Birdie Bradshaw
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le Lun 1 Avr - 22:45
par Birdie Bradshaw
Birdie "Baby" BRADSHAW
"And when morning comes, the sun is gonna shine."

sweet, sweet babydoll
Nom ;; Bradshaw.
Prénoms ;; Birdie, mais ne vous y risquez pas.
Âge ;; 29.
Genre ;; Femme jusqu'au bout de ses ongles manucurés.
Origines ;; Japonaise, origines éparses.
Activité ;; Étoile à temps complet.
Sexualité ;; Homosexuelle.
Avatar ;; OC (merci kinkea pour le graph olala SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3912395661 )
Règlement ;;
Chemin ;; j(t)m jm
Commentaire ;; BURDEN T OU JE T'ATTENDS SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182
Love me, love me. Say that you love me.
Plumes et apparats en bas de soie, elle remonte ses longs gants comme si de rien n’était. La scène est toute à toi, chérie des cœurs et enfant favori de la fortune. Les lumières coulent comme une seconde nature sur sa peau lactée, la parant d’une nuée de diamants aux yeux de toute cette foule éblouie. Le succès l’embrase, l’attention comme drogue et la scène en toile immaculée. Deux pas mesurés en talons aiguille que l’on fait traîner, que l’on retient jusqu’à poser pied à terre. Un, deux.

Un, deux.

Le tintement des stilettos résonne dans tous leurs grands yeux envieux. Et ils oscillent légèrement au fil de ces hanches qui ondulent jusqu’au milieu de l’estrade. Finies les discussions grasses, les éclats de rires qui tonnaient à en faire tomber les coupes de champagne. Un silence ténu, teinté de frémissements et de murmures furtifs. Tapis rouge d’admiration pour l’adorable créature qui vient les honorer de sa beauté. Elle agite légèrement son boa duveteux dans un sourire mutin, commence à tirer sur chacun des doigts de son long gant blanc. Cet effet, elle le connait par cœur. Et eux, en bas, ils suivent avec attention le moindre de ses gestes, retiennent à peine les films éhontés qui prennent place dans leurs esprits. Elle se voit dans leurs fantasmes, dans leurs regards brumeux et leurs expressions extatiques. Elle sent leurs mains dans ses boucles, pâles dans le feu qui les consume. Elle lève les yeux, feint de les admirer tandis qu'ils la toisent de toute leur fierté paternaliste. Elle les regarde, les fixe, se rit de leur bonne fortune.

Et n’en sourit que de plus belle.

La tension monte. Gants, chaussures, bas. Au moment du porte-jarretelle, ces messieurs bien intentionnés sont aussi transparents que les verres qu’ils serrent pour se donner une contenance. Chorégraphie maîtrisée, grâce incroyable, elle se nourrit de leur envie tandis qu’ils jouissent de sa jeunesse. Nue sur scène, ou si peu. La Vénus d’un soir dissimule ses atouts sous quelques mèches audacieuses, continue d’aguicher et d’exciter son audience. Regardez, messieurs. Admirez.

Dévorez ce que vous ne pourrez jamais toucher.

Look out Sunshine, here's the punchline


***
3

Aujourd’hui j’ai fait une bêtise.

Yoko’nee-chan m’a mise au coin.

Mais c’est pas ma faute.

Promis sur le petit doigt que c’est pas ma faute.

C’est Ume qu’a commencé. Elle m’a volé ma peinture. J’aime pas quand on me vole ma peinture après j’ai plus assez de couleurs et j’aime pas quand y a pas assez de couleurs.

J’adore les couleurs.

Mais quand je lui ai tiré les cheveux pour qu’elle rende Yoko est venue et j’ai été punie.

Mais du coup elle a pas eu le choix, elle m’a rendu mes couleurs.

Et j’ai pu du coup peindre Okaa-san, j’ai aussi pu peindre Otou-san, et puis Inari, Ama aussi, y a Rai et Shin, puis Wi’am. Et puis moi !

Et c’est plein, plein, plein de couleurs partout !

Même si quand on mélange tout ça fait caca d’oie et c’est vraiment moche.

Et du coup, là, bah j’attends Maman. Elle devait passer quand la cloche sonne mais là j’ai plus d’amis dans la cour alors je l’attends à la grille avec la maîtresse.

J’aime bien voir passer les grands, peut-être que moi aussi quand je serai grande je pourrai sortir toute seule. Mais là Maman veut pas. Et puis je lui ai jamais dit, parce que je lui dis toujours que je veux sortir comme mes copines, mais j’ai un peu peur d’aller dehors. C’est trop grand. Je préfère la grille.

« Bi-ru-di, regarde, ta maman vient d’arriver ! »

Ah, la maîtresse a raison, je reconnais la voiture ! Ah, mais y a plus de place, je la vois avancer pour s’arrêter plus loin alors je cours et j’échappe à la maîtresse pour la rejoindre. Désolée maîtresse !

J’ai du mal avec la porte, j’ai failli la prendre dans la figure quand Shin me l’a ouverte. J’essaie de monter, il me la referme juste devant le nez. Eh.

« Shin ! Laisse ta sœur monter dans la voiture ! Non mais oh ! »

J’ai pas pleuré. Je jure j’ai pas pleuré. Sur le petit doigt.

Et je monte dans la voiture, toujours sans pleurer.

« Maman ! je lui dis. Maman, tu sais ce que j’ai fait aujou-

- Maman ! William il a mis ses doigts dans le nez d’Izanami !

- WILLIAM ! »

J’essaie de m’attacher mais la ceinture est trop dure à tirer alors j’essaie de demander à Shin mais il se moque comme d’habitude. Bon, tant pis.

« William, arrête tout de suite, on avait dit quoi tout à l’heure ? MH ?

- Mais maman j’ai rien fait, c’est Shin il dit n’importe quoi tout le t-

- Nan maman je te jure je l’ai vu faire il lui pince le nez et après il- »

Maman se retourne et leur fait les yeux noirs qui les fait s’arrêter tout de suite. J’essaie.

« Maman, je lui redis. Maman, aujourd’hui j’ai- »

Mais y a ça dans son siège. Ça qui commence à pleurer. Je les aime pas.

Je les aime pas et en plus ils pleurent tout le temps alors je les aime encore moins.

Et puis Wi’am vient de lui pincer le pied juste quand je parlais. Je l’aime pas. Lui non plus je l’aime pas.

« Maman, je lui re-redis. Regarde Maman-

- Tais-toi, Birdie. Les garçons ! Arrêtez tout de suite votre cirque sinon je vous laisse sur le trottoir et vous rentrez à pieds ! »

Bien sûr ils n’arrêtent pas. Moi, si.

Bon, tant pis.

Peut-être la prochaine fois.

C’est toujours pour la prochaine fois.


***
5

« Tiens Birdy-Bird, tu veux pas aider papa et aller me chercher du pain ? Tu serais un ange. »

C’est la première fois que papa m’envoie dehors. La toute, toute première fois. Il me dit toujours que je suis une grande fille, et c’est vrai. Tout le monde me traite comme un enfant mais ils savent pas que moi aussi je suis grande. Et là je vais dehors. Toute seule. Pas avec Wi-y-am ou Shin, non. Comme une grande.

Les rues ont l’air différentes, tellement plus larges. Les immeubles semblent beaucoup plus hauts. Si je veux je peux m’arrêter. Et repartir en courant. Aller à droite et prendre un chemin plus long. Passer par la gauche et retrouver le raccourci par-dessus les bennes à ordure. C’est comme ça que Shin et Wi-y-am m’ont semée la dernière fois.

Je les déteste. Je les ai toujours détestés.

Et puis il y a les deux. Maman est toujours après eux. Tout le temps. Et quand elle ne l’est pas, ils n’ont qu’à pleurer pour qu’elle vienne. Moi, quand je pleurs, elle me dit qu’il faut pas pleurer. Eux, ils sont deux, ils crient plus fort.

Et moi je suis toute seule.

J’aime bien l’école. Je préfère l’école, même si la rentrée d’avril me fait peur. Je sais pas si je vais pouvoir retrouver mes copines, elles sont gentilles. J’aimerais bien, mais maman m’a dit qu’il ne fallait pas compter dessus. Alors j’ai quand même compté mes copines. J’avoue je n’ai pas trop compris.

Et normalement, si là je tourne à gauche, il y a la boulange- ah. Euh. La boulangerie ? Elle est pas là ? Je tourne sur moi-même, peut-être que je me suis trompée de trottoir. Mais normalement on passe toujours par là avec maman. C’est vraiment pas ici ? C’est pas possible. J’aurais dû prendre le raccourci. Je suis où ?

Je suis perdue ?

Je sens les larmes qui montent mais il faut pas pleurer, il faut pas pleurer. Aïe aïe aïe, j’ai les yeux qui brûlent. Pas pleurer. Je fais quoi ?

Je veux voir maman.

Elle est où maman ?

« M… M-Ma… »

J’ai sangloté. Sangloter c’est pas pleurer, hein.

