dans un soupir et une mine impassible que tu ouvres cette lettre. La seule chose qui te frappe réellement, c'est son prénom. Matthew. Un homme. Encore un. Il y a inévitablement son visage qui t'apparaît. Ses traits. Ses yeux noirs. Son sourire. Sa voix. Les souvenirs du passé. Dans le silence, dans la solitude, tu fronces les sourcils. Un peu. L'espace de quelques secondes. Ce n'est pas la même personne. Ça ne le sera jamais, tu l'espères. Fermant les yeux, tu soupirs avant de la glisser sur le bar. Tu n'es pas prêt à y aller de suite.

Il te faut trois jours.

Trois jours durant lesquels tu préviens ton patron. Tu prends les meilleures décisions quant à la suite de ton avenir dans le garage. Il y a aussi un débat que le fait qu'il te laisse la moto. Tu emballes les affaires encore potables. Et finalement, tu t'en vas. Le chaton sous le bras, tu tournes les yeux une dernière fois sur cet endroit. Sur la solitude que tu avais acquise ici, mais qui n'existera plus. Un soupir, encore. Sortant à peine du boulot, tu quittes ce lieu sans te retourner. En descendant, tu regardes la lettre une nouvelle fois. L'adresse est inscrite dessus, espérant trouver sans grande difficulté. Tokyo reste la même ville que tu as toujours connue. Les rues. Les quartiers. Certains bâtiments également. Il t'arrive souvent de reconnaître des lieux et pourtant. Il y a cette sensation d'être parti trop de temps. D'avoir loupé un changement. Un timing pour te sentir chez toi. Marchant jusqu'au premier métro, tu prends la direction de l'immeuble. Il te faut un peu de temps pour t'y rendre. Un temps que tu consacres à réfléchir. Le chaton dans ton blouson, tu laisses tes yeux divaguer sur les murs qui défilent. Est-ce qu'il sera là quand vous arriverez ? À quoi est-ce qu'il ressemble ? Qui est-il ? Des questions qui se prolongent, qui ne trouvent encore aucune réponse. Tu plisses un peu les yeux, fatigué. Après un trajet qui te semble interminable, tu descends enfin. Un gros sac sur le dos, un autre dans une main, tu prends la route. Et finalement tu te tiens devant le bâtiment. Penchant un peu la tête, tu inspires, tapant le code dans la lettre avant d'entrer. De rejoindre ton nouvel appartement. De frapper, puis d'entrer sans attendre. Il y a un bref couloir que tu traverses, levant la tête pour observer la première pièce. Déposant tes sacs, en tournant la tête tu le remarques.

Il y a un temps d'arrêt.
Un battement loupé.
Le sentiment soudain d'être mal à l'aise.

« Salut. » que tu dis seulement à son encontre. Tu le fixes bien trop intensément d'un regard froid. Bien trop longtemps sûrement. De haut en bas. Tu observes ses cheveux blonds, ondulant légèrement. Il paraît tout sauf Japonais. Il semble faire presque deux têtes de moins que toi. Il n'est pas bien épais non plus. Ce qui te choque le plus cependant, c'est l'âge que tu pourrais lui donner. C'est... un gamin. Tu déglutis un peu. Inspire profondément. Oubliant les politesses d'usages de ton pays. La vérité son nom te frappant trop brutalement. « T'es un mioche. T'as quel âge ? » que tu laisses passer sans réfléchir. Toujours cette franchise trop directe. Tu détournes les yeux une seconde, soupirant une nouvelle fois. Un peu déstabilisé, tu te tournes finalement vers lui pour lui faire face. « Je suis Ban, enchanté. » ta voix légèrement rauque, corrodée par la clope, surgit une nouvelle fois. tu penches un peu la tête, l'inclinant finalement. Parce que tu viens d'y penser. Sentant bouger dans ton blouson, tu laisses sortir la tête blanche qui miaule. « Désolé, t'es libre. » le déposant au sol, tu laisses le chaton découvrir l'endroit. Ton attention se reportant naturellement sur le môme sous tes yeux. Tu paraît distant. Froid. Dix ans de prison. Un typhon. Et un gamin. Ça ressemble presque à une immense farce.

Pourtant c'est bien réel.

