Alejandro Torres
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Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire
Autre:
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le Ven 18 Mai - 23:11
par Alejandro Torres
Alejandro Torres
"Que l'on s'efforce d'être pleinement humain et il n'y aura plus de place pour le mal."

Généralités
Nom ;; Torres
Prénoms ;; Alejandro Jun
Âge ;; 28 ans
Genre ;;
Origines ;; Né sur le sol japonais. Du sang cubain et japonais coulent dans ses veines.
Activité ;; Principale: danseur. Secondaire: Youtuber musical/chanteur. Obtiens rarement des contrats dans "l'audiovisuel" (Petites séries, Publicité, shooting photo).
Sexualité ;; hétérosexuel
Avatar ;; Ookurikara de Touken Ranbu
Règlement ;;
Commentaire ;; Voilà. On y est. Cela fait un certain temps que cela me pendait au nez mais je n'arrivais plus à entrevoir d'espoir concernant le personnage d'Alejandro. Il est resté à 90% dans le placard depuis deux années sans avoir eu la possibilité de l'exploiter comme je le voulais. J'ai eu des doutes le concernant du coup et mon moral en a prit un coup avec. Je n'arrivais plus à entrevoir un espoir de le jouer à force de malchance. J'avais ce besoin d'écrire ce trou dans sa vie et d'orienter un léger changement dans sa perception des choses pour ne pas l'abandonner sur le bord de la route... (Ps: J'sais que j'suis fainéant. Donc je n'ai que survolé l'ancienne partie de fiche copié-coller Oui je l'avoue chut donc désolé s'il reste des coquilles de cette partie là d'avance =X)
Caractère

On dit souvent « tel père, tel fils » dans le langage courant à tort ou à raison. Alejandro n'est juste qu'une version remixée de son père cumulé à quelques traits de caractère de sa génitrice.

Il est tout d'abord très social malgré son parcours difficile et l'est encore plus lorsqu'il s'agit de la famille et de ses amis. Des personnes qui lui tiennent très cher à son être. Tellement qu'on pourrait l'appeler à n'importe quelle heure de la journée qu'il rappliquerait à vitesse grand v. Oui il est affectueux, attentionné, tactile  et très complice avec ceux qu'il aime. Il n'y a qu'à voir sa relation avec sa sœur Isadora pour comprendre que le jeune homme aime être entouré des éléments clés de sa vie. Et il ne lui en faut pas plus pour croquer la vie à pleines dents !

Ayant déjà subi pas mal de moqueries et de préjugés à cause de sa condition et de ses origines, il fait preuve de compréhension et beaucoup d'empathie pour les autres êtres humains. Au fur et à mesure du temps, il a appris à encaisser les coups et remarques sans relever les points blessants ni même répliquer sur l'instant. Le silence est parfois la meilleure réplique face à la connerie humaine. Puis l'erreur est humaine et il ne veut pas juger autrui d'un simple coup d’œil, d'une simple malheureuse situation. Il tolère quelques incartades et propos ou comportements blessants jusqu'à un point de non-retour. Ce qu'il vaut mieux ne jamais atteindre de peur de perdre toute sa confiance ainsi que l'estime de votre personne. Il n'aime pas en arriver à cette fatalité mais il n'aurait guère le choix à cet instant, préférant se séparer de la mauvaise graine que d'attendre inlassablement une once de bonté de votre part.

L'homme est très reconnaissant pour toutes les aides qu'il a reçues jusqu'à maintenant, même si ce ne sont que de simples gestes ou mots. Il essaye lorsqu'il le peut, d'aider d'autres gens de la même manière par de petits actes charitables. Bon et brave sont deux mots qui lui collent à la peau. Il est très respectueux aussi des us et coutumes d'autres peuples et religions dans le monde entier. Probablement parce qu'il a été élevé entre deux cultures totalement opposées sur bien des points. Puis la différence d'opinions et de point de vue apporte pas mal de bonnes choses une fois confrontées n'est-ce pas ?

Depuis tout petit, c'est lui qui s'occupe principalement de ses autres frères et soeurs. Il s'est pris au jeu du grand-frère pour devenir un être assez attentif aux moindres détails et surtout très autonome. C'est à cet instant de sa vie qu'il a commencé à vouloir gérer de A à Z beaucoup de choses comme le ferait un parent pour ses enfants. Cuisine. Ménage. Aide au devoir. Le jeune homme est rapidement devenu une véritable « fée du logis ». Voire même un peu trop probablement.

Point de vue professionnel, Alej' est quelqu'un de discipliné, courageux et déterminé. Son boulot, c'est tout simplement l'une des raisons principales de sa joie de vivre. À chaque fois qu'il se met à danser, un sourire se dessine sur ses lèvres et les traits de son visage démontrent l'amusement qu'il prend à chaque pas et geste effectué. Il ne sait le décrire mais la danse lui procure une sensation merveilleuse qu'il n'a que très peu ressenti dans sa vie. Trémousser suffit parfois à chasser ses doutes, ses pensées négatives comme s'il se plongeait dans un autre monde. L'homme a toujours la tête sur la terre ferme (Fais ton choix : Tête sur les épaules OU Les pieds sur terre) cependant et savoure les petits moments de bonheur et de gloire avec voracité. On le qualifie souvent comme un partenaire encourageant et motivant avec toujours le petit mot qui vous donne la pêche, qui vous donne l'envie d'aller puiser dans vos ressources pour élever votre niveau. Minimiser le négatif, parler plus souvent de choses positives. Tel est son mode d'opération avec eux. À croire qu'il pourrait devenir un excellent prof de danse un jour ou l'autre. Modeste dans l'âme, il refusera principalement à être sous les grands feux des projecteurs. La reconnaissance absolue n'est pas ce qu'il recherche même si cela lui ferait plaisir il faut l'avouer. Cependant, il n'est pas impossible qu'il se laisse convaincre d'une quelconque manière de l'utilité de la chose. Encore plus lorsque son coeur prend le dessus sur sa logique.

Et l'incontestable dans tout cela ? Il ne sait pas s'il frémit d'avoir sa lettre ou s'il en a peur. Mais en regardant chaque fois le bonheur de ses parents, il se dit que cette entité n'est pas le plus grand mal sur terre. Et que c'est peut-être même l'une des nombreuses solutions actuelles que le gouvernement pouvait mettre en place. En attendant, le japonais est quelqu'un de très discret, de simple voir même quelque peu énigmatique dans les relations amoureuses. Il ne peut le nier. Alejandro a un coeur d'artichaut comparé à bien de ses semblables et cela se ressent fortement dans ses effusions sentimentales. Lorsqu'il tombe sous le charme de quelqu'un, il ne peut se retenir d'entrer à corps perdu dans la relation et de s'impliquer plus qu'il ne le devrait bien trop rapidement. C'est un homme très émotif qui se fie plus à son instinct et ses émotions que la logique des choses. Timide et « pure » concernant les choses intimes, il faut cependant du temps pour qu'il se mette à dévoiler ses charmes et vive pleinement la relation sans être gêné à chaque « étape » atteinte.

Et si Alejandro semble être le parfait cliché d'un prince tout droit sorti d'un conte de fées ou de l'homme parfait, il en est très loin! (d'ailleurs, il ne se définira jamais tel quel qu'importe la situation). Il peut rester déjà très borné sur une certaine idée s'il se dit que c'est la meilleure chose à faire dans la situation. Évidemment, à force de se manger dans la figure, il est devenu assez rancunier et n'oublie jamais les mauvais coups qu'on lui a faits subir. Il n'aura pas peur d'être acerbe et cynique dans ce genre de situation ainsi qu'envisager la possibilité d'aller au-delà de la simple répartie. Même s'il déteste user de la violence, l'homme n'hésiterait point à en faire usage s'il subit un odieux affront ou qu'on critique un peu trop son entourage. Il ne faut pas se cacher cependant pour dire qu'il est parfois un peu trop niais, crédule et assez influençable dans beaucoup de situations. Ses choix sont beaucoup effectués vis-à-vis du regard des autres ce qui le met parfois dans de mauvaises situations. Il n'hésite pas aussi à se dénigrer quelque peu, n'aimant pas qu'on lui répète encore et encore qu'il est l'homme idéal aux yeux de beaucoup de monde. Humble dans l'âme mais incapable de se positionner au niveau d'autrui. On ne le croirait pas au premier regard mais c'est un jaloux possessif même s'il ne veut pas reconnaître la vérité. Sous son bon fond, l'homme affiche de temps à autre un foutu caractère ressemblant à celui d'un gamin de dix ans qui refuse de voir la vie comme elle l'est.

Post Shukumei :


Les récentes expériences qu'a subi Alejandro l'ont fortement marqué à tel point qu'il s'est remis longuement en question sur sa façon de voir la vie, les gens et les relations. L'homme voyait souvent le monde à travers les yeux purs et innocents d'un enfant, protégés de tous les maux du monde et du malheur régnant autour de lui. Un monde blanc épuré où l'humanité faisait preuve de bonté, tendait la main vers autrui pour s'entraider. Un monde de bisounours en exagérant le propos en somme. C'est ce qu'il voulut croire au plus profond de son être en tout cas. Que ses compatriotes, ses semblables fassent preuve d'autant de « pureté », d'empathie et d'amour. Désillusion totale. Les personnes comme lui se comptent probablement sur les doigts d'une main et le monde est bien plus gris et terne qu'il ne l'aurait cru. Ce qui l'attrista pendant un long moment de voir cette condition humaine devenir de plus en plus égoïste au point d'en oublier la socialisation et les bonnes manières avec autrui.

En grande réflexion, l'homme se convainquit lentement que la faute provenait non seulement des autres mais aussi de sa propre personne. « Tu es trop bon et trop gentil Alejandro. Tu as le coeur sur la main. Tu te laisses guider par tes sentiments trop souvent. Un jour, cela causera ta perte. ». On l'avait mis en garde, répétés, rabâchés encore et toujours le même dicton durant toute sa vie. Que risquait-il à être à l'écoute des autres ? À tendre la main à autrui ? Pourquoi ne devrait-il pas faire preuve de confiance ? Parce que les gens en abusent à outrance. Il devait voir la vérité en face. Certaines de ses relations n'existaient qu'à cause de cette foutue fatalité. Parce qu’on le savait altruiste et qu'il ne pourrait jamais dire non à quelqu'un en « détresse ». Être vulnérable qu'il était sans possibilité de défense. Le ménage dans ses contacts s'établit aussitôt et il protégea lentement son coeur d'une petite carapace protectrice avec les nouveaux venus. Faire preuve de plus de patience avant de faire ce genre de geste « démesuré », de prendre le temps de discuter et de reconnaître un éclat de bienveillance et de gentillesse chez cette personne. Il sait qu'il ne pourra malheureusement pas retenir son amour pour l'humanité, pour les rencontres et ouverture à autrui. Il a tellement besoin de ce contact social. Mais c'est une façon de se prémunir de probables déceptions qui feront souffrir son pauvre petit cœur déjà bien meurtri.

Par quoi ? Par deux enveloppes rosâtres finissant sur le pas de sa porte en moins de deux années. L'incontestable semblait une valeur sûre aux yeux du danseur lorsqu'il regardait autour de lui. Ses parents connaissent toujours le bonheur après une trentaine d'années côte à côte, d'autres personnes de son entourage vivent aussi cette même situation créée de la « main » de l'entité japonaise. Pourquoi n'avait-il pas droit à ce bonheur au premier coup Pourquoi lui offrait-on coup sur coup deux mariages aussi désastreux ? Deux pareilles désillusions ? D'où venait le problème ? Ces deux femmes étaient bien compatibles avec lui ? Avec sa personnalité ? Sa façon de voir la vie ? Il ne comprenait absolument pas à tête reposée le choix de la machine. Et le doute s'installa progressivement au plus profond de son esprit. Qu'il ne soit pas apte à être aimé ou d'aimer quelqu'un. Que la machine soit inutile dans son cas précis. Qu'elle ne lui apporterait rien de bon à la fin. Lui qui idéalisait ce système depuis plus de vingt années commençait à contester fortement l'efficacité du système japonais et de son objectif à former des couples compatibles pour le « bonheur » de la population.
Physique
Alejandro est le genre d'homme à attirer le regard dans n'importe quelles circonstances puisqu'il contraste totalement avec le physique typique de ses compères japonais. La nature a décidé de faire valoir en priorité les gènes du père plutôt que celle de la mère. Peau brunâtre avec une taille avoisinant presque les deux mètres pour une quatre-vingt-dixaine de kilos. Une épaisse chevelure châtaigne surplombe sa tête et s'évade jusqu'à régir sa nuque dans un ton plus rougeâtre, restant d'une expérimentation passée de coloration. Autant dire que la plupart du temps, on le considère comme un étranger. Surtout lorsqu'il vient rajouter son identité par-dessus le lot !

Mais ce n'est pas le portrait craché de son père pour autant. Le jeune homme fait partie de ses chanceux à avoir eu des yeux très clairs à la naissance, ce qu'on capte indéniablement. D'un vert clair intense et profond. Son visage est un ensemble de traits fins qu'il tient de sa mère, lui donnant un aspect assez aimable voire angélique affublé d'une petite bouche  Pourtant, lorsqu'il fronce les sourcils, ses lignes disparaissent pour laisser place à un visage plus dur, plus rustre. Oui, il peut faire les gros yeux et afficher cet air méchant s'il le veut. Même avec son petit nez fin !

Il n'y a qu'à observer sa carrure pour comprendre Alej' est un homme en pleine forme physique sans aucun soucis de santé. N'étant pas du style à rester longuement sur place – à cause de notamment ses entraînements et de son boulot -, son corps s'est sculpté au jour le jour au rythme de ses efforts. Rien d'incroyable, d'exceptionnel. Mais il sait que cela plaît comme cela jalouse. Même si certaines cicatrices de son accident subsistent encore sur son corps. Comme pour sa main par exemple. À l’œil nue, elle semble n'avoir jamais eu la moindre égratignure, jamais le moindre problème. Pourtant, sous cet amas de peau, se cache un ensemble complexe de technologie en parfaite symbiose avec son organisme. Grâce à cette opération douloureuse, les sensations sont revenues tout comme sa motricité. Mais au fond de lui, ça ne sera plus réellement sa main d'origine. Et de ce fait, il garde ce tic de souvent la cacher d'une quelconque manière; que ce soit de la garder en poche ou de porter un gant noir.

