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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Avr - 21:10
Ashley A. Agena
"Accepte ce qui est, laisse aller ce qui était, aie confiance en ce qui sera."

Généralités
Nom ;; Agena. Wilson de naissance.
Prénoms ;; Ashley Ayden. Le premier est son prénom de témoin, qu’il porte depuis l’âge de 5 ans, le second est son prénom de naissance qu’il a repris à sa majorité, pour ne pas oublié qui il est.
Âge ;; 43 ans et des poussières
Genre ;; Homme
Origines ;; Américain de naissance, japonais d’adoption
Activité ;; Agent d’Interpol
Sexualité ;; Bisexuel, mais préfère les femmes
Avatar ;; Jaque Valentine by Apriorii
Règlement ;;
Chemin ;; JM c’est un peu le parrain des forums rp, donc je le connaissais déjà. Puis quelqu'un m’a convaincu de tenter l’inscription
Commentaire ;; J'aime les crêpes :3
Histoire
Patient n°674 - Agena Tori, 16 ans
Tokyo - 13 janvier 2110


« Bonjour Tori… »
« Blue. »
« Pardon? »
« Je préfère qu'on m'appelle Blue. »

Je marque un temps de silence pour regarder l'adolescente face à moi. Son regard brun fuit le mien alors qu'elle joue avec l'une de ses mèches bleu sombre. Son visage est fin mais garde encore quelques rondeurs de l'enfance. Malheureusement, je ne vois que de la colère sur ses traits. De la colère mais également une certaine rancoeur qui semble lui coller à la peau.

« Bien, Blue donc. Pourquoi es-tu là aujourd'hui? »
« J'en sais rien. C'est mon père qui a voulu que je vienne. »
« Il doit pourtant bien y avoir une raison. »
« Demandez-lui. »

Dès le moment où elle est entrée dans mon bureau, j'ai compris qu'il serait difficile de briser la carapace qui la protège. Je croise les jambes et réajuste le dossier posé dessus. Elle continue de jouer avec ses cheveux sans faire attention à moi, bien plus intéressée par la décoration sobre et chaleureuse que j'ai voulu donner à mon bureau. Voyant qu'elle ne cherche pas à briser le silence qui s'est installé durant les dernières secondes, je reprends la parole.

« Tu n'as pas l'air de bien t'entendre avec ton père. »
« Il n'en a que le titre. Il n'a aucune prétention à ce rôle. »

C'est la première fois qu'elle vient croiser mon regard et le sien est aussi noir que l'abysse quand elle prononce cette phrase. Le ton qu'elle a employé ne laisse aucun doute sur la nature de la colère que je peux lire en elle. En quelques mots seulement, elle vient de m'en dévoiler beaucoup. Mon crayon vient courir sur ma feuille où je note mes premières impressions.

« Pourquoi dis-tu cela? »
« Parce que c’est la vérité. Il a à peine été à la maison quand j’étais petite. Il passait le plus clair de son temps au boulot, toujours à l'étranger et quand il revenait c'était seulement pour baiser ma mère ! »

Ses poings se serrent sur ses genoux et des larmes font briller ses yeux alors qu'elle fuit de nouveau les miens. Elle se mord la lèvre avec violence comme si elle regrettait de s’être emportée de la sorte. Le point positif pour moi c'est que je suis facilement parvenue à trouver la faille dans sa carapace. Il est évident que son père est un point extrêmement sensible.

« Est-ce que tu veux en parler ? »
« Pour quoi faire? Ce serait lui donner l'importance qu'il n'a pas. »
« Tu- »
« De toutes façons, il ne mérite pas que l'on fasse attention à lui. Il n'a jamais fait attention à moi ! Ni à Hiina, ni à ma mère ! Tout ce qu'il aime c'est son boulot ! Il n'y a jamais rien d'autre qui compte pour lui ! Arrêter les criminels qu'il traque, c'est limite pour ça qu'il respire. Nous, il s'en fout. »
« Il est policier ? »
« Plus ou moins. Il est agent d’Interpol. »
« Tu n'aimes pas son métier ? »
« Non. Il préfère s'occuper des familles des victimes plutôt que de la sienne. »
« Il a pourtant demandé à ce que tu viennes ici. C'est qu'il doit faire attention à toi. »
« Il cherche à se donner bonne conscience. »
« Arrêter les meurtriers pour rendre justice c'est plutôt une bonne chose non ? »

Elle ne répond pas et se contente de tourner la tête vers la fenêtre par laquelle on peut voir la pluie tomber. Sa culpabilité se ressent jusqu'ici. Celle de se sentir égoïste. J'ai la sensation que je n’arriverai pas à lui soutirer autre chose sur ce sujet aujourd'hui. Inconsciemment, mon regard vient se poser sur ses doigts qui se serrent sur la canne posée à côté d’elle.


Interrogatoire de Johanna Polski
Chicago - 15 septembre 2072


« Bonjour Madame Polski. Je suis l'inspecteur Guilberg. »
« Où est l'inspecteur Hudson? Comment va-t-il? »
« Sa vie n'est plus en danger, mais il ne pourra pas reprendre ses fonctions avant un petit moment. Cela vous pose-t-il problème? »
« Non. »

Pourtant elle semble nerveuse et se tortille légèrement sur sa chaise pour changer de position. Sur la table posée entre nous, ses mains se tordent. Si elle continue elle va sûrement finir par se déboiter les doigts. Je m'assoie donc face à elle, le dossier posé devant moi.

« Pouvez-vous me raconter ce qu'il s'est passé? »
« On a tenté de me tuer. Que voulez vous savoir de plus? »
« Les détails. Je reprends l'enquête, et j’aimerai entendre les faits de votre bouche, si vous n’y voyez pas d’inconvénient. »
« Je vois. »

Elle baisse les yeux sur ses mains, tout en réfléchissant. Je ne la brusque pas et attends patiemment qu'elle se décide à parler. Ce qu'elle a vécu hier est loin d'être une partie de plaisir.

