Partagez
Yukimori Otsuka
Messages postés : 491
Inscrit.e le : 10/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Siobhan P. Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Sam 8 Déc - 19:02
par Yukimori Otsuka


Yukimori ouvrit doucement les yeux. Quelques rayons de soleil filtraient autour des rideaux épais, baignant la pièce d'une douce luminosité. Siobhan lui faisait face, tournée sur le côté, encore endormie. Il resta un moment à l'observer dans son sommeil. La veille avait été éprouvante. Le dîner avec Tom et son épouse avait été un chaos absolu. Il se demandait encore comment c'était possible de faire preuve d'autant d'arrogance et d'irrespect. D'autant plus lorsqu'on était reçu chez quelqu'un... Il refusait que cette ordure remette les pieds chez eux.

Il inspira profondément. Il n'avait pas été pas tout blanc non plus... Il avait fini par céder à la colère, ce qui l'avait mené à menacer la femme de Tom, cramponner ce dernier par le col et les mettre à la porte... Le pire restait quand même ce qu'il avait dit au maudit ex de Siobhan... «  Tu touches encore une fois à ma femme et je te jure que ton public te reconnaîtra pas sur scène... » Depuis quand il se montrait aussi agressif ?! Depuis quand il jouait au mari surprotecteur ?.. Non, ça ne lui ressemblait pas. Certes, ils l'avaient vraiment pousser à bout mais il culpabilisait d'avoir agi de cette façon. En plus, il avait clairement trahi ses sentiments envers Siobhan...  Il frotta son visage en soupirant. « T'es vraiment qu'un abruti... et un faible. »

Il se leva, enfila un jean et un tee-shirt et descendit au rez-de-chaussée pour prendre son petit-déjeuner. Il regagna l'étage sans faire un bruit afin de faire sa toilette. Il avait du pain sur la planche. Il espérait recevoir sa cousine Kiyohi dans la journée. Il était hors-de-question qu'elle voit la vaisselle qui jonchait la table et l'évier de la cuisine, ainsi que le désordre dans le salon. En fait, il voulait effacer toutes traces du dîner de la veille. Si Kiyohi posait des questions sur cette soirée, ça pourrait rapidement devenir très embarrassant... Il devrait lui expliquer que Siobhan avait invité son ex – et sa femme – parce qu'elle avait paniqué. Que Tom avait été arrogant et irrespectueux du début à la fin. Que Shaolan, son épouse, avait tenté de donner une coup de couteau dans la main de Siobhan. Que le danseur avait dépassé les bornes en faisant des avances à cette dernière et lui avait imposé son contact. Et il devrait lui avouer qu'il avait totalement perdu le contrôle de soi-même... Non, il ne fallait pas qu'ils abordent le sujet... Kiyohi était trop intelligente et le connaissait bien, elle comprendrait trop vite qu'il était en train de succomber aux sentiments qui grandissaient jour après jour pour Siobhan.

Ils passeraient probablement déjà un moment très embarrassant lorsque sa cousine verrait la marque dans son cou... Il se sentait comme un ado qui cherchait à cacher son suçon aux yeux de ses parents... Sauf que là, ce n'était pas un suçon mais une morsure. L'ex de Siobhan l'avait déjà mis extrêmement mal à l'aise en abordant le sujet, la veille. Alors aujourd'hui, il laisserait Madame s'expliquer.

Il passa une partie de la journée à mettre de l'ordre dans la maison. Puis lorsqu'il eut terminé, il se réfugia dans son bureau, son havre de paix. Ou presque... En ce moment, il ne pouvait pas affirmer que tout se passait pour le mieux au travail. Ses supérieurs lui mettaient un pression considérable depuis qu'il était revenu d'Irlande et une de ses collègues avait un comportement pour le moins... étrange. D'ailleurs cette dernière lui avait envoyé deux courriers électronique qu'il refusa d'ouvrir. Il savait qu'elle l'observait alors cela ne devait pas concerner le travail mais sa vie personnelle... Il soupira et commença à potasser ses dossiers lorsque la sonnette retentit dans la maison. Il se leva brusquement de sa chaise et s'empressa d'aller ouvrir. Lorsqu'il vit Kiyohi, son visage s'illumina. Il était vraiment heureux de la revoir.

- Kiyohi ! Entre ! Comment vas-tu ?

Il la laissa entrer. Son ventre s'était encore arrondi. Il sourit doucement mais ne fit aucune remarque car il se souvint que cette grossesse était difficile à vivre pour elle. Il ne savait pas si cela avait évolué depuis et il ne voulait pas être aussi maladroit que la dernière fois. Il l'invita à prendre place dans le salon en attendant que Siobhan les rejoigne. Cette fois-ci, Kiyohi devrait être satisfaite de la décoration. On était loin de la maison témoin. Il s'agissait d'une vieille demeure, ils avaient repeint les murs de la pièce en rouge – c'était évidemment une idée de Siobhan – et cette fois-ci, il y avait de la décoration dans les pièces, un peu de désordre par-ci, par-là.

Il prit le vêtement de Kiyohi lorsque des pas se firent entendre dans le couloir. Siobhan apparut dans le salon.

- Siobhan. Voici Kiyohi, ma cousine. Kiyohi, je te présente Siobhan, ma femme.

« Ma femme »...Bizarrement, il arrivait de mieux en mieux à s'approprier ce terme... Enfin, les présentations étaient faites. Il espérait qu'elles s'entendraient bien, ou au moins qu'elle ne finiraient pas par se crêper le chignon...

La fosse aux lionnes
Siobhan P. Otsuka
Messages postés : 278
Inscrit.e le : 08/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Yukimori Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Dim 9 Déc - 3:04
par Siobhan P. Otsuka

Dans la cage aux lionnes

La chaleur de Yukimori avait disparu…

C’est ce qui me réveille. Je pensais qu’en resserrant l’étreinte de mes bras, je le rapprocherais de moi… Mais à l’évidence, il n’y avait que la couette pour me tenir chaud.

J’ouvre les yeux et vois une place vide. Relevant la tête, je regarde à droite et à gauche. Personne ne se trouve là. Yukimori doit se préparer à la venue de sa cousine. J’imagine qu’il doit être fier d’enfin me présenter à un membre de sa famille… Il ne m’a jamais présenté à ses parents… Il n’en parle jamais… Et je ne le force pas, car je ne voudrais pas le mettre mal à l’aise. Qui sait ? Peut-être que ça lui fait mal ?

Je me souviens alors de la soirée d’hier et souris lorsque j’entends la phrase qu’il a lancé à Tom. Évidemment que je me dis que ça peut être de la comédie, jusque-là, Yukimori s’est montré très convaincant… Mais j’ignore pourquoi je ne parviens pas à voir les choses de manière rationnelle.

Je balance mes jambes hors du lit et descends sur la pointe des pieds. Personne dans la cuisine… Cependant, elle est propre comme un sou neuf. Monsieur propre est passé par là, me dis-je.

Arrangeant mes cheveux, j’entre dans le salon et vois monsieur dans le salon. En train de ranger, je ne sais pas quoi… Je hausse le sourcil avant d’entrer et de poser une main sur son épaule.

- Hey… Salut.

Je dépose le baiser du journalier avant de regarder autour de nous.

- Besoin d’aide ?

