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Voir le profil de l'utilisateur Sam 11 Nov - 19:29
Il était tôt et je ne pouvais pas dire que la nuit avait été exceptionnelle. Les évènements de ses derniers jours m’avaient bien épargné mais la boutique dans laquelle je travaillais avaient subi de gros dégâts des eaux. Le patron était complètement affolé et il avait dû fermer son magasin pour que nous puissions tout nettoyer et commander de nouveaux produits. La plupart des anciens, surtout ceux sur les étagères basses, avaient été complètement détruit par l’eau dégueulasse de la baie de Tokyo. Enormément de corps avaient été emportés par la vague et si, ce jour-là, je ne me tenais pas à l’abris chez moi dans mon une pièce, j’y serai surement à l’heure actuelle. Mais il semblerait que ma vie ne s’arrêtait pas là et c’était tant mieux ! J’étais beaucoup trop jeune pour dire adieu à cette société pourrie que je vais cramer de l’intérieur.

Le soleil ne s’était pas levé que j’avais déjà enfilé mes vêtements de travail. Je pensais qu’avec un peu de chance je déposerai mes affaires, je croiserai pas la grognasse et je partirai au boulot immédiatement. Du logis que l’on nous avait attribué, je n’en connaissais que l’adresse. En me baissant pour faire mes lacets, je remarquai un trou dans mon pantalon en coton épais. Dans la panique lors de la découverte du magasin, j’avais dû me l’accrocher quelque part. Le tissu s’ouvrait au niveau du genou, dévoilant un petit peu le haut de ma cuisse. Le patron allait me passer un savon que je n’avais pas envie de recevoir…

Je nouai le bandeau habituel que j’avais dans mes cheveux pour des raisons évidente d’hygiène -un cheveu décoloré dans les tomates fraîches, c’était pas terrible, entendons-nous- et attrapai un sac plein d’affaires. Il y avait toute ma vie dans ce bout de tissu noir délavé. C’était difficile pour moi de quitter la vie que j’avais. Non pas parce qu’elle était géniale et plein de bonheur et d’oisiveté… Non, simplement car elle m’allait et je retombais dans cette rengaine que j’avais fuis toute mon enfance durant : la destinée. Personne ne me foutait décidément la paix. Si ce n’était pas mes vieux, c’était l’Incontestable qui m’écrivait pour me dire qu’il m’avait trouvé une fiancée au poil et que j’allais vivre de folles journées avec elle. Elle… Quand je l’ai vu, j’étais loin du coup de foudre. Une femme d’affaire, guindée, les cheveux impeccables, le teint parfait, les dents blanches, l’œil vif et l’ongle incisif. Ok, l’Incontestable m’a marié à ma mère. Comment vous dire que le premier mot qui m’est venu ce n’était pas « heureux ». Ok elle était très jolie mais ma mère aussi et personnellement, je n’ai jamais voulu me taper ma daronne. Dieu merci je n’ai pas du l’embrasser devant le maire car je me serai sentit particulièrement mal à l’aise. J’avais l’habitude de gentiment abusé de petites punks rebelles et plus jeunes. Ca les excitait et moi je restais dans la chair fraîche. Sauf que là, c’était une morue de ma génération et franchement ça me donnait envie de tout, sauf de faire ma vie à ses côtés.
D’après mes souvenirs je me disais que j’avais déjà entendu parler de divorce…
Enfin, du coup, les deux dernières nuits étaient particulièrement agitées et je ne pu trouver le sommeil. Pourtant j’en avais très envie, surtout après neuf heures à sortir l’eau du magasin et à porter des cartons moisis mais c’était impossible.

J’étais remonté dans mon appartement pour prendre un meuble que j’aimais bien, une sorte de buffet assez pratique et que l’on m’avait donné. Ce genre de choses m’étaient assez sentimentales en fait et j’avais du mal à m’en séparer. Il n’était pas d’une beauté à toute épreuve ou très moderne, juste… Chaleureux. Quand je le regardais, il représentait la convivialité. Oui je sais, d’habitude, ce sont des choses de bonne femme mais là… Bha là j’étais une bonne femme et ça m’allait bien.
La petite camionnette de livraison du patron me servit pour faire ce piètre déménagement. Pour ce que j’avais à déplacer de toute façon, ça allait être vite fait. Sur le côté était marqué le nom du combini du quartier et heureusement pour moi, je ne déménageais pas excessivement loin. En revanche j’ai du négocier l’emprunt contre un plein complet du véhicule. Sachant que quand je l’avais emprunté, il était à la moitié et que c’était déjà moi qui faisais les livraisons. Mais comme ce type était un vieux grigou, je ne préférai pas le contrarier.

Les rues étaient désertes à l’aube et vu les récents sinistres, la route était en piteux état. Quand j’arrivai dans le quartier, je repérai très vite la maison. Elle était vraiment mignonne et je pris quelques minutes pour observer la vie de famille forcée que je devrai avoir dans ce pavillon de jeune couple. Oh bha après tout… C’était peut-être pas si mal… Et puis elle était jolie cette fille… On ne s’était pas vraiment parlé mais il suffit juste d’apprendre à connaitre les gens et…
En face de moi arrivait un énorme camion d’une société dont le nom m’était vaguement connu. Je savais que c’était une des filières opposées à celle de mes vieux sans vraiment en connaitre plus sur leurs relations. Surement ont-ils fusionné depuis ? Aucune idée, je m’en fichais un peu aussi il fallait dire.
Du côté passager descendit une femme. Ma femme. Ou ma mère. Et ça aurait pu être drôle de l’appeler… Non… Non j’avais préféré laissé tomber l’idée, beaucoup trop glauque pour moi. Mais même sans le vouloir, je n’arrivais pas à me retirer cette image de ressemblance de la tête. Avec le temps ça passera… Le vieux du combini me faisait bien penser au pervers à qui j’ai refait les ratiches dans mes jeunes années. Cet infâme bonhomme suivait une pauvre petite collégienne et je le soupçonnais de lui avoir déjà fait un ou deux attouchements.

Soupirant j’ouvris la portière et sauta sur le tarmac pour aller vers l’arrière du berlingot récupérer mon sac de fringue. Après ça, je l’attendis devant le portail et lorsqu’elle arriva lui dit avec un sourire énervant « Bha alors, tu m’embrasse pas Sweetie ? »
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Voir le profil de l'utilisateur Sam 11 Nov - 23:17
Du haut de ma tour d'ivoire j'observe l'horizon. Dévasté. Les temps ne nous ont pas été cléments dernièrement. A ce stade c'est même de l'acharnement. Bon nombre des bureaux de mes diverses structures ont été méchamment endommagés. Certains de mes laboratoires ont été partiellement détruits. J'ai perdu des employés.... Je ne laisse rien paraître, mais c'est le plus difficile pour moi, surtout lorsqu'il s'agit d'ancien. Je connaissais certaines victimes depuis des années maintenant. J'ai prévu une enveloppe pour ceux qui avaient des familles. Je sais que ça ne changera strictement rien à leur douleur. Mais c'est un ultime hommage que je peux faire à certains qui furent parmi les employés les plus dévoués que j'ai connu. Comme quoi, même si je mets un maximum de distance de manière générale, lorsque je m'attache cela semble voué uniquement à me faire souffrir.... A cela s'ajoute les dégâts matériels. Pas plus tard qu'hier matin, j'ai cru que j'allais piquer une crise de nerfs. Un bâtiment entier privé d'électricité. On avait un générateur de secours.... Qu'on avait cru bon de ranger dans les sous-sols, qui bien entendu ont été inondés ! Bye bye le générateur de secours ! Quelle misère.... Tout cela ralentis les affaires, même si après ce genre de drame, la demande sera certainement plus conséquente pour pouvoir remplacer les éléments détruits Nous allons devoir faire face à un risque potentiels de pénurie de produits.... Je ne parle pas des assurance, qui heureusement vont éponger le plus gros des dépenses de restaurations, rénovations et manque à gagner. Mon propre pavillon a pris de sérieux dégâts. Même si je n'ai pas tout perdu, cela fait mal au cœur de voir ma maison que j'avais entièrement aménagé et designé à mon goût complètement sinistré. Mais cette fois, même si les assurances vont là aussi rembourser, ce sont des adieux définitifs que je vais devoir faire à ce qui a été ma maison. Car pour parfaire à l'horreur et le chaos ambiant.... Il y a quelques jours à peine, je l'ai reçu..... Cette ignominie qu'on a cru bon de teindre en rose histoire de faire passer le "bonbon" empoisonné.

Madame ? C'est l'heure....

Je réprime un soupire. Elisabeth, ma secrétaire personnelle vient m'annoncer l'heure de partir vers ma "nouvelle vie", avec le ton d'un proche annonçant l'heure de son exécution à un condamné. Elle seule est au courant, car c'est elle qui m'apporte son courrier. Heureusement que je suis pâle de nature, sinon elle m'aurait vu changer de couleur. J'ai fais de mon mieux pour rester digne et imperturbable. Elisabeth me suit depuis des années à présent. C'est une personne que j'apprécie beaucoup, très discrète mais redoutablement efficace, et surtout loyale et dévouée. Je lui ai donnée sa chance là où les autres n'ont pas voulu d'elle à cause de sa jeunesse. J'ai senti sa détermination et son ambition.... J'ai fais une bonne pioche. Elisabeth ira loin, j'en suis persuadée. Il ne lui manque plus qu'un peu de culot, et surtout une bonne dose de confiance en elle. Mais c'est une chose qui demande des années à venir lorsque ce n'est pas présent naturellement. Je ne m'en plains pas, car ça me permet de l'avoir à mes côtés. Très compétente et efficace, j'ai de la chance car je lui inspire un respect, et même une certaine admiration qui me vaut une profonde implication de sa part dans toutes mes entreprises. Malheureusement le revers de cette médaille est qu'il est plus difficile de lui cacher toutes mes émotions et mes ressentis. Elle sait que ce mariage est une catastrophe à mes yeux. Elle ne peut pas se douter à quel point il me touche, mais elle sait que je n'approuve pas. Il ne pouvait pas 'mieux" tomber en même temps.... Depuis ce jours où j'ai été contrainte de dire un "oui" qui m'a écorché la bouche comme jamais, mes cauchemars se font plus récurrents que jamais.

Je rêve de mes parents.... Des disputes incessantes, des larmes, des portes qui claquent, des cris.... Les cris..... je me revois me boucher les oreilles pour tenter de simplement les atténuer.... Et la fin de mes parents. Je ne veux pas finir ainsi, il en est hors de question ! Je ne veux pas mourir avec un inconnu que je vais détester. Je ne veux pas mourir pour une putain de machine de merde, qui ferait mieux d'être recyclée en calculatrice que de s'amuser à briser des vies et condamner des pauvres gens à morts ! Et voilà, dès que je m'emporte je deviens vulgaire. Ou plutôt redeviens. Heureusement que je n'exprime pas le cours de mes pensées à voix haute. Et puis cet homme.... Mon dieux cet homme ! Mais où, où est-ce que ce stupide programme arriéré est parti me le dégoter celui-là ?! Franchement il aurait aussi pu me marier à un SDF tant qu'on y est ! Et pourquoi pas une danseuse du ventre ? Allons-y ! Au moins elle aurait eu un minimum de grâce face à ce.... Machin ! Il me rappelle les cassos des bas fonds sincèrement !!! Comment l'Incontestable fait-il pour se planter systématiquement à ce point ?! Je vais être obligée de vivre.... Avec ça ?! Même temporairement ça m'ulcère. J'ai déjà lancé des avocats extérieurs à mon entreprise pour étudier l'affaire et essayer de trouver un compromis, un divorce, n'importe quoi pour me libérer de ce boulet ! Pas question de donner du lard aux cochons ! Il me fait déjà perdre mon pavillon, et donc une partie de mon standing, il ne me fera pas perdre ma santé mentale !

