Teare B. Jefferson
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Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : fuck la police. ❤︎
Autre: ava : len-yan, deviantart
posté
le Lun 14 Mai - 0:51
par Teare B. Jefferson
Teare Brooke Sheridan
"Suicide au lance-roquette si je vise le sol."

Généralités
Nom ;; Sheridan, nom clinquant, qui respire le bling bling et les galas, sur toutes les lèvres, dans tous les magazines. Merci maman, merci papa. Il a suffi de quelques modifications pour que Sheridan valse et devienne Sheeran, sa seconde identité.
Prénoms ;; Enfant de l’océan, bercé par le murmure des vagues qui l’ont vu grandir, qui ont fait danser maman jusqu’à l’élever au rang de championne. Ses prénoms portent les stigmates d’une enfance rythmée par les balades à la plage, le chant des vagues contre les récifs et les embruns marins. Teare, la vague en polynésien. C’est ainsi que l’interpellent sa famille et ses amis. Brooke, vent de mer, prénom de sa grand-mère maternelle qu’il aimait tant. Et parfois, Teare s’efface et Blake prend le relai. Blake l’acteur. Prénom simple, facile à retenir, lié à Brooke par le même B. La boucle est bouclée.
Âge ;; Peau douce, dents blanches, gueule d'amour, regard franc. Jeunesse indéniable, naïve et touchante. Soufflera ses 24 bougies l’hiver prochain, le 25 décembre. Et pourtant, c'est loin d'être un cadeau.
Genre ;; D’une masculinité délicate sans être timide, évidente et gracieuse, incontestée et incontestable.
Origines ;; Maman a le soleil californien dans le sang, papa est un oiseau fou qui s’est envolé loin du Japon pour aller s’écraser sur le sable chaud de Santa Barbara.
Activité ;; Les murmures grondent dans son dos, certains lui flattent l’épaule en lui promettant qu’un jour il s’en sortira, d’autres le fuient comme s’il avait dans le sang toutes les pires maladies. Il a fait de son corps et de sa sexualité ses outils de travail. Écarte les jambes, encaisse, gémit, suce et avale, le tout avec le sourire. Débuts hasardeux avec des réalisateurs amateurs et sans scrupules, en définitive, chialait tout en se faisant enculer. Finalement repêché et élevé au rang de star, fait ses débuts officiels dans une boîte de production kink. Son sourire, sa gueule d’ange, ses tatouages et son regard font l’unanimité, sa voix chaude et son enthousiasme aussi. Heureux possesseur de cinq prix, tourne désormais en exclusivité avec Phoenix, un label spécialisé dans la pornographie arty. Acteur de films pornographique depuis ses dix-huit ans, pour contester l’autorité parentale les premiers mois, par passion et vocation désormais. Également mannequin érotique, danseur de pole dance & escort à ses heures perdues. Peut-être même qu'il vous fera un strip-tease en live et pas derrière une caméra si vous y mettez le prix. On le connaît sous le nom de Blake Sheeran.
Sexualité ;; Hétérosexuel dans sa vie intime, couche avec des hommes au travail, autrement dit, gay for pay.
Avatar ;; L'OC aux cheveux blancs de sa suprématie len-yan. ❤️
Règlement ;;
Chemin ;; "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 367806265
Commentaire ;;Ne lisez pas cette fiche, c'est du moi donc c'est kk. "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1984817200 et lisez encore moins si vous vous bouchez les oreilles en entendant le mot "porno".
Histoire





—CHRYSALIDE —

I.
rêves de
lys,
desséchés.


C’est ma faute. Tout est ma putain de faute. J’regarde l’immensité bleue de l’océan qui s’étale sur la Terre à perte de vue, et j’me dis que c’est de ma faute. Les pieds dans l’eau, les yeux perdus dans le vague, le cul posé sur la pierre froide, j’écoute les vagues qui s’accrochent aux récifs et menacent d’engloutir le monde entier et moi avec dans ses entrailles. Et je me répète que c’est de ma faute, parce qu’on sait tous les deux que c’est à cause de moi et de ma rébellion d’adolescent attardé.

Avant moi, t’aimais le bruit et le murmure des vagues. Comme moi. On a toujours vécu bercé par le chant de l’océan et enivré par le parfum marin. C’est la mer qui nous a vu grandir, peut-être même plus que notre putain de famille trop riche et dysfonctionnelle. Qui savait crier mais pas s’aimer, qui s’entretuait sans même le réaliser.

Avant moi, t’aimais les fleurs. Les coquelicots, les tulipes, les roses, les oeillets, les glaïeuls, les violettes, les orchidées, les plantes carnivores, les tournesols, les chrysanthèmes, les jonquilles, les fleurs de lotus, les pâquerettes. Les pétales multicolores, toutes ces fleurs qui s’épanouissent dans les craquelures du bitume, qui poussent même là où l’espoir s’est fané. Chez nous, il y avait un tas de fleurs, sur le rebord des fenêtres, partout dans le jardin et à l’intérieur.

Avant moi, tu rêvais. Trop jeune pour comprendre la menace qui sommeillait dans ton crâne. Héritage de notre père. Un jour, cet oiseau fou a volé loin du Japon, s’est écrasé sur le sable chaud de Santa Barbara et n’en est jamais reparti. En découvrant et en aimant maman, dans toutes ses nuances folles, il nous a condamné et lui-même a perdu quelques plumes. Mais toi, t’avais pas ce sentiment, d’avoir un truc qui te démange le crâne. Tu rêvais de lettres roses et délicates. Tu rêvais d’amour, de mariages, d’étreintes passionnées sur la plage. Tu rêvais ta vie comme tu rêvais le monde. Tu rêvais de rêves. T’étais un rêve, fragile, délicat.

Et maintenant, regarde toi, écrasée et muette sur le sol, bouffée par ce cauchemar qui plante ses griffes et t’étreint dans ses abîmes, jour après jour. Regarde, et souviens-toi que tout est ma faute, si tu rêves de malheur.

J’aimerais dire que c’est pas que ma faute, parfois. Que j’avais pas à jouer aux darons. À remplacer un père fragile, amoureux, incapable de voir le vice dans les yeux de sa femme. Maman passait son temps à crier, elle avait la main rouge et papa la joue, souvent. Elle a jamais su parler. C’était que les cris et les reproches. J’te cachais les yeux et j’te bouchais les oreilles quand les mots venaient briser le silence. J’t’épargnais ce spectacle macabre. T’étais bien loin, de tout ça. Toi, t’étais juste une gamine qui voulait cueillir des fleurs, et les donner à toute la Terre pour qu’elle arrête de pleurer.

Toi et moi, on a jamais manqué d’argent et de dorures. On avait les plus beaux vêtements de l’école, et le luxe nous collait comme une seconde peau. Grâce à maman, ancienne championne de surf reconvertie dans le journalisme et grâce à papa aussi, PDG d’une chaîne de magasins de luxe. Ils étaient pas souvent là, tu vois. Bouffés par le boulot et par leurs maux d’adultes. Alors j’m’occupais de toi et puis, je sortais souvent.

Moi aussi, j’avais un rêve.
Appartenir au monde de la rue. M’envoler, me barrer loin de chez nous et de l’oppression des faux-semblants, des sourires qui sonnent faux sur des lèvres trop maquillées, aux dents trop blanches, pour mieux planquer toute la crasse qui colle au coeur. Alors j’allais pas souvent en cours, juste ce qu’il faut pour avoir assez de crédits et valider mon année. Je préférais traîner avec des types pas recommandable. Le genre de gamins dont maman m’a toujours dit de me méfier.

Ils sont pas de notre monde, qu’elle dit.
Ce sont pas des gens pour nous, qu’elle affirme.

