Midori Sawamura
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le Ven 15 Mai - 3:05
par Midori Sawamura
美鳥 Sawamura
Allez viens on va enculer un poney  !

Généralités
Nom ;; Sawamura
Prénoms ;; 美鳥 (Midori), littéralement : joli oiseau.
Âge ;; 41 ans, 42 en Juillet.
Genre ;;
Origines ;;  japonaise pour ce qu’elle en sait.
Activité ;; Travaille dans un kombini.
Sexualité ;; Les femme elle les courtise, les hommes elle les baise.
Avatar ;;  Shimao Rokka
Règlement ;; Validey - Fon'Dada
Chemin ;; Top site, puis j’ai élu domicile ici, une tarée qui aime les filles masculines, mais si ça vous dit quelque chose. Akira vient de me remotiver à finir mon perso. Je l'aime mais faut pas le dire...
Commentaire ;;  Vous pouvez me tuer pour la taille de la présentation, j’accepte la sentence.
?


Chienne de vie.

Dehors le ciel pleurait à chaudes larmes.


« C’est une fille ! C’est une fille ! »

Il gueulait notre père dans les couloirs de la maternité en ce lundi 12 juillet 2066. Nos parents avaient tenu à ne pas découvrir ton sexe jusqu’à ta naissance, un peu snobs ils avaient voulu faire « à l’ancienne » sans se rendre compte du ridicule de la chose. Faire « à l’ancienne » en étant suivis par une échographie à chaque trimestre, faire « à l’ancienne » en accouchant à la maternité de Fukuoka. C’était un peu comme faire du pain « à l’ancienne » en ayant utilisé un batteur électrique et un four tout autant électrique. Pourtant, cet homme quand il t’a vue, toute nue et gluante, au sortir de l’utérus de notre mère, il a su que tu serais la femme de sa vie.

Pas qu’il n’aima pas maman, mais… Toi t’étais celle qui faisait battre son cœur, chair de sa chair, jus de ses chaussettes. Alors que tu gueulais à plein poumon lui étalait sa joie dans le couloir. Une fille, précieux don du ciel… Certes il ne savait pas à quoi s’attendre avant de te voir et si t’avais eu un pénis sur la tête, sans doute aurait-il été tout aussi ravi. T’étais là, et t’allais vachement bien pour un têtard. 3 kilo 450 mademoiselle, t’avais même déchiré ta mère, ouai épisiotomie, parce qu’elle avait voulu accoucher « à l’ancienne. » Elle t’en garda rancœur assez longtemps pour tomber amoureuse de tes yeux bleutés de nouveau-né dès qu’elle les eut croisés.

Oui, tu fais partie de ces enfants qui ont été désirés et aimés dès le premier regard. Passé l’instant de grâce de ta venue au monde, commença une grande dispute entre nos parents. Comment pouvait-on appeler ce petit bébé rondelet ? Quand maman voulait te donner un nom de star, papa voulait te donner un nom de fleur. T’as failli t’appeler Sakura, comme la chasseuse de cartes ça aurait trop été la classe. Sauf que non, c’était commun, et ils n’ont pas accroché quand je l’ai proposé.

Alors ils t’ont appelée Midori, ce n’est pas mi-do-ré, et pourtant ton prénom chante, ce ne sont pas les kanjis pour écrire « vert » ou « endroit à gravir » qu’ils ont choisis. Non, ils t’ont nommée ainsi « joli oiseau. » Ils te voulaient libre et heureuse à jamais.

Dehors de lourdes goûtes tièdes inondaient le paysage, j’ai le souvenir d’avoir vu un arc-en-ciel ce jour-là. C’était un jour parfait, papa et maman étaient heureux, et moi j’étais vachement anxieux. Ça faisait six ans que je vivais seul avec eux, et j’avais peur que tu me voles ma place. Pourtant quand t’es sortie j’ai pas pu me retenir comme les autres de commencer à t’aimer. T’étais jolie, et tu m’as souri. Ou du moins c’est comme ça que je l’ai pris du haut de mes six petites années, fallait pas tenter de m’expliquer que les bébés ça souriaient pas, ça voyaient pas. J’étais ton grand frère donc tu m’avais souri à moi et à personne d’autre.

Vers l’infini et l’au-delà…


De son enfance, il n’y a rien de particulier à raconter, elle sut marcher avant de savoir parler, comme si elle avait eu besoin d’un instant de réflexion de plus que les autres enfants. En fait même sachant parfaitement marcher, elle persévérait dans son mutisme, leurs parents se sont faits du souci… Mais le pédiatre n’a pu que leur répondre « Elle parlera quand elle en aura envie. » En effet, c’est ainsi que cela s’est passé. Ce qu’il n’avait pas précisé c’est que quand elle s’y mettrait on ne pourrait plus l’arrêter. Elle avait toujours un truc à raconter, et le pire c’est que c’était souvent intéressant. Elle fascinait les adultes avec son vocabulaire ; comment une môme de cinq ans pouvait leur placer les mots aurore boréale, télescope et corps céleste dans une phrase où ils avaient tous du sens ? Tous le bon sens. Elle avait la tête dans la lune et des étoiles plein les yeux.

Elle passait d’ailleurs son temps à dessiner des fusées, de plus en plus sophistiquées, de plus en plus réalistes, quand certains grandissent en changeant, elle, elle resta accrochée à ses rêves d’enfant. Elle me l’avait promis, elle irait sur la Lune, un jour. Elle serait la première femme à aller sur Mars. J’inventerais le carburant adéquat, je vaincrais la physique quantique, et elle irait sur Mars pour moi qui étais cloué dans ce putain de fauteuil roulant.

On était deux dans cette quête, on s’était rencontrés à la maternelle, pour ne pas dire à la crèche, on avait le même âge et d’aussi loin que j’me souvienne elle ne m’a jamais traité comme un handicapé. Je suis même pas sûr qu’elle s’en soit rendue compte… C’était pas le genre de choses auxquelles elle faisait attention, par contre elle savait que j’aimais les mangas, que je ne mangeais pas mes tomates, et qu’un jour on serait grands ensembles.

A quinze ans elle avait ce que certains nomment « la beauté du diable, » et je peux assurer que ce n’est pas le moi plein d’hormones de l’époque qui parle… Non, en fait je me souviens parfaitement de cette période, c’était la première fois que j’étais jaloux. Je voyais les yeux d’autres garçons se poser sur ses formes et je le vivais très mal. Mido était mon amie, je n’avais aucune envie de la partager, jamais. Nous avions toujours été tous les deux, nous n’avions besoin de personne pour être heureux.

