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Lou Castro-Mori
Lou Castro-Mori
Invité
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Mer 15 Nov - 22:11
Salut !

Je suis feu Lou Castro-Mori, et j'ai très certainement coulé à un recensement survenu ces derniers mois. J'ai déménagé et repris les cours, et du coup, je n'ai pas eu l'occasion de régler mes affaires (c'est à dire, récupérer fiches et RP pour les archiver). Et à présent, je n'ai tout simplement plus le temps d'allumer mon PC (d'ailleurs très lent) pour taper, taper, taper, du coup j'ai dû me résoudre à arrêter le RP. Mais je m'égare.

C'est con, n'empêche, parce que tant que j'avais un compte, c'était facile, de régler mes affaires, et ça n'engageait que moi. Too bad que j'aie trop tardé. Du coup, j'ai voulu me créer un petit compte en scred' pour le faire quand même, sauf que, les inscriptions étant fermées, je ne peux pas mettre en œuvre ma roublardise.

Du coup, je dois m'en remettre au bon-vouloir de quelqu'un, si quelqu'un le veut bien, pour me retrouver dans la corbeille la fiche de présentation de Lou Castro-Mori. Ca ne devrait pas être trop difficile à trouver. Je crois que le titre c'était un vers d'Apollinaire, Il est des loups de toutes sortes je connais le plus inhumain, ça ou une blague sur les oignons.

Quant aux RP, c'est une mission plus compliquée et je crois que la personne la mieux placée pour s'en charger serait moi-même, mais je m'en occuperai donc plus tard. J'aimerais juste vous demander s'il sera OK vis-à-vis de vous, plus tard — je ne sais pas dans quel contexte les inscriptions sont closes — que je crée un compte pour aller faire des fouilles archéologiques dans la corbeille et récupérer mes textes.

Merci d'avance ! Et bonne soirée à vous !

(Je vous ferai mes plus beaux vœux quand je repartirai pour de bon)
★
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Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Voir le profil de l'utilisateur Jeu 16 Nov - 13:19
Bonjour Lou !

Tout d'abord, tu n'as pas sauté à cause d'un recensement, mais à cause de l'ajout dans le règlement qui a été fait il y a plusieurs mois maintenant. Voici l'ajout en question :

Règlement a écrit:• Activité sur le forum ;; On a remarqué que certains membres n'étaient pas actifs du tout après validation, ou alors très présents/actifs dans les parties hrp ou sur la cb et pas du tout dans les parties rp. Du coup, on enfile nos badges de vilains flics : si nous remarquons que vous n'avez rien posté depuis 3 mois dans la zone rp, nous vous enverrons un MP de rappel. Il y a souvent des demandes de rp ouvertes et beaucoup de membres prêts à rp, vous finirez bien par trouver votre bonheur ! Si rien n'est posté dans le mois suivant le mp de rappel, votre compte pourra être supprimé sans autre préavis. Attention, nous calculons par comptes et non pas par joueurs. Si vous possédez trois comptes par exemple, deux très actifs et un peu actif, votre compte inactif sera visé par cette clause, même si vous éclatez les scores de posts avec les deux autres.

Voici ta fiche et les rps que j'ai trouvé, si je ne me trompe pas, tu n'en avais que deux en cours. Hésite pas à me dire s'il y en avait d'autre, et si oui, dis-moi avec qui tu écrivais surtout !

Fiche:


Lou Castro-Mori

“Leave, before they realize you were not worth staying for”
Généralités

Nom ;; Castro-Mori
Prénoms ;; Lou
Âge ;; 23 ans
Genre ;; Femme
Origines ;; Japonaises, mais ses parents sont un peu métissés
Activité ;; Ex-mannequin au chômage
Sexualité ;; Allosexuelle
Avatar ;; Dessiné par une amie
Règlement ;; Yeurk - Mako
Chemin ;; Tous les chemins mènent à JM
Commentaire ;; Bonne lecture !
Oignon Confit
Sa mère aimait ses mains, « toutes longues et toutes fines ».

Son père, lorsqu'elle avait quinze ans, lui avait assuré que ses fesses feraient des ravages.

Ses frères tiraient ses cheveux, épais et ondulés, qui tiraient vers l'acajou. Elle a une coupe carrée, à présent.

Cameron, « l'Américain », se moquait de sa cambrure marquée qui faisait ressortir ses petits seins.

Poeiti, couchée sur elle, vernissait ses ongles de pied. Un jour, elle a ri en disant que ses pieds étaient plus grands que son visage à elle. Elle l'a regretté.

Maria lui a offert le parfum qu'elle n'a plus quitté.

Sean, « le Canadien », lui disait qu'elle avait une belle voix, jusqu'à la convaincre de chanter. Ensuite, il lui a assuré que c'était bien. C'était pour ne pas la vexer.

Zenobia — « l'Actrice » — lui a laissé une cicatrice, une petite entaille sur le front. Elle l'a inondée d'appels durant trois mois. Lou a changé de numéro trois fois. Puis, elle a disparu.

Yousouf regardait ses yeux sombres ourlés de cils noircis de mascara de très près, puis embrassait ses paupières. Plus tard, il a remarqué que son nez ressemblait, par ses narines, à celui d'une vipère.

