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Voir le profil de l'utilisateur Jeu 11 Oct - 18:33

Okaerinasai de mes fesses ouais ...


Je regarde ma corbeille métallique.
Cabossée, griffée, noircie.
Assis à même le sol, sur cette moquette de merde qui me gratte par dessus le marché, je fais tourner mon zippo en projetant parfois d'un mouvement du pouce une gerbe d'étincelles avant de refermer le clapet.
Encore, et encore.
Mes iris flamboient pâlement, rivés, subjugués par ce petit foyer qui tente de survivre à son inéluctable déclin. Une fumée noire s'échappe du contenant, symbole métaphorique de ce qui a été décidé sans que j'eus quoi que ce soit à en redire. Bande d'enfoirés, ma vie ressemble à un colis à la con qu'on livre où bon vous chante ?

Elle n'était pas vraiment rose ma vie, je pouvais pas le nier mais sûrement plus que celle qui colorait cette enveloppe. Ces enveloppes. Le premier jour, j'avais passé, une fois n'était pas coutume, une journée de merde. J'avais décidé de rentrer chez moi et d'aller tirer mon coup histoire de me vider l'esprit, mais pas que. Je ne la vis pas tout de suite alors qu'elle était seule, sans la moindre consœur qui aurait pu la cacher. Mon esprit n'imprimait rien, suivant la morne monotonie de gestes répétés chaque jour, inlassablement.
Je crois me souvenir avoir déposé ma veste sur le canapé avant d'aller me chercher une bière dans mon frigo table top. Le temps d'enlever mes chaussettes, c'est à ce moment-là que le déclic se fit. Putain, EN ENLEVANT MES CHAUSSETTES !

Ma bière qui chute, ma gueule qui s'ouvre sans qu'aucun mot ne soit prononcé. Personne pour les entendre de toute façon. Une odeur mousseuse finit par atteindre mes narines mais je m'en tamponne le coquillard. Cette lettre arrivée je ne sais comment sur ma table basse, me nargue. Il n'y a que mon identité et mon adresse, mais en lettres invisibles, je suis persuadé qu'on pourrait y lire une inscription comme : "Ta vie de merde est finie, on t'en a réservé une bien pire abruti !!"
Comme avec le jus de citron, j'ai essayé de percer cette douce ironie avec mon zippo, comme pour justifier le fait que je me contentais simplement de cramer cette hérésie. Reculer pour mieux me faire sauter la cervelle.

Mon appartement était saccagé. J'avais laissé courir ma rage embrumée par l'alcool sur mon passé, mon présent, sur le peu de possessions que j'avais et qui me dégoûtait déjà de perdre. Non content de tout m'enlever, je me retrouvais paumé dans le quartier des vieux où rien ou presque ne se passait jamais. Avec mon bol, la machine infernale m'avait refourgué une vieille et ses vingt chats que j'allais devoir shooter du pied pour qu'ils dégagent de mon passage.

Quatre jours. Déjà quatre jours que je me sustente aux restes de mes armoires et m'abreuve d'eau de vie de mort. Je me sens sale, je me sens trahi, je me sens furieux d'être qu'une petite merde sur une bien plus grosse et que tout le monde se fout bien de mes petits soucis. Je pourrai me balader à poil en faisant l'hélicobite à hurler "Vive le Japon" que tout le monde aurait déjà oublié dès le lendemain.

Je ne voulais pas aller dans leur centre de redressement à la con, après tout, la seule liberté qui me restait ou presque était de pouvoir encore mettre un pied devant l'autre et recommencer. Aussi le lendemain, je résistai à la tentation de foutre le feu à cette lettre dont la couleur m'insupportait au plus point. S'il existait une trace de rose dans cette baraque de merde, ça allait être sanglant. Je lus l'annexe joint au courrier rappelant les devoirs du couple. L'éclate totale. Un rapport tous les quinze jours ? Ils voulaient repeupler le Japon avec ce genre de mesures ? Wouhou !! Faire un petit bisou, la petite activité et dormir comme deux ronds de flan, putain, j'avais hâte de cette nouvelle vie complètement délirante ! Pour peu que je sois tombé avec une moche cul-de-jatte, un oeil de verre édentée qui a le charisme d'un poulpe et la conversation d'un bulot, je saurai que j'avais dû être un sacré bel enfoiré pour que le karma m'en veuille à ce point.

Je tirai sur ma cigarette qui se consumait à vue d’œil avant de lâcher une longue colonne de fumée toxique tout autour de moi. Ce brouillard ne les empêcherait pas de me retrouver, où que j'aille, quoi que je fasse. Les jours de congés accordés par ma société en cas d'"heureux événement" était du plus mauvais goût : une torture mentale dans l'inaction et l'attente.

Sixième jour. J'avais réussi à tout caser dans un gros sac, amas de vieilleries épargnés par miracle par ce combat avec moi-même, vêtements et autres babioles inutiles donc indispensables. J'avais laissé vaisselle, mobilier, électro-ménager sur place, en espérant que leur pitoyable valeur rembourserait les dégâts occasionnés sur ce tout autant pitoyable logement.

Le pas lourd, la mine renfrognée, je prenais en début d'après midi les transports en commun pour aller au Purgatoire. Le quartier de Kita finit par pointer le bout de son nez et fort de ma magnifique lettre, je finis par découvrir mon nouveau -roulement de tambours - chez moi.

Premier constat : c'était bien une maison de vieux, avec le petit jardin dont il allait falloir s'occuper dans la joie et la bonne humeur, se péter les genoux pour enlever les mauvaises herbes et éviter que ce con de cérisier n'empiète trop chez le voisin. Quel est le con qui l'avait planté là sérieusement. Pour le moment, tout semblait bien entretenu mais pour combien de temps ... Pianotant le code à neuf chiffres qui débloquait l'entrée, je poussai la porte pour y découvrir un intérieur qui devait bien faire le double - le triple ?... - de mon ancien domicile. J'étais tombé sur une vieille riche en manque de sensations fortes ou quoi ?! Visiblement, ma chère et tendre épouse avait déjà élu domicile, comme en témoignant les signes récents d'une activité humaine.

À plusieurs reprises j'avais été tenté de voir sur le net qui était cette Hinato Toma, sa tête, son job, peut-être ses amis ou ses centres d'intérêts. Tout se trouvait sur la toile avec un peu de patience. Sauf que je n'en avais pas et je savais que si je tombai sur une conne et/ou moche, je me serai calé une balle dans la tête. Au moins me suis-je accordé un sursis vautré dans ma médiocrité.

Comparé à chez moi, enfin avant, je montais d'un cran, j'allais pas faire la fine bouche. J'avais laissé la porte d'entrée ouverte mais je m'en carrais à dire vrai. Il pourrait y avoir un voleur qui arriverait là maintenant, je serai capable de lui dire de faire comme chez lui : Rien ici n'avait pas patte, tout donnait l'impression d'être un touriste logé chez l'habitant pour un temps.

Comme un coup de massue en pleine gueule, je me sentis pris de vertiges, cette fatigue insidieuse qui arrive au pire moment, vous rappelant que votre corps n'était pas une pile illimitée.

Je me dirigeais vers la salle de bains, laissant choir mes habits à même le sol, pour aller me décrasser sous le jet puissant de la douche. Merde, j'avais rien pris à boire. Enfilant caleçon et pantalon, et un simple tee-shirt pour le haut, je m'effondrais presque sur le canapé, n'ayant même pas le courage de m'allumer une cigarette.

Combien d'heures je dormis ?... Aucune foutue idée, mais quand j'ouvris les yeux, je n'étais plus seul dans ma cellule.

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Voir le profil de l'utilisateur Jeu 11 Oct - 23:46
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Je soupire en ouvrant la porte, balançant mes chaussures à même le carrelage comme pour me débarrasser du poids qu’elles représentent. J’ai mal aux pieds, ma nuque me faire souffrir au même titre que mon dos, mes épaules, mes bras, mes jambes. Après cette journée harassante, je suis en kit. Une sorte d’amoncellement de chairs et d’os endolories par leur utilisation constante. Bref, je n’ai qu’une seule et unique envie : celle d’aller me pieuter aussi vite que possible et oublier cette putain de journée.

Un oeil sur mon téléphone pour regarder l’heure et c’est la lumière indiquant un message sur le répondeur qui m’agresse. Elle me nargue, la garce, en clignotant de sa loupiote rose comme pour me dire: “Non Hina, ta journée n’est pas fini, tu dois encore subir les élucubrations d’untel sur machin qui a fait un truc incroyablement... inintéressant". Faites chier bordel, j’ai juste envie de me poser un peu avant d’y retourner… Mais non. Alors tant pis, j’appuie sur le bouton d’appel et je laisse le haut-parleur en posant l’appareil sur le comptoir de la cuisine pendant que je vais fouiller dans mon frigo à la recherche d’un truc à manger rapidement. J’ai pas fait les courses depuis un moment, faute de temps. Il ne me reste plus grand-chose à part du beurre et du pain rassi … c’est gai. Je n’ai pas vraiment le temps de râler que déjà la voix d’Ume résonne dans tout l’appart’.

-Hey ptite soeur, comment tu vas ? Tu ne donnes plus trop de nouvelles en ce moment. Remarque tu dois être occupée.

- Ouais plutôt. Tu sais boulot tout ça… la vie quoi.

-Papa va mieux au fait, l’opération s’est bien passée. Il peut reprendre une vie normale.

- En même temps, ce n’était qu’un simple calcul rénal. Pas de quoi fouetter un chat.

-Maman t’embrasse et demande quand est-ce que tu comptes passer nous voir.

- J’en sais rien… Probablement, au nouvel an, si je ne bosse pas.

-Rappelle-moi quand tu peux, au lieu de parler bêtement à ton répondeur. Ça serait bien d’avoir une vraie conversation...

Fait chier… Elle me connaît trop bien…

-Je suppose que tu es en train de râler là.

Même pas vrai… Je souris à l’entente des “suppositions” de ma sœur qui font mouches, évidemment.

-Gnaaaa en plus tu mens! Tu me déçois petite sœur, vraiment.

Je l’entends éclater de rire à travers le combiné. Le son prend possession de la pièce et je suis de nouveau chez moi, dans cette petite maison de Sapporo au milieu des miens. Ume a un rire plutôt communicatif et je suis une fois de plus incapable d’y résister. Alors moi aussi, je ris, comme une andouille au milieu de ma cuisine. J’oublie tout, de la fatigue jusqu’à la douleur et j’imagine sa bouille ronde illuminée de son sourire. Elle me manque, souvent et je ne la vois plus que très rarement. Elle est restée sur notre île du nord, pas loin des parents. Elle s’est mariée, a eut des gosses… Ça lui va plutôt bien, un mariage réussi de plus dans la famille. A croire qu’ils ont plus de chance que moi à la loterie douteuse de l’incontestable. Le rire s’arrête et c’est la voix d’une inconnue qui m’annonce que je n’ai plus de nouveaux messages. Je coupe l’appel, j’ai eut ma dose de rire pour la soirée, ou plutôt la nuit.

Je m’installe sur mon canapé, posant mes pieds nus sur la table basse pour les laisser respirer. Au final, je n’ai rien mangé, tant pis… Je pourrais toujours sortir, descendre la rue jusqu’au kombini et acheter une merde toute prête, mais je n’aime pas… Autant ne rien bouffer que d’avaler ces cochonneries sans aucune saveur. Je m’étale de plus en plus et mon pied droit rencontre un objet… Je le pousse sans m’en rendre compte et il tombe… Au final j’ouvre tout de même un œil pour voir ce qui traîne à présent au sol… Rien d’autre que la pile de courrier entassé que je n’ai jamais pris le temps d’ouvrir… rien de grave en somme. Je referme les yeux… Puis je réalise que l’une des enveloppes se détachait des autres par sa couleur caractéristique. Putain !

Là, mes yeux sont bien ouverts, je sautille… Non, je bondis carrément hors de mon canapé comme s’il venait de me brûler les fesses. Elle est bien là… La fameuse enveloppe rose. Ce putain de rose ridicule trop mielleux, trop enfantin pour annoncer pareille nouvelle. Je l’observe sans oser bouger d’un millimètre, comme si elle pouvait me sauter à la gorge pour mieux m’étouffer. Encore? Et avec qui la machine avait décidé de me caser cette fois, hein ? Le dernier mariage n’était pas franchement une réussite, soyons lucide deux minutes. Alors comment l’incontestable pouvait me trouver quelqu’un d’autre ? N’importe quoi… j’y crois pas, j’y crois plus. Toutes ces histoires de mariage, ce n’est définitivement pas pour moi.

Et pourtant elle est là… Renfermant encore tous ses secrets à la con. Un nom, une adresse. Je change d’identité… Et puis je réalise… Depuis quand elle est là au juste ? Quand ai-je ouvert ma boite aux lettres pour la dernière fois ? Je ne sais plus … Ce ne peut pas être trop tard, car les gars de la police ne se seraient pas gênés pour venir me cueillir directement aux urgences.

Tant pis… Je cours jusqu’à cette fichue boîte, clé en main et toujours pieds nus. Je glisse dans les escaliers, je trébuche sans tomber, puis j’arrive anxieuse devant le petit rectangle de métal. Je l’ouvre de ma main tremblante et c’est une pile de courrier mêlant lettres banales et publicités qui s’écroule au sol comme une flaque de vomi… Je m’accroupis, je cherche les enveloppe rose et je compte… une, deux, trois, quatre… Avec celle dans mon appart’ ça fait cinq… Je tombe à la renverse directement sur le cul sans savoir si je dois rire de ma bêtise ou pleurer sur mon sort.