La peau de son avant-bras gauche est parsemée de longues lignes ondulées noires, l'entourant progressivement jusqu'à rejoindre son épaule avant de finir sur son omoplate dans une énorme masse noirâtre représentant la tête d'un dragon. Erreur de jeunesse ? Oui et non. C'était sur l'envie d'un instant. Á force de réflexion, il se dit qu'il ne serait pas contre d'autres de ce genre quelque peu moins voyant sur sa peau pour cacher les quelques blessures restant encore sur son corps.

Question vestimentaire, le jeune homme n'a jamais pas de style particulier. Il aime s'habille selon ses envies, la mode et les saisons tout en essayant de rester simple et naturel. Jamais rien d'extravagant hormis ses tenues de scènes et autres costumes. Sa préférence ira toujours pour une bon jean de qualité et une chemise. Le mixte parfait entre tenue professionnelle et de ville. Mais lorsque l'occasion lui demande, il saura se parer de ses plus beaux habits pour se mettre en valeur. Car après tout, c'est là le but de la vie et de la société. De se vendre.
Storytime
L'histoire d'aujourd'hui n'est pas un conte de fées ni d'un surhomme aux pouvoirs extraordinaires mais juste celle d'un homme normal où les tourments de la vie ont bousculé son quotidien jour après jour pour devenir l'homme qu'il est. Et comme toute histoire, pour arriver à un moment présent, il faut souvent se plonger dans un passé lointain. Pour lui, tout commença il y a plus d'une trentaine d'années bien avant que cet être vienne dans ce monde.

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Tout commença lorsqu'un étranger lambda posa son pied sur les terres nippones. Quinto Torres. Un homme trônant fièrement sur ses deux grandes jambes malgré le peu de bagage qu'il avait avec lui. Son allure refléta la pauvreté de sa condition. Il fuya son pays d'origine, l'île de Cuba, où la situation ne lui réussissait point pour venir s'implanter dans une dictature féroce sans une once de peur, laissant sa famille, ses amis derrière lui pour un meilleur futur sans oublier son passé et ses racines. Il fut assez débrouillard pour survivre plus d'une année pour qu'il puisse expérimenter la toute-puissante loi de sa nouvelle terre d’accueil. La lettre était enfin arrivée marquant la fin de sa vie de célibataire. Tokie Iwaya, japonaise pure souche depuis plusieurs générations, vint donc s'ajouter à l'équation. 

Le mariage entre l'étranger et la japonaise ne commença pas de la plus facile des manières. Différences d'opinions, de manières de faire, de religions, de culture et même de langue. L'échauffement des esprits était courant et il ne fallut pas plus que ces cris résonants dans les entrailles de leur nouvelle demeure pour faire suspecter le voisinage qu'il soit un sanguinaire barbare maltraitant sa compagne. Pourtant, jamais il n'osa lui porter atteinte, que ce soit physiquement ou psychiquement. Et ce malgré leurs deux forts caractères respectifs. Car Quinto a toujours eu ce gros cœur tendre en lui. Au fur et à mesure, Tokie apprit ce côté de cette rustre montagne cubaine. Les efforts furent redoublés pour apaiser les tensions et faisant apparaître une certaine complicité. 

Et au bout de la première année, une nouvelle tomba soudainement qui les laissa surpris. Le couple était sur le point d’accueillir leur premier enfant pour se transformer en une réelle famille. Il n'en fallut pas plus pour le jeune Cubain à vouloir redoubler d’efforts envers sa femme – qui l'envoya paître affectueusement à cause de son ego et son caractère de cochon – ainsi que pour tout type de travail qu'il effectuait. Oui. Quinto est de ces hommes qui n'ont jamais poussé leurs études. Difficile donc d'espérer gagner aisément sa croûte en territoire inconnu. Mais à deux, ils y arrivèrent d'une certaine façon. Pouvoir élever ce nouveau venu était leur seule préoccupation. C'était le leur. Leur chair. Leur sang.

Alejandro vint donc voir le jour et renforcer les liens des deux parents. La situation économique ne s'arrangea pas cependant. Ils étaient toujours aussi pauvres qu’auparavant. Mais qu'importe, il avait leur adorable petit garçon maintenant et ils veilleraient à ce qu'il ne manque de rien, même si cela impliquait à Quinto de jeûner une journée entière. De l'amour, le petit n'en a jamais réellement manqué qu'importe lequel de ses géniteurs. Sa croissance se fit sans aucune anomalie. Ce fut un petit gaillard assez jovial qui se tenait fièrement sur ses deux petites gambettes. C'est là que se fit le déclic entre les deux adultes. Leur union n'était plus qu'une simple amitié déguisée. Il y avait bien plus au fond. Les deux s'étaient épris l'un de l'autre. 

Deux ans et demi plus tard, ce fut une petite fille qui pointa le bout de son nez : Isadora. Le petit garçon fut intrigué par la nouvelle venue. Tellement qu'il en vint à essayer souvent de passer sa petite frimousse par-dessus le couffin pour voir la bouille de sa sœur. On lui expliqua qu'il fallait faire attention à elle car elle était fragile avec ce nouveau corps de bambin. Ce qui redoubla son attention envers elle, quitte à s'endormir comme une masse à côté de sa personne.

Tout ce beau petit monde évolua lentement dans leur petit cocon familial que les deux piliers avaient établi.Et comme semblant inarrêtable sur l’effusion de leur amour naissant et grandissant, une troisième bouille fit son apparition un an et demi plus tard. Un petit être qu'ils nommèrent Ginko ce qui rassura la mère intérieurement. Le port d'un prénom étranger n'était pas le plus adapté pour un enfant naissant dans ce pays. Et Alejandro en avait fait quelque peu les frais lors de sa grande rentrée dans le monde scolaire. La difficulté d'exprimer son nom et l'étiquette d'étranger sur son front étaient les deux choses qui condamna assez vite le petit à être quelque peu mis de côté dans un premier temps. Les paroles des enfants peuvent être bien plus terribles que ceux des adultes après tout. Mais c'est un dur, un roc. Il n'a jamais faibli, ne s'est jamais renfermé et a toujours continuer à aller vers les autres. Tel père, tel fils dira-t-on.

La vie devint quelque peu compliquée à la venue du petit être. Les voilà donc à vivre à cinq sous le même toit de cette petite bâtisse à moitié défigurée par le temps. L'allocation de l'espace du être remis à l'ère du temps et les deux aînés, qui avaient chacun leur pièce de petit confort, furent dans l'obligation de partager la même chambre commune. La nouvelle pouvait être prise comme mauvaise tant leur liberté et espace en étant drastiquement réduit mais cela plaisait finalement aux deux petits. Après tout, Alejandro et Isadora formaient un petit duo assez comique et mignon. Le petit jouait son rôle de grand frère à la perfection en collant aux baskets de la petite et celle-ci semblait adorer l'affection que lui portait son aîné. À tel point qu'il arrivait souvent que les parents découvrent que l'un s'était faufilé dans le lit de l'autre pour s'y blottir affectueusement.

Et en plein milieu de la septième année de vie d'Alejandro qu'une nouvelle plante fleurit dans l'habitation. Eiko. La cadette de la famille et le dernier enfant qui naquit dans celle-ci. Les parents furent toujours heureux et enthousiastes des nouvelles vies qui s'ajoutèrent aux leurs. Mais le garçon remarqua aisément les traits de fatigues sur le visage de ses parents. Il n'était plus dupe de la situation. Quatre enfants...C'est une aventure à toute épreuve de force, volonté, courage et d'endurance sans ajouter les divers problèmes liés aux ressources plus le temps passer au travail pour les géniteurs. Ils étaient totalement lessivés à chaque retour à la demeure. Alors, au fil du temps, Alej' se comporta de plus en plus comme un parent de substitution pour ses benjamins – ou comme un bon grand frère aimant - pour essayer d'alléger leurs épaules. Tout ce que sa petite personne pouvait faire pour rendre la vie moins exaspérante pour eux, il le fit sans une once d'hésitation. Il leur retournait simplement l'affection et l'amour qu'ils lui portaient depuis sa venue au monde.

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Mais malgré tous les aides diverses qu'il put leur offrir, les limites du système en place furent bien vite atteintes. Surtout celle économique. Le salaire des deux adultes suffisait tout juste à garder la tête hors de l'eau. Surtout quand l'un n'avait plus autant de travail qu'avant, faute de crise économique soit disant. Sans le vouloir, le garçon de quatorze années avait surpris les deux personnes en vive discussion à ce sujet tard dans la nuit. Il n'y eut aucun cri, aucune rage. Juste du désespoir et de la peine à trouver une solution mais aucune ne pointait le bout de son nez. Ils voulaient offrir le meilleur à leur progéniture mais n'en n'avaient plus les moyens. L'espion rejoignit sa couche sans montrer sa présence.

Et le lendemain, les bonnes habitudes continuèrent à s’enchaîner sans qu'il y paraisse sur son visage une once de l'information qu'il avait glanée hier. Toutes sauf une. Dès qu'ils revinrent tous de l'école, le jeune garçon partit dans la chambre de ses géniteurs un long moment avant de redescendre auprès de la petite troupe.

« Isa, je m'en vais faire une petite course. Tu peux t'occuper de Ginko et Eiko pendant un petit instant ? J'essayerais de ne pas traîner et de rentrer avant les parents pour préparer le souper. Promis ! »

Sur ces belles paroles, il prit la fuite sans qu'aucune réplique ne puisse être placée par sa sœur. Il n'avait pas l'envie de répondre à toutes ses interrogations, il se sentait déjà bien mal à l'aise comme cela avec l'idée qu'il avait en tête. La marche ne dura pas longtemps, une dizaine de minutes tout au plus avant de rejoindre la supérette dont toute la famille avait l'habitude de fréquenter. Et il n'était pas rare qu'Alejandro pointe le bout de son nez dans cette petite boutique tenue principalement par un couple bien plus âgé que ses propres parents.

« Oh tiens. Voilà le plus grand des Torres. Que te faut-il aujourd'hui ? »

Rien qu'à l'écoute de cette simple phrase, la peur et la panique s'installèrent quelque peu dans son petit être, son ventre fit tirailler par des petits spasmes de nervosité. Il ravala sa salive avant de montrer du doigt l'affiche qui siégeait sur la façade de l'immeuble.

« Vous cherchez toujours une personne pour vous aider madame Matsuda ? »

L'interpellation se lit dans le regard de la dame. Pourquoi diable un pre adolescent lui demande ce genre de chose. Néanmoins, elle lui rendit un sourire assez chaleureux avant de reprendre de vive voix de manière expressive.

« Oh. Malheureusement, personne ne s'est encore présenté pour nous aider dans notre tâche. Cela n'a l'air d'intéresser personne apparemment. »

Les yeux de l'enfant pétillèrent soudainement à l'entente de ses dires. C'était l'instant, le moment. Il prit son courage à deux mains, prit l'expression la plus sérieuse qui soit en gonflant un peu sa poitrine.

« Moi je le suis ! Je pourrais vous aider ! Je pourrais venir tous les jours après l'école ! »

La gérante fut quelque peu surprise de ce qu'elle entendit mais elle se rappela qu'il était toujours à se couper en quatre pour les autres, faisant preuve d'empathie. Un geste qui lui fit un petit effet dans son être tout entier mais qui ne prit pas sa demande au sérieux.

« C'est très aimable à toi mais on trouvera avec le temps. Ne t'en fais pas pour nous. »
« Je suis sérieux madame Matsuda ! Je tiens réellement à vous aider ! Je vous en prie ! Je peux être utile ! Je pourrais faire même les livraisons dans le quartier si vous le désirez ! Même venir le week-end ! ».
« ...Dis-moi mon garçon, pourquoi as-tu tellement ce besoin d'aider ici ? »

L'air qu'il afficha fut toujours aussi déterminé, bien plus qu'auparavant d'ailleurs. Ce petit job et cette rentrée d'argent supplémentaire, il en avait tellement besoin. Non pour son propre intérêt mais celui de ses parents et surtout de ses frères et sœurs. Impossible de repartir la queue entre les jambes tout autant que de lui donner les vraies raisons de cette nécessité. Il lui fallait être ingénieux du coup.

« Je...Je....J'aimerais faire un cadeau à mes parents......pour leur anniversaire.....et m'acheter un vélo....Papa m'a dit que je pourrais si je travaillais un tant soit peu.... »

Son visage afficha un air légèrement triste de ne pouvoir exaucer son souhait sur l'instant. Il fallait totalement noyer le poisson. Il ne voulait pas qu'il soit catégorisé « pauvre » sur sa tête bien que l'illusion était difficile voire impossible à maintenir. Son vis-à-vis examina du regard longuement Alejandro en comptant le pour et le contre de cette possibilité.

« ....Tes parents sont au courant petit n'est-ce pas ? »

L'ultime instant qui lui restera toujours en travers de la gorge. Il ne pouvait lui dire la vérité au risque de devoir rentrer bredouille. Devoir mentir à cette bonne femme -même dans un but louable – le tiraillait de l'intérieur. Mais il pensait n'avoir aucun choix à cet instant.

« Bien sûr ! Vous voulez une preuve ? Regardez !»

Évidemment, cette feuille de papier n'était qu'un plus pour ajouter à l'illusion de la situation. Mais la signature qu'il avait pris soin d’apposer plus ou moins comme sa génitrice le faisait, apportait un cachet authentique à cette lettre.

« ....Très bien. Tu as le temps aujourd'hui ? J'aurais besoin d'aide pour réorganiser le magasin et faire des livraisons à côté. Dis-toi que c'est une sorte de test pour voir si tu conviens. »

Il n'en fallait pas plus pour le faire exulter de joie intérieurement. Sa tête hocha vivement verticalement pour souligner qu'il avait bien compris. Il ne manqua pas d’exécuter les moindres tâches avec une énergie débordante sans jamais râler une seule fois pendant la période.

Deux heures plus tard, il rentra à la demeure familiale sans rien dévoiler de ce qu'il avait fait de son temps et reprenant ses activités habituelles de grand frère. Mais une certaine personne ne s'attendait pas à le laisser faire à sa guise, surtout après l'avoir vu compter le misérable gain de ce jour. Face à cette situation, il ne pouvait pas faire autrement que de mettre sa cadette dans le secret.