Wehi mordillait le bout de ses doigts, ses larges épaules, ses sourcils taillés, ses oreilles rondes, ses lèvres qui lui laissaient un goût de baume dans la bouche.

Pablo — « le Patron » — aimait par dessus tout son allure dégingandée, avec des membres longs et épais, qui lui donnaient « une grâce de demi-géant ».

Nadja voulait caresser du doigt les longues fossettes que creusait dans ses joues son sourire.

Maintenant, Yann — « le Trader » — lui dit : « arrête de mettre tous ces trucs. T'es belle même sans maquillage. Et surtout sans vêtements. »

Oignon
Ce n'étaient pas tous des anges. Le critère premier de Lou était : qu'ils soient étrangers. C'est « une tarée qui draguait les gaijin à la sortie du Lycée français international », pour reprendre les mots d'un de ses frères. Depuis, elle est un peu trop grande pour les élèves du Lycée français, mais ce ne sont pas les étrangers qui manquent. Ainsi, elle est sûre qu'un Incontestable coup du sort ne viendra pas les lui enlever. Une illusion de contrôle. Rien qu'une illusion. Les coups du sort ne viennent jamais à manquer. Ce n'étaient pas tous des anges.

Cameron était un jaloux, c'est pourquoi il ne dura pas. En cela, il ressemblait à Lou — ou il la fit comme ça. Poeiti en avait vu d'autres, et Lou ne la surprenait pas. Lou n'aimait pas se faire prendre de court. Maria lui offrit sa relation la plus normale. Elle partit du Japon au bout de six mois, et ne sut jamais qu'il existât un Sean. Sean fut celui que Lou fit le plus pleurer. Lui, lui, c'était un ange. Il lui donnait toujours « une chance », sans comprendre qu'elle n'allait pas changer. Que c'était son propre de se lasser, et d'être aussi odieuse en ces moments qu'elle était délicieuse lorsqu'elle avait un regain d'intérêt. Zenobia fut, et serait toujours la pire. Repenser à elle donnait à Lou le cœur plus léger. Elle se disait qu'elle aussi était victime, et pas bourrelle invétérée. Youssouf ne l'a touchée que dans la plus absolue chasteté. Wehi, au contraire, ne pensait qu'à coucher — « T'es la seule Japonaise pas trop farouche ! ». Quand elle perdit Youssouf, elle laissa Wehi. Il peignit une injure au bas de la façade de son immeuble. Et puis, il y eu Pablo, qui la fit se sentir muse. Elle s'en sentait terriblement flattée. Il lui donnait des conseils pour ses castings, et elle colonisa son portfolio en ligne. C'est lors d'une sortie avec Pablo, l'ayant abandonné au détour d'un buffet, qu'elle rencontra Nadja, et qu'à demi-ivre elle lui vola des baisers.

Ce n'étaient pas tous des anges, mais Lou préférait les angelots. Les angelots comme Nadja. Les angelots comme Nadja faisaient battre son cœur plus fort d'amour. De jalousie et d'amour.
Idéalement, pour Lou, Nadja n'aurait d'autre univers qu'elle.
Elle la voulait pour elle seule, et bien plus encore.
Elle la voulait pour boire seule de sa lumière qui l'assoiffait.
Pourquoi elle et pas Lou ?
Cette question faisait intrusion dans son esprit parfois, et sous cette interrogation elle détestait Nadja. Elle était heureuse, brillante, sollicitée, aimante, aimable, aimée. Tout ce qu'elle voulait être, tout ce qu'elle voulait avoir, tout ce que n'importe qui aurait voulu avoir. C'est pourquoi elle la voulait pour elle seule. Pour récupérer sa place au soleil, tout en l'ayant pour se désaltérer. Évincer la concurrence déloyale en l'aimant comme Lou savait aimer.

C'est à dire, mal.



Complément à ne lire, si besoin ressenti, qu'une fois l'histoire finie:


Lou est de ceux dont l'attitude passée est étudiée de fond en comble. Elle est de ceux dont les paroles permettent une psychanalyse dont ils n'auront jamais écho.
Ceux-là dont on parle, dont on rêve, et dont on pense au réveil, pour couper court à la dissection psychique d'un passé qui ne passe pas : « connard », « salope », ou « abruti » — au choix.

Lou est de ceux qui font souffrir. Et ceux-là, peu de gens le savent, car peu de gens y pensent lorsqu'ils pensent encore à ceux dont est Lou, trop occupés par leur propre envie de vengeance — ceux-là pensent exactement, exactement, aux mêmes choses que ceux qui souffrent.
Lou, et ceux dont elle est, eux aussi, souffrent.

Lou souffre peut-être encore plus que Nadja, car Nadja, l'angelot, elle au moins, elle peut se dire : « tout est de sa faute ». Tout est toujours de la faute des gens comme Lou. Et, même si Nadja venait à penser que, peut-être, elle aussi y était pour quelque chose — pour quelque raison que ce soit — il y aurait quelqu'un pour lui dire à quel point elle se trompe et à quel point Lou, les gens comme Lou, sont des connards, des salopes, des abrutis, tout à la fois.
De son côté, Lou, encore et toujours, en talons aiguille, marche sur un fil, tendu entre la culpabilité et l'apitoiement sur soi.

