Elisha [Te]
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Elisha [Te]
Invité
Elisha [Te]
posté
le Mar 9 Juil - 13:29
par Elisha [Te]
Elle avait froid. Ce fut la première chose qu’Elisha se dit en émergeant de son sommeil. Sur sa peau, ses poils s’étaient tous hérissés, et  des frissons la parcouraient sans qu’elle puisse les contrôler. Elle ouvrit les yeux. Autour d’elle, la petite chambre qu’elle s’attendait à retrouver avait été remplacée par une vaste étendue brumeuse et glaciale. Ses cheveux se soulevaient lentement, comme si elle se trouvait sous l’eau et non sur la terre ferme. Son souffle chaud se transformait en une buée opaque dès qu’il franchissait le seuil de ses lèvres, avant de venir rejoindre les nuages de brumes qui flottaient tout autour d’elle. Le sol était recouvert d’une fine pellicule d’eau, pas assez pour qu’elle s’enfonce ne serait-ce que d’un centimètre, mais suffisamment pour qu’elle ait l’impression de se tenir sur la surface lisse d’un miroir qu’un vent invisible venait tordre par endroits. Impossible pour elle de distinguer le ciel de la terre. Impossible pour elle d’apercevoir un horizon.

Elisha se tenait là, debout, au milieu de cet endroit étrange et pourtant si familier. C’était encore ce rêve … Elle était déjà venue ici, au moins 2 fois. Cela pouvait sembler peu mais pour elle, c’était 2 fois de trop. Car ce qu’elle y voyait la hantait à chaque fois pendant plusieurs jours et plusieurs nuits. La première fois que la jeune fille était venue, elle venait de perdre son bébé. Elle avait alors dû faire face à un cadavre sanguinolent la suppliant de venir l’aider, et elle avait beau courir, l’image – ou plutôt la chose - l’avait poursuivie où qu’elle aille. La deuxième fois, c’était lorsqu’elle avait obtenu ses pouvoirs. Ce fut Lewis, son premier et unique amour, qui lui était apparu. Souriant, heureux, ravi qu’elle soit sortie de sa vie à jamais. Cette fois ci elle n’avait pas fui. Elle avait hurlé, frappé, cogné à s’en briser les phalanges, mais elle n’était jamais parvenue à effacer ce sourire. Aussi, lorsqu’elle reconnut l’objet de ses songes, une boule d’angoisse se forma au creux de son estomac.

L’Algérienne n’avait aucune idée de ce qui allait lui arriver, mais elle savait ce qu’elle devait trouver. Un objet, une personne, n’importe quoi qui se détache de cet environnement linéaire et immuable. Elle pivota sur elle-même, et trouva l’objet de sa convoitise. Un pan de bois sculpté, plus haut qu’elle, et plus large aussi. Elle s’approcha lentement, chacun de ses pas dessinant des ronds d’eau sur la surface lisse du sol. Arrivé à son niveau, elle en fit le tour, et s’aperçu alors qu’il ne s’agissait pas d’un simple pan de bois. L’autre côté qui lui faisait à présent face était lisse, brillant, et reflétait avec précision une image presque identique à ce qui se trouvait derrière elle. A un détail près. Ce n’était pas sa silhouette qui se dessinait en face d’elle, mais celle d’une petite fille.

Elisha eu un mouvement de recul. Mêmes yeux gris semblables à un ciel d’orage. Même cheveux bruns et bouclés qui encadraient un visage arrondit et potelé. Même peau couleur caramel qui semblait avoir pris un peu trop le soleil. Était-ce possible que … Elle murmura :


- Nour …

Et la fillette fit de même. Non. Ce ne pouvait pas être Nour. Elle n’aurait pas plus de deux ans à présent, alors que la petite fille en avait au moins 6. Elle pencha la tête sur le côté, et l’autre fit de même. Elle s’approcha, et l’autre répéta le mouvement. Alors Elisha comprit. Ce n’était pas Nour. C’était elle. Ou plutôt un reflet de ce qu’elle avait été par le passé. Ces jours rebondies, signe d’une alimentation bien plus conforme à ce qu’elle faisait à présent. Ce sourire sur les lèvres qui s’étirait de part et d’autre de son visage, alors qu’elle-même en était à présent incapable. Et cette lueur dans le regard qui montrait une telle joie de vivre, alors que la sienne s’était éteinte depuis longtemps … Elisha s’assied sur le sol humide, imitée par le mini-double qui lui faisait face. Qu’est-ce que cela voulait dire …

- Que me veux-tu ? demanda-t-elle avec une voix vibrante d’émotions.