Avec un peu de chance, il ne vous embêtera pas trop..... Si vous voulez je peux vous décommander, ou reculer votre....

Merci Elisabeth.

Je me tourne vers elle un sourire posé aux lèvres, je me veux rassurante et assurée, égale à moi-même.

Ne vous inquiétez pas, nous avons survécu aux épreuves de Mère Nature, ce n'est pas un homme qui va m'ébranler. Je n'ai jamais reculé devant aucun homme, et je ne commencerai pas avec lui. Allons, ne soyons pas en retard, j'ai horreur de cela et c'est très inconvenable.

Elisabeth me sourit, elle semble rassurée, et nous partons toutes les deux pour ma maison. Elle m'accompagne car elle m'a assurée vouloir vérifier que les déménageurs feront correctement leur travail et que rien ne sera oublié ou négligé. Je n'ai rien dis mais je sais que c'est une excuse, et qu'elle veut juste être là pour me soutenir dans cette épreuve. Elisabeth est ainsi.... J'apprécie sa dévotion, et elle sait que je lui en suis reconnaissante, je n'ai pas besoin d'user de mots. Nous avons une sorte de pudeur l'une envers l'autre qui font que nous ne verbalisons pas certains de nos échanges, mais notre proximité fait que nous nous comprenons quand même. Si les femmes m'avaient attirées, j'aurais préférée être mariée à Elisabeth.... Enfin. Le trajet se fait en silence. Par la fenêtre j'observe de plus près les paysages plus ou moins désolés en fonction des lieux. J'espère que ma future demeure n'est pas un taudis.... Un épicier.... Pourquoi l'Incontestable n'a pas choisi quelqu'un de mon standing ? Je n'ai rien à faire avec ce genre de personne ! Bon voyons le bon côté des choses je n'aurais pas besoin de me faire livrer.... Bon sang je n'arrive même pas à me mentir à moi-même, quelle tristesse. Où vais-je atterrir.... Dans quel clapier va-t-on m'enfermer.... J'arrive dans un quartier résidentiel. Je regarde les maisons aux alentours. Petites.... Misère je vais perdre en confort en plus. Dans mon pavillon, j'avais une grande chambre, une pièce dédiée à mon dressing, une qui me servait de bureau, un salon bibliothèque, une grande cuisine salle à manger, un grand jardin avec piscine, une salle de bain avec douche à jets et baignoire séparés.... J'ai l'impression de retomber des années en arrière de régresser à mes débuts. Cela me fait mal au cœur.

J'arrive devant "chez moi".... A non, "chez nous". "Il" est déjà là.... Avec sa tête d'idiot fini et son air de tête à claque ! J'inspire profondément. Calme toi Reisa, calme toi. Reste digne ! Je regarde ma nouvelle maison avec appréhension. Bon, c'est pas très luxueux, mais c'est propre, sobre et le classique ne me dérange pas. C'est drôle, cela fait presque un peu la maison des clichés familiaux.... Maison de carte postale.... Sur cette note positive qui me fait retrouver un peu de sérénité je descends du camion, mais c'est comme si je redescendais sur terre, car voilà que j'ai à peine posé le pied par terre que....

« Bha alors, tu m’embrasses pas Sweetie ? »

Ok, vulgaire, grossier, la finesse d'un tractopelle Caterpillar et l'élégance d'un mammouth en rut ! Je vois Elisabeth qui l'observe outrée, avant de m'observer, visiblement curieuse de voir comment je vais réagir. J'ai une furieuse envie de le gifler, puis de le griffer, puis de lui tirer les oreilles jusqu'à lui mettre face contre terre, et enfin de lui botter les fesses ! Mais nous sommes dehors, dans un quartier résidentiel, à la vue d'un potentiel public. Je dois faire preuve de retenu, et maîtriser mes gestes. Je lui adresse donc un sourire commercial, bien entrainée à cette hypocrisie depuis tant d'années, et lui attrape la main pour mieux lui répondre.

Ne nous emballons pas cher ami, gardons nos devoirs journaliers pour l'intimité de notre nouveau foyer. Rien ne presse.

Si pour le reste du monde je fais une poignée de main cordiale, et peut-être un peu pudique, en réalité je profite de l'occasion pour lui broyer de manière très charmante et vigoureuse la main. Dans mon métier, on est habitué à faire des poignées de mains au contraire très détendues et légères, simplement pour éviter les tendinites et désagréments musculaires. Mais on sait également avoir des poignées dites "plus viriles" qui serve parfois à établir un rapport de force implicite. Bon d'accord d'ordinaire je me contente simplement d'avoir une poigne ferme et puissante, mais là je pousse un peu. C'est très bête et peut-être un peu puéril mais..... Bons sang qu'est-ce que ça me fait du bien, j'ai presque envie de rire de ma bêtise !  Par contre il a une bonne poigne aussi l'animal, ses biceps ne sont pas en papier, et je dois vraiment y mettre de la force pour parvenir à mes fins. Mmmh, ennuyeux ça, s'il est aussi fort qu'il peu en avoir l'air je n'aurais pas forcément une ascendance physique sur lui. Bon j'espère quand même ne pas avoir à en arriver là ! Je relâche sa main après quelques seconde à peine de ma petite plaisanterie. Je ne compte pas non plus lui péter les métacarpes ou lui faire des bleus. Juste le surprendre un peu et lui faire comprendre que ce n'est pas parce que j'ai l'air d'une gentille potiche que je ne sais pas me défendre. Et je vous ai vu ma chère Elisabeth vous cacher derrière votre tablette pour masquer votre grand sourire moqueur !

Les déménageurs commencent à décharger mes paquets. Dans un sens heureusement que j'ai perdu des affaires dans les récentes catastrophes. Jamais je n'aurais pu faire tout tenir dans une petite maison ! Je rentre à mon tour, et je commence à faire le tour du propriétaire. Je me surprends à sourire en voyant le petit jardin. Je pourrais faire pousser quelques plantes et laisser de la nourriture aux oiseaux. Mais ça me fait tellement petit comparé à ce que j'avais avant.... Heureusement que j'ai été habitué à avoir moins parce que sinon je pense que ça m'aurait mis à genoux. En tout cas c'est propre, fonctionnel et agencé correctement. Elisabeth commence à orchestrer le travail des déménageurs leur disant où placer mes effets. Je ne perds pas de temps et je commence à déballer les cartons. Mais c'est visiblement déjà trop, car mon téléphone sonne.... Je réprime un soupire et mets mon oreillette.

Bonjour Kaito.... Oui je sais que ce dossier est urgent mais si j'ai décommandé, c'est parce que je ne pouvais pas me libérer voyons.....

Comme d'habitude je me retrouve à faire cinquante chose à la fois. Et tout en rangeant mes cartons et en traversant en long et en large la maison, je poursuis mon appel.

Comment ça l'accord ne tient plus ?! Suspendu ?! Et pour quel motif veulent-ils mettre notre accord en suspend ?! Ha leur responsable commercial est mort..... Oui forcément c'est dramatique et contraignant....

Je passe et repasse plusieurs fois devant Mugen, les bras chargés. Il commence déjà à être dans mes pattes... Emporté dans le mouvement, je ne me rends même pas compte que j'ai pris le carton d'un des déménageurs et que je commence à faire son travail à sa place, toujours en répondant à mon appel.

Mais ça ne veut pas dire que tout est perdu ! Écoutez, c'est le moment de se rapprocher du client. Faites lui part de nos condoléances les plus sincères, envoyez-leur une carte et une gerbe pour notre collaborateur regretté avec qui nous aimions faire affaire. Rappelez à quel point il était respecté et bon dans son domaine, et assurez bien au client que nous comprenons parfaitement sa situation et que nous sommes prêts à lui accorder des délais pour lui permettre de se retourner et de reprendre le dossier.

Le carton que je porte à présent est tellement gros que j'ai manqué de percuter Mugen. Je ne l'ai juste pas vu.

Dans le contexte actuel les clients on besoin d'être rassuré, compris et presque accompagnés, il ne faut surtout pas les presser ou ils vont se braquer, c'est le moment de se faire bien voir ! Tant pis si nous perdons du temps, il faut voir le bénéfice sur le long terme !

Hem, Madame....

Mmmh ?

Elisabeth me montre le déménageur un peu interloqué à qui je pique les cartons depuis tout à l'heure.

Hem, excusez-moi.... Kaito je vous rappelle.

Je mets un terme à mon appel et rends le carton au déménageur.... Et je vois de nouveau Elisabeth qui se cache derrière sa tablette ! Je sais que vous vous moquez de moi mademoiselle ! Mes yeux roulent vers Mugen. Si j'ai de la chance il m'a juste ignoré, sinon il va certainement trouver le moyen de se payer une bonne tranche sur ce qui vient de se passer.
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 12 Nov - 0:50

Je l'aimais bien. En réalité, je pensais que Reisa serait une femme à montrer un peu les crocs puis à dire assez vite oui oui, mais en fait pas du tout. Dès notre premier contact de la journée, elle m'exposa son indépendance. Il était vrai que ce mariage m'avait bouleversé car non seulement j'étais lié à une inconnue et en même temps je me sentis investi de certains devoirs. Mais je pensais que cela serait très difficile de se croiser, du moins les premiers jours. En tout cas elle paraissait à la fois clame et vibrante. Pleine d'indépendance, forte, ambitieuse... Je savais que j'allais avoir du fil à retordre. Dès qu'elle ouvrit la bouche, elle ne se laissa pas faire et avec élégance. Sa secrétaire était choquée et en même temps elle ricanait, alors que j'étais agréablement surpris. La poignée de main était clairement un rapport de force et il n'était pas très difficile pour moi de lui montrer que de ce côté, j'étais largement à la hauteur. Je m'étais pris bien assez de coup dans la tronche, volontairement la plupart du temps, pour savoir maintenant ce dont j'étais capable et qui était plus fort que moi. Sauf que je ne souhaitais pas toucher Reisa. Pas parce que c'était une femme et que c'est mal de toucher les femmes -certaines m'ont mis la tête au carrée à une époque- mais parce que c'était MA femme et je ne voulais pas que notre relation commence comme ça. J'aimais tester les limites, alors j'allais tester les siennes.
J'espérais juste ne jamais dépasser les bornes.

Elle avait de très jolis yeux. Des orbes vertes, originales, atypiques. C'était agréable d'avoir un bijou à la maison. Je me considérai comme normal avec de la personnalité, mais physiquement banal. Elle, elle était vraiment jolie. Mais elle en faisait trop « L'intimité. Evidemment. » Haussant un sourcil j'entendis patiemment qu'elle cesse de s'acharner sur mes phalanges, lui faisant comprendre qui elle avait en face.
Je ne pouvais pas rester très longtemps, dans une heure il fallait que je sois au travail. Lançant un coup d’œil sur ma montre, je montais quatre à quatre les marches d'escaliers pour jeter mon sac de fringues dans la chambre. Elle était toute petite mais avait quelque chose de cocooning.

