Bo D'Elia
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le Sam 1 Déc - 4:04
par Bo D'Elia
Boomer D'Elia
"Les seuls problèmes que j'aime sont ceux que je cause."

Généralités
Nom ;; D'Elia. Des deux femmes qui l'ont élevée, elle a décidé de garder celui qu'elle aimait le plus. Le plus court, le plus pratique pour la paperasse.
Prénoms ;; Bo. Mais pour être honnête, il y a que sa famille qui l'appelle par son vrai prénom, et l'administratif n'a pas accepté de le rallonger en Boomer.
Âge ;; 32ans
Genre ;; Femme
Origines ;; Orgie interraciale. Née au Japon, à cause d'un aïeul qui n'avait pas compris à l'époque qu'il aurait mieux fallu se barrer quand les nippons ont commencé à se pucer.
Activité ;;  Elle a commencé dans des combats de rue. Maintenant, elle dirige un bar où elle y est négociante en information. Et organise maintenant elle-même des combats de boxe illégaux.
Sexualité ;; Régulière.
Avatar ;; OC de brunes de Brian M. Viveros
Règlement ;;
Chemin ;; de fer
Commentaire ;; Nan mais là je l'ai tellement teasée que je flippe ma race à faire un truc tout pourri. Et je le dis à l'avance, ça sera sûrement pas relu, je me relis jamais :<

[Histoire dans le premier post, descriptions mentale et physique dans le deuxième post]

We fucked a flame into being
Je tomberais pas pour toi.
Je tomberais jamais à cause de toi, sale merde.


C'est plus épais que le sang, ce qui coule. C'est sa main, ou son regard qui tremble le plus ? La détonation résonne encore dans leurs oreilles, et le sifflement d'un acouphène masque la voix précipitée de Baby et Boomer n'arrive pas à regarder plus haut que la hanche tordue dans un angle incertain. Et si elle ne l'entend pas, elle voit Burden qui panique autant qu'il veut calmer Baby. Vous pouvez être sûrs qu'il est mort là, les gars. Bien joué.
Là, maintenant, Boomer se voit partout à la fois. Elle ne sait pas quoi choisir. Elle se voit en dehors du pays, mais elle oublie qu'elle devra un jour y revenir. Elle se voit en train de creuser un trou dans l'arrière cour, mais elle oublie que tous les trous finissent par être un jour déterrés. Elle se voit dans un tribunal, mais elle sait qu'ils se sont tous promis de ne jamais y aller. Elle fait la liste de tous les noms qu'elle connait, ces noms déjà salis par du sang et nettoyés au chlore, tous les noms de ceux qui savent quoi faire, mais aucun d'entre eux n'est pas un danger de plus qui viendra s'y ajouter.

C'est répugnant, toute cette merde qui coule de lui. Il est aussi répugnant à l'intérieur qu'il l'était à l'extérieur. Il la dégoûte, comme il l'a toujours fait, et elle jette pour ne plus le voir le manteau qu'elle porte sur ce tas informe. C'est le manteau d'Hiroki.

Plus de trente ans de vie pour en arriver à ça. Et ça aurait pu être évité tellement de fois.
Ca a commencé à cause d'un message, court, sec, tranchant.

Faites un enfant.

Dans une autre vie, Noriko Nagamoto et Mariska D'Elia ont chacune brisé l'objet qu'elles avaient dans leurs mains ce matin là. Une bouteille de parfum et un bâton d'encens. Cela faisait huit ans qu'elles étaient mariées, maintenant. Elles ont eu tout le temps d'apprendre à s'aimer. Et même de devenir un couple connu, dans leur quartier. Pour leurs engueulades quotidiennes qu'on entendait au loin, pour les bruits de vaisselles brisées, pour les drames qu'elles provoquaient en public, au restaurant. C'était quelque chose de courant au départ, et pourtant, elles-mêmes avouent n'avoir jamais regretté le choix de l'Incontestable plus de quelques semaines. Encore aujourd'hui c'est comme ça qu'elles règlent leurs conflits. En assurant que c'est aussi la clef de la réussite de leur union.
Dans les rumeurs, on raconte que Mariska a fait le tour du monde au début de son âge d'adulte, et qu'elle ne s'était jamais totalement remise de son séjour en Amérique du Sud. Ou du moins, qu'elle en est jamais redescendue. Que depuis elle sent les énergies autour d'elle, qu'elle a appris à les contrôler. Et on n'en doute pas une seule seconde, quand on la voit dans son cabinet de magnétiseuse rempli de pierres étranges et d'odeurs douces et inconnues. Avec ses vêtements larges, ses plumes et ses perles, ses faux airs de grande prêtresse recalée, elle n'a jamais réfuté le moindre potin. Ses clients sont les originaux de Tokyo, ceux qui ne croient pas à la médecine traditionnelle, les curieux, ceux qui deviennent amis et confidents à chaque séance. Et puis on s'habitue à ses remarques excentriques, ses airs décalés, parce que Mariska, quand on lui fait confiance, on apprend vite qu'elle peut tout soigner.
A côté d'elle, Noriko semble toujours tirée à quatre épingles dans des tailleurs de marque, et des cheveux plaqués pour ne jamais laisser la moindre mèche bouger. Noriko, c'est la japonaise qui serait prête à se tuer au travail à force de l'amasser, qui veille le soir au bureau depuis la matinée, et qui refuse d'être une de ces mères au foyer périmée que l'on jette une fois la descendance assurée. Elle a travaillé dur, plus que dur, jusqu'à l'usure, pour un poste dans une telle entreprise. Elle y tient et s'y accroche, pour viser le prochain échelon. Elle a maintenant le bras assez long pour faire taire toutes les rumeurs disant qu'elle a utilisé tous les moyens les plus moches pour y arriver, quitte à faire tomber d'autres pour elle ou manipuler ceux qui se laissent avoir par son baratin bien ficelé et huilé. Non, il ne s'agit que d'opportunités. Et elle a tout gagné.

Elles se connaissent, elles se supportent et s'aiment. Mariska savait déjà qu'elle serait celle qui porterait l'hypothétique enfant avant même que le message n'arrive sur l'écran. Les deux pensaient s'être préparées, mais l'est-on vraiment lorsque l'idée de procréer vient de l'ordre d'un écran froid qui semble chaque jour les observer ? A vrai dire, les deux auraient préféré que la demande soit celle d'une adoption. Visiblement, sur ça aussi, elles se sont trompées.

Des heures de discussions ont suivi l'annonce. Elles ne savent pas s'il faut se réjouir ou pas. Le bébé est dans une réalité encore bien trop intangible. Mariska refuse d'aller dans un hôpital ou une clinique pour une PMA. Et Noriko tient absolument à savoir de qui viendra la semence. Non pas que l'importance du géniteur soit réellement conséquente, mais il est hors de question de vouloir jouer leur enfant au hasard.
De nombreuses heures, les premiers jours suivant l'ordre incontestable, à discuter, à fixer l'écran, espérant parfois que le message disparaisse, ou soit modifié. Jusqu'au moment où Mariska, hésitante, fait tourner sa coupe menstruelle entre ses doigts. Une idée -folle- lui vient, une idée pourtant si simple. Si ça peut sortir en coulant, ça peut entrer de la même manière. Il n'y aura pas besoin de contact direct avec le géniteur. Ni même de passer par une clinique. Lui dans la salle de bain. Elle dans la chambre. Et une fois le recueil fait, ce n'est pas plus compliqué qu'un échauffement avant le yoga de garder le bassin en l'air quelques minutes.

"On peut demander à mon frère. Il peut bien nous rendre service, ce chacal."
Le pied frappant le sol à plusieurs reprises, Noriko a mûrement réfléchi sa pensée avant de la formuler. D'un point de vue très terre à terre il est, comme elle décrit, physiquement acceptable. Une bonne constitution, aucune addiction, et, elle le dira avec un petit sourire en coin, un bon patrimoine génétique dont elle en est la preuve. Et il n'aime pas les enfants. Elles peuvent être sûres de l'élever sans qu'il ne vienne jamais interférer dans l'éducation. D'un point de vue plus personnel, Noriko n'a jamais dit une seule fois qu'elle serait, elle, heureuse de savoir que ce serait aussi sa nièce ou son neveu, plutôt qu'avoir un géniteur inconnu sans aucun lien avec elle. Mais si elle ne le dit pas, elle s'est promise d'être à la hauteur de cette famille étrange et atypique qu'elles vont construire de cette manière.

Il a fallu le convaincre. C'était la partie la plus compliquée. Et le convaincre à nouveau les deux fois suivantes où l'opération a été réitérée. Il a plusieurs fois changé d'avis. Avant de finir par abdiquer à l'ultime conviction cent fois répétées qu'il n'aura aucun devoir envers l'enfant. Il trouvait ça déjà bien trop étrange d'imaginer la femme de sa soeur porter son gosse. Jusqu'à ce que Mariska lui fasse comprendre qu'il n'est pour elle qu'un fournisseur sans aucun droit sur la progéniture. Que ce ne sont pas les hommes, qui font les enfants.

