Mùn Toku
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Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
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le Lun 25 Mar - 1:16
par Mùn Toku
Mùn Toku
"Pour un homme sans œillères, il n'est pas de plus beau spectacle que celui de l'intelligence aux prises avec une réalité le dépasse" Albert Camus
Informations générales
Mùn Toku  Makish10" />
Nom :Toku
Prénom.s :Mùn
Âge :27
Genre :Masculin
Origines : Japonaise
Activité :Professeur de philosophie
Sexualité :Homosexuelle
Avatar :Makishima Shogo
Réglement : -
Chemin:
Autre :
Histoire
Tel un pion parmi des milliers d'autres pions je menais ma vie de la manière la plus banale du monde. Mon existence était aussi visible que les gouttes qui composent nos océans. C'était ce que je ressentais chaque fois que j'étais tenté par l'envie de faire un retour sur tout ce qui avait fait et faisait de moi la personne que j'étais. Il ne s'agissait pas de nostalgie. Je n'avais pas le moindre désir de revenir en arrière. Je n'avais pas ce tempérament et j'étais convaincu par l'idée selon laquelle ce monde, passé, présent ou futur, ne pourrait jamais me donner plus que ce qu'il voulait me proposer. Néanmoins je ne pouvais pas aller jusqu'à dire que je n'avais rien à regretter. Bien au contraire, comme tout être humain, je portais mes casseroles. Ces grosses casseroles bien lourdes appuyaient fortement sur mes épaules lorsque mes pensées s'égaraient.

Alors je me mettais à créer intérieurement l'image de ma mère telle que je la percevais lorsque j'étais enfant, à revivre les sentiments complexes de l'adolescence ou encore à imaginer toutes les possibilités d'avenir hypothétique. Je m'imaginais faire ce que j'aurai dû faire, dire ce que j'aurai dû dire, autrement dit, accomplir ce que je n'avais jamais été capable d'accomplir au moment venu. J'aurai pu être davantage présent pour ma mère à la fois si protectrice et si faible. Lorsque mon père se montrait violent vis-à-vis d'elle, je me plaçais au mieux entre les deux tout en étant incapable de soutenir son regard courroucé, incapable de lui retourner cette violence, incapable d'être un véritable rempart pour ma mère. Pourtant, à l'intérieur de moi, mon cœur était un brasier ardent aussi grand que ma colère. Comment ma tempête intérieure pouvait rester si inoffensive à l'extérieur ?

Cela faisait partie de ce qui me tourmentait sans cesse. C'était absurde. Cela n'avait aucun sens. Le pire c'était que cette situation n'était pas exceptionnelle dans nos sociétés. Comme dans beaucoup de foyers, mon père était simplement un homme qui n'avait plus envie de regarder la réalité en face et laissait sa conscience à l'alcool. Ainsi sa violence n'était pas systématique. Elle se manifestait lorsqu'il se perdait définitivement. Ma mère, quant à elle, attendait que l'orage passe et allait oublier l'absurdité de son existence en se consacrant corps et âme à son travail. J'ignorais si la manière d'agir de l'un était plus saine que l'autre mais je préservai tout au long de mon existence une préférence pour ma mère.

L'ironie de tout cela était que mes deux parents étaient avocats dans un cabinet différent. Si je n'avais pas eu mon père comme père jamais je n'aurai pu croire que les mots "avocat" et "violence" pouvaient aller ensemble. Sûrement un paramètre que l'Incontestable n'était pas capable de prendre en compte. C'était peut-être trop subtil pour lui lorsqu'il a décidé de marier mes parents alors même que  ma mère n'était que douceur. Peut-être que l'Incontestable était un grand partisan des proverbes du type "les opposés s'attirent" tout aussi incontestables que lui. Du moins, en apparence. Dans tous les cas j'avais toujours été certain d'une chose: le critère du bonheur n'existait pas dans la formation des couples. Néanmoins je devais bien admettre qu'à cette époque de la société où certaines personnes pouvaient choisir librement leur moitié, elles n'en étaient pas nécessairement plus heureuses. Il n'empêche que la personnalité de mon père avait été ce que ma mère pouvait imaginer de pire pour elle. Ce n'était pas qu'il était plus dangereux que quiconque, malgré ses moments de violence, il n'abusait pas d'elle, ne la forçait pas dans son intimité et préservait un certain respect pour sa dignité. Disons que c'était une question de caractère. Il était froid, taciturne voire très lunatique. Il n'était pas du genre à se remettre en question. Il respectait ses principes et suivait chacune de ses convictions sans tanguer. Je ne me souvenais pas l'avoir déjà vu douter. Sa rigueur était telle qu'il représentait pour moi l’incarnation du mot "sérieux" dans son sens le plus péjoratif. Tout cet ensemble faisait que rien n'avait pu et ne pouvait nous rapprocher. Son sang avait beau couler dans mes veines, nous n'étions pas de la même espèce.

