Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Jeu 5 Sep - 0:20
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Deux ans. Cela fait deux qu’il n’a plus aucune nouvelle d’elle. Deux ans qu’elle n’a pas donné signe de vie. Du moins, pas d’elle-même. Jean Duval n’est pas homme à laisser s’échapper ses pantins. Encore moins lorsque ceux-ci se trouvent être ses propres enfants. Il n’aime pas en savoir un, hors de sa portée. C’est dans cette logique qu’il a employé un homme, nommé Hiro Takano, afin de surveiller sa fille. Astrée a beaucoup changé, en deux années. Voilà ce que Jean pense. Mais cela ne lui plaît pas. Il n’aime pas la voir se reconstruire de la sorte. Il n’aime pas la savoir un peu plus forte chaque jour. Un peu plus apte à être indépendante. Un peu plus apte à sortir de sa coupe. Cela le contrarie. Mais il lui fallait une excuse. Un prétexte pour mettre le pied sur le sol japonais – ce même sol qui a tué la seule femme qu’il n’ai jamais aimé plus que lui-même.

Et c’est précisément cette occasion que lui a offert l’Incontestable en mariant sa fille. Jean Duval a fait affréter un jet privé. Et il a voyagé, accompagné par le champagne et la cuisse douce de l’hôtesse de l’air, pour arriver à Tokyo. Le français n’est jamais venu ici. Il n’en a qu’entendu parler. S’il avait su, il l’aurait accompagné, de son vivant…  Mais elle n’est plus de ce monde. En revanche, Astrée, elle, est bel et bien toujours vivante.

Un taxi est hélé. Jean connaît l’adresse à laquelle il doit se rendre. Et il connaît le code d’entrée. Et comment ne pas sembler suspicieux. Une fois arrivé, il paye le chauffeur et le remercie, poliment, avant de se redresser de tout son long, et lever la tête pour observer le ciel. Ou plutôt, le dernier étage. Elle vit ici. Et à cette heure-ci, elle n’est pas encore rentrée de son travail. Jean Duval connaît l’emploi du temps de sa fille par cœur.

Un sourire malsain naît sur les lèvres de l’homme. Parfois, on peut se questionner sur sa santé mentale… Mais il vaut mieux ne pas le faire. Enfin, l’homme se diriger vers la porte d’entrée de l’immeuble. Il y tape le digicode, protégeant la tranquillité des lieux. Pui, il appuie sur le bouton de l’ascenseur, pour le faire venir à lui. Il pénètre le sas de l’engin, avant d’appuyer sur le bouton menant au dernier étage. Il siffle, sinistrement, alors que la machine le fait s’élever. Il est content de revoir sa fille. Mais pas ce genre de joie qu’un père normal ressentirait à l’idée de voir sa progéniture après deux ans sans avoir pu les serrer dans ses bras. D’ailleurs, il ne serre jamais ses enfants dans ses bras. Lui, en réalité, il veut simplement savoir à qui est mariée Astrée. Et surtout : l’homme est-il manipulable ? Ou, mieux, aurait-il des connaissances intéressantes ? C’est ce qu’il va voir. C’est ce dont il va juger.

Le voilà dans le couloir, menant à la porte d’entrée du nouvel appartement de sa proie. Pardon. De sa fille. Fille, qui, on le rappelle, n’est pas censée être là. Si les calculs sont bons, Jean ne fera face qu’à … comment s’appelle-t-il déjà ? Banpei ? Banpei Fuji-…o ? Jean réfléchit un instant, le temps de s’en rappeler correctement. Banpei Fujiyo. Et enfin… il sonne à la porte.

Des bruits de pas se font entendre. La porte s’ouvre. Un homme apparaît dans l’encadrure. Jean se pare de son plus beau masque de jovialité.  

« Good afternoon, Sire ! My name’s Jean. I’m Astrée’s father. Are you Banpei Fujiyo ? Her whole new husband ? »

Il se présente, avant de demander, histoire d’être sûr et certain d’avoir bien frappé à la bonne porte. Mais il n’a pas vraiment de doute, en soi. La seule chose à laquelle Jean n’a pas pensée est la suivante : l’homme en face de lui parle-t-il anglais ? Son regard de glace – le même que celui de sa fille, on se demande de qui elle l’a hérité… - dévisage le japonais, non sans se départir de son sourire, qui semble tout de même quelque peu carnassier.

« My daughter told me that she was married. Thanks to that pretty popular machine. »

Jean tâte le terrain. Il ne sait pas si l’homme est pour ou contre le système en place, il ne veut pas risquer de le froisser. Par contre, mentir, cela ne le dérange absolument pas, hein. Car Astrée n’a strictement rien dit à son père, puisqu’elle ne lui a pas adressé la parole depuis son départ…

« As her father, i was worry about who she married. So I came here, from France, to see her… and meet you. »

Il espère juste que l’homme le laisse entrer. Voire l’invite à prendre un café. Alors, pour forcer légèrement la main du japonais, Jean se penche, un peu, pour voir par-dessus son épaule.

« Is Astrée here ? »

Non, connard. Et tu le sais…
Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Ven 6 Sep - 23:43
par Banpei Fujiyo
Cette après-midi en off, la journée avec l’appart pour moi seul, m’aide énormément : les murs existent et me protègent sans forcément avoir la bénédiction de la présence d’Astrée. Je me sens enfin un peu chez moi, sans menace de mort si je lui stalkais pas au moins une fois les lèvres, je pouvais faire autre chose que de ressentir la tension de blizzard chevrotant quand elle se trouvait dans la même pièce. La seule façon qu’on avait réussi pour faire taire les frissons qui paradoxalement nées de l’ignorance qu’on voulait afficher… et bien, nous rappelaient qu’on tentait d’ignorer quelqu’un, c’était qu’on s’isole chacun de notre côté : moi dans mon bureau à écouter de la musique et à travailler sur mes fichiers de compta, double locké pour être sûr que personne ne pourrait pénétrer dans MA pièce, et elle se terrait dans ses poufs et dans les pages de ses livres ; c’était, sans l’avoir ordonné à l’avance, les deux pièces les plus éloignées l’une de l’autre. Astrée n’avait d’ailleurs jamais mis les pieds dans mon dernier bastion, qui remplaçait ma chambre comme pièce cocon, et je n’avais pas assailli son domaine à elle. Le pacte était gravé dans l’inconscient collectif.

Savoir que nos deux pièces nous emmuraient loin de l’autre, et savoir qu’une fois qu’elle partait, je pouvais profiter librement de l’appart comme si j’y vivais seul, étaient deux bonnes nouvelles qui m’enlevaient de quelques poids. La routine pouvait s’installer, le chemin déblayé. Pour le moment, on n’avait pas osé toucher au corps de l’autre, et c’était normal. Je n’avais pas prévu qu’on avance vers l’autre sinon au dernier jour, proche de minuit, pour le sexe le plus impersonnel du monde ; au moins les baisers se faisaient sans effort, sans y penser, le matin et terminé, et les activités avaient été placés. Dès que la barrière du sexe serait passée, et elle serait déterminante parce que vous vous doutez bien que l’enjeu sera bien présent, on pourra voir si la relation va lorgner du côté méditerranéen ou plonger encore plus dans un pôle où le mercure ne réponds plus. C’était maintenant mon seul véritable tracas la concernant ; l’objectif était que l’atmosphère se détende un peu, mais se stabilise sur la corde raide, dans un semblant de petit amour, mais en restant éloigné de la vie du compère. Je ne savais pas encore comment traduire ça dans une partie de jambe-en-l’air, mais en même temps, qui savait ? J’en étais à savoir quelle position sexuelle adopter pour qu’elle comprenne la subtilité de la relation que je souhaitais.

Pendant que la journée passait et que j’avais fait les courses, rangé les courses puis passé l’aspi dans tout le salon et géré la cuisine, puis ensuite bossé sur la compta de la Toile pour savoir si les actifs et les passifs s’entendaient bien, et si non, à cause de quel freluquet. Vous rajoutez des coups de fil, un film, un repas vite fait, des bâillements, un jeu sur le portable et une bonne sieste, vous avez un aperçu de la journée : tranquille, sans fioriture, moi heureux de rester à travers les murs, et une bière avec Baby prévue pour ce soir, avec si Dieu le veut, Carmine que j’avais pas vu depuis un bail - depuis avant le mariage, donc depuis un bail, de toute manière. Rien qui sortait du cadre habituel de ma vie, puis, soudain, devinez, quoi donc, ça sonne à l’interphone. Tout mon être était détendu : dans cette journée tournée vers le calme, et vers soi, il n’y aurait rien d’autre à la porte, qu’un facteur avec un colis trop volumineux pour nous laisser tranquille.
Ce ne fut pas le facteur.
Du tout.

La tonne d’informations ne passa pas aisément, d’abord parce que c’était une tonne d’informations et qu’en plus, le couvert n’était pas habituel : ce fut à l’anglais qu’on me servit, et bien que j’ai des notions de la langue, ces dernières restent lointaines, et les saisir à la volée, c’était pas encore ça. Donc en-face, facteur de facteur de colis, c’était le père d’Astrée qui était venu la voir direct, pépouze, avec l’accent français qui torchait ses phrases de “aille” et de “ouille” qu’on ne trouvait nulle part ailleurs dans le monde entier. En vrai, je savais parfaitement ce qu’il fallait faire quand vous ne compreniez rien mais qu’il fallait quand même acquiescer à une question :

“Yes.”, lui répondis-je avec un grand sourire, en lui serrant vigoureusement la main. Jamais un inconnu aimable avec le sourire ne vous posera une question qui devait se conclure avec ‘non’. Ça me laisse le temps de process les phrases, et de répondre avec un poli : “Nice to meet you, that’s a pleasure. Take a seat.” Et je lui dévoile le salon.