« Maman et Papa ne doivent pas le savoir tu m'entends ? Et pour cela, il ne faut pas qu'ils mettent un pied là-bas ! Tu pourras t'occuper de faire les courses à ma place ? Car il se peut que parfois je rentrerais tout juste avant les parents.... Tu n'auras qu'à me rejoindre là-bas avec Ginko et Eiko. »

Il toucha le petit nez de sa sœur lâchant un petit gloussement qui alla de concert avec son joli sourire tendre et affectueux.

« Demain je te ramènerais ce qui te plaît le plus du magasin. »

Le deal fut donc conclu sur cette promesse d'une sucrerie le jour suivant. Chaque jour fut une épreuve difficile pour les deux enfants. Alejandro jonglait avec quelques légères difficultés entre vie scolaire et travail. Ce qui s'atténua au fil du temps. Mais pas sa culpabilité. Chaque fois qu'il croisait les yeux de ses géniteurs, il ne pouvait se résoudre à les fixer longuement. L'impression de les trahir encore et encore. Sa conscience était mise à rude épreuve. Mais heureusement pour lui, l'illusion de la vie tranquille des jeunes ne dura cependant qu'un court instant. Au bout de presque un mois de cachotterie, le pot au rose fut découvert. Pris la main dans le sac alors qu'il rentrait à la demeure, ses deux parents l'attendaient fermement un montrant une liasse de billets alors que les enfants vagabondaient dans un autre coin de la pièce. Il était temps de répondre à ses accusations par la seule manière qui lui semblait juste : la vérité. Tout fit déballer – hormis l'implication d'Isa dans l'affaire - ouvertement sans aucune retenue sur le sujet évoqué. Ils étaient pauvres. Ils pouvaient finir à la rue. C'était sa seule solution logique pour lui. Jamais au grand jamais ils n'auraient permis à un de leurs enfants de se donner du mal pour les faire survivre. Il savait que ce qu'il avait fait n'était pas « bien » dans un sens. Des parents se faisant manipuler par un enfant. Aller expliquer cela à la gérante d'une boutique tiens.

Et la réponse ne fut évidemment pas des plus tendres. Un claque vint se nicher sur l'une de ses joues suivit de remarques diverses de son paternel. C'était l'une de ses rares fois où le gentil Quinto laissait sa place à celui qui haussait la voix avec véhémence. Sa dentition supérieure se planta dans sa lèvre inférieure avec acharnement alors qu'il essaya de retenir ses perles d'eau coincées contre ses orbites. Il essaya de se justifier encore une fois maladroitement en évoquant la scène du mois précédent. Il ne fut pas le seul à craquer du coup. Sa mère, en larmes, vint à enlacer son petit être fait de son sang en susurrant en boucle « Ce n'est pas ton rôle. Je suis désolée ». 

Désolé de quoi ? De ne pas être né dans une famille avec un meilleur standing ? Avec un meilleur compte en banque ? Il n'en avait rien à faire de tout cela. Eux, ces êtres-là. C'était ce qu'il lui semblait de plus cher. Et s'il fallait mettre la main à la pâte jeune pour éviter d'être mis à la porte, il le referait sans hésitation. La discussion ne cessa pas cependant pour autant. Les points furent remis sur les i avec plusieurs engueulades en pointant toutes les mauvaises choses, en recadrant le garçon une bonne fois pour toutes. Cependant, étant au pied du mur, les paternels décidèrent qu'il pouvait continuer l'activité complémentaire avec un encadrement strict et quelques conditions. L'envie n'était pas présente dans le cœur des deux adultes mais comme l'avait signifié Tokie auprès de son mari, qui lui sorti qu'il avait un enfant têtu : « Tel père, tel fils mon amour. Il a ta hargne, ta volonté et notre bonté. C'est notre fils..... »

2098

Après cette histoire, on serait en marge d'attendre qu'Alejandro retienne les paroles de ses parents et ses erreurs de son passé pour se concentrer pleinement sur ses études et son avenir. Pourtant, ce ne fut pas le cas. Il fut pris dans une spirale infernale qui allait le rendre fou. Rien n'était assez bon pour aider la famille. Le petit boulot qu'il avait ne le lui suffisait plus. Il voulait plus. Toujours plus. Aider sa famille avec ces petits boulots....ce n'était pas assez. Il était prêt à même quitter l'école pour se trouver un emploi à temps plein. Ses parents refuseraient cette version de sa vie. Ce sacrifice. Il décida donc de se tourner vers l'une des nombreuses voies illégales pour apporter un surplus financier à sa famille dans le secret le plus complet. Pas question de drogue, de proxénétisme ni de réseaux mafieux. Simplement de destruction corporelle. L'adolescent avait mis pied dans les combats de rue.

Comment en était-il arrivé là ? Par hasard.....Ou peut-être à cause d'une simple altercation au sujet de sa sœur adorée ? Une possibilité parmi tant d'autres. Personne ne critique sa famille sous peine de représailles. Tard le soir, une fois par semaine, Alejandro se mit à faire le mur en passant par la petite fenêtre de l'étage pour rejoindre ce cercle vicieux de lutte. Cette fois-ci, il n'y aurait pas de besoin de partager le secret avec Isadora. Il ne le voulait pas. Pas après avoir vu l'expression de son visage lorsqu'elle posa les yeux sur son visage ensanglanté et écorché une première fois.

Au début, il ne faisait juste que de profiter du « spectacle ». Brutal. Féroce. Sanglant. Se cognant dessus comme les plus débiles des êtres humains à rechercher gloire et prouver leur valeur. Puis doucement, il se mit à parier sur les combattants sans réellement avoir les traits d'un gros parieur compulsif. Il était tout le contraire : Calme, serein, observateur et misant de petites sommes. Comme s'il calculait les chances de victoire dans sa tête. L'argent était, est et sera toujours une valeur importante à ses yeux pour qu'il le néglige aisément. Et le jour où il sauta le pas ne fut plus si loin. Ses premiers matchs furent laborieux voire même désastreux. Que des défaites cuisantes. Qu'espérait-il de plus sans base, sans préparation physique ? Le déclic se fit naturellement dans sa tête. Et à force de persévérance, d'apprentissages et d’entraînements intensifs, le jeune homme commença à prendre de l'ampleur dans ce ring ensanglanté pour récolter de belles liasses de billets. Les coups qu'ils prenaient étaient cent pour cent rentabilisés pour sa petite personne.

2099

Comme à leur habitude, la petite bande d'enfants prit le même chemin depuis tout petit une fois la journée scolaire terminée pour se rendre à leur domicile. Des discussions, des rires, des chamailleries, de petits jeux. Un lien fort les unissait malgré la différence d'âge entre certains.

« Oh regardez ! Il y a un mignon petit chaton! »

Sans demander la permission, la benjamine de la famille Torres donna ses affaires à son grand frère avant de s'approcher de l'animal, le visage illuminé.

« Eiko. Ne t'approches pas trop de lui. Tu sais pas où il est allé se fourrer....il peut porter des maladies.... »

Alejandro, égal à lui-même, endossant son rôle de grand frère protecteur voire même surprotecteur envers ses proches. Il espérait avoir un semblant de soutien avec la cadette mais c'était peine perdue. Isadora avait suivi le mouvement avec le même regard émerveillé et il ne put que sortir un léger soupir en secouant sa tête. Évidemment, il ne fallut pas longuement pour que les deux lisent la pancarte devant l'épicerie pour comprendre que celui-ci était à adopter. Et sans se mettre d'accord au préalable, les deux filles vinrent à faire leur visage le plus angélique face à Alejandro. Ça puait. Gravement. Il savait ce qu'elles cherchaient à faire.

« Arrêtez....je sais votre petit manège....Non, on ne ramènera pas ce chaton à la maison... »

Aucune des deux ne perdit leur volonté, affichant toujours cet air si désespéré d'avoir cet animal chez eux. Au fond, elle savait bien qu'il allait craquer simplement pour les rendre heureuses

« Vous n'êtes pas croyable........Bien. On va faire comme ceci. Isa, tu téléphones à maman pour savoir si vous pouvez le prendre. En attendant, je vais faire les rapides courses dont on a besoin. Tu les surveilles ? Je reviens dans cinq minutes maximum ! »

Cinq minutes plus tard, comme énoncé, il ressortit en portant un sac supplémentaire de provisions qu'il donna directement à Ginko avant de regarder fixement le visage de la plus grande des sœurs avec un air suspicieux, devinant la réponse offerte par l'un des parents

« Elle t'a dit oui c'est ça ?....Vous vous en occupez...Je ne passerais pas après vous... »

Lança-t-il comme un léger reproche aux oreilles des autres mais il n'en était rien. Juste un avertissement. Comme un père le ferait avec ses enfants. Après tout, c'est la place qu'il prenait quand ils étaient qu'à quatre sans adulte.....Sauf qu'à cet instant précis, il ne vit que deux visages à la place de trois.

« Elle est où Eiko ?! »

L'endroit où se trouvait l'animal fut désigné en premier mais plus aucune trace de celui-ci ni de la petite. La panique gagna l'être du jeune homme tout autant que ses deux autres compères. Les mouvements s'accélérèrent, les pas résonnèrent sur le macadam en constante accélération accompagnée de cris divers et variés. Puis Alejandro la vit proche d'une rue adjacente à se battre avec la petite boule de poils. Sa voix résonna dans la rue, continuant sa course effrénée pour rejoindre sa position. Et il crut voir la pire chose de sa vie. Le chat vint à s'échapper des bras de la petite pour gambader sur le passage clouté sans réellement comprendre où il venait de mettre ses pattes. Et inconsciente, Eiko s'engagea tout autant pour récupérer son nouvel ami. Le cœur d'Alejandro battit rapidement, peut-être même trop sur l'instant. La distance qui les sépara fut nulle après quelques secondes de sprint. Il n'eut pas le temps pour des engueulades, pas le temps de dire quoi que ce soit à part d'attraper la petite et son animal pour les pousser avec violence vers le trottoir. Crissement de pneus, bruit de collision brutale mêlant ferraille et partie osseuse avant d'entendre divers cris de panique et de désespoir retentir dans la rue. Il n'eut le temps de ressentir aucune sensation que le choc violent et soudain avec le véhicule. Puis le blanc complet.

*

Les heures passèrent mais aucun mouvement, aucun mouvement de cil. Le noir complet l'envahit, les abysses l'engouffrèrent, accueillant ce nouvel être dans ce paradis de noirceur. Il n'arriva plus à penser par lui-même, son esprit n'en faisait qu'à sa tête en divaguant. Il n'était plus que le simple spectateur de tout ce qui se déroulait dans son subconscient. Des images du passé surgissaient, d'autres inventées de toutes pièces se glissèrent dans le tas pour corrompre toute sa mémoire. Mais toujours aucune réaction de son corps. Il semblait plongé dans un état de stase où son être n'avait plus cette envie de lui obéir à sa moindre volonté. Comme si l'ensemble de sa personne n'avait pas cette envie de revenir parmi les vivants. Il lui manquait une étincelle, ce petit quelque chose qui le retenait à la réalité, à la vie.

Et soudain, quelque chose captiva finalement son attention dans son état végétatif. Au loin, il semblait apercevoir une faible lueur qui l'interpella. Il s'en rapprocha doucement avant qu'un brouhaha incommensurable l'assaillit de toutes parts. Il n'eut qu'une envie : Fuir. Fuir ce bruit strident qui lui manqua d’aggraver sa folie passagère ou bien pire, de l'achever. D'entre tous ses sons, un seul finit par lui susciter un effort de concentration intense. Celle d'une simple voix. Féminine a priori mais difficile à définir avec tout le brouhaha aux alentours. Il eut cette fâcheuse impression de la connaître sans pouvoir mettre un visage ou une identité dessus. D'autres se joignirent à son écoute, la discussion sembla houleuse malgré le ton bas qu'ils employèrent. Ce qu'il le choqua le plus ? Les sons qu'il perçut à la fin de chaque phrase de cette voix familière. Ce ne fut pas un tic mais bel et bien des pleurs qu'il perçut tout autant que la peur et la tristesse dans le ton employé. Il reprit sa marche  vers la petite lueur en espérant pouvoir comprendre l'état émotionnel. Et soudain, tout fut plus clair.

« ...C...C'est.....Tout est de ma faute !....je suis désolée....désolée....Alejandro.....Je suis désolée.....pardonnes-moi.....J'aurais dû faire attention !.....Excuse-moi.....Je ne voulais pas.....jamais.....je n'aurais voulu que cela t'arrive....Je t'en prie....Réveille-toi par pitié !.....Reviens nous....s'il te plaît.....»

Les sanglots reprirent de plus bel alors que les autres acteurs continuèrent vivement leur conversation. Et soudainement, son corps se mit à faire son premier mouvement involontaire. La peau de son front plissa lentement tout autant que sa mâchoire et son petit nez. Intérieurement, il comprit maintenant à qui appartenait ce son si mélodieux et attendrissant. Isadora. Sa sœur. Son amie. Sa confidente. Son petit être qu'il chérissait. La savoir dans un état pareil déclencha en lui une farandole d'émotions. Il n'eut qu'une envie dans cet instant, que son putain de corps bouge pour aller enlacer celle-ci tellement fort contre son être pour effacer ses pleurs et ses peines sur son torse. Et pourtant, rien n'y fit. La lueur s'estompa après de longues minutes pour que son inconscient replonge dans les ténèbres. 

Malgré tout, l'être suprême ,qui régit les âmes de chaque être, ait voulu accorder une autre chance à ce jeune homme. Son heure n'était pas venue semblerait-il. Son éveil se fit très lentement et dans la confusion la plus totale. Son esprit fut toujours embrumé, quelque peu dans les vapes. Il ne savait pas s'il était totalement éveillé ou s'il rêvait encore. Instinctivement, sa paupière gauche dévoila doucement l’orbe de couleur qu'il abritait tel un précieux joyau. Sa vue se fit trouble. La lumière l'aveugla presque complètement qu'il n'en distinguait presque rien hormis de vagues formes au loin. Son visage marqua son étonnement et son incompréhension face à cette situation.

