Charlie King
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le Mer 23 Oct - 23:58
par Charlie King
Charlie King
I don't want to be part of a world where being kind is a weakness.
Informations générales
Nom : King
Prénom.s : Charlie, surnommée Red King
ge : 37 ans, née le 7 septembre 2074
Genre : Féminin, mais elle sait jouer des genres et des frontières qu’y posent les normes selon ses humeurs. Et elle le fera même volontairement si elle estime que l'opinion en face mérite un uppercut de tolérance bien senti.
Origines : Écossaise, naturalisée Japonaise depuis 3 ans.
Activité : Ex-catcheuse et championne MMA dans sa prime jeunesse, elle s’est reconvertie consultante chorégraphe de combat dans l’industrie du cinéma depuis une dizaine d’années. Son physique lui gagne parfois de petits rôles, souvent silencieux ou de figuration, mais de toute façon elle n'est pas spécialement bonne actrice au-delà du minimum syndical pour le catch. Son activité principale depuis la fin de ses deux carrières sportives est chorégraphe en danse, sa passion depuis toute gosse. Charlie anime des workshops à l’année dans la capitale japonaise et y accueille des élèves de toutes nationalités et de tous âges. Elle propose des cours d’initiation ponctuels en dehors de l’archipel, lorsqu’elle se déplace à l’étranger pour des showcases ou des championnats de danse avec sa troupe. Red King est également un nom connu du réseau LGBT, Charlie étant active dans plusieurs associations à travers le globe et marraine de quelques initiatives et projets dans le monde du sport de combat. Disons sans peur qu'elle a une vie bien remplie et de l'énergie à revendre.
Sexualité : Lesbienne aux rares envies bi, pouvant se laisser tenter par des hommes si leurs fragiles égos s’y prêtent (men get pegged).
Avatar : OC de kallynkaa par horreurscopes
Réglement : -
Chemin La magie du web
Autre : Round 2 try again She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 4158426957
You should see me in a crown
Charlie a eu une enfance relativement simple et heureuse.
Charlie, son père il est joueur de rugby professionnel dans l'équipe d'Angleterre et son papa il est entraîneur de boxe en Écosse, comme quoi malgré l'indépendance de cette dernière, l’union avec l’ex-monarchie honnie est encore bien possible.
Le joueur de rugby il s’appelle Donovan. Le boxeur c’est James. Sa mère biologique est une de leurs meilleures amies, Jolyne, qui a toujours été présente dans leur famille, de même que d'autres personnes gravitant autour des King comme s’ils étaient liés par le sang.
Non, clairement, Charlie n'était pas à plaindre.

Charlie elle voulait faire de la danse classique. Ses pères n'ont jamais émis la moindre protestation et une cousine de Donovan, professeure à Edimbourg, a été plus que ravie d'accueillir l'enfant devant les miroirs de sa classe.
Charlie elle a dansé, mal, médiocre, un peu mieux, pendant deux ans. Trois. Quatre. Elle a arrêté. Les autres filles se moquaient, parce qu'elle était grosse, maladroite, déséquilibrée. Les autres filles se moquaient parce qu'elle ne progressait presque pas, se laissait distancer par les nouvelles, n'arrivait à rien. Elle manquait de souplesse. N’était pas gracieuse. Juste grasse.

Charlie a arrêté la danse. Elle a dix ans.

Ses parents ne savent pas comment les consoler, elle et ses larmes de crocodile. Ils lui disent que ce n'était pas grave, qu'il ne faut pas faire attention, que ce n’est que de la méchanceté crétine comme elle en rencontrera beaucoup, comme ils en subissent encore et que de toute façon, d'eux trois c'est bien elle la meilleure danseuse. Qu'ils peuvent lui trouver un autre cours de danse, d'autres camarades. Rien n'y fait. Elle est grosse, Charlie. Forcément, ça fait d'elle une empotée incapable. Elle ne l'a pas dit mais les deux pères l'ont bien compris.
Donovan et James, ils n'avaient rien contre la danse classique. Disons que ce n'était pas le style de dépense et de sport qu'ils envisageaient pour leur fille, mais jamais ils ne l'auraient contrainte à faire quelque chose qui ne la motivait pas. Ils auraient pu l'inscrire en rugby dès qu'elle a su marcher mais ils ne l'ont pas fait. Ils auraient pu la mettre dans un ring dès qu'elle a su agiter ses bras potelés mais ils ne l'ont pas fait. Déjà parce qu'une rivalité non négligeable existe entre leurs deux esprits de compétition et qu'impliquer leur fille dans le débat 'rugby ou boxe, quel sport est le plus noble' très peu pour eux. Et très simplement parce que chez les King, une vocation sportive, ça ne s'impose pas.

Pourtant, après cette fin brutale des cours de danse et parce que voir sa fille d'ordinaire si rayonnante se morfondre aussi jeune le rendait chèvre, James l'a obligée à venir au travail avec lui pendant une période de vacances scolaires. Avec la bénédiction de son époux, sinon cela va sans dire qu'il en aurait entendu parler pendant des mois.

Charlie ne s'était jamais vraiment intéressée à la boxe parce que pour elle s'était la vie quotidienne. C'était suivre les matchs à la télé coincée entre ses deux armoires à glace de pères, un saladier de pop corn sur les genoux pendant que Jolyne et Mary et Richard s'exclamaient avec eux, vautrés sur les fauteuils ou sur le tapis du salon des King. C'était rencontrer les élèves de son papa et leur faire des high-fives qui claquent super fort dans le gymnase puis coller son nez contre la vitre de la salle de danse attenante pour observer ces corps fins et graciles avec des étoiles dans les yeux. C'était tout aussi normal et naturel que de suivre les déplacements de l'équipe d'Angleterre lors des compétitions de l'ovalie aux quatre coins du monde et d'avoir le visage peint en rouge et blanc dans les tribunes.

Maintenant que regarder la salle de danse par la vitre ne fait plus briller d’étoiles dans ses yeux, il ne lui reste qu’à contempler les rings et les entraînements.
Elle ne s’était jamais vraiment intéressée à la boxe, non. Pas plus qu’un oiseau ne questionne l’existence de ses ailes. Puis la curiosité se fait plus forte que la tristesse et les membres du club mettent toute leur bonne volonté à dérider leur petite mascotte rousse. Il leur faut peu de temps pour requinquer son coeur d’enfant et lui faire voir le gymnase comme son nouveau terrain de jeu.

