Carmine S. H. Bellandi
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le Mer 5 Sep - 0:30
par Carmine S. H. Bellandi

Carmine Sciara
Bellandi

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36 ans
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:winkwink:
Greet the menace


Tokyo, Japon – 2110

Tu fermes la porte d’entrée en t’y adossant lourdement, ta main plaquée au creux de ses reins la tirant aussitôt vers toi. Tu es trop brusque dans tes mouvements, elle trop avide.
Un goulot coincé entre ton index et ton majeur, tu tâtonnes pour tourner le verrou. Le clic du mécanisme, vos pas avançant vers le salon.
Le verre de la bouteille de whisky quasi vide claque maladroitement contre la table basse quand tu l’y poses à l’aveugle, trop occupé par le corps chaud collé au tien. Ses cheveux détachés s’emmêlent à votre baiser sans que vous y prêtiez attention. Toi, tu t’en fous. Ce ne serait pas la première fois que ta langue fait connaissance avec les charmes de la pilosité féminine.
Elle finit par s’éloigner pour dégager ses mèches derrière son oreille. Un regard, un silence, et la frénésie reprend. Elle enlève un escarpin en empoignant ton t-shirt pour garder l’équilibre. Tu enlèves ta veste et la laisse tomber sur ton chat, qui a toujours eu le pire timing du monde, le faisant miauler puis déguerpir à toute vitesse dans un autre coin de l’appartement. En tout cas, ça te fait bien ricaner sur le coup. Pauvre best-
Ah. Sa main relâche ton t-shirt et-
Ahh.
C’est sous la ceinture ça.
Tu expires doucement et elle sourit de son effet, t’observant de ses yeux un peu vitreux, d’une couleur que tu auras oublié demain matin.  

« Comment tu t’appelles au fait ? »

Question piège.
Tu n’es pas né Bellandi. Et pour dire vrai, tu n’es pas non plus né Carmine.

Tu te demandes si ça vaut le coup d’essayer de répondre, une demi-seconde, avant de décider que, définitivement, non. Tu l’embrasses pour la faire taire et tu reprends ton moonwalk sans classe vers la chambre, mains dansantes le long de ses courbes. Histoire de lui rappeler que les présentations, au fond, vous vous en cognez pas mal. Ta voix s’élève entre quatre lèvres rougies, lourde de promesses.

« C’est une longue histoire, on n’aura pas le temps pour ça. »

*


Camp de concentration pour migrants – Sicile — 2080 / 2084

Kamel.

Ils ont une façon particulière de dire ton prénom ici, trop cons pour le prononcer correctement. Kamel. Keah-meel. Deux syllabes à peine, rien de compliqué, mais non. Ils ajoutent de nulle part un r roulé, accentue la tonalité du a sans raison, plante un i trop pointu.
Karmil, qu’ils t’appellent, ces connards.
Karmileh, pour les pires d’entre eux, ceux qui ont la sale manie de faire trainer tous les mots qu’ils crachent dans leur putain de langue.

T’as pas fait gaffe au début. T’étais plus jeune, abasourdi, choqué d’avoir failli mourir, choqué d’être encore en vie. T’as été soigné puis t’es retombé malade, t’as vu d’autres gosses mourir, des adultes aussi, puis t’as été parqué avec les survivants. Depuis, vous attendez.

Et depuis, ils déforment vos prénoms, quand ils daignent vous donner un peu de considération humaine en les utilisant.
Ils, c’est les gens en charge du camp et en charge de vous. Des instructeurs, des surveillants, des prêtres et des soeurs, quelques infirmières et docteurs, des gens qui font de la paperasse et qui souhaitent probablement votre disparition pure et simple pour ne plus être noyés sous les montagnes de dossiers.
Y’a les militaires aussi. Ils se baladent avec des armes en bandoulière pendant leurs rondes et quand ils vous emmènent dehors une fois par jour. Les militaires sont plus sympas que les gardes civils ou les flics qui viennent aussi au camp, si tant est qu’on puisse dire d’un mur d’indifférence qu’il est sympathique. En tout cas c’est toujours mieux qu’un mur qui vous tombe sur le coin de la gueule matraque en main si vous avez le malheur de croiser son chemin.

Tu ne les aimes pas vraiment. Tu sais que certains sont sincères dans leur envie d’aider. Les deux professeurs d’italiens par exemple, qui viennent tous les jours vous donner des cours. Il y a une infirmière qui vous donne toujours trois sucettes au lieu d’une quand vous allez la voir et une autre qui ne sait pas vous soigner sans vous faire mal. Elle est beaucoup moins populaire, mais elle veut bien faire.
Les militaires te sont indifférents. La plupart vous ignorent et ils font simplement leur job, stoïques. Vous avez réussi à en convaincre quelques-uns de jouer au foot avec vous de temps en temps quand vous avez le droit à un ballon. Pour le reste, ce serait des robots que ce serait pareil.
Il y en a plein d’autres que tu ne connais pas et c’est tant mieux. Car ceux qui restent, tu les connais trop.

*


T’as attendu quatre ans dans cette antichambre de l’enfer, à te demander tous les jours ce qui allait vous arriver. Est-ce que vous sortirez aujourd’hui ? Est-ce qu’on vous renverra dans un chez vous qui n’existe plus ? T’espérais qu’ils vous sortiraient des frontières en avion. Tu priais pour ça. Tout sauf un bateau. Est-ce qu’un nouveau groupe de chanceux allait être transféré dans un vrai foyer ? Est-ce qu’un jour ce sera à ton tour ? Tu voulais partir. Puis tu regardais les autres, tes camarades de cellules-qui-n’en-étaient-pas, et tu espérais égoïstement qu’aucun d’eux ne te serait enlevé. On s’attache vite à ces âges. Surtout lorsqu’on n’a plus rien à part les autres.

Tes autres, y’en avait pas mal. Dans vos conditions, tout le monde finissait par connaître un peu tout le monde. Tu t’es fait des amis, des vrais, du moins l’illusion suffisait. Des petits groupes ont fleuris par bunks et ailes. La plupart d’entre vous ne cherchiez pas d’emmerdes au camp. Vous aviez peur, vous attendiez, vous oubliiez d’avoir peur en commençant à considérer que c’était des jours normaux, vous vous êtes faits à votre quotidien.
Il y a eu quelques accrocs.
Les enfoirés n’existent pas que chez les adultes et certains gosses sont précoces dans leurs pratiques des pires bassesses. T’en as rencontré quelques-unes et quelques-uns dans cette veine. Tyrannie, coups, vols, agressions. Avoir des autres à toi, des amis, un groupe, vous protégeait au moins un peu. Même si Jyan et toi pouvez attester que un peu n’est pas toujours suffisant.