Il y avait Oksanna, elle avait autant de noeuds dans ses boucles rousses que dans la tête. C’était une fille de pute, littéralement.
Il y avait Liam, un type qui savait pas comment faire le bien et qui se rêvait à la tête d’un empire de corruption.
Et puis Laurie, le facho, le raciste, qui tolérait pas les peaux plus foncées que la sienne. Il s’appelait Laurence, mais on l’appelait Laurie.
Il y avait aussi Ambrose et Coyote, les jumeaux. Peut-être les plus naïfs. Deux gamins paumés qui se laissaient entraîner dans tout ce qu’on leur proposait de faire, parce qu’ils rêvaient d’être secoués. Ils rêvaient d’aventures, ils se miraient en Nathan Drake.

On faisait rien de mal, mais on faisait rien de bien non plus. On fumait des joints sur la plage, quand la nuit s’avachissait dans notre ciel trop étoilé. On volait deux-trois merdes dans les magasins. On finissait ivre dans les rues, ramassés par les flics. Les flics qu’on emmerdait, profondément. Que j’emmerde encore, vestiges de mes années de faux rebelle. Parfois, tous ensemble, réunis sur la plage ou chez l’un ou l’autre, on rêvait, nous aussi. Oksanna rêvait de l’université, Liam de faire fortune sur le dos des plus fragiles et Laurie d’nettoyer la Terre, de toutes ses crasses. Comme ça qu’il appelait les Juifs, les Noirs, les Arabes, les envahisseurs. Et Ambrose et Coyote, ils savaient pas de quoi rêver. D’espoir, peut-être. De partir loin tous les deux, sur Mars ou sur Vénus. Sur Neptune, dans un autre univers. N’importe où, pourvu qu’ils soient tous les deux. C’était pas eux qui enculaient le mythe des jumeaux fusionnel. Ils se comprenaient, même à distance et quand Coyote traînait seul avec nous et qu’il partait soudainement en disant qu’Ambrose avait un problème, c’était toujours vrai. Ils m’ont toujours paru étranges, mais touchants dans leur façon de se comprendre et d’ignorer le reste du monde. De toute la bande, c’était eux mes préférés. Et la jolie Oksanna aussi.

Peut-être que les gens ont du mal à le croire aujourd’hui, mais toi, tu sais bien que j’ai toujours préféré regarder les femmes. Et j'aimais regarder Oksanna, son visage constellé de taches de rousseur comme une pluie d'étoiles, ses petites mains et son vernis écaillé.

J’sais pas combien d’heures j’ai laissé mourir, avec cette bande d’ados en haine contre le monde. Mais j’sais que je regrette d’être quand même sorti, ce week-end où j’devais te surveiller comme tant d’autres. J’sais pas comment tu t’es démerdée du haut de tes neuf ans, presque dix comme t’aimais tant nous le rappeler, pour sortir de la villa, mais tu l’as fait. Sûrement que tu as sauté les marches du perron alors que je t’ai toujours interdit de le faire, et que tu t’es arrêtée dans l’allée cueillir des fleurs comme tu le fais systématiquement.

Ce que tu m’as dit à moi, aux parents, aux flics, c’est que t’étais juste sortie cueillir des fleurs. Il faisait beau, le soleil californien t’enveloppait et te donnait l’impression d’être protégée. Il y avait le rire des oiseaux, le vent contre ta peau pâle et fragile. T’as pris le chemin que je te faisais prendre à chaque fois que je t’emmenais cueillir tes putains de fleurs, dans une baie éloignée, discrète. Notre cachette à nous. Que les touristes ne connaissent pas.

Et tu t’es perdue.
Tu as dit que tu avais essayé de retrouver ton chemin, mais que tu n’as fait que te perdre plus loin. Alors tu t’es réfugiée sur une plage bondée et tu t’es dit que t’allais rester là.

C’est ma faute, putain, c’est ma faute.
Tu voulais juste cueillir des fleurs, t’étais belle, innocente et fragile. Il y a ce type, Archer qui s’appelle. J’oublierai jamais ce prénom. Quand tu l’as décris aux flics, t’as dit qu’il avait les yeux bleus comme toi, qu’il avait les cheveux blonds, archétype du surfeur, et qu’il sentait le sel marin, comme moi quand je rentrais de mes après-midi à me détendre sur la plage ou les vagues. Il t’a dit qu’il allait te ramener chez toi, tu t’es pas méfiée, tu lui as donné ton adresse et puis cet après-midi là, t’es jamais rentrée.

Il t’a cueilli.
Arrachée à ta candeur, ton innocence.
Il a déraciné ta naïveté d’enfant, les rêves qui t’accompagnaient.
Maintenant, tu pleures. Et tu ne rêves plus que de fleurs de lys desséchées. Les fleurs de la mort, du malheur.

Envolés, les pétales de l'innocence.


II.
couronne d’épine
et une jonquille




T’as perdu ta voix, après ça.
Ce visage qui revient dans chacun de tes cauchemars a envolé avec lui tous les plus infimes morceaux de toi. Tu t’es tu, pour mieux te protéger. T’as érigé des remparts, une putain de forteresse tout autour de toi.

Le pire, c’est que ce salopard n’a jamais payé. Il s’est évaporé dans la nature, en même temps que ta jeunesse. En dépit de tous les efforts de ces flics que je déteste tant, ce connard n’a jamais payé alors je paie par sa place. Aux yeux de la loi, j’ai rien fait de mal. Mais aux yeux de l’opinion public, de mes parents, j’ai laissé une gamine de neuf ans seule sans surveillance et j’ai pas été capable de protéger ma propre soeur.

Alors maman a beaucoup gueulé. Après moi, pour une fois, pas après papa. Et papa, lui, il a pleuré. Moi aussi. Mais les larmes et les excuses ne changeront rien pour toi. Parfois, je me dis que tu serai mieux morte, sans tes traumatismes et toutes ces peurs qui t’empêchent de vivre et de dormir. Et la seconde d’après, je te rêve putain. Je te rêve en femme triomphante, prête à casser la gueule de tous les connards qui s’en prennent à elle.

Tu t’es mise à voir le mal dans les yeux de chaque homme, tu t’es repliée sur toi-même. Incapable de sortir, d’affronter le monde, incapable de tout sauf de pleurer et d’avoir peur. À cause de moi. C’est ma faute. C’est ma faute. C’est ma faute.

Tu t’es réfugié dans les bouquins qui parlent de la terre et des fleurs et un jour, tu m’as ramené des épines avec une jonquille, avec une page de livre arrachée. T’avais entouré en rouge la signification de ton cadeau. Une jonquille, c’est pour souhaiter la mort, le malheur.
Mais j’ai pas pleuré, tu vois.
Parce que t’avais raison de vouloir que j’sois triste.
T’avais raison, putain, tellement raison. Alors je me suis contenté de poser ton cadeau sur la table de chevet de ma chambre trop grande pour cet étrange sentiment de solitude qui m’habitait.

On s’est éloigné.
Et pendant ce temps, Ambrose & Coyote ne cessaient de se rapprocher, tant et si bien que leur proximité en devenait parfois agaçante car elle me faisait voir ce que je voulais voir entre toi et moi. J’étais jaloux.

Jaloux et tellement perdu. De ne plus te voir comme je t’avais toujours vu. De voir nos parents se déchirer encore et toujours encore plus. Ils ne faisaient même plus semblant de s’aimer devant toi, histoire de faire bonne figure. Enfin plutôt, maman ne faisait plus semblant d’aimer papa. Parce que papa était toujours amoureux et c’est pour ça que cet abruti est toujours resté. Je crois bien qu’il serait capable de se jeter du haut de la plus haute tour du monde, pour les beaux yeux d’maman. Et sûrement que maman le sait et que cette relation malsaine et dérangeante lui plaît, parce que c’est comme ça qu’elle aime les hommes, elle. Ou du moins, qu’elle aime cet homme, notre père.