Bref j’étais un gamin jaloux, que voulez-vous ? Maintenant que j’y pense, c’était stupide, elle n’était intéressée que par  ce qui se trouvait dans le ciel, et les hommes se trouvaient sur Terre. Ça ne l’intéressait pas, et si je l’intéressais moi, c’était seulement car je lui parlais d’astronomie.

Tu grandis si vite


T’as déjà dix-sept ans et tu grandis de plus en plus vite. En avril dernier tu es rentrée à l’université de Kyūshū. Et moi ça m’a fait un petit quelque chose, t’étais radieuse quand tu nous as lancé avec un grand sourire que tu avais été acceptée et qu’Isao aussi. Vous n’aviez pas vu le soleil pendant des mois pour y parvenir, mais c’était fait vous étiez admis dans ce cursus spécial, celui qui vous permettrait d’avaler trois années en une seule et de vous lancer dès l’année prochaine dans des études de haut vol.

Je ne sais pas si tu t’en rends compte, mais je suis fière de toi. Fière de la femme que tu es en train de devenir, et de celle que tu promets d’être. Midori, quand tu passes ce rouge à lèvre trop carmin pour tes lèvres, quand tu cernes tes jolis yeux bleus-gris de noir profond, quand tu boudes lorsque l’on te dit que tu me ressembles au même âge, je suis fière. Fière de ton envie d’apprendre, de ton envie de t’individualiser, d’être toi, d’être la femme que tu veux être. Tu es joyeuse et tu fais attention à tes proches. Tu es l’avenir ma fille.

Je te regarde, ma grande, partir tous les matins ton petit sourire en coin. T’es heureuse et ça se voit, tu grandis et je vieillis. Tu n’y prêtes pas encore attention, mais moi je vois bien les garçons se détourner quand tu passes. Tu attires le regard, car le tien est droit et déterminé. Tu attires le regard car tu te sens libre, car tu as foi en l’avenir. Parfois ça me fait peur, tu n’as encore jamais connu le moindre obstacle. Tu as réussi tout ce que tu as entrepris. J’ai peur que tu ne trébuches, peur que le futur ne t’offre pas tout ce que tu mérites… Je suis ta mère, et me faire du souci c’est mon job.

Et voilà que mes craintes se réalisent. Voilà cette lettre soigneusement cachetée. Je la reconnais, même si j’ai reçu la mienne presque trente années plus tôt. Pourtant, tu accueilles la nouvelle avec enthousiasme, tu n’as aucune crainte. Tu as foi, encore et toujours en ce que l’on t’a appris. Aucun doute ne voile ton regard, alors que ton père te dépose devant une maison gigantesque de la banlieue tokyoïte. Tu ne tenais pas à ce qu’il t’accompagne si loin, mais il a insisté. Tu t’éloignes de ta démarche assurée tes talons martelant le pavé.

En d’autres temps j’aurais pleuré en te voyant avancer vers un hôtel, mais aujourd’hui c’est en te voyant taper un code digital. Nous t’aidons à porter tes bagages. Ton mari est là, c’est un homme charmant. Souriant et propre sur lui. Si on s’y attendait, ton père était persuadé que c’était un homonyme. Non te voilà mariée au maire de Tokyo… Tu es radieuse. Je suis rassurée quand je vous laisse, je vois qu’il te couve déjà du regard… Cette petite flamme entre vous deux… L’Incontestable a bien fait son travail…

Même si je suis un peu triste de savoir que tu vivras si loin de moi à présent. Demain je porterais ta demande de transfert pour une université de Tokyo. Tu n’as que 20 ans et tes études sont loin d’être achevées, mariée ou pas, tu m’as assurée que tu deviendrais quelqu’un.

Les journées passent et tes appels s’espacent, tu me dis que tu n’as pas le temps. Entre les cours et ton mari, tu sembles débordée, mais tu me dis que tu es heureuse. Tu me dis aussi de ne pas m’en faire, et que tu te débrouilles très bien. Te connaissant ce n’est pas étonnant, mais je suis ta mère...

Je ne comprends pas tout à fait tout, tu as changé du tout au tout. Tu n’es plus ma petite fille adorée, mon petit cœur à moi. Tu es une femme. Tu t’es embellie, quand tu as reçu cette lettre, tu respirais la joie… Mais aujourd’hui j’ai appris que tu arrêtais la fac. Ça m’a foutu un coup… Tu m’as rassurée en me disant que tu reprendrais quand la petite serait assez grande.

Tu vas être maman ma chérie. Tu vas enfin comprendre tout l’amour que j’ai pour toi. Je t’aime. Pour toujours.

Quand la justice prône l’injustice.

« Je suis coupable. »

Elle ne nie pas. Elle ne fuit pas. La femme que j’ai sous les yeux se tient droite. Essaie de se tenir droite. On sent qu’elle ne demande qu’à s’effondrer. On sent qu’elle s’en fout d’être ici, ou ailleurs. Le jugement que l’on porte sur elle, ne l’atteint pas. Elle est vide et blessée, creuse. Elle ne cherche pas à se défendre, car elle sait ce qu’elle a fait. Elle sait aussi, qu’il ne servirait à rien de mentir… Elle a tué son époux, celui qu’elle aimait malgré tout.

Ce regard. Glacé, dur. C’est elle l’accusée et quand je croise ses yeux immensément gris, je ne peux pourtant m’empêcher de me sentir coupable. Si j’avais su lorsque j’ai reçu la missive pour être Saiban-in que le cas que je traiterais serait si compliqué… Je me serais fait porter pâle. D’ailleurs je dois pâlir quand l’avocat de la partie civile énonce les faits. Meurtre.

Cette femme si menue, si fragile dans son box est jugée pour l’homicide de son mari. Un instant, je me demande pourquoi on doit intervenir alors ? Nan mais sérieusement, c’est plus un crime contre l’humanité là. Il n’y a pas une clause stipulant au bas du contrat de mariage « ne passez pas par la case tribunal, ne touchez pas 100 000  ¥ ? » Visiblement non captain obvious. Franchement, faudrait penser à rajouter une ligne « ne tuez pas votre conjoint. »

En même temps, le cas est délicat, son mari était quelqu’un d’important, le maire de Tokyo tout de même. Aujourd’hui encore on voit le bleu de sa pommette fracturée, les points n’ont pas encore été retirés, et sans doute ne le seront-ils jamais. La peine de mort a été demandée. Je grimace.

« Ma cliente était inconsciente de ses actes ! Elle ne cherchait qu’à sauver sa jeune fille, qui rappelons-le, est encore dans le coma à ce jour.
Vous plaiderez donc la folie ?
C’est exact votre honneur. »

La femme a frémi, il me semble entrevoir dans ses yeux une larme, reflet de son humanité perdue. La mère se reprend et adopte à nouveau son attitude froide, morne. Elle ne nous reconnait pas le droit de la juger, elle se moque de notre jugement. Elle a déjà rendu le sien. Coupable. Coupable de l’état de sa fille, coupable de la mort à venir de cette enfant dont les chances de survie s’amenuisent les jours passant. Coupable du meurtre de l’homme qu’elle aimait.