« Je venais d'emmener mes fils à l'école. Comme tous les jours. J'avais rendez vous avec l'inspecteur Hudson pour parler du procès qui doit avoir lieu la semaine prochaine. Tout s'est passé très vite. Je fermais la voiture quand je l'ai entendu crier mon nom et se jeter sur moi. J'ai entendu un coup de feu avant de sentir l'inspecteur s'écrouler. Ses collègues ont arrêté le tireur, je crois. C'est tout ce que j'ai vu… »

Rien de plus que ce que l'on sait actuellement donc. Je me mords la joue en regardant la jeune femme face à moi. Johanna Polski, anciennement Isabelle Brennan, placée sous protection des témoins il y a maintenant deux ans, avec ses deux fils, après son témoignage dans l’affaire du tueur de Chicago. Bien que ce nom ne reflète pas réellement la réalité.

« Vous… Vous savez qui a fait ça ? »

Son regard m’observe avec peur et curiosité. Je me doute qu’elle ne pose cette question que pour la forme. Ses yeux reflètent une peur bien réelle, et nul doute qu’elle sait très bien. J’ouvre le dossier devant moi pour attraper la photo d’un homme que je retourne pour la lui montrer.

« Voici Finn Kinnegan, connu pour être un chasseur de tête. »
« Un chasseur de tête ? »
« Oui. Il prend les contrats et assassine les cibles qui lui sont indiquées contre de l’argent. Vous étiez son dernier contrat en date avant qu’on ne parvienne à l’arrêter. »
« C’est lui n’est-ce pas ? »

Demande-t-elle après un instant de silence. Inutile de lui demander à qui elle fait mention. Un léger soupir m’échappe et je sors une autre photo de mon dossier pour la tourner vers elle. Je peux voir d’ici ses épaules se crisper alors qu’elle éloigne ses mains de la table, comme si cette simple photo pouvait la brûler.

« Marvin Wilson, aussi connu sous le nom du tueur de Chicago. Mais ça, vous le savez déjà. Nous avons toutes les raisons de penser qu’il est le commanditaire de cette tentative d’assassinat. Malheureusement, nous manquons de preuve contre lui. »
« Il fait tout pour ne pas que je témoigne contre lui. »
« Il y a des chances en effet. »

Les larmes sont visibles au coin de ses yeux. Je ne suis pas l’enquêteur originel positionné sur cette affaire. Mon collègue, Hudson, s’est fait tirer dessus en la protégeant hier, et j’ai dû le remplacer. Néanmoins, je suis déjà au fait de la plupart des éléments du dossier. Il y a deux ans et demi, le tueur en série Marvin Wilson a été arrêté grâce au témoignage de sa compagne, Isabelle Brennan. Cette dernière a fini par trouver le courage de dénoncer les agissements étranges de son conjoint. Plusieurs preuves l’ont amené à le suspecter d’être ce fameux tueur que les autorités recherchaient depuis plusieurs années. En échange de son témoignage, elle a demandé à ce qu’elle-même et ses deux fils soient protégés et exempts de tout soupçons de complicité dans les meurtres orchestrés par Wilson. Ce dernier s’est retrouvé être le premier suspect dans une série de meurtres ayant eu lieu à Chicago, mais également dans des grandes villes comme Paris, Londres et Berlin, où les preuves ont montré qu’il s’y trouvait pour le travail à chaque découverte de nouveaux corps. Néanmoins, le manque de preuves a amené le procès à s’étaler sur plusieurs années.

« Je veux partir de Chicago. Non, des Etats-Unis. Il me retrouvera si je reste dans le pays. »
« En êtes-vous sûre ? »
« Oui. Certaine. Je veux changer de nouveau d’identité et quitter l’Amérique. »
« Où souhaitez-vous aller ? »
« Le Japon. »
« Le Japon ? »

Hébété, je la regarde comme si elle venait de me sortir une énormité incompréhensible. Ce qui est le cas à mes yeux.

« Oui. Je sais que je trouverai du travail là-bas. Envoyez-moi là-bas, je vous en prie, au moins jusqu’à ce qu’il soit définitivement enfermé. »
« Et vos fils ? »
« Ils sont encore petits, ils s’adapteront. Je dois les protéger. S’il vous plait. »


Suivi psychologique – Agena Ashley, 17 ans
Tokyo - 12 août 2085


« Bonjour Ashley. »
« B’jour. »
« Comment vas-tu depuis la dernière fois ? »
« En dehors du fait que je ne dors quasiment plus à cause de la mioche qui pleure toutes les nuits, vous voulez dire ? Ca va plutôt bien. »

Pour ponctuer ses paroles, l’adolescent étouffe un bâillement dans ses mains avant de s’enfoncer dans le canapé sur lequel il est assis. Habillé avec un jean et un t-shirt qui semble trop grand pour lui, il a l’allure type du jeune qui se fiche de tout.

« Tu ne te fais pas à l’arrivée de ta petite sœur ? Mercy, c’est ça ? »
« Oui c’est ça. Et je m’y fais, mais c’est pas vraiment reposant. »
« J’imagine. Un nouveau-né demande beaucoup d’attention. »
« Ouais. »
« Ta mère m’a dit que tu avais refusé l’adoption par ton beau-père. Pourquoi ? »
« J’sais pas trop. »
« Ca fait pourtant plus de deux ans qu’ils sont mariés. Tu ne l’acceptes toujours pas ? »
« Si. Il prend soin d’elle. Il est sympa. »
« Alors ? »

Il ne répond pas tout de suite, semblant chercher une raison valable à ce refus. Je suis la famille d’Ashley depuis plusieurs années maintenant. Leur place au sein du programme de protection des témoins oblige plus ou moins les enfants de Kathleen Agena, témoin clé dans le procès de son ex-compagnon, à avoir un suivi psychologique régulier. De plus, leur mère tient beaucoup à ce dernier. Après ses deux années en tant que résidente au Japon, sous couvert d’un visa travail, elle a pris la décision de prendre la nationalité japonaise avec ses fils après être tombée amoureuse du pays et du système en place, persuadée que ce serait toujours mieux que ce qu’elle a pu vivre. De ce fait, ayant obligée ses enfants à subir sa décision, elle souhaite qu’ils puissent se livrer facilement.

« J’voulais garder le nom de ma mère. »
« Vraiment ? Pour quelle raison ? »

Encore une fois, il laisse s’installer un silence de quelques minutes, détournant les yeux, comme s’il avait honte de ce qu’il s’apprête à dire. J’attends patiemment, ne souhaitant pas le brusquer.