Qui à dit qu’il suffisait d’avoir du fric pour être heureux, putain ? C’est vrai, matériellement, on n’a jamais été à plaindre, on a jamais manqué de rien et toi et moi, on connaîtra jamais la peur de pas bouffer à notre faim. On n’aura jamais de fringues qui puent, élimés au possible ou d’appartements deux pièces que les abrutis décorent comme des palaces, pour se sentir riche. Mais ça sert à quoi, une putain de belle villa, une grande piscine, un jardin fleuri et des tonnes de cadeaux sous les sapins, si on a pas une putain de famille avec qui partager ces instants.

À rien.
De notre famille, il ne reste que des morceaux de verre qui nous niquent les doigts à chaque fois qu’on s’en approche.

Toi, la muette, bouffée par ton cancer silencieux : la haine.
Moi, le rebelle sapé en Gucci.
Et nos parents, ces oiseaux fous.

C’est comme ça que la fin a commencé.
Et peut-être que ça aussi, c’est ma faute.




Caractère




— VENT DE MER —

Puisque tu me haïssais, à juste titre et que je ne supportais plus de voir les guerres familiales entre maman et papa, je me suis encore plus abandonné à la mauvaise foi et tous les penchants crades qui l’accompagnent. La présence d’Oksanna et tous les autres était toxique et m’apaisait, en un sens. Il y avait un endroit où je me sentais bien. Où je pouvais avoir une famille.

Tous ensemble, quand les flics allaient dormir, on sortait dans les rues pour peindre sur des murs dégueulasses. Rien de bien glorieux. Des phrases d’anarchiste du dimanche, de rebelle des cours d’école. Mais putain, ça nous faisait bien rire quand on rentrait dans notre planque les mains pleines de peintures, à se tenir le bide à cause des crampes d’estomac. C’était juste des conneries d’ado.

Puis Laurie, le plus âgé de la bande m’a proposé de jouer au poker, une fois. Alors je me suis servi dans le portefeuille de maman, j’ai ramené cent dollars et on a joué, tous les deux. J’ai gagné et ça m’a plu. Alors j’ai continué. J’ai gagné, j’ai gagné, j’ai gagné, j’ai perdu, j’ai perdu, puis j’ai gagné, puis j’ai perdu, encore perdu, avant de gagner, puis de perdre. J’crois que je trouvais ça excitant en fait, cet instant de latence avant que tout le monde abatte ses cartes sur la table. Ce petit moment où mon coeur s’oubliait, quand j’voyais que j’avais gagné quelques billets aux jeux à gratter.

Laurie a planté les prémices de ce que tu as appelé par la suite, une addiction. Mais j’en ai rien à foutre. Du fric, j’en ai trop, plein les poches, plein le compte en banque, plein les cils, plein la gorge, j’m’étouffe dans les billets. Un peu plus ou un peu moins, putain, tout ce que je veux, c’est ce frisson d’excitation, cette chute en avant.

Dès la première seconde, j’ai aime ça. J’ai aimé cette sensation d’ivresse, de non-contrôle. Oh, je pourrais tomber pour ça, je crois. Mais tu le sais bien. Mais j’ai aimé et j’aime encore tout un tas d’autres choses. Peu importe à quel point l’Océan qui t’a bercé te terrifie aujourd’hui car il te rappelle les yeux d’Archer, moi je ne cesserai jamais d’aimer sa beauté tranquille et dangereuse. Son immensité bleue et tous les secrets dissimulés au fond de ses entrailles, qui avalent tous les hommes tentant de le percer à jour. J’aime les vagues, l’écume, les tempêtes, le crachin marin. L’eau, tout simplement. J’pourrais pleurer devant la beauté des tempêtes marines. De cette nature déchaînée qui semble gueuler que les Hommes ne seront jamais plus fort qu’elle.

Elle est belle la nature, quand elle crie qu’on lui fait mal.
C’est pour ça que j’ai envie de la protéger. J’aime pas la faire souffrir, ça m’rend triste. La déforestation, la souffrance animale… Toi et moi, on partage ces combats, c’est ce qui nous rapproche aujourd’hui, à défaut de tout ce qui nous a éloigné hier. On aime les plantes, les fleurs, et notre putain de rêve, serait d’avoir tellement de chiens qu’on crèverait étouffé sous leur amour.

Toi et moi, on a appris à aimer pour se rapprocher. Et à détester aussi. L’autorité, les flics, les jugements des bien-pensant et surtout, l’école.

Mais moi, à défaut d’aimer rester assis sur une chaise à écouter les prof, j’ai aimé Nazanie. Jolie arménienne. Ma première petite amie. J’ai appris sa langue juste pour la comprendre et je l’ai apprise, elle aussi, dans ses moindres recoins. J’ai mémorisé chacun de ses secrets. Tracé des millions de chemins sur sa peau. J’ai appris son sourire, son rire, son grain de folie, sa mauvaise foi, son caractère de cochon si attachant. J’ai aimé son regard fier à chaque fois qu’elle me foutait la misère aux jeux vidéo. T’façon, j’ai jamais été doué et j’ai jamais aimé ça, les jeux. Pourtant, tu le sais très bien, j’ai une collection ahurissante de manettes parce que je sais pas. Ça me plaît et je vois pas comment le justifier.

Nazanie…
J’aurai pu lui donner la Terre entière. Ça te faisait lever les yeux au ciel alors tu me signais que j’étais un gros con amoureux. Ou tu me donnais des fleurs pour me le dire.

Nazanie aussi détestait l’école. Elle passait son temps à sécher avec moi et les autres bras cassés de la bande. Les jumeaux, Laurie, Oksanna la fille de pute devenue pute, puis Liam et les autres. Nazanie détestait la religion. Elle arrêtait pas de dire qu’elle enculait ces connards de bouddhistes, de catholique, juifs, musulmans et tous ceux qui pensaient vraiment qu’un quelconque Dieu les cueillerait pour leur donner l’Eden après avoir passé une vie en Enfer, sur Terre. Et tu sais, elle avait des jolis mots qui sonnaient juste alors j’me suis laissé imprégné par sa haine et sa noirceur et j’ai appris à haïr la religion, moi aussi. Alors qu’on vient d’une famille de croyants et pratiquants. Alors qu'on vient des States.

On était bien tous ensemble et puis un à un, on s’est explosé en mille morceaux de nous.

Ça a commencé avec la mort d’Ambrose. Il était silencieux mais inoubliable. Généreux et tellement, tellement influençable. Il est passé sous une voiture. Pute de voiture. J’aimais bien Ambrose, sa mort m’a rendu malade de tristesse. La simple évocation d’une voiture suffit à m’faire valser dans les étoiles. Toi, c’est le contraire puisque au fil du temps, tu t’es découvert une drôle de passion pour la mécanique, les caisses, les bécanes.

Ça m’a toujours fait rire, les gens qui te voient en nana sensible et délicate alors que tu passes ton temps dans l’huile des moteurs, avec les cheveux crades et une odeur d’essence que tu portes presque comme un parfum.

On a tous pleuré la mort d’Ambrose. Et Coyote il a perdu une partie de lui-même. J’me souviendrai de sa gueule défaite pendant la cérémonie funèbre. Dans les bouquins, il pleut pendant les enterrements mais toi et moi on se souviendra toujours du soleil qui brillait trop fort dans notre ciel bleu. Faisait chaud et on transpirait dans nos fringues. C’est moi qu’ai lu le discours rédigé par Coyote. Il m’a dit que je savais mieux lire que lui et c’est vrai que j’ai toujours eu une aisance verbale, fait partie de mon côté gamin de riche.

Malgré tout, malgré l’absence d’Ambrose, la vie a continué.
Mais pas pour Coyote. Il s’est suicidé un mois plus tard et quelque part, j’me dis qu’il a bien fait. Ces deux-là ne pouvaient pas s’en sortir l’un sans l’autre. Ils s’étaient déjà promis de mourir ensemble. D’une certaine manière, c’est ce qu’ils ont fait et j’ai trouvé ça beau.

