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Voir le profil de l'utilisateur Sam 8 Déc - 19:02


Yukimori ouvrit doucement les yeux. Quelques rayons de soleil filtraient autour des rideaux épais, baignant la pièce d'une douce luminosité. Siobhan lui faisait face, tournée sur le côté, encore endormie. Il resta un moment à l'observer dans son sommeil. La veille avait été éprouvante. Le dîner avec Tom et son épouse avait été un chaos absolu. Il se demandait encore comment c'était possible de faire preuve d'autant d'arrogance et d'irrespect. D'autant plus lorsqu'on était reçu chez quelqu'un... Il refusait que cette ordure remette les pieds chez eux.

Il inspira profondément. Il n'avait pas été pas tout blanc non plus... Il avait fini par céder à la colère, ce qui l'avait mené à menacer la femme de Tom, cramponner ce dernier par le col et les mettre à la porte... Le pire restait quand même ce qu'il avait dit au maudit ex de Siobhan... «  Tu touches encore une fois à ma femme et je te jure que ton public te reconnaîtra pas sur scène... » Depuis quand il se montrait aussi agressif ?! Depuis quand il jouait au mari surprotecteur ?.. Non, ça ne lui ressemblait pas. Certes, ils l'avaient vraiment pousser à bout mais il culpabilisait d'avoir agi de cette façon. En plus, il avait clairement trahi ses sentiments envers Siobhan...  Il frotta son visage en soupirant. « T'es vraiment qu'un abruti... et un faible. »

Il se leva, enfila un jean et un tee-shirt et descendit au rez-de-chaussée pour prendre son petit-déjeuner. Il regagna l'étage sans faire un bruit afin de faire sa toilette. Il avait du pain sur la planche. Il espérait recevoir sa cousine Kiyohi dans la journée. Il était hors-de-question qu'elle voit la vaisselle qui jonchait la table et l'évier de la cuisine, ainsi que le désordre dans le salon. En fait, il voulait effacer toutes traces du dîner de la veille. Si Kiyohi posait des questions sur cette soirée, ça pourrait rapidement devenir très embarrassant... Il devrait lui expliquer que Siobhan avait invité son ex – et sa femme – parce qu'elle avait paniqué. Que Tom avait été arrogant et irrespectueux du début à la fin. Que Shaolan, son épouse, avait tenté de donner une coup de couteau dans la main de Siobhan. Que le danseur avait dépassé les bornes en faisant des avances à cette dernière et lui avait imposé son contact. Et il devrait lui avouer qu'il avait totalement perdu le contrôle de soi-même... Non, il ne fallait pas qu'ils abordent le sujet... Kiyohi était trop intelligente et le connaissait bien, elle comprendrait trop vite qu'il était en train de succomber aux sentiments qui grandissaient jour après jour pour Siobhan.

Ils passeraient probablement déjà un moment très embarrassant lorsque sa cousine verrait la marque dans son cou... Il se sentait comme un ado qui cherchait à cacher son suçon aux yeux de ses parents... Sauf que là, ce n'était pas un suçon mais une morsure. L'ex de Siobhan l'avait déjà mis extrêmement mal à l'aise en abordant le sujet, la veille. Alors aujourd'hui, il laisserait Madame s'expliquer.

Il passa une partie de la journée à mettre de l'ordre dans la maison. Puis lorsqu'il eut terminé, il se réfugia dans son bureau, son havre de paix. Ou presque... En ce moment, il ne pouvait pas affirmer que tout se passait pour le mieux au travail. Ses supérieurs lui mettaient un pression considérable depuis qu'il était revenu d'Irlande et une de ses collègues avait un comportement pour le moins... étrange. D'ailleurs cette dernière lui avait envoyé deux courriers électronique qu'il refusa d'ouvrir. Il savait qu'elle l'observait alors cela ne devait pas concerner le travail mais sa vie personnelle... Il soupira et commença à potasser ses dossiers lorsque la sonnette retentit dans la maison. Il se leva brusquement de sa chaise et s'empressa d'aller ouvrir. Lorsqu'il vit Kiyohi, son visage s'illumina. Il était vraiment heureux de la revoir.

- Kiyohi ! Entre ! Comment vas-tu ?