"Regarde, Charlie. Tu ne trouves pas qu'on bouge comme des danseurs ?"

C’est vrai. Maintenant qu’elle y fait attention, leurs pieds volent parfois sur le sol du ring, sautant, reculant, décalant à toute vitesse. Tant et si bien qu’elle se met à sautiller avec eux en bord de lice, happée par les matchs d’entrainements. Les matchs des pros sont aussi bien qu’à la télé. Ceux des débutants un peu moins, mais elle les encourage quand même de toutes ses forces. Certains sont vraiment nouveaux et ne bougent pas très bien. Ils sont parfois tous fins, parfois musclés et parfois non, parfois gros. Leurs déplacements ne sont pas assez vifs, pas encore, mais personne ne se moque ici, même après une défaite.

Charlie a décidé haut et fort qu’elle allait faire de la boxe, au plus grand plaisir de son papa. Jolyne ricane encore aujourd’hui à qui veut l’entendre que tout avait été calculé à la perfection, comme un bon match de boxe, s’attirant souvent des regards outrés de James et les yeux levés au ciel de Charlie. Le sujet ne manque jamais de déclencher de bruyantes discussions lors des repas de famille.
En apprenant la nouvelle lubie de sa fille chérie, Donovan a failli faire une syncope mais il a fini par se ranger aux arguments de son compagnon. Que c’était quand même mieux que de la laisser ne rien faire. Que ce serait un bon moyen d’appliquer les recommandations de la diététicienne et du docteur qui suivaient leur fille. Que de toute façon, maintenant qu’elle s’était mise en tête l’idée de sautiller dans tous les sens sur un ring, aucun d’eux ne pourraient la faire changer d’avis.

L’enfance de Charlie a été relativement simple et heureuse. Pleine de soutien et d’amour, de rires. De déceptions et de rêves qui ne resteraient que ça, ruines disparaissant au sol sous la vigueur de nouvelles pousses.


L’adolescence est un âge ingrat.
Sa grande famille étendue est toujours fidèle à elle-même. Aimante, compréhensive, stricte quand il le fallait, toujours juste et solide. Et malgré ça, rien ne va. Donc le problème, c’est forcément elle.

Charlie ne fait que grandir. Lors de sa première année de collège, elle a pris quinze centimètres à une vitesse folle. A peine entrée au lycée, elle fait déjà plus d’un mètre 80. Toutes les rondeurs en trop se sont distendues à la hâte pour s’adapter à ce nouveau corps qu’elle ne supporte pas, laissant des marques sur sa peau. Elle vient à peine de s’habituer à qui elle était qu’elle doit déjà devenir quelqu’un d’autre ? C’est vraiment une putain d’arnaque de merde.
Ce corps là, Charlie l’aime encore moins que l’autre. Elle est trop grande. Trop voyante. Dépasse de partout et se repère en un clin d’oeil dans la cohue du bahut. Elle aimerait être comme les autres filles. Mince ou joliment arrondie, de taille normale, en courbes fines, avec la peau douce et moelleuse. Elles sont belles, les filles. Pas comme elle qui n’est qu’une espèce de tentative de féminité ratée et qui fait une cible facile pour les moqueries.

“Sa chatte doit être tellement grande, j’suis sûr qu’on peut la ken à deux et que y aurait encore de la place pour un troisième.” “Eh la girafe albinos ! Le zoo d'Afrique a appelé ils veulent te récupérer !” “Obligé t’es une expérience, tes parents ils t’ont bourrée d’OGM dans le ventre de ta mère." "T’es déjà dopée aux stéroïdes comme eux c’est ça ? Avoue.”

Balancées de loin, parce que l’insulter ça va cinq minutes mais pas de trop près non plus.

“Elle fait de la boxe fais gaffe, elle pourrait t’éclater.”  

Elle fait de la boxe, c’est sûr. Elle y déverse tout son stress et sa frustration, toutes ses joues qui flambent rouge de honte sous les trucs odieux qu’on dit dans son dos ou qu’elle se reçoit en pleine face sans savoir comment y répondre sauf par les poings quand tout va trop loin.
La plupart de temps, elle fait comme si elle n’entendait rien, Charlie. Comme si toutes ces remarques stupides fusaient trop bas pour l’atteindre, dans leur monde de rase motte puant. Elles se dispersent dans le quotidien et le train train du bahut, ces mesquineries, et ses nombreux amis sont là pour atténuer la violence des mots. Mais le problème reste. Maladroite, mal à l’aise, mal dans tout ça. Son corps la stresse, à ne pas faire ce qu’elle veut et à ne pas sembler s’arrêter de changer sans lui demander son avis. Quand elle se déchaîne sur le sac de frappe, elle s’imagine le modeler à son image, pour une fois.

Et elle grandit encore.


Charlie a bientôt dix-huit ans et on vient de la prendre pour une femme transgenre dans une ville étrangère. L’équipe d’Angleterre joue en extérieur et comme toujours, toute la troupe King a suivi.
On la prend à partie devant des toilettes pour femmes. Des hooligans ivres. La sécurité du stade s’en mêle, personne ne croit ses cousines lorsqu’elles s’enragent à sa place parce que Charlie elle, elle est tétanisée. Elle pense à Tina, une amie trans de ses parents qui racontait parfois ce genre d’histoire avec une nonchalance inébranlable, balayant les agressions d’un revers de main comme si ce n’était rien. Mais ce n’est pas rien. Pas du tout.

C’est Siobhan et Lynne qui s’énervent pour elle que oui, c’est bien une fille, et que même si c’était pas le cas on vous a pas demandé votre avis d’arriérés, vous êtes complètement stupides ou quoi ?
Impossible qu’ils disent. Trop grande, trop musclée, cheveux trop rouges pour être vrais, trop de conneries.
On en vient aux mains pour la faire dégager. La rage change de camp lorsqu’une de ses cousines se prend un coup de coude dans la bousculade.

Alors comme ça, elle est un homme ?

