Partagez
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Mar 4 Déc 2018 - 21:32
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiJ’ai échoué, lamentablement échoué. J’avais pour but de faire la forte tête mais mon subconscient a décidé d’en faire autrement, d’en faire qu’à sa tête, lui aussi. J’avais dit trois jours, c’était plutôt trois heures. P’tit joueur, Angie. Peut-être bien parce que c’était toi, Mei, qu’étais en face de ma tronche. Ça a agit tout seul, sans que j’le veuille vraiment. J’suis pas du genre tendre ni avec moi-même ni avec les autres mais ça c’est fait, comme ça. Va pas croire que j’m’intéresse à toi ou que j’éprouve un minimum de gentillesse à ton égard, c’était juste parce que j’ai grillé les étapes. Peut-être bien parce que c’était toi, saleté de claustrophobie. Mais tu sais bien, toi, que ça tient pas debout c’t’histoire. J’me cherche une raison pour justifier mon acte, une raison qu’existe pas, au final. Pis pense ce que tu veux, ça n’a pas d’importance.

Ce que j’vois là, c’est ta silhouette un poil dégingandée qui m’conduit vers le bercail, NOTRE bercail. Sorry, j’m’y fais pas encore et j’sais pas si j’m’y habituerai vraiment J’t’ai pas tout dit encore, parce qu’y a trop à cracher sur mon expérience désastreuse, sur mon attitude et contrairement à c’que j’ai pensé dans l'cul-de-basse-fosse, la gifle n’est jamais arrivée malgré la violence de mon acte. T’as juste perdu ta langue. J’ai vu ta trombine surprise, ton expression arrêtée, l’choc peignant ta frimousse. Y avait pas de dégoût, pas de cri d’horreur, juste ta bouche muette et tes fesses sur l’sol. Bah alors ? C’était vraiment ta première fois ? Ou parce que c’est juste moi ? Tu l’savais, pourtant, que ça devait arriver, avec moi. T’aurais pas pu y échapper puisque c’était ça, le deal. Après ça, t’as pas causé depuis qu’on nous a viré de taule, tu t’es juste contentée de tracer ta route sachant que je serai bien obligé de te suivre. J’ai tout laissé moisir là-bas, on peut dire que j’ai tout quitté pour toi, de force. J’aurais dû être plus en colère que ça mais au lieu de ça, j’suis aussi devenu une carpe. Tu vois, j’suis pas mieux que toi à l’instant. Mais faut laisser la pilule passer pour digérer un minimum toute cette mixture de sentiments contraires qui se mélangent les uns aux autres. Paumés, c’est ce qu’on est dans nos têtes. Pourtant j’ai déjà expérimenté le mariage, j’connais ce que ça fait.

J’traine ma carcasse, mains dans les poches, à triturer mon briquet comme pour tuer l’temps qui s’éternise. Ils ont été assez sympathiques au Centre  - à tel point que j’ai failli leur laisser une marque de ma considération en leur crachant aux pieds – pour nous conduire en bagnole à un kilomètre à peine de la baraque, comme pour passer l’éponge sur le mauvais traitement infligé. J’t’en foutrai moi de l’hypocrisie. A cette pensée, j’tique en faisant claquer ma langue contre mon palais, la ride de la glabelle se creusant sous mon air renfrogné. J’ai plus d’clopes, mon paquet s’est volatilisé pendant que j’me suis débattu entre les griffes de l’ennemi. Seul le briquet m’a été rendu à la fin de la détention. Qu’est-ce que tu veux qu’je fasse avec ça tout seul hein ? J’ai pas l’temps de râler, on est déjà arrivés à point nommé, là où on va devoir se supporter des années durant. Et c’est pas d’bol, ça m’a pas l’air bien plus grand que ça à vue d’nez. Ca non plus, tu décides pas.

Elle m’ouvre la porte de la demeure du pauvre dans laquelle j’pénètre avec nonchalance, glissant un regard hasardeux sur les pièces, les meubles, la décoration… C’est simple, sobre. Même ça, c’est pris en compte, mais j’le sais déjà. Au moins, y a un petit extérieur pour que j’puisse prendre l’air tout en restant à proximité de l’habitat. Mais j’coupe court, je délaisse la visite pour aller poser mon c*l sur le canapé dans la pièce à vivre, exténué. Au diable la douche, là j’ai juste besoin de répit et pour l’reste, on verra après.

J’ferme les yeux, bras sur la face, tentant de mettre mon cerveau en pause pendant que j’renifle l’air environnant, bien différent de mon antre. Pas d’odeur de clope, ni de renfermé. J’me sens pas chez moi mais ce n’est qu’une question de jour, d’adaptation. Avec une superficie pareille, les moments d’intimité chacun pour soi ne seront que rares mais si on compte les heures de boulot, finalement, on ne fera que s’croiser. Ou se rencontrer de plus près quand l’ordre sera de mise. D’ailleurs, dans quoi elle bosse, la bridée ? Maintenant j’aurais les questions à mes réponses. Si on s’est arrêté à l’épisode « malaise en haut de la falaise sous la nuit étoilée », la suite est enfin au rendez-vous. Mais plus rien n’est naturel, tout est semblant, tout est « comme si ». Toi comme moi, on n’veut pas ça, mais toi et moi, on va subir, surtout toi. Traîner avec un type avec qui tu ressens rien, c’est d’la torture. Monter une nénette pour qui t’as pas de sentiments, ça rime à rien, c’est comme du viol, du vol.

Et j’grogne.

C’est vraiment merdique, injuste, mal fait. Un tue l’Homme. L’casse-crâne. Mais qu’est-ce qu’on peut y faire, hein ?

« Tskh.»

C’est tout c’que j’ai à dire.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Mer 5 Déc 2018 - 18:48
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...




Je n'ai pas envie de me soucier de toi, l'ursidé. Je préfère oublier ce baiser, qui au final te ressemble assez, pour me focaliser sur plus important. Ma vie, c'est mon boulot. Je vis et respire uniquement pour lui et rien ne devrait pouvoir changer cela. Certainement pas toi du moins. C'est ce que je me dis en récupérant mes affaires.

L’écran de mon téléphone, celui de Sayuri du moins, affichait pas moins de trente-deux appels en absence et autres sms. La plupart venaient de Kisa, mon “amie” assistante. D'autres venaient de ces collègues qui partageaient cette fausse existence depuis plusieurs semaines. Merde... Autant dire que ça sentait mauvais. Je les lis, chacun d'eux, durant le trajet en voiture qui devait, supposément, nous conduire chez nous. Je ne prêtais donc aucune attention à ce mari imposé assit pourtant à côté de moi.

La voiture s'arrêta bien dans notre quartier, mais pas si prêt que ça de notre appartement. Mais je m'en fichais, puisque j'avais vraiment besoin de marcher. Énervement. Inquiétude. Stress… Et j’en passe. Tout cela avait eut raison de mon flegme somme tout apparent, il est vrai. Mes traits devaient paraître bien plus durs qu'à l'accoutumée tant j’étais nerveuse.

Arrivés dans ce chez nous, je laissais l'ursidé vaquer à ses occupations. Je me fichais bien de leur nature, puisque d'une part, je ne me sentais absolument pas concernée et d'autres part, parce que j’avais d'autres chats à fouetter. Dans ma valise, trônant encore dans la chambre, je récupérais mon téléphone. Le mien, cette fois. Je cherchais le numéro de mon collègue Ideo Tanaka, avec qui je travaillais sur cette fameuse affaire. Tandis que la sonnerie retentissait dans le téléphone, je filais à la cuisine pour me préparer un café.

- Allo ?
- C'est Sugawara, j'ai un gros problème.

S'en suivit l'explication plus ou moins longue sur cette fameuse arrestation au mauvais moment, mais surtout au mauvais endroit. Je lui racontais tout, mon mariage, mon séjour en cellule grâce à mon cher époux aussi égoïste qu'irresponsable. Je n'ai jamais était du genre à me livrer. Je ne racontais rien de ma vie personnelle à mes collègues, avec qui je ne partageais d'ordinaire rien d'autre qu'un box au milieu d'un immense open space. Néanmoins, cette fois, la situation était différente…

- Je vois… Envoie-moi ton adresse par mail, je passe chez toi. Je dois voir quelque chose avec l'équipe, puis j'arrive. Toi, ne bouge pas par contre, reste chez toi...
- Je ne bouge pas…

Aucun mot rassurant. Aucune parole réconfortante. Au final Tanaka en savait certes assez peu sur moi, mais il me connaissait assez pour savoir que de telles attentions ne serviraient à rien avec moi. En particulier dans mon état. Une fois le téléphone raccroché, je restais un moment figée devant ma tasse de café fumante. Je me sentais impuissante et je détestais cela. Savoir que je ne pouvais strictement rien faire pour l’heure me rendait presque malade. Je me perdais dans mes pensées, jusqu’à en oublier l'homme vautré sur le canapé, pourtant juste derrière moi. C'est son grognement, tout à fait singulier, qui me ramena à lui. Je soupirais, tout en me retournant, tasse de nectar en main.
- Oui, je sais “toi pas être content”, j'avais déjà compris, figure toi.

Non, Angie, je n’ai vraiment pas envie de me soucier de toi là. A mon tour d'agir en égoïste. Moi aussi, j'ai le droit. Je sais que la situation te déplaît, mais malheureusement, on va devoir faire avec. Ne te méprends pas, l'ursidé, je n'en suis pas plus satisfaite que toi. Je n'ai certainement pas envie de devoir partager mon existence, que ce soit avec toi ou avec un autre… surtout avec toi d’ailleurs. Si j'ai appris à t'apprécier après un moment d'égarement, inutile de te dire que là, tout de suite, tu m'insupportes par ta seule présence. Je sais que je vais devoir dormir avec toi, t’embrasser encore avant minuit parce que ce baiser de malheur au sein de notre cellule n'était que le moyen d’en sortir. Je sais tout ça. Je sais plus encore, mais je ne veux certainement pas y penser parce que ça m'angoisse par avance. Mais je ne vais surtout pas te le montrer, il manquerait plus que cela t’amuse, par-dessus le marché.

- Un collègue de travail va passer d'ici la fin de journée…

Pourquoi je te raconte ça, au juste ? Pour que tu te lèves de ce fichu canapé ? Non, je m’en fiche de te voir étalé là-dessus comme une loutre fatiguée se prenant pour un ours enragé. Mais disons que je me sentirais presque obligée de te parler, c’est peut-être ce qui me pousse à te poser cette question, bien que je la sais indiscrète.

- Alors ? Qu'est-il arrivé à la précédente madame Bennett ?

Madame Bennett... m'y ferai-je un jour ? Pourquoi ne pas me laisser au moins mon nom de famille alors qu'on m’a déjà pris tout le reste pour me l'imposer lui et toutes les conneries qui vont avec ? Bordel… Je fermais les yeux en réalisant réellement tout ce que cela pouvait signifier. Le soupir que je poussais alors, n’avait plus rien de calme. Il n'exprimait aucunement la lassitude, mais tout le stress qui ne demandait qu'à sortir… L'angoisse…

Il allait devoir me toucher… Il l'avait déjà fait. Je me laissais tomber en sentant le poids de ses lèvres sur les miennes. J'en avais la nausée… Ce n'était pas du dégoût, ni même de la peur au sens strict du mot… Mais plus du genre de cette anxiété brutale qui vous prend aux tripes.Merde… De quand datait ma dernière crise d’angoisse ? Question stupide… Elle était récente et la cause était justement devant moi.

J'en avais renversé mon café… Mais je ne m'en rendais pas compte… Je manquais d'air et je m'étouffais purement et simplement. Il me fallait de l'oxygène...

- Ouvre… Ouvre la fenêtre… grondai-je parce que les mots restaient bloqués dans ma gorge.

Bon sang, je détestais que l'on me voit ainsi. Cet état-là, je ne le montrais jamais à personne et lui y assistait pour la troisième fois. Sauf que là, personne ne m'avait touché, ni même effleuré, je subissais le contrecoup de la journée et tout ce que j'avais volontairement éludé. Peur. Colère. Dégoût de ma propre faiblesse, dégoût de tout. Je ne pouvais plus bouger, ni même simplement respirer… Mais je pensais… À tout ce qui allait se passer, ce que je devrai vivre, non… subir.


Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Sam 8 Déc 2018 - 14:33
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiL’indifférence, la différence. C’est ce qu’il y a présentement entre elle et moi, non, entre nous pour l’instant. Quand tu crois te rapprocher de quelqu’un, tu t’en éloignes. Ça recommence. On repart dans nos travers, on essaie de fuir. Moi j’me suis coupé de tout en faisant comme si tout c’qui m’entoure n’existe pas tandis qu’elle s’est barrée dans la chambre. J’ai entendu sa voix, elle est sûrement au téléphone. Donne des nouvelles, tu peux dire que c’est la misère de s’retrouver dans cette situation et t’auras bien raison. P’têtre bien que c’est l’type avec qui elle avait un début d’relation ou encore une amie. Pis j’m’en tape, ça m’regarde pas. J’ai rien d’autre à foutre que de rester l’cul vissé sur le canapé le temps que j’décante. Un soupir dilate ma cage thoracique sans oser franchir mes babines. Mes cervicales sont douloureuses, mes vertèbres aussi, sans parler d’mes mâchoires. C’est pas la première et sans doute pas la dernière. Me maquer fera pas d’moi un homme plus sage, j’reste fidèle à moi-même.

J’finis par virer mon bras qui occulte ma vue pour regarder le plafond d’un air totalement absent. Ce soir je vais devoir m’passer de clopes et ça va pas être gai pour calmer l’agitation qui m’secoue. Elle va devoir subir mon humeur en plus de mes insomnies. J’ai rien ramené avec moi, strictement rien. J’suis v’nu avec le peu que j’avais : moi. Si j’avais un minimum préparé mon arrivée comme l’époux exemplaire et le parfait petit citoyen, j’aurais récupéré le minimum vital dans une valise pour éviter d’me retrouver quasiment à poil dès l’premier jour. Bah, tant pis, elle aura encore moins l’envie de m’découvrir au moins. Comment faire fuir ta « femme » selon Angie Bennett… Elle m’déteste déjà. D’ailleurs son commentaire quand elle a réapparu dans la pièce m’a prouvé sans aucun doute qu’elle n’est elle non plus pas d’humeur. On est deux, la bridée.

Elle me cause de son collègue, qu’il va venir foutre les pieds ici. Elle a besoin de mon avis pour ça ? J’m’en fous moi, de ce collègue. Ça va rien changer à mon existence, hormis s’il a un clou d’cercueil à me filer, là ça s’ra une autre histoire. J’me sens obligé de lui répondre, les paroles jaillissant de mes lippes avant que j’puisse les ravaler.

« Tu fais c’que tu veux, t’as pas besoin d’ma permission, t’es chez toi. »

Chez nous. Tu remets ça sur la table Angie, t’es incapable de penser à deux, il faut toujours que tu mettes de côté les autres, leur avis. Tu dissocies, et quand t’estimes que ça ne te regarde pas alors tu n’y portes aucun intérêt. C’est clairement ce que t’es en train de faire à l’instant. Tu sais que ça a bousillé ton premier mariage ça ? Tu sais que c’est à cause de cette façon d’agir que tu finiras seul à l’intérieur de toi-même jusqu’à la fin de tes jours ? Est-ce que tu réalises au moins ce que ça fait autant à toi qu’à l’autre ? Non ? Tu préfères encore faire ta tête de mule et persister dans cette voie ? Quand est-ce que tu vas réagir ? Aki m’aurait dit tout ça. C’est là que j’me rends compte qu’en dépit du fait qu’on ne s’aimait pas plus que ça, il jouait son rôle, surtout quand j’touchais des points sensibles pour lui. On a pas la même vision des choses frangin. On a peut-être reçu la même éducation mais notre chemin de vie et notre caractère n’ont rien de semblables. Tu sais très bien, puisque t’es l’plus âgé de nous deux et que t’as la science infuse, mon « cher grand-frère », que ce sont les expériences qui nous façonnent. J’aurais pu être autrement mais à ce stade, j’peux pas imaginer un autre Angie. T’aurais voulu, toi. L’daron aussi. J’vous ai tous déçus et j’continue de vous décevoir. Toi tu fais leur fierté, encore, toujours. T’as toujours été celui qui réussit dans tous les domaines, là où moi j’me suis pété la trogne. Même la nature a été un poil plus clémente avec toi. J’suis pas jaloux, loin d’là, mais c’que je supporte pas, c’est qu’on me dicte ma conduite. J’suis plus un marmot en couche-culotte depuis bien longtemps, un mariage m’est passé d’ssus, l’divorce aussi et aujourd’hui j’me retrouve à nouveau avec une nénette dans les pattes. Ca va remonter aux oreilles des vieux tôt ou tard, j’sais pas encore de quelle manière. Mais j’irai pas les voir, hormis si l’patriarche m’tire par la peau des c*uilles comme le sale gosse que j’suis.

Alors que j’pensais qu’elle allait continuer de m’ignorer, Madame dorénavant Bennett, a une question qui lui brûle les lèvres. Nous y voilà. M’étonnait bien qu’elle passe ce détail sous silence, ce gros détail. Pourquoi ça l’intéresse ce genre de truc ? Elle a la trouille que ça s’déroule aussi désastreusement qu’avec la première ? Qu’est-ce que tu t’imagines l’asiat’ ? Elle me fait me redresser de l’assise et me tourner vers elle, installée sur sa chaise. Je la toise, encore, toujours. Elle aura l’habitude de mes regards tant et si bien qu’un jour ils ne lui feront plus rien. J’suis pas là pour t’assassiner Mei mais quand j’ai quelque chose à dire, j’plante mes mirettes sur le destinataire pour que j’sois bien certain qu’il saisisse mes paroles.