I shot for the sky
I'm stuck on the ground
So why do I try, I know I'm gonna fall down
I thought I could fly, so why did I drown?
I'll never know why it's coming down

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► P r e c i o u s



Tu n’as pas quitté ton studio depuis ton retour de l’hôpital. Rien de grave, qu’ils t’ont dit. Rien de grave, tu le sais bien. Mais l’oppression est encore là. Etouffante, aliénante. Tu essaies de ne pas y penser alors forcément tu y penses. L’obscurité du tunnel. L’inondation. La panique autour de toi, la terreur, la violence de ton envie de survivre. Et puis les corps flottant à la surface. Et puis cette conviction que t’allais peut-être mourir comme ça, bêtement, dans un tunnel de métro engloutit par une vague aussi haute qu’un gratte-ciel.
A croire que ce pays n’aime pas vraiment ta famille, à vouloir tuer ton frère sur la route et à vouloir te noyer dans ses entrailles.

Et puis y’a ton frère, aussi. T’aurais peut-être pas dû le prévenir comme ça. T’aurais peut-être dû attendre, t’en sais rien. La panique et la peur, ça empêche de réfléchir après tout, c’est normal, tu t’es dit que t’allais peut-être clamser, tu te voyais mal disparaître sans rien dire. Mais voilà. Maintenant il sait que t’es là. Et il t’en veut putain. Il t’en veut.
Tu sais que ça passera. Qu’il mettra un peu de temps mais qu’il finira par te rappeler et te dire qu’il est désolé de t’avoir engueulé, que t’es qu’un abruti mais qu’il est pas mieux et qu’il va pas foutre en l’air la possibilité de te revoir pour une rancœur qui n’a pas lieu d’être. Tu sais tout ça mais son silence fait quand même mal. Ou alors c’est la dépression nerveuse qui fait son taf de choc post-traumatique après la catastrophe, t’en sais trop rien.

Et puis y’a cette lettre rose que t’as reçue ce matin. Tu l’as ouverte avec des mains un peu trop tremblantes à ton goût. T’as pas ressenti grand-chose en lisant le nom inscrit à côté du tien. A vrai dire, t’as juste retenu que ton nom, à toi, il avait disparu.
Tu t’es senti nu en la lisant, cette lettre. Ce pays n’aime vraiment pas ta lignée. T’as l’impression qu’il essaie de te prendre tout ce qui compte, tout ce à quoi tu tiens. Il t’a pris ton frère, il t’a pris la relation que t’avais avec tes parents, il t’a pris à bras le corps pour t’accueillir avec un putain de tsunami dans la gueule. Et maintenant il te prend ton nom, à croire qu’il lui reste plus qu’à te bouffer les os pour être satisfait.
C’est presque trop. Presque. Mais y’a cette résilience qui prend la relève. Cette même attitude bornée et inébranlable qui t’a conduit ici. T’estimes pouvoir te plaindre un peu de ta mésaventure dans les tunnels du métro parce que t’avais clairement pas choisi d’être là. Mais cette lettre, ce mariage, il découle directement de tes actions et de tes choix. Tu as voulu venir vivre ici, tu as étudié le système. Tu savais que c’était un risque, une probabilité certaine même, et tu n’as rien contre ça. A vrai dire, tu pourrais presque avoir foi en ce système, s’il n’y avait ta profonde conviction rationnelle et agnostique t’empêchant de voir une machine créée par l’homme comme un outil du divin et du destin. En revanche, tu crois volontiers en l’erreur humaine et tu ne veux pas risquer d’éveiller ta propre imperfection. Tu ne vas pas tenter le diable en restant ici.
Alors non, cette lettre ne t’inquiète pas tant que ça. Tu es peut-être juste un peu surpris de la rapidité avec laquelle c’est arrivé. Tu es peut-être juste un peu chancelant de ne pas avoir de répit dans cet enchainement dingue, où tout arrive bien trop vite. Et tu as peut-être juste un peu peur des promesses contenues sur ce simple bout de papier.