Finalement, au bout d’un temps incroyablement long d’hébétude, je me décide à en ouvrir une… Me voilà madame Ikuro… Génial. Faudra que je le retienne en plus… une nouvelle adresse dans le quartier de… Kita… C’est où ça déjà? Je ne connais pas encore assez la ville pour le situer exactement… Fait chier… J’entends du bruit dans les couloirs, une porte qui se ferme… Je me relève en rassemblant mon bordel avant de le placer derrière mon dos comme une gamine prise en flagrant délit… J’ai rien fait pourtant… Je me suis juste faite piégée par une machine… Encore.

Alors je remonte les marches qui me séparent de l’appartement auquel je devrais dire adieu… Je croise bien une voisine, une vieille dame qui me lance un regard noir parce que je traîne pieds nus dans les couloirs… Sacrilège dont je me fiche bien la tout de suite. Portant, je baisse la tête et j’accélère le pas…

Le lendemain, j’arrive à mon domicile… Celui que je dois partager avec mon... mari. Je ne sais pas s’il est là… Pas de voiture devant la… maison. Punaise… Pourquoi carrément une baraque quoi ? Je rentre. Je fais le tour du propriétaire, mais ne trouve pas mon partenaire de galère, ni même aucune trace de lui… Ok… Un oubli ? Une rébellion ? J’hésite même à aller bosser de peur que la police ne vienne m’y chercher. Mais tant pis. Je pose mes affaires n’importe où parce que je n’ai pas le temps de ranger maintenant… on m’attends au boulot.

Ma journée, je ne la passe pas sereinement du tout. Je guette l’arrivée des hommes en uniforme même si techniquement, il reste un jour avant la fin du compte à rebours. Je donne la mauvaise adresse au taxi… Avant de me souvenir de la nouvelle. Cette fois, quand je rentre, je trouve une paire de chaussures dans l’entrée… Il est là… Merde. Qu’est-ce que je dois dire au juste ? J’en sais rien moi… Il fait nuit, mais les lumières sont éteintes, plongeant la maison dans une sorte d’atmosphère lugubre qui ne me rassure pas du tout.

Je marche à pas de loup jusqu’au salon… pour découvrir une forme étendue sur le canapé. J’allume une petite lampe pour ne pas le surprendre avec une lueur trop agressive, puis je m’approche doucement sur la pointe des pieds. Je laisse tomber mon sac, sans un bruit juste histoire de l’observer.

Il n’est pas vieux… Peut-être un peu plus que moi. Plutôt fin, sans être maigre… Un nez ni trop grand, ni trop fin… Une bouche boudeuse, même endormi... Merde, je le détaille carrément là. Et bien sûr, c’est à ce moment-là qui décide d’ouvrir les yeux. Je continue de le fixer, mais je sais que la surprise se lit sur mon visage… J’ai un mouvement de recul qui manque de me faire tomber à la renverse parce que je me prends les pieds dans le tapis… Je déteste ces trucs-là…

-Euh… Salut, je suppose que tu es… Mon mari ?

Question stupide… Belle entrée en matière Hina… Vraiment.

-J’ai cru que tu ne viendrais pas...

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Voir le profil de l'utilisateur Ven 12 Oct - 8:16

Okaerinasai de mes fesses ouais ...


Je faisais un rêve. Un rêve étrange. Ces rêves un peu trop réels, qui nous empoignent le cœur pour le serrer un peu trop fort, ceux qui laissent dans leur sillage une fine brume d'imaginaire, éthérée mais suffisamment  présente pour nous rappeler que tout ceci n'existe pas. Un univers parallèle, un moi dans un ça qui pourrait exister mais qu'on ne pourra jamais atteindre. On se réveille alors le cœur battant la chamade alors que l'oubli exerçait déjà son œuvre destructrice.

Le vent faisait mouvoir mes mèches rebelles, emportant avec lui des pétales de cerisier, autant d'électrons libres qui se laissaient porter au gré d'une force dont ils savaient pouvoir lutter. Ils atterriraient là où le hasard, le Destin leur dicteraient d'aller. Heureux étaient les ignorants, mais je compris vite que je n'étais pas le Yoji de mon rêve, juste un pétale, rose, arraché par une force invisible pour m'emmener ...

Ici.

Mes yeux s'ouvrirent brusquement, mon corps secoué d'un spasme comme pour prévenir d'un danger. En tout cas, c'était l'impression que j'en avais. Mon rythme cardiaque s'était accéléré alors que je n'avais aucun repère d'où je me trouvais. Bordel je suis où là ?... bredouillais-je entre mes dents. Le temps que mes yeux s'habituent à la lumière pâle de la pièce, ne cernant que les contours d'une silhouette qui se veut féminine et inquisitrice.

Mon cerveau se décide enfin à fonctionner. Les pièces du puzzle s'imbriquent lentement mais sûrement, me rappelant cette dérive violente et alcoolisée, avant l'exil vers un inconnu anxiogène.

Ici.

Tâtonnant avec mes bras encore engourdis pour pouvoir me redresser, je passe une main sur mon visage, comme si ce geste allait chasser les vestiges d'une mauvaise fatigue, celle qui nous exténue encore plus qu'avant de s'y être plongé. Mon regard finit par chercher et trouver le sien alors qu'elle lance les hostilités. Putain, un peu de respect, laisse moi le temps de .... de quoi déjà ?... songeais-je, bien incapable encore d'ordonner mes idées. Dire que je n'avais même pas bu .... aujourd'hui.

Fait face à moi une jeune femme, svelte, l'archétype de la japonaise bien dans sa peau. Longs cheveux noirs, la frange barrant son front, petit nez mais des lèvres peut-être plus pulpeuses que la moyenne. Difficile alors que je suis assis sur le canapé d'estimer sa taille mais je suis plus grand qu'elle ce qui est un bon point. Il n'aurait plus manqué qu'on ait l'impression qu'elle sorte son petit frère pour parfaire un tableau bien noir.
Pourtant, elle était loin, très loin des critères alarmistes que je me faisais de ma future épouse. Vu mon karma de merde, je me disais que l'Incontestable allait me refourguer un cas aussi désespéré que moi histoire de regrouper les tares ensemble et limiter la casse pour ceux qui devaient le pays.

Je détournais la tête, fixant un point non loin dans cette petite lampe qui dispensait comme elle pouvait un semblant de lumière. Je ne pris pas la peine de répondre à sa question que j'avais déjà oublié sur le moment, pour lui faire part de ce constat inquiétant : Je me demande bien ce que tu as bien pu faire de moche au point de finir avec moi. Je me mis à rire, ce rire un peu étrange, un peu fou mais surtout blasé. Secouant la tête, je me décidai à le regarder de nouveau, tâchant de composer un air un peu moins austère. À ce qu'il paraît oui, pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort nous sépare blablabla. Ce genre de conneries là ouais. Peu avenant fallait le reconnaître mais je ne pouvais pas faire mieux pour l'instant.

Il fallait dire que je me dégoûtais. Je me dégoûtais de la trouver ... à mon goût. Je me répugnais à me retrouver avec une femme que je pourrais apprécier, aimer même à côtoyer. Je n'avais rien demandé, je n'avais rien décidé, j'étais ce putain de pétale qui était pépère sur sa branche avant de se retrouver sur la surface d'un lac calme. Sauf que je voulais balancer un pavé moi, semer le chaos dans cette placidité et me sentir vivre. Je n'aurai plus d'amantes, j'aurai quelqu'un qui me surveillera, me jugera, silencieusement ou non, me fera des reproches, qui empiétera sur ma vie privée déjà merdique.

Je souhaitais être partout, mais pas ...

Ici.

Nouveau rire, sec, court, peu crédible. Je suis désolé. Un fin sourire sur les lèvres, je clignai à plusieurs reprises des yeux avant de la fixer intensément. J'aurai préféré que tu sois moche, ça m'aurait été plus facile de te haïr je crois. Encore que, cet enfoiré d'ordinateur aurait pu me caler avec un homme, là je pense que le Japon aurait compté un habitant de moins dans la soirée.

Je me levai, histoire de me dégourdir les jambes, confirmant qu'elle était plus petite que moi alors que je me trouvais à moins d'un mètre d'elle. Quoique, simple question, vu nos obligations maritales : tu n'aimes pas les femmes hein ?... Ça serait aussi drôle qu'un mec ça : "Ouaip, je suis jolie comme un coeur, mais j'aime les minous, du coup ça va être un petit coup sur le lavabo pour calmer ton robinet mon joli"

Aucun contact, aucune accolade, aucun signe d'affection, j'en étais bien incapable. Celle que je voulais retrouver dans mes bras ne pouvait se trouver qu'en cuisine. Je me dirigeais vers le frigo dont la taille faisait l'une de mes armoires dans mon ancien appartement. Ils ont estimé qu'on allait avoir une dizaine de gosses ma parole ?! J'ouvre, évidemment rien dedans. For-mi-da-ble. J'hochais un peu la tête en écarquillant les yeux, ne comprenant même pas comment j'avais pu espérer qu'un miracle se produise. Me retournant dans sa direction, je répondis à son inquiétude.
J'ai hésité ouais, mais je ne suis pas con au point de m'auto flageller un peu plus en me retrouvant, semble-t-il dans une cellule plus petite que des WC avec une inconnue à me faire filmer comme des animaux en cage. Quitte à avoir une prison, autant qu'elle soit plus .... spacieuse non ? J'écartais les bras pour montrer la maison où nous nous trouvions.

Donc me voilà ...

Ici.

Mains dans les poches, je la détaillais de nouveau de haut en bas, sans m'en cacher. Il n'y aurait, par la force des choses, plus d'intimité au maximum dans les quinze prochains jours. Ordre de l'Incontestable ! Je ne pense pas que tu t'attendais à ça, et crois moi, je suis navré que tu sois tombé sur moi. Je n'ai pas plus choisi que toi tu te doutes bien. Je ne sais pas où tout ça va nous mener, mais en occultant le fait que nous soyons mariés désormais - la bonne blague - je suppose qu'il nous faudra faire connaissance. Allez, je commence, au plus vite ce sera fait, au mieux ce sera. Rester debout, m'asseoir, c'était presque la question la plus importante que je me posais en ce moment. Yoji Ikuro, mais ça tu le savais déjà. J'ai 34 ans et j'ai un boulot de merde comme employé de bureau payé une misère. Je fume, je bois, je ba... désolé, et je m'attendais pas à cette foutue lettre rose. Je ne connais rien de toi, je n'ai pas voulu faire de recherches histoire de ne pas être déçu, dans un sens ou dans l'autre. Pas assez bien, ou trop bien pour moi ...

Je ne sais pas si tu as les questions d'usage en la matière, je ne suis pas habitué à trop en dire généralement. On préférait l'action à la parlotte dans ces moments-là oui. Sinon bah ... à toi ?


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Voir le profil de l'utilisateur Ven 12 Oct - 12:22
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Sa réaction me surprend, sans réellement m’étonner non plus. Je ne m’attendais pas à ce qu’il soit heureux de me rencontrer, personnellement, je m’en serai bien passé. Ma vie me convenait très bien telle qu’elle était jusque-là. Boulot, amis, famille… Un train-train plutôt confortable qui faisait que je n’avais de comptes à rendre à personne. J’avais déjà donné… J’avais assez donné. Mais non… Il a fallu que la machine se rappelle à mon bon souvenir et qu’elle se décide à unir deux pauvres bougres qui n’avaient strictement rien demandé… Et voilà…

Il m’observe, me détaille, comme je l’avais fait un peu plus tôt. Je ne sais pas vraiment comment réagir, ni même que faire, alors je ne bouge pas d’un pouce et le laisse parler. Et puis…

“Je me demande bien ce que tu as bien pu faire de moche au point de finir avec moi.”

Que pense-t-il au juste ? Il croit à une punition divine ou une connerie dans le genre? Ce n'est pas si simple mon grand, bien que tout aussi con. Figure-toi que je n’ai rien fait de mal qui justifie une punition… Disons juste que j’ai eu l’incroyable stupidité de naître au Japon, et de m’être fait implanter cette foutue puce qui adore jouer au jeu de “comment je vais te pourrir la vie cette fois ?” La réponse est devant moi, du moins en partie. Elle prend la forme d’un homme visiblement amer et blasé, pas plus ravi que moi de se retrouver dans cette situation ubuesque.

On est juste dans le même bateau, lui et moi. A nous d’adopter la bonne stratégie pour ne pas nous pourrir l’un l’autre. Enfin, ça, c’était ce que j’avais choisi de faire la première fois. Et il suffisait de voir le résultat pour comprendre que ce n’était peut-être pas le meilleur choix… Autant dire que la tout de suite, je suis perdue. Il m’observe toujours si bien que je ne sais pas s’il me considère comme le bourreau ou le châtiment… Peut-être les deux… J’en sais rien.

Il rit, puis s’excuse… Et moi, je ne réagis toujours pas. Je me contente de le regarder en silence, ne sachant pas si je devais rire moi aussi … Ou prendre mes jambes à mon cou. Je suis inquiète, ça, je ne peux pas vraiment le cacher. Je sais bien que je me retrouve en face d’un écorché de la vie, le genre à se noyer dans les vices en tous genre simplement pour oublier une existence qui ne lui convenait pas. Pourquoi je sais ? C’est simple, des comme lui, j’en vois tous les jours au boulot. Ils portent le malheur du monde sur les épaules et l’amertume déforme leurs traits.

Je ne comprends pas pourquoi, selon lui, il est si important de devoir me haïr. Alors c’est ça ? Je suis une punition pour lui ? Et qu’est-ce que mon physique vient foutre dans l’équation au juste ? Quelle importance que je sois jolie ou moche? Grosse ou bien maigre. C’est mon âme qui me rend détestable ou non… Pas ma gueule… Alors je fronce les sourcils, piquée par une remarque déplacée et illogique. Et il continue dans les insultes, se plaignant encore et toujours de la situation comme un enfant… Non, je ne m’étais pas attendue à ça, mais alors pas du tout. Je me trouve en fait devant un pleurnicheur qui ne vois visiblement pas plus loin que le bout de son nez.