« J’lai butée. »

Satisfaite de ma réponse ? Elle me croira pas, hormis si elle pense que mon premier passage en taule est dû à cela, mais elle n'est pas dupe. Elle sait aussi bien à quel point je peux être désagréable quand l’sujet me plaît pas et c’est le cas.

« Le passé ça reste du passé, y a rien d’intéressant là-dedans. »

Surtout pas un divorce. C’est pas si vieux qu’ça. J’vois bien où elle veut en venir parce que si je reste sur mon raisonnement – qu’elle est donc pucelle et qu’elle n’a jamais connu l’mariage – alors elle s’fait des films, elle s’monte la tête. J’peux pas lui en vouloir là-dessus, parce que ça reste angoissant quand tu connais pas et encore pire quand t’es même pas majeur. Moi c’était pas l’cas et j’ai plutôt eu du bol contrairement à certains. Ça devrait vraiment être interdit ce genre de trucs. Voilà pourquoi j’peux vraiment pas adhérer au système.

J’détourne le regard une fraction de seconde, la tasse se renverse sur la table, le contenu déborde jusqu’à couler sur l’sol, j’me recentre sur elle pour voir c'qu'elle a fichu comme connerie mais quand j'la zieute, je comprends immédiatement que quelque chose ne va pas à sa frimousse livide. Bah alors ? Mes sourcils se froncent, elle suffoque. Il ne me faut pas longtemps avant que j’quitte ma place pour obéir à son ordre, me précipitant presque pour ouvrir les fenêtres. Quel con Angie, mais quel con ! T’aurais dû te la fermer avec ta blague de merde. J’sais pas encore comment m’y prendre mais je devine qu’elle est en détresse respiratoire et comme j’m’y connais pas sur les gestes à adopter, je décide de suivre c’que me dicte mon instinct. Pas l’temps d’appeler les secours, il faut agir. Allez Angie, grouille-toi pour la calmer avant que t’aies un cadavre sur les bras. J’exagère, j’le sais, mais mon truc c’est de trouver un moyen de dédramatiser pour ne pas paniquer. Si j’suis sanguin, j’n’ai heureusement pas cette tendance-là.

Sans mot dire, j’la vire de la chaise aussi rapidement que j’peux, avec une certaine précaution malgré la rudesse de mes gestes ,pour l’allonger au sol. J’reste à côté d’elle avant de m’occuper de son cas pour faire redescendre la pression.

« Allez calme-toi, respire calmement, y a pas de danger là. Respire lentement, encore. Lentement…Calque-toi sur moi, ok ? Vas-y, encore, recommence… Ouais, c’est bien… »

J’la surveille de près, j’évite de la toucher et me place à une distance raisonnable pour ne pas qu’elle se sente confinée, ni étouffée par ma présence ou encore pour pas qu'elle s'tape mon haleine dans l'pif quand j'expire. Y a un minimum à respecter, hein. Sans vraiment la quitter des yeux, j’me redresse pour me saisir de plusieurs feuilles d’essuie-tout que j’humidifie légèrement puis les place sur son front avant d'en détacher d’autres pour tamponner sa gorge, ses clavicules, la débarrassant de ses sueurs.

« Tu peux m’dire comment tu t’appelles, ta date de naissance et où t’es ? »

J’ai toujours trouvé ça un peu couillon, ces questions, mais c’est la procédure. J’dois m’assurer qu’elle ait pas autre chose parce que, après tout, j’connais que dalle de sa vie, de son passif maladif ou quoi qu’ce soit. Mais si c’est juste l’histoire d’une crise, comme moi et ma claustro', alors ça passera bien vite. Elle a juste besoin de repos et j’imagine que toute cette aventure l’a épuisée. Et j’en suis en partie responsable. J’suis pas fier, non.

Les minutes s’écoulent, longues, pendant que j’la veille. Elle a l’air de revenir à elle, son souffle s'apaise même si c’est pas encore si top que ça, les couleurs réapparaissent sur son teint d’zombie, alors j’me dirige vers le canapé pour prendre un coussin et le cale sous sa nuque pour la surélever un peu. J’referme les fenêtres pour éviter qu’elle prenne froid puis quitte ma veste pour la placer sur elle. Elle pue la clope, un mélange de déodorant et sûrement le mâle qui a un transpiré là-dedans, mais elle permettra de la réchauffer. Pour terminer, je récupère la tasse qui trônait encore sur la table pour la rincer et y ajoute de l’eau fraîche avant de la lui tendre, accroupi à ses côtés.

« Bois. »

Je guide le récipient vers ses mains devenues froides et légèrement moites puis glisse ma dextre sous la base de son crâne pour le soutenir quand j'lui relève la tête afin qu’elle puisse se désaltérer. J'la sonde encore, croisant ses iris sombres et profonds. Les miens ont une lueur sérieuse, dépourvus de toute agressivité.

« Ça va mieux là ? Tu peux t'lever ? Sérieusement, faut pas s’mettre dans des états comme ça hein. J’blaguais… Bon, ouais ok, j’aurais pas dû mais j’savais pas que t’allais m’faire un truc pareil. Mais là tu fous plus rien, tu vas t’allonger sur l’canap’ et tu bouges plus et j’veux pas t’entendre râler. Pis tu bosses pas non plus, rappelle ton collègue là et annule. J’te fous en quarantaine, t’as pas l’choix. »

J'te gronde comme une enfant mais vois plutôt ça pour de la bienveillance. Et si jamais tu m’écoutes pas, crois-moi, j’t’assomme.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Dim 9 Déc 2018 - 14:45
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...



“Maman, elle recommence !”
Arrête de crier Sara...
“Mei ! Calme-toi ! Tout va bien !”
“Laisse-là Kaz’, elle fait juste son intéressante.”
“Mais tais-toi Sara, tu vois bien qu'elle a mal.!”
“Beurk, elle a vomi… MAMAN!!!”
La ferme idiote… Fermez-la tous les deux, laissez-moi. Ne l'appelez pas… Je ne veux pas qu'elle me voie...
“Mon Dieu, Mei ! Kazuki, appelle les secours.”
C'est inutile… Vraiment...

Personne ne m'écoute, puisque je ne peux même pas parler. À ce stade, je dois être aussi pâle qu'un cadavre, le teint légèrement bleuté par le manque d'oxygène. Il n'y a pas de raison apparente à cette crise, elle est juste arrivée parce que je voulais jouer avec mon frère et ma sœur et qu'une fois encore Sara ne voulait pas de moi. Elle s'est fâchée, moi aussi. Elle m'a frappé, mais j'ai l'habitude. Elle m'a traitée de folle, de malade… Elle voulait que je disparaisse, que je meurs…


La mort… Je n'ai peut-être que dix ans, mais j'y pense souvent. La faute à tous ces médecins que je rencontre et qui m'observent l'air grave. Je suis une erreur, une anomalie qu'il faut contrôler, cacher parce que je ne rentre pas dans les critères japonais. Alors j'essaie, je prends sur moi pour ne pas inquiéter mes parents, mais je souffre, j'étouffe… Personne ne remarque mes efforts, c'est dur pourtant… Parfois trop. Je ne voulais pas frapper Sara, on ne me l'aurait pas pardonné, pas à moi, même si elle est méchante avec moi. Je ne voulais pas être celle que l'on punit, encore. Alors, j’ai pris sur moi, peut-être trop, depuis trop longtemps… Et puis j'ai perdu le contrôle. Mais au lieu de m'énerver comme toute enfant normalement constituée, mon corps s'exprime en me faisant souffrir, parce que oui, ce cœur qui bat trop fort dans ma petite poitrine d'enfant, ça fait mal. Cette impression de sentir des mains se resserrer autour de ma gorge, ce poids bien trop lourd sur ma poitrine, ça fait mal. La tête me tourne, mon esprit est loin, il fuit, le bougre. Il ne veut pas me voir comme ça, il ne veut pas que l'on me voit comme ça. Moi aussi, j'ai envie de fuir, loin de cette famille, de tous ces gens et leurs regards chargés de mépris. J’ai dix ans et j'ai envie de mourir, de disparaître… De me reposer loin de ce monde qui ne veut pas de moi… Et bien, moi non plus, je ne veux pas de lui.

J'ai froid… J'ai mal… Mon cœur bat si vite qu'il me prive de toute énergie. Je sens des mains chaudes contre ma peau, avant que mon corps ne rencontre une surface dure et froide… Je suis où déjà ? Que s'est-il passé ? Une voix m'appelle, et me ramène. Mes yeux rencontrent les tiens… Tu me guides là, ou bien, je rêve ? Pourquoi tu m'aides, l'ursidé ? Pourquoi tu restes-là, à mes côtés, hein ? Malgré tout, malgré moi, je t'écoute, j'essaie d'adapter ma respiration à la tienne sans tenir compte de la douleur. Bordel, ce que ça peut faire mal… Ça brûle… C'est horrible. Les nausées m'assaillent, mais je ne les laisse pas s'exprimer, parce que ça me dégoûte…

J'entends tes questions, si futiles… Mais les réponses ne me viennent pas tout de suite. Mon nom…

-Mei… Sugawara...


Non, ça c'est fini. On t'en a attribué un autre, tu te souviens ?Bennett.

Ça m'écorcherait presque la gorge, mais c'est pourtant mon nouveau nom. L'ancien n'existe plus aux yeux de la société. Pour moi, cela revient à me priver de mon identité pour la remplacer par une nouvelle...

-Le 4... mars... 2086, ma date de naissance… Elle, elle ne changera pas au moins, sauf si cette société totalement folle décide de nous changer le calendrier.

Où suis-je maintenant ? Chez moi ? Chez lui ? Chez ce nous totalement grotesque qui n'existe pas et qui n'existera jamais ? Encore faut-il savoir ce que ce nous représente aux yeux de la société, parce que pour moi, c'est tout bonnement incompréhensible. Pour toi aussi, non ? Alors au lieu de me prendre la tête avec ce raisonnement douteux et franchement tortueux, je t'offre une réponse logique et concrète.

-12-5-32 Shinjuku,Tokyo 100-8994.

Je n'ai pas mieux. Au moins la précision te montre que je suis là, même si j'ai l'air ailleurs. Mine de rien, t'es pas mauvais l'ursidé. Je suis déjà plus calme. Même si mon souffle tarde à reprendre un rythme plus normal, au même titre que mon palpitant… C'est à en devenir cardiaque, sérieux. Il s'épuise le pauvre, avec tout ce que je lui fais subir depuis des années. Personne n'a d'ailleurs songé à le surveiller, lui. À contrôler son état, même après les longs mois de traitement lourd et abusif qu'il fut contraint de subir. Mieux vaut surveiller ma tête, hein.

Je ne te quitte pas des yeux l'ursidé. Pour l'instant, tu es mon seul repère, même si ça me tue de le reconnaître. Tu es là et tu ne me juges pas. Tu te contentes de me guider, avec une voix étrangement douce et anormalement calme… J'hallucine peut-être finalement. Ça ne colle pas avec l'image que j'ai de toi… Ou peut-être que si. J'en sais plus rien en fait. Tu me surprends à chaque fois… C'en est déroutant. J'ai froid, tu disparais et ça me frustre. J'entends la baie vitrée se refermer, puis tu reviens les mains chargées d'un coussin et de ta veste. Je sens ta main sous ma nuque, mais ça ne me dérange pas. Ma tête rencontre la douceur du coussin et le froid disparaît quand tu me couvres de ta veste… Elle a ton odeur, un mélange de tabac, de sueur sans aigreur et d'une touche qui n'appartient qu'à toi… Ça m'apaise, je ne comprends pas pourquoi. Ça ne devrait pas être le cas. Je perds la tête, rien ne va plus ma parole. Ce n'est pas logique… Rien ne l’est, finalement.

Tu me tends une tasse pleine d'eau, l'accompagnant d'un ordre… Bois... Je n'ai pas soif, tu sais… Mais pourtant, j'obéis, m'en saisissant de mes mains tremblantes sans pour autant te quitter des yeux. J'en renverse, un peu. Mes gestes sont hésitants et maladroits, je déteste ça. Tu me fixes, un peu trop, tu sais ? Ça pourrait me gêner, même si ce n'est pas le cas. Je soutiens ton regard et m'y accroche. Je m’y perds peut-être un peu juste pour comprendre. Quoi ? Je ne sais pas, mais je cherche.

Tu penses que c'est ta blague qui a provoqué ça ? Tu te trompes, c'est juste mon esprit tordu qui aime me torturer. Mais je ne peux pas te le dire, qu'en penserais-tu ? Je secoue la tête pour t'assurer que ça va, même si je ne suis pas au mieux de ma forme. Je dois encore attendre que tout se désengourdisse. Mes jambes surtout, elles ne pourront pas me soutenir en l'état. Mais là encore, je ne dis rien, par crainte qu’il te prenne l'idée farfelue de me porter jusqu’au canapé. Il ne manquerait plus que ça. J'observe tes mains, elles ne sont pas si petites que ça en fait. Puis c'est là que je réalise que ce n'est pas la première fois que tu me touches sans que je ne fasse de crise… C'est étrange. Cette main… Je l'ai tenu le premier jour, lors de notre fuite, je l’ai même soignée. Elle à agrippé la mienne sur cette crique à Miyama… Pourquoi je pense à ça maintenant, moi ?

Pendant ce temps, tu m'ordonnes de me reposer, d'annuler la venue de Tanaka… De ne pas travailler.

-C'est impossible ça.

Je le vois à ta mine renfrognée que ma réponse ne te plaît pas. Pourtant, je n'ai pas vraiment le choix. C'est ma carrière qui est en jeu, peut-être même ma vie… Je ne peux pas prendre ce temps-là pour me reposer, parce que si je perds mon travail, je perds tout… Absolument tout.

-Je dois m'assurer de certaines choses, ensuite, je me reposerai.

Je te ment, même si c'est involontaire. Je ne sais pas me “reposer”, je ne sais même pas ce que cela veut dire… Tout en ayant conscience que j’en ai besoin. C'est étrange, non ? Je n'ai jamais été une grosse dormeuse… Compte trois à quatre heures de sommeil par nuit, en général. Sauf que ces dernières semaines, j'ai dû faire avec deux heures maximum. Je sais que c'est mauvais. Mais hyperactivité et stress ne font pas bon ménage, surtout au moment où je dois fermer les yeux pour m'octroyer ce temps de “repos” ou seulement de répit. Je suis faite comme ça… Que veux-tu ? Tu vas devoir faire avec.

J'essaie de me relever, sans prendre appuie sur toi. Oui, je suis têtue. Je m'accroche au meuble de la cuisine pour mieux me hisser sur mes pieds bourrés de cotons. Saletés. Je me traîne jusqu’à la baie vitrée que j'ouvre… Vieille habitude. J'ai besoin d'air… C'est comme ça. Je me laisse glisser au sol pour m’y asseoir, le parquet m'offre bien plus d'espace que le canapé. Et puis… chez moi, on s'assoit toujours par terre. Il n'y a aucune chaise chez mes parents… Chez les grands-parents non plus d'ailleurs. On est très traditionalistes chez les Sugawara, enfin, surtout eux, moi je m’en fiche. C'est juste une question d'habitude… Au final, ton nom me permet peut-être de m’émanciper de cette famille dans laquelle je ne me reconnais pas.

-Merci… Pour ce que tu as fait. Vraiment.

Je te parle, mais mon regard se porte vers ce petit bout de verdure face à moi. Je regrette un peu la vue que j'avais depuis mon appartement, mais il est tout de même agréable d'avoir un jardin, même minuscule.

-J'aurai aimé que tu ne vois pas ça… Mais je suppose que c'était inévitable...

D'autant plus en devant vivre sous le même toit… Je repense à ce que tu m’as dit un peu plus tôt… A ta blague… Je pourrai laisser planer le doute, juste pour ne pas me livrer, mais il me semble que tu as le droit de savoir avec quoi tu partages ta vie.

-Tu n'y es pour rien hein. J'avais bien compris que c'était une blague. C'est juste que... je prends une profonde inspiration, par besoin. Ma… tare… ne vient pas seule. J'ai quelques troubles de l'anxiété, j'accumule le stress, je le nourris… Puis il arrive qu'il sorte comme ceci, même si d'ordinaire, j'arrive à retarder l’échéance jusqu'à me retrouver seule… Ce qui risque de devenir rare. Ce genre de crise arrive, juste comme ça… Au moins, tu n'as pas fait l'erreur de paniquer. Merci.


Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Mar 11 Déc 2018 - 0:14
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiM’aurait étonné qu’elle m’écoute. J’avais déjà décelé ça en elle quand on était là-bas, chez mamie Kurue. Elle est du genre tête dure, comme moi, c’pour ça que j’imagine déjà les difficultés que ça va amener, nos caractères. Ceci dit j’me demande ce qui est le mieux dans l’histoire ? Avoir une nénette qui a du caractère ou une mollassonne ? J’en sais trop rien au final, moi-même j’n’ai pas de juste milieu alors le demander aux autres serait du foutage de gueule de ma part.

« Impossible ? J’sais pas ce quoi tu causes mais y a rien d’impossible quand il s’agit d’être un minimum vigilant. »

Qu’est-ce qu’elle baragouine encore ? Inconsciente. J’suis mal placé pour lui faire la morale mais c’est connu, tu conseilles toujours mieux les autre que toi-même, c’est toujours comme ça que ça se passe. L’Homme est un bien étrange animal. Elle m’en voudra sûrement mais j’ai mon mot à dire, parce que j’l’ai ramassée à al petite cuillère. J’sais pas ce qu’elle vaut elle mais j’ai la nette impression qu’elle repousse ses limites toujours plus loin. J’suis aussi comme ça et c’est sans doute pour cette raison que j’arrive à la comprendre, à lire en elle comme dans un livre ouvert. T’es décidément plus facile à sonder que j’le pensais au tout départ.