Il ne répond pas. Mais je n’ai pas besoin de son accord pour me mettre à l’aider. Alors que nous terminons, je finis de faire ce que je fais et essaye de le talonner. À croire qu’il a un chronomètre à la place du cœur aujourd'hui ! J’ouvre la porte du salon et :

- Je pensais que…

La porte de son bureau se ferme. D’accord… Normalement, je devrais faire comme si de rien n’était, mais comme je l’ai dit… “Normalement”. La vérité, c’est que je commence à me dire… Qu’il m’en veut sûrement.
Un peu refroidie, je reste devant la porte close puis referme celle du salon avant monter en jetant un dernier regard à la porte. Là-haut, je prends ma douche et enfile une robe en molleton, d’un vert sombre et aux manches longues. Lorsque je redescends, rien n’a changé. Tu te refermes… Encore…

Frustrée et un peu affamée, je me réfugie dans la cuisine et attrape un sachet de toffee (bonbon) avant de sortir pieds nus. Il fait frais. Le sol est frais. Mais le soleil réchauffe mon visage… Lorsque je tourne les yeux, je peux voir la petite vieille. La voisine. Parfois, elle me fait un signe de la main et je lui réponds. Aujourd’hui, les choses vont un peu plus loin…

- Où sont vos chaussures ? me crie-t’elle de sa fenêtre.

- Je les ai troquées ! plaisanté-je.

- Ah oui?! Contre quoi?

- Ça! dis-je en montrant mon paquet de bonbons.

Elle agite sa main dans le vent comme pour dire “ foutaises !”. Ça me fait rire.

- Vous avez mangé ?

- Je m’apprête à le faire…

- C’est pas très sain, mais bon… Et portez des chaussures sinon vous attraperez froid: c’est pas bon pour votre ventre…

Je fronce les sourcils perplexe et amusée par ce qu’elle radote en refermant sa fenêtre. Elle doit me confondre avec quelqu’un… Ou elle divague, me dis-je en haussant les épaules.

Coinçant le paquet entre mes dent je me dirige vers l’arbre de notre jardin et grimpe jusqu’à trouver une branche où le soleil tape fort. Là, suspendue à plusieurs mètres du sol, j’ouvre mon paquet et mange en me remémorant chaque moment de la soirée d’hier. Peu à peu, je commence à me dire que j’ai eu tort de croire que Yukimori puisse m’aimer après ce que j’ai fait… Ce serait même le contraire. Retour à la case départ.

Je reste là, les pieds se balançant dans le vide, reposant sur une branche à regarder chaque rare oiseau à passer dans le ciel bleu. Notre olivier commence à perdre ses feuilles. L’hiver arrive et je n’ai toujours pas décidé de tailler les hautes herbes du jardin, ni même d’y planter quoi que se soit. Je n’ai pas installé ma sono pour ma guitare, mon piano n’a pas encore été envoyé d’Irlande… Il serait temps que je fasse quelque chose d’utile dans cette maison plutôt que de ramener des gens qui sèment le trouble…

Soudain, j’entends un bruit. Comme une voiture qui se serait arrêtée devant la maison… Puis la sonnette. Immédiatement, je me redresse et me retourne vers chez moi et tente d’écouter avec plus d'attention pour distinguer les voix. Sauf que je n’entends rien. Avalant mon caramel, je replie le sachet sur lui-même et essuie ma bouche d’un revers de manche puis descends aussi vite que possible. Malheureusement, mes cheveux se prennent dans les branches de l’arbre m’arrachant quelques plaintes.

- Aîe!! Ouuuuuh! Lâche ça…. !

Je tire sur la mèche et secoue ma robe, époussette mes épaules pour être plus présentable sans me préoccuper plus de mon apparence. Trottinant jusqu’à la porte de la cuisine, j’entre et pose mes bonbons sur la table avant d’écarter une mèche de ma bouche et d’expulser le dernier souffle frais de mes poumons.
La porte du bureau est ouverte … Il est remonté peut-être? Alors que je me précipite pour le rejoindre, des voix se font entendre dans le salon. Ah non; dans le salon.

Ouvrant la porte, j’entre et voit mon époux et… “Elle”? Je suppose que c’est sa cousine. Je leur souris avant de remarquer le ventre de cette dernière: elle est enceinte! Allez savoir pourquoi, mais d’une manière stupide, je la trouvais d’autant plus jolie.

- Siobhan. Voici Kiyohi, ma cousine. Kiyohi, je te présente Siobhan, ma femme.

“Ma femme”. Il remet ça sur le tapis…

Alors c’est vraiment elle… Elle n’a rien de… Enfin, si je la mets à côté de Yukimori; il n’y a rien de… Enfin, il n’ont pas l’air de venir du même monde. Mais les apparences sont trompeuses et je suis bien placée pour le savoir. Tout ce que je parviens à faire sur le moment, c’est sourire avant de voir une feuille d’olivier tomber de ma tête. Elle tournoie dans le vide avant de venir se poser près de mes pieds.

Je me retiens de grimacer avant de relever le visage et m’avancer vers elle en lui tendant la main.

- Enchantée.

Je regarde ma main puis me rappelle que je suis la seule Européenne dans la salle.

- Oh, euh… Je peux… M’incliner, si vous préferez ? en grimaçant pour rendre le sujet risible.

Je me retourne vers Yukimori.

- Excusez-moi, c'est ridicule , dis-je ne prenant place à côté de Yukimori et en prenant soin de passer ma main sous ma robe pour ne pas qu’elle remonte. Bienvenue à Little Lee.

Oui. Depuis notre retour d’Irlande, j’avais décidé que cette maison serait notre chez nous. Notre Little Lee à nous, ici au Japon. Quelque chose qui nous évoquait de bons souvenirs à moi et à Yukimori…
Codage par Libella sur Graphiorum
Kiyohi Nanase
Messages postés : 363
Inscrit.e le : 02/11/2016

Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Makoto Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Jeu 20 Déc - 12:07
par Kiyohi Nanase


Hear me roar
Avec les Otsuka


25 septembre.

« Okay, ça y est, c’est bon, là c’est chiant. Vous êtes chiants, c’est clair ? Chiants et cons. Alors maintenant vous allez la fermer un peu et écouter les autres, au moins une fois dans votre petite vie étriquée, ça vous fera pas de mal. Depuis je sais pas combien de génération vous êtes tous les mêmes gens coincés et étroits d’esprit, tellement obsédés par l’idée de rentrer dans le même petit moule et de ne pas en dévier que vous ressemblez plus à des cubes qu’à des humains. Dieu que je suis heureuse que ma mère se soit barrée de cette famille et ait pu vivre pour de vrai pendant au moins quelques années au lieu de devenir comme vous. Yuki n’a pas eu cette chance. Depuis qu’il est petit, depuis qu’il est né, vous avez fait tout ce que les autres Otsuka ont fait avant vous et essayé d’en faire un cube supplémentaire. Vous avez presque réussi et bon sang que je vous méprise pour cette cruauté ! Mais laissons ça de côté, okay ? C’est pas le sujet. Le sujet, c’est que Yuki a toujours tout fait pour vous faire plaisir, pour correspondre à ce que vous attendiez de lui, pour que vous soyez fiers et que vous l’aimiez même si je suis de plus en plus persuadée que c’est un concept abstrait à vos yeux. Pendant vingt-trois putain d’années, il a été le fils exemplaire que vous vouliez qu’il soit !