Je sanglote parce que je pleure pas.

Je sais pas comment rentrer chez moi j’ai oublié.

« Bah alors ma petite, commence une dame qui passe à côté de moi. Tu es perdue ? Qu’est-ce que tu fais ici, où sont tes pa-

- Birdie ! »

Je pleure toujours pas mais ça aurait pu si Rai n’arrivait pas à ce moment-là à vélo. Rai, c’est le plus gentil. Lui, par contre, je l’aime bien. Il me donne toujours des bonbons quand maman regarde pas et en plus il crie sur Wi-y-am quand il m’embête. Bon, par contre pas Shin, mais c’est toujours ça non ?

J’aime bien Rai.

Je suis contente de le voir. Il va me ramener à la maison.

« R-Ra-i… »

Bon. Je pleure.

C’est plus fort que moi.

Même s’il faut pas pleurer, c’est pas bien.

« Hey Bee, t’inquiète pas tout va bien ! T’as mal quelque part ? T’as faim ? T’allais où comme ça, y a pas papa avec toi ? T’es toute seule ?

- B-Baah c’est… c’est que je devais aller ch-chercher du pain… du pain, mais…

- Tu t’es perdue c’est ça ? »

Je dis oui avec la tête parce que j’arrive plus à parler parce que je pleure comme un bébé. Et je suis pas un bébé, je suis une grande fille. Mais ça va, c’est Rai. Rai, il sait que je suis grande. Et il dit toujours que c’est pas grave de pleurer.

« Allez Bee, ça va aller. Viens, je t’emmène à la boulangerie. Je dirai à p’pa que t’as tout fait solo et que je t’ai croisée sur le chemin du retour. Ça te va ?

- Vr… ai ? Tu… Tu vas pas d-dire que… que…

- Mais non, tu m’as pris pour une balance ou quoi ? Promis je lui dirai rien. »

Je respire comme maman m’a appris. Un, deux, trois, quatre. Un, deux, trois, quatre. Ça finit par aller mieux. Il m'installe sur le guidon de son vélo.

« Sur le petit doigt ? que je demande en tournant la tête.

- Oui, rit-il. Sur le petit doigt. »


***
6

Aujourd’hui, c’est la rentrée.

Je veux rentrer chez moi.

Je ne comprends pas. Je pensais que j’allais avoir plein d’amis. J’ai même mis la jolie barrette qu’Inari m’a ramenée de la grande ville. Papa m’a aidée à m’habiller avant de m’emmener au bus. Et maman m’a donné plein de biscuits à distribuer dans ma classe.

Alors je me suis dit que ça serait une super journée.

A la maternelle j’avais plein de copines, mais aucune n’allait dans la même école que moi après. La leur était trop loin par rapport à la maison, alors je suis allée à la même que celle de Shin et Wi-li-am. Et je sais pas pourquoi, mais y a des garçons qui ont commencé à se moquer de moi pendant la récréation. Les surveillantes regardaient pas. J’ai les cheveux orange c’est bizarre. J’ai les yeux ronds comme des billes. J’ai pas la peau jaune. J’ai des taches partout sur le nez et le visage parce que je suis sale, comme de la terre incrustée. Ils m’ont bloquée contre un mur, je savais pas comment m’enfuir.

Y en a un qui a dit que j’étais peut-être une carotte infiltrée. J’ai pleuré.

J’ai pas réussi à crier.

Ils ont tiré sur mes cheveux pour vérifier. Ils ont vraiment tiré fort.

Ils ont tiré sur mon uniforme pour vérifier. Ils l’ont déchiré.

Et moi j’essayais de m’enfuir mais j’ai pas réussi.

Wi-li-am est arrivé, il en a frappé un. Il est en dernière année. Il m’a dit vingt fois qu’il était désolé de pas avoir su, de pas avoir vu, de pas avoir pu venir plus tôt.

Aujourd’hui, c’était la rentrée.

Je les déteste déjà tous.


***
8

Kami-sama, aide-moi.

J’ai peur.

J’ai hâte, aussi.

Je regarde autour de moi et ne vois personne. Mes parents sont partis rejoindre la foule et les trois autres filles avec qui je suis ne veulent toujours pas m’adresser la parole. Pourtant j’avais demandé à maman de me teindre les cheveux en noir. Elle a rigolé. Elle ne comprend pas.

Elle ne comprendra jamais.

Bon. Concentration.

Allez Birdie. Tu peux le faire.

Les autres commencent à avancer, j’essaie de les suivre aussi discrètement que possible. La flute siffle ses premières notes tandis que l’on contourne les prêtres pour monter sur les planches. Je me tiens plus droite que jamais, il faudrait pas que ma couronne tombe – et c’est pas si facile que ça en a l’air. Un salut, deux saluts, on se relève, on se place. Kami-sama, t’as pas intérêt à me laisser tomber aujourd’hui.

Maman, j’ai peur.

J’ose même pas glisser un coup d’œil au public assis en seiza face à la scène. Je sais qu’ils sont là, je veux qu’ils soient fiers de moi.

Et puis tout est passé très vite.

On a commencé la chorégraphie que l’on connaît toutes par cœur. Je suis comme sur un nuage, je ne sens pas le poids de tous ces regards sur moi. C’est comme si je regardais un dessin animé, je fais rien et quelqu’un fait pour moi. Je sais pas si c’est la musique, la danse, la peur.

C’était génial.

J’arrive pas à me retenir de sourire.  

Je cours vers ma maman. Tout le monde est là, même Inari – j’espère qu’il ne m’a pas trouvée ridicule ! J’ai failli me prendre les pieds plusieurs fois dans mon hakama écarlate sur le chemin mais c’est pas grave, je saute dans des bras un peu au hasard parce que j’ai des larmes plein les yeux. Et pourtant, je suis même pas triste.

Je veux faire miko toute ma vie.


***
10

Rai a enfin obtenu son permis.

C’était vraiment une question de vie ou de mort parce qu’à Iijima, si tu l’as pas, tu peux t’enterrer vivant qu’il m’a dit.

Ça ne l’a pas empêché de le rater quatre fois avant de le réussir.

« OH PUTAIN C’EST TROP COOL ! M’man, j’peux avoir la caisse ? S’teuplait ! »

Il l’a tellement agacée qu’elle a fini par céder. C’était assez drôle à voir même s’ils criaient tellement fort que j’entendais plus la télé.

« Bon. OK, mais tu la ramènes avant neuf heure et si tu fais la moindre connerie avec, je te mets dehors. JE TE METS DEHORS, qu’elle crie encore plus fort en le menaçant avec une passoire. C’EST BIEN COMPRIS ? »

Trop tard. Il m’avait déjà attrapé le bras et fermait tout juste la porte de l’appartement sur ses dernières menaces.

« Euh… Rai ? On va où ? »

Je l’avoue, j’étais à peu près aussi pas rassurée que maman. Et je suis à peu près sûre qu’elle aurait pas voulu qu’il m’emmène s’il lui avait demandé.

« Bah quoi, Bee ? Fais moi confiance, tu vas voir tu vas kiffer. »

Je lui fais confiance. Mais pas avec un volant dans les mains. Trop tard pour dire quoi que ce soit de toute façon, alors j’ai agrippé mon siège comme j’ai pu en priant tous les kamis que je connais. Et j’en connais beaucoup. Ça a duré à peu près tout le voyage que Rai a passé en chantant à tue-tête et en parlant quasiment tout seul.

Et puis j’ai compris parce qu’y avait des kanjis que j’arrivais à lire sur l’un des panneaux.

On allait à Nagoya.

Pas Komagane.

Pas Ina.

Na-go-ya.

La vraie, vraie grande ville.

J’ai regardé Rai en écarquillant les yeux et ça l’a fait rire. Il s’est moqué comme quoi j’avais pas compris plus tôt mais il pouvait bien se moquer tout ce qu’il voulait il pourrait pas me gâcher mon moment.

La vraie, vraiment, vraiment très grande ville. Avec des immeubles qui se perdent dans les nuages et des panneaux publicitaires plus hauts que la mairie. Comme dans les dramas.

Et il m’a vraiment emmenée de partout. Dans des magasins, des temples, je crois que j’ai pas cligné des yeux une seconde pendant la journée qu’on y a passée. Il m’a emmenée au zoo, aussi. Et là je suis en train de finir une glace parfum framboise à côté du grand château tandis qu’il dessine sur son carnet.

« Ne, Rai ? Comment tu fais pour dessiner comme ça ? »

Oui, je suis jalouse, il est vraiment trop fort et moi j’ai déjà du mal à faire un cheval qui ressemble pas à une patate. Ça fait des années que je suis jalouse, je l’ai toujours été. Mais j’ai jamais vraiment eu de moment pour lui poser la question.

Et le château qu’il redessine, là, il est vraiment loin de ressembler à une patate. Ou alors c’est une patate super stylée.