Il la laissa entrer. Son ventre s'était encore arrondi. Il sourit doucement mais ne fit aucune remarque car il se souvint que cette grossesse était difficile à vivre pour elle. Il ne savait pas si cela avait évolué depuis et il ne voulait pas être aussi maladroit que la dernière fois. Il l'invita à prendre place dans le salon en attendant que Siobhan les rejoigne. Cette fois-ci, Kiyohi devrait être satisfaite de la décoration. On était loin de la maison témoin. Il s'agissait d'une vieille demeure, ils avaient repeint les murs de la pièce en rouge – c'était évidemment une idée de Siobhan – et cette fois-ci, il y avait de la décoration dans les pièces, un peu de désordre par-ci, par-là.

Il prit le vêtement de Kiyohi lorsque des pas se firent entendre dans le couloir. Siobhan apparut dans le salon.

- Siobhan. Voici Kiyohi, ma cousine. Kiyohi, je te présente Siobhan, ma femme.

« Ma femme »...Bizarrement, il arrivait de mieux en mieux à s'approprier ce terme... Enfin, les présentations étaient faites. Il espérait qu'elles s'entendraient bien, ou au moins qu'elle ne finiraient pas par se crêper le chignon...

La fosse aux lionnes
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Voir le profil de l'utilisateur Dim 9 Déc - 3:04

Dans la cage aux lionnes

La chaleur de Yukimori avait disparu…

C’est ce qui me réveille. Je pensais qu’en resserrant l’étreinte de mes bras, je le rapprocherais de moi… Mais à l’évidence, il n’y avait que la couette pour me tenir chaud.

J’ouvre les yeux et vois une place vide. Relevant la tête, je regarde à droite et à gauche. Personne ne se trouve là. Yukimori doit se préparer à la venue de sa cousine. J’imagine qu’il doit être fier d’enfin me présenter à un membre de sa famille… Il ne m’a jamais présenté à ses parents… Il n’en parle jamais… Et je ne le force pas, car je ne voudrais pas le mettre mal à l’aise. Qui sait ? Peut-être que ça lui fait mal ?

Je me souviens alors de la soirée d’hier et souris lorsque j’entends la phrase qu’il a lancé à Tom. Évidemment que je me dis que ça peut être de la comédie, jusque-là, Yukimori s’est montré très convaincant… Mais j’ignore pourquoi je ne parviens pas à voir les choses de manière rationnelle.

Je balance mes jambes hors du lit et descends sur la pointe des pieds. Personne dans la cuisine… Cependant, elle est propre comme un sou neuf. Monsieur propre est passé par là, me dis-je.

Arrangeant mes cheveux, j’entre dans le salon et vois monsieur dans le salon. En train de ranger, je ne sais pas quoi… Je hausse le sourcil avant d’entrer et de poser une main sur son épaule.

- Hey… Salut.

Je dépose le baiser du journalier avant de regarder autour de nous.

- Besoin d’aide ?

Il ne répond pas. Mais je n’ai pas besoin de son accord pour me mettre à l’aider. Alors que nous terminons, je finis de faire ce que je fais et essaye de le talonner. À croire qu’il a un chronomètre à la place du cœur aujourd'hui ! J’ouvre la porte du salon et :

- Je pensais que…

La porte de son bureau se ferme. D’accord… Normalement, je devrais faire comme si de rien n’était, mais comme je l’ai dit… “Normalement”. La vérité, c’est que je commence à me dire… Qu’il m’en veut sûrement.
Un peu refroidie, je reste devant la porte close puis referme celle du salon avant monter en jetant un dernier regard à la porte. Là-haut, je prends ma douche et enfile une robe en molleton, d’un vert sombre et aux manches longues. Lorsque je redescends, rien n’a changé. Tu te refermes… Encore…

Frustrée et un peu affamée, je me réfugie dans la cuisine et attrape un sachet de toffee (bonbon) avant de sortir pieds nus. Il fait frais. Le sol est frais. Mais le soleil réchauffe mon visage… Lorsque je tourne les yeux, je peux voir la petite vieille. La voisine. Parfois, elle me fait un signe de la main et je lui réponds. Aujourd’hui, les choses vont un peu plus loin…

- Où sont vos chaussures ? me crie-t’elle de sa fenêtre.

- Je les ai troquées ! plaisanté-je.

- Ah oui?! Contre quoi?

- Ça! dis-je en montrant mon paquet de bonbons.