Encore aujourd'hui, la naissance de Bo reste l'anecdote la plus étrange qu'elle a à raconter.
Parce que ça, au moins, ça peut se raconter.

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Au moment où Boomer allait fermer le rideau du bar, une fiente se glisse pour entrer. Baby et Burden, au fond, le regarde. L'une soupire, l'autre l'ignore. Ils savent déjà comment ça va se finir. Lui, à l'entrée, il a l'air misérable qu'ils ont toujours connu. Des spasmes nerveux l'agitent de toute part, son regard ne sait pas où se poser. Boomer ne devine même pas à quoi il carbure, en cet instant, mais c'était rien de ce qu'elle aurait envie de toucher, pas même pour tester. Mais il a rarement semblé aussi tendu. Sa main se pose parfois sur sa veste, pour tâter, pour vérifier et revérifier sans cesse que quelque chose y est toujours. Elle hausse un sourcil, prête à le virer.

Mais il l'arrête, lui parle, rapidement, butant sur les mots, parfois ponctué d'un petit rire nerveux. Il lui explique que c'est la dernière fois qu'il vient la voir, que c'est sa dernière chance d'accepter le deal. Qu'il lui fait même une faveur, n'étant pas venu sur un ordre de ses supérieurs, mais qu'il pourrait aller leur en toucher quelques mots pour venir faire pression eux-même à la Toile.

Boomer sait de qui il parle. Un petit groupe de la pègre de Shibuya qui dirige quelques bordels recrutant des pauvres filles paumées, et qui fournissent des narcotiques aux filles pour les garder sous emprise, et aux clients pour les faire revenir. Et depuis une descente de flic, une bonne partie est derrière les barreaux. Ce rat peut menacer autant qu'il veut. Ils n'ont pas les moyens de les faire flancher.

"T'es vraiment tombé bien bas. Maintenant, barre toi de là avant que je t'explose la mâchoire."

...

La soirée passe, puis une partie de la nuit. Ils ont déjà tous oublié l'incident. Baby était déjà partie pour rentrer chez elle. Et le bipper de Boomer s'allume. A dix minutes d'ici, elle a des problèmes.


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"Maman et Tatie ? Elles sont aussi cinglées l'une que l'autre."

C'est la première chose que Bo a toujours dit en parlant de ses deux mères. Mais que c'est pour ça, qu'elle les aime. Elles étaient toutes les deux aussi heureuses de la voir pointer le bout de son nez. Elles ne lui ont jamais menti quant à la manière dont elle a été conçue, et de toute manière, le frère de Noriko qu'un mariage a fait déménager entre temps ne l'a pas rencontrée avant ses trois ans. Il ne le voulait pas plus que ça. Et le voulait encore moins quand elle l'a présenté à la petite en disant "Dis bonjour à Papa.", juste pour voir son teint passer au blanc, puis au vert. Il la tenait du bout des bras, sans vraiment la porter contre lui. Jamais bien longtemps. Elle a les cheveux des Nagamoto, c'est sa première pensée. Des cheveux noirs de japonais, mais les boucles d'un métissage de ses grand-parents. Il ne peut pas s'empêcher de voir des ressemblances partout. Ca le perturbe un peu plus à chaque visite, pourtant espacées bien plus que les habituelles réunions aux fêtes des familles plus classiques.

La petite Bo, elle, n'a jamais trouvé cette situation excentrique plus problématique que ça. Elle l'appelle encore maintenant Papa, même si ce surnom n'a pour elle aucun sens. En grandissant, elle s'amusait à le faire grincer des dents comme ça. Et finalement, il n'est rien de plus qu'un parent éloigné qu'elle voit rarement. Elle n'est pas plus heureuse que ça de le voir, quand ça arrive. Elle ne réclame jamais une plus grande présence de sa part. C'est un fait ; il existe, et elle aussi.

Tout le temps qu'elle a est de toute façon déjà bien accaparé par Mariska et Noriko. C'est peut-être parce qu'elles sont si différentes que Bo en est arrivée là où elle est ? Un mélange étrange. Mais si elles étaient d'accord sur un point, c'est qu'aucune ne voulait que leur fille soit dévalorisée parce qu'elle est une fille. C'est comme ça, qu'elle a pu avoir accès à de nombreuses activités pour s'épanouir comme elle le souhaitait. Elle a pu être une gamine sportive et créative. Avec toutes les idées aussi contradictoires que complémentaires de ses mères. Bo, elle a appris qu'il fallait toujours travailler dur, mais qu'il ne faut pas que son travail devienne sa pire aliénation. Elle a appris qu'il ne fallait jamais mentir, même si le mensonge peut toujours aider. Il faut toujours compter sur soi, mais aussi compter sur les autres. Et Bo, elle est toujours tout et son contraire. C'est plus tard qu'elle a compris que ni l'une ni l'autre a le plus raison. Mais les deux, quand on démêle et enjoint. Et c'est cet équilibre délicat qu'elle a toujours tenté d'avoir.

Son parcours scolaire reste la partie la plus classique. Inscrite dans plusieurs clubs sportifs, des notes correctes, elle évitait la plupart du temps de faire des vagues ou de paraître trop excentrique. Jusqu'à sa dernière année de secondaire, où sa classe a accueillie une nouvelle élève dont l'Incontestable avait fait déménager les parents. Elle se rappelle de ce moment où elle l'a vue saluer les élèves, avec ses cheveux châtains coupés courts, son air distant, et aucune envie de performer une féminité vide de sens. Bo savait qu'elle se ferait ficher dans tout l'établissement, avec un look pareil. Et pour la première fois de sa vie, elle s'est dit qu'elle voulait être comme ça, elle aussi. Qu'elle voulait avoir l'air d'en avoir plus rien à foutre de rien, d'imposer le respect d'un regard. Et c'est peut-être ce jour là, que Boomer est tombée éperdument amoureuse des femmes.

"Appelle moi Butch."

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Les cheveux plaqués par la transpiration, Boomer court jusqu'à l'origine de l'appel. Ses poumons chauffent, son sang tremble, et il n'y a que la colère sourde qui l'anime et la fait voler de rues en rues. Une colère qui se transforme en rage lorsqu'elle voit sa silhouette répugnante assise sur Baby, le bras en travers de sa gorge. Probablement qu'il lui parle, Boomer ne sait pas, elle n'entend pas. Elle ne voit que son coude propulsé par la charge de la course. Qui finit sous sa nuque, dans le creux de l'épaule.

Craquement sinistre. Corps qui vole. Silence de tombe.


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Dans son garage, Butch trafique depuis des heures une moto, pendant que dans un coin, Boomer cogne le sac de frappe qu'elle a installé il y a longtemps maintenant. Butch s'est habituée maintenant à travailler avec les bruits de poing à côté. Elles ont obtenu leur certificat d'études secondaires depuis quelques années, maintenant. Simple formalité obligatoire pour elle, qui s'amuse avec les moteurs ronronnant depuis bien avant. Elle retape des bécanes depuis son adolescence, et maintenant, se permet de le faire à plein temps au black. Silencieuse, elle jette de temps en temps des coups d'oeil à Boomer qui l'inquiète ces derniers jours. Noriko s'est faite aligner à son travail, et a accumulé plusieurs erreurs à force de surmenage, avant de se faire remercier comme on jette un ustensile cassé. Elle connait les problèmes d'argent, Butch, et elle sait que Boomer n'en parlera pas, parce qu'on parle jamais de ses problèmes d'argent. Surtout quand le travail en question a permis à l'une de vivre au dessus de la classe moyenne pendant toute son enfance, quand l'autre n'a que toujours connu des revenus modestes de parents ouvriers.

Ca n'a pourtant jamais empêché les deux femmes d'être restées proches toutes ces années. Boomer avait vite compris que Butch n'est pas du genre à se faire facilement des amis, et elle a claqué son plateau de déjeuner à sa table le premier jour où elle est entrée à son école. Et elles ont parlé comme s'il n'y avait rien de plus naturel, comme si elles étaient des potes qui ne se sont pas vues depuis un moment. Butch a les yeux qui brillent devant Boomer, comme si elle avait trouvé une sorte de pierre rare au fond de l'eau, une qui scintille et lorsque vous la tournez sous le soleil, elle vous renvoie tout le spectre du rouge au violet sans oublier une seule teinte en route. Une fille pour vivre. Pour se sentir vivante avec. Elle l'accompagne là où Bo l'entraîne, sans savoir quoi dire parce que les mots sont pas son fort mais l'émotion est bien là. Elle la connait, elle lui fait confiance, a décidé presque arbitrairement qu'elle pourrait compter sur elle et donc n'hésite pas en retour à en faire son assistante lorsqu'elle opère les moteurs. Chacune traîne l'autre sans jamais vraiment demander si elle est d'accord pour tout ça, et ce n'est pas par tyrannie, non, vraiment pas. Plutôt par amitié. Par confiance aveugle. Parce que Butch compte pour Bo. Parce que quand ça devient dur, elle sait pouvoir se reposer sur son épaule, parfois. Et elle considère que Butch peut attendre les mêmes choses d'elle. Parce qu'elles sont devenues amies. Elle ne sait pas trop comment, pas trop pourquoi, pas parce qu'elles avaient beaucoup en commun, pas parce qu'elles s'adorent, plutôt par habitude, à force. Comme un membre de la famille qui est là tous les jours, alors on apprend à l'aimer et à le trouver indispensable.