Une rencontre aussi brève que violente, comme d’autres, qui t’a fait passer le goût de jouer les héros pendant un moment.
Elle n’a plus quitté son lit pendant des jours, hurlant et pleurant dès que quelqu’un essayait de la toucher. Elle en faisait des caisses, à ton sens. Si l’un de vous avait le droit d’être hystérique, c’était bien toi, après avoir servi de vide foutre à sa place en voulant la sauver de connards de l’aile C.
Et elle a mis des semaines avant de te regarder de nouveau dans les yeux. Des semaines qui ont vu le choc, l’incompréhension et la déception se transformer en mépris et en haine pour cette chienne ingrate.

Elle, et toi, et d’autres, vous avez vu votre brève enfance mourir dans cet endroit.

*


Tu te dis qu’après le marathon que tu viens d’avoir au pieu, ton cerveau aurait au moins pu avoir la décence de se noyer dans l’endorphine et te laisser pioncer peinard. Faut croire que c’était trop demandé.

Tu te dis qu’après quasi trente ans à faire les mêmes cauchemars, les réveils seraient moins abrupts. Que quelque part, l’habitude aurait pris le pas sur les sueurs froides et les nausées.

Que dalle.

Tu pousses le bras fin posé en travers de ton torse pour t’asseoir sur le bord du lit, te faisant violence pour calmer ta respiration. Derrière toi, les ronflements légers t’assurent qu’elle n’a pas l’air de vouloir se réveiller. Tant mieux. Tu lui aurais probablement fait bouffer un oreiller plutôt que de risquer voir une once de pitié à ton égard.

Après une minute, tu fais assez confiance à tes jambes pour te lever et avancer à tâtons jusqu’à la salle de bain, fermant la porte à clef derrière toi. Tu jettes un regard désintéressé au miroir, trop dans les vapes pour admirer ta sale gueule bien longtemps. Tu vires ton boxer, manquant te casser la gueule quand il se coince à l’une de tes chevilles, saloperie, mais finalement ta dignité s’en sort indemne.

Et tu restes debout devant la douche, infoutu de faire un pas de plus.

Le cauchemar -souvenir- te colle encore à la peau.

Tu te souviens de l’eau. Tu te souviens du froid, de la nuit, des voix qui s’éteignent une à une. Tu as l’impression de te souvenir de la faim, un peu. De la peur, beaucoup. Et du froid. Et de l’eau.
Tu ne fais pas partie des chanceux possédant un cerveau coopératif, qui occulte les traumas et tronque les perceptions pour protéger le reste de la coquille. Non, rien de ça pour toi. Le naufrage aurait pu avoir eu lieu la veille, tant les sensations sont claires, perçantes.
Ton corps et ton esprit se souviennent parfaitement, que tu le veuilles ou non, débordant dans ta vie consciente, gravant les sensations jusque dans tes os, te marquant aussi certainement qu’un fer rouge.

Continuant de t’emmerder sec et de te les briser sévère, trente ans plus tard.

Tu comptes jusqu’à cinq lentement, t'obligeant à respirer avec calme et discipline, puis tu fais un pas et t’avances sous le jet de douche. Un bref tressaillement, l’éclat vif de la panique aussitôt soufflé par la pensée rationnelle, durement cultivée et entraînée, que tu es en contrôle de la situation et tes muscles se détendent à contre coeur. Tu attends encore un peu avant d’oser mettre ta tête sous l’eau et les restes du cauchemar glissent dans le siphon, t’autorisant à prendre une putain de douche tranquille.

*


Des quatre ans que tu as passés là-bas, il y a toujours eu des gosses qui trainaient autour de votre camp. Des roms, des gosses italiens sans le sou, des migrants plus chanceux que vous, des petites frappes de petits gangs prenant exemple sur les grands. Des paumés, un peu comme vous, sauf qu’eux avait encore la chance d’être chez eux, même si personne ne voulait plus d’eux que de vous.

Vous vous balanciez des cailloux de loin au début, testant les eaux. Ils vous insultaient en italien, vous répliquiez en arabe. Tout le monde y trouvait son compte. Mais la curiosité, l’envie de changer la monotonie abrutissante de vos quotidiens de misère, prirent le pas sur le reste. Les insultes laissèrent la place aux questions, chacun d’un côté de la barrière, et ils ont pour beaucoup été dans l’amélioration de votre italien incertain. Après un an, dans vos bons jours, vous vous balanciez un ballon par-dessus le grillage. Dans les mauvais, les ballons étaient jalousement gardés, ou renvoyés crevés. En fonction des humeurs, les militaires en poste vous laissaient plus ou moins le champ libre pour discuter avec eux. Parfois, ils vous faisaient retourner à l’intérieur plus tôt à coup de gueulante si vous aviez le malheur d’approcher trop près des barrières. Des fois c’était les gosses d’en face qui se faisaient chasser de l’autre côté, par la police. Un joyeux bordel.

On ne peut pas dire que vous et eux étiez amis. Mais il y avait une compréhension tacite que vous étiez tous du même moule. Un tas de laissés pour compte dont personne ne savait quoi faire.
Alors, probablement parce qu’ils n’avaient rien de mieux à faire, ils ont aidé certains d’entre vous à s’enfuir.

De la simplicité, énormément de chance, vos naïvetés d'enfant et beaucoup d’incompétence. La vie tient à peu de choses.
Avec les années, le personnel du camp s’est relâché et son effectif réduit au strict minimum. La lassitude, la fatigue, le poids d’une situation qui ne promettait aucun changement, comme depuis près de soixante ans sur ce foutu continent, l’absence de problème de votre part… Les circonstances étaient propices. Vous n’étiez que des gosses, ce n’était pas une prison mais un énième petit camp de transition mis en place à la va vite, de plus en plus oublié par le monde, qui pouvait s’attendre à un truc pareil ?
Une paire de tenaille pour ouvrir un trou dans le grillage côté Italie. C’est tout ce qu’il a fallu. Et après ça, il a fallu courir, plus vite que jamais vous n’avez couru dans votre courte vie, pendant que les gosses du coin fuyaient à vos côtés.

Vous avez été une petite vingtaine à avoir eu le temps de sortir, à tout casser, avant que les gardes en faction parviennent à remettre de l'ordre dans la cohue de la cour et endiguent la saignée. A peine une vingtaine. C’était pire que peu mais dans le fond, qui s’en souciait ? Certainement pas toi.