Tu n’as pas envie de quitter ton studio, pas encore. Mais après quelques heures, tu commences à faire ton sac. Tu ranges et tu nettoies, tu appelles ton propriétaire pour être sûr qu’il est bien au courant de la situation ; il l’est. Une poignée d’heures. Tu ne mets pas beaucoup plus de temps à tout mettre en ordre et à claquer la porte avec un sac à dos et un grand sac de voyage.
Les aurevoirs à tes voisins ne sont pas longs. Tu promets à Angela, ta voisine allemande, de l’appeler de temps en temps. Elle te dit que de toute façon, elle a besoin d’un cobaye pour s’entrainer à soutenir sa thèse de doctorat et que tu fais un bon public. Le couple de personnes âgées à l’étage du dessous te fait promettre de passer régulièrement aussi, pour que tu les aides avec leur anglais. Tu ne vois pas pourquoi tu dirais non, alors tu leur dis que tu viendras. Ils sont ravis pour toi, quand ils apprennent que tu pars pour répondre à l’appel de l’Incontestable. Ils te souhaitent tous leurs vœux de bonheur et tu leur souris, essayant d’ignorer l’angoisse qui se creuse un nid douillet dans ton ventre peu à peu.
Tu essaies de ne pas trop penser à ton voisin du dessus, mort dans la vague pendant que tu luttais pour ta propre survie.




Ton nouveau chez toi n’est pas beaucoup plus grand que le studio que tu viens de quitter et à vrai dire, tu préfères ça. Quelque chose de cosy et d’intimiste, que tu puisses connaître dans ses moindres recoins et qui te sera vite familier. Quelque chose où vous pourrez faire entrer vos deux personnes sans craindre de rester des inconnus bien longtemps. Vaguement, tu repenses à ce prénom inscrit, ce nouveau nom qu’on t’a attribué. Ban. Tu ne saurais pas dire si tu dois t’attendre à une femme ou un homme avec un prénom aussi concis. Au moins, tu sais qu’il ou elle ne doit pas être japonais.

Le premier jour, personne ne vient.
Tu vas faire quelques courses et tu installes tes affaires dans la chambre. Tu n’en as pas beaucoup mais tu t’arranges quand même pour les étaler dans la moitié des rangements. Cet endroit est le tien, hors de question de concéder l’espace qui te revient. Tu sors un plaid et tu t’enroules dedans en t’installant sur le canapé. Tu regardes la télé, suivant les nouvelles autour de la reconstruction après le tsunami. Les choses vont vite.
Tu as entendu dire que l’Incontestable allait mal. Que des mariages étranges avaient lieu, se faisant et se défaisant partout dans le pays. C’était peut-être votre cas.
Tu écrases cette pensée aussi vite qu’elle te vient. Ne pas espérer voulait dire ne pas risquer d’être déçu. Et tu te sentais mal de déjà vouloir que cette union échoue ou disparaisse, sans même laisser une chance à cet autre qui allait partager ta vie. La voilà qui se révélait, ton erreur humaine.
Le lit est plus grand que celui que tu avais avant. Tu en profites pour dormir en étoile, prenant le plus de place possible sous la couette confortable.

Le deuxième jour, tu retournes en cours après ton absence brusque, acceptée par le lycée vu les circonstances. T'y retournes pour te distraire, t’obliger à bouger et à sortir. Pour ne pas passer une autre journée seul sans savoir vraiment ce que tu attends.
Tu passes par l’administration pour signaler ton changement de nom et ton nouveau statut. Tu reçois des félicitations enjouées, des louanges pour la rapidité de ton mariage. Assurément, le programme avait estimé que ta venue était bénéfique et nécessaire à quelqu’un, c’était un bonheur de voir le miracle du programme aussi prompt à te récompenser. Tu n’as pas insisté, t’arrangeant pour écourter les louanges et les vœux. Si le programme en lui-même ne te dérange pas, la foi quasi fanatique que certains peuvent avoir en lui ne manque jamais de te mettre mal à l’aise.

Ban arrive le troisième jour.
Tu es en train de grignoter un pain à la viande sur le tapis, assis devant la table basse sur laquelle est posé ton ordinateur. Tu te casses la tête sur des exercices de syntaxe qui te donnent des envies de meurtre.  
Un il donc. Et il est grand, putain.
Immense, et large, et fort, et vieux.
Si t’étais du genre à avoir peur, t’aurais flippé. Pour plein de raisons, certaines plus légitimes que d’autres. Mais c’est fini tout ça. T’as plus six ans. Il y a longtemps que t’as échangé la peur pour l’analyse. Du moins, t’essaies de t’en convaincre.