« T’u veux vraiment clamser toi hein ? L’boulot c’est plus important pour toi ? Tu fais passer quoi en premier si t’as un problème ? Tu dois bien connaître l'hosto' si tu fais ce genre de crises à répétition et tu sais qu'c'est pas gai. Attends pas d'te payer un AVC ou j'sais pas quoi pour t'protéger. Crois-moi tu fais pas l’bon choix là, j’aurais presque envie d’le laisser sur l’pallier d’la porte ton collègue. »

Tu peux me prendre pour un c*n, j’en aurais rien à battre. Après un choc pareil, t’es censée te reposer, la bridée et non pas faire semblant. J’continue de l’accrocher du regard, je sais qu’elle me capte mais pourtant elle s’obstine dans son entêtement. Elle veut m’faire croire qu’elle tient l’choc alors que c’est pas le cas J’suis pas aveugle, ni l’dernier des imbéciles et je sais qu’elle l’a compris depuis longtemps sauf qu’elle continue de jouer le jeu. Inutile de me mentir, ça ne « va pas ». Ça s’lit, ça se respire à pleines narines alors essayer de me prouver l’contraire ne sert strictement rien. Ça c’est l’genre de truc qui a tendance à me rendre encore moins sympathique. Elle force, elle veut me montrer qu’elle sait faire mais j’vois clairement qu’elle est en train de se casser la binette comme s’écroule un vieux château de sable. T’essaies de faire quoi là hein ? J’t’ai pas prise en pitié tout à l’heure, mais sache que c’est pas mon genre de laisser les gens crever sous mes yeux. Si t’as effectivement répondu à toutes mes questions avec précisions, ça n’exclut pas le fait que tu puisses avoir des problèmes quelque part. Surtout si c’est des crises à répétition. Au moins tout ça m’aura permis de connaître son véritable nom et son âge. Sugawara, hein ? On a que peu d’écart et j’me rends encore davantage compte que nos différences s’amenuisent quand elle se livre chaque fois un peu plus, quand elle me dévoile des pans de sa vie privée, ces « choses » enfouies qu’elle a sûrement longtemps planquées.

Elle sort, difficilement, pour s’échouer à même le sol, visiblement épuisée, à bout de forces. Je tique, encore. J’ai une forte envie de la tirer par l’col du T-shirt pour le traîner jusqu’au canapé mais j’me résigne, on ne bouscule pas un malade et encore moins lorsque c’est une femme. Je soupire intérieurement avant de me poster non loin d’elle. Elle me remercie. Des paroles de reconnaissance, pareilles à cette fois-là. La scène me revient, je nous revois tout en haut de cette falaise, elle se livre et moi aussi. On arrête tout, c’est trop dangereux. J’fais marche arrière, elle se rétracte aussi. On s’est fait peur, à vouloir devenir un peu trop humains alors qu’on ne se connaissait pas. On pouvait pas faire comme si on pouvait s’apprécier puisque ce n’était pas le cas. Ça n’est toujours pas l’cas. Si on cohabite c’est bien parce qu’on a été forcés et, on le sait bien, nous, que ça ne marchera pas entre nous. C’est de la supercherie, une image qu’on veut bien donner. Tout est trop tôt, tout est mise en scène, sauf que ce théâtre, cette mauvaise pièce durera pour de bon, hormis si l’un d’nous crève avant. Il faut faire semblant de tout, de s’aimer, d’avoir des sentiments l’un pour l’autre. Mais moi, j’suis un bien piètre acteur. J’suis même pas honnête avec certains de mes affects alors comment veux-tu que j’y arrive ? J’ai pas l’choix que de jouer l’jeu qui sera infect. Il te laissera un goût amer, Mei, tellement amer que tu m’supporteras difficilement.

Ça ne t’empêche pas de poursuivre, d’essayer un peu. La situation et ton état de faiblesse s’y prêtent peut-être, sont une excuse à ta spontanéité ou alors, tu penses que c’est l’bon moment. Qu’il faut que tu le confies maintenant parce que t’auras plus l’courage de le faire plus tard. Alors j’t’écoute, je perçois ton hésitation et la gêne que cette révélation te cause. Ton cœur doit se serrer, t’as envie de fuir, très loin. Tu ne me regardes pas pour une bonne raison car si tu croisais mes yeux, t’aurais pas pu. C’est dur, ça fait mal, ça blesse au plus profond de ton être. J’connais cette sensation et étrangement, j’ai l’impression de la ressentir au creux de mon palpitant, de mon estomac, mais j’en dis rien. Quand ça touche aux affects, j’passe sous silence. D’ailleurs ce silence s’installe entre nous, quand elle achève tout. Je réalise, petit-à-petit et je commence à mieux comprendre ses agissements. Si ma distance et mes offensives sont volontaires, ce n’est pas le cas pour elle. Perdre le contrôle de son corps. Ne plus être maître de soi-même. C’est humiliant. J’ai vraiment envie d’cloper à cet instant mais j’en suis privé. J’zieute son dos, restant debout, planté-là tel un fantôme.

« J’ai jamais vu ça jusqu’à maint’nant. J’agis par instinct pis j’allais pas t’laisser claquer, ça l’fait pas alors qu’on vient d’sortir de taule. J’aurais pu m’prendre un averto pour non-assistance en personne en danger. »

J’me défends une nouvelle fois, comme si j’me refusais à lui montrer la moindre de mes possibles qualités. J’suis capable de bienveillance mais j’fais en sorte qu’elle soit dissimulée, parce que la bonté, ça colle pas avec l'image qu'on se fait de ma personne.

- « Angelo Bennett ? Il n’est pas fréquentable ! Il paraît qu’il s’est battu avec un gars plus âgé que lui. On ne connait pas la raison mais c’est une furie ! C’est le style à devenir un délinquant pro celui-là. Il y en a qui ont dit « quand tu le vois, éloigne-toi ». Rien à voir avec son frère, on a du mal à croire qu’ils viennent de la même famille. »

Ouais. Ça j’l’ai entendu bon nombre de fois. J’peux même pas l’compter sur les doigts de la main.

- « M’man, Angelo il s’est encore battu. »
- « Encore ? Qu’est-ce qui lui a encore pris ? »
- « Il dit qu’on l’a encore insulté de « Buta la boule » à l’école. »


C’était pas la première ni la dernière. Quand t'es pas dans la norme, t'en prends plein la tronche, c'est connu.

- « Angie, tu peux m’expliquer ce que ça veut dire ? »
- « Il m’a frappé, j’ai répondu, lui ai rendu la pareille. J’allais pas me laisser faire, légitime défense. »
- « La violence ne résout rien et tu aurais pu te faire renvoyer de l’école ! »
- « L’école s’en fout, dad, et puis il y en a plein qui n’y vont pas à cause de cette société pourrie. »



Mauvaise impression, les autres sont les ennemis. Qu’est-ce que ça pouvait foutre que j’y sois ou non ? L’daron m’y a forcé, j’ai obéi parce que c’est lui et que j’sais que j’pouvais pas grand-chose contre son autorité. Il savait y faire. J’me suis déjà pris des branlées. C'est pas l'même registre que toi, l’asiat', mais ça laisse des cicatrices, celles qu'on voit aujourd'hui en toi et en moi. Finalement, qu'est-ce qui détruit le plus ? La réponse est simple : la différence.

« Paniquer ça amène à rien, à part à te foutre encore plus dans la merde. C’est pareil quand tu sais pas t’contrôler, parce que t’as un tempérament d’feu. C’est mon cas, j’fais souvent des écarts et j’en f’rai d’autres. Ça doit sortir, cette rage, sinon ça m’oppresse et j’me consume de l’intérieur. A force de tout l’temps ravaler, au bout d’un moment tu craches tes boyaux. »

J’m’arrête-là, c’est suffisant pour moi. Par contre, rester à l’extérieur dans ton état n’est vraiment pas une bonne idée.

« Au pire on s’tap’ra d’ssus. Mais puisque j’suis au courant, c’est une raison d’plus pour que t’ailles te coucher direct. J’te promets pas de savoir y faire face à chaque fois, tu sais de quoi j’veux parler. Parce que quand ça arriv’ra, va falloir faire avec. »

Alors j'prends les devants en te tirant par le bras pour que tu rentres dans cette foutue baraque, j’te soulève aisément même et t’as tellement la force d’un moustique que tu ne peux pas protester contre mon initiative de te porter jusqu’au canapé pour t’y allonger.

« Tu bouges plus, sinon j’te comprime s’il le faut et crois moi, j’suis capable de plus que tu l’penses. »
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Jeu 13 Déc 2018 - 15:40
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...



Sommes-nous vraiment fait pour nous comprendre, l'ursidé ? J'en doute... Pourtant, si la machine nous a collés l'un à l'autre, c'est bien parce qu'il y a une raison… Non ? J'ai beau chercher, réfléchir avec mon esprit embrumé, je ne la trouve pas, je ne la vois pas. Cependant, il serait faux d'affirmer que tu es comme les autres. Toi seul sait éveiller ma colère de cette manière. Elle gronde, explose, s'exprime, puis retombe tout aussi brutalement pour me laisser épuisée et vulnérable. Pourquoi t'en dis-je autant sur moi quand tout épanchement personnel me répugne ? Cela ne se passe jamais ainsi avec les autres… Tu peux me croire.

Pourtant, tu fais tout ce qu'il ne faut pas faire avec moi, à commencer par me dire comment agir. Si tu savais comme je déteste ça… Je l'ai bien trop subi durant mon enfance. “Fais ci, fais ça.” “Tiens toi tranquille, Mei. Ça ne se fait pas…” “Bon sang, mais calme-toi un peu !” “Tu ne peux pas dire ça!” “Contrôle-toi…” Au fond, je n'ai fait que ce que m'ordonnaient mes parents, ni plus, ni moins. J'ai toujours veillé à paraître normale pour éviter les retombées… Pas sur moi, puisqu'en grandissant, je n’en avais plus rien à faire, mais bien sur eux. On ne chasse pas les bonnes vieilles habitudes, quitte à ce qu’elles nous bouffent, pour ce que j'en ai à foutre, après tout. Personne ne s'est jamais demandé depuis combien de temps je me bat contre moi-même, contre les autres. Oui, je suis épuisée, et alors ? En fait, l'ursidé, tu es bien le premier à me dire, ou plutôt à m'ordonner de me reposer.

Seulement, dit comme ça, la chose me semble impossible, ce que tu ne comprends pas d’ailleurs. Tu me parles de vigilance sans même réaliser que j'en use et en abuse justement depuis toujours. Est-ce que je veux mourir ? Non, définitivement non. Sinon je ne me battrais pas ainsi. Tu ne comprends pas, hein ? Cela ne m'étonne pas… Je te réponds, en soupirant, tant je suis lasse de devoir me justifier pour tout.

- Évidemment que mon boulot est ce que j'ai de plus important. Et alors ? Je vis pour lui, qu'est-ce que cela peut avoir de si compliqué à comprendre au juste ?

Cette affirmation se vaut pourtant, au Japon plus que partout ailleurs. C'était déjà le cas, bien avant l'invention de l'incontestable. Je vis selon ce principe, parce que j'en ai besoin. Il me faut un but à atteindre, une raison de vivre, et ce n'est certainement pas la machine qui va m’apporter cela. Et si j'en doutais, un simple regard dans ta direction me prouverait le contraire. Je pensais que tu ne me jugeais pas, visiblement, je me suis trompée. Dans tes prunelles ambrées luit la même lueur que dans le regard de mon père. Qu'est-ce au juste ? Du mépris ? De l'inquiétude ? J'en sais rien et honnêtement, j'en ai rien à faire. Mais puisque tu sais tout, je te demande.

-Ah ouais ? Alors dis-moi, toi qui semble en colère contre absolument tout. Le bon choix… C'est quoi au juste ? Attendre de crever la bouche ouverte ? De taper dans tout ce qui bouge ou non ? Moi au moins, j'ai une raison de vivre, même si elle t'échappe. C'est quoi la tienne ?

Si je dois faire un AVC, j'en ferai un… Même si l'idée de me retrouver un peu plus prisonnière encore me débecte. Ce genre de chose arrive, sans crier gare, et souvent même sans l'avoir provoqué. Alors pourquoi devrai-je m'en soucier ?

J'ai besoin d'air, j'étouffe là-dedans. L'espace, la liberté de mouvement me manquent cruellement, mais je dois faire avec, ou plutôt sans. Je m'assieds dans cette zone stratégique, ni dedans, ni dehors. L'air frais me fait du bien… Et toi ? Que fais-tu, Angie ? Tu me surveilles ? Ne te sens pas obligé de me suivre comme mon ombre, je suis une grande fille. Je te remercie, tu te justifies… Évidemment. Vérité ou mensonge, avec toi, la frontière est fine tant tu aimes te cacher derrière ton masque. Tu m'énerves, vraiment, profondément. Tu me fais la morale, mais tu ne regardes pas ton propre museau. Essaie, ça t'occupera de façon plus constructive, crois-moi. Et je n'aurai pas à subir tes mots chargés d'aigreur et de ce qui ressemble atrocement à du jugement.

Tu parles de contrôle, sans le savoir. Justement, l'anxiété, la panique ne se commandent pas. Crois-moi que si c'était le cas, ça aussi, je le tiendrai sous silence, comme le reste, comme moi. Contrôle ou extériorise… Faudrait savoir. As-tu seulement conscience que tes deux phrases se contredisent ? J'en doute… Alors, une nouvelle fois, je soupire.

-Ce n'est pas si simple. Certaines choses ne se retiennent pas tout simplement parce qu'elles se placent au-delà de toute logique… Ou au contraire, c'est la logique inévitable qui s'amuse à venir cogner sur tes faiblesses. Ne m'en demande pas trop non plus… Je pense que tu as compris que je n'entrais pas dans la norme.

Ça m'écorche la langue, la gorge. La bile me remonte parce que je déteste ce genre de mot. Norme, normalité, normale… Bordel, pourquoi faut-il obligatoirement rentrer dans ces fichues cases pour avoir de le droit d'exister ? Je n'ai pas le choix, moi, je dois bien faire comme si simplement pour pouvoir vivre. Je me bats, tout le temps. Personne ne remarque ces efforts et continue à m'en demander toujours plus. Et dans tout cela… Moi… Je suis quoi au juste ? Un pion ? Non, mais dîtes-moi, expliquez-moi, parce que je ne sais plus. Je n'en peu plus… J'étouffe bordel…

Alors, encore, mon cœur se serre. Il pulse de toutes ses forces pour pouvoir fournir à mon organisme toute l'oxygène dont il a besoin. Il lutte, le bougre, à mon image… Mais pourtant, je suffoque… Merde ! Je ferme les yeux, parce que je sais que ce n'est qu'une crise minime et qu'elle passera rapidement. Il s'agit là de colère et non de peur. Je rejette tout, parce que c'est beaucoup trop et que j'en ai assez. J'en ai marre que l'on me dise de faire telle ou telle chose, de passer outre ce que je suis parce que ça doit être comme ça. Je déteste les leçons de morale, même s'il existe une nuance de bienveillance derrière. Je ne supporte pas que l'on essaie de me contrôler, je le fais bien assez toute seule. Pourquoi dois-je subir ça, au juste ?


Tu m'attrapes par le bras pour me relever… Tu me portes avec aisance parce que je ne pèse pas grand-chose et que je suis bien trop surprise pour réagir. Mon postérieur rencontre le moelleux du canapé, mon regard croise le tien, mes oreilles entendent tes “recommandations” et moi… Je vois rouge.

-Ne fais pas l'erreur de croire que tu peux me dire ce que je dois faire ou non, Bennett.

Cette fois, je grogne. Mes prunelles doivent exprimer tout mon mépris à ton égard… Ou du moins à tes réactions. Tu es peut-être maladroit, mais là, tout de suite, je m’en cogne. Tu m’étouffes l'ursidé… Je me relève pour te faire face, mon cerveau élude toute instabilité musculaire. Cette fois, le palpitant bat vite, probablement trop, mais tant pis. Je m'approche sans me soucier de notre proximité, apparemment, selon tes dires, j'allais devoir m'y habituer et endurer bien pire. Parce que.ce.doit.être.comme.ça. J'avance en sachant très bien que tu ne reculeras pas, c'est pas ton genre hein ? Pas face à ce genre d'attaque du moins.

-Tu n'as rien à me dire à ce sujet-là, et encore moins à décider de comment je dois mener ma vie sous prétexte qu’on t'a fichu en plein dedans. Tu es certes mon…mari… Mais ça s'arrête là. Ton devoir est seulement de me supporter durant un temps imparti… Repas et autres activités qui n'intéresseront aucun de nous… M'embrasser une fois par jour et ta préférée, vu le nombre de fois où tu y fais référence, me baiser une fois par quinzaine, juste histoire de repeupler ce monde avec des mioches dont ni toi ni moi ne voudrons. Répugnant hein ? Autant dans le fond que dans la forme, n'est-ce pas ?

Je te défis du regard sans jamais plier. La colère parle pour moi et laisse toutes mes craintes de côté. Tu m'agaces… Vraiment… Je sais que tu me détestes, que tu me méprises, bah tant pis. Autant en rajouter une couche, tant qu'on y est. Je sature… Vraiment. Je ne supporte plus ce sifflement dans mon crâne qui revient à chaque crise. Il ne fait que me rendre plus haineuse encore en provoquant la douleur qui irradie dans tous mes muscles, les faisant trembler.

-Je t’ai dit que je devais régler certaines choses, qu’est ce que tu n'as pas compris, hein ? D'autant que j'en aurai été préservée si tu n'avais pas agit en égoïste, monsieur le rebelle.

Je gronde carrément, mon doigt tendu rencontre ton épaule… Va savoir pourquoi, j'ai besoin de ce contact-là alors que je le fuis en général, par dégoût… Pas avec toi… Étrange.