La suite est d’une banalité à crever.

*


Tu as squatté chez des gosses venant de l’autre côté de la barrière pendant quelques temps. Tu n’avais aucune idée d’où étaient passés tous les autres, les évadés. Les fraternités éphémères s’étiolent vite dans des situations aussi merdiques. Chacun pour soi et tous pour la survie.
Alors t’avais fini par suivre des ritals du coin. Pas que vous étiez potes, mais t’étais un peu comme une bête de foire ou un trophée, tu sais pas trop, et t’avais assez de répartie et de ténacité pour pas te faire jeter par ses vauriens. Vous aviez peut-être pas l’exacte même couleur de peau mais vous étiez fait de la même saloperie de graine.

« Il est adorable ton copain, Silvio, » qu’elles disaient souvent, les madres. « Comment tu t’appelles mon grand ? » qu’elles demandaient toujours, les madres. Tu répondais toujours la même chose, avec un accent aussi chantant qu’un natif.

« Carmine. »

T’avais compris que tes origines ne valaient rien, depuis le temps.

« Il parle pas beaucoup ton copain, Vittorio. Quelqu’un a mangé ta langue, Mino ? »

Elles t’appelaient souvent par des noms encore différents du tien qui n’était plus le tien, les madres. Camy, Carme, Mino. Un peu plus un peu moins, après tout, au point où tu en étais.
Tu hochais les épaules sans plus parler pour autant, trop apeuré qu’elles entendent les restes d’accent ponctuant ta voix. Ton italien n’était pas encore parfait, si les autres gosses s’en foutait tu préférais ne pas t’y risquer avec des adultes qui pourraient comprendre la supercherie. Juste les mots nécessaires, jamais un de plus. C’était une idée stupide mais c’était la seule que tu avais sous la main. Te faire passer pour un rital. C’était le seul plan que ta dizaine d’année avait réussi à concocter, et tu trouves que tu t’en sortais pas trop mal. Tu passais dans la tranche de population un peu plus basanée que la moyenne mais tu ne sortais pas du lot. Merci la mondialisation, hein.

Tu les aimais bien, les madres. Elles cuisinaient toujours des trucs délicieux, elles en avaient toujours assez pour toi quand tu passais ta tête à la porte en fronçant les sourcils sans oser poser la question fatidique posso mangiare con te? parce que la réponse était toujours oui. Certaines t’engueulaient comme leurs propres enfants quand vous reveniez crasseux d’une énième sortie dans un terrain vague et vous tatanaient sans distinction pour vous faire rentrer un peu de bon sens dans le crâne.

Les padres eux ils étaient plus suspicieux, ou c’est juste que tu leur faisais moins confiance. Dès que l’un d’eux commençait à poser trop de questions, ou à t’observer d’un peu trop près, tu décampais.

*


L’été infernal de Sicile a continué de brûler l’île et l’école a repris. Forcément, pas pour toi. Heureusement, ni pour d’autres.
Vous zoniez beaucoup. Y avait toi, roulant ta bosse chez les uns, chez les autres, dormant à la belle étoile quand le squattage commençait à devenir trop évident. Tu volais des fringues directement sur les étendoirs, chourrait des fruits et des parts de pizza aux marchés, profitant de ton allure passe-partout et de tes petites mains. Y avait d’autres enfants de migrants qui n’avaient rien à faire. C’est quand tu as vu qu’ils te prenaient pour un rital clochard du coin que tu as commencé à te dire que ton plan foireux avait peut-être une chance de marcher, finalement. Y avait des ados qui séchaient les cours, des ados qui avaient quitté l’école et qui montaient leur bande. Y’avait des zonards de dix-huit, vingt piges, qui alimentaient la courbe toujours en hausse du chômage des jeunes actifs. Ils étaient bizarrement lunés ceux-là. Une fois sur deux ils vous dégageaient à coup de pieds dans le bide, asseyant le peu de domination et de pouvoir qui leur restait sur vos gueules de mioches, puisque le reste du monde les baisaient sans remords. Puis une fois sur deux ils étaient sympas, ils vous filaient des bières, vous proposaient de fumer une cig avec eux ou un joint, et vous racontaient des tas de trucs.

Un tableau effrayant dans lequel balancer des enfants, pas vrai ? Mais toi, tu voyais juste que t’étais libre. Que t’avais de compte à rendre à personne. Que tu t’en sortais et que c’était toujours mieux que leur camp de merde où t’aurais fini par crever dans l’indifférence ou à la gueule d’un fusil, comme tous ces gens comme toi tués pendant la répression de Mineo. T’étais pas plus mal à la rue qu’ailleurs. Même si des fois, c’était trop. Trop chaud, trop bruyant, trop puant. Tu t’étais dit que tu pouvais toujours te laver dans la mer quand tes plans squats étaient en pause mais t’arrivais pas à faire un pas sur la plage sans avoir envie de vomir, ou vomir tout court. L’odeur de l’iode te paralysait et le ressac des vagues remplaçait les battements de ton cœur, pompant de l’eau dans tes veines, et dans tes poumons, dans ton nez et ta gorge et-

*


T’allais à l’église. Au début, pour fuir la chaleur. Tu pouvais y rester aussi longtemps que tu voulais, personne ne t’emmerdait jamais. Tu pouvais y dormir tranquille sous la protection rafraichissante de pierre érigées là des siècles plus tôt, défiant sans broncher les 45° de feu tombant du ciel. La planque parfaite.
Allah et toi n’avez jamais été très potes. Ta mère était croyante, pas ton père, alors tu as commencé à grandir dans un entre deux qui t’as rendu curieux quant à la question mais ne t’as jamais vraiment converti, encore moins depuis que tu as posé le pied en Europe. Dieu t’indiffère tout autant et t’intrigue de la même manière. Tu t’es laissé tenter par l’ennui. Tu écoutais les cantiques et les sermons. Les chœurs et la voix du père Manco avaient une façon de résonner sous la voûte qui a fini par te fasciner, peu à peu.