En redescendant, je vis Reisa au téléphone déplorer la mort d'un commercial. Oui... Le tsunami avait tout ravagé. Il n'était pas neuf heures du matin qu'elle était déjà pendu au téléphone. Comme ma mère. Hum... Je devrais peut être appeler mes parents ? Ne serait-ce que pour prendre des nouvelles d'eux... ? Non, aucune envie de leur parler et, en plus, je ne suis même pas sûr qu'ils se soucient de quoi que ce soit.
Rapidement je vis Reisa prendre les cartons un à un et les poser un peu partout dans l'appartement. Pourquoi avait-elle pris des déménageurs déjà... ? Ah oui, pour les meubles. Non parce que pour les cartons, merci mais cassez vous les gars, elle se débrouille bien toute seule. Deux ou trois elle faillit me marcher sur le pied ou me bousculer. Je trouvais ce salon grand mais pour elle il était visiblement trop petit tant elle s'étalait.

Dans le silence le plus total j'allais décharger le meuble que j'avais dans le petit utilitaire. Bien en peine car le buffet était plus encombrant que lourd, un des déménageurs vint m'aider à l'emmener jusqu'à l'intérieur. Je pourrai encore monter les escaliers seul si besoin est mais, pour le moment je vais le laisser en bas.
Pour accélérer la cadence j'aidais les types à tout descendre du camion et à passer les planches des meubles démontés. Apparemment ils se chargeaient également de les remonter... Pratique. En même temps, tant qu'on les payait je suis sûr qu'ils nous faisaient le ménage également.

Je profitai des déménageurs partit vers le camion pour dire à la jeune femme « Je dois partir, je ne peux pas t'aider plus pour le moment. » Observant les monts et vallées qui nous entouraient j’enchaînai « On a encore tout le magasin à fournir et les derniers déchets à déblayer. Ce soir je te donnerai un coup de main pour essayer d'y voir plus clair. » Il était vrai que j'avais la tête pas mal vide dans le sens où je ne m'imaginais pas une seule seconde qu'elle puisse passer la majorité de la nuit à son travail et ne passer que deux heures dans le lit "conjugal". Je n'allais jamais faire ça car en réalité je n'avais qu'un chez-moi et c'était celui-ci. J'étais pas soûlant pourtant, mais les débuts sont toujours compliqués. Je ne la voulais pas et elle ne me voulait pas également, alors on était dans notre phase de rejet.
Quand j'avais lu les termes du contrats, j'avais eu le malheur de voir que dans nos obligations était l'acte sexuel. J'imaginais déjà ses ongles me crever les yeux et ses dents m'arracher la clavicule. En réalité, je pensais même que j'allais mourir avant de pouvoir poser un doigt sur elle.
Ouais... Ça allait être compliqué... Très compliqué...  
Je n'avais pas peur d'elle, mais je n'avais pas osé m'approcher et l'embrasser, par... Devoir. Non en fait je préférai la laisser tranquille. Comme je disais, c'était difficile pour nous deux et je voulais simplement laisser le temps. Même si notre société était faite comme cela, ça avait quelque chose de traumatisant ce mariage forcé.

Je me souvins qu'en entrant dans mon berlingot je me fis la réflexion que ma vie était minable du début jusqu'à la fin (qui allait être cette semaine, quand l'écran déciderai du jour de reproduction). Je n'avais jamais rien choisi, à part le combini et... et encore ! C'était le patron qui avait eu pitié de moi en me voyant errer dans la rue sans but.
En démarrant le moteur j'extirpai un soupir las. J'étais déjà fatigué.


La journée fut harassante. On avait fini de vider l'eau du magasin et de la réserve, ainsi que nettoyer le sol, les étagères et les congélateurs. Tout était à nouveau rutilant ! Ou presque. Je transpirai des gouttes comme le poing tellement c'était difficile. J'avais du bouger tous les modules et si jamais les murs eux-mêmes avaient pu être déplacés, je fus certain que je n'y aurai pas coupé. Mais heureusement, je n'avais pas encore la force de déplacer des fondations d'immeuble.
Je parti exceptionnellement un peu plus tard que prévu. Mais je ne me faisais pas d'illusion, quand je rentrerai, je savais que j'allais trouver la maison vite. La bonniche ça allait être moi. Si elle était comme ma mère, alors elle ne comptait ses heures de travail et son bureau était sa résidence secondaire. C'était comme ça, si on voulait faire fructifier les affaires, il fallait savoir donner de sa personne.

En effet, à vingt-et-une-heure elle n'était toujours pas là. Le canapé et la télévision étaient installés et, en allant dans la cuisine, je mis un moment à trouver et mémoriser la place de tous les ustensiles. J'avais de la chance, le patron m'avait donné ma matinée pour mon dévouement d'aujourd'hui et j'allais enfin pouvoir me reposer convenablement. Enfin l'espérais-je.
Malgré la pénombre de la nuit, je vis par la fenêtre, la tronche de notre jardin. Une pataugeoire inondée. On pouvait planter ce qu'on voulait, la terre était totalement meuble, sans problème. L'espace d'un instant je m'imaginais trimer pour pelle-verser la terre et faire un jardin potager, pendant que madame se prélasserait au soleil sans rien branler. Mon combat était de rester son égal et de ne jamais me sous-estimer. Il était même interdit de lui faire comprendre qu'elle avait l'ascendant à un quelconque moment. J'étais persuadé qu'elle s'en servirait à ses propres fins. Elle n'avait l'air ni godiche, ni malveillante mais je préférai me méfier. Ma mère non plus ne paraissait pas nouille ou méchante et pourtant, quelle sous-race de manipulatrice... !
Secouant la tête, je préférai me perdre dans un peu de cuisine.

Lorsque la porte s'ouvrit j'étais sur le canapé, habillé d'un débardeur noir et d'un short de basket. A force d'appuyer ma tête sur mes mains j'avais les cheveux décoiffé et la gueule enfariné. Le contre-coup de la journée m'assommait pas mal et juste de m'asseoir plus d'une heure, m'endormais. Et la télévision ne me tenais en rien éveillé.
Juste après mangé j'avais prit l'initiative de décaler les cartons comme je lui avais promis, pour dégager le passage vers les portes, les fenêtres et essayer d'en coller/empiler le maximum contre l'escalier. Je n'en avais ouvert aucun, même pas par curiosité car je n'en avais rien à faire de ce qu'elle pouvait avoir là-dedans « Salut. J'espère que ta journée s'est bien passée. Je t'ai laissé du tofu dans la casserole et du miso dans un bol sur le plan de travail. Normalement c'est encore tiède mais si tu veux le réchauffer, enlève le papier aluminium. » J'accompagnais ma phrase d'un bâillement « Tu m'excuse mais je ne vais pas t'attendre ce soir, je monte me coucher. Demain j'ai ma mâtiné, si tu veux qu'on en profite pour ranger tes cartons tu me diras. » En fait, j'en avais rien à foutre qu'elle monte se coucher ou non. Je voyais plus ça comme de la colloc. Je vivais en colloc avec ma mère. Je faisais les courses, lui préparai à manger et elle payer la majorité des factures. Je trouvais ça légitime et ça m'allait. On allait dormir dans le même lit par obligation et non pas par choix, alors je me disais que j'y dormais avec... Une amie, ou quelqu'un assimilé. Ca m'allait, je voulais juste qu'on me foute la paix, une bonne fois pour toute.
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 12 Nov - 18:11
Comme d'habitude, je n'ai pas une seconde à perdre ! Tout en déballant mes cartons, Elisabeth sur les talons, nous faisons un debriefing dans un rythme assez soutenu.

Mon voyage à Munich a-t-il été annulé ?

Oui, celui de Saint-Petersbourg aussi. Avec les récentes catastrophes climatiques nos partenaires n'ont même pas posé de question.

Je secoue un peu la tête. C'est sordide, mais en un sens c'est une bonne nouvelle. Je commence à ranger mes trousses de maquillages, et mon nécessaire à coiffure dans la salle de bain, tout en répondant à Elisabeth.

Malheureusement c'est une chance pour nous. Je ne me vois pas leur expliquer que je suis obligée de réaménager plus de six mois d'emploi du temps parce qu'un logiciel a décidé de me marier du jour au lendemain...

Néanmoins.... Nous allons devoir trouver une solution Madame. Car il va être difficile d'entretenir nos rapports avec l'étranger maintenant que vous ne pouvez plus partir plus de deux semaines.... Peut-être....

Je la coupe tout de suite avant qu'elle ne me propose l'impensable.

Je ne me vois absolument pas emmener un époux dans mes bagages. Un, je ne peux pas l'introduire dans ce genre de monde sans une préparation stricte, qu'il n'aura jamais envie d'avoir. Deux en conséquence je vais devoir le cacher en priant qu'il ne m'attire ni ennui ni discrédit. Trois, il risque d'être infernal, de s'ennuyer au-delà des mots, et enfin son employeur ne risque pas de voir d'un très bon œil qu'il disparaisse un mois par ci, deux mois par là....

Message bien reçu pour Elisabeth qui me suivait à présent dans la petite chambre..... Bon sang on allait devoir tenir à deux là-dedans.... Encore dans un vrai couple, la proximité n'est pas gênante, mais là ça allait vite devenir une vraie plaie. Je déplace un carton et j'aperçois par la fenêtre "mon mari", qui s'active. Je m'arrête l'espace de quelques secondes.

Mmmh.... Il ne chôme pas.

Il n'a pas arrêté depuis qu'il s'y est mis.

Au moins un homme qui travaille, c'est déjà bien. Il passe pas sa journée à regarder si ses mains poussent.

Il a l'air plutôt fort vu la manière dont il porte ce meuble.

Ce meuble à l'air de ne pas avoir été épargné par les eaux.... Ha d'ailleurs, Elisabeth, lorsque nous auront fini l'installation, il faudra que nous fassions une liste de tout ce qu'il manque à cette maison pour pouvoir faire les derniers achats.

Bien Madame.

Elisabeth, c'était comme un disque dur extérieur pour mon cerveau. Je n'aime pas du tout ce genre de dépendance, mais à mon niveau je n'ai plus le choix. je ne peux juste pas me souvenir tout le temps de tout. Je reprends mon activité de fourmis, et alors que je redescends, Mugen me tire de mon élan en m'interpellant. Mince je l'avais presque oublié avec tout ce bazar !

« Je dois partir, je ne peux pas t'aider plus pour le moment. On a encore tout le magasin à fournir et les derniers déchets à déblayer. Ce soir je te donnerai un coup de main pour essayer d'y voir plus clair. »

Aucun problème, faites de votre mieux et tout ira bien. Bonne journée.

Je me rends compte après coup que je lui ai parlé comme s'il s'agissait d'un de mes collaborateurs. Je travaille peut-être un peu trop.... Néanmoins son départ ne me dérange absolument pas. Je suis habituée à me débrouiller sans autre aide que celle que je me paie. C'est presque étrange de savoir qu'il a participé à ce déménagement sans être payé.... J'en viens presque à me sentir mal à l'aise comme si je l'avais exploité.... Allons Reisa, pas le temps pour des névroses superficielles ! Il faut que j'intègre que ce n'est pas que mon déménagement mais aussi le sien, et qu'il a donc autant intérêt que moi à pouvoir disposer rapidement de la maison. Voilà ! Retour aux cartons ! Mais je n'ai pu en déballer à peine qu'une dizaine, car Elisabeth me rappela l'heure. Tout juste le temps de prendre une douche que j'avais un repas d'affaire qui m'attendait. Fraîche, habillée, pouponnée, et bien entendu coiffée, me voilà parée pour ma journée de travail !