Et dans ce tableau semblant issu du pointillisme, le Japonais arriva à discerner une forme avachie contre son lit. Les points s'assemblèrent doucement pour reformer une image. L'ange qui veillait sur sa personne n'était d'autre qu'Isadora. Un  faible sourire s'afficha sur son visage meurtri alors que qu'il tenta désespérément de poser sa main sur sa douce et soyeuse longue chevelure. La tâche sembla impossible. L'attention fut portée sur cette section qui refusait encore de céder à son commandement. Il y découvrit sa main entière enveloppée soigneusement dans une masse de compresse et bandage en tous genres. Était-elle cassée ? L'inquiétude le guetta intérieurement à cette pensée tout comme à la faible sensation de douleur qu'il ressentit à divers points de son anatomie.

Finalement, la gardienne de son sommeil s'éveilla lentement. Leurs regards se croisèrent avant de continuer de lui porter un grand sourire malgré cette sensation d'être sous l'effet de drogue dure.Il sentit qu'elle était sur le point de fondre en larmes. Sûrement de joie cette fois mais aussi par culpabilité accablante. Il voulut couper court à ses doutes, à ses peines. Qui n'avait pas fait attention à la petite dernière ? Qui avait négligé son rôle de frère ? Qui était le con qui s'est jeté sur la route pour sauver la petite dernière?  Tout était parti d'Alejandro. Tout était de sa faute. Et même si elle se blâmait d'avoir perdu de vue la petite, il ne lui en voudrait probablement jamais. Il voulut lui dire tout cela de vive voix. Lui crier qu'elle n'était coupable de rien. Que le pire était passé.

Ses lèvres s'entrouvrirent lentement pour lancer les premiers sons de son discours de grand frère, de futur leader de famille !.....Mais rien ne sortit de sa bouche. Aucun mot, aucun son, aucune note. Juste un fin filet d'air et rien de plus. RIEN. NADA. QUEDAL. Le stress fut intense. Son outil de discussion décida de céder aussi à son ordre. Cette chose si importante qui permettait de rassurer les gens ! Ce fut la panique à l'intérieur. Et malgré son envie de rassurer Isa', l'inverse se produisit à l'échange d'un énième regard. Son iris le trahit tellement à cet instant. Elle ne fut pas dupe ni conne. Des perles d'eau commencèrent à se nicher aux creux de ses orbites. Non. Pas cela. Par pitié. Il ne voulut pas la voir comme cela. Encore moins de la voir prise par plus de remords. *Souris idiote ! Ne me fait pas cette tête-là !?Ne t'ai-je pas dit que ton sourire permettait d'oublier les soucis des gens ?!  Espùpida!* Les larmes commencèrent à tomber vivement du côté de l'homme. En phase dans les bons moments comme dans les pires.

2099-2100

Les conséquences de l'accident ne furent pas très plaisantes à attendre ni à ressentir. Il y avait les blessures mineures comme les diverses écorchures qui parsemaient son corps entier, les blessures importantes comme des côtes fêlées principalement et puis les extrêmes. Comme son mutisme ou sa main. Incapable d'émettre le moindre son, d'effectuer le moindre mouvement simple. Presque aucune sensation. Et encore, dans son malheur, il a évité le pire. La paupière de son œil droit se fit érafler par une morceau de tôle aussi tranchante qu'un couperet déchirant la chair fraîche. Il aurait pu être borgne en plus...voire même ne plus être de ce monde. Mais avoir l'étiquette « handicapé » sur le front ne lui plut guère. Avoir ce regard compatissant sur sa personne...il ne pouvait affronter de telles choses aussi rapidement.

Les mois qui suivirent furent très difficile pour sa petite personne. Adieu les amis. Adieu l'école. Adieu sa vie tout simplement. Il passa le plus clair de son temps dans son petit coin sans réellement avoir l'envie de voir le moindre visage, à se poser mille et une questions. Préférait-il être mort ? En voulait-il à sa sœur à ce point ? Se trouvait-il inutile maintenant ? Jour après jour, il sombra doucement aux portes de la dépression, se renfermant sur lui-même, faussant évidemment le jeu à ses proches qu'il ne voulait plus inquiéter autant. Et il ne voulait pas passer à des actes odieux pour ceci. Il le faisait pour ses parents, pour ses frères et sœurs, pour Isadora. Et pour lui alors ? Ses géniteurs essayèrent d’alléger sa souffrance en l'intégrant à un groupe d'écoute et de parole réunissant des personnes ayant leur propre lot de malheur, tout comme lui. Vain espoir que le choc mental disparaisse, que sa voix refasse surface et qu'il déroule tout ce flot de sentiment négatif que son corps accumula. L'adolescent ne dit rien mais il osa cependant écrire quelques mots difficilement sur un bout de papier de sa main valide. Rien d'extraordinaire mais assez pour démontrer que l'envie de s'exprimer était là, quelque part au fond de son corps sans réel moyen approprié. La langue des signes fut la solution priorisée malgré l'absence de sa deuxième main. Tout simplement parce qu'Alejandro semblait prendre du plaisir à apprendre quelque chose qu'il ne connaissait point encore. Cela avait quelque chose attrayant à ses yeux. Le but n'était pas qu'il la connaisse parfaitement mais qu'il passe simplement du temps avec quelqu'un et qu'il arrive à se faire comprendre plus ou moins des autres.

Au bout de six mois sans une réelle amélioration du comportement de leur fils, les deux adultes décidèrent de l'envoyer à l'étranger pour lui faire changer d'air. Faisant appel aux âmes généreuses de la famille paternelle, Alejandro s'envola pour la partie natale de son père sans avoir refusé sèchement plusieurs fois. Le dépaysement fut total. Autre culture. Autre façon de voir les choses, de vivre.Ce fut le choc pour sa petite personne. Lui qui n'avait jamais vu cette partie de la famille, il fut accueilli comme l'un des leurs sans aucune difficulté. Du moins, si on oubliait le fait qu'il ne pouvait que s'exprimer sur un bout de papier, avec l'expression de son visage ou quelques gestes approximatif dans la langue des signes.

Mais ce problème fut vite résolu après quelques jours. Une jeune femme - âgée d'une année voire plus - venait souvent rendre visite aux grand-parents du jeune homme pour leur délivrer diverses aides comme ramener les courses entre autres. Ouais une « bonniche » mais eux préféraient la version « un ange descendu du ciel ». Les premières fois, le japonais n'osa même pas lui daigner un simple regard de peur d'être encore stigmatisés par sa blessure. Ce qu'elle ne fit jamais. De sa bouche, jamais le mot « handicap » n'était sorti à son encontre. Et lorsqu'il s'y attendit le moins, elle effectua quelques gestes de la langue des signes assez simplement envers sa personne.

« Tu veux....te promener ? »

Elle gagna presque instantanément le peu d'attention qu'il pouvait donner dans ses moments les plus sombres. Il refusa la première fois, loupa la deuxième puis céda à la troisième. Et c'est ainsi que se mit en place une certaine routine entre les deux jeunes qui consistait à se promener dans les ruelles de la petite ville pour faire quelques emplettes, dévier vers quelques lieux insolites avant de revenir au point de départ. Il reprit goût doucement à la vie, son comportement habituel, son sourire si reposant et s'ouvrit de nouveau aux autres. Ce bout de femme était devenu son vaccin par excellence contre sa dépression naissante. Il suffisait qu'il pose ses yeux sur sa petite personne, à la voir virevolter dans tous les sens lorsqu'elle dansait dehors par pur plaisir pour se sentir emporter d'un sentiment bienfaisant. L'amour fait des miracles à ce qu'on dit. Et celui-ci naissant, lui permit de surmonter avec plus de facilité sa nouvelle condition avec un petit plus. Un jour, il eut une frayeur pour sa personne que son mutisme cessa net pour laisser vibrer ses cordes vocales. La voix sonna étrangement fausse à ses oreilles. Mais il n'en fallut pas plus pour que la jeune femme saute à son coup, ravi pour deux. Leur idylle commença à prendre son envol avec cette succession d’événements positifs. Mais dans un coin de sa tête, Alejandro savait que celle-ci aurait une date de péremption un jour ou l'autre. Il n'était pas d'ici et ne pourra en aucun cas jamais y vivre. Et jamais, il ne pourrait ramener chez lui cette étrangère. Un jour, il devrait rentrer à son pays où l'attend une autre destinée inconnue....

2100-2102

Un an d'exil. Une année positive. 365 jours où il s'est déconnecté du monde nippon. Un renouveau. Une renaissance. Comme si le monde s'était arrêté pendant tout ce temps autour de lui. Ce qui était faux évidemment. Le Japon avait poursuivi ses activités et ses principes à la lettre. Il ne fut pas stupéfait d'entendre de la bouche de sa sœur que plusieurs de ses anciennes connaissances furent déjà mariés à leur tour. Il eut une pensée pour son premier amour avant d'oublier ses pensées négatives. Il était temps qu'il tourne la page et se focaliser sur le moment présent : sa famille. Alejandro semblait avoir repris du poil de la bête et d'être redevenu le jeune homme qu'il était avant son hospitalisation avec quelques variantes. Il semblait avoir mûri et grandi dans cette expérience douloureuse que la vie lui avait réservée. Mais le problème sous-jacent était toujours là. Avec une main valide, il se sentit très vite l'égal d'un parasite dans la demeure familiale. Ce n'était pas sa volonté qui faisait défaut mais principalement le jugement des autres et sa « rentabilité ». Mais il s'était juré de ne plus jamais fléchir. De ne plus jamais renoncer. Il allait se battre coûte que coûte pour se retrouver une place dans la société.

Ce qui fut possible une bonne année plus tard grâce à l'implantation d'une main bionique, digne des progrès scientifiques et médicaux de son pays natal. Il se devait aussi de remercier toute sa famille pour ce geste envers sa personne. Il savait qu'ils étaient derrière cette intervention à claquer les économies de toute une vie certainement pour redonner vite partiellement à leur enfant. L'opération ne fut pas une promenade de santé mais tout le contraire. Longue. Douloureuse. Éprouvante. Même les résultats post-opératoires lui donnaient des douleurs chroniques. Comme si son corps se refusait à combler ce manque de motricité. Et les débuts furent ô combien très difficiles et chaotiques. Devoir corriger certaines habitudes qu'il avait prises. Devoir faire preuve de patience à chaque geste qu'il effectua de travers. Devoir être raisonnable et ne pas se presser. Un jour, il pourra être de nouveau fonctionnel à cent pour cent quelque part....

2102-2108

Revenant parmi les vivants tel un phénix renaissant de ses cendres, Alejandro recommença à se démener pour aider ses parents comme il le pouvait. Il pensait qu'il avait une dette envers eux qu'il ne pourra jamais combler. Ce genre de dette et de respect qui ne s'en ira jamais, même après leur disparition. Il enchaîna les divers boulots variés sans réellement arriver à garder un seul assez longuement pour espérer prendre son envol. Il prit le temps un long moment à se concentrer sur ce qu'il voudrait faire et sur ses capacités actuelles. Puis l'étincelle naquit dans son esprit. Il se rappela de tous les bons moments à l'étranger et de ce qui lui plaisait le plus. Les fêtes de village, le fait de se trémousser avec le sourire aux lèvres. Cette fraîcheur de vivre. Danser. Et il fit son premier et dernier « caprice » à toute sa famille : Reprendre des cours. Son ancienne idylle lui avait appris les rudiments de diverses danses, latines comme plus actuelle. Mais il n'avait aucun niveau réel sur papier pour réellement postuler à ce genre de travail. Et bien qu'il puisse se dandiner aisément, ce n'était pas suffisant. C'était nécessaire de s'améliorer. Pour lui. Pour son bien. Il se lança donc dans cette aventure corps et âme sans le moindre remords.

L'évolution de ses compétences et de sa carrière se fit lentement, pas à pas sans grand changement majeur. Il commença comme un vulgaire danseur de seconde zone, relayé à simplement devoir se contenter d'être à l'arrière-plan dans la plupart des représentations. Mais doucement, il prit confiance en sa personne et ses capacités, démontrant que l'on pouvait être « infirme » mais avoir du courage et de la fierté à revendre pour atteindre ses objectifs. Cela lui ouvrit des opportunités dans ce corps de métier mais d'autres aussi.

Alejandro délaissa assez vite les représentations dite « traditionnelles » pour se laisser prendre au jeu des comédies musicales. Le côté « chanson » attira son attention tout comme les représentation quelque peu plus acrobatiques, sensationnelles voir « Oniriques ». Raconter une histoire en chant et danse. Voilà ce qui lui paraissait plus à ses goûts. Avait-il la voix pour cela ? Il ne le pensait pas. Il allait juste continuer d'être un éternel danseur anonyme au fond de la scène sans réellement pouvoir pousser la chansonnette. Il ne changea que de rôle pendant les représentations que lorsqu'il y avait un absent. Et encore, sa voix était mêlée parmi les autres. Ce ne fut que lorsqu'on le surpris à fredonner des morceaux, guitare à la main, qu'on lui donna réellement sa chance de percer dans le milieu.

Et sous les conseils d'amis et de famille, il se lança par la même occasion à se créer une chaîne Youtube regroupant ses diverses passions : danse et musique. Cover de chanson, reprise à la gratte, démonstration de « talent » ou encore vidéos FAQ. Du contenu varié et divers qu'il pensait avoir peut-être une utilité même si son objectif n'était pas les vues. C'était simplement celle de la passion et de pouvoir partager son bonheur.

Avec le temps, il se fit une petite notoriété du public japonais -spécialement Tokyoïte- ainsi qu'une partie de la toile internet. Pas celle digne d'une grande diva de la pop ou de ces énormes stars internationales. Pas de celle où il ne pourrait plus se balader dans la rue tranquillement. Juste une toute petite reconnaissance où quelques têtes pourraient le reconnaître dans la rue et discuter avec lui. Cela lui permit tout de même de varier ses activités lucratives comme passages dans des publicités commerciales, des petits rôles dans des séries lambda ou d'intégrer des troupes de danseurs pro pour « idole ». Il fut même « utilisé » une ou deux fois comme un « objet de propagande » pour les bienfaits de l’incontestable de par sa couleur de peau, sa famille et son histoire. Un enfant né de deux personnes de culture différente, ça rassure le peuple non ? Maintenant, il ne lui restait plus qu'à se battre contre la plus grande crainte et question existentielle de sa vie : Quand son tour viendra de ressembler à ses parents et de recevoir cette missive de l'entité japonaise ?
Alejandro Torres
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posté
le Ven 18 Mai - 23:11
par Alejandro Torres
Alejandro Torres
"Que l'on s'efforce d'être pleinement humain et il n'y aura plus de place pour le mal."
Storytime Part 2

Septembre 2108 – Janvier 2109
Prise de conscience.