T’enfournes ta bouchée en te redressant, essuyant tes mains sur ton jean.

« Euh, salut. »

T’avais eu l’espoir qu’un nom étranger apportait une promesse de langage portant plus sur l’anglais que le japonais mais on dirait que tu t’es planté. Au moins, il fait des phrases assez simples pour que tu les comprennes.
Assez pour comprendre que, clairement, t’es pas du tout ce qu’il attendait. Assez pour supposer qu’il préfèrerait sûrement faire demi-tour sur le champ, peut-être. Etrangement, ça t’agace. Tu comprends le sentiment, mais ça t’agace.

« J’ai dix-huit ans, désolé si tu t’attendais à mieux. »

Y a cette tension un peu malaisante qui s’installe, comme souvent être des inconnus qu’on balance dans une même pièce en leur disant de faire connaissance et de s’entendre. T’hésites à lui répondre que t’es enchanté aussi. Tu trouves que ça sonne stupide, le genre de salutation qui demande à ce que tu lui tendes la main et que vous vous seriez les paluches. Non, décidément l’image te dérange.
Tu t’approches de quelques pas, histoire de. Histoire de montrer que tu es curieux, que tu as envie de faire les choses aussi bien que possible, peut-être. Pourquoi pas lui demander si tu peux prendre son sac pour aller le mettre dans la chambre. Combler un peu le vide avec quelque chose.
Mais t’es interrompu dans tes pensées par l’apparition d’une tête de chaton sous le menton de Ban. Tu observes la scène avec surprise et, aussitôt, t’as l’impression de respirer un peu mieux. Comme si ce chaton imprévu et aussi perdu et jeune que toi te donnait une prise familière à laquelle te raccrocher.

Tu t’accroupis en tendant la main vers la boule de poil pour essayer d’attirer son attention. Ca ne fonctionne qu’à moitié, il vient te renifler le bout des doigts quelques secondes avant de s’en détourner pour aller explorer le reste de la pièce avec curiosité. Le canapé semble bien plus intéressant que toi, à en juger par les petits miaulements que la boule de poil lui adresse. T’as du mal à retenir un sourire.
Tu lèves les yeux vers Ban –te dévisses le cou pour voir son visage serait plus exact. Putain ce qu’il est grand.

« Il était pas prévu dans le contrat de mariage lui. Il s’appelle comment ? Ah, shit. »

Exclamation coulant naturellement sur ta langue, alors que tu te creuses les méninges pour répéter ta phrase en japonais. T’as encore du mal à contrôler ton anglais maternel de sortir de ta bouche quand tu t’adresses à d’autres gens sans être réellement concentré.
Du coup, tu te redresses et tu recommences, en japonais cette fois, et en espérant ne pas te planter.

« Pardon, je me demandais juste comment il s'appelle. »




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Maybe I'm foolish, maybe I'm blind.
Thinking I can see through this and see what's behind.
Got no way to prove it so maybe I'm blind.

