Pavel K. Ulyanov
Messages postés : 686
Inscrit.e le : 25/05/2015

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
♥ Le Saint Panda Ficus ♥
♥ Le Saint Panda Ficus ♥
posté
le Jeu 13 Juin - 20:40
par Pavel K. Ulyanov
Ulyanov Pavel K.
A-t-on le droit de donner la vie lorsqu'on sème la mort ?
Informations générales
Nom : Ulyanov.
Prénom.s : Pavel Konstantine.
Âge : 45 ans - 24.09.2065
Genre : Masculin, autant en apparence que dans la tête.
Origines : Pavel est issu de sa fière patrie russe. Il en est très attaché et était fier de la servir. Si les circonstances avaient été différentes, il ne l'aurait jamais quitté pour le Japon.
Activité : Ancien tueur à gages dans sa jeunesse, Pavel entra dans l’armée russe après quelque temps en prison. Il y devint un des meilleurs snipers du pays, et fut souvent appeler pour protéger les grands évènements et les responsables du gouvernement. Maintenant en retraite militaire après son déménagement au Japon, il offre ses services dans la sécurité en tant que chef de terrain. En parallèle, aimant particulièrement les leurs, il passe son temps livre à aider la jolie fleuriste du coin quand il n'a pas un shooting photo en tant que mannequin senior.
Sexualité : Tout ce qu'il y a de plus hétérosexuel. Tester l'autre bord ne lui a jamais effleuré l'esprit, même s'il n'a rien contre les choix de chacun.
Avatar : Mads Mikkelsen
Réglement : -
Chemin Are you kidding me ? Don't forget, that you only have one heart. UC 3766924225
Autre : Un nouveau doudou cuty, vous verrez... même si ça se voit pas pour le moment Don't forget, that you only have one heart. UC 367806265.
Histoire - Citation
Thème musical :


I
ПРЕДЛОЖЕНИЕ
(La sentence)

Ce jour devait bien arriver. Ce n’était que pure naïveté de penser qu’on en échappe. Tu inspires, nerveusement, alors qu’on te pousse en avant pour que tu passes la porte. Derrière la vitre pare-balles qui te protège d’eux autant qu’elle les protège de toi, tu observes en silence. Une pièce immense, au vieux bois sombre, lourd et compacts. Les tribunes surplombent le monde de toute sa hauteur, sur des bancs parfaitement alignés. Tout ici et fait pour imposer, pour faire comprendre que la loi est immuable. Tu es au tribunal, et ce n’est pas pour faire du tourisme. Le marteau frappa contre la table, installant le silence, annonçant les hostilités.
─ Monsieur Ulyanov, s’exclama le juge. Savez-vous pourquoi vous êtes ici, au tribunal de Moscou, en ce dix-neuf septembre deux mille quatre-vingt-huit ?
─ Je suppose que je ne suis pas ici parce que j’ai cueilli un rhododendron au voisin sans lui demander la permission, dis-tu sous un ton cynique. Ou sinon, c’est pour fêter mon anniversaire un peu en avance ? Il y a du monde, il ne fallait pas.
Tu cherches un peu, car tu sais que tu es foutu. Tu n’as rien à perdre. Tu as certes un bon avocat, mais les preuves sont trop nombreuses pour que tu en réchappes totalement. Au moins éviter la peine de mort serait pas mal. Et puis ce n’est pas ton truc de pleurnicher et de supplier. Tu entends certains rires dans le public et le juge rappelle au silence ; ton avocat quant à lui, te lance un regard affolé. Si tu ne peux plus te marrer, c’est la fin de tout.
─ Monsieur Ulyanov. Vous êtes accusée pour plusieurs homicides volontaires en échange de rémunération.
Il aurait pu dire « tueur à gages », ça aurait été plus rapide. Mais il a raison, tu es un tueur, bien que totalement sain d’esprit. Comme les soldats qui tuent sous couvert de la loi, du gouvernement d’ailleurs. Mais comme tu n’as pas le petit badge, tu es forcément un méchant. Tu n’as pas choisi le bon groupe, mais en même temps, tu n’avais pas le choix.

