Shôji Mikami
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le Mer 31 Oct - 22:39
par Shôji Mikami
Shôji Mikami
"Your actions speak louder than words ♥️"

Généralités
Nom ;; Mikami
Prénom ;; Shôji
Surnom ;; Aniki
Âge ;; 30 ans – Né le 5 Mai 2080
Genre ;; Masculin. Celui qui confondra aura trop bu. Le rose c’est pas QUE pour les nanas, nom de Zeus ! Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1451543918
Origines ;; Japonais.
Activité ;; Concierge d’un immeuble de standing ; Il lui arrive de jouer de la guitare en s’baladant ici ou là en ville
Sexualité ;; ¯\_(ツ)_/¯ Des rumeurs courent, mais dans les faits, on sait pas vraiment. Sûrement car il est trop secret sur ses relations.
Avatar ;;Lee Hong-Bin (VIXX)
Règlement ;;
Chemin ;; Reboot de Yuuto M. Sasaki
Commentaire ;; Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3766924225
Mon apparence.
Adossé au belvédère, non loin de la bouche de métro, un souffle las fuit mes narines. Qu’est-ce que j’ai fait pour me foutre dans cette galère, sérieux ? Qu’est-ce qui m’a pris d’accepter ?! Après avoir inspecté le ciel, marbré de cumulus cotonneux, mes orbes s’intéressent à ma montre. 32 minutes de retard. Presque un nouveau record ! Diable, j’avais oublié ta retardite aiguë depuis qu’on ne vit plus ensemble ! Et ma patience s’effiloche un peu plus lorsque tu apparais au coin de la rue. Eh bah, t’es pas pressé !

Fort de ta démarche tranquille, te voilà : l’incarnation humaine de la zenitude. Et tu flânes, te laissant aller à la mélodie qui pulse contre tes oreilles. Pour cette raison, je m’abstiens de t’appeler : en grand mélomane, t’entends rien avec ton casque. Tu finiras sûrement sourd avant l’heure, d’ailleurs. Tapotant nerveusement l’asphalte du pied – comme si ça pouvait te faire arriver plus vite –, je me calme toutefois à mesure que la distance s’amoindrit entre nous. Parce que t’as ce genre de pouvoirs, Shô : celui d’apaiser ton entourage. A croire que les mauvaises ondes ricochent sur toi. A mes yeux, tu n’es ni le soleil, ni la pluie. Nan, toi, t’es un arc-en-ciel. Coloré, chaleureux. Alors j’me laisse avoir, mes épaules s’affaissant, tandis que je l’admire, ta bulle de bonne humeur. C’est pour ça que j’suis là en fait ; Pour prendre ma dose de toi. Pas pour qu’tu m’tiennes la main à ce foutu speed-dating !

Lorsque tu remarques enfin ma présence, un adorable sourire fend tes lèvres pulpeuses, finissant d’achever mon humeur bougonne. Tes yeux se plissent d’un air enjoué alors que tu agites ta large mimine en l’air pour me saluer. Je tique, te renvoyant un petit signe embarrassé.

« T’es en r’tard. » me plains-je, quand ta main enserre la mienne, qu’tu m’donnes l’accolade dans cet élan d’affection qui te caractérise tant.

J’peux sentir ces callosités sur ta paume. Résultat de ton expérience des travaux manuels et de ta pratique assidue de la gratte. Si je l’inspectais davantage, j’remarquerais sûrement des griffures. Quel grand ami des bêtes n’en a pas ? Toujours est-il que l’étonnement gagne ton faciès avant que tu ne vérifies l’heure sur ton mobile, rabattant ton casque autour de ton cou.

« Bah… Ça commence dans une heure. On a largement l’temps, non ? »

Tu cilles innocemment, après t’être exprimé de cette voix trop rauque pour ta bouille d’ange. J’en grimace, m’apprête à répondre… Puis me ravise en faisant la moue. Avec toutes tes occupations, t’as sûrement dû oublier. Encore. Blasé, je laisse couler, ourlant cependant un sourcil en m’demandant – une énième fois – pourquoi t’es si grand. Ils ont mis quoi dans ta soupe, à l’orphelinat ? De l’engrais ? Faisant partie de la moyenne nipponne, j’dois lever l’menton pour te parler. Aux dernières nouvelles, tu culmines à 1m87. Faut pas s’étonner qu’tu passes pas inaperçu…

« Ouais... Allez, on bouge. »

Un poil vexé, je te laisse faire la conversation alors qu’on s’engouffre dans le métro. Ça parle de ton quartier, de l’immeuble, des gens que j’connais pas mais qui – de toute évidence – te passionnent, à en juger l’étincelle pétillante au fond de tes perles de jais. En passant près de certains luminaires, je redécouvre même des reflets chocolatés discrets dans tes yeux.

Pourtant, une fois arrivé sur le quai, je demeure intrigué par le nombre de personnes qui te dévisagent – plus ou moins discrètement – et auxquelles tu ne prêtes pas attention. J’m’interroge. C’est certainement pas ta carrure élancée, soigneusement engoncée dans un t-shirt uni doublé d’une chemise à carreaux, qui les fascine. T’as un style passe-partout. Si t’étais pas si haut sur pattes, tu serais monsieur tout-le-monde. Tout au plus, tu te permets parfois de porter un bijou ayant une valeur sentimentale, et encore.

Le train arrivant, j’dois bien admettre que c’est un avantage pour moi que tu sois si solidement charpenté. Tes membres puissants sont d’une grande aide pour te frayer un chemin et me laisser me faufiler derrière toi. Surtout aux heures de pointe ! Une fois qu’on se tient à la rambarde de sécurité, je m’sens encore comme une crevette à tes côtés. T’as pas perdu de ta musculature depuis le lycée. Aller courir avec son chien tous les matins et être un habitué à la salle, ça aide, apparemment. Devant notre soudaine proximité, mes narines se rappellent ton haleine acidulée – Sérieux, pourquoi tu manges encore des Skittles à ton âge ?! – mêlée à ton parfum habituel.