Tu as commencé à aller à la messe, tous les dimanches matin. C’est devenu un point fixe dans tes journées, semaines, mois sans repères. Après le soleil, tu y es allé pour échapper à la pluie, puis au froid, puis de nouveau à la chaleur.
Après un an et demi, tu y es allé pour prier à ton tour.
Tu avais vu des centaines de gens le faire mais tu ne savais pas comment tu devais t’y prendre vraiment. Est-ce qu’il fallait que tout se passe dans ta tête ? Joindre les mains ? Fallait vraiment être au sein de l’église ou tu pouvais faire ça tranquillement dans l’appart que tu squattais depuis huit mois sans personne pour te juger ? Fallait se mettre à genoux aussi pour cette religion ? Certains le faisaient, d’autres non. Tu n’avais pas spécialement envie de foirer ta première tentative de communication avec le Saint Père. Du coup, t’es allé demander conseil au père du coin.

« Padre Manco ? »

Le père Manco a eu un sourire, perdu dans sa grosse barbe sombre.

« Mais c’est qu’il peut parler. »

Ca, ça t’a fait froncer les sourcils. S’il voulait jouer au plus con t’étais pas encore au-dessus de lui latter le tibia et lui cracher à la gueule avant de plus jamais foutre les pieds dans son église de merde. Il a dû sentir ta vexation car il a levé l’une de ses mains en signe d’apaisement.

« Excuse-moi mon garçon, ça fait simplement longtemps que je t’aperçois sur les bancs, je me demandais simplement si l’occasion de discuter se présenterait un jour. En quoi puis-je t’aider ? »

Ouais. T’étais pas trop convaincu mais t’avais une question plus urgente à régler.

« Comment faut faire, pour prier ? »
« Il n’y a pas de méthode exacte ou meilleure qu’une autre. »
« C’est pas une réponse ça. »
« Tu as raison, suis-moi. »

Ces mots tous simples t’ont fait frissonner de dégoût mais tu as ravalé l’angoisse fantôme quand tu as vu que le père Manco allait simplement s’asseoir sur l’un des bancs de la nef quasi déserte. Tu l’y as rejoint, à une distance montrant largement ton peu de confiance.

« Il n’y a pas de méthode toute prête pour la prière. L’important est que tu sois prêt à t’ouvrir à Dieu sans honte ni retenue, à Lui exposer toutes les parts de ton être quand tu t’adresses à Lui… »

Il a continué de parler un certain temps, de sa voix qui résonnait si bien contre les pierres. Tu n’as pas vraiment tout suivi mais tu as eu une idée de l’essentiel. Ca t’a laissé silencieux et songeur sur ton banc, et il a attendu patiemment.

« On peut prier pour des gens qui sont plus là pour le faire eux-mêmes aussi ? »
« Tu peux t’enquérir de leur bien-être auprès du Seigneur oui. Tu penses à quelqu’un en particulier ? »
« Mes parents. Mais je suis pas sûr que ça plaise à ma mère. Elle était musulmane, pas chrétienne, et mon père il ne croyait pas en Dieu donc il ne peut pas être au Paradis, pas vrai ? »

Il y a eu un silence et tu as regardé le père Manco, qui te regardait songeur en retour. Il a fini par dire :

« Dieu aime chacun de Ses enfants, quelles qu’aient pu être leurs croyances. Je suis certain que tes parents seraient très heureux que tu adresses une prière à leur mémoire. »

Tu avais tes doutes mais tu n’as rien dit. Après ça, tu as essayé de prier dans ton squat ou chez tes potes mais ça rendait pas pareil qu’à l’église. Et après ça, le père Manco a commencé à te porter plus souvent attention. Tu t’en méfiais comme de la peste parce que tout le monde savait que l’église était pleine de pédés violant des gosses et t’avais absolument plus l’intention de faire partie du lot. Mais c’était pas ce type d’attention dont il faisait preuve à ton égard. Ca lui a pris des mois pour que tu commences à lui faire confiance, d’autres encore pour que tu lui expliques peu à peu ta situation, même si la plupart du temps c’était des informations que tu donnais sans trop faire attention et qui t’importaient peu. Tu as lui a dit que tu t’appelais Carmine à lui aussi, et quand il a demandé ton nom tu t’es retrouvé comme un con. Tu lui as sorti le premier truc qui t’es venu à l’esprit, Bellandi, le nom d’un joueur de tu savais pas trop où mais t’avais volé un maillot avec ce nom et le numéro dix-huit. Tu le portais pour jouer au foot avec tes potes.

T’as jamais trop su ce qu’il croyait ou non dans ce que tu lui racontais. Ton accent avait disparu avec le temps et tu parlais aussi bien qu’un natif donc tu n’as jamais su s’il avait deviné pour ton origine également. Toujours est-il que le père Manco, c’était un homme bien. Si bien qu’après quelques temps, il a commencé à te parler de l’orphelinat rattaché au couvent de la ville, en passant. Puis il a fini par te dire que tu pouvais y avoir une place, si tu le souhaitais. Et quand il t’a dit qu’il pourrait t’obtenir des papiers si tu allais au couvent, tu as fondu en larmes bruyamment dans son église comme le gosse que t’étais et t’as dit oui. Parce qu’après cinq ans dans les rues, derrière l’illusion d’une vie de bohème rêvée, t’en pouvais plus.
T’étais fatigué, et t’en pouvais plus.

*


Tokyo, Japon – 2104

« Bonjour, je m’appelle […]. »

Une réponse en chœur, unifiée.

« Bonjour […]. »

Un silence. La modératrice du groupe prend la parole.

« Qu’est-ce qui t’a poussé à venir ici aujourd’hui […] ? »
« Honnêtement, je ne sais pas. Je n’ai pas particulièrement envie de devenir sobre donc c’est un peu con pour moi d’être là. »
« Il n’y a pas de raisons plus ‘conne’ qu’une autre pour participer à cette réunion. Veux-tu partager quelque chose en particulier ? »
« Non. Enfin, pas vraiment, je sais pas, peut-être ? » Un soupir. « C’est compliqué putain. »
« Prends ton temps, personne n’est là pour te juger. »
« Ouais… Je sais pas. J’ai pas le mal du pays, même si le vôtre est quand même foutument bizarre, sans vouloir vous offenser. L’adaptation est un peu rude, faut l’admettre. »

Un ricanement.

« ‘Un peu rude’ haha, cet euphémisme à la con. L'épitaphe parfaite pour la dernière brique à l’édifice toujours plus monumentale de cette putain de vie de merde. »

Un nouveau silence, la main rassurante de la modératrice sur une épaule, incitant à continuer.