L'insulte lui parait pire encore que toutes celles qu’elle a pu entendre au lycée. Il ne lui reste qu’à s’abaisser à leur niveau dans ce cas, pas vrai ? Alors elle leur cogne dessus à son tour, puisque c’est le seul langage qu’ils semblent comprendre.
Si pour ces connards c’est la loi du plus fort qui prime, elle sera plus forte qu’eux.
Autant dire que lorsque l’histoire est remontée jusqu’à ses pères, l’affaire a pris des proportions démesurées. Les choses se tassent quelques semaines plus tard, chassées par le prochain scandale sportif en date.

Il s’agit de sa première véritable rencontre avec l’ignorance crasse du monde, après de simples aperçus dignes d’enfants. Elle sait comment ignorer ou répondre aux commentaires et messes basses vaguement homophobes peuplant les couloirs sur ses parents, Charlie. Au pire, une bonne taloche dans la gueule et on n’en parle plus. Mais ça, cette haine aveugle se permettant droit de jugement sur qui est et qui n’est pas, qui devrait exister et qui crever ? Incompréhensible. Effrayant. Révoltant.

Il s’agit de sa première véritable rencontre avec l’ignorance crasse du monde. Ce ne sera pas la dernière.


Après ce malheureux épisode, un déclic s’opère. Charlie prend soudain conscience de plusieurs choses, pourtant si évidentes et qu’elle ne voyait pas jusque là.

Depuis gosse, elle a toujours baigné dans une chaleur dégoulinante de compassion et de tolérance, de questions quand on en comprend pas et de respect quand on n’est pas d’accord. Un monde entier qu’elle côtoyait grâce au cercle de ses parents. Des sportifs, des activistes, quelques artistes hauts en couleur. Des queers, des hétéros, des genres et des amours dans tous les sens et toutes leurs déclinaisons. Un monde qui était loin d’être parfait mais qui s’efforçait au moins d’être le plus accueillant possible.

Ce monde prend soudain une toute autre dimension lorsqu’elle revoit Tina après cet accrochage à l’étranger et que Tina fond en larmes en prenant Charlie dans ses bras. Charlie, elle n’a jamais vu Tina pleurer. Tina elle n’est jamais triste, jamais énervée, toujours sûre d’elle et droite dans ses bottes. Mais ce jour là elle pleure, pour Charlie, s’excuse, parce que Charlie n’aurait jamais dû vivre ce que Tina et d’autres vivent au quotidien. Parce que désormais, Tina a peur pour Charlie comme elle a peur pour elle-même et les autres.

La bulle dans laquelle évoluait Charlie éclate définitivement. La réalité du monde extérieur prend forme, et il a une putain de sale gueule que Charlie contemple avec colère.

Une colère plus noire que noire.


“[...] Et voici l’attaque favorite de Scythe, fauchant King en plein retour de cordée ! Une décapitation en bonne et due forme pour ce match d’anthologie ! Est-ce que Red King parviendra à conserver son titre et sa couronne jusqu’à la fin de la soirée, rien n’est moins sûr Phil — “
“Effectivement Diane, mais ne vendez pas la tête de la monarchie avant de la voir rouler au sol, King nous a toujours habitués à- Regardez ! Scythe est soufflé comme un vulgaire pantin après ce saut titanesque depuis la dernière corde ! King est décidément en grande forme ce soir et bien décidée à tenir son titre jusqu’à la fin. Rien n’est certain pour la conclusion de cette épopée [...]”


Finalement, la dernière soirée de Charlie “Red” King se soldera par une victoire écrasante et incontestable. Mais un coup d’état en traître fomenté par sa disciple l’achève au plus haut de sa gloire, s’emparant du titre de la plus vile des manières et récupérant ainsi à la perfection le rôle de heel laissé vacant par Charlie.

Dire que Charlie est la première surprise de sa carrière dans le catch serait un euphémisme.

En terminant le lycée, elle participait déjà à quelques championnats de boxe au niveau international en catégorie juniors. D’aucuns diront qu’elle a hérité de l’esprit de compétition quasi inévitable des King, d’autres qu’elle était de toute façon taillée pour ça. L’un comme l’autre était vrai. Dominant désormais le ring à plus d’un mètre 95 et sculptée dans un roc il aurait été bête de renier ses atouts pour se tourner vers des études plus théoriques que pratiques. Elle en convenait elle-même sans regrets, ou presque.

Comme partout, elle ne passait pas inaperçue. Plus grande que la plupart des compétiteurs masculins, avec sa crinière rousse rehaussée d’une teinture rouge, forte comme un bœuf et tenace comme l'hiver, les propositions de sponsors et autres offres farfelues ne manquaient pas.
C’est sur un pur coup de tête et un ras-le-bol après une dispute sur les possibles chemins de carrière avec ses parents qu’elle a fini par accepter un contrat dans une équipe de catch. Par défi, parce que pour ses parents le catch n’est pas un sport. Par jeu aussi, parce que ça avait quand même l’air bien plus fun que de se faire exploser le ventre et le menton à coups de gants. Charlie ne pensait faire qu’une saison ou deux, quelques mois pour tester, faire comprendre à ses pères qu’ils étaient ridicules et revenir à un chemin plus classique. Mais ça lui a plu. Pire que ça, ça lui a plus énormément.

Charlie connaissait la rigueur du monde sportif. Elle connaissait l'acharnement, la puissance, la défaite, la victoire, l’exaltation du ring. Mais à 19 ans, elle avait perdu de vue le plus simple. Elle ne s’amusait plus. Et le catch est arrivé, avec ses histoires dignes d'un soap opera, ses matchs chorégraphiés à dormir debout et ses personnages plus haut en couleur les uns que les autres. C’était une autre ambiance, une autre excitation. Du panache, des trahisons, de l'exagération délicate pour ne pas faire vaciller la crédibilité. Du show, du pur spectacle, de quoi laisser cours à toute l’exubérance contenue dans ses poumons sous les vivas ou les sifflets de fans qui s’amusaient tout autant que les performeurs. Le genre de truc qui met des paillettes dans une vie, quand on vient de terminer les études et qu’on a besoin d’un petit acte de rébellion bien senti.
D’une petite équipe amateure en Europe, Charlie a été contactée par la WWE. Un mois plus tard elle signait aux Etats-Unis sous condition de pouvoir continuer un parcours pro en sport de combat en dehors du catch. Elle y a passé cinq ans mémorables, à construire le flamboyant personnage de Red King. Roi incontestée du ring devenant tyrant lors d’un turn mythique en plein match vers le côté des méchants, après deux ans à servir le bien de ses sujets et fans. Même ses parents ont finis par admettre en grognant que le catch était peut-être plus sportif qu’ils ne l’imaginaient quand ils ont vu toutes les figures et coups qu’exécutait leur fille. Et puis sport ou non, ils étaient fiers de voir l’engouement qu’elle provoquait sur son passage.

