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Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

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le Lun 11 Fév - 19:15
par Solveig Andrea
Solveig Andrea
"À ce qu’il paraît le héros meurt à la fin, ça tombe bien j’en suis pas un. "

Généralités
Nom ;; Andrea.
Prénoms ;; Solveig. Un prénom qui t’ennuie, un prénom qui te dérange, un prénom qui te colle si mal à la peau. Solveig, ça veut dire force du soleil, chemin du soleil, gardien du soleil selon les racines. Tu n’as rien de solaire, tu n’as rien de beau, tu n’as rien de pur. Tu te contentes d’être ta propre éclipse depuis des années.
Âge ;; T’as que trente ans, un chiffre rond même si t’es creux. T’es encore jeune mais t’as déjà l’aigreur des petits vieux.
Genre ;; XY.
Origines ;;  Des racines islandaises, tu as l’air de venir d’ailleurs, de loin, d’un pays d’où les âmes ne ressortent jamais indemnes.
Activité ;; Scolarité gâchée, scolarité écorchée, tu as envolé tes rêves d’études à la naissance de tes filles. De petit boulot en petit boulot, t’as titubé sur le fil de ta vie jusqu’à trébucher et tomber. Depuis, tu es gardien de prison, gardien d’une vérité bien trop lourde à porter.
Sexualité ;; Tu es resté des années avec la même femme, tu ne t’es jamais posé de questions et être hétérosexuel, c’est tellement plus confortable. Mais au fond, ça te laisse bien indifférent.
Avatar ;; Mon OC Solveig dessiné par DocWendigo, les images arrivent soon, faut que je redimensionne sauf que j’ai pas Photoshop sur mon portable (oui paske j'ai plus de pile pour mon fixe, genre plus du tout, faut que j'en rachète, longue histoire).
Règlement ;;
Chemin ;;
Commentaire ;;C’est de la faute à Uta, elle m’a corrompue. J’aimerais aussi préciser qu’il est fort possible que des parties de la fiche soit trouvables sur internet parce que Solveig c’est un personnage d’un de mes bouquins et je suis une flemmarde. Pourquoi se fatiguer à écrire toute une fiche quand on s'est déjà mâché le boulot ?
Quant aux citations (titre de la fiche + nom des parties + in text), elles appartiennent à Hyacinthe, encore et toujours. À l'exception de celle sur les témoins de Jéhovah qui est de LOAS et celles du caractère, Thérapie TAXI.
J'baise ma vie pour mieux la connaître.

I.
Cherche la sortie, mais tout recommence sans cesse. Coincé dans ce dortoir sinistre où les démons s'enferment."

Bébé, tu sais, moi je baise.
Je baise tout.
Je baise le temps, l’ennui, la fatalité. Je roule des pelles à la mort, je m’envoie en l’air avec la Pieuvre. Je baise tes sourires, tes rires, tes soupirs, je te suce jusqu’à la dernière goutte, jusqu’à la moelle, je t’essore, je te sèche et je t’abandonne sur le trottoir, je te laisse chialer sur les cadavres de ta vie. Je baise ta mère, ton père, ta soeur, tes gosses, le putain de bonheur qui fait briller tes yeux clairs. Je me répands dans ton lit, dans ta vie, comme un besoin. Je te baise dans toutes les langues. Je te baise jusqu’à ce que tu en saignes, que tes jolis petits yeux se mettent à pleurer. Et quand ta vie ne ressemble plus à rien d’autre qu’un champ de ruine, qu’un paysage triste et désolé, ravagé par le temps, la guerre ou les intempéries, quand t’es triste et vidée, alors je jouis et je te regarde crever. Et tu sais bébé, je prends mon pieds à te regarder sombrer. Je te regarde te noyer dans tes larmes comme Alice, implorer, supplier, je me nourris de l’espoir qui danse au fond de tes yeux, comme si tu pensais sincèrement que j’allais te prendre par la main en te murmurant des je t’aime à l’oreille. Tu vois, c’est ça que j’aime. Ce moment précis où j’étends mon emprise dans ta vie, où je me fais démiurge de ce que sera ton nouveau monde. Ce moment précis où tu perds pied, où je tiens ta vie entre mes doigts. Où je peux enfin briser le miroir déformant qui me faisait te voir là où je devrais me voir. C’est comme l’achèvement d’un projet difficile, parce que c’est difficile de niquer une vie. De niquer une vie autant que j’ai niqué la mienne. Mais ne t’en fais pas, je suis patient, ce que je veux, je l’obtiens. Est-ce que je veux, c’est ta vie entre mes mains. Pour pouvoir te regarder crever. T’inquiète, la mort c’est rien, sinon perdre des instants qui ne reviendront jamais.

*


J’aimerais te planter une balle entre les deux yeux. Faire exploser ta cervelle, éclater les fragments de ton crâne contre les murs. Les réduire à la poussière, au néant, parce que c’est tout ce que tu es. Je voudrais tacher le sol avec ton sang dégueulasse, comme tu as souillé les vies, les coeurs et les corps. Oh oui, j’aimerais. Personne ne viendrait te pleurer. Parce que personne ne veut de toi. Personne ne t’aime. Regarde-toi à faire ta pute, dealer des sentiments, mentir juste pour être aimé, juste pour pouvoir briser ce bonheur que t’as plus. Tu fais pitié. Si tu claquais au-beau milieu de la route renversé par un chauffard comme ta femme trois ans plus tôt, personne ne se précipiterait pour t’aider, les gens traceraient juste leur route parce que tu pues, que t’es médiocre et inutile. Peut-être même que certains s’arrêteraient juste pour se moquer ou te prendre en photos. Ils foutraient rien pour t’aider comme toi tu ne fous rien pour aider ceux que tu blesses. Le malheur des autres te fait trop bander. Comment tu veux qu’on vienne chialer sur les cendres d’un déchet comme toi ?T’es qu’un putain de clown pathétique, une frasque de vie, une insulte à l’humanité, ce genre de petite merde accrochée à une semelle terreuse. T’es rien de mémorable, franchement, t’es du genre qu’on oublie. T’es qu’un putain d’anonyme qui claquera en silence, comme un secret. Tu es mort et personne n’en entendra jamais parler. Toute façon, t’es déjà mort. Zombie boy. T’as aucune saveur Solveig, t’es fade, tu n’es qu’une putain de blague. Une blague qui dure depuis trente ans déjà. Ouais, t’es une grosse blague. C’est ce que ta mère a pensé quand elle a su que tu t’étais incrusté dans son ventre sans lui demander son avis. Toute façon, t’as jamais été du genre à prévenir ou demander la permission. Mais tu vois Solveig, personne n’a jamais voulu de toi, pas même ta propre mère. Faut la comprendre, à l’heure où on pond des gosses pour empêcher la disparition d’une nation, quand on accouche d’un pauvre type comme doit, ça doit donner envie de poser une bombe sur l’humanité.

Parce que t’es pas un cadeau. T’es ni drôle, ni intelligent, t’as même l’air un peu con. Quand t’es né, t’as pas pu t’empêcher de laisser une cicatrice sur le ventre de ta mère parce que tu sais pas partir sans faire de bruit. Toi, tu claques les portes, tu les fermes pas. Pauvre, pauvre petit bébé qui essaie désespérément de vivre, alors qu’il ne sait même pas exister.

Alors tu gueules, tu gueules jusqu’à m’en donner mal à la tête. Tu tapes contre les murs de ton âme, tu agites les barreaux de ta prison mentale, tu erres dans le labyrinthe tortueux de tes pensées glauques, de tes idées noires, de tes fantasmes sales. Mais tu ne trouveras jamais la sortie parce que je suis ton Minotaure personnel, le monstre qui tient les sorties, qui a jeté la clé. Tu ne retrouveras jamais la lumière. Et si quelqu’un essaie de te tendre un joli fil rouge pour te montrer la sortie, je le couperai, encore et encore. Tu es à moi, rien qu’à moi. T’es un déchet, mais t’es le mien.

II.
"Ma rage et mes maladresses, accroché à ma peine, j'ai pas trouvé de refrain à ma haine."

Faut pas me croire quand je te dis que tu es la femme de ma vie.
Faut jamais croire les mecs quand ils te disent ça, tu sais, c’est juste des mots balancés comme ça dans les airs, c’est juste du vent pour réussir à te baiser. Ça fait longtemps que les mots ne veulent plus rien dire. Ils ont été délesté de tout leur aura, de tous leurs charmes et maintenant ils font les trottoirs. Ça fait bien longtemps qu’on ne pense plus vraiment ce qu’on dit, qu’on ne dit plus vraiment ce qu’on pense, qu’on s’embarrasse de toutes ces formules de politesse hypocrites, qu’on balance des je t’aime à toutes les sauces, à toutes les couches, sans trop capter le sens des mots. Je t’aime n’est plus que quelques pauvres lettres qu’on dit pour faire plaisir à l’autre.

Je t’aime, c’est ce que je dis à toutes les nanas comme toi, un peu trop conne, un peu trop heureuse et souriante sur les photos de famille. C’est rageant, tu sais. De vous voir toute si joyeuses, à me dégueuler votre bonheur à la gueule : je suis heureuse et pas toi. C’est comme si vous me narguiez. Vous me cherchez, je suis obligé de répliquer.

