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Je suis: neutre.
Époux/se : Okay, I'll go fuck Abraham now.
Autre: Every party needs a pooper, that's why they invited me.
Voir le profil de l'utilisateur Dim 16 Sep - 19:00

Tu ne le sais pas
mais je t'aime déjà

— Et j'ai pas fait exprès, promis.—

Je doute. Un peu.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

C'est papa qui me dit de m'asseoir, sur le canapé. Il dit que c'est important, avec un air grave sur le visage.
J'me méfie. Férocement.
Parce qu'avec lui on est jamais trop sûr de rien, vraiment. Parce qu'il a pu mettre une punaise là où j'vais poser mon ptit fion, qu'il va sûrement faire tomber une fausse araignée du plafond, ou peut-être qu'il a appris une nouvelle blague de con. Alors je m'assois prudemment, le jauge du regard l'air de rien, attendant la bombe, me demandant si elle est désamorçable.

« Ça risque de te faire un choc mais... tu te souviens de la camionnette qui vendait des pizzas en bas de chez nous y a quelques mois ? »

« Euh... »

Je cherche dans ma mémoire, une partie de mon esprit concentrée sur la voix, sur les mimiques de mon père.
Ça a l'air important, ça a l'air grave. Ça n'a pas l'air beau.

« Ouais, pourquoi ? »

« Eh bah... Ça n'a rien à voir mais t'es marié ! »

Ouais. Il me dit ça tout content, en sortant une enveloppe rose de sa manche, le vieux con. Si je le connaissais pas depuis toutes ces années, je me serais laissé avoir. Par son jeu d'acteur de tout à l'heure, déjà. Et puis maintenant par ça.
Je réfléchis à comment c'est possible. Je fais des suppositions, avant de choisir l'une des hypothèses les plus plausibles. Tout ça en regardant le blanc de ses yeux et le papier qu'il me met entre les pattes, tour à tour.

« Alors t'as scanné ta lettre au moment où t'as été marié à maman, et t'as conservé la copie pendant... pendant quarante-quatre ans, le temps d'avoir un niveau en Photoshop suffisant pour pouvoir la retoucher et me faire la blague. Je te pensais pas aussi fou, respect. »

« Non, pendant quarante-six ans ! »

« Mais non ! Rina a quarante-et-une piges, vous l'avez eu trois ans après le mariage, ça fait quarante-quatre. »

« C'est pas toi qu'as quarante-et-un ans ? »

Ah, c'est bon, j'ai compris.

« ...En fait tu te fous de moi. »

« Ouaip ! Mais regarde quand même la lettre, tu vas voir c'est drôle. »

Oh. La lettre c'est vrai. J'avais déjà rangé et oublié ça dans le tiroir CD (Conneries du Daron) de mon esprit. Je le regarde avec une moue exagérément désapprobatrice, et inspecte le papier sous toutes ses coutures avant de finalement l'ouvrir. Je m'éclaircis ensuite la voix pendant un temps inutilement long.

« Monsieur, madame, par la présente et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la loi, Abraham A... Abraham ? »

Je fronce le nez. Je fronce les sourcils. Je fronce le visage, même.
Je lis ensuite silencieusement, essayant de comprendre la blague. Abraham Abatangelo. Euhm. Anciennement Calum ?

« Je suis perdu là, t'es parti trop loin. »

« Alors c'est qui qui fait la fille ? »

« Hein ? »

« Bah il s'appelle Abraham donc, forcément c'est un homme. C'était une façon bien trop poétique pour toi de te demander qui perdait son nom. »

Après on me demande pourquoi je suis aussi lourd avec mes vannes parfois.

« Ah. Aaah ! Bah. Bah... C'est lui qui... fait la fille. »

« Cool. »

Il s'installe un peu plus confortablement dans le canapé, cherche paresseusement la télécommande de la télé avec sa main gauche. Moi bah... Bah. BAH !

« MAIS ! Ça veut dire que je suis marié pour de vrai !? »

« Non sans blagues ! »

Je baisse de nouveau les yeux vers la lettre, ma lettre, notre lettre. Et je relis ton nom.

« Abraham. Abra... »

« Ham. »

On se regarde dans les yeux pendant un instant.

« ABRA ! »

« HAM ! »

« ABRA ! »

« HAM ! »

« ABR- »

« Mais il vous arrive quoi à vous deux !? »

Y a maman qui rapplique en mode pas contente mais sur le coup je réalise pas je réalise pas je réalise pas pas pas du tout et je réponds bêtement avec fougue et passion.