Pourtant coupable, aucun des jurés ne la pense, victime oui. Pourtant personne ne le dira à voix haute. Personne n’osera dire que l’Incontestable a condamné cette femme. Non. Bien entendu, ce sont ses actes qui l’ont condamnée. Elle n’aurait pas riposté, elle ne serait pas là. Elle serait à la morgue. COMMENT JE SUIS CENSÉ JUGER MOI ? Ouai, elle a tué quelqu’un et c’est pas bien… Ouai. MAIS ELLE N’ALLAIT PAS SE LAISSER TUER ? LE LAISSER TUER SA GAMINE ?

Comment je peux la condamner à mort ? Non. Mon avis c’est qu’elle ne doit pas mourir. L’accusée, et coupable, sort, elle semble si frêle, pourtant elle est droite. Elle ne vacille pas, fière ? Non.  Elle est au-delà de cela, elle n’est plus même humaine. Elle se sait monstre, elle se dégoûte, mais nous la dégoûtons bien plus qu’elle-même. Elle n’est pas fière, elle est droite pour nous montrer la voie. Mon regard s’accroche à ses mèches bleu merle ; elle est libre, mourir ne lui fait pas peur. Les spectateurs se retirent aussi.

Le débat commence, sauf que personne n’ose l’ouvrir. Nous sommes tous mal à l’aise. On se regarde, tendus, qui brisera le silence? Qui brisera cette femme ? Pas moi. Pas nous.

« Doit-on vraiment la condamner ? »

La voix s’est élevée, hésitante, échos de mes pensées. Le silence est retombé, lourd de sens, alors la voix du juge s’élève. Calme.

« Je crois que nous partageons ces pensées. Seulement permettez-moi de vous dire ce qui adviendra, si cette femme est relâchée aujourd'hui, elle sera sous les feux des projecteurs, harcelée de questions… Elle deviendra un symbole. Elle deviendra la tête à abattre pour ce symbole. Elle sera la preuve que l’ordinateur peut faire des erreurs, même si elles sont extrêmement rares, si elles sont médiatisées, elles remettront en cause un système qui fonctionne bien par ailleurs… »

Le débat durera longtemps. Plusieurs heures. La sentence tomba.

20 ans dont 15 ans fermes.

Songe d’une nuit d’été


Elle était là assise sur le lit les jambes croisées. Le regard perdu dans la lumière blafarde qui filtrait de la fenêtre aux sombres barreaux d’acier. Elle était calme, apaisée. Ses épaules se soulevaient avec une surprenante régularité. Sa peau jadis constellée d’ecchymoses bleutées avait retrouvé sa nacre. Ses cheveux ondulaient sous la bise d’été qui peinait à entrer dans cette cellule étroite.

Elle avait chaud, elle ne portait que ses sous-vêtements essayant de capter la moindre fraîcheur, elle économisait ses gestes pour ne pas s’échauffer. De la sueur avait perlé sur cette nuque d’albâtre, y laissant collées quelques mèches éparses. Elle était belle, elle était femme. Je l’observais, elle le savait, pourtant elle ne bougeait pas, ne m’offrant l’ouverture que je désirais tant. Elle souriait, libérée.

Depuis combien de temps partagions-nous cette cellule ? Des années, combien ? J’avais arrêté de compter. Une éternité ou une inspiration ? Je l’avais vue brisée, arriver dans un milieu carcéral qui n’était pas fait pour elle. Je l’avais vu s’endurcir. S’adapter. Je l’avais aussi, entendue pleurer tous les soirs pendant des lunes. Pourtant, ne lui avait-on pas apporté la nouvelle du rétablissement de son enfant ? La petite savait écrire et lui envoyait une lettre ou deux par mois.

La femme que j’avais rencontrée était brisée, bien loin de celle qui offre sa peau à la caresse du vent nocturne. Je me souviens d’l’avoir prise un jour par les épaules et secouée. J’lui ai dit ce qu’elle n’arrivait pas à comprendre seul : son gus c’était un connard. Il avait failli tuer sa môme et la tuer aussi. Elle avait bien fait d’lui faire passer l’arme à gauche. Elle n’était pas coupable de s’être défendue. J’ai dû lui répéter pas mal de fois, elle était désespérante, mais j’crois qu’elle a fini par comprendre. J’crois qu’elle n’est plus triste. J’crois qu’elle est en colère, pas le genre de colère qu’on entend, pas de celles qui s’répandent sur ce qui nous entoure. Une colère silencieuse, c’est pire. Elle détruit, ravage, mais elle est contenue. Pour l’instant je ne pense même pas qu’elle s’en soit rendu compte… Elle est si... complexe ?

Sa tête se tourne vers moi et son sourire mutin m’assaillit « Vient. » C’est une invitation. Alors, ma main se tend et je rencontre sa peau glacée malgré la moite chaleur. J’hume son odeur, elle est salée. Mes mains découvrent ce que mes yeux ont longtemps parcouru. Sa peau est souple… Mais elle n’est pas douce, je découvre avec stupeur des cicatrices invisibles. Je découvre monts et merveilles, elle réagit, me rend mes caresses, domine et se laisse dominer. La nuit est douce et c'est en douceur que je lui fais appartenir son corps.

Elle me goûte pour la première fois mais non la dernière. J’en avais envie, elle aussi. Pendant plusieurs mois nous continuerons ainsi à nous rencontrer le soir dans notre cellule. Pas d’amour, pas de promesses, juste le jeu et nos corps. Puis viendra le jour pour moi de quitter la prison, pas de regrets, des souvenirs… J’en aurais.

Lettre de démission


Nana Fubuki
〒256-9566
東京都中央区八重洲一丁目5番3号
東京中央郵便局


8 février 2104


Maman,

J’ai pris la décision de changer de nom. Porter le tien ou celui de « mon père » est quelque chose de compliqué, on me pose souvent des questions. Je ne sais jamais comment y répondre. Aussi ai-je décidé de prendre le nom des Fubuki qui m’ont élevée.

Tu sais la décision n’a pas été facile, mais j’en ai assez qu’on fasse le rapprochement systématiquement. Je veux exister par moi et pour moi. Je ne veux pas être « la fille de » mais « la fille qui. » Je sais que tu comprendras. Je sais que tu m'aimes assez pour accepter.

Maman, je suis désolée.