-J'en ai assez que l'on me dise ce que je dois faire et comment je dois le faire tout en s'étonnant que cela me mette en colère. À moins qu'une fois encore tu ne cherches à me provoquer… Pourquoi ? Hein ? Tu aimes les conflits ? Ça t’amuses de me faire exploser ? Ne va pas me faire croire que tu te soucis de moi, t'es comme les autres, tu ne te soucies que de toi-même...

Je te colle, carrément. Moi aussi, je cherche à m'imposer même si je n'en ai pas réellement conscience. Je tiens à garder tout pouvoir sur moi-même. Ma liberté, même si ce n'est qu'une vaste supercherie.

-Je supporterais ce mariage et tout ce qui va avec, parce que je n'ai pas le choix. Ne me demande pas autre chose, jamais… Et surtout pas de faire des efforts là où moi, je ne te demanderais rien… C'est marrant cette nature à vouloir adapter les autres à soi alors que ce n'est pas comme ça que ça marche, hein ? Moi, je ne te demanderai jamais d'être autre chose que ce que tu es… Même si tu me mets hors de moi…

Observe bien, l'ursidé. Si je réponds à tes provocations, je ne te demande jamais d'arrêter, quand bien même cela m'énerve. Pas une seule fois, je t'ai dit de te taire, même lorsque j'en mourais d'envie. Je cherche à te comprendre et non à te contrôler ou à te comprimer, t'étouffer… Je t'accepte… Alors essaie de faire de même avec moi.

La colère retombe lorsque l'on cogne à la porte. Je m'éloigne de mon mari, pour aller ouvrir à ce visiteur étrangement en avance… Cela n'augure rien de bon, je le sais… J’ouvre le battant sur un Tanaka livide… Ses yeux s'écarquillent en me voyant, je sais pourquoi. Chaque crise laisse ses marques sur mon visage… Teint blafard, yeux cernés, joues creusées par tout ceci… Il a l'air inquiet, alors je le laisse entrer sans dire un mot. Nous restons dans l'entrée, je prends appuie contre le mur tandis que ses yeux se perdent vers ses chaussures… Je n'aime pas ça… Vraiment pas…


-Alors ?
- C'est pas bon…

Sans blague ?

-Qu’est-ce qu'ils ont dit ?

Sa main glisse jusqu'à ses cheveux, signe de malaise. Il tarde à me répondre et cela m'énerve. Je sais qu’il cherche ses mots pour ne pas me heurter, mais c'est inutile.

- Répond-moi, bordel ! je hurle, carrément… Mes muscles tremblent sous les nerfs. Je sature… Vraiment…
- Ils veulent que tu te fasses oublier quelque temps… Que tu quittes la ville, si tu le peux. Que tu me rendes le téléphone de Sayuri pour que je le détruise… Et que... Que tu ne reviennes plus au Seikyo.
-Que je ne revienne plus… Mais combien de temps ? J'ai encore du travail et...
- Sugawara… Je pense qu'Ogasawara tient sa raison de te renvoyer, même s'il ne l'a pas formulé ainsi.
- Mais… Attends, je n'ai rien fait de mal bordel...
- Je sais… Mais lui dit que tu n'aurais jamais dû te rendre sur le plateau en sachant que la police pouvait venir t'y cueillir. Elle est là ton erreur.

Je reste coite, essayant d'ingurgiter la nouvelle sans faiblir. C'est difficile, peut-être même trop… Sans un mot, je vais chercher le téléphone de Sayuri et le lui tends sans même le regarder.

-Je suis désolé… J'espère me tromper, mais je préfère te préparer à cette éventualité.

Cette éventualité… Celle de voir tout mon monde s'écrouler sans que je ne puisse rien y faire. Mais je suis calme… Intérieurement, extérieurement. Mon cerveau bugge… complément.

-Oui… Merci...

Je le salue en m'inclinant, lui aussi… Il quitte finalement l'appartement me laissant seule dans l'entrée… Le corps piégé de cette courbette bien ridicule.


Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Ven 14 Déc 2018 - 22:29
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiPour ça elle est une vraie jap’. Bosser, bosser, bosser. Ils ont que c’mot à la bouche. J’suis moi-même pris dans cet engrenage mais j’le fais seulement parce que j’ai pas trop l’choix et aussi parce que j’ai pas de boulot stable. C’est comme si je cherchais encore ma voie. C’est pas si dérangeant que ça au final mais en étant dans une telle situation, il faut vivre avec le minimum. Ca tombe bien, j’suis loin d’être obsédé par l’fric et j’me contente de peu. C’est pas avec moi que tu trouveras des objets de luxe ou le dernier bidule High-tech dans l’appart. J’ai horreur de ces machins-là et si j’devais choisir, je vivrai à l’ancienne. Si j’utilise mon téléphone portable c’est seulement parce que j’en ai besoin pour l’boulot mais il m’arrive fréquemment de l’oublier quand j’sais que j’ai pas d’urgence.

Mais toi, Mei, c’est un besoin, j’l’ai bien capté tout ça. Si t’es hyperactive, alors faut que ton cerveau turbine en permanence, faut que tu t’occupes tout l’temps la tête pour ne pas te noyer dans l’ennui. La pire des chose serait que tu t’encroûte dans la baraque, sans job. L’problème ici, au pays du Soleil Levant, c’est que si tu bûches pas, et ce depuis le cursus scolaire, t’es vu comme un looser, un rebut de la société. On est encore et toujours bien à l’époque où quand tu rentres pas dans l’moule, quand t’es différent, t’es mis de côté. On l’sait bien, nous. C’est ça qui m’débecte dans l’histoire. Pourquoi se casser autant l’fion avec des préjugés, avec des valeurs à la con qui sont attribuées par les hommes et selon un système gangréné ? Qui a décidé ça à la base ? Cui-là il est sacrément couillon, il sait vraiment pas c’qu’il a fait. Maintenant on a l’crâne bourré d’conneries et à cause de ça, on se sépare, on s’fait la guerre, on s’insulte, on s’tue, même. C’est comme le mariage. Venons-en. Ok, la fécondité, ok, le dialogue qui sont au plus bas. Mais à cause de quoi, hein ? En quoi l’mariage est obligatoire ? Et le libre-arbitre ? Pourquoi précipiter les choses ? Parce que tu crois qu’en foutant deux profils soit disant compatibles en te basant sur des stat’, t’as plus de chance que ça fonctionne ? Bah voyons, prends-moi pour un demeuré. J’revendique, ouais. Mais la faute à qui ? Moi, j’rentre pas dans une forme, parce que j’ai justement pas d’forme et je préfère être c’que je suis que de me mentir à moi-même et aux autres.

Et tu te plantes sur toute la ligne, la bridée. J’ai bien saisi que ton métier avait de l’importance pour toi, j’suis pas en train de te dire le contraire, mais tu percutes pas, parce que t’es persuadée que j’te juge, que j’suis comme les autres. Si ça c’est pas non plus un jugement, hein. Mais là, tout d’suite, ça me passe par-dessus la tête, j’attends ce que t’as encore à m’dire ou à me reprocher, toi et ta frimousse aux traits durcis et marqués par ta crise. Tu veux jeter ton dévolu sur quelqu’un, alors tu l’fais sur moi. Me demande comment tu aurais réagis si je t’avais apporté la réponse que t’aurais voulu ? Manque de pot, j’te dit c’que j’pense, ça ne t’es pas inconnu ça non plus. Sauf que tu satures, tu vrilles, tu t’tapes une sorte de bad trip. Mais fais gaffe à pas trop me cuisiner parce que j’ai aussi mes limites et j’risque de te foutre davantage au pied du mur. Mais ça t’apprécies pas, que j’te pousse dans tes retranchements, tu te rebiffes comme moi j’peux le faire. Que quelqu’un te domine, tu supporte pas. J’l’ai vu déjà deux ou trois fois. La première c’était à notre rencontre, la deuxième lors de nos « vacances » respectives, la troisième au mitard. Tu veux pas non plus que j’me la ferme sans rien dire ? Tu sais que j’ai une grande gueule et un caractère de merde. J’ai vraiment envie de t’en balancer une mais j’me retiens parce que c’est pas l’moment et en plus, je risque d’alimenter la tension jusqu’à déclencher une nouvelle crise. Mais au fur-et-à-mesures que tu déblatères, j’sens mes mâchoires se crisper et mes muscles se tendre. Mes nerfs se ravivent et je te lance un regard qui en dit long sur mon état d’agacement. Pas besoin de mots, tout est dans mon langage corporel et malgré mes efforts, je laisse tout transparaître.

C’est quoi la « norme » pour toi ? Un modèle défini ? On en a rien à battre ! T’es pourtant capable de mordre quand ça t’enquiquine de trop. Et là, t’y réponds quoi ? Tu réponds que tu ne vois pas qui se trouve en face de toi parce que t’as besoin d’exprimer ton ras-l’bol, ta colère, tu pètes ta durite et c’est moi qui en prends plein la tronche.

« Tu parles de jug’ment mais t’es en train d’faire la même chose là. J’te connais pas, tu m’connais pas et t’es en train de m’chier une pendule. Ouais j’suis con et alors ? T’es pas la première à m’le sortir, j’le connais par cœur ce mot. Je sais aussi que j’suis pas fréquentable, asocial, violent et j’en passe. Maint’nant t’es persuadée que j’te trouve dégueulasse et que j’peux pas t’piffer. Tu t’es basée sur quoi pour dire ça ? Sur mes silences ? Ou sur mon caractère de merde ? Et après qu’es’ t’as à m’dire que j’sais pas encore ? J’espère que tu vas innover, j’risque de m’emmerder. »

J’frappe, j’cogne avec mes mots. Si toi t’as des choses qui te démangent, qui te polluent, j’en ai aussi un paquet et titiller un sang-chaud n’a rien de bon. Tu joues aussi dans la provoc’ pour que j’sorte aussi de mes gonds et surtout, tu répètes ce que tu m’as déjà sorti l’autre jour.

« J’vais te dire un truc : c’que tu fais j’m’en fous complètement. Mais si t’es à moitié en train d’crever devant mon pif, j’vais pas rester planté là comme un grand dadais à te zieuter sans rien foutre. Ça t’surprend ? J’suis pas censé être humain et j’suis comme les autres, j’oubliais. Mais s’tu veux la prochaine fois, j’pourrai faire comme si t’existais pas et là, ouais, on vivra effectivement vraiment à part et j’essaierai surtout de pas t’croiser en adaptant mes horaires si ça t’arrange. »

Ça t’est jamais venu à l’idée que j’essayais d’faire un peu plus gaffe ? Apparemment, mes efforts passent aussi inaperçus et ça, ça donne pas envie de renouveler l’expérience. Un pas en avant, un pas en arrière. A chaque fois que j’tente de me sociabiliser, j’fais tout foirer, comme d’habitude. J’devrais le savoir depuis l’temps. J’étais bien lancé pour poursuivre mais l’invité surprise – ou pas puisqu’elle m’avait prévenu de sa visite – s’annonça. J’me suis contenté de retrouver ma place sur le canapé pendant que les deux zigotos – l’un d’eux est ma « femme » - parlaient affaire. Visiblement ça n’avait pas l’air d’être une bonne nouvelle, au vu de ce que mon oreille, qui trainait sans le vouloir, avait entendu. C’est la débandade, on rigole plus. Elle hurle, l’autre est confus, sa voix le trahit.

Plus de boulot ? Mise en garde ? Dans quelle panade elle s’est encore mise ? Et c’est quoi cette histoire de Sayuri ? En y repensant, me demande pourquoi elle portait une perruque, dans la cellule. Double-jeu ? Espionnage ? Agent ? Non, attends, calme-toi sur les scenarii Angie, t’es en train de t’imaginer des trucs farfelus. J’en aurais l’cœur net quand l’autre aura fini de l’assassiner en la privant de sa raison de vivre.

La porte se ferme, le rideau tombe. Silence.

J’attends, une minute s’écoule et elle semble ne pas revenir. Je suis resté à ma place. Comme elle tarde à venir, je décide de me lever pour regarder en sa direction et je la vois, là, arrêtée. Elle doit être choquée, paralysée par la peur, l’angoisse. Tsk. Mes sourcils se froncent, je soupire à peine audiblement puis me dirige vers ce qui me semble être une sorte de spectre. J’prends pas de précautions, j’vais droit au but.

« T’as merdé ? Qu’es’ t’as fichu pour qu’il te sorte ça ? C’est quoi ce merdier ? T’as les flics au cul toi ? »

Elle va mal le prendre, c’est certain. Mais quitte à c’qu’elle explose, autant que ça se fasse maintenant. J'reste à une certaine distance pour lui laisser le temps de refaire surface.

« Va falloir que tu m’expliques ton machin parce que j’suis pas sûr de comprendre mais si tu dois gueuler ou chialer, c’est l’moment. »

C’est la dernière fois que j’tente, après tu feras comme si t’avais rien entendu.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Ven 14 Déc 2018 - 23:59
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...


Nous y voilà… Je me trouve exactement face à ma pire crainte, à ma peur la plus féroce celle que je redoute depuis… Depuis quand ? Je ne sais plus...Je suis là et mon cerveau refuse de réfléchir. Il plante totalement, m'enfermant dans cet état étrange et déroutant. Je n'ai jamais connu l'échec, jamais. Je me suis toujours battue, souvent bien plus que les autres, pour m'en préserver au mieux. Je n'avais certainement pas prévu que mon rédacteur me déteste à ce point. Je n'avais pas envisagé ce mariage, pensant peut-être naïvement qu'une femme comme moi ne pouvait être mariable.

Je ne réfléchi pas, pas vraiment du moins… Mais je pense… Je pense à toutes ces nuits passées à faire des recherches, à enquêter en amont avant de plonger dans cette investigation parce que je ne voulais pas faire n'importe quoi...En particulier après avoir croisé ce crétin de Britannique totalement nombriliste et irréaliste. J'ai merdé, oui… Trop souvent en réalité. Je me suis totalement plantée sur tout concernant cette enquête. L'acteur d'abord, qui a déjà grillé mon identité une fois avant de manquer de nous faire tuer tous les deux… Et puis… Là… J'ai commis l'erreur de faire passer mon boulot avant la logique… Soyons honnête, je savais que ce mari ne viendrait pas au point de rendez-vous. Je savais que la police s'en mêlerait, parce que c'est toujours comme ça… Mais non… Je n'en avais fait qu'à ma tête, quelle idiote… Évidemment que l'autre tas de graisse allait se jeter sur cette opportunité pour se débarrasser de moi. Et moi… Bah voilà.

Je reste debout dans l'entrée, les yeux rivés sur la porte comme si j'espérais que Tanaka revienne en me disant que tout cela n'était qu'une blague… Idiote… Je ne t'ai pas entendu approcher, honnêtement, je t'avais totalement oublié, l'ursidé. Je ne sais même plus où je suis d'ailleurs… Qui je suis… Ce que je suis… Mis à part, une idiote. Mon regard terni se pose sur toi, mon visage n'affiche aucune expression. Je cligne les yeux en entendant tes questions, parce que, autant l'avouer, j’ai beau les entendre, je ne les comprends pas.

Je n'ai ni envie de “gueuler”, ni de “chialer”. Je ne veux rien, rien du tout. Je continue de t'observer comme une andouille, ou une idiote… Je reste sans voix… Je pensais m'écrouler, mais en fait… Je ne ressens rien d'autre qu'un grand...vide, comme si… Je n'existais plus… Ou comme si je ne voulais plus exister, je ne sais pas vraiment. Comme je ne comprends pas ce que tu attends de moi, là. Je ne réagis pas à tes questions, alors que j'entends une voix gronder en moi, m'exhortant de sortir de cet état d'hébétude qui ne me ressemble pas… Enfin, je suppose… Je ne sais plus rien.

-Je...

Tu quoi, idiote ? Dis quelque chose ! Réfléchis ! Agis ! Fais n'importe quoi, si ça te chante, mais ne reste pas comme ça à bredouiller comme la dernière des imbéciles, comme l'une de ces potiches sans cervelle qui parcourent les rues. Ce n'est pas toi ça !

-Je...Non...Pas les flics...

C'était qui déjà ? Un producteur véreux ? Quelques Yakuzas, même si normalement, ils ne m'ont jamais vu ? Un rédacteur obèse et peu commode ? Une jeune assistante amicale ayant les deux pieds dans la merde ? Une ancienne maquilleuse victime de harcèlement sexuel ? Je ne sais plus… Je ne sais pas ce que tu t'imagines Angie… Vraiment pas… Mais tu te trompes.

-Je vais t'expliquer, mais laisse-moi… juste deux minutes.

Je suis calme… Anormalement calme… Le terme “éteinte” conviendrait probablement mieux en réalité. Je ne sais pas si je veux m'asseoir, rester debout… Dedans ? Dehors ? Bordel… Je suis totalement perdue là. Je cherche quelque chose du regard, sans savoir quoi. Je suis frustrée … Mais je m'en contrefiche en même temps. Je passe d'un pied à l'autre, trouvant toute position inconfortable… Merde…

Finalement, je “décide” de m'asseoir sur la marche de l'entrée… En fait, je ne sais pas si c'est un choix de ma part, si tu m'y as poussé ou si je me suis simplement laissée tomber. Je suis comme entourée de coton, mes membres sont engourdis, j'ai froid… J'aimerais me réveiller, que cette journée de merde s'arrête enfin… Que j'ouvre les yeux sur mon appartement, le mien, celui que je n'ai pas vu depuis des semaines… Mon territoire… J’ai tout perdu en fait… Absolument tout… Mes yeux se posent sur mes mains, fines, faibles et tremblantes… Je n'ai plus mon nom, mais le sien. Je ne vis plus dans mon appartement… Mais dans celui-ci… Je n'ai plus d’emploi, celui qui me faisait vivre de bien des façons… Mais ce n'est pas comme si je n'avais plus rien… Seulement, ce que l'on m'a donné en échange de tout le reste, je n'en veux pas.