La politesse sortait d’elle-même, rien de plus facile. Si le reste de la conversation devait se faire en anglais, j’aurais préféré être averti avant et potasser mes canons. Ou au moins avoir Astrée avec moi pour traduire les plus subtiles syntaxes que notre anglais commun appauvriraient certainement. Puis, j’étais complètement pris au dépourvu, comme un gosse (il me prenait quoi, dix centimètres facile ?), alors je savais ce qu’il fallait faire : détruire toutes mes prévisions pour l’heure à venir, en faire le deuil, puis avancer, ne pas se laisser ronger les sangs par la surprise et refaire la route nouvelle. Et déjà, encaisser l’anglais. Je balbutie l’anglais, à un niveau convenable, quelques fois. Bon, alors, que penser du type ?

Je le sentais pas énormément, il avait une cuillère d’argent logée de son cul depuis la bouche, il semblait… trop désinvolte pour quelqu’un d’autre que supra-riche. Puis un papa poule qui déboulait directement de France pour voir sa fille chérie ? Il est le genre à avoir un agenda en béton, et assez de puissance pour le dégager quand même… et s’acheter un ticket France-Japon juste pour taper la bise à sa petite. Sans lui prévenir qu’il débarquerait, vu qu’elle ne m’en n’avait jamais parlé. Ca sent le larron farci, l’histoire, mais rien de grave, car comme je le disais : nul ne peut imaginer l’excentricité qui peut naître d’un aristo. Je lui passe la main, et j’essaie de pas trop mâchonner mon anglais :

“Do you want something to drink ? Some water, beer, coffee or tea ?” Une petite introduction facile pour lâcher le sérieux de la discussion, avant d’en venir aux réponses : “I hope I could reassure you. We don’t have so much time to discuss before she comes back.” Hmmm, mon anglais était rouillé, même moi qui n’étais pas un expert s’en rendait compte. J’avais accentué légèrement mon accent pour qu’il me pardonne : je ferais si japonais qu’on pourra m’excuser si une autre langue s’écorchait aux dents. “We get along together… sort of. It’s quite difficult to appreciate a person who has been appointed to be your wife by a machine, but day after day… it’s better.” Pour détourner son attention alors que je lui servais la boisson destinée, je lui retournais un autre sujet de discussion dans lequel il pourra s’engluer : “It’s so nice of you to take the time to travel around the world just to see your daughter. You deserve her smile, sir.” Et je lève le verre pour tchin.

Je pense que je fais bonne impression ; à part que je sais parfaitement me ressaisir d’un moment de pause volé, je sais que je ne réagis pas comme le Japonais typique, tout serré et tout tranquille dans son corps, avec grand sourire et moult courbettes. J’ai une dégaine (peau et tronche mises à part) d’occidental, et s’il le faut, je me transforme en japonais moyen, ou en croupier discret. Une question de masques, je suis un carnaval vénitien à moi tout seul, et un grand expert. Chuis poli, avenant, présent et je n’évite pas ses yeux. C’est aussi les yeux bleus, mais elle, plus tôt, m’avait vacciné contre la surprise.

“So, Astrée must arrives soon... She works at her bookstore, it’s a nice place.” Je n’y suis jamais allé, mais que foutre de la vérité, ne suis-je pas un bon mari ? “You are well dressed, what job do you have ?” Une conversation qui se rapprochait de celle que j’avais eu Astrée, exactement une semaine avant. Top. La roue tourne dans le même axe.
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Sam 7 Sep - 0:40
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Jean n’est pas un homme stupide. Il a pensé à se renseigner un peu sur quelles langues parlent les japonais. Et il revient, de partout, qu’ils parlent très mal d’autres langues que celle qui leur est maternelle. Alors, il ne tient pas rigueur à Banpei de prendre un peu de temps pour accuser la claque qu’il lui a mis en débarquant à l’improviste et en lui parlant anglais. En même temps, cela fait partie du jeu imposé par le français. Il veut voir comment le jeune homme peut se débrouiller. Cherche à le juger. Le jauger. Et la résultat le satisfait. Il se fait inviter à entrer, mieux encore à s’assoir. Il a bien fait de venir, alors que sa chère – ahah – fille n’est pas encore rentrée. Oh, qu’il a hâte de voir son expression quand elle le verra…

Son – désormais – gendre lui propose quelque chose à boire. Jean décline, poliment. Enfin… décliner…

« Unless you have a good bourbon to offer me, I won’t drink anything. Thank you for proposing. »

Le français n’est pas non plus bilingue. Il parle assez bien pour pouvoir faire affaire à l’international, mais du reste… il reste français. Un bon français. Banpei continue de jouer aux gendres parfaits. Au moins, ce gosse sait y faire, en société. Jean n’en doute pas. N’en doute plus. Le français continue de sourire, amusé par la situation. Et il se retient de pouffer lorsque le japonais dit qu’il mérite le sourire de sa fille. Mais le masque ne doit pas tomber. Jean prend alors un air contrit. Son visage se ferme un peu, une fausse tristesse naît dans ses yeux, qui viennent se river sur le sol.

« I think so too. But Astrée’s never been a nice girl, to me. She’s always blaming me for what’s happening to her. »

Oui, il est complètement en train d’essayer de faire passer sa fille pour une paranoïaque qui ne sait pas prendre ses responsabilités. Et ça l’amuse. Il ose espérer que leur relation soit trop jeune pour que Banpei ne donne plus de crédit à Astrée, lorsque celle-ci éclatera en voyant son géniteur ici. Jean veut que sa fille comprenne que, qu’importe la distance, il agit comme il l’entend sur la vie de sa progéniture et qu’où qu’elle aille, quoi qu’elle fasse, elle ne sera jamais à l’abri.

« My daughter has a rude personality, even if it doesn’t seem. I offered her her first horse. She should be grateful to me. Instead of that, she blames for the death of her mare. »

Jean soupire, avant de se passer une main sur le visage.

« But she’s still my little girl and it’s not her fugue that will change that. »

Une fugue. Voilà comment Jean voit le départ d’Astrée pour le Japon. Une fugue. Enfin, il se racle un peu la gorge, avant de se redresser. Et s’apprête à répondre aux questions de Banpei.

« I’m a lawyer. A tax lawyer. Working for a big society. My role is to advise the company in its choice of merger, acquisition, planned or unexpected investments, implantation abroad and so on. I carry some quite big responsibilities. And you, what’s your job, kiddo ? »

Ah… On retrouve un peu de ce connard arrogant qu’est monsieur Jean Duval. Appeler « garçon » un homme, certes plus jeune que lui, mais qu’il ne connaît absolument pas, ce n’est pas quelque chose qui se fait, dans la politesse. Mais Jean Duval s’en contrefout bien, de la politesse. Il n’en serait pas là, aujourd’hui, sinon.

Cependant, alors que cette conversation continue, encore un peu, la porte de l’appartement, elle, s’ouvre.

« Tadaima… »

Ta voix résonne, un peu lasse. Tu entres dans ton appartement, avant de retirer tes chaussures, en te tenant, de ta main gauche, au mur. Et puis, tu enfiles tes chaussons, avant de faire quelques pas, t’aidant de ta canne. Il te semble avoir entendu une voix qui ne t’es pas familière – ou du moins, qui ne t’es plus familière – converser, un instant auparavant. Mais ton cerveau refuse de se rappeler qu’elle la connaît. Alors, c’est le sourire au visage que tu fais irruption dans le salon, prête à saluer l’invité de Burden. Il aurait pu te prévenir, tout de même, qu’il recevait quelqu’un…  Tu serais passée acheter quelque chose à grignoter, sur le chemin du retour, au lieu d’arriver les mains vides.

Mais tu te figes, lorsque tu reconnais cette chevelure. Ce visage. Ce sourire carnassier qui t’est adressé.

« Astrée, ma douce… »

Il te parle en français. Tu tiques. Tes sourcils se froncent. Tout sourire disparaît de tes lèvres. Tu sens ton corps se tendre, les poils se hérisser sur ta peau, tes cheveux se dresser sur ta nuque. La commissure droite de tes lèvres tressaute, nerveusement.

« Toi… »

Tu susurres, froidement, avant de poser les yeux sur Banpei. C’est glacial. Ton regard pourrait faire exploser un glacier. Ou faire péter un thermomètre, tant c’est froid.

« Qu’est-ce qu’il fout ici ? »

Tu demandes, en japonais, à ton époux, en essayant de rester la plus calme possible. Mais même si tu le voulais vraiment, tu en serais incapable. Être dans la même pièce que ce fils de … ça t’es impossible. Tu ne l’as pas fuit pour devoir te le farcir, ici, alors que tu es mariées depuis tout juste une semaine.

Ton père se lève, s’approche de toi. Tu fais un pas en arrière, sans réfléchir. Ta gorge est nouée par la colère. Tu n’arrives pas à parler. Pas tout de suite. Tu es encore surprise, choquée de le voir en ces lieux. Mais surtout, tu es en colère. Contre toi, d’avoir cru que tu ne le reverrais plus. Contre Burden, pour l’avoir laissé entrer ici. Contre lui, pour avoir le culot de se présenter devant toi.

Jean tend la main, vers toi. Tu as un mouvement de recul, tu ne veux pas qu’il te touche. Mais il t’attrape le poignet, remonte ta manche sans te laisser le temps de réagir. Et il observe ta peau, qui finit de cicatriser, par endroit.

« Je vois que tu continues tes conneries. »

Il susurre, en te fusillant du regard. Regard que tu lui rends, avant de retirer ton poignet de là et le pousser de toutes tes forces, le faisant entrer en collision avec la table, derrière lui. Tu cherches Burden du regard, ne sachant trop pourquoi. Confuse. Surprise. Hors de toi.

« La prochaine fois que tu me touches, je t’en retourne une. »

Tu réponds, nonchalamment. Avant de t’empresser de baisser ta manche. Mais Jean ne se démonte pas. Il rit, même, à gorge déployée, avant de prendre Banpei a partie, dans ce jeu.

« I suppose she did not tell you she was cutting herself ? »

C’est trop pour Astrée. Beaucoup trop.