Tout pourrait être de la faute de Nadja, des gens comme Nadja, et pourtant — pourtant Lou a menti, pourtant Lou a joui d'avoir Yann et Nadja en même temps, double portion d'affection, double ration d'attention — double raison de continuer. Pourtant, malgré tout, Lou est un animal souffrant.
Lou éternue sur des châteaux de cartes, pour parler poétiquement.

Elle semble réduire tout ce qu'elle touche en catastrophe. Pas faute de vouloir — plutôt faute d'en vouloir trop. Le Menteur bat l'Avide. Lou a beau mentir, elle est surtout une Avide. Elle en veut trop, beaucoup trop, beaucoup plus que les lois sociales lui permettent de réunir en l'espace d'un instant — les rues, les soirées, les événements de Tokyo sont pour elles ce que les magasins de jouets sont aux enfants.

Elle veut tout. Tout. À la fois. Et par dessus tout. Elle veut être heureuse. Et elle ne l'est pas.

Elle veut être aussi heureuse que ses parents ne le sont pas. Dans le temps qui lui est imparti, avant que pour elle ne sonne le glas. Elle a vu sa mère vivre avec un homme qui était prêt à faire passer ses désirs avant tout — avant la vie d'une autre — sauf la vie sienne.

Et elle a vu son père comme une bête en cage, furieuse, derrière le label « attention, pervers » que portait son éternelle frustration.

Et elle a vu que les gens comme elle avaient la misère en héritage. Quelque part, les mécanismes qui régissaient leurs vies avaient mal tourné — et depuis, les mêmes erreurs tournaient mal, déclinées en éventails de possibilités.
Elle le sent bien, qu'elle ne sera jamais heureuse en ménage.

Pour l'instant, le corps de Yann lui tient chaud. Mais, et elle se réveille toujours avant lui, quand elle est dans ses bras encore alanguis alors que le ciel est encore noir, elle se demande ce qui arriverait si elle lui disait qu'elle était une ordure.

Puis elle ravale son cœur, et tous les noms qu'elle ne prononcera plus, essaye d'oublier ça en respirant son odeur, et se dit qu'après tout, il le saura bien assez tôt.

Qu'on fit
Ce soir-là, quand Lou sortit de l'ascenseur qui menait à son étage, elle vit des cartons sur le pas de sa porte. Il y avait son nom écrit en gros sur chacun d'eux. Elle se pencha sur leur contenu.
C'étaient toutes ses affaires.
Son cœur lui parut soudain pesant, et elle essaya de déverrouiller la porte. Le code d'entrée ne marchait pas. Elle sonna, une fois. Deux fois. Sans obtenir de réponse. En tendant l'oreille contre la porte, elle pouvait entendre les pas de Nadja dans le hall. La salope...
Lou avait compris. Elle n'avait plus de maison. Encore moins de Nadja. Elle resta longtemps face à la porte ; ses membres eux aussi lui semblaient lourds. Finalement, elle se résigna ; elle rappela l'ascenseur, et tira un à un ses trois gros cartons à l'intérieur.
Arrivée au rez-de-chaussée, elle réalisa qu'il allait lui falloir traîner ses cartons à travers tout Tokyo. Elle se sentit si mal qu'elle eut envie de pleurer.
Elle était seule au monde et devait s'humilier.
Lou commença son entreprise, en ravalant ses larmes.

Au bout d'une heure environ, elle arriva chez Yann. Vers trois heure trente du matin, elle avait laissé échapper son premier sanglot, et n'avait plus pu s'arrêter.
« Oui ?... Eh, Lou ? Qu'est-ce qui t'arrive ?
— Je me suis engueulée avec mon frère. Il m'a fichue dehors. Je peux rester chez toi ?
— Entre. »

Plus tard, Yann partit au travail, laissant la maison à Lou. Plus rien sur son beau visage ne trahissait l'état dans lequel elle était encore quelques heures plus tôt. Ses cernes avaient disparu sous son pinceau expert, ses pommettes avaient retrouvé des couleurs.

Elle alla vider ses cartons. Ils contenaient essentiellement des vêtements, évidemment ; ses trois trousses de maquillage, son ordinateur et ses accessoires, plusieurs sacs et chaussures enfoncés où se pouvait avec rage, son parfum préféré, trois paires de lunettes de soleil, une brosse à cheveux, et son livre porte-bonheur. Et une lettre.

C'était tout à fait son genre, les lettres. Étrange et vieillot. Comme la poste n'était plus utiliser que pour les courriers administratifs, Nadja les glissait dans son sac, sous sa porte, ou sur la table d'un café en lui disant de la lire quand elle serait chez elle.
Aucune des lettres passées n'était dans les cartons. Nadja les avait toutes gardées, ou jetées — qu'est-ce que ça peut me faire ? Lou déchira l'enveloppe du bout de ses doigts. Elle se releva et, en s'éloignant des cartons, elle déplia la lettre. Elle alla au bureau de Yann, face au mur, dos au salon, s'y assit, et se mit à lire.