« J’ai perdu mes parents à six ans. C’est quelque chose que je n’ai pas eu le temps de comprendre, j’ai jamais vraiment fait leur deuil car trop de choses sont arrivées en même temps par la suite et après il était déjà trop tard pour vraiment ressentir quoi que ce soit. C’est peut-être pas plus mal, dans le fond, ça m’a permis de passer les années les plus compliquées de ma vie sans un fardeau supplémentaire. Donc ouais, y a ça, déjà. J’ai eu d’autres figures parentales au fil de l’eau, des parents de pote, un prêtre, des nonnes. Ils ont jamais vraiment su- J’ai menti à beaucoup de gens, à vrai dire j’ai menti à toutes les personnes que je connais. Vous, là… »

Un geste de la main englobant le cercle silencieux.

« Vous êtes les premiers à qui je mens pas en vingt-six ans. »

Cet aveu tire quelques sourires et un hochement de tête approbateur de la modératrice. De nouveau le silence, que la modératrice saisit délicatement.

« Merci pour ce partage, […], nous sommes tous très fiers de ta confiance. Quelqu’un souhaite-t-il- »

« J’ai jamais vraiment été à l’école. »

Les vannes sont ouvertes, et tout se précipite pour sortir et crever l’abcès.

« Je suis pas illettré, hein, attention, j’ai toutes les bases et je suis même maladivement doué en langues. Juste rien de… De tout le reste, qu’est censé faire qu’on peut suivre des études et faire quelque chose de sa vie. De toute façon je me suis engagé dans l’armée dès que j’ai eu dix-huit ans, alors les études. J’y croyais au début, vous savez ? J’me disais que j’allais aider la situation au Moyen-Orient, que je pourrais éviter à d’autres toutes les merdes par lesquelles je suis passé. Que dalle. Vous savez pourquoi l’Italie a fini par se mêler aux conflits ? Pour qu’on butte les migrants à la source. S’ils étaient pas foutus de surveiller leurs frontières, on le ferait pour eux. Bien sûr, officiellement, on faisait partie de la super team, avec la France et les Rosko, on mettait enfin le pied à l’étrier des décennies après pour participer à l’effort mondial de paix. Des conneries. Tellement de conneries. J’étais spécialiste démineur, d’ailleurs. Et un bon, en plus de ça, ce qui m’a valu cette putain de promotion dans les forces spéciales. C’est là que j’ai vu l’envers du décor et mes compétences mises aux services d’ordres inhumains. Et le pire c’est que j’y suis resté trois ans dans ces foutues special ops. Trois putain d’ans, vous vous rendez compte ? Je pense pas que vous puissiez. J’me donnais de belles excuses, parce qu’on menait aussi des opérations honnêtes à côté des saloperies, et j’me disais que ça compensait peut-être, que ça équilibrait la balance. Evidemment que non. Alors après, j’ai déserté et j’ai rejoint les rangs ‘ennemis’, je me suis démerdé pour aider le plus de civils et de réfugiés à fuir leurs pays et à inonder l’Europe. Puis quand j’ai compris que j’allais littéralement devenir dingue ou me foutre une balle dans la glotte si je restais dans cette zone puant la mort j’ai fui et je suis venu ici. Ca peut paraître con mais tout est mieux que là-bas, même une connerie de puce dans le crâne. Puis ici vous avez des chantiers qui fleurissent tous les jours et la langue est pas trop compliquée à apprendre donc c’est plutôt pratique pour une reconversion dans le bâtiment. Et ça allait mieux, les premiers mois. Plus que ça même, ça fait quoi, un an que j’suis ici ? Un truc du genre ouais. Mais depuis un certain temps, c’est retour à la case départ. Je me suis fait viré de mes trois derniers tafs parce que j’étais ivre sur le chantier et j’en avais rien à foutre. J’en ai toujours rien à foutre, mais un patron de bar m’a filé votre adresse et m’a dit qu’il me servirait plus rien tant que je venais pas jeter un coup d’œil, et ça me ferait chier parce que c’est le seul bar potable de ce foutu quartier à la con. »

Un silence. Pas de sourires cette fois, ni de hochements de tête. La modératrice cherche ses mots et on peut la comprendre.

« Eh bien, c’était… Un partage à vif, certainement très difficile à mettre à nu devant des inconnus. Mais nous sommes là pour ça, et de la même façon que tu as réussi à laisser le pire derrière toi pour te donner une seconde chance ici, nous sommes là pour parvenir ensemble à comprendre que nos vies ont échappées à notre contrôle à cause de l’addiction, c’est un fait, mais que nous avons en nous toute la force nécessaire pour reprendre le contrôle. Koyuki, peut-être pourrais-tu nous partager ta propre expérience du déni et de l’acceptation ? »

Une jeune femme hoche la tête, offrant une tentative de sourire.

« Encore merci pour ton partage, Kamel. De mon côté, mon addiction avec l’alcool a commencé quand… »

*


Tokyo, Japon – 2107

« Ca t’en fait combien maintenant, des jetons ? »
« J’sais pas. Une trentaine ? »
« Je sais pas si t’es con ou optimiste, de continuer à aller aux A.A. en sachant pertinemment que tu vas recommencer à boire après deux semaines. »

Sûrement un peu des deux. Tu hausses les épaules, passant ton pouce le long de la courbe de ton dernier jeton de sobriété en date. Celui là aura été vrai pendant cinq jours à tout péter.

« J’te signale que c’est toi qui m’a dit d’y aller hein. »
« Ouais bah si j’avais su que ça te rendrait encore plus minable que prévu j’t’aurais laissé siffler mon bar jusqu’à ce que mort s’en suive, au moins tu serais parti en beauté. »

Le glaçon lui tombe pile dans le décolleté et le hoquet surpris est toute la petite victoire dont tu as besoin. Tu l’observes sans gêne chasser son bout d’eau dur entre ses seins, posant ta joue contre ta paume.

« C’est surtout un bon vivier. T’as pas idée du nombre de gonzesses que je me tape en sortant des meetings. Il leur faut quelque chose pour se distraire et c’est plus simple que d’essayer d’aller choper du mec dans des bars où la tentation est trop forte. »

Tu balances un sourire crâneur à Bo.

