Banpei Fujiyo
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Exploseur de Mots
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posté
le Sam 7 Sep - 2:05
par Banpei Fujiyo
  Le réveil est doux, malheureusement, mais me souvenant qu’Astrée, la musique coupée car le lecteur est éteint, partageait maintenant ma vie, ma couche et ses cheveux en bataille sur l’oreiller qui dégageait une odeur apaisante, je laissais partir un soupir et me constituai prisonnier de sous la couette pour ne pas la déranger - la première impression est la plus importante, mais si la seconde constitue en un réveil prématuré par un geste grossier, elle peut compter sec dans le procès. D’un mouvement habile je lance un bras de la carapace pour attraper mon portable et voir les nouveaux messages recueillis dans la nuit. Beaucoup de mail inutiles, et si, le B-Bang, le B-Bang, le B-Bang qui me demandait des nouvelles. Et comme je répondais rien parce qu’à quatre heures du matin, j’avais pas le SMS facile, après moults attentes entre les trois et certainement de l’alcool dans les naseaux, Boomer avait décrété officiellement, en caps-lock et un défilé de points d’interrogation le débarquement chez moi. Vu la fureur de la réponse de Baby qui appelait aux armes, elle avait très vite soigné sa mélancolie. On avait encore du temps pour se réveiller, mais ne pas faire se lever Astrée pour que son esprit ait le temps d’appréhender la confrontation serait plus criminel qu’autre chose. Je me lève assez tranquillement pour lui faire croire à un effort, et assez brusquement pour qu’elle soit assez réveillée pour s’en rendre compte.

  Je pars sous la douche pour me décrasser un peu et remettre mes cheveux en état, je retrouve ma serviette qui hier, m’avait séché dans un tout autre appartement et une vie à placer dans un musée, et me prendre un petit-déjeuner qui merci dieu, pourrait se déguster sur le nouveau balcon qui était à lui seul plus vaste que les deux appartements dans lesquels j’avais vécu. Combinés. Et en arrondissant les angles, rajoutez le premier appart avec Baby, avant que la Toile Rouge nous réserve un destin plus fructueux en mètres carrés. Un jus d’orange, du riz, une omelette, le soleil et le transat ; déjà, rien que là, sous la vision, la chemise ouverte, les lunettes de soleil, les clopes et la graille, je pouvais imaginer que si je lui tournais le dos, Astrée pourrait être supportable. Rohlala, fallait croire que le vide, dans le bide, ne s'était toujours pas refermé. Si peut-être d'un peu, mais la douleur et ses bords d'aigreur avaient le même goût et la même intensité. Astrée Astrée Astrée pour la vie. Je voulais bien m'entendre avec elle, évidemment, je n'étais pas suicidaire. Mais juste assez pour ne jamais avoir envie de lui parler de la Toile Rouge, même sous alcool. Le mariage absolu de l'Incontestable ne se calait pas assez bien avec la profession de... hors-la-loi, car tu ne pouvais que te taire face à ta moitié imposée. Si un jour elle le découvrait et qu'elle cherchait le divorce, les manœuvres seraient faciles à faire, et je serais enfin célibataire, à poil dans ma cellule.

Pendant le petit-déjeuner, je mâchonnais aussi une toute autre question : devais-je la prévenir ou pas ? Elles arriveraient en milieu d’après-midi, normalement, le temps qu’elles récupèrent des forces après avoir maudit à leur manière, mon mariage soudain. J’étais sacrément heureux de voir arriver les donzelles armées, mais je savais pas comment elles allaient s’y prendre avec Astrée. J’avais certes détaillé la veille un résumé assez précis des réactions de chacune, mais c’était de la pure spéculation - except the Baby part. Boomer et Butch pouvaient ravager la gueule sans sourciller d’un mec. Mais une femme alitée avec un membre du B-Bang, on ne lançait pas les mêmes dés. Par acquis de confiance, sentant Astrée dans le salon, je me retournais dans le transat pour être en position assise ; les volets vitrés étant ouverts, je pouvais lui parler. Ce que je fis, avec un ton pincé duquel on pouvait laisser entrevoir de l’embarras :

“J’ai des amies qui passent cette après-midi.” Et c’était non-négociable. Même pour moi. Fumette, fumée, la phrase s’impose sur le silence : “Pour te voir.” Un petit sourire en coin. Ça ressemblait à une menace. Légitimement, d’ailleurs, c’était ce qui pouvait s’y rapprocher le plus. Je tire une autre latte et je regarde ailleurs les immeubles de Tokyo qui s’élèvent à leur manière sous le ciel bleu. “Je t’en ai parlé hier, tu sais. Boomer, Butch et Baby. Elles devraient rester aimables et être ouvertes à la discussion. Si tu sens que Baby essaie d’insinuer quelque chose, c’est qu’elle le pensera vraiment. Elle va mettre un peu de temps à digérer.” C’était éminemment chou à elle de sa part, mais je ne pouvais pas répéter cette pensée à Astrée sans qu’elle le prenne mal, ce que je comprendrais. “Je recadrerai au besoin.”

  En sachant de toute manière que Boomer sait déjà très bien gérer le B-Bang dans la diplomatie court-termiste pour éviter les explosions, et quand elle en arrivait à de telles extrémités, c’était souvent efficace : c’était rare que Boomer cadre quoique ce soit, elle était plutôt du genre à… laisser les gens déployer leur capacité. Ce qui voulait dire, en enlevant les précieux tissus d’euphémisme, qu’elle regarderait les gens faire n’importe quoi en souriant dans leur dos, appréciant le spectacle du nawak. Quant à Butch, elle, il n’y aura aucune insinuation à avoir : tout le venin dans le couple avait subi une OPA de Baby. Je pense qu’il faut que chacun dans la vie ait sa dose de venin car aller en brut de décoffrage n’était pas un bon plan, et Butch se réfrénait à peine. Elle était si directe qu’elle pouvait désarçonner n’importe orateur se croyant à l’abri d’un pupitre. Contre la force brute de on esprit, il valait mieux détacher le pupitre du sol et s’en armer. Si Astrée plaisait à Butch, alors elle rejoindrait Boomer dans le camp de la modération et Baby, minoritaire, rangerait ses cutters et sa langue. Elle se déchaînerait de toute manière avec tous les noms d’oiseau que pouvaient inventer une personne née sous le nom de Birdie, mais ça serait par téléphone, et si elle croisait Astrée, elle lui feulerait dessus encore quelques temps. Si par contre, Butch ne pouvait pas la piffer, alors là, elle hésitera pas à le clamer en frappant du poing sur la table, et là, ma vie serait officiellement déchiré en deux pôles privés : Astrée, puis le reste. Butch était l’enjeu.

“N’hésite pas à rigoler si elles te charrient gentiment, et à te braquer si elles te cherchent. Elles vont te tester sans prendre des gants, chacune à leur manière, en même temps si possible.” Je me censurai encore une fois : non, tu n’allais pas dire qu’elles étaient adorables. Cette politesse coûta toutefois, à la place, la présence d’un complément à la phrase pour insister sur le fait qu’elles étaient insupportables. Ce qui était un mensonge de toute manière, je les adorais trop. J’empilais mes assiettes de petit-dej pour les apporter dans la cuisine, où je me permis d’y aller avec les dernières bouffées de ma clope au bec. “Si tu échoues ce test et qu’elles ne t’aiment pas, alors ta vie sera un enfer. Cependant, si tu réussis le test et qu’elles t’adoptent…” Je pose la vaisselle dans l’évier, laissant le blanc préparer mon bon mot, lâchant mon premier vrai sourire sincère vers elle pour attester de l’humour qui allait suivre : “... Alors, ça sera pire.”
Astrée E. Fujiyo
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le Sam 7 Sep - 22:09
par Astrée E. Fujiyo
La nuit n’a pas été évidente. Sentir cette présence, à tes côtés, ça t’a beaucoup réveillée. Tu n’es pas habituée. Et en même temps, tu trouvais ça apaisant. De ne pas être seule. Ne plus être seule. Mais en même temps… cela veut dire que tu ne verras plus ton voisin, que tu appréciais. Mais là, ce n’est pas ton voisin. Ce n’est pas quelqu’un de tu connais. Loin de là. C’est un parfait inconnu. Que tu n’as rencontré qu’il n’y a quelques heures. Et lorsqu’enfin, tu réussis à t’endormir… tu as l’impression d’être réveillée après cinq minutes seulement. Tu t’es efforcée à rester immobile toute la nuit. Et à, surtout, ne pas le toucher. Surtout pas.