« J’veux pas oublier. C’est tout. »
« Oublier ? »
« D’où je viens. »
« Je vois. C’est important pour toi ? »
« Oui. Même si ce n’est pas mon nom de naissance, c’est important. Dylan a bien voulu, mais moi je préfère m’appeler Agena. Et quand je serai majeur, je reprendrai mon premier prénom aussi. »
« Ayden ? »

Il acquiesce. C’est étonnant qu’il se souvienne du prénom qui lui a été donné à la naissance. Cela fait plus de treize ans qu’il ne le porte plus, mais il semble s’être ancré dans son esprit. Je prends quelques notes sur mon carnet avant de relever les yeux vers le jeune homme. Il a le regard perdu dans le vide.

« As-tu envie de parler d’autre chose ? »
« Vous saviez qu’il avait failli tuer quelqu’un en prison ? »
« Oui, je suis au courant. »

Il y a deux mois, Marvin Wilson a, en effet, passé à tabac un autre détenu, l’envoyant sur un lit d’hôpital pour un moment.

« Il devrait être exécuté. »
« La peine de mort n’existe plus dans l’état de l’Illinois. Tu le sais. »
« Et alors ? Il a pas tué que là-bas à ce que je sache ! C’est un psychopathe. »
« Il en a pris pour cent-vingt ans, il n’a plus rien à perdre. »
« Et on le laisse faire quand même ?! »

Ashley a élevé la voix. Il est furieux. Cette colère qu’il traîne en lui depuis plusieurs années maintenant refait surface. La rancœur qu’il ressent vis-à-vis de son père est bien réelle.

« Ca fait déjà neuf ans qu’il est enfermé, et il continue d’être un connard. Ca me saoule ! »
« Est-ce que tu as peur ? »
« Peur de quoi ? »
« D’être comme lui. »

Ses yeux s’écarquillent légèrement sous la surprise de ma supposition, et je sais que j’ai vu juste. Il se renfonce dans le canapé, croise les bras et détourne les yeux.


[Attention, cette partie de l'histoire traite de pédophilie, âme sensible s'abstenir.]

Interrogatoire de l’inspecteur Ashley A. Agena, 37 ans
Lyon - Siège d'Interpol - 04 janvier 2105


« Ashley Ayden Agena, né le 05 novembre 2067 à Chicago, dans l’état de l’Illinois, aux Etats-Unis. Marié, père de deux enfants. Vous avez intégré l’école de police à l’âge de 19 ans après une scolarité moyenne. Diplômé trois ans après. Après un an de service à Queenstown, Nouvelle Zélande, vous êtes revenu à Tokyo. Vous passez le concours d’inspecteur de police en 2097 haut la main avant d’intégrer Interpol en 2100. Etats de service parfaits jusqu’à il y a deux semaines, où vous avez tiré sur le suspect Bran Costa, suspect numéro un dans l’affaire du pédophile de Napier, il meurt de sa blessure peu de temps après. C’est bien ça ? »
« C’est ça. »

Après avoir énuméré le parcours de l’homme assis face à la table, je m’y installe aussi en posant le dossier devant moi. Malgré les accusations qui pèsent contre lui, il reste calme et décontracté. J’ai déjà entendu parler de lui par le passé, c’est un bon agent. Je ne doute pas qu’il s’en sortira, mais je dois faire mon travail.

« Inspecteur Agena, pouvez-vous me raconter le déroulement de l’enquête depuis le début ? »
« Bien sûr. »

Il croise les jambes avant de poser ses mains sur ses genoux tout en cherchant dans sa mémoire.

« Il y a quatre ans, une petite fille a été retrouvée morte à Tokyo. Je me souviens que l’affaire avait été très médiatisée. Je venais d’intégrer Interpol, ce n’était pas vraiment dans ma juridiction. Mais étant père d’une petite fille également, j’ai voulu faire quelques recherches quand même. Je suis parvenu à faire un lien avec plusieurs cas similaires répertoriés dans plusieurs pays. Paris, Londres, Miami et même Berlin. Des petites filles entre 5 et 10 ans, retrouvées mortes après avoir subi des sévices sexuels. Les similitudes évidentes de ces différents meurtres ont permis d’ouvrir une enquête à l’international. J’ai été mis dessus. »

Cette affaire a fait la une des journaux pendant plusieurs années, dans les différents pays où les victimes ont été retrouvées. A chaque parole qu’il prononce, je ne peux m’empêcher de visualiser chaque article de journal que j’ai pu voir.

« Pendant presque trois ans, l’enquête a tourné en rond. On ne parvenait pas à trouver de liens entre les victimes et les familles, ni de schéma particulier entre les lieux. Le meurtrier s’arrêtait pendant des périodes plus ou moins longues, et les preuves se faisaient de moins en moins présentes. C’est en mai 2104 qu’on a fini par se tourner vers Napier, en Nouvelle Zélande, à cause de particules de terre retrouvées sur la dernière victime. Les analyses ont montré qu’elles provenaient d’un sol en particulier. Nous nous sommes donc rendus là-bas. Un mois après, la disparition de la petite Erina Poghosian, huit ans, était signalée. »

Il s’arrête et serre le poing avant de détourner les yeux. Son calme apparent a disparu pour laisser place à une colère contenue avec difficulté. Je fronce les sourcils. La mort de cette petite fille semble l’avoir affecté plus que les autres. Il reprend, avec difficulté.

« Elle s’était faite enlever sur le chemin qui séparait sa maison de celle de sa copine, où elle avait passé l’après-midi. Deux cent mètres à faire, à peine. Nous avons tout mis en œuvre pour la retrouver. Malheureusement- »
« Vous la connaissiez ? »
« Pardon ? »
« La petite Poghosian. »

Il ne répond pas et hésite, me jaugeant du regard dans une profonde réflexion. Au bout d’une ou deux minutes, il finit par soupirer.

« Son père. »

Je fouille dans mon dossier rapidement pour chercher l’information.

« Manutea Poghosian, 31 ans. C’est bien ça ? »
« Oui. »
« Vous vous connaissiez donc ? »
« On est sorti ensemble pendant un an à l’époque où je vivais à Queenstown. Il était une des raisons de ma présence là-bas. Notre relation a pris fin quand j’ai été marié. »
« Je vois. Continuez, je vous en prie. »
« Il ne savait absolument rien sur la disparition de sa fille. Sa déposition ne nous a menés à rien, tout comme l’enquête sur place. On a dû retourner au Japon, les mains vides. »

L’échec qu’il a subi là-bas l’a vraisemblablement affecté. Son côté détendu, visible au début de l’interrogatoire, a entièrement disparu. Ses poings et ses mâchoires sont serrées et garder le contrôle de sa colère et de sa peine requiert toute sa volonté.