J’me suis dit que la vie passait putain de trop vite, encore plus avec cette puce maudite dans le crâne alors avec Nazanie, on a enchaîné les conneries d’ado. Pour profiter. Emmerder les flics, toujours les emmerder, ces connards. Traîner trop tard le soir, se défoncer et baiser sur la plage. Faire des trucs stupides comme essayer de foutre le feu à une bibliothèque. Paraît que ça brûle bien les livres, et j’ai toujours aimé le feu et m’brûler les yeux.

Nazanie et moi, on passait notre temps sous ton regard exaspéré, à fumer en écoutant des musiques planantes. Et on faisait du sport ensemble, un centre d’interêt commun. C’était à celui qui finirait le premier qu’on en allait courir tous les deux à l’aube près de la plage. On s’provoquait, on s’aimait à l’envers et par terre.

Et puis un matin, Oksanna est venue sonner à la porte et Nazanie et moi l’avons pas reconnue. Son visage de poupée, envolé, cassé, défiguré. Elle avait la gueule en sang et la mâchoire explosée. Ses larmes s’confondaient dans le sang et l’maquillage. La fille de pute devenue pute a vite compris pourquoi sa mère l’engueulait à chaque fois qu’elle voulait faire comme elle. Faire les trottoirs, c’est pas facile pour certains et certaines. Il n’y a pas que des putes de luxe et des clients aimables.

Il y a aussi ceux qui prennent les putes pour des choses.
Oksanna l’a compris. Et son visage défiguré en portera les stigmates à jamais. Elle rêvait d’étude, elle rêvait de gagner assez d’argent pour partir loin. Maintenant, elle est comme toi et elle ne rêve de rien.

On l’a aidée comme on a pu, Nazanie et moi. Avec des mots doux qui peuvent apaiser les maux de toute une vie. On l’a intégrée à nos activités pour l’aider à se sentir mieux. Alors elle est devenu végétarienne, comme nous. Tous les trois, on passait notre temps à traîner dans des manifestations féministes ou dans des expositions sur le cinéma et la photographie, passion partagée.

Tous les trois, on a regardé notre bande explosée en lambeaux.
Laurie, inévitablement, a mal tourné. Sa façon de penser, son acidité, sa haine de tout ce qui ne lui ressemblait pas et la peur qui l’habitait, tout au fond de lui, bien planquée derrière sa haine, ont eu raison de lui. Il s’est lié d’amitié avec des types dangereux. Des types qui tuent pour leurs idées, au nom d’une putain de suprématie blanche. On n’a même pas essayé de l’aider ou de le rattraper, il s’était déjà bien cassé la gueule.


C’était la fin de l’enfance pour nous aussi.
Pour toi, depuis bien plus longtemps que nous.




Mais le temps a continué a faire son oeuvre. Il nous attend pas. Il attend personne. La fin de l’année scolaire est arrivée, désastreuse pour toi comme pour moi, même si on s'en sortait quand même de justesse. C’est pas qu’on avait plus de difficultés qu’un autre. C’est juste que toi, t’avais tes traumatismes et moi, en dépit d’mon intelligence — même si j’ai toujours adoré passer pour un abruti — j’avais la flemme de bosser et mes notes en pâtissaient.

Mais j’ai eu mon diplôme de fin d’études et un tampon sur le front pour partir me faire enculer pendant encore au-moins quatre ans d’études. Alors j’ai dit merde aux bancs de l’école, de la fac.

Mais papa et maman n’étaient pas du même avis.
On s’est engueulé, beaucoup. Toi en arrière-plan, muette comme d’habitude. Bruyante dans ta façon de souffrir. Et même si j’ai passé mon adolescence à rester silencieux pour compenser le côté intrusif et envahissant de ma mère, j’ai pas fermé ma gueule, cette-fois ci. J’ai refusé c’qu’elle m’imposait. Des études de merde, en droit comme papa, ou en journalisme, comme elle. Ça m’intéressait pas de faire le con dans un tribunal ou d’aller interviewer la gamine qui vient juste de perdre sa putain de famille entière après un quelconque drame.
J’ai gueulé, maman a gueulé plus fort, papa parlait. C’était le seul à pas hausser la voix, sûrement parce qu’au fond, il a jamais su le faire. Il y a eu des mots violents. Des gestes de travers et déplacés, mais rien capable de faire flancher ma haine de notre milieu étriqué.

Alors je suis parti en claquant la porte et je me suis réfugié chez Nazanie. Toi, t’es restée avec ces tarés.

Nazanie et moi, on a appris comment vivre à deux. Moi du haut de mes 17 ans et elle de ses 19. Pas forcément facile. Moi, à cause de mon côté maniaque et obstinée et elle, beaucoup trop bordélique. Du genre à laisser traîner ses fringues au pied du lit et la vaisselle propre ou crade dans l’évier. Mais on a réussi à s’en sortir. Le soir, on causait de l’avenir, un peu. Comme tous les cons amoureux. J’lui disais que j’voulais pas penser à l’avenir parce que avec ce cadeau empoisonné qui me courrait dans le crâne, c’était pas possible de me projeter dans une relation.

Même si j’aimais Nazanie, tu le sais bien.
J’aimais lui préparer des plats sains, pour changer de son goût pour le gras des hamburgers et des kebabs. De nous deux, c’était moi le plus insupportable, a toujours compter les calories dans les repas. Parfois, on se disputait pour des motifs débiles. Parce qu’elle en avait marre que je boive avec une paille, ou que j’me pense supérieur à tout le monde. Parce que j’en avais ras-le-cul qu’elle mette toujours des émissions de merde à la télé.

Un jour, t’es venu sonner à la porte avec un énorme ourson en peluche dans les bras et t’as signé qu’il était pour moi.
J’ai pleuré.
Parce que j’ai compris, tu sais. Que tu me pardonnais. Depuis, j’dors avec cette peluche tous les putains de soir. J’la chéris, plus que tout et ça peut paraître con pour les autres mais c’est pas grave, ils comprennent pas.
Ils comprennent pas ce qui se cache derrière tout ça. Le message. C’est un secret que seul nous deux pouvons comprendre.

Et ça m'va bien.


Physique




—SPIRITUEL AVEC UNE VIE DE PÊCHEUR —

L’idée m’est venue comme ça.
J’avais la haine collée aux tripes, je voulais qu’elle me foute la paix, j’voulais m’venger de notre famille, de notre nom qu’il ne fallait pas salir. Alors j’ai trouvé. J’ai trouvé le meilleur moyen pour foutre la honte à ces cathos fermés d’esprit. J’ai répondu à un casting en ligne, d’un réalisateur qui cherchait un nouveau modèle. Pour un film porno. Gay. J’ai jamais aimé les hommes, mais j’ai jamais manqué d’ouverture d’esprit et je dois t’avouer que plus j’y réfléchissais, plus ça me paraissait être une bonne idée. Toi, sur le coup, t’as pas su quoi en penser. Et Nazanie… ç’a l’a moyennement fait sourire. Elle m’a dit qu’elle voulait pas me voir là-dedans, que ça allait me poursuivre toute ma putain de vie et ses mises en garde étaient légitimes. Mais au fond, elle savait que j’avais déjà pris ma décision et qu’elle pourrait pas la changer. J’ai toujours eu la tête dure, c’est comme ça. Alors elle a accepté, parce qu’elle m’aimait. Et toi, ç’a t’a fait marrer, après réflexion et tu m’as tapé dans la main, prête à me suivre jusqu’au bout du monde. Et ça m’a fait tellement chaud au coeur, de retrouver ma Luna, ma petite soeur à moi.

On a passé du temps tous les trois à me trouver un nom d’acteur. On a choisi Blake parce que c’était facile à retenir, et Sheeran parce que ça ressemblait à Sheridan. Fallait pas chercher très loin.