Dans quelques mois tu quitteras la prison. Je sais que c’est une grande nouvelle, mais je ne suis tout simplement pas prête à faire comme si nous nous connaissions. A faire comme si tu m’avais élevée. Je ne suis pas prête à te rencontrer en dehors des murs de ce parloir dans lequel s’est liée toute notre relation. Madame Fubuki est celle qui m’a élevée. Je t’ai toujours appelée maman par convention, je l’ai appelé maman parce que je la respecte et que je l’aime.

Je suis désolée, encore.


Nana


Le retour du Jet d’Ail


J’éteins ma clope, la troisième de la journée, la quatrième peut-être ? J’avais dit qu’j’arrêtais. J’avais réussi, mais que voulez-vous ? J’ai toujours une bonne raison de reprendre. Toujours une raison de repousser. Et puis aujourd’hui elle est de taille. J’vais chercher ma sœur à sa sortie de taule. Parfaitement.

J’dois avouer que j’me sens coupable. Ça n’aurait pas dû se passer ainsi. Elle devrait être celle qui vienne me chercher. J’aurais dû tuer cette enflure. J’aurais dû ne pas ne pas remarquer, j’aurais… Mido m’a dit un jour « je vivais loin, et je pensais être heureuse. » comme si ça pouvait tout excuser ! Excuser mon aveugle égoïsme, celui qui a foutu la vie de ma petite sœur en l’air. J’étais trop heureux dans mon propre mariage pour imaginer que le sien avait si mal tourné. J’étais heureux, et pire je l’aimais bien l’enflure. Il avait de l’humour, il était intéressant et il a détruit sa vie.

J’écrase le mégot l’asphalte impatient. GROUILLE FRANGINE ! Oui, on y croit tellement pas, t’as jamais réussi à être ponctuelle. Enfin, j’vois les portes du pénitencier te gerber, dégoûtées d’avoir du te garder si longtemps, j’imagine que ça lui laissera un mauvais goût en bouche. J’te regarde et je mets un temps à réaliser que ça y est c’est fait.

« Tes cheveux, t’en a fait quoi ?
J’me suis brouillée avec, ils m’ont quittée à dos de serpillière magique. »

Je rigole, on ne te refera pas.

« Alors on va où ?
Hm. Tu m’paies un Mc Do et après tu vas m’aider à trouver une voiture d’occasion !
Wut ?
Me faut une bagnole.
Pourquoi donc se faire ?
Pour rattraper la serpillière magique, bien entendu. »

Elle ne changera jamais, quand elle a une idée en tête elle ne l’a pas ailleurs. Elle me le dira quand elle en aura envie, en attendant si je ne fais pas ce qu’elle veut, je ne saurais jamais ce qu’elle a en tête. Encore un truc qui ne changera jamais, je ne peux pas lui dire non. Je l’entraîne donc dans un Mc Do. J’passe ma main dans ses cheveux, pas convaincu que je la préfère maintenant. J’aimais bien ses longs cheveux soyeux, il la faisait ressembler à maman quand elle était jeune… L’élégance en moins.

C’est qu’la goinfre elle engloutit trois menus XXL. Genre elle n’a pas mangé d’hamburger depuis dix ans.

Merde. Je culpabilise. Elle lève sa bouche pleine et m’sourit.  Genre son sourire il n’a pas changé depuis qu’elle a cinq ans, c’est toujours ma petite sœur. Elle avale, et le sourire disparaît. Elle est devenue dure froide.

« Je ne suis pas à plaindre, je ne suis pas une petite chose fragile. T’es responsable de rien et j’te promets que si tu me refais ce regard je t'en colle une.
Okay princesse désolé. »

Ce n’est pas un coup qui part mais elle se saisit de la peau de mon bras et essaie de l’emporter entre ses doigts. Ça fait mal la fourbe. En même temps elle n’a jamais aimé que je la nomme ainsi. Sauf que ça n’a jamais changé depuis le jour de sa naissance jusqu’à aujourd’hui, et même longtemps après ma mort, elle restera ma petite sœur adorée. Mon adorable petite princesse. Alors je l’appelle PRINCESSE si et quand je VEUX.

« Bon et sinon on va chercher ton carrosse ? »

Elle essaie à nouveau de se saisir de ma peau fragile, try again chérinette, tu m’as eu par surprise la première fois… Et je manquais de réflexes, mais ils vont revenir. Tu ne m’aurais pas deux fois de la même faç…

« KIAIIIII »

Salope, ton sourire malicieux répond à mon insulte mentale. J’avais oublié que pincer n’était pas ton jeu préféré. Appuyer pernicieusement entre mes côtes est tellement plus… fourbe ? Tu sais que je suis chatouilleux, on l’est tous dans la famille. Putain tu m’as manqué pétasse. Je te prends entre mes bras et tu fais mine de luter, mais pas trop fort. J’en avais besoin et toi aussi. Tu ne sens plus la noix de coco qui t’allait si bien, tu ne sens plus rien… Et pourtant la chaleur de ton étreinte me réchauffe petit à petit.

« Bon on va chercher ma citrouille où on attend le déluge ? »

T’es conne quand tu t’y mets tu sais ? Tu viens de briser mon trip. Pourquoi j’pourrais pas profiter de ma petite sœur un peu plus longuement ? Je vois aux regards outrés des gens bien élevés que non. Voir un couple de vieux s’étreindre ça semble presque… Malsain ? C’est ma SŒUR. L’âge ne changera rien à cette donnée.

« Avant on s’arrête à un guichet de vente d’or, ça existe encore ces choses-là ? »

Hm ? T’es difficile à suivre Mido, calme le jeu. Je veux bien que tu sois heureuse d’être sortie mais, attend un peu… Si tu loupes les explications je ne vais pas arriver à te suivre. Je crois que mon regard en dit assez long sur ma pensée, pour une fois tu sembles sur le point de me faire part de tes lumières. Ta main va fouiller une poche secrète à l’intérieur de ta veste, celle dans laquelle tu fourrais ton briquet et tes clopes… T’as maigri petite sœur, elle t’est un peu large maintenant. Tu sors un truc chelou de ta poche, un truc qui me fait grincer des dents. Un truc qui me fout en rogne au premier regard. Mon poing se lève et percute violemment la table.

« POURQUOI T’AS GARDE CA ? »

Elle aurait dû jeter cet anneau, me dites pas qu’elle aime encore ce connard… NE ME DITES PAS QU’ELLE AIME ENCORE CE CONNARD ? POURQUOI ? SON ALIANCE ! Reconnaissable entre mille grâce à ses deux diamants incrustés l’anneau d’or que lui avait fourni son ép… L’enflure. Je… J’ai envie de le frapper. J’ai envie de pleurer. Elle me regarde imperturbable. Elle n’a pas frémi.