Et ce jour tant attendu arriva finalement. Cet instant devenu presque inespéré d'avoir son regard sur cette enveloppe rosâtre affublée du cachet du gouvernement conservée entre ses doigts. Un sourire s'afficha sur son visage, son corps s’exalta de la nouvelle. À partir de ce jour, le danseur ne sera plus jamais réellement seul dans sa vie. Quelqu'un spécialement désigné par le gouvernement sera désormais être à ses côtés. La personne « parfaite » à son caractère. Intrigué, ses doigts arrachèrent la lettre du paquet pour la parcourir avec une attention particulière. Demande impérative de quitter son domicile, sa petite routine quotidienne pour démarrer la nouvelle expérience que son pays lui « vend » depuis tant d'années désormais dans un autre lieu. Chose qu'il ne perçut aucunement de cette manière, toujours le sourire aux lèvres alors qu'il scruta longuement le prénom de son épouse, cherchant à l'inscrire rapidement dans sa mémoire. Madame Torres. Si difficile à croire sur l'instant mais tellement réel. Sa femme rien qu'à lui. Cette personne qu'il devra chérir avec tendresse et lui donner tout son amour possible. Il eut hâte de rejoindre leur nouvelle habitation et de rencontrer cette personne en chair et en os. De faire connaissance avec celle-ci et d'apprendre à la connaître de jour en jour pour bâtir un beau foyer plein de vie et d'affection. Le rêve sembla être devenu la réalité en une fraction de seconde et le monde ne fut qu'encore plus radieux qu'il ne l'était déjà à ses yeux.

Where is hope ?

Il était tard. Bien tard. Alejandro n'arrivait plus à confier son sommeil dans les bras de Morphée depuis quelques heures. Qui le pourrait en sachant que l'inévitable fatalité va arriver d'une minute ou l'autre ? Assis dans la cage d'escalier, son regard était vers la porte d'entrée, attendant inlassablement le cliquetis de déverrouillage de la serrure et de voir cette porte s'ouvrir lentement pour y dévoiler cette fameuse madame Torres débarquer à travers la pièce. Vain espoir qu'il semblait avoir alors que son regard se posait sur son portable. 23H55. Son cœur tambourina contre sa cage thoracique avec ardeur. Son rythme cardiaque s'emballait en une fraction de secondes. Quelques minutes encore et il serait traité comme un ennemi de la nation. Un renégat. Lui, le gentil cubain qui ne cherche qu'à se faire aimer des autres et d'apporter le bonheur à tout être sur cette terre avec sa bonne humeur légendaire. Une boule au creux de son ventre commençait à se former alors que ses doigts se mirent à trembler autour de son portable. Première expérience du mariage qui lui offrait la première désillusion et la triste réalité de la vie. Tout le monde n'attendait pas ce message avec autant de ferveur que sa personne. La peur commençait à prendre possession de son être tout entier. Il composait un numéro avant de poser le portable contre son oreille.

« Isa'... Désolé de te déranger à cette heure-ci. Je voulais seulement te prévenir que tu ne me verras ni ne m'entendra pendant quelques jours probablement... J'aurais voulu te faire la surprise en personne mais la situation n'est pas si agréable que cela. » Il inspirait une grande bouffée d'air alors que sa sœur s'exprimait à son tour, quelque peu inquiétée de son monologue et de sa voix terne. Tellement inhabituel.« J'ai été marié. Et elle n'est pas venue. Il ne lui reste que quelques minutes mais l'espoir semble s'être envolé pour moi. Je ne la déteste pas cependant. Tout le monde n'a pas le même avis sur l'incontestable tout comme le courage pour nous rendre à notre domicile. Encore moins d'attendre avec ferveur ce genre d'union là. Enfin... Je voulais simplement te mettre au courant pour que tu ne sois pas inquiète de ma disparition. Tu seras la première mise au courant dès que je sortirais de là-bas. » Aucune hésitation dans sa voix. Sa foi semblait des plus imperturbables qui soient lorsqu'il s'agissait de faire muer le cœur des gens. « N'inquiète pas trop papa, maman ainsi que Ginko et Eiko. Je ne veux pas leur imposer cela.... Dis leur simplement que je suis trop occupé par le travail pour passer leur faire un petit coucou....Fais leur des baisers de ma part et dis leur ô combien je les aime. Isadora... Je t'aime ma petite sœur. À dans quelques jours sans faute. »

À peine avait-il fini de lâcher ces mots que la porte s'ouvrait dans un grand bruit de fracas. La milice venait à entrer dans la demeure de la plus brutale des manières. On le pointait du doigt tout en lui criant dessus, n'hésitant point à se jeter à plusieurs sur sa personne, lui lâchant quelques coups au passage alors qu'il tendait les mains, pacifiste et résigné , face à l'inévitable sanction de la désobéissance de sa moitié.

Prison.

Considéré comme un malfrat. Jeté au trou comme un vulgaire déchet de la société. Son corps s'écroulait avec lourdeur contre le sol après avoir été « gentiment » invité par la milice à rejoindre sa chère et tendre dulcinée. Alejandro gémissait faiblement en sentant la douleur naître dans certaines parties de son corps avant de se redresser lentement. Sa gorge refrénait un haut-le-cœur soudain dû à la puanteur environnante alors que son regard faisait rapidement le tour de la minuscule pièce dans lequel il avait été jeté. Endroit lugubre emplit de saleté et autres déchets infâmes. Son esprit comprenait doucement que le lieu fut créé ainsi pour décourager les rebelles à lutter plus longtemps contre le gouvernement et d'accepter la fatalité de leur existence. Outil de pression simple mais efficace. Il s'asseyait lentement sur le sol en inspirant profondément. L'odeur s'infiltrait dans ses narines, se déversait dans sa gorge pour y ressentir cette puanteur des plus abominables. Pourquoi devaient-ils se rencontrer dans un lieu aussi insalubre que celui-ci ? Pourquoi n'était-elle pas venu à leur nouveau domicile ? Pourquoi ne pas lui avoir donné cette chance de le connaître ? Sa tête était remplie de milles et une question à laquelle il aurait bien voulu avoir les réponses. Et pourtant, lorsqu'il posait ses émeraudes sur la petite forme d'ombre avachie dans un coin de la pièce, son cœur se serrait un instant, oubliant tous ses tourments. La scène lui donnait l'impression que sa moitié souffrait le martyr, autant physiquement que mentalement de cette situation. Était-ce douloureux d'avoir son nom remplacé par celui d'autrui ? Cette question ne pouvait trouver de réponse adéquate dans son cas. L'homme avait toujours vécu avec cette fatalité qu'un jour ou l'autre, il pourrait bien perdre le sien tout comme le donner à un autre. La fatalité de la vie d'un Japonais. Ce destin gravé à même sa peau depuis son premier jour sur terre.

Ses doigts tâtaient avec lenteur quelques parties de son corps pour évaluer les dégâts que ces brutes lui avaient faits avant d'entendre un bruit à l’opposé de la pièce. À peine perceptible dans la pénombre, la petite forme humaine autrefois passive et silencieuse s'éveillait lentement de sa bulle.

« Bonjour ?...Je suis Alejandro....Alejandro Torres......Ton époux. »

Son regard l'observait longuement sans ajouter un mot de plus. Il se doutait que la nouvelle fut des plus difficiles à avaler lorsque l'on reçoit cette fameuse lettre. Encore plus lorsqu'on finit au fond du trou avec celui dont on ne voudrait jamais voir la tête. Il tâtonnait quelque peu sur place, examinant la position dans laquelle elle se tenait ainsi que ses réactions. Elle semblait recroquevillée sur elle-même, à se tenir le visage de ses deux mains.

« J'aurais préféré un autre endroit pour ce genre de rencontre. Pas toi ? Ils ne t'ont pas fait de mal cependant ? »

Même au fond du trou avec la corde au cou, l'homme ne cherchait qu'à s'intéresser à sa moitié et de rechercher son bien-être. Sans attendre une réponse de sa part, il commençait à s'approcher lentement d'elle  à quatre pattes et tendait lentement sa main dans sa direction, effleurant son épaule.

« Tu vas bien ? Tu n'as rien de cassé ? Je peux jeter un coup d’œil si tu le désires. J'ai quelques notions de secourisme... »

Son empathie et sa bonté pour autrui se manifestaient automatiquement.  Sa dentition mordillait faiblement sa lèvre inférieure pour combler le stress de la situation. La bouche du danseur s'entrouvrait lentement sans qu'aucun son ne s'échappe. Ses perles couleur olives observaient avec attention ce joli petit minois qui se dévoilait pas à pas dans la pénombre. Expression froide voire glaciale. Un regard plein de haine et de véhémence dont il n'aurait jamais cru faire face. Son geste était rejeté du dos de sa main avec violence dans un claquement sourd. Puis sa voix résonnait et se répercutait sur les murs de leur cellule pendant quelques secondes. Mordante. Grinçante. Agressive. L'homme venait de provoquer l'éveil de sa fureur, lui répétant inlassablement les mêmes choses. « Ne me touche pas », « Je ne suis pas tienne ! », « Je n'ai pas besoin de ton aide ! », « Tu n'es pas mon époux à mes yeux ! Tu n'es qu'un étranger ! », « L'incontestable, je l'emmerde ! ». Tant de choses qui lui torturaient son cœur fragile. Incompréhension totale de son côté de recevoir autant de remarques blessantes de sa part.

Cette rencontre n'était pas du tout à l'image qu'il s'en faisait depuis tout petit. La relation avait été toujours idéalisé dans sa tête avec le bonheur que vivait ses parents. La famille Torres, joviale et unie depuis de nombreuses années grâce à l'amour de ces deux êtres. Jamais il n'aurait pu penser que la rencontre vire autant au drame. Comment pouvait-on même l'associer à une personne qui pense en mal à leur institution?! L'homme essayait de nouer ne serait-ce qu'un faible lien avec sa moitié mais toutes ses tentatives étaient voués à l'échec. Distante. Rebelle. Nocive. Leur détention se prolongeait d'une journée supplémentaire puis d'une deuxième, troisième. Les jours commençaient à se ressembler tant les événements devenaient cyclique entre les deux époux. Lui qui tentait de faire un pas. Elle qui l'envoyait balader avec son venin aussi promptement.  Rien ne semblait lui faire changer d'avis concernant sa nouvelle condition et tous les changements qui allaient de pair. La délivrance de leur séjour en cellule n'arrivait qu'une bonne grosse semaine après leur entrée, lorsqu'elle posa ses lèvres sur les siennes avec fulgurance. Aucune envie. Aucune volonté de s'étaler. Ce baiser n'existait qu'à cet instant pour sauver leur existence d'un destin des plus tragiques qui soient. Impossibilité pour le danseur de croire en un avenir radieux même avec la meilleure volonté...

Leur vie ensemble à l'extérieur de ces murs commençaient en ce jour sans qu'Alejandro n'ait réussi à imposer sa vision de la vie et d'un couple, sans avoir la moindre considération de la part de son épouse. Considérer comme une sangsue, un poids qui l'empêcherait à vivre sa vie comme elle l'avait toujours désirée. Jamais elle n'avait voulu le laisser s'exprimer jusqu'au bout. Entendre ses belles paroles venant du fin fond de son cœur, prêt à certainement bons nombres de sacrifices pour que cette union fonctionne, que les tensions cessent un jour ou l'autre. Le cubain avait bien essayé de s'y faire à ce quotidien des plus ternes, à cet échange d'obligation fastidieux avant que chacun ne reparte dans leur monde respectif. Elle ne l'aimait guère ni le portait dans son cœur réellement. Un fardeau totalement à ses yeux alors qu'il lui mâchait les tâches avec bonne volonté. L'aspect physique semblait lui convenir cependant mais le caractère ne suivait point à son idéal. Trop chétif. Trop empathique. Trop gentil. Des choses qu'elle ne pouvait se permettre d'afficher dehors à ses relations habituelles. Chose qu'elle lui jeta finalement au visage l'un de ces soirs où elle noyait sa mauvaise humeur dans l'alcool.

« Tu me fais honte Alejandro ! Voilà pourquoi j’évite qu'on sorte ensemble! Comportes-toi comme un putain de mec à la fin ! »

Ces mots sortaient de sa bouche avec une véhémence sans fond, un regard aussi noir que le néant où toute sa haine de cette union s'exposait à cet instant précis. Aucune réaction. Aucune parole. Seulement un être inerte incapable de savoir comment réagir à cette attaque verbale. Incapable de répliquer à tout ce qu'elle lui envoyait à la figure. Incapable d'être cet « homme » qu'elle aurait voulu qu'il soit. Sa carapace se brisait lentement seconde après seconde jusqu'à ce que son cœur soit dénudé de toute protection. Aucune empathie. Aucune pitié. Il était broyé, fracassé, secoué dans tous les sens jusqu'à ce qu'il soit en miette à côté du faible éclat d'ego. Le cubain restait de marbre, rassemblant le peu de motivation et d'énergie lui restant pour ne pas craquer devant sa personne. Garder un peu de dignité et l'illusion qu'il pouvait tenir encore debout à recevoir d'autres blessures psychiques. Elle quittait la pièce encore plus énervée qu'elle ne l'était au début, fracassant le mobilier et claquant la porte de leur habitation. L'homme se mordait la lèvre inférieure avec acharnement jusqu'à faire couler le liquide carmin de sa chair, poings serrées alors que les perles d'eau commençaient leur raid sur son visage dans un silence total. Qu'importe les efforts et les excuses de sa compagne, le mal était déjà fait et bien trop profond pour espérer un soin miraculeux.

Ce jour marquait la dégradation de leur relation tout comme la mort de la motivation d'Alejandro pour sauver le moindre espoir d'animer une flamme entre leur deux personnes. Les doutes commençaient à s’immiscer de plus en plus dans son esprit sur l'utilité d'une telle union à cet stade-là. Aucune chance d'apercevoir un futur ensemble alors pourquoi continuer à se battre ? Surtout lorsque l'autre le traite comme un moins que rien ? Une petite merde sans nom ? L'incontestable venait à la rescousse d'Alejandro lorsqu'il prononçait la fin de leur vie commune. L'expérience était un désastre complet pour sa part, provoquant l'effroi et le dégoût d'une hypothétique nouvelle calamité de ce genre à l'avenir.