« Mh. C’est pas compliqué. Le tout, c’est de bien voir les trucs tels qu’ils sont et après de faire comme si t’avais pigé leur structure en cachant tout ce que tu comprends pas dans des coins d’ombre. »

Je hoche la tête en faisant semblant d’avoir compris. Ça me fait une belle jambe, ça. En quoi ça va m’aider à ne plus sortir des ribambelles de patates en leçon d’art ?

« Tu veux essayer ? »

Et même pas cinq secondes plus tard, j’avais le carnet entre les mains et son crayon à papier dans les doigts.

« Là, qu’il reprend en désignant l’un des coins du toit. Tu vois la corniche ? C’est l’espèce de… De truc juste dessous. Essaie de- EH, si tu continues à appuyer comme une bourrine on arrête tout et on rentre à la maison hein. Va pas me déchirer mes feuilles non plus ! »

Je lâche tout comme un voleur pris sur le fait, les mains en l’air. Il me fixe encore cinq secondes avant de commencer à exploser de rire.

C’est le pire de tous.

Je l’adore.


***

Kami-sama.

Aujourd’hui, je vais faire quelque chose d’horrible à quelqu’un d’horrible.

Inari, je l'adore.
Amaterasu, ça va.
Raiden ? Rai c’est le meilleur.
William... Bon, ça reste William, mais c'est déjà mieux.
Les jumeaux, on verra plus tard.

Aujourd’hui, c’est ton jour, Shin.

J’ai volé ta carte d’identité pour l’enterrer sous le grand cerisier dans le square d’en face. J’ai crevé les pneus de ton vélo. J’ai caché les papiers de la voiture de papa et maman sous leur matelas et j’ai mis du poivre dans ton café. Ah, et tu auras beau essayer d’écrire avec ton stylo plume ça marchera pas, j’ai vidé la cartouche dans le lavabo hier soir.

Ganbatte kudasai pour ton certificat de fin d’études, Shin. Fighto.


***
11

« Birdy-Bird, tu veux pas aller chercher des onigiris pour ce soir ?

- Mais maman, que ça chouine dans un coin. On veut des yakitori, nous ! Des ya-ki-to-ri ! »

Elle fronce les sourcils. A chaque fois l’air de dire non avant de leur céder lâchement. Je pense qu’elle n’a toujours pas compris à quel point ils se moquent d’elle, il n’y a qu’à voir les larmes de crocodile sur leurs grosses joues baveuses. La suite ? Je la connais par cœur. Elle va passer une main dans ses cheveux en les regardant mimer des pleurs, râler quelque chose qui commence par un « Non » avant de sentir sa voix s’éteindre face à tant de caprices. Peut-être qu’elle cherche le silence, peut-être que sa journée a été chargée et que tout ce qu’elle veut c’est du calme. Moi, tout ça, je m’en fiche.

« Non, les enfants. On en a déjà pris avant-hier…

- M-Mais… S’il te p-plaît Maman… »

Ah ça. Il faut bien reconnaître qu’ils ont un sacré talent pour parler de concert et amadouer leur public. De grands yeux bleus qui fixent avec l’honnêteté du Yomi no Kuni qu’ils gardent. Ils ne portent jamais aussi bien leurs prénoms qu’en ce genre de moments.

« Bon, Birdie…

- Ah non, protesté-je. Maman ! C’est à deux kilomètres d’ici !

- Je sais, Birdy-Bird. Mais je suis fatiguée, je veux éviter-

- … les conflits, finis-je par compléter avec amertume. Mais je sais pas, Ama peut pas y aller ? Ca serait quand même plus facile en voiture non ? Ou je sais pas, Rai ? Il est où Rai ? »

Maman ne dit rien. Elle me fixe. Mauvais signe, alerte rouge. Je lui lance un sourire avant de tourner les talons pour choper quelques centaines de yen dans le pot commun et de me tirer fissa. Je déteste ces morveux. Je déteste les frangins jamais là. Je déteste ma vie. Je déteste maman.

Et en plus, il pleut.


***
12

Je regarde William. Il a l’air encore plus mal à l’aise que moi.

Tss. Petite nature.

Je fais rouler la cigarette entre mes doigts. Tout le monde sait que c’est pas une cigarette. Même le chat des voisins qui nous regarde depuis le balcon d’en face, il sait que c’est pas une cigarette. Et William qui est en train de se dégonfler comme un ballon percé à côté. Faut croire qu’il faut tout faire dans cette famille.

J’ai jamais allumé de briquet de ma vie. Willy non plus on dirait, mais de toute façon je suis sûre qu’il va rester inutile sur le banc de touche. Parle beaucoup mais agit peu, hein.

A la septième tentative, je finis enfin par obtenir une flamme.

A la onzième, elle est assez durable pour allumer l’extrémité du truc.

« Je te le passe après, dis-je à mon trouillard de frère. On est bien d’accord, tu vois quelqu’un arriver, tu chopes la clope et tu la balances dehors hein ? »

Il hoche la tête, pas serein pour deux sous. De toute façon, j’avais juste besoin de lui pour faire le guet.

J’ai jamais fumé de ma vie. Mais y a déjà des filles dans ma classe qui enchaînent les clopes, alors je vois pas où est le problème. Et puis Rai en prend tout le temps des machins comme ça, c’est à lui qu’on l’a chipé d’ailleurs. Et c’est bien ça le problème, parce qu’à la seconde où il va voir que son joint a disparu il va se lancer à sa recherche. Avec une idée très précise des fautifs en tête.

« Allez Birdie, grouille. Je suis sûr qu’il va rappliquer dans deux minutes.

- Ouais c’est bon, calme. T’inquiète avec la gueule de bois qu’il a, je pense pas qu’il va se réveiller tout de suite. »

Allez. C’est parti. Je prends le mégot entre les lèvres et je commence à inspirer avec assurance… Avant de recracher mes poumons et ceux de tous mes aïeux. J’en ai les larmes aux yeux. Ça m’a presque étouffée cette chose.

« Euh, ça va ? me fait Willy sans quitter la fenêtre des yeux. T’avais pas dit que t’avais déjà-

- J’ai pas besoin de tes commentaires, le coupé-je avant de recommencer à tirer sur la clope. Ça va aller. »

Et c’est reparti, même si c’est pas plus glorieux que la première fois. J’arrive à peu près à faire illusion avant de tendre la cigarette à mon frère et prendre sa place au poste de guet. Il tire dessus sans très grand succès, crachotant au passage un peu plus discrètement que moi. Il est blanc comme un linge. Je suis pas responsable s’il fait un malaise.

« Oh merde William. T’as fini ? Je crois que c’est lui dans la cui-

- BEE, entends-je crier de l’autre bout de l’appartement. JE SAIS QUE C’EST TOI, AVOUE TOUT ET JE TE PARDONNERAI PEUT-ÊTRE.

- Merde, fait William en regardant le joint à peine entamé. On fait quoi ? »

Je réfléchis cinq secondes sans quitter la fenêtre des yeux. On n’est qu’au premier étage, il est pas très haut en plus. Ça devrait le faire si on…

« Saute, Willy. SAUTE. »

On enjambe le balcon pour retomber dans le gravier deux petits mètres plus bas. Moi ça va, mais je crois que William s’est foulé un truc, même s’il fait style que tout est OK. On voit la tête de Rai apparaître du haut du balcon.

Il crie. Mais on est pas fous. On est pas restés pour écouter.

On a couru encore plus vite que Usain Bolt sous EPO.


***
« Buradushyo-san, veuillez sortir vos affaires de mathématiques s’il vous plaît. »

Je regarde le pion dans le blanc des yeux, il n’en démord pas. C’est la cinquième fois que je le vois cette semaine, cinquième raison différente. N’a pas ses affaires, n’a pas fait signer son dernier devoir, répond au professeur en classe, frappe ses camarades. Oui, oui. Elles sont allées jusqu’à raconter que je les avais frappées. Je les hais. Toutes. Aoko, Asuna, Hinako, Kanon, Saya.

Si j’ai pas mes affaires, c’est parce qu’elles ont déchiré mes cahiers et mes feuilles lorsqu’elles ont piqué mon sac à dos.

Si je réponds au professeur, c’est parce qu’il m’a humiliée devant toute la classe parce que Hinako m’envoyait des boulettes de papier derrière la tête et que quand il en a déplié une en pensant qu’elles m’appartenaient, il s’est découvert gribouillé au-dessus d’un corps de cochon. Et j’ai eu beau dire que je dessinais quand même mieux que ce truc sans forme, il a rien voulu savoir.

Et elles ont osé dire que je les avais frappées.

Je leur ai rien demandé, moi.

Résultat, une pluie d’heures de retenues qui s’accumulent à vue d’œil. A la maison, ça devient invivable. Les jumeaux sont intenables, Rai est parti. Shin aussi, mais ça c’était plutôt un soulagement plus qu’autre chose. William est toujours là, mais c’est William. On ne se déteste pas, mais ça s’arrête à peu près là.

J’ai vraiment beaucoup pleuré quand Rai est parti. Je voulais qu’il me prenne avec lui.

Je reste bloquée dans ce trou à rats, à fixer Yamanano sans le moindre respect.