Ma mère était le parfait contraire de tout cela. C'était une femme très sensible et empathique. Je la voyais souvent réconforter les autres et leur donner des conseils. Alors qu'elle détestait la vie qu'elle menait, elle préservait toujours son sourire sur son visage. Elle gardait ainsi en elle toute la chaleur possible afin de pouvoir la transmettre quand cela était nécessaire. Il était simple de se laisser aller à rire auprès d'elle. Par ailleurs, elle me disait souvent qu'il était essentiel de savoir trouver une raison de sourire dans toutes les circonstances, même les pires. Je n'étais pas aussi certain de tout cela, pourtant, c'était une maxime que je suivais chaque jour. Mon savoir, ma soif de vivre et mon envie d'apprendre, je le tenais de son éducation. En effet, il s'agissait d'une femme très cultivée, très ouverte d'esprit et comme bloquée dans un monde entre la réalité et le rêve. Quand elle le pouvait, elle ne perdait jamais l'occasion de lire. Et lorsqu'elle pensait se trouver seule au milieu du salon en pleine nuit, je l'observais discrètement regarder intensément la Lune par la grande baie vitrée. Certains phénomènes de la nature semblaient la fasciner. Durant ces instants, elle demeurait immobile et imperturbable. Il m'arrivait de  temps en temps de l'interroger sur sa conduite lorsque j'étais très jeune mais elle n'avait pas les mots pour m'expliquer. Je ne pus apprendre qu'une chose: la Lune était pour elle le plus beau des astres et c'était ce qui me valut mon prénom.

Enfin ce fut grâce à elle que le caractère ennuyeux de mon père n'eut aucune prise sur ma personnalité excentrique et enjouée. Grandir entre deux antagonistes ne m'avait pas empêché de mener une existence normale. Cela représentait si bien mon histoire que si j'en avais la possibilité, je ferai écrire en fin de vie l'épitaphe suivante: "Mùn Toku, il eut une existence banale". C'était ce qui me ressemblait le plus. Je pouvais passer du grand freluquet à l'apparence d'un benêt qui chante tout seul dans sa salle de bain ou au milieu des autres au grand solitaire emporté par sa passion de la littérature et de la philosophie. Mes grands-parents maternels possédaient de nombreux ouvrages classiques ayant des siècles d'âge. Puisque j'allais très régulièrement chez eux je passais le plus clair de mon temps blottit au milieu des livres. Il n'était pas rare non plus de me croiser à la bibliothèque ou encore en train de marcher un livre à la main. Il m'arrivait régulièrement de rentrer malencontreusement dans quelqu'un ou quelque chose, en sachant que le "quelque chose" pouvait déclencher de sacrés douleurs au moment du choc. Ma passion était si ancienne que j'avais l'impression que j'étais né avec elle. Lire constituait l'essence même de mon être. C'était ce qui m'emplissait pleinement de ces autres mondes que nous étions incapables d'appréhender. La réalité, pour moi, semblait pleine de parts d'ombres que je ressentais le besoin de comprendre. J'avais longtemps été convaincu que toutes les répondes me seraient apportés juste en lisant. Mais je ne mis que très peu de temps à me rendre compte  que j'avais tord. Toutes nos évidences, nos convictions, nos croyances pouvaient sans cesse être rendues obsolètes par le simple fait que le monde existait en dehors de nous. Tout cela n'était qu'une logique que l'être humain avait créé pour se rassurer devant l'incompréhensible du réel. C'étaient les raisons pour lesquelles dès l'adolescence j'avais tant aimé la philosophie. Les opinions toutes simples ne me suffisaient pas. Contrairement à mon père, je remettais tout en doute et chaque question amenait sans cesse à une autre. Je ne parvenais pas à trouver de réponse définitive à laquelle je pouvais m'accrocher.