- Non, je ne suis pas lesbienne. Pardonne-moi de ne pas t’imiter et de jouer dans le mélodrame...

Prendre la vie du bon côté ? C’était ce que j’essayais de faire depuis l’enfance. Je ne suis pas une pleurnicheuse… J’essaie d’avancer, malgré les obstacles, même si je tombe parfois… Je me relève toujours, parce que j’ai décidé de ne pas abandonner facilement. Mais, apparemment, l’incontestable a décidé de me foutre ma Némésis dans les pattes. Pas mal l’ironie…

Il file à la cuisine et se plaint… Encore. Moi, je serre les dents et les poings avant de soupirer bruyamment. J’essaie de relativiser… de me dire qu’il a peut-être besoin de temps pour encaisser la nouvelle… C’est bien mon cas, à moi aussi. Sauf que bien sûr, il ne le remarque pas…

Finalement, il se décide à répondre à mon questionnement, mes doutes quant à sa venue… Son acceptation… Je ne trouve là rien de plus qu’une résignation. Au fond, je le comprends, mais je déteste sa manière de comparer tout ceci à l’une des cellules du centre de redressement. Je ne suis pas une punition, bordel… Encore une fois, il me détaille, curieux. Je vois bien à quoi il pense, il a bien dû lire la notice explicative fournis avec le carton d’invitation. Moi-même, je sais très bien à quoi m’attendre. Je sais ce qui va et surtout ce qui doit se produire dans les prochains jours, du moins si nous tenons tous deux à garder notre tête accrochée au reste de notre corps. Elle est là la punition au sein d’une société qui nous compare, nous pauvres humains, aux rhinocéros blancs en voie de disparition, élevés en captivité, enfermés dans leur enclos bien trop petit pour eux… Voilà où nous en sommes. Sympa non ?

Et voilà… Il s’excuse encore. Comme si on y pouvait vraiment quelque chose. Je ne me considère pas comme étant à plaindre. Pas plus qu’une autre. Pas plus que lui. Je ne sais rien de ce type, mis à part son nom. Il n’en savait guère plus sur moi non plus. Il voulait faire connaissance et balançait les informations le concernant, comme ces gens dans les groupes de paroles … “Bonjour je m’appelle truc-muche, j’ai cinquante ans, je bosse comme employé dans un magasin de vente au détail et je suis alcoolique”. À mon sens, on apprend à se connaître en discutant, de tout, de rien. Ça ne se fait pas tout de suite, pas au bout d’un simple enchaînement d’info stérile. Ça demande du temps, de la curiosité… Mais si cela lui suffisait, alors autant lui répondre de la même manière.

-Hinako Toma, 28 ans, infirmière. Ça t’aide réellement à me cerner ce genre de chose? lui dis-je en haussant légèrement un sourcil. C’est ton premier mariage ?

A mon tour de poser des questions… Mais non, rien à faire. Je trouvais cela débile. Ça ne nous mènerait à rien.

- En fait, je n’ai découvert la lettre qu’hier soir et je ne suis arrivée ici que ce matin. Je n’ai donc pas eut le temps de faire des courses ou seulement d’investir les lieux. Honnêtement, je ne pense pas que se balancer des questions de cette manière soit réellement utile… Sortons d’ici, un environnement neutre ne nous fera que du bien. Allons manger dehors, on verra bien si on trouve un sujet de conversation ou non… Qu’en dis-tu ?

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Okaerinasai de mes fesses ouais ...


Première rencontre. Première approche à l'instar de ma vie : décousue, dissolue, confuse, nébuleuse. Je me sens mal à l'aise devant une femme, grande première. Je n'ai pas l'excuse du monde autour de moi, pas plus qu'une potentielle concurrence à abattre. Non, rien de tout cela, elle est mienne, qu'elle le veuille ou pas. Ce parasite implanté dans son cerveau la contraint à la fidélité, l'oblige même à me faire l'amour, m'embrasser chaque jour à compter d'aujourd'hui. Nous dormirons ensemble, je la verrai probablement en lingerie fine, la surprendrait dans la salle de bains, en train de se maquiller en petite tenue, se faisant belle pour son mari. Oui, le bonheur parfait.

Quel était alors ce goût amer que j'avais en bouche, cette bile qui me serrait la gorge alors que je lui débitais connerie sur connerie, perdant le peu de charisme que j'avais pas la force de l'expérience, cette résistance à encaisser les coups sans broncher alors même que ma gueule était en sang ou mon ego en miettes ?

Parce qu'il en était de même pour moi. Il n'était pas question ici d'amour, mais de liberté. Elle y était forcée tout comme je l'étais à son égard. L'Incontestable se contrefoutait des sentiments entre individus, n'y voyant là qu'un bonus. D'une certaine manière, je pouvais comprendre qu'il n'y avait pas besoin de sentiments pour tirer son coup, je serai le premier au courant sinon. Mais en ajoutant la notion de "fidélité à la vie à la mort", il dénaturait le concept même de joindre l'utile à l'agréable. Pourquoi ne contraignait-il pas un rapport tous les x jours, tout en permettant de faire sa petite vie à côté. Voilà une idée intéressante.

Trop beau pour être vrai malheureusement. Seul lot de consolation, elle aimait les hommes. À moins qu'elle ne me contraigne à le faire dans le noir le plus complet, peut-être que sa mine affichera un air moins dégoûté quand je serai en elle. Je l'avais énervée en lui posant cette question car déjà la petite chatte sortait ses griffes. Pour ce que j'en avais à foutre aussi ... Joue la partition qui te chante, mais tu m'excuseras d'être préoccupé par des besoins qui sont au final la raison première de notre union aux yeux de ce formidable dictateur informatique. Je ne suis pas un grand partisan de la routine ennuyeuse. C'était aussi la raison pour laquelle je n'avais jamais eu de relations durable. Autant parce que je me désintéressais des à côtés de ma partenaire mais aussi qu'une fois l'acte consommé, qu'y avait-il de plus intime à savoir sur l'autre ? Rien.... Avec le temps venaient les emmerdes, les explications, les excuses à la con, bref, que du chiant condensé.

Aussi chiant que l'absence d'alcool dans le frigo. Ça aurait été trop beau et après tout, il m'appartenait de passer par un kombini pour m'acheter un petit stock en prévision de ce moment. N'ayant pas faim mais juste soif, cette mauvaise soif qui ne visait pas à me désaltérer mais altérer mes sens, je revenais sur mes pas et constatais que nous nous détaillions avec plus ou moins de discrétion. Deux inconnus unis par les foutus liens du mariage.

Allez, sors toi les doigts du fondement et présente toi, histoire de montrer que tu n'es pas qu'un ronchon blasé. Pas le premier jour en tout cas. À ma description sommaire succède la sienne qui l'est plus encore. Elle a utilisé six mots pour faire un résumé de qui elle était, wouaouh ! J'en ai de la chance dis donc !! À sa question, j'haussais les épaules : elle attendait quoi de moi sérieux ?

- Je me suis dit que se présenter, dans un premier temps, valait mieux que discuter comme deux hypocrites de la pluie et du beau temps, comme si savoir si l'autre avait fait bon voyage jusqu'ici nous intéressait. Ravi de faire ta connaissance au moment où j'allais continuer, je comptais le nombre de mots qui allaient suivre Hinako-Toma-vingt-huit-ans-infirmière. Ouaip, ça faisait bien six.

J'errais dans le salon, le découvrant réellement pour la première fois. Comme si mon cerveau avait déjà formaté tout ce que j'avais pu voir ou faire la veille. Les mains dans les poches, je sentais qu'il me manquait quelque chose, avant de m'apercevoir qu'il me manquait mon paquet de cigarettes. J'ai besoin d'une clope moi. Où diable avais-je bien pu mettre mon paquet ?... Sinon, oui, c'est ma "première fois" fis-je en souriant à peine à sa question sur la lettre rose. Qu'est-il arrivé à ton précédent promis hmm ? Je lui jetai un regard avant de poursuivre mon investigation nicotinique. Ma question pouvait paraître surprenante, tout comme la sienne ne me serait jamais venue à l'esprit si je n'avais jamais été marié auparavant. Les cas pour recevoir une autre lettre étaient rares, les divorces encadrés et les décès souvent accidentels quand la vieillesse ne nous emportait pas. Vu son âge, la dernière solution semblait peu crédible. Si je me trompais elle me le ferait part mais vu son air, je sentais avoir fait mouche.

Rha ! Je ne trouvais rien dans mon sac qui contenaient mes affaires, pas l'ombre d'une clope à l'horizon. Je l'écoutais me dire que son arrivée datait de la veille, dû à une inattention quand je les avais vues une par une brûler sans perdre leur force de persuasion. Oh, je vois .... Tu me feras, comment dit-on déjà, la visite du propriétaire dans ce cas. J'ai déjà utilisé la salle de bain.

Quand elle me dit que se poser des questions ne rimerait à rien, je restai silencieux, n'ayant pas mieux à proposer. On ne pouvait pas boire un verre, nous ne semblions ni l'un ni l'autre disposés à faire la bête à deux dos et visiter les pièces de notre nouveau chez nous allait passer le temps une demi-heure grand maximum. À moins que ... Ah oui, à peine entrés, sortons, effectivement. Maintenant qu'elle parlait de manger, je réalisai que j'avais faim. Le corps était bien foutu pour ça fallait dire, créer un besoin par la simple pensée.

- Le quartier de Kita, surtout là où on est, est un quartier de vieux ... Il faut voir si on trouve un petit endroit pour manger et discuter oui, si tu veux. Comme tu viens de rentrer, du travail je présume, tu veux ptêt te changer, ou faire un brin de toilette ? Je regardais ma tenue guère engageante pour un rendez-vous extérieur. Je vais mettre un truc qui tienne plus chaud et plus présentable aussi de toute façon. Je te laisse la salle de bain.

Je chopais mon gros sac de voyage et le posai sur le canapé, faisant fi de tout pudeur en enlevant d'abord mon teeshirt, puis mon pantalon. Lui tournant le dos, je supposai qu'elle s'était rendue dans la pièce d'eau.
J'optai pour une chemise grise, la moins froissée vu comme j'avais tout mis en boule dans mon sac et un pantalon noir, avant de remettre des chaussures classiques de la même couleur que mon bas. Avec une veste légère par dessus, je serai un minimum convenable.

Je me retournai et attendit qu'elle se présente à moi. Saisissant mon téléphone à l'écran fissuré, je nous géolocalisai et mis comme critère de recherche restaurants pas chers. Ouaip, être marié ne voulait pas dire rouler sur l'or malheureusement. Il y en avait un à quatre cents mètres d'où nous étions et un autre un peu plus cher mais plus proche, dans la direction opposé cependant. Les deux faisaient plus ou moins les mêmes plats et les critiques, à part les éternels insatisfaits, étaient correctes pour ce genre d'établissement.

Après l'avoir détaillée une fois encore, je remuais mon téléphone avant de prendre la parole. J'ai trouvé un restau, enfin un endroit où on mange, pas trop trop loin d'ici. Le truc simple et pas trop cher. À moins que tu veuilles autre chose, t'es ptêt végétarienne ou j'sais pas quoi. Si c'était le cas, elle me verrait bouffer de la viande à la maison, je restais un carnivore moi !

En route ? Je pointais la direction à droite de la maison et ne savais pas du tout comment me comporter. Un couple, généralement, se tenait la main, mais je trouvais ça tellement surréaliste que je les gardais dans mes poches. J'étais marié, d'un claquement de doigts ma vie avait bousculé. Me voilà à jouer les pré-pubères lors d'un premier rendez-vous. En ayant la certitude qu'avant minuit, nous allions nous embrasser. Pas parce que nous le voulions mais parce qu'il le faudrait.


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Voir le profil de l'utilisateur Sam 13 Oct - 20:37
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Bizarrement, son raisonnement ne m’étonne pas. C’est bien un mec après tout. Il pourrait déjà m’imaginer entièrement nue que cela ne me surprendrait pas. Les termes du contrat étaient plutôt clairs et tout aussi ridicule. On nous impose un baiser, de partager des moments ensemble… sans parler de sexe… C’est bien à ça qu’il pense le bougre, sans quoi il n’aurait pas évoqué mes “préférences sexuelles"... En revanche, je ne vois pas ce qu’il veut dire par “routine ennuyeuse” quand moi, j’y vois un pléonasme tout ce qu’il y a de plus banal.

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

Je fronce les sourcils, en affichant un air suspicieux. Je n’aime pas particulièrement les allusions floues et facilement mal interprétées. Autant jouer franc jeu, juste histoire de comprendre la personne qui se trouve en face de moi. A qui ai-je affaire au juste ? Un pervers ? Un de ces mecs bizarres aux délires particulier ? Bon sang, j’espère sincèrement que ce n’est pas le cas, sans quoi je n’hésiterais pas à me rendre à la police simplement pour échapper à ce genre d’humiliation. Très peu pour moi, merci bien. Je ne suis pas particulièrement prude, certes, mais comme tout le monde, j’ai des limites et j’espère qu’il en a également. Ou alors… Peut-être est-ce un de ces hommes à femme. Remarquez, cela colle plutôt bien à l’image de l’écorché. Le sexe, aussi devient une sorte d’exutoire à l’ennui… Dans ce cas, je comprends qu’être lié à une seule et unique femme pour le restant de ses jours lui paraisse ennuyeux au possible.

A mon sens, la logique de l’incontestable est franchement discutable. Après tout, dans le temps, combien d’enfants étaient issus de liaisons hors mariage ? Si le but de la machine est bel et bien de nous pousser à la reproduction, alors pourquoi marier des homosexuels ? Pourquoi forcer la fidélité en y posant une bien mignonne condition de vie ou de mort ? On est d’accord, c’est débile. A l’école, on nous enseignait le principe même de la reproduction. Un homme, une femme, un échange de fluide, une période de fertilité et pouf neuf mois plus tard la naissance d’un mioche ou deux, pour les moins chanceux. La même chose que pour les animaux, en somme… Que vient donc faire le mariage dans cette histoire ?