« Buradushyo-san. Vos affaires.

- Si je les ai pas sorties c’est parce que je les ai pas, et vous le savez en plus. »

Il est exaspéré, et en soi je le comprends. Alors je vais encore me retrouver à copier cinquante fois le règlement, j’ai plus besoin de le lire maintenant tellement je le connais par cœur. Et j’ai pas non plus envie de rentrer chez moi.

J’ai envie de retourner à Nagoya dans le parc du château.

Et aussi brusquement que ça, une bousculade me sort de ma rêverie.

« Hey, tu veux le faire chier ? Dis-lui que tu te sens pas bien »

Euh. Déjà qui es-tu, peut-être ? Je ne l’ai jamais vu, mais il y a eu pas mal de nouveaux cette année et je ne pense pas tous pouvoir les reconnaître de visu. Par contre je pense que j’aurais pas oublié sa tête. Un japonais d'ici et d'ailleurs, aux yeux trop bleus pour tromper qui que ce soit. Il a les traits durs, droits, comme taillés. Si j’avais dû le dessiner, une règle aurait suffi.

Il donne pas confiance. Mais j’ai rien à perdre, et j’aime jouer. Pour la suite, on verra.

« Ya-Yamanano-san, parviens-je à prononcer en mimant le cœur au bord des lèvres. J’ai vraiment envie de vomir, je peux aller à l’infirmerie… S’il vous- s’il vous plaît ? »

Bien entendu, il n’est pas dupe. Il a à peine levé le nez de son livre. Moi non plus j’aurais pas cru mon propre numéro. L’espace d’un instant je me sens bête d’avoir essayé. Je suis sûre que si je regarde l’autre, là, il doit être en train de se ficher de moi.

« Cool, maintenant, sans qu'il te voie, tu… »

Il mime son index et son majeur au fond de la bouche. Pardon ?

« Tu te fais vomir. »

Pardon ?

« Fous-en sur mon sac au passage. »

Pardon ?

Je crois que j’ai jamais eu l’air aussi étonné de ma vie. J’ai mal aux paupières tellement j’écarquille les yeux. Il vient de dire quoi, là ?

Se faire vomir, c’est possible ça ?

« … T’es sûr ? »

Si je le vois prendre une photo pendant que je le fais, je crois que je serais bien capable de le frapper en pleine salle de colle. Même si j’ai jamais vraiment frappé quelqu’un.

Au fond, je sais que j’en serai pas capable de toute façon.

« Dépêche. »

Ok. OK. Respire, Birdie. Il a fait quoi, déjà ? Ah mais si je mets les doigts dans la bouche je vais me vomir dessus ça va être immonde. Immonde.

J’aime pas le vomis déjà, de base.

Mais l’autre, là, il a l’air on ne peut plus sérieux.

Ok. C’est parti.

Je me cache derrière mes bras parce que quand même, je sens venir la photo prise en lâche et envoyée à tout le monde dans l’école. Index et majeur, hein. J’ai à peine eu le temps de toucher le fond de ma langue que, déjà, je sens mon estomac se contracter et se répandre sur le bureau. J’en ai même sur le jean. Et je parle même pas de mes mains.

Pire. Pire idée jamais eue. Vraiment la pire.

« Putain mais monsieur ! Elle dégueulasse tout, elle ! »

Ah mais d’accord. Si c’était juste pour m’afficher t’aurais pu t’abstenir. Quel. Quel. Ah, mercredi. Je sais même pas jurer, la honte.

Mais si des yeux pouvaient tuer, je crois bien que toutes les mecha-armures du monde n’auraient pas pu te sauver.

Parce que pendant qu’il fait son show, moi j’ai du vomi partout sur mon bureau. Bon, il en a sur le pantalon, ça équilibre un peu le truc.

« Euh… Buradushyo-san, si ça ne va vraiment pas, vous voulez aller à l’infirme-

- Je vais l’accompagner, s’empresse de le couper l’autre comme mû par un empressement soudain. Ça va aller ? »

Personne n’y croit, à ton numéro. Je suis sûre que personne n’y croit.

Mais en levant les yeux tandis que j’agrippe son bras telle la malade surjouée que je suis, je dois bien admettre que c’est un bon. Tout le monde regarde avec des grands yeux crédules. Alors je traine des pieds, je baisse la tête, j’avance comme si j’avais le poids du monde sur le dos.

« T’étais pas obligé d’en rajouter non plus, hein. »

Je suis de mauvaise foi, oui. Entièrement de mauvaise foi. Mais j’ai encore les joues qui me brûlent de honte et le sale goût de la bile dans la bouche. Je suis de mauvaise foi si je veux.

« Eh, on est dehors, non ? T’as été parfaite, tu veux que je t’achète un truc ?

- Mh… Des onigiris pour remplacer ceux que j’ai gerbés et on est quittes. »

J’ai encore les lèvres pincées et les sourcils froncés pour le style mais il a raison. On est dehors. Adieux les deux heures de colle.

J’en aurais presque sautillé sur le chemin des toilettes. Mais je ne vais pas lui faire ce plaisir-là. C'est hors de question.


***
Saumon.

Tarako.

Mentaiko.

Thon-mayo.

Umeboshi.

J’ai faim.

Je ne sais pas quoi prendre.

Je sais juste que mon estomac va monter dans ma tête pour me digérer le cerveau si j’ai pas de nourriture entre les mains dans la minute.

Takana.

Tenpura.

Bœuf grillé.

Iwakana-sensei peut bien aller se rhabiller avec ses problèmes de maths à deux yen.

« Deux konbu et un takikomi gohan s’il vous plaît ! »

Et vas-y qu’il met sa vie le vendeur. Je glisse un petit regard à l’autre gars- ah merde il m’a repérée. Je retourne me focaliser sur les onigiris comme si de rien n’était.

J’ai jamais séché de cours de ma vie, et encore moins d’heure de colle.

Les onigiris n'ont jamais senti aussi bon.

L'autre passe sa commande. On a pas parlé du trajet. Je connais même pas son prénom. C'est pas super rassurant mais j'ai vraiment l'impression d'être un caïd comme dans les vieilles sitcoms américaines.

« Ah merde, finit-il par s'exclamer. Je suis désolé, j'avais pas vu, pour la carte bleue. »

Il fouille dans ses poches. Ah.

Ah.

Et y a le vendeur qui nous fixe avec une grosse ride entre des gros sourcils froncés.

Il a pas pu vérifier ça avant ? La honte. Quel loss ce type.

« Vous savez où il y a une borne pour que j'aille vous chercher de l'espèce ?

- Prenez à droite en direction de la station-service, il y a une banque dans le coin mais par contre j'sais pas si elle est encore ouverte m-

- OK, qu'il le coupe avant de toquer deux fois sur le comptoir. J'y vais de suite, je vous laisse mon portefeuille ? »

Mh.

Mh-mh.

Mh-mh.

J'ai honte de lui.

J'ai envie de me cacher sous le stand, là.

J'ai horreur d'être prise en porte-à-faux.

« Mais si t'as vraiment pas d'argent je peux t'en passer hein... »

Même si c'est qu'un vieux billet de cinq cent yen tout froissé que j'ai piqué de la dernière fois où j'ai cherché du pain.

Et l'autre, là, ça le fait rire comme si j'étais le meilleur gif qu'il ait jamais vu.

« Mais non, je vais pas te soutirer de l'argent, fait-il avant de regarder le vendeur, hilare. Elle est trop mimi. »

Euh.

J'ai rien à dire. Je sais pas comment réagir face à ça. Je hausse les épaules. J'ai juste honte et les joues en feu et je sens les regards de tous les autres clients me transpercer comme des lances.

J'ai honte.

Je le sens même pas me tirer le bras. Je me vois juste le suivre en regardant mes pieds qui avancent tout seuls. Je veux pas croiser les regards assassins.

Au moins j'ai mes onigiris.

« Ah attendez, j'ai oublié ma carte - oui c'est plutôt utile quand on doit retirer »

Il repart vers l'intérieur du restaurant en rigolant à sa propre blague. Ça arrache un sourire au serveur qui répond un truc que j'entends pas.

J'ai presque déjà terminé le premier onigiri.

On finit par repartir. Donc c'était à droite en direction de...

De...

D'absolument pas vers là où on va.

Il jette sa carte bleue dans une bouche d’égout.

Je sais même plus quoi en penser.

« Allez viens, on se tire.

- Euh. Mais... ? T'es sûr on va pas se faire choper ? »

Parce que j'ai beau angoisser à en enfoncer mes doigts crispés dans le riz, j'ai pas envie qu'il me prenne pour une flipette. Et pour ce qui s'est passé avant... Il n'aura qu'à croire que je suis une super comédienne pour ce que ça m'importe.

OK. Ça m'importe.

J'espère qu'il posera pas trop de questions.

« Si, normalement. »

Là, je flippe.

« Mais on a cinq minutes d'avance. »


***
13

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***
15

Kanon, Kanon.