Et aujourd’hui, quoi ? L’Incontestable a la bonne idée de le marier avec une étrangère pour renouveler un peu votre patrimoine génétique qui se mord la queue, puis les divorce dans la foulée, et pouf ! Yuki n’est qu’une grosse déception ? Une tache sur l’honneur de la famille ? Après tous les efforts qu’il a fait pour vous ? Et vous ne trouvez rien de mieux que le blâmer alors que ce n’est pas de sa faute au lieu de, je sais pas, réagir humainement et prendre votre fils dans vos bras parce qu’il est malheureux ? Bordel de merde mais est-ce que vous vous rendez compte des mauvaises personnes que vous êtes ?! C’est vous qui devriez avoir honte, c’est vous qui n’avez aucun honneur ! Nous laissez crever papa et moi après la mort de ma mère c’était déjà une belle saloperie mais là, à votre propre fils ! Laisse-moi finir, Yu-kun ! De toute façon viens, on se barre d’ici ! Vous savez quoi ? Je suis très heureuse qu’il vous ait déçu. Je suis très heureuse qu’il ne vous ressemble finalement pas tant que ça, qu’il ne devienne pas comme vous qui n’êtes même pas capables d’aider et de soutenir un proche dans la peine et qui vous comportez comme si votre fille n’avait jamais existé ! Je suis vraiment super heureuse et fière que mon cousin, la seule personne réellement honorable de cette putain de famille, ne soit pas comme vous ! Vous voulez lui rendre service ?! Si vous n’êtes pas capable de lui dire que vous êtes désolés, que vous compatissez, que vous l’aimez malgré cet échec qui n’est même pas de son fait, si vous n’êtes même plus capables de ça, et bah fermez vos gueules et foutez-lui la paix !  Merci pour le thé ! »


16 novembre. Kiyohi s’extirpa avec peine du taxi, encombrée par son ventre proéminent, et regarda la maison devant laquelle elle venait d’arriver tout en reprenant son souffle. Enfin, la maison. Le toit qui dépassait de la forêt vierge pour être plus exacte. C’était fou qu’ils habitent dans un endroit pareil à Tokyo, alors que la plupart des jeunes couples devaient se contenter d’un petit clapier de deux pièces max dans une immeuble gris. C’était sans doute une bonne chose pour son cousin, même si ça n’était pas très équitable pour les autres. Il aurait un peu de verdure sous les yeux quand il arriverait à se détacher de son pc. Poussant un bref soupir, elle passa le portail après avoir sonné et remonta l’allée de graviers qui menait jusqu’à la porte de la maison. La végétation du jardin étouffa bientôt le bruit de la circulation et la jeune femme prit le temps d’admirer toute cette chlorophylle qui poussait partout. En vérité, elle était stressée. Elle n’avait pas revu Yukimori depuis qu’elle l’avait accompagné dans le fief Otsuka pour annoncer le divorce. Elle n’aurait pas du, elle avait insisté malgré tout et, au final, elle savait bien pourquoi. Plus que pour prendre la défense de son cousin – parce qu’elle savait qu’il s’en prendrait plein la tronche – ça avait été l’occasion rêvée pour revoir ces gens en partie responsables de son enfance ruinée, pour les confronter une bonne fois pour toutes et leur dire ce qu’elle avait sur le cœur depuis des années. Son thérapeute le lui avait conseillé et, même si ça s’était révélé bien plus explosif que prévu, elle avait pu présenter les résultats du face à face dès le rendez-vous suivant. Cependant, même si ça lui avait fait un bien fou, elle le réalisait avec beaucoup de retard, elle avait craint que cela n’affecte ses relations avec Yukimori. Au final, entre le remariage de celui-ci, son passage en cellule, son voyage en Irlande et sa propre grossesse qui suivait son cours, elle n’avait pas eu l’occasion d’en reparler avec lui. Elle fut heureuse et soulagée de le voir l’accueillir avec un sourire aussi sincère et, tant pis pour sa pudeur, l’attira vers elle pour lui piquer un bisou sur la joue.

« Salut, Yu-kun. Ça va, j’en ai juste marre d’être grosse, et toi ? »

Elle avait fait beaucoup de progrès depuis leur virée shopping et, même si elle n’aimait pas s’étaler là-dessus des heures, parler de son état la dérangeait moins qu’avant. À plus de huit mois, il était temps. Retirant avec plaisir son manteau, elle balaya l’endroit du regard et ne put cacher totalement sa surprise. Lui aussi avait fait des progrès, visiblement. Cette maison-là avait de la personnalité, contrairement à l’ancienne. Toutefois, Kiyohi ne le félicita pas, resta de marbre en posant un œil critique sur les murs rouges, les pierres et les poutres apparentes, la décoration du salon. De la personnalité, oui. Pas forcément celle de son cousin. Son regard perçant se posa sur la responsable sitôt qu’elle fit son apparition. Une occidentale (décidément), grande et athlétique, yeux verts et cheveux châtains, visage harmonieux, traits francs et plein de fraîcheur. Une petite feuille dans la chevelure et l’air d’avoir fait de l’exercice peu de temps avant comme en témoignaient son souffle court et ses pommettes rosies. Kiyohi se tourna vers elle, releva le menton pour l’observer de bas en haut. Siobhan, donc… Lorsqu’elle lui tendit la main, elle la regarda sans mot dire jusqu’à ce qu’elle la récupère, les bras croisées sous la poitrine. Le silence s’étira encore quelques secondes avant que sa voix ne retentisse dans la pièce comme un pavé dans la mare :

« Alors c’est toi la grognasse qui a envoyé mon cousin en taule ? »

Kiyohi avait fait des progrès mais certaines choses ne changent pas. La jeune femme était venue ici avec la ferme intention de savoir de quel bois la nouvelle épouse de son cousin était faite. Aux dernières nouvelles, elle employait toujours la même méthode. Et puis non, elle n’avait pas tout à fait digérée le fait que son Yu-kun soit passé par la case prison à cause de cette petite péronnelle et son « Little Lee » ridicule.

Codage par Jibunnie sur NEVER-UTOPIA
Yukimori Otsuka
Messages postés : 491
Inscrit.e le : 10/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Siobhan P. Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Ven 21 Déc - 11:24
par Yukimori Otsuka


Dans un premier temps, l'ambiance était légère. Yukimori était ravi de retrouver sa cousine. Elle était d'un soutien infaillible. Elle l'avait supporté lorsqu'il avait dû annoncer son divorce à ses parents. Mais au-delà de ça, elle lui avait permis de se libérer du carcan austère des Otsuka et lui en serait éternellement reconnaissant. Certes, il avait dû faire face à une profonde crise existentielle. Il avait été submergé par la désillusion et les remises en questions. Il avait traversé une période vraiment complexe, de laquelle il n'en était pas encore totalement sorti. Si bien que, lorsqu'il avait reçu sa lettre qui le liait à Siobhan, il n'avait eu aucune envie de s'investir. Comment aurait-il pu s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une mascarade, encore une fois ?.. Finalement, il avait remonté la pente et aujourd'hui et pour la première fois de sa vie, il avait l'impression d'être vivant. De ne plus être vulgaire robot. Il faisait des progrès. Il n'avait même plus trop l'air d'un handicapé social lorsqu'on se montrait tactile avec lui. La preuve était qu'il ne s'était pas figé comme une statue de pierre lorsque sa cousine l'avait attiré vers elle pour embrasser sa joue.

