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le Mar 23 Avr - 16:33
Rubén Komeda
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Sur le chemin du travail, je ressens un peu d'appréhension. Cela fait plus d'une semaine que je ne me suis pas rendu à l'agence de Wallace. Je l'avais prévenu de la réception de cette maldita lettre, recevant son accord pour m'absenter une semaine afin de m'installer, et… Plus rien. Je n'avais donné aucune nouvelle. Ni à Wallace ni à ma famille. Parce qu'en réalité, je ne m'étais pas rendu dans mon nouveau logement mais j'avais sauté dans le premier avion pour la Colombie. Je n'avais pas voulu me plier aux ordres de l'incontestable et j'avais fait tout mon possible pour échapper à ce mariage de mierda. Je m'étais rendu immédiatement au consulat du Japon en Colombie pour leur expliquer ma situation mais visiblement cela ne leur avait fait ni chaud ni froid. Je m'étais rabattu vers des avocats, leur demandant conseil. Étant Colombien d'origine, adopté de manière illégale et non-gouvernentale, m'était-il possible de revendiquer ma nationalité Colombienne et d’annuler celle japonaise ? Auquel cas, pouvaient-ils me retirer la puce ? Malheureusement j'avais appris que tout ce que je pouvais faire c'était de lancer des démarches pour retrouver les personnes à l'origine de mon adoption et de porter plainte contre eux. Il leur était simplement impossible de retirer ma nationalité japonaise. En d'autres termes, j'étais fait comme un rat, je serai obligé de subir ce mariage. Par contre, je n'avais pas pris de billet retour, vers Tokyo, décidé à rester sur mes terres natales aussi longtemps qu'on me le permettrai.

J'avais clairement abusé pendant ces quelques jours de liberté. Entre les mojitos et la marijuana, j'étais dans un état lamentable et je l'avais vite regretté. Lorsque les pendejos de miliciens avaient fait voler la porte, me réveillant en sursaut, je n'avais pas été très délicat… Au contraire, je les avais allègrement insultés et ils avaient étrangement tout de suite compris mes propos en espagnol. Ils m'avaient tabassé jusqu'à ce que je perde connaissance et m'avaient balancé dans leur avion. J'avais rejoins, après plusieurs heures de vol, la cellule dans laquelle m'attendait Hina. Nous en étions finalement sorti mais forcément, le délai de la semaine d'absence avait été dépassé et je n'avais pas pu prévenir Wallace étant donné que je n'avais pas eu accès à mon téléphone. La veille, en sortant de cellule, je lui avais laissé un message, m'excusant de mon absence et lui promettant d'être présent le lendemain.

Eh bien, le lendemain est arrivé si vite que je me retrouve déjà à garer ma moto tout près de l'agence. J'enlève mon casque, attrape mon matériel de photographie et m’élance dans l'agence de Wallace. Je commence vraiment à me sentir nerveux. J'imagine que mon patron ne va pas spécialement être ravi de mon absence non-autorisée donc je redoute de le croiser. Je m'étais déjà fait remonter les bretelles par Mariko - une de mes deux mères adoptives - hier, lorsqu'elle avait appris que j'étais sorti de cellule. Honnêtement, je n'avais aucune envie de me prendre une seconde rouste, celle d'hier avait suffit. Même celle des armoires à glace m'avait suffit, en soit. Mon corps était encore marqué de leurs coups, de la tête au pied. Ils s'étaient bien défoulés sur moi ces pendejos…

En entrant dans l'agence, je ne peux pas passer inaperçu. Wallace est dans l'entrée, devant son mannequin articulé. J'avance doucement, légèrement méfiant, jaugeant son humeur.

- Wallace, salut…

Il me suffit d'une seconde pour comprendre que je vais passer un sale quart d'heure. Il n'a pas cet air qu'il arbore habituellement, joyeux, avenant, bienveillant. A cet instant, il a l'air vraiment contrarié.