Tu le sens sortir du lit, sans aucune délicatesse. Comme s’il t’invitais – t’ordonnait ? – d’en faire de même. Tu bailles à t’en décrocher la mâchoire, avant de te frotter les yeux. Tu as l’air d’un zombie. Mais tu ne te vois pas encore. Tu iras dans la salle de bains lorsque tu l’entendras en sortir. En attendant, tu reste bien cachée sous les couvertures. Bien au chaud, également.

Enfin, tu sors du lit, ta chemise pendouillante, les manches ballantes. Et puis, tu te diriges, un peu au radar, vers la salle de bains, pour te doucher à ton tour et te laver les dents. Tu prends ton temps, le temps pour te réveiller. Tu es épuisée… Ce n’était pas la meilleure nuit de noces qu’on puisse connaître et c’est pas peu dire. Enfin, tu ressors de là. Sauf que, tête dans le cul, t’as pas pensé à prendre tes fringues avec toi dans ta salle de bains. Alors, c’est enroulé dans ta serviette que tu es retournée dans la chambre, pour récupérer ton sac et pouvoir t’habiller. Et une fois que c’est chose faite, et que tu arrives dans le salon avec ta serviette à te sécher les cheveux… tu ne le vois pas. Tu ne sais pas où il est, et tu t’en fous, tant que tu n’as pas pris ton premier café. Alors tu te diriges vers la cuisine, par automatisme, et te fait couler un café bien chaud, bien noir, bien serré…

Et alors que tu vas pour saisir une tasse, tu sursautes en entendant sa voix. Ah. La terrasse. Il t’annonce que des ami-e-s viennent. Te rencontrer toi. Parce que lui, ils… elles… le connaissent déjà. Toi… pas… Tu soupires, doucement. Ok. Tu vas passer au pilori, donc.

« Génial… »

Tu lâches, alors qu’enfin tu as ton précieux liquide brun. Et tu finis par aller sur la terrasse à ton temps, pour t’allumer une cigarette, toi aussi. Tu as l’impression d’avoir la gueule de bois, alors que pourtant, tu n’as pas tant bu que cela…

« Je vais me faire juger, par des comparses, et si j’leur convient pas, j’vais me faire harceler ? Dans tous les cas… ce ne sera pas l’enfer… L’enfer, je l’ai déjà vécu… »

La dernière phrase, tu ne la murmure que pour toi, en gromelant dans la barbe que tu n’as pas, avant de prendre ta première gorgée de café et inspirer profondément ton tabac qui te détend légèrement. Peut-être qu’un joint serait plus agréable, en cet instant. Mais tu n’as jamais consommé de telles choses et, tu n’as clairement pas envie de le faire sans te sentir en confiance.

« Bon… ok. Je le ferais. Enfin, c’est pas comme si j’avais le choix. Mais j’ai pas le temps d’aller faire une sieste, avant ça… ? »

Tu demandes, en posant non pas ton regard, mais tes cernes sur lui, assez littéralement. On dirait que tu as des valises sous les globes oculaires.

« Y a-t-il une infime chance qu’elles m’apprécient, au moins ? »

Tu finis par demander, résignée, une fois encore, avant de t’adosser à la rambarde, avant de porter ta cigarette à tes lèvres, puis ta tasse de café. Et enfin, tu expires ta fumée. Mélange étrange, fumée et liquide.

« Ou je suis foutue d’avance ? »

Sait-on jamais, tu préfèrerais être prévenue d’avance, pour le coup. Tant qu’à faire. Autant être préparée, hein. Parce que bon, tu faire piétiner… t’as pas spécialement envie de revivre ça. Tu as assez donné, avec ton barge de géniteur. Un autre sujet que tu n’aborderas pas, non plus, d’ailleurs. Hors de question. Hors de question que tu lui parles de ça. Quelle idée.

« A moins que tu ne veuilles pas me briefer un minimum et que je doive me débrouiller toute seule... »

Ça ne te changerait des masses, au fond... mais tu préfères l'entendre de le dire, en soi...
Spoiler:
Promis, je vous mets la mise en page demain, une fois que j'ai retrouvé mon ordi :)
Butch Akikazu
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posté
le Dim 8 Sep - 1:07
par Butch Akikazu
WITH OR WITHOUT YOU
I COULDN'T CARE LESS

Boomer a décrété le branle-bas de combat. Baby en a appelé aux armes. Et toi, ben toi tu suis le mouvement parce qu’elles sont comme une vague que rien ne peut arrêter. Puis, bon, tu le diras pas trop fort mais tu t’inquiètes. Un peu. Rien qu’un tout petit peu.

T'as réussi de justesse à les empêcher d'y aller en pleine nuit. Pas sûr que Burden apprécie vous voir toutes les trois sur son paillasson s'il est en train se pieuter. Mais quand t'as proposé l'aprèm, qu'il a approuvé, eh bien Boomer a rechigné, Baby a hurlé, et toi, tu t'es résignée. Résultat, la matinée n'est même pas écoulée mais vous avalez déjà les escaliers. Tu t'assures de rester en tête, histoire de contenir un minimum les débordements de la furie rousse, et tu te demandes à quel point cette rencontre va être un désastre. Même si cette Astrée était une chouette nana, voir débarquer chez soi les trois meilleures amies de son tout nouveau mari, relativement en furie, ça mettrait personne de bonne humeur. Tu sens déjà le carnage qui se profile.

« On aurait pu lui dire quand même. »

Que vous arrivez plus tôt que prévu. Ouais. Vous auriez pu le prévenir. Pas que vous n'ayez pas l'habitude de débouler les uns chez les autres à l'improviste mais bon, quand même. Ah, ça, c'est tes remords qui parlent à retardement.

Mais vraiment trop à retardement, parce que Boomer cogne déjà.

Elle toque pas, non, ça elle connait pas. Elle cogne, et fort. Assez pour déranger tous les voisins, même la mère Tsubasa avec son sonotone au rez-de-chaussée. Mais de toute façon, la discrétion ça n'a jamais vraiment été votre fort, alors bon.

La porte s'ouvre, tu laisses les deux autres se précipiter à l'intérieur et tu suis le mouvement. Un coup d’œil à l'appart, plus grand que le précédent. Un coup d’œil à Burden, encore bien vivant et entier. Un coup d’œil à la pièce rapportée. Blonde aux airs d'ailleurs, perchée sur une canne et drapée dans la fatigue. Ah, mauvaise pioche Astrée. Toutes les cartes sont dans la main de Baby, là.

« Burden, on avait dit que t'enverrais un sms. »

Enfin, toi tu l'as dit, tu lui as arraché la promesse de vous contacter histoire que ça finisse pas comme maintenant, en pugilat organisé. Du coup, c'est ta façon de lui dire t'as merdé garçon et maintenant faut payer les pots cassés.

©️ P A N
Birdie Poghosian
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★
posté
le Dim 8 Sep - 19:03
par Birdie Poghosian
I don't know what you had in mind
But here we stand on opposing sides
SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER


Like dogs on a hunt


Astrée Vs The World Giphy
BEWARE THE WOLVES, ASTREE-CHAN

J'ai passé ma vie à fixer le vide. A tirer joint sur joint au point où mes dents avaient le goût du cannabis, ça par contre c'était très drôle mais ça n'a pas rajouté de réconfort dans ma vie. J'ai imaginé mes gencives être comme du gel à la marijuana, j'ai rigolé. Puis j'ai pleuré, parce que ça fait une éternité que je fais que ça.

Souris, Baby. Regarde devant toi, Baby. Ca va, tu vas bien ? T'as l'air aussi motivée qu'un faisant crevé là Babe, ressaisis-toi. Tu veux un verre d'eau ?

Pas de chance, c'est tombé sur Chris. Il a pas fait le malin quand il est reparti dans les coulisses en dégoulinant.

J'ai pleuré avant, j'ai pleuré pendant, j'ai pleuré après, par miracle le make-up a tenu - Haven ce petit génie, on le reconnaît jamais à sa juste valeur mais c'est vraiment un magicien ce garçon. Et j'ai encore plus pleuré dans le bus qui m'emmenait jusqu'à chez Al, où je me suis effondrée dans ses bras.

C'est Boomer qui est venue me tirer de là. J'ai dit non, je voulais pas, je m'agrippais à mon pot de Ben & Jerry's comme si c'était le Graal. Kami-sama en est témoin, j'ai relâché la Mer Morte en eau salée dans tout Tokyo. Puis on a bu. On a fumé. Beaucoup, beaucoup fumé.

