Dhevarajah K. Chuayin
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le Dim 22 Sep - 1:12
par Dhevarajah K. Chuayin
DHEVARAJAH KASEM CHUAYIN
HEARTS AWAKENED, LIVE ALIVE
MUG SHOT
Nom : Chuayin.
Prénom.s : Dhevarajah, Kasem. Le premier voulant dire "Roi Divin", et l'autre "Bonheur", en thaïlandais.
Âge : 26 ans, né le 21/04/2085 à Bangkok.
Genre : Masculin jusqu'à preuve du contraire.
Origines : Thaïlandais pur jus.
Activité : Sorti de prison depuis moins de deux mois seulement, il a réussi à se trouver un job comme employé dans un love hotel, dans un quartier complètement craignos. Ça paye pas des masses, mais c'est suffisant pour payer le loyer de sa chambre de bonne.
Sexualité : Il la fait généralement courte ; tant qu'il y trouve son compte, il s'en fiche. Cependant, vu son non-succès complètement flagrant en amour, il s'en tient aux magazines pour adultes.
Avatar : Fanarts de Jeon Jungkook.
Réglement : -
Chemin still the same, always the same
Autre : yeet, c'est un boulet
EVERY SINGLE FUCKED UP DECISION IN MY LIFE—WELL, ALL OF THEM ACTUALLY
De temps en temps, quand je me perds dans mes pensées et que je pense à mon pays, je me demande ce que je chéris le plus à son propos—les souvenirs que j’y ai formé, ou cette liberté qu’ils ont et dont je me suis seulement rendu compte des années après ?

Je suis resté à peine quatre ans en Thaïlande, et je me souviens pourtant d’à peu près tout comme si ça c’était déroulé hier. Surtout de la période où j’ai vécu chez mon oncle pendant près de deux ans, pendant que maman était partie au Japon. Le truc qui me fascine généralement le plus, c’est que je me souviens qu’il était propriétaire d’une ferme, et qu’il avait soixante-douze moutons ayant tous un nom différent. Et ces noms, je m’en souviens. Surtout de Sasikan. La douce et merveilleuse Sasikan, la reine de la bergerie. Elle avait une laine si douce que mon oncle la gardait tout le temps pour lui. C’est probablement le genre d'informations les plus insignifiante et les plus inutile que j’ai retenues à cette période. Je le dis direct ; vivre chez mon oncle, c’était quand même le pied.

La grosse différence, c’est que moi, j’étais fils unique, et eux, ils étaient huit à la maison, dont six enfants. Passer de l’air de la capitale thaïlandaise à l’air pur de la campagne a été comme une claque dans la tronche – mais elle était loin d’être désagréable. Non pas que je regrettais le grand luxe de l’appartement de ma mère, mais parce que j’étais avec ma famille et non plus seulement avec elle. Je me souviens particulièrement bien de mes deux plus grands cousins – Khemkhaeng et Wichai. Des vrais jumeaux, et des gamins prêts à tout pour inculquer les mauvaises manières aux plus petits. Mon oncle détestait ça et était toujours du genre à les remettre en place à la dure, en les faisant coucher dans la bergerie avec les bêtes.

Le pire, c’est que ça ne les dérangeait jamais.

J’ai appris après plus d’un an à habiter ici qu’ils en faisaient exprès et que c’était devenu comme leur jardin secret. Quand ils ont su que je savais – les bêtises ont commencé. Les sales gamins, qui faisaient des crasses à la première occasion qui passe. J’avais beau être tout sauf l’un de ses fils, mon oncle me traitait pareil, il ne faisait aucun traitement de faveur. Je me souviens à quel point il gueulait comme un âne au téléphone, comme quoi il espérait qu’elle allait bien vite venir me récupérer parce qu’il ne me supportait plus. Nous, ça nous faisait rire. Mais une fois dans la bergerie, c’était une autre histoire.

On avait pour idée de trouver n’importe quoi pour que je reste le plus longtemps possible, et peut-être même pour que ma mère ne revienne jamais. Evidemment, à cet âge-là, il n’y a que des idées complètement pourries ou absolument géniales en tant que gamin, mais maintenant que j’ai grandi, que j’ai pris du recul pour y penser, c’était naze du début à la fin.