Cette fois la petite Elisha ne reprit pas la phrase de son modèle, se contentant de la fixer avec un air grave.


- C’est plutôt à moi de te poser la question, tu es dans mon rêve. Alors vas-y, double du futur, lis moi mon avenir !

La voix de l’enfant semblait lointaine, mystérieuse, comme si la surface du miroir qui les séparait la déformait pour la rendre un peu plus flottante. La grande Elisha esquissa un sourire. Depuis quand était-elle si impertinente ? Plus longtemps qu’elle n’aurait pu l’imaginer, à en juger par l’air effronté qu’affichait l’enfant à cet instant. Était-ce un réel lien avec son soi d’autrefois qui venait de s’établir ? Ou un simple tour de son esprit pour l’amener à réfléchir sur son passé et ce qu’elle était aujourd’hui ? Impossible à dire, et pour l’heure elle décida de jouer le jeu de son petit double.

- Très bien, mini-moi. Tu deviendras une ado insupportable couverte de boutons d’acné. Fin !

Un air malicieux apparu dans ses yeux, et la petite Elisha s’en aperçu très rapidement. Posant les poings sur ses hanches et gonflant les joues, elle prit un air bougon.

- Ah, nan, là tu me dis des bêtises ! Moi je veux la vraie vérité, mentir, c’est mal.

Malgré son jeune âge, son assurance était palpable : impossible de se déroger à ses exigences. La grande Elisha se souvint avec tendresse de sa tendance à jouer les chefs d’orchestre plutôt que simplement suivre les directives des autres. Dieu qu’elle devait être une enfant insupportable … Poussant un soupire qui se voulait exaspéré et las, elle demanda :

- Je ne mens pas, je fais une blague. Ton sens de l’humour laisse encore à désirer, mais t’inquiète pas ça viendra avec le temps. Alors mini-moi, tu veux savoir quoi ?

Le sourire de l’enfant s’élargit, laissant apparaître une fossette que l’adolescente n’avait pas vue depuis des années.

- Est-ce que je … Est-ce qu’on devient un grand médecin ? Ou un vétérinaire qui sauve les kangourous ? Est-ce que j’aurai encore toutes mes dents ? Car je mange plein de bonbons alors c’est important de savoir. Oh, et surtout, est ce qu’on a un chéri qui nous aime fort ?

La petite Elisha était si impatiente de poser toutes ses questions qu’elle ne laissa pas à la grande le temps d’y répondre petit à petit. Aussi se retrouva-t-elle bien embêtée lorsque la fillette se tût pour écouter ce qu’elle avait à dire.

- Woah, mais j’étais si pipelette avant ? Pfiou … Dans l’ordre hein. Non pas médecin, ni vétérinaire : j’ai déjà du mal à avoir mon diplôme de fin d’études … Mais bon, il y a encore de l’espoir pour réaliser nos … enfin tes rêves.

Car cela faisait bien longtemps qu’elle ne rêvait plus de cela. Elle poursuivit en lâchant un petit rire amusé :

- Pour tes dents, ne t’en fait pas, tu les as encore. Mais ralenti quand même sur le sucre et les bonbons, ça t’évitera d’aller chez le dentiste. Parce que tu vas détester, je peux te le garantir. Donc mollo hein ?

Un souvenir fugace d’un siège en position allongé, d’une lampe éblouissante et d’un appareil vibrant et bruyant plongeant dans sa bouche lui revint en mémoire, et elle s’empressa de l’éclipser. Non, elle n’appréciait vraiment pas cela. Vint ensuite la dernière question, à laquelle elle devait s’efforcer de répondre en toute sincérité. Parce qu’il ne servait à rien de mentir à la fillette … De se mentir à elle-même.