Dans la société moderne, la glorification des corps et de la sexualité est omniprésente, dans les magazines, dans les publicités à la télé, dans chaque recoin plus ou moins crade. Aux États-Unis, au Canada, au Mexique, en France, en Australie, au Portugal comme au Japon, les gens consomment du porno, c’est un fait. Les gamins, les hommes, les femmes, tout le monde sans exception. Les enfants sont sexualisés de plus en plus jeunes et beaucoup se découvrent par c'biais. J'en ai bien conscience et j'suis pas bien certain que ce soit sain pour eux. On a beau dire, on a beau faire, malgré les studios qui tentent de changer la donne, l'image donnée, de la femme, des hommes, et des relations intimes est souvent fausse et dégradante. Parce que c'est ce qui plaît aux consommateurs. Parce que c'est comme ça que les studios mettent du beurre dans les épinards. D'un côté, il n'y a pas de raison pour les acteurs de trouver ce qu'ils font dégradant, tant qu'ils sont ok avec ça, mais de l'autre, ce que les gens perçoivent est différent, c'est un fait.
La sexualité fait partie du monde et se décline sous des centaines de forme. Pourtant, ceux qui incarnent les fantasmes les plus perchés des gens et qui donnent de leur corps, voire de leur coeur à la caméra souffrent toujours d’une réputation hasardeuse. Les gens les regardent comme s’ils étaient déviants, ou à plaindre. Comme si être acteur porno n’était ni ok, ni légitime. Tout le monde regarde du porno, mais personne ne veut entendre parler de porno. Gamin, j’en ai maté des films. J’ai pas construit toute mon identité sexuelle sur c’que je voyais, mais une partie, sûrement. Je me suis toujours demandé comment on pouvait se lever un matin avec une envie de faire carrière dans le porno. C’est un monde qui intrigue autant qu’il rebute, dans le fond. Ça semble toujours beau et propre, sur les sites de streaming ou des boîtes de production. On voit pas forcément l’envers, tout ce qui compose cet univers.

Mais moi, je l’ai vu, de si près, tu sais.

Écoute, j’vais pas t’mentir, ça n’a pas été facile.
Je me suis lancé dans c’milieu sans rien y connaître. J’avais aucune conscience des risques, des choses à éviter, j’étais aveuglé par la volonté de me venger, j’avais besoin de crier, de m’exposer, après toutes ces années passées à me taire et me cacher. Le reste m’importait peu. Mais le porno, c’est pas un monde facile et je l’ai appris à mes dépends. Le premier réalisateur que j’ai rencontré n’avait de réalisateur que le nom.

Je lui ai tout de suite tapé dans l’oeil.
Il aimait ma petite taille, c’est vrai que j’ai jamais dépassé le mètre soixante-cinq. Et mes tatouages à la gorge, aux poignets, mains et épaules me donnaient une identité. C’est important de se démarquer et de sortir du lot, dans ce flot d’acteurs porno qui veulent se faire un nom et qui tentent désespérément de ne pas se manger le bitume. Il a pas cherché à savoir pourquoi je voulais faire du porno, il a même pas vérifié ma carte d’identité alors qu’à l’époque, j’avais menti, j’avais pas encore 18 ans. Il a simplement dit qu’il me voulait et ça a commencé comme ça.

Des petits gonzo, des vidéos sans aucun scénario, ni volonté artistique. De la baise pure et dure, filmée avec du matériel souvent cheap. Peu de gens, pour limiter les coûts de production. C’était ni sérieux, ni professionnel. La première fois, j’étais complètement mort de trouille. J’passais mon temps à fixer la caméra et j’tremblais à chaque fois que je devais me mettre à nu. Pourtant, j’ai toujours été sûr de moi. Ç’a m’a pas traumatisé, mais ça m’a pas marqué, ces premiers films. Il me payait au noir, à peine cent dollars et j’ai appris bien plus tard qu’il m’avait bien baisé. Mais il n’a pas été le pire, dans mes débuts hasardeux et foireux.

J’en ai rencontré, des types pas sérieux. Notamment un. J’ai son souvenir gravé dans la mémoire, à l’acide. J’pourrais pas l’oublier. J’lui ai tout donné, mais surtout mes larmes. Et contrairement à mon plaisir, je les simulais pas, elles. Alors la plupart du temps, j’étais défoncé et je me déconnectais. Dans certaines productions, la drogue est monnaie courante et les pupilles sont éclatées comme des pleines lunes.
J’me laissais démonter par des putains de connards qui passaient leur temps à abîmer ma peau trop fragile. C’est vrai, j’aurai pu claquer la porte et jamais revenir, mais il me disait que si je le faisais, plus personne ne voudrait de moi dans le milieu. Et un acteur sans contrats, il est mort, enterré. Alors j’ravalais ma fierté et à chaque fois qu’il m’appelait pour une scène, je revenais. Il me payait encore moins que tous les autres avant lui. J’ai fait mes armes, malgré moi, malgré tout, malgré lui.

Mais bon, j’te disais pas tout ça. Et puis, j’avais Nazanie pour m’réconforter le soir parce que moi, j’ai toujours été un putain de con romantique.

Puis un jour, t’as été la première à le savoir, j’ai été approché par un label. On est allé faire des recherches sur eux, toi et moi. Ils étaient connu. Ça avait l’air sérieux, ils avaient un site propre et bien présenté, ça semblait clean alors j’ai haussé les épaules et j’y suis allé, les mains dans les poches.

Je leur ai tapé dans l’oeil tout au long de l’entretien parce que c’est vrai que j’étais à l’aise. J’parlais bien, j’étais majeur, j’avais l’air calme, obéissant et attentif. Ils ont aimé mes airs doux, mon visage trop expressif, mon corps dessiné par la muscu, la course, le yoga, la danse et la gym. Plus tard, ils ont aimé ma souplesse et ma cambrure, chaque morceau de ma peau uniforme. Ils m’ont posé des questions sur moi, sur ma vie, sur comment j’envisageais ma carrière et sur ce que je comptais faire après le porno. J’ai semblé assez convainquant, puisqu’ils hochaient la tête avec un drôle de sourire à chaque fois. Ils m’ont rappelé quelques jours plus tard pour une scène test rémunérée. Et puis, j’ai signé chez eux.

C’était un label qui faisait son beurre sur le kink, les fantasmes SM, la domination. Ce genre de trucs. Alors j’ai appris à m’dépasser, à repousser les limites. Toujours plus. Encore. J’ai appris à donner l’impression de m’éclater, même si c’était pas le cas. J’ai toujours aimé le challenge et les défis, alors c’était pas vraiment une fin en soi. Petit à petit, j’me suis forgé un nom, une réputation, j’ai eu mes premiers fans et contrats. Toujours pour des labels kink et macho, j’avais la gueule pour. Alors même si au début j’avais des réticences, j’ai cédé du terrain. J’ai donné pendant des mois dans le bondage, l’humiliation. J’ai fait du gang bang et de la double-pénétration ma spécialité. J’ai appris à aimer ça. C’est pas ce que je ferai dans ma vie privée, mais j’ai trouvé ça amusant, avec le temps. Et ça a bien marché. Mon expressivité, ma jeunesse et ma capacité à encaisser, ça faisait bander et les consommateurs étaient contents. J’prenais pas sérieusement mon pied, c’était un plaisir mécanique, un peu forcé. Difficile de mettre du coeur à l’ouvrage après quatre heures de tournage. C’que voient les gens derrière leur écran, c’est bien différent de ce qui se passe pendant le tournage. Pour vingt minutes de vidéo, il y a trois-quatre heures de tournage. On tourne les scènes, on les reprend. On fait pas forcément les vidéos dans l’ordre, on peut très bien commencer par filmer la fin. Le réalisateur nous guide et nous dit quoi et quand faire. C’est pas possible de ne pas en avoir ras-le-cul. C’est trop long. Alors on apprend à se déconnecter. On s’habitue aux caméras, aux maquilleurs, aux coupures. C’est un métier. Faut apprendre son texte, savoir rendre à l’écran. J’ai compris qu’on pouvait difficilement s’improviser acteur porno, et que si dans le nom du métier il y avait acteur, c’était pas pour rien.