Idée numéro 1 ; me faire passer pour un mouton. Prendre la laine des bêtes lors de la tonte et me balader avec partout où je vais dans la ferme. Idée numéro 2 ; créer une cabane dans la bergerie et y rester jusqu’à la fin de mes jours. Idée numéro 3 ; convaincre me mère de s’installer avec son frère.

Je sais plus quel genre de mot avait utilisé le doc pour définir cette mémoire complètement inhabituelle sur des détails aussi insignifiants de ma vie. Le contraire d’amnésie. Hypermnésie. Si je me trompe pas. Ça s’est pas vraiment remarqué durant mes premières années de vie, mais ça s’est gravement développé durant ma préadolescence et mon adolescence. Et c’est devenu encore pire avec les années qui passent.

Quand ma mère est revenue du Japon, j’avais quatre ans. La décision avait été immédiate de sa part ; fais le tri et plie tes bagages, on s’en va. Khemkhaeng et Wichai refusaient d’y croire, et ils avaient fait une sacrée crise auprès de ma mère pour pas me laisser partir. Mais la décision était sans appel. J’allais partir au Japon avec ma mère pour qu’elle y travaille, parce qu’elle avait trouvé une opportunité de travail et qu’elle voulait pas passer à côté. Sans oublier le fait qu’elle était totalement pour l’Incontestable et qu’elle voulait reconstruire sa vie.

Ah, oui, le détail dont j’ai oublié de parler, c’est mon père. Je me souviens de sa tête, et je me souviens aussi du fait que mes parents ont divorcé quand j’avais un an. Fin de l’histoire. Maman m’avait dit qu’il était businessman, et que le travail commençait à empiéter sur sa vie amoureuse. Elle a pas supporté, alors ils ont divorcé. Fin de l’histoire. Encore.

La plus grosse difficulté pour moi, quand on est arrivés au Japon, c’était la langue. Passer du thaïlandais au japonais m’avait complètement troublé au point où ma mère a fini par engager une traductrice qui me collerait aux basques tout le temps, même quand j’étais à l’école. Elle s’appelait Akiko. Elle était vraiment jolie, avec ses longs cheveux bruns tombant en cascade, elle n’avait jamais le sourire qui tombait quand bien même j’étais ce gosse qui ne comprenait rien. Elle avait aussi les yeux bleus, parce qu’elle était en partie européenne. Je me souviens qu’elle avait une fois dit son âge à ma mère ; trente-cinq ans.

Akiko était cette personne avec qui je pouvais me permettre de parler thaïlandais, parce que ma mère refusait maintenant de le parler pour que j’améliore mon japonais. Akiko, elle me comprenait, et elle était presque devenue cette seconde mère en qui j’avais entièrement confiance. Même ma propre mère n’a jamais agi de la sorte. De toute manière, elle n’était jamais vraiment présente pour moi. Toujours trop occupée avec le travail, toujours un truc à faire pour ne jamais rien faire avec moi.

J’aurais aimé rester chez mon oncle. Continuer à faire les quatre-cent coups avec Khemkhaeng et Wichai. Grandir, et finir par aider tout le monde au travail de la ferme. Ça aurait été mieux que toute cette vie à Tokyo—au Japon en général. Akiko est restée un peu plus de deux ans avec moi, le temps que je capte plus facilement la langue. J’étais presque au même niveau que tous les jeunes japonais de mon âge – avec un bonus, je parlais un tant soit peu thaïlandais.

Quand elle est partie, maman n’a fait qu’engager des nounous pour qu’on s’occupe de moi pendant qu’elle n’était pas là – c’est-à-dire les quatre-vingt quinze pourcents du temps. C’est quand j’ai eu dix ans qu’elle a arrêté de le faire. Et c’est à ce même âge que j’ai dû commencer à me faire ma propre éducation. Je me débrouillais tout seul la plupart du temps, deux billets de mille yens déposés sur la table de la cuisine par ma mère tous les matins. Je devais faire avec ça pour m’occuper de moi. Passer au konbini, acheter ce qu’il fallait pour me nourrir, aller à l’école, repasser au konbini une fois les cours finis, et c’était la même routine tous les jours. C’était pas vraiment pour me déplaire, je faisais ce que je voulais.