- Pour ce qui est du chéri en revanche … commença-t-elle d’une voix un peu blanche, non, tu … enfin je … enfin on en a pas.

La petite Elisha prit un air peiné, comme si la nouvelle la rendait triste au plus haut point. Mais si elle n’exprima pas la moindre réaction, la grande en revanche ne put se résoudre à s’arrêter à cette simple explication. Il fallait qu’elle la mette en garde. Qu’elle lui hôte de la tête tous ses rêves de contes de fées qui, se souvenait-elle, remplissait sa tête même lorsqu’elle était adolescente.

- Tu sais mini-moi, l’amour c’est … C’est pas du tout comme tu le crois. J’ai été amoureuse une fois, et je pensais que ce serait mon chéri toute ma vie. Mais l’amour … c’est juste une illusion, qui fait mal quand on y croit trop fort.

L’enfant inclina la tête sur le côté, l’air à la fois perdue et perplexe.

- Tu es sûre giga-moi ? Sûre que ça n’en vaut pas la peine ? Parce que dans les films …

- Oui, coupa la jeune fille. Oui je suis sûre, l’amour ça n’existe que dans les films, dans la réalité c’est … ça n’a rien de réel. Je ne veux pas qu’il t’arrive ce qui m’est arrivé. Et je ne tomberai plus jamais dans ce piège.

La petite Elisha se redressa de tout son long, son visage prenant alors une expression totalement neutre.

- Tu mens, dit-elle simplement.

- Pardon … ?

- Tu mens, répéta la fillette. color=#6699ff]Tu l’aimes. [/color]

Son regard ne reflétait plus rien d’enfantin. On n’y lisait plus que la vérité, une vérité si évidente pour elle, mais totalement impossible à admettre pour son homologue plus âgée. La grande Elisha resta muette quelques secondes, avant de froncer les sourcils.

- Qu’est-ce que … Pourquoi tu dis ça ? Tu connais rien à ma vie !

La petite reprit sur le même ton monocorde, ne semblant pas entendre son aînée.

- Tu l’aimes car quand tu es avec lui tu es différente. Tu es comme avant. Tu es comme moi. Tu l’aimes.

Et ces deux derniers mots se répétèrent en écho autour d’Elisha, qui se figea, son visage ne reflétant plus rien de bienveillant. L’enfant avait tort, il ne pouvait en être autrement. Alors pourquoi ses mots trouvaient des accents de vérité au fond de son cœur … ? Impossible de l’admettre, c’était beaucoup trop douloureux. Elle ne voulait pas que cela recommence. Elle refusait même d’envisager cette posibilité. D’un poing rageur, elle frappa sur la paroi du miroir.

- Tais-toi !

Instantanément, la surface se liquéfia et se rependit sur le sol, fusionnant totalement avec l’eau qui le recouvrait. La voix se tut, et Elisha se retrouva seule avec ses pensées. Des larmes lui montèrent aux yeux tandis qu’elle ramenait ses jambes sous son menton. Elle posa son front sur ses genoux et, tandis que la première gouttent roulait sur sa joue, elle murmura :

- Reviens …
Philémon Saito
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posté
le Sam 13 Juil - 14:48
par Philémon Saito
Avant propos:

Je viens squatter le sujet de Sha, déjà parce que je l’aime, et ensuite parce que j’ai aussi envie d’être une 4-5.
Ensuite le personnage que j’utilise est Carmen, elle sort tout droit des Brises de l’Esquisse. Comme j’ai la flemme de vous expliquer qui elle est,   voici sa courte fiche.



Mercredi 2 avril 1919, à Archena
    Ma chère petite maman,

Tout va bien à la ferme, ne t’inquiète surtout pas. Tous les matins le coq chante alors que je prépare le petit déjeuner. Je réussi moins bien le gruau que toi mais Pedro dit que je m’améliore. Dotty par contre refuse toujours d’y couter ; elle dit qu’elle ne veut manger que le tiens, tu la connais, quand elle a une idée en tête elle est plus butée qu’une bourrique.

