Mei Bennett
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le Dim 2 Juin - 8:15
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


1 Mai 2111

Un message étrange est affiché sur tous les moniteurs de l'appartement. Cela doit faire dix minutes que je fixe inlassablement celui du salon en essayant de comprendre ce qu'il peut bien se passer… Mon téléphone dans ma main, m'indique de l'application ne fonctionne plus depuis plusieurs heures maintenant… Il est encore bien trop tôt pour imaginer quoique ce soit… Évidemment, mon premier réflexe fut de téléphoner à Tanaka, mon ancien collègue de travail. J'espérai que le journaliste puisse me fournir une explication, mais il n'en avait aucune lui non plus… En revanche, l'ambiance au Seikyo est électrique, tout le monde cherche l'origine de cette panne… Je n'ai aucun mal à les imaginer tous… Et pourtant, moi, je suis sur la touche à observer un moniteur à la con et son fichu message, ça me ronge, c'est atroce...

Ok … Ce ne doit être qu'une simple panne… Rien de plus. Sauf si cela cache un attentat secret, ou un sabotage… Mieux vaut attendre… Tanaka m'a promis de me tenir au courant et puis… Je dois aller travailler.

Qui aurait pu m'imaginer bosser dans un vulgaire café ? Certainement pas moi, jamais… Et autant dire que je déteste vraiment ce boulot, dans les moindres détails. Je ne supporte pas le stupide tablier que l'on m'oblige à porter chaque jour… Le patron me force à sourire aux clients, tous plus débiles les uns que les autres tout en leur servant un café franchement infecte dans d'immenses gobelets en carton. Mais il faut bien que je ramène de l'argent à la maison et surtout que je sorte de cet appartement avant de le détruire purement et simplement. J'en avais tellement marre de tourner comme un lion en cage jusqu'à en devenir folle, que j'ai fini par accepter la première offre venue… Et cela doit faire maintenant près de trois semaines que je travaille ici… Trois semaines détestables, autant l'avouer.

La vie est devenue sacrément monotone depuis la perte de mon boulot, le vrai… Chaque journée ressemble à s'y méprendre à la précédente. Petit déjeuner pris en commun avec mon ursidé de mari, il part au travail et on ne se retrouve que le soir venu pour partager un autre repas, l'activité imposée et ce qui va avec. Alors évidemment, entre nous, ça explose souvent. On se dispute pratiquement tous les jours quand on ne s'ignore pas purement et simplement… Six mois passés à poursuivre ce foutu manège comme deux pantins, mais au moins, maintenant, je ne suis plus cloîtrée à la maison à ruminer mon échec tout en envoyant des CV dans tout Tokyo … Plutôt crever que d'envisager une vie de pauvre femme au foyer.


Travailler dans un café à tout de même quelques avantages, comme ce jour-là. La machine fait forcément parler d'elle et clients comme employés émettent tous leur propres théories. Celle de l'attentat revient d'ailleurs le plus souvent, bien que ce soit un événement plutôt difficile à étouffer… Il s'agit peut-être d'une simple panne qui sera rapidement réparée… Seul le temps pourra ou non confirmer l'hypothèse…


Néanmoins, personnellement, si je devais débuter une enquête, je commencerais par explorer la piste du sabotage sur fond de virus informatique… Un acte des incontrôlables, probablement… Je passe la journée à guetter mon téléphone, mais je ne reçois pourtant aucun appel…

Pas de conclusion hâtive… Attendons d'avoir suffisamment d'éléments en main avant de faire quoi que ce soit…

Oui, parce qu'évidemment, la première chose qui vient à l'idée de tout indépendantiste qui se respecte et de rapidement mettre de la distance avec son conjoint… Voir de faire tout ce que l'Incontestable nous interdit ou de ne simplement pas obéir aux ordres… Bon sang, si cela suffisait à retrouver sa vie d'avant… Toi aussi, tu y penses, hein Angie… Une vie sans moi… Le rêve, n'est-ce pas ? Mais attendons de voir avant de faire une connerie.


5 Mai 2111

Tanaka n'a toujours aucune nouvelle à me donner quant à l'origine de cette panne. Personne n'a de piste crédible pour débuter une enquête, personne… Néanmoins, il paraîtrait que le centre de redressement n'accueille plus aucun pensionnaire depuis le jour J… Et pourtant, beaucoup de personne se sont empressées de regagner leur liberté. On dénombre plusieurs cas d'infidélité, d'abandon de domicile ou simple refus de se soumettre aux devoirs conjugaux… Mais personne n'est arrêté ? Étrange non ?

Il est pourtant encore trop tôt pour prendre une décision, mieux vaut continuer d'observer.




8 Mai 2111


Tanaka m'a dit que plus aucune lettre rose n'avait été reçue depuis J+3, les autres étant probablement prêtes à être postées depuis plusieurs jours avant la panne. Allez savoir… Toujours aucune arrestation. La milice doit commencer à s'ennuyer tout comme le personnel du centre de redressement qui n'a plus de quoi nourrir leur curiosité morbide et déviante en observant leurs écrans. Bien fait…

Je commence à me dire que je pourrai partir quelque temps. Il ne faut pas se leurrer, tout cela sera réparé tôt ou tard. Le problème du Japon n'est absolument pas concentré dans une vulgaire machine, mais dans tout un système politique complexe et complètement vérolé. La machine n'est que la sombre vitrine qui cache tout le reste. La face émergée de l'iceberg, rien de plus.

Mais puisque nous ne sommes pas punis, rien ne nous empêche d'agir comme bon nous semble. Commençons donc par "oublier" le devoir conjugal. Ça t'arrange toi aussi, hein, l'ursidé ? Puis pourquoi ne pas laisser tomber les activités journalières aussi ? Les baisers également, ça t'enlèvera un moyen de te moquer de moi...


12 Mai 2111


Ma valise est prête… Pourquoi rester quand l'on peut s'accorder une pause ? C'est une chance qui ne risque pas de se présenter bien souvent après ça. J'ai hésité, vraiment. Je me demandais si la puce n'enregistrait pas tout quelque part en attendant que la panne soit résolue… Et puis… En menant mon enquête, je me suis aperçue que près d'une personne sur trois avait commis l'adultère. Une personne sur deux avait déserté le lit conjugal… Une vague punitive irait à l'encontre de la mission de l'Incontestable qui n'existait que pour éviter de voir la population nipponne décliner…

Il serait bien stupide de punir, et avouons-le, le simple fait d'essayer serait impossible. Pourquoi ? Imaginez simplement que la vie d'un tiers de la population soit menacée… Pensez-vous réellement qu'aucun d'eux ne réagira ? Pensez-vous sincèrement que l'ONU fermera les yeux face à un génocide ? La réponse est simple : Non.

Ce jour-là, je ne me rends pas au travail. J'ai posé un congé sans solde pour une durée indéterminée. L'avantage de travailler pour un idiot, c'est qu'on peut lui faire gober n'importe quoi. J'aurai même pu négocier pour préserver l'entrée de salaire, mais je ne suis pas malhonnête. Pour preuve, j'attends que l'ursidé rentre du travail pour lui annoncer ma décision de partir. On ne s'est pas beaucoup parlé ces derniers jours. Il fait dire qu'un tel événement ne peut qu'éveiller en moi mon vieil instinct de journaliste d'investigation… J'aurai vraiment aimé mener mon enquête avec Tanaka, comme avant. Au lieu de quoi, je ne peux que me contenter de fouiller sur internet comme tout un chacun, puisqu'aucune porte ne s'ouvre devant madame tout-le-monde, aucune langue ne se délie non plus… Vie de merde… Pourtant, rien ne m'empêche de profiter de la situation, non ? Si d'autre ne se gênent pas pour forniquer à tout vent, moi j'ai choisi de tromper mon ennuis. D'ici, j'ai réussi à négocier un petit contrat dans un journal de Wakayama afin de participer à l'enquête se déroulant depuis là-bas. J'ai prévenu ma grand-mère de mon arrivée, même si elle est loin d'être ravie de me voir abandonner mon mari ainsi. Tant pis… L'ursidé sera probablement heureux de me voir décamper de toutes façons…

Je l'attends, mon billet de train dans une main, ma valise dans l'autre. Je me tiens dans le couloir, ainsi, je serai la première chose qu'il verrait en entrant. La porte s'ouvre, le voilà. Je dois bien avouer que j'appréhende un peu sa réaction, à peine… J'essaie de l'ignorer, tout comme le léger pincement qui comprime mon palpitant.

-Okaeri.

Je suis peut-être plus froide que je ne le devrai… Mais tu rentres plus tard que d'habitude et j'ai un train à prendre…

-Je pars chez Kurue et Tôji jusqu'à la fin de la panne.

Inutile de me lancer dans une série d'explication, n'est-ce pas ? Tu t'en fiches de toute façon. Je sais bien que tu ne me retiendras pas, le fait de partir te rend un peu de ta liberté. Je te laisse la tanière, l'ursidé, je doute fort que tu n'en profites pas.

- Un taxi m'attend, je dois y aller. Bonne continuation.

La paix à durée indéterminée, réjouis toi, Bennett. Ta femme met les voiles, te voilà seul, libre. Je te salue en m'inclinant, je n'oublie pas la politesse pour autant. Je te contourne pour quitter ce misérable appartement avant d'entrer dans la voiture stationnée devant le bâtiment.

Quelques heures plus tard, me voilà chez mes grands-parents, je respire enfin...

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Angelo Bennett
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le Lun 3 Juin - 23:31
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

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"Je suis venue te dire que je m'en vais."

1er mai 2111

Ça y est, tu t’fous de notre gueule encore l’Incon’, hein ? Ça faisait un moment que tu t’étais pas amusé à ce p’tit jeu, j’me demandais bien quand est-ce que t’allais nous pondre une connerie. J’vois très bien comment tu peux agir, comme la dernière fois où il y a eu cette espèce de déconnade après Shukumei. Cette fois, c’est « SYSTEM ERROR » en lettres capitales, rouges, que tu nous craches à la trogne. Qu’est-ce que tu veux qu’on foute de ça ? C’est qu’un bug, j’m’en préoccupe pas quand j’le vois s’afficher en gros sur le moniteur. Comme n’importe quel ordinateur, cette machine n’est pas à l’abris d’une défaillance. D’ailleurs, pour moi elle l’est déjà de base, remplie de bug. Si la bridée a l’air de se poser des questions quant à cet incident en tentant de trouver l’origine de la panne, j’m’en tape complètement puisque, selon moi, même après ça, on n’est pas tirés d’affaire. J’suis sans doute fataliste ou peut-être bien que c’est du je m’en foutisme. Qu’est-ce que ça changera au fond ? C’est juste l’histoire de quelques heures, d’un jour ou au pire, d’une demi-semaine. Alors je hausse les épaules et j’m’en retourne à mes activités, non sans jeter une œillade à la pseudo détective qui me sert de femme.

J’ai pas l’temps pour ça, j’ai un boulot à honorer. Comme insensible, le visage lisse, j’quitte l’appartement en laissant l’ex-journaliste et son portable sans prendre la peine de vérifier le mien qui doit m’être également bien inutile. Ça m’fera des vacances et j’en suis pas déçu. Je la salue à ma manière, pour faire semblant encore une fois. C’est rapide, monotone mais sans doute moins tendu qu’il y a trois semaines. J’dois avouer que, quelque part, je suis soulagé – plus pour elle que pour moi – de voir que l’asiat’ a pu trouver un job même s’il n’a clairement rien à voir avec ce qu’elle visait. Mais c’est ainsi dans la vie, on n’peut pas toujours avoir ce qu’on veut et peut-être que cette épreuve est voulue, pour une raison que j’ignore encore. Qu’elle ne pense pas que je m’inquiète vraiment de son sort, j’suis pas du genre à me fiche du mauvais sang au point de m’mettre la rate au court bouillon.

Quand tu vis sous l’même toit que celle qu’on t’a attribué, tu n’peux pas toujours ignorer son existence, même si tu le voudrais. C’était pareil pour mon précédent mariage. J’avais fait tout c’que j’avais pu pour fuir de là, pour ne pas assumer mes responsabilités d’époux parce que même en connaissant la règle, j’voulais pas m’y plier. Ouais, j’ai fait le lâche, l’autruche aussi, sans doute. C’était trop tôt, trop dangereux pour mon équilibre et pour celui de cette épouse. Indésirable, il y avait trop de colère. Elle n’avait pourtant rien à voir mais fallait bien un tire-nerfs et elle était la victime parfaite pour ça. Aujourd’hui j’me retrouve sensiblement dans la même situation mais, inexplicablement, j’ai l’impression de mieux maîtriser la chose. La maturité ? Nos ressemblances ? Ou autre chose ? Et c’est quoi, cette « autre chose » ? J’ai pas encore la réponse.

« A c’soir. »

J’me tire, j’te laisse à tes recherches, derrière-moi.

Toute la journée, c’était l’effervescence et on n’avait que ça à la bouche : l’anomalie. A tel point que j’étais sur le point de faire « Error 404 ». C’était pourtant que le début ou peut-être la fin, qui sait. Ce soir-là je suis rentré le crâne chargé de ces caquètements, de ces spéculations. C’est pas la fin du monde, calmez-vous. A cet instant, j’me doute pas encore que mon devoir du soir n’aura servi à rien puisque même si je ne l’avais pas effectué, je n’aurais pas été sanctionné. Ce n’est qu’au bout de quelques jours que je commence à capter qu’il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond au pays de l’Incontestable. Alors ça y est, tu pètes un boulon, logiciel à la c*n ? Il semblerait que t’aies chopé un vilain virus et, crois-moi, j’suis le premier à m’en réjouir parce que j’te porte pas dans mon cœur. J’ai bien envie de me rebiffer encore un peu mais l’épée de Damoclès qui plane sur ma tête freine mon élan.


5 mai 2111

Ok, là, y a vraiment une cou*lle dans le pâté. Bien que j’le veuille pas, mes oreilles traînent dans les conversations dans la boutique. J’reste à mon poste, mes sourcils de froncent et, malgré moi, j’commence à m’interroger à mon tour. Et si y en avait qui avaient décidé de péter le système ? C’est pas impossible compte tenu du refus de coopérer de certains. Je fais partie de ces personnes-là même si j’agis plus discrètement. Et si ça durait ? Est-ce que ça changerait vraiment pour nous ? Et si… On retrouvait notre liberté ? J’y crois étrangement pas, pourtant ça serait l’rêve. Plus de devoir, plus d’obligations. On verrait chacun sous son vrai jour. Plus de contrôle sur la société, oui, incontestablement incontrôlables. La Milice n’aurait plus son rôle à jouer, plus d’mise en joue, plus de prison. J’aimerais vraiment que ça soit vrai mais en mon for intérieur, j’reste sur mes gardes car méfiance est de mise. J’attends, encore. J’attends toujours.


8 mai 2111

Ça fuse. Ça déconne, ça outrepasse les règles. Les rebelles n’auront pas mis longtemps à tenter le diable. J’dois me rendre à l’évidence, tout ça est anormal. Pas d’information à la télévision ni ailleurs, comme si le gouvernement même n’était pas informé de la panne, à moins que ça soit volontaire de leur part. Faut quand même être sacrément tordu pour s’amuser d’un tel événement, puis j’vois surtout pas quel est l’intérêt de discréditer leur super machine à maquer. Et s’ils n’arrivaient pas à trouver la source du problème ? Il vaut mieux garder le silence et faire comme si de rien n’était histoire de ne pas permettre aux têtes brûlées de mettre la pagaille. Pourtant, il y a eu des digressions d’après les ragots. Rien à la clé. C’est vraiment foutu ? Et si l’mariage n’était plus valable ? Qu’est-ce qui nous retient après tout ? Mes chaînes tombent, j’me délie de moitié, j’espère beaucoup. Une certaine forme de jouissance grandit en mon être mais j’la refoule au risque de trop m’emporter si jamais cette aubaine prenait fin.


12 mai 2111

Alors c’est comme ça ? C’est game over ? J’la fixe avec ce même air qui peint bien trop souvent mes traits. Je suis comme insensible, j’accueille sa décision sans trop broncher, c’est le calme absolu. Tu penses que je m’en fous. A vrai dire, j’sais même pas vraiment comment réagir face à ça, parce que j’y ai peut-être jamais cru. Ce ne sont que six mois et dans toute une vie, c’est qu’un minuscule grain de sable. Je cligne des yeux, mes iris ambrés ne se détachent pas de ton visage, je t’observe longuement. J’me demandais bien ce que t’allais me sortir quand tu m’as souhaité un « bon retour » de cette façon. Ça sonnait forcé, nauséeux. Pis j’ai vu tes valises, ton corps droit comme un i. T’es tendue ?

« Pas la peine de me demander l’autorisation, si tu veux te barrer, vas-y. Que veux-tu que j'te dise ? »

J'te retiendrai pas. Le silence s’installe de nouveau. J’suis certain que tu t’imaginais déjà ma réaction, parce qu’au fond tu me vois avec un cœur de pierre. Les affects et moi ça fait deux et, comme pour mieux encaisser un quelconque choc, j’me mure derrière une carapace. J’aurais dû réagir, moi, avec mon sang chaud. Autant pour les insultes, toute autre forme de dénigrements, le manque de respect, j’bondis comme un fauve en montrant les crocs, que pour ce qui est de l’attachement j’suis incapable de m’émouvoir. Est-ce vraiment le cas ? T’as beau me passer à côté en m’annonçant que tu te barres pour une durée indéterminée, j’ressens rien de particulier hormis une tension dans mes mâchoires. Pourtant tu m’as agité, je t’ai poussée à bout à plusieurs reprises en te provoquant comme je sais si bien l’faire. Je t’ai cherchée, embrassée, j’ai franchi les limites du raisonnable avec toi. C’était un jeu, je te blesse, tu fais de même. J’suis vivant dans la douleur, la colère, la rébellion. Tu m’as détesté. Mais tu as décidé de mettre fin à ton calvaire aujourd’hui, à ce « rime à rien ». T’as bien raison, Mei. A quoi ça sert de perdre son temps alors qu’on se déchire sans cesse ? C’est pas ça aimer. On était unis dans le conflit, dans le ras-le-bol permanent de cette société gangrenée. Il le savait bien, lui. C’est uniquement pour ça qu’il nous a menottés l’un à l’autre. Ce soir, tu as pris la clé de la liberté.

« Ciao. »

C’est ça, ciao. T’es soulagée, hein ? Fini les Bennett, fini notre désastre. Tout ça pour ça. Est-ce qu’il laissera des traces ? J’en doute fort.

La porte se referme. Silence.

C’est drôle, j’aurais jamais imaginé qu’il était aussi assourdissant. Sans doute parce que, pour une fois, j’ai la paix et toi la tienne. C’est pas plus mal pour nous deux et je pense même que tu as pris la bonne décision. J’ai pas besoin d’une mère pour s’occuper de moi. Avant que tu ne fasses irruption dans ma vie, ou moi dans la tienne, j’me suis toujours débrouillé seul et j’continuerai toujours d’agir comme bon me semble. C’est retour à la case départ.

No regrets.

Cette nuit-là, j’ai pas réussi à fermer l’œil. J’aurais dû. J’ai gambergé, non pas pour penser à toi ou à ce qui pourrait t’arriver. C’est cet appartement, ce « pas chez moi » qui me dérange car si j’dois me retrouver libre, célibataire, je préfère retourner là d’où je viens. Mais puisque la machine est dorénavant incapable de me trouver un logement, autant squatter ailleurs. Si jamais mon ancien lieu de vie était disponible et que mes affaires – aussi moisies soient-elles – sont encore dedans alors pourquoi ne pas tenter ? J’rêve un peu trop. J’rêve plus du tout même.

C’est l’ennui.


14 mai 2111

La nervosité a gagné du terrain, j’ai réduit mon paquet de clopes à néant, j’suis encore plus impatient que d’habitude. Mais je suis libre. Est-ce que c’est vraiment ça la liberté ? Je devrais sentir une bouffée d’air frais envahir mes poumons mais au lieu de ça, mes sourcils sont constamment froncés. Qu’est-ce qui tourne pas rond chez moi ? L’incertitude quant à la panne ? Je soupire, longuement. Mon sommeil ne vient pas, ce lieu qui ne m’appartient pas me dérange. J’suis pas malheureux, j’vaque à mes occupations, j’ai un poids en moins mais il y a « ça ». Ce truc sur lequel j’arrive pas à foutre l’doigt dessus. J’ai beau chercher, j’trouve pas le sens.