-Laisse tomber, dis-je en levant une main en l’air. J’ai compris. Je suis navrée pour toi, apparemment, tu n’auras que moi jusqu’à la mort ou jusqu'à ce que la machine ne se rende compte de sa connerie. Pas de chance.

Visiblement, ma présentation façon alcoolique anonyme ne lui convient pas. Je le vois à sa mine renseignée, et surtout à sa façon de répéter mes mots. Alors quoi ? Je n’ai fait que rentrer dans son jeu, en faisant plus court, certes. Mais au moins j’étais allée droit au but. En fait, ça me fait plutôt rire, puisque ces informations ridicules sont en soi, les seules que j’ai réussi à avoir sur mon premier mari. Aucune expression, aucune conversation, aucune présence… Au final, j’ai vécu quatre ans avec un inconnu qui arborait les mêmes traits que ces vieux mannequins dans les magasins de prêt-à-porter. Là, on pouvait parler d’ennui, de solitude voir même d’abnégation.

-Et bien, c’est chose faite, Yoji. Ikuro. 32 ans . employé de bureau payé une misère. Ravie de te rencontrer également.

J’utilise volontairement un ton ironique, en même temps qu’un sourire hypocrite se dessine sur mon visage. Je le suis du regard tandis qu’il se met à parcourir le salon visiblement à la recherche de quelque chose. Pas le temps de m’interroger sur l’objet en question qu’il l’annonce de lui-même. “Une clope". Bon, au moins je sais qu’il est fumeur et que j’aurai droit à l’haleine de charogne couverte de cendre tous les matins. Gé-nial.

Il n’a jamais été marié donc… Il ne paraît pas s’en rendre compte, mais en fait, il peut s’estimer chanceux d’avoir pu profiter des joies de la vie jusqu’ici. Je note également qu’il n’est pas stupide, du moins qu’il est assez malin pour comprendre que ma question indiquait indirectement que moi, je n’avais pas eut sa chance. Le sort de mon ex semble le préoccuper, ou alors serait-ce la perspective d’une délivrance qui l’intéresse ?

-Il est mort, accident de voiture.

Autant répondre honnêtement, sans détour. Pas la peine de prendre un air faussement triste non plus, la mort de Shôta ne m’avait pas plus touché que celle d’un patient anonyme. C’est peut-être choquant et malheureux à dire, mais tout à fait vrai pourtant. Je guette donc sa réaction, juste pour savoir si mon flegme sur le sujet l’étonnait ou non. “Quelle femme sans cœur” avais-je entendu dans de trop nombreuses bouches. Et pourtant, comment pleurer quelqu’un qu’on ne connaissait pas plus que ça. Il était mon époux, certes, mais pas par choix, pas par amour, ni par intérêt. Du moins, pas le mien, pas celui du pays non plus, notre union étant restée totalement stérile donc… Bah inutile quoi. Elle est là, la dure réalité. La réalité vraie comme le dit si bien ma petite nièce.

Faire le tour du propriétaire ? En voilà une idée. De ce que j’en ai vu, la maison n’est pas bien grande et en nous tenant au milieu du salon, nous en apercevons déjà la moitié. Plus, puisqu’il a utilisé la salle de bain. En soi, ne reste donc que deux pièces, la chambre et le bureau… Une pièce probablement inutile de nos jours, même si je ne doute pas de la raison de son existence, plus proche du futur que du présent. Lui-même l’avait déjà souligné, la raison de cette gigantesque et surtout incontestable farce. Alors certes, je sais très bien à quoi m’attendre, je sais qu’il y pense également. Ça me débecte. Pas lui… Juste l’obligation. Je ne m’attends pas à ce qu’il m’aime un jour, ça vaut également pour moi. Pas de place pour les sentiments dans les unions nippones. A moins que l’on ne développe une sorte de syndrome de Stockholm, mais pour son codétenu. J’ai largement eu le temps de me préparer à cette idée-là. Je sais ce que c’est…

-Et bien, ce sera rapide. À droite de la salle de bain, il y a un bureau et à gauche, la chambre. Sans compter le jardin, je pense que tu n’as pas raté grand-chose. J’espère que tu as la main verte.

Pas moi… Au contraire même. Le jardinage ne m’a jamais intéressé, je n’y vois qu’une corvée de plus. Planter, arroser, entretenir et bla et bla et bla. Un jardin avec moi ressemblerait rapidement à un cimetière de végétaux oubliés.

Je l’écoute donc me décrire notre nouveau quartier dans des termes peu élogieux… Bienvenue dans le service gérontologique Tokyoïte. Ici, point de restau intéressants aux menus osés et originaux. Oubliez les clubs bruyants et boîtes de nuit enfumées. Le seul bar du coin ne propose pas de cocktail… Bienvenue ! Dommage… En fait, l’image des voisins se trimballant avec perfusion et déambulateur me fait bien rire. En revanche, l’idée que nous allons probablement finir ainsi… beaucoup moins.

Néanmoins, mon mari ne semble pas contre l’idée de sortir. Avec un peu de chance, cela lui permettrait de se dérider un peu… Avant que je ne me sente obligée de lui injecter une dose de décontractant directement dans le fessier… Ou de le vacciner contre le tétanos, au choix. Bon, il a raison de soulever sur un point. Je sors tout juste du boulot après y avoir passé une journée affreuse et stressante à souhait. Je ne suis donc pas contre l’idée de me rafraîchir un peu.

-Bien vu.

J’attrape mon sac traînant toujours dans le couloir après y avoir été abandonné le matin même. Puis-je disparais dans la salle de bain mon fardeau sous le bras. Je ferme la porte, à clé. Je m’adosse contre le bois glacial en soufflant, ce qui me permet de réaliser que je manquais d’air jusque-là. Une pensée stupide me traverse l’esprit “putain… Je suis vraiment mariée.” Bah ouais idiote. La lettre rose, la maison n’avaient pas suffit à te le faire comprendre ? Tu ne le réalises qu’en le voyant lui ? Bah oui… tout à fait. Et ça me perturbe… parce que je ne sais pas trop quoi en penser et encore moins à quoi m’attendre. J’ai pas vraiment le choix, ça, c’est un fait… Regrettable, mais réel. Je n’aime pas cette sensation à la con, celle de ne pas savoir sur quel pied danser, d’avoir l’impression de marcher sur des œufs. C’est peut-être juste pour un temps, le temps d’apprendre à le connaître, à l’apprécier… J’en sais foutre rien et ça me fait carrément chier.

Je pose mon sac au sol et commence à fouiller avec frénésie. Je ne sais pas quoi mettre pour… Bah ouais… sortir avec mon mari. Ce sera une première… Pas la première fois que je sors avec un homme, évidemment… Mais là… Oh et puis merde. J'attrape un simple jean noir et une chemise anthracite. Une tenue sobre et un peu terne, mais tant pis.Je ne veux pas qu’il pense que j’essaie de faire des efforts vestimentaires pour lui. Ni même que je cherche à le séduire. J’aimerais pouvoir dire que je resterais moi-même, mais honnêtement, là tout de suite, je ne sais même plus qui je suis.

Je pose mon barda sur le coin du lavabo et file sous la douche. Peut-être qu’un bain me détendrait, mais je n’ai pas vraiment le temps. Alors je me contente de débarrasser mon corps de la sueur en passant ma peau sous le jet d’eau brûlante en espérant que cela suffise à décontracter mes muscles… Sinon reste l’option de la piqûre.

Je ne traîne pas, une fois lavée, je sors, je me sèche, je m’habille. Je laisse mes cheveux lâchés pour leur foutre un peu la paix. J’enfile une paire de bottes plates et je retourne au salon pour rejoindre l’homme qui partageait à présent ma vie. Je le trouvais changé, l’air un peu plus présentable (selon les critères de ma mère) effet probablement dû au fait qu’il portait une chemise, bien qu’un peu froissée. Il se tenait là, face à la porte, téléphone en main. Apparemment, il a trouvé un restau. Ou quelque chose s’en rapprochant, selon ses dires. Qu’importe, j’ai faim et je rêve de sortir de cette baraque. Sa remarque concernant la possibilité que je sois végétarienne me pousse à sourire.

-Non, je suis végétalienne, je déclare en affichant une mine des plus sérieuse.Je ne mange ni viande, ni poisson. Rien de vivants… ça vaut aussi pour les végétaux. Je ne mange pas ce qui ont été cueillis directement sur l’arbre ou le plan. Pas de gluten non plus… Pas de café, ni de thé, pas d’alcool, ni de sucre...

Je me tais, simplement pour observer ses réactions. J’ai envie de l’embêter un peu, une histoire de vengeance peut-être pour ses suppositions stupides. Finalement, je souris, l’air taquin, avant de carrément éclater de rire.

-Je plaisante. Parler de ça m’a donné envie de manger un steak saignant avec une tonne de frite… Accompagné d’un bon saké bien chaud. Tu crois que ton restau en sert ?

J’attrape ma veste, mon sac à main et je le suis à l’extérieur. Il a l’air tendu, lui aussi. Peut-être se demande-t-il comment se comporter, des inquiétudes semblables aux miennes, en réalité. Je marche à ses côtés, les mains derrière mon dos en observant les alentours.

-Bon sang, tu as raison. C’est carrément mort ici… A croire qu’une fois mariés on prend vingt ans dans la figure...

Je soupire, en remarquant également que notre domicile se situait bien plus loin de mon boulot que mon ancien appartement. J’allais donc devoir perdre un temps considérable dans les transports en commun, en espérant arriver à l’heure… Fait chier. Moi qui bosse principalement de nuit, cela ne m’enchante pas du tout.

-Dis, tu habitais où avant “ça" ?

Question de curiosité, mais aussi pour faire la conversation. S’il m’avait paru bavard un peu plus tôt, mon cher mari se montre un peu plus silencieux à présent. Normalement, ça ne me dérangerait pas plus que ça… Mais là, je trouve cela bien plus embêtant. Nous quittons notre rue pour tomber sur une autre du même type. Puis encore une autre. Enfin, nous arrivons dans un endroit un peu plus animé… Notez le “un peu”, on est bien loin de l’agitation à laquelle je suis habituée. Je note l’emplacement du kombini, au moins monsieur peut acheter ses cigarettes. Celui de l’arrêt de bus aussi… Côté pratique oblige, j’ai pas les moyens d’aller bosser en taxi tous les jours. Il y a également une ou deux boutiques de mode, bijouterie, banque, fleuriste, boucherie, primeur et autres conneries du genre. Puis enfin une enseigne se détache des autres, apparemment un restaurant.

-C’est ici, je suppose ?

Au moins l’endroit parait propre. En réalité, tout l’est ici. Tokyo n’est pas une ville dégueulasse, loin de là, mais ce coin semble briller à côté du reste de la ville. Un coup d’œil alentours, et je remarque qu’il n’y a strictement rien d’autre… génial.

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Voir le profil de l'utilisateur Sam 13 Oct - 23:01

Okaerinasai de mes fesses ouais ...


Sérieusement ? Je devais vraiment lui expliquer ce que j'entendais par routine ennuyeuse ? Étais-je tombé sur une nonne ou faisait-elle exprès de ne pas comprendre ? Wouhou tu as lu le guide joint à la lettre : on doit copuler une fois tous les quinze jours, on doit partager le même lit, s'embrasser et partager une activité quotidiennement ? Tu crois ptêt qu'on va jouer au Mah-jong dans le lit avec un bisou en récompense pour le vainqueur ? Misère, faites qu'elle ne rentre pas dans la catégorie des "sois belle et tais toi". Autant pour un coup d'un soir j'dis pas, mais si je dois me la farcir tous les jours, ça ne va pas le faire.

Heureusement, elle m'épargne cette corvée, posant enfin des mots justes sur son interrogation précédente. J'hausse les épaules, on avait un point commun : aucun de nous deux n'appréciait la situation. Écoute, c'est toujours une question de vie ou de mort. Soit on s'fait tirer une balle dans la tête histoire d'abréger nos souffrances vite fait bien fait, soit on on la joue morte lente, insidieuse, une longue agonie d'ennui et de monotonie dans ce quartier de merde. À toi de voir. Je fais quelques pas dans le salon, regardant quelque chose d'autre qu'elle qui puisse capter mon attention. Rien à l'horizon. Ah oui c'est vrai. Après on peut vivre. Genre faire en sorte que la punition soit moins désagréable. Voilà pourquoi je te disais que la routine ennuyeuse me gonflait. Du coup si tu as un train-train pépère à faire du tricot en rentrant du travail au coin du feu devant la cheminée qu'on a pas, je te confirme, nos vies seront un enfer.

Je ne sais même pas pourquoi je tente de me justifier alors même qu'elle m'en dispensait. Peut-être parce qu'elle n'y peut rien comme moi, qu'elle ne semble pas ravie de sa condition, comme moi, que je la trouve charmante, comme ... je ne sais même pas ce qu'elle peut penser de moi en fait. Les femmes sont compliquées, un mystère que des années d'expérience font poser plus de questions encore qu'elles n'apportent de réponses. Nous les hommes sont simples, d'aucuns diraient primaires même : apportez-nous du sexe et un bon repas, on ne vous quittera jamais. Une puce dans le cerveau aussi c'est sûr ...

Quand elle prit cette voix proche du foutage de gueule en reprenant mon pédigrée, je fis claquer ma langue à l'intérieur de la bouche, agacé. On aurait dû parler de la pluie et du beau temps t'as raison. Comme un joli couple après vingt ans de mariage. T'aurais même pas besoin de me faire ce sourire de faux-cul comme ça. Je secouais la tête, j'avais besoin de ma dose gazeuse de détente toxique.