-Quelle importance ? Ça aussi, je l'ai perdu de toutes manières.

Je lâche ma réponse sur un ton monocorde, presque robotique. C'est dur de devoir l'avouer à voix haute, tu sais ? Mes yeux glissent vers mes mains, fines, impuissantes et tremblantes. Je croyais pouvoir tout contrôler, mon tempérament, mon boulot… Que sais-je encore. Finalement, je n'avais que l'impression de tout tenir en mains, parce que là, elles sont vides… Tout comme moi…

-J'étais...Ça fait mal...Journaliste d'investigation pour l'un des plus grands quotidiens de l'archipel. J'étais… Sûr une enquête assez épineuse, en infiltration. Ce qui m'a demandé énormément de travail… Maintenant, je ne suis plus que ta femme… Et rien d'autre...Génial non ?

Ironie ? Sarcasme ? Il paraît que le temps aide à encaisser tous les coups, même les plus durs. Le docteur Oki me dirait que ce n'était qu'un travail et que je pourrais facilement en retrouver un autre. Dans les faits, c'est tout à fait vrai… Mais ce n'est pas ainsi que je vois les choses. Là, c'est un échec, cuisant. Je subis le trop-plein de rien et le manque de tout… C'est trop pour moi… Je me renferme, comme une huître si faible au sein de sa coquille. Je ne te regarde plus, je ne vois plus rien… Je suis là, sans l'être…

C'est marrant quand même, de voir à quel point le cerveau réagit à certaines informations plutôt qu'à d'autres. Là, je ne pense pas aux recommandations de Tanaka, comme celle évoquant l'idée de quitter la ville. Non, je passe totalement outre.

-Mais oui, dans le fond, tu as raison… J'ai bien merdé...


Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Mer 26 Déc 2018 - 16:12
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiElle m’a coupé dans mon élan, j’m’attendais à c’qu’elle m’entende mais elle semble complètement déconnectée de la réalité. J’me demande même si elle m’a entendu arriver tant elle est ailleurs. Absente. Comme morte mais pourtant bien vivante. Son regard, lui, n’a rien de vif et son attitude est typique de quelqu’un qui vient de recevoir un choc important. Elle m’zieute, encore, hasardeuse. J’ai encore envie de la bousculer, de l’extirper de sa léthargie pour qu’elle exprime enfin son ressenti. Si moi j’suis comme ça, elle, elle s’contrôle encore. Elle se ferme. J’devine que si elle se met à exploser, elle risque de partir dans une crise incontrôlable et peut-être même de toucher l’fond du trou. Elle l’a bien dit, son boulot c’est toute sa vie, l’reste n’a pas d’importance et c’est là que j’devine bien pourquoi, en plus de c’qu’ « ils » appellent une tare, elle n’a pas de relations proches avec les autres. Pas étonnant qu’elle soit inculte sur l’domaine charnel. J’suis pourtant asocial pour ma part, j’ai quand même passé ce stade, sans doute à cause de mon instinct primaire. Pis on dit toujours que c’est plus facile pour un mec. J’sais pas si ça te rassure, mais c’est pas avec moi que t’auras des émotions, j’suis aussi gracieux qu’une porte de prison. Toi tu l’sais.

C’est ça, tu dois te sentir en prison ici. J’me demande si ça change vraiment de ce placard dans lequel on était coincés y a quelques heures. La seule différence réside dans la grandeur de la pièce mais finalement ça ne change absolument rien : tu continues d’étouffer. Rien ne nous appartient ici, y a pas de chez nous, pas de liberté. Le seul truc qui t’faisait vivre vient de t’être retiré. J’te dirai bien « tu vas en trouver un aut’ de boulot » mais toi, t’es pas moi et moi j’suis pas toi. Ca te consolera pas parce que ton job il te tenait à cœur, moi j’m’en tape, c’est juste mon gagne-pain. J’ai aussi des préférences et des rêves, comme tout l’monde, sauf que j’ai rien foutu pour pouvoir les atteindre et que si j’suis dans cette situation aujourd’hui, c’est bien par ma faute. J’en suis totalement conscient et pourtant je me suis pas donné les moyens. J’ai toujours détesté les études, peut-être à cause du frangin qui parvenait à tout et qui était inconsciemment porté sur un piédestal par mes parents. Lui c’était son truc, pas moi. Chaque gosse est unique et si y en a un qui réussit dans tout, l’autre peut se viander lamentablement. L’contexte y est pour beaucoup, la société aussi. « Ils » m’ont toujours dit que j’avais de la ressource mais que j’savais pas l’utiliser à bon escient, sauf que moi j’voyais pas où elle était. J’aurais dû faire des efforts, qu’ « ils » ont dit. C’est vraiment sympa mais pour l’intellect’, j’ai vraiment pas envie d’me casser l’cul, contrairement à tout c’qui est manuel. Voilà à quoi ça m’a mené. Voilà qui tu te tapes comme « mari » et j’vois bien que ça t’enchante pas, l’asiat’.

T’avais une bonne place et dégringoler les marches, ça fait mal. J’suis pas indifférent à tout ça, j’arrive à l’comprendre mais ça m’émeut pas outre mesure. Ca fait ch*er, ouais, vraiment, ça s’voit à ta posture amorphe. Tu te demandes quel sera ton avenir après ça et vivre à mes dépends, ça c’est insupportable pour toi. Tu ne veux pas te sentir inutile et puis, qu’est-ce que tu feras, là, dans cet appartement, à te tourner les pouces, toi, l’hyperactive ? C’est mourir à petit feu. J’t’écoute, mains fourrées dans les poches de mon futal, planté debout à côté de toi. J’fixe l’horizon, tournant presque sept fois la langue dans ma bouche pour essayer de ne pas déraper quand j’vais ouvrir ma boite. Eh ouais, ça m’arrive de tenter de prendre des gants, parfois.

« Boulot prenant, à risque. Quand ça pue l’danger, ça te fait vibrer mais t’as l’reste qui vient avec si tu fais un faux pas. T’as saisi une occaz’ sauf que ça s’est cassé la gueule pour une raison que j’ignore et maint’nant tu te retrouves STF. Tu vas dépendre de moi et ça t’emmerde clairement. T’as pas envie de ça hein ? Ca m’ferait une raison de te reprocher de rien foutre et de t’enfoncer plus profondément l’épée de Damoclès qui t’es tombée sur l’crâne ? C’est ça que tu penses, hm ? »

J’bouge pour me fiche devant elle puis je m’accroupis pour l’avoir bien en face de ma tronche. Le sermon arrive.

« C’est quoi qui t’fout la trouille ? De pas retrouver de boulot ou d’avoir perdu c’poste ? T’as jamais pensé à faire autre chose j’parie. Tu t’étais pas imaginée que tu pourrais être mise à la porte, alors t’as pas cherché d’alternative. Pour toi c’était pas possible de terminer comme ça, au rebut. Déjà qu’on t’a dévalorisée pendant la majeure partie de ta vie et que t’as tout donné pour obtenir cette place, alors si en plus tu perds ça… T’as plus rien. C’est la fin. Ta vie est un échec. Pourquoi l’monde t’emmerde comme ça ? T’as rien demandé ! Pourquoi aujourd’hui ? Pourquoi t’as un pu*ain de rustre de conjoint qui capte que dalle dans tes pattes ? J’lis tout ça en toi, moi. Qu’est-ce que tu vas faire après ça ? Déprimer ou te donner un coup d’pied au derche pour te relever ? Les gens qui s’apitoient sur leur sort, ça m’sort par les yeux. »

La tendresse ce n’est pas mon fort et mes encouragements sont souvent teintés de rudesse, digne de ma personnalité. J’fais pas ça pour te blesser, juste pour te réveiller. Même si t’as pas besoin de mon aide, ou de ma pitié – ça dépend comment tu vas le prendre –, j’ai mon mot à dire parce que j’vais devoir te supporter jusqu’au dernier de mes jours.

« Faut pas rester sur la chute, pis les échecs ça fait partie du jeu. On a beau être des pions, faut continuer à s’relever et se forger, tracer sa route, c’est comme ça que tu t’en sors. Même si t’es enchaîné, même si tu penses que tu vas pas y arriver parce que la douleur est trop forte sur l’moment. Dans cette vie-là, si t’abandonnes, t’es cuit. Des fois j’me demande à quoi ça sert, quel est l’sens de cette existence, pourquoi j’suis là, pourquoi j’suis né comme ça, dans cette époque où t’es esclave d’un foutu logiciel, où on attend que tu sois formaté selon un modèle précis ? On survit, on fait parce qu’il faut faire. Mais ça sert à quoi si on t’enlève le peu de joie que tu peux avoir ? Ca donne pas envie. La mort c’est sans doute mieux, hein ? Mais on sait pas c’qu’il y a après ça. Alors faut braver, faut s’battre parce que la vie c’est rien d’autre qu’une grosse épreuve et on est pas égaux sur c’plan. C’est dégueulasse, injuste. Pourquoi « moi » ? Parce que c’est comme ça, faut pas chercher à trouver la raison. Bien sûr qu’on voudrait bien façonner l’monde à not’ façon, avoir plus de ci et de ça, être comme ci et pas comme ça. C’est l’regard et l’jugement des autres qui nous font nous sentir mal, c’est ce fameux modèle préconçu qui pèse, c’est nos attentes par rapport à la normalité qui nous valorisent ou non. Si y avait pas tout ça, on verrait les choses autrement. Mais j’sais, c’est facile de dire tout ça alors que moi-même j’ai du mal à accepter la moitié des choses que j’te ponds. Y a une chose qui est sûre, c’est que tous ceux qui m’cherchent ou qui s’occupent d’mon cul au lieu du leur, ils feraient mieux de torcher l’leur en premier. »

J’ai trop parlé et c’est sans doute la première fois depuis bien longtemps que je n’ai pas autant usé de ma salive. J’suis certain de l’avoir perdue avoir mon discours décousu mais ça, c’est tout moi. J’dis ce qui me passe par la tête sans me soucier de savoir si ça va être compris ou non. J’ai toujours été un mauvais orateur et mon langage laisse à désirer, dirait Aki. J’ai pas cherché à ton consoler Mei, juste à te faire comprendre que si une porte se ferme à toi aujourd’hui, une autre, voire plusieurs, s’ouvriront à toi demain.

« Si y a un truc qui m’connaît, c’est bien les pistons, alors pour l’job, t’as pas à te foutre la rate au court bouillon. Ca t’permettra de voir autre chose et ‘têtre même de te découvrir un intérêt pour un aut’ domaine. »

J’me redresse puis, pour allier le geste à mon petit discours désastreux, j’lui tends ma main pour l’aider à se relever.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Ven 28 Déc 2018 - 22:06
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...


Bon d'accord. Si je n'avais pas encore touché le fond, je ne devais pas en être bien loin. Sans quoi, je ne pourrais décemment expliquer pourquoi toi, l'ursidé, le rustre, tu te mets à essayer de m’encourager. Du moins, c'est ce qui me semblait. Tes mots sont durs, mais empreint d'une justesse étonnante, dont je ne t'aurai jamais cru capable. Soyons honnête, ce n'était pas ton genre d’agir ainsi. Pas selon l'image que j'avais de toi, du moins. Je n'aimais pas être forcée de le reconnaître, mais je m'étais sacrément trompée sur ton compte.

J'écoutais tes paroles, encaissant chaque mot sans les trouver agressifs pour autant. J'affrontais ton regard sans te fusiller du miens, même si ce que j'entendais ne me plaisait pas vraiment. C’est d’ailleurs ce que je trouvais étonnant de mon côté. En temps normal, je ne me serais pas laissé aller à cet état amorphe et bien trop calme pour ma propre personnalité. Ce n'était pas moi, là. Je ne suis pas comme ça. Plusieurs termes m'auraient fait tiquer, piquer au vif tant tu touchais juste. Je détestais cette manière que tu avais de comprendre et de voir par-delà ma coquille. Je me sentais faible, vulnérable et j'avais horreur de cette sensation ridicule.

Je n'ai jamais été le genre de personne à baisser bêtement les bras, bien au contraire. On me connaissait pour ma détermination, cette capacité à ne jamais laisser tomber, même quand cela semble perdu d'avance. Alors pourquoi, cette fois, je me trouvais à agir de manière aussi différente ? Tout cela, c'était peut-être trop pour moi. Trop de changements brutaux survenus d'un seul coup… Et puis… Perdre mon boulot revenait à prendre le coup de grâce qui me clouait au sol… Au sens propre comme au figuré.

Je t'écoutais, vraiment… Même si je peinais à digérer tes paroles. Je n'aimais pas que celui qui me fasse la morale, ce soit toi, parce que, quelque part en moi, je sentais que tu devais être mon ennemi. Alors non, c'est clair, j'aimais mieux mourir que de devoir dépendre de toi, que ce soit financièrement ou de toute autre manière. J'avais ma fierté. Je ne pouvais m'imaginer obtenir quelque chose autrement qu'en me battant pour cela et rien d'autre. L'idée de rester dans cet appartement comme une simple femme au foyer avait de quoi me révulser l'estomac… Non, ce n'était même pas envisageable.

Je ne voulais pas de ton aide… Pas parce que je ne te pensais pas capable de me soutenir un minimum, mais uniquement par fierté. J'avais besoin de pouvoir me regarder dans un miroir sans me dire que je tenais encore debout grâce à quelqu’un… Donc, oui, tu avais raison sur toute la ligne, tu m'as bien cerné l'ursidé… Et si tu savais combien cela pouvait m'énerver. Je n'acceptais pas l'idée que l'on puisse lire aussi aisément en moi, pas quand les autres savaient se cantonner à l'image que j’affichais. Là, en m'exposant tout cela, c'est comme si tu me privais de mon intimité. Tu me privais des miettes de ma coquille pour exposer ma vulnérabilité… Crois bien que tout ceci ne pouvait être que difficilement acceptable pour une femme qui se cachait depuis de nombreuses années. L'ennui dans tout cela, c’est que j'étais bien incapable de te contredire, puisque tu avais raison. Alors, je me contentais de t'observer en silence, en attendant que tu ne termines ce bien étrange monologue.

Je me sentais légèrement penaude, un peu comme une gamine que l'on venait de punir à tort. J'avais honte… Sincèrement… Quelque part, j’étais comme prise au piège dans cette vie que je ne voulais pas… J’acceptais la main que tu me tendais, à contre-coeur, mais je ne voulais pas que tu penses que tes paroles ne m'avaient pas touché. Je l'étais… Peut-être même trop.

-Tu as raison, je ne veux pas dépendre de toi, ni même de personne en réalité. Je te remercie, vraiment… Mais j'ai besoin de faire les choses par moi-même...

Il me fallait déjà encaisser tout ceci, tout ces changements si important. J'avais la désagréable impression que ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais pas chez moi… Rien de tout cela ne m'appartenait. Je ne me reconnaissais pas dans ces meubles, cette décoration. Cela peut paraître futile, mais j'avais besoin de poser ma marque pour pouvoir me sentir chez moi… Même si cette marque ressemblait à un grand vide.

-Je vais prendre un peu de temps pour réfléchir à tout cela. Ça fait beaucoup pour moi, dis-je en barrant mon regard de ma main, comme pour calmer une migraine naissante. J'ai besoin d'air… J'étouffe...

Il me fallait de l'espace, un lieu familier, accueillant et réconfortant. Un endroit auquel me raccrocher un minimum… Le parc… Oui, voilà… Lui, je le connaissais bien pour y courir chaque jour… Cela me ferait du bien, du moins si je n'avais pas aussi mal au genou… Je soupirais en constatant que j’étais même privée de ce simple défouloir… Je me devais de garder la tête froide afin de réfléchir posément… Mais, dans de telles conditions, cela m'était purement impossible.

-Fais-moi sortir d'ici, murmurai-je. S'il te plait.

Je ne te regardais pas, je préférais éviter de croiser tes yeux d'ambre dans l'immédiat. Je n'aimais pas l'image que je pouvais te renvoyer et je me méprisais moi-même pour cette demande aux relents de supplications presque plaintives. Sans être réellement claustrophobe, je n'ai jamais supporté d'être enfermée sans occupation. Mais là, pour moi, l'effet était le même… Ces murs abjects semblaient se resserrer autour de nous et tu restais, bien malgré moi, mon seul repère. En cela, je pouvais remercier l'incontestable de m'avoir enchaîné à un visage plus ou moins familier. Je n'ose imaginer mon état face à un inconnu. Je ne crois toujours pas au destin, mais disons que pour une fois, la fatalité ne me desservait pas. Du moins, je l’espérais.

Je ne m'étais pas rendu compte que je serrais ta main comme l'aurait fait une enfant. Vraiment, je peux affirmer que je n’étais pas moi-même, pas du tout. Je n'osais toujours pas de regarder, essayant de placer les pensées d'une façon plus appropriée et plus efficace. Sauf que… Ma tête restait vide de logique et plein de regrets incompréhensibles…

Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Sam 29 Déc 2018 - 22:55
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiPauv’ minette. J’le pense réellement quand j’la vois avec son air abattu. J’suis pas du genre à m’attarder sur le cas des autres, pas que je m’en fous totalement, mais tout ce qui est sentimental, ça me va pas. Elle est vraiment paumée, elle a besoin d’aide mais bien sûr, comme je venais de lui envoyer dans la frimousse, elle me confirme qu’elle refuse ma main tendue. Elle l’a pourtant bien saisie, cette main et elle la serre sans doute un peu trop pour que je crois à ses dires. C’est évident qu’elle ment, ça se lit sur sa trombine, ça s’entend dans le ton de sa voix un peu trop monocorde, ça se voit à son corps, ses gestes un peu trop lents, les épaules un peu plus basses que d’ordinaire. Avec ça tu veux toujours me faire croire que t’arrivera à t’en sortir toute seule ? Mais, va, j’sais ce que c’est que de préserver sa fierté. Tu veux pas perdre face à moi hein ? C’est la cata’, là, tout d’suite, maintenant. Ca arrive au tout début de notre « relation », en plus. La loose, comme j’dirai. Y a pas de honte mais toi comme moi, nous on peut pas s’piffer ce genre d’expérience, parce que ça nous blesse, ça tue l’orgueil, ce vilain péché capital. C’est le propre de l’homme ça et certains en possèdent un démesuré. Souvent, ce sont les blessures, surtout celles d’enfance, qui tendent à le faire gonfler à un tel point qu’on reconnaît même plus la véritable nature de la personne qu’on a en face de soi.