Sérieusement, même quand t’es pas là, tu continues à m’faire ch*er la bridée. A croire que l’virus, c’est toi qui me l’a donné, à défaut de celui que l’Incontestable a chopé. La seule chose que j’demande c’est qu’il n’empire pas au point de m’rendre malade. C’est la bizarrerie, le changement trop récent qui m’agite. D’ici une semaine, j’m’y serai fait et le sauvageon que j’suis ne tournera pas en cage pendant bien longtemps car il sortira de nouveau crocs et griffes pour mieux se révéler.

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le Mar 4 Juin - 14:08
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


14 Mai 2111

On dit que l'humain s'habitue à tout. C'est peut-être vrai, du moins pour le plus grand nombre, ou pour les gens entrant dans la jolie case estampillée du sigle "normal", mais pas pour moi. Pour preuve, je ne me suis jamais habituée à ta présence, l'ursidé, en particulier à ta manie de toujours me provoquer simplement pour t'amuser. J'ai pris sur moi, tu sais… Beaucoup… Trop… Au point de me sentir continuellement tendue lorsque tu étais dans les parages. Méfiante, je guettais tes réactions, trop imprévisibles par moment. Je n'aimais pas ça… Du tout… Mais au moins, loin de toi, dans cet endroit que j'affectionne tout particulièrement, je peux enfin respirer.

Je suis bien, ici… Loin de la ville et son air saturé, vicié. Je peux profiter de la campagne, de l'air marin et de la vue peu commune que cet endroit peut offrir à l'amoureuse de la nature que je suis. Comme d'habitude, mes grands-parents m'ont accueillis à bras ouverts, même si Kurue n'a pas su cacher sa déception en ne te voyant pas à mes côtés. Je ne sais pas vraiment ce qu'elle s'imagine… Nous n'avons jamais été un couple, seulement les victimes d'une machine ridicule et de ses plans grotesque. Au fond, je sais qu'elle espérait que tu me fasses changer, quelle idée… Les seules choses que tu m'as apportées, c'est l'ennui, la colère et un état de trouble semi-permanent. Au moins, ici, je n'ai rien de tout ça. Je suis calme, apaisée… Pour preuve, j'ai passé ma première journée ici à dormir… Comme si tout le stress accumulé depuis ses derniers mois, venait de me lâcher brusquement, soumettant mon corps à une fatigue excessive.

Kurue s'est bien évidemment inquiétée, mais pas moi. Ce n'était rien d'autre qu'un épuisement passager, pour preuve, j'ai pu commencer mon travail aujourd'hui.

Le journal est bien plus petit que ce que j'ai connu jusqu'ici, il tiendrait entièrement dans une des boutiques de Shibuya, c'est dire. Mais, ce n'est pas important, je me fiche bien de sa taille ou de sa renommée inexistante, je peux exercer le métier que j'aime et ça, ça n'a pas de prix.


18 Mai 2111

Je me suis rapidement faite à ce nouveau rythme de vie. J'ai dû, bien sûr, faire quelques concessions pour m'adapter à tout. Je prends le bus de 5h32 qui me conduit en ville où je passe la journée à mon bureau sacrément bruyant. Le rythme est tellement intense que j'ai rarement le temps de manger, j'oublie même de boire tant, je suis occupée… À ne rien trouver. L'enquête n'avance pas, alors à la place, on travaille sur les nouvelles habitudes des Japonais qui semblent réapprendre à vivre sans l'Incontestable… Disons que l'on passe d'une enquête classique à une autre bien plus sociologique pour ne pas dire anthropologique. C'est intéressant aussi, remarque. C'est prenant… Si prenant que je n'ai pas non plus le temps de penser à toi. Le soir, je rentre tard. Je n'ai que rarement faim. Je suis si peu habituée à manger, que la nourriture devient vite écœurante. Je me force quand même, pour ne pas inquiéter Kurue, mais je ne garde que peu d'aliment… Je dors beaucoup aussi, il me faut probablement encore un peu de temps pour me réhabituer à ce rythme de vie.


20 Mai 2111


J'ai fait un malaise au boulot aujourd'hui… Le genre violent. J'ai dû manger quelque chose qui ne me convenait pas, j'ai passé la matinée à vomir avant de simplement m'écrouler en pleine interview… Je me suis réveillée à l'hôpital, Kurue à mes côtés. Je pensais que ce n'était qu'une banale anémie mêlée à une déshydratation et, en un sens, c'était bien ça… Mais pas seulement. On me fait une prise de sang… Ce n'est qu'un examen des plus classique et pourtant, les résultats sont effrayants… Je panique… Je hurle, je pleure… Tôji me ramène à la maison, je m'enferme dans ma chambre pour ne plus voir personne…


25 Mai 2111

Je ne suis pas retournée au travail… Je suis bien trop épuisée. J'ai perdu pas moins de onze kilos, mon corps a bien changé, mon visage s'est creusé… Kurue s'inquiète. Elle me dit que je dois te tenir au courant, mais c'est hors de question. Je ne peux pas te dire un truc pareil alors que je ne l'accepte pas moi-même. Je n'y crois pas, je ne veux pas y croire. Je me fiche des résultats de leurs examens à la con et de ces images floues sur leur moniteur. C'est juste impossible… Elle m'a supplié, tu sais ? Pour que je te téléphone ou que je rentre carrément à la maison… Elle dit que ma place est auprès de mon mari… La bonne blague. Toi aussi, elle te ferait rire celle-là hein ?

Mais j'étais bien loin d'imaginer qu'elle prendrait elle-même les devants… Jamais je n'aurai pu imaginer un truc pareil...

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le Mar 4 Juin - 22:26
par Angelo Bennett

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"Je suis venue te dire que je m'en vais."

18 mai 2111

Les journées se ressemblent, s’enchaînent les unes après les autres. Ca ne fait que quatre jours, pourtant j’ai l’impression qu’une semaine s’est déjà écoulée. Comment j’peux autant perdre la notion du temps ? Ah ouais, c’est mes insomnies. J’me suis tapé une migraine du tonnerre la nuit dernière qui m’a valu un aller direct au crache-boyaux. Et si c’était la puce ? Nan, faut pas charrier non plus. J’ai toujours été sujet à ça. J’crois que je me surmène trop en c’moment ou, au contraire, c’est sans doute parce que j’ai plus personne sur qui vraiment défouler mes nerfs. Je f’rai avec, comme avant, il suffit seulement de s’adapter.

J’ai pas envie de penser à c’que tu peux bien faire en ce moment puisque ça ne me regarde pas, ça ne me regarde plus. On s’est pas donné de nouvelles depuis, on s’manque pas, on s’oublie. Un peu. Malgré tout, j’parviens pas à effacer la petite particule de ton passage dans mon crâne et ça, ça m’plaît pas. Souvent, c’est quand j’m’occupe pas que j’me repasse quelques scènes de ce navet que nous avons vécu, juste comme ça. J’me demande bien pourquoi d’ailleurs. Depuis quand j’ressasse ? J’m’en fous, j’ai dit. Je tique, je grogne, je frappe mon oreiller avant de le balancer au sol et de virer les draps d’un geste brusque. Tout m’agace. Il paraît que j’suis d’une humeur exécrable. J’l’ai toujours été, y a seulement des variations de temps à autres, sauf que l'événement d'aujourd’hui n’a pas aidé à m'apaiser.

Comme par magie, j’me suis retrouvé au poste de police pour une affaire complètement sordide. Une fliquette a débarqué dans la boutique pour m’cuisiner, espérant que j’crache le morceau sur un truc pour lequel j’suis même pas responsable. Si je chope le gars qui m’a fait perdre mon temps en plus de me foutre des accusations infondées sur l’dos, j’lui fais la peau. Là au moins j’aurais une raison valable de me faire enguirlander par les poulets. Rien que ça a suffit à me taper davantage sur le système. Comme si j’avais pas assez d’emmerdes comme ça. J’ai pas été tendre, j’ai fait se gâter la situation, j’ai pourri l’ambiance et me suis discrédité auprès de la nénette qui a vu en moi le suspect idéal. Bah voyons… Qui serait resté calme à ma place, hn ? J’ai rien à m’reprocher, ça a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Si t’avais su ça, tu m’aurais pris pour l’voyou que j'suis pas. Mais tu l’sais toi aussi, c’est plus facile de juger sur les apparences sans prendre le temps de chercher plus loin parce que c’est trop fatiguant, on n’a pas l’temps, ni l’énergie. Allez ch*er.


20 mai 2111

Tu déconnes mon vieux. Ça signifie quoi, ça ? J’ai rêvé de toi, que t’étais rentrée. J’ai cru que c’était véritablement la réalité et, comme un c*n, un rictus de satisfaction s’est dessiné sur mes babines. A quoi est-ce que j’pensais là, à te dominer, te désarçonner comme j'l'ai fait ? Tu n’avais pas pu me résister bien longtemps. Je te bouffais de ma carcasse, j’te possédais de ma chair avec violence, tellement que j’en ressens encore les sensations ce matin. F*ck, j’ai les sens qui bouillonnent trop à mon goût, l’excitation grimpe en flèche. Je soupire contre moi-même, ma main passe sur mon visage aux traits fatigués. Je prends une pause pour taire les palpitations qui assaillent ma cage thoracique, tarir ce qui naît sous la ceinture. Alors j’regarde le mur d’en face à défaut d’avoir autre chose à admirer. Superbe vue… J’en suis troublé. Tss.

Aujourd’hui j’bosse pas, le gérant m’a donné un congés suite à cette connerie de pseudo arrestation. Quelle plaie… J’aurais franchement pu m’en passer, j’lui ai dit que ça irait. Peut-être qu’il a des soupçons envers moi. Qu’il pense ce qu’il veut, pis si j’dois changer de job, qu’il en soit ainsi. J’tourne la tête en direction de mon réveil qui m’indique quatre heures et six minutes. Il faut que je sorte, peu importe le temps. J’dois le tuer, courir à en perdre haleine, m’épuiser pour ne plus avoir rien à penser. La caboche vide, plus de carburant, muscles affaiblis. Je veux que ma gorge me brûle d’avoir épuisé toute mon énergie, m’écrouler face contre terre pour ne plus me relever tel un soldat qui a perdu sa bataille. J’en ai plus à mener pour l’instant. Paradoxal de se sentir piégé dans sa liberté, hein ?


22 mai 2111

J’suis encore cloué au lit à cause de la crève. J’le savais bien que j’prenais des risques à flirter avec la pluie aussi tôt dans la matinée. Aki dirait que j’grille toujours les limites mais après tout je suis responsable de ma propre personne, j’ai pas d’ordres à recevoir. Je peux être raisonnable quand j’le veux et seulement quand j’le décide.

J’me sens comme un mort vivant, une grosse limace bien flasque vissée au fond de ce plumard un peu trop grand pour moi tout seul. Le bon côté de la chose est que ça m’permet de fermer l’œil plus que d’habitude. Avec ça j’ai la paix.


25 mai 2111

Depuis la première fois depuis le départ de la bridée, le téléphone s’est mis à sonner et, à ma surprise, une voix familière s'élève au bout du combiné. Mamie Kurue ? Ouais, elle a dû apprendre pour Mei et moi. J’y peux rien moi, demande à ta petite-fille, elle saura te donner la raison de notre séparation puisque c’est elle qui a décidé de quitter l’giron. Seulement, sa décision a été motivée par l’abandon de notre statut par l’Incontestable. Tu le sais bien que ce mariage c’était du vent, non désiré, y avait qu’à sentir la tension qui stagnait à chaque fois que j’me retrouvais en face du patriarche. J’étouffais là-dedans.

J’t’ai pourtant bien dit que je n’avais plus rien à voir avec elle alors pourquoi insistes-tu autant pour que j’vienne ? Ça m’prend la tête, j’veux plus entendre parler de cette foutue histoire, lâchez-moi la grappe.

« Il se passe un truc avec Mei, tu ferais mieux de venir. »

« On est plus mariés, j’vois pas l’importance. J’ai plus rien à faire là-dedans. »

« Crois-moi, il vaudrait mieux que tu viennes. Puis que vous le vouliez ou non, vous êtes toujours mariés. Donc ne discute pas et dépêche-toi ! »

J’soupire, profondément. Elle entend mon exaspération que j’lui cache pas. Foutez-moi la paix, ça m’fatigue. J’ai rien contre toi mamie, mais là j’sature complet. J’veux plus que tu m’causes d’elle.

« Ça changera quoi ? Si elle s’est barrée c’est pas pour que j’revienne polluer son espace vital. J’sais pas c’que t’attends de moi, y a rien à espérer, abandonne. J’ai plus d’rôle à jouer. J’vais raccrocher. »

Ça doit pas te plaire ça. Que veux-tu que j’te dise d’autre ? Je déverse le fond de mes pensées mais toi tu rétorques immédiatement comme tu le fais à chaque fois que tu le juges nécessaire, quand tu trouves que j’m’égare ou que j’agis comme un gosse. Tu peux aisément reconnaître que je ne souhaite pas m’éterniser dans cette conversation qui tend à me renfrogner.

« Arrête de faire ta tête de mule, c'est important... Sauf que c'est pas à moi de te le dire. Ne sois pas aussi bête que ma petite-fille... »

Qu’est-ce qu’il y a d’aussi important qui nécessite mon déplacement ? Elle est mourante ? Si c'était le cas, elle m'aurait pas annoncé la nouvelle avec ce ton sérieux, ni sans pleurer toutes les larmes de son corps. A cet instant, la ride de ma glabelle se creuse et pourtant je ne la questionne pas davantage. Un nouveau soupir franchit mes lippes, j’passe ma main dans ma tignasse, sur ma nuque. J’cogite malgré moi parce que je sais pertinemment qu’elle a une raison valable pour m’interpeller ainsi.

« C'est bien parce que c'est toi, sinon j'me ferai pas ch*er à faire le déplacement crois moi. »

Même pour ta petite-fille.

J’raccroche.

Le soir même, tard dans la nuit, j’me retrouve déjà sur les lieux, l’air peu amical, usé par le manque de repos et les heures de route que j’ai enquillé pour venir jusqu’ici. J’suis pas frais et peu enclin à la discussion. Est-ce que j'dois me préparer au pire ? J’te présente mes excuses, mamie Kurue parce que s’il y a bien une personne contre qui je n’ai rien, c’est toi.

« C’est quoi l’problème ? Y a intérêt à c'que ça vaille le déplacement parce que j'en ai ma claque, j'suis naze. »

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le Mer 5 Juin - 14:57
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


La vieille Kurue est inquiète, depuis que sa petite fille est sortie de l'hôpital, elle ne dort plus… Elle veille, surveille, espère. Personne au monde ne connaît Mei aussi bien que sa grand-mère. Elle l'a vu traverser de nombreuses étapes douloureuses au cours de son existence. Elle l'a vu se battre avec ferveur, avec rage… Mais jamais elle ne l'avait vu ainsi. D'ordinaire, l'ancienne ne se serait jamais permis d'intervenir comme elle l'a fait, préférant laisser faire… Laisser le temps à Mei de réaliser son erreur, ce qu'elle ne tardait jamais à faire… Néanmoins, cette fois-là était bien différente, sa petite-fille s'était renfermée sur elle-même, tenant volontairement tout le monde à distance… Même sa tendre grand-mère qu'elle adorait, pourtant… C'est justement ce qui l'avait poussé à contacter Angelo… En étant directement concerné, il trouverait peut-être le moyen de faire réagir la jeune femme qui se terrait dans sa chambre. Il avait son caractère, lui aussi, pourtant, elle ne doutait pas un seul instant de sa venue, elle l'attendait d'ailleurs. Elle l'attendrait aussi longtemps qu'il le faudrait. Alors quand elle entendit une voiture se garer dans l'allée, la vieille dame se précipita à l'extérieur pour l'accueillir.

« C’est quoi l’problème ? Y a intérêt à c'que ça vaille le déplacement parce que j'en ai ma claque, j'suis naze. »

« Crois-tu que je t'aurais appelé si ce n'était pas le cas, mon garçon ? » lui répondit-elle en lui offrant un bien maigre sourire.« Viens, entre, je t'ai préparé ta chambre habituelle, tu pourras te reposer, Mei dort de toutes façons… Elle dort énormément en ce moment.»

Pour ceux qui la connaissaient suffisamment, Mei ne dormait que très peu. Son organisme, toujours actif, se contentait généralement de trois ou quatre heures de sommeil par nuit. Tout allait toujours très vite avec elle puisqu'elle était d'ordinaire totalement incapable de tenir en place… Cette époque-là lui parut alors bien loin.

Consciente de l'heure plus que tardive, Kurue invita le jeune homme à entrer. Son mari, quant à lui, dormait depuis longtemps, épuisé par sa propre inquiétude.

« Il faut que je te prévienne d'une chose, pour que tu ne sois pas trop choqué en la voyant… Si jamais elle te laisse l'approcher… » Un soupir las s'échappa de ses lèvres fines et ridées qui se retrouvait bien faible face au comportement inquiétant de sa petite-fille.« Mei a perdu beaucoup de poids, elle refuse tout simplement de s'alimenter… Je suis prête à parier que son plateau se trouve encore devant la porte de sa chambre… Toujours intact… Tu dois avoir faim, non ? Je t'ai gardé une part au chaud, si le cœur t'en dit… Tu connais la maison, tu es ici chez toi, Angelo… Je t'abandonne pour ce soir, on se verra demain matin.»


*****


Bon sang que j'en ai marre… À peine ai-je ouvert les yeux que mon estomac se retrouve tiraillé dans tous les sens… Le médecin m'a assuré que ces symptômes disparaîtront rapidement, autant dire qu'en voyant cela, j'ai comme un doute. Je me lève, péniblement. Mes jambes sont trop faibles pour me porter avec aisance. Je sais qu'il faudrait que je mange, mais j'en ai plus qu'assez se rendre tout ce que j'ingurgite. Je marche, chancelante jusqu'à paroi coulissante donnant à l'extérieur afin de faire pénétrer un peu d'air frais dans cette pièce suffocante à souhait. La brise matinale me fait du bien, un peu… Elle chasse doucement les relents nauséeux qui ne cessent de me torturer. Je me laisse glisser le long du mur, déjà épuisée par ces quelques mouvements pourtant insignifiants. J'en ai assez… Vraiment…

J'attends quelques instants avant de me relever. Je dois me rendre à la salle de bain, faire un brin de toilette afin de me réveiller quelque peu. J'évite de regarder le petit dossier trônant sur la table. Je le tiens soigneusement fermé comme si l'oublier enlèverait tout le côté réel que je subis pourtant bien assez. Je quitte la chambre, un nouveau plateau a remplacé celui de la veille… Du bouillon… Je pourrai toujours essayer de l'avaler… Cela chasserait peut-être ces fichues nausées.

Je prends une douche, je me change et reprends le chemin de ma chambre. Je récupère le plateau, me promettant de faire l'effort de manger… j'essaie… Vraiment, mais ça ne passe pas du tout. Je cours jusque dans le couloir, mais je n'ai pas le temps d'arriver jusqu'au sanitaire… Le contenu de mon estomac fini sur le parquet.

« Mei... »
« Désolée… J'ai essayé »
« Ça va passer, il faut juste un peu de temps… Je vais t'apporter du thé... »

Je la vois lever les yeux dans mon dos… Je sais qu'il n'y a pas de client en ce moment, ce n'est pas la saison… Tôji n'est jamais à la maison à cette heure-ci… Alors, que regarde-tu grand-mère?

« Tu veux bien m'aider à la ramener dans sa chambre, s'il te plaît, mon garçon ? »

"Mon garçon"... Il n'y a que deux personnes au monde qu'elle appelle comme ça… Mon frère et toi… Je prie pour que ce soit mon frère, parce que je n'ai vraiment pas envie de te voir. Je ne suis certainement pas prête pour ça... Alors, inquiète, je tourne la tête et c'est malheureusement bien toi qui te trouve dans ce couloir. Je me fige… Bon sang… Pourquoi as-tu fais ça Kurue ?


« Je t'avais demandé de ne rien lui dire... »

Je chuchote tout en grognant légèrement.

« Je ne lui ai rien dit du tout. Je lui ai juste demandé de venir… Il doit savoir Mei… »

Elle se relève pour te laisser la place… La barbe, vraiment… Tu n'aurais pas dû venir l'ursidé. Tu ne le sais pas encore, mais je doute que tu apprécies la nouvelle qui t'attends.