Certains, dans cette situation, en auraient probablement profité pour ne pas aller à l’école et passer leurs journées sur la console ou que sais-je encore. Pour moi, l’école, c’était le seul moyen de passer du temps avec les autres, alors j’y allais de manière assidue et jamais je ne ratais les cours. Quand bien même on avait beaucoup de propagandes à propos de l’incontestable (ce qui me semble tout à fait logique vu la gueule du pays), je trouvais mon bonheur.

Ça a continué comme ça sans vraiment s’arrêter. Au collège et au lycée, c’était le même topo. La seule différence, c’est que la somme d’argent déposée sur la table de la cuisine était plus grande. Durant mes trois ans au lycée, j’avais cinq mille yens. Il m’en restait beaucoup trop souvent à la fin de la journée, alors le trop plein servait souvent pour faire des soirées chez mes amis. D’autres fois, ça finissait dans une boîte, et je gardais ça de côté « en cas d’urgence ». Durant ma dernière année de lycée, je me souviens que ce trop plein dépassait les cent mille yens.

Il aurait pu être plus élevé encore, si je n’étais pas tombé dans la drogue et le tabac durant ma seconde année de lycée. Tout avait un prix ; surtout la drogue, au Japon. Illégale, autant risqué de la posséder, que de la consommer, que de la vendre et d’en faire un trafic. Quand j’ai fini le lycée… ma mère a arrêté de me donner de l’argent tous les matins. J’ai dû vivre avec cent mille yens, jusqu’à trouver un boulot. Et j’ai cherché, cherché quelque chose dans le légal. Pas assez d’expérience, aucun diplôme, trop jeune. Ils avaient toutes les excuses possibles et imaginables pour me recaler. J’ai fini par faire de la vente et du trafic de drogue – parce que je connaissais un peu le monde, en particulier certaines personnes qui étaient prêtes à m’intégrer au réseau.

J’aurais aimé trouver plus fameux, vraiment. Mais c’était pas gagné. Ça l’a jamais été.

Le seul point positif, c’est que je me débrouillais. J’ai pu commencer à m’offrir des plaisirs que je n’aurais jamais pu me permettre auparavant. D’abord une ribambelle de tatouages – des Sak Yant, et d’autre conneries du genre. La seule chose, dans tout ça, c’est que je ne cherchais pas à bouger de chez ma mère. Elle ne cherchait toujours pas à me mettre dehors, elle me laissait vivre chez elle—et de toute manière, ça ne pouvait pas la gêner, pour le peu qu’elle me voyait.

Tout allait bien. Je vivais, j’avais un travail même s’il était illégal, j’avais des gens à côtoyer. Vraiment, tout allait bien.

Jusqu’au jour où les flics m’ont fouillé et que j’avais plus de cent grammes de drogues en tout genre sur moi. J’avais bientôt vingt-et-un an à l’époque. J’étais majeur aux yeux du gouvernement japonais. Pas de faute reportée sur ma mère, uniquement sur moi. Le pire a été quand ils ont perquisitionné le domicile et qu’ils ont découvert bien plus que cent grammes dans ma chambre. J’étais complètement foutu. Je n’ai attendu que deux mois pour avoir mon procès, et durant ces deux mois, j’ai été incarcéré de manière provisoire dans une prison de commissariat comme il en existe des tas. Le procès n’a pas duré mille ans, parce que je n’ai pas cherché à démentir quelconque fait. Ça n’aurait résulté qu’en quelque chose de pire. C’est comme ça que je me suis retrouvé cinq ans au trou.

C’est une autre période où je me souviens à peu près de tout comme si ça venait de se passer à l’instant. J’ai été emmené à la prison d’Ichihara, dans la préfecture de Chiba, à un peu plus d’une heure de Tokyo. Elle accueillait des jeunes et nouveaux délinquants. Quatre par cellules pour les petits délinquants. Et je faisais partie de ces « petits délinquants », parce que la vente et le trafic de drogue était bien moins grave qu’un quelconque viol ou meurtre.

J’ai connu sept personnes dans ma cellule, mais ceux dont je retiens particulièrement le nom sont les trois de quand je suis arrivé – Shô, Jiro et Yuta. Shô avait des antécédents de vol, autant à l’étalage qu’à la tire. Ses cibles favorites, c’était les touristes. Et comme il adorait me le décrire, il courait comme un lapin, et la seule raison pour laquelle on a réussi à le coffrer, c’est parce qu’il s’était foulé la cheville avant de commencer sa course. Donc il a pas duré longtemps. Jiro, c’était pour feux de poubelles et de voitures en quantité. Le problème, c’est qu’il a fini par foutre le feu à une habitation entière – et on l’un des propriétaires a réussi à le coincer avant qu’il ne se barre plus loin. Problème vite réglé aussi. Yuta, lui, il était en prison pour le même motif que moi ; vente et trafic de drogue. La différence entre lui et moi, c’est qu’il avait caché bien plus que moi dans son appartement.