« Trois mois plus tard, la police locale de Napier nous a appelé. Un nouveau témoignage venait d'être donné. Je m'y suis rendu avec l'inspecteur Charris. Là on a appris que Manu- Monsieur Poghosian, pardon, avait été témoin d'une tentative d'enlèvement. Il est intervenu et s'est retrouvé à l'hôpital avec un traumatisme crânien. Il nous a donné le signalement de l'homme. C'était la première vraie avancée sur l'enquête. »
« Et la gamine ? »
« Comment ça ? »
« Je ne vois aucune trace de cette enfant dans les rapports. »
« D'après le témoignage que nous avons reçu, elle s'est enfuie après l'intervention de Monsieur Poghosian. Il ne la connaissait pas, donc nous ignorons son nom. »
« Je vois. »
« Grâce au portrait robot obtenu grâce à son témoignage, nous sommes parvenus à trouver un suspect en la personne de Bran Costa. Une fois cette information en notre possession, les recherches se sont déroulées plus facilement. Nous avons découvert qu'il vivait à Napier depuis plusieurs années mais qu'il voyageait beaucoup grâce à son travail. Nous avons pu recouper ses différents voyages d'affaire avec les meurtres. »

Il fait une pause pour boire dans le verre d'eau posé devant lui. Les informations qu'il vient de me transmettre tournent en boucle dans ma tête. Je ne prends pas de notes car je sais que l'interrogatoire est filmé.

« Pouvez-vous me raconter ce qu'il s'est passé à Paris ? »
« C’est pour ça qu’on est là, non ? »
« Effectivement. »

Il soupire, se passe la main sur le visage avant de la faire remonter dans ses cheveux. La lassitude se lit sur ses traits, ainsi qu’autre chose sur lequel je n’arrive pas à mettre de nom.

« Début décembre, l’enquête nous a amené jusqu’à Paris. Les caméras de sécurité de l’aéroport l’ont repéré. »
« Comment a-t-il passé la sécurité avec l’avis de recherche ? »
« Changement d’identité. Manque d’attention de la part des douaniers. Quoiqu’il en soit, à la minute où on a su qu’il était en France, on a pris le premier vol pour l’agence française de Paris. Il a fallu enquêter pour savoir quelle identité il avait pris, interroger la sécurité de l’aéroport. »
« Mais il y a eu un autre enlèvement. »
« Oui. Moins de douze heures après notre arrivée. Une fillette a été signalée comme disparue. »
« Marie Latour, 7 ans. Disparue dans le quinzième arrondissement de Paris, alors qu’elle se trouvait au parc avec sa mère, le 10 décembre dernier aux alentours de 17h. Aucun témoin ? »
« Non. Trop de monde. Personne n'a fait attention. D'après ce qu'on sait il utilisait un chiot pour attirer les gamines. »
« Classique. Vous avez été mis au courant tout de suite? »
« Oui. Une heure à peine après l'enlèvement, nous étions déjà sur l'enquête. Il n'y avait pas de doute sur l'identité du coupable. Grâce aux caméras de surveillance d'un bar face au parc, nous avons pu retrouver la plaque d'immatriculation de son véhicule. »
« C'était la première fois qu'il faisait une telle erreur, non ? »
« Oui. Sûrement la pression de se savoir dans le collimateur de la police. Ça nous a permis de remonter sa trace jusqu'à une vieille maison en périphérie de Paris. Quand nous sommes arrivés sur place, les lumières étaient éteintes, mais le véhicule était garé dans l'allée. Les renforts étaient en route, mais... »
« Vous n'avez pas attendu. »
« Une fillette était en danger, il pouvait la tuer à tout moment. Vous croyez vraiment que j'allais attendre à me tourner les pouces ?! »

Il a haussé le ton et s'est redressé sur sa chaise. Je n'ai pas bougé et me contente de le regarder. Quand il se rend compte de son geste, il fait un vague mouvement de la main pour s'excuser et revient dans le fond de sa chaise. Je ne peux que comprendre sa réaction, moi aussi j'ai été agent de terrain. Ne pas pouvoir agir tout en sachant qu'on peut faire quelque chose, c'est frustrant. Je dois avouer que dans sa situation j'aurai probablement agi aussi.

« Je suis donc passé par l'arrière de la maison pendant que l'agent Jobs passait par l'avant. Costa était là avec la gamine. Il l'a menacé avec son couteau. Jobs a essayé de le raisonner, sans succès. Je me trouvais dans un angle mort, dans l'ombre, mais je pouvais parfaitement voir son visage. J'ai bien vu qu'il ne comptait pas se rendre et dès que j'ai vu le sang commencer à couler sur la gorge de la petite, j'ai tiré. Le choc lui a fait lâcher la petite. Jobs l'a récupéré et je me suis précipité pour éloigner Costa. Il respirait encore et souriait. Cette ordure se marrait ! Vous savez ce qu'il m'a dit ? »  
« Non? »
« « Au moins je me serai bien amusé. » Il est mort avant que les secours n'arrivent. On ignorait qu'il était hémophile. »

Je fouille de nouveau dans le dossier pour chercher les informations concernant Costa. A notre surprise, aucune mention de sa maladie n'est faite. L'hémophilie empêche le sang de coaguler et c'est ce qui a tué Bran Costa ce jour-là. En temps normal, la blessure infligée par Agena n'aurait pas dû être mortelle, mais l'ambulance est arrivée trop tard et le type s'est vidé de son sang. Un soupir m'échappe et je reporte mon attention sur l'homme face à moi.