« Je vous laisse tous les deux, je pense que vous avez beaucoup de choses à vous dire. Je vais nettoyer ça et préparer du thé.»

Traîtresse… Bon sang, je n'ai vraiment pas envie de t'en parler, tu vois. Je ne veux pas que ce soit réel moi… J'espère encore que ça disparaisse avec toutes les merdes qu'il a apporté… L'espoir fait vivre, il parait.

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le Mer 5 Juin - 20:37
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"Je suis venue te dire que je m'en vais."

J’le sais bien, mamie, que c’est pas pour des broutilles que tu m’as sollicité mais tu sais aussi que j’peux pas m’empêcher de grogner parce que c’est ma nature d’ouvrir ma boite. Je mâche jamais mes mots, même si je sais que ça risque de blesser. L’avantage est que la personne qui se trouve en face de moi sait ce que j’pense, les détours c’est pas ma tasse de thé, encore moins les non-dits ou les cachotteries. Tôt ou tard on finit par apprendre la vérité alors tant qu’à faire il vaut mieux annoncer immédiatement la couleur.

Elle me sourit mais j’vois bien qu’elle est épuisée, elle m’a l’air encore un peu plus ratatinée que d’habitude, ses yeux sont brillants mais non pas de joie. Je peux aisément deviner qu’elle a dû pleurer et pas que la nuit dernière. J’ai comme un pincement au cœur mais je m’interdis de lui montrer ma tristesse de la voir ainsi. Elle le devinera même sans que je le lui dise, de toutes façons, il paraît que mes yeux parlent à la place de ma bouche. Elle me connait depuis suffisamment longtemps maintenant pour savoir c’que je peux ressentir, pis elle est mère, grand-mère. Une fois que t’as eu l’expérience des gosses, tu peux reconnaître ce qui se trame dans l’bourrichon du marmot même si c’est pas l’tien, aussi grand soit-il.

Je soupire de lassitude, imperceptiblement, après l’avoir quelque peu dévisagée. Je passe devant elle quand elle m’invite à rentrer non sans me préciser l’état de mon « ex-femme ». Elle a besoin de me l’dire. Elle attend sans doute un soutien de ma part mais j’garde le silence pour le moment. Mon air est fermé, j’attends la suite des nouvelles parce que je comprends qu’elle n’a pas fini de me dresser le diagnostic de la bridée. Qu’est-ce qui te prend, Mei ? C’était pas pour te ressourcer que tu t’es barrée ? A moins que tu me planquais déjà quelque chose avant ton départ et que c’est pour cette raison que t’as préféré couper les ponts ? Je secoue la tête de dépit, j’crois pas à cette version que je m’imagine. T’es pas de ce genre-là. Même si je t’ai peu côtoyée, j’te connais plus que tu ne l’imagines pour t’avoir souvent observée, parce que toi et moi, on est similaires. Tu te souviens, on se l’est dit en silence, là-bas. On s’est confiés l’un à l’autre sans vraiment l’vouloir, sur un coup de tête, parce que l’contexte s’y prêtait. On croyait qu’on en finirait là, qu’on se reverrait plus, alors on s’est permis ce qu’on ne fait pas usuellement. T’es pudique, j’le suis aussi. Finalement, on s’est retrouvés par la force des choses pour mieux s’engueuler, pour mieux déraper. Ce soir-là, quand t'as tout mis à sac dans l’appart’, c’était le cas. Il y a eu d’autres fois ensuite, toutes aussi farouches, illicites, scabreuses. On n’a pas encore su pourquoi on a agit de cette façon, parce qu'il n'y a tout simplement rien à chercher. C’est la rivalité, la provoc’, le conflit qui nous a motivés. Ça nous a mené à rien hormis à nous blesser mutuellement jusqu’à ce que tu exploses en premier. On s’est jamais vraiment supportés et pourtant on s’est cherchés à maintes reprises, dangereusement, comme si on voulait se prouver quelque chose. J’me suis surpris à te désirer dans ces moments-là, inconsciemment. Tu l’as fait, toi aussi. Mais était-ce toi ou plutôt l’audace que tu m’as montrée ? J’suis incapable de trouver la vraie raison de ce manège biscornu. Il fallait que ça s’arrête avant que l’un de nous deux finisse par crever d’étouffement, d’écœurement. En fin d’compte, c’est toi qui as lâché. T’es plus fragile et sensible que tu veux bien l’montrer mais avec moi, ton entourloupe n’a pas fonctionné. Tu l'sais que j’ai vu clair et ce, depuis le début. Tu m’as détesté à cause de ça, maintenant tu dois me haïr à l’heure qu’il est.

J’t’aime, moi non plus.

Je tique enfin, après ma guerre intérieure. Mes neurones se bousculent, ça fuse à plein pot là-dedans, ma colère monte et les premiers signes pointent le bout d’leur pif. Mes doigts craquent, mes sourcils se froncent, mes mâchoires se crispent et j’renifle. J’ai envie de gueuler, de cogner. Si j’m’écoutais, j’irai la voir dans sa piaule pour la secouer histoire de lui remettre les idées en place. C’est si grave que ça pour que tu t’laisses dépérir ? Pourquoi tu fuis comme ça ? T’es pourtant bien capable de me rentrer dedans alors pourquoi cette fois serait différente ?

« Tss. »

Il vaut mieux pour moi que j’fasse un break. Ce soir j’irai me coucher sans même grailler un morceau et je me vois déjà tourner et virer sous la couverture sans pouvoir pioncer malgré mon surmenage.

« J’vais m’coucher, te casses pas la tête pour le repas, j’ai juste besoin de me poser là. T’as besoin de dormir plus que moi encore. Il paraît qu’la nuit porte conseil, j’verrai bien le résultat demain matin. »

Mais j’lui mens, je sais pertinemment comment je vais réagir parce qu’on ne change pas un foutu caractère comme le mien en une soirée.

***

Deux heures de sommeil à peine, qui plus est de mauvaise qualité. C’est toujours ça de pris si j’omets la migraine qui m’tambourine le crâne. J’ai déjà tiré sur ma clope de bon matin pour calmer mes nerfs avant de filer me brosser les dents. J’ai rejoint mamie Kurue dans la cuisine en évitant soigneusement de prendre un café pour la préserver de mon irritation explosive. J’cause pas, me contentant d’avaler à la hâte un bol de riz nappé de sauce soja sucrée. Je l’aide à débarrasser et à faire la vaisselle, saluant rapidement le grand-père à la mine déconfite. Regarde à quel point tu les mets dans l’embarras, l’asiat’. Pauvres p’tits vieux.

Et maintenant, l’heure de vérité. Celle que j’nomme souvent « ba-chan » a ouvert le bal, s’acheminant dans le couloir au parquet ciré. Il y a du bruit, des pas qui remuent l’sol à toute hâte, j’reconnais le dos de celle qui se précipite on n’sait où pour faire on n’sait quoi. J’grimace en constatant la cause de son empressement, cette ignoble flaque de gerbe qui s’étale sur le plancher en une disgracieuse éclaboussure. Une chose est nette, mamie n’exagérait pas, t’es bien malade et pas qu’un peu. J’reste muet face au spectacle que tu nous offres jusqu’à ce qu'elle me fasse entrer en scène pour jouer les assistants. J’parie que t’es ravie de voir ma tronche, j’m’en réjouis d’avance. Alors j’me révèle à toi, sortant de l’ombre de grand-mère pour faire face à ta carcasse décharnée sur laquelle j'pourrai sûrement compter les côtes. Bordel, tu fais vraiment peur à voir la bridée.

« J’m’attendais à voir un phasme boiteux mais là c’est pire que ça, t’es carrément un cadavre. J’sais, t’es comblée d’voir ton mari préféré. »

Sarcasme. J’suis toujours aussi aimable, tu dois apprécier ma dérision qui n'est en réalité qu'un moyen de masquer le trouble qui me saisit. T'as plus l’choix, je suis là, tu ne peux plus reculer. Tu dois te confronter à moi que tu le veuilles ou non. Si t’as le malheur de fuir, je te rattraperai jusqu’à ce que tu capitules. J’t’assassine du regard, tu sais déjà comment ça va se passer. Je te sais affaiblie, tu peux à peine tenir sur tes gambettes mais rien de tout ça ne me freinera dans ma démarche. J’avance vers toi, réduisant rapidement l’espace entre nous. Mamie est partie, elle sait que ça se passera entre toi et moi. Me voilà déjà devant ta frimousse et, sans ménagement, je te saisis par le bras pour t’attirer vers moi puis me penche pour mieux te soulever par la suite. T’es épouvantablement légère, encore plus que tu ne l’étais déjà. Si tu continues dans cette voie, tu vas perdre un os. You’re a pain in the ass.

« J’veux pas t’entendre chouiner. »

J’te laisse même pas le droit de rétorquer, de me tenir tête. Mes dents se serrent, la tension réapparaît dans mes mâchoires, mes enjambées se font plus grandes pour te conduire plus rapidement à ta chambre. Tu n’avais de toutes manières pas parcouru une longue distance, frêle que tu es. J’ai la rage au ventre, l’amertume au cœur, mais je veille à ne pas t’abîmer davantage parce que même si j’suis hargneux contre ta bêtise, j’me permettrai pas de te blesser sachant que t’es dans l’incapacité de te défendre.

Je fais coulisser la porte énergiquement, avec toute la rudesse que tu m’connais si bien, et te dépose sur le futon dans un semblant de délicatesse. Je me sépare de toi un court instant pour nous enfermer, nous plonger dans l’intimité et reviens vers toi sans prendre la peine de m’abaisser pour me trouver à ta hauteur. Là, je te toise, sévèrement. Je gronde silencieusement, mon poing se serre. J’attends des explications de ta part, claires, précises, concises.

« Qu’est-ce que tu m’fous ? Accouches et magne-toi. »

J’me fais agressif pour ne laisser place à aucune empathie. T’aurais voulu que je fasse preuve d’un peu plus de compassion ? C’est loupé, ma patience a atteint sa limite. J’ai mal à la tronche, peu dormi. Mes yeux sont lourds, cernés, j’accuse le coup. J’ai beau te fusiller du regard, tu m’fais peine à voir. Ça se serre dans ma poitrine. J’me sens presque impuissant, j’en viens même à m’accuser, au fond. J’ai vraiment merdé à ce point pour que tu te foutes autant en l’air ? J’devrais pas être surpris des ravages que j’cause, j’aurais dû m’douter qu’avec toi ça serait similaire. J’suis nocif pour toi, pour les autres aussi. Rares sont ceux qui achètent le vaccin pour s'immuniser des chieurs de mon genre. J’sais pas y faire, j’ai jamais su y faire et j’serai jamais y faire. J’le sais depuis des lustres. Alors pourquoi ces relents de sentimentalisme, de regrets, de remords ? Ça m’ressemble pas, c’est pas moi, ça. Mais parle une bonne fois pour toutes, ensuite j’te promets de disparaître définitivement de ta vue, de ta vie si l’Incontestable continue de comater. On peut plus continuer comme ça. Maintenant c’est à ton tour, l’accusée.

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le Mer 5 Juin - 22:12
par Mei Bennett






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« J’m’attendais à voir un phasme boiteux mais là c’est pire que ça, t’es carrément un cadavre. J’sais, t’es comblée d’voir ton mari préféré. »

Lasse, je ne peux que soupirer. Moi, je ne m'attendais pas à te voir même si, au fond, j'aurai peut-être dû. Je sais que ma grand-mère s'inquiète de mon état, je ne suis pas très rassurée non plus à dire vrai… Si je ne te réponds pas ce n'est pas par manque d'arguments, mais plutôt parce que je n'en ai tout simplement pas la force… C'est aussi pour cela que je ne voulais surtout pas te voir. Je suis bien trop faible pour t'affronter toi et ton regard.

Qu'est-ce qu'elle a bien pu te dire pour te faire venir jusqu'ici au juste ? J'aimerai bien le savoir, tu vois. J'ai bien du mal à t'imaginer te faire du soucis pour "ta femme". À moins que tu ne sois venu te repaître d'un spectacle franchement pathétique. Tu ne m'épargneras pas, n'est-ce pas ? Tu dois même jubiler quelque part. Mais tu as raison, au fond, tu n'as jamais eu aucun respect pour moi, ce n'est certainement pas maintenant que ça va commencer.

Je n'essaie même pas de lutter, à quoi bon ? Tu ne me laisseras pas en paix pour autant. Tu me fais mal en te saisissant de mon poignet, mais je ne montre rien. Je n'ai pas envie de te faire ce plaisir. Je prends cela comme une petite victoire… Il fut un temps où tu n'aurai certainement pas pu m'attraper de la sorte et encore moins me porter. Les choses ont décidément bien changé, enfin, c'est le cas pour certaines d'entre elles, mais clairement pas pour toute. Ton animosité à mon égard est toujours bien présente, tout comme ta rudesse. Remarque, si l'ours se transformait en agneau, je ne pourrai que m'en inquiéter.

« J’veux pas t’entendre chouiner. »

Je n'en ai pas l'intention… Mais dis-moi, l'ursidé, tu me sembles bien agité, bien plus que d'habitude. Tu crois que je ne les remarque pas tes mâchoires si serrées que tu pourrais t'en briser les dents. Qu'est-ce qui t'agaces autant ?

Je retrouve mon futon et me voilà déjà en train de lutter pour ne pas m'endormir. Néanmoins, il serait bien bête de ma part d'imaginer que tu me ficherais la paix. Tu es forcément là pour une raison et il est plutôt aisé de deviner laquelle. Tu n'aurais pas dû venir, Angie. Tu aurais mieux fait de profiter de la paix que je t'ai offerte plutôt que de venir m'affronter jusqu'ici.

Tu te postes face à moi, je suppose que me dominer ainsi doit te faire sacrément plaisir. Je t'observe en silence, plongeant mon regard éteint dans le tien brillant de… quoi ? Colère ? Haine? Mépris?

« Qu’est-ce que tu m’fous ? Accouches et magne-toi. »

Quelle sens de la formulation… On peut dire que tu choisis "bien" tes mots, l'ursidé. Bon sang, je ne peux qu'éclater en un rire sans joie en entendant ceux-ci. Je suis épuisée, tu n'imagines même pas à quel point. Tu veux savoir hein, alors…

-Sur la table, il y a un dossier, ce sera sans doute plus parlant que tout ce que je pourrai te dire.

Plus parlant oui… La raison te sautera même aux yeux. Je me demande même comment tu accueilleras la nouvelle qui me ronge depuis que l'on me l'a exposée. Dans le feuillet jaune, tu trouveras un dossier médical, un "suivis", ils appellent ça. Il contient mes résultats d'analyses, mais ce n'est pas ce qui retiendra ton attention … Vas-y, Angie, découvre donc ce qui grandit en moi tout en me détruisant autant physiquement que mentalement. Regarde-le, admire-le, aime-le si toi, tu le peux, moi, j'en suis tout bonnement incapable. J'ai voulu m'en débarraser, tu sais ? Profiter de la panne pour commettre ce meurtre infâme… Sauf que c'est bien trop tard… J'ai entendu son cœur battre, tu sais… C'est effrayant et apaisant à la fois.

-Tu dois penser que je te le cache depuis un moment, mais c'est faux. Je viens de l'apprendre, il y a à peine quelques jours quand j'ai fait un malaise. Les médecins appellent ça un "déni"... Visiblement, ça ne suffit pas à le faire disparaître en tout cas…

T'es content ? Ravis d'apprendre cette si merveilleuse nouvelle ? Tu peux donc me foutre la paix à présent. Sans rien ajouter de plus, je m'allonge sur le futon avant de me recouvrir avec la couverture. J'ai froid, j'ai sommeil… Tu veux discuter, fais-le, mais laisse-moi au moins me reposer un peu.


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le Jeu 6 Juin - 21:34
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

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"Je suis venue te dire que je m'en vais."

T’es vraiment certaine que tu dois rire dans une telle situation ? J’suis sûr que t’as plutôt envie de chialer et que, comme mécanisme de défense, tu n’trouves rien de mieux que de te marrer de désespoir. T’es au fond du trou, tu ne sais même plus comment réagir. Si tu penses que j’ignore tout ça, tu te fourres l’doigt dans l’œil jusqu’au coude. Tu finis par causer, m’enfin, c’est un grand mot puisque tu me laisses le loisir d’aller voir moi-même ce qui se passe, le pourquoi du comment ton état désastreux. J’imagine que j’peux pas te demander de faire cet effort, t’es au bout du rouleau ma « vieille ». J’grogne de frustration à tes dires, te laisse une dernière empreinte de mon œillade hostile avant de te tourner le dos. J’aurais préféré t’écouter donner la raison, l’entendre de ta bouche, mais à la place, tu préfères que j’me fie à ce morceau de papelard trônant sur le meuble. Tu fuis encore, c’est sûrement trop lourd. J’peux pas t’en vouloir, j’en ai pas réellement le droit malgré ma déception. J’suis en colère contre toi, encore, souvent. Quand est-ce que je ne l’ai pas été ? Non, ce n’est pas seulement toi, c’est le monde entier. Tout m’agace, particulièrement depuis que tu m’as planté comme un gros c*n. J’aurais dû m’en réjouir au lieu que ça excite mes nerfs. C’est quoi ? De la fierté ? J’ai pas envie de me triturer davantage l’esprit puisque j’ai déjà assez à faire avec ton cas.

Sur mon ascension vers la vérité, j’m’attends à apprendre que c’est une maladie relativement grave qui a raison de la piètre image que tu me dépeins. J’dois avouer que j’ai du mal à te reconnaître tant t’es abîmée, le macchabée. J’aurais bien pu dire que t’es hideuse mais ça serait porter un jugement qui est faux et, surtout, ça serait dégueulasse de ma part d’agir de la sorte alors que j’ai pas la tronche d’un mannequin. Pis j’ai horreur dans langues de vipère. J’peux pas quand bien même j’ai une grande gueule et que tu me les casses depuis le début. Pourtant j’suis là, j’ai pas pu m’empêcher d’accourir quand mamie m’a appelé. J’me suis épuisé pour toi bien que j’t’aime pas. I don’t care. J’voulais pas mais mon corps a agi tout seul, ma conscience s’est agitée, malade. J’crois bien que tu m’as empoisonné, juste un petit peu , suffisamment pour que j’te colle aux fesses. Rassure-toi, ça durera pas, même si tu n’avais que quelques jours à vivre. C’est pas de l’abandon, j’arrête simplement de te pourrir l’existence, que ça soit clair. J’te le dirai avant de te quitter au cas où tu serais assez stupide pour ne rien comprendre. Crois-moi que si j’avais eu l’anneau autour du doigt, je l’aurais balancé aussi loin que possible pour te prouver mon honnêteté. J’reviens pas sur ma parole, surtout pas pour les décisions de ce genre. J’ai beau ressembler parfois à un gamin, j’n’en suis pas moins un homme, un adulte et plus réfléchi que j’puisse le paraître. Idiot, crétin ! Benêt. Combien de fois tu me l’as sorti, ça ? J’compte même plus. Ça ne m’a jamais atteint, moi qui ne supporte pourtant pas les insultes, simplement parce que je savais que j’avais l’dessus sur toi. J’me moquais éperdument de tes essais pour me déstabiliser, sans jamais perdre une miette de tes réactions. J’gagnais pas toujours mais comme je suis un mauvais perdant à ce jeu-là, je recommençais pour mieux te voir sortir de tes gonds. Tu m’amusais. J’aimais voir les éclairs que tes petits yeux sombres, bridés, me lançaient, moins les gifles que tu m’assénais quand j’allais trop loin. Pas de ma faute si j’te préférais plus authentique.

Mes élucubrations achevées, je me retrouve devant le dossier à la couverture jaune sur lequel est inscrit ton nom patronymique ainsi que des renseignements annexes que j’prends même pas le temps de lire. J’suis pas surpris que t’aies voulu reprendre tes droits, ta liberté, être toi-même. Mon nom te répugnait. Je tique une nouvelle fois alors que je ne suis qu’au début de l’aventure. Qu’est-ce que tu me réserves après ça qui me déplaise encore un peu plus ?