Les stations défilent tandis qu’on discute, mais les regards curieux ne faiblissent pas. Remarquant seulement maintenant qu’ils regardent en l’air, je contiens un rire amusé. Bon sang. Plus de vingt ans qu’on se connait donc j’y suis habitué, mais c’est vrai qu’elle surprend, ta chevelure. D’une chatoyante teinte rosée, semblable à de la barbe-à-papa : elle fait rêver. Tout comme moi la première fois, ils doivent se poser la question. Oui, c’est ta couleur naturelle. Vive les modifications génétiques ! Aussi, pour m’être déjà amusé à peigner tes cheveux, je peux témoigner qu’il sont fins et doux, en plus d’avoir un certain volume. C’est certainement la partie de ton anatomie dont tu prends le plus soin, d’ailleurs, quand bien même il fut un temps où tu en rougissais. Bah ouais, il parait que c’est pas pour les mecs, le rose. Temps révolu depuis belle lurette, car aujourd’hui, t’en es fier. Indirectement, elle donne même l’impression que ta peau est plus pâle que ce léger hâle que tu arbores. Celui-là même qui se renforce à la moindre exposition. Quant à ta coupe, elle arrondit les traits de ton visage anguleux, te rajeunit même un peu je trouve.

Arrivés à destination, on s’extirpe du train pour gagner le lieu du speed-dating… Enfin, c’était le plan.

« Madame, attendez ! » Et tu files vers la dame en question, attrapant au passage le doudou que son petit venait d’égarer. Elle te remercie tandis que tu t’accroupis devant la poussette, tendant sa peluche à l’enfant. « Tiens, bonhomme. »

La scène m’arrache un sourire alors que je remarque l’encre qui dépasse de ta manche, lézardant sur ton avant-bras. On ne peut pas distinguer le tatouage en son entièreté, ainsi. Néanmoins, j’ai eu l’occasion de l’observer à loisir cet été, cette montre-boussole reposant sur une longue flèche qui parcourt l’intérieur de ton avant-bras gauche. Elle empêche de trop se concentrer sur les veines saillantes qui ornent tes mains. A cette vision, je me remémore cette fois où tu as été faire ton premier tatouage, sur ton mollet droit. Ou plutôt, ma main s’en souvient encore… J’adore cette œuvre : deux carpes koi entremêlées, un message te représentant tellement les entourant : « You will not always be strong, but you can always be brave. »

J’espère que tu te rappelles de ces mots, Shô.

Et puis on sort, regagnant l’extérieur en direction du pub où aura lieu le speed-dating. Moins tendu qu’auparavant, mon expression devient cependant soucieuse en te dévisageant. Ça me chiffonne de constater que tes cernes semblent un peu plus creusés que la dernière fois. Tu dors toujours mal, hein ? Les cachets ne font pas effet ? Mais j’ose pas demander. J’ai pas envie d’être celui qui te fera perdre le sourire… Nan, jveux qu’tu continues de rayonner, Shô. Même si c’est peut-être égoïste de ma part. J’te connais, si t’étais vraiment malheureux, j’verrais les signes.

Parce que j’les connais déjà…

Ce qu'il m'est arrivé.

▬ Plus tard, dans le pub accueillant le speed-dating.


« Salut ! Mikami Shôji, mais tu peux m’appeler Aniki si tu veux. »

Voilà ce que je balance naturellement, à peine installé à la table de ma première prétendante. Un sourire amusé retrousse mes commissures. J’essaye de me mettre dans la peau de quelqu’un ayant une vraie raison de se trouver en ces lieux, tentant de camoufler mon malaise derrière une assurance factice. Dans les faits, j’ai tout juste le temps de me dire qu’elle est mignonne – bien que trop jeune pour moi – qu’un claquement sonore retentit près de mon oreille droite. Pris de court, j’en sursaute, tandis que ma joue se met à picoter sous l’impact de la gifle.

Qu’est-ce que… ?

Interloqué, je reste con. Ma mâchoire inférieure s’affaisse alors que la furie m’ayant molesté quitte rapidement la table… Il s’est passé quoi là ? Me frottant bêtement la joue, j’accuse le coup. Autour de moi, les murmures s’élèvent et je n’y prête pas attention. Fuyant les regards des curieux, je capte uniquement celui d’Atsushi, quelques tables plus loin. Devant l’air médusé de mon ami d’enfance, je me contente d’hausser les épaules, les mains en position de supination. J’suis tout aussi perdu que lui. Attrapant la paille de mon jus de pommes, je réfléchis. Je me serais souvenu de son visage, si elle faisait partie de mes ex-compagnes d’un soir… Alors, pourquoi ? Et ça fait tilt. Je crois comprendre le souci. Et si elle s’imaginait que je suis un pervers ? Peut-être a-t-elle compris de travers avec mon « tu peux m’appeler Grand-frère » ? Désabusé par cette idée, je tâche de chasser le rictus qui s’était immiscé sur mes traits en me frottant lassement le visage.

Bon. Bah ça commence bien…

Les minutes s’égrènent tandis que je sirote mon jus, jetant un rapide coup d’œil aux autres prétendantes. Lorsque la clochette retentit, je change de table. Une fois assis, toutefois, je prie intérieurement pour ne pas me prendre une autre tarte que ça se passe bien, cette fois. Un sourire mal assuré aux lèvres, je tente de paraitre à l’aise.

« Salut ! Mikami Shôji, mais les gens m’appellent souvent Aniki. »

La formulation semble mieux passer, puisque j’arrive à lui arracher un pouffement. Ça me surprend toujours qu’un simple sobriquet puisse provoquer des réactions aussi opposées. Est-ce ma faute si depuis des années les gens m’appellent ainsi ? Je n’ai rien demandé, pourtant ! La seule chose dont on pourrait me tenir rigueur, ce serait de m’y être habitué au point de me présenter ainsi. L’histoire derrière ce surnom ? Il parait que j’ai l’attitude d’un grand-frère, tout simplement. J’admets qu’à force de l’entendre, je me suis pris au jeu. Et puis, c’est mignon comme surnom, non ?

« Tu fais quoi dans la vie ? »

A cette question, je bombe le torse, un sourire fier égayant mon visage.

« J’suis concierge. Et toi ? »
« Ah. D’accord… »

Je tique intérieurement devant la déception que je perçois dans sa voix, dans cette pointe de mépris que je peux sentir émaner d’elle une fois l’information assimilée. C’est discret, à peine perceptible en vérité. Cependant, il y a des signes qui ne trompent pas. Il y a ce regard, désormais plus ancré sur la table entre nous que sur moi. Si mon physique pouvait la charmer au premier abord, ma situation financière, elle, semble la refroidir. Elle embraye donc sur les études qu’elle a fait, s’éternisant sur à quel point son travail est passionnant et bien payé. Poliment, je feins d’écouter, mais je ne retiens rien. Je sais déjà que je n’ai pas envie de côtoyer une personne aussi vénale, concentrée sur les apparences. Les lèvres pincées, je note qu’elle ne remarque même pas qu’elle m’a blessé. J’aurais dû m’en douter, d’une certaine façon. Quand on voit comment Madame s’est apprêtée, qu’on prête attention à ses manières, ou qu’on capte ce léger accent snob quand elle s’exprime, on comprend qu’on n’est pas du même monde, elle et moi. D’un coup d’œil, je devine qu’elle n’a jamais été dans le besoin. Contrairement à moi, elle n’a pas eu à se construire à la sueur de son front, à cumuler les petits jobs mal-payés avant de réussir à trouver une situation stable et agréable à vivre. J’ai galéré pour arriver où j’en suis. Sur tous les plans. Néanmoins, je sais que sans toutes ces épreuves, je ne serais pas celui que je suis aujourd’hui. Et la vie que je mène, aussi banale et inintéressante soit-elle, elle comble sans mal le peu d’attentes que j’ai.