Mais tu sais, avant qu’on éteigne la lumière dans ma vie, avant qu’on me balance au fond de ce foutu labyrinthe et que des chardons viennent s’enliser autour de mon coeur, jusqu’à ce que les échardes se plantent dedans et me le fassent saigner au moindre mouvement, je savais peser le poids des mots. Je les choisissais avec minutie. Tu vois chez moi, on parlait pas beaucoup. Pendant les repas de famille, on entendait les couverts cliqueter sur les assiettes. Mes parents, ils se parlaient pas, ils criaient plutôt. Ils savaient pas s’entendre, ils savaient pas s’aimer, ils voulaient déchirer le modèle que le Japon leur impose, écraser la puce endormie dans leur crâne, quitte à en crever. Mais c’était des gros lâches qui avaient peur de la mort autant que de la vie, alors ils se sont soumis à ce système. Et ils ont aussi vendu mon âme à la machine. Parfois, je me dis que ça ne serait jamais arrivé si la famille de ma mère n’avait pas décidée de quitter ce trou paumé qu’est l’Islande pour le Japon, si mon père n’était jamais né et que sa pute de mère avait préféré l’avaler.

Comme on se parlait peu, que les je t’aime n’existaient pas et que l’amour dans cette famille n’était qu’un mirage, une parade pour avoir l’air de belles copies conformes mais surtout très connes, j’ai jamais exprimé mes sentiments. J’ai jamais dégueulé mon amour comme une vodka à cinq heures du matin. Par pudeur, par retenue, par fierté, et parce que je n’ai jamais trop su comment dire les choses.

Mais tu vois, j’ai rencontré Alisha un jour.
Ma jolie Ali.
La seule et l’unique que j’appellerai femme de ma vie.
Parce qu’elle l’était.

J’avais treize ans quand je l’ai rencontrée. C’était la nouvelle. Elle était singulière, avec son carré de cheveux blonds, ses pulls Sex Pistols. Elle débarquait du siècle dernier, on aurait dit un filtre photo grunge, un peu usé par le temps. Et ce côté grunge, elle l’avait jusque dans la voix. Ali était vibrante et magnifique. Elle sentait le patchouli et la vanille, elle était belle et pas pour moi. J’ai eu tort, sur le second point. Parce que à l’école, j’étais le genre de type ordinaire, quelques potes mais pas trop, calme mais pas trop, bien dans le rang. Toujours rester dans le rang pour pas se faire lyncher, les gamins en plus d’être cons sont cruels entre eux. Je ne sais plus trop pourquoi on a commencé à se parler, elle et moi. Toujours est-il qu’un jour, on a commencé à s’embrasser et qu’un autre, on a commencé à s’aimer. Amour d’adolescent, du genre à se révolter et s’enflammer pour pas grand-chose. C’était débile de s’aimer alors que la machine déciderait pour nous, mais tu sais, on s’en foutait, on avait juste envie d’être tous les deux, l’un avec l’autre, de rire, de profiter, bref, d’être heureux. On a passé des heures, des jours et des nuits à réécouter des musiques d’avant sur des vieilles cassettes, le grand-père d’Ali en avait toute une collection dans des vieux cartons.

Ali, ça a été mon rayon de soleil, je lui aurai offert des mondes et des soleils, je lui aurai donné mon coeur dans le creux de ma main pour la voir illuminer mon monde et en chasser les ombres. C’est sur sa bouche que j’ai formé mes premiers je t’aime, c’est sur sa peau que j’ai posé mes lèvres. On en a vécu des premières fois ensemble. Et quand on a eu seize ans, malgré les doutes et toutes nos peurs, tu vois, on a continué à s’aimer.

Quand même.
Et puis un jour, Alisha a cessé de répondre au téléphone, elle n’était plus là en cours. J’ai cru que je l’avais perdue.

Jusqu’à ce qu’elle brise le silence, et qu’elle explose nos vies d’un simple texto. Trois mots. Trois putains de mots.

Je suis enceinte.

Nos vies se sont désintégrées en des centaines de nuées de papillons. Franchement, tu t’imagines, tu m’imagines, élever des gamins à seize piges ? On s’est engueulé, beaucoup. Déluge de questions, sans compter la réaction des parents. Sa famille a littéralement implosé quand la mienne s’est contentée d’accueillir la nouvelle avec flegme et désintérêt, comme à peu près tout dans la vie. Et pourtant, contre toute attente, sans ma mère, je sais pas comment on s’en serait sorti, à l’époque. C’est grâce à elle qu’on a pu finir le lycée. Et du mieux qu’on pouvait du haut de nos seize ans, on s’est préparé pour devenir parents.

Putain de blague.
J’avais pas de projets à l’époque. Je savais même pas ce que je voulais faire de ma vie. Avoir un gamin ? Même pas en rêve. Et la plus grosse blague, ça a été l’échographie, quand le gynécologue nous a appris avec un sourire ravi qu’il n’y avait pas un, mais deux mômes. Des putains de jumeaux. Ou plutôt, des putains de jumelles.

*

Des putains de jumelles qui n’avaient rien demandé à personne, certainement pas d’avoir un père comme toi. Qui pourrait en rêver ? T’as jamais su écouter, aimer, tu n’es pas fait pour ces choses là, il n’y a pas d’amour en toi, c’est de la haine qui coule dans tes veines, ta paupière ne tremble que de rage, il y a de l’amertume au bout de ta langue, de la méchanceté qui suinte de ton regard, de tes cils. Je suis sûre que tout autour de toi, les gens se sont dit « les pauvres filles. » Quand t’as su que tu allais devenir père, que tu allais devoir envoler tes rêves d’étude et retrousser tes manches, t’étais en colère. En colère parce que donner des gamins au Japon ça te faisait chier et contrarier ta vie de branleur aussi. Alors c’est vrai que tu t’es laissé porter par Alisha. Si tes filles savaient à quel point tu t’es peu intéressé à elle.

Même pour les prénoms, tu t’es contenté d’écouter la pré sélection d’Alisha. Toi, tu t’es toujours demandé à quoi servent les prénoms, si ce n’est à un étiquetage social. Les noms, les prénoms, les sourires de circonstance, ça te colle de l’urticaire. Toi, tu t’appelles Solveig, ça veut dire force du soleil, c’est tout ce que tu n’es pas. T’es faible, t’es pas lumineux. Même une éclipse solaire, c’est encore trop beau pour toi. Tu aurais pu t’appeler déchet que ce n’aurait pas été assez éloquent. Et pour couronner le tout, il parait que Solveig c’est plutôt un prénom féminin, mais ta mère s’en cognait tellement de toi.

Qui t’aime après tout ?
Tu ne penses pas que Alisha te mentait elle aussi ? À la réflexion, sûrement. Comme une fille aussi intelligente, jolie, vive et pétillante qu’elle aurait pu tomber amoureuse du loser de la classe ?

Alors voilà, dans la sélection, t’as accepté Naïa et Rakel.
Tu trouvais que c’était les moins pires.

Et neuf mois plus tard, Naïa et Rakel sont venues au monde.
Pauvres gosses mais putain, pauvres gosses.Vivre, c’est pas marrant tu sais. C’est long, c’est chiant, c’est pour ton bien que je te dis de te suicider parce que crois-moi, tu t’épargnerai un putain de calvaire. Mais alors vivre en portant ton nom, en ayant ta sale gueule… c’est partir avec un sacré désavantage dans la vie.

Je les plains, et j’espère que toi aussi, tu les plains.
Tu réalises le courage qu’elles ont de vivre avec un père comme toi ? La force que cela leur demande, d’assumer que tu es leur père ? J’ai toujours été admirative du courage de ces gamines. Et si tu penses sincèrement qu’elles t’aiment, crois-moi, tu te joues des films. Elles non plus, tu ne les mérites pas.

Si je n’étais pas aussi à l’aise tout au fond de tes abysses, j’aimerais me glisser dans leur crâne, leur chanter quelques mots doux à l’oreille pour les persuader doucement mais sûrement qu’elles devraient t’abandonner, te jeter sur le bord du trottoir, t’abandonner dans la rue et te laisser mendier de l’amour. Parce que je connais tes petits secrets, je connais la moindre de tes faiblesses, et je sais que si tes filles t’abandonnent, tu crèves. T’en crèverai parce que c’est tout ce qu’il te reste, tout ce à quoi tu te rattaches aujourd’hui.

Et moi, tu sais, je veux que tu crèves, j’y tiens. Alors je ferai tout pour me débarrasser d’elles, pour t’isoler un peu, et tisser le dernier fil de la toile que je te confectionne juste pour toi depuis des années.

Alors voilà, un jour, Naïa et Rakel sont arrivées dans ta vie comme un tsunami. Et c’est sûrement là que tout a commencé.


Ou que tout s’est arrêté.  