Sa voix. C'est ce qui rend un humain tangible. C'est ce qui se grave le plus profondément. Les visages peuvent s'effacer. Les traits peuvent disparaître. La voix reste toujours. Même dans un visage trouble et flou, la voix peut être encore intacte. Dans la noirceur, elle peut vous appeler. Vous supplier. Vous ramener à vos erreurs. Vous terrifier. Vous dévorer. La voix susurre, elle erre. Les sourcils légèrement froncés, tu laisses la tonalité de la sienne se graver chez toi. Parce que demain, il sera toujours là. Ce n'est pas une tête passagère. Ce n'est pas qu'une nuit. Qu'un seul ciel étoilé. Si l'Incontestable n'a pas pété une durite vous concernant tout du moins. Il reste cette possibilité, c'est vrai. Avec ce qui est arrivé dernièrement, c'est une option à prendre en compte. Il est plus aisé cependant de commencer à accepter que d'espérer en vain. C'est ton premier pas vers lui, Ban. Tu l'écoutes, mais tu ne sembles pas à l'aise. Les sourcils froncés toujours un peu plus franchement. La mine grave teintée d'une impassibilité nivéale, tu l'observes sans un mot. La boule de poils se promène entre tes pieds avant d'aller vers l'inconnu. Une brève seconde, mais c'est le canapé qui l'intéresse le plus et tu souris. En coin. Discrètement. C'est un peu comme s'il te ressemblait. Ses miaulements attirent ton attention un moment et tu repenses à ce qu'il a dit. Tu réfléchis pour être certain d'avoir tout compris. Tout saisi. Il dit avoir dix-huit ans. C'est à peu près l'âge qu'il fait, tu ne cherches pas à le contredire de ce fait. Tu ne le fais pas aussi peut-être parce que tu aurais peur d'avoir mal compris. L'anglais est une langue que ton père parlait beaucoup. Plus jeune, tu avais appris correctement et pris le temps de t'y intéresser, mais l'adolescence est arrivée. Les cours sont devenus de plus en plus optionnels et les conversations en familles de plus en plus rares. Le peu de vacances passées au Canada n'auront pas suffi. Il te reste des bases, mais rien dont tu sois sûr. Cependant, il te parle encore et tu le fixes. Un peu paumé. Dans la dureté de tes traits, tu cherches en réalité. Le sens de ses mots. Si vous êtes incapables de vous comprendre, vous n'irez pas bien loin. C'est la seule pensée qui te pousse à essayer, à chercher, à remuer les connaissances du passé.

Tu restes perplexe cependant.

Une main se perd dans la crinière de jais et un bref soupir s'échappe. Teinté de fatigue. Teinté d'exaspération. Teinté de beaucoup de sentiments. Ce n'est pas le fait qu'il parle anglais qui te dérange. C'est la perspective de passer votre temps à tenter de comprendre l'autre. Tu fermes les yeux un instant et les ouvres brutalement. Surprit. Ton regard s'en retourne sur lui. Inconsciemment, tu le détailles une nouvelle fois. Pour noter dans un coin, ce qui le caractérise. L'homme que l'Incontestable a choisi. Tu es surpris, Ban. Qu'il parle soudainement japonais et que ce soit correct en tout point. Pourtant ça n'engendre qu'une main qui se perd à nouveau dans la crinière. Et un regard qui s'échappe pour se poser sur la bête. « Il n'a pas de nom. » que tu dis en anglais. Tu fais un effort également. Faire un pas vers l'autre. Parce que de toute façon, vous n'aurez le choix que de vivre ensemble. Que d'apprendre à coexister. Comme tout à chacun dans ce pays. Sous la loi impartiale et dominatrice de la machine. Le choix n'existe pas encore. Si tu n'en as jamais vraiment rien pensé en particulier, à cet instant précis tu te poses beaucoup de questions. Des questions vagues et incertaines qui se planquent dans un coin. Les miaulements. Ce sont eux qui te sortent de tes songes. Tu fais un pas vers le canapé et tu l'attrapes. Celui qui n'a pas de nom. Ce n'est pas que tu ne souhaites pas lui en donner un. Comme pour être certain de ne jamais t'attacher, non ce n'est pas cela. C'est seulement que... tu ne sais pas comment le nommer, Ban.

C'est une vie après tout.
Une vie aux creux de tes mains.