« Sors d’ici. »


ndt : tout ce qui est en italique est en français.
Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Sam 7 Sep - 15:53
par Banpei Fujiyo
  Le paternel qui tentait sans trop de panache de transformer mon après-midi en opéra shakespearien semblait avoir beaucoup à dire sur l’humeur de sa fille le concernant : elle serait rude, méchante, ungrateful même ! et y avait une question que je n’arrivais pas à soulever, parce que mes connaissances en anglais ne s’étendaient pas au firmament du bilinguisme, mais j’étais sûr que quand il utilisait le mot “mare”, il ne voulait pas dire qu’Astrée renâclait encore à digérer la mort de son étang. Nous étions bien d’accords. Je répondis sans oser m’embourber dans un terrain que ne défrichais plus, donc je fis un signe de tête sad face pour qu’il comprenne que j’empathisais avec lui. Par pure politesse. Quelle déveine les princesses.

  L’histoire entre les deux semblait compliquée, mais si aucune difficulté ne m’empêchait de mettre Astrée en doute sur son caractère un peu anguleux de la semaine passée, le père persistait à se tailler avec ses gestes et ses paroles, un costard d’or que je pourrais baiser s’il me laissait faire. Le coup du pater qui se demande pourquoi diable les cadeaux somptueux qu’il offre à sa fille ne lui permet pas d’acheter son coeur, c’est un classique. Mais seuls les riches restent empếtrés dedans jusqu’au cheval sans se rendre compte que non, ce n’était pas ça, la clef de l’amour. Que disait la chanson déjà ? Que je faillis citer au père, mais à ce stade, autant dire que je lançais une agression. Je gardais pour moi les lyrics suivantes : “Did I ask you for attention when affection is what I need ?”, et je continuais à l’écouter, traduisant dans mon esprit, activement, avec une certaine difficulté, tout ce qu’il se passait. Jusqu’au fameux ‘kiddo’.

  Si monsieur achète des poneys pour sa fille et qu’il se rend pas compte qu’il était normal de recevoir des crachats dans la cheek, très bien, que monsieur soit incapable d’ingérer de l’eau et préfère un biberon au bourbon, qu’il fasse ce qu’il veut (et mon bourbon à moi resterait tranquillement dans son tiroir), qu’il m’explique ce qu’était un avocat des finances, je peux encore acquiescer pour lui faire plaisir, par contre, m’appeler Kiddo, l’agression était lancée. J’aurais dû lui balancer les paroles de la chanson, en fin de compte. J’aurais eu le plaisir de mériter une revanche plutôt que de me faire gifler l’égo en pleine course sans n’avoir rien demandé. Un tel mépris, c’est déjà alerte orange et ça mérite le retour du camouflet direct, mais faut imaginer que s’il reprend, c’est alerte rouge et y aurait aucune culpabilité pour appeler le B-Bang. Ce genre de gus, pour moi, avait une maladie et y avait qu’une manière d’y remédier : leur faire manger de la boue.

  Ce genre de personnage, à qui l’aura se fait poisseux par l’or, je leur dégueule à la gueule actuellement, je leur dis adieu, sinon, c’est poing, je les laisse dans leur fange céleste. Les gens qui n’étaient pas humains méritent de crever, voir ce que ça fait d’être enterré sous terre. Généralement, l’attaque frontale, c’est Boomer et Butch pendant que Baby et moi, on reste les arrières sur le terrain, mais je savais mêler quelque fois l’agressivité à la remarque désobligeante. C’est pourquoi je déterrais tranquillement la hache de guerre tout au long de la phrase :

“I’m sorry, I didn’t know that I looked so stupid that you could afford yourself to call me a kiddo, buddy.” Fini le sourire, voilà déjà un masque d’enlevé : maintenant, le Burden cherchait la bataille de regard, la pure provoc’, le visage grave, prêt à en découdre. Les pupilles sifflaient : si tu continues, tu dégages après avoir goûté à ma paume, parce que j’irais jusque-là, papa ou pas papa, pigé papa ? T’iras offrir une mare à l’infirmière pour te consoler.

  Puis Astrée arrive, et l’Acte 2 se lance sans ma permission. Le reste s’enchaîne si vite, et en français, qu’autant vous dire qu’en tant que témoin, je valais pas grand-chose. Ils s’embrouillèrent à une vitesse qui me rendit honteux de ne pas avoir senti le poids de leur passif. Astrée réussit à me balancer qu’est-ce qu’il foutait ici, donc elle se prend un retour brutal :

“Bah, il a toqué à la porte, tu crois quoi, que je lui ai envoyé des fleurs avec un carton d’invit’ ?”, apparemment assez venimeux qu’elle m’en veuille. C’était la première fois que je lui haussais le ton. C’était son père, j’allais pas refermer la porte et me mater le troisième épisode de ma série. Si tu voulais pas qu’il vienne et squatte la chaise, dans ce cas, je sais pas, tu préviens que t’as un père psycho qui parcourt le globe dès que ça pète de travers dans la mauvaise hémisphère.

  Le reste tourne à l’agression physique, et je finis mon verre fissa (keep your priorities straight) pour rejoindre la mêlée une fois qu’Astrée a finalement réussi à se démener de son père d’un coup je sais où. Je me place contre elle et je la plaque contre le mur, ce qui pouvait ressembler à une tentative d’immobilisation mais qui était en vérité, je vous le garantis, de la tenir éloignée de son père et d’éviter que celui-ci la retouche.

  J’avais vu les blessures au poignet mais je faisais exprès de ne pas m’en rendre compte - de suite. Là, ce qui m’importait, c’était d’éviter l’accident ménager qui mettrait une des personnes à terre. Puis, des tentatives de suicide, j’en avais vu d’autres, et pour que ça me touche réellement, il aurait fallu que ça vienne d’une personne proche de moi, ce qu’Astrée, paradoxalement, n’était pas. C’était juste une coloc ancienne dans un appart stupide qui n’avait qu’un seul lit. Je me souciais un peu d’elle, mais se suicider, ça la regardait, elle, et des vrais proches, qu’elle avait pu choisir. Mais en vrai, c’était pas la question. D’abord, on calme le bordel, et alors que je la plaque contre le mur gentiment, plus comme une maman poule que comme un catcheur pro, je lui lance sèchement :

“Woh ! Woh ! Tu te calmes, ok !” Et pour ne pas sentir la trahison dans ses yeux, je répète, plus fort : “Tout le monde va se putain de calmer ! Calm down !” Pour le père, l’anglais, j’avais oublié dans la précipitation qu’il parlait mieux le connard que le japs. Je retourne vers elle, et d’un ton pas plus rassurant, je lui dis : “Tu m’arrêtes tes conneries, si t’en viens à frapper ton vieux, t’aurais dû me prévenir que t’étais fâchée avec lui et je l’aurais dégagé. Maintenant, je veux pas de saloperie chez moi, si tu veux qu’il parte, je m’en occupe mais reste pas dans mes pattes.” Ok, un peu paternaliste ma réaction, mais je savais que ça ferait plaisir au père que je mate d’abord ma femme avant de m’occuper du vrai problème. Parce que j’imaginais que le féminisme n’avait pas assez creusé en lui pour laisser l’intelligence couler à flot. Et comme il connaissait pas le japonais, il serait incapable de deviner si Astrée m’obéissait ou pas.

  Je me retourne un peu en laissant un peu Astrée respirer, et en sachant qu’il y avait de fortes chances pour que non, elle n’aille pas dans sa chambre, mais qu’elle agrippe la télécommande toute prête pour voir si la colère lui faisait gagner de la dextérité. Le père me devenait insupportable et j’étais plus que ravi qu’Astrée m’autorise à me déchaîner contre lui, mais ce qu’il avait dit sur sa fille pour le moment, ne contrevenait pas avec ce que j’avais découvert d’elle. Ouais, elle était rude, distante, et semblait toujours à moitié là. En vrai, animosité de côté, sur la balance, qui l’emporte : le père richissime abruti et imbus de lui-même, ou sa fille aigrie, peut-être parano, qui cherche à se suicider tous les 36 du mois ? J’ai aucune préférence sinon le fait que si je me range du côté d’Astrée, faut savoir que c’est pas le père qui m’arrachera mon gland dans le futur après une manoeuvre trop excitée. Puis si Astrée était aussi au bord de son esprit qu’il le disait, alors coopérer avec un facho de l’euro pour l’agresser me semblait pas moralement une bonne idée pour que le karma tourne dans mon bon sens.

  Je me retourne contre le père, et j’essaie que le rouge-moutarde ne me monte pas aux joues, j’espère que je reste aussi pâle et maîtrisé que d’habitude quand je lui radresse la parole, langue aiguisée, en mots-lames, prêt à le repousser physiquement moi-même s’il se rapprochait de nous :

“Can you explain to me why you fuckin’ travel the entire globe just to see your daughter while you perfectly know she fuckin’ hates you ?”

  Mon point n’était pas si bête que ça, je peux être heureux de garder de l’esprit même dans une situation tendue. Est-ce que le père savait déjà qu’il allait provoquer sa fille par sa simple présence ? Si c’était le cas, alors c’était un sadique qui ne méritait rien, ni compassion, ni politesse ; à la limite la pointe de ma chaussure quand elle lui rentrera dans le derche pour le faire sortir de chez moi. Team Astrée ou pas team Astrée, ce genre de saloperies, c’était au lance-flammes qu’il fallait traiter. Maintenant, vous avez remarqué, je ne lui ai pas encore demandé de sortir : si Astrée se comportait bien, et si lui de son côté, faisait l’effort du retour au calme, peut-être que je pourrais mieux comprendre ce qu’il se passait ici et éviter l’incident diplomatique avec un type si riche qu’il pourrait poser de vrais soucis à la Toile Rouge.
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Sam 7 Sep - 21:39
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Tu es hors de toi. Littéralement. Cela ne t’était pas arrivé, depuis ton arrivée au Japon, de te sentir dans un tel état. Tu trembles, tellement tu es en rage. Et cette situation te frustre. Elle te frustra d’autant plus que tu n’as personne de ton côté, dans cette pièce. Ton père est contre toi. Burden n’est pas avec toi. Tu l’as bien compris, à sa réponse que tu ressens comme sarcastique. Tu as envie de lui mettre ta main dans le visage. Une bonne gifle, bien sentie. Elle serait méritée, pour toi.Tu es dans seule pour gérer cette situation. Tu as envie de vomir. Tu as envie de le cogner. Le foutre à terre. Le cogner, encore et encore, jusqu’à ce que tu le reconnaisses plus. Plus du tout. Oui. Tu le hais. De tout ton cœur. De tout ton être. C’est quand même dur, d’en arriver à haïr autant son géniteur… Et pourtant… ces mots sont encore bien loin de s’approcher de la vérité par rapport à ce que tu ressens réellement de lui.