III.
« J’traîne dans mes baskets usées, sans permis d’exister, témoins de Jéhovah l’amour frappe à la porte, moi j’suis parti pisser. »


« Elles te ressemblent », c’est ce que m’a dit Ali la première fois. Putain, elle était tellement heureuse, elle brillait, elle irradiait, j’aurai cru voir le Paradis, il y avait des millions de soleil dans le feu de ses yeux. Et c’est vrai qu’elles me ressemblaient tu sais, parce qu’elles avaient mon teint de cadavre, des yeux si clairs, on aurait dit des perles de pluie, des nuages de brume. Et plus leurs cheveux poussaient, plus ils brillaient comme des rayons de lune. Si pâles, d’un blond si éreinté qu’il en paraît blanc. Et ça m’a tellement donné envie de chialer. Pas parce que je trouvais ça beau, que j’étais ému ou une connerie comme ça, non, j’ai pas pleuré la première fois que je les ai tenu dans mes bras parce que au fond j’en avais rien à branler de ces gamines. Non, j’étais juste triste qu’elles doivent se coltiner ma sale gueule toute la vie.

Quand je dis que le hasard est une putain.

Bref, on leur a collé une jolie étiquette sur le front, on a appelé la première Naïa, la seconde Rakel et puis ces connards de médecin se sont empressés de leur implanter la puce à l’arrière du crâne parce que faut pas déconner quand même, la liberté c’est surfait. La vie a continué après ça, à une allure plus effrénée, rythmée par les couches pleine de merde, les hurlements dans la nuit, les colères, les crises de larme, la bave sur le t-shirt. Je sais que je n’arrête pas de te dire que j’adore les gamins parce que j’ai bien compris que ton rêve dans la vie c’est d’avoir plein de mômes et être un parfait produit de la société, mais je te mens, comme pour tout. Je supporte pas les gosses. Ça pue, ça chie partout, c’est moche, fripé, horriblement bête, leurs rires sont aussi flippants que des grincements de parquet la nuit et ça se tait jamais. Je pense ça de tous les gosses du monde, y compris les miens. Quand on me les a collé dans les bras, j’ai pas compris les sourires radieux des infirmières parce que c’était juste deux marmots fripés comme des Bulldogs. J’ai tenu Naïa à bout de bras comme si elle allait m’exploser à la gueule à un moment ou à un autre et puis je me suis empressé de la refiler à ma mère qui souriait comme une conne. Elle avait pas l’air si heureuse quand j’suis né trente ans plus tôt, enfin, c’est ce que mon père m’a dit.

J’avais pas prévu de m’attacher à ces gamines. Les assumer OK, les aimer, il ne fallait pas trop m’en demander. Mais les mois, les années sont passés, sans qu’une lettre rose ne vienne gâcher l’équilibre qu’on avait construit avec Ali. Et je sais pas, je suppose que ces foutues gosses m’ont jeté un sort. Je me suis mis à les regarder, il y avait de l’amour dans mes yeux. Et Ali, ça lui faisait tellement plaisir de me voir brosser la crinière de Rakel. Et putain, combien de fois elle s’est foutu de ma gueule quand je servais de tête à coiffer à Naïa et ses expériences étranges.

C’est bizarre d’être papa au fond.
Parfois, j’ai envie de buter les jumelles et l’instant d’après je me dis que je pourrais me trancher la gorge juste pour leurs beaux yeux.

Je dirai pas que notre vie à quatre elle était parfaite parce qu’il fallait trimer dur. On se déchirait, on se pétait le dos au boulot. Ali était hôtesse de caisse. J’aime bien cette expression pour dire caissière, d’un coup ça a l’air plus respectable. Combien de fois ma Ali jolie elle est rentrée, complètement rincée ou agacée par le comportement des clients. Les gens n’ont pas de respect pour les petits métiers. Faut faire comme moi, faut rien respecter. Moi, je bossais à droite à et à gauche, au black, pour des types douteux. Je traînais dans des bars underground enfumés où ça puait le sexe bâclé, la transpiration et les sales trafics, mais ça rapportait pas mal et parfois, des nanas essayaient de me séduire, sauf que j’en avais rien à branler parce qu’il y avait Ali. Ma Ali. C’est vrai qu’avec nos boulots, on avait moins de temps pour nous et puis avoir des gamines dans les pattes c’est pas pratique pour baiser, mais on avait nos petits moments. Des instants qui n’appartiennent qu’à nous. C’est des souvenirs qui me restent sur le bout de la langue, ils sont doux-amers, je les chéris, je le maudis, je les aime mais pas trop, je les déteste mais pas vraiment non plus. Parfois, Ali elle se mettait à sauter sur le canapé comme une idiote dans des t-shirts trois fois trop grands pour elle, elle agitait ses cheveux dans tous les sens et s’étalait de tout son long sur le plancher. Elle pétillait, ses petits instants de folie, je les attendais toujours parce que au fond, la voir heureuse, épanouie et détendue ça suffisait à mon bonheur.

Ça m’aidait à oublier qu’une simple lettre pouvait nous séparer.
Pourtant, elle n’est jamais arrivée.
Il y a eu bien pire.

*

T’aurai quand même bien aimé qu’elles ne naissent jamais les jumelles. T’aimes trop ta petite vie de merdeux avec ta ‘teille et tes vieilles clopes. Puis t’aimes pas les gens. Ça m’aurait quand même arrangée que tu ne t’attaches pas à ces gamines parce qu’elles m’empêchent de t’entraîner, de t’attirer vers le fond, dans tes abîmes. Toute façon, tu devrais t’en débarrasser, les pousser à te détester parce que les pauvres, t’es un poids dans leur vie. Sois un bon père pour une fois, juste une fois Solveig. Donne un futur à ces gamines, arrête de les éduquer, confie-les à quelqu’un de compétent, on sera tous gagnants. T’as jamais été un bon fils, t’as jamais été un bon petit ami, tu ne seras jamais un bon père.

Grandis, Solveig.


IV.
"J'ai mon destin entre les mains, il ne respire plus
J'ai du serrer trop fort le cou de ce fils de pute
Nid de serpents dans mon coeur, venin dans mon verre
Rajoute un peu d'liqueur pour que les doutes disparaissent comme mon père
Publicité mensongère, j'ai vendu mon âme et j'attends qu'on m'paye


Tu vois, on a continué notre vie à quatre, malgré tout, malgré nous, malgré les lois du pays, malgré moi surtout. Tous les matins, en se levant, on savait que ce serait peut-être le dernier. Une lettre, une simple lettre, aurait fissuré le socle déjà fragile de notre famille. Quelques mots auraient suffit à tout chambouler. Parce que moi tu vois, même à l’époque, je ne croyais pas aux contes de fées et je refusais d’envisager l’hypothèse que l’Incontestable me marie à Ali. Dans notre appartement miteux, les secondes sont devenues des minutes, des jours, des semaines, des mois, des années. Les jumelles grandissaient, nous on vieillissait. Toujours plus de factures, toujours le dos niqué par le boulot. Ali, elle continuait de bosser dans des supermarchés en pus d’assurer des heures dans les bars le week-end, travaillant plus pour toujours gagner moins. Et puis moi, j’ai changé de voie, je me suis engagé dans une route bien sombre, je me suis embourbé sur un chemin tellement sinueux, tellement crasseux que même aujourd’hui, je sais pas comment faire pour m’en sortir. C’est comme si j’étais paumé en pleine nuit et que j’avais éteins les phares. Après avoir suivi une formation, je suis devenu gardien de prison.

Putain de job de merde.
Mais ça paie, tu vois. Ça payait, ça paie encore et j’ai pas le choix, faut bosser, faut payer les factures, faut payer l’éducation des jumelles. L’argent, toujours l’argent. Souvent la nuit, je me pose dans mon lit, la tête lourde de tous ces problèmes qui s’amoncellent. Et puis je finis par m’endormir, étranglé par la fatigue, bien vite réveillé par les cauchemars qui toquent sous mes paupières pour se noyer dans mes pupilles. Putain de job de merde, encore une fois.
La première chose à retenir quand tu deviens gardien, c’est que tu n’es personne. On frôle la mort. Si t’as un égo, surtout range-le au placard parce qu’on va chier dessus sans la moindre considération. Peu importe ce qui arrive, que ce soit un suicide ou une émeute, ce sera de ta faute. On fait un boulot ingrat et les gens ne sont pas foutus de nous respecter. En moins d’un an de métier, t’as forcément approché la mort ou vu un collègue s’en approcher, c’est glaçant. C’est vrai, parfois, il y a des moments qui ramènent un semblant de calme ou bien d’humanité, c’est à ça qu’on s’accroche pour ne pas devenir complètement dingue. La plupart des détenus ne peuvent pas te blairer, rêvent de te tuer et d’autres même si ce sont pas nos potes ont le mérite de nous respecter.  Ils ne le savent sans doute pas, mais le simple fait de ne pas nous empêcher de faire notre boulot, de ne pas nous menacer ou de nous dire « merci » pour un service rendu, ça illumine notre journée. À force, je finis même pas m’attacher à certains. Sûrement parce que quelque part, je m’identifie à eux. Ils sont en taule, moi je suis ma propre prison. Puis, je sais que je suis pas à l’abri. Il y a des moments où je perds vite les pédales, et aujourd’hui, il ne faut pas grand-chose pour finir en taule. Une nana comme toi ne tiendrait pas une semaine dans un milieu pareil. T’es trop gentille, trop fragile. T’es tout ce que je ne suis plus. J’erre dans la nuit à la recherche de mon humanité perdue.