Aujourd’hui, c’était son dernier match et elle part le sourire aux lèvres et le coeur plus heureux que jamais. Elle s’est bien amusée, Charlie. Maintenant, il est tant de reprendre les choses sérieuses.


Elle a quitté les tournois de boxe à 21 ans pour se tourner vers les compétitions de MMA, profitant de ses séjours aux Etats-Unis pour entrer dans le circuit américain. Elle boxe toujours, bien sûr. Mais pas comme son père le fait ni pour les mêmes raisons. Avec le free fight, elle peut enfin se mesurer à des adversaires pour qui sa taille n’est pas forcément un désavantage déloyal. Mieux, il devient même, pour la première fois, un handicap pour elle. Et ça c’est le pied.
Elle s'épanouie, Charlie, pour la plus grande joie et fierté de sa famille. Maintenant que Donovan est à la retraite, ils se déplacent tous pour venir la voir elle. Après son départ officiel de la WWE, elle devient une habituée du circuit international. Elle laisse sa marque, bouffe la poussière, récolte de cuisantes défaites puis remporte plusieurs titres au cours de sa carrière qui ne va que crescendo. Celle-ci s’achève brusquement presque dix ans plus tard.

Charlie va avoir trente ans.

Charlie ne pourra plus jamais avoir d’enfant.


Charlie n’est pas capable d’amour pour les hommes. Elle a compris très vite et assez jeune son intérêt pour les filles et une fois débarrassée des quelques pseudo-remords et doutes implantés là par l’hétéronormativité ambiante de la société, elle a arrêté de faire semblant d’être attirée par les garçons. Une fois entrée dans la vie adulte, elle a connu quelques attraits sincères pour une poignée d’hommes qui l’ont fait s'interroger, encore, puis cesser de se torturer sur la question. Charlie préfère les femmes. Charlie, rarement, goûte un homme mais uniquement à sa façon.
Dans tous les cas, Charlie, elle ne sait aimer que les femmes. Et il y en a eu deux dans sa vie qui valent la peine d’être mentionnées.


Il y a eu plusieurs filles. Des amourettes de lycée, des promesses faites sur le coin d’un draps et oubliées le mois suivant.
Mais quand elle a commencé le MMA, il y a eu Angela. Angela, surfeuse australienne professionnelle, ex-championne du monde auréolée de plus de titres que son afro ne pouvait en contenir et fan inconditionnelle de catch. Elle faisait le déplacement jusqu’aux Etats-Unis plusieurs fois par an pour assister aux plus belles affiches et Red King n’a pas tardé à faire partie de ses lutteuses favorites.
Angela a été la première partenaire de Charlie à connaître aussi bien qu’elle le monde du sport et de la compétition. Elle a aussi été sa première petite-amie officiellement connue des médias, spécialisés ou people, et Charlie reconnaît sans honte avoir eu beaucoup de chance qu’Angela ait déjà l’expérience nécessaire pour l’aider à gérer et naviguer ce nouvelle aspect de sa vie. Être suivie, étudiée, balancée en pâture à des journalistes jusque dans sa vie privée. Il faut un petit temps d’adaptation, c’est sûr.
Leur histoire a duré quatre ans. Explosive, intense, passée à en allers-retours incessants entre les USA et les côtes du monde entier. Elle s’est essoufflée sans heurts, de façon tout à fait naturelle lorsque la passion s’est fait la malle et que leurs projets de vie n’ont plus été compatibles. Coïncidant avec son départ de la WWE, les ragots se sont très vite emparés de la chose pour le tordre en des suppositions stupides d’Angela jetant Red Kind pour la prochaine lutteuse qui lui taperait dans l’oeil. Sachant qu’elle est désormais mariée avec une chouette nana tenant un ranch en Australie, ils ne pouvaient pas tomber plus à côté de la plaque.

Un an après, il y a eu Sarah.
Si Charlie était le stéréotype de la sportive flamboyante, Sarah était le stéréotype de la data analyst. En les voyant l’une à côté de l’autre, vous n’auriez jamais pu imaginer étoiles plus contraires ni plus mal assorties. Sarah était de taille moyenne, menue, les épaules un peu courbées et tournées vers l’avant comme pour se protéger du monde extérieur. Brune, des lunettes, ni belle ni moche, banale. Le genre de fille qui ne retourne personne sur son passage, qui provoque peut-être un bref “tiens, pas mal” avant d’être aussitôt oubliée. Discrète, maîtresse d’elle-même et de ses sentiments, et maniant les mots comme personne.
Au fond, elles avaient énormément en commun.
Sarah, elle ne se laissait démonter par personne et malheur à ceux qui pensait pouvoir lui marcher sur les pieds. Documentaliste et archiviste numérique de métier, elle était effrayement brillante. Elle aurait très certainement pu bosser pour la NASA mais non. Ce qu’elle voulait faire, c’était se plonger dans les données du monde et y faire sens, ne pas laisser l’Histoire s’oublier et la partager à qui serait assez curieux pour lui poser la question. Elle était impressionnante, vraiment, et Charlie n’en menait pas large avec ses flirts idiots pour lui décrocher l’ombre d’un sourire.
Sarah a fini par s’attacher à cette grande asperge rousse au style extravagant qui venait toutes les semaines dans son centre d’analyse de données pour lui raconter des blagues nulles et lui offrir des fleurs, parfois étincelante de santé, parfois des bleus plein la gueule, mais toujours ce sourire. Elle n’avait pas vraiment besoin de s’ouvrir au monde, Sarah, mais Charlie ne lui laissa pas le choix et l’archiviste ne regretta pas l’aventure.