Pourtant, si elle avait déjà été mariée, elle devait connaître les rouages d'une vie de couple façon Incontestable. Au lieu de ça, toutes mes tentatives pour faire avancer les choses revenaient à la voir reculer aussitôt. Qu'elle aille se faire foutre si elle croyait que j'allais constamment faire des efforts. Si elle voulait me pourrir la vie, j'allais lui faire un grand final façon partouze orgiaque avant qu'on nous tue sommairement. Là tu feras moins la maligne ma fille.

Alors que je cherchais mes clopes, la façon dont elle annonça le sort de son précédent mari me stoppa net. Je tournai alors lentement la tête vers elle, détaillant les émotions inexistantes qui auraient dû un minimum se lire sur son visage. Fronçant les sourcils, je me mis à réfléchir au pourquoi du comment elle réagissait ainsi. Enfin plutôt, elle "non-réagissait". Ah .. Tu me dis si j'ai raison : Soit il est mort tout de suite, soit c'était un gros connard dont la mort a été une délivrance, soit oh .... vous aviez mis en place une routine ennuyeuse tiens. Rassure moi, tu l'as pas empoisonné avec une drogue de là où tu bosses pour qu'il aille s'écraser quelque part ni vu ni connu ? Histoire de faire gaffe à ce que je mange. Oui, ce n'était pas bien de se moquer des morts, mais je ne le connaissais pas et vu la tristesse infinie qu'elle exsudait en parlant de lui, je ne pensais pas qu'elle allait m'en tenir rigueur.

J'attendis sa réaction avant de lui proposer de faire le tour de la maison. Même si la maison était spacieuse pour deux, le plain pied rendait la visite assez rapide, d'autant plus écourtée qu'elle préféra me résumer les différentes sans bouger ses fesses de là où elle était. Bah oui Yoji, pourquoi vouloir partager des choses mêmes infimes avec elle alors que tout pouvait se faire sans se faire chier ?
- Partager une activité ensemble, tu te souviens ? Le jardinage me dérange pas plus que ça, mais je vais a-do-rer te voir les genoux au sol, les mains pleines de terre à biner et sarcler les mauvaises herbes pendant que je taillerai avec amour la haie. On se fera même des petits coucou si tu veux Moi aussi je pouvais jouer au con, j'étais même assez balèze dans mon genre.
De toute façon, je me disais vu le peu d'activités que le quartier allait nous donner, jardiner allait presque sonner comme une bénédiction : OUAIS, ENFIN QUELQUE CHOSE À FAIRE !
Bon dieu que j'avais hâte .... Vu qu'elle proposait d'aller manger un bout dehors, je pense que nous allions vite être fixés sur tous les loisirs qu'ils nous seraient permis de faire après le travail. Je lui propose d'aller se laver et reçoit mon premier assentiment de la soirée, victoire ! Pendant qu'elle se nettoie, restant sage pour ma part car toute intrusion malgré mon statut de mari allait être perçu comme un viol en puissance, je cherchai un restaurant et pleurai intérieurement devant le peu de possibilités qui nous était offert.

Quand elle revient, je la détaille elle et sa nouvelle tenue. Elle a avec peu de choses changé complètement de look, de sa chevelure à son allure. Certes, rien de quoi me permettre d'admirer ses gambettes, mais ce chemisier lui allait bien, je devais le reconnaître. De là à l'admettre à voix haute, je verrai bien. De toute façon, c'était pas comme si les compliments lui écorchaient la gueule non plus. Ah bah, son régime alimentaire expliquait peut-être pourquoi elle semblait si coincée. J'écarquillais les yeux au fur et à mesure qu'elle énonçait tout ce qu'elle ne mangeait pas. Quand elle eut terminé, je me disais que seules les cailloux rentraient dans ses critères. Bordel, j'avais pas vu s'il lui restait encore des dents !

J'eus rapidement un double soulagement. Le premier quand elle éclata de rire me permit d'être rassuré sur l'état de sa dentition. Tout avait l'air en place et en bon état de fonctionnement. Parce que devoir la nourrir avec de la compote pour le restant de mes jours, sans façon. La deuxième fut la taquinerie qu'elle m'avait lancée, au point de vouloir manger du gras et du saignant. Un repas européen, pourquoi pas, mais je doute fort que ce que j'ai trouvé fasse ça. Ça a l'air de taper dans le traditionnel. Heureusement que le kimono n'est pas obligatoire.

Nous marchons côte à côte, une barrière invisible entre nous, comme deux collègues ou deux inconnus allant au même endroit à la même allure, sans que l'un ne sache dépasser l'autre. La soirée est tombée et les lueurs artificielles ont succédé à l'astre solaire. Les insectes et animaux nocturnes sont de sortie, nous faisant partager leurs bruits caractéristiques qu'on ne peut entendre que quand la ville s'endort. Ici à Kita, elle semble tout le temps assoupie. On aura pas besoin de verveine camomille pour s'endormir, on f'ra des économies c'est cool .... Bonjour, Hinako Toma épouse Ikuro, 48 ans. Ravie de faire ta connaissance fis-je d'un ton que je voulais amusé à sa réflexion exagérément vraie. Oui, c'est d'un ennui mortel ce quartier, on va se battre pour faire la vaisselle tu verras et à 18 heures on sera au lit ...

Nous arrivons au premier carrefour avant qu'elle ne m'interroge sur mon passé. Il est vrai que nous avons tous deux tirés un trait sur celui-ci, comme si changer de domicile rendait ... faux ce qui faisait partie de notre ancienne vie personnelle. Shibuya, mais pas les belles rues, plutôt la petite ruelle excentrée où il ne fait pas bon de s'y rendre quand on ne connait pas le coin, ou qu'on ne sait pas se défendre. Et toi ?

Nous étions dans la bonne direction pour le restaurant et d'ici quelques rues, nous serons arrivés à destination. Pour ainsi dire, l'aspect commercial et ludique se résumait à une rue principale où tous les commerces s'étaient donnés rendez-vous. Si côté pratique rien à dire, pas besoin de courir à droite à gauche pour les besoins primaires, côté choix et amusement, c'était le désert le plus complet. Même pas un Pachinko pour s'amuser, un club, un cinéma, un théâtre, bref, un truc où on peut rire ou boire comme tout humain civilisé se devrait. Quand elle m'interrogea en me demandant si c'était bien ici, je ne pus m'empêcher d'éclater de rire. Comment ?!! Cette profusion de commerces te fait encore douter sur l'hypercentre animé de quartier où nous vivons ?! N'entends-tu ces éclats de rire à la chaîne, ces verres qui s'entrechoquent et cette ambiance de folie ? Hmm, ah, quelqu'un a dû couper le son par ici ...

Je m'avançai alors vers le restaurant pour constater à ma grande surprise qu'il était quasi plein. J'ouvrais la porte avant de laisser passer mon épouse - ça allait compliqué de me dire ça à chaque fois - puis d'indiquer au cuisinier une table pour deux. Celui-ci nous regarda un instant, surpris de voir deux têtes nouvelles dans le secteur à pareille heure, me faisant lâcher un soupir à fendre l'âme. Je murmurai à Hinako quelques paroles Coucou, nous sommes les nouveaux voisins, merci pour votre accueil dans un ton blasé qui ne cachait en rien l'ironie de la situation.

On nous installa alors à une table récemment libérée, collée contre un mur et suffisamment à l'écart pour y être tranquilles. Je jette un oeil au menu sur la carte ainsi qu'aux plats criant de vérité en plastique avant de regarder ma partenaire. Tu peux oublier le steak frites, il faudrait se rendre à Ikebukuro je crois minimum pour retrouver une civilisation plus occidentale.

Parcourant le menu complet, j'optai pour un okonomiyaki accompagné d'une sauce épicée en attendant le choix qu'elle ferait à son tour. Je pris un verre de saké me concernant et le serveur partit en cuisine sitôt notre commande passée. Je regardais alors Hinako avant de remarquer un petit détail gênant. Y'a ... y'a un bouton de ton chemisier qui s'est détaché ... On ne voyait pas grand chose, enfin j'avais entr'aperçu une infime partie de son soutien gorge, pourtant je me sentis aussi gêné qu'elle devait l'être. Je ne saurais dire le nombre de femmes que j'avais pu voir nue, pourquoi diable me sentais-je fébrile pour un bout de tissu derrière un autre ? Ressaisis toi Yoji bon sang.

Me raclant la gorge, je bus une gorgée d'eau avec l'entrée qui était systématiquement imposée dans ce type d'établissements, pas gratuite évidemment. Une entrée Incontestable quand on y réfléchissait. Putain, c'est super chaud, je sais pas pour toi. Tout est inversé, rien n'est fait dans le bon ordre, dans la logique des choses... Je marquais un silence, jouant avec mes baguettes en les faisant tournoyer, à défaut de ma pièce fétiche, entre mes phalanges. Devant son regard interrogateur, je lui devais quelques explications. Nous sommes mariés. Je sais bien tout ce qu'on a appris
à l'Université, le pourquoi du comment et toutes ces conneries, mais regarde nous. On mange ici comme lors d'un premier rendez-vous, sans même se connaître, sans même savoir si en fin de compte on pourrait s'apprécier. On ne peut même pas se dire : Bah c'était sympa, mais .... nan ça colle pas, bye ! Nan nan, on va rentrer ensemble, dormir ensemble, coucher ensemble !
Sous l'énervement, je brisais en deux mes baguettes, me faisant réaliser l'emportement qui m'avait gagné. Nos voisins les plus proches nous jetèrent des regards interloqués avant de faire comme si rien n'était. Au Japon, on n'aimait pas trop ce genre d'attitudes c'est vrai. À se demander ce qu'on aimait en fait ....

Les plats arrivèrent, je regrettai qu'il n'y avait pas de plaque de cuisson pour faire chauffer devant moi mon plat. Il arriva tout fait dans mon assiette et je laissai échapper un Itadakamisu en direction d'Hinako. J'avais faim, mais je mangeai sans guère d'appétit. J'avais le sentiment partagé et dérangeant d'avoir parlé avec mon cœur et d'avoir plombé en même temps l'ambiance. Je cherchai alors ce que je pouvais bien faire pour ne pas la rendre encore plus pourrie. Euh, t'as des frère et sœur sinon Ouais j'avoue que côté franche déconnade, parler de sa famille allait nous valoir de bons fous rires en perspective. Il fallait espérer qu'elle soit plus inspirée que moi pour rattraper le coup, sinon ça allait "on ne parle pas la bouche pleine, on paye et on part". Avec comme seule satisfaction d'avoir répondu à l'une des exigences de l'Incontestable, en attendant demain et ses peines à venir.

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Sa remarque au sujet de Shôta ne me fait pas rire. Il n’y a pas de quoi. Certes, je ne le pleurais pas, néanmoins, il restait un humain, le fils chéri d’une mère et d’un père qui préservent son image sur un autel au cœur de leur foyer. Ce n'était pas le mari idéal, mais il ne m’a jamais fait de mal, physiquement du moins. Pour le reste, il ne s’en rendait pas vraiment compte, il aurait fallu qu’il me remarque pour cela.

-Non, rassure-toi. Je ne l’ai pas tué. Il a su se débrouiller tout seul pour ça… Comme pour le reste d’ailleurs, hormis obligations, évidemment.

Je soupire, parce que je n’aime pas penser à cet épisode-là de ma vie. Que je le veuille ou non, Shôta en avait fait partie, durant un temps. Ennui, solitude, désillusion. J’étais passée par tant de sentiments désolant que même après toutes ces années, je ne trouvais toujours aucune raison d’en rire.

Au moins il semble plus emballé par le jardinage que moi, ironiquement parlant, puisqu’il se permet de rajouter une autre remarque désobligeante. Alors quoi ? Il pense peut-être que me salir les mains me dérange ? Que je suis l’une de ces midinettes sans cervelles soucieuse de préserver leur manucure hors de prix ? Loupé mon grand, je trouve juste l’activité ennuyeuse et visiblement les plantes ne m’aiment pas… Probablement parce que j’oublie toujours de les arroser. Enfin, chacun son truc quoi… Je préférais avoir les mains dans le cambouis que dans la terre, c’est con hein ? Mais je ne dis rien, me contentant de lever les yeux au plafond en soupirant. Ça commence bien…

Allez Hina, met donc un peu d’eau dans ton vin, puisque lui ne semble pas vouloir y mettre du sien. Autant mettre ça, une fois encore, sur le compte de la pilule plutôt difficile à avaler. Un mariage, ce n’est pas rien… On se retrouve du jour au lendemain enchaînés à un inconnu sans que l’on nous donne la possibilité de dire “Va te faire foutre". Je soupire, toujours, en passant la main dans mes cheveux comme pour balayer sa remarque. Je prends sur moi, parce qu’il le faut…

Lorsque je reviens changée et lavée de toutes pensées négative (du moins, j’espère que c’est le cas). Je me permets donc une blague qui ne le fait pas vraiment rire, mais au moins je pouvais lire un certain soulagement dans son regard. Je ne sais pas à quoi il pense, mais je reste sur l’image de la midinette sans cervelle. Le genre “elle est mignonne, mais un peu conne". On verra bien s’il change d’avis sur mon compte, avec le temps. C’est peut-être à moi de lui montrer à quel point il se trompe. Mine de rien, il plaisante lui aussi… Autant prendre ça en compte.

Il continue d’ailleurs, quand nous parcourons les ruelles de notre nouveau territoire. Tant mieux, je préfère ça, si bien que je me laisse aller à rire sans prendre la peine de cacher mon sourire. On me faisait ce reproche parfois, je le trouvais stupide. Qu’y avait-il de vulgaire à montrer qu’on est amusé. Je préfère rire joyeusement plutôt que de couvrir honteusement ma bouche. Je ne retiens jamais mes éclats, va falloir faire avec, pas de pudeur mal placée avec moi.