La plupart du temps, l’ambiance était sérieuse mais pas étriquée. Plutôt confortable, pour être honnête. Les gens étaient cool, ouverts d’esprit. Le véritable problème, c’était surtout que le réalisateur m’imposait les modèles avec qui j’tournais. Dès fois, l’alchimie passait. Dès fois, pas. J’suis devenu un expert en simulation. Mais malgré les scènes souvent humiliantes pour moi, l’équipe me respectait et j’ai découvert une autre vision du porno. J’ai même commencé à venir sur le plateau de tournage avec le sourire. Et j’ai gagné mon premier prix. Meilleur newcomer de l’année.

Et avec ce prix, les contrats allant avec. J’ai appris à négocier mes cachets. À faire le tri dans les propositions, pour me préserver. J’ai beaucoup voyagé, pour les tournages. Ça faisait du mal à Nazanie et notre relation s’est détériorée, inévitablement. Et ça m’a fait du mal. Mais j’me réconfortais, tu vois. Parce que toi et moi, on s’entendait chaque jour mieux que le précédent. Et putain, qu’est-ce qu’on s’est marré quand nos parents ont découvert que je passais mes journées à me faire sauter par dix mecs. Oh, ils ont gueulé. Ils m’ont ordonné, puis supplié d’arrêté et j’ai gardé la tête droite, fière. J’ai dit non. Parce que j’aimais les faire chier. Et parce que plus le temps passait, plus j’appréciais mon métier et ce que je découvrais chaque jour. Ils m’ont dit que je le regretterai, quand plus tard, on me prendra pour un paria dans la rue. Ils m’ont traité de tous les noms. Déviant. Pervers sexuel. Ils ont pensé que j’étais malade, mal dans ma peau, que j’avais besoin d’aide. Comme si on ne pouvait pas aimer le porno et être sain d’esprit. Toute façon, tu le savais bien, que je ne comptais pas les arrêter. Plus maintenant. Parce que je me suis découvert et forgé grâce au porno. Que je serai pas le type où j’en suis aujourd’hui sans ça. C’est mon boulot, il me plaît, point barre.

Fini, les productions glauques et les larmes.
Plus le succès grandissait et m’dépassait, plus ça devenait dur entre Nazanie et moi. Mais aussi pour moi, en tant que Teare. Ça demande beaucoup d’efforts et de concentration, être modèle. Surtout quand on aime pas les mecs. J’ai appris à m’durcir et c’est pour ça que toi, tu sais mieux que quiconque qu’il faut pas me déranger quand je sors de six heures de tournage.

L’année de mes vingt ans, j’ai remporté deux autres prix. Meilleur performeur de l’année et meilleur passif de l’année. Alors j’ai enchaîné les interviews pour des magazines gay, LGBT et spécialisés dans l’érotisme et la pornographie. Bizarrement, tu sais, c’est réconfortant d’avoir des fans avec qui échanger sur twitter ou dans les salons érotiques. La plupart sont gentils, plus curieux qu’autre chose et j’discute souvent avec eux. On a des conversations fascinantes, décomplexées. Je les aime, ces gens. Ils font mon succès après tout. C’est aussi grâce à eux que j’aime mon métier.

Mais tu vois, ça reste crevant. Faut toujours être en forme. Rester physiquement impeccable. J’ai pas un morceau de gras, et j’prends soin de moi. Peut-être trop. J’enchaîne les rendez-vous chez le dentiste pour garder les dents bien blanches et bien droite. Les soins chez l’esthéticienne. Important d’avoir une belle peau. C’est indispensable pour bien rendre à l’écran. Et puis le coiffeur, aussi. J’ai les cheveux blonds presque blanc que j’entretiens à grands coups de masques capillaires. C’est mon corps, mon fond de commerce. J’peux pas me permettre d’écart si j’veux continuer.

Et tu sais que je veux continuer.
Mais à l’époque, je savais aussi que si je continuais à ce rythme, j’allais m’effondrer. Interviews, tournages, voyages, sport intensif autant pour ma carrière dans le porno que mes activités secondaires, la pole dance et le show cam. Des strip tease en ligne. Et j’avais beau me préserver, m’être organisé une routine après chaque tournage, à savoir prendre une douche sur le plateau, puis chez moi, faire mes soins, discuter avec toi ou Nazanie histoire de déconnecter Blake et redevenir Teare, puis dormir trois ou quatre heures après une séance d’étirement, c’était pas assez. Ça m’empêchait pas d’être crevé à cause des voyages dans le pays ou à l’étranger, et d’avoir la peur au ventre de me retrouver un jour épinglé, trahi par la puce dans mon crâne.

Pourtant, tu sais, j’aime le Japon et j’y suis souvent allé, pour le plaisir ou pour le travail. Mais ce système… j’peux pas l’accepter parce que je sais qu’il m’empêchera de faire mon boulot, qui m’rend heureux. Peut-être qu’au début, j’avais juste envie de faire chier nos parents mais l’ambition a changé entre temps et pour le mieux. J’me suis souvent demandé comment fonctionnait l’industrie du porno au Japon. Comment faisaient les acteurs une fois mariés ? S’ils se contentaient de claquer la porte ou s’ils entraînaient carrément leur moitié dans ce monde. Comment les studios pouvaient réussir à garder la baraque en état avec la menace de la puce logée dans le crâne de tous les acteurs. Peut-être que le porno repose plus sur les vidéos amateurs que sur des professionnelles, j’en sais rien. J’me dit que c’est dommage, que l’Incontestable reconnaisse pas ça comme un travail. J’ai jamais eu l’impression de tromper Nazanie, même en baisant avec d’autres personnes. Et elle n’a jamais eu l’impression d’être trompée, en retour. Ça nous convenait.

À mes vingt et un an, j’ai gagné pour la deuxième fois consécutive le prix de meilleur passif de l’année.
Et j’ai perdu Nazanie. Mes voyages et absences incessants à cause du métier ont fini par nous écorcher et le fil de notre amour s’est étiolé jusqu’à se briser. Et tu le sais bien, après elle, je suis jamais retourné en couple. Pas par choix. Mais parce que les femmes ont du mal à accepter Blake. Elles aiment bien Teare. Il a des beaux yeux, entre le bleu et le vert, un sourire franc et il s’habille bien, avec ses jeans déchirés et ses Converse dépareillées, il cultive son originalité, et il a une gueule d’amour qui pue la gentillesse. Mais elles aiment pas Blake. Qui passe pour la salope de service devant les caméras et qui se donne aux hommes autant qu’à elles.

Alors j’reste seul. Avec toi.
J’te vois pas beaucoup, mais on se parle. Au téléphone, par textos. On fait au mieux.

L’année de mes vingt-deux ans, tu as reçu la lettre.
Rose, comme papa nous l’avait toujours dit.
Toi qui détestais les hommes, t’es retrouvée contrainte de passer le reste de ta vie à un Japonais. T’as chialé au téléphone. J’ai même pas pu t’aider à faire tes valises ou t’installer, coincé en plein tournage au Brésil.

Si tu savais, le plaisir égoïste que j’ai ressenti ce jour-là. C’aurait pu être moi et avec ça, la fin de ma carrière. Et sans ça, j’aurai pas connu l’arty.