« Votre témoignage correspond à celui de l'agent Jobs. Il y a de fortes chances qu'aucune charge ne soit retenue contre vous. La petite Marie est encore hospitalisée pour son traumatisme mais elle est en vie, c'est le principal. Vous avez autre chose à ajouter? »
« Oui. »
« Je vous écoute. »
« Je ne regrette absolument pas d’avoir été obligé de tirer, et si c'était à refaire, je le referai. »


Suivi psychologique – Agena Hiina, 15 ans
Tokyo - 05 avril 2110


« De quoi veux-tu parler aujourd’hui Hiina ? »
« Je ne sais pas trop… »
« Comment ça se passe à la maison ? »
« Toujours pareil. Tori reste enfermée dans sa chambre et Papa grogne. »
« Elle a fini par accepter la prothèse ? »
« Oui. Parce qu’elle n’a pas vraiment eu le choix. Puis son copain l’a aidé un peu je pense. Il est gentil avec elle. »
« Ton père l’accepte ? »
« Je crois. Il grogne toujours en le voyant, mais il le laisse entrer maintenant. »

La jeune fille rit légèrement à ces mots avant de changer de position dans le fauteuil. Ses jambes sont repliées sous ses fesses et elle joue avec les manches trop longues de son pull orange. Ses mèches brunes retombent légèrement sur son visage d’adolescente. Ses grands yeux bleus regardent partout, sans s’ancrer nulle part. Pour avoir déjà croisé son père, je sais qu’elle les tient de lui.

« Et toi, comment tu vas ? »

Elle se met à jouer avec une mèche de cheveux et hausse les épaules.

« Ca va. Je crois. »
« Qu’est-ce que tu fais en ce moment ? »
« Je me prépare pour la rentrée. »
« C’est vrai que c’est bientôt. Tu as décidé d’aller au lycée finalement ? »
« Oui. Maman voulait que j’y aille… »

C’est léger, presque imperceptible, mais sa voix se brise légèrement quand elle prononce cette phrase et le petit sourire qu’elle gardait disparaît.

« Elle te manque ? »
« Oui. C’est plus comme avant. L’appartement paraît vide, ce n’est pas chez nous. Il est joli, mais il ne pourra pas remplacer notre maison... Même quand Tori et Papa crient, ça ne change rien. Il manque sa présence. Papa non plus n’est plus comme avant… »
« Comment ça ? »
« Bah… Déjà il est tout le temps à la maison. Il a changé d’affectation au boulot pour ne plus partir à l’étranger et pouvoir être là tous les soirs. »
« C’est une bonne chose, non ? »
« Oui, je suis contente, mais… Disons que ça se sent que ce n’est pas normal. »
« J’ai le souvenir que tu étais triste à chaque fois qu’il partait de la maison quand tu étais plus jeune. »
« Oui, je l’étais. Mais moi, ce que je voulais, c’était qu’on soit tous les quatre ensembles. »

Sans prévenir, les larmes débordent de ses yeux pour s’écouler en flot ininterrompu sur ses joues. Je lui tends la boîte de mouchoirs posée à côté de moi alors que mon cœur se serre face à cette vision. Takako Agena est décédée, comme des milliers d’autres personnes, lors du tsunami qui a ravagé Tokyo il y a six mois de ça déjà, laissant derrière elle deux adolescentes et un mari. Hiina se mouche doucement.

« Désolée. »
« Ne t’excuse pas. Tu es là pour ça, pour laisser libre court à ce que tu ressens. »
« Le pire, c’est qu’il m’arrive de voir Papa pleurer aussi. Une fois, je suis rentrée plus tôt de l’école, et je l’ai entendu tout balancer dans son bureau en criant. »
« Il aimait ta mère. »
« Oui. Maman m’a raconté qu’au début de leur mariage, c’était pas facile. Parce que Papa aimait un homme avant d’être marié, et qu’il a dû le quitter pour la rejoindre à Tokyo. »
« Il n’était pas à Tokyo ? »
« Non, il vivait en Nouvelle-Zélande. Il est rentré pour retrouver Maman. Elle m’a raconté que leur amour avait mis du temps à se construire, mais que c’était ça qui le rendait beau. »
« L’Incontestable sait ce qu’il fait. »
« Oui. Mais il ne prévoit pas les catastrophes naturelles. »
« Non en effet. »
« Maman n’aurait pas dû mourir… Elle aurait dû rester avec nous… Tori dit que si Papa avait été là, ça ne serait jamais arrivé. »
« Tu le penses aussi ? »

Elle ne répond pas. Ses poings sont serrés sur ses genoux pliés et son visage baissé pour masquer les larmes qui coulent encore sur son visage. Je peux en voir tomber sur le dos de ses mains. Elle secoue la tête.

« Non. Si Papa avait été là, peut-être qu’il serait mort lui aussi, et peut-être qu’on serait que toutes les deux aujourd’hui. »
« Mais ce n’est pas le cas. Il est là. »
« Oui. Heureusement… J’aimerai bien que Tori le voit comme moi. Mais elle continue de lui en vouloir. »
« Elle a de la rancœur envers lui. »
« J’arrive pas à lui faire entendre raison. »
« Ce n’est pas ton rôle, mais celui de ton père. C’est à eux de résoudre leurs différends. Ce n’est pas à toi de le faire. Il faut d’abord que tu penses à tes propres sentiments. »
« Mais j’aimerai que Tori aille bien aussi… C’est ma sœur, je ne peux pas m’empêcher d’aller mal quand elle va mal. Elle a accepté la prothèse, mais je vois bien qu’elle n’est plus comme avant non plus. Elle ne sourit quasiment plus, seulement avec son copain. Parfois. Et elle a des crises de colère et de panique, des fois en pleine nuit. Comme elle refuse que Papa l’aide, c’est moi qui suis obligée de la réconforter. Je veux qu’elle aille bien… »
« Ce sera long. Ça va demander du temps et de la patience, mais elle finira par faire son deuil. Que ce soit de votre mère ou de sa jambe. Tout comme toi. »

Ses yeux rougis se lèvent vers moi. Ils brillent encore de larmes et elle a le nez qui coule légèrement. Sa fragilité se voit et se sent. Après tout, ce n’est qu’une enfant de quinze ans en deuil.

« Je ne veux pas le faire. »
« Pourquoi ? »
« Je ne veux pas qu’elle disparaisse. »
« Ce ne sera pas le cas Hiina. Faire son deuil ne signifie pas qu’on oublie la personne. Elle sera toujours avec toi, peu importe le moment de ta vie. »

Elle me regarde avant de détourner les yeux et de hocher doucement la tête. Je ne suis pas certaine qu’elle soit convaincue par mes paroles, mais peut-être qu’avec le temps, elles finiront par avoir l’effet escompté. Subir une telle tragédie est loin d’être une chose aisée, mais quand on est aussi jeune, cela peut parfois être encore plus dur.