Mais après ton léger excès de violence, Burden vient t’attraper pour te plaquer – doucement, mais tout de même – au mur. Il n’y a rien de violent, dans ses gestes ou son attitude. Au contraire, c’est même légèrement… protecteur. Mais ça te frustre quand même. Beaucoup, même. Tu sens le mode furie s’activer. Chose qui n’arrive jamais. Non, pardon… qui n’est arrivé qu’une ou deux fois. Et la victime a toujours été la même. Ton connard de géniteur… Tu essaies de te forcer à respirer. Te forcer à te calmer. Mais ce n’est franchement pas évident. Pas du tout, même. Tu baisses la tête, ferme les yeux, essaie de faire le vide dans ton esprit, comme ton psychologue essayait de t’apprendre, à l’époque. Mais tu trembles. Tu pleures. Tu as envie de tout exploser. Se calmer… C’est facile à dire, moins à faire. Arrêter tes conneries… un ricanement t’échappe. Le reste… Tu renifles, doucement, avant de te passer une main sur le visage.

« Ok… ok… je… je veux… Je veux qu’il dégage… s’il te plaît, Burden… fais le dégager… »

Tu souffles, en t’accrochant à son bras, un instant, le suppliant du regard. Tu sais bien que lui et toi, vous n’êtes pas les meilleurs ais du monde. Encore moins un vrai couple, hein. Mais… tu espères au moins qu’il voudra bien te rendre ce service. Mais voilà qu’il se met à parler à ton géniteur. Tu fronces les sourcils. Tu t’accroches un peu plus à son bras. Qu’est-ce qu’il raconte ? Pourquoi il lui demande ça ? Qu’est-ce que vous en avez à foutre ? Hein ?! Rien du tout !

Mais Jean, lui, est opérationnel pour répondre. Et la situation l’amuse. Enfoiré. Astrée, toi, tu as vraiment envie de le blesser comme il t’a blessé. De lui faire du mal comme il continue de te faire du mal, encore et encore... Tes ongles s’enfoncent dans la peau de ton mari, sans que tu ne puisses t’en empêcher. Et ton géniteur ouvre la déchèterie qui lui sert de bouche pour répondre.

« I just wanted to know who’s the unfortunate guy that married my daughter. »

Il répond, non sans se départir de son sourire. C’en est trop pour toi. Alors, tu te défais de Burden, et te diriges vers ton bureau pour t’y enfermer. Non sans avoir lâché une dernière réplique cinglante.

« Si, dans dix minutes, tu l’as pas foutu à la porte, j’appelle les flics… »

Tu susurres, froidement, sans ne regarder ni l’un, ni l’autre des deux hommes présents dans le salon. Et puis, en prenant bien soin d’éviter au maximum Jean, tu diriges vers ce qui s’avère, d’un commun accord silencieux. Vous n’avez pas eu besoin de parler pour être d’accord l’un l’autre. Deux pièces, à l’opposée l’une de l’autre. Tu fais claquer ta canne au sol, qui résonne dans le couloir, avant de claquer la porte. Tu es hors de toi. Véritablement hors de toi. Cette espèce de sac à merde qui te sert de géniteur, qui t’a pourri la vie pendant la plus grosse majorité de ta vie, se permet de venir te chercher à l’autre bout du monde, juste pour te rappeler qu’il est toujours. Que l’ombre qui plane au-dessus de ta tête existe toujours. Tu pourrais le tuer. Pour de vrai, tu pourrais le tuer. Et pourtant, tu n’es pas du genre violente. Mais lui… Lui…

Tu attrapes un fusain, et une toile blanche. Tu commences à gribouiller, de toi-même. Tu ne sais pas pourquoi, ce n’est pas un, ni deux, ni même trois visages qui te viennent en tête. Mais bien quatre. Des visages que tu commences à bien connaître. Des visages dont tu ne sais pas quoi penser, actuellement… Amis ? Non. Ennemis, peut-être. Mais tu sens que ces quatre visages vont bien occuper ta vie. Et puis… tu ne sais pas… mais tu as envie d’extérioriser…

Jusqu’à ce que ton père se soit fait foutre dehors…
Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Dim 8 Sep - 2:26
par Banpei Fujiyo
En vrai, voir Astrée aussi sonnée, ça rebondissait en gong en moi. La première fois que vous voyez un robot agir en humain, ça fout toujours un choc. Par exemple, voir votre père sortir de son rôle de flic social pour avoir des émotions, c’est un moment qui marque dans la vie d’un gosse - idem pour maman même si ça avait été plus doux. Maintenant, c’était au tour d’Astrée de se libérer, au-delà de la décence qu’on avait instaurés entre nous et qui avait survécu une semaine entière ; c’était le père, étrange obstacle apparu de nulle part, qui déclencha l’explosion de la barrière.

Maintenant, Astrée pleurait, ses lèvres tremblaient, ses mains aussi, terriblement, et je le lui serre pour qu’elle se calme un chouïa, d’un micro-chouïa. Elle est plus blanche, plus triste, elle est au bord d’elle-même, le coeur doit voler et l’esprit s’envrille. Les intentions du père pouvaient être bonnes ou mauvaises, les conséquences sur Astrée étaient terribles. Pire que tout, les amis, et là, on tombe dans l’aspect le plus terrible qui finit de me faire changer d’avis sur l’histoire et qui me place directement du côté de la fille : cette dernière m’obéit. Elle me demande de le faire dégager, me laisse même dix minutes pour ça, et file se murer dans un coin de l’appart où son père ne pourrait plus l’agresser avec sa présence. Incroyable. Nous étions bel et bien face à une catastrophe.

Quand Jean annonça qu’il était juste venu pour me voir, alors là, on traversa des plafonds dans le domaine de la merde. Il était venu par pur sadisme : il savait parfaitement comment Astrée réagirait, et avait payé tout le trajet, avait pris tout son temps libre, juste pour le plaisir de la voir s’ébranler face à lui. Effectivement, peut-être que la blonde avait des grains dans le casque, jamais je pourrais prouver l’inverse, mais le père démontrait par lui plus elle, que c’était de lui qu’elle avait hérité. Et encore, heureusement que la mère avait dilué. Ce n’était plus un pervers narcissique, c’était une vraie pathologie, il devrait consulter avec des barreaux et le fameux pyjama qu’on installe à l’envers.

La tempête partie, ne restait que moi et l’affreux ; petit silence, petit blanc. J’imagine qu’il ne serait pas spécialement contre de partir si je lui en donnais l’ordre. Alors si j’avais dix minutes, j’allais en profiter. On se regarde légèrement, j'hoche la tête comme si je venais de remarquer la perversité caché dans sous les pommettes, et je m’avance à pas de chat vers la cuisine d’où je venais à la base.

“So…” On aurait pu croire qu’Astrée n’était pas venue.

Je me penche légèrement, pour ouvrir un tiroir, et dans ce tiroir, j’en sors une bonne bouteille de bourbon : je n’avais pas menti quand tantôt je l’avais mentionnée. Dans ma main, bien posée, prête à l’emploi. Sans rien dire d’autre, je sors deux verres adaptés que je pose sur la table, près de l’enfoiré. J’en remplis un premier, puis l’autre presque immédiatement. Je pousse légèrement le premier verre qui va, glissant sur le faux marbre, jusqu’au daron. Je reste debout et ne fait pas mine de trinquer, mais je m’attaque à la première gorgée :

“You have your bourbon. May I have some explanations ?”

En vrai, si j’avais pu aller dans ma pharmacie où se terrait mes médocs, je n’aurais pas hésité à rajouter un peu de laxatif dans le verre pour le foutre à la porte et le laisser dégouliner dans les plantes. Je vais la jouer straight tant que j’ai encore de la patience dans les oreilles. Je tenais encore largement dans les temps accordés par Astrée, donc j’allais tirer cette histoire au clair.

Y avait aucune malice, le père finirait avec l’empreinte de ma semelle dans son cul d’aristo quand il repassera dans le couloir de l’immeuble, et y aura assez de force pour qu’il demande pas du rab, mais sachez que moi derrière, je dois gérer Astrée : si elle de son côté avait un pet dans les fusibles, je serais heureux de le savoir. Je comprenais rien à leurs histoires de famille, mais si je pouvais déceler une pointe de tarée chez Astrée, j’allais changer du tout-au-tout avec elle. Le nombre de marques sur le poignet était assez éloquent, ainsi que ses réactions plus que virulentes quand elle avait cramé son père dans l’appart. Existait l’hypothèse fort probable comme quoi le père était si dérangé que c’était ses actes qui avaient conduit sa fille à de telles extrémités, le cutter… et tiens, aussi la fugue pour le Japon. Deux ans, deux ans, tout semblait limpide. Mais pour ça, je devais faire parler le père, avoir sa version, voir son départ, et finir avec Astrée recouper les détails. Puis lui me cracherait quelque chose que la blonde préférerait garder secret : il me voulait comme allié, non ? Alors qu’il déballe.
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Lun 9 Sep - 23:43
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Tu restes enfermée dans ta pièce. Et tu comptes bien y rester. Tu n’as pas envie de ressortir et de voir… qu’importe qui. Tu ne veux voir personne. Pas ce soir. Tu n’as pas vraiment passé la meilleure des journées, trop cogité. Problèmes au travail. Journée de merde. Comme beaucoup, ces derniers jours. La mauvaise humeur, les inquiétudes, les idées noires. Tout ça, ça attire un mauvais karma. Le voilà, ton mauvais karma. Ton putain de géniteur, ici, entre les murs de ton chez toi. Parce que oui… tu te sens chez toi, ici. Malgré le fait que tu n’y vives pas depuis longtemps. Malgré le fait que tu y vives avec un inconnu, qui t’es moins inconnu chaque jour qui passe. Voilà. Le négatif attire le négatif. Alors… mériterais-tu ce qu’il t’arrive ?