« Sugawara hein. »

J’ai pas pu m’empêcher de faire la réflexion. J’ai toujours besoin de foutre mon grain de sel, histoire de bien faire sentir à mon entourage ma désapprobation. J’ai complètement ignoré ce qu’elle était en train de déballer, hormis le début de sa tirade. J’suis absorbé par tout un tas de pensées, tournant la page de garde dans un calme presque anormal. Du moins, en apparence. Ça me torture à l’intérieur, mes muscles sont tendus, j’suis crispé au possible. L’heure est dorénavant aux confidences et aussitôt après avoir dévié mon regard de la feuille d’analyse, je me fige d’effroi. Mon cœur rate un battement. Mes yeux s’écarquillent, mes sourcils se haussent tandis qu’un courant glacé traverse mon être tout entier. La peau de mon crâne picote, j’ai des fourmis dans les pieds. J’passe du chaud au froid et bientôt, j’me sens fébrile comme si je me liquéfiais sur place.

Bordel.

J’en reste muet, moi, et le cliché à moitié dans ma main qui devient moite. T’as vraiment merdé Angie. Ma senestre prend appui sur la matière boisée pour mieux me soutenir, j’déglutis avec difficulté, j’serre les dents. P*tain de m*rde. L’atmosphère est lourde, j’me sens mal tout à coup. Une tension naît au creux de mon estomac, j’étouffe. J’passe la main dans ma tignasse que je repousse en arrière, j’ai l’impression d’avoir de la fièvre, j’humecte mes lèvres avant d’expirer lourdement pour chasser mon début de malaise. J’sais pas comment réagir face à ça. J’avais pensé à tout sauf à cette nouvelle et autant dire qu’elle me fait l’effet d’une douche froide. Pourquoi ça ne m’est pas venu à l’esprit, surtout après nos égarements ? Moi aussi je fais un déni, Mei. J’ose pas regarder celle que j’ai engrossée en face, parce que j’assume pas ce qui m’arrive. Ce qui NOUS arrive. Trois mois. L’avorton a déjà trois p*tain de mois. J’ai vraiment envie de me barrer, de disparaître même. J’ai jamais aimé les gosses et j’me suis jamais vu père mais dorénavant il est trop tard pour faire machine arrière. C’est à ce moment-là que je réalise pourquoi ba-chan a autant insisté pour que j’me déplace mais aussi pourquoi tu te trouves aussi mal en point, la raison de ton silence. J’ai vraiment pas le courage de parcourir la suite du fichier mais j’me force, non sans prendre des inspirations plus profondes pour calmer mon anxiété. En plus c’est une pisseuse. Épargnez-moi ce calvaire…

Tes résultats sont mauvais, tu devrais peut-être même déjà être hospitalisée et si ça n’est pas encore le cas, tu le seras peut-être bientôt. Quelle connerie. Enfin, raide comme un morceau de bois, je tourne mon faciès aussi pâle qu’un mort vers ta frimousse, l’air grave. J’croise tes mirettes et tout c’que tu peux y lire est l’ébranlement. Le choc. J’peux plus me défendre. Mon existence, ma liberté viennent de s’écrouler, de s’envoler. J’suis foutu et toi avec.

J’ai besoin de m’asseoir alors, à défaut je m’accroupis mais retombe mollement sur mon cul à cause de mes jambes en coton. Tu m’as encore jamais vu comme ça, hein ? Tu peux te foutre de moi si tu veux, j’suis bien trop secoué pour pouvoir te tenir tête.

« F*ck… »

J’en perds mon japonais. Qu’est-ce que j’suis censé faire maintenant ? Je ne sais plus. J’suis un traître pour toi, un criminel pour t’avoir implanté la graine de la vie. Un marmot, ça s’fait à deux, j’suis bien au courant, j’suis pas l’unique responsable mais ça ne suffit pas à me faire déculpabiliser. J’avais pourtant veillé à m’épancher hors de ta chair pour ne pas t'infecter mais je n’ai visiblement pas réussi à éviter l’accident. On pense toujours que ça n’arrive qu’aux autres mais force est de constater qu’il est mauvais d’être sûr de soi. On y a cru. Ça avait fonctionné, les premières fois sauf celle avant que tu ne t’échappes de mes griffes, hors ordre de l’Incontestable.

J’t’ai pas lâchée des yeux, la mine déconfite. J’attends un mot de ta part, n’importe lequel. J’ai juste envie de briser ce silence pensant, malsain. J’ai la frousse, Mei, la frousse de ne pas pouvoir être à la hauteur parce que tu le sais bien, toi, que j’suis qu’un cou*llon d’époux.

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Mei Bennett
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le Ven 7 Juin - 11:04
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


Je t’observe et j’appréhende. Tu aurais sans doute préféré que je t’explique tout moi-même, avec mes propres mots. Seulement, je ne saurai même pas comment aborder le sujet. Pour ça, il faudrait que je prononce les mots que je me refuse de reconnaître et d’accepter. En parcourant ce dossier, tu en sauras bien plus que moi, en réalité, car j'ai tout simplement refusé d'entendre ce que les toubibs avaient à me dire. Tout ça, c'est beaucoup trop pour moi, tu devrais le savoir maintenant. Je sais que tu me connais suffisamment pour comprendre la plupart de mes réactions. Avec le temps, tu as même su en jouer pour m'imposer ta propre partition.

« Sugawara hein. »
C'est mon nom...

Pourquoi j’ai l’impression que ça te contrarie ? Tiens-tu tant que ça à ce que je porte le tien ? J’en doute. Je ne suis pas une épouse, je ne l’ai jamais été et je ne le serai jamais. Ce mariage n’existe que parce que j’ai eu la mauvaise idée de naître japonaise, sans quoi, crois-moi, jamais je n’aurai voulu tenter cette expérience et encore moins celle qui nous attends et qui me détruit à petit feu. Ton nom… C’est comme une marque au fer rouge. Un titre de propriété attestant que l’on m’a donné à toi, que je t'appartiens et ça, je le refuse. Mais à quoi bon, hein ? Tu ne veux pas plus de moi que je ne veux de toi. Il n’y a pas d’amour, pas même un semblant d’amour entre nous. On se détruit, c’est tout. Rien de plus, rien de moins. Nous sommes néfastes autant pour l’un que pour l’autre. On s’empoisonne, on s’emprisonne… on étouffe, on agonise… En partant, c’était un cadeau que je nous avais offert. Un semblant de paix et de liberté qui ne durerait certainement pas, il est vrai, mais je voulais simplement nous offrir une pause dans ce calvaire que représente notre quotidien.

Mais ose seulement me dire que j’ai eu tort, que je t’ai manqué ou que tu tiens un minimum à moi. Je ne te croirais pas, de toutes façons. Tu ne me supportes que pour mieux jouer avec moi, avec mes nerfs. Tu ne me provoques que pour mieux me posséder ensuite, sauvage, bestial et je te laissais faire, je t'acceptais en suivant le rythme que tu m'imposais. Le tout, sans que l’incontestable n’ait réellement son mot à dire… Et voilà le résultat.

Les conséquences se trouvent devant toi, dans tes mains tremblantes. Je le vois que ça t’ébranle, c’est aussi pour cela que je ne voulais rien te dire. Ta réaction ne m’aide pas, tu sais. Elle m'atteint exactement de la même manière que l’aurait fait un couteau. Ca devient de plus en plus réel, je ne veux pas… Je ne peux pas. C’est effrayant, vraiment. Et si cela te perturbe, imagine seulement ce que je ressens en sachant que cette chose que nous avons tous les deux créée bien malgré nous, est en train de grandir en moi… Comme un parasite, elle se nourrit de moi parce que je n’arrive pas à ingurgiter quoi que ce soit à cause d’elle. Je ne la sens pas, mais je sais qu’elle bouge en moi, dans sa poche de liquide dégueulasse qui s’est logée dans mes entrailles. Elle me détruit, peu à peu. Elle me prive de toute l’énergie qui me caractérise et que l’on a toujours pointée du doigt et cherchée à maîtriser quitte à me bâillonner pour ça… Cette chose, minuscule y arrive parfaitement, elle. Mais je n’en veux pas, je veux qu’elle disparaisse même si elle doit m’emporter avec elle. Si je n’ai jamais été une épouse, comment veux-tu que je devienne une m… Non, non… C’est trop effroyable, angoissant. Tu l’as mis là, retire-le, arrache-le, éviscère-moi s’il le faut, mais ne laisse pas cette chose continuer à se développer, grandir, naître...


Sauf que… C’est vivant… Cette chose a un cœur qui bat, si vite, trop vite pour me paraître réel… Elle existe sans n'avoir rien demandé à personne. Quel mal, quelle offense, cette créature minuscule a pu commettre pour se retrouver lier à nous de la sorte, et ce, pour l’éternité ? Même si je n’en veux pas, ai-je seulement le droit d’espérer la voir disparaître ? Je trouve ça tellement injuste et horrible à la fois… Et moi, je me perds tout bonnement dans ce conflit intérieur tellement ignoble qu'il me ronge de bien des façons. Ne suis-je pas censée l’aimer et vouloir la protéger à tout prix ? Ce ne devrait pas être naturel ? Alors… Pourquoi je n’y arrive pas ?

Qu’en est-il de toi ? Je doute que tu en sois plus capable que moi. Tu te décomposes devant moi… Je ne voulais vraiment pas lire une chose pareille dans tes yeux. Ca me blesse, c’est dur de le reconnaître. J’ai honte, je me sens sale et impuissante. Je ne sais pas quoi faire ou dire, si je dois essayer de te rassurer, si je dois te détester, te mettre toute la faute sur le dos ou non. Je ne sais pas, je ne sais plus, je veux juste me réveiller de ce putain de cauchemar qui semble ne plus vouloir en finir. Qu’avait-elle de si ignoble, ma vie d’avant pour se voir ainsi métamorphosée, hein ? Toi aussi, l’ursidé, tu dois espérer que je disparaisse maintenant, ton enfant avec. On n’est pas un couple, seulement une parodie grotesque de ce que devrait être un mariage made in japan orchestré par une machine totalement détraquée… Alors comment pourrions-nous seulement devenir une… famille ? Et ce pauvre petit être, que je déteste déjà, va devoir évoluer entre nous ? Deux êtres instables et destructeurs ? Pauvre de nous… Que la fatalité, le destin ou que sais-je ai pitié de nous...

« F*ck… »

Quoi, c'est tout ? Tu en perds ta verve, l'ursidé. Elle est passée où toute ta colère hein ? Pourquoi n'es-tu pas en train de la décharger sur moi comme tu avais commencé à le faire quelques minutes auparavant ? Ça y est, je te dégoûte ? Tu crois que j'ai voulu tout cela et que je t'ai piégé, c'est ça ? Forcément, puisque je suis l'emballage de la surprise infernale qui s'épanouit paisiblement dans mes entrailles. J'étais épuisée, non… Je le suis toujours, mais ce regard-là, je ne le supporte pas. Je me redresse, pleine de rage et d'incompréhension. Les larmes s'échappent toutes seules, comme souvent ces temps-ci. Il paraît que c'est dû aux hormones qui détraquent mes nerfs, en amplifiant mes émotions… Mais je crois, que dans tous les cas, je n'ai jamais été aussi en colère que cette fois-là. Jamais.

Mes ongles s'enfoncent dans mon oreiller, mes doigts l'agrippent avec haine et ferveur tandis que je le relève pour mieux te le jeter à la figure.

-Mais réagis, merde ! Dis quelque chose ! Dis-le que tu me détestes, que je te dégoûte ! Dis-le que tu rêves de fuir ventre à terre pour ne pas affronter cette galère ! Dis ce que tu veux, mais réagis putain !

Je me relève, je chancelle tant, je peine à me tenir sur ces guiboles bien trop frêles. Je récupère le rectangle de plumes et te tissus pour mieux venir te cogner avec. Réagis ! Il faut que tu réagisses, j'ai besoin que tu le fasses. Si tu as peur, n'oublie pas que c'est mon cas à moi aussi et que l'effroi que je ressens doit-être bien pire que le tien. Tu veux me maudire, fais-le, je t'en prie, ne te gêne pas. Tu veux me cogner ? Vise mon ventre légèrement rebondis dissimulé sous mon tee-shirt devenu trop large pour moi.

- Alors quoi, l'ursidé, t'en a perdu tes couilles ?!

Je frappe jusqu'à ne plus réussir à bouger. Je m'écroule sur mes genoux face à toi… Je suis bien misérable, n'est-ce pas ? Hideuse par la même occasion avec mes joues creuses couvertes de larmes. J'ai peur, vraiment peur… Et toi, tu ne m'aides pas.

-Tu n'aurais jamais dû venir...


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le Sam 8 Juin - 13:32
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

Ca m’aurait étonné que tu n’craques pas, j’me demandais bien quand est-ce que t’allais te remuer un peu plus, autrement que de rire et de te laisser aller. C’est mon absence de réaction, c’est ça ? Justement, j’suis en train de réagir là. Tu t’attendais à quoi au juste ? Que j’me foute à hurler ou encore à détaler la queue entre les jambes ? A chialer ? C’est trop profond pour que j’en vienne à ce stade. Ça faisait longtemps que j’avais pas été aussi retourné par une nouvelle, j’me souviens d’ailleurs même plus quand a été ma première fois. Bizarrement, tout l’reste paraît futile à côté de ça. J’me demande bien comment je vais me remettre de cette infortune, de quelle façon je vais réussir à me faire à l’idée que j’suis…Père.

J’veux pas y croire.

Dites-moi que c’est juste une foutue blague, un mauvais rêve. Mais l’pire est à venir, surtout pour toi Mei. Tes larmes roulent sur ton visage amaigri, elles ne s’arrêtent pas, s’écrasent vulgairement au sol. Je peux nettement percevoir ta douleur qui ne fait qu’accentuer mon tourment mais j’suis ailleurs, totalement absent. J’suis plongé dans mes pensées, dans ce tourbillon infernal duquel j’essaie de m’échapper. Ma migraine revient, mon inconfort s’accentue, j’m’enfonce le front dans la paume de ma dextre, demeurant immobile. Je sens que si j’venais à me redresser, je me péterai la face à terre, scié que j’suis. Pourtant il faudra bien que j’avance, que j’me batte pour accepter mon destin. Tu sais, si ce logiciel ne nous avait pas maqués, rien de tout ça n’serait arrivé, j’t’aurais oubliée. Mais j’me dis que si c’était pas toi, ç’aurait été quelqu’un d’autre. Dans ce pays, tu peux pas rester indéfiniment célibataire, c’est pas possible, pas à l’ère de l’Incontestable. Si seulement il avait pu kaput avant cette erreur… T’aurais pris une vraie pause. Dire que tu portais déjà c’t’engeance quand t’as plié bagage et que tu l’savais pas… Finalement c’était peut-être mieux que tu te sois éloignée, juste pour un moment. Sauf qu’un jour ou l’autre, il faut réaliser, affronter.

J’ai pas porté attention à c’que tu étais en train de me préparer, là, à l’instant, jusqu’à ce que je me reçoive ta rage en pleine trogne. Si c’est pour me sortir de mon aphasie, t’as gagné, j’me suis immédiatement ressaisi. Mais encore une fois tu ne t’es pas contenté que de ça, tu as trouvé bon de me gueuler d’ssus. T’as pas l’habitude de me voir comme ça, hein ? Ça te surprend ? Tu pensais que j’étais insensible, incapable de me sentir dépassé à ce point, n’est-ce pas ? Tu n’as vu qu’un pan de ma personnalité, c’lui que je montre la majeure partie du temps. Tu t’imaginais que je n’étais que rudesse, fureur, rancœur, indifférence, rébellion, et bien d’autres défauts que tu dois encore m’attribuer. J’en suis pas surpris, t’es pas la seule à me l’avoir fait comprendre. J’ai fini par m’y faire, je m’en contrefous même. T’aimes pas ça, avoue-le. Ça te dérange tellement que tu ressens le besoin de me voir me mettre en pétard pour mieux me retrouver, m’accuser. Tu veux avoir une bonne raison de m’en vouloir, alors tu préfères voir le mauvais côté de mon caractère qui te rassure, au fond. J’croyais que t’aimais pas ça parce que je t’asphyxiais ? Il semblerait que ça ne soit pas le cas dans cette situation. Il faut bien que tu te raccroches à quelque chose au risque de dépérir.

« ‘tain ! »

Ça y est, j’gueule. C’est juste une pure réaction, parce que se prendre un oreiller dans la face, c’est pas c’qu’il y a de mieux niveau douceur. M’enfin je préfère ça à une chiquenaude, on va pas se plaindre. Et, comme si c’était pas suffisant, tu continues de m’attaquer autant que tu le peux en vociférant encore ces propos ridicules. C’est toujours la même chose avec toi. Tu m’tues. T’attends que ça, que j’te le dise, que t’es qu’une plaie, qu’on ne peut pas t’aimer, que JE, moi, ne le peux ? C’est vraiment ça que tu veux ? Ce que j’entends dans cette menace c’est un appel au secours, tu voudrais que j’reste en réalité. Tu voudrais que j’te soutienne contrairement à ce que tu me balances dans la tronche. T’es si prévisible, la bridée… J’encaisse en grondant de déplaisir, en faisant semblant de me défendre mais il n’en est rien, je manque clairement d’énergie, de hargne. C’est pas maintenant que tu vas réussir à me faire rugir, encore moins à me voir riposter, pas comme ces fois-là. Tout est différent maintenant. Il suffit déjà de te regarder pour le comprendre. T’es un crève-cœur Mei.

Quand t’as terminé, effondrée, épuisée, mes perles fauve se posent sur ton minois desséché, déformé par l’affliction et la douleur. Ouais, comme tu l’dis, j’ai perdu mes burnes. Si j’les avais pas eues, j’t’aurais pas donné ce miasme. Mais maintenant cet être est là, bien vivant, subissant les émotions de sa mère. Quel malheur qu’il a eu d’avoir des parents de notre genre, l’indésiré, l’indésirable. Hormis tes sanglots, il n’y a que ce détestable silence qui règne, celui que tu abhorres quand il s’agit de moi. Tu vas pourtant devoir t’y faire car si toi tu accuses le coup, il en est aussi le cas pour moi, que ça te plaise ou non. Un soupir franchit mes lippes, je zieute le sol, démuni.

« Désolé, j’peux pas faire semblant, c’est comme ça. Maintenant j’suis là et j’crois que c’est pas une si mauvaise chose que ça. J’assume pas Mei. J’suis pas fait pour ça, c’était ma plus grande hantise d’avoir un marmot. Mais ça m’est tombé sur l’coin du nez. »

Je marque une pause sans pour autant regarder ma « femme ».

« J’ai beau être un c*nnard, j’ferai pas la connerie de punir le gosse qui a pas demandé à exister. J’me dis « et si c’était moi à sa place ? ». Rien que ça suffit à m’faire sentir coupable. J’ai merdé, ouais, et pas qu’un peu. Je t’ai foutue dans la mouise et j’suis clairement responsable de c’qui t’arrive aujourd’hui, j’peux pas fuir même si j’en ai l’envie. J’veux pas de cette vie, j’suis pas prêt à être père, j’ai la frousse de tout ça. J’vais pas te mentir pour te faire plaisir et tu l’sais. Mais puisque j’ai une dette envers toi, alors ouais, j’resterai. Advienne que pourra après. »

Je resterai pour toi et pour elle. Ce que je t’ai confié là te paraît sans doute étrange, étranger à ce que je t’ai renvoyé durant ces longs mois de cohabitation. Si on arrêtait de se planquer ? J’suis fatigué aujourd’hui et les jours à venir seront encore plus rudes à mesure qu’ils défileront, parce que tu t’arrondiras et nous réaliserons chaque fois un peu plus notre condition de parents.

Par automatisme, j’me décide enfin à bouger, à me rapprocher de ta maigre silhouette pour la ramener vers moi d’un geste vif. J’me tais, il n’y a rien à dire. Si tu veux pleurer, vas-y, peu importe ton ressentiment vers moi. J’dois prendre mes responsabilités aussi lourde soit la croix à porter. J’te promets pas de ne pas m’écrouler en route parce que je n’suis qu’un pauvre homme et que je n’ai jamais été exemplaire. Mais je ferai mon maximum, j’essaierai. Il faut juste que tu crois un minimum en moi, si tu le veux bien et seulement si tu te sens capable de faire confiance à un abruti tel que moi.