« Toujours con ou optimiste ? »

Elle te fout une torgnole sur le côté du crâne avec son chiffon de bar et tu ricanes comme un porc. Il en faut plus pour l’offusquer Bo, mais elle aime bien montrer qu’elle a le coup facile.
Elle te pose un nouveau verre en face à face, sirotant une bière de son côté, et vous discutez de tout et de rien dans son bar encore vide. Beaucoup de rien et énormément de conneries. Elle te raconte le dernier mec à qui elle a pété la gueule pour l’avoir touchée sans lui demander son avis, tu lui mimes le degré de fermeté du dernier cul que tu as peloté sans trop demander d’avis non plus. Elle sait que tu lui dis ce genre de trucs uniquement pour la faire chier mais elle est trop intègre pour laisser filer tes actes odieux sans te seriner ses rengaines féministes à la con. Puis quand tu sens qu’elle commence à s’énerver pour de vrai tu t’excuses et tu promets que tu seras moins salaud la prochaine fois et elle laisse filer jusqu’à la fois d’après.
Un autre truc qui l’énerve Bo, c’est quand tu pètes des nez contre son bar sans lui demander son avis. « T’es qu’un con d’homophobe Mino. T’es une espèce en voie d’extinction tu sais ? Les types comme toi ils finiront tous par rejoindre le rang des enculés de la société. » Elle a beaucoup d’idées progressistes Bo mais celle-là lui avait valu des engueulades plus venimeuses que les autres.
Si ça l’intéresse tant que ça, tu lui laisses volontiers ta place pour se faire mettre une queue dans le derche, t’as déjà donné suffisamment de ce côté-là. On verra ce qu’elle pense du sang en guise de lubrifiant.  

Tu fais tourner les glaçons dans ton verre, lâchant de but en blanc.

« Parait que c’est un signe de folie. »

Un silence de l’autre côté du bar. Tu lèves les yeux vers Bo, qui te retourne un haussement de sourcil portant toute l’incompréhension du monde dans sa courbe.

« Répéter une action encore et encore en espérant obtenir un résultat différent in fine. »
« J’te préfère quand t’es bourré, Mino. »
« Connasse. »

Tu descends ton verre d’un trait et le reposes sur le bar.

« Connasse et menteuse en plus. Tu me préfères assez conscient pour latter du bridé à tour de bras. On sait très bien que je vaux que dalle quand je distingue plus mon pied gauche de mon propre derche. »
« Faut bien que tu paies tes ardoises, poivrot de mes deux. »
« Mal baisée. »

Elle est belle Bo. Tu t’es imaginé plus souvent qu’à ton tour la pencher par-dessus son comptoir et l’allonger au milieu de ses bouteilles. Un vrai romantique. Après tout, tu es venu ici pour ça, dans le fond, même si tu l'avoueras jamais à personne. Pour savoir que, quelque part, quelqu’un est fait pour supporter ta compagnie et t’arracher à la solitude qui te colle aux basques depuis que la mer a englouti tout le reste. Un espoir con, ouais. Stupide et fragile. Très égoïste aussi, et insultant pour tes quelques relations infructueuses du monde et de Navarre. Tu t’en fous. Au moins ça te donne une trajectoire simple. Un ultimatum, entre toi et l’univers. Si après dix ans dans ce pays, et pas une année de plus, le plus célèbre programme de l’histoire de l’humanité n’avait pas été capable de trouver une personne, une seule personne, même un suceur de queue et peu importe à quel point ça te dégoûte, qui saurait partager un bout de chemin avec toi, tu te la mettras, cette balle dans la glotte, c’était certain. Tu en étais presque à souhaiter que ça n’arrive jamais, attendant la date fatidique avec impatience.

Toujours est-il que même si Bo n’est apparemment pas le match du siècle pour ta carcasse, mais que tu tenterais quand même histoire d’être sûr que le programme avait pas un pète au casque, vous êtes dans un autre type de business vous deux. C’est jamais bon de mélanger le fric et les triques.

Le bar s’est rempli à mesure que la soirée a avancé.
De quelques clients inconscients des jeux du cirques prenant place dans l’arrière-boutique.
De beaucoup d’habitués venant assister à leur rixe hebdomadaire.
Un autre type de business dont Bo est la reine.

« C’est quoi la côte ce soir ? »
« Trois contre un pour le semi-sumo. Tu penses que ça ira ? »
« Hm. Prépare de la glace quand même, vu la couche de graisse c’est pas lui qui prendra le plus cher. »
« Allez poulain, pars pas si défaitiste. On verra rien sur ta gueule de charbon de toute façon. »

T’avais pas vraiment prévu de devenir combattant clandestin. Mais t’étais tombé sur le bar de Bo et ses bobards et elle t’avait convaincu. T’étais au chômage, c’était de l’argent facile et un pass pour pas mal de verre gratuit en échange de la part qu’elle récupérait sur ton dos pour des compétences que t’avais simplement besoin de dépoussiérer un peu.
Tu t’étais pris des misères, au début. Loin d’avoir la forme, un peu trop délaissée au profit de la dépression. Bo avait continué de te garder dans son écurie, pourtant. Elle t’a botté le cul pour que tu te reprennes -parce que tu promettais de lui rapporter pas mal, rien à voir avec ton bien-être- et bon gré mal gré, t’y étais parvenu.
Tu te bats pas régulièrement. Ca dépend des hauts et des bas de ta vie professionnelle. De tes humeurs. Une fois par mois ou tous les soirs pendant une semaine, personne sait jamais trop quand tu feras partie de la pool du moment, même pas Bo.

Quand il y a de l’européen au menu par contre, on peut être sûr que tu demanderas d’où vient le bétail. Et, selon, que tu pointeras ta sale gueule d’immigré pour leur faire bouffer leurs gencives.

6th rule : no shirt, no shoes
Tu as les yeux noirs, les cheveux et la barbe noirs, et la peau d’un grain semi-sombre bâtard, héritage au mixeur d’un croisement d’ethnies aux antipodes quelque part dans ta généalogie proche. Rien de remarquable, sinon qu’on te remarque, dans la foule de peaux pâles, blanches et jaunâtres du coin.
Rien de remarquable, non.

Tu ressembles à tous les connards en sweat et basket troués du monde. A mi-chemin entre le presque clochard et le hipster bas de gamme. Le genre de type qu’on contourne par derrière sur le quai du métro car on ne sait jamais, il a l’allure d’un type qui pourrait vous pousser sur les rails sans prévenir.

Tu te tiens droit, la plupart du temps, les restes de l’armée qui te collent aux semelles. Plus souvent qu’à ton tour, tu finis voûté au-dessus d’un verre dans un bar quelconque, les épaules limées par le poids qu’elles portent quotidiennement depuis trop d’années. Elles sont larges, pourtant ; solides. Elles se parent de bleus réguliers selon les charges que tu te retrouves à porter pour ton taf, celles qui coupent dans la chaire et le muscle, qui broient le tout, et que toi et les autres supportez sans broncher. Des vrais bêtes de sommes, et la carrure qui va avec.
Ca vaut absolument rien tout ça, sous le poids des emmerdes.