Tu viens de commettre ta deuxième erreur. La première, c'est de m'avoir pourri la vie avec tout ton gang de copines qui a changé de collège en t'abandonnant dans ce trou paumé. La deuxième, c'est de m'avoir volé mon meilleur ami. De croire qu'il est à toi et d'avoir piqué une crise de jalousie - tout ça parce qu'il me préfère.

Je ne pardonne jamais plus d'une erreur.

Et je ne t'ai pardonnée pour aucune des deux.

Bah alors, Kanon. C'est pas parce qu'Emaüs c'est à côté de chez toi qu'il faut t'y fringuer, hein.

C'est quoi cette mine de chien battu, là ? Non, non, change rien. Ca va bien avec ta nouvelle coupe, ça fait très... Caniche.

Ah mince, je t'avais dit que c'était une soirée déguisée ? Sumimasen.

Tu l'as piquée à ta grand-mère, cette robe ?

Sérieusement tu crois que Banpei est amoureux de toi ? Vous avez entendu celle-la les filles ? C'est sa meilleure du semestre j'en peux plus.

De toute façon si tu te plains auprès de lui tu sais déjà qui il choisira entre toi et moi, hein Kanon ?

T'en es consciente que tu sers à rien, hein Kanon ?

Tu pourrais crever que personne s'en rendrait compte, hein Kanon ?

Personne ne t'aime, Kanon. Reste à ta place veux-tu.

Il mérite tellement mieux que toi - déjà faudrait arrêter de te fringuer avec des rideaux mais je pense pas que ça suffira pour rattraper tout le reste.

T'es une ratée, Kanon.

T'es ma ratée, Kanon.


J'aime te voir souffrir. J'aime te voir arriver en pleurant et cacher tes mouchoirs dans ton casier à chaussures. J'aime te voir te cacher dans un coin. J'aime deviner que tu veux disparaître. J'aime tes yeux rouges et tes larmes qui ne s'arrêtent plus. J'aime le bégaiement que tu as commencé à avoir. J'aime ton empressement à fuir de l'école sur ton vélo aux pneus crevés. J'aime crever les pneus de ton vélo.

Tout comme tu aimais m'afficher pendant toutes ces années avec mes chaussures trouées et mes fringues chinées dans des friperies. Tout comme tu te moquais jusqu'à ce que je sois à terre pour venir m'achever avec tes moqueries incessantes. Vous avez réussi à me tuer. A m'humilier au point où j'ai voulu que tout s'arrête. Quand je dis ça, je dis que ça s'arrête définitivement. Vous avez réussi à me donner envie de disparaître. Sauf que je suis toujours là. J'ai survécu.

Kanon, Kanon.

Ta première erreur, c'est de te retrouver seule.

Ta deuxième erreur, c'est de ne pas m'avoir fui.

Je ne pardonne jamais plus d'une erreur.

Et je jure que tu n'as pas fini de les regretter toutes les deux.


***
« Et qu’y a-t-il dans les bruschettas ? »

Ça fait une bonne dizaine de minutes que je détaille chacun des plats du menu en demandant leur composition exacte. Le serveur a envie de me tuer, Banpei reste stoïque. En même temps, il peut.

« Ah eh bien super, je vais prendre des spaghettis alle vongole alors. Et toi chou ? »

Il finit par choisir des cannellonis et le serveur s’en va avec un soulagement palpable. Ce soir, je suis partie sans rien dire à maman. Elle s’en fiche parce que demain c’est le grand récital d’Izanami et il n’y a plus que ça qui l’obsède depuis des semaines. J’aime ce grisement d’illégalité, ce sentiment d'être une adulte avec tout ce maquillage que j'ai chipé à ma mère. Et ça s’apprécie encore mieux avec un bon verre de Chardonnay dans un restaurant italien côté.

Donc, bien évidemment, hors budget.

Je reprends un verre de Chardonnay. Ah, non, à la réflexion j’opte pour un Bou…

Boul…

Boulgonie ?

Quelque chose de chic et de français, quoi.

J’aimerais bien aller à Paris, un jour.


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« Fais pas cette tête, finis-je par râler devant la tronche sceptique qui me fait face. On dirait que t’as déjà vu l’addition. »

Il finit par se dérider, mais je pense que la bonne nourriture y est pour quelque chose. Mamma mia comme ils disent, j’en aurais mangé mes doigts tellement j’ai dévoré le plat.

Maintenant la question est dessert ou pas dessert ?

C’est risqué, quand même.

Mais il y a du fondant au chocolat. Je ne sais pas résister au fondant au chocolat. Il coule déjà de sucre et de bonheur alors que je l’attaque à la fourchette dans ma tête.

Banpei est pas serein. Je lui ferai regretter de m’avoir gâché l’ambiance – il a tort de pas avoir confiance lui. Tant pis pour sa face, s’il veut passer une mauvaise soirée à se ronger le foie ça sera sans moi.

Je sais ce que je fais.

Regarde et admire. Ravale ton stress en passant aussi s’il te plaît.

Je fais tomber la fourchette au sol. Il me reste juste un bout de gâteau dans mon assiette, pour la crédibilité. Un fond de Boulgonie aussi qui finit tristement par terre tandis que je me précipite vers mon verre d’eau. Je suffoque. Je n’arrive plus à respirer.

Le bris de glace a eu le mérite de faire converger tous les regards vers nous. Les serveurs, aussi.

« Signorina, que… Tout va bien ? Tout va bien, signorina ? »

Bah non, tu le vois bien, je fais de mon mieux pour m’étouffer baka.

« Vous… V-Vous… Vous m’avez dit qu’y a-avait… Poivron… Pas de la to-de la tomate. Je… Allergique… »

J’en rajoute un peu parce qu’ils n’ont pas l’air assez paniqués. Là, c’est mieux. Ils se regardent, m’entourent, me servent de l’eau. J’entends vaguement Banpei s’offusquer, dire que c’est un scandale pour un établissement de ce nom. Il se penche vers moi, dit des trucs qui se perdent dans ma toux surjouée. Je sens qu'il me plaque un truc sur le bras avant de le ranger fissa dans sa poche. Ah. Bah voilà, je savais bien qu'il servirait à quelque chose, mon EpiPen fait maison. J'ai passé deux heures de permanence à tuner mon bâton de colle, quelque part je suis contente que ça n'ait pas été en vain.

Je me calme progressivement comme c'était marqué sur internet. C'est que c'est fatiguant cette crise-là, on sous-estime bien trop les allergiques dans la vie. On finit par partir bras-dessus bras-dessous, de la colère dans les yeux et le ventre plein.

Comment manger à l’œil avec les compliments de la maison. Grazie mille, messieurs-dames.


***
J'en ai rien à faire.

En quoi ça a à voir avec moi ? Je m'en fiche. Je veux rien avoir affaire avec cette cinglée.

Elle fait ce qu'elle veut, elle est grande, non ?

C'est pas moi qui lui ai mis le couteau sur les poignets.

Moi je me serais pas ratée.

Même quand t'essaies, tu restes nulle Kanon.

Ce sont tes affaires, me mêle pas à tes problèmes.


***
J'ai le coeur qui bat la chamade.

Banpei m'a raccompagnée en plein milieu de la nuit. J'ai escaladé la façade en passant par les poubelles pour ne pas que les parents m'entendent monter. Ca fait une heure que je suis assise dans mon lit. J'entends papa ronfler.

J'ai les mains qui tremblent, on dirait qu'elles dansent la samba.

Impossible de me coucher. Impossible de me glisser sous la couette, je me sens salie. Sale. C'est presque comme si je n'étais plus à ma place entre ces quatre murs roses et tous ces dessins, toutes ces poupées. Je me sens mal à l'aise.

J'ai besoin de prendre une bonne douche.

J'ai besoin de frotter partout.

Surtout .

Je sens encore ses sales mains sur ma peau.

Je peux pas me coucher comme ça.

Il doit être trois heure du matin. Peut-être plus, peut-être moins. J'essaie du mieux possible de ne pas faire grincer la porte de ma chambre et me faufile dans la salle de bains. De l'eau. Il me faut de l'eau.

Je me laisse couler dans mon bain improvisé. Et je frotte.

Je frotte, je frotte, je frotte.

Jusqu'à avoir l'impression que la peau qu'il a touchée a été remplacée par de l'épiderme rouge sang.

Je frotte jusqu'à ce que j'en sois enfin soulagée.

J'ai la poitrine couleur de feu mais ça va mieux.

Et puis on a réussi à choper de l'argent. Tokyo n'a jamais été plus proche que maintenant. J'arrive presque à en palper les néons, les grands panneaux publicitaires et la foule qui n'en finit jamais.

Tokyo, Tokyo.

Un rêve oui, mais à quel prix ?


***
16

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J'ai froid.

J'ai oublié de prendre une veste dans mon sac.

Tant pis.

Trop tard maintenant.

Si je pleure, c'est à cause du vent.