Mais à présent, une certaine tension se faisait sentir. Autant, Siobhan avait eu l'air plutôt avenante, mais il sentait que du côté de Kiyohi, c'était beaucoup plus froid. Il avait vu le regard qu'elle lui avait lancé, sa façon de la dévisager et cela ne présageait rien de bon. Peut-être tentait-elle seulement de l'intimider afin de jouer la cousine protectrice ?.. Ou bien peut-être en voulait-elle à Siobhan pour une raison qu'il ignorait. Il pria intérieurement pour qu'elle l'épargne, mais ses prières furent vaines...

« Alors c’est toi la grognasse qui a envoyé mon cousin en taule ? »

Le visage de Yukimori se décomposa. Est-ce qu'elle venait vraiment d'appeler Siobhan « la grognasse » ?.. Il tourna doucement la tête vers cette dernière, horrifié. Cette rencontre prenait une mauvaise tournure. Il ne voulait pas prendre partie pour un camp ou pour l'autre. D'un côté, il trouvait le côté protecteur de sa cousine plutôt touchant, mais de l'autre, il n'appréciait pas qu'on insulte Siobhan. Gêné, il glissa une main dans ses cheveux et reporta son attention vers sa cousine.

- En fait, ce n'est pas de sa faute... On a tous les deux manqué à nos devoirs involontairement dès le premier jour, alors...

En ce remémorant cette journée, un rire lui échappa. En fait, le souvenir n'avait rien de comique, au contraire, mais il avait pris du recul sur la situation. A ce moment-là, il avait hésité à rester le mois entier dans la cellule. Il était complètement perdu, sa vie n'avait plus aucun sens pour lui et il refusait d'être pris pour un pantin encore une fois par le système. Il n'en avait pas la force, alors il avait baissé les bras. Puis Siobhan lui avait fait comprendre qu'elle ne voulait pas mourir maintenant, dans cette cage nauséabonde. Yukimori avait fini par réaliser qu'il ne pouvait pas sacrifier une femme innocente simplement parce qu'il n'avait pas le courage d'affronter la vie telle qu'elle était réellement. Il s'était alors laissé convaincre. Aujourd'hui, il ne regrettait pas son choix.

- Qu'est-ce que je peux t'offrir à boire, Kiyohi ?

Il aurait bien été faire du thé mais il n'était pas sûr que ce soit très conseillé pour Yukio, alors il avait préféré lui demandait ce qu'elle voulait directement. Lorsqu'elle lui répondit, il demanda à Siobhan si elle voulait quelque chose, également.

- Je vais préparer ça. Je vous laisse toutes les deux quelques minutes, soyez sages.

En prononçant ces mot, il prit un air faussement autoritaire avant de leur sourire et de disparaître dans la cuisine. Il pressa le pas afin qu'elles ne restent pas seules trop longtemps. Il avait le sentiment qu'elles pourraient s'entendre si elles apprenaient à se connaître. Mais il était conscient qu'elles avaient toutes les deux un caractère explosif alors il était préférable qu'il reste à proximité. Juste au cas où...

La fosse aux lionnes
Siobhan P. Otsuka
Messages postés : 278
Inscrit.e le : 08/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Yukimori Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Ven 21 Déc - 12:43
par Siobhan P. Otsuka

Dans la cage aux lionnes

« Alors c’est toi la grognasse qui a envoyé mon cousin en taule ? »

Pardon ? Est-ce que je viens de me faire insulter par la cousine de Yukimori dans ma propre maison ? Oui. Carrément.

En fait, ce n'est pas de sa faute... On a tous les deux manqué à nos devoirs involontairement dès le premier jour, alors…

Pardon?! Est-ce que mon époux à laissé passer le “ grognasse” de sa cousine? J’imagine que c’est sa vengeance pour hier… C’est donc un peu légitime. “Grognasse”… Ce n’est pas la première fois qu’on m’appelle comme ça… Carrey, mon cousin, s’amusait à m'appeler comme ça quand nous étions au lycée. “Eh! Grognasse !”… “ Salut la grognasse!”… “ J’t’accompagne la grognasse ?”.

Un charmant cousin en d’autres termes. Il avait lui aussi un petit surnom : “ gigolo”. Parce que l’air de rien, Carrey était un charmeur de compétition. Très fort dans son genre… Jusqu’à ce qu’il se fasse charmer par quelqu’un de plus fort que lui : Jess, sa femme. Je crois que c’est à ce moment-là qu’il a arrêté de me faire des farces et des coup bas. Il avait très peur qu’elle le voit d’un mauvais œil. Mais ce que cet abruti n’a jamais su, c’est que c’est justement ça qui lui avait plu.

Yukimori demande à sa cousine si elle veut boire quelque chose puis me demande à moi. Je lui prends discrètement la main pour le retenir.

- Je vais prendre du thé, mais…

- Je vais préparer ça. Je vous laisse toutes les deux quelques minutes, soyez sages.

NON ! NON ! MAIS! Yukimori…. ! Arf !

Je le regarde s’éloigner et me lâcher la main. Il disparaît derrière la porte et je me retourne vers sa cousine. Qu’est-ce que je peux lui dire?! Elle à l’air de ne pas m’aimer ! Je ne peux pas la forcer à m’aimer ! Puis… Elle est enceinte : je ne peux pas la contrarier ! Yukimori, t’as beau être un cerveau, tu as très mal calculé ton coup !

- C’est un garçon ou une fille? demandé-je.

C’est ce que les femmes enceinte aiment qu’on leur demande, non ? J’en sais rien ! C’est comme cette question que tu poses à ceux qui dorment : “ est-ce que tu dors ?” C’est totalement stupide ! Y’a pas à dire : Carrey se serait profondément moqué de moi s’il me voyait.

J’inspire un grand coup et hausse les sourcils en ramenant mes jambes vers moi sur le sofa. J’ai l’impression de m’être introduite dans quelque chose où je n’ai pas ma place… Une certaine complicité entre eux qui ne me regarde pas du tout. Le cheveu dans la soupe en autre.

- Vous en êtes à combien de mois ?

Mais arrêtes de parler de son bébé, toi ! C’est elle qui est en face de toi! Pas le bébé! Qu’est-ce que je dois FAIRE?! … Ce que j’ai toujours su faire : être franche et dire ce qui me passe par la tête… Mais avec un filtre. Un tout petit.

- Désolé, je suis un peu naze… ? J’ai du mal à savoir quel sujet aborder avec vous… Toi(?)!… me corrigé-je.

Est-ce que je la tutoie?! On a pas gardé les cochons ensemble quand même! Si extérieurement je semble calme et disposée, à l’intérieur, je suis Emma Stone qui chante “ Little pocket of sushine” dans le film Easy A … Ou Emma Stone dans The Help. C’est-à-dire : rien de bien classe.

- Donc… ahem (je gonfle mes joues comme si ça n'arrivait pas à sortir.) T’as des… Questions ?