Tu ne sais pas. Tu ne veux pas le savoir. Rien que d’y songer, ça te donne la nausée, rien que d’y songer. Non. Pour rien au monde, tu mérites que cet enfoiré ne se présente ici, à l’autre bout du monde, juste pour te pourrir la vie. Pour te rappeler tout ce que tu ne sais que trop bien, mais que tu essaies désespérément de fuir. Les larmes te montent aux yeux, roulent sur tes joues, de nouveau. Tu tentes, tant bien que mal, de les canaliser, pour qu’elles ne tombent pas sur ton esquisse. Les B. Tous ensembles. Baby au milieu.  Burden et Butch, autour d’elle. Proches. Et Boomer, derrière, en train de les enlacer. Un portrait du bonheur. Leur bonheur. Tu ne sais pas pourquoi c’est eux, que tu as eu envie de dessiner. Peut-être parce qu’après les avoir vu, tous ensembles… tu as compris ce que c’était, une véritable famille. Celle que l’on se choisi. Peut-être parce que, même si elles ne te portent pas dans leur cœur, et lui non plus… ils sont heureux, tant qu’ils sont ensembles. Même si toi, tu es l’autre. Même si tu es à l’écart. Les voir heureux, ensembles… ça te fait quelque chose. Peut-être de l’envie. Peut-être de la jalousie. Tu les trouves beaux, ensembles.

Dans tous les cas, tu finiras par le leur donner… d’une manière ou d’une autre. Peut-être pas en main… ce serait déplacé… tu n’auras qu’à le laisser sur la table de la salle à manger, bien en évidence… Burden n’est pas idio-…

Tu soupires. Si. Peut-être un peu, pour le coup. Mais tu devrais arrêter de réfléchir. Mettre tes écouteurs et dessiner, tout simplement. Oui. Voilà… c’est ce que tu devrais faire. Alors c’est ce que tu fais. Et le reste… tu aviseras plus tard…

De son côté, Jean est fier de son effet. Il a pu constater le pouvoir qu’il possède, toujours, sur sa fille. Qu’il l’a marqué au plus profond de son âme. Il est fier de son effet. Fier de voir qu’il a toujours du pouvoir sur elle.  Ça lui plaît, de savoir qu’il a toujours de l’emprise. Oh que oui, ça lui plait. C’est pervers. C’est dégueulasse. C’est Jean Duval.

L’homme qui observe son « gendre » se pencher pour ouvrir un tiroir et en sortir une bouteille. Tiens. La conversation commence vraiment, hein ? Jean ne sait pas ce qu’Astrée a pu dire à Banpei. Mais il s’en moque. Jean ne doute pas de lui. Il n’en a jamais douté. Il a toujours été certain d’avoir raison, sur tout et tout le monde. Comme il risque de tomber de haut…

Il prend le verre, avant de venir prendre une gorgée d’alcool, sans remercier le japonais. La question, elle, le fait sourire. Il relève le regard, observe Banpei sans sourciller. Des explications ? On n’exige rien de Jean Duval. On le demande. Poliment. Kiddo.

« What do you want me to say ? »

Il susurre, en faisant tourner le bourbon dans son verre, avant d’en observer la robe. Finement ambrée. Elle accroche la lumière. Et au goût… Oui. C’est une bouteille correcte.

« I’m not here to see my beloved daughter. I just wanted to be sure that she remembered that she’s my property. And that she won’t escape me that easily. »

Ça y est. Il a fait tomber le masque du parfait papa. Pour jouer carte sur table.

« Tell me. What do you think of her ? Is she obedient ? If not, you just have to tame her. Like a wild horse. Break her. She’s not that tough. She’s… a fragile thing. And if you need something, you’ll just have to call me. I’ll be able to tell you how to do it. And help you, if needed. »

Parce que pour lui, Banpei est de la même trempe que lui. Et ne peut qu’être de son côté. Il l’a vu dans son comportement, vis-à-vis de sa fille. Parce que Jean est aveugle. Jean est certain que tout le monde lui ressemble. Que tout le monde est comme lui. Que la seule qui n’est pas normale, c’est Astrée…

Peut-être qu’au fond, Jean n’est qu’un pervers narcissique… peut-être.

Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Mar 10 Sep - 1:00
par Banpei Fujiyo
Ok, maintenant, on pouvait clairement positionner le personnage : il méritait de mourir. C’est vraiment, même dans mon échelle morale que le tribunal n’approuverait pas, corrompu ou non, une ordure qui ne serait ni sur les barreaux, ni dans leur ombre, ni dessous. Ce n’était même pas qu’il était dangereux en lui-même, pas plus qu’un connard riche habituel et on traite avec eux chaque jour que Dieu fait, mais si c’est le genre à chercher quelqu’un sous son emprise puis à le fracasser pour voir jusqu’où se terrent les bouts décollés, Astrée avait dû souffrir toute sa vie. Les raclures de niveau Duval, ça mérite un quignon de pain dans la tronche, et un voyage sixième étage / sol direct, classe business, atterrissage sans douceur.

Faut savoir que dans le milieu où je patauge avec mes chaussettes de Toile Rouge, l’honneur et la fierté sont des… things. It’s a big deal. Ne pas respecter une ponte, c’était pire que de le poignarder (en partant du principe que le poignarde n’était pas déjà un manque de respect) : un patron qui perd son aura perd tout le reste qui y était arraché : son gang, ses machines, son profit. Après, le B-Bang n’était pas des Yaks, tout le monde savait, mais mélanger son linge dans la même machine fait déteindre les couleurs, et ce type, à venir chez moi pour me moufter du kiddo et frapper ma femme dans l’ego, il me dérespecte de a à z. Nan, peut-être pas tout l’alphabet, mais il attaque très fort. Après, est-ce que lui foutre une cymbale dans les gencives et deux guibolles à l’envers allaient changer quoique ce soit ?

Boomer, elle l’aurait fait. Elle serait partie, les rockettes dans les chaussettes, elle lui aurait rétracté sa langue avec deux doigts, et aurait transformé ses couilles en pulpe de foutre et de sang. Mais je suis pas Boomer, je veux pas d’ennui avec ce connard surtout s’il était riche, et j’ai la vision à long-terme… Et il est riche. Atout ou pas atout ? Je pense pas que se trouver dans le camp d’Astrée se résume à hurler à la gueule du darron jusqu’à ce que sa moustache trouve refuge dans ses sourcils : mon objectif, c’était de le faire partir, voilà tout. Nous sommes d’accords. Alors, qu’il parte en ami, alors. De toute manière, pourquoi Astrée en deviendrait folle, elle est trop loin du salon pour entendre ce que j’allais dire ; dans le pire, c’était une stratégie, voilà tout. Dans les deux cas, c’était vrai. C’était une stratégie. Qu’elle le sache ou pas. Ce type m’aimait bien, je pense, pour déballer tout son sac devant mes shoes, alors je ne prenais absolument aucun risque.

Sachant que je l’avais regardé avec une poker-face imperturbable aiguisée par des années de pratique au poker, n’importe quelle réaction pouvait sortir maintenant de mon visage. A la fin de son speech, je choisis le rire en éclat, assez clair pour témoigner une sorte de stupéfaction face à l’audace de sa présentation, assez discret pour ne pas qu’Astrée m’entende, et assez court parce que j’étais quelqu’un qui savait se retenir, n’est-ce pas ? Je répondis, d’un air assez effaré, et ça, ça ne demandait pas de jeu d’acteur :

“You sir, are a crazy one, don’t ya ?” Je levais même un doigt tellement j’avais été (positivement, évidemment) choqué par Jean. Mais le ton sonnait admiratif. Si je semblais prendre mes aises avec lui, c'est que le choc de mon admiration ne s'était pas encore évaporé. “Your daughter doesn’t deserve you.” C’était sur le ton de la blague, évidemment. Le père facétieux, et sa fille la pauvre cruche.

Je reprends une gorgée de bourbon, me laissant la dernière pour après. Je change quasiment pas d’attitude pour ne pas qu’il puisse m’accuser de retourner ma veste aussi vite, mais je m’ouvre légèrement à lui , au niveau du body language, et je dessine à la pointe de mes lèvres, une ébauche de sourire. Qui signifie : je deviens un ami.

“You know, she’s… Brave. Yeah, something like that. She’s rude, okay, nothing new with a Japanese mariage, all women are stubborn at this point, but her, deep down, I am persuaded she will be a perfect wife. She is good-looking for the guests, elegant, and I personally love attitude, an hot-headed one. But if you tell me that she… learns fast, well, for me, it’s a great match !” J’en prenais l’air modeste, comme si je ne méritais pas une telle chance d’être tombée sur une pouliche pareille. J’avais encore bien huit-sept minutes avant qu’Astrée ne revienne, alors je continuais à étaler mon obséquieux langage : “At first, I didn’t know why I’ve been matched with her although we have no similarity at all. Now that I met you, I begin to understand why.” Là, je créais du liant entre lui et moi, un début de passif. Beau-père et son gendre, même bois.

Mais je n’avais pas envie d’échanger des salades avec lui pendant le reste de l’éternité, je n’allais pas trop m’infliger un pareil traitement : un ou deux paragraphes en plus et je sentirais sur mes dents le goût dégueulasse de l’hypocrisie. Je me laissais à une éventuelle erreur en précipitant quelque peu les choses, mais je savais arrondir les angles.