Pour Sarah, vivre avec Charlie était comme d’essayer de vivre avec un chiot géant et inépuisable. C’était fondamentalement très amusant, attendrissant et plein d’imprévus, mais il y avait besoin de canaliser un peu toute cette énergie. C’est grâce à Sarah que Charlie a commencé de petits jobs de consultante en combat sur des tournages de film d’action lorsqu’elle n’était pas en période de championnat. Sans la WWE, ne restait que le MMA et Sarah a très vite compris que Charlie fonctionnait à la dispersion. Il fallait qu’elle fasse plusieurs choses à la fois, c’était comme ça. C’est grâce à ces petits jobs de consultante que les propositions de petits rôles figuratifs ont commencés vers ses 26 ans.
Elles se sont installées en Europe, plus proches de leurs deux familles. Lorsque Charlie avait présenté Sarah à ses parents la première fois, elle a bien senti leurs regards dubitatifs. A la fin du repas, Sarah avait l'ensemble de la famille King lui mangeant dans la main, ce dont Charlie n’avait jamais douté.

Elles étaient heureuses, inarrêtables, probablement prêtes à passer leurs vieux jours ensemble. Elles voulaient fonder une famille. Au moins trois enfants, rigolait Charlie. Comme ça elles pourraient élever une petite nerd, un petit sportif et un troisième larron pour devenir président. Sarah lui sortait avec un air très sérieux tout un tas de statistiques assommantes et sûrement vraies sur les possibilités de vies de leurs futurs marmots jusqu’à ce que Charlie la fasse taire en râlant. Un petit jeu parmi des centaines.
Elles pensaient survivre à tout.


Sarah ayant des antécédents médicaux pouvant être très sérieux dans sa famille, elles se sont mises d’accord pour que Charlie porte leur futur premier enfant. Elle pouvait sans problème mettre les championnats en pause un an ou deux pour se focaliser sur son travail de consultante chorégraphe de combat, bien moins contraignant.
La première grossesse n’a pas pris. Ca arrive, les rassure la docteure. Rien d’anormal.
La deuxième tentative est plus fructueuse mais échoue également. Ca arrive, leur dit la docteure. Faisons quelques examens par précaution et ajustons les prises d'hormones.
La troisième FIV prend et le bonheur de Charlie enfle de façon exponentielle à mesure que son ventre s’arrondit. Elle se solde par une fausse couche et une intervention d’urgence au bloc.

Charlie va avoir trente ans.

Charlie ne peut plus avoir d’enfants.


Sarah et Charlie sont toujours en très bon termes aujourd’hui. Même si leur couple n’a pas survécu au drame, c’est Sarah et le soutien de la famille King qui a permi à Charlie de mettre la tête hors des eaux glaciales de sa dépression.
Charlie a arrêté le free fight. Physiquement, elle aurait pu poursuivre sa carrière pour de longues et certainement fructifiantes années, mais le coeur n’y était plus. Après de longues discussions avec Sarah, elle n’a finalement pas laissé tomber son job de consultante. Mieux, elle s’est laissée convaincre de se remettre à la danse, puisque comme disait Sarah et James, quitte à se prendre un nouveau départ autant faire plaisir à sa gamine intérieure. La danse classique restant inatteignable et finalement plus si fascinante que ça, Charlie s’est tournée vers quelque chose qui lui convenait mieux. Quelque chose de plus physique, de plus rythmé. Quelque chose comme le hip-hop et le break dance.

Ca a été compliqué. Déjà parce qu’elle avait l’impression de ne plus être à sa place dans le rôle d’une débutante. Qu’est-ce qu’elle foutait, à gesticuler comme une vache tétraplégique au milieu de gamins deux fois plus jeunes qu’elle et déjà trois fois plus doués ? Ensuite, elle n’était plus aussi en phase avec son corps qu’elle avait pu l’être avant l’opération. Mais Charlie est une combattante, dans tous les sens du terme.

L’avantage de son parcours, c’est qu’elle sait comment bouger. La mobilité est ce qui fait toute la différence entre un bon et un moins bon boxeur. La même chose pourrait être dite d’un sumotori. Ce n’est pas qu’une question de force brute ou de poids. C’est avant tout une question de mouvement, d’équilibre et de contrôle absolu sur le moindre de ses muscles. La danse hip-hop, c’est pareil. Il lui aura fallu un moment pour repérer cette subtilité mais de l’instant où elle voit toutes les similarités, progresser devient un jeu d’enfant.

Certes, elle n’est pas aussi douée que Mike ou Emily ou toutes ces autres jeunes têtes qui sont malgré tout devenues de véritables camarades. Mais Charlie a l’expérience pour elle. L’endurance, la rigueur des répétitions d’un geste jusqu’à ce qu’il soit parfait, la volonté de ne pas être mise au tapis autrement que par K.O.
De façon très naturelle, elle s’est retrouvée à aider les petits jeunes de ses cours sur certains pas parfois très proches de mouvements de combat, à leur donner quelques conseils d’entrainements bien plus appropriés au free fight qu’à la danse mais restant néanmoins pertinents. Après deux ans, la meneuse lui proposa d’animer quelques cours avec elle et de participer à l’élaboration d’une ou deux chorégraphies. Charlie accepta avec un plaisir tellement immense qu’elle aurait pu pleurer de joie.
Les passerelles se sont également faites sur les plateaux de tournages, où l’apport d’une vision plus artistique grâce à la danse lui permettait d’adapter ses chorégraphies d’y donner une patte qui conforta tranquillement son nom auprès des certains réalisateurs d’envergure.

Charlie ne fit qu’une bouchée de la danse hip-hop, comme de tout le reste.

Et comme dans tout le reste, elle ne se contenta pas de danser bien.
En trois ans d’immersion acharnée et quasi quotidienne, elle avait atteint un niveau bien assez satisfaisant selon elle, impressionnant pour d’autres. D’avoir pu participer aux cours côté meneur lui donna envie de se lancer dans la dispense d'entraînement et de cours à son tour. S’approprier la danse non plus en tant que danseuse mais en tant que formatrice et chorégraphe pour tous ces gosses débordants de rêves et d’énergie à revendre qui lui rappelaient tant son premier contact avec la danse.
Son expérience dans le monde du cinéma s’avéra précieuse, de même que la pléthore de professeurs et entraîneurs dans les contacts de la famille King. Et sans pousser dans la vantardise, son parcours, ses titres et sa petite notoriété dans le milieu du sport fit la moitié du travail de communication au lancement de son nouveau projet de vie. Elle n’aurait jamais cru qu’autant d'aficionados de catch avec un penchant pour le break existaient parmi les jeunes générations.