Et voilà. J’aurais pas pu être plus égocentrée. D’un côté, je me dis que je dois oublier ma personne et avec cette idée, je vois que je n’ai pas oublié ma personne, mais je l’ai mis au centre de la table comme on pose un pot de fleurs au milieu d’une table basse.

- … Ou même des remarques, je suis prête à entendre les deux… Je pense.

Oh man…
Codage par Libella sur Graphiorum
Kiyohi Nanase
Messages postés : 363
Inscrit.e le : 02/11/2016

Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Makoto Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Dim 6 Jan - 11:57
par Kiyohi Nanase


Hear me roar
Avec les Otsuka


« Un jus de fruits, s’te plaît. »

Une part d’elle-même avait un peu pitié de ce qu’elle faisait subir à son pauvre cousin. Même si les odieux géniteurs avaient été dûment remis en place pour qu’il puisse prendre son envol, il n’en restait pas moins avec plus de vingt ans d’éducation nippone psychorigide sur les bras. La politesse et les apparences occupaient donc encore une grande place dans ses valeurs, comme le lui avait indiqué son air épouvanté en entendant le délicat surnom dont elle avait gratifié sa tendre épouse. Ça lui faisait un peu de peine que Yukimori soit la victime collatérale du raid de reconnaissance qu’elle effectuait de façon cavalière du côté de la nouvelle dame de la famille Otsuka mais il fallait ce qu’il fallait. Elle s’excuserait plus tard. Restée seule avec Siobhan, elle se contenta de la regarder à nouveau de pied en cap, sans paraître se soucier de son malaise grandissant. Qu’elle galère donc un peu à essayer de trouver quoi dire sans se planter au lieu d’essayer de retenir son cousin par la main, ça lui tannerait le cuir. Ceci dit, Kiyohi n’eut pas à trop se forcer pour jouer le mauvais flic au premier tour étant donné les questions auxquelles elle eut droit. Elle leva les yeux au plafond en se laissant tomber dans un fauteuil face au canapé. Et allez, c’était parti…

« Garçon. Yukio. Huit mois et demi. Premier de mon côté, second de mon mari. Yu-kun sera son parrain. J’ai failli le perdre le mois dernier. C’est bon, on a fait le tour, on va pouvoir trouver un autre sujet passionnant à aborder ensemble. »

Sec et net comme un coup de fouet. Il y avait peut-être un peu d’exagération quant à la potentielle perte du bébé, au final il n’aurait été que prématuré et, avec les technologies actuelles, aurait pu survivre quasiment à coup sûr. Mais Kiyohi n’avait pas encore de raison de ménager la jeune femme et elle n’était pas venue jusqu’ici pour parler de sa grossesse avec elle. Vivement qu’elle le mette au monde ce petit d’ailleurs, qu’on lui foute la paix. Elle haussa les épaules quand elle lui demanda si elle avait des questions.

« Non pas trop, je suis venue constater les trucs par moi-même. Là, j’en suis à me demander si Yu-kun t’a défendue parce que tu le mérites ou seulement parce qu’il est gentil. »

Là tout de suite, elle aurait dit 50/50. Parce que Siobhan n’avait pas l’air d’une mauvaise fille pour ce qu’elle pouvait en juger en cinq minutes de rencontre. Il était juste normal qu’elle soit un peu stressée et dise des conneries face à une harpie enceinte jusqu’aux yeux comme elle. Sachant que son cousin n’allait pas tarder à revenir, Kiyohi décida de porter un dernier coup avant de se calmer un peu sur le mode garce et annonça le plus calmement du monde :

« On va passer vite fait sur les classiques, on n’est pas dans un mauvais film. Yukimori est capable de se défendre tout seul donc si jamais tu lui fais du mal, je te le ferai payer uniquement pour mon plaisir personnel. Mais puisque la cellule était juste une étourderie, y a pas de raisons pour que ça se passe pas bien maintenant, pas vrai ? »

Conclut-elle avec un sourire indéchiffrable tout en calant plus confortablement les coussins dans son dos. Yukimori revint quasiment sur ces entrefaites et la jeune femme accepta le verre qu’il lui tendit après avoir posé le thé de sa femme devant elle.

« Merci. Ça veut dire quoi le nom de votre baraque ? »

Little, ça allait à peu près. Mais Lee ? À part Bruce, elle ne voyait pas trop et ce n’était pas raccord.

Codage par Jibunnie sur NEVER-UTOPIA
Yukimori Otsuka
Messages postés : 491
Inscrit.e le : 10/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Siobhan P. Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Lun 7 Jan - 17:35
par Yukimori Otsuka


Une fois les boissons préparées et disposées sur un plateau, Yukimori regagna le salon. Il regarda Siobhan et Kiyohi une à une. Cela semblait ne pas trop mal se dérouler, bien que l'atmosphère ne soit pas non plus très détendue.

- Heureux de voir que vous ne vous êtes pas entre-tuées.

Il leur sourit doucement. Il posa le plateau sur la table basse avant de placer la tasse de thé devant Siobhan et le verre de jus de fruit devant Kiyohi. Il installa sa tasse de thé devant sa place avant de s'asseoir sur le canapé.

- Merci. Ça veut dire quoi le nom de votre baraque ?

Il laissait le soin à Siobhan d'expliquer la traduction du nom de la maison puisque la langue anglaise était sa langue maternelle. Mais en réalité la signification littérale n'avait pas beaucoup d'importance, ils avaient donné ce nom à leur maison car c'était également celui de la demeure de ses parents. Cela avait donc une représentation forte pour Siobhan car il s'agissait de sa maison d'enfance. Si cela lui permettait de s'approprier ce lieu et se sentir un peu plus comme chez elle, il n'avait pas pu refuser.

Puis, cela avait également une signification particulière pour Yukimori. C'était le lieu où il s'était retrouvé pour la première fois en Europe. C'était la première fois qu'il partait aussi loin de chez lui. C'était le symbole d'un début d'ouverture vers une autre culture, vers d'autres mœurs. En un mois il avait dû apprendre énormément de choses. En commençant par la langue... Il avait dû se débrouiller avec le peu d'anglais rouillé qu'il lui restait mais il s'était bien amélioré en un mois. Il avait aussi appris qu'on passait pour un abruti si on s'inclinait pour saluer, il fallait à tous prix serrer la main. Il avait pu observer d'autres relations familiales qui lui semblaient plus saines et chaleureuses que celles qu'il entretenait avec ses parents. Il avait dû lâcher prise. Il n'avait pas du tout touché à ses dossiers pendant une semaine entière ! Ce qui représentait un exploit puisque ce n'était jamais arrivé auparavant. Même si, par la suite, il avait fourni une certaine quantité de travail depuis l'Irlande. Cependant c'était bien plus détendu que lorsqu'il était au Japon. Il avait aussi pour la première fois depuis longtemps porté des vêtements plus décontractés, du type tee-shirt, jean. Alors qu'habituellement il s'habillait systématiquement en chemise, pantalon de costume et veste : la tenue exigée dans son entreprise qu'il avait l'habitude de porter n'importe quel jour de l'année.

En bref, il s'était éloigné de ses habitudes et de ses conditionnements. Alors « Little Lee » avait chez lui plutôt le synonyme de « renouveau ».