« IL EST MARIÉÉÉ ! »

Et là, et là; elle nous regarde comme si elle avait un petit pois à la place du cerveau. L'air de se demander si elle doit être heureuse ou nous dire que c'est pas une raison d'ouvrir autant nos grandes gueules.

« C'est vrai ?! Je commençais à croire que le temps que ça arrive, tes spermatozoïdes seraient devenus défaillants. »

Ça, c'est ce qui arrive quand on veut simplement dire qu'on pensait pas pouvoir être grand-mère, mais qu'on a passé quarante-quatre années de sa vie avec mon père non-stop.

« Non mais chérie faut voir le nom du gars, on va faire plein de jeux de mots débiles avec ! »

Bon bah... moi qui avait peur de leur réaction si jamais j'étais marié à un mec... Voilà voilà Abraham. Tu le sais pas encore, mais on t'aime déjà.


À défaut de me pointer dès le premier jour à notre nouveau domicile, (la faute à mes parents, ils m'ont dit que j'attendrais longtemps pour rien) j'ai commencer à ranger, à empaqueter mes affaires. Les fringues, les disques durs, les babioles, la console... et plein d'autres trucs dont tu comprendras pas l'utilité à moins d'être dans ma tête.
J'ai prévenu Maya, aussi. Je t'épargnerais les détails de notre conversation téléphonique (même s'ils sont croustillants mes détails) mais à un moment, elle m'a même demandé si je voulais qu'elle vienne. Proposition face à laquelle j'ai répondu négativement, bien sûr. Je lui ai dit que je voulais pas te faire trop peur tout de suite. Parce que je suis déjà une bombe à moi tout seul, alors le combo Mayachiban risque de te faire halluciner sévère. Dans tous les sens du terme.

Je me suis installé au bout du deuxième jour, comme le vieux type impatient et friand d'affection que je suis, ouais. C'est pas très glorieux comme constat je sais, mais l'auto-dérision fait vivre.
La déco est un peu... vide ? Quoique c'est pas grave parce que je vois déjà mes posters accrochés un peu partout (mais comme je sais pas trop quel genre de mec t'es, je me suis contenté d'envahir le bureau pour l'moment). C'est un peu loin de chez papa-maman, mais au moins c'est pas à moi qu'on demandera d'aller faire les courses. Chaque point négatif est contrebalancé par un positif. Au final, il manque plus que toi, Abraham.


Le troisième jour vers midi, moins affecté par les papillons que j'ai dans le ventre, plus lucide, j'entame la rédaction d'un mail. C'est un peu un message d'excuse, un message de secours. Dans le cas où tu pointes pas le bout de ta frimousse dans les délais, et qu'on va en redressement. Pour prévenir les entreprises avec lesquelles je travaille que je vais être grave retardé. M'enfin, ça c'est dans l'cas où tu fais le con, je l'enverrais dans quatre jours, onze heures et trente-deux minutes, t'as largement le temps d'arriver et... euhm. C'est moi ou on est en train d'ouvrir la porte ? Je pose mon ordi et mes lunettes sur la table basse du salon (où je passe le plus clair de mon temps lorsque je travaille pas dans le bureau, histoire de pas rater ton arrivée) et je me lève d'un pas ferme, histoire que l'inconnu(e) m'entende arriver.

J'arrive à l'entrée et je découvre la porte entrouverte, bloquée contre mes cartons (autant je sais ranger mes fichiers sur un ordi, autant tout ce qu'est physique, je suis totalement désorganisé tu verras). C'est sûr que t'allais rentrer facilement avec ça. Au moins grâce à ce monsieur de l'autre côté de la porte (qui doit largement taper dans le un mètre quatre-vingt-dix si je le compare à moi) tu seras épargné de cette mauvaise surprise. On peut faire mieux comme première impression.

« Oui, c'est pour ? »

Je regarde le type avec un air dissuasif et peu convaincu avant même qu'il n'ait ouvert la bouche, alors qu'en arrière-plan j'essaie de me souvenir de si la porte était verrouillée. J'suis en train de faire glisser lentement le carton qui bloque la porte avec mon pied, avant d'avoir un éclair de génie et de m'arrêter, levant brusquement la main entre le type et moi, lui coupant la parole au passage.

« Vous- Tu- Euh, vous seriez pas, genre, Abraham Cal- euh, Angelo ? Abatangelo ? »

Parce que y a que toi et moi qu'avons le code d'entrée, quand t'y réfléchis bien. Alors j'ai... j'ai fait une mauvaise, mauvaise, mauvaise première impression là, Abraham. J'ai le cœur qui commence à faire doki doki comme un imbécile, de plus en plus vite. Et mon pied, il fait glisser le carton coupable un peu plus loin, avec force et sans élégance. Je recule d'un pas pour pouvoir te faire plus de place, t'ouvrir un peu plus grand. Avec pour seules protections mes poils et mon short (j'ai pas très froid en cette période de l'année, tu comprends j'espère).