Elle a 34 ans quand elle s’implante à Tokyo définitivement et lance son groupe de danse, Crimson Knights. De nouveau bien dans sa vie et prête à reprendre du service dans les circuits des compétitions dès qu’elle et sa troupe se sentiront prêts à franchir le pas.


Charlie a et a eu quatre grands amours dans sa vie. Sa famille, Sarah, cet enfant qui n’est jamais né et le Japon.

Charlie est tombée amoureuse du Japon en venant pour des compétitions de catch et de MMA. Ca a été le coup de foudre, dès la première fois. Un je ne sais quoi dans l’air, dans le visage des gens, dans l’enthousiasme et le foisonnement de vie dès qu’elle parvenait à s’immiscer derrière la réserve toute culturelle de ce peuple. Une fascination qui n’en finissait plus de l’intriguer.
Pour quelqu’un vivant et respirant arts du combat, le Japon tenait place de Mecque. Pour quelqu’un comme Charlie, qui en plus ne savait pas vivre sa vie autrement qu’à 300 à l’heure, elle y trouvait aussi les conditions idéales pour ralentir, se poser, prendre le temps.
Son coup de foudre s’est confirmé à chaque retour, que ce soit pour le sport ou pour quelques tournages dans des lieux plus magnifiques les uns que les autres. Après sa fausse couche et sa rupture avec Sarah, c’est là-bas qu’elle est allée pour sa convalescence et l’envie de repartir ne s’est jamais manifestée. Elle allait mieux, ici, loin des mauvais souvenirs. Et si elle détonnait dans le paysage, elle s’y est toujours sentie accueillie à bras ouverts. Un an après l’obtention de son visa de travail, elle a sauté le pas pour demander sa naturalisation.

Le système de l’Incontestable la laisse mitigée c'est sûr, mais pas hostile. En tout cas pas suffisamment pour l’arrêter dans son souhait de poursuivre sa vie sur l’archipel. Elle a appris l’importance et la pertinence de l’étude des datas avec Sarah et elle sait les choses impossibles et quasi magiques dont peut être capable la technologie aujourd’hui, laissant l’homme sur le carreau.
Charlie n’est pas inquiète pour son avenir ni par la perspective d’un mariage. Forcé ou non, elle le surmontera, comme le reste. Si elle doit s’imposer pour que les choses se fassent en douceur, elle le fera.
Elle n’est pas inquiète, non. Elle a survécu à Shukumei de même que sa salle de danse, devenue refuge pour sinistrés à la suite de la catastrophe. Elle n’a pas été atteinte par l’épidémie estivale qui a fait des ravages dans l’archipel. La seule ombre au tableau finalement, c’est cette dictature des moeurs qui lui laisse un goût amer en bouche mais le Japon n’a pas le monopole de la peine de mort ni de l’hypocrisie juridique, après tout.
Amer, oui. Suffisamment pour titiller ses valeurs, pas assez pour gâcher son goût de la vie au pays du soleil levant. Et elle a bon espoir, Charlie. Maintenant que le système semble commencer à porter ses fruits, le changement est possible. Elle en veut pour preuve l’arrêt improbable du programme lors du printemps, après 50 ans d’activité, et les aveux du gouvernement lui-même que les choses n’étaient pas aussi figées qu’elles en avaient l’air.

Et si ça ne change pas assez vite, on pourra toujours compter sur Charlie et son incorrigible optimisme pour être en première ligne à tenter de faire accélérer les choses.

Physique
Les cheveux rouge vif tranchant sur le dos noir de son cuir clouté, Charlie est quelqu’un qui attire le regard. Pas toujours pour les bonnes raisons.

Atypique, qu’on dit de son physique et de ses 1m97 pour plus de 90 kilos de muscles. Façon polie de dire qu’elle est trop grande, trop musclée, trop anguleuse. Atypique, qu’ils disent dans les castings ou dans les interviews. Une façon polie de rassurer les fiertés mal à l’aise de garçons inquiets qui doivent lever les yeux pour espérer voir les siens, une façon discrète de soigner l’insécurité de filles mesquines jalousant son assurance sans faille dans son propre charme. Charlie s’en fout. Charlie trace son chemin sans regarder en arrière.

Elle reste belle, Charlie, même si ce n’est pas la beauté qu’on attend de son genre. Elle est belle comme une montagne au coucher de soleil, comme une coulée de lave rougeoyante annihilant tout sur son passage, comme la chaleur brûlante d’un jour d’été, comme les branches plus épaisses qu’un corps d’une glycine en fleur. Charlie est une présence qui en impose. Ce n’est pas délicat. Ce n’est pas conventionnel. Mais, si elle le décide, ça reste indéniablement féminin, dans sa déclinaison la plus brutale. C’est dans ses paupières sombres et ses lèvres peintes carmin, ou violet ou noir, dans ses ongles aux manucures impeccables sous les phalanges éraflées et dans le parfum légèrement musqué sous les notes acidulés de fruits plein de soleil. C’est aussi dans le claquement lourd des bottes aux dix ou quinze centimètres de talons la haussant encore plus loin vers le ciel et ses jambes qui n'en finissent jamais. Pour ceux qui se posent la question oui, elles sont faites sur mesure car Charlie fait du 45 et la semelle est assez épaisse pour briser des os.

Charlie est trop grande et trop carrée, -trop ci, trop ça, trop trop trop- pour être considérée comme une femme dans la norme. Alors elle embrasse les stéréotypes marginaux à bras le corps parce qu’ils ont toujours été là pour la protéger et la construire quand le regard des autres la détruisait. Et avec le temps, elle a accepté qu’il n’y avait pas de honte à porter haut et fort, fière, ces fameux stéréotypes. Il n’en sont que dans leurs yeux. Aux siens, ils sont une liberté et un jeu sans fin.
Charlie emprunte aux mouvements punk rock. Cuir, clous, bagues lourdes aux motifs monstrueux, oreilles percées de tous côtés, vêtements noirs et troués. Le bruit sourd de ses bottes de combat la précède de loin, battant le pavé en rythme avec la musique qui beugle sans doute dans ses écouteurs.
Charlie emprunte aux codes masculins. Chemise blanche cachant sa poitrine, bretelles, pantalon droit et chaussures de ville, le tout sous une veste de costard, lourde montre au poignet. Sans maquillage ou avec, cheveux lâchés ou relevés à les croire courts. A la croire homme de loin et de près si on détourne le regard un peu trop vite pour ne pas finir de la dévisager.
Charlie emprunte sans honte aux fantasmes de l’hyperféminité proche de la pin-up d'antan. Rouge écarlate, bas résilles, talons vertigineux, bustier ajusté, harnais si elle se sent d’humeur particulièrement allumeuse ou reine de sa nuit. Elle possède plus de sous-vêtements que nécessaire. Beaucoup. Probablement plus que la foutue norme d’ailleurs. Mais qu’y peut-elle ? Elle aime le chic et la sensualité de ces pièces cachées, sulfureuses, qui ne se dévoilent que dans l’intime. C’est son côté fleur bleue.