« Ô incontestable. Tu as fait une erreur la première mais je t'en pardonne. Fais que la prochaine fois, lorsque je serais guéri de tous ces maux, que mon cœur ne souffre point autant qu'il n'a souffert à cet instant de cette désillusion que tu m'as apportée... »

Blessé et meurtri au plus profond de son être sur la manière dont il fut traité par autrui, le danseur trouvait refuge pendant un certain temps au côté de sa meilleure amie. Celle qui le connaît aussi bien que sa famille. Celle qui connaît la plupart de ses secrets. Celle qui sait trouver les mots pour le rassurer. Celle pour laquelle il s'est battu pour l'avoir dans sa vie. Celle où il existe cette étrange forme d'intimité complice entre eux. Hiyori Setsuda. L'une des uniques personnes capables de panser les blessures de son cœur et de le materner quelque peu à sa manière.

Mai 2109-2010

La frayeur se manifestait dans le corps du danseur l'un de ces matins du mois de Mai 2109 lorsqu'il farfouilla dans le tas de courrier qui jonchait sur le plan de cuisine. Surpris. Tétanisé. Son être frissonnait avec intensité. Elle était là. L'inexorable enveloppe ornée du blason du gouvernement japonais rosâtre  parmi ces homologues blanchâtres. Inattendue lettre qui scellerait son avenir sans la moindre contestation. Il déglutissait un instant alors que son esprit divaguait à penser à l’incontestable et toutes ses règles régissant leur quotidien. Entité perçue de bienveillance tout comme son contraire au sein même de la population. Alejandro n’avait jamais remis en doute cette loi concernant la survie du peuple japonais, spécialement lorsqu'il posait son regard verdâtre sur ses deux parents qui semblaient s'aimer depuis la nuit des temps. Le bonheur et la compatibilité promise par le gouvernement leur avait été offertes sans le moindre accro. Pourquoi ne voudrait-il pas y croire alors ? À cette promesse écrite sur un bout de papier ? Le doute. La peur. L'expérience désastreuse encore imprégnée dans sa chair. Rien n'avait fonctionné comme il l'aurait voulu. Un échec. Un désastre. Son esprit le percevait comme tel tout comme ce sentiment d'incompatibilité qui germait au plus profond de son être. Plus les jours passaient et plus son espoir d'avoir cette vie tant désirée s’effaçaient doucement malgré le sourire sur ses lèvres.  Était-il heureux du coup ? Il ne savait point. Son esprit était des plus confus. Pourquoi autant de temps ? Avec qui ? Était-ce définitif cette fois ? Tant de questions qu'il se posait dont une seule et unique personne détenait la réponse.

Ses doigts finissaient par saisir l'enveloppe tout en laissant son corps, lourd comme de la pierre, s'appuyer contre le mobilier. La pression s'accentuait dans son être jusqu'à ce qu'il puisse passer à la lecture du document, cherchant avec vivacité le moindre détail sur sa moitié. Sa bouche s'entrouvrait un instant à la découverte de l'information. Ce nom. Il lui était si familier. Et pourtant, il n'arrivait pas à remettre le doigt dessus même en se forçant à faire travailler sa matière grise. L'homme préférait ne pas s'en occuper ou d'aller farfouiller le net pour laisser sa chère et tendre se présenter d'elle-même.

New life.


Il était temps désormais de prendre son courage à deux mains et d'affronter les épreuves que l'incontestable lui avait réservées. Ses deux perles verdâtres se posèrent une dernière fois sur ce petit appartement modeste qu'il louait depuis des années. Son indépendance. Son petit cocon de confort. Il se remémora les souvenirs  les plus marquant de cet endroit, posant sa paume à plat contre la porte d'entrée. Un sentiment de mélancolie commençait à naître au creux de son cœur à la vue de ces pièces désormais bien vides. Les déménageurs avaient fait le nécessaire pour embarquer toutes les choses vitales du cubain, ne laissant que les divers meubles et autres babioles pour le prochain propriétaire. Ses lèvres lâchaient un faible soupire avant de prendre une grande inspiration. Ses doigts s'accrochaient à la poignée de la porte pour la fermer derrière lui. Un chapitre de sa vie venait de se clore et un autre n'attendait qu'à s'ouvrir.

Quelque part dans Shibuya. Une heure plus tard.


Le nouveau marié venait de fraîchement débarquer du métro avec son petit sac à dos. Il plongeait son nez rapidement sur la lettre de mariage, examinant de nouveau l'adresse indiquée avant de se mettre en route à l'aide de l'application GPS. Il rejoignait assez rapidement le quartier de Shoto et ses bâtiments tout aussi impressionnants. Qu'importe où il posait son regard, le jeune homme était émerveillé par la richesse des constructions et l'espace des terrains. Un quartier à l'image de l'occident où le calme règne. Il n'avait entendu que des échos de celui-ci, surnommé souvent le « Beverly Hills » du Japon. Plus il marchait à travers celui-ci et plus il comprenait la signification derrière cette appellation. Luxure. Démesure. Tranquillité. Sa recherche était interrompue lorsqu'il tomba sur ce qui ressemblait à un énorme havre de paix situé en plein centre du quartier, où étang et verdure vivent en harmonie. Un lieu dont il n'hésiterait pas à venir se ressourcer bon nombre de fois probablement. Son errance continuait pendant plusieurs minutes avant qu'il n'ose demander son chemin à l'une de petites boutiques.

« Qu...Quoi ?....C'est possible ça ? »

L'expression sur son visage se décomposait un instant. L'étonnement. L'imprévu. Son regard oscillait entre la lettre et l'adresse qu'il avait en face de sa personne. Il n'en croyait pas ses yeux. Cet énorme terrain où gisait un pavillon à l'américaine semblait être sa nouvelle habitation. Son nouveau « chez soi ». Il déglutissait un instant, s'approchant du portail pour entrer le code qu'on lui avait fournit avec lenteur. Et la barrière automatique s'ouvrait lentement. Il n'y avait pas de doute. Pour son plus grand malheur, l'homme simple qu'il est, s'était vu gratifié d'une belle demeure. Les questions dans son esprit s’enchaînaient les unes après les autres sur sa compagne. Que faisait-elle dans la vie pour qu'ils puissent se permettre un tel luxe ? De tels espaces ? Quel rythme de vie avait-elle ? Il secouait vivement la tête pour chasser ses doutes avant d'être pris d'une certaine folie pour s'engouffrer à l'intérieur de la demeure.

« B...Bonjour ? Il y a quelqu'un ? »

Sa voix résonnait à travers les différentes pièces jusqu'à finir par lui revenir dans un écho qui lui arrachait un frisson. Il posait son sac près du placard à l'entrée à côté de ses chaussures avant de faire le tour du propriétaire. Il restait bouche-bée tout le long de la visite, incapable de lâcher le moindre son. Il n'en revenait point que tout ceci était à lui. Cet espace ! Ce luxe ! Tout lui était désormais sien. Il se sentait mal, accoutumé à vivre dans des endroits plus raisonnables et modestes. Encore plus torturé lorsqu'il songeait à la détresse de ses parents. Il finissait par se poser sur le bord du lit, agrippant doucement ses jambes pour les ramener contre son torse. Aucune présence de sa moitié. Aucune trace de son emménagement. Allait-elle tenir son engagement ou préférait-elle lui faire faux bond comme la précédente ? Il espérait au fond de son être que le cycle infernal ne se mette pas en route une deuxième fois. Un second passage par la cage prison ferait éclater en milles morceaux le peu d'espoir de voir son avenir radieux. Cependant, il n'était plus maître de son destin. Lui avait fait sa part du marché, ne restant plus que celle de sa moitié.

Il lui fallut attendre plus de quarante-huit heures pour constater que quelqu'un d'autre que sa personne avait franchi le seuil de la demeure, provoquant à la fois son soulagement d'esquiver une sentence pénible tout autant qu'un léger stress face à cette rencontre probable dans les minutes à venir. Une inspiration profonde, un long souffle. Il prenait son courage à deux mains et s'avança avec courage à la recherche de l'inconnue. Il tombait rapidement sur une silhouette féminine d'une vingtaine d'année, triant quelques boites déposées par les déménageurs.

« ....Bonjour.....Eri-San ? Je suis Alejandro Torres.... »

Elle stoppait ses mouvements immédiatement, restant inerte et silencieuse quelques secondes avant de finalement tourner la tête en direction du danseur. Elle l'observait avec grande attention sans aucune gêne apparente, le dévorant presque du regard.

« Hm. Il semble que mon frère va devoir tenir sa promesse. T'es pas si mal dans ton genre. T'as quelque chose d'unique et rare dans notre archipel. C'est appréciable. »

L'homme était surpris par les propos de la jeune femme, restant totalement bouche-bée devant elle alors que ses joues brunâtres prenaient lentement quelques teintes rosées. Amusée par cette réaction pure et innocente, elle finissait par lâcher l'objet qu'elle tenait en main pour s'en rapprocher lentement. L'une de ses mains se posait sur le bras d'Alejandro alors que l'autre migrait sous le menton, effectuant une faible pression pour fermer sa bouche.

« Je suis déçu que l'incontestable offre pareil cadeau à autrui. J'aurais terriblement mérité un homme de ton style. Je suis sûr que tu as dû avoir ta part de succès avec ta belle gueule d'ange. » Elle le dévorait du regard une fois de plus, observant le moindre de ses traits avec grande attention pour y lire la moindre réaction. « Cela aurait été appréciable. Je n'aurais pas eu à me retenir de te croquer jour après jour. » La réaction rougeâtre s'étalait sur ses joues devenant bien pourpre, signifiant sa gêne dans cette situation. « Dommage. J'vais me contenter de me rincer les yeux à l'avenir.  Maman ne va pas être déçue cependant.... Tu es carrément le style d'homme qu'elle affectionne particulièrement.... »

Sourire carnassier, regard enjôleur. Elle aimait faire perdurer ce petit jeu de séduction tout à fait innocent dans sa tête. L'homme faisait un pas en arrière pour mettre un peu de distance entre eux, quelque peu choqué de cette façon de faire.

« Leiko ! Arrête de t'amuser comme cela avec lui et continue ce que je t'ai demandé ! Ce n'est pas un de tes subalternes ou l'un de tes nombreuses conquêtes ! Fous lui la paix ! »

La voix portante résonnait dans la grande pièce de vie. Puissante. Tranchante. La jeune femme arrêtait aussi vite le petit jeu qu'elle avait commencé il y a quelques minutes, pestant à voix basse toutes les remarques dont elle faisait l'objet à cet instant, retournant à son occupation pour le soulagement d'Alejandro. Son attention était portée sur la nouvelle présence dans cette pièce. Une femme dans la fleur de l'âge, plus mûre et mature aux premiers abord que Leiko, habillé dans un ensemble cintré chic et glamour affublée d'escarpins de marque. Ses pas résonnaient dans la pièce carrelée jusqu'à rejoindre Alejandro.

« Désolé pour son comportement. J'ai toujours eu du mal à canaliser sa fougue et son esprit rebelle. »

Son corps s'inclinait lentement pour suivre le même chemin que ses paroles pendant quelques secondes avant de redresser le buste. Sourire aux lèvres, tous deux s’échangeaient un regard.

« Je suis Eri. Je suis ta nouvelle compagne. Enchanté de vous rencontrer Monsieur Torres. »

Elle était là. Juste devant ses yeux. Celle qui portait à nouveau son nom. Celle avec qui il devrait possiblement passer le restant de sa vie. Celle avec qui il devrait fonder un foyer. Eri Torres, anciennement Hasegawa. Femme d'une quarantaine d'années. Mère de deux enfants. Ancienne mannequin et actrice bien connue du public Japonais, moindre à l'international. Elle a utilisé avec intelligence ses contacts pour devenir une entrepreneuse modèle au sein même de son pays natal, continuant une carrière plus modeste au grand écran. Le fait qu'elle fut chaleureuse et pétillante dès leur rencontre suffirent dans un premier temps à ôter le plus gros des doutes concernant le choix de l'incontestable. Malgré leur écart d'âge, les nouveaux époux semblaient avoir trouvé une certaine routine de vie agréable et quelques points communs sur lesquels s'accrocher. Contrairement à son ancienne épouse, Eri se faisait plus attentionnée et sociale sans juger le danseur sur son comportement et sa manière de faire pour son plus grand bonheur. La famille de sa femme l'avait accepté avec le sourire et la bonne humeur. Il se sentait bien et semblait avoir trouvé finalement sa place au sein de ce foyer jour après jour. L'espoir de connaître ce mariage « parfait » à ses yeux refit surface à l'intérieur de son être.

Eri s'intéressait de plus en plus, au fil du temps, aux passions du danseur et sa carrière professionnelle. Si celui-ci n'avait pas besoin de conseil supplémentaire concernant la danse et la façon de percer, elle souhaitait néanmoins lui donner un quelconque coup de pouce à sa manière afin d'étendre les possibilités d'évolution de carrière. À l'aide de ses anciennes connaissances du secteur et de ses différentes relations actuelles, elle n'eut peur de prendre le contrôle entièrement de la carrière d'Alejandro et lui ouvrir toutes sortes de possibilités. Mannequinat. Publicité. Apparition dans des séries à faible budget/ampleur. Tout avait été étudié dans les moindres détails pour faire connaître à la population entière ce japonais à la peau d'ébène, au regard émeraude charmeur et à la frimousse adorable. Lorsque sa notoriété atteignit un seuil acceptable, elle convainquit le jeune homme de s'attaquer à la transformation de son univers musical pour l'aider à percer dans le milieu avec sa belle voix. Ou plutôt, il se laissa faire sans grande résistance au vu de leur liaison intime.

À cette période naissait un personnage totalement inventé pour lui avec sa propre personnalité et son propre univers musical, associé à plus ou moins à son physique atypique au Japon. Enjôleur. Charmeur. Joueur. Provocateur. Séducteur. Quelque chose de totalement contradictoire avec le caractère et l'image d'Alejandro au quotidien. Une double vie qu'il avait du mal à gérer sur le long terme. L'époux faisait ça plus par affection et amour, voyant à quel point cela tenait aux yeux de son épouse, que cela lui donnait une joie de vivre supplémentaire. Un sacrifice supplémentaire qu'il faisait au nom de l'amour au dépit de sa propre condition mentale et du mal-être qui naissait à l'intérieur de son corps. Ce dégoût de soi-même. De cette version de lui qu'il devait vendre. Ce Doppelgänger maléfique. Et avec le "succès" venait les ennuis. Les ragots. La jalousie. De la part de personnes lambda ou de la presse. Et parfois plus près de sa personne qu'il n'aurait pu le croire....