« Tout simplement parce que je savais que j’aurais besoin de flooz en sortant. Soit pas con et calme toi. »

Douche froide. Elle a raison… Mais je ne la connaissais pas si manipulatrice. Mido… Elle me sourit, redevenant la douce jeune fille que je connaissais. Sa main trouve mon poignet et elle en caresse doucement l’intérieur pour me calmer. Ça fonctionne comme toujours…

« Tu ne veux vraiment pas me dire pourquoi tu veux une voiture ? »

Elle regarde ailleurs. Prend une inspiration, expire lentement. Je sais que ce qu’elle va me dire ne va pas me plaire. Elle a toujours agi ainsi depuis qu’elle est petite. Lorsqu’elle sait que quelque chose va me faire de la peine elle détourne le regard. Elle se tait, elle élude. Elle craque… Si seulement elle avait craqué il y a quinze ans.

« Je ne veux pas de maison. Je ne veux pas d’adresse fixe. Je ne veux pas pouvoir recevoir encore une lettre. Pourtant je ne suis pas stupide, une femme seule dans la rue… son sort n’est guère enviable. Alors j’ai besoin d’une voiture pour en faire mon chez moi. Pour pouvoir fuir s’il le faut. J’y ai réfléchis et ça reste la meilleure des solutions. »

Et maintenant ?


J’aime quand elle passe sa main dans ma crinière. Pose sa truffe contre mon cou. Ma maîtresse est la plus gentille des maîtresses, jamais avide de caresses. Elle sent bon. Toujours. Elle ne porte pas d’eau d’humain qui pue. On vit tous les deux  dans une niche mobile. En amoureux. Parce que je suis l’homme de sa vie non ? Je vis avec elle, c’est moi qui la réchauffe la nuit, qui lui lèche le museau pour lui dire bonjour.

Elle est forte ma maîtresse, elle travaille dans un magasin à nourriture. Elle travaille parfois tard dans la nuit, et ces fois-là je garde notre niche… parfois son patron me laisse gambader dans la cours intérieure aussi. Il est gentil avec moi et ma maîtresse, et lui aussi il sent bon…

Par contre je n’aime pas l’autre homme. Celui qui est trop fin. Kraaaaaal. Il pue. Je ne peux pas me le sentir lui… Mais ma maîtresse elle l’a recueilli comme moi. Alors je ne peux pas le mordre ou le faire partir. Pourtant elle le laisse dormir sur le matelas avec nous de temps en temps… Et lui aussi elle le caresse.

Avant il venait simplement parler pendant la journée, et là parfois c’est la nuit… Il sent la mort cet humain. Trop fin. Je crois qu’ils se sont rencontrés au travail de ma maîtresse. Elle a de la tchatche, et elle sait quand les gens ne vont pas bien. Alors elle l’a ramassé comme moi… Et puis un jour il a commencé à lui prendre plus d’attention que moi quand il était là. Il pue toujours autant. Quand il est là il mange des bâtons de feu avec ma maîtresse. Après elle aussi elle pue… Et elle bouge plus non plus.

Elle est toute bizarre après. J’aime pas quand il est là. Elle s’occupe plus de lui que de moi.


Cher Incontestable


Je me suis toujours demandée de quel droit tu avais décidé qu’un homme qui me battrait me conviendrait. Sérieusement, c’était un peu gros. Tu pensais quoi, qu’adepte des jeux de rôle je prendrais mon pied à finir à l’hosto deux fois par mois les côtes fracturées, dans le mépris de tous ? Après tout si tu l’avais choisi, mon mari était FAIT POUR MOI, je devais être vraiment maladroite de tomber si souvent dans les escaliers ; bien évidemment qu’il ne pouvait pas être à l’origine de mes trop nombreuses ecchymoses, vu qu’il était PARFAIT.

C’était sympa qu’on me rie au nez, que l’on me prenne pour une demeurée, franchement, c’était tordant. Et ces dents qu’avaient sautées ? Il a eu la bonté de payer pour qu’on m’en réimplante, t’imagines bien qu’il ne voulait pas voir une mocheté tous les matins au réveil… Et puis une femme édentée ça fait mauvaise publicité pour le maire de Tokyo. « Soit belle et tais-toi Midori. » disait-il souvent, alors j’ai arrêté de parler. Pourquoi faire ?

Mon mari était celui dont toutes les tokyoïtes rêvaient, beau, influant et friqué. T’avais choisi le bon parti, mais pas pour ses amortis. Lui il était plus uppercut et j’étais plutôt obtuse.  Alors j’vais t’avouer que la première fois qu’il a levé la main sur moi, j’y ai pas cru non plus, il s’est excusé de suite après, me promettant que jamais plus cela ne se reproduirait. Quelle belle blague. J’me souviens alors avoir dit « t’as pas intérêt. » J’étais encore persuadée, comme toi, que puisque tu l’avais choisi il était parfait pour moi. Un jour mon prince viendra mandé par l’Incontestable et il m’défigurera. (♫) Tu t’es bien foutu d’ma gueule. Quels choix avais-je ? Partir c’est un peu mourir. Partir c’était beaucoup trop mourir avec toi.

J’ai essayé une fois. J’ai fini en prison avec lui, j’en suis repartie inconsciente et les pieds devant. Oui, j’aurais préféré y rester ce coup-ci. Qu’on soit crevés tous les deux, mais non. Tes gardes, ces chiens n’ont même pas essayé d’ouvrir la porte pour voir comment j’allais, alors que je m’époumonais à gueuler à l’aide. J’crois que c’est là que j’ai compris que personne ne m’aiderait jamais. J’crois que c’est là que j’ai commencé à accepter.

C’est devenu notre routine, « pas le visage mon chéri, on a un dîner avec tes amis demain. » En fait, tu nous avais bien choisi, j’avais la capacité d’accepter l’Innommable. Je crois même que je devais l’aimer, me convaincre que s’il me frappait c’était pour mon bien, j’avais 21 ans, peur continuellement, mal continuellement. Quand il me donnait de l’amour, quand il s’occupait de moi, pansait mes plaies après les avoir ouvertes, je lui en étais reconnaissante, tellement.

Le pire, ou le meilleur, c’est que pendant les rares accalmies, quand la peau de mon dos reprenait la même couleur que celle de mon visage, j’arrivais à croire que c’était terminé, que jamais il ne recommencerait, qu’il m’aimerait comme je devais l’être. Je me persuadais qu’il m’aimait, que s’il me frappait c’était que j’avais fait quelque chose de mal. Tant que j’étais sage, tant qu’il y avait quelque chose de bon à manger et que le bain était à la bonne température lorsqu’il rentrait, quand tout était parfait, alors tout allait bien… C’était moi qui faisais des erreurs, moi qui étais coupable, c’était normal qu’il me corrige, sans quoi je n’apprendrais jamais n’est-ce pas ? Je devais être parfaite pour lui. Comme lui.