- Je suis désolé pour mon absence, j'ai eu… Un contre-temps.
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le Mer 24 Avr - 0:17
Fox Russel
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Retour du fils employé prodigueJe ne suis pas vraiment à mon travail, la tête tournant constamment vers la porte d’entrée. L’un de mes employé, photographe, manque à l’appel depuis une semaine. Il m’a appris qu’il avait été marié, n’a plus donné de nouvelles et m’a juste envoyé un message pour dire qu’il revenait aujourd’hui. Il est gaijin, comme moi, Colombien de naissance, et j’aime à pratiquer avec lui mon espagnol. Ça lui fait toujours venir un sourire et une jovialité que j’apprécie de voir chez ceux avec qui je travaille. Ses « stages » avec Timorg sont aussi un plus et même si je l’ai pris sur un dossier plus léger que d’autres candidats qui m’ont envoyé leur CV, je ne regrette pas car il progresse rapidement et offre un souffle jeune de joyeux à l’agence.

Je regarde à nouveau la porte. Il n’est pas encore censé arriver mais je ne peux pas m’en empêcher. Le silence radio qui a suivi son départ de la semaine dernière m’a mis dans tous mes états. J’avais même peur qu’il ait été arrêté et exécuté. Son message était si inattendu, hier, que j’ai dû m’assoir, assailli par trop de sentiments contraires. D’aucun dirait que ce n’est qu’un employé, et que je ferais mieux de le licencier pour son comportement. Moi, je suis attaché à ceux avec qui je travaille et j’étais soulagé autant qu’inquiet. Il pourra reprendre, disait-il, mais si c’est la fameuse semaine, s’il est allé au centre de redressement, dans quel état est-il ?

Je reporte mes yeux sur la robe, et défait pour la quatrième fois la même couture avant de reculer de Bernie pour regarder mon mannequin articulé. La tenue est belle, mais sans plus et j’ai beau avoir l’image finale de ce qu’elle doit donner, pas moyen de lui donner forme à ma convenance. Je veux arrêter sans vouloir abandonner. En reculant encore, je ne fais aucun son sur le sol. Je suis toujours bien habillé, mon costume gilet parfaitement taillé et en place, quoique j’ai remonté mes manches aux coudes pour travailler librement, mais la tenue est d’un brun sombre, et à mes pieds, des

Mais je ne m’en préoccupe soudain plus du tout. La porte s’ouvre et la tignasse de Ruben passe l’encadrement. Mes mains sur les hanches, dans la posture avec laquelle je jugeais de mon travail, je me tourne vers lui alors qu’il entre, clairement mal à l’aise.

Wallace, salut…

Rubén…

Je l’appelle plus que je le salue. Je m’étonne de le voir autant que ça me tétanise. Son visage est tuméfié et il ne se tiens pas droit, un peu penché, surement parce qu’il a mal. J’ai pour ma part les yeux fixés sur son visage, sur le bleu qui s’y est répandu.

Je suis désolé pour mon absence, j'ai eu… Un contre-temps.

Rubén !

Et je m’approche de lui. Mes bras l’entourent pour le serrer, délicatement mais assez pour qu’il ait tout de même un peu mal. Je le sais mais tant pis, c’est sa punition, la seule qu’il aura. Je sais qu’il est marié, et je le suis aussi, mais si je n’aurais jamais eu ce geste envers un japonais, je sais que je peux l’avoir avec Ruben, car dans nos cultures respectives, une étreinte est tout à fait acceptable entre ami. Je lui parle en espagnol, glissant ça et là un anglais nerveux.

Ruben, My god ! Où étais-tu passé !? Tu es allé au centre, c’est ça ? Gosh, regarde-toi, tu es couvert d’ecchymoses ! Tu n’as rien de cassé ? Je me suis tellement inquiété ! Oh mais je suis heureux de te voir ! Regarde-moi !

Je m’écarte et dégage sa mèche pour mieux voir son visage. Je grimace, moi-même peiné, tant ça parait douloureux.

Tu t’es défendu, c’est ça ?

Je me détache de lui, la punition est suffisante, maintenant, il faut l’aider. Je m’attendais à cet état et par anticipation, j’ai ramené ma trousse de soin. Les japonais se repose beaucoup sur les traitements médicamenteux ou la médecine traditionnelle chinoise et très peu voire pas du tout sur l’homéopathie. Difficile de trouver chez eux des traitements dont on se sert couramment en occident. J’ai de quoi faire à la maison, mais j’ai pris des premiers soins pour Rubén, espérant qu’ils ne soient pas utiles, mais préférant m’en servir plutôt que de ne plus revoir mon photographe du soleil. Je lui tend la pochette et l’invite à venir à la kitchenette de l’agence, cachée de l’entrée par un renfoncement.