T’en as connu pas mal de celles-là. Presque-mourir par noyade à six piges, les sévices et vices et dérives du camp, la rue, l’armée. Franchement, c’est plus des casseroles que tu traines, c’est une cuisine cinq étoiles avec plancha et barbecue compris. Et ça se voit, tout ça. Ca se compte, souvent du bout des doigts ou du bout des lèvres, laissant des traces de rouge sur des cicatrices et des fantasmes de femmes te baisant de retour parmi les vivants. Tu n’iras pas les contredire. Si ça leur plait de se faire des films et qu’elles prennent leur pied en s’imaginant sauveuse du dimanche, grand bien leur fasse.

Il y a la ligne pâle qui court tout le long de ton avant-bras droit, du creux du coude au poignet, là où un bout de grillage t’a écorché alors que tu te jetais à travers ce trou minuscule vers le monde, râpant tes maigres fringues en loques. Assez profond pour marquer, pas assez pour te mettre en danger. De toute façon, tu n’aurais vu venir avant qu’il ne soit trop tard si ça avait été le cas. Trop jeune, trop con.
Il y a le reste. Des éraflures de chantier, des cales dans tes paumes, les cicatrices sur tes phalanges et sur le dos de ta main gauche lorsqu’il avait fallu opérer pour tout reconstruire après qu’un connard ait trouvé malin d’y faire tomber un morceau de grue. La faute vent et au mauvais temps, ton cul.
Il y a les éraflures de couteau et de balles aussi, moins nombreuses, plus profondes.

Mais ce qui les rend folles, vraiment, au-delà du mètre quatre-vingts plus que banal et de la puissance tranquille et entretenue roulant sous ta peau, c’est le serpent. Non, tu n’appelles pas ton sexe de la sorte, quelle bande de dépravés vous faites.
Le serpent, un tatouage à l’encre aussi noire qu’une nuit sans étoiles ni lune, qui s’enroule autour de ta jambe gauche, en courbe sinueuses et irrégulières, glissant sur le côté de ta fesse, mordant hanche et aine et flanc, jusqu’à lover ses crocs entre tes côtes. Une œuvre aussi massive que délicatement confectionnée. Un rappel permanent, une impulsion, quelque chose pour te garder sur tes gardes et monter garde, jusque dans tes rêves.

Yeah, you're a natural
On ne peut compter que sur soi-même.

Tes parents ont fait confiance à un passeur et ont finis noyés au fond de la Méditerranée.
Tes camarades de camp comptaient sur les adultes en charge pour vous garder en sécurité et vous offrir une nouvelle vie. Vous n’avez eu que leurs queues et cons humides et un aller simple pour les rues.
Des régiments ont compté sur toi pour avoir leurs arrières. Des gosses ont misé sur toi pour les aider à survivre. Des civils ont prié pour que ton implication serve à faire un pas en direction d’une paix quelconque. Mauvais cheval.
Tu as espéré l’existence d’un Dieu, resté indifférent.

Non, vraiment. Attendre quoi que ce soit d’autrui est suicidaire. Et pour être honnête, tu as déjà flirté suffisamment avec la mort pour ne pas parier de nouveau sur l’humanité.

Tu n’as rien contre l’autre. Le contact t’est nécessaire, le dialogue, la chaleur. Tout ce qui peut se donner sans implication outrancière de ta part, tu donnes. Pour le reste, tu fuis les engagements comme la peste, sans regrets. Ta confiance a été torpillée trop souvent, estropiée jusqu’à être méconnaissable, pour que tu risques les miettes restantes.

On ne peut compter que sur soi-même et sur les faux-semblants servant à nous voiler la face et à rendre cette chienne de vie supportable.

Alors tu mens avec aisance. Sur beaucoup de chose, simplement, car l’honnêteté suppose de la patience, de l’aveuglement stupide en un bon sens qui s’est fait la malle depuis des siècles. Tu mens aux autres, certes. Tu te mens beaucoup à toi-même, aussi. Et tes propres tissus de mensonges sont un monstre tapis dans un recoin, logé entre tes côtes, au sommeil incertain. Un rien pourrait le réveiller. Tu fais tout pour que ça n’arrive pas car, franchement, il ne faut pas être Hawking pour savoir que seul un désastre t’attend dans cette direction. Tu te dis qu’en avoir conscience te donne une longueur d’avance, même si tu ne sais pas trop sur quoi. On se rassure comme on peut.

Avec l’indifférence vient la conversation facile. Tu te fous pas mal de l’avis des autres et la vie n’en est que plus simple. Tu sais te rendre agréable s’il le faut, sourire poliment tout en imaginant en détail la façon dont tu étranglerais ton interlocuteur, si l’occasion se présentait de lui donner ta véritable opinion sur sa personne. Ça arrive assez souvent. Les abrutis et crétines méritant un bon concentré de phalanges dans les gencives se reproduisent à une vitesse hallucinante. Tu es plus tolérant envers les crétines, ceci dit. Après tout, il n’y a pas besoin d’être une lumière pour être un bon coup, tant que la plastique te convient. Coucher avec quelqu’un qui t’insupporte n’a rien de compliqué. Du moins, tant qu’il s’agit d’une femme. Tu as perdu le compte des pauvres types qui ont finis au sol avec ta semelle dans la gueule pour un simple regard un peu trop intéressé. Putain d’engeances. Ils devraient s’estimer heureux que tu ne les crèves pas sur place.

Ah ça, la violence, ça te parle. Ton huitième péché, enfant bienheureux de la colère qui couve en permanence derrière tout le reste. Avec l’âge, rien n’a changé. Ni la rancœur, ni l’amertume, ni les haines, ni l’indignation. Rien. Rien, sinon le contrôle plus serein que tu peux exercer sur tes impulsions. Et si rien ne devait jamais changer, tu t’en contenteras très bien.

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Seyfried H. Bellandi
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Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Mer 5 Sep - 0:48
par Seyfried H. Bellandi
... flustered as firstuck Carmine Bellandi 3766924225

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Carmine Bellandi 181202111716271804

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#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Mer 5 Sep - 1:02
par Bacon L. Beigbeder
Fiche refusée.