Connard. Et puis t’as pensé que je ne devais pas être la seule à subir ses vices. Enfoiré, tu as décidé que je devais enfanter. « Ayez un enfant. » J’me souviens même plus ce que j’ai ressenti quand l’écran nous a communiqué l’injonction. Je ne suis même pas sûre que j’ai réalisé… J’ai peut-être même été heureuse de me dire qu’enfin j’allais donner un héritier à celui que j’aimais.

Puis Nana, ma petite fleur de pommier, est arrivée. J’étais heureuse, lui aurait voulu un fils. Peu importait tant que c’était moi qui m’en occupais. Par contre, elle ne devait pas trop pleurer, surtout ne pas le réveiller en pleine nuit ou gêner nos ébats. A ces conditions il la tolérait comme un animal de compagnie. Il lui arrivait même de lui faire des « gouzi gouzi » en société. Pas vraiment gentil et plutôt indifférent. Il espérait que je lui donnerai bientôt un fils.

Moi je l’aimais ma Nana. Elle était belle avec ses grands yeux et ses longs cils, elle était sage aussi. Très tôt elle a fait ses nuits. Ce qui nous a sans doute sauvé la vie à toutes les deux. Pour un temps. Un jour que mon adorable mari prenait la peine de me culbuter, en me rappelant au combien il me faisait un honneur au vu de ma médiocrité, ma petite fille chérie, âgée de presque trois ans, a poussé la porte de notre chambre que j’avais oublié de fermer… Elle avait fait un cauchemar.

Et le voilà qu’il pique une colère avec ta bénédiction, ton moniteur aurait pu se mettre à beugler qu’il devait arrêter. Non, tout reste calme et silencieux à part mon cœur qui se serre et s’emballe. Voilà, ce regard qui m’était autrefois destiné se posant sur ma fille. La main se lève, le bras suit. Je m’interpose et vole m’éclater contre la table de chevet. Son angle dur entame la chair de ma joue. Je perds connaissance un instant sous les coups de pieds de ce mari trop attentionné.  Lorsque je reprends conscience il est arc-bouté sur le petit corps inanimé de Nana.

Mon sang qui tâche le tapis se glace et ne fait qu’un tour dans mes veines. Mon cerveau ne s’irrigue plus correctement… ou peut-être fonctionne adéquatement pour la première fois depuis des années. Je me saisis de la lampe de chevet, l’objet le plus dur et tranchant que je puisse trouver. La folie voile mes yeux et je frappe, frappe et frappe à nouveau jusqu’à défoncer ce crâne de salop manipulateur. Jusqu’à défoncer cette enflure qui a brisé mon cœur. Cette enfleure qui m’a volé ma fleur.

Te voilà enfin qui gueule depuis le salon. Arrêter ? Pourquoi ? Arrêter ? Trop tard de toute manière. J’ai crevé la crevure.



On a toujours le choix
Salut Mido,

Toi et moi on ne se connait encore pas très bien… On ne s’est pas encore vraiment confrontées. Je t’ai donnée une histoire bien relou à porter. Je dirais que c’est toi qui me l’a soufflée, mais j’ai tendance à donner trop de vie à mes personnages…

Ton histoire s’est imposée à moi... mais… quand je l’ai eue finie je me suis sérieusement demandée, comment pourrais-tu vivre avec de telles casseroles ? J’ai failli tout rayer, tout effacer, parce que je ne veux pas que tu sois dépressive. De toute manière je n’arrivais pas à t’imaginer autrement, et quand j'ai voulu t'abandonner tu t'es mise à gueuler. Alors j'ai réfléchis, une autre vie ne te conviendrait pas. Mais sérieux si tu te décides à devenir dépressive, j’hésiterai pas tu clampseras.  J’en ai marre des persos qui au fond du trou creusent encore. « Je suis malheureux bouhouhou ! – Ta gueule et sort toi les doigts du cul pour être heureux. » Sauf que ça ne marche évidemment jamais comme ça… Vous écoutez jamais ce qu’on vous dit…

J’en suis là. Je ne sais pas encore comment tu vas t’en sortir dans ce monde pour lequel je t’ai créée. Bien, je l’espère, j’aime les happy ends… Et en même temps on sait que tu finirais par m’ennuyer. Je vais te donner des armes redoutables pour tromper mon ennuie  et pour ne pas finir par te laisser doucement mourir. Les deux conditions sinéquanon pour que je t’aime en gros.

Déjà tu auras un sens de l’humour à toute épreuve. Jamais sérieuse. Tu chercheras le rire des autres comme une approbation, tu te cacheras sans doute derrière ton ironie mordante pour ne pas être accessible… Ensuite, tu feras et réalisera toutes les conneries qui me passeront par la tête et tu diras tout ce que tu penses... Sauf quand c'est important. Si personne ne te vois sérieuse, ils ne sauront pas quand tu l’es non plus. C’est à double tranchant tu le sais ma vieille ? Faudrait peut-être que tu arrêtes un jour de te cacher derrière ton rempart de blagues malsaines. T’as peur de quoi dis-moi ?

Je pense que t’as juste peur que les gens te voient comme faible. Tu refuses absolument de leur faire pitié, tu n’es pas fragile. Tu n’as pas besoin d’être défendue, et je pense que plus jamais tu ne te laisseras cogner dessus sans te rendre. T’as appris à cogner en prison, et t’as peaufiné la technique dans la rue… La vie est une pute, mais tu ne la laisseras plus te baiser. T’as appris et tu t’es relevée. T’en redemande une tartine de vie. Parfois tu désespères, et ce n’est pas plus mal. Tu n’attends rien de plus de la vie que ce que tu ne lui as déjà pris. Un câlin de Hegel, un bon repas et t’es heureuse… Si en plus tu peux vanner quelqu’un, mais t’es au paradis. Presque.

Je pense qu’au vu de ton histoire, il faut l’aborder à un moment ou une autre Mido… Que penses-tu de l’Incontestable ? Contrairement à ce que l’on pourrait attendre de toi, tu n’es pas passé du côté ANTI. Tu penses que c’est un mal nécessaire de votre société, et tu as vu plus de couples réussir que s’éclater sur un mur. Par contre, que ce soit clair, tu reconnais que la machine peut faire des erreurs… Mais c’est aux humains de les réparer, on a toujours le choix, non ? Mourir ou tuer. Ce sont des choix ultimes mais chaque humain est libre de les prendre.