Puis on a parlé de Burdy. J'avais les yeux trop explosés pour verser d'autres larmes. On en a parlé, en long en large et en travers. Puis on a parlé de l'autre, celle qui nous l'a volé. Boomer était d'accord avec moi, elle est dangereuse. On l'a imaginée, on l'a diabolisée, on s'est dit que c'était la plus grande menace actuelle pour le B-Bang - c'est sûr que c'est pas Asling qui ronflait dans un coin de la pièce, tout le monde est d'accord là-dessus. Et Butch... Ca fait bizarre. Ca fait un mois mais je me suis pas habituée. J'ai toujours ce pincement quand je la vois, comme s'il y avait un rideau entre nous qui marque la fin de l'entracte. La fin de l'insouciance.

Elle me manque.

Et là, à quelques centimètres d'écart, elle me manquait encore plus. Surtout quand elle sourit en plongeant ses doritos dans le guacamole, quand elle rigole aux conneries qu'on sort, quand elle me lâche un regard en coin - elle me manque.

Alors j'ai essayé de ne pas la regarder, mais c'est comme demander à un tournesol de pas admirer le soleil.

Donc j'ai fixé le vide. A quatre heure du matin, complètement stone, j'ai passé ma vie à me demander comment un débile avait bien pu faire un impact sur le mur et se débrouiller pour le caler aussi proche du plafond.

Ca veut pas dire que je parlais pas, par contre.

Ah, bah non. Après tout, c'est moi qui suis à la base du plan d'attaque. Le seul mirador c'était Boutchee, et elle a capitulé très vite.

Résultat ?

On a (un peu) dessaoulé. Mais a surtout foncé chez Burden pour voir si oui ou non c'est vraiment une connasse, cette Astrée. Spoiler alert : j'ai déjà pris ma décision, j'y vais au pas de guerre. Le sol tremble sous mes nouvelles Louis Vuitton. Le plan est simple : on entre, on casse la porte puis on avise.

Du coup j'ai défoncé la porte. Boomer m'a aidée.

Et maintenant ?

"BURDEN"

Je lui ai sauté dessus comme si ça faisait plus de trente-six heures que je l'avais pas vu. Ce qui est faux. Je m'en fous.

We're coming for you.

© leplusbeau
Bo D'Elia
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posté
le Lun 9 Sep - 1:38
par Bo D'Elia
TKF??

Baby va se tuer si tu réponds pas maintenant ok???




Boomer remue la main devant le visage vide de Baby. C'est bon, elle a réussi à arriver au stade où la couleur de ses cheveux commence à pâlir face à celle de ses yeux. Les larmes, ça lui tue le regard. Et elle a essoré une dizaine d'océans sur chaques chemises qui se sont mises sur son chemin. Au début, ça suffisait pour la canaliser, d'imaginer pires ignominies sur une pauvre inconnue qui a pour elle que la malchance d'avoir eu un prénom pareil, et de récolter un des noms de famille de la Toile. Ca agissait autant plus qu'un coup de désinfectant sur un moignon encore sanglant. On espère que quelque part, ça a agit. Puis le ton monte, quand c'est plus suffisant. Les verres aussi.

BRUDEN SITU NNS DOT PAS CMT CA VA ON VIENN VERIF


En vérité, Boomer ne s'en fait pas une seconde pour lui. Non pas que son sort ne l'intéresse pas réellement, mais elle lui donne toute sa confiance pour gérer n'importe quel type de nana a priori supposée Burden-compatible. Mais là, même Butch est sur le point de craquer. Baby prépare sa fureur vengeresse, et, alcool aidant, avec Boomer elles entretiennent une frénésie inattendue.

On arrivz.


En cognant du poing sur l'accoudoir du fauteuil, elle se lève d'un bond chercher son manteau pour filer toutes ensembles à l'appart' conjugal. Prête à dégonder la porte d'un coup de pompe. Et la piaf s'agite aussi comme un émeu en furie. C'est les sourcils froncés de Butch qui ont réussi à ceinturer Boomer plus efficacement qu'un CRS, elle a le regard qui veut dire qu'elles font une connerie. Alors c'est les négociations, vives, pas de temps à perdre. Yeux au plafond et long râclement de gorge, il n'est jamais trop tard pour les urgences. Mais face à la réalité de l'heure et de leur niveau de défonce, elle ne peut qu'abdiquer. Des fois, Butch est quand même un peu trop raisonnable. Elles alternent le rôle de la maman, quand Boomer commence doucement à péter les plombs. Son catalyseur.

Il a fallu attendre le lendemain, restée affalée dans les couettes pas vraiment endormie, mais pas totalement éveillée non plus. Avec de temps à autre un pétard coincé entre les lèvres. Elle a même failli faire brûler la couette en somnolant avec.

Et c'était visiblement suffisant pour qu'aux aurores -selon les horaires de Boomer- elle se lève avec la même énergie qu'à 4h du matin. Qu'on lui file un sabre et un tricorne, pendant que le canon Baby fonce, tout défoncer avec. Avec l'aval de la vigie. Des cris de guerre qui se prolongent sur la route, je suis sûre que des passants ont changé de trottoir en les croisant. Jusqu'à l'adresse, jusqu'à l'étage, jusqu'à la porte qu'elle cogne sans pitié. On sait jamais que quelqu'un ne soit pas tout à fait réveillé. Et, évidemment, le boulet est lancé. Fond dans les bras du jeune marié, qui n'a pas l'air si malheureux que ça. Signe de tête à son encontre, il a l'air trop occupé. Et derrière l'étreinte, une jeune blonde, l'autrice du crime, maîtresse de la trahison et voleuse d'amour et de frère. Au final, elle ne paye même pas de mine. De bas en haut le regard de Boomer la sonde, au même rythme que son sourcil qui se lève, avant de la fixer droit dans les yeux. Sourire qui s'étire.

« C'est le moment où on va se marrer, les enfants. »

Elle pousse Burden, désolée Baby, et embarque Butch avec pour s'inviter dans le salon.

« Allez, pas assez de place dans le couloir pour discuter tranquillement entre gens courtois. »
Banpei Fujiyo
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Exploseur de Mots
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posté
le Lun 9 Sep - 2:51
par Banpei Fujiyo
Sur le balcon où je retournais, la clope encore fumante entre les lèvres, j’y retrouve la tête déprimée d’Astrée, dans les abords du misérabilisme, que la douche n’avait su ranimer du long sommeil de la nuit dernière. Elle me pose cent questions auxquelles aucune réponse ne pourrait être irrémédiablement positive sans un bon soupçon de mensonge par-dessus, alors je regarde les grands immeubles qui se prélassent sous le soleil du matin, et je préfère me concentrer sur le séisme que traverse l’immeuble, comme si une colonie de pachydermes avait décidé d’apprendre la gymnastique dans tous les étages. Je regarde mon portable qui m’affichait une heure qui aurait dû rassurante - 9:45 - mais la puissance qui martelait les escaliers semblait s’en battre d’une guigne des rendez-vous. Dans le monde improbable des probabilités, il y avait bien plus de chances que le cataclysme soit l’oeuvre du B-Bang venu des années-lumières trop tôt, plutôt qu’espéré que la rage qui devait tenailler Baby avait accepté d’attendre d’autres heures supplémentaires pour un comeback qui sentait bon les larmes et le revers de phalanges. Non, c’était impossible, c’était le B-Bang. Je quitte le balcon, sentant les cernes investir dans le terrain de ma face en prévision d’une dure activité à venir, et je tapote l’épaule d’Astrée en passant :

“Tu es une femme. C’est la seule chance objective que tu aies.” Le reste des conseils, je te les avais déjà donnés. Et prépare-toi Astrée, sors les batteries, le courage, prépare les fanions, parce que les boulets arrivent. Quand le bruit ne s’est pas estompé et qu’il prend du gain au fur et à mesure des secondes, quand même Astrée était en droit de se demander : attends, y a quelque chose qui cloche, est-on bien arrimés ? je conclue ce qu’elle pouvait déjà craindre si sa tête continuait à cauchemarder : “C’est elles. Déjà, foutu régiment.” Le vieux général, vétéran du B-Bang depuis des années, avait parlé.

Les bruits sourds contre la porte ne mentaient pas : une personne normalement constituée du jus de bulbe commun à tout être civilisé aurait appuyé sur la sonnette et patienté quelques secondes que j’arrive. Mais Boomer était le nuage de tonnerre sur le ciel de la civilisation. Je me mis à sourire vague, parce que j’avais encore le cerveau empêtré dans la mélasse de Morphée, mais en vrai, j’avais le coeur comprimé qu’elles puissent chahuter Astrée si fort que ça finisse en baston générale de laquelle ma vie privée ne se remettrait jamais. Pitié, que ces trois filles, que Satan avait poussé de la porte des Enfers pour un brin de calme, que ces trois filles laissent une chance à ma vie de ne pas ressembler à un bordel-monstre. Mais inutile d’en appeler par la prière, personne ici ne croyait en Dieu.