Tu es né dans la capitale de Moscou, une belle ville, paraît-il. Car toi, tu n’en as vu que les bidonvilles. Un lieu insalubre et pauvre où l’enfance n’existe pas. Le manque d’argent, de nourriture et les conditions difficiles de la Russie, on fait que tu dues rapidement apprendre à te débrouiller, à devenir adulte. C’est le genre d’endroit où l’instinct animal prédomine sur la raison, certains pouvaient se battre à mort pour une boîte de thon ou une couverture. Alors, gamin, tu appris rapidement à voler. Forcément, ça n’aide pas à être un gentil garçon et à te faire de bonnes relations, bien au contraire. Mais tu ne voyais pas ce qu’il y avait de mal de voler son voisin, si c’était pour que ta babushka puisse s’acheter des médicaments pour ses problèmes pulmonaires. Il n’en a pas besoin le voisin de ce bracelet en argent. Mais voilà, le vol tout seul, ça ne rapporte pas, et puis nombreuses furent les fois où on t’attrapa et que tu rentras couvert de bleu. Non pour un vol, on ne t’emmène pas au tribunal, la loi se fait sur le tas, à coup-de-poing.
Alors forcément, quand tu fus assez grand, tu entras dans une bande organisée. C’était plus facile de voler à plusieurs, les gains étaient plus gros. Avec ta vue perçante, tu servais souvent d’éclaireur, une place confortable. Mais au fil du temps, le petit groupe devint un gang qui se rattacha à un autre. Les délits se faisaient de plus en plus gros et violents. Pour te défendre, ce n’était plus des poings qu’il fallait, mais des armes. Et en Russie, ce n’est pas difficile d’en trouver. Alors forcément, tu appris à les manier, aimant particulièrement les armes à distance et plus précisément les snipers. Puis vint le jour où tu tuas pour la première fois.
Tu servais de guet à la base, la protection arrière, avec ta lunette et ton sniper. Une tête à prix sur laquelle vous vous étiez mis d’accord. Tu n’étais pas chaud, mais c’était un criminel reconnu et ça t’a aidé à obtempérer. Mais finalement, la cible réussit à fuir et à tuer un de tes compagnons, jusqu’à ce que tu lui tires une balle en pleine tête. C’était si facile, si simple de retirer une vie à quelqu’un, et dans un certain sens, ça t’avait effrayé. La mort de ce mec avait fait du bien à beaucoup de monde, mais tu mis du temps à t’en remettre. Tu n’es pas un sociopathe, tu étais un gamin de dix-neuf ans, la seule différence, c’est qu’au lieu de paniquer et fuir, tu as tiré pour sauver tes potes. Mais tu t’étais dit que ce serait la première et la dernière fois. Tu t’étais dit. Car, une fois le chèque en main, tu te dis aussi que ça gagnait bien de shooter les pourris dans ce genre, surtout quand ça te donne assez pour payer une prothèse à ta petite sestra. Si ça peut te permettre de voir un gosse qui a perdu ses jambes d’enfin marcher à nouveau. C’est pour ça que tu as continué à sniper les têtes mises à prix, pour aider ton entourage avec l’argent que tu gagnais sur le sang. Mais tu as une certaine éthique, ne ciblant que les criminels, ils pourraient te remercier de nettoyer le pays. Mais non, la gratitude ne fait pas partie de leur vocabulaire. Donc forcément, quatre ans après le commencement, te voilà devant le juge.

Évidemment, tout ça, tu l’as raconté à ton avocat, qui s’en sert pour te défendre. Les témoins, des amis, des proches, ta voisine, sont là pour soutenir ces paroles. Mais dans les faits, tes actes d’homicide doivent être punis et la partie adverse le fait bien entendre. Tu es dangereux à leurs yeux. Mais tu t’en fous, tu n’écoutes pas vraiment ce qui se passe, tu connais déjà la finalité de ce chapitre. Non, à la place, tu préfères poser tes yeux sur elle.
Akiyo Takase, une jeune japonaise que tu as rencontrée trois ans plus tôt. Elle était belle, mais surtout son caractère enflammé t’avait tapé dans l’œil. Tu l’avais abordé, tentant d’être moins bourru qu’à l’habitude, mais c’est ce trait de caractère qu’elle apprécia chez toi. Ainsi, contre toute attente, vous avez partagé une nuit, puis une autre, jusqu’à finalement aménager ensemble. Tu étais au courant des lois de son pays, mais tu t’en foutais. Tu ne souhaitais pas y penser et profiter de l’instant présent. Instant que tu as complètement gâché au final. Tu t’en rends compte maintenant que tu as peut-être un peu trop hurlé au loup. Elle n’était pas au courant de tes actes, alors elle ne fut pas accusée pour collaboration. C’est tout ce qui compte pour toi, elle ne méritait pas la prison à perpétuité. Car, c’est ça ta sentence, que tu viens d’entendre d’une oreille distraite.