Et si on arrêtait tout ça ? Si on s’disait enfin qu’on pouvait être vrais ? Vraiment vrais, pas juste un peu. Même moi, j’planque encore. Je me demande bien qui, d’entre nous deux, cache le plus de secrets ? Handicapés émotionnels, c’est bien c’qu’on a en commun. C’est pas qu’on est insensibles, juste pudiques sur ce côté-là. Finalement, j’me dis qu’on a peut-être eu du bol d’être foutus ensemble puisque ça pourra nous permettre de pas s’alarmer si on exprime pas véritablement nos affects. Y parait pourtant qu’un plus et un moins ça peut fonctionner, surtout quand l’plus complète le moins. Mais l’plus peut davantage se plaindre du moins justement parce qu’il n’lui apporte pas assez. Ca créé la discorde, ça s’termine en dispute pis au pire des cas en divorce si jamais le soutien et la confiance n’y sont pas. C’est sans doute lâche de ma part, mais c’est aussi pour cette raison que j’avais aucune envie de me retrouver avec une nénette dans les pattes, et encore moins un gars. J’peux m’estimer un minimum heureux d’être tombé sur elle. On apprendra, ensemble. Ca sera difficile avec les a priori, parce qu’on en a tous, faut pas s’leurrer. De toutes façons on peut plus faire marche arrière maintenant. Autant prendre le taureau par les cornes et commencer à faire quelque chose de ses dix doigts en utilisant un minimum son cerveau.

Quand elle me dit vouloir prendre du temps pour elle, je ne bronche pas, lui signifiant que j’ai bien entendu son souhait. J’le prends en considération et si ça peut la soulager, la réconforter, je la laisserai avancer. Et avant qu’elle ne continue, j’avais déjà deviné ce qu’elle allait me confier. J’ai déjà prononcé ces mots, à maintes reprises, lorsque je suis en pleine crise de claustrophobie. C’est là que j’ai l’impression de revivre ce malaise et c’est aussi pourquoi je ne m’attarde pas davantage pour l’emmener respirer de l’air, hors de tout ce tumulte, de la ville, du boulot, du stress, des gens. Mon expression demeure la même mais mes yeux voient, se posent malgré tout encore sur elle, sur sa silhouette que je trouve encore plus frêle sur le moment et quand j’contiens sa main, j’ai l’impression que je vais broyer sa paume dans ma poigne nerveuse. Alors j’fais gaffe. Elle, elle s’planque, au bord du mal-être, j’cherche du regard ma veste qui est restée au sol après que j’aie conduit la bridée vers le canapé pour la ramasser, traînant la brune avec moi. Elle ne me lâche pas mais continue de m’ignorer pour éviter que je ne la toise. De ma main libre, je la recouvre de mon vêtement avant de la traîner dehors, prenant les clés de l’appartement pour le refermer derrière nous.

« On s’casse. »

Tu vois, Mei, j’ai même fait abstraction de clopes. J’suis pourtant bien passé devant l’bâtiment mais j’en ai pas fait ma priorité. J’sais c’que c’est que de se trouver dans l’inconfort, dans celui-là en particulier. Alors je trace, j’te fais sans doute courir un peu trop vite parce que je presse le pas, je t’amène loin de tout, là où tu pourras renouer avec toi-même, y voir un peu plus clair dans cet épaisse masse de brouillard qui t’aveugle et qui t’empêche de respirer comme tu le devrais. Tu ne peux voir que mon dos et mes bras nus. Il ne fait plus si chaud que ça mais je m’en balance, j’y fais même pas attention. J’ai tout laissé derrière, nous ne sommes que deux pauvres êtres humains en quête de liberté, d’un autre monde. On s’essouffle, on cherche, on file vers des horizons meilleurs. On espère encore, on espère toujours. Quand il fera sombre, on se rappellera sûrement de cette nuit et on la transformera avec de nouveaux souvenirs, on écrira un autre scénario. On gommera les erreurs qu’on a commis ce jour pour essayer de rattraper nos maladresses. Ca s’verra encore un peu en-dessous quand on tentera d’y regarder de plus près mais ça sera toujours enfoui sous quelque chose d’autre, peut-être pas aussi réussi mais un petit peu mieux.

Ca fait des minutes que j’te fais courir, parce que je vais tellement vite que je te fais perdre haleine. On s’est considérablement éloignés de ce qui nous oppresse pour atteindre le parc et ses grandes étendues d’espaces verts. Ou presque. Car il n’a rien à envier au Shinjuku Gyoen qui, à côté, paraît interminable mais qui malheureusement ferme relativement tôt et, qui plus est, bourré de touristes. J’m’arrête enfin, haletant puis relâche la main de la japonaise pour passer une main dans ma tignasse que je repousse en arrière. J'lui retire sa menotte pour qu'elle puisse agir de son propre chef car maintenant c'est à elle d'y mettre du sien. J’me retourne vers elle pour la sonder avant de lui balancer un défi stupide.

« Tu perds à la course, t’as un gage bidon. C’est maint’nant. »

Tu pourras dire tout c’que tu veux de moi mais je sais qu’au fond, ça va te faire du bien, gamin ou pas. Pas besoin de toujours parler pour se vider, parfois se dépenser est plus efficace et permet de chasser les idées noires du crâne car on se concentre sur l’effort. Alors vas-y, cours, jusqu’à c’que tu sois à bout de souffle, que tu n’en puisse plus. Moi j’ai déjà piqué un sprint pour voir c’que t’as dans les tripes, l’hyperactive. Si j't'arrache ne serait-ce qu'un sourire, j’ai gagné.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Mar 1 Jan 2019 - 20:25
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...


J'étais bien loin de penser qu'il me prendrait au mot. À vrai dire, mon esprit m'avait totalement délaissé pour me laisser dans un état d'hébétude purement désagréable. Je me trouvais pourtant bien dans cette pièce aux allures bien trop étroites, étouffante, mais mes pensées se portaient ailleurs sans s'accrocher nulle part pour autant. Je ne savais donc plus où j'étais, ni même ce qu'il venait de se passer, même si ce n’était pas tout à fait exacte non plus. Disons surtout que j'en avais une vague conscience sans pour autant le réaliser pleinement. Un peu comme lors de l’annonce d'un décès, en somme… Ce qui finalement, c’était bel et bien le cas… Sauf qu’en l'occurrence, le cadavre, c'était moi.

Je le laissais donc m'entraîner sans le regarder. Je n'aimais pas moi-même l'image honteuse que je pouvais lui renvoyer dans l’immédiat, même si je me trouvais bien incapable d'agir autrement. J'étais choquée, perdue… À la recherche d'un repère… Un ancrage solide auquel je pourrais me raccrocher pour ne pas perdre pied. M'étais-je déjà senti ainsi, si faible, si vulnérable que j’en venais à me mépriser moi-même ? Non… Ou alors, je l'avais tout simplement oublié, comme s'il s'agissait d’un vague souvenir, un peu honteux, que l'on effaçait plus ou moins volontairement. Le subconscient aidant… Ou la prise de médicaments assez violents pour vous anesthésier le cerveau durant un temps.

Toujours dans mes limbes, je me laissais guider par cet homme, celui qu'on m'avait imposé. Sans demander son reste pour répondre à ma demande… Ou plutôt, mon appel à l'aide, il me traîna en dehors de l'appartement. Je ne savais pas jusqu’où il comptait me faire marcher ainsi, là où je veillais à tenir le rythme de ses pas rapides et empressés, malgré la douleur occasionnée par ma récente blessure. J'aurai bien pu regarder mes pieds, comme l'aurait fait une gamine honteuse, mais c'est bien sur son dos que se portaient mes yeux étonnés. Il ne portait rien d'autre qu'un t-shirt qui laissait ses bras totalement dénudé, à la merci du vent frais automnal, tandis que je sentais le poids d'une veste ne n’appartenant pas sur les épaules. Quand l'avais-je enfilée ? L’avais-je fait d'ailleurs ? Je n'en avais pas la moindre idée. Pour l'heure, je me contentais de suivre mon mari sans pour autant le comprendre.

En fait, je ne réalisais pas du tout qu'il faisait de son mieux pour m’aider en prenant le taureau par les cornes à ma place. Malgré ses gestes toujours aussi brusques et sa mine renfermée, Angelo m'offrait l’échappatoire dont j'avais justement besoin au moment le plus opportun. Je ne regardais pas le paysage dont je me fichais royalement, ne me focalisant uniquement sur son dos, plutôt large bien que sa carrure ne me donnait habituellement pas cette impression. Je cherchais à comprendre ses réactions, à deviner jusqu’où il comptait me tirer derrière lui, avant d'arriver sur cette étendue verte, ô combien salvatrice.

Il s'arrêta là, relâchant la main qui jusque-là se trouvait dans la sienne et que j’avais fini par oublier aussi. Quand il se tourna finalement vers moi pour me lancer une sorte de “défi”, je ne pus que le dévisager en affichant un air probablement dubitatif. Il voulait faire… la course ? Vraiment ? Je n'ai même pas eut le temps de réagir que déjà, il partit en courant comme s’il avait un yokaï aux trousses. Évidemment, je ne compris pas immédiatement où il voulait en venir, il me fallut quelques secondes pour me remettre les idées en face afin de pouvoir m'élancer à mon tour.

À vrai dire, je ne me posais aucune question, Je courais simplement pour essayer de le rattraper sans vraiment y parvenir. Mon genou me faisait atrocement mal, mais je veillais à ignorer la douleur au profit de ce sentiment de libération apportée par la dopamine. Quelques secondes suffisent à un cerveau fatigué pour libérer l'hormone apportant ce soulagement certain et recherché. Loin de ressembler à celui ressenti en pleine nature, loin de la mégapole et de la civilisation humaine bien trop bruyante à mon goût, celui-ci me permit au moins de me dépenser physiquement… Ce qui me manquait cruellement, je dois bien l'avouer. Dans ces moments-là, j'oublie tout. Je me focalise sur ma respiration, l'endroit où je pose mes pieds… Pas de destination. Il n'y a même pas de but réel comme celui de rattraper l'homme devant moi. Je ne pouvais pas, dans tous les cas, pas dans mon état, mais je n’en n'avais franchement que faire, quitte à me prendre un “gage bidon”.

Je courais simplement, me délestant peu à peu du poids accumulé dans mes muscles et qui me faisait tant souffrir habituellement. Je m'étais trop contenue, j'avais trop et pas assez extériorisé tout ce qui me pesais… Je ne savais pas faire… On m'avait conditionné ainsi. J'étais celle à qui l'on interdisait de pleurer, de crier, de trop remuer… Je n'avais pas le droit de dire “non, ça ne va pas”, je ne pouvais même pas le penser au risque de déborder par la suite. J'étais celle que l’on étouffait jadis et qui avait su prendre le relais… Mais lui… Lui faisait au contraire toujours en sorte de provoquer ces débordements si dérangeant pour les autres.

Alors, pour une fois, je lui accordais ma confiance, le prenant pour repère lorsque tout m'était retiré. Je perdis cette course, qui n’en n'était pas vraiment une, sans aucun regret, me laissant tomber au sol lorsque mon genou décida de ne plus me porter. Je m'allongeais sur l'herbe humide et fraîche, reprenant peu à peu mon souffle pour m’être tant dépensée.en si peu de temps. Je pris le temps de me calmer, réalisant que je me sentais tout de même un peu mieux même si je n’en oubliais pas pour autant la réalité. Une fois un peu plus apaisée, je tournais la tête vers lui, l'observant un instant avant de lui dire en souriant légèrement :

-Allez, vas-y, balance donc ton gage, je l'ai mérité. Mais un conseil, ne me demande pas de cuisiner si tu tiens à rester en vie.


Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Mer 2 Jan 2019 - 21:03
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiElle doit encore se demander ce qui m’passe par la tête pour me comporter de cette façon, même si elle doit quand même avoir deviné la raison de cette folie. Je connais déjà le résultat quant au gagnant de la course parce que, contrairement à elle, j’ai aucun handicap, hormis la douleur qui persiste à divers endroits à cause des coups que j’ai reçus en taule. J’me retourne même pas pour vérifier si elle me suit bien parce que j’suis certain qu’elle va faire de son mieux pour se prêter au jeu et puis, elle n’a pas vraiment le choix. Si elle n’y met pas du sien, elle se retrouvera derrière et me perdra de vue. J’crois pas que ça soit le bon moment pour elle mais pour ne pas la blesser davantage dans sa fierté, j’y mets du mien et j’l’estime à sa juste valeur en ne ralentissant pas pour voir c’qu’elle à me donner. J’entends ses pas derrière-moi, elle n’est pas encore trop loin mais je devine que la distance entre nous s’agrandit et elle pourrait se creuser encore plus si j’décidais de la lâcher.

Pourquoi je me fous à penser ça ? J’suis loin d’être sentimentaliste et… Attends, j’me suis déjà fait cette réflexion il y a quelques temps. Je radote déjà ? J’me fais déjà vieux, à mon âge ? Ça craint, Angie. J’ai l’étrange sensation que si j’reste au contact de certaines personnes, je pourrai bien me ramollir. Ou peut-être que j’ai décidé de vouloir escalader la barrière que j’me suis foutu depuis un bon nombre d’années. Mais j’suis aveugle, j’le vois pas ce foutu obstacle parce que je me dis simplement que j’ai toujours été comme ça. Et… Merde, merde et remerde. Ça va pas. J’gamberge de trop. Pourquoi maintenant ? Peut-être que, malgré moi, j’m’identifie à l’asiat’ et la voir se décomposer de cette façon me rappelle des choses du passé, ce passé que je déteste évoquer. Pas par lâcheté mais parce que c’est fini et que j’ai pas besoin ni l’envie de revenir dessus. A quoi ça servirait d’ailleurs, hormis à raviver des blessures qui ont réussi à cicatriser ? J’m’en tape, allez vous faire voir.

J’grogne puis me mets à secouer la tête comme si j’avais la tignasse trempe, pour chasser mes pensées. J’sais pas si elle m’a vu mais si jamais elle me pose la question, j’lui dirai que c’est de la faute des bestiaux qui m’tournent autour du crâne. J’pue pas encore, rassure-toi la bridée. J’m’arrête enfin, parce que j’estime que j’ai franchi la ligne d’arrivée et que je me suis assez trituré les méninges, à me laisser envahir par toute cette réflexion qui n’a rien à faire là. Alors j’range tout, bien au fond d’mon cerveau, pour pas que ça rejaillisse de sitôt. Pantois, je reprends mon souffle, mains posées sur mes cuisses, le dos voûté, avant de tourner la tête vers la boiteuse qui déclare forfait quelques enjambées plus tard. Elle s’affale dans l’herbe, vaincue, épuisée mais… Et elle sourit. J’ai gagné. Alors à mon tour, mes lippes s’étirent subrepticement, une lueur de satisfaction brillant dans mes yeux fauves. Je m’assieds à ses côtés, mon regard croise le sien, le pénètre encore. Au fond, j’te préfère comme ça, la bridée. C’est pas grand-chose mais c’est toujours une première étape vers l’ascension du Mont Pénible.

Elle veut connaître son gage mais j’ai décidé de lui en faire la surprise quand nous rentrerons, histoire de la faire un tant soit peu mijoter sur un autre sujet que sur la perte de son boulot, même si je suis tout à fait conscient qu’une fois la distraction passée, elle retombera dans ses sombres heures.

« J’te l’dirai tout à l’heure, tu s’ras pas déçue. »

J’ai déjà mon idée derrière la tête et crois-moi, la japonaise, tu m’en diras des nouvelles. Le silence s’installe entre nous pendant que je la quitte des mirettes pour me concentrer sur le paysage, évasif. Ma senestre est plongée dans le gazon frais pendant que ma dextre est suspendue dans le vide, pendant mollement au bout de mon bras au coude appuyé sur ma jambe repliée. La bise automnale me tire quelques frissons mais ne suffit pas à me refroidir suffisamment pour que je grelote. Ma veste, je la lui laisse pour ne pas qu’elle se chope la crève, surtout après une course qu'on vient de se farcir. C’était pas un marathon non plus mais l’effort a été suffisant pour la faire transpirer un minimum. Là, j’apprécie le calme environnant, me plongeant aisément dans cette ambiance vide de tumulte, de stress, d’obligation. Je sais que c’est aussi le cas pour elle, c’est pour cette raison que je l’ai amenée ici. Même si je ne l’avais pas connue avant, ma destination aurait été la même parce qu’en mon sens, rien ne vaut la nature pour vider son esprit. Après quelques rêveries, je finis par m’allonger à mon tour, faisant cette fois face à l’étendue céleste, rompant la quiétude par ma voix aux notes âpres.

« Ça vaut pas cette fois mais c’est toujours mieux que d’être coincé à l’intérieur. Si c’était que de moi, j’passerai mon temps à vivre dehors. Mais pas ici. »

Toi aussi, hein ? Pas besoin de me le dire, tu transpires ce même désir, Mei.