J’ouvre la porte, et que vois-je ? Boomer a la gueule mortifère d’une nuit blanche non assumée, mais son énergie n’en savait rien vu qu’elle avait la gueule fade d’un mauvais masque de Halloween mexicain, mais la force vitale de deux liches ; Butch venait de se faire déterrer, aussi impassible que quand elle était sortie du pioupiou de sa maman, limite mains dans les poches, et Baby avait exactement la tête que j’imaginais, comme si elle avait enchaîné cinq soirées de drama et que l’addition de gueule de bois allait pas tarder à cimenter les tempes d’écrevisses. Je faillis leur refermer la porte au nez pour leur témoigner l’entièreté de mon ravissement mais Baby fut si rapide que j’eus l’impression de me prendre une gifle. Je réceptionnais la donzelle, et après surprise de les avoir retrouvées, je ressentis dans son étreinte toute la peine qui avait dû enlaidir sa soirée et sa nuit. Je m’y abandonnais en fermant les yeux, retrouvant toute Baby d’un coup comme si ça faisait 36 heures que je l’avais pas vue, lui rendant en écho, par les bras, le soulagement de la revoir. Enfin mon ventre se répare. Le mariage au final, n’avait pas même réussi à couper ça. Elle avait toujours la même chaleur, swinguait de la même façon, ses cheveux avaient la même odeur (enfin, avec shampooing aux herbes), et sa vitalité me pétrissait bien comme il fallait, tissait un nouveau cocon autour de moi que je connaissais depuis des années, parce que ce fut aux mauvaises époques, la seule chose dans laquelle je me sentais confort.

Boomer me vire de l’épaule : elle a trop hâte d’en découdre, ce qui était bon signe pour Astrée. Il valait mieux Boomer qui braillait et qui allait faire tâche, parce que ça voulait dire qu’elle était de bonne humeur. Si la fille s’était contentée d’être revêche et froide, autant dire qu’Astrée avait autant de chances de lui plaire qu’une limousine passant devant un pauvre. Je fis tout de même, Baby dans les bras, Boomer derrière moi, une grimace de supplice à Butch dont le visage restait comme à son habitude, verrouillé jusqu’aux prochaines explosions, une grimace qui bien traduite, signifiait “pleaz”. Droit dans les yeux, t’avais pas le droit de me trahir maintenant. J’accompagnais d’un sourire immense ma requête, heureux de la voir, avant que Butch ne passe dans le salon et que je lâche Baby. Je lui prends le visage, vire les mèches, puis les revire pour avoir une excuse de la brosser à nouveau, je la regarde les yeux dans les yeux si proche que nos nez se touchent presque, afin de bloquer l’aura des autres et de créer notre intimité, et je lui chuchote si bas qu’elle doit deviner plus qu’elle n’entend :

“Tu vas bien ?” Je lui souris alors. C’était pas un acte prémédité : voir sa bouille me remplissait de miel. Je débarbouille un peu ses joues de je sais quoi, puis je la laisse enfin tranquilles pour revenir dans le salon.

Les canapés étaient assiégés autour de la table basse, alors je passe derrière la grande table qui marque l’entrée de la cuisine et sort une bouteille de rhum arrangé : j’avais une bouteille de bourbon pour les invités qui se disaient de marque, mais pour les vrais de vrais, impossible de pas sortir l’alcool-phare, la recette spéciale propre au B-Bang, développée après de longues années à patauger dans les formules pour arriver à une boisson fortement déséquilibrée en mauvaises choses, dont une illégale (ce qui m’empêche, avant la flemme, de vous en parler plus en détails). Je sors cinq verres que je ramène à table où sont installés tous les zozios. Sacrée scène que ce tout-le-monde dans une petite atmosphère de guérilla future. J’en demandais même si pour qu’elles traitent bien Astrée, il fallait que moi-même je la descende : leur solidarité ferait le reste du ménage. Nan Burdy, concentre-toi bien sur les doses. Je sers les verres, en même temps, d’un mouvement d’habitué, puis en même temps que je fais glisser les verres d’une part et d’autre de la table, je fais les présentations :

“Astrée.” Le verre glisse jusqu’à elle. C’était une cérémonie, il n’y avait pas d’autre option possible. Si elle ne buvait pas le verre, autant dire qu’elle était éliminée d’office de toute amitié. Déjà, c’était clément de ma part, que de lui refiler une gorgée de notre nectar : Baby aurait le droit de faire un commentaire légitime.
“Baby.” Le verre s’envole près de la belle : Astrée sait maintenant d’office qui allait le plus vouloir lui sauter à la gorge.
“Butch.” Elle était ma voisine, alors lui envoyer le verre sera le plus facile. Butch, je t’aime. Sauve. Tout. Ce que tu peux.
“Boomer.” L’avant-dernier pour la marraine de tout le monde. Le regard que je lui lance essaie de percer sa mèche : où au juste, va-t-elle poser sa dynamite ? Et avec quelle quantité de poudre ?

Je me sers en dernier comme l’exige la politesse, et après cette étape solennelle à laquelle le B-bang n’était pas coutumier, oh non, je lève le verre pour le trinquage général, suivi de la première gorgée directe. Normalement, ce genre de mièvrerie ne suivait aucune ordre, aucune dictée particulière et on sauvageonnait autour de la table comme on savait si bien faire. Là, cependant, l’atmosphère d’enterrement se justifiait. J’hésitais à rafler tout mon verre puis m’envoyer le rab en toute-vitesse, mais je préférais garder contenance et éviter de montrer mon stress : comme les chiens, ça pourrait attiser la colère d’une ou deux membres dans le B-Bang. Je lève le bras d’un geste vague maintenant vers ma nouvelle femme, en-face, qui j'espérais, préparait les tranchées :

“Et bien, voilà Astrée. La femme... Qui... vient de France. On a un peu discuté la nuit dernière..." Je la laissais après un silence, se présenter elle-même.
Astrée E. Fujiyo
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le Mar 10 Sep - 1:31
par Astrée E. Fujiyo
Il te semblait avoir entendu Burden dire « dans l’après-midi ». Et il ne te semble pas avoir autant dormi que cela, pour te réveiller durant l’après-midi. Aussi sursaute-tu lorsque l’on tambourine à la porte. Voudrait-on à ce point la défoncer ? Est-ce donc à ce point la guerre ? Dans quoi l’Incontestable t’a-t-il embarqué, bordel de merde ? Tu soupires, avant de finir ton café d’une traite. Eh bien… tu espérais pouvoir te présenter un peu plus sous un meilleur jour que cernée comme un braqueur de banque et à moitié débraillée, les cheveux encore humides de ta douche. En plus, elles tombent mal. Tu viens de boire un café, tu viens de fumer une clope, tu ne vas pas tarder à avoir les intestins en berne. Foutue règle des trois c. Tu soupires un coup, avant d’inspirer profondément tandis que ton tout nouvellement désigné époux s’en va ouvrir aux assaillantes.

Hissez les couleurs, moussaillons. Cet abordage va faire un véritable carnage. Pas de pitié.

Des tornades. Voilà ce que tu vois débarquer. Des tornades en furies. Est-ce donc l’effet que tu leur fait, à être considérée comme Burdenpatible ? Mince alors. Tu aurais su, tu l’aurais embarqué avec toi dans une cellule. Au moins, tu aurais eu un peu de répit. Tant pis. Ce qui est fait est fait. Il est tant d’assumer.

Un premier visage dans le salon. Un second. Tu quittes le balcon pour les rejoindre, une expression neutre sur le visage. Tu ne veux pas passer pour une cruche qui sourit niaisement. Et puis, de toute façon, tu ne te sens pas l’énergie de sourire. Tu refermes la porte fenêtre, derrière toi, attendant que tout le monde n’arrive. De toute façon, les furies ont déjà investis le canapé, donc pas la peine de les inviter à s’assoir. En revanche… tu te resservirais bien un café… alors, une fois que tout le monde est posé… non, la politesse exige des présentations. Sauf qu’il y a eu le verre. Le verre qu’il faut boire. Que Burden a bu. Alors, tu le descends, cul sec. Ça pique un peu l’œsophage. Mais tu ne le laisse pas paraître. Une fois la brûlure disparue, ce… n’est pas si dégueu que ça, en fait.