C'est bien pour ça, que ce jour là, Butch a fini par lâcher ses outils pour la rejoindre, alors qu'elle s'acharne plus que de raison sur son sac de frappe. Quand Boomer a des emmerdes, des trucs qui lui trottent dans la tête, elle le sait, elle le voit tout de suite. Même si c'est des problèmes d'argent, et que pour une fois, elle découvre ce que c'est que de galérer. Parce que Butch, à ce moment, elle a la meilleure des idées. Et probablement la pire, mais ça, pour l'instant, elles n'en ont même pas idée. Ca peut lui arriver, parfois, de parier pour arrondir ses fins de mois. Quand elle connait les bécanes qui vont courser, quand on lui file des tuyaux, ou qu'elle calcule les probabilités. Son bookmaker, il s'occupe de pas mal de business. Dont les combats de rue. Butch n'y connait pas grand chose, à la baston, mais elle connait Boomer. Elle l'a vue s'entraîner sans relâche, ridiculiser et humilier les plus fiers de son club, elle l'a vue quand elle décide de rien lâcher. Et si elle veut rentrer dans le circuit, il suffit d'échanger quelques adresses et noms pour commencer à s'en faire un dans le milieu.

Et ça a été le premier pas de Boomer dans la truanderie. Dans des arènes improvisées sans réelles règles ou catégories. Quand dans l'ombre, Butch prenait pour elle les paris. Et elle y a vite -trop vite?- pris goût. Ses mères ne pouvaient plus vraiment payer ses études dans l'école de commerce qu'elle a commencé, et a rapidement appris à détester. Elle leur racontait qu'elle avait des projets avec Butch, qu'elles se faisaient une coloc, et qu'en attendant chacune trouvait des petits job pour vivre. Ce qui, en soit, n'était pas faux. Mariska et Noriko n'ont pas objecté, voyant leur fille heureuse dans un style de vie qui lui convenait. Aucune ne pouvait lui reprocher.

Et puis ça a duré, un temps. Le temps de se perfectionner. Le temps de connaître les ficelles, la scène de la boxe de rue et ceux qui y traînent. Savoir dans quel moment il faut faire durer les combats, ou à l'inverse, contre qui frapper des grands coups et mettre à terre rapidement. Le temps de se forger sa fierté, aussi. Lorsqu'elle se fait battre, elle prend toujours sa revanche. Toujours. Boomer continue, jusqu'à s'user physiquement, jusqu'à ce que tout son corps hurle de douleur, jusqu'à parfois être obligée de se faire remettre la gueule à l'endroit à l'hôpital. Jusqu'à remettre son casque et ses gants, et oublier les protestations vigoureuses de son corps, parce que pour elle, il n'y a rien de plus grisant et d'excitant que de se battre une fois la nuit tombée. Ce flottement, où rien ne compte sinon la victoire. De trouver ses propres limites, pour les dépasser. Elle se teste, elle se cherche. Elle profite de sa jeunesse, tant qu'elle tient encore debout. La bouche en sang, elle se marre.

Ca a duré, et puis un jour, Butch lui a dit un truc qui allait tout changer.

"J'ai craqué sur une meuf, tu sais. Elle s'appelle Baby. Je sais pas si c'est son vrai nom, ou si elle veut qu'on l'appelle comme ça. Et je m'en cogne, j'ai pas demandé, elle a fait pareil pour moi. Elle se traîne un con en béret. Son meilleur pote. Burden, si je me rappelle. Il est cool je crois, j'ai pas fait gaffe."

Boomer siffle de surprise. Pour que Butch lui en parle comme ça, c'est qu'elle avait lui a sacrément fait effet.

---

"PUTAIN DE MERDE"

C'est le cri de Burden arrivant à ce moment qui arrache les deux femmes de leur état de choc. Il est blanc, il est effrayé par le corps par terre, il tente d'attraper le bras de Baby pour la faire lever. Les larmes collent des mèches rousses sur ses joues, et maintenant, c'est auprès de lui qu'elle s'excuse et demande pardon. Elles ne savent pas s'il est mort, elles ne veulent pas savoir, ni même le toucher pour vérifier. Cela faisait de longues minutes que Boomer tentait déjà de la calmer, avant que Burden ne les rejoigne. Maintenant il veut les tirer toutes les deux pour partir, le plus rapidement possible. Boomer n'ose même pas regarder le corps, vérifier s'il respire. Elle sait qu'il a raison. Pas d'ambulance. Pas de police. Il ne faut pas le toucher. Juste partir. Mais ses jambes, encore tremblantes de la course effrénée, refusent de la lever.

Baby gémit. Elle remue, son bras se lève. Et même si la lune ne perce pas à travers les nuages, on peut voir le reflet de ses yeux écarquillés devant l'arme de poing qu'elle tend du bout des doigts. Le long suppresseur brille.

"Il l'avait. Il avait ça sur lui."

Un silence de mort s'abat. C'était ça qu'il tâtait sans cesse dans sa veste. La violence du coup l'a éjecté, et Baby vient de tomber dessus et de le ramasser. Burden murmure.

"Lâche le.

- On doit le garder.

- Lâche le.

- Je l'ai touché.

- Lâche le.

- On doit s'en débarrasser.

- LÂCHE LE."

Il relève à moitié Baby qui veut se débattre. Elle ne l'a jamais vu comme ça, et sa panique s'enfle de plus belle. Mais Burden veut lui reprendre des mains. Lui-même ne pense plus à quoi faire, il veut juste partir au plus vite, fuir, et la présence d'un flingue coupe toute réflexion logique et sape sa raison. Boomer les voit. Boomer les entend. Et enfin, elle prend une grande inspiration et arrive à se redresser. Pour, encore une fois, tenter de les apaiser. Avant que l'un d'entre eux ne fasse une connerie.

Un bruit sourd résonne. Même étouffé, il s'imprime dans leurs crânes en même temps que le dernier spasme du corps à côté. La balle qui s'est tirée entre leurs mains ricoche sur le sol et a éclaté une partie de sa cervelle.


---

Les verres claquent, les rires fusent. Ils sont quatre, et ils sont fatigués par la journée harassante qui vient de se terminer, mais la plus gratifiante qu'ils aient passé. La journée d'ouverture du bar de la Toile Rouge. Un projet pour lequel chacun a travaillé et économisé depuis maintenant bientôt trois ans. Ils ont réussi à amener une foule de curieux, intrigués par l'ambiance rétro des néons et du piano, une carte fournie en cocktails particuliers, une bande sonore des siècles passés, et un nom étrange pour une telle affaire. Au début, ils y travaillaient tous, les premiers mois étaient difficiles. Le temps de se faire une véritable clientèle, que l'affaire commence à devenir rentable, et de pouvoir se permettre d'engager le premier personnel pour déléguer le service. Mais c'était pour un temps, ce bar, c'est les fondations de leur futur projet. Le premier mur du bastion solide qu'ils veulent se créer, et pour ça, il faut commencer à s'implémenter en douceur. Boomer et Butch auraient pu continuer encore un petit moment, leur petit manège. Mais seules, jamais tout ça n'aurait pu se concrétiser. C'est une alliance étrange, qui s'est faite peu à peu, mais tellement naturelle. Les truands, entre eux, ils se reconnaissent. Et Burden et Baby reniflent l'illicite plus loin encore que les effluves de leurs parfums respectifs.

Baby, on la voit de loin, et elle y tient. Une rousse toute en poudre et en paillettes, mondaine comme une reine et aussi éblouissante que la couronne qui va avec. Baby, c'est cette meuf en soirée qui parle fort, qui rit beaucoup, et que tout le monde écoute lorsqu'elle a quelque chose à dire. Elle a le don d'être aussi pertinente qu'impertinente, et Boomer a rapidement compris pourquoi Butch l'a aussi vite accrochée. Elle l'aime beaucoup, Baby, elle hypnotise la salle. Elle collecte les cartes. Tentaculaire sociale. Et sa manière de manier le verbe rend cette tentatrice dangereuse quand elle veut embrouiller quelqu'un. Mais Boomer a surtout été impressionnée par la quantité industrielle d'herbe que ses poumons sont capables d'ingérer. "J'ai la défonce fonctionnelle", qu'elle dit. Et si elle avait perdu l'habitude de fumer autre chose que des clopes depuis quelques temps, Baby lui a redonné goût rapidement en quelques soirées.