En parlant de bourrique, Cindérella, notre ânesse est pleine. Le voisin dit que c’est grâce à son étalon, et qu’il a droit à la moitié de ses petits. Papa n’est pas d’accord et ils chahutent un peu, et rient comme d’habitude. Ce qui est certain c’est que les petits auront du travail dès l’année prochaine, papa pense agrandir la plantation.

    Nous pensons fort à toi, rétablis-toi vite !

Ta Carmen


***


Vendredi 11 avril 1919, à Archena
    Ma chère petite maman,

Ta lettre nous a fait grand plaisir, nous sommes heureux de savoir que les sœurs prennent bien soin de toi. Ici tout va bien, ne t’inquiète plus cette chipie de Dotty a recommencé à manger car elle ne veut pas être moche et maigre quand tu reviendras. Je lui ai peut-être glissé l’idée que ses dents se déchausseraient et que ses cheveux tomberaient si elle ne se remettait pas à manger du gruau. Ne m’en veut pas trop fort maman chérie, tu sais que je ne le fais que pour son bien.

La cousine Silvia est passé nous porter des nouvelles ainsi qu’un pot de miel. Elles t’embrassent toutes deux. Silvia nous a dit que sa sœur allait se marier le mois prochain. Pedro dit qu’elle est enceinte, mais je pense qu’il est juste jaloux qu’elle lui ait préféré Jesus. A quoi s’attendait-il se nigaud ? Elle quatre ans de plus que lui, cela n’aurait pas été convenable. En tous les cas papa nous a dit qu’il nous achèterait à Dotty et à moi de jolis rubans pour nouer dans nos cheveux pour la noce ! J’ai grand hâte.
Nous prions tous les soirs avec Dotty et Pedro pour que tu nous reviennes en pleine forme.

    Bien à toi,

Ta Carmen.


***


Lundi 21 avril 1919, Archena
    Ma jolie petite maman,

Je te souhaite en retard une très bonne Pâques ! J’ai été débordée ces derniers temps, excuses-moi de ne t’avoir répondu plus tôt !

Hier nous nous sommes endimanchés pour aller à l’église, le père Juan a fait un très beau serment, qui comme d’habitude a laissé papa indifférent. Je l’ai, à ta place, empêché de s’endormir en le pinçant de temps en temps. Dotty était heureuse d’aider à la cérémonie. Tu aurais été très fière d’elle, elle s’est très bien tenue. Avec ses joues rondes et ses nattes brunes, elle avait l’air d’un petit ange, je regrette qu’elle ne le garde pas !

A midi l’oncle Ernando et sa famille sont venus manger. Les petits courraient dans toutes la maison c’était agréable d’entendre leurs rires. J’avais préparé des pucheros, mais ils étaient un peu brûlés… Même si l’on m’a félicitée, la vérité c’est qu’ils n’étaient pas très bons. Dotty n’a rien dit alors j’étais contente !

Papa et Ernando ont sorti de l’alcool du placard et nous ont raconté leurs souvenirs d’enfance. Je comprends mieux pourquoi il laisse tout passer à ma sœur, il était tellement pire à son âge ! Je me demande comment tu pouvais le supporter !

    Je t’embrasse bien fort, rétablis-toi vite pour pouvoir m’aider à m’améliorer en cuisine !

Ta Carmen.
PS : la fleur dans l’enveloppe c’est Dotty qui l’a cueillie pour toi.


***


Vendredi 8 mai 1919, à Archena
    Maman chérie,

Dotty était très heureuse du dessin au dos de ta carte, elle l’a accroché au-dessus de notre lit dès que j’ai eu fini de la lui lire. Papa l’avait grondée très fort parce qu’elle a fait un gros caprice, elle n’aimait pas la couleur bleue du ruban qu’il lui a rapporté du marché, elle en voulait un vert. Papa lui a mis une fessée et l’a privé de souper, quel drame ça a été ! La petite a décidé de ne pas manger le lendemain puisqu’on l’en avait empêché la veille. Et dire que j’avais réussi à la faire manger à nouveau ! Elle espérait ainsi faire plier papa. Tu t’en doutes qu’il lui en a remis une volée, a récupéré le ruban et lui a dit qu’elle irait sans aux noces Imène et Jésus.