« Ça t’fait quoi, là, maint’nant ? »

Tu sais ce que j’veux dire et j’ai pas besoin de te donner plus de précisions que ça. Une fois que t’auras fini de te livrer, que t’en auras marre, on partira d’ici pour tenter de supporter notre avenir à deux, dans cette même galère. Aujourd’hui, j’t’offre un bonus parce que ça serait vraiment dégueulasse de ma part de remuer l’couteau dans la plaie alors que tu t’es tapé une crise et que tu t’es payé une mauvaise nouvelle.

« P’t'être que tu devrais voir ta grand-mère, elle peut t’aiguiller pis ça pourrait t’aider à mieux réfléchir, là-bas, hors de tout. Parce que tu dois pas encore savoir quoi faire, c’est trop récent. Mais turbiner dans c’boui-boui c’est pas la bonne soluce. Vas-y seule s’tu veux, t’auras aucune espèce d’influence, fais un genre de retraite ou tu prends un peu d’temps pour te vider l’crâne et s’il te faut quinze jours, ça s’ra quinze jours. Tu vas m’dire que tu pourras pas à cause de l’Incon’, du mariage, tout ça, mais j’bosse et j’pourrai pas me détacher. On trouvera un plan. Pour l’devoir conjugal on s’en fout, j’sais comment m’occuper d’mon cul, j’l’ai fait pendant des années. Et l’Incon’ j’l’emmerde. »

Je sais même pas comment je vais faire ça encore mais j’y mettrai du cœur à l’ouvrage parce que si ça m’arrivait, j’aurais trouvé un moyen pour arriver à mes fins. Après ça, j’te donne le gage, promis.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Ven 4 Jan 2019 - 18:09
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...


Un moment de calme, de paix somme toute subjective, mais qui me fit le plus grand bien. J'en oubliais presque la douleur, mes dernières émotions, même si l'inquiétude et les regrets n'étaient jamais bien loin. Je me permis donc de souffler un peu, observant le ciel citadin aux couleurs bien ternes en comparaison de celui, tellement plus azuréen, de la campagne familiale. Mais même terne, la vue céleste faisait son œuvre sur mon esprit torturé, aussi m'autorisais-je une bien maigre évasion, sitôt ramenée à la réalité par la présence de l'ursidé.

Je l'observais, tandis qu'il reprenait peu à peu son souffle après la course. Je le revoyais cracher ses poumons de fumeur en haut de cette montagne, en notant également que je ne l'avais pas encore vu fumer de la journée.

-Double emploi, ça décrasse la tête et les poumons. Comme quoi, tu n’as pas fait ça pour rien, raillais-je gentiment sans qu'aucune teinte d'animosité ne perce à travers ma voix.

Malgré ma reconnaissance, j'aimais mieux user de taquinerie plutôt que de remerciements. Il avait fait cela pour m'aider. Pour me faire oublier mes problèmes, même si ce n'était que pour un petit laps de temps. Voilà donc ma manière de lui prouver qu'il avait réussi son coup. Je lui avais demandé la nature de mon gage tout en sachant qu'il ne me répondrait pas de sitôt. Je commençais à le connaître, l'ursidé, comme je savais pertinemment qu'il veillerait à me faire mijoter encore un peu simplement pour que je pense à autre chose… Et effectivement, cela fonctionnait plutôt bien, puisque je ne pus m'empêcher de me demander à quelle sauce, il allait me manger.

-Comme c'est étonnant...

Il était étrange de noter l'évolution de notre relation. Au fil de nos rencontres, certaines choses avaient changé, et même s'il m'arrivait encore de vouloir le voir comme un crétin congénital, aussi aimable qu'une porte de prison… Ou plutôt comme la face interne d'une vierge de fer, je me retrouvais bien obligée de constater qu'il était tout à fait l'inverse… Les pics acérés restant, évidemment, toujours présents. Kurue avait vu juste à son sujet, il suffisait de lui laisser un peu de temps pour voir sa gentillesse cachée sous la tonne d'acier trempée. Gentillesse déguisée, certes, mais tout à fait présente.


Je le laissais se perdre dans la contemplation du ciel, n'avions ça en commun après tout. Encore une fois, ses paroles rejoignaient mes pensées quant au fait de vivre en extérieur, dans un cadre un peu plus sauvage et moins quadrillé. Lui et moi avions les mêmes besoins, même si nous devions faire avec les cartes que nous tenions en mains.

Je haussais toutefois un sourcil à sa question, me demandant brièvement où il voulait en venir, avant d'essayer de comprendre mon ressenti coincé quelque part au milieu de mon foutoir cérébral. Mes pensées et mes émotions avaient la sale tendance de s'entremêler avant de redoubler en intensité. Il m'était donc bien souvent difficile de les comprendre moi-même. Je ressentais, certes, mais j'avais besoin de trouver une certaine logique à mes émotions… Ce qui forcément, ne pouvait fonctionner… Alors essayer de décrire ce joyeux bordel constituait un exercice des plus difficile.

-Tu m'en demandes un peu trop, Bennett, répondis-je avec regret. Je suis juste perdue là… Quelque part entre le bien-être et la détresse, je ne sais pas vraiment qu'en penser.

Je doutais que ma réponse lui convienne, ou qu'elle soit simplement comprise. Je savais que ma personnalité particulière avait de quoi en déranger plus d'un. À force de se contenir en permanence, on en vient forcément à s'oublier quelque part… Et j'ai toujours eu mauvaise mémoire en ce qui me concerne.

Je l'écoutais me parler d’une retraite chez les Kitano. Effectivement, revoir mes grands-parents me ferait le plus grand bien… Je songeais à la couleur des érables correspondant à la saison que j'aimais tant… Mais non…

-Non… Pas maintenant, soufflais-je en me relevant. Je ne ferai que l'inquiéter davantage… Elle est âgée, elle chercherait à m'encourager au mieux, mais… Non, elle est âgée et je ne veux pas être encore un poids pour elle.

Je la connaissais suffisamment pour affirmer que ce n'était clairement pas le bon moment pour me rendre à Miyama. Je ne pourrais jamais lui cacher le moindre de mes troubles, pas à elle qui voyait clairement à travers les autres… Il suffisait de voir comment elle agissait avec Angelo. De plus…

-Que nous le voulons ou non, l'incontestable nous maintient attaché l'un à l'autre. Je ne peux pas partir aussi faiblement… Pas sans toi, du moins. J'aime autant ne jamais revoir cette cellule, et encore moins de devoir en découvrir une autre.

Un soupir s'échappa une fois encore lorsque je réalisais pleinement à quel point notre vie allait se compliquer. Le soleil déclinait, même si nous ne pouvions pas le voir à cause de ces fichus buildings. La ville revêtait sa robe oppressante, si l'on suppose qu'elle l'eût quitté à un moment ou à un autre… Certains aiment voir les lumières s'allumer l'une après l'autre, pas moi… Pas d’aussi près du moins. Pour moi, une telle cité ne peut être belle que vue de loin… De près, elle est seulement étouffante.

-Nous devrions rentrer, déclarais-je.Il me semble que tu as un gage stupide à me donner.

Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Sam 5 Jan 2019 - 16:25
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et Mei« Tu m’en demandes un peu trop ». C’est pas la première fois que je l’entends de ta bouche, celle-là. Je cause déjà pas énormément, sauf aujourd’hui parce que c’est une exception, alors quand tu me sors un truc pareil, ça m’donne envie de rire. D’habitude on me reproche l’inverse mais toi, si ma mémoire est bonne, ça fait deux fois que tu fais la réflexion. Peut-être bien que j’en demande un peu trop mais ça m’permet de voir si t’as les idées un petit peu plus claires après cette petite expérience physique. Bien sûr qu’il faut pas s’attendre à un miracle mais en général, ça permet d’avoir un minimum de recul. J’ai toujours été meilleur conseiller pour les autres que pour moi-même, et encore, c’est simplement parce que t’as été désignée « Madame BENNETT » que j’t’en fais cadeau. Sans ça, on se serait pas revus, on n’aurait rien poursuivi et on se s’rait oubliés comme quand t’efface un mauvais souv’nir de ta caboche. Ni toi, ni moi n’aurions fait l’effort de reprendre contact, surtout pas après le flop de notre rencontre inopinée et singulière.

Aujourd’hui, il semblerait que les choses se soient bien goupillées puisque, dans ta détresse, tu ne te retrouves pas complètement esseulée, face à toi-même. Aurais-tu eu le courage d’aller demander de l’aide à quelqu’un ? Ça m’étonnerait, parce que si on a été maqués l’un à l’autre, c’est bien parce qu’on a les mêmes tares caractérielles. La preuve est que tu refuses clairement l’appui de mamie Kurue mais ça c’est parce que tu penses à sa personne, tu te mets en retrait, en second. Voire en troisième ou carrément tout au fond de la pièce pour être certaine qu’on te remarque pas. J’m’imagine un peu comment t’as pu te comporter dans ton adolescence, surtout en classe. Si t’as utilisé ce moyen de défense en voulant régler ton problème par toi-même, à cette époque ça devait être semblable. Ou pire. Tu devais agir le plus discrètement possible, parler peu, rester à l’écart de tout cet amas de chair grouillant et étouffant, jugeant, bruyant. Pas qu’on soit si nombreux que ça au vu de la conjoncture mais l’individualisme a tué l’humanité, le soutien, la confiance. Alors tu fuis, t’essaies même pas de nouer avec autrui. Parce que si en plus t’as un « défaut » qui ne plaît pas, pourquoi prendre la peine de tenter ? Pour t’essuyer un revers ? Des insultes qui visent encore plus à te tuer dans l’œuf ? C’est inutile. Tu te mures, tu t’enfermes et tu t’y habitues. T’y fais carrément plus gaffe mais c’est seulement quand tu dois te remettre dans le bain social que tu sens que ça cloche. Ça te rebute, l’envie n’est pas là, ça devient même un supplice dans certaines circonstances. Tu sais, ces fameuses réunions à la c*n dans lesquelles tu revois tes anciens camarades de classe ? Même sous l’ère de l’Incon', ça se fait encore puisque c’est une « coutume » japonaise. Là c’est le lieux de toutes les critiques, des comparaisons, où tu te fais dévorer des yeux, couvrir de ragots tout aussi dégueulasses les uns que les autres. J’ai abandonné depuis longtemps toutes ces choses qui ont tendance à me pourrir l’humeur et j’m’en plains pas.

A tes mots, la nippone, mon oreille s’est dressée lorsqu’on atterrit en son creux « Pas sans toi ». Je sais qu’ils n’ont aucune valeur affectueuse, juste que t’as pas envie de revivre un événement désastreux. Je peux pas n’on plus m’imaginer que tu pourrais éprouver quoi que ce soit à m’on égard, hormis de la colère, du ressentiment, peut-être de la méfiance. On ne se connait pas et le lien demeure fragile, ça tient que sur un fil tout ça. On se parle en ce moment même, j’fais des efforts et l’heure n’est pas à la dispute mais on sait pertinemment que ça peut exploser en un rien de temps. Un mot trop rude, une remarque mal placée, une attitude trop agressive et ça vole en éclats. Faut pas se leurrer. Je reste asocial, exécrable, brut et toi, sur la réserve, ta fierté vissée au corps mais avec une certaine sensibilité.

« J’suis pas prêt d’la revoir maintenant la cellule. Pis la prochaine, c’est la bonne pour moi : j’clamse direct. »

J’lui en parle comme si c’était un fait absolument banal. Ça ne m’inquiète pas plus que ça et ça peut paraître effrayant. Me suis toujours dit que je vivrai pas vieux et que mes conneries m’enverraient à la mort tôt ou tard.

« T’as plutôt à craindre que j’me soulève contre le système et que j’finisse à l’abattoir, c’qui ferait de toi une veuve. »

Ça y est, mon envie de fumer me prend, je triture l’herbe de mes doigts et mes jambes montrent un mouvement d’impatience. Le sevrage n’est efficace que lorsque je suis réellement en dehors de ces murs, ce des tours de béton qui obstruent l’horizon. Elles sont trop hautes, trop nombreuses, trop sombres. Pourquoi l’Homme veut-il toujours s’élever pour vouloir toucher l’ciel ? C’est peine perdue, il gaspille son temps. L’ciel tu l’atteins que quand tu crèves et surtout si t’as eu une vie respectable. Laisse-moi te dire que c’est pas mon cas. Il paraît qu’il est jamais trop tard pour se rattraper. J’verrai bien de quelle façon je tournerai avec la bridée, pour l’moment je suis pas encore branché sur l’changement.

J’me redresse enfin, lorsque l’obscurité gagne du terrain, mettant un point d’honneur à notre conversation. Il est temps de rentrer et de tenir la promesse que j’ai faite à la brune, d’autant plus que je dois sérieusement m’acheter des clopes si je veux tenir l’coup pour les jours à venir. Debout sur mes pattes, chassant les saletés collées à mon arrière-train de ma main gauche, j’entame ma marche sur la route du retour, sans me retourner. Encore une fois, elle se retrouve confrontée à mon dos et à mes bras à la chair rafraîchie par la température automnale. J’me les pèle mais n’en dis rien. Je marche d’un rythme soutenu, histoire de me rendre plus vite au grand konbini du coin pour mettre en œuvre mon gage, sommant la jeune femme de m’attendre à l’extérieur sous prétexte que je n’en avais pas pour longtemps. Elle a eu raison de me faire confiance puisque dans les minutes qui ont suivies, je me pointais déjà devant elle, sac en plastique à la main. Nouveau paquet de cigarettes en main, j’extirpe un bâton de nicotine du contenu avant de me le coincer entre les babines, fouillant dans la poche de mes jeans pour me saisir du briquet. J’la grille avant de tirer une bonne taffe dessus, recrachant la fumée non sans apprécier l’effet qu’elle me fait au corps. J’me détends, oubliant même la chair de poule qui couvre mes bras nus.

« Allez, on trace. J’espère que tu tiens l’coup, j’augmente le rythme. »

J’la zieute elle et son genou puis lui emboîte le pas pour servir de nouveau de guide jusqu’à ce que nous atteignions le domicile au bout d’un quart d’heure. J’pensais pas que j’l’avais fait crapahuter aussi loin, elle risque de m’en vouloir demain, quand la douleur la privera d’une démarche aisée. J’souris à moi-même quand j’y pense, déverrouillant l’entrée. J’referme la porte derrière elle, me déchausse dans l’entrée et me rends à la cuisine pour déposer le sac sur la table.

« Pose ton cul, l’gage va commencer. »

Qu’est-ce qui surgit dans ta petite tête, derrière tes sourcils légèrement froncés, hein ? J’t’observe, toi et ton expression. T’as une idée ? Même si t’as pas la réponse, j’viens de te la donner en sortant une bouteille de sake du barda.

« Tu vas devoir m’siffler un verre complet de cette bouteille pour avoir perdu à la course. Faudra que tu puisses rejoindre la chambre en marchant droit après ça. »

J’sens que je vais m’amuser à la voir faire et je ne lui laisse pas le choix, sinon ça serait se dégonfler. Ça sera l’occasion de voir si elle tient l’alcool mais quelque chose me dit qu’elle n’est pas du genre à être pilier d’bar. J’ouvre le placard, me munis de deux grands verres pour installer le sien devant sa frimousse. J’la scrute encore, comme si je surveillais la moindre de ses réactions. Est-ce que t’as confiance en toi, là ?

« Comme j’suis sympa, j’vais t’accompagner mais seulement une fois que t’auras bu. »

Glug glug glug. Le liquide translucide coule à flot dans les réceptacles, je repose un peu trop durement la bouteille sur le meuble puis m’installe devant la candidate, la fixant sérieusement, droit dans les mirettes. Sur mes lèvres, fleurit un rictus, à peine visible pendant que je'entonne l’ordre de procéder à la sentence.

« C'est ton tour, bois. »

Et moi j’vais me marrer à te regarder faire, après quoi tu me détesteras davantage, seulement s’il te reste des souvenirs de ce désastre.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Dim 6 Jan 2019 - 16:31
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...



On pourrait facilement croire que l'on est calme là, hein ? Alors qu’en réalité, c'est tellement faux. Je suis apaisée, du moins, ça ressemble un peu à ça, même si je ne le serais jamais tout à fait, pas ici et certainement pas après tout ça. Mais toi, l'ursidé, ta colère et ton amertume ne sont jamais bien loin, ces mots acides sont là pour le prouver. Tu parles de révolte et de mort comme si tout cela ne représentait rien. Tu parles de te soulever, toi petit homme, face au système et à la bien trop grande machine… Que pourrais-tu y faire hein ? Mis à part mourir bêtement pour rien… Parce que rien d'autre que ta mort ne pourrait en découler et le pire, c'est que tu le sais.

Je me demande alors à qui ils m’ont marié. Qui est cet homme étrange à mes côtés, tantôt agressif, tantôt compréhensif… Un esprit trop évasif, presque versatile pour que je puisse le comprendre ou simplement le suivre. Ça aussi, c'est peut-être trop me demander. J’ai toujours été nulle avec les autres, un peu comme si j'étais la Némésis de tout le monde, celle qui ne devrait pas être là parce que trop différente pour s'intégrer à une société multi-case. Je ne suis pas faite pour entrer dans une de leur boîte, j'ai essayé de vous le faire croire, mais le résultat est le même : je reste dehors. Mais c'est aussi ton cas, n'est-ce pas Angelo ?

Alors non, je ne réagirai pas à ce qui ressemble à une énième provocation de ta part. Mon avis ne t'importe que peu, voir pas du tout. Mais intérieurement, je n’en pense pas moins. Je me dis que, quelque part, tu n'as aucune conscience des réalités. Ou alors, peut-être n’accordes-tu aucune importance à ta vie, j'en sais rien trop rien, je ne te connais pas.

Tant pis, on verra bien avec le temps, je ne me permettrai aucun pronostic. Je n'en ai pas envie. Je me contente de te suivre, à mon rythme, tant pis si tu me sèmes en route, je connais le chemin… Je crois. Tu t'arrêtes acheter ton poison, je ne dis toujours rien. C'est ton problème, pas le mien.