Un sourire de circonstance figé sur mes lippes, je contiens un soupir de soulagement quand la clochette m’indique de changer de table. Intérieurement déçu par ces deux premières entrevues, j’ai enchaîné quelques autres rencontres en étant un peu plus fermé sûrement que je ne le serais d’ordinaire.

Et puis je me suis installé à la dernière table.

Physiquement, la demoiselle se défend. Son style streetwear, basique mais recherché fait écho en moi. Je me sens déjà charmé par son sourire avenant et ses grands yeux pétillants. Elle est rayonnante.

« Salut ! Comment ça va ? »
« Tendu. C’est stressant, l’air de rien, ce genre de rencontres. » Elle rit, confirme. « Et toi ? »
« Pareil. C’ma première fois, alors ça fait bizarre. T’as trouvé ton bonheur jusqu’à présent ? » Je grimace, nie ensuite.
« Pas vraiment. Et de ton côté ? »
« Non plus. » Elle hausse les épaules sans se départir de son sourire. « Tant pis, ce sera pour la prochaine fois… A moins que tu ne me surprennes ?... » Elle minaude, me fait pouffer d’un rire délicatement nimbé d’intérêt. On en profite pour se présenter, échanger des banalités avant qu’elle ne s’accoude à la table, plongeant ses perles violines dans les miennes. « Qu’est-ce que tu es venu chercher ici ? »

Etant donné que le feeling passe bien, je lui dois bien la vérité.

« Pour tout te dire, j’accompagne un pote. » D’un geste du menton, je désigne Atsushi. « Il n’osait pas venir seul, alors j’suis venu en soutien. » Une mine peinée fane mes traits. « Désolé si tu pensais que j’cherchais une grande histoire d’amour, ou que sais-je… Moi, j’suis juste venu pour lui. Et pour rencontrer des gens, pourquoi pas m’faire de nouvelles amies aussi. » Un petit sourire en coin étire mes lèvres. « Même si j’dirais pas Non à quelques plaisirs charnels si l’occasion se présentait, bien sûr… » Elle pouffe de rire. « En tous cas, je cherche pas quelque chose de sérieux. »

Plus depuis longtemps. Disons que je suis du genre résigné ? A force d’accumuler les échecs, de voir les gens qu’on aime nous abandonner, on le devient inévitablement. Ça ne m’empêche pas de re-tomber amoureux, mais ça ne facilite pas la relation ensuite. Ça n’endort pas les peurs non plus... Et à chaque fois que ça se termine, ça me brise un peu plus le cœur encore…

Toujours est-il que ça ne la perturbe pas, qu’on est même plutôt sur la même longueur d’ondes. Je bois ses paroles, abreuve la conversation en retour comme si je la connaissais depuis toujours. On aborde même le sujet de l’Incontestable. Je me contente de dire que j’attends ce mariage sans arrière-pensée, ne m’empêchant pas de vivre avant pour autant. Ce que je me garde bien de révéler cependant, c’est le douloureux paradoxe qui fait rage en moi depuis des années à cette idée. Le mariage, je l’espère autant que je le redoute. Il pourrait me forcer à tourner la page sur mon passé, pour enfin créer quelque chose de nouveau, sentimentalement parlant. Car il y a des plaies qu’on ne peut pas panser soi-même… Moi, en tous cas, je sais que j’ai besoin d’aide pour celle-là. Et vu mes difficultés actuelles, peut-être que cette lettre serait mon remède.

La conversation dévie alors subitement.

« Parle-moi un peu de toi. »

Je cille, mes lèvres s’entrouvrent. Oh, comme je ne l’aime pas, cette question. Un instant, je me perds dans ses orbes singulières, y cherche la réponse qu’elle veut que je lui donne. Sans grand succès, hélas.

Peut-être espère-t-elle simplement que je dise la vérité. La vraie. Sauf qu’en l’apprenant, elle déchanterait. Le flirt qu’on a initié s’arrêterait là. Et franchement, j’ai pas envie que ça arrive. Derrière mes sourires doux, elle a pas été toute rose, ma vie. Faut pas croire ! Ou du moins, le seul truc rose qu’il y a dedans, c’est ma tignasse. Pourtant, si cette fille me demandait duquel de mes parents je la tiens, j’serais bien incapable de lui répondre. Parce que j’en sais fichtrement rien ! Des parents, j’en ai pas eu, littéralement. J’suis orphelin. Donc, par définition, j’ai grandi dans un orphelinat, avec plein d’autres enfants en manque d’affection. Quand j’étais petit, ma tête bourdonnait de mille et une questions en voyant mes camarades être adoptés les uns à la suite des autres. Même si je les encourageais avec de grands sourires et leur souhaitais une belle « nouvelle vie », une part de moi les enviais énormément. C’est parce que je suis pas très bon à l’école qu’on veut pas d’moi ? Je suis pas assez gentil ou poli pour eux ? Trop turbulent ? Est-ce que, eux aussi, ils pensent que le rose, c’est pas pour les petits garçons ?

Des questions bêtes, enfantines.
Elles aussi sont demeurées sans réponse.

Le temps a passé, et j’ai grandi. Je manquais toujours autant de chaleur humaine, mais j’ai fini par me faire une raison. Ça faisait trop mal d’attendre, à la fenêtre de ma chambre, après des parents qui ne viendraient jamais me chercher. Si on ne voulait pas m’donner de repères, j’en fabriquerais moi-même. Aussi, j’me suis beaucoup attaché à certaines personnes qui travaillaient à l’orphelinat, à force de les voir tous les jours. En particulier une surveillante, que j’appelais tantine. Elle, c’est un peu la mère que j’ai jamais eu. Aujourd’hui encore, je la considère comme telle. J’me suis fait mes premiers vrais copains à cette période-là, aussi. Et le plus vieux qu’il me reste aujourd’hui, il discute à quelques tables de là.