« Salut. C’est moi, l’autre. »

Tu te présentes. Parce que Burden a déjà donné ton nom. Et même ta demie autre nationalité. Alors bon, autant assumer le fait que tu sois l’autre.

« Désolée de débarquer à l’improviste dans vos vies… Mais qu’à cela ne tienne : je ne compte pas prendre beaucoup de place. »

Tu les observes toutes les trois, une à une, soutenant les regards lourds de sens. Menacent silencieuses, jugements, tu en lis beaucoup, dans ces yeux fatigués. Fatigués… comme toi. Est-ce qu’elles ont dormi, au moins ? Peut-être autant que toi. Ahah. Voire moins…

« Après cet apéritif… est-ce que je vous sers un petit déjeuner ? On a que du café, mais… »

En fait, tu te sens sincèrement cruche. Tu ne sais franchement pas quoi leur raconter. Burden te les as présentées, donc tu ne peux même pas leur demander leur nom, à chacune, une par une. La vérité, c’est que tu ne sais pas trop où te mettre, en fait. Tu n’as jamais été très douée pour t’intégrer à des groupes déjà formés. Et celui-là, c’est un sacrément gros morceau. Et ils te voient sûrement comme l’envahisseuse… Alors forcément…

« En soi, je ne sais pas quoi dire sur moi. Y a rien de très intéressant à raconter. Alors… si vous avez des questions, posez-les. Et je n’ai pas besoin de vous dire de faire comme chez vous : ça tombe sous le sens, vous êtes ici chez vous. »

Tu te mets toi-même de côté. C’est terrible. Et ça montre combien tu ne te sens pas à ta place ici. Combien, en ce moment, tu ne comprends absolument pas le choix de la machine. Mais tu es résignée à cohabiter avec cet homme… et ses amies. De toute façon, tu ne te laisseras pas piétiner plus que ça. Tu leur laisse leur espace. Mais tu ne te laisseras pas écraser, que cela soit bien dit. Bien signifié par ton regard. Tu as le droit à ton espace. Pas auprès de Burden. Ça, ce sont les devoirs. Mais en ces lieux, tu y es chez toi, également…
Butch Akikazu
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le Mar 10 Sep - 16:47
par Butch Akikazu
WITH OR WITHOUT YOU
I COULDN'T CARE LESS

De l’alcool à même pas dix heures du mat’, après la soirée que vous venez de passer — la nuit en fait pardon — tu sens que ton estomac se barbouille et que ton foie hurle à la torture. Boarf, tant pis. Tu réquisitionnes ton verre, te cale contre le dossier et le lève. Bienvenue, Astrée. Toutes mes condoléances.

Cul sec.

Les festivités peuvent commencer.

T'as bien capté le regard de Burden. La supplique était criante. Mais, eh, tu peux pas faire de miracle non plus. Baby est tellement survoltée qu'elle s'est jetée à son cou et refusera probablement de le lâcher avant un moment. Boomer, ça va, elle a presque l'air de bonne humeur vu comment elle braille et fait comme chez elle. Les jeux ne sont pas encore faits, Astrée a une chance de pas se faire détester. Petite, la chance, cela dit. Tu soupires déjà, tapotes la cuisse de Burden du plat de la paume. Courage, petit chat, courage. Branle-bas de combat et haut les cœurs, le pire est à venir et ça va tanguer, tout renverser.

« T'es pas l'autre. T'es toi. Te victimise pas, c'est comme laisser un requin flairer ton sang. »

Machinalement, tu joues avec ton verre, le fais tourner dans ta main. Le rhum est parti un poil trop vite. Tu sens que t'as besoin de plus d'alcool dans le sang pour ce qui va suivre mais ce serait pas responsable pas vrai ?

Soupir. Grincement de dents.

T'as probablement l'air aussi aimable qu'une porte de prison en ce moment et pourtant t'as rien contre la Astrée, là. T'es juste toi-même, avec une dose de mauvaise humeur parce que cumuler une nuit blanche, beaucoup d'alcool et rien dans le ventre, ça te réussit jamais.

« Vous avez pas quelque chose à grailler ? Même du salé, m'en tape. Un truc plus consistant que du café quoi. »

Non parce que, le petit-déjeuner, tu dis oui. Mais si c'est pour t'enquiller une boisson seulement, ça va pas l'faire.

« Tu m'ressers chaton ? »

C'est votre blague, la tienne surtout. Depuis que t'as adopté Burden-le-chat, t'aimes bien le rappeler à Burden-l'humain pour le taquiner. Et comme ça, l'air de rien, en mettant son surnom habituel sur la table, tu lui promets que t'inquiète mon chat, on va gérer tu vas voir.

Bon, gérer comment, tu sais pas encore.

©️ P A N
Birdie Poghosian
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le Mer 18 Sep - 9:11
par Birdie Poghosian
I don't know what you had in mind
But here we stand on opposing sides
SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER SUFFER


Like dogs on a hunt


Astrée Vs The World Giphy
BEWARE THE WOLVES, ASTREE-CHAN

J'ai pas envie de le lâcher. Ça serait comme le perdre à nouveau.

Super égoïste oui, mais au point où j'en suis est-ce que j'en ai encore quelque chose à faire ? Sincèrement, j'ai tellement repassé en boucle nos quelques années - presque quinze, déjà, plus de la moitié de ma vie - de vie commune que j'avais l'impression de les enterrer. Alors là, c'était presque comme faire le câlin à un mort retrouvé. Si j'avais été catho, je l'aurais appelé Jésus. Comme il a un peu été le Messie de ma vie pour me montrer le bon chemin, je trouve ça plutôt approprié.

Il se recule, je reste agrippée à sa chemise, les ongles enfoncés dans ses trapèzes secs. Il y a encore des tonnes et des tonnes de choses que je ne veux pas lui dire, que je ne veux pas taire non plus, que je veux juste pleurer là où ça sent l'after shave hors de prix et le déo Hermès - oui c'est moi qui le lui ai offert, pas ma faute s'il était abonné à Axe depuis qu'il est ado, il s'agirait de grandir que je lui avais d'ailleurs dit.

Ses yeux trop clairs qui me fixent, je ne cille pas la moindre seconde. Je le connais par coeur son visage, je pourrais encore le voir et le dessiner en fermant les yeux. Mon Burden, celui que j'ai toujours eu et qu'on m'a arraché. J'ai la haine.

Je sais pas combien de temps on se fixe, je ravale une autre salve de larmes avec peine. Est-ce que ça va ? Je suis pas sûre de la question mais je hoche la tête, un peu. Ca va mieux depuis que je t'ai vu, puis ça ira moins bien en claquant la porte. So is life. Mais ça, je vais pas lui dire, j'aurais préféré le pleurer aussi sur son épaule.

Puis il y a ce moment où la bulle explose, où la vigueur de Boomer et le silence de Butch deviennent un peu trop pesants et il faut bien retourner à la réalité. Puis je vois l'autre, la victime là, et je me souviens pourquoi je suis venue. Pour voir Burdy, oui, mais pas que.

Pas que, non.

Je le vois revenir avec cinq verres, il a du mal compter. Mais Burdy ne compte jamais mal. Ca je le sais et j'aurais préféré l'oublier.

Je prends mon mal en patience.

J'essaie très fort.

Je bous intérieurement.

Il aurait pas pu rester avec moi au lieu de lui servir notre cercueil à nous ? Elle fait pas partie du B-Bang que je sache, non ? Elle en fera jamais partie, j-a-m-a-i-s. Pourquoi elle boit ?

Je bous.

Et quand elle parle, c'est encore pire. S'il y avait un Oscar du meilleur ouin-ouin, je le lui aurais collé dans la gueule pour qu'elle se taise. Ouin-ouin je suis l'autre ouin-ouin, je suis pas intéressante ouin-ouin, et puis ouin-ouin je suis fade et insignifiante et en plus j'ai une toute petite voix de fragile. Tafiole.

Oh my. Désolée Kami-sama. Je sais pas comment on dit en italien. On va dire que pour cette fois ça passe... ?

Butch aussi l'a remarqué, mais c'est trop tard.

"Tu devrais faire une réclamation Burdy-chéri, il y a du y avoir une erreur. T'étais pas censé être marié avec une victime."

J'arrose ça d'une gorgée de notre bouteille qu'il a gaspillé dans son estomac de fragile, et puis j'en tremble. Je l'aime pas. Je savais que je l'aimerai pas mais c'est encore au-dessus de tout ce que j'imaginais. Parce qu'elle est faible.

Et que nous, les faibles, on les bouffe.