Je dois avoir de l’arnica dedans si tu veux traiter plus vite les bleus.

J’allais me prendre un thé, je te fais un café ?


Je sais qu’il n’aime pas être materné mais je n’y peux rien, et faute de mieux, je veux l’aider comme je peux. La table centrale ne fait pas vraiment cuisine américaine, plus comptoir où s’asseoir sur les chaises hautes et profiter d’un café. Je laisse passer un moment, le temps de lui mettre une tasse bien faite et bien chaude entre les mains, dont je remarque aussi les blessures, et je m’assois avec lui, face à lui, mon thé en main.

Je suis passé par plusieurs mariages et récemment, lors de la pause de l’agence, je suis moi-même allé au centre de redressement. L’expérience n’a rien d’enrichissant. Elle est douloureuse de bien des façons. Tu n’es pas obligé, mais… Tu veux en parler ?

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le Mer 24 Avr - 12:23
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Tout ce qu'il dit, c'est mon prénom. Ça ne me rassure pas. J'ignore à quoi m'attendre. Va-t-il me demander de rentrer chez moi, que je ne suis plus le bienvenu à l'agence ? Va-t-il me passer un savon pour l'avoir planté pendant plus d'une semaine ? Va-t-il me materner comme il a l'habitude de le faire ? J'en ai aucune idée. Il s'approche de moi et je me crispe, redoutant de recevoir un coup. Il n'avait jamais levé la main sur moi mais c'était un vestige de mon passé. J'ai été frappé tant de fois depuis l'enfance que je me montre  naturellement méfiant lorsqu'on est énervé contre moi. Au lieu de ça il me sert contre lui. Très fort. C'est douloureux mais je ne dis rien. C'est un moindre mal par rapport à ce que j'avais pu imaginer, alors je répond à son étreinte sans broncher. Malgré la douleur, ça m'apaise de le sentir aussi proche de moi. Je craignais que mes actes le rende distant et je suis soulagé de constater que ce n'est pas le cas.

- Ruben, My god ! Où étais-tu passé !? Tu es allé au centre, c’est ça ? Gosh, regarde-toi, tu es couvert d’ecchymoses ! Tu n’as rien de cassé ? Je me suis tellement inquiété ! Oh mais je suis heureux de te voir ! Regarde-moi !

L'entendre parler dans ma langue natale m'arrache un faible sourire. Habituellement je souris de toutes mes dents, mais aujourd'hui je ne suis pas d'humeur pour ça. D'autant plus que je culpabilise en sachant l'avoir inquiété.

- Tranquilo. Je vais bien. Je n'ai rien de très grave.

Je n'ai rien de très grave… Après qu'elle m'ait amené de force à l'hôpital et qu'on m'ait drainé le sang d'un hématome intracrânien ou je ne sais quoi… Bref, encore un super moment depuis mon retour au Japon… Je le regarde, la mine fatiguée alors qu'il s'éloigne doucement en m'observant. J'ai encore super mal dormi et je dois avouer que ce n'est toujours pas la grande forme, je dois vraiment faire peur à voir.

- Tu t’es défendu, c’est ça ?

- Non pas tellement… Disons qu'ils n'ont pas dû apprécier mon accueil après le voyage qu'ils venaient de se taper…

Je hausse les épaules, l'air détaché. Je le regrette immédiatement car cela réveille des douleurs dans mon corps. Il est vrai qu'en soit, comme je dormais à l'arrivée des malabars de la milice internationale, je n'ai pas montré beaucoup de résistance. Par contre ils n'avaient pas apprécié du tout les propos que j'avais tenus et ils me l'avaient fait rapidement comprendre. D'autant plus qu'effectivement, ils venaient de passer plusieurs heures dans l'avion, entre le Japon et la Colombie, ils ne devaient alors pas être de très bonne humeur. Je venais d'ailleurs de donner auprès de Wallace un indice de ma localisation la semaine passée. Eh oui, je suis sincèrement désolé mais je n'ai pas pris cette semaine pour m'installer dans mon nouveau logement…

Il a l'air vraiment préoccupé, il m'invite à utiliser sa trousse de secours et à le suivre vers la kitchenette. Ça me met mal à l'aise. J'ai joué avec le feu, je me suis brûlé, ça arrive. J'en suis le seul fautif, c'est à moi d'en assumer les conséquences. Je ne veux pas qu'il s'en fasse pour moi.