___

D’un geste, il referme le dossier posé devant lui avant de relever les yeux. La lumière a grandement baissé dans le bureau sans qu’il ne s’en rende compte. Depuis combien de temps est-il enfermé ici à ressasser le passé parmi ces quelques copies de vieux dossiers ? Il jette un coup d’œil sur son portable. Au moins trois heures. Comment a-t-il pu se perdre autant dans ses lectures ? Un coup d’œil sur le bazar qui s’étale devant lui le fait grimacer. Ses yeux remontent vers le cadre photo posé dans le coin, montrant une jeune femme souriante dans les bras de son époux qui lui embrasse le front. Un sourire étire ses lèvres quand il se souvient du jour où a été prise cette photo. Une belle journée d’été dans un parc il y a près de quinze ans. Son sourire se fane doucement avant qu’il ne se lève pour ranger tout ce qu’il a pu sortir durant les dernières heures.

Ressasser le passé ne mène à rien. C’est ce qu’il tente de se répéter depuis des mois.

Une fois le bureau de nouveau rangé, il quitte ce dernier et referme la porte en silence. Les souffrances engendrées ne méritent pas que l’on s’arrête sur elles. Avancer est la meilleure chose à faire. Machinalement, il se dirige vers la première porte du couloir et la pousse pour jeter un œil à l’intérieur. Hiina dort, blottie sous sa couette, serrant un ours en peluche contre elle. Dans le second lit, Tori dort également, paisible. Il sourit face à ce spectacle et entre pour aller les border et déposer un baiser sur leurs fronts. Il n’y a que quand elles dorment qu’il ose ce genre de gestes. Il quitte la pièce en silence, s’arrête quelques secondes à la porte pour les regarder.

L’avenir se trouve là, pas ailleurs. Regarder derrière ne fera que le freiner, il le sait. La douleur est toujours là, présente et ancrée, mais il sait qu’il va falloir vivre avec pour donner à ses filles une vie digne d’elles.

Il est temps d’enfiler ses couilles et d’aller affronter les problèmes.

Caractère
Agena Hiina, sa fille cadette

A cause de son absence, on pourrait croire que je ne connais pas beaucoup mon père. Pourtant, j’ai appris à l’observer avec le temps. Soyons honnête, je suis encore jeune, il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas et que je ne comprendrai sûrement jamais le concernant, mais quand il est avec nous, il lui arrive de laisser transparaître une image de lui que je ne lui ai jamais vue avec d’autres personnes. Quand ma mère était encore en vie, il n’y avait aucun doute sur le fait qu’il était amoureux d’elle. Ses sentiments se reflétaient dans ses yeux avec une telle intensité que tout son entourage pouvait aisément les voir. S’ils se trouvaient tous les deux séparés par une foule immense, aucune personne au sein de cette dernière n’aurait pu douter de ce qui les reliait. C’était sincère, profond et intense. Il était rarement à la maison, c’est vrai, souvent parti à l’étranger pour enquêter sur telle ou telle affaire, mais quand il était là, sa présence emplissait toute la maison. Néanmoins, même si son amour se voyait dans ses yeux et dans son attitude, il avait du mal à réellement montrer ses sentiments. Il a toujours eu un côté réservé qui le rend maladroit avec les personnes qu’il aime. Tori et moi étions toujours heureuses de le voir, même si ma sœur, en grandissant a commencé à lui en vouloir d’être si peu présent. Peut-être qu’elle voyait des choses que je ne voyais pas. Aujourd’hui, cette étincelle qui semblait le maintenir en vie a disparu en même temps que la vague qui a ravagé Tokyo. Je vois bien qu’il tente de faire comme si tout allait bien, qu’il tente de faire de son mieux pour s’occuper de nous, mais il m’est déjà arrivé de l’entendre pleurer ou de rentrer plus tôt que prévu à la maison un jour où il ne travaillait pas et de voir le carnage qu’il a pu faire dans un excès de colère. Sa relation avec Tori le ronge, je le vois bien, mais ma sœur est aussi têtue que lui. Quant à moi, je ne sais pas trop sur quel pied danser, alors je me fais petite pour ne pas me retrouver dans leur conflit continuel.


Okashi Kathleen, sa mère

Je m’en veux d’avoir fait vivre à mes fils l’enfance qu’ils ont eue. Mais celui qui en a le plus souffert, c’est Ashley. Quand il était petit, il ne comprenait pas pourquoi son père ne pouvait pas revenir, pourquoi il avait dû changer de prénom à deux reprises et pourquoi il y avait souvent des policiers à la maison. En grandissant, il a développé beaucoup de rancœur envers son père, ce qui est compréhensible, mais il n’est pas parvenu à l’oublier, trouvant injuste qu’un homme comme lui puisse encore vivre après tout ce qu’il a pu faire. Quand il était adolescent, il avait toujours cette peur constante de ressembler à son géniteur. Je me souviens des nombreuses fois où il m’a demandé si c’était héréditaire, et je tentais, du mieux que je pouvais, de le rassurer. Peut-être est-ce l’une des raisons qui l’ont poussé à intégrer la police. Vouloir défendre et protéger les gens qui ne sont pas capables de le faire eux-mêmes semble être un moyen pour lui de rejeter ce qui fait son père. Néanmoins, quand je le vois aujourd’hui, avec ses filles notamment, cette mission qu’il s’est donnée lui a fait oublier beaucoup de choses. Il aime ses filles, tout comme il aimait sa femme, mais il ne sait pas comment se comporter avec elles. A mon grand regret, il n’a pas eu de figure paternelle viable avant de nombreuses années et je pense que c’est pour cette raison qu’il ne sait pas comment se comporter avec ses propres enfants. Il cherche à être une figure d’autorité avec elles et il ne se rend pas compte que ce n’est pas uniquement de ça qu’elles ont besoin. Pourtant, il a également ce côté papa gâteau que je trouve adorable, à tenter de toujours vouloir bien faire, tout en étant un papa surprotecteur. Mon fils est un paradoxe à lui tout seul.