« Lou,

Je ne te demande pas de revenir. Je savais exactement ce que je faisais en faisant tes cartons. C'était tellement long que j'ai même eu le temps d'hésiter vingt fois et la vingtième était de trop. Je n'ai donc pas hésité à t'écrire ça. Mais je le regretterai peut-être, parce qu'en faisant tes cartons, j'ai perdu bien assez de temps pour toi.
Tu saurais déjà ce que tu es. Alors, pourquoi n'essaies-tu pas de changer ? Si tu n'étais pas ce que tu es... Si tu n'étais pas la pire poufiasse que la Terre ait enfantée... Tu aurais essayé.
Je sais tout, tu sais.
Je n'ai pas eu à chercher loin. Tout est arrivé à ma porte dans le corps d'un huissier. Tu es gonflée. Par gonflée, je veux dire que tu es une enflure. Un herpès monstrueux et purulent, qui contamine la vie de quiconque y touche.
Je ne te demande pas d'excuses. Tu as bien assez d'excuses comme ça, tout le temps.
Tu es fatiguée. Tu « travailles dur », ou juste « travailles » dur, je ne sais pas. Ton patron est un monstre. Tu es malheureuse. Tu es déprimée. Tu repenses à tout ça. Tu ne voulais pas ça. Tu m'aimes. Tu as eu la misère en héritage. Tu as eu la misère en héritage. Ton père est un fou qui écrase. Ta mère a toujours mordu la poussière. Ton père a même dragué ta copine quand il l'a rencontrée. Ta mère a toujours vécu dans la crainte de mourir pour un caprice auquel il n'aurait pas renoncé. Vous avez toujours vécu sur un fil entre l'équilibre de la terreur et la terreur déclarée. Comment ne pas fantasmer de la terre ferme ?
Tu t'es retrouvée plusieurs fois jetée de l'école parce que tes parents ne l'avaient pas payée. Tu n'as jamais pu finir ton lycée. Tu n'as jamais pu garder d'amis. Tu étais une parfaite fille de maison à huit ans, qui savait faire la table, la vaisselle, le ménage, sans rien faire tomber en descendant de la chaise qui lui permettait d'être à la hauteur de l'évier, parce que tu étais la seule pour qui ça importait, et qui y arrivait. Tu es allée vivre chez ton frère à dix-sept ans ; une parfaite fille de maison lui a bien servi. Tu n'as plus cessé de voler d'un logis à l'autre depuis, finissant sans cesse jetée. « Et puis tu m'as trouvée. »
Bon, très bien. Tu as toutes les excuses.
Mais pourquoi alors tu dilapides mon argent ? Pourquoi tu ne cherches pas de nouveau travail ? Pourquoi tu rentres toujours tard, alors que tu affirmes t'ennuyer à mourir ? Pourquoi je dois tout faire pour toi, comme si tu étais une Impératrice ? Pourquoi tu écrases de tes talons aiguilles chaque petite bonne nouvelle dont j'essaye d'auréoler ta vie ? Et pourquoi tu sens toujours l'homme ? Pourquoi tu sens toujours l'homme ? Pourquoi tu sens toujours l'homme ?
Ne réponds pas à ces questions. Tu as toutes les excuses, sans qu'aucune ne soit valable. La meilleure :
« Tu m'avais prévenue. »
Ça, oui. Tu m'avais prévenue... Que tu avais des mains tessons de bouteille. Je me suis laissée enlacer. Je savais que j'aurais mal. Je ne pensais pas que tu me les planterais volontairement. Ni si profondément.
Ton « ancien patron » — que j'ai pu contacter, Pablo — m'a dit qu'il avait eu une relation avec toi. Qu'il n'était pas ton patron, juste un photographe. Tu as arrêté de courir les castings de ton plein gré, et tu es allée vivre à sa solde. C'était au printemps dernier. À l'époque, on se voyait déjà. Je t'aimais déjà. Et c'est toi qui l'a reconnu en premier, tu te souviens de ça ?
C'est quand il a découvert que tu le trompais que tu es partie sans lui laisser d'adresse. Et tu es venue chez moi. Et je t'ai consolée, toi, « trop malheureuse pour être belle ». Tu as prétendu avoir été renvoyée à cause de ça, par ton odieux patron, un homme qui t'avait aimée. Je t'ai assurée que ta beauté valait la peine d'être enchâssée dans une pagode de perles et de sucre glacé. Mais ton visage boursouflé de larmes, dont le maquillage avait coulé, avait plus l'air d'avoir été ébouillanté que lavé à l'eau de fleurs. J'aimerais revoir ce visage-là et savourer sa laideur.
Tu n'as jamais eu envie, depuis des mois que tu vis chez moi — tu vivais chez moi, Lou ! — de me dire : « Je suis une ordure. Voilà ce que je fais depuis des mois » ?
Tu es donc bien ce que tu es ? La pire poufiasse que la Terre ait enfantée ?
Ton « patron », la première saleté en date que tu m'auras faite. Mais si tu as été capable de ça, de me prendre à ce point pour une idiote dès le départ, je n'ose pas imaginer ce que tu as fait d'autre que je ne sais pas encore, et combien d'autres couteaux pèsent encore sur mon dos n'en attendant que de s'y enfoncer.
Tu étais tellement furieuse quand on t'a proposé d'être un mannequin main. Plus encore que quand on a collé ton visage sur un corps préfabriqué qui n'était pas le tien. Il n'y a rien d'étonnant à ça, en réalité. Tu ne peux pas être un mannequin. Tu n'es pas une femme. Tu n'es même pas une sale gosse. Tu es un oignon. Un oignon confit, peut-être, mais un oignon quand même, qui fait pleurer quand on le découvre, pelure par pelure, masque par masque, visage par visage, pour ne plus rien trouver... Car tu n'as pas de visage.
Je n'ose pas imaginer celui que tu me fais porter aux yeux des autres : aux yeux de ton nouvel ange-gardien, par exemple. Ni de quelles larmes de crocodile tu as baigné ses pieds, ni combien de temps il faudra pour qu'il s'y trouve noyé jusqu'au cou.
Je ne te demande pas de me dire. Je ne veux plus rien savoir. Tout ce que tu fais pour autrui, c'est pour ton profit. Je ne veux aucun bien pour toi. Si tu m'écris, je brûlerai ta lettre. Si tu m'envoies un mail, je le supprimerai. Et avant de le supprimer, je l'imprimerai juste pour le brûler. Et pour me l'envoyer, il te faudra une autre adresse que la tienne, parce que je l'ai déjà bloquée. Si tu te présentes en personne, la seule raison qui m'empêchera d'avoir du benzène en main pour t'accueillir est que le temps que je passerai en prison sera perdu, et que j'ai perdu bien assez de temps pour toi.
J'ai compris : je suis une cruche, et toi une poufiasse. Tu te fous en l'air, avec n'importe qui, ou peut-être un seul, ou plusieurs à la fois, qu'est-ce que j'en sais, poufiasse ? J'ai compris. Tu te fous de moi. Je suis un toit, un portefeuille, des bras quand tu ne te sens pas trop bien et que je suis là. Je suis un amalgame d'utilités, informe et inhumain.
J'aurais dû m'en douter. Tu ne t'es même pas donné la peine de paraître sous un joli jour. Tu t'es montrée d'emblée comme une épave. Je t'ai prise pour une naufragée. Maintenant j'ai compris. Et j'ai compris l'inhumain en toi : tu n'es pas une naufragée. Tu ne chavires pas. Tu es un océan sans fond dans lequel tu noies. Tu peux toujours entraîner plus bas.
Moi, j'ai assez donné.