Tu soulèves ton camarade pour le poser sur un coussin, l'observant en t'assaillant au sol un instant. Le menton posé sur la paume de tes mains sur le canapé, tu tournes les yeux lentement vers lui. « Tu... » tu cherches. Une seconde, puis deux et trois. Tu cherches à dire quelque chose, toujours en anglais, mais tu ne trouves pas le bon mot. Alors, tu décides de tricher en changeant ta phrase. « Si tu veux lui en donner un... » que tu laisses flotter avant de te redresser, revenant vers ton sac. Tu passes à ses côtés en t'arrêtant une seconde à sa hauteur pour le fixer. Il est vraiment petit et cela t'arrache un bref sourire discret. Attrapant tes affaires, tu en sors ta console tout d'abord et ton casque de moto que tu poses sur la table. Le regard vagabonde, cherche un endroit idéal pour le poser. Pour lui trouver sa place. Décidant de faire deux choses à la fois, tu attrapes finalement la console pour lui trouver une place avec la télé. « Tu pourras jouer si tu veux. Quand tu rentres de cours ou bien quand tu as du temps à perdre et que tu ne sais pas quoi faire. Elle est là pour ça. Tant que tu casses pas tout. » c'est en japonais cette fois. Oubliant l'espace d'une seconde qu'il n'est pas aussi familier que toi avec cette langue. Tout comme toi avec la sienne. « Arf heu... tu pourras la manger si tu veux. Quand tu as du temps libre. » que tu tentes de communiquer en anglais. Tu as bien un doute sur tes mots, affichant clairement un visage pensif, un peu embêté. Laissant la froideur se dissiper progressivement et le silence. « J'ai dit une connerie sûrement... » que tu murmures. Tu ne sais pas trop, mais tu le crois bien. Dans cette réflexion, l'air adulte n'existe plus. Pendant ce seul moment, il ne reste que la tête perplexe que pourrait avoir un gamin. Assis au sol devant la télé, un câble à la main et une console sur les genoux, tu as stoppé le moindre de tes mouvements. Persuadé d'avoir dit un truc con, mais pas tout à fait certain. Tellement concentré que tu n'entends pas le doux ronronnement de la boule de poils qui vient de se rouler en boule, bien plus à l'aise que vous. Que toi sûrement.

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Pas de nom ?
Tu hausses un sourcil circonspect, ne sachant trop si tu dois être surpris ou suspicieux de cette réponse. Au final, c'est la curiosité qui l'emporte.
Qu'est-ce qu'un type comme lui fait à se trimballer un chaton sans nom ? C'est improbable. C'est presque comique. La différence de taille et d'allure l'est également, que tu te dis, distrait, en regardant Ban attraper le chaton sans nom d'une main pour le poser sur le canapé. La délicatesse du geste ne t'échappe pas et ça te rassure. Même s'il ne lui a pas donné de nom, l'homme a l'air de tenir suffisamment à la boule de poil pour faire attention à elle. Tu te demandes si ce sera pareil pour vous. Si tu vas devenir comme une deuxième boule de poil qu'il ne peut pas remettre sur le trottoir dont il faudra qu'il s'occupe en arrière-plan. Tu secoues légèrement la tête pour te remettre les idées en place.

Tu t'écartes un peu pour laisser à Ban la place de s'asseoir. Tu t'agenouilles devant le canapé, t'asseyant sur tes talons et te vautrant à moitié sur l'assise du sofa, tendant à nouveau ta main vers le chaton. Tu agites tes doigts et cela semble capter son intérêt de grand chasseur en devenir, alors qu'il les attaque gentiment à coups de pattes et de dents. Ca t'arrache un grand sourire. Pour ta défense, tout le monde devient stupidement gaga devant un chaton, pas vrai ?
Puis y'a de nouveau cette voix grave qui résonne à ton côté et tu quittes le chaton des yeux pour observer Ban. T'attends, patiemment. Le fait qu'il s'efforce à te parler en anglais ne t'a pas échappé alors tu attends qu'il trouve les mots sans rien dire. T'en profites pour laisser tes yeux le détailler maintenant qu'il est plus près, ne cachant pas grand chose de ta curiosité. Il est peut-être plus âgé que toi mais t'as l'impression qu'il y a encore une certaine jeunesse dans son visage, derrière son masque impassible. Sauf ses yeux. Ses yeux ont l'air plus vieux et fatigués que le reste.

« Si tu veux lui en donner un... »
Sa réponse te prend un peu au dépourvu, te sortant de ta contemplation.
— Moi ? Mais- »

T'ouvres la bouche pour protester qu'il est déjà reparti faire tu ne sais quoi. Tu décides que c'est quand même un drôle de type, te tournant à nouveau vers le chaton et marmonnant dans ta barbe.