Je l’ai perdue le jour où j’ai tué, pour la première fois, mais avec la bénédiction de l’état. Au moment où j’ai endossé l’uniforme de maton, je me suis retrouvé aliéné. C’est comme ça que j’ai compris que toues les valeurs qu’on m’avait inculqué depuis tout petit ne servaient à rien. Pas là-bas. Quand on parle des types comme moi, on dit qu’ils n’ont ni voix, ni nom, ni visage, ni état d’âme. Des fantômes. On nous appelle les bourreaux. On donne la mort en toute légalité, légitimité. Et ça ne rend pas l’acte moins difficile ou plus moral. Au contraire. Si je devais parler honnêtement, je dirai que notre tâche est bien plus complexe. C’est pas comme si on butait tous les jours. Et puis, on est plusieurs. Mais au fond, c’est du pareil au même. On ôte une vie.
Mon boulot, c’est tout ce qui me permet de joindre les deux bouts. Je me disais que ça ne pouvait pas être si terrible, qu’au pire c’était juste des connards qui le méritaient. Je me trompais. La mort, c’est bruyant. Ça laisse des images sous les paupières, une odeur de brûlé qui s’accroche à vos vêtements, à votre peau. Dans les couloirs de la mort, il y a des types silencieux, prétentieux, fatigués, pressés d’en finir, las, anxieux, bavards, amicaux, résignés. Et en fait, c’est pas juste des prisonniers. Ils ont un nom et le fait qu’ils aient un nom, ça me pose un problème. Ça me rappelle que ce sont des humains. Comme moi. La plupart des types derrière les barreaux diront toujours qu’ils sont innocents, que c’est injuste, qu’ils n’ont pas mérité ça. Peut-être qu’ils ont raison. Peut-être qu’ils mentent pour sauver leur cul. Mais il y a un truc dont je suis sûr, c’est que nous, les bourreaux, on est condamnés à perdre notre innocence, au silence et aux regrets.

Et probablement que ça me tuera aussi un jour.
Cette vie me tuera.
Mais j’essaie de la mener, pour mes gamines.
Surtout depuis qu’on est seuls tous les trois.

Parce que tu sais, dans la vraie vie, les contes de fées n’existent pas, les gens meurent à la fin. Et ma Ali, ma jolie Ali, elle n’a pas attendu la fin du bouquin pour se barrer. Elle m’a planté au-beau milieu de notre histoire et je suis resté seul avec des fleurs sur mes peurs et des bouteilles de scotch pour colmater mes fissures. Ali, elle aimait la vie. Elle était pas du genre à penser à la mort, plutôt à savourer l’instant. Elle aimait aimer, elle aimait rire et putain, qu’il était beau son rire. Encore plus mélodieux que le chant des oiseaux, c’était la première merveille du monde, au-dessus d’elle, il n’y avait personne, pas dans mon ciel. Il y a des jours où je me demande si elle a souffert, si elle a pleuré, alors que sa vie la quittait et qu’elle était seule sur le parvis. Et puis, je secoue la tête et je préfère me dire qu’elle a affronté sa mort comme sa vie : avec un courage et une détermination sans faille.

Elle avait que 28 ans putain.
Elle est morte trois jours avant mon anniversaire. Le matin encore, on parlait de nos projets pour les week-ends. Et puis, tout s’est arrêté. Et le silence est arrivé. Quand le téléphone a sonné, que j’ai appris qu’un chauffard l’avait renversée alors qu’elle traversait au-passage clouté, à même pas cent mètres de chez nous, il y a eu cet instant de rupture. Un instant suspendu avant le choc. Et puis après, j’ai pas crié, j’ai pas pleuré, j’ai pas hurlé, j’ai pas tapé les poings contre les murs.

Quelque chose s’est brisé en moi. Sans faire de bruit. Mon coeur s’est éclaté en millier de morceaux sur le sol. Et puis, les gens l’ont piétiné, les fragments se sont éparpillés aux quatre coins de l’univers.

Ce jour-là, j’ai perdu ma moitié, pour de vrai.
Celle qui m’a appris à dire je t’aime, à mettre des mots sur des maux, celle sur qui j’ai posé mes lèvres et ma langue pour la toute première fois. Celle qui avait gravé sur un coin de mon coeur mes plus beaux souvenirs, en lettres d’or.

Mon problème c’est que depuis ce jour-ci, je n’explose plus, je me contente d’imploser. Je me contente de fissurer de jour en jour jusqu’au moment où je ne serai plus rien.

*

Et c’est tout ce que j’attends.

Mais tu vois, t’as pas tant eu besoin de mon aide pour commencer à te foutre en l’air. T’as beau dire que t’as pansé tes blessures et mis du miel sur tes fissures, personne n’y croit. Il y a eu un changement dans l’atmosphère après ça. De plus en plus de bouteilles au fond du charriot. Moins de sourires, moins de rires, plus de cigarettes. Tu sais, j’ai jamais compris pourquoi Alisha t’a aimé si fort et pendant si longtemps, tu ne la méritais pas et crois-moi, elle est plus heureuse sans toi. Le monde entier serait plus heureux sans toi. Personne n’a besoin d’un déchet alcoolique qui pue l’abandon, l’oubli et la déraison. Et toute façon, tu pues déjà la mort, Solveig. Tu sais, celle que tu as juste au bout des doigts.

T’as pas le droit de te plaindre du décès d’Alisha alors que t’as le toucher létal, destructeur, que tu ne te gênes pas pour faire pleuvoir des baises sales et mensongers. Combien de gens t’as buté ? Ils avaient des familles eux aussi, tu sais ? Et parlons donc de toutes ces nanas a qui tu as chanté des mots doux à l’oreille ? Ces filles trop heureuses qui chialent sur des chimères maintenant. T’es un artisan du malheur, Solveig.

T’as rien de bon, t’as rien de sain, t’as aucune putain de légitimité, arrête de jouer les veufs éplorés. Et puis, tu n’aurai jamais fini marié à quelqu’un comme elle, où diable as-tu vu que les torchons et les serviettes finissaient ensemble ?

Tu dis toi-même que les contes de fées n’existent pas.
Alors arrête de te faire des films, de toute façon, tu vas mourir à la fin.
Pourquoi pas maintenant ?


V.
"J'ai fait un dessin avec ma tristesse et mes peurs,
Dans la fumée d'essence, regarder l'monde pendant des heures,
Tout seul sur une île, mourir dans les cimes,
Je cherche ma place entre les statues de cire."

Je ne sais plus comment ça a commencé, je ne sais plus non plus pourquoi. Mais c’est arrivé. Elle est arrivée. Ma Pieuvre. Elle a posé ses valises sans faire de bruit, s’est installée dans les tréfonds de mon âme, bien installée entre deux pensées crades. Il paraît que les Pieuvres vivent dans les abysses, planquée dans l’obscurité, à l’abri de la lumière. C’est sûrement pour ça qu’elle est si bien dans ma tête. Je pense, je crois, qu’elle est arrivée au moment où je n’ai plus su compter les verres, où il y en avait toujours un autre avant le dernier.

Le premier verre pour oublier.
Le second parce qu’on a honte du premier.
Et puis le troisième pour oublier qu’on s’est oublié.

J’ai égrené l’absence d’Ali avec des nanas dans mon lit, sur mon canapé, des nanas aux mille couleurs, mais sans la moindre putain de saveur. Je me suis bien plus qu’une fois abandonné à la tiédeur de la nuit, dans ces quartiers qui puent la misère, où les putes ne prennent même pas la peine de se planquer, où les bars puent la pisse et la bière bon marché. La nuit, les clochards se baladent et parlent aux étoiles. C’est là que j’ai commencé à tout baiser, à dealer des sentiments, à haïr le bonheur des autres, le tien aussi. Et c’est dans ces rues miteuses que je t’ai rencontrée, toi. T’étais pas à ta place dans ces quartiers malfamés et tu riais tellement que tu t’en tordais la nuque en arrière. Et ton petit ami, il te tenait par le bras. Vous étiez tellement heureux, tu sais, j’ai vu flou.
C’est comme si je m’étais vu dans un miroir, avant la fin, avant le déluge…

Et je t’ai haïe pour ça.

Je te hais et je vais te briser, je le sais. Dans cinq jours, dix mois, trois ans ? Moi tu vois, je suis patient. Je vais prendre le temps de me répandre dans ta vie, jouer avec tes nerfs. Parfois, je me dis que je devrais arrêter pour le bien de mes gosses, changer de boulot et puis d’air aussi. Et puis juste après, je me dis qu’au point où j’en suis…

Je ne vaux plus grand-chose. Moi, je manipule mon monde et puis la Pieuvre, elle me manipule. Elle contrôle tout ce que je dis, tout ce que je fais, ne se tait jamais. Elle a pris plus d’importance que mes gamines, que n’importe quoi ou qui dans ma vie. C’est un monstre qui me suit au-pas, qui parfois chante pour ne pas m’effrayer, pour ne pas me donner l’envie de me révolter…

Mais à quoi bon, de toute façon, les monstres ne meurent jamais. On se contente de les entasser sous une couche de problème, mais il suffit d’un rien pour qu’ils refassent surface. On ne noie pas un monstre qui vit dans les abimes, dans les profondeurs. Ils savent très bien comment ma nager et j’ai beau noyer cette putain de Pieuvre dans l’alcool, elle s’enivre, grossit, apprécie. Et moi, je m’enivre un peu plus de négativité. Rien de plus.