Au collège, j’ai pris part au club d’athlétisme. Ce fut une vraie révélation. Me découvrant sportif, je me suis ouvert aux autres. C’est valorisant de constater qu’on est doué pour quelque chose, qu’on nous encourage dans une voie. Alors j’ai grave pris de l’assurance. Peut-être un peu trop, cela-dit. Comme beaucoup d’ados, j’ai commencé à faire des petites bêtises à cette période. Rien de bien méchant toutefois. En parallèle, mes notes s’amélioraient un peu, car le moral était là. Le reste du temps, je traînais avec mes potes, j’embêtais les filles… Douce insouciance !

Au lycée, j’avais envie de changement. J’ai donc abandonné l’athlétisme pour me lancer dans le baseball. Nouveau sport, nouvel établissement : nouvelle vie. Ce fut la consécration. En plus de gagner encore en assurance, j’ai même gagné un petit fan-club. Si si. Des filles qui couinent quand j’fais un lancer ou que j’tape dans la balle – même quand j’la rate : la honte ! –, qui déposent des lettres d’amour dans mon casier ou m’donnent des chocolats à la Saint-Valentin... C’était cool. Sauf que petit à petit, moi, y’avait qu’une seule fille que j’voyais. Elle s’appelait Nagisa. Moi, j’l’appelais Nee-chan. Car c’était la fille de tantine, et que j’la connaissais depuis tout petit. Une ravissante demoiselle de deux ans mon aînée, avec son p’tit caractère bien à elle qui m’faisait craquer. Le souci ? Elle ne me prenait pas au sérieux. J’étais « Trop jeune », il parait. C’était frustrant, mais ça m’a permis de ne pas être focalisé uniquement sur elle à cette période. J’ai pris du plomb dans la tête, commencé des petits boulots le soir, après mes entraînements de Baseball, histoire de mettre un peu d’sous de côté. J’avais même pour projet de devenir pompier, en ce temps !

Techniquement, j’aurais même pu le devenir.

Néanmoins, on ne peut pas s’y résoudre, quand on n’est même pas capable de sauver ceux qui nous sont chers, hein ?...

« Mikami-kun ? »

Je sursaute quand mon nom passe la barrière de ses lèvres, me tirant loin de mes souvenirs.

« P-Pardon. Je m’étais perdu dans mes pensées. J’suis fatigué, en ce moment. » Je me racle la gorge, pour condenser un semblant de vérité : « J’suis un type normal. Parents absents. J’étais mauvais en cours, bon en sport. Professionnellement parlant, j’me suis cherché pendant longtemps. J’ai touché un peu à tout avant d’obtenir mon job actuel, j’étais un peu perdu… »
« Un peu perdu ? » Qu’elle insiste, ce à quoi je réponds par un sourire doux, afin d’éluder la question.
« Et toi ? »

Comprenant que je n’en dirais pas plus, elle recommence à me parler d’elle, portant sa bière à ses lèvres. Imperceptiblement, les muscles de mon dos se tendent en observant la mousse à la surface de ce liquide ambré, si chatoyant. Elle épouse ses lèvres, les recouvre délicatement. Elle en oublie même un peu, près d’une commissure. Peut-être sciemment, si ça se trouve, espérant que je vienne essuyer ses babines pour amorcer un contact.

Mais je ne peux pas. L’envie est là, mais il ne faut pas. Car le problème, c’est que j’ai pas envie de ses lèvres, là… Mais de sa bière. Un frisson d’effroi m’étreint quand j’en prends conscience. Je m’empresse alors d’avaler cul-sec mon jus de pomme, espérant que ça passe.

Bordel. J’dois vraiment manquer de sommeil…


{...}


▬ Quelques temps plus tard, au cours d’une réunion d’alcooliques anonymes.


« Bonjour. Je m’appelle Shôji. Et je suis alcoolique. »
«  Bonjour Shôji ! »

Les voix s’élèvent pour me saluer. Tantôt monotones. Tantôt encourageantes. Les corps sont avachis ou tendus sur ces chaises formant un cercle approximatif autour de moi. Les regards sont éteints pour la plupart, las sûrement. Y’a pas, j’ai beau venir à ce genre de groupes de soutien depuis des lustres, je ne m’y fais toujours pas. Ici, j’me sens mal à l’aise, honteux… Et quand j’ai envie de parler, mon amie la culpabilité aime se rappeler à moi aussi. Comme ce soir.

« En fait… J’devrais plutôt m’présenter comme ancien alcoolique. » Je souffle un rire sans joie, me flattant la nuque. « Ça fait 7 ans que je n’ai plus bu une goutte d’alcool… En fait, j’pourrais même vous donner le nombre de mois et de jours depuis, mais j’risquerais de passer pour un obsessionnel ! »

Ma boutade réussit à émouvoir quelques peu, quelques rires étouffés chatouillant mes oreilles. Inconsciemment, ils me donnent un peu de ce courage qui me fait défaut.

« Ça fait un bon moment maintenant que je viens. Pour tout dire, d’ordinaire, c’est plus par crainte d’arrêter de venir… J’ressens pas le besoin de venir pour moi-même. Jusqu’à il y a quelques jours, je ne ressentais plus la soif. Je pouvais me poster à un bar sans problème, être en soirée avec des amis qui consomment sans pour autant avoir envie de boire la même chose qu’eux… Mais au fond, j’avais peur que, si j’arrêtais de venir, l’envie reviendrait. Alors je venais plus en soutien pour d’autres personnes, qui vivent les difficultés que j’ai vécues. J’pouvais conseiller, soutenir… C’est quelque chose d’important pour moi. »

Parce que je suis de ces personnes qui aiment se rendre utiles, être là pour les autres. Les réunions, c’est un peu ma bouée de sauvetage, ou mes brassards, tandis qu’on me jette dans le grand bassin. J’ai peur de ne pas réussir à nager seul. J’ai peur de couler. Une peur irraisonnée… Car je manque de confiance en moi sur ce point.

Et de toute évidence, j’avais raison d’avoir peur.

« Mais… Aujourd’hui, je viens parce que j’en ai besoin. » Que je précise, décidé.
« Nous t’écoutons, Shôji. Raconte-nous ce qu’il s’est passé. Qu’est-ce qui a réveillé ta soif ? » M’interroge un homme.