Comme d'habitude, j'ai encore couru partout toute la journée. Ces dernières catastrophes ont complètement pulvérisé mon rythme de travail. Je retombe dans des vieux travers à ne plus vivre que pour travailler. De base ça ne me gênait absolument pas, mais le surmenage n'était pas de cette avis. Si jamais j'ai l'audace de faire durer cela un peu trop longtemps, c'était le retour des migraines chroniques assuré. Et je n'avais pas vraiment envie d'être de nouveau assignée à mon lit pendant des semaines. J'allais devoir faire attention à cela.... En plus du reste. La journée se termine enfin pour moi, mais depuis quelques heures, deux choses m'obsèdent. La première, je vais devoir partager mon lit avec un homme. La seconde..... Je vais devoir embrasser un homme. J'ai essayé de retourner le problème dans tous les sens pour essayer de contourner ces actes. Mais rien à y faire... Mes avocats n'ont toujours pas trouvé le moyen de casser ce mariage. Ils ont moins de deux semaines.... Je rentre "chez moi" tendu. Je sais qu'il est là et qu'il m'attend. J'ai l'impression d'être dans un mauvais film d'horreur. J'inspire profondément, et je sors finalement de la voiture. La porte s'ouvre sur Mugen avachi dans le canapé. Il a l'air fatigué. Moi je commence doucement et surement à devenir livide.... Il n'a encore rien dit que mes yeux le transpercent comme des hallebardes désireuses d'exterminer une cible. Reprends toi ma fille ! Il n'y est pour rien, il n'a pas plus demandé que toi d'être marié par une boîte de conserve débile ! Mugen brise le silence et me surprend. Il m'a fait à manger..... C'est gentil de sa part. Je ne m'y attendais pas. Pourtant c'est ainsi que les choses sont censées se passer dans un couple.

Bonsoir, ma journée a été bonne, merci. La vôtre semble avoir été éprouvante... Vous n'auriez pas dû veillez si tard, vous avez l'air exténué, une petite sieste vous aurez fait le plus grand bien.

De base, c'était le genre de chose que je lui aurais sorti sur un ton de reproche, avec un "t'es vraiment con de pas y avoir pensé avant" clairement sous-entendu. Mais.... Il ne m'a pas fait de réflexion débile ou grasse, ou misogyne. Il m'a même préparé un repas. Du coup mes bonnes intentions étaient sincères. Et ça me fait bizarre d'avoir ce genre de propos. D'ordinaire je ne verbalise pas ce genre de chose. Il va pour s'en aller se coucher, et ça m'embête de devoir l'en empêcher, mais ce n'est pas un choix de ma part....

Vous me voyez navrée mais..... Nous ne sommes plus libre d'agir à notre guise pour l'instant. Nous sommes dans l'obligation de partager un repas, une activité etc... Puisque vous avez déjà manger, je vous propose un thé pendant je ferais honneur à votre cuisine.

Cela m'écorchait la bouche de devoir dire explicitement que nous étions fait comme des rats ! Mais c'était le cas, nous étions tous les deux prisonniers d'un programme à la con ! Je lui aurais volontiers souhaité une bonne nuit sans cela.... Je me dirige dans la cuisine et je mets l'eau du thé à chauffer. Je fouille un peu partout avant de trouver un bâtonnet de cannelle que je mets dans l'eau. Je suis trèèèèès loin d'être une cuisinière hors pair, je suis même plutôt basique. Mais les boissons, ça je maîtrise bien ! Qu'elles soient chaudes ou froides. Toujours dans mes habitudes d'optimiser un maximum l'utilisation de mon temps, je mets mon plat au micro-onde pendant que l'eau chauffe. Ce n'est qu'à ce moment là que je réalise.... Que je n'ai même pas fait attention au fait de savoir s'il avait acquiescé ma proposition de thé ou pas.... Oups.... Bah, tant pis. Je le boirais au pire. Dès que l'eau se met à frémir, je la retire du feu avant qu'elle ne soit plus chaude, et j'y plonge les feuilles de thé que j'avais repéré à côté de la cannelle.

D'ici trois minutes, l'infusion sera parfaite. Sucrez à votre convenance.

Je retire mon plat du micro-onde, tout en me brûlant les doigts au passage d'ailleurs, et je m'installe pour manger. Je m'apprête à expédier mon repas en cinq minutes chrono comme souvent, mais alors que j'ai la première bouchée en bouche je m'interrompe, surprise.

Hé bien, je dois bien avouer que c'est très bon.

Et je dois dire que je m'y connais, car si je suis une cuisinière plutôt classique, au fil des ans j'ai développé un palais très fin qui sait reconnaître la bonne cuisine. Et pour être honnête, je n'aurais pas parié sur les compétences de cuisine de Mugen. Je ne sais pas, je le voyais doué pour la plomberie, le bricolage, ce genre de chose avec ces gros bras. Mais après tout s'il travaille dans une épicerie, ce n'est pas non plus déconnant. Il connait les produits qu'il vend. Pendant le repas, j'essaie de trouver comment appréhender la dernière épreuve de cette journée. Le déménagement nous assure une activité quotidienne que nous partageons. Mais ces baisers vont vraiment devenir problématique. Je n'ai pas envie de l'embrasser, mon dieuuuuu que quelqu'un vienne me sortir de cette situation infernale ! Mais je sais que personne ne viendra. Jamais personne n'est venu.... Ni hier, ni aujourd'hui.... Il ne reste plus qu'à faire face. Je finis le repas songeuse ou plutôt préoccupée. Visiblement, il a complètement oublié l'histoire du bisou. Je l'envierai presque.... Mais néanmoins, c'est peut-être l'occasion de mettre ce point à mon avantage. Mon cœur commence à s'accélérer, et les sentiments se bousculent chez moi. La peur, l'appréhension, le dégoût de faire ce genre de chose de la sorte.... Allez, on va prendre ça pour un jeu, voilà ! Le but est de le piéger pour l'embrasser comme un ninja ! Voilà ! C'est juste pour le vexer ! Ç...Ça le vexera à coup sûr ! Il va râler et pester dans son coin et ça sera très amusant ! Je dois trouver un moyen de le piéger ! Ha il se lève pour aller mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle ! Reisa ma fille, c'est le moment ! Voilà ton ouverture, à l'attaque !!! Je me lève sans un bruit de ma chaise, je me mets dans son dos et je lui prétends.

Vous avez oublié ça.

Il se retourne s'attendant à ce que je lui tende quelque chose, et MAINTENANT ! Sa tête face à la mienne je dépose mes lèvres sur les siennes quelques fractions de secondes à peine, juste ce qu'il faut pour revendiquer un territoire conquis et je m'éloigne de lui encore plus vite que je m'étais approchée ! Un coup d’œil sur le moniteur.... Ça compte, c'est gagné ! GOOOAAAAAAAAAL !!! Mais maintenant que je me suis bien montée la tête pour me convaincre de faire tout ce cirque.... je vais devoir faire face à sa réaction..... Et après partager le même lit que lui.... Je me sens si fatiguée à mon tour..... J'espère qu'il va comprendre que c'est à cause de cette stupide machine qui nous flique, parce que j'ai pas la foi de devoir lui rappeler....
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 12 Nov - 19:34
Je crois qu’actuellement, ce qui me dérangeait le plus chez elle, c’était le fait qu’elle me vouvoie comme si j’étais… Un étranger. D’accord, on ne se connaissait pas, mais si on devait passer notre vie à se faire des politesses de la sorte, ça allait être rapidement chiant. Non seulement je n’aurai pas la patience de le supporter et pour avoir vécu toute ma vie dans une « bonne famille » je n’en voulais clairement plus. Je n’y avais jamais vraiment réfléchi mais, si j’avais un môme, il était hors de question que je l’éduque dans un cocon familial aussi malsain que celui dans lequel j’avais été élevé.

A sa tête, elle avait l’air épuisé mais elle faisait bonne figure. Dommage pour elle « Disons que j’ai des journées assez rythmées et la sieste n’est pas dans mes pratiques. Ca… Perturbe mon sommeil. » Sautant par-dessus le canapé, j’arrivai non loin de la table à manger. Effectivement, j’avais oublié non pas notre condition mais nos devoirs conjugaux obligatoire. Raaah, encore obligé, contraint, non décisionnaire de ma vie ! Pourquoi ça m’arrivait à nouveau ? Légèrement agacé, ma langue claque contre mon palais alors qu’elle me parlait de partager un thé à la cannelle et aux épices. Quel cercle vicieux merdique, je n’avais pas mérité ça !
Il ne servait à rien de fuir dirions-nous, il fallait plutôt affronter. Comprendre ce qui nous entourait et y faire face. Sauf que ne connaissant pas la belle dame, j’allais devoir mesurer mes actes et mes paroles. J’avais deux options : la pousser à bout et me retrouver avec un membre en moins (ce serait un bon argument pour un divorce) ou alors essayer de l’apprivoiser. Etrangement je n’avais envie de faire ni l’un, ni l’autre. D’accord, je me sentais « investi » d’un devoir assez global mais je n’avais pas envie de prendre soin d’elle. Elle ne m’en donnait pas l’envie, devrais-je dire. Elle avait quelque chose de condescendant et si j’y avais été habitué toute ma vie, j’avais du mal à me remettre dans le bain. Cette période était bien loin pour que je ne baisse juste gentiment la tête.
Il fallait se dire que nous étions sur un terrain neutre. Si nous restions chacun de notre côté et avec un rapprochement que pour effacer la to-do list du moniteur du salon, alors tout se passerait bien. Et je pourrai affirmer sans mal que la mort ne sera que quelque chose d’absolument bénéfique pour moi car ce ne sera jamais pire que cet Enfer que je m’apprête à endurer chaque jour.

Non vraiment, ce n’était pas comme ça que j’envisageais ma relation maritale. L’avantage était qu’elle n’était pas jalouse ou sur mon dos toute la journée. Nous n’avions (hélas) pas de compte à nous rendre. La preuve, je savais que sa journée avait été fait de hauts et de bas, de choses qui auraient pu prendre un livre entier à être racontées et expliquées, mais elle me l’avait résumé par « ma journée s’est bien passée ». Oui, comme les journées de ma mère « se passait bien ». Te tracasse pas bichette, je connais « Merci pour le thé. » Je ne relevais pas son compliment sur le repas que je lui avais servi. C’était assez basique et plutôt sommaire. Quelque chose de léger pour ne pas, en plus, nous alourdir. Nous n’en avions pas besoin…