Pourtant, malgré mon portrait intellectuel, je n'avais rien du stéréotype de "l'intello". Cet être généralement représenté avec un air faussement timide et portant de grosses lunettes rondes lui valant d'être le bouc-émissaire du groupe. Je n'avais pas le moindre mal à me lier aux autres. Comme tout homme peuplant cette planète, je portais mon masque souriant en laissant de côté mes réflexions incessantes. C'est ainsi que, durant mon adolescence, je m'étais laissé gagner par des préoccupations plus quotidiennes. Ce fut là que commencèrent mes premiers conflits avec cet homme qu'était mon père. Je ne supportais pas son éducation autoritaire, ses multiples remarques sur ma façon de me coiffer, de marcher, de parler ou de me laver les pieds. Ce n'était pas que j'avais une façon particulière d'accomplir ces actions mais il trouvait toujours à redire. Seuls ceux qui menaient leur vie de manière intégralement identique à la sienne, méritaient son respect. Je me faisais donc un plaisir d'agir dans le sens contraire de ce qu'il souhaitait. Lui et moi menions une lutte silencieuse peu importe les punitions. Je me promettais de ne pas fléchir sous ce type d'autorité bien que paradoxalement j'étais écrasé sous celle de l'Incontestable comme nous tous.

Alors que les échanges avec mon père étaient synonymes de hurlements et de cris, ce fut avec ma mère que j'obtins mes premières réponses sur la sexualité, les conseils qu'elle avait à me prodiguer concernant l'amour. Je rêvais en l'imaginant passionnément amoureuse de cet homme dont elle me parlait régulièrement et qu'elle avait connue dans sa jeunesse sans qu'il ne se passe jamais rien avec lui. Bien entendu, j'avais été trop pudique pour aller jusqu'à lui parler des circonstances de ma toute première fois vers la fin de mon adolescence, des délires complètements idiots que nous avions avec ma petite bande ou encore, plus particulièrement, de mon homosexualité avérée. Ce fut mon orientation sexuelle qui sonna définitivement le glas de ma relation, déjà quasi inexistante, avec mon progéniteur. Il y avait des personnes dans ce monde qui ne parvenaient pas à faire la part de ce qui était vraiment important et de ce qui ne l'était pas. Il était de ceux-là. Néanmoins il ne le sut qu'à l'aube de ma vie de jeune adulte, alors que je commençais à entamer les années universitaires les plus décisives pour ma future vie professionnelle. J'avais jugé que le moment était opportun car j'avais quitté le foyer familial et que je pouvais déjà vivre de manière autonome. Mais ne continuons pas à davantage brûler les étapes de mon existence.

J'avais douze ans exactement lorsque mes pensées se métamorphosèrent. Autrement dit, je commençais à ressentir au fond de mon être que mes préoccupations devenaient autres. Je ne me souciais plus de savoir si un monstre se cachait sous mon lit ou si les objets bougeaient et parlaient entre eux lorsque je n'étais pas dans ma chambre. Je commençais à ressentir le besoin de me sentir valorisé, d'avoir un réseau social autour de moi et surtout de comprendre qui j'étais. Je ne comprenais pas mon propre corps. Il me donnait l'impression qu'il n'y avait pas que moi dans mon être et que quelqu'un d'autre voulait prendre le contrôle à ma place. C'est lors de cette transformation brouillon que commença à naître en moi l'idée que j'étais plus attiré par les hommes que par les femmes. Ce qui fut difficile à admettre. Alors pour passer inaperçu, je ne disais rien de mes ressentis réels et je blaguais sur les filles comme les autres membres de ma bande. Je faisais semblant d'apprécier leur physique et de porter un intérêt aux attributs féminins. Faire semblant ne fut pas un poids immédiatement pour mon cas. C'était le temps qui avait rendu cela fatiguant. Vers la fin des années de collège, je fis la connaissance de ma future meilleure amie, encore très présente dans ma vie actuelle. Il s'agissait d'une fille excentrique et très fofolle. Elle possédait un tel charisme qu'elle parvenait à se faire apprécier comme elle était avec ses bizarreries. Je ne compris pas ce qu'elle avait pu trouver au garçon sans caractère que j'étais se fondant dans la masse au point d'en cacher son amour du livre autant que possible.