- En fait, c'est le nom de la maison d'enfance de Siobhan mais ça fait aussi référence au mois qu'on a passé en Irlande. Ses parents nous ont invités là-bas quelques jours après notre mariage.

Un sourire apparut sur les lèvres de Yukimori. Il devait reconnaître qu'au départ, il n'avait pas du tout été emballé par l'idée car il savait que ça ne plairait pas à ses supérieurs et que son travail primait sur les voyages et les loisirs. Mais, finalement, cela avait été une brillante idée. Cela leur avait permis d'apprendre à mieux se connaître. Au Japon, Yukimori faisait le stricte minium pour ne pas être jeté en prison une nouvelle fois, mais il passait le plus clair de son temps au travail ou dans son bureau. Lorsqu'il s'était retrouvé en Irlande, le dépaysement avait été le plus total et s'était raccroché à Siobhan qui représentait alors pour lui son seul repère. Ils s'étaient alors rapprochés assez rapidement et aujourd'hui il ne pouvait nier qu'elle ne le laissait pas insensible...

La fosse aux lionnes
Siobhan P. Otsuka
Messages postés : 278
Inscrit.e le : 08/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Yukimori Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Mar 8 Jan - 21:38
par Siobhan P. Otsuka

Dans la cage aux lionnes



- Garçon. Yukio. Huit mois et demi. Premier de mon côté, second de mon mari. Yu-kun sera son parrain. J’ai failli le perdre le mois dernier. C’est bon, on a fait le tour, on va pouvoir trouver un autre sujet passionnant à aborder ensemble.

Une chose est sûre : elle n’y va pas par quatre-chemins. J’imagine qu’elle n’est pas du genre à commencer sa dissertation par une introduction. Elle doit plutôt être du type à marquer “ fais la toi-même connard”… Enfin… Ça, j’en sais rien. Je ne la connais pas…

- Non pas trop, je suis venue constater les trucs par moi-même. Là, j’en suis à me demander si Yu-kun t’a défendue parce que tu le mérites ou seulement parce qu’il est gentil.

Je ne la connais pas, mais je commence à cerner le personnage.
Je vois… Parce que je dois mériter cet homme ? Je veux dire… Et si je ne le mérite pas? Tu vas me faire quoi ? Me courir après avec ton gros ventre ? M’insulter ? Ouuuuh, j’ai peur. Je fais une moue en cachant un sourire plein de sarcasme. En vrai, ça m’amuse.
Mais il faut avouer que sa … “Vivacité” témoigne largement de la loyauté et de l'affection qu’elle porte à son cousin.

- On va passer vite fait sur les classiques, on n’est pas dans un mauvais film. Yukimori est capable de se défendre tout seul donc si jamais tu lui fais du mal, je te le ferai payer uniquement pour mon plaisir personnel. Mais puisque la cellule était juste une étourderie, y a pas de raisons pour que ça se passe pas bien maintenant, pas vrai ?

Je déteste qu’on me menace et si jusque-là j’ai tenté de cacher mon caractère pour ne pas créer d’étincelles, je pense qu’il serait temps de montrer que je ne suis pas une fleure en sucre mais bien une irlandaise. Certes, certains clichés sont faux : on ne bois pas tout le temps et nous ne sommes pas rond comme des queues de pelle tous les jours… Seulement quand il fait extrêmement froid…. ENFIN ! Ce que je veux dire, c’est qu’on est sympas, mais on est loin d’être les êtres les plus faciles. Je pince un sourire en haussant les sourcils l’air de dire avec beaucoup d’ironie “mais qu'est-ce que c’est terrible…”. Me mettant en tailleurs sur le sofa, je croise les bras et soupire.

- Je pourrais… Vous retourner le compliment, dis-je sur un ton chantant. Mais Yukimori sait se défendre comme tu dis.

Je fais un beau sourire. J’ai presque envie de montrer mes dents, mais je me retiens. Elle est peut-être sa cousine, et elle l’aime peut-être, mais je suis sa femme et bien que ce soit le début, je l’aime… Aussi. C'est encore un peu confus et pas très stable, mais une chose est sûre, ça ne peut qu'aller avec le temps... J'espère. Si elle est assez futée : elle le comprendra par elle-même. Sinon… Tant pis.

- Heureux de voir que vous ne vous êtes pas entre-tuées, fait Yukimori en revenant.

Il pose une tasse de thé devant moi et je lui souris chaleureusement en prenant ma tasse.

- Merci. Ça veut dire quoi le nom de votre baraque ?

Petit abri sous le vent. Bref un petit coin à l’abri du vent, quoi.

En vérité, un des plus grands auteurs d’Irlande avait habité une maison appelée de la même sorte. Je n’y ai jamais fait attention, mais quand je l’ai remarqué : j’ai trouvé ça cocasse.

- En fait, c'est le nom de la maison d'enfance de Siobhan, mais ça fait aussi référence au mois qu'on a passé en Irlande. Ses parents nous ont invité là-bas quelques jours après notre mariage.

J’écoute son explication tout en buvant mon thé et opine du chef pour agréer.

- En fait, intervené-je. En Irlande, on n'a pas de numéros pour les maisons : on a des noms. Et je me suis dit que… Ce ne serait pas une mauvaise idée de passer des moments similaires à ceux que nous avons eus là-bas… ?

Je ne sais pas vraiment ce que j’affirme ou pas en disant cela, ceci dit ; je sens que je suis en train de me trahir légèrement. Pour vérifier mon impression, je fixe Yukimori et scrute ses réactions, mais très vite, je trouve ça étrange de devoir le fixer et baisse les yeux pour boire une autre gorgée avant de sourire à sa cousine.

Surtout, ne pas dire qu’hier, mon ex était à la maison : elle pourrait commencer le travail. Ne pas dire que Yukimori a failli coller son poing dans la face de Tom : elle accoucherait du bébé sur le parquet. Je n’imagine même pas la suite… J’espère juste qu’elle ne cherchera pas mon prénom sur le net… Qui sait comment elle pourrait réagir? Déjà ; je trouve que c’est une grâce qu’elle ne me (re) connaisse pas. Jusqu’aujourd’hui, Yukimori et moi n’avons jamais eut de problème de médias… Pas même en Irlande… Puis… Je dois avouer que je ne suis encore jamais montrée officiellement avec lui…

Les Irlandais comprennent la situation et je remercierai toujours mon peuple pour ça… Mais ce sont les anglais les américains et les français qui sont…”Coriaces”. Les japonais ne sont pas encore sur la touche, mais il suffirait que quelqu’un mette le feu aux poudres pour que tout explose. Quelqu’un comme Tom…

Je suis sûre qu’il le fera. Le tout est de savoir quand, et comment…
Codage par Libella sur Graphiorum
Kiyohi Nanase
Messages postés : 363
Inscrit.e le : 02/11/2016

Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Makoto Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Jeu 7 Fév - 9:19
par Kiyohi Nanase


Hear me roar
Avec les Otsuka


Ah ? Un changement d’attitude perceptible. Kiyohi n’en perdit pas une miette et finit même par éclater sincèrement de rire en l’entendant rétorquer presque sur le même ton. Ça, c’était déjà plus plaisant !