***
J'ai jamais pris le Shinkansen, avant. Beaucoup trop cher.

Et autant j'ai rêvé toute ma vie de ce moment, autant là... Même avec Banpei à côté qui me serre la main je me sens mal.

J'ai menti.

J'ai menti à tout le monde. Par SMS, au téléphone, sur Instagram.

C'était le mot d'ordre. Des adieux à distance pour que personne ne demande à voir les lettres roses. Oh, on en a des fausses. Mais si un proche les voit et enregistre l'adresse, on est mal. Parce que ça veut dire courir le risque des visites improvisées.

Je tiens pas à recevoir mes parents dans le restau miteux qu'on a choisi au pif.


***
Je ne sais pas où il a dégotté ça mais ça y est, c'est officiel.

Je suis majeure. Ou, du moins, sur mes faux papiers.

C'est juste pour attendre qu'on ait vraiment vingt-et-un ans, qu'il m'a dit. Très bien.

Je suis majeure.

Et Banpei- ah, non, Burden est assis un peu plus loin en train de feuilleter un quotidien local sur son banc.

Ca fait deux mois qu'on est là. Deux mois qu'on bouge de squat miteux en squat délabré mais bon. On est libre, comme quand on en parlait dans le square d'Iijima en regardant les étoiles.

On est libres.

On peut faire ce qu'on veut, du coup.

Tout ce qu'on veut.

Et moi, je veux briller.

Je me suis taillée en lui faisant un petit signe de la main, de toute façon on sait tous les deux qu'on se reverra bien assez tôt pour partager une nouvelle conserve de raviolis tiède au dîner.

J'ai vingt-et-un an. La ville m'appartient.

Et je sais exactement où j'ai envie d'aller.

« Bonjour, me fait le guichetier alors que je viens à peine de poser un pied dans l'entrée. Vous désirez un ticket ?

- Non, j’ai vu une annonce dehors, vous cherchez des gens pour le service c’est ça ?

- Ah, euh… Oui, oui, je crois bien, ou alors c’était pour aider avec les danseurs ? Euh… Attendez, je reviens. »

Il disparaît dans ses coulisses. Ça sent le velours, le parfum et la poussière. L'élégance de l'âge pour un établissement qui doit bien être centenaire à tous les coups. J'ai cru voir passer une fille, au loin, dans une longue robe strassée et des talons qui donnent le vertige rien que d'y penser. Elle est belle. Elle rayonne.

Elle brille.

« Effectivement on a un job à temps plein disponible dès que possible. Pas besoin d’entretien ou quoi, d’ailleurs plus vous commencerez tôt mieux ça sera. Ça vous va toujours ? »

Je hoche la tête, peut-être un peu trop vigoureusement parce que ça arrache un sourire amusé au type.

« Je vais juste prendre ton prénom – tu permets que je te tutoie hein ?

- Je-euh... B- »

Ah, non. Mince. Utiliser le faux nom, utiliser le faux nom. Sauf que c'est impossible de le lire discrètement, peu importe comment je tourne la carte d'identité.

Au pire, personne ne va me choper juste à cause de mon prénom, si ?

« Bi- »

Mais le nombre de Birdie vivant au Japon m'a frappée avant que je termine ma phrase.

Pas de Birdie, alors-

- OK super Baby, on se dit ce soir 19 heures pour le briefing alors. »

Euh... Quoi ?

Mh. Ok.

Enchantée, Baby. On va avoir un long chemin à parcourir ensemble. Je t'aime bien, tu sonnes bien.

On va conquérir le monde du cabaret.

J’ai l’impression de décoller du sol tellement je suis sur mon petit nuage.


***
17


SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Iaab


***
On est le 14 octobre.

Ça va faire un an qu'on est "mariés", Burden et moi. A tous les coups il s'en souvient même pas.

Un an qu'on passe à vadrouiller par-ci par-là, à fumer des joints sur les rives de l'Ara-kawa et à traîner dans des coins bien moins nets.

Un an que je sers des verres de vin et des flûtes de champagne dans le plus ancien des cabarets de la capitale.

Je vais passer du côté des assistantes de danseuses.

Il y a bien trop de choses à fêter.

Du coup, j'ai ouvert Tinder.

Il y a un gars qui a l'air pas mal, là. Plutôt beau gosse, vêtements soignés, Todai University - ça coûte cher ces machins-là, non ? Tant mieux, tant mieux.

Il est intéressé - bien entendu qu'il est intéressé, l'idiot. Je sors ma plus jolie robe du fouillis qui règne depuis bien trop longtemps dans mon backpack. Un coup de rouge à lèvres, deux passages de mascara. Ah, mince, j'ai oublié le liner - allez, personne ne verra que je l'ai rajouté à la fin. Voilà.

Je deviens vraiment forte en maquillage à l'aveuglette.

« Je sors, à toute ! »

Et me voilà partie à la pêche.

La soirée est superbe. Le vent permet de rafraîchir cet été qui traîne bien trop en longueur. Pas grand monde dans le métro, j'arrive même à trouver une place assise. Si ce n'est pas le destin, ça.

Je descends, une petite vieille me bouscule et je manque de me casser la figure sur le côté. Il faut comprendre que si on a le malheur de tomber dans une station de métro tokyoïte, on risque de faire une très longue carrière dans le domaine de la crêpe foulée au pied.

Je me rattrape au premier type venu. L'honneur est sauf.

Ah. Ah bah c'est mon date.

L'honneur n'est peut-être pas si sauf que ça.

« Rui, c’est ça ?

- Mh. Et tu dois être Kanon ? »

Oui, Ironie est mon deuxième prénom. C'est ce qui est marqué sur mon faux passeport. Anna Irony Zangler. J'invente rien mais je l'ai choisi pour tout avouer.

« Bonne mémoire, ris-je en prenant son bras. Donc... Tu m'avais dit que tu connaissais un excellent restau indien dans le coin c'est ça ? »


***
J'ai tout fait dans les règles.

Peut-être que j'en ai trop mis dans son verre, par contre.

Il ronfle comme un camion dont l'embrayage vient de casser. C'est rassurant. Ça veut dire que c'est pas le bruit de mes pas sur la moquette qui va le réveiller.

Son sac traîne par terre. Je l'amène vers la fenêtre pour avoir un minimum de lumière - des lampadaires, la lune, les étoiles pour ce que j'en ai à faire. Plein de dossiers, de papiers, d'emballages de bouffe... Ah. La voilà. La petite carte noire qui prouve que je finis par avoir du flair.

Sa carte, son téléphone et la serviette en papier du restaurant où j'ai noté son code. Pas besoin de plus pour retirer toute sa thune.

Je vais quand même pas perdre ma virginité avec n'importe quel parvenu de Tokyo, hein.


***

SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Htsh


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SOMETHING OF A HURRICANE || BABY A0we


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18

SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Sfc5


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Je fais tourner le petit paquet entre mes mains. Il me regarde comme s'il m'avait offert une boule à neige de la boutique de souvenirs du coin. Tu t'es amélioré, Burden. Tu fais le malin mais si tu crois que je te vois pas exulter de fierté tu te fourres le doigt dans tes yeux pseudo-blasés.

Tu meurs d'envie que je l'ouvre, hein ?

Too bad. Je continue à soupeser le truc en fixant ses iris glacés.

« C'est même pas mon anniversaire. T'es suspect, tu sais ? »

Il se contente d'arquer un sourcil sans ciller. Si c'est encore un de tes porte-clefs horribles à l'effigie d'une autre sitcom vaseuse, tu vas te le prendre dans la figure. Et cette fois je te louperai pas, sois-en certain.

OK. Je déchire le papier-cadeau maladroit mais plein de bonne volonté.

C'est un autre porte-clefs.

T'es sérieux.

Mais il a un petit sourire en coin qui veut tout dire.

Derrière un Chandler plastifié qui arbore son sourire idiot en levant ses deux pouces en l'air, il y a deux petites clefs. Elles tintent alors que j'agite le trousseau.

« Que... C'est quoi ça ? »

Me dis pas que...

« Quoi, t'es pas pressée de faire le tour du proprio ? »

On a un appart.

On a un appart.

Je lui ai sauté dessus avec tellement d'entrain qu'il a failli tomber sur le bitume.


***
Me donner une adresse, c'est comme filer les codes nucléaires à un enfant hyperactif.

Premier acte de ma vie sédentaire ? J'ai commandé des trucs.

Et pas n'importe quels trucs.

Il n'y en avait pas tant que ça. Juste quelques boîtes qui traînent dans ma chambre, c'est tout. Pas grand chose.

Pas de quoi en faire un drame, mh ?


***
Madame, Monsieur,

Je vous écrit car malgré mes nombreuses relances, je n'ai toujours pas reçu ma commande (n°304 878 100). L'occasion pour laquelle j'en avais besoin est passée, c'est pourquoi je vous demande l'annulation et le remboursement de l'intégralité de la livraison (sac Yves Saint-Laurent et escarpins Louboutin).
Vous pouvez utiliser le RIB enregistré dans mon compte.