Dana, c'était son nom, m'avait percé à jour en peu de temps à l'époque. Alors que nous étions dans la même école depuis le départ mais à une classe de différence, mon premier échange avec elle eut lieu à la cantine. Elle était remplie de monde et un de mes amis étaient très amoureux de sa copine de l'époque. Je riais aux éclats ce jour-là en le voyant rouge comme une tomate alors que je l'incitai à prendre son courage pour aller s'installer à leur table puisqu'elle était la seule de libre. Je me souviens lui avoir dit que "c'était sûrement un message du destin". En nous voyant, Dana nous posa des tonnes de question. Elle n'avait ni la timidité ni la réserve habituelle des personnes faisant connaissance entre elles. D'ailleurs j'avais eu l'impression que nous nous connaissions depuis des années puisque je m'étais surpris ce jour-là d'être bien plus bavard que d'habitude. Moi qui gardais tout dans mon cœur et qui ne bronchais mot sur ma personne, j'avais été la pire des pipelettes. Sans le savoir c'était certainement pour nous deux que le destin avait joué un rôle. Mon pauvre ami, quant à lui, n'allait jamais rien vivre avec son amour d'adolescent.  

Tout le reste de notre relation se fit naturellement sans embûche. Heureusement aucun sentiments amoureux venant d'elle ou moi n'étaient venus entraver notre magnifique amitié. J'avais toujours aimé le fait qu'aucune ambiguïté ne planait. Je la considérais comme ma sœur, comme un membre de ma famille. J'ai passé le reste de mon adolescence à la fréquenter. Ce qui me permit de faire la connaissance de personnes avec lesquelles j'appris peu à peu à assumer toutes mes différences. Je m'entendais très bien avec les femmes, alors, petit à petit, je ne supportai plus les remarques sexistes qui pouvaient venir des deux côtés du genre humain. J'avais du respect pour Dana et je lui devais d'être rigoureux à ce niveau-là. Un soir, alors que nous étions lycéens, je lui expliquais la philosophie de Nietzsche (du moins ce que j'en comprenais à mon jeune âge), un de mes philosophes les plus influents de ma vie,  elle m'arrêta d'un coup comme il lui arrivait régulièrement de le faire quand une idée lui venait en tête puis elle tenta d'aborder le sujet de l'homosexualité. Elle m'avoua qu'elle avait senti dès le début que j'avais quelque chose de différent et qu'elle trouvait cela dommage que je me cachais autant. Sur le moment, j'avais été sur la défensive et prétendis qu'elle se faisait des idées. Puis, constatant sa bienveillance, j'appris au fur et à mesure du temps à lui faire confiance et je finis par réussir à en parler quelques jours plus tard.

Il fallait dire que ce qui me motiva à le révéler c'était ce drôle sentiment à l'intérieur de moi que l'on nommait communément "l'amour". J'avais quinze ans lorsque je tombai amoureux d'une personne du même sexe que moi. Tatsui était étudiant dans un lycée où était enseigné les arts. L'objectif était de préparer les élèves à intégrer les grandes écoles artistiques du pays et les places semblaient très limitées. Peindre était sa passion, je dirai même que la peinture représentait son oxygène pour vivre. Notre première rencontre eut lieu chez Dana le soir de son anniversaire. Il s'agissait de l'ami d'un ami, quelque chose du genre. Dans tous les cas le hasard avait fait qu'il était présent ce soir-là. Ce qui attira immédiatement mon oeil fut la concentration intense dont il était capable: alors qu'il y avait un bruit monstrueux autour de lui, Tatsui dessinait calmement sur un carnet de croquis tout ce qui le marquait lors de cette soirée. Il n'échangeait que très peu. Personne ne faisait vraiment attention à lui. Sans surprise, je vis Dana discuter avec lui tout sourire, à certains moments de la soirée, de ses dessins. Me voyant non loin, elle m'invita à rejoindre leur sujet de conversation. Totalement enjouée elle me montra ses dessins avec sa permission. Ceux-ci me subjuguèrent et m'incitèrent à m'intéresser davantage à lui. A travers ces images je pouvais ressentir la profondeur du regard qu'il portait sur le monde qui l'entourait. Il avait su donner à un petit événement anodin de la fête toute sa beauté. C'était très vivant. Je lui dis ce que j'en pensais. Il en fut gêné et se contenta de me répondre d'un simple hochement de tête. Tatsui avait toujours été très calme, très serein, très tranquille. Il ne savait pas recevoir un compliment. Néanmoins j'insistai et c'est ainsi que je pus apprendre qu'il dessinait pour en faire des peintures ensuite. Je manifestai avec Dana un tel enthousiasme que nous voulûmes voir quelques unes de ses œuvres. C'est de cette manière que plus tard nous vînmes chez lui et qu'il commença à prendre une place centrale dans ma vie.