Plus jamais tienne,

Nadja. »

Elle a lu la lettre avec une attention nonchalante. Puis, elle l'a repliée et s'est abîmée dans la contemplation du papier dont on ne voyait que le dos couvert des cicatrices laissées par le stylo.

Elle était pétrifiée ou presque, parce qu'elle ne bougeait pas d'un souffle, mais que ses mains tremblaient quand même.

Résolument, elle s'est levée, elle a remis la lettre dans l'enveloppe et elle est allée aux toilettes.

Elle a tenu l'enveloppe du bout des doigts au-dessus de son briquet.
Clic.
Le papier s'est embrasé.
Elle l'a gardé en main, et lorsqu'il n'est plus resté qu'un bout d'angle de papier ourlé de petites flammes orangées, elle l'a laissé choir dans la cuvette.
Puis, elle est allée sur le balcon et s'est allumé une cigarette.


1er rp avec Livanna:

Invité a écrit:

Ce jour-là, j'étais seule chez moi.

À l'époque, mon frère me logeait provisoirement.

Cela remontait à ma dernière (grosse) dispute avec Z. Elle m'avait enfermée dans sa chambre d'hôtel, et même si la dame d'entretien avait entendu mes appels au secours, et m'avait « délivrée de l'antre de Yamamba » — elle n'imaginait pas avoir à ce point raison —, j'étais complètement furieuse contre elle. Je veux dire, contre Z. Nous ne nous étions plus parlé, depuis. Mon frère espérait que cette histoire de folle fut finie.

Il travaillait de nuit, et moi (comme toujours) la nuit je veillais. Cela faisait deux semaines, à peine, que Z. et moi ne parlions plus. J'étouffais. Le temps passait si lentement, piétinait ma patience. Ma vie était un désert amoureux et déjà, après deux semaines de ça, je languissais. Je me disais : peut-être, si je lui parle... Peut-être qu'elle peut comprendre... Peut-être qu'elle peut changer....

Il fallait que je me rappelle qu'elle m'avait enfermée de l'extérieur dans une chambre d'hôtel pour m'empêcher de vadrouiller hors de sa connaissance, pour retrouver le souffle chaud de colère qui me faisait résister. Pourtant, après deux semaines à peine, je croyais déjà que si je lui parlais, peut-être pourrait-elle comprendre, peut-être changer.

Je n'ai jamais été assez rancunière.

Si bien qu'il fallait surtout que mon frère me rappelât son ultimatum humiliant, mais indiscutable, pour que je résiste à essayer de lui parler, de la raisonner : si tu reprends contact avec cette dingue, tu ne mettras plus les pieds chez moi.

Le message était clair.

Et je me le répétais, mentalement, en boucle, lorsque le froid glaçant de l'absence d'amour me serrait trop fort dans ses bras. C'était une sensation bien spécifique : le parfait négatif d'une étreinte amoureuse. L'insupportable non-chaleur, non-douceur, non-ivresse du Non-Contact. Le cœur serré, je me retournais alors sur le canapé en essayant de dormir.

Sauf qu'alors que je me tournais une énième fois face au dossier du canapé, j'entendis la sonnette.

Mon cœur se mit à battre la chamade. C'était forcément elle — vous savez comme on est, dans ces moments, comme on pense fort à l'autre. Je me levai précipitamment, sans savoir par où commencer, et la nausée qui me prit eut au moins l'avantage d'empêcher une catastrophe.