II
ВТОРОЙ ШАНС
(Seconde chance)

─ Je suis enceinte.
Ces mots traversent ton esprit comme une balle perdu. Les yeux rivés sur elle, tu déglutis au travers du combiné. Tu ne sais pas trop quoi répondre, tu ne sais pas comment réagir. D’un côté, tu es heureux, de l’autre, désespéré d’être séparé d’elle par cette vitre de plexiglas.
─ Tu comptes le garder ?
─ Tu aimerais ?
Oui et non, ce n’est pas une bonne chose pour un enfant de grandir avec l’ombre d’un père en prison. Et puis il sera à moitié japonais. Vous vous étiez promis de ne jamais enfanter à cause de ça.
─ C’est ton corps, je n’ai pas mon mot à dire.
─ On l’a fait à deux et puis… c’est trop tard, les délais sont passés.
Un silence s’installe, elle doit te détester. Pourtant, elle ne dégage aucune animosité. Elle t’aimait et c’est plus de la déception qui teinte son regard.
─ Je te file le numéro de mon compte. S’il faut que tu dépenses tout pour le gosse, fais-le. Je m’en fous, je bosserai en prison pour me refaire de la thune.
─ Je préférerais que tu sois avec nous, Pavel.
Tu le sais, tu aimerais aussi, mais ce n’est pas possible.
─ Je ferai de mon mieux pour alléger ma peine. Pour le gamin. Mais ne m’attends pas, mène ta vie, je ne veux pas que tu la bloques pour moi.
Il se pourrait que tu puisses sortir d’ici si tu te conduis bien, au moins être en surveillance à domicile te permettrait de vivre avec ta famille. Mais ça peut aussi ne pas se faire, ou prendre du temps. Tu as déjà gâché une partie de la vie d’Akiyo, tu ne veux pas gâcher le reste. Alors oui, elle venait juste de te dire qu’elle était enceinte, et quelques minutes après, vous vous séparâtes dans un commun accord. C’était beaucoup mieux ainsi.

Deux ans, c’est le temps que tu passas dans cette prison, à refaire jour après jour la même chose, dans une morne monotonie. Les seules distractions étaient la télé limitée à quelques heures, les bouquins et le sport. Tu entretenais ta forme, mais au final, tu te demandais bien pourquoi. Mais à côté, tu faisais tous les efforts possibles pour aider, que ce soit à la cuisine, au ménage, aux travaux communs. Tu avais trouvé un job tranquille qui te permettait d’avoir un peu d’argent et te payer petit plus comme des clopes : le jardinage. C’était assez reposant de faire pousser des fleurs et puis personne n’osait plus écraser tes plates-bandes depuis que tu avais refait le portrait de celui qui avait osé aplatir une tulipe. Tu étais un prisonnier plutôt calme et posant peu de problèmes, mais quand on t’emmerdait, tu savais répondre, aussi bien verbalement que physiquement. Au fil du temps, on avait appris à te respecter, et c’était important pour toi, ancien tueur de criminel. Personne ne t’appréciait, mais au moins, on ne t’emmerdait pas. Sauf certain qui apprit à te considérer, car finalement, tu restais plutôt sympa comme mec et plutôt serviable.