Une amitié naquit rapidement entre Tatsui et moi mais je sus d'emblée que ce que je ressentais pour lui était tout autre que ce que je pouvais ressentir pour Dana. Nos échanges intellectuels, son âme de peintre, parce que selon moi il en avait une et sa sincère modestie eurent raison de moi. Je tombai éperdument amoureux de lui. Ce fut à la fois le plus passionnant et le plus terrible des sentiments. Au-delà de nos échanges une sorte d'alchimie mystérieuse le rendait si attirant que je finissais par bégayer sans plus trop savoir où me mettre. Ce qui ne me ressemblait pas vraiment. N'assumant pas encore mon homosexualité, je restai muré dans le silence convaincu que jamais je ne pourrai avoir ma chance avec lui. Ce fameux soir durant lequel je m'ouvris à ma meilleure amie était ainsi lié au fait que je ne tenais plus. Je lui avouai de surcroît mon amour pour Tatsui. Les choses en entraînant une autre et encore une autre, je finis par m'apercevoir, sous les insistances de mon amie à dire tout haut ce que je ressentais, que mon peintre était du même bord de moi. C'est avec lui que je découvris toutes mes premières fois amoureuses et, de surcroît, ma première relation sérieuse. Elle dura ainsi de mes seize ans jusqu'à mes vingt-et-un ans. Je rompis avec mon père, commença à travailler sérieusement sur mon futur avenir de professeur avec l'envie brûlante de transmettre ce que j'apprenais, de faire aimer aux autres tout ce que je pouvais aimer dans la philosophie. Je savais que c'était un cheminement très difficile mais je m'y tins. La persévérance et la détermination de Tatsui à réaliser son rêve m'inspirèrent profondément. Il fit de moi quelqu'un de meilleur. Ce sont les raisons pour lesquels je me battis jusqu'au bout pour obtenir mon concours et devenir professeur vers l'âge de vingt-quatre ans dans une école imposée par le gouvernement.

Cependant je suis au regret d'annoncer que je ne me sens pas le courage à parler plus en détail de cette période ma vie où je l'ai perdu, non pas perdu dans la mort, bien entendu. Disons qu'il s'agissait de circonstances que la vie pouvait engendrer. Tout ce que je peux en dire c'est que mon début de vie de jeune adulte fut profondément douloureuse sans Tatsui. Il représentait ma casserole la plus lourde, si bien que j'en avais mal aux épaules. Alors, plein de regrets, je reprenais parfois cette habitude qu'avait ma mère de regarder la Lune par la grande baie vitrée. Je compris ainsi pour quelle raison elle agissait comme cela: cet astre faisait rêver à un monde lointain. J'assimilai les tâches de la Lune aux ombres que j'aurai aimé voir danser, autrement dit, aux manques de ma vie que j'aurai voulu auprès de moi. Oui, par dessus tout,  malgré mon statut de professeur de philosophie, du haut de mes vingt-sept ans, je rêvais sans cesse à un autre monde. J'en avais tout le loisir car, à mon plus grand étonnement, je n'avais pas encore eu de nouvelles de l'Incontestable pour un mariage alors que mon entourage y était passé à un moment ou à un autre.