Je reconnais le visage chaleureux et encourageant de cet anonyme. Il est présent ici depuis des années. On ne se connait pas dans la vraie vie, pourtant, le savoir ici a quelque chose d’encourageant… Par le regard, je lui intime mes remerciements. Je réfléchis donc par où commencer en me triturant les mains. Ma pomme d’Adam roule dans ma gorge. Un instant, je me pince les lèvres. Je suis vraiment obligé de parler ? que je me demande, avant de m’asséner une gifle mentale. Bien sûr qu’il le faut, vu ce que j’ai ressenti ces derniers jours ! Je n’aurais pas voulu parler sinon !

Et plus que tout…
Je ne veux pas courir le risque de rechuter encore.
Non, pas après tout ce que j’ai traversé.

Un sourire peiné s’en vient alors griser mes traits.

« Pour comprendre… Il faut que je vous raconte comment je suis devenu alcoolique. »
« Nous t’écoutons. »

Alors je raconte.
Mon récit commence par Nee-chan, dont j’étais terriblement amoureux au lycée. Dans ma voix, il y a une certaine pudeur. Par honte d’en parler en de pareils lieux… Et puis, c’est dur d’évoquer un souvenir à la fois si doux et si douloureux. Souvenir dont bien peu d’oreilles sur cette Terre ont eu connaissance. Dans mon esprit, mes ressentis valsent, mes lèvres ne laissant choir que peu d’informations sur mon idylle inachevée avec Nagisa. Je me contente de l’essentiel, de ce qu’ils doivent savoir pour comprendre ma détresse.

Quand elle a quitté le lycée pour débuter ses études, le manque s’est fait ressentir. C’est à cet instant seulement, j’ai réalisé que Nee-chan n’était pas une amourette pour moi. C’était l’Amour, avec un grand A. Celui qui fait vibrer le corps, tambouriner le cœur et tourner la tête. Celui qui rend euphorique ou déprimé pour un rien. Tous les symptômes concordaient… J’avais ce besoin de la voir, de lui prouver que j’existais. Ainsi, j’ai commencé à prendre des cours de guitare avec elle. Ça me permettait d’avoir un tête-à-tête chaque semaine en plus d’entretenir ma passion pour la musique. Le temps a passé. Je profitais de ces petits moments de bonheur simplistes et doux tandis qu’on se rapprochait. Petit à petit, son regard sur moi a changé. Y’avait un réel feeling entre nous. Aussi, j’étais bien décidé à lui demander de sortir avec moi une fois mon diplôme de fin d’études en poche !

Seulement…

Je déglutis, ayant soudainement besoin d’une pause. Le passage douloureux à venir réveille d’ores et déjà mes glandes lacrymales, mes yeux s’humidifiant petit à petit. Mes sinus picotent, le nœud dans ma gorge se resserre. Sur mes genoux, imperceptiblement, mes mains tremblent. Je me remémore ce jour où ma vie a basculé. J’avais été au magasin de bricolage avec tantine, l’aidant à porter du matériel pour faire des travaux chez elle et Nagisa. Les bras chargés de pots de peinture, j’ai suivi tantine jusqu’à l’intérieur de leur maison. Mon cœur était enjoué à l’idée de retrouver Nagisa… Inspirant profondément, je relève le menton pour fixer un point invisible sur le mur d’en face, afin de ne pas craquer.

« Un jour… Sa mère et moi l’avons trouvée inanimée dans le salon. Elle… Elle était allongée… Dans une mare de sang. »

Je renifle, ne leur en dirais pas plus sur les détails macabres de cette découverte. Bien qu’ils soient gravés dans ma mémoire, je les passe sous silence. Et je m’en rappelle, comme si c’était hier…

Dans la pièce régnait une odeur de fer. Près du canapé, il y avait la femme que j’aimais, mais vu sa position, j’avais plus l’impression d’avoir affaire à une poupée de chiffon. Le carrelage, sur lequel elle reposait, recueillait son fluide vital dans un silence... De mort. Un silence assourdissant qui ne fut perturbé que par les hurlements désespérés de tantine qui se précipita vers son enfant, l’appelant et la secouant. Comme si elle n’était qu’évanouie...

De mon côté, je suis resté figé quelques secondes devant cette vision d’horreur. Sous le choc, mes phalanges avaient cédé les pots de peinture que je tenais encore. Le visage blême, le cœur glacé d’effroi, je me suis repris aussi vite que possible pour joindre les secours. Ces derniers en route, j’ai fini par me jeter désespérément au côté de Nee-chan, moi aussi. Dans la panique, j’ai tenté un massage cardiaque, évidemment inefficace. J’étais passé en mode automatique. Je faisais abstraction des sanglots de tantine, je n’avais même pas remarqué que le corps de Nagisa était à moitié dévêtu. C’était tout juste aussi si j’avais conscience que son buste ruisselait de ce liquide tiède et poisseux qui filait entre mes doigts, malgré ma bonne volonté. J’ai essayé de la sauver jusqu’à ce que les secours prennent le relais… Jusqu’à ce qu’ils prononcent officiellement son décès.

Je n’ai pas crié, ce jour-là.
Ni les suivants. Jamais.

Mes cris de désespoir intérieurs s’exprimaient par des larmes à l’extérieur, ainsi qu’une énorme incompréhension quant à ce geste abominable, que personne n’avait vu venir. Je me suis donc contenté de me taire, serrant tantine dans mes bras, la calmant du mieux que je pouvais. Résolu à être fort pour elle, j’ai nié mon ressenti pendant une très longue période. Pendant plus d’un an en fait. Pendant tout ce temps, j’étais là sans être là. Ma tête était vide, bourdonnait, se ressassait en boucle cette vision d’horreur, et tout ce qu’elle a entrainé. Néanmoins, quand on se retrouve à devoir témoigner de ce qu’on a vu auprès des autorités compétentes, ou qu’on assiste à la crémation de celle qu’on aimait après son autopsie, on ne peut qu’admettre la vérité :

Nee-chan a été violée.
Nee-chan a été tuée.

 
Sentant une larme dévaler ma joue après avoir verbalisé la mort de Nee-chan, je me reprends, me râclant la gorge après avoir chassé la perle de mes sentiments d’un revers de main.