« Tu es à moi. Rien qu'à moi Alejandro ! Je t'interdis de poser les yeux sur une autre que moi ! Ne me contredis pas ! J'ai vu comment elles te tournaient autour ! Et tu ne leur dis rien ! Tout autant que je sais combien de temps tu passes à bichonner tes amies là ! Surtout ta meilleure amie ! Tu crois que je ne le vois pas ?! Le regard que tu lui portes ?! Comment tu m'en parles ?! Tu es mien ! Je suis ta femme ! Et je dispose de mon mari quand j'en ai l'envie, de la manière dont il me convient le plus ! »

La voix de la jeune femme éclatait dans la pièce. Perçante. Cinglante. Le regard brûlant dirigé vers le cubain. Ses mains s'agrippaient férocement à son visage. Ces simples mots... Il les avait attendus tellement depuis bien trop longtemps. D'entendre ça de la bouche de sa femme. Pourquoi avaient-il ce côté si amer pour autant ? Cette sensation désagréable au creux de son ventre ? Son coeur se serrait lentement. Compression. Malaise. Il se sentait mal tout d'un coup. Mal d'être convoité de la sorte. Encore plus mal lorsqu'il réalisait qu'il n'était rien d'autre qu'à ses yeux qu'une pauvre chose utile à ses désirs et ses fins tout comme ceux de ses enfants. Où était-donc passé leur complicité des premiers jours ? Et l'affection qu'ils portaient l'un à l'autre ? Qu'était devenu sa charmante épouse ? Corrompue par le succès et la jalousie. Était-ce mérité ? Elle ne comprenait tout simplement pas la situation dans laquelle il se trouvait. Torturé entre le bonheur de son couple, sa carrière professionnelle et sa meilleure amie qui venait de lui annoncer sa grossesse. Nouvelle qui secouait fortement l'esprit du jeune homme et dont il gardait l'information secrète pour lui encore à cet instant. De peur qu'elle n'en vienne s'en prendre à ce qui pourrait être sa progéniture. Hiyori lui avait avoué ses doutes concernant sa potentielle paternité et il lui avait promis dans l'immédiat de prendre soin d'eux. Et lui venait d'être coincé dans cette spirale infernale où il n'était plus libre de ses choix, de ses gestes et paroles en public, à se couper en quatre pour satisfaire le plus de monde. Tout reposait désormais sur les épaules de sa femme, elle qui avait pris les ficelles de leur vie et ne prenait guère en compte les difficultés qu'il avait pour continuer à jouer ce rôle épuisant, mentalement comme physiquement. Eri resta cramponnée à Alejandro, venant l'embrasser avec ardeur et passion, essayant d'abreuver cette sensation creusée au fond de son être. Il ne ressentit rien du tout à l'instant qu'une profonde tristesse. Incapable d'être aimé pour ce qu'il est réellement.

Autant dire qu'à ce stade de sa vie, la « star » subit un méchant coup au moral, une fois de plus, malgré son devoir d'afficher toujours une bonne humeur constante face au public pour éviter les quelconques rumeurs et soupçons supplémentaires à son encontre. Il en vint de même avec la relation qu'entretenaient les Torres. Si aux yeux du monde, tout deux semblaient encore vivre une idylle parfaite, un froid s'installa entre eux en privé. L'homme avait encore bien du mal à avaler les propos d'Eri et encore moins sa façon de faire, repoussant chaque tentative désespérée de sa part pour recoller les morceaux. Il devait se plier néanmoins aux ordres de l'incontestable et continuer leur vie ensemble malgré les discordes et disputes dans son couple. Ce n'était rien comparé à ce qu'ils les attendaient quelques semaines plus tard.

Malgré la menace planante du mauvais temps et des conditions météorologiques des plus désastreuses,  Alejandro n'avait pas voulu s'arrêter dans ses activités professionnelles pour autant. L'importance de continuer à s'abreuver de sa passion, de se vider la tête et l'esprit en contre-partie d'une douche forcée l'espace d'un moment. L'homme faisait sa représentation nocturne comme à l'accoutumé, avec le sourire sur les lèvres et l'ardeur qu'on lui connaît. Offrir un divertissement de qualité avec une joie de vivre débordante. Ce soir-là, cela lui semblait bien plus important que toutes les représentations précédentes qu'il avait pu effectuer. Un grand festival d'automne avait été mis en place dans l'un des quartiers de la préfecture de Tokyo sur une période de plusieurs jours avec festivité à foison de jour comme de nuit sans quasi interruption, voulant préserver cet état de fête constante jusqu'au petit matin. Et pour une première fois, l'homme avait eu la chance de pouvoir participer à cet événement en tant qu'acteur et non spectateur. Une aubaine pour lui mais surtout une fierté. Lui et ses compagnons tout comme le public n'avaient aucunement prévu l’apparition de ces terribles secousses. Les cris et hurlement retentissaient alors que le sol tremblait sous leurs pieds, les murs commençaient à se fissurer à certains endroits, les vitres éclataient en milles morceaux et certains morceaux de plafonds s'écrasaient sur le sol et avec eux, la plupart des décorations de salle de représentation. La voix d'Alejandro s'élevait bien fort, au delà du brouhaha et de la panique environnante pour diriger les quelques membres les plus proches vers les endroits les plus adaptés à ce genre de catastrophe naturelle. Les secousses s'estompaient lentement et les bruits assourdissants avec pour ne laisser place qu'au silence le plus total durant quelques secondes. Plus de vibration. Plus de tremblement. La colère des dieux semblait avoir cessée l'espace d'un instant.

Alejandro sortait en premier lieu pour constater la sûreté des lieux et constater les dégâts environnant. Certains n'avaient pas eu autant de chance qu'eux d'avoir trouver un refuge valable. Ayant un brevet de secourisme, le danseur se dirigeait le plus promptement auprès des blessés pour évaluer leur condition, les traiter avec les maigres ressources en leur possession en priant pour que les secours n'arrivent à leur rescousse. Aucuns signaux. Aucuns réseaux téléphoniques. Seul le générateur du lieu semblait encore tenir le coup, leur apportant une maigre luminosité pour y voir dans cette pénombre. Personne ne viendrait donc à leur rescousse aussi vite qu'il ne l'aurait pensé. Son cerveau cogitait bien vite à cet instant, à la recherche d'une solution quelconque pour prévenir les secours. L'hôpital n'était qu'à quelques blocs de leur immeuble, un petit sprint jusque là-bas n'était pas impossible même s'il était bien tard dans la nuit. Sur un coup de tête, Il se précipitait rapidement vers la porte d'entrée, la dégageait avec fracas avant d'être totalement figé sur place. Le chaos régnait à l'extérieur. Les cris de douleur, les hurlements de torpeurs et appels de détresse résonnaient en cacophonie pour une incompréhension des plus totale. Le peuple japonais se trouvait désemparé,démuni et blessé. Le désarroi s'emparait rapidement de l'esprit d'Alejandro, totalement dépassé par les événements. Il ne pouvait intervenir auprès de toutes ces personnes demandant de l'aide. Il devait déjà faire au plus vite pour chercher des secours pour ses propres partenaires. Malgré les risques, il s'élançait à travers la ville à toute allure, armé d'une pauvre lampe torche alors que ses pensées commençaient à réaliser l'ampleur des dégâts. L'inquiétude gagnait naturellement son être concernant toutes les personnes qu'il appréciait de tout son cœur. Pour ses parents. Pour ses frères et sœurs. Pour ses amis les plus précieux. Pour Hiyori qui portait désormais la vie. Sa dentition s'écrasait avec fracas sur sa lèvre inférieure. Elle devait être seule à se lamenter sur son sort et lui avait des regrets de ne pas être à ses côtés à cet instant. De la serrer contre lui avec force, l'envelopper avec douceur, de lui offrir sa protection en lui susurrant de doux mots tendres au creux de son oreille. Ses pensées ne cessaient de prier pour leur sécurité, pour que les dégâts ne soient que matériel tout au plus. Son cœur ne le supporterait guère à cet instant d'avoir à subir une perte aussi importante de son côté. À bout de souffle, l'homme s'arrêtait sur le pas de la porte de la clinique, prenant de grandes inspirations pour espérer livrer le message d'une importance capitale.

« S'il vous plaît ! On a besoin d'assistance médicale ! Plusieurs personnes....sont mal en point à cause du séisme ! À deux blocs d'ici ! S'il vous plaît ! Quelqu'un! N'importe qui ! On a simplement besoin de quelqu'un pour leur porter secours ! »

Son regard constatait que le service hospitalier semblait déjà bien débordé par la catastrophe naturelle. Ses jambes flageolantes s'affaissaient d'un coup sec. L'homme se retrouvait au plein milieu de l'entrée à genoux, encore éreinté de son effort. Le désespoir semblait frapper à sa porte lentement, à lui faire prendre conscience qu'avec toute la bonne volonté du monde, rien ne changerait au destin tragique de certains habitants dont il viendrait en aide. Son être entier sombrait quelques secondes dans une sorte de léthargie totale. Ce ne fut que lorsqu'une main se posait sur son épaule et qu'on le secouait rapidement qu'il reprenait conscience. Le corps médical ne pouvait se permettre de mobiliser beaucoup de personnel à son secours mais on lui offrait une aide minime mais tellement précieuse. Un éclat d'espoir rayonnait sur les traits de son visage, essayant de se redresser de lui-même maladroitement. Il n'avait plus de temps à perdre à reprendre des forces. Guider les secours vers le bâtiment. Leur venir en aide. Telle est la mission qu'il s'était auto-confié et qu'il se jura de mener à bien. Ses yeux observaient la misère environnante durant le trajet inverse. Le cœur de l'homme se serrait à la vue de ses personnes en détresse, affichant cet air désolé sur son faciès. Tout le monde avait désespérément besoin d'aide mais il ne pouvait se permettre de s'arrêter à chaque mètre. Il n'était pas un super héros. Loin de là. Il fallait faire un dur choix sans savoir lequel était vraiment le bon. Y en avait-il un cependant ? Un choix où il pourrait avoir la conscience tranquille ? Improbable. Même s'il n'avait rien à se reprocher, il ne pouvait se résoudre à les abandonner à leur propre sort si tard dans la nuit. Plusieurs heures après l'incident et un passage par la case examination, Alejandro rejoignait l'emplacement de son domicile en portant un regard bien terne et emplit de tristesse autour de lui. La bâtisse semblait avoir résistée aux violents chocs sismiques et sa compagne semblait en un seul morceau, bien à l'abri. Pour la première fois depuis longtemps, Eri se logeait avec terreur au côté de son époux, l'accrochant fermement pour le reste de la nuit. Comme si cette catastrophe avait fait sauté le verrou de sa folie l'espace d'un court instant pour retrouver les sentiments originels qu'elle éprouvait pour son mari.

Et lorsque tous pensaient que le pire était passé, le dernier rouage de l'infortune se mit en marche. Une vague d'une hauteur incroyable frappait les côtes au alentour de midi, se déversant à travers la ville à une vitesse et force incroyable. Le réveil pour Alejandro était violent et assourdissant. À la hâte et pris de panique, son corps bondissait de son lit pour s'armer dans les plus bref délais alors qu'il portait un regard de l'autre côté de la pièce. Aucune trace de son épouse dans leur pièce. Sa voix s'élevait à travers la grande demeure mais aucune ne parvenait en retour. Voilà qu'il était seul à affronter un danger mortel arrivant à toute allure sur le pays. Il comprenait qu'il était bien trop tard pour rejoindre les hauteurs et se mettre bien à l'abri de cette catastrophe naturelle supplémentaire. Il ne pouvait plus que prier pour sa sécurité en s'agrippant à  la chose la plus solide dans l'habitation. La vague heurtait l'habitation avec violence, s'engouffrant par chaque orifice pour l’inonder rapidement dans un puissant flot continu. L'ameublement se fit secouer avec facilité déconcertante tout comme le corps du danseur qui ne pouvait lutter face à ce déchaînement sans nom. La peur se faisait de plus en plus présente dans son corps au fur et à mesure qu'il constatait de la fureur des éléments. Les instants les plus précieux de sa vie défilaient devant ses yeux en une fraction de seconde. Des moments de bonheur comme les plus douloureux. Des visages familiers qu'il aimerait tant revoir. Son temps était-il venu ? Il refusait de céder à cette facilité et préférait lutter contre l'assaut.

Lorsque Le danseur s’éveillait de nouveau, il se trouvait dans la rue, à même le sol sans comprendre comment, lui, avait pu survivre à cette calamité. Il se souvenait s'être fait emporté par le courant. Son corps et sa tête avait heurté quelque chose de costaud avec fracas pour qu'il en perde connaissance. Et pourtant, il était là tout de même. Affalé sur le béton humide, l'expression terrifié sur son visage, le souffle court. Meurtri. Dévasté. Détruit. Son corps totalement glacé, grelottant sur place, le regard livide. Jamais. Plus jamais il ne voudrait vivre ce genre d'événement.

Les dégâts au sein même de la ville étaient dévastateurs. Certains bâtiments s'étaient effondrés sous leur propre poids, plusieurs portions de routes s'affaissaient en un glissement de terrain et les quartiers ressemblaient plus à un grand champ de bataille qu'autre chose. Il en était de même pour sa propre habitation. Totalement sans dessus-dessous, la plupart du mobilier et leur affaire à l'extérieur, démontrant la puissance des éléments. Les larmes commençaient à perler le long de ses joues sans aucune retenue, poings serrés contre ses cuisses. Son corps refusait de lui obéir, totalement éreinté et blessé par les événements. Mentalement comme physiquement. La situation était devenue trop difficile pour retenir cet énorme flot de sentiment en lui.