Okashi Dylan, son frère

Mon frère, c’est quelqu’un de sympa, mais c’est aussi une vraie tête de mule. Quand il a une idée en tête, il est difficile de la lui enlever. Quand mon beau-père a proposé de nous adopter, il a refusé de perdre le nom de notre mère. Pour être honnête, je n’ai jamais vraiment compris sa décision. Ce n’est pas comme si c’était réellement son nom de famille après tout. Mais il a tenu tête à toute la famille, avant de m’expliquer, plus tard, que c’était un moyen pour lui de ne pas oublier d’où il venait. Pourtant, il voue une haine sans nom à notre père. Il y a cette tension en lui entre le respect et le rejet de ses racines. Il refuse d’oublier et pourtant il rejette notre géniteur avec une telle force qu’il en est venu à se tourner vers les forces de l’ordre. J’ai parfois l’impression qu’il tente de se protéger de lui derrière notre mère et ce qu’elle représente pour lui. Il y a quelques années, alors que nous déjeunions ensemble après cette sombre affaire de pédophilie sur laquelle il a enquêté, il m’a expliqué qu’il éprouvait un énorme respect envers notre mère et ce qu’elle avait dû endurer par le passé pour faire enfermer notre père. Nous savons tous les deux qu’elle a dû faire beaucoup de sacrifices pour nous protéger de l’influence de ce dernier et du danger qu’il pouvait représenter. Je pense que c’est aussi une des raisons qui l’ont poussé à ralentir au niveau du travail. Le fait de réduire ses heures et de se tourner vers un poste de bureau plutôt que de terrain, lui a permis de se tourner plus facilement vers sa famille. La perte de sa femme l’a beaucoup affecté, même s’il tente de montrer le contraire. La perdre a été le dernier déclic qui lui a permis de ralentir pour s’occuper de siens. Le fait d’être un père absent lui a sans doute rappelé que le nôtre l’était également et qu’il ne souhaitait pas lui ressembler.
Ashley, quand il aime quelqu’un, il va loin, trop loin parfois. C’est pour cette raison qu’il s’est installé un an en Nouvelle Zélande après être tombé amoureux de Manu, un garçon qu’il a rencontré là-bas lors de nos vacances ensemble. Il ne l’a jamais vraiment dit explicitement, mais il était réellement amoureux de lui, tout comme il l’était de ce pays. Ça a été très difficile pour lui de le quitter quand il s’est retrouvé marié à Takako, et les débuts de son mariage en ont souffert. Je ne pense pas me tromper en disant qu’il en voulait à cette dernière d’être là. Mais au final, ses sentiments pour Manu se sont estompés pour se diriger vers cette femme admirable qu’était la sienne.
Son côté obstiné et têtu s’est également vu avec sa fille aînée, Tori, qu’il a forcée à porter une prothèse de jambe. Il est persuadé que lorsque l’on veut quelque chose, on doit tout faire pour l’obtenir et voir sa fille se laisser aller à sa déprime ne lui a pas plu. Il refuse que les gens qu’il aime se laissent abattre et il a ce souhait que ses filles soient fortes, quoiqu’il puisse arriver. De cette façon, il cherche sûrement à renforcer sa propre carapace pour oublier sa douleur.


Charris Noah, collègue et ami

Ça doit bien faire dix ans que je connais Ashley, ou Triple A, comme on aime bien l’appeler dans le service. S’il y a bien une chose à dire sur lui, c’est que c’est un homme avec du caractère, qui sait ce qu’il veut quoiqu’il arrive. Dans notre métier, il faut avoir les nerfs solides. Des horreurs, on en voit tous les jours et il ne fait pas exception à la règle. Je l’ai vu se blinder au fil des années et des enquêtes sur lesquelles il a été affecté, pour ne pas craquer face aux atrocités et aux monstres auxquels il a fait face. Il a cette façon plutôt chaleureuse de prendre les choses. Je l’ai toujours connu déconneur, à plaisanter de la moindre chose pour parvenir à détendre une atmosphère souvent lourde sur le terrain. Ce n’est pas toujours bien vu par la plupart des gens, mais je sais qu’il ne pense pas à mal. C’est juste sa façon à lui de faire abstraction de tout ça. Néanmoins, l’affaire du pédophile de Napier l’a vraiment ébranlé. Au début, ça allait, plus ou moins, il parvenait à rester neutre. Mais quand c’est la gamine de son ex qui a été tuée, ça l’a anéanti. Je l’ai vu s’écrouler sur le bar un soir où l’on buvait ensemble. Chose que je n’avais jamais vu auparavant. Le fait que ça touche des gamines qui avaient l’âge des siennes à l’époque n’était déjà pas facile pour lui, mais contempler le corps sans vie de l’enfant d’un homme qu’il connaissait lui a rappelé que l’horreur pouvait aussi toucher ses proches. Il culpabilise de ne pas avoir réussi à sauver la petite et regrette d’avoir mis si longtemps à trouver l’assassin pour empêcher ça. Il est persuadé que toutes les ordures dans son genre devraient mourir, comme son père, qu’il m’a avoué être un tueur en série.
Ashley vit très mal l’échec, et quand ça arrive, il est pris de violents excès de rage, contre lui, contre les autres, contre le monde. Je pense que c’est pour ça qu’il ne parvient pas à déléguer et à faire confiance aux autres. Il préfère faire les choses lui-même. Ça pourrait passer pour du mépris vu de l’extérieur, mais je sais que c’est parce qu’il veut s’en prendre qu’à lui-même si quelque chose foire. Néanmoins, il peut être de très mauvaise foi et brandir le fait qu’il fait tout, tout seul, alors que c’est lui qui ne délègue jamais assez aux autres. J’ai pu me rendre compte qu’il a également un gros problème avec le contrôle en général, que ce soit avec nous, ses collègues, ou avec ses filles, que j’ai eu l’occasion de rencontrer une fois. Il a cette manie de vouloir tout contrôler autour de lui.

Physique
Au premier abord, Ashley est intimidant. Au second aussi en réalité. Quand on le voit arriver, on sait par avance qu’il ne faut probablement pas le chercher. Mais ça, c’est surtout dans son travail. Quand il bosse, il est souvent vêtu de costumes, sombres la plupart du temps. A l’inverse, en dehors du travail, il peut facilement abandonner ces derniers pour des jeans simples avec des t-shirts et des sweats. Il a une allure qui se veut classe et élégante. Néanmoins, lorsqu’il a affaire à des victimes ou à leurs familles, cette aura hostile et froide fond pour laisser place à un homme sympathique et courtois, pour tenter de mettre à l’aise ses interlocuteurs. Il sait se tenir, c’est certain. Sa démarche est ferme et assurée. Il marche d’un pas vif et décidé, bien qu’on ait parfois l’impression qu’il s’approche des gens pour se jeter à leurs gorges. Grand, il frise de peu le mètre quatre-vingt-dix grâce à ses origines américaines. Il a une stature et une corpulence qui ne laissent pas de doute sur les heures qu’il passe à la salle pour se muscler et entretenir son endurance. Il a toujours mis un point d’honneur à avoir une force physique et une cardio irréprochables pour le travail. Lorsqu’il était enfant, il n’était pas très résistant et attrapait souvent tous les microbes de saison, au plus grand damne de sa mère qui devait prendre des jours de congé à répétition pour s’occuper de lui. Même aujourd’hui, il lui arrive régulièrement d’attraper des rhumes, ce qui pousse ses collègues à le charrier. Cela ne l’empêche pas d’être résistant à l’effort et robuste.