Lorsqu’elle termina son plat et que nous n’avions échangé que des regards –et que je ne rêvais que d’une chose : me coucher-, je me levais avec la vaisselle pour rapidement la laver et la ranger. Je préférai quand c’était propre pour quand je me levais le matin car je n’avais aucun temps à perdre. Sa voix attira mon attention. Elle s’était faite plus douce et… chaleureuse l’espace d’un instant. Me retournant, assez surprise, je la vis se rapprocher pour effleurer mes lèvres et se reculer d’un bon, relativement… traumatisée. Ou du moins un sentiment qui s’en rapprochait. Ses coups d’œil frénétiques envers l’écran derrière moi me laissa perplexe. Ce fut en analysant également le moniteur que je compris que nous avions effectué toutes les tâches de la journée. Déposant la vaisselle dans l’évier en ricanant, je dis « Tu sais… Tu pouvais juste me demander… » Je fis volte-face et m’appuyai au rebord du plan de travail en disant « Ecoute, je vais être clair : je ne suis pas l’ennemi. Tu n’as pas besoin de te méfier ou de me prendre pour une bête affamée de ton petit corps délicat. Et je pense que tu n’as pas besoin de ce stress supplémentaire. Si tu veux mettre des règles pour te sentir à l’aise et avoir des repères, mets-en. La mienne concerne le vouvoiement. Franchement, pas de ça entre nous, surtout si nous devons passer à peu de choses près l’éternité ensemble. On dirait ma mère et entre nous, je n’ai aucune envie de me taper ma mère alors déjà que tu m’y fais assez penser comme ça, je préfère abolir le « vous ». » Me décalant de mon point d’appui, je passai la main dans mes cheveux, avant de m’approcher d’elle. Elle était petite, c’était vraiment mignon, mais l’heure n’était pas à la contemplation. Ma voix n’était pas agressive ou autoritaire, je voulais vraiment trouver un compromis pour nous deux et pour voir si elle pouvait le faire. Si c’était une harpie ou assimilé, alors j’allais très vite le savoir car ça la révèlerait en une furie que le Japon n’aurait jamais connu sans mon apparition dans sa vie. « De plus, j’ai une proposition à te faire : on se débarrasse des tâches chiantes le matin. Je ne sais pas à quelle heure tu te lèves mais personnellement à cinq heures je suis déjà debout. Je t’embrasse, je pars faire mon sport, je reviens, je me douche, on petit-déjeune ensemble et on se fout la paix pour le reste de la journée. Tu rentres trop tard pour que je t’attende et je pense que je me lève trop tôt pour que tu puisses aisément faire une nuit complète et reposante. Et si on fait ça le matin, t’auras pas le temps de me trouver moche. » Car vu son dégoût de m’avoir toucher, elle devait me trouver sacrément laid. Je levais les mains devant moi nonchalamment « Dommage, pour ma part j’ai plutôt eu une bonne pioche. » OH MEC à qui le dis-tu ! Tu aurais tellement pu te retrouver avec un type et à devoir faire glisser ce gourdin entre ses fesses OU PIRE le sien entre les tiennes. Non franchement, Reisa EST la femme de ta vie, n’en doute JA-MAIS.
Un petit sourire en coin termina ma phrase. Ca va être du sport avec elle.
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 12 Nov - 21:52
Il.... ricane. Sincèrement, c'est tout ce qu'il trouve à faire ? Ricaner ? Mais qu'est-ce que j'espérais.... C'est un "mâle", par définition c'est libidineux de manière naturelle. Malgré ça, j'ai envie d'attraper son cou entre mes mains et de serrer très très fort jusqu'à faire disparaître son sourire narquois de merde de sa tête à claque ! Je serre les dents pour ne pas serrer les poings. Un poing serré part très vite et malencontreusement dans les gencives de celui qui nous courrouce.... J'avale ma salive comme si c'était un boa constrictor avant lui de répondre calmement mais aussi froide qu'une tempête de glace polaire.

Je n'aime pas demander.... Et surtout pas ça.

Franchement ça m’écœurait de voir que j'étais la seule gênée et contrariée par ce baiser. Ça avait quelque chose de tellement injuste. Comme s'il n'était plus complètement une victime. Comme s'il n'y avait plus que moi comme victime.... Et c'était franchement intolérable ! Attends bonhomme, tu ne perds rien pour attendre, je trouverais bien le moyen de rééquilibrer la balance.... En attendant je dois essayer de me calmer. Déjà qu'en ce moment niveau cauchemar ça n'arrête pas, si en plus je me couche énervée, je vais trouver le moyen d'avoir des nuits encore plus horribles que d'ordinaire. Ce mufle reprend la parole, m'affirmant qu'il n'était pas mon ennemi.Non, pas mon ennemi juste un sale porc.... Je m'adosse contre un des plans de travail de la cuisine, tout en restant relativement droite, et je croise les bras en l'écoutant. Il affirme qu'il n'est pas une bête assoiffée de luxure. Il n'a pas besoin de l'être car, de base, il aura tout les droits.... Et au passage le baiser ne semblait pas le déranger, lui ! Mais admettons.... Du stress supplémentaire je m'en passerai bien oui, mais avec toi mon coco, c'est pas gagné.... Fixer des règles, bonne idée oui, faire creuser une cave pour t'y séquestrer ça compte ? Ha, nous y sommes, tu voulais toi-même imposer des règles, allez, vas-y Michel, fais-toi rêver.... Quoi ? C'est mon vouvoiement qui te défrise ? Il ne te faut pas grand chose mon petit pè....

Maman....

Il a dit quoi là ?! SA MÈRE ?!  Et il insiste ?!! Aucune femme de mon standing aurait pu t'engendrer, misérable ramassis de médiocrité concentré !!! Je sens que j'ai une veine frontale qui palpite. Là je craque !

Si j'avais été ta mère, rebelle de bac à sable, je t'aurais collé une correction tellement monumentale que tu n'aurais même plus osé penser à une connerie, et tu aurais passer les prochaines années de ta vie à rapprendre comment t'assoir ! Ça t'aurait peut-être évité d'avoir la crétinerie suprême de comparer une femme à ta mère !

Ma voix claque comme des coups de fouets implacables, et pourtant même si je bouillonne et fulmine je n'ai pas bougé d'un iota de ma position. Ma voix ne tremble pas, mon corps non plus, et si je suis sèche, tranchante et incisive, je ne cris pas. Déjà parce que je ne suis pas sûre que les murs retiennent le bruit. Et ensuite.... Parce que je ne veux pas crier.... Je ne veux pas commencer le même cercle infernal de mes parents. Déjà que là.... Je suis bien partie pour le détester lui aussi. Il est juste..... Super con. J'essaie néanmoins de me calmer, mais je suis encore amère.....

Mon tutoiement est-il à ton goût ? Même si je vais essayer d'arranger cela, je ne promets pas de miracle à ce sujet. Je ne tutoie jamais personne. Je vouvoie même mes collaborateurs les plus proches, malgré des années de proximité. Je ne suis juste..... Pas habituée. J'essayerai.

Misère, ça va être mignon tiens, des années de vouvoiement systématique à prendre à rebrousse poil.... C'est pour ça que je préfère nuancer mon engagement. Je sais que je vais avoir du mal..... Surtout en public. L'idée de le tutoyer m'horripile mais je n'ai pas trop le choix.... De toute manière si on vient à savoir qu'il s'agit de mon mari, cela passera inaperçu. Mais je n'ai pas envie d'officialiser cette proximité illusoire... bon sang, pourquoi a-t-il fallu que je tombe sur un type qui a un problème avec la notion de respect ?! Enfin... Je commence à me détendre.

Cet arrangement me convient, je me réveille également dans ces tranches horaires là, et ça me permet de travailler librement. Je t'attendrai pour préparer le petit déjeuner, cela constituera l'activité quotidienne à partager.

C'était trop beau pour durer. Lorsqu'il avance qu'en agissant ainsi je n'aurais pas le temps de le trouver moche, j'arque un sourcil. Mais lorsqu'il en vient à fanfaronner sur sa "bonne pioche", ça y est j'ai de nouveau envie de l'écharper ! N'importe qui pouvait être présentable et agréable lorsqu'il était correctement entretenu. S'il m'avait connu plus jeune, lorsque j'étais dans la rue il n'aurait certainement pas utilisé le terme "bonne pioche".... Remarque j'aurais été un peu comme l.... Est-ce que c'est pour ça qu'il m'agace tout particulièrement ? Parce qu'il me rappelle ce que j'aurais pu être ? Ho misère ma vie va devenir un enfer....  Vu son tempérament, il ne changera jamais de lui-même. Et je n'ai pas envie de devoir mener croisade sur ce plan là en plus de tous mes autres problèmes. Je réprime un profond soupir. Je me sens encore plus fatiguée.

Merci de me rappeler que je suis condamnée à vivre avec un homme qui a le raffinement et le tact d'une truelle bon marché. Vraiment, je me sens comblée. Par ailleurs, ton physique n'est pas le coupable dans toute cette affaire. C'est davantage une histoire de dégaine et d'attitude. Malheureusement, aucun scalpel n'a jamais pu arranger les mentalités. Pour ce qui est de mes règles, je pense que je vais faire une liste.....

Là dessus, je tourne les talons, et je monte dans la salle de bain. Je ferme la porte que je verrouille derrière moi et enfin seul avec moi-même je pousse un long soupire. Et c'est juste le premier jour.... Je me démaquille la mort dans l'âme, et j'enfile un pyjama, deux pièces.... Pantalon et et chemise de nuit à manche longue. De très bonne facture et assez joli, mais bien couvrant ! Je regarde le lit un instant, dépitée à l'idée de devoir le partager. Je me sens si mal à l'aise.... Je fais de mon mieux pour ne rien laisser paraître, mais j'ai l'impression d'avoir des couteaux qui remuent dans mon ventre. Je règle mon réveille, mais je sens que c'est inutile. je ne vais quasiment pas dormir.... Vers quatre heures du matin, des images apparaissent. Des flash, des cris.... d'autres flash, d'autres cris.... un coup de feu.... du sang.... Quatre heures et demi, je me réveille en sursaut, me relevant d'un coup. Mon cœur bat la chamade, et je me retiens de justesse de crier lorsque j'aperçois Mugen qui dort comme un bien heureux. J'ai scrupuleusement veillé et réussi à rester confinée dans la partie du lit qui m'est dédiée. Est-ce qu'il y a seulement une chance de pouvoir dormir correctement dans ces conditions ? Je me rallonge en silence, prenant mon visage dans mes mains pour essayer de retrouver un peu de contenance un peu de paix. Je reste allongée les yeux fermés, attendant la première épreuve de la journée. Je ne veux pas le voir m'embrasser.... J'espère juste qu'il fera ça vite.

Je me lève ensuite, et profite de la salle de bain le temps qu'il aille faire son sport. Une douche, habillage, coiffage, maquillage, et voilà une nouvelle journée qui commence. J'attends qu'il revienne de son sport tout en envoyant des mails depuis mon téléphone. Le temps qu'il prenne sa douche ça me laisse également un peu de temps. De tout manière, ce matin on finit de déballer les cartons.... Enfin je devrais plutôt dire je finis. Ils sont presque tous à moi.... Il arrive dans la cuisine. Et les "mauvaises" habitudes reviennent...

Que déjeunez-vo.....

Je soupire en réalisant que je commence bien ma journée.... Mais je me reprends.

Que déjeunes-tu ?

Ce "tu" vas me hanter, je le sens....
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 12 Nov - 22:55
Plus je parlais, plus je la voyais se renfermer. Je l'avais contrarié, allons bon. Putain ces bonnes femmes, toutes les mêmes. Si t'avais le malheur d'avoir une personnalité et de prendre une ou deux décisions, tu étais tranquille qu'elles allaient se fâcher. Forcément ! Va contredire une gonzesse ! Surtout quand elle pense avoir raison. C'était peine perdu et franchement, la bataille était longue à mener pour pas grand chose à la fin. Ouais je la trouvais mignonne et quand elle me parlait, on avait l'impression que je la trouvais irrésistible. Bha putain, ce qu'il faut pas entendre. Lorsqu'elle s'énerva, m'insultant à moitié, je me mis à rire. Juste... à rire « Ouuuh mais c'est que ça griffe en plus ! » Mais mon sérieux revint bien vite, et la tension qui se dégageait de mon corps et de mon être montrait bien que je ne plaisantais pas « Si j'étais toi, je ne parlerai pas des choses que je ne connais pas et à ce que je sache, tu ne sais rien de ma vie, alors ne te permet pas de la juger parce que tu t'estime plus intelligente que moi. » Espèce de garce.
C'était clairement une connasse, j'en avais la preuve.
Je lui avais tendu la main avec un trait d'humour, elle me l'avait mordu. D'habitude j'en aurai eu rien à foutre, mais là elle était ici en qualité d'épouse et je n'allais pas m'écraser juste parce que madame ne se sentait plus pisser.