« Enchantey, moi c'est Joseph. »

Pardon. C'est plus fort que moi. J'ai paniqué.

(c) oxymort

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Voir le profil de l'utilisateur Mar 18 Sep - 18:06

And I am aware now of how
Everything's going to be fine one day
Too late, I'm in hell, I am prepared now,
Seems everyone's going to be fine
One day, too late, just as well…

Seems everyone's going to be fine

Il n'avait pas réussit à dormir de la nuit aujourd'hui. Pas qu'il dormait vraiment en temps normal mais si il pouvait fermer l’œil au moins pour trois heures, cette fois-là cela avait été compliqué pour lui de fermer les paupière. La raison? La lettre rose. Il avait reçu la fameuse lettre de l’Incontestable qui lui disait qu'il était désormais marié à un homme du nom d'Ichiban. Ils avaient viré son nom de famille pour mettre celui de son conjoint à la place et mine de rien cela l'avait quand même grandement vexé. Mais ce n'était pas vraiment ça qui l'avait empêché de dormir mais surtout le fait d'être de nouveau marié à quelqu'un. Puis, bien qu'il avait eut déjà quelques relations homosexuelles, cela lui faisait quand même étrange d'avoir été mit avec un homme. Comme si aux yeux de l'Incontestable, cela avait été un échec avec la gente féminine. Il avait pensé à des choses comme ça toute la nuit sans même pouvoir les enlever de sa tête... Il n'avait pas réellement peur de rencontrer cet homme à vrai dire, il avait connu plus tragique comme situation mais... ça le stressait plus qu'autre chose. Il se posait des questions qu'en temps normal il ne penserait même pas. Cela chamboulait un peu son quotidien et c'est peut-être pour ça qu'il se sentait comme oppressé. Et il savait que attendre trop longtemps ne serait pas du tout une bonne idée.

Et pourtant, les jours passaient relativement vite. Beaucoup trop vite même parce que à peine était-il marié que le temps filait et il ne s'était toujours pas décidé de bouger de son chez lui pour aller dans sa nouvelle demeure. Car il savait pertinemment qu'il allait retrouver son nouveau conjoint. Enfin, si ce dernier était d'accord avec le mariage. Parce qu'il avait entendu tellement d'histoires sur des rebelles qui allaient en prison et qui y mourraient là-bas... Il craignait que ce soit le cas, mais... Pour le savoir il fallait y aller. Ses parents eut vite vent de son mariage et était venu alors le voir chez lui. Cela faisait deux jours et demi qu'il n'avait pas bougé et semblait encore hésiter. Et deux jours et demi qu'il n'avait pas encore trouvé le sommeil... Le stress était à son comble alors qu'il pourrait très bien s'en foutre et y aller en arrêtant de réfléchir ainsi. Mais il allait pouvoir compter sur ses parents qui allaient le prendre encore pour un gamin pour le décider. Aah les géniteurs...

« - Mais qu’est-ce que tu attend pour y aller Abramiaw ?! Tu ne veux pas te retrouver en cellule non ?
- Abraham 'man... Et oui je sais qu'il faut y aller mais... J'sais pas.
- Me dis pas que tu as peur ?
- Mais non, ne vous faites pas d'idées... »

Il était bien évident que ses parents voulaient à tout prix connaître l'identité et le visage de l'homme avec qui il était marié. Ils ne voulaient pas non plus voir Abraham derrière des barreaux sans pouvoir faire quoi que ce soit. Tandis que le petit bout de femme qu'était sa mère essayait de le bouger, le père lui, lui mettait une grande claque dans le dos, plus pour le réveiller qu'autre chose mais il avait fait une petite grimace.

« - Hé, c'est bon, j'ai compris ! Vous êtes... pas possible.
- Tu sais quoi ? Je vais appeler une société de déménageurs et je vais demander des types bien costauds pour éviter que tu fasses trop d'efforts. Et tu verras, tu seras vite expédié dans ton nouveau chez toi !
- Je n'ai qu'une quarantaine d'années tu sais ? Je peux encore porter de lourdes charges.
- Pas avec ta santé qui fait du yoyo. »