« J’ai… Tout fait pour aider la police à trouver le coupable. Tout ce qui était en mon pouvoir, je l’ai fait. J’ai tout fait… »

Voilà ce que je répète en boucle, tel un mantra, parce que c’est vrai. Pendant l’année qui a suivi le décès de Nee-chan, la plus grande partie de moi n’était obsédée que par ça. Il fallait que cet homme soit retrouvé et trainé en justice, il fallait lui faire payer ses actes ! Il ne fallait pas que la mort de Nee-chan reste impunie ! Cette idée m’était insupportable. Au point que je ne dormais presque plus, préférant me pousser à bout. Je tombais de fatigue, m’évanouissant parfois. C’est ainsi que les derniers mois de mon ultime année de lycée ont filé. J’ai obtenu mon diplôme de fin d’études de justesse. Ou par miracle. Sans grande motivation, j’me suis lancé dans une formation d’électricien. Juste parce qu’il fallait gagner sa croûte, et que je ne voulais pas rester chez moi à me morfondre. Fallait que je bouge ! J’pouvais pas rester sans rien faire. Devenir pompier ? Aux oubliettes, ce projet d’enfant ! Après avoir échoué à réanimer Nee-chan, pour moi, c’était juste impensable. Je n’aurais pas supporté d’avoir le sang de quelqu’un d’autre sur la conscience… Alors j’bossais, je soutenais inconditionnellement tantine, répondant toujours présent quand elle avait besoin de partager sa peine. Et j’dormais pas assez…

« Mais le temps passait… Et son assassin était toujours dans la nature. C’était très dur… Aujourd’hui encore, je ne comprends pas qu’avec les moyens scientifiques dont nous disposons, certains arrivent à nous échapper. Je ne comprends pas… »

Il va sans dire que la colère dans ma voix doit se sentir, quand bien même je tente de la contenir. C’est sûrement bête, mais j’en veux à la police, oui. Je leur tiens rigueur de ce manque de résultat, des années d’enfer et d’inquiétude que j’ai encaissées par la suite. Je n’avais pas de coupable, alors il m’en fallait un. Je me suis donc mis à douter de notre système judiciaire, à avoir la haine. On avait des preuves scientifiques, mais pas de suspect… De quoi devenir dingue. Et c’est ce que je suis devenu, après que tantine m’ait remis une lettre écrite par Nee-chan… Où elle m’avouait ses sentiments.

« … C’est comme ça que j’suis parti en vrille… Que j’ai commencé à boire. »

Pour contenir la colère.
Pour sécher les larmes.
Pour apaiser la douleur.

Et surtout, surtout pour arrêter de penser…

Avant, j’avais découvert les plaisirs de l’alcool dans un cadre festif. Je m’en contentais de temps en temps, l’associant régulièrement à quelques substances loin d’être conseillées pour la santé. « Pour le kiff. »… Sauf qu’on « kiffe » plus quand tes petits plaisirs deviennent quotidiens, que ça devient plus un besoin qu’un plaisir… J’étais au fond du gouffre. Même si j’voulais pas l’dire, ça crevait les yeux. J’étais une épave, tout juste bonne à s’rendre au taff et rentrer boire pour oublier. Et encore, y’a eu des fois où j’étais même pas en état de bosser… J’en parlais pas, mais à c’moment là, j’avais envie de crever. Depuis qu’elle était partie, ma vie n’avait plus de sens, plus de saveur. J’étais plus qu’un fantôme de l’existence, qui n’arrivait à rien… Et j’culpabilisais aussi. De pas avoir pu la sauver. D’être en vie et pas elle. J’en culpabilise toujours… Longtemps j’ai cherché ce que j’aurais pu faire pour changer les choses... Et l’absence de réponse me donnait encore plus envie d’en finir ! Sauf que j’en avais pas l’cran. J’ai essayé pourtant… Une fois. J’m’en souviens... J’maintenais la lame contre ma peau, j’appuyais… Mais j’arrivais pas à m’résoudre à m’couper les veines. J’en avais pas l’courage, j’étais qu’un putain d’lâche…  Alors j’ai bu plus encore. Encore, et encore.

« Et puis un jour, j’ai fait l’excès de trop. Je suis tombé dans un coma éthylique. »

C’était le but. J’voulais boire, au point de ne plus me réveiller. Ce soir-là, c’est Kô qui m’a sauvé. Un ami rencontré peu après le décès de Nee-chan. Sans lui, j’sais pas si j’serais encore là aujourd’hui… A mon réveil, y’avait tantine. Elle qui allait mieux, qui commençait à aller de l’avant… Je l’ai vue tout aussi sombre que l’année précédente, le visage de nouveau ravagé par le chagrin… Et c’était ma faute.

Me remettant de cette mauvaise passe, je me suis juré de ne plus jamais mettre cette femme dans un tel état. Elle ne méritait pas ça ! Si je ne voulais plus vivre pour moi, je n’avais qu’à vivre pour les autres… Le temps qu’on m’aide à aller mieux, du moins. C’est c’que j’me disais…

« Après ça, mes proches étaient là. Ils m’ont épaulé, incité à consulter. »

Et c’était dur, quand après avoir longuement discuté à cœur ouvert avec mon médecin, il m’a annoncé que j’étais dépressif. Selon lui, je me servais de la boisson pour fuir, pour me détruire, et j’étais devenu alcoolique. J’avais aussi, par phases, des insomnies. J’sais que ça peut paraitre con pour des personnes qui voient tout ça, de l’extérieur… Mais moi, j’étais tellement dans ma bulle que j’en avais absolument pas conscience, de tout ça. Alors il m’a fallu du temps pour l’admettre, pour accuser le coup et vraiment me faire soigner. Parce que j’avais besoin d’aide. De toutes les formes  possibles et imaginables. Celle de cachets. Celle de groupes de soutien, comme celui auquel j’assiste aujourd’hui. Celle des professionnels de santé. Celle de mes proches. Tout. Tout a été utile.

Malgré mes efforts, j’ai bêtement fait une rechute, un an après avoir arrêté de boire. J’avais succombé aux bières sans alcool. Je me disais qu’elles combleraient le manque de mes partenaires de boisson favorites… Ah. J’étais naïf. Heureusement, je me suis repris, et cette fois, j’étais inflexible sur ma consommation de boissons non-alcoolisées. Je le suis toujours.

« J’ai fait une rechute le 30 Mars 2102, bêtement. Mais depuis le 31, je suis abstinent. Et je n’ai plus rechuté. » Que je déclare, sûr de moi.

Quelques applaudissements s’élèvent sans que je ne les voie venir, et j’en pouffe d’un rire embarrassé. C’est vrai que suite à cette rechute, je suis véritablement allé de l’avant. Par contre, même si moralement ça allait mieux, j’ai erré un bon moment professionnellement parlant. J’ai testé plusieurs formations qui ne me passionnaient guère avant d’obtenir mon job actuel.

Néanmoins, après ce petit moment positif, je ne sais plus quoi dire. Devant mon mutisme, l’homme qui me soutenait du regard insista avec bienveillance.