Je n’ai réussi à la calmer qu’en lui promettant de lui natter joliment les cheveux comme pour Pâques. Elle m’a avoué qu’elle voulait un ruban vert comme tes yeux parce que tu lui manquais. Je crois qu’elle a peur de t’oublier. J’en ai parlé à papa, il est allé dans votre chambre et en est ressorti avec votre photo de mariage. Comme tu étais jolie ! Il l’a posée sur le buffet, et il a dit pardon à Dotty pour l’avoir frappée. Je pense qu’il n’aurait pas dû, elle est déjà intenable ! Qu’est-ce que ce sera quand elle sera grande ?

    En tous les cas la réception de ta carte a clos l’incident. Tu nous manques à tous, nous attendons ton retour !
    Prends soin de toi,

Ta Carmen
.


***


Aujourd’hui, bibliothèque de l’Esquisse
    A toi ma chère Carmen,

Je t’avais oubliée jusqu’à découvrir tes lettres qui m’attendaient posées sur une table dans la bibliothèque. Une petite étiquette les surplombait, dessus, on pouvait lire « à l’attention de Carmen » et je crois bien que c’était l’écriture de maman. Nous avons toujours aimé ce genre de petites intensions, alors je n’ai pas résisté. Je me suis assise dans un confortable fauteuil, après lui avoir demandé la permission bien entendu. Les objets ici son très capricieux.

Je t’avais oubliée et pourtant ton sourire et la naïveté dans tes yeux se dessinent à nouveau par tes mots. Tout me parait clair, tout me parait si proche, j’ai l’impression qu’en tendant la main je pourrais saisir la tienne… Je me prends à penser que c’était hier que je croisais ton reflet dans le miroir, alors que probablement plus d’un siècle nous sépare maintenant. Je sais que l’Esquisse aura tôt fait de me dérober à nouveau ton souvenir, sa folie est joueuse. Je t’écris pour donner une fin à ton histoire, et peut-être pour la retrouver un jour en ces lieux ? Me souviendrais-je alors qu’elle est aussi mienne comme je me souviens maintenant de ces lettres que j’écrivais à maman ?

Ces lettres où je lui parlais des autres pour ne pas lui dire combien il était dur pour une enfant de onze ans d’accomplir son travail d’adulte.  Ces lettres que j’espaçais de peur de trahir mes intentions. Ne pas la laisser deviner que moi plus que tout-autre souffrais de son absence. J’avais dû arrêter l’école pour prendre sa place à la ferme. Je sais qu’elle ne l’aurait jamais accepté, comme je n’ai jamais accepté que Dotty la quitte, alors je ne lui ai jamais dit. J’aurais pourtant dû lui dire, car ces mensonges m’ont rongé bien longtemps. Longtemps je me suis demandée « Et si je lui avais dit, serait-elle revenue pour moi ? »

Il est trop tard pour toi comme pour moi. Tu n’obtiendras pas de réponse à ta dernière missive et tu en seras très triste. Maman ne rentrera pas du sanatorium et c’est un peu de notre innocence qui mourra avec elle. Pourtant, petite Carmen, cette épreuve t’apprendra une chose essentielle : la douleur ne dure pas. Le temps l’estompe toujours. Pourtant aujourd’hui, alors qu’une vie a passé, alors que je n’arpente plus le monde tel que tu le connaitras… Je sens encore la main fraiche de maman sur mon front quand la fièvre engourdit mes sens. Et lorsque le vent souffle fort, je crois toujours entendre des échos de sa voix dans la tourmente de l’Esquisse.

La colère et la douleur que tu ressens aujourd’hui disparaitrons demain ; sur le long chemin de ta vie tu cueilleras beaucoup de bonheurs. Laisse-toi toujours une chance d’être heureuse. C’est le seul conseil que je voudrais te donner, et je sais d’avance que tu le suivras.

    Embrasse Papa, Dotty et Pedro, dis-leur que je les aime souvent,

Carmen.
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