J’ai plus la force de me battre, je veux juste la laisser gagner, m’endormir.
Ne jamais me réveiller.
Si je pouvais rêver la nuit, c’est de ça que je rêverai.

*

Je suis arrivée dans ta vie sans un bruit, je suis sorti de mon lit pour me glisser dans le tien et maintenant, on baise tous les soirs. T’es à moi, rien qu’à moi, je déteste les plans à 3. Alors je prends un malin plaisir à détruire tout ce que tu essaies de construire, entretenir. J’enterre tes sourires, tes rires, t’inquiète pas, je mets des fleurs sur leurs tombes, j’entretiens avec amour ce joli cimetière. Bientôt, tu y seras mon bébé, mon amour. Et je pourrais m’en aller. Te laisser tomber. Si seulement tu étais capable de faire quelque chose de tes doigts… mais non, même te suicider, tu n’es pas foutu de le réussir. Les deux fois où je t’avais convaincu de le faire, tu as trouvé un moyen de te rater.

Tu me portes la poisse, Solveig.

Tu sais, j’en ai assez de ta sale gueule, de tes cernes sous les yeux, de tes sautes d’humeur. J’ai d’autres vies à niquer, d’autres espoirs à bousiller. Qui sait, je pourrais peut-être aller m’installer chez une de tes gamines, il paraît qu’il y a de la place dans leur crâne, et puis pour Naïa, je n’aurai pas beaucoup d’efforts à faire pour la pousser à bout. Cette gamine est trop fragile.

Parfois, je me dis que je devrais te laisser tomber et puis je me souviens que je ne me laisse jamais abattre. On ne me tue pas. C’est moi qui tue. Si tu connaissais mon nom, ah si seulement tu le connaissais. Si tu savais tous les fantômes qui errent dans un paradis en nuances de gris, à cause de moi. Si tu savais à quel point j’ai baisé le beau et le parfait, tu te sentirai minable avec tes petits jeux malsains. Toi et moi ne jouons pas dans la même cour. Mon nom, il fait flipper. Parfois, on pense même que je n’existe pas. Mais crois-moi, quand je décide de me glisser dans un cerveau, de ne faire qu’un avec tes pensées, tu comprends que je suis on ne peut plus réelle.

D’abord, je te sape toute estime de toi, je te fous à poils. Et puis je fais une autopsie de ta vie, je bois ton sang quand tu te déchires la peau des poignets, que tu essaies de me faire sortir de ta peau. Ça me fait jouir, de vous voir vous faire du mal en pensant que ça suffira pour me crever. Tu vois, je mets de l’application dans ce que je fais. Je m’applique à te convaincre que tu n’es rien, que ta vie ne vaut rien. Que tes amis te mentent. Je fais peser mes tentacules, je deviens un poids sur les épaules, une pression que rien ne peut enlever. Je fais tout pour être un fardeau, pour te couper du monde, te plonger dans une bulle, la mienne.

Et là, je te baise, je te baise, je te baise. Encore et encore, jusqu’à la mort. Et quand je t’ai brisé, quand de toi, il ne reste plus que des sanglots et des boîtes de médoc abandonnées, j’apporte la touche finale à mon plan, je te regarde crever et ça me fait jouir. Je te tuerai Solveig et tu m’aimeras pour ça, mieux, tu me remercieras. Parce que je te libérerai de l’agonie d’une vie. Que tu cesseras de souffrir. Tu pourras juste fermer les yeux, te laisser aller. N’est-ce pas de cela que tu rêves ? De ta fin ? De la fin de la souffrance ?

Tu sais très bien qu’au fond, notre relation, les autres ne peuvent pas la comprendre. Tu aimes m’aimer, tu aimes me détester, on s’aime et c’est pour ça qu’on baise tous les deux. Après tout, je suis la seule constante de ta vie. Tu te sentirai si vide, sans moi. Tu ne pourrais pas imaginer une vie sans ma voix pour te guider, sans mes mots pour te briser. Drôle de masochisme, la douleur te fait du bien, elle te rappelle que tu es réel, que pour l’instant, malgré tout, malgré toi, t’es pas un fantôme.

Je te brise, mais je le fais avec amour. C’est pour ça que paradoxalement, les gens ont si peur de me perdre, alors même qu’ils ont l’impression que j’empoisonne leur existence. C’est difficile d’imaginer une vie sans quelque chose qui nous a guidé pendant des mois, des années. L’échappatoire, c’est la mort. Entre mes bras. Et je sais que tu en rêves alors écoute, laisse-toi aller. Étouffe-toi dans les médicaments, déchiquète-toi les poignets, regarde ta vie se noyer entre les lattes du parquet, pourris le bois avec tout l’amour que t’as jamais reçu, souille les murs, crève-toi.

Et puis toi, tu seras beau dans ta mort. Si blanc, sur des draps si blanc, au-beau milieu d’une mer rouge. Tu seras un bel ange, un ange déchu, un ange terriblement déçu. Je te le promets Solveig, tu seras la plus belle de mes oeuvres d’art.


VI.
"Devenir un grand garçon,
Les ruelles puent la pisse,
Maman parfois j'me demande,
Est-ce qu'un jour j'arrêterais d'être triste."

Tu vois bébé ? Si tu pouvais savoir tous les cadavres que je cache dans mes placards, tu ne serai pas là, assise devant moi, grand sourire sur tes lèvres maquillées, à battre tes longs cils et cligner tes paupières fardées. Non, tu te contenterai de fuir, faisant claquer les talons de tes escarpins carmins sur le trottoir. Mais non, tu n’en sais rien et tu n’en sauras jamais rien. Parce que tu es heureuse et tu n’as pas le droit de l’être. Ta main est posée par-dessus la mienne, et tu ries à gorge déployée à la moindre de mes blagues, tes joues rosissent au moindre de mes compliments. Ils ne sont même pas sincères. T’as rien de spécial. Des cheveux noirs, longs et fins, des grands yeux d’un noisette tirant sur le brun, un visage doux, une peau pâle, mais toujours moins que la mienne. Tu te penches près de moi pour me souffler quelques mots à l’oreille, un faux sourire étire mes lèvres et je pose une main sur ton épaule. Je ris, même si je ne rêve que d’assassiner tes rires, de les enterrer dans le cimetière de mes sourires. Regarde-toi, j’ai beau m’échiner à essayer de t’extirper de ta médiocrité, tu ne fais que t’y enfoncer plus profondément.

Si le Paradis existait, je suis sûr qu’Alisha me jugerait bien salement, assise sur son nuage. Mais toutes ces conneries de par-delà, c’est juste du vent. On se voile la face parce que mourir fait flipper. Ça a l’air plus acceptable avec tous ces mensonges sur les autres mondes. Mais moi, je suis bien placé pour savoir que quand tu crèves, tu crèves. Il n’y aura pas d’anges, pas de lumières, pas de flammes ou de démons. Tu pourras pas faire bronzette aux Enfers ou te la couler douce au Paradis, il n’y aura rien de plus que du noir sous tes paupières. Le noir éternel. Même toi qui t’amuses tant à te maquiller et avoir l’air présentable, tu ne serai plus rien d’autre qu’un tas de cendre froid, un cadavre en putréfaction rongé par les mites, les vers, puant et décomposé, bouffé par les mouches.

« Et si on allait chez moi ? » proposes-tu sur un ton si sucré que j’en frôle la crise de diabète. Mais je me contente d’acquiescer doucement en posant les lèvres sur les tiennes. Ce n’est rien de plus que la suite logique de mon plan. Dans la vie, je suis pas du genre patient, mais quand il s’agit de briser le parfait, tu vois, je suis un artiste patient, je pose chacun de mes traits minutieusement puisque je vise le chef-d’oeuvre. Et tu en seras un, quand je t’abandonnerai les joues humides de larme, les yeux rougis par le chagrin. T’imaginer malheureuse suffit à me faire bander.

Prétextant un coup de fil à passer, je t’abandonne au comptoir. Simple soucis de stratégie pour te laisser le soin de payer nos consommations. Toujours se faire inviter, c’est ma règle d’or. Le peu de thune que j’ai, je veux le consacrer à l’éducation de mes filles, certainement pas à satisfaire des poufiasses dans ton genre. À l’extérieur, je m’abandonne à la tiédeur de l’air étranglé par la pollution. Je fume une clope, la septième ou peut-être huitième de la journée, honnêtement, je ne sais plus, j’ai arrêté de compter. Et en t’attendant, j’essaie de me souvenir d’avant, sauf que je n’y arrive pas. J’en viens même à douter. Est-ce qu’avant a vraiment existé ? Peut-être que ce n’était qu’un mensonge qui s’écrivait à l’encre de mon imagination foireuse. J’ai passé trop de temps à pleurer, mes larmes m’ont rouillé, chaque pas est un effort plus éprouvant que le précédent. J’ai passé trop de temps à espérer jusqu’à comprendre que l’espoir était la première étape sur le chemin du désespoir. Quand tout va bien, on n’a pas besoin d’espoir après tout. Mais parfois, il suffit d’un coup de fil, d’une seconde de faiblesse, d’un mot, d’un geste et tout change : vos fondations vacillent et vous savez que rien ne sera plus jamais comme avant. J’ai passé trop de temps à essayer d’avancer, maintenant j’attends et j’observe. Je laisse les évènements venir avec moi, peu importe à quel point ils font mal. Mais surtout, j’ai passé trop de temps à vivre et je me demande si ça a un sens, la vie. En ce moment, j’ai l’impression qu’elle ressemble à un couloir noir qu’il faut s’empêcher de traverser. J’ai qu’une envie : en finir. D’une façon ou d’une autre.