Mais les petites joies furent de courte durée, si on peut dire ça. Car au bout de ces deux ans au goulag, on te demanda de venir dans le bureau du directeur de la prison.
Passé la porte, tu te demandais bien ce qu’on te voulait. Au bout d’un temps, on s’habitue à l’endroit et on se résigne à ne plus jamais en sortir. Alors forcément, tu te demandes plus ce que tu as fait de mal que de bien. C’est sans doute la présence d’un polkovnik qui te fit comprendre que tu n’étais pas là pour te faire réprimander. Et aussi parce qu’on ne t’avait pas mis de menottes.
─ Monsieur Ulyanov, s’exclama l’homme en uniforme. Je me présente : colonel Mayor Sokolov. Si je suis venu ici et fait venir dans ce bureau, c’est parce que vous nous intéressez.
─ … ah. Enchanté ? Mais, en quoi je vous intéresse ?
Tu essayes d’être polie malgré ton manque d’éducation. Tu as vite compris que ce mec, c’était ta porte de sortie et que cette fois, tu devais te la jouer fine.
─ Est-il vrai que vous n’avez jamais raté une de vos cibles ?
─ … Je n’ai aucun souvenir d’avoir raté une cible non, mais je ne garantis rien.
Franchement, tu ne sais pas, tu n’as jamais fait attention quand tu snipais si tu ratais ta cible ou non. Mais une chose était sûre, si tu l’avais déjà raté, c’était une ou deux fois.
─ Et vous le faisiez seul ?
La question est intéressante, il faut toujours être deux pour sniper : un pour calculer la trajectoire, l’autre pour viser et tirer. Mais avec les technologies de maintenant, faire ça seul était devenu plus facile. À condition de bien maîtriser son matos et les mathématiques.
─ Oui.
Le polkovnik croisa quelques secondes le regard du directeur puis revint sur toi.
─ Il y a deux ans, votre profil nous intéressait pour le corps de l’armée russe. Cependant, quand bien même vous nous avez débarrassés de la sale vermine, nous n’étions pas certains de votre… comment dire…
─ Stabilité ?
─ On va dire ça.
Tu n’as pas fait l’armée, tu n’étais pas formé pour tuer sous les ordres, mais plus sur les tiens. Alors forcément, rien ne leur garantissait que tu étais sain d’esprit ou serait capable de suivre des ordres. En réalité, tu n’aimes pas les ordres, mais si c’est le seul moyen de sortir d’ici, tu préfères devenir soldat plusieurs années que croupir en prison.
─ On vous a donc observé pendant deux ans, reprit le directeur. Et il est force de constater que vous être plutôt un prisonnier exemplaire.
─ Nous vous proposons donc de réduire votre peine en vous engageant pour l’armée.
─ … Réduire comment ?
─ Vous prendrez votre retraite comme tout autre soldat, mais avec l’interdiction de quitter l’armée avant. Et si vous n’êtes pas capable de suivre avant la fin de votre contrat, ces retours à la case prison. De même, vous serez libres de vos mouvements les jours de repos.
Normal, tu n’as rien à dire. C’est déjà un deal avantageux.
─ J’accepte.

Une fois sortie de prison, la première chose que tu fis, fut d’appeler Akiyo. Elle te rendait de moins en moins visite et tu savais qu’elle s’était remise en couple avec quelqu’un d’autre. Mais tu voulais la revoir, ainsi que ta fille. Elle était toujours en Russie pour son travail d’interprète Japo-russe, un des rares jobs qui permettait aux japonais de vivre en dehors de leur pays.
Non, juste les voir et constater qu’elles vont bien te serait suffisant. Mais finalement, Akiyo ne réfléchit pas bien longtemps et à peine avait-elle appris ta libération sous condition, qu’elle quitta son partenaire actuel pour te sauter dans les bras. Cela te surprit, mais au final, tu en étais ravi, lui promettant que plus jamais tu ne l’abandonneras.


III
РЕБЕНОК
(L'enfant)

Pakistan, année 2101. La guerre pour les ressources naturelles bat toujours son plein. Tout le monde le sait, et aucune excuse ne passe pour justifier la guerre dans ces contrées. Éternel combat entre les États-Unis et la Russie sur ces territoires arides. Au premier qui mettra la mainmise sur telle ou telle terre. Évidemment, les rébellions autochtones sont légion, tout comme les attentats. Et ton rôle en tant que soldat, c’est de protéger la population de ces terroristes.

Perché en haut d’un bâtiment de grès, tu observes avec ton binôme la foule en contrebas. C’est le souk, un marché en ruelle où les gens sont condensés les uns contre les autres. L’endroit parfait pour tout faire exploser. Il faisait une chaleur à mourir, mais il ne fallait surtout pas baisser sa garde, pendant des heures. Autant dire que les bouteilles d’eau s’enchaînaient les unes après les autres et que la pause était méritée. Mais à cet instant, c’était ton tour de garde.
─ Pavel.
─ Hum ?
─ Le gamin là-bas, il est suspect.
Posant ta bouteille d’eau, tu te plaças derrière ton fusil pour regarder à travers la jumelle. Il y avait un enfant, d’à peu près six, huit ans qui hésitaient à s’avancer vers la foule. Ce qui attira l’attention était l’étrange forme de son ventre.
─ Des explosifs !?
─ Faut que tu le descendes avant qu’il se fonde dans la masse Pavel.
Habitude, automatisme, tu charges mon fusil et règle la trajectoire sous les instructions d’Ivan. Ton index se place la gâchette et… tu bloques.
─ Qu’est-ce que tu fous ! Tire.
Ton cœur se serre, tu déglutis et tes mains tremblent d'angoisse.
─ J… je ne peux pas.
─ Qu’est-ce que tu nous fais ! Si tu ne le butes pas, il va y avoir des mots.
─ MAIS C’EST QU’UN GOSSE !!
Et tu n’en as jamais tué. Depuis tes dix-neuf ans, tu as tué des centaines de personnes. Des criminels, des soldats, des gens qui le méritaient ou qui comme toi, obéissaient à des ordres et savaient se défendre. Des confrontations égales à égal. Mais tu n’as jamais tué d’innocent, et encore moins d’enfants. Et là, on te demandait de le faire, sans préparation. Ton esprit se bloque et à la place de ce petit garçon, tu vois ta fille, Orimi, perdu et ne sachant pas ce qu’elle fout là avec une barre d’explosif autour de la taille. Tu la vois dans ton imagination. Et elle explose.