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le Sam 8 Juin - 16:33
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Mais qu'est-ce que tu me chantes, l'ursidé ? Je ne comprends plus rien, je ne sais même plus qui se trouve devant moi, tant cela ne te ressemble pas. Je n'aime pas ça… Vraiment pas. J'ai déjà perdu tous mes repères, et voilà que tu t'écroules toi aussi… Je suis perdue, Angie… Tu as la frousse ? Moi aussi… C'est même pire que ça… J'ai l'impression de tomber dans un puits sans fond. Je manque d'air, j'étouffe. Je ne me reconnais même plus lorsque mes yeux ternes et cernés se posent sur un miroir. Je suis un fantôme hanté … J'ai cette horrible impression de n'être qu'une sorte d'incubateur ou un morceau de viande se faisant dévorer de l'intérieur. Comment pourrais-je seulement accepter ça ? Et puis, comment ça peut m'arriver à moi au juste ? Où se trouve la logique là-dedans ? Plus rien ne l'est, n'est-ce pas ? Toi… Moi… Et ça… Encore un Bennett que la vie m'impose et qui me possède malgré moi.

Tu parles d'une punition… mais comment peux-tu seulement accepter ce que tu n'as jamais désiré ? Sans le vouloir, nous le punirons parce que nous n'en voulons pas. Il mérite mieux, beaucoup mieux… Je ne suis pas faite pour être mère, certaines femmes ont la maternité dans le sang, mais pas moi… Je suis instable, fausse jusqu'au bout des ongles parce que je me suis oubliée quelque part en route. Je ne sais même plus qui je suis… À part une erreur pleine de tares qui ne devrait même pas exister et me voilà transformée, par la force des choses, en piège ignoble. C'est ce que je suis pour toi, n'est-ce pas ? Un piège à la con pleine d'un être indésiré qui vient infecter notre vie toute aussi indésirable…

Ne parle pas de dette, elle n'existe pas. Je sais bien que tu n'as pas voulu cela, je ne t'en veux pas plus que je n'en veux à moi-même. C'est moi qui me fais horreur, tout autant que ce qui est en train de grandir au creux de mes entrailles. Si tu veux fuir, fait le, je ne te retiendrai pas. Je le ferais si j'avais le choix, tu peux me croire, d'ailleurs, je l'ai déjà fait et je ne le regrette pas. Toi et moi, ça ne rime à rien, rajouter ce truc entre nous n'arrangera certainement pas les choses. Je ne veux pas de ta pitié dégueulasse, je veux juste me réveiller de ce putain de cauchemar et retrouver ma vie. La mienne. Celle que j'ai choisie et que j'ai construite en trimant. Je ne veux pas de toi. Tu ne veux pas de moi… Alors disparaîs bordel… Va t'en.

Je le pense tout ça, même si je ne dis rien, me contentant de pleurer parce que je suis incapable de faire autre chose. Je ne résiste même pas quand tu me ramènes à toi… Je devrais pourtant… Je devrais te gifler, te repousser avec virulence, au lieu de quoi je m'accroche misérablement à ton tee-shirt tout en engouffrant mon visage contre ton torse. Pourquoi tu ne me repousses pas Toi ? Pourquoi tu ne me rejettes pas alors que c'est encore ce qu'il y a de plus simple à faire ? Pourquoi chaque fois, celui qui vient vers l'autre, c'est toi ? Je pense que je ne te comprendrais jamais.

J'entends la porte glisser doucement avant de se refermer tout aussi silencieusement… Inutile de me retourner pour savoir qu'il s'agissait de ma grand-mère et qu'elle a évidemment tout vu. Je devrais m'éloigner, mais je fais tout l'inverse, je me love contre toi, je m'accroche tout en espérant que tu partes. Je sais, c'est paradoxal, mais au fond, c'est toujours le cas avec moi. Je ne sais pas ce que je veux ou ce que j'attends de toi. Probablement, que tes manières me perturbent parce que tu n'agis pas comme tu le devrais… Dis, pourquoi me cherches-tu continuellement ? Est-ce là un autre moyen de me provoquer ? J'en doute, tu as simplement pitié de moi et honnêtement, ça me débecte. Tu te forces, évidemment. Tu ne veux pas de moi, tu ne veux pas de tout ça…

Je m'éloigne brusquement, avant de retourner sur mon futon pour mieux me planquer sous les couettes.

Va t'en, te dis-je avec une intonation n'exprimant qu'une profonde lassitude.Je ne te demande rien. Je n'ai pas besoin de toi.

J'en ai marre de tout cela. Je ne veux pas de tout ça. Je ne veux pas de toi. Tu n'es là que parce que t'on t'as "forcé" à venir. Tu ne restes que par devoir ou par crainte de perdre la vie. Mais moi, je ne veux pas de ça, j'en peux plus… Alors disparais qu'on en parle plus, il sera bien temps de faire semblant quand la machine se remettra en route.


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le Sam 8 Juin - 21:01
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Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

J’pourrais bien fuir tant qu’il est encore temps, obéir à ton souhait, disparaître, comme ça. Mais tu t’accroches à moi, trop fort pour que je puisse m’exécuter. Depuis quand suis-je devenu aussi sentimental ? Depuis quand la tristesse a-t-elle fait son nid dans mon cœur de pierre ? J’suis pourtant incapable de m’émouvoir, surtout pas avec un boulet de ton genre puisqu’on ne s’aime pas. Alors pourquoi est-ce que ça me pique le palpitant quand j’entends ton chagrin ? Mais j’crois que t’as raison, puisque je suis la cause de ton malheur, je devrais te laisser seule. J’me sens déprimé subitement, j’aurais presque envie de chialer, intérieurement. J’voudrais vraiment te consoler, t’apaiser mais en ai-je seulement le droit ? Je ne crois pas.

Par réflexe, ma main se renferme sur ton dos comme si, moi aussi je tentais de m’accrocher à quelque chose. J’suis pas l’épaule sur laquelle tu peux te reposer, paumé que je suis. Pas pour l’instant. Peut-être dans les mois et les années à venir… Ou pas. J’ai levé les yeux quand ba-chan a fait son apparition, lui renvoyant sans doute une terrible expression. Désolé mamie, j’peux pas nier, feinter. Tu le sais toi, hein ? J’ai pas non plus envie de t’inquiéter davantage avec mes humeurs alors, quand sa petite-fille a décidé de me renvoyer bouler comme elle sait si bien le faire quand elle est ambivalente, je prends ma retraite.

« T’as gagné, je capitule. »

Lui ai-je envoyé sans aucune colère. Mon ton manque d’agressivité, ma voix de puissance. J’me redresse en prenant suffisamment appui pour bien me tenir sur mes jambes puis passe devant l’ancienne pour disparaître dans le couloir, les laissant toutes les deux dans la chambre. Elles doivent sûrement avoir des choses à se dire, sans que je n’intruse leur conversation. J’ai besoin de prendre l’air, peu importe où. J’ai après tout toute la journée devant moi pour ça. Alors je prends les clés de ma bagnole sans rien dire à quiconque puis me tire pour quelques bonnes heures. J’aurais au moins un semblant de liberté, bien qu’éphémère, ‘faut pas se leurrer.

***

Quand je reviens, il est bien tard dans la soirée. J’ai pas regardé mon portable pour voir si on avait essayé de me joindre durant mon escapade. J’suis sûr qu’elle a dû penser que j’ai véritablement fui. Mais non. J’suis juste allé me noyer dans les paysages verdoyants, en passant par la case sake entre temps. J’ai clopé plus que de raison, de quoi me tuer les poumons et de raccourcir un peu plus ma vie. J’ai l’pas un peu trop lourd pour faire une entrée discrète, je m’en rends même pas compte. Je suis dans le brouillard et tant mieux. Mon objectif est la chambre, la mienne. J’ai certainement pas envie de remettre les pieds dans celle de la Sugawara au risque de me faire repousser une nouvelle fois, j’ai pas l’moral pour jouer à ça ce soir. Mais puisque ma piaule est à côté de la sienne, je jette un coup d’œil sur la porte coulissante, juste comme ça. Est-ce que tu dors ? Tu le dois, oui. Moi j’y arrive pas, c’est bien pour ça que j’ai une petite bouteille de gnôle en main pour me forcer à roupiller parce que sans ça, mon cerveau va turbiner toute la nuit à m’en rendre complètement dingue. Le seul risque restera la gueule de bois le lendemain, au moins j’aurais une bonne raison d’être ronchon.

Je fais coulisser le fusuma de la pièce qui m’a été attribuée la veille puis m’enferme aussitôt avant de me poster sur le couloir extérieur pour m’y asseoir. Cigarette et sake seront mes compagnons pour ce soir. Tout ça sera terminé quand le gosse sera là, j’pourrai pas me permettre de me foutre en l’air de cette façon. Alors si ce sont mes derniers moments, profitons-en. C’est pas par gaieté de cœur que je fais ça, il s’agit simplement de prendre une pause, de s’évader, trouver une échappatoire pour quelques ridicules heures. J’abuse, j’m’accuse, je grogne, je peste, j’me défoule sur moi-même. Ça c’est tout c’que j’ai pas pu faire quand j’ai reçu le coup de massue sur l’crâne. Parce que je commence à réaliser, juste un petit peu. Ce n’est qu’après avoir pinté comme un saoûlard et achevé trois clopes que je m’assoupis enfin, ivre mort. J’ai même pas eu le temps de regagner mon plumard tellement j’suis beurré. Tant mieux, tant pis.

***

Le soleil est déjà relativement haut dans le ciel quand j’daigne enfin ouvrir l’œil non sans grimacer sous la douleur qui me tambourine le crâne. Je me relève difficilement, clignant des yeux à plusieurs reprises pour me reconnecter avec la réalité. J’suis dans le brouillard, j’ai trop abusé hier soir. C’est avec nonchalance et une certaine lenteur que je sors de mon trou pour aller me rafraîchir la margoulette avec de l’eau bien glacée puis de me désinfecter l’museau à grand coup de dentifrice. Un coup de main dans la tignasse et je me rends dans le jardin sans me faire remarquer. J’vais éviter de croiser la future mère, l’ignorer comme elle le souhaite. J’aurais bien pu me tirer d’ailleurs mais quelque chose me retient. Moi non plus je sais pas c’que je veux. Elle m’a donné l’opportunité de fuir mes responsabilités mais ce qui me dérange dans tout ça, c’est justement le fait de fuir. J’y ai pensé tout du long mais j’ai pas pu m’y résoudre. Je repense à son émoi profond, aux clichés… Elle et elle. Je dirai rien de tout ça à mes vieux, ils n’ont pas à savoir. Ni même Aki. Ils connaissent bien mon refus de paternité que j’leur ai de nombreuses fois balancé au visage alors j’ose même pas imaginer s’ils apprenaient. Ils sauraient que c’est un accident, le daron n’apprécierait pas. Il serait le premier à m’rentrer dans le lard et à me traiter de fils indigne. Pire encore s’il savait que j’ai eu envie d’abandonner mon « épouse » et son rejeton pas encore né. J’ai plus quinze ans mais il paraît qu’on reste toujours les enfants de ses parents. J’suis pas sorti de l’auberge avec ça…

Je soupire pour la énième fois, je n’sais faire que ça depuis la veille. Je ne sais pas comment agir, j’me sens clairement inutile, un intrus. Qu’est-ce que j’dois faire si j’te suis insupportable ? Me ronger les sangs ? Devenir une loque pour te paraître encore plus minable que je ne le suis ? Même ici j’ai l’impression d’être de trop. J’me sens vraiment mal mais me prendre des cuites pour oublier n’est pas c’qui me fera me sentir mieux, hormis à m’allumer l’estomac ou à m’envoyer à l’hosto pour coma éthylique. Le problème est que je n’ai pas grand-chose à quoi me raccrocher, j’suis sur une pente glissante, je perds pied et ça m’effraie. Jusqu’à présent j’arrivais à m’en sortir parce que j’n’entraînais personne dans mes couillonnades. Si ça ne concerne que moi, pas de quoi s’affoler mais quand il s’agit de la vie des autres, c’est une autre histoire. J’ai jamais voulu te faire réellement souffrir Mei. Tout c’que je voulais moi, c’est que tu te rendes compte de ta valeur, que tu te révèles au lieu de te planquer, de te descendre sans cesse. Mais j’ai échoué, lamentablement. J’arriverai certainement pas à réparer c’que j’ai cassé en toi, ça ne sera jamais plus comme avant. Après avoir perdu ton métier, t’as aussi paumé ton semblant de liberté. J’t’ai volé ta virginité, privé de tes projets de femme accomplie. C’est déjà trop.

Assassin.

Quitte à attendre, à ressasser, autant rester dans son refuge. J’ai décidé de m’enfermer de nouveau dans ma chambre, sans même me pointer pour grailler. Je n’ai pas faim. Je passe mon temps assis sur le rebord du couloir extérieur à guetter les changements de climat, chialant à l’intérieur de moi-même. C’est juste une phase à passer mais il faut que j’fasse mon deuil avant de mieux rebondir. Reste à savoir combien cela durera.

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Mei Bennett
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le Dim 9 Juin - 9:27
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


Au fond, tout ça, ça ne rime à rien. A quoi bon lier des couples prétendument compatibles et les pousser à procréer si ce n'est que pour peupler le pays d'enfants indésirés qui ne pourront devenir que des êtres meurtris plus tard ? C'est cela que cherche le gouvernement ? Façonner des générations d'écorchés qui en enfanteront d'autres une fois assemblés par ce système vérolé ?

Si je fus désirée, tout comme moi frère et ma sœur, il n'a fallu guère de temps pour que je revienne indésirable, infatigable, incontrôlable… Un cauchemar pour mes parents. Un boulet insupportable pour Sara et Kazuki… Une enfant dissipée et inattentive pour mes enseignants. Une camarade fermée et inatteignable pour les autres élèves, comme pour mes collègues plus tard. Et pour toi, l'ursidé, je suis quoi ?

Je te demande de partir et tu t'exécutes. Tu "capitules" selon tes propres mots. C'est mieux comme ça… C'est ce que je me répète depuis que tu as quitté la pièce, un peu comme si j'essaie de m'en persuader… C'est stupide… Je ne sais pas quelle réaction m'énerve le plus, la tienne trop passive ou la mienne trop… moi. Je n'ai jamais su gérer ce genre d'émotions là en particulier avec une telle intensité. C'est mon point faible. J'aime mieux me terrer dans un coin pour que personne ne me voie sombrer, c'est d'autant plus nécessaire que je ne suis pas capable de me reconnaître actuellement. Je ne reconnais rien du tout en réalité.

Je n'ai pas supporté te voir t'éteindre de cette manière. Je me sens coupable, même si j'ai bien du mal à l'accepter. Je suis responsable de tout ça, n'est-ce pas ? Je me demande combien de vie, j'ai pu pourrir en me contentant d'exister ? La tienne, c'est sûr, celle de mes parents, aussi. J'apporte du souci aux deux seules personnes capables de me supporter et de m'accepter comme je suis… Je suis un virus en réalité… Virus porteur d'un parasite…

Si cet enfant vient au monde, il ne pourra qu'être malheureux d'avoir une mère telle que moi. Lorsqu'il aura l'âge de comprendre, lui aussi me rejettera. Il aura bien raison de le faire d'ailleurs, puisque je suis déjà en train de le détruire alors qu'il n'est pas encore né.

"Tu casses tout ce que tu touches, Mei !"

Sara disait toujours ça lorsque nous étions gamines… Même si je me braquais toujours en affirmant que c'était faux, il faut bien reconnaître qu'elle n'avait pas tout à fait tort. Je sais que je t'ai tout mis sur le dos, Angie. Je m'en suis rendu compte tout de suite, mais c'était bien plus simple de te refiler la faute plutôt que d'assumer mes actes. La perte de mon boulot… C'est entièrement ma faute. Je me suis auto-sabotée en poursuivant mon enquête tout en sachant que tu ne viendrais pas. Je savais parfaitement ce qui allait se passer. La milice, la cellule… Et pourtant, je me suis jetée moi-même dans la gueule du loup. C'est mon erreur, pas la tienne… Mais c'est toujours comme ça avec moi, je suis injuste, égoïste… Je t'ai cassé toi aussi, n'est-ce pas ? C'est ce que je fais toujours, je brise, je détruis, mais je n'assume strictement rien.

Je n'aime pas ma manière de me comporter avec toi… Tu n'es pas un monstre, loin de là, ce privilège me reviens. J'ai le monopole de l'injustice, de la méchanceté, de l'irrespect. Si tu ne peux pas m'aimer, au moins, tu peux me détester comme les autres. Je trouve ça tellement plus logique et légitime, après tout, je suis une horreur sur pattes. Reste loin de moi, ça vaut mieux. Je suis bien trop néfaste pour toi, je le suis pour moi-même… Regarde moi … Non, ne le fais pas. Mon ignominie se reflète dans mon apparence. Au moins mon état permet de montrer au monde celle que je suis en réalité… Mais alors, pourquoi suis-je si ennuyée que Toi, tu me vois comme ça ?

Pourquoi ta réaction me blesse autant ? Je devrais m'en sentir soulagée, mais c'est tout l'inverse. Je t'ordonne de partir tout en espérant que tu restes. Je te repousse alors que dans tes bras, je me réchauffe… Depuis que tu as quitté la chambre, Kurue me caresse les cheveux en silence, comme lorsque j'étais enfant… Pardon grand-mère d'être aussi affreuse. Je ne serais jamais venue ici si j'avais su… Ça me tue de t'inquiéter, de te blesser… Mais visiblement, je ne sais pas agir autrement. Tôji m'évite, je le sais… Il ne supporte pas l'image grotesque et pathétique que je renvoie. Tu devrais faire pareil en réalité. Imite donc ce grand-père et ce "mari", ce sont eux qui ont raison, pas toi. Je ne mérite pas ton attention, ta bienveillance… Je te brise, toi aussi… Et ça me rend malade.

Dis, l'ursidé, tu as fui, n'est-ce pas ? Tu as bien fait, c'est mieux ainsi. J'aime mieux que tu me haïsses plutôt que tu m'infliges ta pitié. Si tu ne veux pas de moi, ne t'impose pas ma présence. Tu l'as déjà fait durant des mois et regarde où ça nous a mené. Tu ne l'as pas voulu, évidemment, on ne t'as même pas laissé le choix… Alors moi je te l'offre ce choix, cette liberté malmenée, arrachée… Je te la rends. Tu t'en porteras beaucoup mieux.

Laissez-moi seule, c'est bien tout ce que je mérite. Ça ne me gêne pas, j'y suis habituée. J'aime la solitude, je n'ai pas à me forcer pour quoi que ce soit. C'est reposant…


*****


Il l'avait regardé quitter l'auberge en silence. Inutile de le retenir, puisque l'aubergiste sait pertinemment que le jeune homme a besoin d'un peu de temps, d'espace et de solitude… Il venait d'ailleurs justement ici pour cela habituellement, tout comme sa petite fille qui passe ses journées enfermée dans sa chambre à présent.

Ne pouvant rien faire pour changer cela, le vieil homme choisit de se concentrer sur son travail. S'occuper reste probablement la meilleure chose à faire pour éviter de réfléchir bêtement. Mei faisait cela, elle aussi… Avant. Quand quelque chose lui torturait les méninges au point de rendre toute réflexion stérile, la jeune femme veillait à trouver une occupation pouvant accaparer ses pensées. Non pas pour oublier, mais plutôt pour forcer son cerveau à réfléchir en tâche de fond. C'est ce qu'elle lui avait expliqué un jour et trouvant cela efficace, Tôji choisi d'adopter cette stratégie aussi souvent que nécessaire… Comme c'est le cas depuis quelques jours.

Le soir, lorsque Tôji retourne à l'auberge, il constate que la voiture du jeune homme n'est toujours pas là… Il s'en inquiète, un peu, néanmoins, il reste certain qu'Angelo finira par revenir. "C'est un bon gars, un peu bourru, c'est vrai, mais il a bon fond." Reste à savoir à quel point le jeune tokyoïte a été atteint par l'état et probablement les paroles de sa petite-fille. Il ne le jugerait pas, ce serait d'ailleurs bien hypocrite de sa part, puisque lui-même est incapable de la regarder. Elle les loin l'image de la jeune femme dynamique que rien ne semble pouvoir atteindre… Il sait bien que c'est une image. Il la connaît suffisamment pour savoir que Mei est bien plus fragile que ce qu'elle veut bien montrer. Toutefois et malgré l'air inquiet qu'elle arbore, son épouse affirme que ce n'est qu'une mauvaise passe. Qu'elle finira par se ressaisir à un moment ou à un autre… Que la seule chose à faire est d'attendre tout en lui apportant un soutien solide…

Alors, il fait ce qu'il peut, le pauvre vieillard. Il achète tout ce que Mei aime manger d'ordinaire en espérant qu'elle finisse par réussir à avaler quelque chose… En vain. Il lui apporte des livres, pour se distraire, le journal, chaque matin… Mais la jeune femme s'entête à se cacher sous ses couettes à longueur de journée… À force, il ne sait plus quoi faire à son niveau… Alors il s'occupe en s'occupant du jardin, en réparant les meubles usés par le temps…

À son réveil, le lendemain, il retrouve la voiture d'Angelo dans l'allée. Il ne dit toujours rien, mais se sent tout de même un peu rassuré. Le jeune homme ne se montre ni pour le petit-déjeuner, ni pour le déjeuner. Kurue lui apporte donc un plateau qu'elle place devant sa porte comme elle le fait pour Mei.