« Rien de grave ? » c’est ta voix qui m’arrache à mes sombres pensées. Je me contente de secouer la tête, passe mon bras au-creux de tes reins. Et quand je claque la porte de ton appart d’un coup de pied, que tes mains se glissent sous mon t-shirt et enlacent les courbes de mon tatouage, je retiens un rire cynique. C’est le monstre qui vit en moi que tu caresses.

Celui qui te tuera, quand je me serai lassé de toi.

Sauf si je te tue avant.

"Paris théâtre d'ombre,
Paris théâtre triste,
Les pantins font l'amour,
Pour oublier les fils,
Les lumières sont liquides,
Et parfois je perds la tête.
Ils appellent ça suicide,
On appelle ça faire la fête."





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posté
le Lun 11 Fév - 19:15
par Solveig Andrea
L’enfer c’est dans ma tête, c’est pas les autres



Regarde-toi.
Regarde-toi, Solveig.
Regarde-toi, putain.

« J’aimerais me vider un chargeur dans le pied, crasher la voiture. »

Tu te traînes dans les rues, ta peau pâle déchirant la noirceur de la nuit. Comme une étoile tombée du ciel. Une drôle d’étoile, éclatée en millions de morceaux, en milliers d’atomes de vie, de poussières d’existence. Une étoile complètement brisée. Les fragments de toi se sont étalés à tous les coins de l’univers, t’es condamné à être un puzzle incomplet. Triste. T’as plus envie de les retrouver, de recoller les morceaux, de te recoudre avec du joli fil doré et de boucher les fêlures avec quelques sourires et des rires en papier. T’as accepté de n’être qu’un fragment de toi. Ta propre éclipse solaire, dommage quand on s’appelle force du soleil. Il fait noir dans ta vie, il n’y a plus d’étoiles dans ton ciel, elles sont toutes tombées, il n’y a plus personne pour les raccrocher, même tes filles ne suffisent plus. Et pourtant, Dieu sait qu’elles brillent, fort, fort, si fort. Il y a leurs sourires qui t’illuminent, ils pourraient presque te rendre aveugle. Et puis, il y a leurs rires, aussi doux que les chants des oiseaux, même si c’est vrai que parfois, ils ne sonnent pas toujours très justes. C’est comme si elles commençaient à s’éteindre elle aussi, en dedans, en secret. T’aimerais bien trouver l’interrupteur, ranimer les lucioles dans leurs regards, mais tu sais pas comment faire. Et pourtant, tu fais au mieux, t’as toujours fait au mieux avec tes gamines. Parce que putain, elles sont pas juste le centre de ton univers, elles sont ton univers. Et malgré ça, t’es persuadé d’être un mauvais père, de ne rien faire comme les autres, de les négliger, de ne pas les aimer assez. Mais tu te trompes, Solveig. T’es pas un mauvais père, au pire, t’es juste maladroit, paumé, et ça arrive, c’est pas si grave. T’as tout sacrifié pour elle. Tes études. Ta vie. Ta santé. Tes respirations. Si t’as le dos voûté, les articulations rouillés, des cauchemars accrochés à tes paupières, c’est pour elle. Pour leur offrir un toit décent, et tout ce dont des gamines de quatorze ans pourraient avoir besoin.

« Souiller l’amour qu’on m’a prêté, surtout me faire souffrir. »

T’es juste perdu, Solveig.
T’es juste désespéré et terriblement seul.
Seul, en dépit de la menace qui gronde dans ton crâne, de la sinistre créature noyée dans tes abysses, bien au chaud. Tu vis avec une Pieuvre, qui se nourrit de ton malheur, qui souffle à ton oreille, qui ne se tait jamais, qui a appris à chanter plutôt que hurler, pour être plus convaincante. Tu ne sais plus quand elle a commencé à grandir, crier, mais ta seule certitude, c’est qu’elle ne partira plus jamais. Pas avant de t’avoir crevé. La Pieuvre est une drôle de créature qui aime faire claquer ses tentacules contre les murs de ton âme jusqu’à te coller des maux de tête. Ça lui arrive d’être douce, presque silencieuse, dans ces moments, elle te parle comme elle parle à un enfant malade. Et puis, l’instant d’après, elle hurle à en déchirer les silences. Tempête de mots sales, de mots crades, qui blessent et déchirent ton pauvre coeur sanguinolent déjà par tous les pores. Elle scande, souffle, insuffle son venin. Il t’a enrayé le sang, le système nerveux, corrompu tes gènes, ton ADN. Tu ne penses plus que par elle. C’est elle qui tire les ficelles de ta propre vie, dans l’ombre. Et tu crois tout ce qu’elle te dit.


Tu ne sers à rien.
Tu n’es rien.
Personne ne t’aime.
Tout le monde te ment.
Tu es si pathétique.
Il faut que tu meures.
Il faut que tu t’en ailles.
Suicide-toi oui, suicide-toi.


« Massacrer ma vie dans une folie sourde, trouver la rupture. Me buter à la haine jusqu’à vomir et tout faire pour le pire. »
Elle est toujours là, comme un diable penché sur ton épaule. Elle commente le moindre de tes gestes, le moindre de tes mots, artisane de tous tes maux. Tout ce que tu fais est mal. Tout ce que tu dis est mal. Tout ce que tu fais, tu le fais mal. Tout ce que tu dis, tu le dis mal. Même respirer, tu ne sais pas le faire, pauvre con. Elle te rabaisse, elle te blesse, elle t’écrase sous le poids de ses insultes. Jour après jour, elle resserre ses tentacules autour de ton cou, t’étouffe petit à petit, pour bien te faire comprendre que tu lui dois la vie, et quand elle en aura assez de jouer avec toi, elle te tuera comme elle a tué avant toi. Alors vas-y, profite Solveig. Crie, chante, danse, ris, épuise-toi, crève-toi tant que tu le peux encore, elle attend juste que tu fatigues pour pouvoir te traîner dans la boue. Qu’elle prend son pied à te briser, t’émietter un peu plus. Elle t’a volé tes rires, tes sourires, tes espoirs, ton futur, elle est décidée à te voler ta vie. Elle est confiante, elle sait qu’elle y arrivera. Elle a même failli réussir, deux fois.

« Y aura pas d’destin, plus rien à sauver, que ton égo et ses péchés, après tout t’as rien à donner, vaut mieux s’en aller, t’laisser tomber. »

La première fois, t’avais vingt-neuf ans. T’as voulu te jeter du haut d’un toit. Tu voulais juste tomber en chute libre, voler juste une seconde avant de t’écraser en plein vol. T’étais trop ivre et tu titubais sur le bord d’un toit. Elle te regardait, prête à te souffler dessus pour te déséquilibrer et te voir chuter. Mais bon, toi t’es déjà déséquilibré, il n’y a plus rien qui va dans ta vie, surtout pas ta gueule de déterré. Alors t’as vacillé un long moment, et puis on fini par te voir, d’en bas. Tu ressemblais à un drôle de danseur, un funambule un peu con. La police a débarqué, suivie par les pompiers. Ils t’ont sauvé, ou pas. Parce que au fond, peut-être que tu fais partie de ces mecs qu’on ne peut pas sauver. Certains doivent juste s’en aller, c’est comme ça, on ne peut rien faire pour les aider.
La seconde fois, t’as encastré la voiture dans un arbre après avoir vidé la bouteille de whisky. T’en es sorti bien amoché, cabossé, fresque pittoresque de ta propre vie. Mais désespérément vivant. T’as beau jouer à la roulette russe, c’est comme si le destin te jouait un mauvais tour et refusait de te tuer. À ce stade, c’est de la torture. T’en peux plus, t’es à bout. Tu te traînes dans ta propre vie comme un zombie. Si seulement il existait une solution, hein ? Mais toi, tu n’y crois plus. T’es juste condamné à souffrir, jusqu’à la mort. Alors tu trompes la douleur, tu trompes ton désespoir en écrasant tout ce qui ne te plaît pas dans ce putain de monde.