Et fourni en lot, parce que les deux sont collés comme des siamois, il y a Burden, ce type qui a l'air sorti de nul part. Aussi tiré à quatre épingles et charmeur bonimenteur qu'elle, Burden, il agit comme un magicien. Il en a la gesture, la désinvolture, et le pouvoir de devenir ton meilleur pote en un temps record. Mais contrairement à Baby, qui joue que trop bien l'inaccessible, on peut facilement dire que tout le monde est le meilleur ami de Burden. Qu'il le pense ou non, c'est autre chose, mais il sait se soigner et soigner les autres pour le devenir. Son truc à lui, c'est probablement de se faire virer le plus de fois possible des casinos pour revenir avec une autre identité falsifiée. Et de nouveaux moyens de tricher sans se faire détecter. Alors à savoir s'il a commencé les mensonges et manipulations avec ses activités ou ses relations est une autre question. Et c'est en ça, que Boomer lui fait confiance. Pour rester honnête dans sa malhonnêteté, et aller jusqu'au bout de ses idées. Son manège, elle l'a bien compris. Tout comme lui sait lire en elle, parce qu'au fond, ils sont sur la même longueur d'onde. C'est comme ça qu'on trouve ses alliés.

Et la Toile, c'est comme ça qu'elle s'est formée. Insolite alliance. Étrange pour Boomer de penser que chacun, personnellement, ne se serait peut-être jamais approché. Mais que pourtant, une estime et une confiance inébranlables les ont maintenant liés. Ils ont bossé dur pour commencer à la tisser. Et ils se sont lancés le jour où chacun a compris et assimilé en son sein qu'un jour peut-être, ils tomberaient. Mais qu'ils le feraient ensemble. Comme ils commencent ensemble. Et que ça ne peut marcher que si le plus important, au delà du soi, est et reste la Toile Rouge. Maintenant, il ne reste plus qu'à commencer le réseau.

Et puis un jour, comme un fantôme, un petit mec nommé Ijima a poussé la porte du bar, avec des yeux à la fois craintifs et trop gourmand pour quelqu'un voulant juste prendre un verre. Ce type, c'est celui qui a collé Boomer pendant beaucoup trop de temps au lycée. Celui qui a commencé en la draguant, et qui ne s'est jamais remis du vent qu'il s'est pris. Ou alors il l'a jamais compris ? C'est ce type pitoyable qui en a amassé assez pour déclencher un ouragan, mais qui toujours tente, parce que peut-être qu'un jour, sur un malentendu ça pourra passer. Il a le talent d'être beaucoup trop insipide pour avoir quoi que ce soit d'autre à lui reprocher, il aime ce que tout le monde aime, il te colle comme une tique pour sucer ton temps et ton énergie. Butch ne s'est pas privée pour lui coller le surnom de Petit Caca. Et à essayer de convaincre Boomer que oui, c'est possible de "rompre d'amitié" quand il n'y en a pas, et de lui faire comprendre qu'elle ne veut plus qu'il vienne lui dire "eh, salut toi !", parce que cette phrase est la seule qui les a aussi longtemps liés. Son acharnement. Et aujourd'hui, après des années sans nouvelles, il l'a retrouvée par un miracle qu'elle ne saurait expliquer. La dernière fois, elle avait cédé pour l'inviter à une soirée avec les trois autres, qui se sont refait le dîner de cons en concert.

Il demande des nouvelles, ils parlent. Il lui explique qu'il a pas de job, qu'il galère. Il pue la misère sociale. Il ne lui dit pas qu'il a repris son stalk de lycéen. Parce qu'il a rien d'autre à foutre de ses journées, et qu'il a toujours cherché à la parasiter. Et même maintenant, il regarde la troupe avec envie, veut en faire partie. Après tout, même les plus pathétiques se cachent bien d'être des ordures.

Et puis il est revenu. Une fois, deux fois, dix fois. Et Boomer, elle est comme ça. Elle a sa corde sensible, et encore une fois, c'est la pitié qui la fait agir. Et c'est à temps partiel -très partiel- qu'il a commencé à venir cette fois aider pour les grosses soirées à faire le service pour eux.

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"Butch, c'est Boomer. Ecoute moi bien attentivement. N'oublie rien de ce que je vais te dire. Va chez moi, tu connais le code. J'ai besoin que tu te serves. Non, ne t'inquiètes pas. Je connais Hiroki. Quand je ne rentre pas il s'ivrogne et s'endort aux médocs. Tu ne le réveilleras pas. Il laisse toujours son verre sur la table basse avant d'aller se coucher, il me le faut. Éteins son téléphone. Et à l'entrée, prends les clefs de sa voiture, enfile une paire de chaussures, un chapeau, et une veste à lui. Rejoins nous dans le chantier de rénovation des nouveaux appart'. Détruis ce téléphone, maintenant, je ferais pareil avec celui là."

Elle sentait le regard de Burden sur sa nuque, et l'odeur de chlore de Baby affairée à nettoyer l'arme. Elle arrache la batterie du téléphone, la puce, et ses nerfs se chargent de les détruire avant de laisser les morceaux enterrés dans le sable et la terre qui seront demain matin sous le béton des fondations des futurs bâtiments. Les chiffons imbibés de sang et de chlore aussi.

"T'es sûre de toi là, Bo ? C'est vraiment ce que tu veux faire ?
- Si un jour on doit tous les quatre tomber, ça ne sera pas à cause de lui. Je vous l'ai dit."


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"Oh putain... j'ai un nom de merde."

La fatalité. La petite lettre rose, l'évidence-même qu'elle finirait par arriver. Boomer n'est pas une anti-système. Ca a très bien marché avec ses mères, et globalement, comme les japonais moyens, elle s'est juste contenté de se dire que ça existe. A vrai dire, elle a juste été beaucoup trop occupée dans sa vie pour vraiment y songer. Une fois que la réalité devient tangible sur un papier cartonné, ça laisse un goût étrange, la sensation que tout va changer alors qu'on n'y est pas préparé. La seule chose qu'elle demande, c'est qu'il soit pas plus con qu'un autre. Pour le reste, elle s'est toujours imaginée rester toujours autant occupée pour s'y soucier. Elle a traîné des pieds, pour aller à son nouveau domicile conjugal. Et la rencontre avec son époux a été d'une affligeante banalité. Il s'appelle Hiroki. Enchantée. Lui, il a eu la tête de celui qui a gagné le jackpot. Il lui a dit plusieurs fois à quel point il avait peur de finir avec un autre homme, et à quel point Bo, elle est belle. Il avait pas tort, en soi, mais ça a toujours été le compliment qui la laisse encore plus indifférente qu'une bicyclette offerte à un poisson. Tellement vide de sens. Et vu ce dans quoi les mecs peuvent coincer leurs queues, elle n'a jamais su si c'était une bonne chose qu'ils la trouvent désirable, quand juste après ils sont capables de baiser une chaise ou un gant de toilette.

Hiroki n'est effectivement pas le mari parfait. Certes, l'Incontestable l'a écoutée au fond, il est pas si con que ça. Mais elle se dit qu'elle aurait du peut-être être un poil plus exigeante. Il est simple, à défaut d'être simplet. Et puis ils ont essayé. Ca aurait pu être pire, comme départ, alors autant s'en contenter. Elle lui parle de boxe, il vient voir ses entraînement. Ils matent le catch ensemble. Elle lui présente ses potes. Butch qui lui a mis un coup de pression comme une daronne, parce que c'est drôle. Baby a été la première à lui dire de venir dès qu'il commencerait à la saouler. Elle s'est inquiétée pour Bo, elle a été aux petits soins avec elle le temps de s'acclimater. Prête à débarquer pour lui amener le petit déjeuner au lit pour prendre sa place et le faire dégager s'il voulait le câlin matinal. Burden, lui, il était beaucoup trop occupé à la railler. Et pourtant, il avait toujours le réflexe d'accaparer la discussion avec lui les quelques fois où il venait squatter leurs soirées après la fermeture du bar.

Au final, et c'est probablement grâce à eux, elle a finit par supporter ce nouvel intrus dans sa vie. Ce qui était le plus dur, c'était de le tenir à l'écart de leurs truanderies. Il ne devait rien savoir. Elle reste pour lui la tenancière d'une enseigne respectable. Point. Ce qu'elle a rapidement compris, c'est qu'il est un homme plein d'insécurités, et si le gouvernement ne les obligeait pas à rester fidèle il lui aurait probablement pissé dessus à plusieurs reprises pour marquer son territoire. Il n'aime pas Butch, il demande beaucoup trop comment se passait leur coloc avant, et cache bien les pornos lesbiens qu'il se garde quand elle termine tard. Il n'aime pas non plus le serveur merdique qu'elle a embauché et qui la colle depuis trop longtemps. Il n'aime pas savoir qu'elle a un métier où tout le monde peut la reluquer et rêve de se la taper. Et plus le temps passe, plus il devient insupportable.