Lorsqu'elle se dissipa, je réfléchis. Qui pouvait sonner chez mon frère à plus de minuit — l'heure à laquelle j'avais regardé mon téléphone pour la dernière fois, bien avant de me coucher ? La personne n'avait pas eu besoin que je lui ouvre le portail de l'immeuble, donc c'était sûrement un voisin. Un voisin qui aurait jugé bon de sonner chez mon frère à plus de minuit, soit un importun, à quatre-vingt-dix pour-cent. Je m'approchai de la porte et regardait à travers le judas.


C'était Zenobia.

[...]

Je ne sais pas pourquoi je lui ai parlé, je ne sais pas pourquoi je lui ai ouvert, je ne sais pas pourquoi je l'ai laissée entrée, je ne sais pas pourquoi le ton est monté si vite — j'étais à demi-endormie, à demi-endormie, je n'ai rien su contrôler — mais résultat des courses : le ton est monté très vite. Trop vite. Je lui criais de sortir de l'appartement, de me laisser tranquille, lui ouvrant grand la porte, et elle me tenait par les épaules, et me secouait, en grondant qu'elle était venue pour s'excuser et que moi, encore une fois, j'avais tout gâché, en me crachant cette phrase dégoûtante qu'elle me répétait triomphalement, à chaque reproche que je lui formulais sur son attitude : « on n'a jamais ce qu'on mérite, dans la vie »

Et elle me secouait absurdement, comme une poupée de chiffon, c'était fou —
Zenobia cachait des muscles de fer sous ses bras ronds.

Acculée au mur, avec le souffle de Z. tout proche et sa main qui cherchait mon visage pour me forcer à la regarder, j'avais un fracas de feu d'artifice en tête ; je pensais surtout avec angoisse que si je ne me débarrassais pas d'elle, définitivement, avant la fin d'une nuit qui s'annonçait longue, j'allais être virée de l'appartement, et cette fois, cette salope, j'étais sûre qu'elle ne reviendrait pas me chercher — et puis, comment elle avait trouvé mon adresse ?
Invité a écrit:Je m'agitais entre les mains de Z. quand j'ai vu une silhouette étrangement rosée dans l'appartement couleur chaos et colère apparaître dans l'embrasure de la porte ; Z. a dû voir mon regard s'égarer et sentir mon corps se relâcher car du coin de l'œil moi j'ai vu son visage changer. Ses sourcils se sont haussés craintivement à l'idée qu'elle pouvait se discréditer définitivement. Ses lèvres étirées vers le bas en un rictus de brute se sont rassemblées en un petit cœur qui me murmurait chut. Ses yeux s'étaient arrondis, adoucis, voilés ; ils ne me voyaient plus. Ils voyaient son futur instamment compromis et l'issue qu'elle devait trouver pour éviter cela.

« Non mais ça va pas ! »

La Rose avait bondit entre nous, entre nous, et avait séparé Z. de moi. Je ne bougeai pas : je restai dans son dos. Je vis Z. reculer, par-dessus l'épaule de la Rose ; je la vis baisser la tête et je savais très bien qu'elle avait le mot « merde » en boucle dans la tête. La Rose, qui était en fait la voisine de mon frère, je la reconnaissais à présent, continua :

« Vous avez vu l’heure ?! Y en a qui dorment ! Vous n’avez rien à faire ici ! Partez avant que je n’appelle la police pour trouble à l’ordre public, et agression envers ma voisine ! »

Si ce n'avait été Z., j'aurais ri, trop heureuse de voir l'autre ainsi humiliée, mais c'était Z. Z. n'avait rien de drôle, et sur moi une emprise que plus jamais, plus jamais je ne devais laisser grandir. Lorsqu'il n'y avait que Z. et moi, il n'y avait que Z. et moi, et rien, rien, qui puisse me sortir de là. Il fallait toujours un tiers, quel qu'il soit. Menacer d'appeler la police, menacer d'alerter son public, menacer de lui faire un scandale, il fallait toujours menacer pour qu'elle m'épargne une mandale. Z. s'en fichait de moi. Elle s'en fichait de ce que je pouvais penser, il était trop tard pour elle. C'était tout le reste, qui comptait pour elle.

Je vis Z. hésiter, ne pas oser parler, marmonner un « ce sera pas nécessaire » et se tirer, tête baissée, ses cheveux comme un masque cuivré sur sa face. Je poussai un grand soupir et posai une main timide sur l'épaule de la Rose.

« Wow. Merci, mademoiselle. Je n'attendais pas cette visite... Je ne sais même pas comment elle a su que je logeais ici. Je suis désolée du dérangement. Cela n'arrivera plus, à présent. »

Je n'en savais rien, c'est vrai.

Mais je l'espérais.

2ème rp avec Takaya:

Invité a écrit:
Ce n'était pas ce que je voulais.

Disons qu'au début, si, ça l'était. C'était exactement, tout ce que je voulais. C'était quelqu'un qui se faisait beau pour mes beaux yeux, qui faisait pour le mieux et si ça ratait, c'était encore plus beau — c'était comme un clin d'œil qui disait : « toi et moi, on sait que c'est faux », que la perfection était une illusion tacite, à laquelle on pouvait faire semblant de croire, et le faire pour le mieux. Ou le donner à voir.