Physique
J'avais le physique qui justifiait le prénom qui avait été choisi à ma naissance. J'ignorais si ma mère avait fait faire des modifications génétiques pour que je puisse avoir les cheveux blancs comme il était possible avec les technologies actuelles mais aussi loin que je me souvienne j'étais né avec les cheveux blancs. Comme la Lune, ils n'étaient pas d'un blanc éclatant. En regardant de plus près, j'avais de nombreux reflets gris. Cela me dérangeait beaucoup lorsque j'étais enfant car je considérais que je n'avais pas l'âge de les avoir de cette couleur. La plupart des personnes qui m'entouraient n'avaient pas ce problème. Avec le temps je finis tout simplement par faire avec et ne cherchai donc pas à m'en débarrasser. Je me disais qu'au moins je n'avais pas à m'en faire pour mes cheveux. Après tout j'avais la chance  qu'ils soient lisses, cela me permettait de pouvoir les avoir long. C'était très pratique pour moi qui n'aimait pas perdre mon temps à me poser des questions sur mon aspect physique. Les avoir trop court me demanderait un entretien constant que je n'avais pas la moindre envie de fournir. D'emblée j'avais décidé que quel que soit mon apparence, je la laisserai telle quelle.

Mes gènes me donnèrent des yeux de couleur marron, rien de très exceptionnel. Lors des beaux jours il était possible de déterminer quelques pigments de vert ou de jaune mais c'était tout. Ce fut le seul élément que je trouvais dommage. Je n'aurai pas eu le même effet s'ils avaient pu être bleus par exemple. Mon corps plutôt fin et de taille moyenne me confortait dans mon tempérament de simplicité. Je n'avais jamais été un grand mangeur. J'avais au contraire tendance à perdre assez facilement et à manger peu. Souvent je n'y pensais pas, pour une raison que j'ignorais, mon estomac ne me tannait qu'en dernier recours. Cela était peut-être lié au fait que j'étais si concentré dans ce que je faisais que j'en oubliais d'écouter mes besoins biologiques. D'ailleurs il n'était pas rare de me voir avec des cernes sous les yeux. Mon visage semblait souvent pâle voire blanc. Avec un père comme le mien je n'aurai pas été étonné qu'on m'annonce qu'un peu de gène "vampire" coulait dans mes veines. Je me posais la même question lorsque j'observais mes grandes phalanges aussi souples que celles d'une femme. Le seul élément qui différenciait mes mains de celles de la gente féminine était la grande taille des miennes. On me disait souvent que j'avais de très grandes mains chaleureuses.

Ce qui était très paradoxale, j'étais frêle, blanc, chétif mais mon corps semblait dégager une certaine chaleur. J'avais l'impression d'être un radiateur ambulant. J'avais toujours chaud et les étés étaient un véritable enfer pour moi. Ce qui faisait de l'hiver la saison que je préférais le plus. Concernant mes goûts vestimentaires, je n'en avais pas vraiment. Cela m'importait peu d'avoir l'air de rien de précis. Mes seuls critères se fondaient sur la simplicité et le confort. J'étais si peu intéressé par mon aspect physique que ma mère s'était donné pour objectif de se charger de mon armoire. J'avais beau avoir vingt-sept ans et une position sociale, elle m'habillait comme si j'étais encore un adolescent. Tout cela pour dire que si je ne ressemblais pas totalement à rien, c'était grâce à elle. Ma mère me houspillait un peu à ce sujet mais je savais au fond qu'elle y prenait un réel plaisir. C'était ainsi que je me fondais aussi sans difficulté dans la masse. Je n'aimais pas à me faire remarquer. D'où ce passage sur mon physique assez court.    
Caractère
Parler de moi représentait pour moi une véritable épreuve. Je n'étais pas d'un tempérament à me mettre en avant. Je préférais, au contraire, être comme un élément du décor, un peu comme ces plantes décoratives que l'on remarque à peine ou à la volée d'un simple coup d’œil. Pourtant j'éprouvais des difficultés à passer inaperçu. Je n'étais ni réservé ni timide. J'échangeais avec beaucoup de facilité et je n'avais pas la manière de rire la plus discrète au monde. Extérieurement je me donnais l'air d'une personne sans histoire, satisfaite de sa vie ainsi que de son métier. A vrai dire, je prenais un plaisir réel à tenter de rendre les autres heureux, c'était ce qui faisait que ma légèreté apparente ne me coûtait pas tant que cela. D'ailleurs c'était une autre façon de détourner l'attention sur les autres. Ce qui me demandait le plus d'effort socialement, c'était de parler du quotidien. Je ne supportais pas ces discussions qui consistaient à ne rien dire. Ce n'était pas que je les considérais comme moins essentielles et importantes que celles que j'appréciais avoir sur la philosophie mais elles ne faisaient pas écho en moi. Je n'y comprenais rien autant que ceux qui ne comprenaient rien à cette discipline qui me passionnait. Je ressentais régulièrement ce fossé entre moi et les autres. Plusieurs fois j'avais voulu appartenir au monde humain, j'étais bien présent mais pourtant rien n'y faisait, je n'étais pas de ce monde.