Après plus de 200 scènes pour des labels hard, j’ai fini par me lasser et c’est à ce moment là que Phoenix, une énorme pointure dans le porno gay, surtout l’arty, est entrée dans ma vie. La pornographie arty cherche à montrer ce qu’il y a de beau dans le sexe. Le plaisir de la frustration, de l’attente, l’alchimie, le plaisir, la complicité, la beauté des corps et du plaisir humain. Elle cherche l’esthétisme et l’authenticité, autant que possible puisque dans film porno, il y a film et forcément une part de fake. L’arty a toujours eu du mal à se démarquer. Les tournages coûtent chers et les clients préfèrent souvent les productions mainstream et extrêmes, pour assouvir indirectement leurs fantasmes. L’arty doit s’faire son nom et faire face à la concurrence des sites de streaming. Donner une bonne raison aux gens de sortir le porte-monnaie pour du porno.
Mais malgré ça, Phoenix a su se démarquer. Le label a gagné pas mal de prix : meilleur film, meilleur réalisation, meilleures photographies et même meilleur site internet. Et c’est mérité. La photographe est tellement talentueuse qu’elle élève la photographie érotique et pornographique au rang de chef-d’oeuvre. Et pour preuve, ses photos se retrouvent souvent dans des beaux-livres érotiques. La réalisatrice et PDG est exigeante, mais elle sait ce qu’elle veut. Elle est connu dans le milieu du cinéma artistique et aussi dans l’industrie du porno lesbien, encore beaucoup trop formaté pour plaire aux femmes. J’ai jamais trouvé de belles vidéos porno agréable à regarder, alors que certaines scènes gays sont presque un chef-d’oeuvre visuel tant ce sont des trésors de réalisation et d’esthétisme. J’espère tellement que Phoenix fera dans le porn lesbien un jour, tu sais. Enfin bref.

Ils ont voulu de moi, j’ai voulu d’eux, j’ai signé un contrat d’exclusivité et j’ai abandonné les studios mettant en scène les fantasmes SM & de domination. J’ai appris à connaître Phoenix et pour un hardeur comme moi, ça n’a pas été facile au début. Stacy, la réalisatrice a passé du temps avec moi à m’expliquer comment ça marchait dans son studio. Elle a pris le temps de me prendre sous son aile, pour me présenter à toute l’équipe technique. Des hommes, des femmes, des entre-deux, des rien du tout. Des p’tits jeunes, des moins jeunes. Et chacun a sa vision à apporter, c’est peut-être aussi ce qui fait la richesse du label. Qui fait qu’ils ont érigé la pornographie au rang d’art. Les scènes ne sonnent pas fausses, même s’il y a forcément une part de programmé, c’est obligé. Si le studio collabore régulièrement avec des acteurs pornos de tous les labels, il n’a qu’une vingtaine de modèles exclusifs. Et personne ne veut partir après y avoir foutu les pieds. Il y a une ambiance très famille et Stacy se retrouve parfois à jouer au proviseur sur le studio quand on se met à avoir une fou rire à cause d’un bruit gênant ou d’une quelconque connerie. Stacy a su imposer sa vision du porno. Elle et moi avons beaucoup parlé, quand elle me racontait les origines du studio. De comment elle a eu envie de se lancer dans la réalisation de porno arty. C’est une putain de vocation pour elle, de montrer du sexe propre et positif. Même si au début, ça a dû lui faire bizarre de se retrouver à trente piges à demander à des mecs de mieux écarter les jambes ou d’y aller plus fort.

J’ai pris mes marques, petit à petit, même si c’était difficile au début. J’avais pas l’habitude d’avoir le choix du modèle avec qui je tournais, ni même d’avoir le temps de faire sa connaissance avant le début du tournage. Mais j’ai vite su me rendre indispensable aux yeux du studio. Le fantasme de l’hétéro a la peau dure dans le milieu gay. Alors forcément, je plais.

J’vais pas mentir, parfois, c’est difficile quand même. Stacy est une femme exigeante et quand on ne fait pas de l’impro, elle est sévère et n’hésite pas à nous faire reprendre cinq ou dix fois la même scène. Si les bruits extérieurs gênent, on recommence. Si la lumière n’est pas bonne, on recommence. Si un truc ne lui plaît pas, on recommence. Une scène de trente minutes, c’est dix heures de tournage, plusieurs jours pour les plus complexes. Mais l’ambiance reste cool, même si professionnelle. Les caméras, les yeux observateurs de toute l’équipe technique m’ont même paru moins intrusifs qu’avant, pour être franc. Stacy m’a appris à mieux connaître mes limites et ne pas accepter ce qui me déplaisait. Selon elle, ça s’voit trop à l’écran.

Les autres modèles m’ont intégré dans leur petite famille et avec le temps, ce sont devenu mes amis, tes amis aussi. T’as appris à ne pas les craindre et le fait qu’ils soient gays et désintéressés t’a probablement aidé pour ça. Ça peut paraître bizarre d’aller boire un verre avec le mec qui vient de t’enculer, mais c’est ce que j’ai appris à faire. Chez Phoenix, tout le monde connaît les secrets et les problèmes de couple de tout le monde.

Stacy sait que j’ai la puce, dans le crâne, et ça l’a fait chier autant que moi. Ce studio est devenu ma seconde famille et tu le sais très bien parce que j’arrête pas de le répéter. Alors j’angoisse à l’idée de me retrouver marié. Je sais pas si j’aurai envie de vivre uniquement de solo. J’ai peur de m’ennuyer, de saturer.

Après quelques mois chez Phoenix, je t’ai appelée un matin comme un autre pour te prévenir que je venais de recevoir un chèque de papa-maman avec une longue, longue lettre d’excuse et tu m’as dit que tu avais reçu un courrier similaire. Eux, veulent enterrer la hache de guerre, mais pas nous. Alors on fait silence radio, d’un commun accord. Stacy me dit que je devrais accepter la paix entre nous, mais c’est plus fort que moi, j’arrive pas encore à pardonner tout ça. Un jour, peut-être.

Au fil du temps, j’ai eu des affinités dans le studio et c’est comme ça qu’est né mon duo avec Bel. C’est même devenu mon meilleur ami. Comique. On est devenu presque exclusif à l’écran et contre toute attente, ça a bien marché. Les consommateurs avaient l’impression d’être des voyeurs et de mater un couple en train de baiser dans l'intimité. Alors Stacy a décidé qu’on formerait un duo, tous les deux et qu’à part exception ou demande de notre part, on ne ferait plus de scènes avec d’autres modèles. Bel, je le connais comme ma poche. Et si au début, son côté agressive fucker m’a rappelé des mauvais souvenirs, j’ai vite compris qu’il n’avait rien à voir avec les types de mes premières fois dans le porno. Et j’mentirai en disant que ça me déplaît de le retrouver pour une scène.

Et le lendemain de mes vingt-trois ans, lui et moi on a eu l’heureuse surprise de gagner le prix de meilleur duo de l’année. Alors on a enchainé les salons érotiques et les interviews à deux, pour parler de ce succès inattendu. Lui et moi, on est complice, proche et forcément, cette alchimie se ressent à l’écran. C’est moins chiant de passer dix heures à se faire enculer par le même mec quand on a un minimum de sympathie pour lui.

Phoenix, ça a donné un nouveau souffle à ma carrière dans le porno parce que j’ai compris grâce à Stacy, aux photos magnifiques d’Olivia et à tous les autres que j’avais pas raison de me sentir humilié à me prendre une éjac dans la gueule, et que j’avais même le droit de sourire.

C’est marrant de voir que ce que je considérais comme un simple moyen d’emmerder mes parents est devenu une vocation. Parce que je m’y attendais pas et toi non plus. Et qu’est-ce que j’aime ça. Autant que je t’aime toi. Parce que tu m’aides, tu me juges pas et t’as pas honte de dire que ton frère, c’est une star du porno. Même que ça horrifie ton mari. Alors toi, forcément, ça te fait plaisir. Et t’es là pour m’donner du cadre, une consistance, pour m’dire quand j’ramène trop ma grande gueule, ou quand je me tue trop au boulot aussi.