C'était facile. En un rien de temps, chez lui était chez moi. Je me sentais trop heureuse. Même mon frère, ne m'aurait pas laissée m'enraciner aussi facilement que ça.

C'était bohème. Et, je ne sais pas quel fantasme incestueux en moi ça a satisfait, de me sentir aux côtés d'aussi misérable que moi, avec son métier pourri, au moins aussi pourri que mannequin qui ne marche pas.

C'était sauf. Je revenais de loin. Je revenais de l'antre d'une folle furieuse, et je portais encore un pansement sur le front. Zenobia. Elle me faisait encore peur, quand j'ai rencontré Takaya. Elle me fait, me fera toujours peur, et plus jamais je ne pourrai revoir le remake de Chantons sous la pluie !, ni aucun autre film qui montre sa figure de diablesse, d'ailleurs.

C'était magique. Takaya était le prince charmant, le sauveur, parce qu'il en fallait bien un pour amortir ma chute. Et qu'il avait été là.

C'était tout ce que je me disais, et très vite, ça n'a plus suffit à me convaincre que c'était ce que je voulais.

Parce que je n'étais pas la seule, à être accueillie comme une fleur chez lui. Il y avait aussi toute une ménagerie de chats et chiens errants — animaux ou humains — et vivre dans un refuge ou un centre d'hébergement ne faisait pas partie de mes objectifs, dans la vie. Ça, d'une part, et puis, attendez, un peu, qu'est-ce que j'étais, moi ? Son amoureuse, ou une énième sans-abri ?

Il n'y a rien d'agréable, à côtoyer aussi misérable que soi. Et le bohème avait un attrait très limité, pour moi.

Le bohème n'a rien de sauf, et Takaya non plus. Zenobia pouvait mordre, traîtreusement, si je la repoussais d'une main ; Takaya se servait de sa bouche autrement. Il criait. Je détestais ce ton que prenait sa voix, boursouflée de décibels, pour s'abattre comme une volée de poings dans mes oreilles. J'en ai claqué, des portes ; toujours, sa voix les recouvrait. Ce n'était pas ce que je voulais.

Quand je sortais, et je sortais beaucoup — c'est le métier qui veut ça —, c'était toujours l'occasion de s'effriter encore un peu. Il n'était jamais content ; et quand je lui proposais de venir avec moi, il refusait. Tant pis pour lui.

Et puis, après, il m'accueillait avec des fleurs dans la bouche et plein les bras. Comme si les pétales annulaient les épines, mais non : ça faisait juste des pétales à côté des épines. Ce n'était pas ce que je voulais ; je voulais me débarrasser de mes épines. Je voulais des pétales, uniquement des pétales par cageots à légumes, à pouvoir en remplir une grande baignoire et me baigner dans leur odeur — et Takaya n'avait même pas de baignoire.

Il devait être quatre heure du matin, et je revenais d'un balcon. La soirée ne s'était pas passée sur le balcon. J'étais juste allée fumer une cigarette, et dès le couloir qui menait jusqu'à la balustrade, j'ai vu tomber des oiseaux en origami du ciel. Une fois dehors, j'ai levé les yeux, et croisé un sourire. J'ai couru à sa poursuite et j'ai rencontré Yousouf.

« Qu'est-ce que vous faites ?
— Rien, je m'occupe comme je peux. Vous êtes bruyants, en bas. Je n'arrive pas à dormir.
— Maintenant que je suis là, ça fera un bruit en moins.
— Et une autre raison de ne pas dormir ?
— Qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
— Voudriez-vous faire des oiseaux avec moi ? »


Je n'avais pas vu le temps passer. Les boucles brunes de Yousouf étaient si jolies à regarder. Il était journaliste, ici pour un reportage, « mais rien à voir avec la situation politique » avait-t-il précisé comme pour se justifier. Lorsque l'air a commencé à prendre cette fraîcheur grise, bleutée, figée, qui précède l'aurore, j'ai dit que je devais partir. Yousouf m'a glissé une fleur de papier dans les cheveux, et j'ai attrapé le premier métro.

C'était ça que je voulais. Mon sourire ne tarissait pas même arrivée dans le quartier de Takaya, même si j'étais la seule dehors, la seule belle dehors même avec ma robe argentée, mes escarpins laqués et les restes de maquillage sur mon visage, et que je faisais tache de paillettes dans tout ce gris misère.

« Takayaaa ! » que j'ai lancé, toute mielleuse, à l'approche de la fenêtre. Avec ma fleur de papier, j'allais pouvoir le supporter encore au moins une semaine.