- Je dois avoir de l’arnica dedans si tu veux traiter plus vite les bleus.

- C'est gentil mais ça va aller.

Oui, ça va aller, d'autant plus que j'ai une infirmière sur le dos à présent, je ne risque pas de dépérir. Je le suis vers la kitchenette de l'agence, laissant la trousse de secours où elle était posée.

- J’allais me prendre un thé, je te fais un café ?

- Pourquoi pas, merci.

Un silence plana le temps que mon patron prépare les boissons chaudes. Mon esprit était ailleurs, constatant avec dépit combien ma vie avait pu changer en l'espace d'une semaine et demi. Il y a encore pas si longtemps, mon quotidien était rythmé par mes envies, mes passions, la liberté à l'état pur. A présent, c'est terminé. Je dois vivre avec une nana que je ne connais ni d'Adam ni d’Eve, agir en fonction d'une machine de mierda, obéissant à ses règles et ses caprices. Finalement je suis prisonnier même en dehors de la cellule…

- Je suis passé par plusieurs mariages et récemment, lors de la pause de l’agence, je suis moi-même allé au centre de redressement. L’expérience n’a rien d’enrichissant. Elle est douloureuse de bien des façons. Tu n’es pas obligé, mais… Tu veux en parler ?

Je l'écoute avec attention. Alors toi aussi tu y es allé, Wallace ? Je ne t'imagine tellement pas dans ce genre d'endroit, toi si bien apprêté, toujours impeccable dans cette cage si repoussante. Cela a dû être dur pour toi. Pour moi, le plus dur ce n'est pas la prison, ni même le passage à tabac des armoires à glace, mais la vie qui suit tout cela. Le fait que l'on me retire mes libertés de cette manière. Le fait d'être menotté au système-et à cette femme- à tout jamais. Ça me déprime tellement. Je soupire. Lorsqu'il me propose d'en parler je hausse encore les épaules avant de le regretter à nouveau. Je ne sais pas si j'ai très envie de m'exprimer à ce sujet avec lui. D'autant plus que j'ignore ce qu'il pense du système. Moi je le hais. Au plus haut point. Je n'ai aucune envie de lui obéir et le fait de l'avoir laissé gagner, ça me fait mal. Finalement la colère me gagne. Je bous tellement à l'intérieur que je ne peux m'empêcher d'être transparent envers lui.

- Le plus douloureux c'est de se plier à ce gouvernement de mierda. On ne peut pas y échapper, ça me rend dingue… On est juste des putos lapins d'élevage. On a plus qu'à se reproduire avec un individu de la même espèce, qu'on ne connaît absolument pas. Ils font les expériences qu'ils veulent sur nous et si on est pas d'accord, on a qu'à crever. C'est quoi ce pays, joder ?

Ça y est, j'ai envie d'une clope. Et dire que  j'avais réussi à arrêter il y a plusieurs semaines-si on ne compte pas mes écarts en Colombie bien sûr-et ça m'obsède depuis hier… J'ai clairement envie de frapper du milicien aussi… Mais je sais que je ne fais pas le poids et que je vais finir en charpie si ça continue…
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le Lun 29 Avr - 20:29
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Retour du fils employé prodigueRubén est clairement démoralisé, répondant par monosyllabe ou presque à mes questions, refusant les soins, acceptant, du bout des lèvres, le café que je lui tends.

Le plus douloureux c'est de se plier à ce gouvernement de mierda. On ne peut pas y échapper, ça me rend dingue… On est juste des putos lapins d'élevage. On a plus qu'à se reproduire avec un individu de la même espèce, qu'on ne connaît absolument pas. Ils font les expériences qu'ils veulent sur nous et si on n’est pas d'accord, on a qu'à crever. C'est quoi ce pays, joder ?