Cette faute professionnelle a coûté la vie à cinq personnes et fait une vingtaine de blessés. Mais on ne compte pas ceux qui l’ont été psychologiquement. Comme toi.
─ Ulyanov !
La voix du polkovnik retentie dans la pièce, accompagné de son podpolkovnik. Tes yeux se lèvent, fatigués. Tu n’as pas dormi de la nuit et ça se comprend.
─ Onze ans de service dans l’armée sans aucune bavure. Et là, cinq morts ! Qu’est-ce qu’il s’est passé !?
─ Je n’ai pas réussi à tirer, dis-tu d’une voix basse. C’était qu’un enfant.
─ Pardon ? On vous demande d’obéir aux ordres, Ulyanov, pas de faire preuve d’état d’âme. Vous êtes sous contrat, vous savez ce qui se passera si on vous juge inapte à continuer dans l’armée. C’est une faute grave que vous avez faite, Ulyanov.
Tu savais ce qu’il voulait dire par là, tu n’avais pas fini de rembourser ta dette.
─ Tuer des criminels, oui. Tuer des soldats, oui. Mais je préfère retourner au trou plutôt que de buter un gosse !! Un gosse qui ne savait même pas ce qu’il foutait là !
Ton regard était devenu sévère et tu soutenais celui du colonel. Ça te ferait mal de retourner en prison, mais tu refusais de t’abaisser à ça. Le regard de Sokolov resta neutre et te mit aux arrêts le temps de savoir quoi faire de toi.

Finalement, on ne te renvoya pas. Ton acte avait été compréhensible, de nombreux soldats non préparés n’auraient pas pu tirer sur un enfant. Mais c’était tombé sur toi et les conséquences en furent désastreuses. Mais tes loyaux services avaient aussi joué en ta faveur, bien que possédant du répondant, tu n’avais jamais eu d’avertissement dans toute ta carrière de soldat. Et puis il ne te restait que quelques années avant qu’on te libère.
Tu fus cependant renvoyé des forces terrestres pour travailler dans les forces protectrices du territoire russe. C’était plus calme et il y avait moins de risques de croiser des enfants kamikazes. Ton rôle était toujours de protéger à distance. Des foules, des individus renommés. Mais au moins, tu n’étais pas le seul sniper pour assurer la responsabilité. Bien que le côté soldat à l’extérieur du territoire te fasse voyager, avoir la possibilité de rester près de ta famille était un plus non négligeable. Tu pouvais être plus présent pour ta fille, qui, maintenant avant déjà treize ans. Tu avais pris soin de passer le plus de temps possible avec elle enfant, lorsque tu étais de permission, mais tu n’avais jamais été très présent. Tu comptais bien te rattraper. Ainsi qu’avec ton amante, Akiyo.


IV
РОЗОВЫЙ
(Rose)

La petite routine s’est bien installée. Au final, ta vie à trente-neuf ans n’est pas si mal, même si elle n’a pas très bien commencé. Tu as un job plutôt stable et qui rapporte bien, tu vis avec la personne que tu aimes, tu as une fille. Que demander de plus ?