Toi tu as peur d'être à nouveau mariée... Mais c'est plus par peur du choix que tu devras prendre alors. Fuir est plus simple, et si tu espères que la ménopause te sauve de ce système, en attendant tu te fies à l'apparente sécurité que te donne ta vie de nomade.  Pourtant tu n'y crois pas vraiment.

T’es butée aussi. Pour te faire comprendre que t’as tord mais faut y aller au marteau piqueur. Tu refuses, tu réfutes. Il faut des arguments et de la patience pour faire changer ton foutu avis. Tu sais qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, alors tu décides d’être une imbécile. Tu as décidé que c’était plus simple pour toi si on te prenait pour une conne, alors tu te comportes comme ça. Comme si t’étais une crétine, comme si rien ne t’atteignait.

Parfois, souvent, tu y crois… Et c’est triste. Tu préfères une réalité fausse à la solitude.

Bon ma choupine, j’ai dit que ce ne serait pas trop long, du coup je vais te laisser. Sache que j’ai grand hâte que nous jouions toutes les deux.


Ta créatrice.




"cahier des charges"

Elle est sèche mais pas maigre, osseuse à la limite. Elle fait son âge de loin, mais quand on l’approche elle perd 20 ans à cause de son comportement. Oser la trouver adulte serait presque un crime. Elle n’est pas bien grande mais ce n’est pas ce qu’on remarque en premier car elle n’est pas petite non plus. Peut-être légèrement en dessous de la moyenne ? En tous les cas, il te faut un moment pour réaliser que tu dois baisser les yeux pour la regarder. Peut-être qu'elle a beaucoup de charisme ? Nan. Je rigole. Elle a la peau brunie par le soleil, blessée par ce dernier ; ses multiples grains de beauté pourraient ne pas tarder à devenir cancéreux. Sa peau d'ailleurs n'est pas douce.

Elle porte de vieux jeans troués et des tee-shirts informes 99% du temps. 1% du temps elle porte des chemises et des jeans intacts derrière un grand tablier lorsqu’elle travaille au kombini. Parfois elle enfile des jupes sans doute trop courtes pour porter ce nom, histoire d'exposer ses gigots au soleil ami. Un truc vachement important que j'ai failli oublier, elle fuit l’eau… Ne se trempant que les matins où elle travaille.

Elle a l’air inébranlable, mais parfois tu vois que son regard se perd et tu sens qu’elle pourrait être faible, sitôt qu'elle voit que tu la fixes elle reprend son sourire espiègle. Le masque ne doit pas tomber. Elle ne doit jamais avoir l’air sérieuse sous peine de le devenir. Malgré tout elle arrive à être féminine, c’est peut-être plus dans ses mouvements, dans ses attitudes que dans la réalité de son apparence.

Cette jolie petite gueule a des yeux gris acier. Rieurs, moqueurs la plus part du temps… Ils peuvent s’avérer d’une profondeur abyssale. De longs cils. Les lèvres fines. Les pommettes saillantes et constellées de tâches de rousseurs. Un sourcil droit est fendu en deux, il porte aussi deux piercings en acier chirurgical. Un nez pas tout à fait droit, mais il faut le fixer longuement pour comprendre d'où vient la sensation de déséquilibre. Un visage rarement maquillé, mais quand elle le fait… Là plus de doute, c’est une femme. Des cheveux courts, même pour un garçon, un centimètre peut-être ? Un peu plus longs sur le haut. De loin ils semblent encore noirs de jais, mais quand on s’approche on aperçoit quelques petits pics blancs.

Et tout le reste ? Elle a les mains abîmées, mais tu sais qu'elles peuvent se montrer d’une grande douceur. Va savoir comment.  Elle ne porte pas de soutiens gorge (sauf quand elle se décide qu’elle en a besoin parce qu’elle va marcher longtemps et ne veut pas voir ses seins se disputer trop violemment). D'ailleurs elle s’en tape qu’on passe trois heures à regarder ses tétons libérés plutôt que ses yeux. Elle a des articulations en papier mâché, sans doute légèrement arthrosiques du fait de leurs anciennes fractures, ils la font souffrir un mal de chien quand il fait froid. Elle est alors de mauvaise humeur, pire que quand elle a ses règles. Elle a des vergetures sur les flancs, les hanches, les cuisses, le ventre et les seins souvenirs de sa grossesse.

Tu sais qu'elle a une poitrine "normale" pour une japonaise, tu la traiteras jamais de planche à pain, mais tu ne diras pas qu’elle a des obus.

Spoiler:
Dans les yeux de Karl

Je ne sais pas vraiment ce qui a pu me conduire vers toi la première fois que je t'ai vue, dans ce petit magasin, à des lieux d'un chez moi que je fuyais. Sans doute ton aura, une certaine humanité. Tu ne ressemblais pas à tes collègues aseptisées, au sourire faux qui dans leur regard reflétait l'espérance que je ne vienne pas vers elles avec mon air décalé.
De loin, tu m'avais semblé grande, te tenant droite, mais je me rendis vite compte en me rapprochant de toi que c'était, je ne sais pas, une pointe de charisme ? Ton expression espiègle se dessinant sur tes fines lèvres ? Qui te donnaient quelques centimètres en plus malgré ta taille moyenne, voir plus petite. J'étais pas très à l'aise avant de te parler, tu étais plus âgée que moi, de quelques années du moins, mais  lorsque tu me parlas tu en perdis vingt. Tu avais l'air d'une gamine prisonnière d'un corps qui avait trop vite vieilli, serrée dans un simple jean et une chemise.
L'échange fut court mais lorsque je repartis j'avais retenu les multiples tâches de rousseurs sur tes pommettes saillantes, cette peau brune ayant trop vu le soleil, ainsi que ces yeux aux longs cils couleur acier, rieurs, un peu moqueurs, mais d'une profondeur abyssale.

Ta gentillesse et ton regard sans jugement m'avaient donné envie de revenir, souvent, sans doute trop, me révélant chez toi ce côté jamais sérieux en apparence et un petit attrait pour les jupes trop courtes ; sans jamais vraiment aller très loin, c'était la caissière et son fidèle client. Mais lorsque je commençais à squatter chez toi, ton étrange voiture espace. Après m'avoir recueilli sans que je ne te demande d'aide, j'appris beaucoup plus sur toi.
A force de te parler, de te regarder, des petits détails discrets m'apparaissaient : un nez pas très droit, un sourcil coupé en deux accentué par deux piercings en acier chirurgical, un visage dans la simplicité de ses traits sans artifice, sauf parfois, quand l'envie t'en prend, soulignant ta beauté féminine. Et ses quelques points blancs dans tes cheveux ébènes, courts, à la garçonne, un peu plus longs sur le dessus.
Malgré tes airs et ta façon de t'habiller, toujours avec des jeans troués et des hauts informes, tu es une femme, et tu es féminine, dans tes gestes, ton attitude, ton rire. Tu as des mouvements fluides et gracieux qui font que j'aime être dans tes bras et sentir tes mains abîmées me caresser avec une extrême douceur.