A tout son dialogue j'haussai les épaules. Ouais, clairement, je m'en fichais bien de ce qu'elle pensait de ma mentalité, vu qu'elle ne la connaissait pas et qu'elle jugeait un livre à sa couverture. Au début je me disais que c'était quelqu'un de bien. Ok, je faisais pas confiance à l'Inc. mais il avait la fâcheuse tendance à faire matcher les gens. Les préliminaires de la relation étaient toujours compliqués, mais ça allait avec le temps. Donc je m'étais dit que, pour moi, c'était la même. On aurait eu à peu près la même vie, peut être la même façon de voir certaines choses. Mais plus les minutes passaient, plus je me disais que la seule chose que nous avions du avoir en commun, c'était notre mention au baccalauréat.
Dégaine et attitude... Elle en avait une de ces dégaines ! Coincée comme pas permis en apparence mais une espèce de torrent déchaîné à l'intérieur. Cool, j'espérais au moins qu'elle avait choisi son métier par vocation car sinon, bonjour les collaborateurs. Le bilan de fin d'année, certains devaient le sentir passer s'ils ne remplissaient pas leurs quota.

Quand je m'allongeai dans le lit le premier, je repensais à ça. Ok admettons... que ce n'était qu'une façade ? J'allais devoir me faire pourrir la gueule pendant combien de temps pour qu'elle finisse par me foutre littéralement la paix ? Franchement, je n'avais pas envie de le savoir et aucune envie de subir ça. D'un côté elle m'inspirait et de l'autre elle me dégoûtait. Je ne voulais pas me retrouver plonger dans les galères sociales et "parentales". J'avais connu une vie naze et j'avais pensé qu'elle fut terminée.
Lorsqu'elle se glissa sous les draps, elle resta en équilibre sur le bord du lit. Eh bha, bonne nuit bichette. Tsss...
Personnellement, je me tournais dos à elle et bloquai une de mes épaules et de mes bras sous l'oreiller, de manière à ne pas bouger de la nuit entière.

Le vibreur de mon cellulaire me réveilla avant même que la musique ne chante. Lorsque je l'arrêtai, il indiquait 4H30. Apparemment, je n'avais pas réveillé Reisa ou alors était-elle déjà partie.
Dans un bâillement silencieux je m'assis sur le lit et me levai. Je passais très rapidement à la salle de bain pour les ablutions minimales, m'habillais de manière à courir jusqu'à la salle, faire ma musculation et revenir en courant. Au moment de sortir de la chambre je failli oublier mon devoir et fit volte face. Je posai un genoux à terre pour me pencher au dessus d'elle. Plus par confort et réflexe que vrai attendrissement, ma main vint se étreindre sa petite mâchoire qui avait l'air serré. Puis, quand mes lèvres effleurèrent les siennes, je sentis une chaleur anormale. Immédiatement, je les déposai sur son front et chuchotais, légèrement soucieux « J'espère que tu n'as pas de fièvre. Repose-toi Reisa... » Ne poussant que sur mes jambes je me retrouvai debout et partit très rapidement.

Ok... Le sport me ferait clairement du bien.

Quand je rentrai, je me sentais très très bien. J'avais eu mon shot d'adrénaline, j'avais relâché toute la pression de ces derniers jours et d'hier et la douche brûlante me fit un bien fou. Le soupir qui émana de mes lèvres étaient celui du repos, de la douceur... De la tranquillité.
Lorsque je mis le pied sur la dernière marche, je vis la jeune femme aux fourneaux. Elle me demanda ce que je mangeai et je répondis tout d'abord : « Salut. Tu vas mieux ? Tu avais l'air patraque ce matin. » Je lui souris doucement avant d'attraper un bol au dessus d'elle, dans les placards. Je le fis tourner sur un de mes doigts avant de le rattraper dans un geste fluide et le poser sur la table « Trois œufs brouillés, soixante grammes de flocons d'avoines, un verre de jus de fruit et du lait. Normalement je devrai pas prendre de lait de vache, mais je crois que j'aime trop ça. Oh puis faut se dire que ça fortifie les os... Même si c'est des conneries. Si t'entends un jour quelqu'un te dire que le lait permet d'avoir du calcium, chez un adulte, fais moi plaisir : frappe le. Fort, de préférence. Mais t'embête pas, fais juste les œufs, je me débrouille pour le reste héhé... ! Et toi, que prends-tu ? J'espère que tu manges au moins ! » Si elle m'annonçait qu'elle ne se nourrissait pas le matin, j'allais m'évanouir. C'est genre SUPER important ! « Tu manges ici à midi ou tu as un planning chargé et tu dois dîner avec quelqu'un en particuliers ? » Je revis rapidement le nom de sa société sur le camion de déménagement que j'avais vu « Au fait, vous avez fini par fusionner avec Tokahisu ? Y a quelques années que je n'en ai plus entendu parlé... En même temps ça fait quelques années que j'ai laissé tombé l'économie du pays. Arf, honte sur moi... Enfin, je sais qu'une de leur holding a vu son marché en bourse s'effondrer et ses actionnaires se barrer. Elle a demandé elle-même à fusionner. Je trouve ça abuser quand même quand t'en arrive là... Enfin faut ce qu'il faut. Et deux groupes se faisaient un peu la guerre pour la reprendre, mais je ne sais pas si c'était pas le tiens l'un des deux justement ? » Ok, elle avait totalement le droit de me trouver insupportable. L'adrénaline me rend insupportable. Je suis plus productif, moins aphasique. Hélas pour elle.

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Voir le profil de l'utilisateur Lun 13 Nov - 0:29
Si je griffe ? Bonhomme, t'as encore rien vu ! Et bon sang ce qu'il m'éneeeerve ! Mais lorsqu'il se met lui aussi à s'énerver, je ne sais pas pourquoi, ça m'a presque fait plaisir... En tout cas je me sentais beaucoup moins énervée. Je n'étais pas intimidée pour deux sous, et d'ailleurs, je m'attendais à ce qu'il s'emporte. Mais ce qu'il vient de dire.... Mon dieu s'il savait ! HA ! C'est tellement surréaliste que je ne peux pas m'empêcher de rétorquer...

Commence par suivre tes préceptes....

Je ne peux pas lui claquer mon improbable passé, mais tout de même. Il se plaint que je le trouve stupide, mais il a été le premier à me juger ouvertement en me comparant à sa mère. Il s'est tiré une balle dans le pied tout seul.... Je ne suis peut-être pas un parangon de savoir et d'intelligence, j'estime que je suis douée certes, mais que dans mon domaine. Mugen a très certainement son propre savoir lui aussi, mais autant il peut avoir des raisonnements qui tiennent la route, autant il ne réfléchit pas avant de parler et il sort des conneries grosses comme lui.

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Si la veille il m'avait mis les nerfs en pelote, ce matin là il n'avait pas fini de me perturber. Déjà j'ai cru qu'il allait partir sans faire notre corvée. J'ai espéré si fort de ne pas être obligée de lui demander. J'en étais presque rassurée quand je l'ai entendu faire demi-tour. Bon voilà, c'était parti.... Pourquoi tu me tiens la mâchoire ? Tu as peur que je te morde ? Remarque, cela pourrait être tellement amusant.... bon sang je n'ai même pas encore ouvert les yeux que je pense déjà à le trucider, je dois me détendre.... Mais ? Pourquoi il me met sa main sur le front ? Il chuchote.... .... Je l'entends partir et une fois m'être assurée l'avoir entendu descendre les escaliers j'ouvre les yeux et me redresse dans le lit. Pourquoi te soucies-tu de moi ? Que je sois malade ou non, cela ne devrait pas t'importer.... non ? Je ne sais plus trop où j'en suis ou ce que je veux. Dans un sens, si c'était juste un gros connard, ça serait facile de lui en vouloir et de lui rendre en centuple ses méfaits. Mais.... Par moment il semble attentionné. Je ne sais plus trop comment le prendre. Je touche mon front. Ce sont les restes de mon cauchemar qui m'ont un peu secoué. J'espère qu'il ne se rendra jamais compte de mes nuits chaotiques.... Je finis tout mon petit rituel matinal, et ce n'est que lorsqu'il me salue que je décroche mes yeux de mon téléphone. Je ne lui ai même pas dis bonjour.... Mais sa question suivante me trouble encore plus. Mince j'avais pas prévu qu'il revienne là-dessus ! Réagis, vite !

Rien de grave merci. Bonjour.

Bon c'était léger comme réponse, mais ça restait propre et efficace. En tout cas le sport lui donnait une pêche d'enfer visiblement. Je le regarde s'amuser avec ce bol de manière un peu interdite, mais lorsqu'il m'énumère -avec une précision admirable- son petit-déjeuner, j'ai comme une absence. Il mange TOUT ÇA ? Bon si on refixe ça dans le contexte ou il a un travail physique et où en plus il fait du sport, certes il faut nourrir son homme, mais ça me surprend un peu....

Soit....

C'est quoi le problème avec le lait ? Bon j'avoue que du calcium pour un adulte qui a fini sa croissance et qui n'a aucune fracture à réparer, je ne vois pas vraiment l'intérêt mais.... Je casse les œufs dans un gros bol et je commence à les mélanger avec une paire de baguette tout en l'observant de plus en plus incrédule. Jamais il ne s'arrête de parler, au moins pour respirer ?! Ha si, pour me demander ce que moi je déjeune. Mon cerveau se remets subitement en marche, et je réponds.

Hé bien.... Si je n'oublie pas et si j'ai le temps, je prends un café très sucré.

Je ne sais pas pourquoi mais vu son régime alimentaire matinal et son "tu manges au moins ?" ma réponse va avoir chez lui quelque chose d'extrêmement insatisfaisant. Et puis il enchaîne directement avec le repas du midi alors qu'on a pas commencé celui du matin !

Je.... devais manger avec des clients.... Mais ça a été annulé à cause des récentes catastrophes puisqu'ils sont à l'hôpital.... Donc je verrais si mange quelque part ou si j'attends ce soir.

Sauter des repas me valait les foudres silencieuses mais extrêmement palpables d'Elisabeth. D'ailleurs s'il n'était pas trop tard, elle faisait livrer des sushis au bureau..... ou plutôt à mon bureau. Pourtant quand je n'étais pas en repas d'affaire, cela me faisait gagner parfois un temps fou ! Je fais cuir les œufs en les remuant régulièrement pour ne pas qu'ils accrochent et qu'ils cuisent bien, mais là Mugen me scie juste les jambes. Comment il sait tout ça ?! Depuis quand un épicier s'intéresse-t-il au monde de la finance ?! Dans un réflexe salvateur pour les œufs, je retire la poêle du feu, avant de lui répondre sidérée.

La fusion s'est soldée par le rachat de Tokahisu.... Mais.... Ça fait cinq ans maintenant. Nous étions en concurrence avec Tokonowa Industrie qui avait tenté de me décrédibiliser à cause de mon jeune âge de l'époque....