Je connais mon employé, c’est un électron libre. Il vaut mieux le persuader de faire quelque chose que l’y obliger. L’Incontestable est clairement le genre d’ordre qu’il n’aime pas recevoir. Je le sais aussi pudique dans ses relations, et pas du genre à accepter qu’on lui dise qui aimer ou comment le faire. Moi c’est différent, je connaissais le programme, je l’ai accepté en pleine connaissance de cause, quoique je ne m’attendais pas à ce qu’il me change de conjoint aussi rapidement que je changeais d’amant auparavant.

Je comprends ta colère, Rubén, et le système pose des problèmes à beaucoup de japonais, naturels ou adoptés. Je serais malhonnête de dire que je n’y ai pas cru, à ce système. Mais il pense aux résultats plus qu’aux sacrifices à faire. Je m’en mords encore les doigts. A l’exception de Queen, ça ne m’a pas apporté les meilleurs moments de ma vie. J’y ai cru. Parce que pour d’autres, ça se passait si bien.  Peut-être qu’à l’avenir ça pourrait s’arranger, mais je sais que le début est toujours chaotique.

Les couples que j’ai vus se former, la complicité née entre deux inconnus, un lien forcé devenu indestructible. Je voulais ça aussi. Mais je ne l’ai pas eu, ou pas encore ? J’y crois sans doute encore, je m’attache toujours à la personne que la machine lie à moi. J’essaie encore, par espoir, ou par stupidité.

Je choisis quelques anecdotes que je lui raconte, l’air outré ou fâché quand les épisodes que je relate sont surtout ridicules ou amusants. La rencontre avec mon épouse, ensevelie sous ses cartons de pizzas, mon premier mari timide à ne pas oser s’assoir à côté de moi, le troisième qui s’était retrouvé ivre quelques jours après notre mariage, et que j’avais ramené comme un enfant à la maison.

Tu n’imagines pas tout ce que j’ai eu à subir. Je n’y aurais pas été forcé, je ne l’aurais jamais fait !

Je laisse une pause dans mon discours et rajoute, inopinément.

Mais entre ça et mourir, le choix est vite fait. Non ?

Je passe une main légère sur la tignasse de Rubén, un geste affectueux que je n’appuie pratiquement pas de peur de lui faire mal.

Je préfère t’entendre te plaindre que de te plus avoir mon cher photographe, tu sais. Et Timorg m’en voudrait personnellement de perdre l’un de ses élèves les plus prometteurs. Il n’a toujours pas saisi le système de l’Incontestable.

J’essaie de le détourner un moment de sa colère, bien que je me demande si ça n’est pas la raison majeure de son emportement. Mais en parler pourrait le décharger de ce qu’il garde en lui. Je bois une gorgée de thé et lui sourit, amusé.

Il y a donc une Madame Komeda ? Comment est-elle ?

Je m’amuse faussement. En réalité, je m’inquiète mais le montrer le braquerait davantage que de lui faire croire que je cherche juste un sujet de potin. J’ajoute en ouvrant la bouche en o.

Oh ! Ou est-ce un monsieur ?

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le Mar 30 Avr - 7:57
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Parler de l'incontestable fait resurgir en moi une colère intense, dont j'ai dû mal à me dépêtrer depuis la réception de la lettre. Je bouillonne à l'intérieur et je ne m'en cache pas. Je suis pas du genre à faire semblant et Wallace le sait.

- Je comprends ta colère, Rubén, et le système pose des problèmes à beaucoup de japonais, naturels ou adoptés. Je serais malhonnête de dire que je n’y ai pas cru, à ce système. Mais il pense aux résultats plus qu’aux sacrifices à faire. Je m’en mords encore les doigts. A l’exception de Queen, ça ne m’a pas apporté les meilleurs moments de ma vie. J’y ai cru. Parce que pour d’autres, ça se passait si bien.  Peut-être qu’à l’avenir ça pourrait s’arranger, mais je sais que le début est toujours chaotique.

J'écoute Wallace me demandant comment il avait pu faire pour y croire ne serait-ce qu'une seule seconde. Ce n'était absolument pas mon cas. L'incontestable n'avait pas été conçu pour créer des couples épanouis et des familles heureuses mais pour repeupler le Japon coûte que coûte. J'en venais régulièrement à ressentir de la rancœur envers Asuna et Mariko pour m'avoir arraché à mon pays et de me retrouver à présent dans cette situation insupportable.