Elle agite sa main dans le vent comme pour dire “ foutaises !”. Ça me fait rire.

- Vous avez mangé ?

- Je m’apprête à le faire…

- C’est pas très sain, mais bon… Et portez des chaussures sinon vous attraperez froid: c’est pas bon pour votre ventre…

Je fronce les sourcils perplexe et amusée par ce qu’elle radote en refermant sa fenêtre. Elle doit me confondre avec quelqu’un… Ou elle divague, me dis-je en haussant les épaules.

Coinçant le paquet entre mes dent je me dirige vers l’arbre de notre jardin et grimpe jusqu’à trouver une branche où le soleil tape fort. Là, suspendue à plusieurs mètres du sol, j’ouvre mon paquet et mange en me remémorant chaque moment de la soirée d’hier. Peu à peu, je commence à me dire que j’ai eu tort de croire que Yukimori puisse m’aimer après ce que j’ai fait… Ce serait même le contraire. Retour à la case départ.

Je reste là, les pieds se balançant dans le vide, reposant sur une branche à regarder chaque rare oiseau à passer dans le ciel bleu. Notre olivier commence à perdre ses feuilles. L’hiver arrive et je n’ai toujours pas décidé de tailler les hautes herbes du jardin, ni même d’y planter quoi que se soit. Je n’ai pas installé ma sono pour ma guitare, mon piano n’a pas encore été envoyé d’Irlande… Il serait temps que je fasse quelque chose d’utile dans cette maison plutôt que de ramener des gens qui sèment le trouble…

Soudain, j’entends un bruit. Comme une voiture qui se serait arrêtée devant la maison… Puis la sonnette. Immédiatement, je me redresse et me retourne vers chez moi et tente d’écouter avec plus d'attention pour distinguer les voix. Sauf que je n’entends rien. Avalant mon caramel, je replie le sachet sur lui-même et essuie ma bouche d’un revers de manche puis descends aussi vite que possible. Malheureusement, mes cheveux se prennent dans les branches de l’arbre m’arrachant quelques plaintes.

- Aîe!! Ouuuuuh! Lâche ça…. !

Je tire sur la mèche et secoue ma robe, époussette mes épaules pour être plus présentable sans me préoccuper plus de mon apparence. Trottinant jusqu’à la porte de la cuisine, j’entre et pose mes bonbons sur la table avant d’écarter une mèche de ma bouche et d’expulser le dernier souffle frais de mes poumons.
La porte du bureau est ouverte … Il est remonté peut-être? Alors que je me précipite pour le rejoindre, des voix se font entendre dans le salon. Ah non; dans le salon.

Ouvrant la porte, j’entre et voit mon époux et… “Elle”? Je suppose que c’est sa cousine. Je leur souris avant de remarquer le ventre de cette dernière: elle est enceinte! Allez savoir pourquoi, mais d’une manière stupide, je la trouvais d’autant plus jolie.

- Siobhan. Voici Kiyohi, ma cousine. Kiyohi, je te présente Siobhan, ma femme.

“Ma femme”. Il remet ça sur le tapis…

Alors c’est vraiment elle… Elle n’a rien de… Enfin, si je la mets à côté de Yukimori; il n’y a rien de… Enfin, il n’ont pas l’air de venir du même monde. Mais les apparences sont trompeuses et je suis bien placée pour le savoir. Tout ce que je parviens à faire sur le moment, c’est sourire avant de voir une feuille d’olivier tomber de ma tête. Elle tournoie dans le vide avant de venir se poser près de mes pieds.

Je me retiens de grimacer avant de relever le visage et m’avancer vers elle en lui tendant la main.

- Enchantée.

Je regarde ma main puis me rappelle que je suis la seule Européenne dans la salle.

- Oh, euh… Je peux… M’incliner, si vous préferez ? en grimaçant pour rendre le sujet risible.

Je me retourne vers Yukimori.

- Excusez-moi, c'est ridicule , dis-je ne prenant place à côté de Yukimori et en prenant soin de passer ma main sous ma robe pour ne pas qu’elle remonte. Bienvenue à Little Lee.

Oui. Depuis notre retour d’Irlande, j’avais décidé que cette maison serait notre chez nous. Notre Little Lee à nous, ici au Japon. Quelque chose qui nous évoquait de bons souvenirs à moi et à Yukimori…
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