Shukumei. Calamité provenant de la terre et de la mer. Il ne manquait plus que la chute d'astéroïde pour envisager la fin du monde et de toute trace de civilisation sur les terres nippones. Catastrophe naturelle imprévisible. Aucun japonais n'était préparé à vivre un événement de cette ampleur extrême. Alejandro était l'une de ses nombreuses personnes à avoir subi de plein fouet le déchaînement des éléments et d'avoir survécu à l'enfer par on ne se sait quel miracle. Aucune perte ne semblait à déplorer au sein de la famille Torres ni dans ses relations les plus proches. Ce n'était pas le cas au sein même de son propre foyer cependant. Eri Torres trouva la mort ce jour-là de la plus atroce des manières. Alejandro n'apprit la nouvelle que lorsque l'on retrouva son cadavre plusieurs jours après sa disparition. La nouvelle ne lui brisa pas le cœur comme elle l'aurait fait il y a plusieurs mois. La peine était tout de même là cependant malgré la rancœur qu'il lui éprouvait encore. Pour rien au monde, il lui aurait souhaité cette fin tragique. Alejandro choisit de couper la plupart des relations avec la famille de son ancienne épouse tout en renonçant au possible héritage auquel il aurait droit. Il ne voulait tout simplement plus rien avoir avec ceux qui avaient rendu sa vie un enfer dans bien des domaines.

Nouveau départ. Nouvelle vie. Chose à laquelle le danseur choisit de reprendre goût au côté de sa charmante soeur qui lui offrit l'hospitalité sans la moindre hésitation. Prête à venir à l'aide son grand-frère adoré, d'écouter son histoire, ses malheurs, ses doutes tout en lui donnant de l'affection et de l'amour. Comme il le ferait instinctivement avec elle si leurs rôles étaient inversés. Il profita de son séjour pour prendre du temps pour lui-même, à se poser les bonnes questions existentielles. À propos de sa vie. Sa carrière. Ses relations. Son rêve. Sa vision de l'incontestable. Sa façon de gérer les choses. Sans cesse, les événements passés firent irruption dans un coin de sa tête. Qu'avait-il fait de bien ou de mal ? Comment aurait-il dû agir ? Que devait-il faire à présent ? Tant de questions dont il ne semblait trouver que peu de réponse. L'homme choisit de retourner à la simplicité pure et dure. Adieu le personnage qu'on lui avait collé à la peau. Au revoir les extravagances, les interviews à n'en plus finir. Retour à ce bon vieux Alejandro qui se donne corps et âme pour sa plus grande passion, à trémousser son corps sur le devant d'une scène tout en continuant de faire de la musique pendant son temps libre. L'expérience acquise autrefois lui fut prolifique pour accroître sa propre notoriété alors que les intérêts pour sa personne croissaient lentement. Sa bouille apparaissait de temps à autre sur certains sites ou encore quelques magasines. Dans la vie privée, le danseur prit du plaisir à passer du temps avec les êtres qu'il porte le plus dans son cœur. Sa famille en grande partie mais surtout Hiyori qui avait mis au monde deux petites merveilles qui firent pétiller son regard. Deux bouilles trop mignonnes qu'il avait envie de cajoler encore et encore tout autant que leur mère. Il n'essaya plus de songer trop à l'avenir cependant ni à ce que l'incontestable lui réserverait dans l'avenir. Il le sait au fond de lui. Un jour où l'autre, cette enveloppe rosée fera de nouveau son apparition dans sa vie.  Son cœur se serait-il remis de ses désillusions ? Serait-ce un autre désastre ou une belle aventure ? Seul le temps lui amènera cette réponse....
Invité
Anonymous
Invité
Invité
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posté
le Ven 18 Mai - 23:14
par Invité
Alejandro !!!!! Ouiii !! Dis, tu me fais une place entre tes draps ou tes bras ?! Viens on va danser ensemble de longues nuits Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 2837704232
Bacon L. Beigbeder
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posté
le Ven 18 Mai - 23:31
par Bacon L. Beigbeder
Omg, avoue Lena, c'juste pour le comité ta phrase là ! Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3766924225

Bon refont du coup, Alejandro ! Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 1362171446
Setsuka Yagami
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posté
le Ven 18 Mai - 23:39
par Setsuka Yagami
"+1" Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3813954746

Bonne refonte Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3766924225
Alejandro Torres
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posté
le Sam 19 Mai - 0:07
par Alejandro Torres
OMG. Lenaïg! Me fais pas ce genre de demande en public voyons! Tu veux me faire mourir d'une crise cardiaque?! Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 1258839627 T'enlacer dans mes bras sous les draps semblent la meilleure solution....Safu que c'est pas pratique pour danser la salsa ~

Bacon>Merci pour le soutien et le message. Mais j'crois que Lenaïg veut faire chasse gardée sur mon petit popotin Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3473897349

Setsuka> Bah alors ma petite Setsu? ça te perturbe de me voir dépasser le quota de mots pour une fois? Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3813954746 (Je te rappelles que celle de Iori était proche déjà de la limite Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3473897349 ). Merci ♥️
Keiko Hamilton
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Autre: Un gros merci au satff pour ce super Design !
Plus libre que l'air
Plus libre que l'air
posté
le Sam 19 Mai - 0:26
par Keiko Hamilton
*A prit son courage a deux yeux pour tout lire*
Un personnage intéressant, courage pour ta re-validation ;) & à bientôt
Setsuka Yagami
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posté
le Sam 19 Mai - 1:11
par Setsuka Yagami
Justement Alej...j'en suis encore traumatisée Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 3813954746
Mielikki Moss
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A Spoon of Miel~
posté
le Sam 19 Mai - 2:06
par Mielikki Moss
ALEJANNNNDROOOOOO!!!! ALLEJJJANNNDROOO! *Lady Gaga*

Re-welcome! Bonne validation! <3
Makoto Nanase
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★
posté
le Mer 23 Mai - 20:37
par Makoto Nanase
Analyse de fiche

Le staff de Just Married te souhaite la bienvenue sur le forum ! ♥️

Introduction
Bonne refonte Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 1362171446

- Obtiens rarement des contrats dans "l'audiovisuel"
On dira plutôt occasionnellement que rarement o/

Histoire
- ces cris résonant
- ‎jamais poussé leur étude
- ‎territoire inconnue
- ‎et à toujours continuer
- ‎ cette petite battisse
- ‎plus le temps passer
- ‎en vivent discussion
- ‎l'afficher qui
- ‎devoir rentrer bredouiller.
- ‎à la demeure famille
- ‎Je suis désolé => c'est la maman qui parle
- ‎Les points firent remis
- ‎étaient cent pour cent rentabilisé
- la petite bande d'enfants prirent
- la journée scolaire terminer
- où il est aller
- cet air si désespérer
- L'endroit où se trouvait l'animal fit désigner
- .je suis désolé....désolé....Alejandro.....Je suis désolé => c'est Isadora qui parle
- Réveilles-toi
- de plus bels
- une farandole d'émotion
- son putin de corps
- contre ton lit.
- le front ne lui plus guère
- dans le langage des signes => on parle de langue des signes, et non pas langage
- plus de faciliter
- la jeune femme saute à son coup, ravi pour deux.
- relayer à simplement
- ni m'entendra plus => de plus pas besoin de mettre le "plus"
- ‎un putin de mec
- ‎mais je t'en pardonnes
- ‎ je serais guérit
- ‎Alejandro n’avait jamais remit
- ‎Ses doigts finissait par
- ‎qu'on lui avait fournit
- ‎Maman ne va pas être déçu
- ‎habillé dans un ensemble
- ‎affublé d'escarpins de marque
- ‎quelques points communs sur lequel s'accrocher.
- ‎La voix de la jeune femme éclatait => Eri a passé la quarantaine, on ne va plus vraiment la considérer comme une "jeune" femme
- ‎Il les avait attendus
- ‎Pourquoi avaient-il
- ‎la plupart du mobilier et leur affaire
- ‎que les intérêts pour sa personne croissait

✗ Au bout de 6 mois de mutisme, je ne suis pas certain qu'il puisse déjà connaître la langue des signes, encore moins à une main. Donc j'imagine que ce sera des gestes pour tenter de se faire comprendre :)

✗ ‎Alors il va y avoir un petit souci dans le déroulement de la catastrophe. Le tremblement de terre a eu lieu en pleine nuit et non pas dans la journée. Du coup, Alejandro aurait dû être chez lui avec sa femme, et non pas dans un immeuble rempli de gens. Par la suite, le tsunami a ravagé Tokyo aux alentours de 13h dans la journée qui a suivi.

Caractère
- L'homme a toujours la tête sur la terre ferme => c'est soit "les pieds sur la terre ferme", soit "la tête sur les épaules"
- Les récentes expériences qu'à subit Alejandro l'ont fortement marqués
- ‎Les personnes comme lui se compte
- ‎Parce que l'on le

Validé ♥️

Physique
- ‎il sera se parer

✗  S'il avoisine les 2m et qu'il fait 80kg, Alejandro ne va pas être considéré comme "musclé". Le muscle ça pèse, donc il faudrait lui rajouter quelques kilos. Vu qu'il danse beaucoup, il est assez sportif, donc ce serait plus cohérent Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 4115966937

Conclusion
Pas mal de petites fautes qui traînent, principalement des fautes d'inattention je pense :) J'ai beaucoup aimé l'évolution d'Alejandro, notamment sur sa vision de l'Incontestable. On sent que ses deux mariages ont assez affecté sa vision des choses !
Du coup, il y a juste les petites corrections dans l'histoire et le physique, et ce sera bon !

Bon courage pour les modifications ! En cas de problème, de doute, n'hésite pas à contacter un des membres de l'administration, nous serions ravis de te venir en aide ! :)

Analyse : 1/3

Nous analysons au maximum trois fois une fiche, après cela, si nous ne pouvons toujours pas la valider, nous serons malheureusement obligés de la refuser. Nous ne pouvons nous permettre de reprendre chaque fiche dix ou vingt fois, cela serait autant pénible pour vous que pour nous. Merci de votre compréhension. ♥️

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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Merci Lucci pour le kit Á la recherche du bonheur - Alejandro Torres 1647638966

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[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
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Alejandro Torres
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posté
le Jeu 24 Mai - 22:40
par Alejandro Torres
Désolé de donner autant de travail sur l'ancienne partie de la fiche. J'avoue que je n'ai pas fait trop attention à celle-ci vu qu'elle avait été validée auparavant. ça m'apprendra à relire les choses que j'ai écrite pour ne plus faire autant de bêtises ^^'. La fiche a été relue entièrement pour faire les corrections (et autres coquilles au passage qu'il y avait en plus).

Concernant la partie mutisme, je n'ai jamais spécifié qu'Alejandro connaissait parfaitement la langue des signes. Surtout que l'apprentissage varie fortement d'une personne à l'autre, de son application, de la facilité des langues etc. L'idée était qu'il arrive à se faire comprendre plus ou moins. J'ai donc rajouté ce paragraphe pour être un peu plus clair.

Alejandro a écrit:Ses géniteurs essayèrent d’alléger sa souffrance en l'intégrant à un groupe d'écoute et de parole réunissant des personnes ayant leur propre lot de malheur, tout comme lui. Vain espoir que le choc mental disparaisse, que sa voix refasse surface et qu'il déroule tout ce flot de sentiment négatif que son corps accumula. L'adolescent ne dit rien mais il osa cependant écrire quelques mots difficilement sur un bout de papier de sa main valide. Rien d'extraordinaire mais assez pour démontrer que l'envie de s'exprimer était là, quelque part au fond de son corps sans réel moyen approprié. La langue des signes fut la solution priorisée malgré l'absence de sa deuxième main. Tout simplement parce qu'Alejandro semblait prendre du plaisir à apprendre quelque chose qu'il ne connaissait point encore. Cela avait quelque chose attrayant à ses yeux. Le but n'était pas qu'il la connaisse parfaitement mais qu'il passe simplement du temps avec quelqu'un et qu'il arrive à se faire comprendre plus ou moins des autres.

Concernant la partie du Shukumei, je ne sais pas pourquoi mais j'ai toujours eu l'impression que les vagues s’enchaînaient assez rapidement après les tremblements de terre. Du coup, le passage entier a été modifié pour concorder avec les deux événements distincts. (je ne le copie pas sinon ça va faire un pavé en citation/die/).

Et concernant le physique, Alejandro a pris une dizaine de kilos en plus pour que ce soit plus crédible (en effet, j'avais pas relevé ça en l'écrivant à l'époque :l)

J'espère que tout rentre dans l'ordre ainsi (Et prie pour que le c/c ait fonctionné...)
Makoto Nanase
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★
posté
le Dim 27 Mai - 13:39
par Makoto Nanase
Piou !

- n'avait pas voulut

Quand on dit "dans la nuit il y a eu un tremblement de terre", cela sous-entend souvent que ça va être au moins vers 2h du matin, voir plus tard. Du coup, il faudrait éventuellement préciser (en une phrase ou deux), que c'était une représentation particulière qui devait durer toute la nuit. Bien expliquer pourquoi il y avait autant de monde en plein milieu de la nuit dans un bâtiment comme ça :)

Pour le reste ce sera bon ! o/ Donc juste ce petit ajout et je te laisse tranquille ! o/

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posté
le Dim 27 Mai - 18:15
par Alejandro Torres
Je ne l'avais pas précisé dans mon écrit mais j'avais pensé effectivement à quelque chose qui se prolongeait dans la nuit jusqu'au petit matin. M'enfin, vu que cela semble assez évasif, j'ai ajouté ce morceau à ce passage là.

Ce soir-là, cela lui semblait bien plus important que toutes les représentations précédentes qu'il avait pu effectuer. Un grand festival d'automne avait été mis en place dans l'un des quartiers de la préfecture de Tokyo sur une période de plusieurs jours avec festivité à foison de jour comme de nuit sans quasi interruption, voulant préserver cet état de fête constante jusqu'au petit matin. Et pour une première fois, l'homme avait eu la chance de pouvoir participer à cet événement en tant qu'acteur et non spectateur. Une aubaine pour lui mais surtout une fierté.

J'espère que cela sera suffisant sans que je ne doives décrire exactement tout le contenu de la soirée ainsi que la localisation d'Alejandro x_x
Makoto Nanase
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★
posté
le Dim 27 Mai - 18:20
par Makoto Nanase
Non pas besoin d'autant de précisions t'inquiète pas xD
C'est juste que quand j'entends parler de "représentation nocturne", j'ai tendance à penser plutôt quelque chose en soirée, qui va se terminer aux alentours de minuit quoi (j'ai été bénévole dans un festival qui fait nocturne pendant un soir, et ça se termine à 22h, pour ça que je voulais une précision :D).

Mais du coup c'bon pour moi ! Je t'embête pas plus longtemps ♥️

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

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• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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