« Hahaha ! C’est dommage, d’ailleurs. Ça aurait été drôle autrement. »

Oui, très drôle. En grand partie parce qu’actuellement, c’était sans doute elle qui avait le plus fait pour son cousin que n’importe qui, tous les Otsuka pouvaient en témoigner s’ils n’étaient pas encore occupés à se remettre de l’ulcère qu’elle leur avait sans doute filé en leur collant la truffe dans leur comportement odieux. Mais ça, elle n’allait pas le dire à la jeune femme face à elle. Déjà parce que merci bien mais elle n’avait rien à lui prouver et ensuite parce que c’était plus rigolo de la regarder hausser ses petits sourcils bien épilés et son sourire constipé tandis qu’elle lui « retournait le compliment ». C’était cool qu’elle ait finalement un peu de caractère, vraiment. Mais c’était quoi, ça ? Une menace ? Oh, allons… Même si elle était jeune et athlétique et sans doute capable de retourner une beigne si le besoin s’en faisait sentir, Kiyohi trouvait ça plus mignon qu’autre chose. Comparé à Haru qui l’avait menacée de meurtre à l’arme blanche et lui avait collé un poing (sans ôter la bague) dès la première rencontre, c’était même franchement adorable. Mais ni l’une ni l’autre n’eurent le temps d’ajouter quoi que ce soit car Yuki revenait avec les boissons. La jeune femme se détendit aussitôt sensiblement. L’épreuve n’était pas terminée, elle n’avait pas encore eu le temps de réellement se forger une opinion sur Siobhan mais elle n’était pas là pour mettre son cousin en porte-à-faux ou se fâcher avec lui. Même sans la mention du mois passé en Irlande tous les deux quand ils répondirent à sa question sur le nom de la maison, pas besoin de sortir de Todai pour voir qu’il était attaché à sa nouvelle épouse et qu’il n’apprécierait sans doute pas de l’entendre la provoquer bien longtemps.

« Je vois. C’est plutôt cool comme idée. Mais ça répond pas à ma question : je sais toujours pas ce que ça veut dire. Excepté que ça commence par "petit". »

Ça signifiait sans doute un truc, non ? Le niveau d’anglais de Kiyohi était inexistant loin d’être assez bon pour pouvoir le deviner elle-même et ça l’intriguait. Elle n’avait jamais été en Irlande. En fait, jusqu’au début de cette année et leur voyage aux Baléares, elle n’avait jamais réellement mis les pieds en dehors du Japon et découvrir qu’ailleurs, des gens donnaient des noms à leur maison plutôt que des numéros, c’était plutôt cool. D’ailleurs à ce sujet, il y avait d’autres détails qu’elle brûlait d’envie de savoir. Elle décocha un sourire malicieux à son cousin par-dessus son verre de jus de fruits.

« Comment tu t’en es sorti en pays étranger, Yu-kun ? T’as serré des mains ? T’as fait la bise ? T’as réussi à te retenir de bosser en cachette ? »

Rien que de l’imaginer, c’était savoureux. Et puis, mine de rien, ça avait du lui faire du bien. C’était le genre de choses dont il avait besoin maintenant qu’il pouvait librement sortir du coma social dans lequel on l’avait maintenu des années durant. Dans ce sens, c’était une bonne chose que son épouse soit une étrangère, moins susceptible d’être réservée, passive ou d’une affligeante timidité qu’une japonaise de base. Ce en quoi elle était obligée de reconnaître que l’Incontestable avait peut-être bien fait son job, même si ça lui faisait un mal de chien de l’avouer. Se retournant vers Siobhan, toujours en tailleur sur le sofa d’en face, elle décida de revenir dans les rails d’une première rencontre classique. Légèrement. Pour l’instant :

« Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? »

Codage par Jibunnie sur NEVER-UTOPIA
Yukimori Otsuka
Messages postés : 491
Inscrit.e le : 10/07/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Siobhan P. Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Jeu 7 Fév - 13:05
par Yukimori Otsuka


Yukimori avait craint que les tensions entre Kiyohi et Siobhan persistent mais finalement, l'ambiance se fit rapidement plus neutre. En tous cas, il avait le sentiment que sa cousine était un peu plus détendue et il s'en senti soulagé. Il voulait seulement qu'ils partagent tous les trois un bon moment, sans conflits inutiles. Puis, il devait reconnaître que c'était important pour lui qu'elle apprécie son épouse. Parce que Kiyohi faisait également partie de sa vie désormais, comme cela l'avait été lorsqu'ils étaient enfants, avant que le destin ne s'acharne sur leur famille.

Par contre, en ce qui concernait Siobhan, c'était une autre paire de manche. Il avait le sentiment qu'elle était tendue comme un arc, sur la défensive. En même temps, ce n'était pas étonnant, cela ne mettait pas forcément très à l'aise de se voir attribuer le délicat surnom de « grognasse » et il avait la vive impression que leur échange en tête à tête n'avait pas été sous le signe de la paix et de l'amour.

L'idée d'avoir nommer leur maison sembla plaire à sa cousine et il en fut ravi. Peut-être que cela permettrait de détendre – ne serait-ce qu'un petit peu – Siobhan.

- Je vois. C’est plutôt cool comme idée. Mais ça répond pas à ma question : je sais toujours pas ce que ça veut dire. Excepté que ça commence par "petit".

- Ça signifie « petit abri sous le vent ».

Il jeta un petit regard à Siobhan, comme s'il attendait sa confirmation. En réalité, elle lui avait déjà expliqué ce que cela signifiait mais ayant un niveau d'anglais médiocre, il préférait s'assurer qu'il ne disait pas de bêtises. A vrai dire c'était un peu exagéré, il s'était quand même amélioré dans la langue de Shakespeare, en un mois dans un pays qui ne parlais pas du tout le Japonais, mais il était très loin de pouvoir le parler couramment.

- Comment tu t’en es sorti en pays étranger, Yu-kun ? T’as serré des mains ? T’as fait la bise ? T’as réussi à te retenir de bosser en cachette ? 

Le jeune homme sourit, se remémorant son mois en terre inconnue. A vrai dire, il était plutôt fier de lui. Même si dans un premier temps il avait cru qu'il ne s'en sortirait jamais avec cette tribu d'Irlandais qui les attendaient chez les parents de Siobhan, ça s'était vraiment bien passé. Il avait découvert des personnes ouvertes d'esprit, accueillantes et chaleureuses. En somme, le parfait opposé de l'environnement dans lequel il avait grandi. Certes, il avait dû apprendre à s'adapter à leur culture, mais cela n'avait pas été si terrible.

- Je pense que je m'en suis pas trop mal sorti.

Il jeta un nouveau regard à Siobhan afin de savoir ce qu'elle en pensait car il n'était absolument pas objectif. Il reporta son regard vers sa cousine afin de répondre à ses questions.

- Oui, j'ai dû leur serrer la main, mais je n'ai pas fait de ''bises''.

Il avait eu du mal à enregistrer dans son cerveau que là-bas, il ne fallait pas s'incliner pour saluer mais qu'il fallait serrer la main. Alors il n'avait pas eu l'air très malin au départ et au fur et à mesure, il s'était fait à cette coutume. Même s'il devait admettre qu'il préférait – et de loin – simplement s'incliner poliment plutôt que d'avoir un contact physique avec le monde entier.