« Que je te trouve un nom, hein ? Je suis nul pour ça, tu sais. Tu vas te retrouver avec un truc ridicule, pardon d'avance le chat. » Tu te redresses un peu, penchant légèrement la tête sur le côté. « T'es bien un chat, d'ailleurs ? »

Tu le grattouilles sous le menton, récompensé de ton attention par le plus petit ronronnement que t'aies jamais entendu. Et te revoilà à sourire comme un idiot. C'est que tu pourrais t'y habituer vite, à la boule de poil. Sûrement plus vite qu'à son ténébreux propriétaire.
Tu te retournes quand ce dernier se remet à te parler, te concentrant pour essayer de comprendre ce qu'il dit. Tu captes pas tout, mais tu te doutes de l'essentiel, devinant qu'il veut bien que tu y joues... pendant les cours ? Non, ça doit pas être ça.
Tu laisses le chaton sur son coussin pour t'approcher de Ban et t'accroupir à côté de lui, pas trop près. Tu vas pour t'excuser et lui dire que t'as pas tout compris mais il se reprend de lui-même. Ca te fait plaisir, un peu.
Puis il sort une énormité et vraiment, t'essaies de pas éclater de rire parce que c'est pas évident de parler une langue qu'est pas la sienne, t'en sais quelque chose. Mais il l'a dit avec tellement d'aplomb, puis de voir son expression prendre cet air pensif et bougon à la fois, t'y tiens plus. T'éclates d'un rire court et franc, rien de trop bruyant. Probablement que la nervosité t'y aide un peu.
Tu te reprends vite. Tu t'en voudrais qu'il pense que tu te moques de lui alors qu'il fait de son mieux, lui aussi. Mais y'a encore un éclat amusé dans ta voix quand tu reprends la parole en japonais.

« Pardon, c'est juste... 'Eat', c'est manger. Tu as dit que je pouvais manger ta... Euh. » Merde, comment on dit console déjà ? Pas sûr que vous l'ayez jamais vu en cours. Tu finis par pointer la console du doigt. «... que je pouvais manger ça. » Tu recroises tes bras sur tes genoux, levant tes yeux noisettes vers ceux de Ban. « J'ai faim, mais ça c'est trop... dureté...? pour les dents ? » C'est à ton tour de froncer les sourcils. Ouais, y'avait encore des progrès à faire hein.

Tu soupires, te passant une main dans les cheveux et les ébouriffant.  En parlant de faim...

« Tu veux manger un truc ? J'allais demander une livraison. »

Au temps pour le verbe livrer, que tu ne connais toujours pas. Putain, ça risquait de vite devenir chiant, même si c'était l'idéal pour t'obliger à jongler et construire tes phrases avec ce que tu connaissais déjà. Peut-être que tu devrais investir dans l'une de ces oreillettes traductrices que les profs déconseillaient, parce qu'elles faisaient tout le travail pour vous et que vous n'apprendriez rien comme ça.




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Voir le profil de l'utilisateur Mer 29 Nov - 17:26

I've been a victim of some sorry circumstance.
That was committed by somebody else's hand.
And only heaven knows how I've ended up so broke.

Le mariage. Dans l'idée que s'en font les gens, il devrait y avoir l'amour. La confiance inébranlable. Une douceur et une tendresse fébriles. Des gestes souples et des sourires discrets. Des sentiments qui manquent dans cette pièce. Des sensations qui n'existent pas. C'est un mariage cependant. Ici, c'est ainsi que les choses se passent. Ce pays fonctionne ainsi et vous le savez tous. Vous le savez parfaitement, mais rencontrer un inconnu soudainement n'est pas une partie aisée. Non pas parce qu'il est difficile d'être sociable, mais parce qu'il y a les obligations du mariage. Chaque jour, chaque semaine. Tu y penses un instant et le fixe soudainement. En silence, pensif. Si tout ceci n'est ni une blague, ni une erreur, tu vas devoir l'accepter Ban. De l'embrasser. De poser tes mains sur lui. Un soupir. Les sentiments qui t’assaillent à présent sont multiples et complexes. Un amas de questions, de scrupules, de fatigue sûrement. Secouant légèrement la tête, sa voix basse ramène ton regard froid sur lui. Un bref sourire se dessine sur tes lèvres à la vision du chat et de Matt... Sans un mot, tu retournes à ta console avant de reprendre la parole. Sortant une connerie plus grosse que toi qui fini par lui arracher un rire. Court et franc, ce n'est pas de la colère qui se peint sur tes traits, mais de la gêne. Un brin d'ennui. Les mots n'étaient pas corrects visiblement. Un soupir s'échappe d'entre tes lèvres. Une main se perd une nouvelle fois dans la crinière bordélique. Détournant les yeux, tu finis par les fermer en inspirant profondément. Ce ne sera pas la seule fois où tu sera ridicule. Essayant de t'en convaincre pour dépasser ce moment, sa voix attire ton regard. C'est la première fois. Oui, c'est la première fois que tu lui montres un sourire directement. Un sourire fin, mais tendre. Qui n'est pas content de voir quelqu'un essayer de parler sa langue après tout. « Console. » que tu dis en Japonais pour qu'il puisse l'entendre. Pour qu'il puisse apprendre. « Ne t'excuses pas, j'ai dis une connerie. » tu parles doucement, baissant les yeux sur ta dite console un instant. « Dure, pas dureté. » tu le corriges. Non pas pour l'ennuyer, seulement pour l'aider encore une fois.