“Well, I’m sorry to tell you that, but your daughter told me she’ll call the cops if you stay here too long, so, it’s risky to extend that discussion too far.” Mon anglais était à ce stade de la discussion, à moitié un cadavre. Encore quelques pas de plus pour finir, pour lui montrer tout ma bonne volonté : “One last thing !” Je me rapproche légèrement de lui, d’un pas à peine, pour créer une forme de confidence entre nous : “According to you, how could I talk to her this evening, about you ? With compassion, to make her to trust me ? With strength, to intimidate her ? Just tell her you are a distinguished person and I will invite you soon ?” Cette dernière phrase eut le droit aux canines Burden. Les canines Burden : la pointe du sadisme.
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Mer 11 Sep - 0:14
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Jean attend. Il attend de voir comment Banpei va réagir. Quel genre d’homme est-ce véritablement, à quel point lui ressemble-t-il ? Car Jean est persuadé qu’il lui ressemble. Quelle désillusion cela pourrait-il être pour le français, que le jour où il se prendra un revers de veste. Mais nous n’y sommes pas encore. Alors, Jean attend. Il attend la réponse du japonais. Qui finit par arriver. Le français hausse un sourcil à sa question rhétorique, avant de rire, doucement, puis de boire une nouvelle gorgée de bourbon. En revanche, le regard du jeune homme, suivit de ses mots… Jean jubile. Non, il est vrai que sa fille ne le mérite pas. Car lui, le prend au premier degré. Puis, Jean se sort une cigarette qu’il s’allume, sans même prendre le temps – la politesse – de demander si ça dérange. Jean fait comme chez lui, comme bon lui semble, partout.

« You are a fast learner. »

Susurre le français, avant de prendre une profonde inspiration enfumée. Alors que ses poumons se gorgent de nicotine, laissant le cadet continuer de parler. Des compliments sur le physique et l’attitude de sa fille. Une pouliche de compétition. Qui aurait été mieux, avec quelques centimètres de plus… selon les critères français. Mais sûrement que pour les japonais, elle est suffisamment grande. Cela, elle l’a pris de sa mère, cela dit. Sa mère… Le regard de Jean se voile, l’espace d’une fraction de seconde, avant de revenir à la normale.

« Astrée’s a perfect product. Made with strength and will. »

Répond, enfin, le géniteur.

« As you said, she’s good looking. She only inherited her mother’s size. All the rest look like the perfect French woman. I understand why she’s quite the popular thing here, in Japan. »

Aller, on rajoute une petite pincée de racisme au mélange déjà bien foireux qu’est Jean Duval. Un enfoiré égoïste, égocentrique, misogyne, raciste… Le mélange parfait. La pouliche parfaite. Jean ricane sinistrement, à cette pensée. Il faut juste qu’elle redevienne docile. Et enfin, arrive la traduction des propos de sa fille. Les policiers. Rien que ça.

« She’s always been that extreme… »

Susurre le père, avant de venir se gratter la nuque.

« I don’t do anything bad, by coming here, just to know how’s my investment. »

Oui, il voit sa fille comme un investissement. Il a investi dans ses études, a investi dans sa carrière, a investi dans beaucoup de choses. Son éducation, bien sûr. Ses logements, sa nourriture, ses vêtements… ses psys. Tout.  Alors forcément…

« Well. I won’t stay here any longer. I don’t want the cops to come and bother you for a family story. But… as you asked… You need strength with her. And do not hesitate to use me if you need. But it’s not a lie to call me “a distinguish person”, isn’t it ? »

Un dernier sourire de requin. Jean finit son verre d’une traite, avant de terminer sa cigarette et l’écraser, elle aussi, sur la table. Pas une once de respect. Mais s’il n’y a pas de cendrier, Jean s’en improvise un. Enfin, il se lève, avant de se diriger vers la sortie. Il offre un dernier regard à son gendre, avant de laisser sa carte de visite, sur le meuble de l’entrée.

« If you need… call me. Whenever you want. »

Et puis, il part. Satisfait. Il a eu l’effet escompté. Il est content, il peut rentrer.

Mais toi, Astrée, tu n’écoutes plus ce qu’il se passe dans l’appartement. Tu es plongée dans ta musique. Mais surtout, tu es plongée dans ton dessin. Alors, tu n’entends pas ton père partir. Tu n’entends plus rien. Dans ta bulle. Dans ton monde. Cela te calme… et ça te fait du bien, oui. Après la tornade qu’a été le passage de ton géniteur…

Tu préfères te perdre dans ton œuvre plutôt que de rester à l’affût de la réalité blessante, énervante et… bref. Tu la refuses, cette réalité. La question est… va-t-il te laisser dans ton coin sans chercher à venir frapper à la porte pour essayer de débriefer – et manger, tout de même – ou bien va-t-il venir ? Bonne question… et ce n’est pas à toi d’y répondre… C'est à Banpei de le faire.


Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Mer 11 Sep - 14:57
par Banpei Fujiyo
“You miss the ashtray.” fut la dernière insolence que je me permis, cela, puis lui tendre le cendrier en question pour y refoutre sa cigarette ; le reste de conversation fut lui qui parla d’Astrée avec autant d’ignominie qu’une personne humaine était capable de faire à une autre, et moi qui écoutais avant d’enchaîner les politesses pour le précipiter, bien malgré nous bien sûr, vers la sortie de l’appartement.

Je claquai la porte sèchement, qu’il pourrait prendre pour un geste viril, avant de me retourner dans le salon sentir si l’odeur de la connerie humaine, concentrée à son extrême, pouvait être visible à l’oeil nu. Le voir vide, déjà, m’emplissait de la joie d’une bonne nouvelle bien méritée. J’avais son numéro de téléphone maintenant, j’espère que cette nouvelle emplirait Astrée d’une joie palpable. Astrée, shit.

Je passe devant la cuisine pour y ranger les verres sales, nettoyer toute trace de l’apparition paternelle, pour elle comme pour moi, et me permis même, cette fois-ci en insulte, d’aérer la pièce, pour quelques instants, afin que son passage se volatilise une bonne fois pour toutes dans les souvenirs. Il repasserait certainement, mais pas avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois : les vols Japon-France, aller-retour, juste pour le plaisir de voir sa fille trembler, ça allait lui laisser une trace dans le derche qu’il hésiterait à retrouver rapidement. Il aurait pu filmer l’entretien afin d’avoir une petite pommade en France dans des moments de faiblesse, ça éviterait de le faire rappliquer au moindre manque.

Astrée Astrée maintenant… J’ai déjà eu des soucis dans ma jeunesse, peut-être pas des traumas de ce niveau, mais ma mère avait toujours la bonne solution pour me calmer efficacement (moi ou le reste de la fratrie), j’ai qu’à mettre en application. J’allais au niveau de la salle de bain pour y récupérer la serviette d’Astrée, puis démarrer l’eau que je mis à température “franchement assez chaude”, avant de me poser devant la porte de la pièce dans laquelle je ne devais surtout pas mettre un pas, voir y rouiller gonds ou la poignée, avant de taper délicatement à la porte pour qu’elle me confonde pas avec le père.

“Allez Astrée, il s’est cassé. Sors, pour toi, c’est douche chaude !” Et c’était non-négociable.

Je ne saurais pas l’expliquer, je suis pas scientifique, biologiste, ou même psy, mais les douches chaudes apaisent. Considérablement. Je me souviens qu’après la rupture avec Nanako, que j’avais moi-même activé parce qu’elle se faisait trop… petite, entre-elle-même, j’en avais versé des larmes de malheur : ma mère m’avait pris par le col, foutu sous la douche, et une fois que j’en étais sorti, que chaque goutte avait récupéré une parcelle de tristesse pour la foutre dans les canalisations, j’avais enfin pu remettre un peu d’ordre dans mon esprit. Fallait pas voir ça comme une première étape de guérison (enfin…), plutôt comme une consolation. Une remise à plat. L’apaisement, quoi. Rien de mieux que la douche chaude.

Quand (si) elle sort, je lui passe sa serviette et lui intime à nouveau d’aller prendre une douche, et d’en profiter aussi longtemps qu’elle le voudrait, j’allais chercher la seconde étape du processus, qui était, vous la connaissez tous, le chocolat. De base, j’en ai pas dans cette foutue baraque, parce que c’était une sale drogue de merde (ouaip, c’est dit par morning-whiksy guy avec ses clopes au poison), mais pour Astrée, une tablette ne fera de mal à personne… d’autre qu’elle.

Je me taille, je passe vers la supérette du coin, au plus proche, aux quelques mètres de là, alors que le temps frisquet commence à biser avec les dents la moindre parcelle de peau nue, et je vais récupérer la première tablette, au lait, qui me tombe sous la main. Je cash, je remercie, je remonte quelques minutes plus tard, marchant dans la rue, cherchant du regard si Jean était resté dans les environs pour nous observer avec de maléfiques jumelles, et je remonte tous les escaliers du rez-de-chaussée au sixième, tout en-haut, où la vue se fait belle, pour revenir à l’étage et dire d’une voix forte, où que fut Astrée :

“Je t’ai acheté un truc à bouffer !” et le chocolat vole en soucoupe sur un mètre pour atterrir sur la table.

Pour le reste, j’allais rien dire sur le père : elle en parlerait si elle en avait envie, mais de toute manière, je n’apprendrais rien de très intéressant sur eux. Peut-être une connerie d’épisode ou deux qui m’expliquerait où se trouvaient les points de rupture qui avaient traumatisé la blonde et l’avaient poussée au point de s’enfuir à l’autre bout du globe, mais qu’est-ce que ça m’importait qu’il ait fait ci ou ça, précisément ? Je pouvais imaginer qu’il l’avait fait, fait quoi ? fait quelque chose d’assez atroce, tant que j’étais sûr qu’il en était capable, les détails ne pesaient pas grand-chose. Jean Ducon avait prouvé à mille reprises qu’il était capable de tout, aucune besoin de justification pour y trouver ses limites.