Au bout d'un an, c'était courant qu'ils s'engueulent. Le voisinage s'en est déjà plaint. Hiroki finit toujours par s'excuser après s'être emporté, avant de tenter de redevenir un mec bien. Un cycle qui semble perpétuel. Il tient un mois, parfois deux, des fois moins. Et ça recommence. Quand elle le menace, il la ferme, reste juste désobligeant. Il commence à lui demander de prendre soin d'elle pas seulement pour travailler, de se maquiller, mieux se fringuer, s'épiler, arrêter de trop se muscler, il lui dit qu'elle perd tout son charme, qu'elle peut mieux faire.

Et tout ça, Boomer, ça la stress, ça la mine, et elle commence à beaucoup trop saturer. Tout lui tend les nerfs. Elle a enfin finit par virer Ijima, le jour où il est venu la voir agité par de la coke bon marché en lui disant que lui aussi il s'est trouvé un surnom en B. Ce petit caca est devenu une sale merde beaucoup trop odorante. Elle sait pourquoi il dit ça, il fouille beaucoup trop dans leurs affaires, à les prendre pour une troupe de gangsters de films qui se donnent des noms de code. Elle fermait les yeux quand il a commencé à sniffer pour travailler, ça le rendait plutôt efficace. Et il venait pas assez souvent pour être envahissant. Mais il a enfin franchi la fois de trop, trop pour elle, et pour que Boomer en arrive là, c'est qu'il est vraiment tombé bien bas. Et avec un époux comme celui qu'elle attend à la maison, elle n'a plus d'énergie qu'il puisse vampiriser. C'est comme ça, que du jour au lendemain, il s'est barré. Même s'il n'a pas perdu ses habitudes de revenir à la charge de temps en temps, des fois pour chialer, d'autres fois pour se vanter. D'avoir un nouveau job, de faire la petite frappe trop heureux d'être le larbin des vrais durs. C'est à ce moment là qu'il a commencé à prendre un peu trop confiance en lui. Et qu'il n'avait à présent même plus le droit de s'approcher du bar sinon l'un d'entre eux lui péterait un bras.

Parce que le temps passe. Et pendant que la vie privée de Boomer devient un chaos social, le plus important est en pleine expansion. Ce pour quoi ils se sont réunis. Ce pour quoi le bar existe.

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Ils sont trois dans le bar à se forcer à boire de l'alcool. Deux autres personnes les ont rejoint, des potes qui traînent parfois avec eux quand ils se font des after une fois le rideau fermé. Baby, figée, silencieuse, a la nausée. Burden hurle et chante, monte la musique, monte sur une table, devient ingérable. Boomer raccroche son téléphone personnel une troisième fois, après un troisième message sur le répondeur pour demander où est Hiroki, s'il pouvait les rejoindre pour venir la chercher parce qu'elle a trop bu pour rentrer seule. Burden prend des photos, plusieurs photos. Il en publie certaines sur les réseaux sociaux. Il drague un peu une de ceux qui les ont rejoint. Il explique que Baby a trop fumé et ne se sent pas bien. Du point de vue de Boomer, il est presque même effrayant dans son rôle, dans sa comédie, dans sa mise en scène de cet alibi beaucoup trop parfait et bien léché. Elle, elle attend juste le signal de Butch pour pouvoir rentrer à l'heure.

Parce qu'à plusieurs kilomètres de là, Butch roule dans la voiture d'Hiroki jusqu'à un canal désert. Garée derrière des arbres, en pente douce face à l'eau, elle installe le cadavre allongé sur les sièges arrières. Ses doigts gantés retirent le film de protection de son téléphone, pour le recoller sur le verre volé. Imprime les traces grasses de ses doigts. Puis sur l'arme. Qui retourne dans une veste qui n'est pas à elle. De l'essence maintenant, qui coule dans l'habitacle, beaucoup d'essence. Et une allumette. Avant que la voiture n'explose et ne réveille tout le quartier, adossée contre un arbre, elle pousse du pied pour qu'elle glisse dans l'eau. Juste une impulsion, et l'inclinaison se charge de la faire rouler. Les dernières flammes ont tout juste le temps d'éclairer à moitié son profil, lorsqu'une bande d'inconnus la voit de loin et repartent en courant. Il fait encore noir. Ils pourront dire aux flics, facilement. Qu'ils ont juste eu le temps de voir une silhouette vaguement masculine, qu'ils n'ont pas eu le temps de vraiment regarder, mais ils sont sûrs de reconnaître ce chapeau et cette veste. Et puis on trouvera les chaussures abîmées. On sentira sur le tissu l'odeur de caoutchouc brûlé. On verra les empreintes sur l'arme. Après tout, elle est bien à lui cette voiture, non ?


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On connait la façade du bar de la Toile Rouge, on voit ses lumières, on se balance sur sa musique bourdonnante et on apprécie sa tenancière chaleureuse. La première règle stipulée est la neutralité complète des lieux. Les miliciens autant que les anti-système viennent s'installer, clientèle hétéroclite où aucune rixe n'est tolérée. Si quelqu'un a quelque chose à apporter, du fortuné au dealer local. Parce que Boomer aussi, elle deal. Elle deal une chose bien plus précieuse que de la drogue, et beaucoup plus rentable. C'est les informations. Parce que les clients ordinaires n'ont jamais accès au salon privé. Celui où on peut se retrouver en tête à tête avec elle, volet clos, pour parler. Et les infos, croyez la, ça se monnaye bien plus qu'on ne le croit. De la pègre aux plus grosses société, elle sait ce qui se trame entre les rues de Tokyo aussi bien qu'un rat se faufilant d'un sous-sol à l'autre. Si vous voulez savoir quelque chose, c'est à elle qu'il faut s'adresser. Et elle n'échange que si vous crachez le morceau. Elle est douée pour ça. Pas nécessairement dans l'intimidation, elle essaye au maximum d'entretenir des relations cordiales et de confiance. Ca reste une des meilleures manières de faire revenir les plus bavards. Et si toute information lui est utile, c'est bien pour alimenter et faire fructifier toute la scène souterraine des paris illégaux et des joueurs non officiels. Car derrière la façade, si on prend une porte dérobée et cachée du public, on arrive dans la salle où tout se joue.

D'un côté, il y a le ring. Si Boomer a pris sa -semi- retraite, maintenant, c'est elle qui organise les matchs de boxe. Pas de catégories, des règles relativement flexibles, et une complète connaissance des cotes des différents énergumènes qui viennent y cracher leurs dents et de ceux qui se pressent autour d'eux pour espérer voir le fruit de leurs paris leur rapporter gros. Il peut arriver qu'elle récompense d'ailleurs ses informateurs en leur soufflant un indice ou deux. Certains l'accuseront de souffler parfois aux boxeurs quel sera le meilleur moment pour tomber, mais jusque là, rien n'a été prouvé.

D'autres soirs, c'est Burden qui est le roi des lieux. Et tel un maître danseur il fait voler les cartes sur des tables de poker, où les jetons s'amassent, et lui, il les ramasse. Avec ses airs de croupier de film noir, il mène chaque partie comme bon lui semble. Et c'est peu dire. Il sait quand faire couler l'alcool et la sueur, quand faire monter la tension, et quel moment est le plus propice pour la détendre. Il a son idée quant à la manière de faire tourner la machine, il la huile, il la fait vrombir, et même s'il ne s'assoit pas pour y participer, son aura est bien plus imposante que le meilleur des bluffeurs. Avec des mises minimales importantes et des joueurs sélectionnés à la volée pour pouvoir y participer, Burden le marionnettiste tire sur des fils qui valent bien trois fois votre salaire.

Et enfin, au fond de la pièce, la dernière attraction qu'elle a à vous offrir, c'est sept écrans accrochés. Le plus grand montre une carte simplifiée de Tokyo, et des points, qui bougent rapidement en direct, marqués au GPS. Les autres écrans retransmettent en direct les images des caméras placées sur les motos. Quand ce n'est pas le soir de Boomer ou de Burden, Butch est à plusieurs kilomètres de là pour superviser des courses nerveuses en ville, en pleine nuit, sur des bécanes aux moteurs puissants et trafiqués. Son garage, c'est devenu son fournisseur en pièces détachés pour s'amuser avec les siennes. Et que ce soit d'autres mécanos de la ville fiers de leur boulot, ou des possesseurs habitués à la conduite brute, on les retrouve à se régler leurs comptes directement sur le bitume. Un point de départ. Un point d'arrivée. Pas de chemin obligatoire. Et entre eux, Butch qui surveille comme un vautour l'avancée. Chacun a une oreillette dans le casque, au cas où il faille disperser d'urgence une course. Comme les autres, elle n'est pas une participante régulière. Comme les autres, elle a donné, et il est maintenant temps d'orchestrer.