-Oh on peut partager les tâches. Je lave, tu essuies. Le plus rapide gagne une bière … Ou le droit de garder l'édredon… Si, si, y’en a bien un au pied du lit...

Ouais… Ces machins-là existent encore, apparemment. Plongeons plus dans le cliché des vieux couples plus proches de la retraite que de l'âge universitaire… Je me demande vraiment pourquoi ils nous ont installés ici.


Il vivait donc à Shibuya… Effectivement, l’endroit contrastait grandement. Je comprends mieux son ressentiment.

-Plus au sud. Je vivais juste à côté de mon boulot, à Shinagawa. Je me demande vraiment comment je vais me débrouiller pour aller bosser… Surtout lors de mes gardes nocturnes. Le train de nuit ne m’enchante pas vraiment, pareil pour les bus… Je vais peut-être devoir investir dans une voiture… Ou une moto… Je vais devoir me pencher sur le sujet.

Hors de question de changer de lieu de travail. J’aime le TSH, j’y ai mes habitudes, mes amis… Le service des urgences tient la route et est plutôt bien organisé. La cafétéria n’est pas dégueux et sert un curry plus que convenable. J’ai connu tellement pire que je n’aimerais pas avoir à retenter l’expérience quand celle-ci me convient… Même si je vivais à présent à l’autre bout de la ville, tout comme lui finalement.

Encore une plaisanterie. Pleine d’ironie, mais je préfère cela aux sarcasmes. Certes, l’endroit convient pour son côté pratique. Tous les commerces se trouvent les uns à côtés des autres, pas moyens de m’y perdre au moins. Puis bon, nous étions tout de même à Tokyo, pas perdus au cœur de la campagne nippone. La fourmilière n’était pas si loin.

-Une voiture ne me paraît pas être une mauvaise idée… Tu faisais quoi pour t’amuser au juste ?

J’imagine déjà les bars animés et autres lieux où l’on trouve aisément filles et alcool. Rien de quoi m’étonner, jusque-là, Yoji était un jeune homme célibataire et plutôt solitaire, du moins c’est ce que sa manière de faire m’inspirait. Je ne l’imagine pas se contenter d’une vie calme et rangée après ses remarques sur ce qu’allait être la nôtre.

-Tu sais, ce n’est que l’endroit où nous dormons. Pas de raisons de s’y terrer comme des marmottes. On n’est pas obligés non plus de vivre l’un sur l’autre. Je n’ai pas l’intention de cesser de respirer parce qu’on m’a passé la corde au cou.

Je souris, d’une part parce que ça m’amuse, mais aussi pour le rassurer. Je n’ai pas la prétention de dire que je ne suis pas maladroite… Ce serait mentir. Néanmoins, je n’ai pas l’intention de l’étouffer en me postant sur son dos. Comme je ne veux pas qu’il soit sur le mien. Alors oui, l’endroit est calme, autant y voir un lieu de retraite quand la ville devient étouffante, parce que oui, ça arrive. Mais plutôt que de le subir bêtement en râlant comme des ados mécontents, pourquoi ne pas simplement aller nous amuser ailleurs ? Je préfère voir mon verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, je suis comme ça…

Arrivés au restaurant, étrangement bondé… Preuve quand même d’un minimum d’animation dans le coin, je me laisse guider par mon compagnon, le remerciant lorsqu’il me tient poliment la porte. Je note l’attention. On nous installe. Je soupire devant le menu des plus classique et commande finalement la même chose que lui. La viande saignante et les pommes de terre trop grasses attendront. Tant pis… Au moins, il y avait du saké, tout n’était donc pas perdu.

-Attends donc avant de juger. On ne connaît pas du tout le coin. Je ne travaille pas demain, j’irai me perdre dans le quartier. Qui sait ? Peut-être renferme-t-il quelques surprises… Ou peut-être est-il réellement chiant à mourir.

Il m’interpelle, plutôt timidement. Me signalant que l’un des boutons de mon chemisier s’est défait. Et merde… Je baisse la tête pour voir lequel était le coupable, me doutant qu’avec sa réaction, ce ne peut être qu’au niveau d’un endroit plutôt gênant. Je m’empresse donc de reboutonner l’indiscret… Sentant le rouge me monter aux joues. Depuis quand il était ouvert au juste ? Qui d’autre avait vu ? Fait chier. Putain de bordel de merde!

-Merci...

C’est une voix mi-timide, mi-gênée qui s'échappe de ma gorge tandis que je le remercie. Je sais bien, que dans tous les cas, il n’a pas vu grand-chose mis a part un bout de tissus sombre sous un autre. Mais l’ambiance me paraît bien étrange maintenant et c’est sa remarque qui me permet d’en comprendre la raison. Je l’observe en silence, le laissant s’exprimer tranquillement. Il a raison, c’est bizarre. C’est stupide… Et ça l'énerve. Mon visage se teinte d’une expression compatissante lorsque j’entends le crac émit pas les baguettes qu’il vient de briser. Sans un mot, j’attrape une autre paire encore emballée dans son petit sachet de papier. Je fais mine de rien remarquer des œillades qu’on nous lance. Je me fiche bien de leur avis.

Je vois bien qu’il cherche à changer de sujet, pour se donner une certaine contenance. J’écoute sa question toute simple avant d’y répondre.

-J’ai une sœur aînée. Ume. Elle a trois ans de plus que moi. C’est une femme qui peut rire de tout. Elle parle fort aussi. Mais qui n’est pas du tout intrusive. Je suis plutôt proche d’elle, on est assez complices elle et moi… Et toi ?

J’ai beau lui répondre avec naturel, je n’arrive pas pour autant à passer outre sa réaction précédente. Je me sens presque obligée de lui expliquer certaines choses… Il en a visiblement besoin et moi aussi.

- Écoute… On est mariés, c’est un fait. Je sais aussi que la situation est bizarre et qu’elle ne te convient pas. Je le comprends. Mais personnellement, je refuse d’y voir une fatalité. Sinon oui, autant nous tirer une balle dans la tête maintenant, ça ira plus vite et nous épargnera une longue agonie. Je ne prétendrais pas être parfaite, au contraire. Attends-toi a ce que la moitié de la vaisselle soit brisée avant la fin de l’année. Oui, nous sommes bien en octobre et non, je n’exagère pas ma maladresse. Je risque également d’exploser certaines lampes en me prenant les pieds dans les fils. Je peux brûler les casseroles aussi… Attends-toi à voir des livres traîner partout parce que j’ai besoin de les avoir toujours sous la main. Je peux être parfois exécrable, surtout cinq jours par mois, je pense qu’il est inutile de t’en expliquer les raisons. Je chante sous la douche ou en cuisinant parce que ça me détends… Mais je chante faux. Je m’excuse par avance pour tes oreilles… et pour ta patience. Je suis comme je suis et je n’ai pas l’intention de changer, même si je suis prête à faire des efforts à condition de ne pas être seule à en faire.

Je me tais le temps que le serveur dépose nos assiettes devant nous. J’en profite pour boire le restant de mon verre avant de resservir mon époux et moi-même. Une fois l’homme parti et remercié, je reprends la parole.

- J’ai déjà vécu un mariage où j’étais la seule à faire des efforts. Mon ex et moi parlions si peu que je n’ai découvert sa date de naissance qu’une fois son certificat de décès en main. J’en connais les raisons. Je l’ai compris le jour où j’ai rendu visite à une amie dans l'hôpital où il travaillait. Il y était médecin...Je l’ai croisé dans les couloirs, il parlait avec ses collègues discutant, riant joyeusement alors que je n’ai jamais rien vu de lui autre chose qu’un aide impassible presque robotique. Il avait décidé que ce mariage serait ainsi. Perdu d’avance sans jamais chercher à changer cela. Je ne savais rien de cet homme. Rien du tout. Et la seule chose à laquelle j’ai pensé devant ce foutu certificat, c’est que toute cette merde aurait continué sans sa mort. Je me suis étouffée moi-même pendant quatre ans et je ne veux plus jamais faire ça. On n’est pas obligé de s’aimer pour s’entendre. Ce mariage ne sera un échec que si nous décidons que ce sera le cas. Sans former un couple, nous pouvons au moins former une équipe. A nous de voir ce que nous voulons faire de cette vie commune que nous serons dans tous les cas obligés de subir.

Je viens de lui faire avaler un monologue en même temps que son okonomiyaki. J’espère que ce n’était pas trop indigeste, mais je tenais à lui faire comprendre que l’on peut aussi affronter la vie avec objectivité. Je me dis que je suis assez forte pour accepter beaucoup de choses sans pour autant avoir à les subir. Que l’incontestable n’a pas pu se tromper une nouvelle fois, même si pour l’instant, je ne vois pas ce qui lui paraît si évident à lui. Je me dis qu’il nous faudra tout de même du temps pour s’apprivoiser l’un l’autre… Mais seulement si lui-même acceptait la chose. Il n’a pas besoin de le faire tout de suite, certaines choses ont besoin de temps pour se faire… Je suis patiente après tout.

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Je devais avouer que discuter - sans vouloir être cru mais quand même - de l'homme qui avant moins besognait celle qui  était désormais mon épouse était assez surréaliste mais aussi dans le parfait esprit de ce que nous faisions elle et moi ici. Deux destins rapprochés, plutôt soudés comme la puce que nous portions dans la caboche avec pour seul guide un moniteur qui de ce que j'avais pu comprendre de mes collègues mariés, nous donnait des ordres de temps à autre. Pour le reste, démerdez-vous.

Elle n'avait pas abordé ce sujet, certes, mais je ne l'avais fait que parce qu'elle avait mis sur la table la lettre rose. Ma déduction s'était avérée juste et voilà que nous évoquions un sujet délicat pour elle. Comme j'étais son nouveau mari, j'eus cette désagréable sensation qui fouraillait mes entrailles alors qu'elle balayait en quelques courtes phrases le résumé de sa précédente vie : elle n'avait pas aimé son précédent mari, c'était à peine si elle réussissait à le qualifier de colocataire qui tous les quinze jours partageait sa semence et passait à autre chose. J'avais mal au bide car je me disais que d'une certaine façon, je ne pouvais pas faire pire. Il n'était pas question ici de me surpasser en lui prouvant que j'allais être le mari idéal. Non, mais bien de me rassurer qu'en tant que deuxième mari, ma médiocrité surpasserait toujours la nullité absolue de sa première expérience.

Je sentis qu'il était temps de changer complètement de sujet, mais je ne pus m'empêcher de lui poser cette ultime question qui me brûlait les lèvres, enfin la double question devrais-je dire. C'était il y a longtemps, l'accident ? Et t'es restée longtemps avec lui ? Je nourrissais une simili haine à l'égard d'un inconnu vis-à-vis d'une inconnue, haine aisément sœur d'une pseudo jalousie. Je déraillais complètement moi, l'absence de nicotine et d'alcool dans le sang devait probablement jouer en ma défaveur.

Elle finit par se laver et l'extérieur ne pouvait tomber mieux pour changer d'air dans tous les sens du terme. L'ambiance était déjà pesante à l'intérieur, un endroit neutre - notre maison aseptisée ne l'était-elle pas pourtant ? - comme un restaurant allait joindre l'utile à l'agréable : manger, s'aérer en s'y rendant, partager une activité commune. Le triplé gagnant. Comme en plus il y allait avoir d'autres clients, nous serions tenus de bien nous conduire.
Son rira perce le silence qui règne dans la rue où nous nous trouvons. Je la regarde, surpris, peu habitué à ce genre de manifestations. Premier scoop vu que nous allons devoir partager le même lit : je ne suis ab-so-lu-ment pas frileux. Aussi, en gage de cadeau de mariage, l'édredon est à toi. Ne me remercie pas. Moi qui dormais à poil habituellement, je n'avais pas le moindre pyjama en stock. Je songeais déjà à l'air de celle qui se trouve aux côtés d'un pervers alors qu'elle soulève les draps pour s'y glisser. Bon, ça allait me faire chier, mais je sens que le bon vieux tee-shirt caleçon allait être de sortie en attendant mieux.

- Ou alors on peut partir du principe que celui qui cuisine ne fait pas la vaisselle ? Encore que, est-ce que ce débile d'ordinateur va considérer ça comme une tâche partagée aussi ... Enfin, sur l'instant, je ne songeais pas qu'il y avait multitudes d'activités qui pouvaient se faire à deux sans que cela ne tombe dans les corvées ménagères.

Nous continuions notre folle aventure en silence quand nous ne la ponctuions pas de quelques hasardeuses questions. Je vivais à Shibuya, elle plus au sud encore. Shinagawa, ah ouais ... Si son job se trouve là, elle va devoir faire une trotte pour s'y rendre à présent. Bah, normalement, le métro qui fait la boucle devrait être le moyen le plus rapide, même s'il ne circule pas toute la nuit j'avoue. Du coup tu bosses aussi la nuit, ok ok .... Elle avait visiblement une vie bien plus trépidante et/ou prenante que moi. Je me demandais en fin de compte si nous allions beaucoup nous voir. Je n'ai pas le permis moi, auto comme moto, c'est vite réglé, à moi les plaisirs du transport en commun. Je levais les bras en mode faussement content. J'avais calculé, je devrai me lever vingt minutes plus tôt pour arriver à la même heure au travail. Comme ma façon de vivre allait drastiquement changer, je ne savais pas si j'allais au final plus dormir qu'auparavant, mais tout ceci me faisait foncièrement chier.