Comme tous les matins, café à la main, tu sors dehors chercher le courrier que tu regardes d’un œil encore un peu morne. Tu n’es pas très frais, temps que tu n’as pas avalé ta dose de caféine et deux blinis nappés de miel. Même la froideur de l’hiver sibérien ne semble guère te stimuler. Tu revins donc t’asseoir à la cuisine, zyeutant les quelques lettres : des factures, des pubs,…
─ Tiens… c’est marrant, cette enveloppe est toute rose, dis-tu sous le ton de la surprise et une grosse pointe de naïveté.
Un bruit de vaisselle se brise sur le sol, le mug n’a pas pu atteindre le lave-vaisselle qu’Akiyo l’avait déjà lâché sous la surprise. Cela attira ton attention et tu pus voir le visage livide de ta « femme ».
─ … Lyubov' ?
─ Elle… elle est à mon nom ?
Tu regardes le destinataire, mais c’est écrit en kanji que tu ne sais que difficilement lire, tu reconnais cependant le nom d’Akiyo. Soudain, tu commences à comprendre. Tout se passait tellement bien que tu avais totalement oublié ce « risque ».
─ C’est en kanji… c’est…
D’un geste, elle arrache la lettre de tes mains pour la regarder. Elle déglutit et finit par l’ouvrir et la lire. Au fur et à mesure que ces yeux descendaient les lignes, tu pus voir des larmes couler silencieusement le long de ses joues. Une fois qu’elle eut terminé, tu la pris doucement dans les bras pour tenter de la consoler. Tu l’aurais bien embrassé, mais tu te rappelles que ça la tuerait. Quelle horrible sensation de ne plus pouvoir aimer sa « femme » à cause d’une simple lettre.
─ Je ne pensais pas la recevoir un jour, sanglota-t-elle. Je suis heureuse ici, j’ai presque quarante ans, je ne comprends pas…
Tu es peut-être l’homme le plus compatible du monde pour Akiyo, tu n’es pas japonais et ne possèdes pas la puce. Aucune machine ne peut donc calculer ta compatibilité avec elle. En réalité, c’était un miracle que votre couple est duré aussi longtemps. Vous le saviez, vous vous étiez préparé, mais c’est difficile à avaler au moment de l’échéance.

Des solutions pour échapper à l’ordre de l’Incontestable, vous en aviez cherché dans le passé. Au cas où. Il n’y en a pas, aucune, nada. Ça ne servait à rien de recommencer à chercher comment en échapper. À la place vous préparâtes le départ d’Akiyo. Que les choses soient bien faites, de profiter des derniers jours, des dernières étreintes innocentes.
Évidemment, tout ceci te mit en rage, tu aurais bien aimé tabasser n’importe qui passant sur ta route. Les responsables de ce merdier, ce mec qui te vole celle que tu aimes. Tu es en colère, mais tu le savais et tu as pris le risque. Alors la principale personne contre qui tu étais en colère, c’est toi.
Mais tu pris sur toi pour ne pas en rajouter, pour ne pas l’angoisser encore plus. Seul le paquet de cigarettes succomba à ta colère et les quelques bûches de ton jardin. Tu n’étais pas très démonstratif, mais cette séparation te déchirait. Et surtout, que faire d’Orimi ? Elle avait quatorze ans, avait vécu toute sa vie ici, avait son école, ses amis. Elle connaissait un peu le japonais, mais son côté japonais était noyé sous la langue et les mœurs russes. Pour Akiyo, la question ne se posait même pas, elle devait rester en Russie, chez elle, en espérant qu’elle ait la même chance que sa mère : un mariage tardif.

Bien sûr, la jeune fille était au courant de cette drôle de machine. Ses parents avaient pris le temps de lui expliquer les risques qu’elle encourait. Et si ça n’avait pas été vous, ça aurait été l’école. Le cas du Japon était cité dans tout manuel de géographie, seule l’adhésion ou la répulsion au système, variée d’un pays à l’autre. En Russie, c’était un point de vue positif, toi aussi tu trouvais ça pas mal, surtout si c’est mis dans un pays aussi grand que la Russie et où les rencontres sont aussi difficiles qu’au Japon. Mais quand on y est confronté, ce n’est pas vraiment la même chose.
Elle eut du mal à l’accepter, elle était jeune et on la séparait de sa mère. Mais c’était mieux ainsi et rien ne l’empêcher de passer les vacances au Japon. Jusqu’à ce que ce fût son tour.