« … Ils l’ont retrouvé, Shôji ? » Un frisson me parcourt. Je déglutis, hoche vigoureusement la tête avec un sourire triste aux lèvres. Autour de moi, je peux sentir quelques âmes soulagées par l’information. L’homme acquiesce, encourageant. « C’est une bonne chose, non ? »
« Oui… Enfin. » Je renifle. « J’ai appris il y a deux jours qu’il avait été identifié et qu’il avait avoué. Un procès aura lieu, enfin... »

A nouveau, je ne parle plus, fixant le sol d’un air anxieux qui met la puce à l’oreille de mon interlocuteur.

« Mais ?... »
« Mais ça me replonge dans… De très douloureux souvenirs. » Je redresse finalement la tête, admettant honteusement. « Alors parfois, quand j’ai trop mal… J’ai soif. »

Et ça me fait peur…


Qui je suis.

Le premier mot qui vient pour te désigner ?

Doux. T'es un mec cool, la force tranquille. Parfois, t'as même l'air complètement déconnecté de la réalité, mais c’est pas grave. On t’en tient pas rigueur. Parce que t’es un gentil, Shôji. La gentillesse à l’état pur, même ! Ton surnom, il n’est pas venu sans raison. Il s'est formé d'année en année, à force de bienveillance et d'altruisme envers les autres. T'es ce « grand frère » sur qui on peut compter à toute heure du jour comme de la nuit. Que ce soit en cas d'souci, ou juste si on a besoin de parler. T’es celui qui nous défendra, celui qui rendra service, mais aussi et surtout celui qui nous fera la morale quand on a merdé. Ouais, t’es celui qui fera tout pour nous remettre dans le droit chemin, que ça plaise ou pas. Et l'pire dans tout ça ? C'est qu'à la fin, même si c'était pas agréable, on t'en remercie, parce qu'on réalise que t'avais raison, putain ! Et l'pire du pire ?! C'est qu't'as souvent raison, en plus ! C’est sûrement parce que la plupart des conneries qu'on fait, tu les as déjà faites aussi, avant. Y'a longtemps. Et t'en as tiré des leçons, dont tu veux nous faire profiter. Pourtant, t'as beau être sympa et bavard sur un peu tous les sujets bateaux possibles et imaginables, dès qu'il s'agit de parler de toi, c'est déjà plus compliqué. Ça t'embarrasse, t'en vois même pas forcément l'intérêt ! Quant à parler de ton passé, là, c'est équivalent à marcher sur des œufs : t'en parles jamais.

Quand on creuse un peu, on remarque que derrière cette image dans bavure se cache un mec plus taquin qu'il en a l'air. Tactile, adepte des chatouilles. Un séducteur aussi, sur les bords, quand l’humeur y est. Néanmoins, si le corps n’a pas de problème à s’exprimer, les mots, eux, sont plus difficiles à sortir, pas vrai ? T’as de gros problèmes de communication. Le roi des quiproquos, c’est toi. Involontairement, il t’arrive d’être à côté de la plaque, de pas voir les évidences. Ou de comprendre de traviole, tout simplement. En te connaissant bien, on sait que t’as pas d’problème à gérer les relations sans lendemain… Par contre quand il est question de sentiments, t’es une véritable quiche !

Faut dire que l'amour, tu l'offres au premier qui passe. A tous ceux que ça pourrait intéresser. Tu donnes, tu donnes, Shôji. Sans compter. Trop et surtout trop vite, certainement. Car la réciproque est rarement vraie. Tu t'attaches car t'en as besoin. Des repères ? Des racines ? T'en as pas. La vie pour toi, c'est ça: les gens viennent et disparaissent aussi vite. On sait pas comment, on sait pas pourquoi. Et après on dit que « C'est la vie ». Dans le fond, qui pourrait s'intéresser vraiment à toi ? A tes goûts, à cette personnalité affirmée que tu caches derrière tes sourires, ta politesse ou ta bienveillance… Personne, t’en es convaincu. Et dans les faits, c'est vrai qu'ils sont peu nombreux, ceux qui ont forcé la porte de ton cœur. Ceux qui ont eu le cran et l'envie de gratter le vernis du mec parfait que tu tentes d’être, à l’extérieur. Ceux qui se sont pas fait avoir par les « on dit ». Oui, qui pourrait t'aimer si même tes parents n'ont pas été capables de le faire ?... La vérité, Shôji, c'est que tu crèves de solitude, de ce vide, de ce trou béant dans ton cœur. Celui-là même que t'essayes de combler comme tu peux. Alors t'as beaucoup de potes, ouais. Et tu kiffes les animaux parce que, eux, ils sont capables de t'accorder l'affection dont tu manques terriblement. Comme toi, sans compter. Tes bêtes sont pas avares de tendresse : vous vous êtes bien trouvés. Mais quand il est question de sentiments, ça coince pour toi. Depuis Nee-chan, t’es incapable de tenir une relation sans culpabiliser vis-à-vis d’elle. Y’a une part de toi qui a l’impression de la trahir, de l’oublier si tu sors avec quelqu’un d’autre. Pourtant, tu tentes. Mais ça plane, comme une ombre envahissante sur ton cœur. Alors, inévitablement, tes relations ne durent pas... T’es de ces mecs qui, en voyant que l’autre s’éloigne, ne moufte pas. Ça fait mal, mais c’est dans la logique des choses, puisque tu méritais pas l’autre… L’important c’est qu’il soit heureux, même si c’est au bras d’un(e) autre. Toi ? Tu passes en dernier, c’est pas grave. T’es habitué.

Y’a un réel manque de confiance en toi, derrière tout ça…

Le problème, c’est que les gens aiment qu'on s'occupe d'eux, qu'on leur apporte de l'amour et de l'attention. Mais ils sont souvent égoïstes. Ils ne pensent qu'à eux, sûrement car ils se disent qu’ils ont « mieux ». Y'aura toujours mieux que toi, c'est vrai. T'es loin d'être le gendre ou l'copain idéal, mais tu fais ton possible quand même. L’évidence, c’est que t'es pessimiste en ce qui te concerne, très défaitiste. A 30 ans, t'attends déjà plus rien de la vie. Rien de transcendant du moins. Ta vie, tu la vis, tout simplement. Tu la prends comme elle vient, sans trop penser à demain. Car t'es bien placé pour savoir que c'est pas dit que demain arrive. Un jour on vit, un jour on meurt et « C'est la vie ». T'as ni rêve, ni ambition. Tu sais pas c'que tu voudras demain. Alors tu profites de chaque jour comme si c'était le dernier, parce qu'il pourrait carrément l'être. Au maximum, tu veux essayer de minimiser tes regrets avant de crever. C'est que t'en as déjà trop au compteur, l'air de rien…