Comme de nombreuses femmes de ton âge, tu es marquée par le temps. Des cicatrices en récompense pour avoir donné la vie, sur ton ventre, tes hanches, tes seins. Beaucoup trouvent ça disgracieux pour d'obscures raisons. Pourtant, quand je les ai vues pour la première fois, glissant mes doigts sur ta peau rugueuse, je les ai trouvés magnifiques. Des zébrures nacrées parcourant ton corps, que je m'amusais à suivre sans aucun jugement et pourtant, je suis l'un des seuls à qui tu as osé les montrer.
Tu n'as pas de soutient gorge, du moins pas toujours ; et je l'avais vite remarqué lorsque tu avais mis mes mains sur tes seins, car bien sûr j'aurai jamais osé le faire sinon, ni même baisser le regard sur ce que les hommes appellent "les yeux secondaires des femmes" ; qui chez toi ne sont ni gros, ni petits, la taille parfaite je dirais pour tenir dans la main.
Si l’on voit ta poitrine à travers ta chemise, tu te fous de ce que pensent les autres et c'est ce que j'aime chez toi, ta liberté. Pourtant tu n'es pas inébranlable, je le vois quand ton regard se perd ; tu ne pourras pas toujours reprendre ton sourire espiègle en faisant comme si de rien n'était, ça ne marche plus avec moi. Même si tu me le fais payer avec des croquettes pour chien.

D'ailleurs, tu m'emmerdes avec la bouffe mais tu as toi aussi un énorme défaut : tu n'aimes pas l'eau, te lavant que les matins où tu dois travailler. Ce n'est pas vraiment dérangeant sauf pendant tes vacances. Avec moi, tu sais quand tu dois te laver quand je te verse un verre d'eau froide de la tête, n'arrêtant pas jusqu'à ce que tu cèdes en râlant.
Sauf en hiver ou lorsque mère nature a décidé de t'offrir ton cadeau mensuel, qui, lié à des douleurs dans tes articulations en papier mâché, sans doute arthrosiques du fait de tes anciennes fractures, tu deviens pire qu'un dragon blessé qu'il ne faut surtout pas titiller. Tes problèmes d'articulations sont d'ailleurs assez gênantes dans certaines situations...
Mais malgré tout ça, tu es belle Mido, t'auras beau dire le contraire tu es belle. Certes tu n'es pas le canon de beauté aseptisé que montrent les magazines, tu as des défauts, mais c'est ce qui fait que tu es unique, que tu es toi et que tu attires le regard par ton charme discret.


Invité
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Invité
Invité
Invité
posté
le Ven 15 Mai - 9:16
par Invité
Oh sa mère.
Toi je t'aime. Mais je t'aime tellement.
Tu as dans ta fiche un nombre astronomique (8D) d'éléments que je rêve de voir chez un personnage. Non sérieux, tu as une classe de tous les diables ailqbsmabdlqkdnslqrj
Très hâte de lire la suite!
BIENVENUUUUE
Midori Sawamura
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posté
le Ven 15 Mai - 10:06
par Midori Sawamura
Merci Sagi ♥ (je t'aimeuh depuis longtemps tu sais ? chuuuuuuut)
Le reste de ma fiche sera plus court, si j'arrive à me la fermer parce que je m'en veux déjà du "nombre astronomique" >.>
Invité
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Invité
Invité
Invité
posté
le Ven 15 Mai - 11:26
par Invité
Okay, je suis amoureux.
Voilà.

Edit : De la fiche hein, ça fait narcissique bizarre sinon.
Des bisous sur toi Mido' ♥
Midori Sawamura
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posté
le Sam 16 Mai - 15:32
par Midori Sawamura
Rho. Tu pourrais l'admettre que tu es tombé amoureux de ton dessin. ♥ (personnellement c'est le cas)

Merci et encore merci, et j'oubliais merci Yai ! ♥
Invité
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Invité
Invité
Invité
posté
le Sam 16 Mai - 16:33
par Invité
Je crois que ça m'arrivera jamais malheureusement, je suis trop chiant pour ça :D
Et c'était rien va, ça m'a fait plaisir ♥
Invité
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Invité
Invité
Invité
posté
le Dim 17 Mai - 2:13
par Invité
(ici Sagitta)
AH MERDE T'AS UN NOUVEL AVATAR
Nan sérieux j'avais commencé à dessiner Mido, j'pensais être originale et tout /PAF/
bah écoute j'arrange encore quelques bidules et t'aurais deux nouveaux gribouillis pour grossir ton dossier, si t'es pas chanceuse!

bravo Yaishi c'est beau (la maaaain) ♥ t'as le droit d'être narcissique va
Midori Sawamura
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Inscrit.e le : 15/05/2015

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posté
le Lun 18 Mai - 1:49
par Midori Sawamura
HAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN ! Haru ! ♥ Tu imagines pas le flot d'amour qui est en train de naitre dans ma petite tête pour toi !

Yai en résumée : ♥

FICHE TERMINEE ! ♥
Black Chocolate
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Inscrit.e le : 22/11/2013

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Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Fon'Dada ♕
Fon'Dada ♕
posté
le Lun 18 Mai - 9:55
par Black Chocolate
Re-bienvenue sur le forum ! :)
-  En fait même sachant parfaitement marcher, elle persévérait dans ton mutisme, leurs parents se sont faits du souci… ( Petit souci de prise de point de vu, non ? Entre tu et elle ? )
- Tu attires le regard, car le tien et droit et déterminé
- Je veux bien que tu sous heureuse d’être sortie mais, attend un peu…
- Mon point se lève et percute violemment la table.
- Parce que je suis l’homme se sa vie non ?
J'aime beaucoup ton psychologique, une très bonne idée ! D'ailleurs ta fiche est parfaite et j'aime toujours autant te lire. ♥ Je te valide donc avec plaisir !


Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :

• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


Chienne de vie (Terminée) Obg8
Un GRAND MERCI à Driss Y. Nanase pour ce superbe kit. ♥♥
Midori Sawamura
Messages postés : 719
Inscrit.e le : 15/05/2015

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posté
le Lun 18 Mai - 10:08
par Midori Sawamura
Merci ! ☻
Voilà tout est correctionné (j'ai honte d'en avoir laissé passé tant et d'avoir refait celle du point qui était sur ma première présentation déjà... )
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