- J'ai pris une semaine entière sans travailler, mais j'ai dû ensuite faire du télétravail.

Déjà, le fait de prendre une semaine sans mettre le nez dans son travail relevait d'un exploit, ou même d'un miracle. Alors, évidemment, il n'était pas resté un mois sans rien faire. De toutes façons, ce n'était pas ce qu'il avait convenu avec son chef. Avant son départ, ils s'étaient mis d'accord pour qu'il fournisse une certaine dose de travail depuis l'étranger et il avait pleinement rempli les exigences.

Par contre, ce qu'il ne dit pas, c'était que son adaptation était également passée par le style vestimentaire. Il avait laissé ses chemises et ses pantalons en toile pendant un moins pour porter des jeans et des tee-shirt. D'ailleurs, il avait prit l'habitude de porter ce genre de vêtements le week-end, lorsqu'il ne devait pas se rendre au travail, pour avoir l'air plus « décontracté ».

Il avait également appris qu'en Irlande, les femmes n'étaient absolument pas soumises et passives comme pouvaient l'être beaucoup les japonaises. En attestaient les marques de dents que Siobhan avait laissé sur son cou et qu'il tentait de dissimuler depuis l'arrivée de sa cousine. Lorsqu'il portait une chemise, c'était bien plus facile car le col montait, alors qu'avec ce maudit tee-shirt, il ne pouvait que le cacher lui-même et prier pour que sa cousine soit trop distraite pour y porter attention. D'ailleurs, Kiyohi n'insista pas davantage sur l'Irlande et reporta visiblement son attention vers Siobhan.

- Et sinon, tu fais quoi dans la vie ? 

Yukimori sourit une nouvelle fois. Si sa cousine s'attendait à quelque chose d'aussi cocasse que « vendeuse chez O.M.G », elle allait être déçue. Cependant, il était curieux de savoir ce que dirait Siobhan. Parce qu'elle s'était présentée à lui comme une ''simple'' danseuse et professeur de danse. Mais à priori c'était encore plus complexe que cela. Il avait cru comprendre pendant leur séjour en Irlande qu'elle avait acquis une certaine renommée grâce à son art. Cependant il ignorait toujours à quel point elle était connue et talentueuse. En réalité, il ne l'avait même jamais vue danser...

La fosse aux lionnes
Siobhan P. Otsuka
Messages postés : 278
Inscrit.e le : 08/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Yukimori Otsuka
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Ven 8 Fév - 16:45
par Siobhan P. Otsuka

Dans la cage aux lionnes



- Hahaha ! C’est dommage, d’ailleurs. Ça aurait été drôle autrement.

Drôle ? En quoi ?

Ça aurait été franchement inquiétant… Quand je repense à hier. Je me dis que j’aurais pu… Régresser, j’aurais pu éclater, finir en garde à vue, j’aurais pu devenir folle si Yukimori n’avait pas su se défendre… J’aurais pu regretter, et le tenir en laisse en le forçant à vivre avec moi alors que je serais en train de sombrer dans mon passé… Aujourd’hui encore, j’ignore si je suis réellement capable de résister à Tom ou si tout au contraire… J’en suis incapable. Je l’ignore….

… Mais ce que je sais, c’est que Yukimori, hier, m’a sauvé les fesses.

Après que le lui ai parlé du nom de notre maison et que Yukimori m’ait donné mon thé, les choses semblent se détendre. Il faut croire que ce type atténue les moeurs.

- Je vois. C’est plutôt cool comme idée. Mais ça répond pas à ma question : je sais toujours pas ce que ça veut dire. Excepté que ça commence par “petit".

- Ça signifie « petit abri sous le vent ».

Je souris à Yukimori pour le conforter dans sa réponse.

- Comment tu t’en es sorti en pays étranger, Yu-kun ? T’as serré des mains ? T’as fait la bise ? T’as réussi à te retenir de bosser en cachette ?

Pourquoi est-ce que j’ai l’impression qu’en posant cette question, elle nous insulte indirectement ? En quoi est-ce que c’est un “big deal” de serrer des mains et de faire la bise ? No idea… Mais ce qui est le plus important actuellement, c’est de savoir ce que réellement, Yukimori à pensé de son voyage. Je crois que je ne lui ai jamais demandé d’ailleurs…

- Je pense que je m'en suis pas trop mal sorti.

Je souris en opinant du chef. Oui. Tu t’en es bien sorti, me parents t’adorent, mon père veut t’adopter, mes tantes veulent toujours te pincer les joues, mes petits cousins et cousines veulent tous dormir avec toi et mes grands-parents adorent te tâter comme on tâte un mouton. Je pense que oui. Tu t’en sors bien…

Il se tourne vers sa cousine pour continuer à lui répondre.

- Oui, j'ai dû leur serrer la main, mais je n'ai pas fait de ‘'bises''.

Et il avait du mal à ne pas s’incliner. Sans blague, à chaque fois qu’il voulait le faire, je devais me retenir de ne pas lui foutre une tape sur les fesses. Mais il l’aurait mal pris. Vraiment. Je le vois me toiser avec ses grands yeux, son air furieux et tout le reste…

- J'ai pris une semaine entière sans travailler, mais j'ai dû ensuite faire du télétravail.

Télétravail. Un terme bien compliqué… Yukimori travail tout le temps en semaine. J’ai l’impression que nous sommes un vrai couple que le samedi et le dimanche. Le reste des jours, Yukimori est ce… Il est quoi d’ailleurs ? Enfin bref, il travaille. Il se lève, fait son petit train-train revient le soir, mange avec moi (après avoir travaillé) puis nous nous couchons…

C’est très timide encore, mais j’ose espérer que ça évoluera.

- Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?

ON DEMANDE CE QUE LA GROGNASSE FAIT DANS LA VIE ! Tiens, tiens… Je l’intéresse ? Je pose ma tasse après avoir bu et me redresse avec l’intention de répondre de la manière la plus complète.

- Je suis danseuse professionnelle et professeur de danse pour les jeunes enfants. Le matin, j’enseigne et le soir, je m’entraîne avec le fils d’Eric Valmont. Au cas où il ne te dit rien ; c’est une des meilleurs danseurs, pour ne pas dire le meilleur. Une personne assez atypique, dure et exigeante. Mais ce n’est pas si intéressant que ça en vérité… On peut tout savoir sur moi rien qu’en tapant mon prénom sur le net.

Je me penche vers Yukimori en prenant ma tasse et lui souffle de manière volontairement indiscrète :

- Je crois que je parle trop…

Je prends une gorgée et me redresse en la regardant, tout sourire.

- Et toi alors ? Tu fais quoi dans la vie ?

… À part être enceinte et me traiter de grognasse ? Qui es-tu ?
Codage par Libella sur Graphiorum
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
posté
par Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
© Street cred
Le contexte original du forum appartient à Black Chocolate. Les évolutions, précisions et annexes appartiennent aux staff présent et passés de JM.

Design et code par Carmine S. Bellandi / PAN, avec l'appui des ressources de Forumactif et CCC. Optimisé pour Firefox et grandes résolutions d'écran.

Les productions écrites du forum appartiennent à ses membres.

Toute reproduction partielle ou totale du forum, de son contexte ou de son contenu est strictement interdite.

Nos partenaires