Yuta, c’était celui qui arrivait à copiner avec tout le monde, même les pires. Quand bien même vivre en prison n’était certainement pas une partie de plaisir (parce que, soyons honnêtes, c’est encore pire que le métro-boulot-dodo barbant), j’y trouvais un certain intérêt, dans le sens où je sais que je referais certainement pas des conneries pour y retourner. Là où on avait normalement pas le droit de parler en dehors des moments autorisés, lui il communiquait avec le regard et de simples signes qui voulaient tout dire pour les autres. Ils réussissaient à se comprendre, et ça m’a honnêtement toujours étonné.

Il m’arrive souvent de penser à Katsu. Katsu, c’était le gardien dont on voyait la tronche tous les matins, parce qu’il ouvrait toutes les cellules de l’aile où on se trouvait. C’était probablement le moins drôle de tous, c’était comme s’il avait une balayette enfoncée bien profondément dans le fondement et que peu importe les efforts des autres, c’était impossible à enlever. Il avait l’air complètement coincé, avec ses cernes ultra-marquées au niveau du front. Il faisait tout le temps la gueule, jamais un sourire quand bien même on essayait l’humour. Non, franchement, Katsu, c’était le pire de tous. J’ai jamais réussi à le faire rire, même avec tous les efforts du monde. Même pas il bougeait la tête. Il ne me regardait jamais non plus.

Par contre, lui, qu’est-ce qu’il nous faisait rire. Shô était l’imitateur professionnel. Quand on avait le droit de parler, il mimait tous ses faits et gestes comme jamais, il aboyait comme lui, utilisait le même ton. Avant de se coucher, on essayait souvent de détendre l’atmosphère pour que ce passage par la case prison soit un peu plus agréable. Je pourrais presque dire que c’est Katsu qui l’a rendu agréable. Personnage coincé du cul, source de rire pour d’autres.

Jiro, lui, il était du genre à savoir copiner avec les prisonniers en charge de la cuisine pour qu’on ait un peu plus de bouffe que les autres. Une demi-cuillère en plus ou un minuscule morceau de poisson en plus sur chaque plateau. En principe, ça m’aurait pas dérangé si la bouffe n’était pas dégueulasse. Mais le riz était soit beaucoup trop cuit (façon purée, et c’était vraiment horrible), soit pas assez, et le poisson généralement impossible à bouffer parce qu’il était complètement grillé. Le seul truc qui était particulièrement bon à manger, c’était les légumes. Il m’arrivait souvent d’échanger une grosse partie de mon poisson contre les légumes de Yuta.

Jiro et Shô sont partis en même temps. Yuta avait encore quatre ans à purger, j’en avais encore trois à faire. Nos quatre prochains colocataires de cellule, ils avaient vraiment rien à envier. On s’est plutôt contentés de faire notre petite vie, avec tous les jours du travail d’intérêt général, comme dans toutes les prisons japonaises.

En vrai, je raconte que les trucs positifs que j’y ai vécu. Parce que ça n’a pas toujours été tout rose, et c’était loin de l’être. Je crois que probablement l’un des pires endroits où on peut être, au Japon. La discipline règne en maître, et le moindre écart comportemental, ça nous coûte cher. Je crois qu’ils essayent presque de nous faire oublier qui on est, parce qu’on est jamais appelés par nos prénoms, même pas par nos noms. Un chiffre. C’est tout ce qu’on est. On est traités comme du bétail, on est juste là pour faire du travail à la quasi-chaîne tous les jours. Moi, je mettais des petits éléments dans des petites boîtes ou des sachets, et ça me demandait beaucoup trop souvent de plier mes doigts en raison de la précision demandée. Et parce que j’ai fait ça pendant cinq ans, je me suis retrouvé avec des problèmes d’articulations au niveau des doigts. Je suis devenu quasi incapable de déplier mes doigts parfaitement. Quand je le fais, c’est douleur garantie.