"Oh, my. J'avais oublié que tu étais là, c'était impoli de ma part. Désolée, fais-je à Astrée-je-prends-pas-de-place-je-suis-transparente avec un sourire qui respire volontairement le faux. C'est juste qu'on a pas l'habitude de côtoyer les gens... comme toi, il faut que je m'habitue."

Les fragiles. Les insignifiants.

Tu es même trop faiblarde pour que je me fasse les dents sur toi. Tu sers définitivement à rien, et en plus tu bois notre gnôle.

Troia.

We're coming for you.

© leplusbeau
Bo D'Elia
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Hier à 1:23
par Bo D'Elia
Les retrouvailles sont passionnelles, théâtrales, et un peu trop mouillées pour Boomer qui craint de s'y retrouver collée si elle venait à les frôler. Elle les laisse en haussant les sourcils, et échange un regard avec Butch qui veut dire c'est bon, elle a eu ce qu'elle voulait la Baby, elle va pouvoir arrêter le mélodrame. Maintenant, ça passera plutôt au film de guerre. Elle peut bien les laisser se ronronner dans l'oreille cinq minutes, pendant qu'elle jette un oeil à la déco du salon. Ou plus précisément, au repérage des fauteuils. Et décide finalement de changer d'avis, et traverser la pièce en trois enjambées pour rejoindre le balcon. Petit signe de main deux doigts tendus en direction d'Astrée quand elle passe à côté, sourire de politesse ironique qui l'accompagne dans son avancée. Elle sort dehors une tête encore brouillée de sommeil pour prendre le vent, évaluer les transats, et tirer celui qui visiblement convient pour lui mettre les pieds à l'intérieur. Grognement de satisfaction, et une fois allongée, elle se roule une clope en attendant que Burden finisse de choisir l'alcool le plus convenable pour démarrer la matinée.

« T'es sérieux, le rhum spécial Bang à même pas 10h du mat' ? »

Elle a une excuse, elle a pas dormi, c'est pas encore le matin pour elle. Pendant que ça bafouille à côté, elle attrape un berêt de Burden pour se coller sur les yeux. Elle dort pas, hein. On peut toujours voir la fraise de la cigarette se raviver de temps en temps, entre chaque réplique qu'elle écoute attentivement. Et elle boit, à petites gorgées, prend le temps de le savourer.

Elle ricane même, à la première réplique de Baby.

Au final c'est pas si grave, que ce soit pour Astrée qu'on ouvre la bouteille. Dans tous les cas, il reste délicieux, et appréciable en toute circonstance. T'as un bon point pour ça, Burden, elle est de bonne humeur. Et elle finira probablement par le siroter, au moment où le point de non-retour explosera et prenne toute l'attention, jusqu'à la fin sans même s'en rendre compte.
Mais c'est quand même un peu trop tôt, pour ça. D'un mouvement de tête, elle tire le béret et dégage son regard, rit une deuxième fois en découvrant la tête de dogue de Baby face à celle qui se décompose de l'heureux élu.

« Ecoute Astrée, évidemment qu'on est comme chez nous, c'est pas tant ça le problème. Pars du principe qu'on se fout de toi, et de te poser des questions. »

Bruit de bouche, Boomer hoche la tête.

« Rends-toi intéressante si tu veux l'être. Si tu comptes bafouiller, retourne finir ta nuit dans le lit conjugal, et laisse nous finir notre réunion sans tragédie. »

En clair, si tu veux ta place on va pas te la faire, à toi de te démerder pour la trouver. Il n'y a aucune animosité dans son regard à son égard, mais si la meilleure solution c'était de la caser dans un coin loin des affaires, autant lui proposer direct. Elle repart sous le chapeau. Quelque part, des échos résonnent en elle, de cette même situation il y a des années mais avec Hiroki à la tablée. Les trois autres, durant le dîner de présentation le plus gênant qu'elle a vécu, avaient réussi à doser avec parcimonie le juste équilibre entre la cordialité de façade, la menace sous-jacente et la distance. Ceci dit Butch est moins tendue aujourd'hui que ce jour là.

« Mais faudra te résigner à pouvoir passer du temps avec lui que quand le bar et nous, on le laissera. D'ailleurs, tu me ressers aussi, Burdy ? »

C'est son signal pour lui qu'elle reste en sous-marin, pour l'instant. En vérité, il n'est jamais réellement compliqué de plaire à Boomer, elle en veut pour preuve cette histoire improbable avec l'allemand blond de deux mètres, et son but ici n'est absolument pas de savoir si elle arrivera à faire amie-amie avec Astrée un jour ou pas. Mais elle sait clairement tout ce qu'implique un mariage et les emmerdes qui viennent emballées avec. Elle ne l'abandonnera pas, Burden, elle cherche juste à savoir à quelle femme le B-Bang aura affaire avec. Après tout, il avait développé un don quasi divin pour savoir faire disparaître Hiroki et monopoliser son attention ailleurs pour la décharger quand il le pouvait. Et en retour, elle l'aidera à être la barrière entre sa femme et leurs affaires. Que ce soit pour calmer le jeu ou poser les distances lorsque ça sera nécessaire. Reste à savoir si Astrée sera conciliante ou pas, et pour ça, Boomer reste attentive planquée sous le béret.
Jin H. Rey
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♪ The Song of a Woman
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Hier à 14:47
par Jin H. Rey
Grande nouvelle ! Burden était enfin marié ! Chacun son tour mon pauvre. Après, si sa femme était sympa, je voyais pas le problème que ça pouvait causer. Mais du coup, j’avais décidé de ramener mon cul chez lui pour aller fêter ça. Et aussi parce que je dois prendre du gel douche pour Rey et que j’ai la flemme d’aller faire des courses. Enfin bref. Je me suis habillée parce que se présenter à moitié à poil c’est pas conseillé pour entretenir une bonne relation avec quelqu’un. J’ai pris un vieux t-shirt et un jean déchiré, ça le faisait très bien. Et puis s'il est pas content le Burden bah tant pis pour lui. Maintenant, il me fallait un cadeau de félicitations. Sauf que j’avais rien.. Et que je n'ai vraiment pas envie de sortir faire les courses.

- Bon bah, c’est parti pour fouiller l’appart’ en quête d’un truc nul, mais bien.

J’ai cherché dans les moindres recoins de l’appartement. Des placards de la cuisine à ceux de la salle de bain. Mais j’allais pas leur filer une brosse à dents déjà utilisée. Y avait un minimum de respect à avoir. Alors du coup, j’ai cherché dans notre meuble à alcool. Et j’ai trouvé une bouteille de champagne ! Bon, elle était vidée de moitié. Mais on pouvait toujours trinquer. Non ?

Je sortais de l’appart’. Bon, il habitait pas loin hein, juste le même immeuble. C’est parti pour le sixième étage ! J’adorais me faire souffrir visiblement. Arrivée tout en haut je repris vite fait ma respiration et me suis approchée de la porte. Visiblement, l’ambiance n’était pas au beau fixe. Le B-Bang s’était ramené et de ce que j’entendais la femme de Burden s’en prenait plein la gueule.

Ok, je devais établir une stratégie. Soit, je rentre, je claque la bise à tout le monde, je pose mon magnifique cadeau, on discute je calme le jeu puis je pique le gel douche de Burden pour Rey. Soit je rentre, je dis salut vite fait, je pose mon cadeau et je choure le gel douche et je me barre. Hmm.. Le B-Bang c’était pas des gentilles petites filles. Et j’ai pas vraiment envie de me faire défoncer la gueule. Bon.. Bah, j’aviserai ! J’ouvre la porte.

- Salut Burden ! Bravo pour ton mariage tout ça, tout ça, je vais pas trop te faire chier avec cette phrase.

Je regarde autour. Ok, j’avais repéré sa femme.

- T’es Astrée c’est ça ? Bravo aussi. Tiens-je t’offre ça.

Je lui tends ma bouteille de champagne.

- Bon elle est à moitié vide, mais j’avais comme qui dirais soif.

Je me retourne vers Burden.

- Alors je te demande pas forcément ton avis. Mais je vais juste choper ton gel douche dans la salle de bain parce que je veux vraiment pas aller faire des courses. Déjà de base, je devais glander devant la télé.

Je commence à fouiller un peu pour trouver la salle de bain. Bon, je n'ai pas pris longtemps à la trouver hein. Du coup, je prends le précieux gel douche.

- Merci pour le gel douche. Ah au fait, bonjour les filles, désolées, mais j’étais un peu pressée.

Je commence à sortir, puis revient un peu sur mes pas.

- Au fait demain, je suis à la salle pour aller boxer un peu donc si tu viens à l’appart’ tu tomberas plus sur Rey que moi.