Mon plan pour qu’Astrée et moi respections avant tout une distance minimale de sécurité tenait toujours, mais ça n’empêchait pas l’empathie. J’ai le droit de couver une pauvre personne quelques minutes avant que la routine ne récupère ses droits : pas de câlin réconfortant, pas de mot doux ou de clichés de phrase genre : “tu as eu une vie tellement difficile”, quelle connerie ce genre de connerie. C’est ton souci, je te file les armes, tu te débrouilles après, et si tu sais pas recharger, bah, chuis pas ton père.
En même temps, heureusement pour elle.

Je me pose sur le sofa quelques instants, de travers, pour m’allonger quelques minutes retrouver les instants de repos que l’entrevue m’avait fait perdre. Je regrettais cette règle de pas fumer dans l’appart que j’allais un minimum tenter de respecter un de ces quatres, parce que j’avais oublié en me posant d’aller me prendre une bière ou je sais pas quoi pour m’aider à m’y retrouver. La tornade passée, même si Astrée était revenue, le reste de ce début de soirée était pour moi. Ça m’empêcherait pas depuis le canap’ de héler avec autant de bienveillance que de sècheresse :

“Hésite pas à tout prendre, je mange pas de ça.”
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Jeu 12 Sep - 0:58
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
On frappe à la porte. Tu sursautes, avant de retirer un écouteur. Était-ce vrai où était-ce le fruit de ton imagination ? Et puis, la voix de Burden se fait entendre. Douche chaude… Ah bon ? Tu soupires, doucement, laisse un temps de battement. Tu poses la toile et le fusain, inspire profondément avant de te lever, attraper ta canne et aller ouvrir la porte. Tu n’oses pas regarder Burden. Aussi, le remercie-tu silencieusement de te tendre la serviette, dans laquelle tu peux te cacher en te la mettant sur la tête, avant de claudiquer jusqu’à la salle de bains. La douche coule déjà… Une fois la porte refermée et verrouillée, tu t’adosses à elle… avant de sourire, doucement… C’est étrange… mais ça te fait plaisir… qu’il ai pris cet effort de te préparer une douche bien chaude… Ce n’est pas souvent que quelqu’un fait quelque chose pour toi… au point où tu as pris l’habitude de tout faire toute seule. Te débrouiller entièrement seule… Alors là… Même si ce n’est pas grand-chose… Tu te sens… soulagée.

Alors, tu te déshabilles, lentement. Tu retires tes vêtements, lentement, un à un, avant de les plier et les poser, là où ils ne risquent pas d’être mouillés. Et puis… Tu te glisses, enfin, sous l’eau chaude. Celle-ci te pleut sur la peau. Elle te lave de ta colère. De ta haine. Te vide de tous tes ressentiments. Tu te sens faible, d’un coup, sans toutes ces émotions qui te tenaient. Mais ce n’est pas la douche, qui te met dans un tel état. C’est ton père, ce vampire spirituel, qui te fait sombrer. Cet homme suce l’énergie vital des autres. Tu ne tiens plus debout. Alors, tu finis par t’accroupir, malgré ta jambe qui te lance sévèrement. Tu prendras des antidouleurs, après la douche… Mais en attendant, tu t’étends un peu plus sous la douche, afin de soulager ta gambette.

Au bout d’un long moment, tu finis par te relever, péniblement, tant bien que mal, mais tu y arrives. Et… avoir mal, ça te fait oublier ce qu’il s’est passé. Un peu. Tu récupères ta serviette, te sèche consciencieusement, avant de chercher un sèche-cheveux et commencer à t’occuper de ta tignasse blonde. Une fois que c’est chose faite, tu te rhabille. Enfin, pas entièrement, parce que tu as déjà porté ces vêtements aujourd’hui et que tu ne vas pas te sentir propre, dedans. Alors, ce ne sont que les sous-vêtements que tu remets, avant de finalement te rendre jusque dans la chambre pour attraper un jogging confortable et un débardeur, tout aussi comfy. C’est pas sexy, c’est pas séduisant non plus… mais tu t’en fiches un peu. Déjà, parce que tu ne cherches pas à séduire Burden. Ensuite, parce que dans un tel moment, tu t’en fiches un peu, d’être sexy. Et enfin, parce que, de toute façon, avec ta canne et ta jambe, tu ne penses plus être sexy.

Et enfin, tu reviens dans le salon. Tu te diriges jusqu’à la terrasse, avant de te sortir une cigarette et te l’allumer. C’est à ce moment que tu entends la porte d’entrer s’ouvrir, puis se fermer. Alors, tu te tournes, lentement, pour regarder un peu ce qu’il se passe. Et tu trouves Burden… qui t’adresse la parole… pour te dire qu’il t’a acheté quelque chose à manger. Et il le jette sur la table.

Du… chocolat. Astrée ne comprend pas… avant de se rappeler ce qu’il se disait, en France. Le chocolat, ça fait du bien au moral. Alors, tu souris. Un peu bêtement. Mais tu souris. Ça te touche. Et ça efface toutes les inquiétudes que tu as pu avoir, jusqu’à aujourd’hui.  Ce n’est pas grand-chose. Mais ça te fait vraiment plaisir… Ce ne sont que quelques attentions. Mais ça te fait plaisir. Et en plus, il te dit de tout manger. Et ça te fait rire.

« Tu veux que je grossisse, c’est ça ? »

Tu réponds, doucement, avant de revenir tirer sur ta cigarette. Une fois celle-ci terminée, tu rentres dans le salon, ferme la porte fenêtre avant de prendre la tablette de chocolat et aller t’assoir, confortablement dans le canapé, pour la déguster. Et… tu ne sais pas quoi dire. Est-ce qu’il faut dire quelque chose ? Hmm.

« Burden… merci. Pour la douche. Et le chocolat. Et s’il te plaît, ne me dis pas « de rien ». Ce n’est pas rien. »

Tu susurres, doucement, avant de te plonger dans la dégustation, en lançant la télévision. Oh, tiens… vous n’êtes pas censés faire votre activité quotidienne ? Et vous ne vous êtes pas embrassés depuis ce matin. Tu soupires. C’est franchement chiant de devoir vivre avec toutes ces règles… Il n’y a rien de spontané. Nouveau soupire.

« Burden… on a pas fait l’activité quotidienne… tu veux te poser, regarder la télé… ? Ou tu préfères autre chose ? »

Tu demandes, avant de grignoter un carreau de chocolat, tout en levant vers lui tes grands yeux de biche. Mais tu n'abordes pas la question de ton père. Ce qu'il en a pensé. Ni ne parle des révélations faites, contre toi, à Burden. Rien de tout ça. Et, même si tu es bras nus, maintenant qu'il le sait... ça non plus, tu n'en parles pas.
Banpei Fujiyo
Messages postés : 478
Inscrit.e le : 08/05/2014
Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
le Jeu 12 Sep - 3:09
par Banpei Fujiyo
Je reste à méditer, allongé, quand Astrée vit sa vie au balcon, à fumer, silencieuse comme un lardon. Elle est heureuse de la tablette au chocolat, et me demande si je veux qu’elle grossisse. Je suis pas du genre à ne pas répartir sur une phrase joyeuse, mais la première qui me vient, si affreuse que les autres retournent dans mes bronches à méditer sur le concept de silence et de stupidité, était de rétorquer que si elle grossissait, ça serait une belle revanche contre son abruti de papa qui n’avait pas tari d’éloge sur sa taille. Mais la règle que je me suis imposé bien aimablement, c’était de ne pas ressortir le père ou quoique ce fut de l’épisode passé. Si je voulais vraiment aider Astrée, peut-être, je dis bien peut-être, et encore car loin d’en faut, peut-être qu’il faudrait probablement lui en parler, et virer le pus à la dynamite car valait mieux cicatriser quelques fois, même mal, plutôt que de risquer l’infection. Quelque part, si on ne parle pas de Jean, alors Jean gagne. Jean trépigne. Il ne demande que ça : une réaction à sa présence. Heureusement, il n’en savait rien, car sinon, pour lui retirer cette victoire, rien que dans mon imaginaire, j’en aurais parlé à Astrée. Par défi, par gaminerie, même. Mais Astrée avait ses problèmes, Astrée gérait ses problèmes, et ce n’était pas idiot de la laisser moisir là-dedans : après tout, laisser la température bouillir jusqu’à ce que tout éclate, c’était une stratégie. Il y en avait plusieurs, et je n’allais pas choisir pour elle.

Pour sa prochaine réplique, ce fut elle qui m’intima de rester silencieux. Enfin, de pas prononcer “de rien”, mais comme c’était la première réplique qui m’était passée par l’inspi, alors encore une fois, mon initiative décapitée, je me retrouvais sans plus grand-chose qui vaille la peine que j’y réfléchisse un minimum. Depuis le canap’, j’optai pour un petit geste conciliant pour lui dire que j’avais entendu, et que c’était avec plaisir, ou même “de rien”. Qu’elle mette toute la signification d’approbation qu’elle voulait, ça ne m’avait rien coûté. J’étais pas un monstre. Et voir Jean se trimballer sa suffisance donnait fatalement envie de tendre la main vers son prochain, par réactance. Tendre une serviette et un morceau de chocolat, c’était rien. Pour moi. Pour Astrée, c’était peut-être de la bonne valeur, mais la conversion, enfin prout, je respectais ce choix. Geste de la main, donc. Mais en vrai, au fond, j’étais heureux qu’elle ait respecté ce que je tentais de faire pour elle et qu’elle ait apprécié : si j’étais arrivé près de sa pièce pour lui dire douche chaude, et qu’elle m’aurait répondu d’aller me faire foutre, autant pour mon humeur, autant pour l’eau coulée.

Elle se rapproche du canapé et je vais devoir faire place, je balance mes jambes jusqu’en position assise, et par le mouvement, je finis par trouver le courage de me lever et d’aller me chercher une bonne bière fraîche. Je retourne enfin sur ma place préchauffée, surtout qu’Astrée lance la téloche en disant qu’on n’avait pas eu d’activité en couple aujourd’hui. Elle mettait dans le mille. C’était ça, ou cuisiner le dîner. Le choix est facile.