Carmine Bellandi 2078551763
Kaori Vanzine
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Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Mer 5 Sep - 1:10
par Kaori Vanzine
Refusée avant même qu'elle soit terminée. Record battu XD

Bon reboot ! Rip Cali ;w;

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Carmine Bellandi Y23dmr11
Thanks Kenken pour le kit et Kea pour le vava ♥
Moon Raitô
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Croquette
posté
le Mer 5 Sep - 1:41
par Moon Raitô
Carmine Bellandi 3766924225 Oh my, le refus qu'on n'a pas vu venir. Try again ? /mur
Bon reboot ♥️
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Mer 5 Sep - 12:24
par Invité
Tu me fais vachement penser à un admin mais je sais plus à qui. Carmine Bellandi 2078551763
Rewelcome par ici. ♥️

(Et GG pour l'avatar encore une fois, c'est de toute bowté, give me ton skill jpp)
Marek S. Obayashi
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posté
le Mer 5 Sep - 12:48
par Marek S. Obayashi
Olala ! Le beau personnage :')

Bon courage pour finir ta fiche et te fait pas trop maltraiter pour ta validation :'D
Mei Bennett
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★
posté
le Mer 5 Sep - 13:33
par Mei Bennett
Je suis fan du vava *o* superbe. Bonne valide l'admin distingué o7
Makoto Nanase
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★
posté
le Mer 5 Sep - 13:38
par Makoto Nanase
Témoch Carmine Bellandi 2078551763

(Jtm ♥️)

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Merci Lucci pour le kit Carmine Bellandi 1647638966

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Eren Sôma
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posté
le Mer 5 Sep - 14:20
par Eren Sôma
ptdr t ki? :melul:
Fu Soda
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Je suis: neutre.
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SERIAL LOVER
SERIAL LOVER
posté
le Mer 5 Sep - 15:02
par Fu Soda
Rebienvendu Carmine Bellandi 501940339
Bon en vrai j'étais pas censé lire ta fiche de si tôt (ptêtre un an après t'vois) sauf que j'ai lu une ligne pis je suis tombé et quand j'me suis relevé bah voilà orz
C'est sûrement trop demandé vu que c'est un de tes perso (nez cassés qui pissent le sang bonjour (j'me remet toujours pas du fait que t'aies jamais dessiné un Chris en bonne santé quoi)) mais je lui souhaite que de bonnes choses Carmine de rien, sa vie a pas été très Bell
Carmine Bellandi 3912395661

et si le cœur t'andi, call me maybe
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Mer 5 Sep - 19:08
par Invité
...OMG. voilà. c'est bref mais au moins ça traduit mon émotion en lisant Carmine Bellandi 3813954746

Faut croire que JM, t'aimes trop Carmine Bellandi 2432113367

Amuse-toi bien mon chat ~
Carmine S. H. Bellandi
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Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Mer 5 Sep - 22:48
par Carmine S. H. Bellandi
Bon, bah, si c'est refusé alors. Carmine Bellandi 367806265

Merci tous Carmine Bellandi 1362171446 (sauf Melu, go crever dans une poubelle ♥️).

Ken - J'ai dû relire cinq fois pour capter cette énième pun, c'était si beau.

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Autre: Je cause en STEELBLUE (#4682B4)
posté
le Jeu 6 Sep - 1:59
par Bao Yong Raitô
Dis donc, ce perso en jette déjà Carmine Bellandi 2078551763

Sans oublier son visu, il est damn fucking cool, tout comme l'était celui de Calib'.
J'ai déjà lu ce qu'il y avait - c'est quand la suite stp.

Amuse-toi bien avec celui-là 8)
Carmine S. H. Bellandi
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Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Jeu 13 Sep - 21:46
par Carmine S. H. Bellandi
Ah que thank you. Carmine Bellandi 2078551763

Passage express pour prévenir que j'aurai sûrement pas le temps de finir demain ni samedi (mais l'espoir fait vivre) donc j'veux bien un p'tit délai siouplaitmerci.

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Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Jeu 13 Sep - 21:56
par Kaori Vanzine
Je refuse Carmine Bellandi 2078551763

Délai d'une semaine ajouté o/

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★
posté
le Sam 22 Sep - 15:44
par Makoto Nanase
Ajout d'une semaine Carmine Bellandi 3473897349

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posté
le Sam 22 Sep - 22:11
par Seyfried H. Bellandi
cet abus Carmine Bellandi 1534650057

ça a intérêt à être de la qualité, même si je me fais pas trop de souci pour ça Carmine Bellandi 2078551763

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Makoto Nanase
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★
posté
le Dim 30 Sep - 11:24
par Makoto Nanase
Ajout des trois jours supplémentaires Carmine Bellandi 3766924225

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Buldozer diplomate
posté
le Lun 1 Oct - 22:29
par Carmine S. H. Bellandi
C'est finito (sous réserve qu'il y aura maybe des p'tites modifs dans la partie avec Bo (un perso qui devrait débarquer sur JM soon Carmine Bellandi 2078551763) mais plus au niveau des dialogues qu'autre chose donc rien d'impactant pour la trame en elle-même.)

Ah que thx à qui s'en occupera et sorry pour les fautes que j'ai sûrement oubliées. Carmine Bellandi 1361789270

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posté
le Lun 1 Oct - 23:03
par Seyfried H. Bellandi
Je te conchie, et tes deadlines aussi Carmine Bellandi 3881020385

Pré-validation par Sey
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

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Carmine Bellandi 181202111716271804

Kinkeabae, fournisseuse de kits swag since 2018

so nobody will ever forget your memorable skill, satoshit:

Carmine Bellandi 85277910
Bacon L. Beigbeder
Messages postés : 1845
Inscrit.e le : 23/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Celle qui fait du couscous. (Aka la plus belle, la plus perf, la plus merveilleuse, la plus...)
Autre: Connard pathétique IRL, passe ta route.
#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Lun 1 Oct - 23:09
par Bacon L. Beigbeder
Je refuse. Carmine Bellandi 133668808

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !
Carmine S. H. Bellandi
Messages postés : 1738
Inscrit.e le : 24/01/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Lun 1 Oct - 23:36
par Carmine S. H. Bellandi
Carmine Bellandi 4086385827

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
Don't get in my way
◀◀    ❚❚  ▶▶



Yzma, spirit animal:
Bacon L. Beigbeder
Messages postés : 1845
Inscrit.e le : 23/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Celle qui fait du couscous. (Aka la plus belle, la plus perf, la plus merveilleuse, la plus...)
Autre: Connard pathétique IRL, passe ta route.
#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Lun 1 Oct - 23:58
par Bacon L. Beigbeder
Carmine Bellandi 3881020385
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