Et si tout ça arrive à solidement tenir, c'est bien grâce à Baby. Tout commence par elle. Lorsqu'on s'approche de la Toile, c'est elle, le premier contact, elle par qui tout passe. Bien souvent sur indication des trois autres, elle sera la première à venir voir les intéressés. Parieurs comme joueurs, elle file, assemble, rassemble. Elle organise avec une minutie d'experte qui sera là quel jour, contre qui, ceux qu'il faut appeler et ceux qui doivent être écartés. Elle pourrait reprocher de faire le sale boulot, en apparence, mais elle a une mémoire et une logique telle que de toutes les pièces qu'on lui apporte, elle est la seule à réussir aussi bien ce puzzle social. Si Boomer tisse les fils au bar, c'est Baby qui les accroche et rassemble. Une architecte dopée qui calcule comment tout ça pourrait le mieux rapporter. C'est bien pour ça, qu'elle est à la douane du business, qu'on ne peut approcher sans passer par elle. Parce que Baby, elle connait tout le monde. C'est ce qu'elle a toujours voulu faire, après tout. Tout le monde connait Baby. Et si vous êtes intéressés pour faire des affaires, quand elle vient vous voir, c'est comme si vous étiez l'élu. Pour rentrer dans ce club si sélect qu'est la Toile Rouge.

Leurs projets, ce pour quoi ils ont bossé tant d'années, c'est ça. Un cocon solide de truanderies et d'entourloupes qu'ils mènent tous ensembles depuis maintenant au moins deux années. C'est une rumeur dans les marchés noirs qu'on atteint quand on sait graisser des pattes, et qu'on a quelque chose à leur offrir. Et dans l'ombre, ils sont quatre araignées à attendre les pinces acérées.

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"Honnêtement, je ne sais plus exactement s'il était là quand je suis rentrée ou non... J'ai laissé plusieurs messages sur son répondeur, il n'est jamais venu me chercher. J'étais ivre, j'étais furieuse, j'ai marché longtemps. J'ai du m'endormir à la seconde où je suis rentrée, je ne me souviens plus de rien.

Oui, il le connaissait. Ca fait quelques années qu'il me tourne autour, on a jamais été proche, surtout depuis qu'il s'est trouvé un job dans ce quartier craignos. Dans des bordels, je crois. Hiroki avait peur qu'on fasse affaire avec lui vu qu'il passait parfois au bar avant. Il m'avait dit plusieurs fois que si il s'approchait encore de moi je devrais le prévenir, il lui mettrait un coup de pression. Il avait peur aussi, que je finisse comme un putain, ou que je le trompe. Oui, il est alcoolique. Il a jamais été sûr de lui. Il flippait à l'idée que j'aille un jour voir ailleurs.

J'ai l'impression que tout ça est de ma faute, pour tout vous avouer. Peut-être qu'il est vraiment venu me chercher, et qu'il est tombé dessus sur la route, que ça a dégénéré. Je n'en ai aucune idée. Je n'arrive pas à y croire, c'est mon mari quand même. Vous n'avez vraiment rien trouvé qui puisse l'innocenter ? Je comprends, tout est parti avec le feu...

Oui, effectivement, ça pouvait lui arriver d'être violent quand on s'engueulait. Parfois il gueulait, surtout quand il avait bu, ça le rendait impulsif. J'ai la chance d'être assez sportive pour ne pas en avoir peur. Mais un petit gars comme ça, je ne sais pas. J'imagine qu'il a du paniquer, le menacer, et Hiroki a retourné l'arme contre lui. Pour être honnête, les deux ne sont -n'étaient- pas très intelligents... Je suis désolée, cette histoire me file la nausée."


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La gorge nouée, les jambes tremblantes, la porte ouverte face à deux flics, Boomer s'étrangle d'un sanglot. Elle veut hurler, mais à la place elle s'est mise à pleurer. Elle vomit tout le stress qui la ronge jusqu'à l'ulcère, toute la peur, toute l'horreur. Ce n'est que maintenant, qu'elle réalise.

J'ai envoyé mon époux en prison.

Des mois se sont passés depuis cette nuit là. Il y a eu un procès rapide, avec un commis d'office. Du genre à dire qu'avec de telles preuves, la seule chose à faire est de plaider coupable pour alléger la peine. Des mois qu'elle est dans un appartement vide, avec la terreur qu'un jour elle se fasse embarquer. Un jour il comprendra, et un jour il sortira. Et je suis toujours son épouse. Un jour, c'est moi qu'il tuera. Et ce matin, elle a manqué de vaciller en ouvrant la porte à deux connards en uniforme. Mais leurs têtes n'avaient rien de menaçant. Ils ont juste collé un air grave et faussement concerné.

"Madame, nous avons le regret de vous informer que votre mari a été assassiné en prison.
- Nous pensons probablement à un règlement de compte suite au meurtre dont il a lui-même été rendu coupable, la victime faisait partie d'un gang dont plusieurs membres ont été enfermés.
- Toutes nos condoléances Madame."

Alors Boomer pleure, parce qu'elle ne sait pas ce qu'elle doit faire d'autre. Peut-être que c'est parce que c'est ce que les veuves font ? Elle sait qu'il ne lui manquera jamais, pourtant. Ce n'est que maintenant que pointe l'âpre goût de l'amertume du remord. Mais elle sait qu'aussi, il y a un soulagement beaucoup trop étrange à ressentir dans de telles circonstances. Il y a trop de choses à ressentir d'un coup. Est-ce que ça veut dire que l'affaire peut maintenant enfin être close, qu'on peut l'oublier et passer à autre chose ? Comme on balaye la merde sous le tapis, avant d'allumer de l'encens pour en masquer l'odeur.

Parce qu'au bout d'un moment, ça devient beaucoup trop pour une personne. Et Boomer fait tout pour retarder son explosion. Elle se relève, comme à chaque fois qu'elle se mange un coup, en disant que tout va bien. Après tout, c'est comme ça, qu'elle fonctionne. Sans écouter l'inéluctable tic tac qui accélère sans arrêt.

Bo D'Elia
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le Sam 1 Déc - 4:12
par Bo D'Elia
Burning ashes

can't hold out much longer.

Les volets du bar baissés, les phares des quelques voitures qui passent éclairent un visage concentré sur la musique. Parfois une flamme vient lécher la silhouette pour rallumer un pétard qui est pour ce soir son maître à danser.

C'est ça le problème, quand on pense trop. Quand on calcule tout, qu'on est dans un mutisme profond parce que le dialogue est interne. Quand ça gueule, tout de temps, dans tous les sens, et qu'on a finit par s'en rendre compte. Boomer en est à ce point où elle l'a accepté, et elle ne sait pas quelle conclusion en tirer. Est-ce qu'elle en est là parce qu'elle réfléchit trop ? Ou c'est parce qu'elle en est là que dans sa tête elle pense sans s'arrêter pour pouvoir s'en sortir sans trop s'endommager ?
C'est ce genre de nuit là, celle où elle réfléchit trop au fait de réfléchir trop. C'est à ce moment précis qu'elle pousse la musique jusqu'à recouvrir ce bordel, qu'elle étouffe ses pensées à l'herbe, qu'elle danse au milieu des chaises jusqu'au moment où elle finira par se ramasser dans un fauteuil. Et même les jambes sur le dossier en l'air et la tête qui frôle le sol, elle continue. C'est ses soirées à elle. Et ce n'est certainement pas la gravité qui va l'en empêcher.

Tous les verrous sont fermés. Le rideau de fer baissé. Parce que toute seule au milieu de son bar, c'est la petite Bo qui se trémousse quand personne n'est là pour la regarder. Bo, c'est celle qui déborde d'empathie. C'est la Bo tout au fond d'elle, celle qui est tactile, celle qui aime être naïve. C'est la meuf sûre, celle sur qui tu peux compter, celle pour qui tu vas compter. C'est celle qui aurait aimé être beaucoup plus simple, en vérité, qui a rien demandé quand elle a commencé à cogner. C'est la Bo de tout son émotionnel. Toute cette palette qu'elle garde fermée à double tour dans son coeur, parce que c'est mauvais pour les affaires. Pour ne pas lui laisser le temps de réfléchir quand elle est trop occupée à gérer les truanderies. C'est celle de la famille, celle qui confie ses peurs et ses doutes. Celle qui parfois, veut tout arrêter, même si c'est bien trop tard depuis bien trop longtemps, qu'on ne fait plus marche arrière. C'est la petite Bo qui a besoin d'être rassurée. Alors elle lui raconte que tout ira bien, que tout a toujours fonctionné. La petite Bo, c'est sa conscience, aussi. Qui a des regrets, en essayant de ne plus avoir de remords. Celle qui ne peut pas s'empêcher d'aller sauver tous les gamins perdus qu'elle croise sur sa route. Ah, ça, certains diront que c'est pour la soulager, sa conscience. Mais Bo, elle aussi comme ça. Ceux dans la galère qu'elle va recueillir, les petits oiseaux à l'aile cassée qu'elle va mettre dans un nid. Elle sait que parfois -souvent?- c'est des emmerdes qu'elle risque, mais elle ne peut pas s'en empêcher. Les garder une nuit ou deux, une semaine ou plus pour les persistants, les amochés, paumés. Elle sait qu'elle n'y changera probablement jamais grand chose. Mais c'est la seule chose bien sur laquelle elle peut s'accrocher.
Elle est comme ça, Bo. Elle irait vider le bateau qui coule avec un seau.