Là je suis scotchée. Ce type me sort un pan de l'historique de ma boîte, alors qu'il ne bosse absolument pas dans mon domaine, et ce n'était pas le discours d'un épicier qui fait la conversation. Il comprenait de quoi il parlait. Je lui sers ses œufs en essayant de trouver l'explication logique à tout ce chambard. Bon d'accord j'avais sous-estimé son bagage en terme de connaissance générale. Mais même en considérant cela, il maîtrisait bien plus qu'un quidam du coin qui s'intéressait un peu au monde des affaires. Qu'est-ce que tu me caches toi.... En tout cas je retiens une chose. Je n'aurais pas besoin de faire la conversation si j'en ai pas envie, car il sait très bien la faire pour deux, et aussi que ça peut même être intéressant. Mais là malheureusement.... On est le matin. Et un flot de paroles pareil dès le matin, sur des sujets aussi divers que les bienfaits du lait au rachat d'entreprise.

Qu'est-ce qui t'as amené à t'intéresser aux domaines boursiers et économiques ?

Normalement je ne questionne pas les gens sans y être obligée. Je n'aime pas me montrer indiscrète. Mais là il faut quand même avouer que c'est trop fort ! Quitte à ce qu'il m'explique tout ça pendant que je finirai de ranger les cartons. Mais si ça se trouve, il va me donner plus d'informations que je ne suis capable d'en absorber...
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Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
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Autre: Mugen est une tête à claques. Cordialement.
Voir le profil de l'utilisateur Lun 13 Nov - 11:13

Je l'avais assommé avec mon flot de parole. D'habitude mon patron me mettait une béquille mais elle, je doutais qu'elle ne me frappe. Elle n'avait pas l'air de répondre comme ça. Plutôt... Tempête glaciale que vent brûlant « Oh quoi ? UN CAFÉ ? Mais... Non ! Enfin je veux dire... Au moins un jus de fruit ? Du lait de soja ? Aller, du lait d'amande ? Non ? Rien ? Que dalle ? Nada ? Arf... Misère... » Je m'assoie, un peu déçu « Le matin, le corps a besoin d'un starter. Pour ça, rien de mieux que du fructose. La différence avec ton sucre du café, c'est qu'il est naturel et nettement mieux synthétisé par le corps. Tu commences par boire ça et après tu prends ce que j'appelle du plâtre. C'est peut-être pas très bon, mais ça te tient au corps et ça te donne de l'énergie. Ça... Vivifie le cerveau. Je te jure ! Après tu peux faire des thèses orales dès neuf heures du matin. Et en réunion, ça claque. Quand on... Aura le temps, je te ferai goûter. Au début c'est un peu compliqué mais après, ton corps ne peut plus s'en passer. Un peu comme le carburant d'une voiture. » J'étais pas sûr de bien me faire comprendre mais mon ton était très joyeux, sincère et passionné par ce que je disais. J'adorais parler de ça, je pouvais le faire pendant des heures. A son grand damn « Tu veux qu'on mange ensemble à midi ? Si tu veux on peut sortir. Ou je peux te faire un curry-saté. » Et c'était pas une question piège. Après tout, si elle ne pouvait pas me blairer, elle m'aurait mentit, non ?

Lorsqu'elle me fila mes œufs, je les attaquai avec la faim au ventre. Un peu trop cuit, mais ça m'allait. Je n'étais pas difficile en terme de bouffe et du moment que c'était pas cru ou cramé « J'espère que t'as jamais réellement eu à faire à Tokonawa. Ils sont... Horriblement efficaces. Tentaculaires en réalité. Ils ont un pied dans un maximum de marchés, t'es pas à l'abri que la moitié de notre maison soit meublé ou éclairé par eux et qu'indirectement, on leur donne de plus en plus de thunes. Je sais que quand ils veulent quelque chose, ce sont de véritables requins et entre nous, je suis bien content que tu leur ai montré qui t'étais. Ils sont pas habitués à perdre. Ils agissent par la fourberie et les chiffres. J'ai toujours pensé que c'était des vendus. » Tout ce que je disais avait du sens pour moi. Mes parents se battaient contre ce charognard dont la vocation était de racheter toutes les entreprises qui coulaient pour pouvoir reprendre leur marché et en faire LEUR monopole. C'était des chiens, ils ne jouaient pas réglo et leur siège social le reflétait parfaitement. Ils étaient malsains et ça se sentait.

A sa question sur mes connaissances, j'eu un léger sourire avant d'enfourner une nouvelle bouchée « Disons que mes vieux ont un pied dans le monde de la finance -si ce n'est les deux- alors... C'est héréditaire dirons-nous ! » La suite au prochain épisode ma jolie ! Si je n'en savais pas plus sur toi, tu n'en saurais pas vraiment sur moi. Mais c'était de bonne guerre entre nous; mieux valait prendre notre temps.
Tu vois mon petit Mugen... Tu es bizarre. Et ça, je le dis au présent.
Le moment que nous passions à discuter en mangeant, me fis réellement plaisir. Je me sentais bien, sans méfiance et sans stress. Et je me disais également que ce serait intéressant que nous gardions cette attitude mutuelle. Lors que le soir arrivait, c'était éprouvant pour nous deux de se faire des politesses et d'essayer de garder un lien social... Sympa. Nos journées étaient certes différentes, mais particulièrement chargées, et les esprits avaient tendance à donc plus vite s'échauffer -tout comme hier soir-. Ah oui et en parlant de ça « Ah ! Au fait, désolé pour hier soir. Mon comportement était pas cool. T'as l'air d'être une boule de nerf et j'ai pas eu la bonne attitude pour... Calmer les choses. En fait tu n'es pas ma mère, je le sais bien, je pense pas être si stupide. Je voulais juste dire que... Jusqu'à mes quoi, six ans, elle nous vouvoyait mon père et moi. Je n'ai juste pas envie de retomber dans ce schéma là, même si on ne se connait pas. » C'était peut-être bête, mais j'avais d'autres ambitions pour mon couple que de creuser un fossé « Je prétend pas être quelqu'un de formidable et tu dois êtres très certainement très très bien entouré, mais j'ai pas envie de... Laisser passer les choses, laisser ma vie défiler en me victimisant. Ok je t'ai pas choisi, toi non plus, mais j'ai envie d'être acteur dans cette maison, d'apprendre à te connaître et apprécier la vie que j'aurai avec toi. Je suis pas un grand sentimental et j'ai tendance à reléguer ça sur le plan des bonnes femmes aigries -ne t'énerves pas, merci- mais avant de te connaître j'étais tout seul. Je suis un lascars. Je sors, je bois, je fume, je cogne et je me tapais des punkettes. Mais, maintenant je t'ai toi et tu es devenue ma seule famille. Et même si j'ai un concept personnel de ce mot, j'ai envie d'en prendre soin. » Après j'allais pas la soûler à être sur son dos en permanence et à lui demander des trucs. J'avais juste envie que notre maison soit un terrain neutre. Un endroit où... on se sent chez soi. Comme un refuge. Et où nous savons que l'autre n'est pas nocif « Alors j'ai peut-être pas inventer le fil à couper le beurre mais si tu as besoin de m... » Mon téléphone se mit à sonner dans une de mes vestes accrochées au porte-manteau « Excuse-moi... » Je savais qui c'était. Chaque personne que je fréquentai assez souvent avait une sonnerie personnalisée « Ouais c'est pour ? » Genji Amanatsu. Un gentil mec, mais vraiment lourd « Non, je peux pas venir on a du pain sur la planche au combini. [parle] Attend quoi ? T'es rentré quand chez moi ? Oh mais... PUTAIN CRÉTIN ! J'ai déménagé, t'as forcé un appartement vide là, t'es au courant ?! J'espère que tu t'es pas fait choppé parce que sinon... [parle] Non, certainement pas, tu peux bien te gratter. Si on se voit, c'est à l'endroit habituel. Et euh... Dit à Suki et à Himiko que c'est terminé. Et pas les deux en même temps hein, chacune à part. [parle] Ecoute il faut que je te laisse... » Et je raccrochai. Reisa avait commencé à débarrasser le plus gros de la table et je finis juste mon verre de jus d'orange « Désolé, un vieux pote. Il est sympa mais un peu lourd. Enfin... »
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Voir le profil de l'utilisateur Lun 13 Nov - 23:50
Comme je l'avais senti, il ne peut concevoir mes habitudes alimentaires. Je me contente de secouer la tête à chaque fois qu'il tente de rajouter quelque chose à mon menu matinal. Ce qui visiblement l'accable. Et le voilà entrain de me tenir un discours digne des meilleurs diététiciens, avec recommandation spéciale maçonnerie alimentaire, le tout sur fond de prescription médicale et..... Il me propose finalement de me faire goûter sa médecine un jour. Oh mon dieu, cet homme est beaucoup trop sociable pour moi, au secours ! D'ordinaire je n'ai absolument aucun problème à faire la conversation, à avoir des échanges cordiaux et même amicaux avec les autres, mais c'est toujours dans le cadre professionnel. C'est toujours dans le but soit d'obtenir quelque chose, soit d'entretenir un terrain favorables aux échanges ou aux négociations. Voire même, pour entretenir une bonne ambiance de travail chez mes collaborateurs qui m'assure une hausse de productivité d'environ 25%. Mais là.... Je n'attends rien de lui, et lui non plus n'attends rien de moi. Enfin si, je pense qu'il espère juste que je ne lui casse pas les couilles, et que ça ne soit pas ambiance guerre froide sponsorisée seconde guerre mondiale dès qu'il rentre à la maison. Mais il n'aurait pas besoin de faire "autant" pour que l'on puisse évoluer en terrain neutre. Bon, allez ça suffit le mode carpe Koï ! Si je reste encore stoïque à le fixer incrédule, il va finir par penser que mon cerveau a rendu l'âme.

Je sais bien qu'après une nuit de jeûne, le corps a besoin d'être réhydraté et alimenté en glucose/fructose. Mais mon emploi du temps ne me permet pas toujours de petit-déjeuner ou de déjeuner. Donc je suis habituée à prendre du rapide ou à ne rien prendre du tout. J'ai très rarement faim le matin donc ça me convient bien, et puis.... Du plâtre ?

Je fais partie de ces gens qui ont souvent beaucoup de mal à manger le matin. Pour ma part, le fait que les trois quart de mes nuits soient complètement chaotique fait que je me réveille souvent l'estomac en vrac. Par conséquent j'ai beaucoup de mal à manger au réveil, il n'y a qu'en milieu de matinée où mon estomac se dénoue, mais à ce moment là je n'ai plus le temps.... Mais je n'ai pas envie de lui raconter que je fais des cauchemars presque toutes le nuits et le tutti quanti. Déjà que je me sens barbouillée le matin, alors son histoire de "plâtre" ne m'inspire franchement rien qui n'aille. J'allais pour envoyer un autre e-mail après lui avoir servi ses œufs, lorsqu'il m'arracha de nouveau à mon travail, qui n'allait décidément jamais avancer.... Dans cette matinée ou je n'étais pas censée travailler. Bravo Reisa, vraiment bien joué ! Dit adieu à ton déjeuné sur le pouce, cet homme là sera encore plus pointilleux que Elisabeth sur ton alimentation. Je ne peux pas refuser son invitation, déjà parce que je n'ai aucune raison valable, et aussi parce que pour le coup ça ferait clairement la fille qui le méprise jusqu'au bout de ses ongles. Et j'ai du mal à statuer définitivement sur ce sujet.... Tant de propositions pour le même repas du midi, je ne sais que choisir. Bon procédons par méthodologie.

J'aurais bien proposé de sortir, mais le paysage extérieur fait un peu trop post-apocalyptique à mon goût.... Donc soit on se fait livrer soit on cuisine... Vou... TU préfères quoi ?