Ashley n’est pas réputé pour être un homme particulièrement souriant au naturel, et pourtant il n’est pas le dernier à se fendre la poire au boulot pour détendre l’atmosphère. De ce fait, quelques fossettes sont visibles au coin de sa bouche. Avec la quarantaine passée, il n’est pas exempt de rides également, que ce soit sur la ride du lion à force de froncer les sourcils, sur le front ou au coin des yeux. Ces derniers sont d’ailleurs assez particuliers. D’un bleu particulièrement clair, ils peuvent même parfois paraître blancs. Par ailleurs, ces derniers ont tendance à attirer le regard des autres et il a dû apprendre à en faire abstraction. Une cicatrice est visible en travers de son sourcil droit. Son visage un peu rond est masqué sous une épaille barbe châtain striée de blanc, se fondant avec la masse de ses cheveux pourtant courts. Pour finir, son nez, un peu busqué, surplombe une bouche légèrement charnue.

Le reste de son corps reste plutôt ordinaire, un torse musclé, une pilosité ni trop faible ni trop importante sur le torse et les jambes. Néanmoins, petite particularité physique, Ashley a perdu deux phalanges à l’annulaire et l’auriculaire droits lors d’une enquête qui s’est mal passée. Il ne possède pas de tatouages ni de piercing, et à part une montre que sa femme lui a offert pour leur dixième anniversaire de mariage, il ne porte aucun bijou.
#JeSuisJeanne
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Avr - 21:13
La pile est là !

(On retourne manger des crêpes maintenant, stp.)
(Celui qui se moque du fail de fenêtre, je le fiche dans la crêpe. Ok ?)

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Je ne suis plus là. Répondeur éteint.

Mrs. 4x4
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Avr - 21:14
T'as bien fait d'écouter cette personne 8D

Bienvenue et bon courage pour la fiche !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Thanks Kenken pour le kit ♥
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Avr - 22:30
... C'est quand tu lis "Agenda" au lieu d'"Agena" que tu te dis que tu es PEUT-ETRE fatiguée 8D /mur
Ce vava môssieur
Je plussoie mes VDD pour l'arrivée parmi nous
Bienvenue et bon courage pour la rédaction ♥️
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 10 Avr - 23:22
Lucci - Je les ai déjà englouti tes crêpes moi  

Kaori - Disons que cette personne m'a acheté avec des crêpes. J'ai été obligé de dire oui  
Merci en tout cas !  

Moon - Il faut dormir la nuit c'est important  
Merci beaucoup pour le vava, je dois avouer en être tombé amoureux aussi    Et merci pour le reste aussi !

P.S: j'adore tellement tous vos smileys
★
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Voir le profil de l'utilisateur Mer 11 Avr - 14:39
Badass.

J'ai qu'ça qu'à dire.

Pis super choix d'avatar.
Maintenant, j'm'en pars baver ailleurs.

Bon courage pour ta fiche o/
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Voir le profil de l'utilisateur Lun 16 Avr - 19:06
Ainslie - Merci beaucoup

J'ai posté l'histoire, il me reste les descriptions, qui devraient arriver dans la soirée ou demain au plus tard !
Désolé pour le temps d'attente
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Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
Voir le profil de l'utilisateur Lun 16 Avr - 19:38
Ah ... mais AH !! J'ai tellement bien fait de prendre mon mal en patience ! Mais cette histoire ! (Je suis très sensible aux tueurs en séries et aux pédophiles) Pauvres enfants, pauvres filles à "demi-orpheline" ! J'ai hâte de découvrir le reste, en savoir plus sur Ayden (je crois qu'il préfère celui-ci ?) mais toute cette histoire m'a mis l'eau à la bouche !

Bon courage pour le reste de la rédaction et bonne attente pour la validation !
★
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Caoutchouc. ♥
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Voir le profil de l'utilisateur Lun 16 Avr - 19:45
Je suis en retard mais : WELCOME. ♥️ T'as l'air d'envoyer du lourd toi, du très très lourd. o/
Bon courage pour la suite, même si ce que je lis me plait déjà beaucoup !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬




I am a question to the world,
Not an answer to be heard.


— Ariel vous inonde en #009999. ~

Spoiler:

★
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Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Voir le profil de l'utilisateur Mar 17 Avr - 8:19
Oh god, M'sieur, je lis jamais les fiches mais j'ai pas pu m'en empêcher en voyant la bôtay de votre badasserie Voues êtes trop cool, pitain ;w;

Super histoire, vraiment ! Même si elle est longue on ne la voit pas passer et ce brave agent de la paix arrive à nous toucher au travers de tous ces témoignages ! Je suis tellement triste pour vous et vos filles ;w;

Bon continuation ! J'ai hâte de vous voir validé (si vous entendez un truc qui gratte à votre boîte à mp quand ça sera le cas, lâchez pas les chiens : ça sera moa c: )

PS: la dernière phrase de votre histoire m'a fait rire. Je vous imagine avec votre splendide collant-couilles, maintenant...
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Voir le profil de l'utilisateur Mar 17 Avr - 14:09
Lenaïg - Merci beaucoup ! Tes compliments me vont droit au coeur, et je suis désolé de t'avoir rendue triste

Ariel - Merci beaucouuuup !

Beloved - Merci également ! God, que de compliments, je ne sais plus où me mettre
Ce sera avec plaisir que je lirai ton mp en tout cas !
(Les collants-couilles m'ont beaucoup fait rire XD )

J'en profite pour annoncer que ma fiche est finie ! J'espère que ça ira ! J'ai pas relu mon histoire, donc j'espère qu'il n'y aura pas trop de fautes

Edit: J'avais oublié un petit paragraphe à la fin du physique, pardon
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