Saleté d'insomnie oui. Il avait haussé les épaules, s'avouant complètement vaincu. Tout seul, forcément il se posait beaucoup de questions mais dès que ses parents étaient dans le sparages ils avaient le don de lui faire tout oublier. Sauf qu'il avait de mauvais pressentiments sans même être encore arrivé dans son nouveau chez lui. Il avait une gueule de zombi à force de pas dormir et la troisième nuit fut éprouvante. Les transporteurs, le lendemain étaient déjà là et il avait dû se lever et se préparer un minimum pour y aller. Et de ce fait, il avait mit son masque sur la tête pour cacher son visage où l'on pouvait voir de grosses cernes noirs dessous ses yeux. Il savait très bien qu'avec son masque il faisait encore plus peur mais il s'en fichait bien. Il avait préparé ses affaires avec ses géniteurs, et une fois que tout était terminé, il avait donc mit son grand manteau avec sa capuche et son masque. Un peu steampunk celui-ci... Il appréciait beaucoup pour sa part. Mais une fois en route pour sa nouvelle maison, il doutait. Il se reposait des questions. Et surtout, est-ce que le lit allait être confortable ? Grosse interrogation. Il voulait dormir. Et si son mari était sympa ou du moins ne voulait pas lui faire faire vivre un enfer, il espérait pouvoir fermer les yeux.

Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé avant qu'ils n'arrivent devant l'immeuble. Il laissait les déménageurs y aller en premier pour monter tout les cartons tandis qu'il tentait de remettre ses idées en place. Aller, ce n'était pas son premier mariage... Il fallait juste que ce soit le dernier. Une fois que la plupart des cartons étaient déposés dans l'immeuble et certainement devant la porte de son appartement, il suivait d'un pas lent l'un des déménageurs qui apportait le dernier carton jusque l'appartement. C'était l'un des plus jeunes mais qui avait presque la même taille que lui, il s'était mit devant la porte et sonnait afin de voir si il y avait déjà quelqu'un dedans. Oui, Abraham avait les clefs... Mais le regard dans le vide, il ne pensait pas aux gestes simples et logiques. Lorsque la porte s'entrouvrait et ensuite s'ouvrait enfin pour qu'ils puissent entendre quelqu'un parler, ce dernier d'ailleurs pensait que le déménageur était son mari. Et bien... non.

« Euh, c'est-à-dire que... Je ne suis pas votre mar-... »

Abraham ne lui laissait pas le temps de finir sa phrase qu'il le poussait gentiment pour prendre sa place et entrer dans l'appartement d'un pas nonchalant. Le jeune homme qui l'attendait allait certainement avoir une petite frayeur de voir une ombre soudaine apparaître en coup de vent avec un visage en forme de crâne bizarre. Sauf que... Le brun ne s'arrêtait même pas devant lui. Il marchait tout droit en se cognant dans quelques cartons au passage avant de chercher presque naturellement la chambre à couchée. Curieusement, il ne mit pas longtemps à la trouver, poussant la porte pour aller jusqu'au lit... Et tout simplement se laisser tomber dessus. Son corps rebondissait légèrement, signe que c'était moelleux. Mais surtout, dès l'instant où il avait toucher le tissus du lit, il avait pu constater à quel point il allait être bien dessus. Il poussa un long « Awwwww » bien grave, à croire qu'il venait de se taper une jouissance rien qu'en constatant à quel point le lit était douillet.

« Ahah... On le trouve assez... étrange aussi, mais il n'a pas l'air bien méchant. » Disait le déménageur au mari du corbeau, tout en posant le dernier carton. « Oh, et félicitation ! Tout est monté. Vous lui donnerez ça, il sait déjà quoi faire. »

Il lui donnait un papier, certainement la facture pour le déménagement. Et sur ce, il partit, laissant les deux nouveaux conjoints ensemble. Abra, Abra... Toujours allongé sur le lit, il n'avait même plus envie de bouger. Mais après un tel cirque, son mari devait se poser des questions. Il n'avait même pas eut le temps de voir son visage en faite. Il soupirait avant de lentement se relever du lit. Il s'étirait et sortait de la chambre pour rejoindre son conjoint dans le salon. Et enfin, il se décida à enlever son masque et laissait retomber sa capuche le long de ses épaules.

« …Bonjour. Je suis... Abraham. Joseph hein... » Il se rapprocha de lui, lentement, le regard fixé sur le brun en face de lui. Il était plus jeune. Légèrement plus petit, seulement de quelques centimètres. Il avait l'impression de se voir un court instant... hm, trop bizarre. Et au fur et à mesures de ses pensées, sa tête s'était peut-être trop rapprochée de celle du jeune homme. « Désolé de mon retard. On s'tutois maintenant ? Tu es Ichiban... Enchanté. Je crois ? »
feat. Ichiban
Blblbl
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