Je vais y arriver ! Un jour ! Je le tutoierai sans me tromper ! Je reste déterminée ! On repart sur le sujet Tokonawa et rachat de boîte, et là je rentre dans ma sphère de confiance, dans le sujet que je maîtrise ! C'est plus facile de parler de ça.

Efficace oui, mais pas nouveau. Rockfeller avait bien compris le principe, et aujourd'hui encore il est celui qui a le mieux réussi ce genre d'exploitation. Le problème de ce type de méthode, c'est qu'une fois qu'on connait son fonctionnement on sait ce que l'autre veut, et comment il s'y prend. Pour Tokonowa cela a été relativement simple de deviner ce qu'ils allaient faire. Il a suffit d'imaginer le moyen le plus fourbe et épouvantable de parvenir à ses fins, et c'était ce qu'ils allaient faire. La légalité en devient même une limite très floue et fragile, mais hélas ça fait partie des "règles" du jeu du monde du business.

Quand on arrivait dans les très hautes sphères économiques, ont savait tous une chose. Aucun des grands dirigeants n'était honnête. Aucun. Je ne me voilais pas la face là-dessus. Si par rapport à mes confrères je pouvais me targuer d'être "presque" un modèle de bienveillance envers mes employés, et mes clients, envers mes partenaires et mes fournisseurs j'étais absolument implacable et intransigeante. Quant à mes concurrents... J'étais tout simplement un monstre sans pitié. Il faut bien compenser ma "bonté" envers mes troupes. D'ailleurs, Mugen releva le fait que j'avais piqué Tokahisu sous le pif de Tokonowa. Et aujourd'hui encore je jubilais de la fessée monumentale que je leur avais mis ce jour là. Rien que d'y penser, je me mets à avoir ce sourire carnassier, celui que Elisabeth n'aime pas. Il donne l'impression selon elle, d'un sadique entrain de jouer avec sa proie.

Hu hu.... Je revois encore la tête déconfite de leur PDG lorsque "la gamine insolente" lui a offert un sourire radieux en leur raflant la mise sous le nez. Les menaces de mort que j'ai reçu après avaient l'odeur du sel de leur larmes de rage....

Reisa calme toi, sinon tu vas finir par te changer en sorcière ! En même temps, ce rachat était le plus joli coup de poker de ma jeunesse ! J'avais pris tellement de risque en faisant cet investissement. En y repensant aujourd'hui, c'était vraiment de la folie pure mais c'était également un coup de génie. Cela n'avait pas été qu'un coup juteux pour mes affaires, cela avait également très largement contribué à ma réputation dans le milieu, un véritable tremplin. Tokonawa était tentaculaire, c'était vrai. Personnellement je veillais davantage à être un maximum en auto-suffisance dans mes étapes de production et voilà tout. Ce n'était pas un manque d'ambition, mais un choix de travail. J'ai préféré me spécialisé au maximum dans un domaine pour pouvoir proposer une qualité de service et de produit digne de l'excellence. L'argent que je n'investissais pas dans d'autres secteurs d'activités externes à mon domaine, était réinjecté directement dans mes laboratoires de recherche et développement, ainsi que dans la maintenance et surtout le renouvellement de tous les types de parcs. J'avais des industries et des bâtiments pas forcément à la pointe de la modernité, car ce n'était pas toujours ce qu'il y avait de mieux. Mais à la pointe de l'optimisation, et ça, c'était le plus important. Car l'optimisation, elle, était garante d'efficacité. La modernité avait sa place, mais elle demandait d'être testée et éprouvée, donc je l'instituais plus progressivement. Ma progression dans mon domaine m'avait semblé interminable, et pourtant par rapport à certains de mes confrères, j'ai eu une carrière fulgurante. Il faut dire que les premières années avaient été extrêmement difficile....

En parlant de difficile, j'en viens à aborder le sujet délicat de l'origine des connaissances de Mugen sur l'univers du business. Et là il m'annonce que ses parents sont du métier.

Ho je vois tout s'explique.

Je comprends maintenant d'où vient le "maman" d'hier soir.... Une minute. Deux parents dans la finance, et leur mouflet qui travaille dans une épicerie ?! Il y a une feuille de PQ dans la liasse de billet là ! J'observe dubitative Mugen avant d'ajouter.

Des parents dans la finance qui laissent leur fils travailler en épicerie ? C'est assez surprenant, d'ordinaire les couples dans ce genre de milieu se plient en quatre pour que leur enfant se retrouve à des postes très importants, ou à reprendre leur affaire. L'épicerie a été une vocation ? Dans tous les cas ça n'a pas dû être simple de les convaincre.

C'est tout de même extrêmement rare que des parents dans des positions aussi importantes laissent leur enfant choisir un métier si basique. Généralement, quand on en arrivait là.... Il y avait eu des épisodes particulièrement houleux dans la famille, à grands coups de claque dans les gencives, de "je te déshérite / renie" de larmes, de cris et de séparation pas vraiment en bons termes.... J'aimerais bien savoir mais en même temps, si j'insiste cela sera très indiscret de ma part. Tant pis pour ma curiosité. Et d'ailleurs, Mugen rempila sur la dispute d'hier soir, ce qui allait me mettre profondément mal à l'aise. Pour le coup j'aurais préféré ne plus en parlait parce que là, il s'excusait. C'est très bien me direz-vous. Mais comme il s'excusait, j'étais obligée de le faire aussi. Et j'ai une sainte horreur de m'excuser ! C'est bête. Très bête. Je ne sais pas pourquoi en plus, mais.... C'est comme ça. Pourtant, de manière rationnelle, c'est tout à fait une situation propice à cela. C'est justifiée, socialement normal, pour ne pas dire attendu etc. Mais je n'aime pas. Je suis mal à l'aise, je ne sais pas m'excuser convenablement ni choisir les mots qu'il faut, surtout quand il s'agit de faire des excuses sincères en fait. Dès qu'il s'agit d'être hypocrite, là j’excelle. Bon je ne vais pas relever le fait qu'il a dit que j'étais une boule de nerf, celle-là je vais lui en faire cadeau, même si c'est péjoratif. Allez Reisa, il faut se lancer !

Je ne suis pas fière non plus. Je ne suis pas sensée m'emporter de la sorte pour si peu.

Voilà ! C'était.... Bon pas trop mal, ça restait propre et clair on va dire. Par contre je comprends mieux pourquoi le vouvoiement semble lui coller des crises d'urticaire. Ok, visiblement son enfance n'a pas du tout été une partie de plaisir. La froideur parentale.... Je ne la connais que trop bien. Je n'ai juste pas réagi de la même manière que lui.

Je comprends mieux. Dans ma famille nous ne nous sommes jamais tutoyés une seule fois. Ce n'est pas un souvenir très heureux. N'en parlons plus.

C'est vrai que si je choisissais d'avoir une famille un jour, je ne voudrais pas que mes enfants me vouvoient. Ni celui que j'aimerais. Mais ça, c'est dans l'optique où je voudrais une famille.... Tant qu'à faire, j'aurais aimé garder ce privilège pour ceux qui composeraient réellement ma famille. Mais.... J'avais donné ma parole. Et pour Mugen, ça n'avait pas la même signification que pour moi..... Du moins c'est ce que je croyais. Car ce qu'il m'annonça par la suite commença très sérieusement à me faire flipper ! C'était quoi ce délire d'être acteur de cette maison, d'apprendre à me connaître et d'apprécier la vie avec moi ?! Olalaaaaa minute mon poulet là, si tu fais ça tu vas t'attacher à moi, et si on devient proche je risque de peut-être m'attacher, et si je m'attache..... NON ÇA N'EST PAS POSSIBLE ! Devenir intime, complice, ami.... Non, ça je ne connais pas, je ne sais pas ! J'ai un CV qui fait trois fois Paris-Tokyo en passant par toutes les escales, mais ÇA ! C'est pas dessus ! Mince, je n'avais pas prévu qu'il veuille faire copain-copain ! Bon c'est tout à son honneur, je ne dis pas, mais..... Je ne sais pas, je ne suis pas prête ! Tout d'un coup, je manque de pouffer de rire. Je ramène directement ma main devant ma bouche alors que je réprime un rire qui n'était pas de circonstance. Il me dit de ne pas m'énerver, mais sa tirade sur le plan des bonnes femmes aigries.... Cela ne m'a pas énervé ça m'a fait rire ! C'est.... con. Peut-être que comme je ne me considère pas ni comme sentimentale, ni aigrie, je ne me sens pas concernée. Donc c'est plus facile pour moi de prendre du recul. C'est tellement loin du politiquement correcte que je m'avale tous les jours.

Mugen est vraiment quelqu'un de diamétralement opposé à moi. Franchement, je me demande à quel moment l'Incontestable s'est dit que nous étions fait l'un pour l'autre. Mise à part une enfance pourrie, nous n'avons rien en commun. Du moins je le croyais....

Je suis un lascars. Je sors, je bois, je fume, je cogne et je me tapais des punkettes.

Je me sens blêmir sous mon maquillage, mon coeur ratant même un battement. Qu'est-ce qu'il a dit ? Il était quoi ?! Je souffle horrifiée, comprenant pourquoi l'Incontestable l'avait choisi.

C'est donc pour ça qu'il t'a choisi...

De toute ma vie, voilà ce que l'Incontestable avait retenu. Mon passé. Tout mon travail, tout ce que j'étais devenue, toute ma réussite. Rien de tout cela comptait pour cette machine du diable qui avait juré de détruire ma vie de son commencement à sa fin. Tout ce passé que j'ai fuit avec acharnement, il me le renvoie aujourd'hui à la figure, et il me lie à lui à jamais. C'était épouvantable. Et Mugen avait décidé de m'achever.

Mais, maintenant je t'ai toi et tu es devenue ma seule famille. Et même si j'ai un concept personnel de ce mot, j'ai envie d'en prendre soin.

J'attrape la table d'une main pour m'y raccrocher. Je ne me sens absolument pas bien, mon cœur palpite et j'ai des vertiges. Je lutte pour rester consciente, mais j'ai l'impression que je me sens partir. Ma tête me fait atrocement souffrir, et je déglutis sentant que les nausées approchent. Une migraine.... Celle-là va être violente.... Elle est arrivée subitement, et je sais déjà qu'elle va me faire déguster. Trop.... Beaucoup trop d'un coup.... Comme la contre-partie pour resté consciente, à présent je souffre le martyre. Je ramène une main devant mes yeux pour les cacher de la lumière extérieur et amoindrir même un minimum mon mal. Des flashs de souvenirs, un torrent de sentiments grouillants.... Je sens le chaos déferler en moi au diapason des tsunamis dans nos vies. Comme pour bien me contrarier, j'ai des vertiges, des nausées, des chaurées mais je suis parfaitement lucide ! Et voilà que Mugen enchaine sur un coup de téléphone qui me donne un aperçu de sa vie.... Ho mon dieu je repars plus de quinze ans en arrière. Attends... Pourquoi tu demandes à te séparer de tes amantes ?! Hey ! Gardes-les je ne veux pas assumer leur rôle moi ! T'es pas obligé de me jurer fidélité, juste de ne pas te faire prendre, pour ne pas que la presse m'assaille avec les coucheries de mon mari imposé ! Ha non mince, l'Incontestable interdit l'adultère j'avais oublié.... Mais je ne veux quand même pas finir entre ses jambes.... J'ai tellement mal à la tête.... O est-ce que j'ai mis mes médicaments.... Au secours.... Que ce cauchemar s'arrête....
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