Je shootai dans un caillou qui avait eu l'impudence de se mettre en travers mon chemin et le vit rouler vers un destin qui le conduisait dans le caniveau. Sayonara l'ami, à la prochaine pluie, tu vivras des aventures bien plus trépidantes ailleurs ! songeais-je le sourire aux lèvres avant qu'Hinako ne m'interroge sur mes loisirs passés. Je sortais souvent après le travail, parfois sans repasser par chez moi. J'allais boire dans un bar, un club, des boîtes de nuit parfois quand l'occasion se présentait. Je ne jugeai pas bon de parler de mes endettements chroniques ni les plaisirs de la chair que j'entretenais régulièrement avec la gent féminine. Dans le cas contraire, l'ambiance aurait été glaciale. En la regardant déambuler, je me demandais quel genre de vie elle avait avant ça. Était-elle en couple, avait-elle eu le béguin pour un collègue, avait-elle eu beaucoup d'amants aussi ?... Je me massai les sinus, désireux de chasser ces idées parasites de mon esprit. J'espère que je n'ai pas indirectement brisé un couple à cause de la lettre, hmm ? C'était plus fort que moi, je ne pouvais pas m'empêcher de fermer ma grande gueule quand les circonstances l'exigeaient.

Me raclant la gorge pour reprendre un semblant de contenance, j'opinais alors qu'elle décrivait notre chez nous comme un simple lieu où un toit nous attendait. Oui, tu as raison, inutile de faire plus que ce qu'il nous est demandé de faire. À part le trajet plus long pour toi comme pour moi, il n'est pas utile de changer notre mode de vie passé. Pour moi, mais ça elle l'ignorait, il changerait énormément vu qu'infidélité rimait avec tête coupée. J'allais devoir faire mon deuil avec tout ça. Je comprenais mieux l'expression "pour le meilleur et pour le pire" : ça ne valait pas que pour le futur malheureusement.

Une fois arrivés dans le centre névralgique du quartier, centre constitué d'une rue en fait, le restaurant se tenait là, face à nous. J'haussais un sourcil quand elle imaginait que cet établissement pouvait nous surprendre et d'un ton mi-figue mi-raison, je ne pus m'empêcher de lui répondre. Tu crois vraiment que ce genre de quartiers aime l'imprévu, l'inédit, le surprenant ? Nan nan, ici, je parie qu'on aime l'éternel, le traditionnel, l'immuable, tu verras. On parie ? Oui, j'avais le vice du jeu, pas uniquement quand il y avait de l'argent en jeu. Oh et je ne bosse pas demain non plus, "avantage salarial de mariage" fis-je en mimant les guillemets avec les doigts, les yeux levés au ciel.

Une fois installés, nous choisissons nos menus et alors que nous nous faisons face, la légèreté va précéder un climat plus pesant. En temps normal, voir se dessiner la lingerie de celle qui partage mon repas aurait émoustillé mes sens, prélude à des pensées moins avouables alors que la soirée se prolongerait. Je m'imaginais déjà quel type de lingerie elle avait pu mettre pour la soirée, dentelle ou transparence, lingerie fine ou mieux encore, rien du tout. Or c'est le rouge au joue qui vint à la place, à l'instar d'un timide adolescent qui découvrait pour la première fois que les filles mettaient ce genre de vêtements, contrairement à eux. Là où à l'extérieur elle s'était fendue d'un éclat de rire, la situation d'un bouton rebelle rosissant élégamment son visage.

Tout ceci n'avait aucun sens, pas à nos âges, pas dans notre situation. Aussi vidais-je mon sac, extériorisant ce trop plein de conneries qu'on nous imposait. Comment, COMMENT avait-on pu en arriver là ?! Comment la seule chose logique pour lutter contre le vieillissement de notre pays fut de nous asservir grâce à une puce ?... Putain de pays. Putain de baguettes aussi, tout se casse la gueule et j'ai l'air de plonger dans les abysses comme tout le monde. Je saisis les baguettes intactes qu'Hinako me tendit, tentant de faire amende honorable en l'interrogeant sur sa famille. Le temps qu'elle me réponde, je tentais de faire le vide dans mon esprit et de retrouver un semblant de calme. Une grande sœur donc, d'accord, focalise toi la dessus Yoji. Elles ont toutes deux des points communs, comme de rire de tout, sans trop se cacher. Non non, arrête de penser à l'Incontestable, les plats vont bientôt arriver, enfin j'espère ...

Je mis quelques secondes avant de réaliser qu'elle me posait à son tour la même question. Je détachai mon regard sur la nappe de la table, croisant alors ses yeux. Hmm, désolé, j'ai un grand frère pour ma part. Aijiro. Je .... Ça fait longtemps qu'on ne s'est plus vus, faudrait que je l'appelle un de ces jours. Ouais, ça faisait des mois et des mois que je me disais ça et à part quand il s'agissait de fêter l'anniversaire de maman, on ne se voyait pas en dehors. Pas forcément qu'on s'entende mal non, juste que l'absence de points communs faisait qu'on se regardait presque dans un silence gêné. Je me demandais ce qui s'était passé pour que nous en arrivions là.

Je jetai un regard vers les cuisines quand Hinako prit la parole. Me tournant alors vers elle, je ne m'attendai absolument pas à ce qui allait alors survenir. Impossible pour moi de la couper dans son élan, ses mots me transperçaient aussi facilement qu'une épée trancherait un oreiller. Elle avançait vers moi, enlevant une à une les pièces de son armure. Elle se mettait à nu, pas comme j'avais l'habitude de voir chez une femme : elle osait poser son âme comme offrande, prête à la reprendre si je n'en voulais pas, mais décidée à jouer un jeu dont elle ne connaissait pas plus que moi les règles. Ce qu'elle me racontait de son précédent mariage, c'était la voie que nous étions en train de tisser. Un faux intérêt, mais un regard vers l'arrière, sûrement pas vers l'avant. En tout cas de mon point de vue. Je ne voulais pas faire d'efforts, pas pour elle ni pour aucune autre. Je voulais garder ma vie passée, celle que je gaspillais depuis des années. Je pensais qu'elle partageait mon point de vue.

Telle une gifle en plein visage, elle me démontrait le contraire. Je voulais répondre, mais aucun mot ne sortait de ma bouche. J'avais la gorge sèche, les mains moites, la bougeotte sur ma chaise. Nous fûmes interrompus -enfin en l'espèce seulement elle- par le serveur qui arrivait avec la nourriture salvatrice, haussant un sourcil alors qu'Hinako me servait un verre d'eau comme si elle lisait dans mes pensées. D'un signe de tête en guise de remerciements, toujours bouche bée par ce qui était en train de se produire, Hinako semblait décidée à porter l'estocade finale, avant même le dessert. Moi qui menais la danse généralement, j'étais acculé, sur la défensive, incapable de comprendre ce qui m'arrivait.

Subir.

Elle ne pouvait pas mieux terminer son discours qu'avec ce mot. Su-bir, deux petites syllabes qui en disaient long sur notre condition, Un duo syllabique qui ensemble, formait un tout péjoratif. Mon plat était intact, les doigts qui tenaient mes nouvelles baguettes n'avaient pas bougé d'un centimètre alors que j'étais comme suspendu à ses lèvres. Je n'arrivais pas à cacher le trouble qui tourbillonnait à l'intérieur de moi, un maelstrom d'émotions que je n'étais pas prêt à ingérer aussi abruptement.

Avalant la salive qui s'était accumulée dans ma bouche, j'attrapai le verre et but aussi lentement qu'il m'était possible de boire. Gagner du temps, grappiller quelques secondes histoire de pouvoir répondre avec un tant soit peu d'aplomb, ou de cohérence à tout le moins.

- Je .... putain .... Bien joué, deux mots, un sujet et une injure, ça commençait bien. Écoute, je me fous de la vaisselle, brisée ou pas, je me fous des lampes ou que tes livres s'amusent à se balader dans toute la maison. Franchement, je m'en cogne. Si elle avait vu mon appartement, elle n'aurait pas pris la peine de mentionner cela. Pour autant, je devais préciser ma pensée car il était fort probable qu'Hinako s'imagine que ce qu'elle m'avait avoué était le cadet de mes considérations. Quand j'entends les défauts qui te viennent à l'esprit, je ris. Je ris intérieurement car ils sont si .... futiles ? un effort Yoji mignons. Prends pas ça pour de l'apitoiement, mais ma vie passée n'est pas et n'a jamais été un socle pour que je sois rangé. À ton tour de vider ton sac, fais la fuir, à la différence que tu ne l'auras pas mise dans ton lit celle-là. Je n'ai jamais eu de relations sérieuses, jamais. Quand je te disais tout à l'heure, que je bossais, je buvais et je baisais, le trait n'était même pas exagéré. Je ne compte pas le nombre de femmes avec qui j'ai couché, pas plus que le nombre de râteaux que je me suis pris. Je ne compte plus le nombre de litres d'alcool que j'ai ingéré, ni le nombre de Yens que j'ai dépensé dans des jeux de hasard. Et là .... et là tu arrives, sans prévenir, me tendant innocemment la main parce que tu ne veux pas revivre ce qui s'est passé avec ton premier mari.

Je laissai alors tomber mes baguettes à côté de mon assiette, passant une main dans mes cheveux pour les ramener dans une vaine tentative en arrière. Ne salis pas tes mains pour moi. J'aimerai dire que tu mérites car je le pense mais je sais aussi que tu devras te coltiner un type jusqu'à ce que la mort nous sépare. Alors ouais, quand tu me dis qu'on est pas obligés de s'aimer pour s'entendre, je vois pas comment il pourrait en être autrement. Je basculais en arrière, tapant l'arrière du crâne du client derrière moi alors que j'étais sur les deux pieds arrière de ma chaise. Ce dernier, un homme d'âge mur,  se frotta le crâne, m'invectivant alors que je n'étais pas disposé à m'excuser. Pire encore .... Sérieux, ferme ta gueule, tu vas survivre. Je remettai ma chaise sur ses quatre pieds avant de regarder celle qui partageait ma vie.

D'une voix bien plus calme, moins assurée que l'insulte qui venait de sortir de ma bouche alors que j'attrapai mes baguettes pour les faire tourner dans mes pâtes, j'essayai en vain j'étais sûr de lui faire comprendre quelque chose.
- Je peux essayer de faire des efforts, mais c'est voué à l'échec. Je nous donne un mois grand maximum avant que tout ne finisse par partir en morceaux. Au sens littéral du terme.

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Je n’arrive pas à comprendre ce qui l’intéresse dans l’histoire de mon précédent mariage. Pour moi, c’est presque comme s’il n’a jamais eut lieu… Presque, parce que je ne peux pas l’oublier pour autant. Il a laissé ses marques, m’a fait grandir aussi. J’ai pu réaliser de nombreuses choses en ayant “partagé” la vie de Shôta durant un temps. La première, c’est qu’un homme n’est pas forcément doux, cela vaut un peu pour tout. Aux claquements de portes, jusqu’à l’acte imposé par la machine. La deuxième, c’est que l’on peut échanger un baiser tout en pensant à autre chose… Au repas du soir, au boulot, à une pub débile vue à la télé un peu plus tôt. J’ai appris que les petites attentions ne se commandaient pas. Que l’on pouvait passer des jours avec une personne sans jamais échanger un mot. Que l’on pouvait dormir auprès de quelqu’un sans que rien ne se passe s’il n’y a pas de croix sur le calendrier ce jour-là… etc. etc. J’étais mariée à vingt-ans, veuve à tout juste vingt-quatre… Le calcul est plutôt rapide à faire.

- Quatre ans avec lui et quatre ans depuis sa mort. Pourquoi ?

Curiosité satisfaite ou non, il était grand temps de sortir. Les quelques paroles échangées me permettent d’en apprendre un peu plus sur lui, sur sa vie d’avant mise à mal par une puce et un bout de papier. Je m’en veux presque de me trouver là avec lui, d’être celle qui mettait indirectement fin à tout ça… Même si cela se résume grosso modo à un “c’est comme ça et pas autrement, alors ferme là". J’aime sa façon de répondre avec humour, même si l’on dit de moi que je suis un public facile. Je préfère ça à l’auto-apitoiement comme ce fut le cas un peu plus tôt. Puis il me pose une autre question étrange, juste pour savoir si ce mariage brisait un couple…

Couple… Le mot me pousse à sourire tandis que je ramène mes mains dans mon dos.

-Et si c’était le cas ? Quelle importance ?

J’avais bien eu quelques relations, plus ou moins courtes, mais sans réel intérêt. J’avais aimé, bien sûr, une fois ou peut-être deux. J’ai été passablement heureuse durant un temps avant que tout ne se brise définitivement. Tout ça… Par… Bah par ma faute en fait. Simplement parce qu’en toute logique, je savais que cela ne mènerait jamais à rien… pour preuve, me voilà en train de marcher dans la rue auprès de mon mari rencontré il y a quoi… Trente minutes ? Alors à quoi bon tout le reste ? Pourquoi s'éterniser dans une relation qui dans tous les cas serait brisée un jour ou l’autre par l’apparition d’un courrier indésirable. Je fuyais tout ce qui puait le bonheur par crainte de le voir réduit en poussière par ce qui arriverait dans tous les cas. Je me contentais donc de papillonner, un temps. J’ai eut deux ou trois amants que je quittais au moindre signe d’attachement… Donc, non, pas de “couple”, pas d’histoire d’aucune sorte… Rien que ma vie toute simple.

La politesse voudrait que je lui renvoie la question, l’intérêt et la curiosité également. Sauf qu’on fond, je sais déjà que ce n’est pas le cas, allez savoir pourquoi… Probablement à cause de ses réactions à mon égard, à ses questions… J’en sais rien en fait. Néanmoins, je préfère tout de même le rassurer sur ce point.

-Non, c’était le calme plat dans mon existence et puis pouf, tadaaaa.

La conversation se poursuit, notre route aussi, jusqu’au restaurant toujours bondé. Son emportement, menant au sacrifice pur et simple d’une paire de baguettes qui n’avaient strictement rien demandé, semble le mettre plus ou moins mal à l’aise. Personnellement, cela ne me choque pas plus que cela. J’y vois de l’humanité, de la vie. Une réaction plutôt normal en fait, en particulier lorsque l’on vient d’apprendre que l’on doit tirer un trait sur son passé pour mener une existence dont on ne veut pas. Comment lui en tenir rigueur, honnêtement ? Je ne suis pas et n’ai jamais été un monstre d’égoïsme. Et puis j’ai beau vivre la tête perdue dans la Lune, cela ne m’empêche pas de voir les choses avec plus ou moins de réalisme.