Cordialement,

Anna Zangler



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SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1fyw


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Aujourd'hui, Birdie Bradshaw est sortie se mettre minable dans une boîte quelconque.

Pas Baby, pas Kanon, pas Anna la nana qui traîne sur ses faux papiers.

Aujourd'hui, Birdie Bradshaw a vingt-et-un ans, majeure et presque vaccinée. Elle compte bien en profiter.

J'ai ressorti ma vieille carte d'identité et l'ai montrée avec bien trop de joie au videur, il a mis du temps à vérifier que ce n'était pas une fausse. Malgré tous mes efforts, Burden n'a pas voulu m'accompagner - tant pis, his loss. Girls night, besoin de rien de plus que mes amies.

Et puis l'alcool aidant, je les ai perdues de vue.

Ok, alcool et ces petits bonbons colorés que des gars donnaient à la volée tout à l'heure.

Ne jamais cracher sur ce qui est gratuit.

Je danse comme si j'étais perchée sur les cadavres tièdes de mes ennemis, victorieuse et invincible - c'est l'image que j'ai en tête, du moins. Je danse avec des gens, des gens dansent avec moi. J'ai perdu le compte de mes chopes à cette soirée.

Et puis à un moment je manque d'éborgner quelqu'un en faisant le pas du robot rouillé.

Une meuf ou un mec je l'avoue je vois flou mais hey il ou elle rend pas la distinction facile

Je sais pas ce que j'ai dit je pense que ça avait aucun sens faut dire que j'arrive plus trop à articuler les trucs

Il ou elle rigole c'est peut-être parcequeje sus ridicl...

« Tu t'appelles comment ? »

J'aimiscinq scond a compren quelledisaitpas un trucgenre la pelle a laurent - céki laurent deja

« 'ie, maislesgenm'appellentbabyyyy »

Ouh, le monde tournd'uncoup

je me rattrapesursaveste

« etoi ?

- Butch. Bu-tch.

- boutchi ? »

ilouellerigole depuis quand jjsuidrole quanjsuihigh

« Ouais. Boutchi ça marche aussi. »


***

SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Vx9e


***
25

J'ai de la boue dans les cheveux.

Je n'arrive plus à bouger.

Je n'arrive plus à respirer.

Je ne sais pas ce qu'il a fait.

Je ne veux pas savoir ce qu'il a fait.

Et il parle il parle il parle il ne s'arrête jamais de parler c'est là le problème. Il s'attend à ce que je réponde mais il m'étrangle avec son bras.

Je n'arrive plus à respirer.

Où est ce putain de bipper.

Je me rattache à cet objet comme un légume à ses perfusions. Non, l'image est malvenue. S'il continue à appuyer sur ma gorge comme ça, c'est ce qui m'attend.

J'ai réussi à glisser ma main dans mon sac. Il est tellement pris dans son monologue qu'il ne voit rien.

Bipper. Bipper. Bipper.

Où es-tu, putain de bipper.

Il se penche, marmone des choses dans mon oreille. La chaleur de son haleine m'aurait fait vomir si ma gorge n'était pas déjà bloquée.

Bipper. Bipper. Bipper.

Il tente de m'embrasser.

Je trouve le bipper. J'appuie frénétiquement dessus.

Boomer. Viens, s'il te plaît. Vite.

« Que… C’est quoi ça, Baby ? T’as décidément rien écouté, hein ? »

Il sent la vieille cigarette et l'alcool frelatté. Ses yeux hurlent la cocaïne.

Et il...

Il...

BOOMER, PLEASE. PLEASE COME RIGHT NOW.

J'ai pas conscience de ce qui arrive après. J'ai pas vu le temps passer. Il fait froid. Très froid. Ma peau a rapé sur le bitume.

J'entends des bruits de pas.

Ils se rapprochent.

Le corps tombe.

Il s'écrase sur le côté mais je n'arrive pas à me redresser.

Je sens l'air s'infiltrer dans mes poumons. Frais et nauséabond. Maintenant que je peux vomir tout mon dégoût ça reste bloqué dans ma gorge. Que s'est-il passé ?

Que m'est-il arrivé ?

« Je… Je- Boomer, je suis désolée j’aurais dû… »

Mais impossible de finir ma phrase car elle tombe en sanglots. Des pleurs. Des larmes et je ne sais plus ce qui m'arrive. Boomer est là, Kami-sama en soit loué.

Elle est à côté mais je continue de pleurer parce que je n'arrive pas à trouver du réconfort dans quoi que ce soit d'autre. Toute la peur qui retombe. Je tremble comme une feuille en plein automne. J'arrive pas à me calmer. Des larmes et des larmes et des larmes et-

« PUTAIN DE MERDE  »

Cette voix je la connais. Je la connais que trop bien. Il court. Il m'agrippe le bras. J'ai juste envie de me blottir contre lui et qu'il me dise que tout va bien.

Tout va bien, Baby.

Tout va bien, Birdie.

Si tu me dis rien Burden, c'est qu'il y a vraiment un problème, hein ?

Et je... Je crois qu'il y en a un deuxième.

« Il l'avait, que je bredouille. Il avait ça sur lui »

Et je leur tend le pistolet. J'aurais pu les tuer avec, le silence aurait été le même.

« Lâche le. »

Sa voix est blanche. T'as pas intérêt à paniquer, Burden.

Si tu paniques, je panique.

« On doit le garder, marmonné-je.

- Lâche le.

- Je l'ai touché.

- Lâche le.

- On doit s'en débarrasser.

- LÂCHE LE »

Il tente de me l'arracher des mains. Mais il ne sait pas, il ne sait rien et moi, et moi je reste agrippée au flingue comme si ma vie en dépendait. Si tu le jettes on est mort, Burden. Toi aussi, tes empreintes sont dessus. Et tu ne mourras pas à cause de moi, compris ?

Ca m'a glissé des doigts.

Je l'ai vu appuyer sur la gachette au ralenti.

Ou peut-être que c'était moi ?

Le coup part, le corps tombe.

J'ai tué Iijima. J'ai tué l'immonde salopard qui gangrène le bar depuis bien trop longtemps.

J'ai tué quelqu'un. Kami-sama, pardonne-moi. S'il te plaît.

J'arrive même plus à me relever. Boomer essaie de me tirer le bras mais mes jambes ne veulent pas prendre le relai. J'ai peur. Burden finit par me porter, je me cramponne à son cou. Il sent la maison et la sécurité. Les larmes reviennent comme un torrent dévalant sur mes joues. Instoppables. Je les essuie dans le col de sa chemise.

« On... Ça va aller ? »

Mens-moi comme tu sais si bien faire, s'il te plaît.

« Ouais, finit-il par répondre calmement. Tout va bien se passer.

- Tu jures sur le petit doigt ?

- T'inquiète Babe, on a la situation en main. »

Ah.

Pas de petit doigt.

On est vraiment dans la merde.


***

J'ai frotté le pistolet à m'en ronger les phalanges. Là. Chlore et tout le toutim. Mon vernis a ongles en a été rongé, même.

Et là ?

On attend.

Boomer nous a demandé de boire et faire la fête, comme tous les soirs. Sauf que si je prends quoi que ce soit je lui vomis dessus, et ça l'a suffisament refroidie pour me laisser tranquille.

On attend.

J'ai envie de balancer l'un de mes stilettos sur Burden qui me donne le tournis tant il surjoue l'entrain.

On attend des nouvelles de Butch.

Le bar, ça a toujours été mon chez moi. La Toile, ma famille. Mais là, c'est comme si la scène se jouait au ralenti. J'aimerais bien dormir mais ça serait mauvais pour l'alibi.

A la place, je regarde Burden faire l'idiot et Boomer s'enfiler des shots comme un trou.

Allez, Butch.

Débarrasse-nous de ce bourbier. S'il te plaît.


***
29

Il fait froid. Je rajuste mon perfecto mais je sais que ça changera rien. Même mon joint ne suffit pas à me réchauffer, ça craint. Mais le timing est d'or et l'attente en est la clef. Alors on attend. On attend jusqu'à ce qu'une silhouette se découpe dans l'entrebâillement de la porte d'en face. C'est pas trop tôt, tiens. J'écrase le carton par terre et y brûle encore un peu plus la semelle de mes Jimmy Choo.

Ça s'annonce mal, cette histoire. J'ai pas que lui à voir non plus.

Long pardessus noir, porte-document en cuir, chaussures cirées. L'attirail lambda de tous les cols-blancs de la capitale. Sauf que tous ne m'intéressent pas, loin de là. Je cherche les joueurs. Qu'ils soient riches ou non, en soi ça ne change pas grand chose. Les meilleurs sont les assoiffés, les insatiables qui entrent en frénésie dès que les paris se lancent. Il y a les prudents, les couards, les avertis, ceux qui cherchent à baiser le système. Autant de type de joueur qu'il y a de gens. Le tout est de bien les agencer pour catalyser les profits.

La bonne dose d'insouciants, juste ce qu'il faut de riches prudents, quelques analystes qui viendront embêter tout ce petit monde avec leurs questions. Pas trop d'ego à la fois pour ne pas les froisser. C'est un art et c'est mon métier.