Parce qu'ici, il va devoir apprendre à parler plus régulièrement le Japonais.

« Je vais parler Japonais maintenant. Revoir mon anglais aussi. Comme ça si tu comprends vraiment pas un truc, ce sera plus simple. » tu ajoutes ceci dans une lenteur extrême. De façon à ne pas le perdre en court de route. Essayant de trouver des mots simples. Laissant tomber les câbles et la console qui est bientôt branchée, tu te redresses de toute ta hauteur, Ban. T'étirant légèrement avant de faire craquer ta nuque. « Mangeons. » simple et efficace. Les traits semblent avoir retrouvé l'humeur impassible, mais sont plus détendus qu'auparavant. C'est sûrement son rire. C'est sûrement ce seul instant qui te permet d'enlever un peu ce malaise entre vous. Entre deux inconnus obligés de vivre ensembles du jour au lendemain. Obligés d'être proches physiquement quand un logiciel le décide. Ne retournant pas sur ce terrain, tu penches un peu la tête en le fixant. « Je vais le faire. » pour lui simplifier la vie. « Tu veux quoi ? » que tu demandes toujours en Japonais. Attendant un instant de voir s'il comprends tout. Lui laissant du temps pour répondre si jamais il a effectivement bien compris. Tu es attentionné, Ban. Finalement, c'est une des choses qui n'a pas changé chez toi.

Comme beaucoup d'autres même si tu ne veux pas y penser.

Pourtant, tu y penses une seconde et te rends compte qu'il te manque ton sac de boxe. « Merde... je vais devoir le chercher demain ! » que tu murmures légèrement, un peu ennuyé. Déjà, tu cherches des yeux où tu pourras le disposer. Il reste tant de choses à faire. Tant de choses à changer. Tant de choses à ramener. Tant de choses à... créer. Dans un souffle, tu entends un miaulement. « Toi aussi tu veux manger j'imagine... Deux secondes. » laissant toujours du temps à Matt, tu prends un moment pour chercher les croquettes et les pâtés dans tes affaires. Quelques affaires commencent à s'éparpiller au sol. Lançant parfois certaines babioles par terre sans ménagement. Un léger arg t'échappes alors que tu n'arrives pas à mettre la main sur ce que tu veux. Finalement, tu trouves une première boîte, te retournant ensuite vers les placards pour trouver une assiette, un bol ou n'importe quoi d'autres. Le chaton a bien sa propre gamelle, mais tu n'arrives pas à mettre la main dessus pour l'instant. Probablement se trouve-t-elle dans le plus gros sac, mais tu verras cela plus tard. Tu n'as pas envie de le faire attendre, pas vrai ? Ce chat n'a pas de nom. C'est peut-être un manque d'affection aux yeux des autres. Une forme de je-m'en-foutisme à sa présence dans ta vie, mais ce n'est pas le cas... Ce chat, tu n'avais pas prévu de devoir le prendre en charge. De prendre en charge une vie, mais finalement il t'aide. À te reprendre en main. À faire attention à ce qui t'entoure. À ne pas être seul. Il est déjà important dans ta vie même si tu ne veux pas l'admettre à haute voix. Dans un fin sourire, tu verses les croquettes dans un bol que tu as enfin trouvé. Après des secondes à te battre avec l'inconnu des lieux, tu finis par revenir vers lui. Posant alors le bol sous ses yeux. « Voilà monsieur. » que ajoutes en posant ta large paume sur le sommet de son crâne. De cette petite tête adorable.

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