Dans l'après-midi, lorsque Tôji passe devant l'allée bordant les chambres du rez-de-chaussée, il trouve Angelo assis sur le plancher, l'air perdu.

- Hey gamin, tu voudrais bien aider un vieil homme ? C'est que mon dos me fait bien trop souffrir pour soulever tous ces machins-là, lui lance-t-il tout en désignant quelques planches entassées un peu plus loin.

S'occuper pour ne pas réfléchir bêtement. S'offrir la possibilité de voir les problèmes depuis un point plus reculé… C'est bien l'opportunité qu'il a l'intention de donner au jeune homme.

- Allez viens, ça ne sert à rien de te morfondre, ça ne la rendra pas moins bornée… Et puis, je pense que tu commences à comprendre comment fonctionne Mei… Elle dit toujours l'inverse de ce qu'elle pense… Elle se protège comme elle peut, même si actuellement, c'est tout l'inverse qui se produit.

Un soupir s'échappe de ses lèvres fines avant qu'un sourire ne s'y dessine.

- Vous vous êtes attachés l'un à l'autre, ça crève les yeux. Je suppose que têtus comme vous êtes, vous ne vous en rendez même pas compte. Mais je vais te dire un secret à propos de ma petite fille. Elle n'a pas beaucoup changé depuis son enfance de ce côté-là… Plus elle tient à quelque chose, plus elle le repousse simplement pour ne pas être rejetée la première. Elle a beaucoup souffert… Mais cette andouille est persuadée que personne ne peut s'attacher à elle… Et en ce moment, elle agit comme ça même avec nous, c'est déstabilisant… Mais plus simplement, je connais assez bien ce drôle d'oiseau pour affirmer que si elle est partie, c'est pour ne pas te laisser l'occasion de le faire en premier. Et que si elle te rejette maintenant, c'est pour que toi, tu ne l'abandonnes pas plus tard. Elle anticipe si tu préfères. Mei n'est pas capable de voir que tu tiens à elle, Angelo. Elle est bien trop persuadée du contraire que rien ne pourra la faire changer d'avis à ce sujet… Bon allez, je parle, je parle, mais on du boulot mine de rien…

Porter les planches jusqu'à la petite bâtisse isolée du reste de la maison. Scier, clouer, poncer, vernir… De quoi les occuper pour le restant de la journée… Et puis, le soir, à l'heure du repas, ils ont la surprise de retrouver Mei, assise à table à côté de sa grand-mère, s'efforçant d'avaler le contenu d'un bol de riz.


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Angelo Bennett
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le Lun 10 Juin - 16:40
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

Forcément, quand on fait l’mort, ça attire l’attention de quelqu’un et j’étais prêt à parier que c’était lui qui se pointerait pour venir me ramasser à la petite cuillère. Heureusement pour lui, j’suis pas encore en état de loque même si j’ai pas très bonne mine, que je gamberge un peu trop pour paraître en paix. La paix… Est-ce que j’l’ai vraiment eue ? Je ne saurais plus trop dire. Tu sais, papy Tôji, j’t’ai entendu arriver mais j’avais juste pas la force de venir chouiner dans tes pantalons, parce que c’est pas dans mes façons de faire. Tu l’as bien deviné, il ne pouvait en être autrement au vu de la situation. C’est plus facile pour toi de causer à un « étranger » hein ? Sauf que j’suis un habitué maintenant, je pourrai presque faire partie de la famille… J’en ai fait partie y a six mois, puis ça s’est terminé comme ça, pof. M’enfin j’pense pas que ça change grand-chose de ton point de vue, l’ancien. Pour toi aussi c’est dur, n’est-ce pas ? Quitte à geindre, autant l’faire ensemble et en défoulant. C’est c’que tu me proposes et j’n’attendais que ça. Par contre, c’que tu me ponds après me fait hausser les sourcils. J’devrais pas être si étonné que ça parce qu’il y a des choses que je sais déjà sur elle, sur sa façon d’agir pour mieux se dissimuler mais l’entendre se le faire dire reste dérangeant. J’mets du temps à répondre, histoire d’avaler déjà ce qu’il me révèle.

« On s’aime pas, c’est juste qu’on a été foutus ensemble. C’est juste de l’habitude à vivre sous l’même toit, c’est une sorte de lie, rien d’plus. »

Allez, vas-y, défends-toi avec de pauvres arguments. C’est pas à un vieux singe que tu vas apprendre à faire des grimaces, Angie. Sauf que j’te dis pas ça pour te mentir, papy, je sais vraiment pas c’que je pense d’elle et moi-même je ne comprends pas mes réactions. Pour être honnête, c’est la première fois que je ressens ça envers quelqu’un, qui est plus est, une nénette. Pourquoi elle ? Notre première rencontre a été une véritable catastrophe et ce qui a suivi n’a sûrement pas été mieux. Alors pourquoi ? J’en suis même venu à la désirer physiquement, dans ces quelques sursauts de brutalité. Elle ne m’a pas repoussé non plus. On a trouvé ça normal, dans notre déraison et le lendemain on a tout oublié, comme si tout ça ne s’était jamais passé. Si ça s’était arrêté là, j’aurais pu penser que ce n’était que « juste une fois, comme ça ». Mais non. Pourtant ça n’a pas changé notre relation, on est restés au même stade. Engueulades, provocations, destruction. L’amour dans la violence, le désir dans la douleur. On est tellement pareils, toi et moi. Mais on pense ne pas se comprendre. Personne ne veut faire le premier pas, personne ne veut livrer ses affects de peur d’être mis à découvert, de ne pas être ce qu’il montre. Et si ça changeait la donne ? On a sûrement essayé c’était tellement discret que ça n’a pas sauté aux yeux, que ce n’est pas allé plus loin. Ça a fait flop. On ne veut pas être réceptifs pour rester chacun maître de soi, comme si, quelque part, on se complaisait là-dedans. C’est comme papy l’a dit : on ne veut pas perdre l’un face à l’autre. Il n’y a que lorsqu’on te met le film sous le nez qu’il te paraît ridicule.

Pour ce qui est des trauma’, t’as bien raison Tôji. Les mauvaises expériences, la souffrance laissent des blessures qui marquent l’être. On se renferme, se forge une carapace puis on s’y habitue. Encore plus quand elles surviennent dans l’enfance. C’est parfois peu de choses mais suivant la personnalité de celui qui se fait brimer, ça peut devenir catastrophique. On n’est pas dans une société d’entraide ici, sinon ça se saurait. Pour en arriver à devoir compter sur un logiciel pour se marier c’est que l’monde, ou plutôt le Japon, va vraiment dans le mur. Faut pas s’attendre à grand-chose en étant aussi individualiste. Et ça donne des gens comme moi, comme elle, des paumés de la vie, des marginaux. Va réparer ça après hein. Y a que le temps qui le pourra ou seulement si de bonnes âmes sont là à te soutenir, au pire tu restes dans ton jus et tu crèves encore plus c*n.

Un faible rire, bref, s’échappe de mes lèvres. T’es vraiment pas possible Mei… Tu remues ton petit monde tel un ouragan. J’me demande qui de toi ou de moi est le plus sauvageon au final.

« Ouais, c’est vraiment une plaie, une plaie qu’il faut guérir avant qu’elle se gangrène. C’est déjà moche de la voir comme ça, j’ose même pas imaginer le stade suivant. »

J’arbore un air détaché en prononçant ces paroles, comme si je ne m’en souciais pas mais tu le sais bien, papy, que c’est faux. Chialer n’avancera pas le schmilblick hormis à te prendre pour un faiblard. Ca aussi j’le sais, ji-san.

Je passe la main sur ma nuque, réfléchissant déjà à la façon dont j’devrais l’aborder dans les prochains jours. Je me ferai d’abord absent et puis quand je le jugerai bon, je ferai mon retour. J’ai simplement besoin d’une pause utile et ji-san me l’offre sur un plateau d’argent. Inutile de lui dire que j’ai conscience qu’il joue légèrement la comédie pour m’appâter. Sacré Tôji.

***

J’suis claqué, j’ai mis toutes mes forces et mon énergie dans le boulot de cet après-midi, j’me suis évadé l’esprit. C’est couvert de sueur et plus que poisseux que je pénètre dans la maison pour filer à la douche en vue de me décrasser. J’ai déjà pris des couleurs avec le soleil qui nous a tapé sur la tronche, d’ailleurs. Retirant mon haut trempé quand je traverse le couloir, je ne peux pas empêcher mes yeux de dévier vers la porte de la piaule de l’asiat’, comme si je la surveillais. Je secoue la tête puis disparais pour une bonne dizaine de minutes. C’est l’estomac grondant et le corps rafraîchi que j’me rends dans la salle à manger pour calmer la catastrophique symphonie avec un repas bien consistant. Mais arrivé à l’encadrement de la porte, j’me stoppe net.

Quoi ?

Mei est là. Assise aux côtés de mamie, mais bien là. Qu’est-ce qu’elle a bien pu lui dire pour qu’elle se pointe ce soir ? Et pour qu’elle tente même de manger ? J’me tais mais mon regard parle, se pose furtivement sur son minois. J’m’installe en silence à ma place habituelle puis fais ma prière avant d’attaquer le plat de résistance, non sans me précipiter sur ce qui se présente à nous. J’ai les crocs de m’être autant dépensé et, au fond, j’suis plutôt soulagé de voir qu’elle a fini par sortir de son trou. Peut-être bien que j’pourrai mettre plus rapidement mon « plan » à exécution.

Le repas s’est déroulé dans un calme presque absolu, ponctué de mes quelques reniflements et œillades. J’me sens légèrement apaisé même si je suis encore loin de crier victoire. J’rends l’âme de m’être autant goinfré, la panse prête à craquer sous la quantité astronomique que j’ai ingurgitée. Ce soir j’devrais mieux dormir avec la fatigue qui pointe enfin l’bout de son nez.

« Gochisou sama deshita. »

Je suis l’premier à me lever de table, bien décidé à attendre la bridée quand elle reviendra sur ses pas, là, dans le noir du couloir. Eh dis, c'est quoi ta recette secrète, ba-san ?

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le Lun 10 Juin - 22:14
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


Tu sais grand-mère, j'ai beau savoir que je t'inquiète, je n'arrive pas à faire les efforts nécessaires pour te rassurer. N'y vois aucune mauvaise volonté de ma part, je me sens simplement épuisée, bien trop pour pouvoir agir comme je le fais d'habitude. Tu me connais toi, tu sais que je ne supporte pas l'enfermement, j'ai toujours besoin d'oxygène, d'air frais, pourtant cette fois, je laisse la fenêtre fermée. J'ai toujours eu besoin de bouger, au fond, j'en meurs d'envie et ça me tue de ne pas pouvoir tenir sur mes jambes parce qu'un parasite me pompe toute mon énergie. J'ai l'impression d'être enfermée dans mon corps avec mes réflexions qui ne m'apportent rien de bon…

Pourquoi l'as-tu appelé ? Bonnes ou mauvaises, j'avais mes raisons de ne pas le faire… Tu ne peux pas le comprendre simplement parce que je ne parle jamais de ce qui me tracasse. C'est toujours comme ça avec moi, les mots défilent dans ma tête sans jamais réussir à franchir la barrière de mes lèvres couvertes de venin… Mais au fond, c'est peut-être ce qui te rassurerait. Faire ce que je ne fais jamais et te livrer mes pensées les plus secrètes même si tu me connais bien.

Alors je parle. Je t'explique pourquoi j'ai quitté Tokyo, pourquoi je ne voulais pas le voir, lui avouer qu'une chose grandissait dans mon ventre. Pourquoi je ne veux pas qu'il reste… Mais si je parle de sa pitié qui me dégoûte, toi, tu parles de déception. Tu penses que j'attends bien plus de l'homme que l'on m'a attribué comme "mari". Néanmoins, je peux t'affirmer que tu te trompes, puisque je n'ai jamais rien attendu de personne, ce que tu t'empresses de démentir avec toute la douceur et la tendresse qui te caractérisent. Tu me parles de désir d'acceptation, de reconnaissance et de maladresse. Tu évoques deux caractères trop semblables, trop abîmés pour s'exprimer normalement. Tu m'exposes, me révèle ce que je connais déjà de moi et que je veille pourtant à cacher. Ce n'est pas facile à entendre, quand bien même tu as raison sur toute la ligne, du moins me concernant parce que lorsqu'il s'agit d'Angelo et de ta vision des choses, je ne peux tout simplement pas le croire… Navrée, mais je n'en peux plus, c'est trop pour moi, tu le ressens d'ailleurs puisque tu choisis de me laisser afin que je puisse me reposer…


*****


Je dors, un peu. Le genre de sommeil sans rêve duquel on se réveille tout aussi épuisé qu'avant de s'endormir… Si ce n'est plus. Je n'essaie même pas de manger ce que tu m'apportes, la seule odeur m'écoeure suffisamment pour éveiller ces foutues nausées. Tu ne m'as rien dit, mais je découvre en le voyant que tu as fait appel à un acupuncteur… Moi qui ai une sainte horreur des aiguilles… Bon sang… L'homme m'assure que cela calmera les nausées tout en me donnant un peu plus d'énergie pour accepter "bébé"... Je déteste ce mot et tout ce qu'il représente. Ce n'est pas un bébé, c'est seulement un putain de parasite qui me dévore les entrailles.


-Je ne veux pas être grossière alors, s'il vous plaît, contentez-vous de me piquer en silence...

Il s'exécute, non pas sans lancer un regard étonné à ma grand-mère qui ne sait plus où se mettre. Je sais, ce ne doit pas être normal pour vous de voir une femme rejeter, avec une telle ferveur, l'intrus qui s'épanouit dans son ventre, mais il va falloir vous y faire. Je n'en veux pas. D'ailleurs, je ne peux qu'espérer le perdre en route, même si vous trouverez probablement cela ignoble.

On me place une dizaine d'aiguilles à divers endroits, avant de m'abandonner tout bonnement avec ces trucs sur le corps pendant une bonne demie heure. C'est long… C'est gonflant, parce que celle qu'il a posée entre mes deux yeux me fait loucher. J'essaie de ne pas m'endormir, par crainte de me retourner dans mon sommeil en provoquant quelques dégâts. Le temps écoulé, il revient ôter toutes ses aiguilles, récupérer son dû et disparaît en promettant de revenir le lendemain. Personnellement, je ne ressens aucune différence, mis à part un certain agacement. La nourriture me dégoûte toujours autant, je reste épuisée et continue de m'enfermer dans cette chambre.


J'évite de penser à toi, l'ursidé. Kurue m'a dit que tu étais parti en voiture… Tu fuis, comme je te l'ai demandé, j'en suis certaine. Seulement, au lieu de me sentir soulagée, je me sentirais plutôt… Contrariée ? J'ai le cœur lourd… Il me semble que c'est probablement l'expression qui colle le mieux avec ce que je ressens, même si je ne l'aime pas. Je préfère me voiler la face, c'est plus commode, tu ne trouves pas ? Il paraît que nous sommes semblables toi et moi, alors si tel est bien le cas, qu'est-ce que tu en penses, toi ? Kurue affirme que je t'ai blessé, moi, je pense que tu peines surtout à encaisser le choc de la paternité. Elle est persuadée que tu as juste besoin de temps pour réfléchir… Mais réfléchir à quoi, puisque je t'ai libéré en espérant que l'air de la machine à marier s'arrête ici. Je guette l'application, elle ne fonctionne toujours pas. Partout, dans le pays, les gens réagissent à leur manière. Il paraît même que des couples se renforcent… Mais ce ne sera pas notre cas, puisque nous ne pouvons pas nous supporter.

*****

Je passe le reste de la journée et une partie de la suivante à essayer de m'en persuader. Je laisse volontairement de côté ce moment sur la montagne comme tout ce que j'ai pu ressentir lorsque tu m'embrassais ou lorsque tu me tenais dans tes bras. Je ne renie pas totalement ces moments-là, parce que je sais pertinemment ce que je ressentais, sauf que… Ça ne tenait qu'à moi, cela ne me dit rien du tout sur tes propres sentiments. Et j'aime autant me dire que j'ai raison de croire que tu me détestes et que tu ne faisais qu'obéir aux ordres, même si je ne suis pas dans ta tête pour en être certaine. J'ai toujours cherché à le savoir, au fond… Même si j'ai peur de l'entendre de ta bouche. Je suis ridicule, complexe, stupide… C'est comme ça. Je refuse de nous laisser une chance simplement parce que je suis persuadée qu'elle n'existe pas. Elle est là, la vérité. La vraie. Celle que je refuse de révéler ouvertement parce que j'ai peur d'obtenir une réponse que je ne suis pas certaine de pouvoir supporter.


*****


Le lendemain, matin, l'autre crétin aux aiguilles revient, comme promis. Il réitère son petit numéro et repart comme la veille. Néanmoins, je ne peux que constater un petit changement. Les odeurs ont cessé de m'agresser les narines, les nausées sont moins insupportables, mais je reste toujours autant fatiguée. Je continue de dormir, le temps passe plus vite comme ça, et puis, ça m'empêche de réfléchir. Kurue me dit que ta voiture est là… Tu n'es donc pas parti ? J'entends du bruit de l'autre côté de la cloison, dans ta chambre… Et merde, ça me rassure de te savoir là, même si tu ne viens pas me voir. C'est mieux comme ça, puis rien ne te force à le faire, après tout.


*****


Je suis réveillée par des voix. Celle de mon grand-père, puis la tienne. Naturellement, je viens m'adosser à la paroi donnant vers l'extérieur. Je sais que ce n'est pas correct, mais je ne peux pas m'empêcher de vous écouter. Je me crispe en écoutant Tôji me dépeindre… Il te livre mes secrets, et crois-moi, je déteste ça… Et puis, tu confirmes ce que j'ai toujours pensé, ça me tue de le reconnaître, mais ça me blesse… Je ne dis rien, je n'interviens pas, je ne pleure même pas, parce qu'au final, tu n'as fait que dire ce que tu penses. Je l'ai ma vérité toute nue, même si ça fait mal… C'est peut-être mieux comme ça.


*****

J'ai faim… Pour la première fois depuis des jours. J'en avais même oublié la sensation… C'est étrange d'ailleurs… Le machin des aiguilles fonctionne finalement ? Je me lève pour ne pas avoir à déranger Kurue. Cela fait des jours qu'elle se trimbale avec des plateaux qui ne désemplissent pas, à moi de faire l'effort cette fois. Mon équilibre reste précaire. Il me faut fournir de gros efforts simplement pour avancer et je suis carrément essoufflée en arrivant dans la salle à manger.

Ma grand-mère est là, préparant la table pour le dîner. Je m'installe à ma place, en silence, avant de l'aider à disposer les bols. Ceci fait, je m'en saisis d'un que je remplis de riz. Je mange lentement, tout aussi silencieusement par crainte de gâcher la nourriture, une fois de plus. Kurue ne dit rien elle non plus, elle m'observe simplement en souriant tandis que je me concentre pour mâcher… C'est dur, mais ça fait du bien de sentir son estomac se remplir peu à peu.

La porte s'ouvre… Sur toi. J'évite de te regarder, je ne m'attendais pas à te voir et je ne suis pas sûre d'être prête pour ça. Tu t'installes à ta place, Tôji fait de même. Le repas se déroule en silence… Je n'aime pas ça, je me sens toujours de trop dans ces cas-là. Ça me rappelle les repas de famille façon Sugawara, insupportable. Alors, quand je termine mon bol, mon premier réflexe est de me lever pour partir, seulement, une petite main frêle et ridée se pose sur mes jambes… Elle me retient. Je n'ai donc pas d'autres choix que de rester, jusqu'à ce que ma grand-mère retire sa main, une fois que toi, tu te sois levé pour partir.

Je m'attarde un peu pour aider Kurue au moins à débarrasser la table… Et quand je lui propose de faire la vaisselle, elle m'ordonne carrément d'aller me reposer. Je n'ai donc plus d'autre choix que de regagner ma chambre. Je les salue tous deux, remercie ma grand-mère pour le repas avant de disparaître dans le couloir.