Je ferme la porte derrière moi. Je souffle. Ok, j'avais fait un peu des deux stratégie mais MISSION RÉUSSIE. Rey tu l’a ton gel douche de merde maintenant...
Banpei Fujiyo
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Exploseur de Mots
Exploseur de Mots
posté
Hier à 15:10
par Banpei Fujiyo
Je m’asseois rapidement sur le siège, mais nerveux comme un poisson qui découvre un filet, j’aurais préféré rester debout : réflexe. Debout, les chevilles bien cramponnées au sol, l’arrière des pieds légèrement relevés pour bondir d’un coup. Soit pour empêcher que Baby envoie un verre dans la tête de la française parce que soyons clairs, ce n’était pas une hypothèse mais une prémonition, soit pour m’enfuir. Des fois, c’était plus une question de courage, plutôt d’ambiance. Elle était électrique et quand quelqu’un approchait son doigt de son verre, on pouvait y voir les arcs ; elle était lourde aussi, et rien que de poser mon croupier sur le tissu fit du bien aux genoux.

En vrai, Astrée, elle ne s’était pas mal débrouillée : en-face de vraies personnes, des citoyens, des comptables costard-cravate médiocres dont les seuls faits d’arme avaient été de monter en grade pour toucher une calculette à huit piles, elle serait passée pour un mignon moineau prête à assumer sa charge de femme-modèle pas plus costaude ou imposante qu’une ombre à midi, on lui aurait tapé la bise et on l’aurait remerciée pour avoir un sourire si fébrile. Sans vouloir choquer l’ensemble du lectorat : le B-Bang... ne réagissait pas tout simplement comme ça. Le B-Bang, surtout les trois femmes qui en boxe, connaissaient à peine le crochet, voulaient de la présence, de la force, des crocs et du sang. Ce n’était pas dans une prière féconde de se faire pousser des couilles de mec, c’était, même conceptuellement à l’inverse, pour désaplanir ce que la société écrasait en nous. Les filles forçaient les gens, pour leur parler, à se rebeller. Chaque mot qu’elles te poussent à sortir pour la discussion, c’était une révolte en miettes. Elles renversaient les valeurs et clamaient que chacun avait autant le droit de hurler que de vivre. Être timide, c’était incommodant, comme une mauvaise odeur, et même pire, c’était impoli. Si tu te décoinces pas de ton tuyau, quoi te dire, elles vont y foutre de l’eau : soit tu sors, soit tu te noies.

Butch, la première, tenta de lui expliquer après coup les règles du jeu, avec toute la gentillesse dont elle était capable face à une intruse ; Boomer, elle, annonça déjà qu’elle avait les pieds dans le plat. “Je suis présente, point final.” Voilà la vraie traduction que les linguistes en herbe dédaigneront, par inexpérience, pour lui prêter de sa bouche un simple “ta gueule”. D’ailleurs, je réponds à la demande de Butch moi-même et vais chercher chips, olives, fruits secs, de la cuisine jusqu’à la table basse pour que tout le monde profite. Je sais que je fais l’impoli, parce que c’est Astrée qui la première, s’était proposée au ravitaillement, et que couper l’herbe sous le pied de gens qui avaient grand-besoin de décompresser de la vitalité ambiance n’était pas de bon goût, mais petit 1, blondine, ne joue SURTOUT pas à la femme au foyer face à elles, et sache que la photographie de voir Burden sur son siège pendant que madame joue aux corvées, ça serait mal vu ; petit 2, moi aussi, je passerais pour un sagouin. On partage pas sa vie avec trois femmes à poing en rêvant dans le futur, avoir une bonne fille qui te fait tout pour toi. Je dis pas chuis féministe, mais dans le milieu sombre des ruelles tokyoïtes, je fais figure de modernité. Ceux qui veulent me sucer me félicitent pour mon harem ; ceux qui me veulent m’enfoncer me traitent de cuck. Avec le B-Bang, la première catégorie se fait bien plus rapidement éliminer que la seconde. L’insulte passera toujours mieux que l’écrasement.

Après Butch et Boomer, vous imaginez que Baby aiguise sa langue et ses canines.
Baby… Je finis tout mon verre d’un coup alors qu’elle massacre à coups de syllabes toute la première impression, et le liquide me brûle, mais me brûle la gorge, et pourtant, les tympans entendent tout. Je me ressers trèèèès rapidement en grinçant des dents, donnant le rab aux verres à Butch et Boomer que je renvoie d’une pichenette chacune sur la table. Le stress me finit, je me refous un pétard entre les lèvres, ne sachant comment je devais réagir : aider Astrée qui tombait sous le coup de cent injustices à la fois mais me placer en contre du B-Bang, ou alors ne rien dire et légitimer la fureur de Baby ? Je savais que le trio de harpies était venu pour marquer son territoire et demander sous l’animosité ambiante, à ce qu’Astrée pose ses propres frontières pour se défendre, il faut se rendre compte qu’au final, j’étais bel et bien le seul type en trop de cette réunion, mais quand Baby attaquait si sauvagement, est-ce qu’il y avait pas prescription ? Jurisprudence ? Butch jouait la gentille, Boomer sortait pas de son rôle habituel, mais Baby, même si je savais qu’elle limait ses griffes pour bien des occasions, semblait chercher de nouvelles insultes à insérer dans chaque phrase. Est-ce que ça faisait partie du jeu ? Et autre question, si je tente le revers contre Baby, est-ce que ça induit pas aux autres que je me pose contre l’ensemble du groupe ? Ca va être difficile de dire “Baby, tu vas trop loin”, alors que Boomer avait aussi sorti les sandales à brique. On n’éduque pas un chiot avec un doublé câlin/tarte dans le museau, fallait une certaine cohérence. Mais comment expliquer l’endroit où devait marcher Astrée, faire la part entre l’agression de Baby et le défi de Boomer ? Si je lui donne l’astuce, elle a perdu de base, on ne doit pas cheater.

Au final, c’est pas conscient que je me mets à parler, c’est juste le résultat de toutes mes réflexions qui, se disant et se contredisant sans cesse, ont créé une meule qui après ingurgitations, me fait vomir le mot suivant :

“Baby…” C’était la fusion entre de la supplique, de l'exaspération, de l’ordre et de la négociation. Au moins, je n’avais pas à me soucier de l’intelligence du propos, ça pouvait se sentir que ça avait été relâché sans volonté. Ce genre de mots, vous savez, ça s’accompagne d’un long et résigné massage de tempes. Je vide surtout mon second verre pour y chercher un peu de douceur. Je me fais brûler à la place, mais de toute manière, c’est plus de tendresse qu’il n’en règne autour de la table.

Survient le nouvel élément perturbateur qui déboule dans la salle sans que ce ne fut prévu. Jin. En vrai, j’aurais dû la remercier pour briser les bétons et les tranchées qui commençaient à se tisser entre les gens, et ça m’évitait de débattre sur l’utilité d’intervenir ou pas, en vrai, j’aurais dû la remercier d’être présente, de sa bouille, mais ce fut un autre sentiment qui monta en moi. Celui du “y a pas pire moment choupette, redescends à ton quatrième.”

C’était un moment du B-Bang, une brique dans son histoire, et c’était intime. Et surtout, c’était au-delà du privé. Au cas où vous l’oublierez, rattrapez ça : le B-Bang et sa Toile Rouge n’ont rien à voir en termes, de valeurs, d’univers, de contacts et de trains de vue, par rapport à la normale, rien à voir. Quand Jin rentre, elle me retrouve, elle est heureuse et se rend compte que y a déjà plein de monde ; elle ne peut pas savoir qu’elle est en train de déranger une réunion dont la grande majorité des membres travaillent loin, loin, mais loin dans l’illégalité, un groupe qui fraie avec les crimes, les secrets, une compagnie reconnue par les yakuzas eux-mêmes : nous ne sommes pas des leurs, mais ils savent que nous existons, ils connaissent nos commerces et nous tolèrent jusque-là, ils nous savent dans leur univers. C’est cette boule-là, ce microcosme vénère, tendu et tressaillant d’orages, que Jin interrompt pour nous proposer du champagne à peine fini.

Je bondis, je lui prends la bouteille avec le sourire le plus faux que j’étais capable de sortir, afin de lui faire comprendre que plus important que de maintenir une apparence sociale, l’heure était à la fuite.

“Merci Jin, c’est très gentil de ta part.” Moi, je ne prononce pas ça gentiment. Un petit coup du menton vers la sortie devrait lui faire comprendre en plus que sa requête n’était pas appréciée. “Je vais te le chercher.” Y avait pas de raison que je refuse, même si j’en mourrais d’envie, juste pour qu’elle comprenne que c’était pas le moment de sautiller chez moi.