Et puis, il y a la Boomer de façade. Celle de tous les jours, celle qui vous répondra sans relâche que tout va bien. C'est celle de qui on dit que putain, elle est vachement cool. On aime bien son rire ironique, celui qui part juste après une seconde en suspend, une seconde de malaise. Celle où on ne sait pas quoi lui répondre parce qu'elle lâche des phrases grosses comme des bombes avec le ton le plus calme du monde. On aime bien ce rire, parce qu'il désamorce la situation. C'est difficile de dire si elle dit la vérité ou non, c'est pile ou face, on comprend rapidement que ses méthodes de communications préférées sont l'étrange, l’absurde, et le sarcasme. Et qu'au milieu de tout ça elle aime balancer les vérités à vif, quand elles en deviennent si invraisemblables qu'elles passent pour des mauvaises blagues. Et à force de parler comme ça, Boomer, elle donne l'impression de se détacher de tout, d'en avoir rien à foutre de beaucoup trop de choses. Comme si ses paroles c'est du vent. Certains se vexent. Beaucoup n'y font pas attention. Ou ne relève même plus. Elle surprend toujours, la première fois. Première fois qu'elle envoie balader quelqu'un. Premier lapin qu'elle pose parce qu'elle oublie. Première clope qu'elle allume juste après le sexe sans que le partenaire ne soit lui-même satisfait. Premier vent qu'elle met parce qu'elle est toujours, toujours trop occupée pour répondre. Premier soupire violent qu'elle oppose à chaque proposition avant même de réfléchir à accepter ou non. Et puis après, on finit par s'y habituer. Quand on comprend son fonctionnement. Qu'elle gère son réseau, et n'a pas jamais assez de temps. Et puis on se rappelle qu'elle est cool, toujours décontractée. On se dit qu'au final, c'est juste qu'elle se prend pas la tête, et qu'il y a aucune raison de la lui prendre. Et que surtout, même si il ne faut pas trop lui en demander, elle a toujours beaucoup à donner.

Et tout ça, c'est derrière le business. Parce que devant, c'est la Boomer des affaires. C'est la Toile. Et cette toile là, c'est la plus particulière. Et s'ils sont quatre à la tirer, c'est elle la tisseuse guindée accoudée sur le zinc du bar à chercher les informations comme on chasse les moucherons. C'est en remplissant les verres que Boomer a apprit comment être la meilleure des actrices. Elle sait quel rôle elle doit jouer, et s'y tient avec une rigueur irréprochable. Calculatrice, probablement, manipulatrice, peut-être. C'est le jeu, dans les affaires. Quand on s'assoit face à elle, c'est en sachant qu'elle retourne la tête pour en extraire ce dont elle a besoin. Et l'information dans un tel milieu, ça se paye bien plus que le reste. Elle en a à revendre, tant qu'on en a à lui offrir. Et ses réactions, sont souvent à la tête du client. Elle ne peut pas nier avoir des clients devenus de bonnes connaissances. Même si elle refusera toujours de mélanger avec le privé. On devient pas pote avec ses sources. Mais on fait en sorte que pendant l'heure des échanges, on puisse faire croire qu'on l'est. Mettre la confiance. Caresser jusqu'à la confidence. Mais Boomer, elle ne peut pas non plus nier que certains puissent être intimidés. Elle travaille son ambiance. Et parfois la crainte est bien plus utile que le charme. Un équilibre délicat à doser. Et Boomer, comme marchande, elle a comprit qu'il fallait jouer avec la tension. Elle les tend, jusqu'à être raide, et ensuite elle les fait rire. Et ils lui disent merci, ils se sentaient d'un coup tendu.
C'est comme ça, qu'elle joue les funambules sur la Toile. Elle sait comment faire sortir et dégager la tension. Comme elle sait comment attraper la tension jusqu'à étouffer. Prenez un verre, et venez discuter.

Parce qu'avant, vous avez entendu parler de Boomer. On connait son nom, dans les rues, mais on ne sait pas exactement qui elle est. Si vous ne savez pas qui elle est, elle sera juste Boo, la serveuse bien foutue du bar de la Toile Rouge. Boomer, on sait qu'avant elle cognait sur le bitume régulièrement. On sait que son nom rapportait gros dans les paris, juste avant de se faire oublier pendant quelques temps. Le temps de monter son propre ring. Et ce temps, c'est celui qui a fallu aux rumeurs pour s'étirer et s'emmêler. Quand on ne la connait pas, on est même surpris d'apprendre qu'elle est une femme. Elle paye aussi ses braconniers de rumeurs pour distribuer les fausses pistes, pour créer une aura craintive et imposante, inaccessible et envoûtante. Boomer, c'est le nom qui est suivi d'un point d'interrogation pour ceux qui ne trempent pas dans le même milieu. On le sait respecté. On le sait réglo jusqu'à l'ongle. On sait que ça peut rapporter. On sait qu'il faut pas la baiser. On sait. On sait. On sait.

Mais elle ?

Elle vous dira qu'elle ne sait rien. Il y a des blancs maintenant, dans sa vie. Depuis cette nuit. Des instants brumeux dont elle ne se souvient de rien. Des heures volées de sa vie, sans même qu'elle ne s'en rende compte. Des moments étranges où on lui dit qu'elle est passée en mode automatique. Et là, elle n'est plus capable de raisonner, d'agir, ou de ressentir. Depuis cette nuit, c'est par des phases de dissociation traumatique que son esprit tente de gérer ses émotions lorsqu'elles sont trop fortes. Elle-même se dira qu'elle ne se souvient plus de tout, quelque chose s'est cassé en elle. Et sans qu'elle puisse rien n'y faire, une page blanche s'écrit à l'encre invisible, dont le poing final est une crise de panique. On sait que quelque chose ne va pas. Il n'y à qu'eux qui savent pourquoi. Mais on le voit. Qu'elle est devenue une bombe sur le point d'imploser, une fissure dans un mur qui risque de s'effondrer, un pont branlant duquel elle a peur de tomber.

Boomer, c'est un peu de tout ça à la fois. C'est le trop plein d'un tout. Sans la raison d'arrêter. Sans l'envie de freiner. Boomer, ça fait trop longtemps qu'elle a jeté son détonateur. Avec -peut-être?- la curiosité de voir tout ce que l'explosion peut souffler.



Resting bitch face


Run back to your side

Boomer recrache l'eau rougie par le sang de ses lèvres avant d'en boire sans ce sale arrière-goût de fer. Elle a l'habitude d'avoir la peau rouge et gonflée à force d'encaisser, mais il est encore loin de la faire tomber. Sous les bandages, ses doigts craquent. C'est toujours comme ça, la première fois. Ils s'étonnent de voir une femme monter sur le ring. Et une fois qu'elle y est, ils s'étonnent de voir qu'elle est aussi grande. Ses débardeurs laissent voir la musculature des épaules, des bras, jusqu'aux poings serrés qui cachent des ongles cassés courts. Boomer, elle n'a pas peur de paraître trop musclée, jamais. Et ça se voit, des épaules, aux bras. Sous son short, on peut compter les kilomètres qu'elle a couru, les kilos qu'elle a soulevé, les sacs qu'elle a frappé. Boomer, elle a pas le temps de s'épiler, elle a pas le temps de bien se fringuer. C'est tout ça qu'ils voient en premier, et elle, elle voit toujours ce moment où ils hésitent à rire ou à se barrer. Quand un sourire n'a pas le temps de se finir qu'il est déjà tué au coin des lèvres. Le sien se dessine en coin, guerrière. Elle commence à sauter, s'échauffer. Elle lève le poing lorsque son nom est prononcé, elle appelle le public d'ivrognes et de paumés qui viennent voir des combats sans règles, et ils voient qu'elle a l'air un peu trop sûre d'elle. Beaucoup trop. Ils voient les mouvements de ses bras, de ses jambes, et après. Ils ne voient plus rien.

Boomer non plus, ne voit plus rien. Ce n'est plus eux, qu'elle voit. Elle voit des esquives, elle voit des ouvertures. Elle voit ses poings qui s'enfoncent dans la peau. Ses pieds qui veulent briser un genou. Elle voit flou lorsqu'elle se prend des coups, elle voit son sang qui coule de sa bouche. Elle voit les hématomes avant même qu'ils se peignent, elle voit les bras d'un arbitre improvisé qui les sépare, et la bouteille qu'un anonyme lui verse sur le front. Elle n'entend plus ce qu'on lui dit, elle respire, elle hoche la tête sans écouter. Profite de ces quelques secondes la tête en l'air pour chasser les étoiles sous  ses paupières.