Atypique, qu’ils disent.

Ils auront raison. Charlie détonne, il n’en sera jamais autrement. Elle a cessé d’essayer de cacher ce qui ne pouvait l’être et laisse libre cours à tout le reste.

Alors oui, Charlie peut en imposer. Elle est intimidante, peut-être qu’elle risque d’en inquiéter plus d’un. Mais Charlie, c’est aussi quelqu’un qui ne sait pas ne pas sourire lorsqu'une interaction avec un autre être humain se présente. Fini la resting bitch face, bonjour le sourire colgate. Sa bonne humeur est contagieuse, ses sourires aussi multiples que tous les styles qu’elle étrenne sur un coup de tête. Elle vous sourira toujours, Charlie. D’un sourire aussi immense et intense que tout le reste chez elle. La douceur de ses expressions est le meilleur remède contre l’appréhension qu’elle peut parfois provoquer et sa voix grave et posée réchauffera corps et âme sans hésitation. Et une fois rassuré, vous pourrez voir tout le reste.

Comment ses yeux sombres pétillent pour un oui et pour un non dès que la curiosité la titille. Les légères cernes cachées par son maquillage et les rides aux coins de ses paupières et de ses lèvres trop souvent tirées par ses rires. Un tatouage dans sa nuque visible lorsqu’elle attache ses cheveux et un autre sur le dos de sa main dépassant de la manche de sa chemise, prémisse d’une manchette complète sur son bras gauche. Elle en a également un sur la fesse gauche mais celui-là il faudrait le mériter. Vous pourrez voir la fatigue tendre ses épaules lorsqu’elle s’évertue à assumer trop de responsabilités, à travailler jusqu’au bout de la nuit pour achever parfaitement sa dernière chorégraphie et offrir des cours de qualité à ses élèves. A s’inquiéter d’un sang d’encre pour les gosses qu’elle marraine et épaule au sein d’association LGBT quand ces derniers ne lui donnent soudainement plus de nouvelles. Vous pourrez compter les cicatrices discrètes et éparses qui parsèment sa peau, souvenirs chéris de ses carrières aux seins de rings et autres cages octogonales et remarquer que son nez est légèrement tordu.
Elle ne vous cachera rien, Charlie. Ni ses joies, ni ses doutes, ni ses remords. Elle porte ses émotions comme elle porte tout le reste. Avec assurance et honnêteté. Sans plus aucune putain de crainte.

Caractère
Les gens lui disent qu’elle est trop grande pour ce monde. Charlie préfère se dire que c’est le monde qui n’a pas encore assez grandi pour elle. Alors elle fait tout en grand et pousse les murs, casse les portes, dégomme les toits, déracine les barrières et les limites qu’on lui impose, crée la place qu’il lui faut pour être à l’aise. Elle le fait pour elle bien sûr, mais aussi pour eux. Et vous. Et toi. Sur ses épaules larges, elle porte les plus timides. Ses paumes pleines de cals tiennent précieusement les plus perdus pour qu’ils ne partent pas à la dérive. Au bout de ses mèches rouges se balancent les plus enthousiastes et ses semelles crantées explosent les obstacles sur la route des plus affaiblis. Elle est grande, Charlie, mais le truc le plus grand chez elle c’est sa générosité, juste après sa joie de vivre.

Charlie quand elle rit, c’est bruyant et fort. Elle rit avec tout son corps, avec ses épaules qui se secouent, sa tête qui part en arrière et sa main qui frappe une cuisse comme un éclair qui zèbre le ciel noir pour illuminer la nuit. Quand elle s’exprime c’est à grand renfort de gestes et d’images, de bras qui s’envolent élégamment dans les airs et de doigts qui dansent sur une toile invisible.  Elle vous dessinera le monde du bout des mots, Charlie. Elle fera tout pour vous le rendre plus beau.

C’est ça qui lui plaît. Rendre les autres heureux, éclaircir leur quotidien. Charlie est une personne serviable, gentille comme on n’en fait plus. Elle n’en a pas l’air mais c’est pourtant vrai. Elle est aussi brûlante et vivante qu’elle en a l’air par contre, s'amourachant à la volée et papillonnant de ci de là, comptant sur le doigt d'une main les relations sérieuses de sa vie. Ce n’est pas qu’elle ait peur de l’engagement. Simplement ce n’est pas une priorité pour elle. Plutôt de heureux hasards qu’elle ne regrette pas et qu’elle laisse venir. Si jamais une nouvelle personne devait partager sa vie, ce serait un simple bonus très agréable dans une existence qu’elle trouve déjà parfaite comme elle est. Parfaite comme ça, malgré les accrocs auxquels personne n’échappe. C’est ça, la vie. C’est tomber, souvent, et se relever, toujours. Elle est tenace Charlie. D’aucun dirait qu’elle est surtout plus butée qu’un âne. Mais elle sait toujours repérer les frontières à ne pas franchir et s’évertue à les respecter autant que possible. Ce qui est parfois compliqué quand on est aussi rentre dedans et honnête qu’elle.

Charlie est aussi impulsive qu'elle en a l'air, également. Pour elle, trop réfléchir avant d’agir c’est abattre à bout portant l’oiseau chanteur d’aventure qui bat des ailes dans le cœur de chacun. Alors elle suit le courant des hasards, s’intéresse, diffuse un optimisme et une bonne humeur contagieuse, répond oui à la plupart des opportunités qui se présentent, même si l’âge commence lentement son œuvre de raison et finit par lui mettre un peu de plomb dans le crâne. Un peu. Juste ce qu’il faut mais pas trop.