Je crois que le pire, c’était le « confinement », plus communément appelé « punitions » (parce qu'il n'y a pas de confinement à proprement parler, mais c'est comme ça qu'on l'appelait entre nous) à cause des écarts qu’on pouvait faire. En tout, j’ai dû passer deux mois dans ce genre de cellules à occupant unique. La première fois, j’y suis resté un mois. Ça s’est passé quatre mois après mon arrivée, parce que j’avais osé parler en dehors des moments autorisés, et que j’ai continué à le faire quand bien même ils m’ont dit de la fermer. Et dans ce genre de cellules, on perd presque la notion du temps. Le matin et le soir, c’est le même topo. Réveil, on plie le futon au centimètre près, on se lave le visage à l’eau froide. Après ça, je restais en seiza pendant huit heures d’affilées, sans rien faire. Si je voulais juste aller aux toilettes, je devais attendre qu’un gardien qui passe par là me dise que je pouvais y aller. Les repas étaient amenés quand ils avaient le temps, et c’est tout. Les douches, tous les dix jours, au lieu des deux fois par semaines.

J’ai presque cru devenir timbré, à un moment.

Je me suis dit que ma mère pourrait au moins venir me rendre visite, mais rien. Jamais une seule lettre quand bien même je lui en envoyais, jamais une visite ou que sais-je encore. Elle est restée terrée dans son silence et dans son coin comme elle l’a toujours fait. Si un jour je dois avoir des gosses, je ferais jamais comme elle. J’ai envie de passer du temps avec eux. J’ai envie de les voir grandir, de leur apprendre tout un tas de choses que j’ai appris moi. Peut-être même apprendre des choses grâce à eux ? Les enfants sont toujours censés nous apprendre des choses.

Le truc qui m’a probablement fait le plus flipper, c’était fin 2109. Sur les journaux qu’on a le droit de consulter tous les jours, il y a un événement qui faisait parler de lui. Si la période s’étendant de juillet à octobre est considérée comme la période des typhons et qu’on avait l’habitude d’en avoir une dizaine par an, c’était bien la première fois qu’il y en avait trois qui allait toucher le Japon la même nuit. Alors bien évidemment, ils ont pris des mesures parce que c’était probablement obligatoire dans la plupart des bâtiments officiels, mais ça s’est arrêté là.

Quand c’est passé, je me suis presque considéré chanceux d’avoir une cellule au premier étage de la prison. Au rez-de-chaussée, ils ont eu de l’eau jusqu’aux tibias. Si beaucoup se sont demandés ce qu’il s’était passé ou voulaient une confirmation, moi j’en ai eu une ; j’ai été réveillé en pleine nuit par le tremblement de terre. Alors conclusion simple ; on s’était mangés trois typhons, un tremblement de terre et un tsunami. On a eu des journaux seulement une semaine après, et Tokyo avait bouffé cher. La capitale était complètement méconnaissable en photo, surtout quand on en avait qui étaient proches du rivage.

Quelques mois après, Yuta a eu une altercation avec un détenu, alors qu’on était tous en train de manger notre petit déjeuner. Ils en sont venus aux mains, et ça aurait pu aller encore plus loin si les gardiens ne les avaient pas arrêtés. Yuta s’était pété l’arcade sourcilière, et même après être revenu de sa période de confinement, c’était encore gonflé et tout sauf en état. Même les docs en prison en font le moins possible. Preuve en est qu’ils n’ont jamais rien fait pour mes doigts, alors que j’avais de plus en plus de mal avec.

Après ça, il ne s’est plus passé grand-chose. Mes presque deux ans restants, ils se sont passés sans embûches. Pas de confinement, pas de nouveaux colocataires de cellule. Juste une autre nouvelle de l’extérieur, quelques semaines avant mon anniversaire. Le premier avril, la machine a cessé de fonctionner. L’Incontestable, la grande, belle machine ultra perfectionnée dont ils balancent les bénéfices sur tous les toits avait cessé de fonctionner. Pour être honnête, ça me faisait ni chaud ni froid. J’ai beau avoir subi toute cette propagande à la con de mon enfance à mon adolescence (et même jusqu’à aujourd’hui), je m’en foutais royalement. Sauf peut-être sur le plan amour, parce que c’était bien la seule chose absolument chaotique chez moi.