« J’aimerais me détester de manière singulière, m’arracher la peau. »

Puisque tu ne peux pas être heureux, personne n’a le droit de l’être. Le bonheur des autres t’énerve. Pourquoi eux, ils sourient ? Pourquoi eux, ils vivent à l’endroit ? Pourquoi eux et pas toi ? Tu le vis comme une profonde injustice. Si toi, t’as une Pieuvre dans la tête, pourquoi eux, ils n’en auraient pas ?  Alors tu t’es érigé en justicier, stupide chevalier de ton propre chagrin. Les gens heureux, tu les trouves, tu les allonges sur ton lit, tu les séduis, tu les malmènes et puis tu les brises. Quand ils chialent ,qu’ils ont de la morve plein les fringues, qu’ils voient leur vie partir en lambeaux, tu prends ton pied putain. La meilleure des jouissances. Mais elle s’efface trop vite, alors il te faut toujours plus de vies brisées, de destins bousillés. T’es un junkie shooté aux malheurs des autres, à l’alcool aussi. Au début, c’était juste un verre ou deux, comme ça, pour supporter le quotidien, noyer la pieuvre alors que cette connasse sait nager. Maintenant, le matin, c’est vodka et cigarette. T’en as plus rien à foutre, tu bois comme un trou, t’es un gros porc, un déchet. Tu pues la clope, tu pues l’alcool bon marché. Le scotch pour couvrir tes sales blessures, les verres de cognac en remède à tes délires d’insomniaque. Parce que tes nuits, tu ne sais pas non plus quoi en faire. Tu les passes à marcher sur le fil de ta vie, drôle d’équilibriste. Tu t’égares dans la chaleur des bars, tu trompes l’ennui, rien de plus. Mais tu ne veux pas dormir, tu ne veux plus dormir. Tu supportes plus les cauchemars qui s’accumulent au coin de tes paupières, qui s’amoncellent derrière la porte de tes rêves et qui attendent que tu baisses la garde pour venir t’étrangler. Si tu ne dors pas, ils ne viennent pas, c’est simple. Tu ne peux pas dormir, tu ne supportes plus de voir tous ces visages qui te hantent et qui t’obsèdent, toutes les preuves du sang que t’as sur les mains. Sur tes mains trop pâles pour ce que tu es. Et la Pieuvre qui ne cesse de répéter que c’est de ta faute s’ils sont morts…
Elle a tellement raison, hein ?
Bien sûr que c’est de ta faute, putain !

« Me fonce-der la gueule jusqu’à plus trouver mes phrases, respirer dans l’eau. »

Tu ne fais rien pour les sauver, ces gens. Pire, tu les emmènes droit vers la mort. T’es pas qu’un simple gardien de prison, tu te contentes pas de surveiller, fouiller, protéger. Elle te fait souffrir, la dualité de ton métier. On a beau dire, on a beau croire, la mission des gardiens, c’est de veiller à la sécurité tant des gens à l’extérieur que des détenus. C’est vrai qu’il y a des rivalités, des conflits d’intérêts. Entre les jeunes générations et les anciennes, les différentes visions du métier qui s’entrechoquent. Il y a ceux qui écoutent, ceux qui ignorent, ceux qui frappent, ceux qui se laissent acheter. Mais on en revient au liant commun : votre mission. Alors tu protèges ces mecs, du mieux que tu peux, tout en sachant qu’un jour, tu les prendras par la main et tu les conduiras droit à leur mort.

T’as tué, tu tues, et tu tueras encore. Tu le sais.
Parce que t’es pas que gardien, t’es aussi bourreau. Tu fais partie de ces visages que les détenus condamnés emporteront dans leur tombe. Et c’est dur, tellement dur. À chaque fois que tu tues, c’est toi que tu tues. C’est parce que vous êtes plusieurs à pression ce putain de bouton sans savoir lequel est le vrai que ça atténue ta culpabilité, ça revient au même pour toi. Et pourtant, tu continues, hein Solveig ? L’argent, toujours l’argent. Quand on devient père à quinze ans, on envole ses rêves d’études, on retrousse ses manches et on s’échine à ramener de la thune à la maison pour faire bouillir la marmite. T’as toujours porté tes couilles, t’as toujours voulu assumer ta famille et maintenant, regarde-toi. Déchiré par dualité de ton métier : protéger pour mieux tuer. Tu souffres, t’as mal au dos, mal aux pieds, mal aux reins à cause de ces heures passées debout à marcher, tourner en rond. T’as trente ans et déjà des problèmes de petits vieux. T’es rouillé mec, totalement rouillé. Mais ça, c’est peut-être à cause des larmes que tu refuses de laisser couler.

« Éclater mon crâne sur le béton mouillé et trouver le repos. »

T’es en détresse et la Pieuvre ne t’aide pas, elle t’enfonce même. Elle n’aime pas tes filles qui essaient de te tirer vers le haut. La douce Naïa, l’intrépide Rakel, elles font tout pour toi parce que t’es tout ce qui leur reste. Comme tu ne sors plus, elles s’échinent à te convaincre d’aller au parc, d’essayer de vivre, juste de vivre. Elles cuisinent pour toi, te surveillent, grimacent à chaque bouteille d’alcool consommée. Et toi, tu culpabilises parce qu’elles n’ont que quatorze ans. C’est pas juste de subir ça à leur âge, hein ? Mais qu’est-ce que tu peux y faire. C’est pas de ta faute, c’est celle de la Pieuvre.

Elle veut ta peau et elle l’aura.
De toi, il ne reste que plus grand-chose.
À cause d’elle et de ton boulot, t’as plus aucune estime de toi, tu t’es perdu. Tu refuses de te voir en face, de te voir vraiment dans toutes tes couleurs et pas en simple nuance de noir et blanc. T’es plus que le gardien de prison toujours en colère et qui s’énerve pour pas grand-chose. T’es de la couleurs, de la chaleur en dépit de ton teint de cadavre. Tu aimes aimer, tu aimes des choses même si tu ne sais plus les savourer. Parfois, dans un sursaut de vie, tu brilles à nouveau, ton visage s’éclaire, il t’arrive même d’avoir une pointe d’humour. Et là, tu te révèles. Le Solveig des jours heureux, il aimait sourire, il aimait fumer, écouter des chansons Disney en faisant le ménage, il aimait passer du temps avec ses filles, il était patient, tendre. Et tu sais, ce Solveig là, il n’est pas si loin, même si la Pieuvre tente de te le faire croire.

« Saccager la foule, briser tout mon corps, pour plus penser tout haut. »
C’est le Solveig qui ressurgit parfois quand tu restes assez longtemps avec tes filles. Le Solveig joueur, taquin mais peut-être trop étouffant, trop protecteur. C’est pas de ta faute, c’est les histoires que tu entends en prison qui te rendent dingue. T’as qu’une peur, c’est que ça arrive à tes filles. S’il leur arrivait quelque chose, si on osait toucher au plus petit de leur cheveux… tu ne te le pardonnerai pas. Et putain, le responsable signerait son arrêt de mort. Rien à foutre si tu te condamnes à mort, personne ne touche à ta famille et s’en sort indemne, personne. Cette putain de promesse, tu te l’es faite à la seconde même où le feu des yeux de ta femme s’est éteint pour la vie. T’as pas conscience de les étouffer un peu, de leur laisser trop peu d’espace, tout ce que tu veux, c’est qu’elles aillent bien. Qu’elles vivent longtemps et heureuses, même si toi tu ne l’es pas. Le bonheur des autres te fait chier, mais celui de tes filles… il compte plus que tout. Et bordel, vos disputes te tuent. Vous faites au mieux tous les trois, vous avez toujours fait pour le mieux. Votre équilibre est fragile, vos engueulades déchirent à chaque fois un peu plus le socle de votre famille, mais votre amour, il est sincère, tu sais.
Et c’est la chose la plus précieuse que tu possèdes.
Il n’y a pas beaucoup d’richesses sur ton compte en banque, t’es toujours à sec et tu te prives toujours au profit de tes gamines mais c’est pas grave, parce que t’as un trésor que personne n’a : leur sourire. Et ça te suffit.

« T’façon j’sais pas recevoir l’amour, moi ça me met trop mal à l’aise. »

Souvent, ta vie d’antan te met en colère. Quand tu souffles la poussière sur les vieilles photos de famille, que tu vous revois, tous les quatre, heureux ou presque. Tous ces fragments de vie immortalisés par Alisha ou bien Rakel, qui ne riment plus à rien. Ouais, ça te fout en rogne et tu te retrouves parfois à chialer sur des souvenirs qui ne reviendront jamais, des Noël qui n’existeront plus, une tranquillité qui s’est effacée aussi rapidement qu’une traînée de buée. Maintenant, il ne reste plus que la colère et le désarroi. La colère, c’est un sentiment que tu connais bien. Tu es en colère, toujours. Et encore, c’est un euphémisme. T’as la rage. La rage de vivre, la rage d’aimer, de t’en sortir, la peur de perdre tes filles. Tes coups de sang, tes crises de nerf quand tes cris griffent le silence, c’est le reflet de ta peur, de l’enfant dans un coin de ton âme qui chiale recroquevillé en position foetale. Alors tu frappes, tu frappes les murs, tu massacres ta colère. Tu gueules, tu hurles, tu brises tout ce qui te passe sous la main.
T’as la rage qui te colle au bide comme un verre de vodka à trois heures du mat. T’as la rage de buter cette Pieuvre qui a posé ses valises dans ton crâne et qui s’est invitée sans que tu l’aies sonnée. Elle n’a pas le droit putain, elle n’est pas chez elle, elle est chez toi ! T’as pas signé pour ça, t’as pas signé pour cette vie. Si les anges gardiens existent, le tiens doit regarder ta vie en pleurant. Ou en riant. C’est comique, ta vie ressemble à une blague géante et t’es né le premier avril.

Le hasard est un sacre connard.
Et la Pieuvre est la plus grosse des salopes.
Un jour, tu la feras sauter, même si ça te tue au-passage. Un jour, tu ne seras plus son jouet, sa marionnette. Sa jolie poupée de bois au coeur gondolé par la vie et ses intempéries. Parce que tu sais, t’as beau en être persuadé, la Pieuvre elle est pas immortelle, elle est pas intouchable. Si tu étais moins fier, si tu osais demander un peu d’aide, tu pourrais faire un pas, tout doucement, vers la lumière.
Parce que tu sais, ta Pieuvre n’a jamais pris la peine de se présenter, elle doit penser comme toi que la politesse c’est surfait, mais elle a un nom. Elle ose pas te le dire, pas parce qu’elle le trouve moche, mais c’est parce qu’elle sait qu’elle perdrait l’emprise qu’elle a sur toi.
Oui, ta Pieuvre, elle a un nom.
On l’appelle Dépression.