V
ЯПОНИЯ
(Japon)

Ce coup-là, tu ne t’y attendais pas. Tu avais lu que ce bordel pouvait taper à partir de seize ans, mais franchement, tu n’y avais pas cru. Elle est mineure, merde ! En plus, tu avais enfin atteint la fin de ta dette. Quarante ans passés, mis en retraite ; comme convenu, pour avoir servi le pays, on nettoya ton casier judiciaire. Tu étais libre de faire ce que tu voulais et voilà que c’est ta fille qui doit se barrer. Et tu dois recommencer ce que tu as fait avec ton ex, trois ans plus tôt.
La première chose que tu fis, ce fut de rassurer ta fille. Tout allait bien se passer, la machine était connue pour être fiable. Le garçon avec qui elle est mariée, devait être quelqu’un de bien… non la fille… la fille !? Oui, c’est sur ça que tu bloquas le plus. Homosexualité et Russie ça n’a jamais été le grand ship. Tu n’as rien contre les gens font ce qu’ils veulent de leur cul, mais déjà, tu sais que ta fille n’est pas lesbienne – enfin, tu penses, elle pense aussi pour le moment – et puis tu as peur pour elle si elle revient au pays. Les cons, il y en a partout et les Ulyanov n’aiment pas trop se cacher. Mais les choses sont faites et tout ce qu’il y a à faire, c’était que tout se passe pour le mieux.

Tu trouvas donc une université pour Orimi afin qu’elle puisse finir ses études, tu convins avec elle, et sa mère, de lui envoyer de l’argent de poche en plus des aides qu’elle avait de l’état et tu décidas de l’accompagner les deux premières semaines au Japon, au cas où. Oui, tu as du mal à laisser partir ta gosse.
Autant dire que l’épouse d’Orimi était charmante, quoique timide. Elle était à la fois opposée et complémentaire à la demi-russe. Tu avais peur, mais au final, tu fus rassuré pour ta fille. Tout le monde fut rassuré, et tu pus repartir dans ton pays, le cœur lourd, mais soulagé.

Mais la belle idylle programmée s’écourta un an plus tard après de multiples aléas entre les deux femmes, jusqu’à l’éclatement. Ça ne s’était pas si bien passé que prévu, et la machine les avait divorcé. Orimi se retrouva sans rien du jour au lendemain. Elle alla donc loger temporairement chez sa mère, mais elle ne pouvait la garder, ayant refait sa famille et n’ayant pas les moyens. L’idée qu’elle revienne chez toi en Russie avait été énoncé, mais elle n’avait pas fini ses études et changer d’université en cours d’année c’était sacrifier cette dite année. Alors tu fis le nécessaire pour avoir un visa pendant deux ans – avec un renouvellement, entre deux – et tu aménageas à Tokyo avec Orimi.

Ces deux se passèrent bien. Tu pris le temps d’améliorer ton japonais car nombreux était les nippons qui ne pipaient pas un mot d’anglais. Mais le pays était beau, tu t’y plaisais même si tu avais du mal avec les mœurs. Tu n’es pas dans le genre discret et ça ne plaisait pas toujours. Par contre, tu avais trouvé un travail dans la sécurité et ta gueule de scandinave aidait bien. Cela te permettait de payer le loyer en plus de la retraite militaire que tu percevais.
Mais au deuxième visa, on te refusa un troisième d’un an. Tu avais vécu deux ans au Japon sans te soucier de l’Incontestable, maintenant, tu devais choisir : partir ou y rester définitivement en acceptant les conditions.

Tu mis du temps pour y réfléchir, enfin le temps qu’il te restait sur le sol japonais. Tu aimais bien ce pays, tu t’étais fait une place et tu avais un travail. Bien sûr, tu préférais ton pays, mais il y a des souvenirs là-bas que tu aimerais ne pas retrouver. Laisser derrière toi en venant dans le pays du soleil levant. Et puis, il y avait ta fille ici, contrairement en Russie où plus rien ne t’attendait.
Sans l’Incontestable, cela aurait fait longtemps que tu auras demandé à rester. Mais l’idée de te marier du jouer au lendemain à une inconnue, voire un inconnu, ne te réjouit pas et te refroidit. C’est difficile. Mais en posant le pour et le contre, tu te dis que tu as plus à y gagner de rester. Au moins, tu restes proche de ta fille.

En voyant les conditions pour la naturalisation, tu bénis le ciel que ton casier soit redevenu vierge. Ça t’avait bien aidé pour les visas. Mais prévoyant, car tu te doutais que l’administration creuserait plus dans ta vie que pour un simple visa, tu demandas des lettres à tes anciens supérieurs militaires attestant de ta bonne conduite depuis ces dernières années. Tu avais fait des conneries dans le passé, tu l’as payé, tu aimerais que ça ne te retombe plus dessus. Renoncer à ta nationalité fut le plus dur à accepter, mais au final, ce n’est qu’un mot.
La procédure prit du temps. Des rendez-vous, des temps de réflexion sur une décision déjà prise. Tu avais l’impression d’avoir demandé un avortement. Évidemment, tu doutais toujours, c’était une grosse connerie, tu le savais au fond de toi. Mais quand ta décision est prise, elle change rarement. Alors au bout de trois mois, car tu es un cas un peu relou Pavel, tu devais japonais. Avec toute la merde que ça implique.