Quand ils ont dit qu’elle remarchait de nouveau deux mois après, je me suis soudainement dit que ça pouvait pas être qu’une coïncidence ou un accident. J’étais en prison, donc j’avais un certain recul à propos de ça ; et ça m’a aidé à me forger mon avis à ce propos. C’était pas qu’une erreur, pas qu’un system error comme ils le disaient si bien. Si c’était qu’une erreur… le gouvernement aurait un peu plus réagi. Cependant, de ce que j’en lisais dans les journaux, ils se terraient presque dans leur silence, là où les médias s’emportaient tous. Est-ce qu’on aura un jour le fin mot de l’histoire ? J’aimerais bien l’avoir, juste pour savoir si mes suppositions sont correctes.

Je suis finalement sorti mi-août, avec les fringues de quand je suis arrivé, mille cinq cent yens et mes effets personnels. Ça m’a presque fait comme un choc, de revenir à la civilisation après cinq ans de prison, éloigné d’absolument tout. Il y a juste une seule chose qui me raccrochait encore à la prison ; ma réhabilitation, afin que je trouve un travail et que je reprenne contact avec tout. La première chose que j’ai fait en arrivant chez ma mère, c’est trouver un quelconque travail pour me barrer d’ici et construire ma propre vie. Je suivais le programme de réhabilitation en écoutant que d’une seule oreille, parce que je savais ce que je devais faire.

Quand je suis arrivé à l'appartement de ma mère, je me suis demandé si ma mère habitait encore l’appartement. Sur le sol, j'ai vu que toutes mes lettres envoyées depuis la prison y étaient étalées. Elle n'a jamais cherché à me dire quoi que ce soit à propos d'elle, pour le peu que j’en sache. Peut-être qu’elle s’est retrouvée mariée il y a bien des années déjà mais qu’elle n’a jamais fait aucun effort ? J’en sais tellement rien, mais j’en ai plus rien à foutre maintenant.

J’ai trouvé un job dans un love hôtel fin août, et fin septembre je déménageais toutes mes affaires pour arrêter de squatter chez ma mère, qui ne fera de toute manière jamais rien pour moi. Je me suis installé dans une chambre de bonne située à Arakawa, et ça ne changeait presque pas de la taille des cellules de la prison, alors je me suis bien vite habitué. Je ne sais même pas comment j’aurai pu réagir plus jeune.

Je ne sais pas non plus où sont mes priorités, aujourd’hui. J’ai envie d’économiser – et en quantité – pour aller voir un médecin un peu plus qualifié que celui de la prison, pour qu’il s’occupe de mes doigts. J’ai également envie d’avoir une vie plus stable. Avoir une vie sans tabac, sans alcool, sans drogues. Sortir de prison m’a pas arrangé, je suis bouffé par le stress, je jette mon dévolu sur toutes les saloperies qu’on a su inventer.

D’un autre côté… je me dis que vivre tout seul, ça a ses limites, alors j’aimerais bien que je sois marié, moi aussi. Mais en attendant que la machine arrive, il faudrait peut-être que je fasse des efforts de mon côté aussi.
I HAD SOMETHING IN MY EYES
PHYSIQUE - Votre physique en 250 mots minimum.

WAS IT TEARS? IDK MAN 🤷
Faire aussi stupide que Dhevarajah, on pose ça directement sur la table ; ça va être dur. Dhevarajah, il est stupide, naïf, complètement influençable et tout simplement impossible à faire tenir en place. S’il était bien plus sage en prison, c’était pour une bonne raison ; un écart comportemental aurait pu lui coûter cher. Maintenant qu’il n’y est plus, il y a comme ce « lui » enfant qui ressort et qui fait un peu de qu’il veut, en restant cette fois dans les limites du légal. Ce n’est pas comme s’il avait vraiment le choix de toute manière, il n’a certainement pas envie d’y retourner.

Ayant dû faire son éducation tout seul de ses dix ans jusqu’à maintenant, Dhevarajah ne voit pas vraiment les limites des gens parce qu’il connaît les siennes. Il ne se demandera pas si telle ou telle chose est bien placée, parce que pour lui, ça lui semble naturel et loin d’être anormal. Il a eu plus d’une fois des mauvaises surprises à cause de ça. En revanche, avoir fait sa propre éducation l’a bien aidé sur tout ce qui est indépendance et autonomie complète. Il n’a besoin de rien ni de personne pour l’aider, parce qu’il se débrouille tout seul.