Je vais dans la douche et une fois dans le couloir et que j’avais Jin en visuel, je lui envoie son gel douche abruti dans une trajectoire habituée, et à grands pas, je m’avance vers elle, la fait tournicoter pour qu’elle fasse face à la porte, et l’y pousse au-delà du raisonnable.

“Je t’invite après, ça te va ?” La porte claque ; elle aurait de la chance si je tenais ma promesse, c’était une formule d’usage pour me faire pardonner, sans aucune vraie intention derrière.

Je reviens vers la table basse, je pousse un soupir long comme le bras avant de me resservir de mon troisième verre sans rien dire. Je cherche Astrée du regard : à défaut de pouvoir prendre la parole sans provoquer une catastrophe diplomatique, au moins, je tente de la maintenir en elle. Je fais genre, en restant silencieux que tout était normal. Et que tout faisait partie du jeu.
Sauf Jin, entendons-nous.
Mais je décide de me taire.
Astrée E. Fujiyo
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Hier à 17:15
par Astrée E. Fujiyo
Oh so, your wounds they show
I know you have never felt so alone
But hold on, head up, be strong
Oh hold on, hold on until you hear them come
Here they come, oh


La vague déferle sur toi, comme elle a déferlé sur Tokyo. Tu subis leurs mots. Tu subis leurs caractères. Tu manques d’air. Tu étouffes. Tu te noies. L’espace d’un instant, tu es tentée de te laisser couler. Tentée de les laisser faire, de te lever et fuir. Te lever et aller te réfugier ailleurs, loin d’elle. Obéir sagement. Obéir… Cela n’a jamais été ton fort. Sans quoi, peut-être que tes rapports avec ton père seraient meilleurs. Si tu avais été une gentille petite tête blonde, qui dit amen à tout. Même au pire de tout. Tu baisses la tête, ferme les yeux. Tu te fermes au monde, l’espace de quelques secondes. Ton cœur se serre, te fait mal. Ta gorge te brûle. Tu boues. Tu as envie de vomir. Elles te tapent sur les nerfs. Ou peut-être que ce ne sont pas elles, qui te mettent dans un état pareil. Mais toi. Toi qui es presque prête à te laisser abattre. C’est si simple, de courber l’échine, de plier le genou, présenter sa nuque. Do it pussy. Tu prends une grande inspiration.

Take an angel by the wings
Beg her now for anything
Beg her now for one more day
Take an angel by the wings
Time to tell her everything
Ask her for the strength to stay



« Les requins, ça bouffe pas d’humains. »

Tu réponds, à Butch. Tu as relevé le visage. Tes traits se sont durcis. Tu la fixes. Tu ne baisses pas les yeux. Tu assumes. Le requin, ça ne mange pas d’humain. Mais l’humain, ça manque du requin. Surtout les japonais. Alors forcément que tu as plus peur des humains que des requins. Tu préfèrerais sûrement te retrouver entourée de requins, en cet instant, en fait. Elle demande de quoi manger. Pas de café. Mais à becter. Et, si c’est toi qui a proposé, c’est Burden qui se lève. Il te vole le droit de fuir, de t’éloigner. Tu le suis du regard, le laisse faire, avant d’attraper ton paquet de cigarettes pour t’en allumer une. Mais Butch, encore, c’est rien. Baby, elle, sort les griffes. Elle, elle a décidé qu’elle ne t’aimait pas. Sans te connaître. Elle, elle fait partie de ces gens là. C’est d’elle dont tu dois le plus te méfier. Te protéger. Tu ris, amère, à ses propos. Réclamation. Sure.

« Excuse-moi, tu me parlais ? J’ai plus cru que tu croassais. Non parce que moi non plus, je ne suis pas habituée aux gens comme toi. »

Les pétasses qui pensent avoir tout vu, tout vécu, et qui se permettent de descendre gratuitement les autres.

Tu réponds, sèchement, à Baby-j’ai-une-grande-gueule (de bois). Elle aussi, tu la fixes du regard. Tu pourrais la trouver jolie, si elle n’agissait pas comme la dernière des connasses, avec toi. Et si elle avait dormi plus. Si elle avait subi moins d’excès, peut-être, aussi. Si elle n’avait pas l’air d’une pute sur le retour, qui aurait trop bouffé les oreillers, sur lesquels son visage a du être imprimé, dans de jolies traces de fond de teint, de rouge à lèvres et de fards à paupières.

Agacée, tu l’es déjà. Cette nana, c’est mort, tu ne peux pas la blairer. Pourtant, tu n’es pas du genre mauvais. C’est rare que tu ne supporte pas quelqu’un. Ce n’est pas une menace. C’est un fait. Cela aurait pu arriver. Mais cela n’arrivera pas, car tu ne veux pas mourir. Tu ne le veux plus. Tu veux vivre. Il faut vivre. Un jour viendra où tous les hommes apprendront pourquoi tout cela, pourquoi ces souffrances, où il n'y aura plus de mystères, mais en attendant, il faut vivre… – Anton Tchekov.

Tu inspires la fumée, lentement, avant de faire craquer ta nuque, puis ton dos. Tu as mal à la jambe. Mais pas envie de prendre tes anti-douleurs face à elle. Elle. Le requin de la bande. Les deux autres, tu es certaine de pouvoir les supporter. Peut-être même, les apprécier, peut-être, un jour. Avec quelques efforts. Peut-être. Mais Baby, ça te semble compromis. Vous n’êtes, sans aucun doute, pas faites pour matcher.

« Mais t’as raison, il aurait sûrement été mieux à une grande gueule comme toi, Baby, prête à l’emmener sur l’échafaud. Mais en attendant, c’est moi qui partage son lit. »

Tu lui offres un sourire suffisant, réhaussé d’un clin d’œil lourd de provocation. Elle ne va sûrement pas apprécier. Mais tu te sens électrique. Ça t’hérisse les poils. Et Boomer qui en rajoute. Tu l’as compris, au fur et à mesure, que c’est à toi de te faire ta place. Et que tu passeras en second plan. Mais reste le fait que c’est toi, sa femme. Et non pas elles.

« Le bar ? »

Tu répètes, cependant, avant de soulever un sourcil. Ça, Burden ne l’a pas mentionné. Elles, ok. Mais un bar ? Tu penses qu’il y a un point à soulever. Et c’est Boomer qui t’a donné les armes pour soulager ta curiosité.

«  Il faudra cependant que vous vous résignez à me le rendre suffisamment de temps pour qu’on puisse faire nos devoirs de mariés. Sans quoi, ce sera cellule pour lui et alors là, je me ferais un plaisir de l’y garder jusqu’à la fin du délai réglementaire, pour moi toute seule. »

Tu réponds, un sourire satisfait sur les lippes. Ça, c’est ton pouvoir. Tu l’as entre les mains. Toi. Et toi seule. Si tu refuses de coopérer, tu peux le garder pour toi. Et il faudra qu’elles l’intègrent. Et c’est non négociable.

Indirectement… tu as le droit de vie… ou de mort sur Burden. Même si la deuxième option ne t’attire pas, du tout. Mais si elles t’y poussent…

Tu ne sombreras pas seule.

Et tu sais déjà que les sous-entendus, là, tes mises en garde… tout cela ne leur plairont pas.

You can, you can do anything, anything
You can do anything.

Et une brise de fraicheur s'engouffre dans votre appartement. Tu quittes les trois B(itchs?) du regard pour lever les yeux et observer l'intruse. Combien de femmes Burden a-t-il dans sa vie ? Tu manques de te brûler avec ta cigarette, lorsque la nouvelle arrivée, la tornade, se rue vers toi pour te foutre une bouteille - à moitié vide et elle le souligne bien - dans les mains, avant de reprendre son charabia. Du gel douche. Pas faire les courses. Tu restes là, immobile, avant de fixer le cadeau à demi consommé. Du ... champagne ? Est-ce qu'il y a encore des bulles, au moins, là-dedans ? Tu doutes. Mais tu n'as pas eu le temps de la remercier. Et pas le temps de saisir son nom, non plus.

Le bleu de tes yeux cherche Burden. Et tu le questionne, silencieusement.

C'est qui, celle là ?

Si jamais, j'écoute cette chanson en boucle depuis trois jours, avant de titler qu'en fait... bah ça me fait clairement penser à Astrée face aux B's. Astrée Vs The World 3182035657 Donc je vous l'offre en bonus, si jamais vous la connaissez pas. Elle est splendide.:
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