Et moi ?

Je suis la plus vorace de tous. C'est comme ça qu'on reconnaît ses paires.


Baby's got a temper


Elle est belle, Butch.

Parfois je me demande si je me fais belle pour elle ou pour moi.

J'adore le maquillage, il y a ce quelque chose de dessiner sur soi-même qui me détend. J'aime me voir comme je vois mes portraits, nue et à redécouvrir tous les jours. Un trait de crayon, quelques coups de poudres, des couleur, des paillettes. Beaucoup de paillettes.

Je veux briller. Je veux que tous les regards convergent vers moi. Je veux les yeux de ces gens qui pourtant sont en rendez-vous, je veux leur admiration et leur fascination. Je veux leur envie.

Je veux leur jalousie quand ils me voient les dépasser. Pas eux, quelqu'un d'autre. Ce ne sont pas vers eux que je vais, je veux que ça les dégoûte.

Le rouge à lèvres est mon étape préférée. Il y avait un type, une fois, qui jugeait la personnalité des femmes sur ce qu'elles appliquaient sur leur bouche. Rose ? Gamine. Brun ? Belliqueuse. Prune ? Vieille école. Rouge ? Assumée.

Il m'avait fixé sur cette dernière couleur. I always go for the red.

Des fards, du blush, de l'highliter. J'ai laissé mes cheveux lâchés, j'aime les boucles qu'ils forment - et faut dire qu'avec le temps que me prend leur entretien, je vais pas tout gâcher avec un chignon ou une ponytail.

Parfait Baby. Tu es parfaite.

Et à l'heure pour le rendez-vous. A peine vingt minutes de retard.

Un petit SMS inquiet atterrit sur mon téléphone. Confiance, voyons.

J'envoie un texto à Butch pour lui rappeler notre dîner du lendemain, elle serait capable d'oublier.

Et pour ce soir... Comment elle s'appelle, déjà ? Mamoko ?

Que Kami-sama bénisse les unions libérées.

Cho Thorne
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Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Haven ♥
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— Icarus —
posté
le Lun 1 Avr - 22:48
par Cho Thorne
Bon reboot.
Jtm.

Mélu :
Je pouvais plus me retenir SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4158426957
Bo D'Elia
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Je suis: neutre.
Époux/se : roue libre
Autre:
posté
le Lun 1 Avr - 22:50
par Bo D'Elia
Psst Psst Psst dégages Havarip SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182

Toi t'as tellement gagné en style par contre, de la truie à l'étoile tout en finesse SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1353670443
Marek S. Russel
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Je suis: anti-Incontestable.
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posté
le Lun 1 Avr - 22:52
par Marek S. Russel
Tu pues SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182
Benji N. Tarkovski
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Autre: [color=#996666]
posté
le Lun 1 Avr - 23:14
par Benji N. Tarkovski
Baby baby oooooh WUOOOOHOOO BABY BABY OOOOOwooUUUOOOOO.

Justin bb. Bienvenue MDR.
Ichiban R. Abatangelo
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Bigfoot, the blooming villain
posté
le Lun 1 Avr - 23:49
par Ichiban R. Abatangelo
Ta vie c'est tellement une blague, tu sors un nouveau perso le 1er avril prpr

(also Benji y a 3 "baby" dans le refrain stp, pas 2 ohlala)
Birdie Bradshaw
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★
posté
le Mar 2 Avr - 16:23
par Birdie Bradshaw
Vous êtes parfaits les gonzes, surtout ne changez pas SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3912395661

(sauf toi Benji, personne dirait non à quelques neurones de plus)
Makoto Nanase
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★
posté
le Dim 7 Avr - 22:01
par Makoto Nanase
Une semaine de délai ajoutée suite à une demande mp SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 835842171

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
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SOMETHING OF A HURRICANE || BABY E9mgMerci à Aria ♥️

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Carmine S. Bellandi
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Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Dim 7 Avr - 23:39
par Carmine S. Bellandi
SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1503925550

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
Don't get in my way
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Yzma, spirit animal:
Kaori Vanzine
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Mrs. 4x4
Mrs. 4x4
posté
le Sam 13 Avr - 17:49
par Kaori Vanzine
Une semaine de rab rajoutée suite à une demande par mp SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3766924225

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

En ce moment je suis au ralenti
SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Y23dmr11
Thanks Kenken pour le kit et Kea pour le vava ♥
Birdie Bradshaw
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★
posté
le Sam 13 Avr - 17:58
par Birdie Bradshaw
SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 501520050

merci les srabs vous êtes géniaux même quand je suis dans l'abus SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 501520050

sauf toi carcar t'es vraiment un shlag de venir avec 6j de retard SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182
(elle est où ma rep ? SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 835842171 )
Elya A. Rosenwald
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posté
le Dim 14 Avr - 3:27
par Elya A. Rosenwald
Bienvenue et bon courage pour ta fichette SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 2146490309
Birdie Bradshaw
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★
posté
le Mer 24 Avr - 0:08
par Birdie Bradshaw
Arigato Elya SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4112942667

Petit up de cette fiche qui fête ses 1 mois bientôt, j'ai terminé !

(non j'déconne, je réserve juste ce post pour la suite de l'histoire tmtc)
Cho Thorne
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— Icarus —
posté
le Mer 24 Avr - 0:09
par Cho Thorne
Cette fiche c'est un troll SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4158426957
(comment ça, deux posts SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1451543918 tu bats tous tes records)
Michiru Hôno
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Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Michiru dit "Bonne nuit" à la place de "Bonjour" et vice/versa.
α Ursae Minoris
posté
le Mer 24 Avr - 11:34
par Michiru Hôno
Rui 4eva in my ♥ SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3912395661

Boloss SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182
Satoshi Totsuzen
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Autre: Merci Jian pour l'avatar ♥

★
posté
le Mer 24 Avr - 11:41
par Satoshi Totsuzen
Boloss SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3881020385

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Sato-s10

avatars tournants (voir les noms en dessous). Signa par Chû, merci ♥️
Merci Chû, Keanu, Takashi, Mad et Bacon Beige-Betterave pour les avatars ♥
Makoto Nanase
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★
posté
le Jeu 25 Avr - 18:56
par Makoto Nanase
Délai dépassé. Ajout de trois jours supplémentaires SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4086385827
C'est le dernier SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3766924225

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1647638966

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Ce qu'ils ont dit ♥️:
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Carmine S. Bellandi
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Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Jeu 25 Avr - 20:14
par Carmine S. Bellandi
Trois étoiles mais cet abus. SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 835842171

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Lou Di Luca
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Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Pavelou♥
Autre: sucks to suck
DILF Hunter
posté
le Jeu 25 Avr - 20:26
par Lou Di Luca
Pfft, ptite bite, moi j'ai déjà survécu avec six étoiles dans GTA IV SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 231803046
Birdie Bradshaw
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★
posté
le Jeu 25 Avr - 20:58
par Birdie Bradshaw
carminus > MAIS OMG D'OU TU PARLES D'ABUS TOI SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 1503925550 au moins je suis réglo je trafique pas mes deadlines moi, tu veux vraiment jouer à ça ? SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3766924225

ozzy > va jouer à qui a la plus grosse ailleurs stp c'est sérieux ici SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4209819182
Lou Di Luca
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Pavelou♥
Autre: sucks to suck
DILF Hunter
posté
le Jeu 25 Avr - 21:11
par Lou Di Luca
dur dur de te prendre au sérieux quand tu postes ta fiche le premier avril SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 3766924225
mais jtm t'sais ? é c pa grhave pr lé zétoiles, 1 jour tora mn nivo
Benji N. Tarkovski
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Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Kinbae N. Tarkovski ♥
Autre: [color=#996666]
posté
le Ven 26 Avr - 18:25
par Benji N. Tarkovski
TROIS ETOILES JPPPPPP.
Boloss. ♥
Tu mérites d'être refusée. ♥
Satoshi Totsuzen
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Merci Jian pour l'avatar ♥

★
posté
le Sam 27 Avr - 0:21
par Satoshi Totsuzen
"28/04/2019 (***)"

foutage de gueule SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 2078551763
Allez, au boulot SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 2078551763

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


SOMETHING OF A HURRICANE || BABY Sato-s10

avatars tournants (voir les noms en dessous). Signa par Chû, merci ♥️
Merci Chû, Keanu, Takashi, Mad et Bacon Beige-Betterave pour les avatars ♥
Michiru Hôno
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Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Michiru dit "Bonne nuit" à la place de "Bonjour" et vice/versa.
α Ursae Minoris
posté
le Sam 27 Avr - 10:13
par Michiru Hôno
Allez, Hop hop hop SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4158426957
Seyfried Bellandi
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Autre:
Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Sam 27 Avr - 13:04
par Seyfried Bellandi
AHAHAH C DROLE HEIN HAHAHA SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 4158426957

(inner sif : SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956 SOMETHING OF A HURRICANE || BABY 128457956)

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