« Avant je crois que j’étais pour mais je me suis vidé un chargeur dans le pied. »




Dépressif au sang chaud / Déchet alcoolique qui s’assume / Maladroit / Protecteur / Pas très doué avec les mots / Trop fier / Team premier degré / Silencieux / Amateur de jeux dangereux / Suicidaire / Mélancolique / Difficile / Fragile / Déteste les animaux / Communique trop peu / Ironique / N’a aucune estime de lui-même / Perdu / Destructeur mais surtout auto-destructeur / Vulgaire / Il a une gourde avec marqué « eau » mais il y a toujours un fond de vodka dedans /



Sourire lame de rasoirs


T’es presque déjà mort.
Tu as la peau pâle, comme les cadavres. T’es drapé dans la mort, tu la portes comme un parfum. Il paraît que dans les temps anciens, les teints de porcelaine comme le tien étaient symboles de noblesse, de pureté, ça te fait bien rire, tiens. T’as rien de pur, t’as rien de sain. T’es cruel, mauvais, mesquin, malsain. T’es qu’un mensonge, Solveig. T’as l’air trop doux, trop pur, quand tu marches dans les rues, que ta silhouette déchire la noirceur de la nuit, que ta peau de fantôme aux allures angéliques brille comme autant d’étoiles. T’es beau, d’une drôle de beauté. T’es beau comme un mystère, comme une vérité inavouée, comme une oeuvre-d’art inachevée. Ta peau à la pâleur arrogante habille un pauvre squelette aux fondations vacillantes, aux genoux aussi explosés que les articulations de tes chevilles. Un pauvre squelette qui grince, déjà trop courbé pour tes 30 pauvres années de vie. Un squelette trop épuisé par ces longues heures à rester immobile, à marcher, arpenter les mêmes couloirs, les mêmes chemins. Marche, demi-tour, pause, pause, demi-tour, marche. Encore, encore et encore. Cette Pieuvre qui chante dans ta tête, chante aussi sur ta peau. Elle est là, partout, sur ton dos, sur ton cou, sur tes cuisses. Son énorme tête comme un as de pique, ses yeux vicieux enfoncés entre tes omoplates, son sourire lame de rasoir qui semble étirer tes hanches, ses tentacules disgracieuses enroulées autour de tes cuisses, de ton torse, de ta nuque, comme si elle t’étranglait, comme si elle te volait ton souffle. Et c’est ce qu’elle fait. En nuances de blanc et de bleu, la Pieuvre s’est frayé un chemin jusque sur ta peau. Tatouage que tu regrettes la plupart du temps. Tu te demandes comment tu as fait pour lui donner tant d’importance. Mais c’est trop tard, pas vrai ? Tu dois vivre avec le poids de tes regrets. Parfois, lorsque les cauchemars étreignent tes rêves jusqu’à les asphyxier, la tentacule qui ceint ta gorge semble se resserrer sur toi, à l’infini. Un jour, elle réussira à te tuer, tu le sais. En attendant, tu attends. Tu traverses ta vie au pas, marchant à côté de ton propre chemin. T’as l’air perdu, Solveig, t’as l’air hagard. Tu regardes le monde avec la sensation de ne pas en faire partie. Tu regardes le monde de tes yeux gris si translucides, comme noyés dans la brume. T’as de beaux yeux tu sais, même si les cernes les creusent, trahissent de tes nuits manquées, t’as ce genre de regard qui capte et qui accroche. Un regard trop triste, pourtant, il n’y a plus de feu, le brasier s’est éteint parce que au fond, tu survis plus que tu ne vis. Tu te contentes d’exister et c’est déjà beaucoup.

T’es beau Solveig, une beauté insolente, une beauté grise. Presque déprimante. Tes cils comme des stalactites étreignent tes iris glacées, sûrement tes larmes qui ont fini par geler, ces larmes que tu refuses de laisser couler, qui ont fini par te rouiller. Peut-être pour ça que tu grinces autant, que tes articulations craquent et que ton dos voûté te fait tant souffrir. Malgré tout, malgré ça, tu sais que t’es bien gaulé et tu en joues pour faire craquer ton monde. Une main aguicheuse dans tes cheveux de neige, une pose évocatrice pour faire jouer tes charmes, tu ne t’interdis rien, t’as ni race ni dignité. Toi tu fais partie de ceux qui pensent qu’il faut utiliser ce que la nature nous offre. Alors tu profites, allègrement. Des doux sourires pour dissimuler ton envie de crever, tu te mets à ton avantage. Et ces dames tombent amoureuse de ton image, pas vraiment de toi.

Tu ressembles à un vieux bouquin plié, usé, décharné, toujours drapé dans des pipes trouées, déchirées. À l’image de ta vie, tu ressembles à des nuances de noirs et blancs. Des fringues sans couleurs, sans saveurs, le même cuir usé sur tes épaules aguicheuses depuis des années. Les mêmes hauts au col élimé, à l’étoffe épuisée. Parfois, tes gosses te disent que tu ressembles à un putain de filtre photo et elles n’ont pas tord. T’as l’air presque irréel, trop délicat pour ce que tu es vraiment. Pourtant, quand on te choppe par le poignet, on voit bien les veines violacés sous la peau translucide à cet endroit-là, on voit bien que t’es humain.

Tu sais très bien que tu es beau, même si tu as les sourcils trop froncés, déchirés à l’encre de tes colères. Et tu portes mieux que personne tes Rangers défoncées ouvertes sur tes tibias comme un signe de rébellion contre le monde entier. Tu les traînes partout où tu vas, imprimant des traces de terre et de boue dans ton sillage parce que tes pompes sont aussi dégueulasses que ce que tu branles de ta vie.

Mais au fond, c’est triste Solveig, ta beauté elle a quelque chose de déprimant. Parce que t’es persuadé que c’est tout ce qu’il te reste, une plastique avantageuse, des yeux comme noyés dans la brume, une belle peau, des muscles, quelques piercings à l’oreille et un cul à en faire rager. Tu ne te vois plus que par ça, plus que pour ça. La Pieuvre t’a pompé jusqu’à la moelle, t’es en train de devenir aveugle Solveig.

Puis tu sais, si t’es aussi pâle, c’est peut-être parce que tu es en train de t’effacer, de cesser d’exister. T’es qu’une étoile, tu brilles encore même si t’es déjà mort.




Makoto Nanase
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★
posté
le Lun 11 Fév - 19:17
par Makoto Nanase

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Merci Lucci pour le kit 

Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"


Le plus beau compliment ♥️:




La famille ♥️:
Nanase's family:
Merci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
Merci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
Maze Jefferson
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★
posté
le Lun 11 Fév - 19:18
par Maze Jefferson
Hey you
Kaori Vanzine
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Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Mar 12 Fév - 0:42
par Kaori Vanzine
Bienvenue et bon courage pour ta fiche o/

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Thanks Kenken pour le kit ♥
Uta Al-Najjr
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Try again. Fail better.
Try again. Fail better.
posté
le Mar 12 Fév - 15:02
par Uta Al-Najjr
Oh damn.
Mon bb.
Je l'aime.

Et j'assume ma part de responsabilité
Hâte de tout lire, même si je sais déjà que ça ne peut que me plaire. Rien que le début est génial
avatar
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Je suis: neutre.
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★
posté
le Mar 12 Fév - 23:35
par Solveig Andrea
Mako t'es trop beau tu fais toujours des preums.
Maze t'façon t'es toujours le second.
Thanks Kao.
Et toi Uta, sorcière, va mourir ok.
(en vrai jtm)
Seyfried Bellandi
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Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Mer 13 Fév - 7:25
par Seyfried Bellandi
Bonne rédac, hâte de voir ta bouille

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Kinkeabae, fournisseuse de kits swag since 2018

so nobody will ever forget your memorable skill, satoshit:

Bacon L. Beigbeder
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#JeSuisJeanne
#JeSuisJeanne
posté
le Mer 13 Fév - 8:34
par Bacon L. Beigbeder
Benji Tarkovski
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Inscrit.e le : 12/07/2018
posté
le Mer 13 Fév - 12:44
par Benji Tarkovski
Y'aura pas d'refrain, t'auras l'air con
Qui sait ç'en est p't'être un
♫♪


J'suis venu pour la hype, je suis resté pour l'écriture et la musique. Elle prend pas mal aux tripes ta plume.
Que du bon. Bon rebooooot.
(Jpp, toutes ces refs de chansons dans ta fiche, j'aime j'aime j'aime.)
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Inscrit.e le : 15/01/2017

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★
posté
le Mer 13 Fév - 15:10
par Solveig Andrea
Promis l'avatar arrive, j'fais bientôt mes courses.
Coucou Bacon.

Therapie TAXI et Hyacinthe t'façon c'est ok.
Merci bien pour le com, ça fait plaisir.
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posté
par Contenu sponsorisé
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