Mais tu sais, il y a un truc que tu pourras pas changer. Que ni le temps, ni l’alcool, ne pourront effacer. C’est ce poids que j’ai dans le bide. Parce que c’est à cause de moi que tu ne reparleras plus jamais. Ce sera toujours de ma faute.

J'entends encore ta voix d'enfant dans ma tête. Si tu savais comme elle me manque.
À toi aussi.






INFOS (IN)UTILES ::

Fasciné par les girafes, les tortues, les éléphants et les crabes / a trois chiens (un Braque de Weimart, un Montagne des Pyrénées et un chien-loup tchécoslovaque) / chante affreusement faux / ne tient pas du tout l’alcool / n’est jamais remonté dans une voiture depuis la mort d’Ambrose / complexe de supériorité / parle aux plantes / a un magnifique aquarium / dort en pyjama lapin / ne peut pas s’endormir sans camomille / peur du noir / dort avec une veilleuse / amoureux de sa Californie natale / a un piercing à la langue, un stupide pari avec Nazanie / amateur de déco & DIY / aimerait prendre des cours de dessin / voudrait adopter tous les chiens du monde / tous ses animaux viennent de refuge / sommeil très lourd / bave en dormant / déteste faire des compliments mais adore en recevoir / il a l’alcool joyeux / très fier de son métier et de ses occupations / a presque autant de fringues que de sextoys / obsédé par son image, pression des labels oblige / addiction aux jeux d’argent / plein aux as / interdiction de dire du mal à sa soeur / écrasé par la culpabilité / ne sait pas prononcer les « ch » et dit « ss » / ne sait pas faire de vélo / a un train de retard à chaque fois qu’on lui fait une blague / renie ses origines japonaises mais pas le japon / peu pudique en tant que Blake / capacité dingue à dissocier sa vie privée et pro / s’entraîne trois heures par jour à la pole dance, au yoga, à la gym et la muscu / aime plaire et séduire mais n’aime pas être séduit, ça doit venir de lui / a un serpent qui se mord la queue enroulé autour de ses hanches / sens de la répartie dingue et assez piquant / facilement nerveux / connecté sur les réseaux sociaux / pété de tunes parce que maman & papa essaient de se faire pardonner en lui donnant un joli chèque tous les mois, mais ça marche pas ))))):



Bacon L. Beigbeder
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Je suis: neutre.
Époux/se : Celle qui fait du couscous. (Aka la plus belle, la plus perf, la plus merveilleuse, la plus...)
Autre: Connard pathétique IRL, passe ta route.
#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Lun 14 Mai - 1:32
par Bacon L. Beigbeder
Diantre. "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3766924225
Mielikki Moss
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A Spoon of Miel~
posté
le Lun 14 Mai - 2:01
par Mielikki Moss
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3813954746

La description du métier fait peur....

MAIS

Y'a pas de +42...DONC ÇA VA

WELCOME |O/
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Lun 14 Mai - 8:20
par Invité
Re, vous. "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1845802901 Bon courage pour la correction mon p'tit poulet. o/
Invité
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Invité
Invité
Invité
posté
le Lun 14 Mai - 9:09
par Invité
Je suis désolée mais je suis déjà concquise. "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3813954746
Stap vendre du rêve, plz.

Sois sympa avec les vrais cacas comme moi stp "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 367806265
Teare B. Jefferson
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Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : fuck la police. ❤︎
Autre: ava : len-yan, deviantart
posté
le Lun 14 Mai - 13:17
par Teare B. Jefferson
z'êtes cute. "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1258839627
Elisabeth Matsuhara
Messages postés : 128
Inscrit.e le : 11/05/2018
posté
le Lun 14 Mai - 15:51
par Elisabeth Matsuhara
Bienvenue à toi, bio très intéressante et joli style d'écriture ! Bon courage pour ta validation :3
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Lun 14 Mai - 16:24
par Invité
Bienvenu jeune homme !
J'aime bien ton avatar et ta fiche !
Bon courage pour la validation :ajay:
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Lun 14 Mai - 18:06
par Invité
Alors je pense que tu es un DC ou un TC (je sais pas qui en fait mais je ne retiens jamais rien donc on s'en fout), mais je te dis rebienvenue et tout ce qui suit avec. Je n'ai pas encore lu la fiche mais elle doit détonner (faut pas que ça pète trop fort sinon ça fait des morts).

En tout cas superbe ava (oui je me le permets) et puis il y a des choses qui me rappellent... Des choses. Escort, tout ça...

En attendant, bonne validation et puis peut-être à bientôt, qui sait.
Maze Jefferson
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 16/04/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Sexy langue de vipère Teare ♥
Autre: Merci Driss pour l'ava ♥

★
posté
le Lun 14 Mai - 18:44
par Maze Jefferson
Le titre de ta fiche m'a fait penser à ça :"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." Tumblr_inline_n66uk21eKw1s8r5fg

Quel métier intéressant "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3766924225 Bienvenue !
Fubuki Hartcher
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Je cause en CRIMSON (#DC143C).
Drunk Grumpy Cat

posté
le Lun 14 Mai - 18:46
par Fubuki Hartcher
Oh my god
que de belle lecture en rentrant du boulot

bon reboot, aucun doute que tu vas passer la validation les yeux fermés ♥️

Au plaisir de te croiser bientôt 8)))
Teare B. Jefferson
Messages postés : 467
Inscrit.e le : 21/03/2017

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : fuck la police. ❤︎
Autre: ava : len-yan, deviantart
posté
le Lun 14 Mai - 21:34
par Teare B. Jefferson
Eli > sankyu, jeune demoiselle o/

Ajay > content que tu aimes "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1362171446

Chayan > askip tu penses bien "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 4115966937 & oué l'ava est génial, du len-yan damn

Maze > c'est toi qui va finir au bûcher "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3766924225

Natsu > à bientôt (et merci, jpp) "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 2432113367

Roméo Imoarai
Messages postés : 177
Inscrit.e le : 08/10/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
posté
le Lun 14 Mai - 21:47
par Roméo Imoarai
J'ai trouvé qui tu étais après coup. Il m'a fallu un peu de temps mais je sais qui tu es.
Sinon, ami Escort, et mannequin, da, da ! On aurait presque pu se connaître.
Teare B. Jefferson
Messages postés : 467
Inscrit.e le : 21/03/2017

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : fuck la police. ❤︎
Autre: ava : len-yan, deviantart
posté
le Mar 15 Mai - 21:04
par Teare B. Jefferson
c'est pas très bien caché, suffit de regarder sous l'avatar /out
Makoto Nanase
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Mer 16 Mai - 19:38
par Makoto Nanase
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3813954746

Tu m'énerves en fait "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 517494357 Parce qu'à chaque fois que je lis une de tes fiches, je suis en jpp à la fin... "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3637992759
Je dois avouer avoir bugué au début quand je suis arrivé à la fin de l'histoire, j'ai pas tout compris. Mais la façon dont tu es parvenu à la poursuivre à travers le physique et le caractère j'ai trouvé ça cool "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 4115966937 C'est bien écrit, c'est beau, j'aime sa façon de parler à sa soeur et je suis triste pour elle... J'ai été triste pour les jumeaux (un peu moins pour Laurie). J'aime aussi beaucoup comment tu as décris son arrivée dans le monde du porno et son évolution dans le milieu. J'ai hâte de voir la suite en rp "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3473897349

Jtm.

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." Ld7d
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." BbNTuR8
Le plus beau compliment ♥️:
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." Cn3Ckyx
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1EPYLUw
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
"rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." YqECw0j
Teare B. Jefferson
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posté
le Mer 16 Mai - 20:05
par Teare B. Jefferson
/me attrape mako sous son bras et câline ❤️
merci "rivière de sang quand le temps s'est tué, spirituel avec une vie de pêcheur." 1362171446
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