“On va commencer une série alors. Comme ça, pas de souci à se faire pour la cuisine vu qu’on va commander des sushis.” Ahah, je savais jouer le beau gosse des fois ; pas de meilleure idée que celle-là durant cette journée Burdouille.

On fait la commande avec mon tel, je paie direct, plus qu’à attendre trente minutes à peine, et on peut se mater la télé en streaming. Je dis pas grand-chose pendant la session. Déjà, premièrement, parce que je regardais une série. Je vous raconte pas d’histoire, ça parle de couple, de viol, de prison, tout le bon stuff habituel pour du drama bien dérangé.

Ensuite, seconde raison à mon mutisme, les sushis évidemment ; on parle en bouffant un peu, on parle de la bouffe et on note, mais on n’a pas plus de relation dans cette discussion que deux critiques qui se seraient trouvés sur Internet pour parler de la meilleure sauce soja du quartier. C’est diable bon, quand même, je devrais bouffer ça plus souvent, j’ai les moyens. Voir Astrée galérer pour pas en foutre partout sur la table basse, un défi contre lequel je me battais aussi, me faisait plaisir. Je bois ma bière et je lance le prochain épisode.

Troisième raison et ça me tue de le dire, mais toutes mes pensées convergent vers le père d’Astrée de toute manière. Rencontrer un type pareil me saoule, mais j’ai personne pour me plaindre : j’allais pas appeler le B-Bang pour parler du dernier connard que j’avais croisé, les trois devaient se fritter contre le même genre de branleurs de leur côté. Ouais, après, les dames étaient actuellement payées pour faire ça. Mais à part entendre considérer que c’est de la faute d’Astrée si elle a un père pareil, argument parfait pour lui enfoncer la tête plus encore dans la boue (pour Baby au minimum), ça serait pas très utile. Même dire que j’avais quitté son paternel sur un ton sympathoche, alors qu’il FALLAIT que je lui dise, pour l’honneur, je ne pouvais pas, suite à la restriction. Alors je me taisais. Je me tus beaucoup ce soir-là, bien enfoncé dans le canapé, pieds sur table basse.

Dernière raison, entre elle et moi, je sens une tension. Je sais pas, je sais que c’est partagé, j’en suis quasiment certain. Ce genre de réciprocité, ça fait quelque chose. C’est plus froid comme d’habitude, l’épreuve nous a légèrement réunis : pour la première fois, on a tenu en duo. Pas de façon très unie, mais quand même. Les deux dans le même camp. Ni vu ni connu, ça joue beaucoup, on aide à accepter l’autre comme un individu normal. La catharsis est enfin rompue, enfin, bordel habituel, vous saisissez, l’Autre commence à prendre les bonnes lettres pour en faire un vrai prénom. C’est plus “elle”, c’est Astrée. Peut-être que ça disparaîtra le lendemain, mais en attendant, c’était un feeling très pesant.

Vous allez situer si je précise, mais ça vous ait déjà arrivés, quand vous vous rendez compte que la personne à-côté de vous occupe si fort votre esprit qu’elle commence à devenir le prisme de vos pensées ? Je vous voie venir, vous vous dîtes que c’est un faible que vous sentez-là, mais absolument pas. Non pas, loin de là, mais je sais pas, je la sens ; un peu comment on peut sentir une menace d’ailleurs, et en vrai, c’était ça, j’avais un picotement d’appréhension. L’attention est toujours captée par Astrée, et elle développe tous les sens pour arriver à la fin. Je sens déjà son odeur comme si j’avais ses cheveux sous les naseaux, dès qu’elle bouge, je ressens les plis du canap sous mes cuisses, j’ai fais semblant de capter un truc direction balcon pour pouvoir voir son visage, comment elle se tenait, et je sens surtout sa chaleur, elle émet une bonne aura mercure à la hausse. Elle émet pour l’esprit une onde chaude. Chaque seconde, y a un de mes sens qui me rappelle qu’elle est à-côté, et c’est tout ce feeling global qui me détourne presque de l’épisode, qui me fait dire que maintenant, Astrée existe bel et bien. Je prends une gorgée de bière y chercher une forme de détente, mais comme c’est ma troisième, mon palais me dit que y a aucune raison de continuer et j’ai la conscience qui déraille très légèrement. Je regarde encore cet épisode, plus que quinze minutes, puis ensuite, je me couche : le lendemain aura aplani tout ça.
Astrée E. Fujiyo
Messages postés : 57
Inscrit.e le : 23/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Banpei a.k.a Burden
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Lun 16 Sep - 0:51
par Astrée E. Fujiyo
Post-wedding Nightmare.
Douche chaude. Cigarette fumée. Plaquette de chocolat et canapé. Série TV et sushis. Voilà qui tend à effacer le pire moment de la journée. Moment auquel tu ne veux plus penser. Moment que tu préfères effacer de ton esprit. Tu le refuses. Tu refuses de penser que cet enfoiré à mis les pieds en ces lieux. Mais là, assise sur le canapé, avec Burden non loin… la télé, le chocolat… tu te sens un peu mieux. Calmée. Tu observes l’écran, sans réellement voir la série. Tu la vois sans la regarder, oui. Cela ne te captive pas vraiment, mais au moins, ça te change les idées. Et puis, tu piques dans tes californias, en faisant attention à ne pas en mettre partout.

Tu ne vois pas Burden te regarder. Tu es concentrée sur l’écran. Le cerveau en mode off. L’estomac en phase d’être restauré. Et puis, tu réfléchis à quelques détails. Tu dois toujours embrasser Burden, sans quoi vous serez cueillis pour être mis en cellule. Étrangement, la cellule ne t’intéresse pas vraiment. Ce doit être sombre, là-bas. Peut-être que ce n’est pas propre. Peut-être que cela sent le moisi. Tu ne sais pas, mais tu imagines. Le cliché d’une prison. Miteuse. Sale. Et puis, pour l’intimité, on repassera.

Ah. Et il y a aussi ce détail. Les deux semaines, qui approchent à grand pas. Si tu vas te coucher, demain arrivera plus vite. Te séparant, d’un jour de moins, de la date fatidique. Elle t’effraie, cette date. Jusque-là, tu pouvais t’imaginer n’être qu’en colocation, avec Burden. Mais à la fin de l’échéance, la réalité va te frapper. Vous êtes mari et femme, par les lois de ce pays. De cette puce, dans vos têtes. De cet Incontestable, incontesté. Si vous refusez, vous mourrez. Tu n’as pas survécu à toutes ces épreuves pour te laisser tuer. Mais être intime avec Burden, cela ne t’enchante pas plus que cela. Peut-être cela aurait été différent, si vous aviez le choix. Si tu avais le choix. Ce n’est pas le cas. Tu soupires, avant de fermer les yeux et constater que tu as fini ton diner. Ne restent que quelques carrés de chocolat, que tu viens piocher, doucement, pour les glisser entre tes lèvres, te sentant légèrement contrariée. De nouveau. Alors, tu lâches encore un soupire.

Tu cogites, encore et encore. Tu termines ton chocolat sans même te rendre compte. Et tu finis, sans californias, sans chocolat, sans cigarette entre les lèvres… alors, tu te lèves, abandonne la série que tu ne suivais pas, de toute façon, avant de te diriger, clopin-clopan, vers le réfrigérateur pour piocher une bière. Tu l’as bien méritée, après tout ça, non ? Tu n’en proposes pas au Burden, te contente de l’ouvrir puis d’aller fumer une nouvelle cigarette. Tu contemples le paysage, songeuse. Assez pour te donner de la force. Assez pour te décider. Faire le premier pas.

Cigarette terminée. Tu ne respectes plus rien. Bille en tête. Tu jettes le mégot par-dessus bord. Avant de rentrer. Tu te diriges, décidée, vers Burden, pour glisser tes doigts sous son menton, lui relever le visage et ravir ses lèvres. Légèrement. Délicatement. Il y a même une certaine timidité. Et puis, tu te redresses.

« Bonne nuit. »

Tu conclues cette journée. Et tu t’éloignes, sans regarder en arrière. Tu te défais rapidement de tes vêtements, que tu laisses tomber au sol, avant de revêtir ta chemise de nuit. Et tu t’allonges, à ce qui est devenu, au bout d’une semaine, ta place dans le lit. Mais le sommeil, tu ne le trouves pas. Tu prétends, cependant, être profondément assoupie. Tu ne veux plus parler, pour ce soir. Tu veux juste t’endormir. Mais ce n’est pas une tâche aisée, avec tout ce que tu as en tête…

Pourtant… au bout d’un long moment… tu pars. Tu ne sais plus si Burden est venu te rejoindre ou non. Mais au moins, les devoirs sont faits…

À demain…

Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
posté
par Contenu sponsorisé
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
© Street cred
Le contexte original du forum appartient à Aiichirô C. Yori. Les évolutions, précisions et annexes appartiennent aux staff présent et passés de JM.

Design et code par Carmine S. Bellandi / PAN, avec l'appui des ressources de Forumactif et CCC. Optimisé pour Firefox et grandes résolutions d'écran.

Les productions écrites du forum appartiennent à ses membres.

Toute reproduction partielle ou totale du forum, de son contexte ou de son contenu est strictement interdite. Soyez sympas, faites pas vos tarbâs. ♥

Nos partenaires
RPG-ChevalierPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 50-50-2Earth WolfPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 50x50-56504f9 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] SvinPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 3zm1 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Opol0Q6Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] FHZzEDvPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 7Uxn8zPPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 494ZUS0Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 1553711497-50-50FTM 50x500Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] B50x50Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 1553722908-no-50x50Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 59e4Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Logo_510Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 190412122437274038 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] RXqdRpDPost-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Logo5010Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] VBL1j1M Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 1559228694-50x50Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Qlaa Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] IcoSC5050 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Bouton10 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Bouton15 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] 1498954954-bouton-50 Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Sans_t12Rejoins-nous sur Intelligences Mécaniques !Post-wedding Nightmare. [P.V.: Banpei a.k.a Burden] Dezg