J’apprends qu’il a un frère plus âgé que lui, mais à ses dires, je comprends qu’ils ne sont probablement pas aussi proches qu’Ume et moi. Ume… Bon sang… Je devrais probablement lui annoncer la nouvelle, pareil pour les parents… J’allais devoir subir une floppée de questions auxquelles je n’aurais évidemment aucune réponse… Et puis, c’est sûr, ils vont vouloir le rencontrer aussi… Ils sont même capables de venir à Tokyo juste pour ça. Fait chier… La nouvelle attendra encore un peu… En partie aussi avec la réaction qui suit.

Je le vois bien qu’en parlant, je touche quelque chose chez lui, sans savoir quoi exactement. Je fixe son regard d’acier tout en déversant sur lui tout ce qui me passe par la tête et que je juge nécessaire. Je veux le rassurer, me rassurer moi-même en affirmant que tout ne pouvait être terminé avant même d’avoir commencé. Je suis quelqu’un de positif, on m’a élevé comme ça. Je lui dis que je veux donner une chance à ce mariage, que je ne compte pas abandonner ma vie. Je veux vivre avant tout, même si cela signifie de devoir faire avec lui près de moi. Je suis patiente et plutôt compréhensive, du moins c’est ce que l’on dit de moi. Tout en parlant, j’espère que lui me comprend, m’accepte moi, mes propositions… Mais au lieu de quoi, je me sens repoussée.

A lui de se dépeindre, d’exposer ses défauts, ses vices se posant sur un tout autre registre que le mien. Au menu, clopes, alcool, jeux d’argent et femmes… Combien ? Visiblement trop pour être comptées… Je déglutis, bêtement… Cherchant quelle réponse fournir. Je suis blessée sans avoir une bonne raison de l’être. C’est stupide bon sang. Au moins, je sais… Non, je le savais déjà… Il ne fait que l’avouer… Mais merde. Il avait sa vie, la sienne. Lui seul avait le droit de décider de quoi celle-ci se composait même si cela ne me plaît pas… Je sais, mais je ne réalise pas. J’essaie de le rassurer, quelle blague, je suis qu’une épine souillée dans son pied. Je me sens de trop… Ridicule… Je suis là à parler d’efforts… De quoi ? De sacrifices ? … Et lui, me renvoie gentiment que cela ne servira à rien parce que ce mariage est voué à l’échec. Il n’en veut pas. N’y croit pas. Et abandonne comme ça, en quelques mots.

Fait chier… Je dois faire quoi, moi, dans pareille situation au juste? Et si je la jette ici, là, maintenant cette foutue éponge simplement pour lui donner raison… Ça donnerai quoi mis à part une longue vie bien merdique aux côtés d’un homme qui me méprise. Non… C’est pas moi ça. Je n’abandonne pas si facilement et certainement pas aussi rapidement. Il aime les jeux? Et bien jouons.

Je plonge la main dans mon sac à la recherche de mon portefeuille. J’en tire une poignée de billets dont le montant ne m’importe en aucune manière. Je pose le tout sur la table, en appuyant vivement mon geste pour sentir le bois claquer sous ma paume… Ou l’inverse, aïe.

- Un mois, tu dis ? Très bien, je tiens le pari. Laissons-nous un mois pour apprendre à nous connaître, pour nous apprivoiser. Voyons voir si faire des efforts est un acte pénible et si je suis la pire des épouses possible. Juste un mois et si ta vie d’avant te manque toujours autant… Je prendrais sur moi de te libérer de cette vie mariale. J’aime mieux ça qu’une existence entière à faire comme “si” parce que c’est comme ça. Je prends la décision de devenir ta femme ou rien, à toi de voir maintenant.

A tort ou à raison… Honnêtement, j’en sais rien et je m’en cogne. Je veux lui prouver qu’il se trompe et que nous pouvons tous deux trouver notre compte dans cette union. Alors allons-y quitte ou double, je lance le pari plus osé, voir même risqué de toute ma vie. En somme, je la place entre ses mains sans le connaître. Je deviens peut-être folle en fait… Mais tant pis. Je ne plaisante pas, certainement pas sur ce sujet-là.

-Si l’incon nous a choisi, c’est pour une bonne raison. Alors s’il te plaît, laisse-moi une chance de la découvrir. Je me fiche de ton passé… Tu aurais pu “baiser" un million de femmes que cela ne changerait rien pour moi… Même si j’aimerais autant te faire une petite prise de sang… Juste histoire de vérifier… Enfin… Tu vois quoi. Alors… T’en pense quoi, chéri ?

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Yoji Ikuro a écrit:

Okaerinasai de mes fesses ouais ...


- Pour rien .... N'y vois là qu'une ... curiosité que je ne comprends pas moi-même. Mariée pendant quatre ans, c'était une sacrée période, inatteignable pour moi quand j'imaginais euh .... ça faisait combien 365 jours x 4 ... bref un putain de paquet de jours avec la même personne à mes côtés. Veuve depuis quatre ans, je comprenais mieux pourquoi elle avait tourné la page. La blessure, profonde ou pas avait eu le temps de se refermer et à en croire son attitude, on frôlait l'égratignure que la plaie létale concernant son ex-mari. Quelle cicatrice laisserai-je chez elle ?... En voilà une bonne question.

Je ne pouvais m'empêcher de ramener une fois sur deux la discussion sur sa vie amoureuse, que ce soit celle officielle, lettre rose en main, ou celle plus fugace, plus sentimentale, celle que l'on choisissait pour un temps donné afin de voir cette fois la vie en rose. J'avais pourtant un avantage certain, sur quiconque vis-à-vis d'elle : Tant qu'elle voudrait vivre, moi et moi seul aurait un droit sur son corps, moi et moi seul pourrait la toucher, la caresser, l'embrasser, dormir avec. Pourtant, tout ceci fort de notre mariage express n'avait pas gratté suffisamment profondément pour toucher l'élément clef : le cœur. Tant que cela n'était pas suivi d'actes, elle pouvait trouver quiconque plus à son goût que moi, rêver, fantasmer sur un avenir meilleur que je n'y pourrais foutrement rien. Alors je fis mon curieux, encore une fois et je savais que ce ne serait pas la dernière. Sans grande conviction, je fis mine qu'effectivement, ça n'avait aucune importance. Ouaip, t'as raison .... quelle importance. Pour c'que ça change après tout.
Pourtant quand elle m'annonça qu'il n'y avait rien de concret avant le "pouf tadaaa" mariage, je sentis un petit poids rester derrière moi, que j'abandonnais dans la rue, avec le caillou non loin.

Je ne me reconnaissais pas parfois.

Là où je me reconnus encore moins fut lorsque aussi tôt dans la soirée, aussi tôt dans notre quête approximative de connaissance de l'autre, nous parlions à cœur ouvert. Elle commença, car bien courageusement j'en aurai été bien incapable et le trouble m'envahit sans que je puisse le dissimuler. Je détestai me savoir ainsi, comprendre que ma vulnérabilité, mes foutus points faibles pouvaient être exposés aussi facilement par quelqu'un qui ne me connaissait même pas. Alors je contre attaque, avec toute ma rancœur, toute cette aigreur que je sais si bien nourrir. Je lui offre un tableau certes réel, concret, mais tronqué pour ne lui laisser que la pire facette de mon existence : un raté, un looser qui ne veut pas souiller de ses mains une chance forcée de connaître autre chose. Pas forcément mieux, mais au moins différent de tout ce que j'avais pu vivre par le passé.

Au fur et à mesure que mes phrases s'échappaient de mes lèvres, je vis à son tour un mal-être apparaître, sa bonhomie se fissurant et craquelant sous mes assauts toxiques. Je lui assène que ce mariage n'est qu'une vaste farce, une bouffonnerie visant à repeupler un pays de merde par des moyens tout aussi merdiques. Mais là, à mon niveau, j'avais une jolie femme devant moi, au bouton de chemise coquin, à l'éclat de rire presque communicatif, à ... je soupirai, je ne croyais pas aux rêves éveillés depuis belle lurette.

Après cette diatribe, je m'attends au retour de bâton. Le verre d'eau dans la figure, au moins une gifle pour lui avoir fait comprendre que je ne partageais pas sa vision idyllique des choses. Quand j'avais prononcé un mois, j'avais tablé sur une précision plus qu'optimiste. Je n'aurai tiré que deux fois mon coup avec ce qui ressemblait fort à une torture pour le faire aussi peu. Les femmes avaient moins d'attente côté fréquence que nous les hommes à ce sujet. Dormir dans le même lit qu'une femme est un supplice si on ne pouvait que compter les moutons en attendant de dormir. Nous étions moins cérébraux qu'elles, c'était indéniable, pour mon plus grand malheur du coup.

Je la vois fouiller son sac : elle n'allait quand même pas me balancer de la lacrymo ou un taser en plein restaurant ? Au lieu de ça, elle étale de l'argent qu'elle pose avec vigueur sur la table. Haussant un sourcil, je ne voyais pas du tout où elle voulait en venir. Aussi l'écoutais-je attentivement, quand elle retourna mon estimation contre moi. Elle voulait parier sur la durée de notre mariage, vraiment ? Elle me piquait dans mon orgueil, et ça ne me plaisait pas forcément.

- Hé, me fais pas dire ce que j'ai pas dit. Jamais dit que tu étais la pire des épouses. Comme ne pas croire parce que tu en as envie que tu pourras d'un coup de baguette magique rompre notre mariage. À moins que tu veuilles notre mort à tous les deux. À quoi pensait-elle bon sang ?... Quand elle parlait de "rien", elle parlait de .... non, impossible.
J'aurai une cigarette en bouche, nul doute qu'elle serait tombée dans mon plat. J'avais la bouchée entrouverte, la regardant comme un con, elle et ses billets. Elle décidait elle de devenir ma femme. Je nageais en plein délire ....

- Pour....pourquoi tu fais ça ?... Ok c'est symbolique mais pourquoi ?... On ne se connait même pas, on ne sait même pas pourquoi l'Incontestable qui nous a mis ensemble... Je, putain j'suis perdu là .. Je regarde les billets sur la table, et les empile pour en faire un tas et les mettre au milieu. On pourrait croire que je t'ai payée ou je n'sais quoi d'autre. Pas que j'en avais quelque chose à foutre de ce que ces vieux pourraient penser de moi, mais qu'on puisse penser ça de notre "couple", non. Même si ce couple avait moins d'une heure d'existence.

Quand elle hasarda avec exagération le nombre de mes maîtresses passées, je fis la grimace, n'aimant pas spécialement aborder ce sujet devant elle. C'est comme, pour reprendre ce que je lui avais dit précédemment, je salissais notre union avec mon goût prononcé pour la luxure. Faisant claquer ma langue, je fouillais dans ma poche pour me rappeler que je n'avais pas ma pièce fétiche. Rha, décidément, je n'avais rien pour me détendre les nerfs. Hé .... J'suis ptêt à tes yeux un chaud lapin, mais je me protégeais, à chaque fois .... J'tenais pas à attraper une foutue saleté. Mais bon, j'peux me dire que tu caches bien ton jeu et que tu as pu après ton premier mariage enchaîner coup sur coup. Une prise de sang s'rait ptêt nécessaire aussi. De toute façon, il ne suffit que d'une fois n'est ce pas miss infirmière ?

Je m'attardais sur ce point sans grande importance à mes yeux juste pour mieux réfléchir à ce qu'elle me proposait. D'un côté, je n'avais pas le choix, j'étais marié à elle. Là où je restai dans le déni elle avançait vers l'inconnu. La où je restai enferré dans le passé, elle se libérait de ses chaînes pour proposer un futur. Pour nous proposer un futur. Main sur la bouche, je continuai de songer, peu importe qu'elle s'impatiente.
Une idée me traversa l'esprit, aussi débile que sa suggestion. Au point où nous en étions .... Bien, je relève le pari, même si techniquement, nous parions pour la même chose. Je ne cherche qu'à me tromper tu sais, mais peut-être ai-je une vision plus réaliste de notre situation.

Je saisis la liasse de billets encore sur la table, avant de les remuer façon éventail. Allez, c'est parti pour le ridicule. Comme je te disais, je suis un joueur, et comme parier ne semble pas te déranger, je te propose un mois de paris. Nous verrons si toi et moi, ça peut coller.

Devant son air interrogateur, j'affichais un sourire mystérieux qui voulait dire bien des choses. Je pris l'argent et le rangeait dans ma veste. Par exemple, que serais-tu prête à faire pour récupérer cet argent. Tu peux très bien dire que tu t'en fous, mais ça n'aiderait pas notre couple n'est ce pas ? Juste mes finances. Surprends moi et je te le rendrais. Quand tu le mériteras, dans une minute ou un mois, à toi de voir. Ce sera ensuite à ton tour de me lancer un défi, et ainsi de suite. Si tu as des limites, ma chérie, c'est le moment de le dire. Ensuite, un mois pour le meilleur et .... le meilleur j'espère.

Je n'y croyais pas vraiment mais c'était ma façon bizarre d'apprendre à la connaître sans tomber dans des questions banales façon didacticiel, ce qu'elle ne semblait pas apprécier non plus. Je me mis à rire bêtement, songeant à mon passé Généralement, avec autant de liquide dans mes poches, tu aurais dû te trouver sur la table en train de danser pour moi. Pas certain que nos chers habitants de Kita apprécient.
Je me doutais bien qu'elle n'accepterait pas et qu'elle me prendrait pour un vieux pervers de club à gogo danseuse. Elle s'était engagée à être ma femme, qu'elle commence par apprécier l'ampleur des dégâts.

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