Oh, si je savais.
Invité a écrit:

D’abord, j’ai gloussé, comme face à une blague que je n’aurais pas totalement comprise. Ca l’était : je n’avais pas d’autre compagnon que lui, donc je n’avais pas le sentiment de le tromper « vraiment ». C’est sur ce « vraiment » que se basait toute ma défense mentale. Et puis, c’était routinier, les sermons de fin de soirée. Ca en faisait partie, en quelque sorte. La fin qui capote et les rend regrettées — la chute récurrente de la blague.
Alors, j’étais assez confiante en m’accoudant au rebord de la fenêtre, toute proche, presque envahissante, tanguant sur mes hauts talons, mes quelques verres et ma nuit blanche, dans la distance que lui, raide comme un piquet, cherchait à imposer entre les deux côtés de la fenêtre.
« Tu plaisantes ? » lui ai-je dit avec un sourire d’ange et des yeux ensommeillés. « Bien sûr qu’il y a quelque chose, qu’est-ce que tu raconte ! Ouvre-moi, Taka, on va en parler tranquillement...  »
Et j’ai attendu qu’il bouge, mais il ne bougeait pas.
Je l’ai regardé en ouvrant de grands yeux.
« Quoi ? Tu ne me crois pas ? »
C’était trop fort. Pour une fois, pour une fois que, vraiment, je n’avais rien fait, que je n’avais pas fait semblant de croire à quelques minauderies pour oublier le temps d’un soir le timbre de tes cris, Takaya, et c’est à l’aube de cette nuit-là entre toutes que tu choisis de me jouer cette scène, encore une fois !
Autant, lorsque j’avais vraiment quelque chose à cacher, même si j’aurais étiqueté cette chose de tout les noms au monde qui ne fussent pas « tromperie », j’essayais d’être diplomate — autant ce jour-là, c’était une onde de protestation qui enflait en moi, en forme de non mais !

Mais il n’a pas bougé. Même, il a continué :
« J'ai déjà fait tes valises. Rassemblé toutes tes affaires. Et tu vois je suis bien gentil à t'attendre. Parce que tu me dis jamais où tu vas ni quand tu vas rentrer. Et me prends pas pour un con, Lou !! On sait très bien toi et moi que notre histoire aurait fini par éclater. Alors autant que ce soit maintenant. Hein. T'as même pas l'air désolée de rentrer que maintenant. Et mes sms — bon OK j'avoue y'a des insultes dedans —, t'y réponds jamais. Mais moi je dois rester à disposition ??? Conneries ! »
Je n’en revenais pas. Je m’en suis rendue compte à la fin de sa tirade, mais ma mâchoire s’était lentement abaissée pour ouvrir ma bouche en ferme du O d’outragée.
« Je rêve… » ai-je réussi à souffler.
Et puis, comme si je rêvais vraiment, j’ai dû reculer pour ne pas me faire renverser par une valise qui s’est lourdement écrasée sur le trottoir en un bruit sourd que j’ai couvert d’un premier cri inarticulé.
Il me mettait dehors.
Et puis, la voix de Takaya, fatiguée peut-être par ses aboiements auroraux, s’est faite comme un soupir pour dire :
« Je suis fatigué Lou, fatigué. »
Et puis, un carton a suivi la valise,
(il me mettait dehors)
et puis c’est moi qui a pris le relai :
« JE RÊVE ! — je me suis agrippée au rebord de la fenêtre, projetant mon buste à l’intérieur pour mieux l’envahir. T’es fatigué ? La belle affaire ! T’AVAIS QU’À DORMIR ! Au lieu de ça, comme chaque soir, t’as transformé mon téléphone en putain de VIBROMASSEUR ! COMME CHAQUE. SOIR. »
J’ai lâché la fenêtre, tremblante de colère — j’avais envie de pleurer, mais je me mordais les lèvres au sang pour retenir mes larmes. Plutôt crever.
Je ne savais pas quoi dire, IL ME METTAIT DEHORS mais il fallait absolument remplir l’espace avant que sa voix ne me remplace :
« Je rêve, je rêve pour de vrai… Je te pensais pas comme ça, Takaya, vraiment pas ! »
Les yeux baissés, cherchant quoi dire, ils ont soudain rencontré ma valise — il me mettait de-hors — et j’ai trouvé un fil à suivre :
« Si… Si tu voulais juste rompre… t’aurais choisi ton moment mieux que ça ! Là, c’est pas une rupture, c’est une vengeance. ET C’EST TRÈS BAS ! Tu veux m’humilier devant tout ton quartier, c’est ça ? Vas-y ! Vas-y, de toute façon, je n’y reviendrai PAS ! »
Il me mettait dehors.
(C’est là que le poison m’a rattrapée, parce que)
(je n’aurais jamais pu le convaincre que j’avais passé la nuit à faire des animaux en papier)
(il fallait garder la face)
Il était convaincu que je le trompais ? OK. Oh, s’il croyait que j’allais le contredire…
« Tu sais quoi ?  — ma voix était sourde et horrible et mon visage un gros mensonge en forme de sourire mais je sentais que mes yeux me trahissaient, trop brûlants, trop humides — Non, tu ne sais pas. Tu n’as même pas idée d’à quel point c’était parfait, jusqu’à ce que tu passes la tête par cette fenêtre, tu vois… Il n’y avait pas besoin de ta fonction vibromasseur. »

Voilà o/

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Je suis actuellement en ralentissement ♥️


Merci Lucci pour le kit 

Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"


Le plus beau compliment ♥️:




La famille ♥️:
Nanase's family:
Merci à Aria ♥️


Game of Nanase:
Merci à Driss ♥️


Activité familiale:
Lou Castro-Mori
Lou Castro-Mori
Invité
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Jeu 16 Nov - 20:16
Rebonsoir ! Ah, oui, effectivement... J'étais déjà dans le warp RPGique à ce moment là, je crois. Merci beaucoup en tout cas, tu as été très efficace ! Il n'y avait que ça, effectivement.

Bonne continuation à tous, ça a été un plaisir !
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