C'est à ce moment là qu'ils voient, quand son sourire de début de combat n'est plus là. C'est là qu'ils voient les yeux verts et perçants, le regard boisé et impertinent. Sous les sourcils épais, la détermination farouche et féroce. C'est quand ils ont commencé à y goûter, qu'ils comprennent que ça va continuer. Jusqu'au bout, jusqu'à l'épuisement, ces yeux là ne veulent pas tomber. Jamais. Pas une seule mèche ne dépasse de ses cheveux attachés. Ils n'ont pas le temps d'apprécier la longue crinière noire qui lui colle au dos, parce que rien ne doit la perturber quand elle fixe son objectif avec autant d'intensité. Pas une seule boucle. Peut-être que certains se disent à ce moment là qu'ils auraient préféré voir ce visage dégagé dans un autre moment, quand il n'est pas froncé par toute la combativité. Peut-être que d'autres se disent qu'elle ne devrait être qu'à genoux, regard au sol, pour punir d'autant d'impudence.

Mais Boomer, elle, est prête à faire sortir toute la rage qu'elle a accumulé. Elle a toujours été prête.

Ce n'est que quelques heures plus tard qu'elle peut enfin s'effondrer sur son canapé déglingué. C'est maintenant que les douleurs viennent vraiment, que la fatigue s'installe, que son visage se crispe aux premiers gestes. Celui de s'allumer une cigarette et masser son épaule là où la peau est la plus à vif, trois semaines après son tatouage. On lui a dit d'attendre que ça finisse de cicatriser, elle a essayé d'attendre. Mais ce soir l'opportunité était trop belle, c'est celle qu'on ne laisse pas filer. Et pour toutes ces douleurs, ça a bien payé. A cette période, elle était encore jeune, elle pouvait se le permettre. Pas encore trop cassée. Elle arrive à rapidement se réparer pour y retourner.

C'était comme ça, les années des combats de rue. Quand il y avait pas de règles, quand elle pouvait se permettre de se dépasser un peu plus à chaque fois. C'est maintenant qu'elle s'est calmée. C'est vrai que depuis, la masse des muscles s'est un peu lâchée. Elle continue, toujours, de s'entraîner. Elle n'a pas encore pris sa retraite, après tout. Elle se bat toujours, et ne compte pas s'arrêter. Maintenant, elle écoute son corps quand il lui dit de se reposer. Elle laisse ses cheveux sombre pousser plus longs que les épaules. Boomer, elle a apprit depuis à devoir bien se présenter. Elle n'est plus l'animal sauvage qui saignait sur un trottoir. Elle est la Boomer qui accueille derrière un bar les plus offrants. Elle a gardé ce sourire impertinent, probablement qu'elle l'aura tout le temps. Mais elle se travaille, pour travailler la confiance. Et pour toutes les années où elle a gardé les poings serrés, elle se baigne maintenant dans les expressions les plus décontractées. Il parait que depuis, elle est plus agréable à regarder. Et c'est son nouveau job. Savoir jouer pour soutirer. Toutes les informations, toutes les paroles, tout ce qui peut l'intéresser. Les doigts pianotant à côté du verre qu'elle vient de servir. De fauve à féline. Et il n'y a pas meilleur chasseur qu'un félin prêt à bondir.

Seyfried H. Bellandi
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le Sam 1 Déc - 8:57
par Seyfried H. Bellandi
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Carmine S. H. Bellandi
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par Carmine S. H. Bellandi
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I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

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le Sam 1 Déc - 10:30
par Invité
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le Sam 1 Déc - 10:48
par Invité
Bo D'Elia a écrit:+1 Boomer - it's a beautiful mess 3813954746

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Pavel K. Di Luca
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le Sam 1 Déc - 11:37
par Pavel K. Di Luca
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIH ! ELLE EST ENFIN LA !!! Boomer - it's a beautiful mess 1237021185

Et vu le physique qui hype déjà, ouai... tu vas en chier chéri Boomer - it's a beautiful mess 2078551763
Hatori Yazawa
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le Sam 1 Déc - 12:54
par Hatori Yazawa
HOLY SHIT, MY BOO IS HERE ♥️♥️♥️♥️♥️♥️♥️
Honoka Nicolson
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posté
le Sam 1 Déc - 13:05
par Honoka Nicolson
Bo d'Elia a écrit:+1 Boomer - it's a beautiful mess 3813954746

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le Sam 1 Déc - 13:16
par Invité
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Bo D'Elia
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le Dim 2 Déc - 0:10
par Bo D'Elia
tant d'amour, ohlala mais c'est que vous me saucez avec salade tomates oignons Boomer - it's a beautiful mess 3488335006

Sey > Je te ferais mal pour toutes les personnes qui veulent te faire du mal Boomer - it's a beautiful mess 3488335006

Carmine, t'es le véritable bae de mon coeur ♥️

Michi stp soit un peu plus contente sinon je pleure Boomer - it's a beautiful mess 4158426957

Banpei > c'est pour te marrer à l'avance de la personne qui va corriger ? :v

KAAAAAAAAAAAARL m'en parle pas omg je suis en sueur Boomer - it's a beautiful mess 1451543918

KEANU J'ATTENDS TON TC MDLOL ♥️♥️♥️ (non je fais pas la pression)

Nono, pardon d'avance Boomer - it's a beautiful mess 3813954746

Sato ♥️♥️♥️
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posté
le Dim 2 Déc - 0:26
par Invité
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Ether Leonhardt
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posté
le Lun 10 Déc - 1:41
par Ether Leonhardt
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posté
le Lun 10 Déc - 20:45
par Invité
Demande de délais par mp: ajout d'une semaine o/
Bo D'Elia
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posté
le Mar 11 Déc - 16:47
par Bo D'Elia
Chika, tu veux pas larguer Mazino ? Boomer - it's a beautiful mess 3303333686

Driss quand tu me dis juste ça, ça me Boomer - it's a beautiful mess 3488335006 tout autant

Merci Sato et pardon d'être un sac ♥️
Bacon L. Beigbeder
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posté
le Mar 11 Déc - 17:46
par Bacon L. Beigbeder
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Bo D'Elia
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posté
le Mar 11 Déc - 22:07
par Bo D'Elia
jariv
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posté
le Lun 17 Déc - 10:57
par Invité
(osekour j'ai ri au chemin de fer. Tuez moi.)

AZY COMMENT TU DEBOULES ET TU DEPOTES OKLM LA Boomer - it's a beautiful mess 1534650057 D'OU C'EST AUTORISEY D'FAIRE DES PERSO PAREILS Boomer - it's a beautiful mess 1534650057

Makoto Nanase
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posté
le Mar 18 Déc - 10:02
par Makoto Nanase
Délai dépassé. Ajout de trois jours supplémentaires o/

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Merci Lucci pour le kit Boomer - it's a beautiful mess 1647638966

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Makoto Nanase
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posté
le Mar 18 Déc - 20:52
par Makoto Nanase
Suite à une demande mp, ajout d'une semaine de délai supplémentaire !

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Merci Lucci pour le kit Boomer - it's a beautiful mess 1647638966

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Bo D'Elia
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posté
le Ven 28 Déc - 2:08
par Bo D'Elia
merci Benoît omg ♥️ c'est parce que je suis cheatée Boomer - it's a beautiful mess 1353670443

En vrai, c'est bon, j'ai terminé. Pile à temps, moi aussi je veux qu'on me conchis Boomer - it's a beautiful mess 3766924225
Il y aura probablement des précisions à apporter, j'ai préféré une narration directe qui va à l'essentiel mais dans une histoire aussi bordélique, ça peut parfois porter à confusion.
Bisous.
Seyfried H. Bellandi
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Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Sam 29 Déc - 0:53
par Seyfried H. Bellandi
Je te conchis - Boomer - it's a beautiful mess 3303333686 carcar

Deux-trois bricoles qui trainent mais rien de gênant, j'ai adoré ta fiche (pour changer Boomer - it's a beautiful mess 2837704232). Les perso secondaires sont très cools, la damzelle est géniale et la narration Boomer - it's a beautiful mess 3998388675. J'avoue avoir eu du mal niveau chrono au début, je ne savais pas trop à quel bond temporel les passages en italique faisaient référence mais c'est devenu nickel après, pas besoin de préciser. Pour le reste, bah... C'est agréable quand tu écris des trucs compréhensibles par le commun des mortels Boomer - it's a beautiful mess 3766924225

Pré-validation par Sey
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

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Makoto Nanase
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★
posté
le Sam 29 Déc - 10:44
par Makoto Nanase
Boomer - it's a beautiful mess 716243026

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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Merci Lucci pour le kit Boomer - it's a beautiful mess 1647638966

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Carmine S. H. Bellandi
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posté
le Sam 29 Déc - 13:02
par Carmine S. H. Bellandi
Bande de viles catins. Boomer - it's a beautiful mess 2078551763

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