УДАЧИ !
Physique
PHYSIQUE - Votre physique en 250 mots minimum.

Caractère
CARACTERE - Votre caractère en 250 mots minimum.

Solveig Flores
Messages postés : 346
Inscrit.e le : 15/01/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Beloved la vache. ♥︎
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Jeu 13 Juin - 20:50
par Solveig Flores
Oh la la Mads Mikkelsen quel bon choix lbblblbl. ♥
Bon reboot ♥︎ j'ai hâte de lire tout ça Don't forget, that you only have one heart. UC 2432113367
Makoto Nanase
Messages postés : 4089
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Jeu 13 Juin - 21:48
par Makoto Nanase
Bon reboot Don't forget, that you only have one heart. UC 1362171446
Attention, le code du règlement n'est pas complet Don't forget, that you only have one heart. UC 2361740871

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Don't forget, that you only have one heart. UC 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit Don't forget, that you only have one heart. UC 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
Don't forget, that you only have one heart. UC Ld7d
Don't forget, that you only have one heart. UC BbNTuR8
Le plus beau compliment ♥️:
Don't forget, that you only have one heart. UC Cn3Ckyx
Don't forget, that you only have one heart. UC 1EPYLUw
Don't forget, that you only have one heart. UC DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
Don't forget, that you only have one heart. UC E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
Don't forget, that you only have one heart. UC 3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
Don't forget, that you only have one heart. UC Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
Don't forget, that you only have one heart. UC YqECw0j
Oz G. Kamikaze
Messages postés : 106
Inscrit.e le : 16/12/2018

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Mes mains tbh
Autre: Mon derche est fatal, ça les fait tomber comme des mouches.
Find me right now♥️
posté
le Jeu 13 Juin - 21:53
par Oz G. Kamikaze
"Don't forget that you have one heart" mouais, moi j'en vois deux déjà sur ton image des généralités Don't forget, that you only have one heart. UC 3766924225
Bon reboot tho' Don't forget, that you only have one heart. UC XUSolFK

edit: ohlôlô t'as mis le même code que moi Don't forget, that you only have one heart. UC 4209819182
Pavel K. Ulyanov
Messages postés : 686
Inscrit.e le : 25/05/2015

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
♥ Le Saint Panda Ficus ♥
♥ Le Saint Panda Ficus ♥
posté
le Jeu 13 Juin - 22:26
par Pavel K. Ulyanov
Solveig - Oui, j'aime tellement cet acteur Don't forget, that you only have one heart. UC 1258839627. Et merci pour l'accueil ♥. T'es le number one Don't forget, that you only have one heart. UC 2837704232.

Makoto - ... Ah... fichtre ! Je relookerai. Merci :3.

Oz - Tu aimes mes lunettes hein ? Elles sont classes Don't forget, that you only have one heart. UC 1854274601 . Et c'est parce que je t'admire chéri, je copie tout comme toi Don't forget, that you only have one heart. UC 210053242.
Daiki Seki
Messages postés : 492
Inscrit.e le : 09/09/2017

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Giulia
Autre: ✚ Parle en : #ff9172

★
posté
le Jeu 13 Juin - 22:37
par Daiki Seki
Yo~
Cet homme. Dis donc, c'est alléchant ces petites infos ! Il faut la suite !!! Don't forget, that you only have one heart. UC 1451543918 Bon, pas le choix, je vais devoir rôder dans le coin. Encore.
Bon courage pour la rédac' et pi surtout bon reboot à toi Don't forget, that you only have one heart. UC 2026231687
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
posté
par Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
© Street cred
Le contexte original du forum appartient à Black Chocolate. Les évolutions, précisions et annexes appartiennent aux staff présent et passés de JM.

Design et code par Carmine S. Bellandi / PAN, avec l'appui des ressources de Forumactif et CCC. Optimisé pour Firefox et grandes résolutions d'écran.

Les productions écrites du forum appartiennent à ses membres.

Toute reproduction partielle ou totale du forum, de son contexte ou de son contenu est strictement interdite.

Nos partenaires