Bien entendu ce n'était qu'une simple conviction de ma part. Etre professeur de philosophie avait été le moyen le plus simple pour moi de parler de tout ce qui avait du sens à mes yeux sans avoir l'air d'un total illuminé. Je tentais tout de même de comprendre le fonctionnement de mes élèves pour m'adapter et que chacun trouve au moins sa place sur ma planète. L'absurdité, l'existence du mal, la solitude humaine, c'étaient des sujets qui m'empêchaient vraiment de dormir la nuit. Ce qui avait tendance de me rendre insomniaque. Je possédais de nombreuses idées que je notais au fur et à mesure qu'elles venaient. J'étais une personne consciencieuse et persévérante dans ses tâches mais je savais que j'en faisais trop. Je pouvais être très obsessionnel. A côté de cela j'étais très indifférent aux problèmes quotidiens. Alors qu'il arrivait que mes collègues créent un terrain de guerre pour des histoires de comportement jugé décalé ou autre, je restais toujours à distance. Un de mes grands défauts était d'être très fuyant lorsqu'il y avait des conflits. Ce n'était pas de la peur, je n'aimais juste pas ressentir la tension que cela pouvait laisser traîner. Malgré le fait que je me donnais l'air d'un roc, surtout depuis certains événements douloureux, je possédais une grande sensibilité.

La sensibilité avait deux facettes. Elle me rendait à la fois empathique et facilement à fleur de peau. Elle me rendait impulsif. C'était la seule émotion que je ne parvenais pas à contrôler en public. Lorsque je me sentais énervé, que j'avais tord ou raison, je pouvais faire preuve de mauvaise foi. J'étais parfois blessant et vexant même si je savais que je m'en voudrai aussitôt que les mots étaient sortis de ma bouche. Le côté positif de cette sensibilité était qu'elle me rendait attentif à ceux qui sentaient une vraie souffrance en eux. Il m'arrivait souvent de me sentir attiré vers ces personnes et je prenais le temps au mieux de les aider. Néanmoins ce n'était pas un acte charitable de ma part, je n'étais pas une mère Thérésa. Il y avait un côté intéressé à tout cela: c'était ainsi que j'oubliais mes propres peines. En plus des aléas de la vie, la philosophie n'était pas toujours un réconfort, elle amenait à des questionnements qui pouvaient parfois me mettre au pied du mur. Quelle difficulté de vivre dans un monde que l'on sait ne pas contrôler, un monde qui n'apporte aucune réponse concrète. Je priais parfois intérieurement pour que mon cerveau me laisse tranquille. Il me faisait parfois l'effet d'être habité par un tourbillon dans lequel les pensées tournaient sans jamais s'arrêter. Je pensais sans discontinuer, réfléchissais sans arrêt. J'en venais à envier ceux qui me disaient "je ne pense à rien" bien que je doutais que l'on puisse vraiment penser à rien.

Alors je tournais au mieux mon esprit bouillonnant en ma faveur. J'écrivais et dessinais à mes heures perdues afin de me vider le plus possible car j'aimais créer. Je n'étais pas aussi doué que Tatsui qui avait un réel talent mais je ne le faisais que pour moi. Malgré tout je n'étais pas un loup solitaire. Je restais quelqu'un de sociable afin de rester en bon terme avec les autres même si j'étais loin d'être en accord avec ce qui m'entourait. Il fallait dire que je ne faisais pas grand chose pour que la société change alors peut-être n'avais-je pas vraiment le droit de m'en plaindre.  
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Kaori Vanzine
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Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Lun 25 Mar - 2:02
par Kaori Vanzine
Bienvenue et bon courage pour ta fiche o/
(Pour te répondre, oui c'est possible ^^)

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

En ce moment je suis au ralenti
Mùn Toku  Y23dmr11
Thanks Kenken pour le kit et Kea pour le vava ♥
Mùn Toku
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posté
le Sam 30 Mar - 23:39
par Mùn Toku
Un grand merci pour les encouragements, c'est vraiment gentil ! (et toutes mes excuses pour la réponse tardive)
Merci aussi pour la réponse qui m'a grandement réjoui.
En tout cas, ma fiche est terminée. J'ai changé le statut.