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Angelo Bennett
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le Mar 18 Juin - 22:40
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

Tu ne fuiras pas et moi non plus.

J’avais commencé à perdre pied, à couler dans une eau vaseuse sans parvenir à remonter, ses flots s’engouffrant en mes lèvres, dans ma gorge pour m’empêcher de respirer, mieux me noyer. J’pouvais bien hurler que personne ne m’entendait parce que j’étais muet. J’voulais pas qu’on m’entende, qu’on m’voit comme ça, là, pitoyable dans ma détresse. La colère me va mieux, l’indifférence sans doute davantage. Je sais, j’t’ai menti papy. Mais tu l’a senti, tu l’as vu au fond d’mes mirettes. A force de côtoyer les gens, on finit par les connaître, s’habituer à leur foutu caractère de m*rde. Tu sais, c’est grâce à toi que j’ai trouvé la force pour c’soir, et aussi parce que j’l’ai vue, ta bornée de p’tite-fille. Pourquoi j’emmerde autant pour un bout d’femme, hein ?

Alors ouais, j’t’attends comme cette fois-là, dans un coin, le temps que t’arrives à ma hauteur pour t’interpeller à ma façon. J’entends tes pas, j’me décale pour me planter devant toi sans te laisser le temps de réfléchir à quoi que ce soit. Je te saisis le bras, encore, sans me soucier de ma poigne sur ton maigre membre. T’es devenue encore plus fragile, plus frêle, l’ombre de toi-même. J’dois te causer, mettre les choses à plat, même si on doit s’engueuler. Ca n’sera pas la première fois après tout. C’est pour cette raison que je te traîne de force dans cette pièce, là où j’ai découvert la vérité sur notre terrible futur. Comme l’avant-veille, je nous enferme pour mieux nous isoler. J’te mets au pied du mur, littéralement, pour ne te laisser aucune échappatoire. Tant pis si ça casse, si ça te plaît pas. Mais tu m’préfères ainsi, n’est-ce pas ? T’as pas supporté de me voir m’effondrer l’autre soir, parce que je n’étais pas moi, celui auquel tu t’accroches en le repoussant. Je vais t’en foutre plein la vue dans ce cas, et, crois moi, tu seras pas déçue.

Je suis tellement proche de ta carcasse que tu peux à peine respirer, l’asiat’. T’es forcé de me regarder si tu ne baisses pas les yeux au sol. Tu l’feras pas, parce que tu as ton orgueil et que tu refuse de perdre face à moi. Abdiquer, c’est ta hantise, perdre le contrôle, le pire de tes cauchemars. Ton problème c’est que tu crois que personne ne peut t’aider, parce que t’es « malade », trop différente. Tu préfères te construire ton monde, te voiler la face et revêtir un masque. Moi j’ai toujours été là pour péter le cocon que tu t’es créé depuis des années parce que j’ai bien reniflé l’odeur du mensonge avec lequel tu t’es aspergé. Ca m’fait froncer du nez, grincer des crocs. J’ai toujours haï les bobards. T’as fait ça pour te protéger mais il est temps de mettre une fin à ce merdier, parce que si tu ne réalises pas ce qui t’arrives, tu pourrais bien regretter plus tard ta décision. Il ne s’agit pas que de toi et de moi maintenant, mais d’elle. J’sais pas encore comment je vais m’y prendre pour te convaincre un minimum, parce qu’en toute honnêteté, j’suis pas là pour ça. Je veux seulement tout te balancer pour que tu saisisses bien c’qui se passe dans ma caboche. Encore faudrait-il que je sache vraiment ce qui s’y trame, mais j’vais essayer. Si c’est un nouvel échec, alors seul le temps pourra te le faire réaliser.

« On peut pas continuer comme ça, tu l’sais. J’vais arrêter toutes ces conneries et tu f’rais mieux d’en faire autant. »

J’suis certain que mon entrée en matière est naze, les exposés c’est pas mon fort, j’suis pas un cérébral moi. Si tu veux rire, tu peux, mais j’doute que t’en aies vraiment envie. Contente-toi juste d’écouter mes idioties pour l’moment, après tu pourras te plaindre.

« J’ai failli m’barrer l’aut’ jour, j’avais besoin de prendre l’air parce que j’étais en train de crever. T’es pas la seule à être paumée, désorientée. T’es pas la seule à te sentir rejetée, hors normes. T’es pas toute seule non plus. Si j’avais vraiment envie d’me barrer, tu crois que j’serai revenu comme un couillon quand j’ai su que t’étais dans la mouise, hm ? Me demande pas pourquoi j’l’ai fait mais c’était comme ça, c’tout. »

J’ai besoin de sentir que t’ouvres bien grand tes oreilles, c’est pour cette raison que j’appuie mon regard sur toi, que je t’oppresse volontairement. J’use de force, je t’abuse autant physiquement que mentalement. Tu peux l’dire, que c’est pas juste, que j’suis qu’un pauvre co*nard qui ne te mérite pas. Mais ça j’m’en tape. J’ai des choses à cracher jusqu’à t’en imprégner le cœur, à te les graver dans ta p’tite caboche que tu veux bien rendre amnésique pour mieux ignorer.

« J’me demande ce qui t’a fait changer d’avis pour que tu viennes ce soir. Mais laisse-moi d’vnier, c’est mamie, hein ? Sans ça tu t’srais pas pointée. Mais ça n’aurait rien changé à c’que j’suis en train de faire maintenant. L’autre soir tu me demandais où étaient passées mes co*illes, j’viens de les retrouver cet après-midi, j’les avais égarées en chemin. »

Une espèce de sourire étire mes lippes, si seulement on peut appeler ça un sourire. Je sais même pas pourquoi c’qui me fait « marrer ». J’en ai pas l’envie, c’est une réaction incontrôlable, en total décalage avec ce qui se trame à cet instant.

« J’ai cru comprendre que t’avais la fâcheuse tendance à emmerder ton monde avec tes réactions contraires et tes pensées farfelues. Tu sais aussi que j’t’ai captée depuis le début et que ça t’a vraiment fait ch*er, alors t’as tout fait pour me foutre des bâtons dans les roues pour pas que j’ai l’dessus. T’as voulu m’accuser pour mieux te convaincre que j’suis un parfait sal*ud et l’pire dans tout ça est que j’ai joué moi aussi. J’t’ai encore plus provoquée jusqu’à te faire exploser tout en sachant bien dans quel état tu pouvais t’mettre. Parce que j’voulais que ça, que tu cèdes, que tu perdes contrôle pour te révéler. Je sais de quoi t’es faite de c’côté-là. T’aimes pas ça, hein ? J’le voyais dans ton regard j’le sentais dans tes colères. Mais c’est là que j’te voyais vraiment, pas l’mensonge que tu renvoies à tout l’monde. J’cherche pas à être quelqu’un de spécial pour toi, j’sais pas c’que j’suis à tes yeux et j’sais pas encore c’que t’es aux miens. J’veux juste que t’arrêtes de vouloir tout porter toute seule parce que t’y arrives pas. T’as vu c’que t’es maintenant ? Tu crois pouvoir faire face à c’qui te bouffe la rate dans ton état ? Clairement non. J’sais que j’suis pas celui avec qui tu voulais te maquer, qu’on a subi, mais apprends juste à compter sur ceux qui s’cassent le cul à t’aider un minimum. »

Ca doit te blesser mais tant pis, s’il faut en arriver là pour que ça rentre dans ta tête alors j’irai jusqu’au bout, quitte à me faire insulter. Ca ne me fera pas reculer, j’ai déjà connu pire dans mon adolescence.

« Maintenant qu’on a une pisseuse, va bien falloir l’assumer d’une manière ou d’une autre. J’sais pas encore quoi faire pour elle, j’ai du mal à penser, à réaliser. Ca m’fout un coup mais parfois j’me dis que c’est fait exprès parce que j’ai trop merdé, que j’dois apprendre la vie, la vraie. J’pensais pas que ça arriverait si tôt, ni que ça te détruirait à c’point. Mais j’aurais dû deviner puisque je m’voyais pas avec un gosse, ça devait forcément être pareil pour toi. »

Sans m’en rendre compte, j’ai relâché la pression sur elle, ma voix s’est apaisée en se faisant plus basse, mes yeux moins insistants. J’ai rompu le contact visuel, juste un instant, te soulageant un instant de ma rudesse.

« J’sais pas encore dans quoi je m’engage. On partage la même douleur, les mêmes difficultés, Mei. Autant le faire pour de vrai cette fois, l’dire et le montrer. Te planques plus avec moi, tu perds ton temps et tu gaspilles de l’énergie. S’il faut qu’on s’casse la gueule, on l’fera ensemble, y a pas de raison que j’paye pas moi non plus. Quand une connerie est faite à deux, elle s’répare à deux. »

J’crois que tu viens de comprendre où j’veux en venir. Cette fois je te relâche vraiment, te rendant ta liberté de mouvement. J’te zieute avec un minimum d’humanité avant de me détourner, chaque fois que j’ai autre chose de plus profond à confier.

« J’te lâcherai pas. »

Voilà, j’l’ai dit, pour toi. Maintenant c’est à toi que la décision appartient et si après cette dernière tentative rien ne change, je n’y pourrai plus rien.

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Mei Bennett
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posté
le Mer 19 Juin - 16:43
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


Je ne sais pas pourquoi je suis encore étonnée pour tes agissements, l'ursidé. En te voyant quitter la pièce en premier, j'aurai dû pourtant comprendre que tu avais une idée derrière la tête… Mais non, pour moi, tu t'étais contenté de fuir. Je t'imaginais dans le jardin, comme cette fois-là, observant les étoiles en affichant probablement le seul vrai sourire que j'ai pu voir se dessiner sur ton visage. Va savoir pourquoi, mais cette idée-là me plaisait énormément, sûrement parce qu'au moins je n'aurai pas à te voir… À t'affronter ou que sais-je encore, je ne suis toujours pas prête à cela. Tu le sais, n'est-ce pas ? Comme tu sais aussi que je ne serai probablement jamais prête à le faire et qu'il me semble tellement plus simple de m'isoler dans mon coin tout en espérant que cette chose se tue d'elle-même.

Néanmoins, comme d'habitude avec toi, rien ne se passe jamais de la manière que j'espérais. Tu ne me laisses toujours pas le choix, tu m'agresses pour mieux m'emprisonner ensuite. Pourquoi fais-tu toujours ça ? Ne pourrais-tu pas te comporter comme un humain civilisé plutôt que comme un vieux grizzly mal léché ? Pensais-tu que j'ai la force pour lutter, fuir ? Regardes-moi, idiot, je ne peux rien faire du tout contre toi. Inutile donc de m'acculer comme tu viens de le faire, tu n'as pas besoin de me forcer à te regarder, tu sais très bien que je ne suis pas du genre à baisser les yeux face à toi. J'ai les jambes en coton, l'estomac en vrac, une vive migraine me martèle le crâne et je lutte contre une fatigue bien trop intense, mais pourtant, je veille tout de même à te "résister" comme je le peux. C'est un réflexe, une attitude que tu m'as forcée à adopter… Même celle-ci me prouve aussi que tu t'es ressaisis, tu es toi… Et ça, ça me rassure autant que cela me perturbe.

« On peut pas continuer comme ça, tu l’sais. J’vais arrêter toutes ces conneries et tu f’rais mieux d’en faire autant. »

Par contre, tu commences décidément très mal, ce qui, te connaissant, ne m'étonne pas vraiment. Tu n'es pas diplomate pour un sou, l'ursidé. Chaque fois, tu trouves le meilleur moyen de me braquer ce qui ne fait évidemment pas exception cette fois non plus. Je serre les dents, mon regard se fait aussitôt plus dur, plus froid… En revanche, je comprends que tu as besoin de parler, de vider ton sac, alors étonnamment, je te laisse faire et veille à simplement d'écouter.

Le plus étrange avec toi, c'est que tu as beau être rude, tu ne sais pas aller droit au but. Tes paroles tournent, virent, s'embrouillent par moment. J'ai l'impression qu'il me faudrait presque un traducteur pour comprendre ce que tu me racontes… Ce n'est bien évidemment qu'une impression, puisque je te comprends, je sais lire entre tes lignes, bizarrement… Sauf que je ne le veux pas. Je ne veux pas te comprendre, tout simplement, comme je ne veux pas que toi, tu me comprennes. Je n'aime pas ça… Vraiment pas. Je me retrouve là, face à toi, piégée par ta silhouette qui n'a rien d'imposante tandis que toi, tu exposes toutes mes pensées, mes faiblesses, mes peurs. J'ai l'impression que tu t'amuses à racler ma peau pour laisser apparaître la chair à vif. C'est une sensation réellement atroce, douloureuse aussi. Je me sens tout bonnement oppressée…

Pourquoi faut-il toujours que tu t'amuses à me dire ce que je n'ai pas envie d'entendre… "pisseuse" Je suppose que tu fais référence au parasite qui grandit dans mon ventre… Je ne voulais pas connaître son sexe… C'est lui donner du corps… Me priver de la possibilité de faire comme s'il n'existait pas… Elle. Je ferme les yeux cette fois, j'essaie d'intégrer ça, bien malgré moi… C'est douloureux, ce que tu m'imposes, tu sais ? Je veux reculer, faire marche arrière, ne pas m'attacher à cette chose… Parce que j'ai peur de la briser, comme tout le reste… Je veux même la voir disparaître, la perdre… Comment veux-tu que je l'assume elle, alors que je ne suis pas capable de m'occuper de moi… Tu vois cela comme une punition, une épreuve… Mais tu as tort... Ce n'est pas elle qui représente tout ça, mais moi… Depuis le premier jour, je t'empoisonne… Ne le vois-tu pas ?

« J’sais pas encore dans quoi je m’engage. On partage la même douleur, les mêmes difficultés, Mei. Autant le faire pour de vrai cette fois, l’dire et le montrer. Te planques plus avec moi, tu perds ton temps et tu gaspilles de l’énergie. S’il faut qu’on s’casse la gueule, on l’fera ensemble, y a pas de raison que j’paye pas moi non plus. Quand une connerie est faite à deux, elle s’répare à deux. »

« J’te lâcherai pas. »

Tu m'énerves Angie… Vraiment… Pourquoi me dis-tu tout ça ? Qu'est-ce que Tôji a bien pu te dire pour te faire réagir ainsi ? Qu'est-ce que tu as bien pu me faire pour que je m'accroche à toi de cette manière ? Au sens propre comme au figuré, puisque mes mains reviennent agripper ton tee-shirt, sauf que cette fois, je n'ai pas l'intention de te lâcher. Je pose mon front contre ton épaule pour mieux cacher les lames qui ne cessent de couler ces temps-ci. C'est pathétique, je sais, il paraît que c'est dû à une sorte de bouleversement hormonal… Même mon corps ne me répond plus, que veux-tu que je contrôle à présent ?

-Je… Je ne veux pas que tu partes.

Tu veux la vérité ? Tu veux voir à quoi ressemble celle que je suis vraiment et que je préfère cacher tant elle est misérable ? La Mei brisée, effrayée qui se retrouve entièrement privée de son cocon protecteur ? Admire alors… Mais tu risques d'être dessus, l'ursidé. Je ne suis certainement pas celle que tu crois. Je ne suis rien du tout en réalité. Rectification, je ne suis plus rien du tout, je me suis perdue quelque part en route. Toute mon énergie s'est fait happer par une large d'humain. Il ne m'en reste plus grand-chose, à peine de quoi aller quérir tes lèvres simplement parce que, contre toi, je respire.

Je ne sais pas ce que ce bordel monstre signifie, mais je sais que je suis attachée à toi… sinon je n'aurai jamais cherché à te fuir. Je suis attirée par toi, sinon je ne te retiendrai pas ainsi, je ne t'aurai jamais accueilli volontairement en moi et je ne t'aurai jamais consciemment provoqué.  Mais le plus dure à reconnaître pour moi, c'est que je te fais entièrement confiance, je te cherche constamment, comme maintenant où je m'accroche comme je le peux à ta carcasse avant de venir poser mon front contre le tien pour venir t'avouer ce qui, jusque-là, me paraissait inconcevable:

-J'ai besoin de toi.

Comprends bien que je me suis toujours débrouillée seule, j'y mettais un point d'honneur. Jusqu'ici, chaque fois qu'une personne, autre que mes grands-parents, avait choisi de me tendre la main, ce n'était que pour mieux me démolir. Ils ont réussi d'ailleurs, indirectement, du moins. Mais j'ai appris à agir ainsi, me tenir loin des autres, sentimentalement parlant, même si je pouvais parfois paraître accessible lorsque je trouvais cela plus commode. J'ai essayé de te tenir loin de moi… Mais dès notre première rencontre, tu as réussis à percer mes maigres défenses pour t'inscrire en moi… C'est comme ça que je vois les choses, même si ça me tue de le reconnaître. Tu as su me toucher, toi... Et je ne parle évidemment pas que du côté physique. Je ne sais même pas pourquoi, toi, Angelo Bennett, tu as réussis à m'atteindre alors que je me suis montrée bien plus dure avec toi qu'avec quiconque. Toute personne normalement constituée m'aurait évité… Pas toi. Je me demande bien pourquoi… Qu'est-ce qui cloche chez toi ? Est-ce parce qu'au fond, nous nous ressemblons tous les deux ? J'en sais rien et pour être honnête, je ne comprends pas.

Mais je sais que ta présence me rassure… M'apaise même si ça me fait incroyablement flipper. Je ne veux toujours pas de tout ça … Mais je suis épuisée de me battre contre toi… Alors je cède, je m'accroche à toi, je respire contre toi, je reviens chercher tes lèvres, encore et encore...et je t'aime.


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le Mer 19 Juin - 21:59
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

J’ai l’impression de répéter le même scénario juste après que j’ai découvert, pour toi, pour nous. La première fois, j’ai abandonné sous ta virulence, parce que j’étais mal dans mes pompes mais ce soir j’ai décidé de me donner un coup de pied au cul pour avancer. T’as besoin d’un soutien, d’un vrai, pas d’une chiffe molle qui chiale dans les jupes de sa mère parce qu’il ne sait pas prendre de décisions seul. J’me suis toujours poussé et ce, depuis gamin. Depuis que je savais que je ne pouvais compter que sur moi-même. Au départ c’est difficile, on s’dit qu’on y arrivera pas mais quand on se rend compte de l’égoïsme de la société, de la méchanceté de l’Homme, on s’y habitue vite. Puis avec le temps on s’endurcit jusqu’à devenir le genre antipathique, marginal. J’avais trouvé mon train de vie, ma façon d’agir pour être préservé des agressions extérieures, de la menace humaine. Avant que quiconque ne puisse m’enfoncer, je me montrais agressif autant physiquement que verbalement. Ça fonctionnait. Voilà comment je me protégeais, Mei. Si toi t’as peur des autres, moi j’les aime pas. Il y en a eu peu qui ont retenu mon attention et tu as fait partie de cette minorité. Pourquoi toi ? Va savoir. J’aurais bien pu passer mon chemin quand l’agresseur t’avait attaquée cette nuit. Ou même après, une fois que tu étais rentrée chez toi non sans m’avoir soigné. Sauf que je m’attendais pas à la réaction que tu m’as montrée quand j’ai voulu t’exprimer ma reconnaissance. Elle m’a déplu mais après notre première prise de tête qui s’est soldée sur ma mise à la porte, j’avais fini par l’oublier et toi avec puisque tu m’avais clairement emmerdé. Si on ne s’était pas revus ensuite, tout se serait achevé de cette façon, sûrement pour le meilleur.

Tu me gonflais au plus haut point et revoir ta frimousse m’avait fait grincer des dents. Davantage quand j’avais appris que tu étais la petite-fille de la ba-san chez qui j’avais l’habitude de me rendre régulièrement pour décompresser. Tu m’avais toi aussi privé de ma petite liberté en te pointant là. Pour autant, j’t’ai cherchée en te lançant des piques pour que tu te confrontes à moi. J’ai toujours su faire que ça, c’est de cette façon que je rencontre mes semblables et la plupart ne supporte pas. J’suis tel un fauve qui mord à la moindre occasion et qui grogne pour trois fois rien. Si t’as pas un minimum de patience ou de douceur, tu lâches l’affaire. Pourquoi tu crois que j’suis resté bien à l’écart de toute relation sociale pendant tout c’temps ? Parce que j’me suis démerdé pour tout gâcher en me rendant détestable.