C'qui se cache derrière cette belle façade si bien entretenue aussi, c'est que t'es bien plus fragile que ton apparence pourrait le laisser entendre. Hypersensible, dès qu'une personne à laquelle tu es attachée a une mauvaise réaction te concernant, dans ta tête c'est littéralement la fin du monde. Sans que tu le réalises, ça prend facilement des proportions démesurées. Au point que la peur se transforme en panique. Au point que la panique en arrive à te couper le souffle. T'as du mal à relativiser tout seul. Et comme tu gardes tout pour toi, tu souffres en silence. Pas pour rien que t’es encore en dépression aujourd’hui. Heureusement, tu combats assidument tes démons à coups de petites pilules, de rendez-vous médicaux, de méditation et de groupes de parole ! Néanmoins, tout ça a un pouvoir très aléatoire. C'est comme jouer à la roulette russe en fait: un jour tu gagnes, un jour tu perds. T'es pas parfait, Shôji. T'es parfaitement imparfait. Et tu l'assumes car tu sais te remettre en question quand tu fais une erreur. T’essayes de réparer les pots cassés, toujours.

Aussi étrange que ça puisse paraitre en sachant tout cela, t’es pas malheureux pour autant.
T’es juste comme tout le monde : t’as ta part d’ombre.

On ne peut pas toujours être fort, mais on peut toujours être brave.
Daiki Seki
Messages postés : 514
Inscrit.e le : 09/09/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre: ✚ Parle en : #ff9172

★
posté
le Mer 31 Oct - 22:39
par Daiki Seki
OMG

Aniki's here ♥ | Shôji Mikami Giphy

Aniki's here ♥ | Shôji Mikami Giphy

*va enduire ses roues de toute la poussière de Tokyo pour souiller le hall de son immeuble*  Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3473897349
#ConciergeSexy #DaikiProperty #MaCarotte
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Mer 31 Oct - 23:07
par Invité
Coucou ! Vixx. C'est bien écrit. Je te love.
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Jeu 1 Nov - 17:36
par Invité
Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet fallait que j'passe. Genre no way que j'te loupe.

Eeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeet je kiff déjà l'début. Alors j'en d'mande plus BB. MORE AND MORE.

Luv' on you
Shôji Mikami
Messages postés : 172
Inscrit.e le : 06/04/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

★
posté
le Ven 2 Nov - 21:38
par Shôji Mikami
Daiki > Comme on se retrouve, vous. Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3766924225
Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1534650057 ?! Comment tu vas faire le ménage dans le hall jusqu'à ton prochain déménagement toi, tu vas rien comprendre à ce qu'il t'arrive ! e-e
Et je suis pas une Carotte Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1451543918

Kaede > Merci. Je te love aussi. Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 901032552

Beubeu > Ow you, tu sais comment me parler Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 2432113367 ♥️
Eh bah je viens d'en poster plus de plus Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1984817200
J'en suis à un peu plus de la moitié de la fiche Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1362171446 La suite arrive vite-vite, promis =w=
Luv on you too ♥️

Merci pour l'accueil Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1362171446
Kyle A. Inagawa
Messages postés : 263
Inscrit.e le : 16/09/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Sam 3 Nov - 9:25
par Kyle A. Inagawa
« J'en suis à un peu plus de la moitié. »

Si tu fais une compilation de tes fiches, c'est sûr qu'on aura un roman à succès. Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3766924225
Bon courage pour la suite tho ♥️
Willy T. Arai
Messages postés : 200
Inscrit.e le : 24/10/2018

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Tophe aka Ephrem Arai
Autre:
posté
le Sam 3 Nov - 14:14
par Willy T. Arai
ROSE. ROSE. ROSE. ROSE. Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1451543918 Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1362171446
Shôji Mikami
Messages postés : 172
Inscrit.e le : 06/04/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

★
posté
le Sam 3 Nov - 17:17
par Shôji Mikami
Damonchéri >  Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3766924225 Un recueil de nouvelles plutôt. Si ça arrive un jour, j'te ferais une dédicace avec plaisir, mon canard Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 2078551763
Et merci pour les encouragements gniih ♥️

Willy Wonka > PINK POWER BRO ! Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1451543918 Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1362171446
(en vrai on s'est donné le mot, toi, moi et Ollie pour les persos aux cheveux roses en ce moment j'crois xD /mur)


Petit UP pour signaler que j'ai enfin FINI de rédiger cette fiche Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1988361910
Du coup voilà, Shôji est prêt à passer à la casserole. Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 4115966937
*va pouvoir dormir en paix* /shot
Seyfried Bellandi
Messages postés : 481
Inscrit.e le : 09/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : BELLANDIVE (╯°□°)╯︵ ┻━┻
Autre:
Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Mar 6 Nov - 21:41
par Seyfried Bellandi
Toi t'es le bon exemple du plus c'est long, plus c'est bon Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3473897349

Rien à dire, gars touchant, bien écrit, joliment tourné. Hellcome back among us, comrade Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 3766924225

Pré-validation par the doge master
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

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Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 181202111716271804

Kinkeabae, fournisseuse de kits swag since 2018

so nobody will ever forget your memorable skill, satoshit:

Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 85277910
Kaori Vanzine
Messages postés : 2874
Inscrit.e le : 07/04/2014

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Sergei Vanzine
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Mar 6 Nov - 21:44
par Kaori Vanzine
Bon reboot o/ *va quand même pleurer Yuu-chaton Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 501520050*


Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

En ce moment je suis au ralenti
Aniki's here ♥ | Shôji Mikami Y23dmr11
Thanks Kenken pour le kit et Kea pour le vava ♥
Shôji Mikami
Messages postés : 172
Inscrit.e le : 06/04/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

★
posté
le Mer 7 Nov - 9:40
par Shôji Mikami
*redonne du lait et des cookies à Sey & Kao* Meurchi vous deux ♥️ =w=
*s'en va ensuite pleurer Yuu-chaton avec Kao* Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 501520050
Ollie Alta
Messages postés : 159
Inscrit.e le : 08/03/2018

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se :
Autre: cause en #CC6666. Bosse chez un fleuriste. Aussi menteur que mignon. Aime le rose. Et les lapins. Et aimer, tout simplement.
Veuf noir
Veuf noir
posté
le Jeu 8 Nov - 17:38
par Ollie Alta
WAAAAAAAH ENCORE UN MEMBRE DU PINK CLUB Aniki's here ♥ | Shôji Mikami 1984817200

Recoucou le tout bo <3 (mais je reste le meilleur)
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posté
par Contenu sponsorisé
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