Bien que légèrement un peu – beaucoup – casse-couilles sur les bords, il s’avère être quelqu’un qui sait aider les autres si on l’a aidé lui, partant toujours sur le principe du service rendu. Il peut s’agir de n’importe quoi, même du pire, parce qu’il déteste avoir des dettes ou des comptes à régler ; et il se souvient d’absolument tout, parce que sa mémoire n’oublie rien, et n’oubliera jamais rien.

Joséphine Vian
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posté
le Dim 22 Sep - 1:20
par Joséphine Vian
Wllh t'es bo questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 3998388675
Seth Hayashi-Obata
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le Dim 22 Sep - 1:39
par Seth Hayashi-Obata
Eh, rebienvenue ! questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 3303333686

Les fameux magazines hein ? questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 2837704232
Kira Obayashi
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posté
le Dim 22 Sep - 1:58
par Kira Obayashi
Spoiler:
questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. Giphy

Je veux la suite, maintenaaaaaaant questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 1984817200
Courage pour la suite trésor, t'es le meilleur !
Marek S. Obayashi
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posté
le Dim 22 Sep - 12:07
par Marek S. Obayashi
Hâte de voir ce que tu vas pondre questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 2432113367.
Ollie Alta
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Autre: cause en #CC6666. Bosse chez un fleuriste. Aussi menteur que mignon. Aime le rose. Et les lapins. Et aimer, tout simplement.
Veuf noir
Veuf noir
posté
le Dim 22 Sep - 12:26
par Ollie Alta
Fock il est bg questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 128457956

Rebienvenue 👀
Clyde E. Hawkins
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★
posté
le Dim 29 Sep - 13:45
par Clyde E. Hawkins
Bonne nouvelle tête \o/
Si jamais tu manques d'idées pour retourner en prison... Je dis ça, je dis rien!
Dhevarajah K. Chuayin
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Il lupo selvaggio
posté
le Mer 2 Oct - 0:04
par Dhevarajah K. Chuayin
Holaaaaa ici, merci pour l'accueil questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 1845802901
Le bébé est en cours de fignolages et j'espère pouvoir tout poster d'ici demain/après-demain, donc j'aimerais bien un petit délai histoire d'être dans les temps ♥♥

Merci d'avance ! questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 2432113367
(et bonne lecture pour ceux qui lisent le peu qu'il y a déjà (j'fais de mon mieux promis hein))
Ambroise H. Vinsmoke
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posté
le Mer 2 Oct - 8:54
par Ambroise H. Vinsmoke
Rebienvienduuuuuuuuuuuu /o/
Makoto Nanase
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★
posté
le Mer 2 Oct - 20:08
par Makoto Nanase
Délai dépassé. Ajout de trois jours supplémentaires o/

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questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
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Le plus beau compliment ♥️:
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La famille ♥️:
Nanase's family:
questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
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Merci Karlito ♥️:
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Makoto Nanase
Messages postés : 4547
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Sam 5 Oct - 12:15
par Makoto Nanase
Ajout d'une semaine de délai o/

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Merci Lucci pour le kit questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 1647638966

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Yuna Natsume
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : //
Autre: Thanks Bro, I know you know. 4ever.
Dolce Lupa Bianca
posté
le Lun 7 Oct - 0:15
par Yuna Natsume
T’as pas trouvé plus long et plus chelou comme prénom ? ♥
Bon courage avec ta fiche doudou questionable life choices were made, being born was one of them. // d.k.c. 3912395661
Dhevarajah K. Chuayin
Messages postés : 75
Inscrit.e le : 14/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Jill la main droite.
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Il lupo selvaggio
posté
le Sam 12 Oct - 4:20
par Dhevarajah K. Chuayin
"Plus long et plus chelou" jure ça te dérange tcheh

Je viens juste demander un mini-délai de trois jours, parce que je suis complètement fatigué quand bien même je vois le bout de la fiche aaaaaah
désolé de prendre autant de temps, mais IRL c'est la merde et j'essaye de gérer un maximum de choses ♥

Merci d'avance !
Makoto Nanase
Messages postés : 4547
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

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posté
le Sam 12 Oct - 10:42
par Makoto Nanase
Ajout d'une dernière semaine de délai o/

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