Avec toi, ça s’est pas passé comme j’m’y attendais. Peut-être parce qu’on a été forcés de « vivre » sous le même toit pendant ma pause. J’aurais pu repartir, mais j’l’ai pas fait et toi non plus. Mais toi t’étais chez ta famille, moi j’étais l’intrus. Puis j’ai décidé de te suivre « pour voir ». Tu m’as fait découvrir une autre part de toi, tu m’as accepté, tu m’as compris durant ces quelques jours. J’ai deviné tes blessures, on a pu partager quelques mauvais souvenirs de notre vécu, un soupçon de joie mais malgré tout j’ai continué de te faire souffrir quand la machine nous a foutu ensemble. Comme si j’m’étais vengé de m’avoir contaminé. J’ai commencé à le réaliser quand je trouvais que je t’accordais un peu trop d’importance, toi, l’épouse que j’désirais pas. Mes yeux t’ont trop souvent fixée, pénétrée. Tu m’agitais plus que de raison, jusqu’à ce que j’en vienne à franchir les limites de la décence pour mieux te dominer. J’t’aimais pourtant pas, mais j’te voulais quand même, là, entre mes griffes.

Aujourd’hui j’en suis au même point avec toi, du moins, c’est ce que j’te laisse entendre par mon comportement. Mais tu sais que c’est faux, que j’ai fini par m’attacher. Tu m’as apprivoisé sans même t’en apercevoir, la preuve est que je suis prêt à faire des concessions, à me donner pour que tu relèves la tête. Et tes mots, ton attitude, me touchent en plein cœur. Tu m’as tué, tu m’as bien eu. Alors quand tu me cherches avec désespoir, paumée, j’te prends entre mes mains en silence. J’te laisse dire, faire. Quand tu viens cueillir mes babines, j’te réponds sans rechigner, je ressens ton besoin, ton appel à l’aide.

Tu t’abandonnes enfin.

C’était long. Long de toute la majeure partie de ta vie. T’as le droit de te reposer maintenant, de souffler. Alors laisse-toi aller Mei, comme lorsque je t’ai fait mien. Tu t’étais pas posé la question quand ça nous était arrivé, n’est-ce pas ? Continue sur ta lancée, t’as pas besoin de mon approbation pour ça, j’t’offre ma personne toute entière, j’te garde étroitement contre mon être pour que tu ne chutes pas. Non, j’partirai pas, je te le promets. Pas après que tu te sois ouverte, que tu me supplies en m’accrochant de tes faibles forces, en trempant mon haut de tes nombreuses larmes. Mon palpitant tape plus fort contre ma cage thoracique, bondit en ma poitrine quand tu me l’avoues, me désarme de tes lippes au goût salé. Je n’suis qu’un imbécile, un pauvre cou*llon qui suis tombé dans tes filets, amant de tes mirettes sombres et bridées. J’en perds le souffle, l’asiat’.

« T’as réussi, Mei. »

Je t’emprisonne encore un peu plus pour être certain que tu ne t’en ailles pas. Tu sais, j’avais fini par m’y faire à ta présence, à nos rixes. J’crois bien que je m’ennuierai si je me retrouvais de nouveau seul. Est-ce que c’est pareil pour toi ?

« T’es vraiment une plaie, tu l’sais ça ? Boke. »

Ma main se loge bien fermement sur le haut de ton crâne, s'enfouissant dans ta chevelure que je caresse. Étrangement, je me sens apaisé, la tension qui bandait mes muscles s’est volatilisée bien malgré la situation dans laquelle nous nous trouvons. T’as fait pas un pas de géant, la bridée et ça me donne envie de sourire, juste un peu. Ça t’a demandé beaucoup d’efforts, douloureux, j’en suis conscient. Je me mets à ta place, plus que tu ne l’imagines.

« J’en ai ch*é moi aussi, tu m’en as fait voir des vertes et des pas mûres comme quand tu te chopes une bonne courante. Surtout quand tu m’as laissé en plan. Ça m’a foutu en rogne. J’crois que j’ai fini par m’y faire, à nous. »

T’as qu’à voir à quel point j’t’étreins…

« Désolé. »

Pour tout.

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Mei Bennett
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le Jeu 20 Juin - 14:29
par Mei Bennett






On ne récolte que ce que l'on sème.


« T’as réussi, Mei. »
-Quoi donc ? raillé-je doucement. J'ai plutôt l'impression d'avoir perdu face à toi...

J'ai plutôt baissé les armes, à vrai dire. Du moins, c'est comme ça que je vois la situation, alors si toi, tu as un autre point de vue, ne te prive donc pas pour me l'expliquer. Je ne suis pas dans ta tête, Angie, je comprends certaines choses, en ressens d'autre, mais ce n'est certainement pas le cas pour tout.s Tu restes un mystère pour moi. Un être composé de millier de "pourquoi?" et de "comment?" auxquels je n'aurai probablement jamais de réponses.

« T’es vraiment une plaie, tu l’sais ça ? Boke. »
Tu ne vaux guère mieux, idiot.

Voyons cela autrement. Si je suis ta plaie, tu es la mienne, Angie et chacun d'entre nous a volontairement provoqué celle de l'autre… Je suis marquée par tes griffes d'ursidé. Celles qui me retiennent malgré moi, qui m'emprisonnent près de toi-même lorsque je suis loin. Je ne l'avouerai pas, puisque c'était mon choix de m'éloigner… Mais tu m'as… manqué… je crois.

« J’en ai ch*é moi aussi, tu m’en as fait voir des vertes et des pas mûres comme quand tu te chopes une bonne courante. Surtout quand tu m’as laissé en plan. Ça m’a foutu en rogne. J’crois que j’ai fini par m’y faire, à nous. »

Tu n'es pas le seul à t'être habitué à l'autre, c'est aussi mon cas. Six mois… cela ne représente peut-être pas grand-chose dans une vie, et pourtant c'est énorme pour moi. Tu fais partie de ma vie, que je le veuille ou non...Nous n'avons jamais été fichues de nous entendre toi et moi, c'est impossible...Ça, c'est ce que je me disais, me répétais chaque jour en veillant à oublier ce moment partagé au sommet de cette montagne. On se comprend toi et moi… On se reconnaît l'un dans l'autre tant nous pouvons être semblable. On s'accepte à notre façon plutôt singulière… Je ne voulais pas tolérer cela… Ne surtout pas reconnaître ce qui se passait entre nous, la manière que nous avons de nous provoquer, nous rejeter, nous attirer pour mieux nous retrouver ensuite. Le chat et la souris, hein… Regarde-la bien ta souris de femme, elle qui se jette volontairement dans tes pattes, ne trouves-tu pas cela complètement ridicule ?

-Je suppose que moi aussi, je pouffe légèrement en te disant cela. Tu ne peux pas voir mon sourire et pourtant, il est bien là… Tu n'auras pas eu l'occasion de le voir souvent celui-là, n'est-ce pas ?


Il fut un temps, je n'aurai certainement jamais pensé me sentir aussi bien en étant près de toi, jugeant cela totalement absurde, impossible. Aujourd'hui, j'ai beau me dire que c'est déraisonnable, je n'en ai strictement rien à faire… Je m'accroche, je t'embrasse en me laissant totalement déborder par mes émotions, mes sentiments. Je me dis que ce doit être forcément dû à ces fichues hormones qui dérèglent tout, transformant mon corps au passage, si bien que je préfère garder le tout dissimulé sous le tissu évasé d'un kimono. Mais toi… Quelle est ton excuse pour me retenir de cette manière ? Tu me presses contre toi, de façon bienveillante… Rien à voir avec tes étreintes brutales d'autrefois, c'en est perturbant.

Toi, Angelo Bennett, alias l'ursidé, qui m'apaise d'une manière bien étonnante, voilà qui me paraît bien irréel. Mes larmes se tarissent doucement, tandis que je regagne un peu d'énergie. À te voir, si anormalement calme, j'ai même l'impression d'avoir pioché directement dans tes propres réserves… Un peu comme le fait notre fille avec les miennes depuis plusieurs mois…

« Désolé. »
-Désolé de quoi ? te demandé-je en m'éloignant suffisamment de toi pour pouvoir t'observer.

Ne demande pas pardon pour ce que tu es, puisque c'est comme ça que je t'accepte et te reconnais. Ne t'excuse pas pour toutes les blessures que tu as provoquées, puisque tu réussis à les panser par ta simple présence… C'est peut-être stupide, mais c'est comme ça… Et c'est justement en étant tel que tu es que tu as réussi à m'apprivoiser. Mes mains se posent doucement contre tes joues, mon front revient à la rencontre du tien… Le contact m'apaise encore un peu.

-C'est moi qui suis désolée, je sais que je ne suis pas un cadeau…

J'ai un don, tu sais, celui de me voiler la face afin de ne surtout pas reconnaître tout ce qui peu éventuellement me déstabiliser. J'ai toujours su que tu n'étais pas un connard de première, mais qu'au contraire, tu étais un homme bien… Seulement extrêmement maladroit dans tes gestes, dans tes propos. Néanmoins, m'affirmer le contraire me semblait bien plus simple, même en apprenant à te connaître à force de t'observer… De te combattre, en quelques sortes… En essayant vainement de te résister. J'ai bien vu que tes paroles acides n'étaient faites que pour m'éloigner et/ou me provoquer, selon le cas. Mais en parallèle, tu veillais quand même sur moi… Tu es un paradoxe à toi tout seul, Angie. Tu m'as perdu à de nombreuse reprises si bien que je ne savais plus qui tu étais vraiment. Néanmoins, je me connais, moi… Assez pour me dire que je ne suis pas le genre de femme à laquelle on peut s'attacher… Je te voyais me fuir sans regrets sitôt que les failles de la machine furent détectées… Je vivais dans cette expectative, quand bien même tu n'avais rien changer à ton quotidien… Rien de rien… Je me suis auto-empoisonnée, auto-sabotée et j'ai préféré agir avant toi… À ce moment-là, je ne me doutais pas une seule seconde que… qu'elle était là.

-Je ne t'abandonnerai plus non plus...


Je viens sceller cette promesse avec mes lèvres. Sur ton front, sur tes joues, sur ton nez, sur tes lèvres sur lesquelles je m'attarde tout en plaçant une main derrière ta nuque pour venir approfondir ce baiser. Tu veux voir, alors je te montre, à ma manière, je te transmets mes sentiments en silence, avec une tendresse que tu ne me connais certainement pas. Je me presse contre toi, suffisamment pour venir coller mon ventre déjà rebondi contre le tiens…

Je n'ai vraiment plus l'intention de te lâcher, certainement pas maintenant et probablement jamais, même si rien ne me permets de l'affirmer. Si je ne suis pas seule, tu ne l'es pas non plus et je tiens à redevenir ta femme cette nuit, sans ordre stupide de cette machine, même si nous ne nous en sommes jamais réellement souciés. Tu vois, je me livre de moi-même… Pour le meilleur comme pour le pire ?

Lorsque j'ouvre les yeux, il fait jour. Je suis encore dans tes bras, blottie contre ton corps nullement recouvert par un quelconque tissu… Du moins jusqu'à ce que j'entende la porte s'ouvrir et que je ne ramène la couverture sur nous…

C'est Kurue, comme chaque matin elle vient voir si je me porte mieux, et à son expression, je comprends qu'elle ne s'attendait certainement pas à nous retrouver ainsi, tous les deux. Je lui fais donc signe de ne pas faire de bruit, pour te laisser dormir tout en lui offrant un sourire pour la rassurer… En silence, elle me désigne un plateau, me faisant comprendre qu'elle en apporterait un second dans quelques minutes… Bon sang, grand-mère… Tu me donnes envie de rire… Je la laisse refermer la porte puis me relève pour enfiler quelque chose… Je ne peux pas rester ainsi toute la journée… Navrée, l'ursidé, mais mon choix se porte sur ton tee-shirt, puisqu'il est posé prêt de moi. Je m'en vais récupérer le plateau, avant de la poser au milieu de la chambre… Quelques minutes plus tard, j'entends gratter à la porte… Cette fois, je ne peux m'empêcher de rire, même si je l'étouffe un peu pour ne pas te réveiller… J'ouvre, récupère le plateau, embrasse la pauvre Kurue qui ne doit rien comprendre avant de le poser à côté de l'autre… Ceci fait, je retourne me coucher contre toi en attendant que tu ouvres enfin les yeux. Je n'ose pas trop bouger …Tu semblais épuisé, tu as donc le droit de te reposer un peu pour récupérer.

-Bonjour, bien dormi ? te lançé-je, un peu bêtement avant de déposer un baiser sur ton front pour me relever par la suite.Bon, puisque tu es réveillé, je peux dévorer mon petit-déjeuner sans culpabiliser. Dépêche-toi par contre, sinon je m'attaque aussi au tien.

Je suis de bonne humeur… Ça doit te paraître étrange, même moi, je trouve cela bizarre en particulier après ces derniers jours. Je ne peux pas affirmer que je suis en pleine forme pour autant, puisque c'est faux. Je reste épuisée, mais je ne ressens aucune nausée, pour le moment, alors autant en profiter.


©️️Jawilsia sur Never Utopia
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Angelo Bennett
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posté
le Ven 23 Aoû - 21:12
par Angelo Bennett

On ne récolte que ce que l'on sème

Angelo Bennett feat. Mei Bennett

"Je suis venue te dire que je m'en vais."

Cette nuit, j’ai fait un rêve. Un rêve dans lequel on causait, toi et moi. Dans lequel on avait réussi à désamorcer la bombe, enterrer la hache de guerre dans le tumulte que représente notre relation. Si on la croyait chacun à sens unique, en réalité elle était bien plus partagée qu’on avait pu le penser. J’me disais que c’était pas possible un truc pareil, hein ? Je sais pas si j’te le raconterai à mon réveil car, de un, t’aurais sûrement pas envie de m’écouter et de deux, tu te foutrais bien de ma tronche pour avoir « espéré » une chose du genre. Il paraît que les rêves sont le reflet du subconscient, de certains fantasmes ou autres pensées bien planquées dans un coin du crâne, bien enfouies au fond du cœur. Tu sais pourtant que j’suis pas de ceux qui espèrent ou qui se font des scénarii Love is all dès qu’il y a un cou*lle dans le pâté. J’peux certes avoir la tête dans les nuages quand le moment s’y prête mais de là à m’faire des films, faut pas trop… Rêver.

Dans cette utopie, t’abandonnais enfin l’affaire, j’avais… presque gagné. Presque, parce que j’associais pas la situation à de la victoire, c’était juste des confidences trop longtemps gardées en nous. Tu pleurais, j’te gardais contre ma carcasse, mon soupirant. Puis, ensuite, tu m’embrassais avec une flamme que j’te connaissais pas encore, un fond de désespoir, et moi, j’y répondais sans résistance. Tu savais bien comment j’allais réagir, toi qui me pousses au vice. J’réplique, naturellement, même si je devrais pas avec ton ventre en cloque. Va dire ça à un mâle toi. J’ai essayé de te résister, sans grande conviction, mais tu revenais à la charge comme si t’avais voulu avoir une confirmation de ma part, comme si tu voulais redevenir la jeune femme qui venait de perdre sa virginité avec son premier crush. L’pire, c’est que j’ai cédé bien trop facilement et surtout, cette fois, quelque chose d’autre brûlait dans ma chair. Ça n’était pas juste pour « ça ». Pas que pour s’amuser, s’envoyer en l’air histoire de passer du bon temps. Nan. C’est juste Bennett Angelo dit la terreur, qui se ramollit en face d’un bout d’femme. J’en connais qui se seraient payé une bonne tranche en apprenant ça. Bah quoi, qui a dit que j’avais un cœur de pierre ? De toutes façons c’est pas la réalité. J’suis toujours ce pauv’ idiot antipathique qui ne vit que pour chercher des noises à celle qui a eu le malheur de vivre sous son toit.

Pour autant, j’me force pas à me réveiller, uniquement pour voir où ce songe me mènerait. Alors je « décidais » de prolonger ma léthargie, volontairement prisonnier de cet univers onirique pour en connaître l’issue. T’as toujours été comme ça, en vrai ? Ou c’est le gosse qui te met dans tous tes états ? J’savais plus m’arrêter et moi qui ai déjà peu de contrôle sur moi, je brisais toutes mes brides. J’étais sorti de mes gonds mais tu ne craignais pas, tu m’encourageais même. Je savais que j’aurais dû être plus discret, mais que veux-tu, ça n’a jamais été ma tasse de thé. J’suis fort de café, brut de décoffrage. Et toi, tu t’y complaisais. T’es vraiment maso, le bridée.

J’ai eu l’impression qu’il s’était écoulé une éternité avant que je ne sombre. Ou que je refasse surface. Mes paupières tremblent, mes globes oculaires roulent sous leur rideau de chair, je daigne enfin cligner des yeux non sans tirer une grimace accompagnée d’un grondement sourd. J’sens une présence, de la chaleur, un souffle puis une voix s’élève à mes oreilles. La tienne. Elle est teintée de douceur et de ce petit quelque chose qui la distingue de toutes les autres fois où je l’ai entendue. Qu’est-ce qui t’a piquée ? Nan parce que si encore on avait vraiment vécu ce que j’ai illusionné dans ma caboche, j’comprendrais mais là… J’fais surface, me passe une main sur le visage puis aperçois ta frimousse qui se rapproche de ma face. J’sens tes lèvres tièdes se poser sur mon front juste avant que tu ne menace d’engloutir le repas qui m’est destiné en plus du tien. Et si c’était vrai tout ça ? J’suis paumé, à la ramasse. Je finis enfin par me redresser, dépourvu de T-shirt puisque tu me l’as subtilisé pendant que je ronflais.

J’gratte ma nuque, repousse en arrière les quelques mèches de ma tignasse qui stagnent devant mes mirettes. J’baille ouvertement, sans discrétion aucune. J’te zieute, la femelle, toi qui manges avec plaisir. Alors c’était pas une blague ? Je hausse un sourcil, secoue la tête de dépit contre ma propre bêtise. Le ciel m’est tombé sur la tête, ce matin.

« Tu rêves, j’ai la dalle. »

Ma voix est un peu enrouée mais tu peux remarquer à ma tronche que j’ai réussi à dormir. D’ailleurs, depuis combien de temps n’ai-je pas fait une nuit complète ? Toutes ces épreuves m’ont épuisé, le stress en plus, les nouvelles accablantes. Est-ce que j’ai le droit aux réjouissances ? J’arrive pourtant pas à croire que ça peut m’arriver. Nous arriver. J’ai souvent eu la poisse affectivement parlant, pourquoi ça changerait aujourd’hui ? Parce que t’es mon alter-ego ? J’réfléchis trop. A défaut de pouvoir occuper mes pensées, j’me remplis la bouche et la panse jusqu’à ne plus avoir faim. J’ai pas levé les yeux de la nourriture, même pas pour scruter tes mimiques. Tu dois me trouver étrange, d’un silence malaisant.

« J’croyais avoir rêvé tout ça. »

C’est ce que je te lâche au bout d’un moment, quand quelques cadavres de grains de riz jonchent le fond du bol, échappant aux prises des baguettes meurtrières. J’te regarde toujours pas, tel le gosse qui rumine ses paroles avant de causer. La tête dans le plat, le regard dans le récipient. Je pense à la façon dont je vais m’excuser auprès de mamie Kurue pour mon attitude, à toute cette histoire depuis le moment où j’ai mis les pieds ici en catastrophe. A notre promesse. Ma senestre ne bouge plus, suspendue dans son mouvement. Je soupire silencieusement. J’suis plus sous le coup de l’émotion, j’me sens c*n quand je me remémore tout c’que je t’ai livré hier. Pudique des sentiments, étranger de l’amour.

« T’y crois, toi ? »

J’prends même pas le temps de terminer ma phrase. Enfin j’plante mes perles d’ambre dans tes prunelles noir corbeau. T’as meilleure mine et surtout… Tu souris. Sincèrement. Je m’arrête devant c’que tu m’offres ce matin, j’ai presque l’impression que cette expression ne t’appartiens pas. Alors t’es comme ça, au fond. Te revoilà toi, la vraie Mei. Mon palpitant rate un bond, j’te fixe trop longtemps pour ne pas paraître suspect, moi, le stalker de ta p’tite personne. Ça recommence, le virus me reprend et il n'a pas envie de me lâcher le basques.

Merde. T’es chiante.

Mais tu sais, j’crois qu’on ne s’aime que ce qu’on récolte.


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