- Ouais début chaotique, c'est le mot…

Entre le passage à tabac des armoires à glace, le long retour en avion, le séjour en cellule et celui à l'hôpital, ces trois premiers jours de mariage ont été un bordel pas possible...

Il me raconte des anecdotes sur les rencontres qu'il avait vécu avec ses différents conjoints. Ce qui me frappe, surtout, c'est de savoir qu'il a été marié autant de fois. Et dire que le système prétend trouver LA personne compatible avec soi… Qué tontería (quelle connerie)…

- Tu n’imagines pas tout ce que j’ai eu à subir. Je n’y aurais pas été forcé, je ne l’aurais jamais fait !

Il marque une pause. Je regarde Wallace, abasourdi. De quoi est-ce qu'il parle, là ?.. A quoi dois-je m'attendre ?! Par quoi est-ce que je vais passer moi aussi, avec ces conneries ? J'ai presque envie d'en savoir plus mais la situation devient juste glauque. J'aurais préféré ne pas entendre ces mots. Ça ne fait qu'augmenter le potentiel d'angoisse et de malaise déjà élevé de cette situation.

- Mais entre ça et mourir, le choix est vite fait. Non ?

- Euh, ouais, vu comme ça.

Je suis pas du genre suicidaire, non. Sinon j'en aurais fini avant l'arrivée de la tribu de malabar qui s'est déchaînée sur moi. C'est certain. Puis j’ai pas réussi à surpasser toutes les épreuves de ma vie pour tout abandonner maintenant !

Lorsqu'il passe doucement sa main dans mes cheveux, je ne peux m'empêcher de me raidir. Ce qu'il ignore c'est qu'il y a à peine vingt-quatre heures j'étais en chirurgie et même si elle ne fut pas très lourde, mon crâne reste quand même hyper douloureux.

- Je préfère t’entendre te plaindre que de ne plus avoir mon cher photographe, tu sais. Et Timorg m’en voudrait personnellement de perdre l’un de ses élèves les plus prometteurs. Il n’a toujours pas saisi le système de l’Incontestable.

Je souris franchement. Ça fait toujours plaisir de recevoir ce genre de compliments. Je pensais qu'il serait plus en colère que ça contre moi mais finalement, il est avant tout inquiet et il me prouve encore une fois à quel point il tient à moi. Ça me réchauffe le cœur.

- T'inquiète, toi et Timorg n'allez pas vous débarrasser de moi aussi facilement !

Je ris cette fois. En réalité c'est moi qui suis soulagé de voir qu'il veut encore de moi. J'ai toujours cette peur ancrée moi qu'on me lâche, qu'on m'abandonne. Je suis heureux que Wallace ne l'ait pas fait. J'en oublie presque la révolte qui me tord le ventre depuis une semaine et demi.

Il boit une gorgée de son thé et j'en fais de même avec mon café. Pas aussi bon que celui qu'on produit par chez moi mais ça fait l'affaire.


- Il y a donc une Madame Komeda ? Comment est-elle ?

- Ouais, il paraît…

Je lève les yeux au ciel instantanément. Wallace, ¡qué metiche eres (quelle fouine tu es)! Mais je ne t'en veux pas, je te connais à présent. Je sais que pour toi, il n'y a rien de telle qu'un bon petit potin croustillant à se mettre sous la dent de si bon matin.

- Oh ! Ou est-ce un monsieur ?

- Quoi ?! Non non, heureusement !

Ça aurait été pire que tout si cela avait été un homme. Non pas que je sois homophobe, j'en ai rien à carrer de la vie amoureuse et sexuelle des autres. C'est franchement pas mon bord, c'est tout. Je sais que ça aurait pu être le cas puisque la puta machine se fiche totalement des préférences de chacun mais j'aurais été bien dans la merde… Sans allusions étranges…

Je bois doucement mon café relativisant alors un peu sur ma situation. Puis, décidé à me confier davantage à Wallace, je repose ma tasse et le regarde.

- Elle s'appelle Hina. Elle est japonaise et elle travaille aux urgences comme infirmière.