Encore merci et hâte de pouvoir être parmi vous. Enfin si ma fiche est validée bien entendu ! Mùn Toku  2244379341
Satoshi Totsuzen
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Autre: Merci Jian pour l'avatar ♥

★
posté
le Dim 31 Mar - 15:16
par Satoshi Totsuzen
Bienvenue Mun !
Eh bien, entre Mun, Moon et Sun, on en a du monde avec la tête dans les étoiles Mùn Toku  2432113367 !
Rien à redire dans l'ensemble, l'histoire est fluide, les informations sont déposées ici et là super doucement. Y a pas d'accrochages, tout se lit bien. Une bonne fiche comme on aime en lire Mùn Toku  3998388675
Amuse toi bien ;)

Pré-validation par Satoshi Totsuzen
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Mùn Toku  Sato-s10

avatars tournants (voir les noms en dessous). Signa par Chû, merci ♥️
Merci Chû, Keanu, Takashi, Mad et Bacon Beige-Betterave pour les avatars ♥
Mùn Toku
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Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Dim 31 Mar - 19:13
par Mùn Toku
Merci ! Mùn Toku  577894034

Je sais déjà avec qui je vais m'entendre alors Mùn Toku  3216450106 !
Un grand merci pour la pré-validation. J'ai hâte de pouvoir écrire en vos compagnies.
Invité
Anonymous
Invité
Invité
Invité
posté
le Dim 31 Mar - 20:16
par Invité
Que de poésie dans le nom choisi et dans les images utilisées. Mon petit coeur d'ours fond ♥️

J'ai beaucoup aimé ta fiche, le style va avec son métier je trouve, tout en métaphore et philosophie. C'est triste, pour sa petite histoire, faut lui trouver un personnage pour qu'il reprenne confiance en l'Incontestable (quoi ? moi ? Pro-Incontestable Mùn Toku  3766924225 )
On en apprend pas mal dans ton histoire, c'est super intéressant ! On a envie d'en apprendre plus, surtout qu'il nous cache des choses Mùn Toku  1984817200

Bon, il est cool le p'tit loup. J'aime aussi son caractère et tes/ses descriptions. Kjetil manque de philosophie et de douceur pour avoir un lien avec lui mais je le nem beaucoup. Je le surveillerais de loin Mùn Toku  2837704232

En tout cas bienvenue par ici ! Je dis ça à la fin oui ahah ! J'espère que tu te plairas ici même si t'as déjà eu ta prévalidation félicitation pour cela d'ailleurs ! Mùn Toku  2432113367 )
Makoto Nanase
Messages postés : 4332
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Dim 31 Mar - 21:58
par Makoto Nanase
Mùn Toku  716243026

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥️
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥️

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Mùn Toku  4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit Mùn Toku  1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
Mùn Toku  Ld7d
Mùn Toku  BbNTuR8
Le plus beau compliment ♥️:
Mùn Toku  Cn3Ckyx
Mùn Toku  1EPYLUw
Mùn Toku  DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
Mùn Toku  E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
Mùn Toku  3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
Mùn Toku  Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
Mùn Toku  YqECw0j
Mùn Toku
Messages postés : 14
Inscrit.e le : 24/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Dim 31 Mar - 22:52
par Mùn Toku
YATA ! Merci pour la validation ! Ravi d'être parmi vous Mùn Toku  1854274601.

Kjetil = Wow ça me touche beaucoup. Je te remercie d'avoir pris le temps de lire ma fiche et du compliment que tu en fais. Ça fait vraiment plaisir de savoir qu'il puisse être susceptible d'intéresser quelqu'un :). J'ai été jeter un coup d'œil à la tienne et, ce n'est vraiment pas pour retourner le compliment, mais ton personnage a l'air d'être bien pensé et travaillé. Un homme à l'apparence dure amoureux des animaux, c'est juste top. Je ne serai pas contre un sujet rp si tu en as l'envie et que tu peux. Avec deux caractères assez antagonistes, ça ne serait pas inintéressant !

Merci de ton enthousiasme ! J'espère me plaire tout autant ! (PS: j'ai deux furets. Drôle comme coïncidence
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posté
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