Ouais, juste ce qu’il faut.

Juste ce qu'il faut pour ne plus tomber dans les travers de sa jeunesse bouffée par l'insécurité, la honte, la colère.
Avoir peur, c’est fini. L’incertitude aussi. Aujourd’hui Charlie sait ce qu’elle veut être et surtout ce qu’elle est. Une force de la nature dédiée toute entière à provoquer les éléments pour qu’après la pluie le soleil ne manque jamais.

Butch King
Messages postés : 143
Inscrit.e le : 18/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
la Brute
posté
le Jeu 24 Oct - 0:04
par Butch King
BON RETOUR PAR ICI She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1362171446

J'avoue. J'ai guetté ta fiche. Parce que j'ai totalement un coup de cœur pour ton perso. Elle est tellement vibrante rien qu'au travers du physique (tu manies vraiment bien les mots). Puis bon, elle a ce quelque chose qui fait qu'elle brille. J'adore. (tellement que j'ai dû me retenir ou je serais venue te poke par mp avant même que ta fiche soit repostée) (ça fait tellement rapace jpp) (j'suis pas un vautour, promis, j'ai juste rarement des coups de cœur)

Bon courage pour la rédaction, la validation, tout ça, j'ai hâte d'en lire plus o/

She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 2255104271
Eren Sôma
Messages postés : 129
Inscrit.e le : 19/07/2018

Les plus du perso :
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Autre:
posté
le Jeu 24 Oct - 1:15
par Eren Sôma
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1799778717 She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1799778717 She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1799778717

+ rebienvenue omg je tombe amoureux, cette fois te laisse pas manger par la deadline orz
Kohaku Edo
Messages postés : 770
Inscrit.e le : 02/09/2015

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Jeu 24 Oct - 19:13
par Kohaku Edo
Même joueur joue encore!!
Bonne rédac'!
Tuesday Arakawa
Messages postés : 46
Inscrit.e le : 07/09/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
posté
le Jeu 24 Oct - 19:40
par Tuesday Arakawa
Oh yeah tu as pas disparu définitivement dans les cercles de l'enfer.
Re bienvenue Britannica. And yes, finis cette fiche cette fois. She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3766924225
Charlie King
Messages postés : 10
Inscrit.e le : 23/10/2019
posté
le Lun 28 Oct - 21:27
par Charlie King
Eh bonsoir ! She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1362171446

Je viens demander un délai préventif parce que la vie c'est compliqué et que les dispos fondent comme permafrost sous gaz à effet de serre, je veux pas me refaire supprimer par erreur pardooon orz

Butch - Meilleure stalkeuse qu'on puisse rêver d'avoir. She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3859597877

Eren - I'll try pour tes beaux cheveux orz

Kohaku - Merci va y avoir besoin, rdv pour le round 3 !

Tuesday - Si je me fiançaille avec un fan avant la validation ça compte comme une greencard valide tu penses ? She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3766924225
Naa Ikeda
Messages postés : 62
Inscrit.e le : 24/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Nope
Autre: Hackeuse activiste anti-incontestable
posté
le Lun 28 Oct - 22:49
par Naa Ikeda
Owo

J'ai tiqué sur l'avatar au début, puis j'ai acquiescé avec en sourire en lisant la description générale (omg, des perso comme ça, on peut pas passer à côté !)

Et là, bim, les descriptions D= J'ramasse ma mâchoire. J'sais pas qui tu jouais avant mais en tout cas, ce perso, il déboite ! o/

Hâte de lire l'histoire, du coup. (Re)-bienvenue !
Makoto Nanase
Messages postés : 4678
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?

★
posté
le Mar 29 Oct - 18:23
par Makoto Nanase
Délai accordé ! Ajout d'une semaine supplémentaire o/

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING Ld7d
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING BbNTuR8
Le plus beau compliment ♥️:
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING Cn3Ckyx
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1EPYLUw
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING YqECw0j
Carmine S. H. Bellandi
Messages postés : 1777
Inscrit.e le : 24/01/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
Buldozer diplomate
Buldozer diplomate
posté
le Dim 10 Nov - 0:02
par Carmine S. H. Bellandi
Ajout des trois jours de délai sup'.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
Don't get in my way
◀◀    ❚❚  ▶▶



Yzma, spirit animal:
Butch King
Messages postés : 143
Inscrit.e le : 18/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
la Brute
posté
le Dim 10 Nov - 19:38
par Butch King
omg She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1237021185
je tombe toujours plus amoureuse en te lisant c'est terrible She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3912395661
Ambroise H. Vinsmoke
Messages postés : 131
Inscrit.e le : 15/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Aaron Vinsmoke
Autre:
posté
le Lun 11 Nov - 11:40
par Ambroise H. Vinsmoke
Allez, allleeez, ça va l'faire, déboite touuuuut èé
Charlie King
Messages postés : 10
Inscrit.e le : 23/10/2019
posté
le Lun 11 Nov - 15:16
par Charlie King
Et c'est le clap de fin ! She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1362171446

Je pensais pas faire aussi long, je m'excuse d'avance pour les fautes qui pourraient traîner (le rush du postage avec une demi relecture orz)

Butch > Comment ça terrible, alors que je fais tant d'efforts pour ça She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 4200135721
Ambroise > I did it She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1362171446
Seyfried H. Bellandi
Messages postés : 560
Inscrit.e le : 09/06/2018

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : BELLANDIVE (╯°□°)╯︵ ┻━┻
Autre:
Reine des Chagasses
Reine des Chagasses
posté
le Lun 11 Nov - 21:04
par Seyfried H. Bellandi
OK dude, alors déjà merci pour ce moment j'ai kiffé ma lecture ça passe tout seul. A part ça c'est tout bueno She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3998388675

J'ai pas grand chose à rajouter, amuse-toi bien parmi nous, si Butch te saute trop dessus dis-le moi et je la kick instant She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 3182035657

HELLCOME She's beauty, she's grace, she'll deck you in the face - KING 1362171446

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Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
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• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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Kinkeabae, fournisseuse de kits swag since 2018

so nobody will ever forget your memorable skill, satoshit:

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