La veille, j'avais eu l'occasion d'en apprendre pas mal sur elle. Elle a par exemple vécu les premières années de sa vie à Sapporo, elle a un père, une mère et une sœur biologiques avec qui elle s'entend bien. Elle a eu un chien. Elle est maladroite. C'est pour l'instant ce que je sais sur elle. Mais Wallace n'a pas forcément ni l’envie ni le besoin de tout savoir.
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le Dim 4 Aoû - 21:16
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Retour du fils employé prodigueJe ris de bon cœur face au regard éperdu de Rubèn à la simple idée d’un mariage gay, lui qui n’est vraiment pas de ce bord.

Quoi ?! Non non, heureusement !

Je suis heureux pour lui. Pour avoir eu un mariage qui allait à l’encontre de ma sexualité, je sais la difficulté, l’horreur même, que cela représente. Si sa compagne est une femme, c’est déjà plus facile à vivre, si on oublie tout le reste nécessaire à une bonne relation. Toutes les femmes ne se valent pas au yeux d’un hétérosexuel, après tout.

Elle s'appelle Hina. Elle est japonaise et elle travaille aux urgences comme infirmière.

Une infirmière ? Je sens que son mari en profitera vite, et mine de rien, ça me rassure un petit peu, surtout avec la tête que me tire Rubèn actuellement. Japonaise, ça ne semble pas le ravir. Moi, je fais la moue, comme une mère à qui son fils cache les détails croustillants de sa nouvelle petite amie.

Oh, je n’ai pas le droit au petit détail charmant ? Ou même aux défauts ? Rien de rien ?

Je ne tiens pas longtemps avant de sourire  à Rubèn.

Il est sans doute un peu tôt pour se faire une idée de sa compagne, n’est-ce pas ? Mais tu n’échappera pas à la prochaine question.

Prenant un air très sérieux, professionnel, je croise les doigts sous mon menton, les coudes sur la table et la tête avant comme pour inspecter mon employé. J’ai un regard scrutateur, et pendant dix solides secondes je n’émets aucun son, imposant un silence suspect. Puis je sors un peu les lèvres pour marmonner tout en gardant un splendide cul de poule :

Elle embrasse bien ?

J’éclate de rire à ma propre blague. Ce n’est pas ce qui m’intéresse, non, c’est un détail intime dans une vie de couple, mais juste pour faire un peu baliser Rubèn, je me devais de la faire.

Non, je veux juste savoir si vous avez le même âge. Ça aide beaucoup d’être de la même génération. Vous aurez plus de chance d’avoir des points communs.

Il n’y a qu’a voir mes précédents mariage. Shimasaki et le cosplay, Allyssa et Yoko avec la chanson, et maintenant Marek avec la littérature. Faire ce lien, et tôt, c’est un bon moyen de créer un échange constructif. Il ne faut pas se regarder l’un l’autre après tout, mais regarder tous les deux dans la même direction.

Je présume que par son métier, on peut en déduire qu’elle est gentille, non ?

Ça, ce n’est qu’un cliché, mais qui me reprochera, moi, Wallace, de jouer avec un cliché ?

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le Jeu 8 Aoû - 15:21
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Cette moue qui se dessine sur le visage de mon patron, je ne la connais que trop bien. C’est celle qu’il adopte lorsque sa curiosité s'éveille. Je sais que je n’échapperai pas à son interrogatoire, je le regarde alors avec un air méfiant. A quel point vas-tu te montrer indiscret Wallace ?

- Oh, je n’ai pas le droit au petit détail charmant ? Ou même aux défauts ? Rien de rien ?

- J’la connais pas très bien…

Même s'il est vrai qu'elle reste une inconnue, c’est surtout un moyen d’éviter les questions car je n’ai aucune envie de parler de celle qui m’a été imposée par une puta machine… Mais je vois bien qu’à ton sourire, tu n’en as pas fini avec le sujet.

- Il est sans doute un peu tôt pour se faire une idée de sa compagne, n’est-ce pas ? Mais tu n’échappera pas à la prochaine question.

Mon air méfiant ne quitte pas mon visage alors que mon patron affiche soudainement un air sérieux, les doigts croisés sous son menton, les coudes posés sur la table et -surtout- les yeux rivés sur moi. Comme s’il me sondait. Un silence de quelques secondes s’installe. Je dois admettre que c’est assez flippant, je commence à me demander ce qu’il va me demander et bizarrement, je crains le pire…

- Elle embrasse bien ?