Je commence à boiter de plus en plus, mon genou me fait sacrément mal, mais je ne m'en plains pas. Ça, c'est mon problème, pas le tien. Lorsqu'on arrive chez nous, je grimace un peu en retirant mes chaussures, puis je vais m'installer sur le canapé… J'attends avec appréhension ce fameux gage et, en apprenant sa nature, je comprends que j'avais de bonnes raisons de m'inquiéter.

-Hein ? Mais qu'est-ce que c’est que ce gage de poivrot? Je ne t'imaginais pas comme ça...

J'imaginais quoi en fait ? Bof… je ne sais pas trop, mais clairement pas ça. Plus de devoir faire les courses, ranger ses affaires… Mais pas de boire un verre de saké. Alors forcément, je ne peux que le dévisager en me demandant ce qu’il peut bien avoir dans la tête celui-là.

-Tu te fiches de moi...

Ce n'est clairement pas une question, seulement une constatation. J'ai toujours eu horreur de tout ce qui pouvait jouer sur mon cerveau et m'empêcher de réfléchir correctement. L'alcool en est le parfait exemple… Je ne le tiens pas, ne le supporte pas. Un seul verre suffit à me faire tourner la tête et ce saké est autrement plus fort qu'un vulgaire verre de vin. Donc, non, je ne suis pas rassurée. Je ne veux pas le faire… Je l'observe remplir les deux récipients avec une appréhension bien visible.

-À quoi tu joues, l'ursidé ?

À mon tour d'être un tant soit peu amère. Je ne me déroberais pas, évidemment. Ce n'est pas mon genre… Mais bon sang ce que ça peut m'emmerder cette histoire. Je me saisis donc du verre, sans le quitter des yeux pour mieux le foudroyer du regard. Ma contrariété doit se lire sur mes traits, mon dégoût aussi lorsque le parfum trop fort de l'alcool me parvient aux narines… L'enflure… En plus d'être fort, ça semble carrément dégueulasse ce machin. Tant pis… Je ne peux pas reculer, mais il le regrettera autant que moi, ça, je peux l'affirmer.

Je finis par en boire le contenu, cul-sec, comme on dit. L'alcool me brûle de l'intérieur, me fait tousser aussi bruyamment que douloureusement. Je place ma main devant ma bouche sans quitter le verre, le temps de terminer de m'époumoner à coup de toux. Le goût est franchement atroce, j'ai l'impression d'avoir ingurgité du désinfectant… Beurk

Je pose mon verre, le faisant toquer sur la table, signe que j'avais relevé une partie de son défi.

-À toi, gros malin.

Je le laisse s'exécuter, guettant ses propres réactions, histoire de savoir s'il est plus habitué que moi à ce genre de chose… J'attends… Mais l'alcool monte bien trop vite à mon cerveau, l'enveloppant d'un nuage cotonneux désagréable… Punaise… c'est bien un sourire qui m'étire les lèvres-là ? Pourquoi j'ai l'impression qu'il est niai, en plus ?

-Tu fais chier l'ursidé, dis-je en éclatant de rire comme une idiote.

Et merde...

Codage by LaxyDunbar
Angelo Bennett
Messages postés : 162
Inscrit.e le : 25/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Mei Sugawara
Autre:
posté
le Jeu 10 Jan 2019 - 18:49
par Angelo Bennett


Toi + moi = nous.

Angelo et MeiCe gage de poivrot ? Son expression a vraiment failli m’arracher un rire et surtout la tête qu’elle a tiré quand elle a vu les bouteilles. T’as bien compris ce qui allait t’arriver la japonaise et tu ne pourras pas te défiler même si je sais que t’en as envie, là, tout de suite. Et dire que tu m’imaginais pas comme ça ne m’étonne pas non plus parce que je peux être imprévisible. Bien souvent on se fait une image du personnage selon l’attitude qu’il a, sa façon de parler mais seulement sur un champ restreint. Après tout, on ne vit ensemble que depuis quelques heures et ce ne sont pas les rencontres qu’on a faites qui vont te donner une idée précise de celui que j’peux être, Mei. Alors quand tu te lamentes sur ma nature, ça me passe complètement par-dessus. Malheureusement pour toi, j’me fiche pas de toi et tu peux l’voir parce que je suis déjà passé à l’action.

Avant qu’elle ne remplisse sa part du marché, je lui réponds pour affirmer mon but qu’elle connait déjà.

« A rien. J’veux juste voir ta réaction face à ça, c’est aussi simple. Faut pas chercher loin parce que j’suis pas un cérébral, j’t’apprends rien. »

Tu peux lever les yeux au ciel si tu veux, et que j’passe pour un sombre crétin ne m’atteint pas pour l’moins du monde parce que d’autres l’ont dit avant toi et puis je me fous bien de ce que pensent les autres de moi. J’en profite peut-être même un peu, de passer pour un c*n, ça me permet de pouvoir mettre en pratique des conneries plus grosses que moi. Mais en général, tu t’aperçois, si tu me connais un minimum, que ma tête n’est pas si vide que ça. Là, j’en suis pas à me la prendre, plutôt à te faire passer une soirée particulière, un truc que t’as peut-être jamais expérimenté. Tu m’tueras sûrement après ça mais une chose est sûre, tu vas pas en clamser. J’me demande si quelqu’un a déjà osé te faire un coup pareil ?

La voilà qui m’assassine de ses mirettes sombres, tandis que j’reste parfaitement calme, un tantinet provocateur. J’soutiens son regard, l’attendant de pied ferme et quelques minutes après, Madame boit, non sans avoir grimacé quand l’odeur de l’alcool lui a envahi les narines. Elle tousse, la novice, manquant de s’étouffer. Cui-là n’est pas si fort que ça mais elle n’a pas l’habitude et ça se voit par cette réaction mais aussi dans ses gestes. Moi, j’attends qu’ça monte parce que j’sais que ça va pas tarder. T’as l’alcool bon ou mauvais, la bridée ? Elle trouve encore la force de me défier, ce à quoi je peux répondre aisément puisque, contrairement à elle, j’ai déjà côtoyé les tords boyaux. Sans la quitter du regard, je me saisis du verre mais je m’arrête en voyant son espèce de sourire hilare peindre ses lippes. Ça y est, elle part en live. Et son rire incontrôlé me le prouve.

J’ai pas calculé combien de temps elle a mis pour atteindre cet état mais au vu de sa performance à siffler son verre tout en tenant compte du fait qu’elle ne picole pas, sans oublier son estomac vide, il s’est passé quelques minutes. La suite, elle aura du mal à la capter ou alors elle rira à n’importe quoi.

« J’devrais compter l’nombre de fois quand tu m’le sors, la bridée. Mais regarde plutôt ça, si tu veux voir comment j’te descends l’verre, j’te montre. »

Cette fois, j’y vais, je colle le contenant à mes babine et avale la bibine à grandes goulées jusqu’à ce qu’il soit vide. Avec ça, j’vais me sentir bien mais pas encore pompette ou alors juste un peu. Ça sera suffisant pour me rendre un poil aimable et davantage enclin à la conversation sauf que ça, tu risques de l’oublier demain. J’la zieute, prêt à la tester sous son état d’ébriété.

« C’est pas ta première hein ? Ou p’têt’ bien qu’si. Tu m’en veux si j’clope à l’intérieur ? T’as mal à ton g’nou u tu t’en fous ? T’as faim ? »

J’abuse, j’le sais. C’est pas sympa de lui faire subir ça, m’enfin tant qu’on y est, on va creuser un peu plus loin parce qu’on sait que de toutes façons, c’est pas un truc qui se fera souvent et d’ailleurs je suis pas du genre à profiter de la faiblesse d’autrui gratuitement ou à faire des sales coups de ce type.

« J’suis pas là pour m’foutre de ta gueule, qu’ça soit bien clair dans ta p’tite tête. J’te laisserai tranquille après ce gage. »

J’ai même pas attendu mon avis que je sors déjà un clou de cercueil du paquet qui demeure dans la poche arrière de mon futal pour la lover entre mes lèvres. J’l’allume, l’odeur du tabac monte quand la fumée se dégage. J’me cale dans la chaise, un coude appuyé sur le haut du dossier, désinvolte. Et j’l’attends. Je sais qu’elle va causer. Je sais pas encore de quoi mais elle va m’en dire, elle risque de se livrer sous sa légèreté, de penser que tout n’est pas si grave. Voilà pourquoi certains se saoulent tous les jours, rien que pour oublier le monde dans lequel ils vivent, pour trouver une échappatoire. Mais c’est pas ça la vie, c’est pas fait pour te ruiner la santé.

« J’ai d’jà essayé d’arrêter la clope mais j’ai pas réussi »

Pense-je à haute voix. J’aurais jamais dû essayer cette merde, j’en aurais pas été dépendant aujourd’hui. J’suis conscient des risques que ça entraîne mais pourtant, j’continue. La vapote n’a rien à voir, ni la e-cigarette. Pas les mêmes sensations.

« M’étonnerai que tu t’lèves vu comme t’es torchée. La faute à Angie, hein ? Aki m’disait la même chose quand il voulait m’emmerder et aussi parce que j’en f’sais toujours des pas possibles. L’daron il se demandait toujours comment j’avais fait pour tourner comme ça, parce que c’est pas lui qui m’a filé une éducation pareille. Mais la mère non plus. Faut d’mander ça à tous ceux qui sont autour et qui te rendent comme ça. R’marque, il parait que j’tiens d’mon vieux, que c’était une tête dure lui aussi. Faut bien tenir de quelqu’un hein ? »

J’me lève de ma chaise pour aller remplir une tasse d’eau froide puis la dépose devant ma « femme » pour qu’elle se rince le gosier avant de me réinstaller avec la même impolitesse.

« Ça va t’faire décanter un peu ça mais après tu m’montreras comment tu fais pour mettre un pied d’vant l’autre. »

Seulement si t'en es capable.
©️ YOU_COMPLETE_MESS
Mei Bennett
Messages postés : 189
Inscrit.e le : 12/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Angelo Bennett
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Lun 14 Jan 2019 - 13:38
par Mei Bennett
Toi + Moi = Nous ...



Il m'arrive parfois de me demander si l'univers ne se ficherait pas de moi, en fait. Non, vraiment, j’ai des doutes… Et je ne dis pas cela uniquement parce que mon esprit chaotique se retrouve un chouïa embrumé par l'horreur que mon… “mari” m'a poussé à avaler simplement pour “voir ma réaction face à ça”. Donc, si je ne peux pas affirmer avec certitude que les intentions de l’univers à mon égard soient douteuses, je peux néanmoins affirmer que les siennes, à lui, le sont forcément. Allez savoir s'il s'agit là d'une forme de sadisme… En tout cas, je l'observe vider son verre, comme si de rien n'était, alors que j'avais cru sentir mon œsophage fondre au passage de l'alcool. Pfff…

-Ma première quoi ? lui demandé-je en haussant un sourcil. J'ai une tête à picoler ? J'ai mieux à faire de ma vie, ou du moins, j'avais.

Je pouffe, l'air de rien. Remettant, une fois encore tout sur le dos de l'univers, intérieurement, bien entendu. Je ne voudrais pas qu'il me prenne pour plus folle que je le suis… Il ne manquerait plus que ça. Il me sert alors une série de questions parfaitement inutiles, puisqu’il n'attend pas ma réponse pour allumer sa fichue cigarette. Son peu du parfum emplit immédiatement tout l'espace nous entourant…

-Hey ! Pas de clope à l'intérieur, non !Sinon je t'assure que je ferai tout pour camoufler l'odeur en allumant des bâtons d'encens un peu partout dans cette foutue baraque.

Cette fois, je grogne, j’ai l'odeur du tabac en horreur. Personne n'a jamais fumé chez moi, ça ne se faisait pas. Mon père ne nous aurait certainement pas pardonné de tenter cette expérience-là… Alors… Forcément, c’est une idée probablement stupide qui me vient à l’esprit.

-Ah… Quoique…au point où j'en suis...
Un petit sourire, pour la forme et je lui pique son bâton fumant pour le placer entre mes lèvres. J'inspire une grande bouffée empoisonnée qui me fait évidemment tousser comme une perdue, mais je n’abandonne pas pour autant. La quinte passée, j'en avale une autre qui ne me fait rien… À part me faire un peu plus tourner la tête… Tant pis… J’avise ensuite mon genou, jaugeant son apparence qui n'a rien de rassurante… Je le trouve anormalement enflé, légèrement bleu… Techniquement, je devrai me rendre à l’hôpital pour faire une radio… D'autant plus qu’il me fait effectivement souffrir… Mais je mens tout en sachant que je le regretterai plus tard.

-Ça ira.

Je l'écoute m'affirmer qu'il ne cherche pas à se moquer de moi… Bah voyons. Je sais, moi, que c’est là une autre manière de me provoquer...De voir de “quoi je suis capable”. Alors il me fait bien rire avec ses affirmations.

-Oui bien sûûûr...Jusqu’à la prochaine fois, hein. Je sais que tu t'amuses à me provoquer. Tu as juste testé une autre manière pour parvenir à me faire sortir de mes gonds. Sérieusement, c'est à croire que je ne suis rien d'autre que ton cobaye.

Je tire une autre bouffée de fumée, plus profonde, plus épaisse… Et lui souffle dans la figure.

-Bof, tu peux arrêter de fumer quand tu veux, tu l'as prouvé à Miyama. Ça, dis-je en désignant le bâton fumant que je tenais entre mes doigts. C'est juste un moyen de tromper ton ennui… voilà, c'est juste une sorte d’exutoire… Une brève échappatoire qui te donne une impression de contrôle quand tout le reste te déplaît et surtout… t'échappe. Tu sens la fumée passer dans tes poumons, tu la vois ressortir, tu tiens le bâton entre tes doigts… C'est concret quand tout le reste est… abstrait.

Je divague probablement un peu, même si je pense sincèrement ce que je dis. Mon regard se pose sur le reste de la cloque que je laisse se consumer toute seule avant de l'écraser dans le verre vide. Pour l'heure, je me reconnaîtrai presque dans ce mégot. Consumé jusqu'au filtre, tordu sous la pression de mes doigts pour mieux l'éteindre… Sympa comme image non ? Ça vaut bien un petit sourire chargé d'amertume, légèrement teinté d’ironie…

Je l'écoute déblatérer sur sa famille. Je hausse un sourcil lorsqu’il mentionne son éducation et les avis de ses parents. Je pouffe carrément en pensant aux miens, aux réflexions de ma sœur, aux regards de mon père.

-C'est marrant comme on oublie facilement le libre-arbitre, tu ne trouves pas ? J'aurai pu très bien refuser ce verre, tu ne m'y as pas forcé. C'est toujours plus simple de mettre la faute sur le dos des autres, comme ça, on n’a pas à assumer nos erreurs. Sauf que je ne suis pas comme ça. Nos parents ont dû oublier qu'en mettant au monde un enfant, on met surtout au monde un être humain qui n'est pas l'exacte copie de leur géniteur. On né avec un caractère et une personnalité qui nous est propre, l'éducation nous enseigne des valeurs, mais ce n'est pas une méthode pour formater un être humain…

Je soupire en réalisant mes paroles. Force m’est d'avouer que je suis l'exemple même du formatage humain… Mais celui-ci n'est pas dû à mes parents, loin de là… Je me suis moi-même renfermée dans cet état que je ne supporte plus simplement parce que je voulais ressembler à ce qu'ils voulaient que je sois… Cherchez l'erreur.

-Quelle blague, pouffé-je, avant d'éclater de rire. Nous sommes le résultat de nos propres choix… Rien de plus, rien de moins.

Je le vois se lever pour se rendre à la cuisine… Mais très vite, il revient, une tasse pleine de flotte à la main avant de la poser devant moi. Je ne comprends toujours pas le but de la manœuvre… Ce qu'il cherche à provoquer en me faisant déambuler, chancelante, dans cet appartement ridicule… Mais bon… Quand on a plus rien à perdre, plus rien ne nous effraie, simplement parce que plus rien n'a d'importance. Alors je vide le contenu de la tasse, bien plus facile à ingurgiter que le verre plein d'alcool trop fort avalé plus tôt. Puis, bah… Je me relève maladroitement, en évitant tout de même de prendre appui sur le genou qui me fait si mal. La tête me tourne, alors, instinctivement, je lève les mains façon funambule comme si cela allait me permettre de garder un minimum d'équilibre. Je pose un pied devant l'autre, avançant lentement tout en grimaçant. J'ai mal putain… Mais je ne lâche rien pour autant, simplement parce que je veux le contrarier… lui prouver qu’il a tort et que je ne suis pas l'une de ces chiffes molles à la noix. Je marche donc aussi droit que possible, avançant vers la chambre… Sauf que, épuisé par l'effort et la douleur, mon traître de genou décide de me lâcher pile devant le lit.

Je me rattrape comme je peux, veillant à ne pas me blesser davantage en me retenant de mes mains. Je n'ai plus qu'à me laisser glisser au sol, grimaçant tout en étalant ma jambe meurtrie devant moi. Pfff…

- Je proteste ! Je n'ai pas perdu… C'est juste ce fichu genou qui joue les réfractaires...

J'éclate de nouveau de rire en laissant tomber ma tête sur le matelas.

- Allez, Bennett, viens donc aider ta perdante de femme à se relever.


Codage by LaxyDunbar
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
posté
par Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
© Street cred
Le contexte original du forum appartient à Black Chocolate. Les évolutions, précisions et annexes appartiennent aux staff présent et passés de JM.

Design et code par Carmine S. Bellandi / PAN, avec l'appui des ressources de Forumactif et CCC. Optimisé pour Firefox et grandes résolutions d'écran.

Les productions écrites du forum appartiennent à ses membres.

Toute reproduction partielle ou totale du forum, de son contexte ou de son contenu est strictement interdite.

Nos partenaires