Je tique. Il est sérieux, là ?! Visiblement pas, il explose de rire. Je lève les yeux au ciel. Il est pas croyable celui-là… Par chance, il n’attend pas réellement une réponse. Non pas que je sois gêné à l’idée d’embrasser des inconnues et d’en parler. C’est déjà arrivé bien plus d’une fois. Mais c’est plus l’idée que j’aie été forcé de le faire avec quelqu'un que je n'ai pas choisi qui me dérange franchement… Autant dire que je n’y mets pas du mien… Manquerait plus que j’y prenne goût, bonjour l’angoisse… Ils ne vont pas m’avoir comme ça ces pendejos (:connards) du gouvernement…

- Non, je veux juste savoir si vous avez le même âge. Ça aide beaucoup d’être de la même génération. Vous aurez plus de chance d’avoir des points communs.

- Mouais, on doit avoir à peu près le même âge.

Mais je me fiche complètement qu’on ait des points communs. Ça ne m'intéresse pas de le savoir puisque j’ai aucune envie de me rapprocher d’elle. Qu’elle reste à distance ce sera parfait. Je vais juste me contenter de faire le strict minimum pour éviter de moisir en cellule, c’est tout.

- Je présume que par son métier, on peut en déduire qu’elle est gentille, non ?

Je hausse les épaules. Pure mauvaise foi de ma part. Je ne peux clairement pas nier sa gentillesse. Elle aurait pu me laisser me démerder avec mon état de santé et je l’aurais bien mérité, après l’avoir jetée en cellule sans aucune hésitation. Pourtant, elle a insisté pour qu’on passe par l’hôpital, pour s’assurer que j’allais bien. Tout la journée et toute la nuit, elle m’a soutenu et a veillé sur moi. Non, je peux difficilement la critiquer sur ce point, ce serait franchement cruel de ma part…

- Ça va, elle est sympa, ouais…

C’est à mon tour de scruter mon patron, en me demandant s’il attend toujours plus d’informations sur celle à qui on m’a enchaîné. Il a l’air bien plus emballé que moi par cette histoire de mariage. En même temps on ne peut pas faire moins emballé que moi, là… En réalité, si je pouvais dévier l’attention sur lui ça m’arrangerait. On a déjà parlé assez longtemps d’elle.

- T’y crois, toi, à ces mariages ?.. Tu penses franchement que c’est quelque chose de bien ?..

Après tout, il est venu de son plein gré dans ce pays de malades. Il a dû y croire, adhérer à l’idée à un moment ou un autre. Mais qu’en est-il aujourd’hui ? A-t-il réalisé dans quel enfer il a mis les pieds ? En ce qui me concerne, il n’y a pas un seul jour qui s’écoule sans que je regrette d’avoir été amené de force mais au moins je suis préparé à vivre une vie de merde avec quelqu’un que je n’aime pas. Alors que Wallace a pu vivre de sacrées désillusions si jamais il a pensé que ça pouvait être bénéfique. Quelque part, j’ai de la peine pour lui, j’espère que sa situation ne s’aggravera pas avec le temps. On ne sait jamais ce que cette maudite machine nous prépare et elle n’a pas l’air très clémente avec lui comme avec qui que ce soit…

- Tu regrettes pas parfois d’avoir mis fin à ta liberté ? De ne pas être plutôt dans un pays où tu pourrais vivre avec quelqu’un que tu aurais choisi ? De toi-même faire ta demande en mariage et d’organiser quelque chose qui vous ressemblerait à l’un et à l’autre ?..

J’aurais tellement voulu avoir la possibilité de vivre ma relation avec Amalia à cent pour cent. Je suis pas sûr qu’on se serait mariés à un moment mais en tous cas on aurait eu la liberté de le faire ou non. Au lieu de cela, elle a coupé les ponts en apprenant mon mariage foireux avec une inconnue et ça m’étonnerait qu’on s’adresse la parole à nouveau, un jour… Donc, en plus de la peine de subir cette dictature qui va me pourrir la vie jusqu’à la fin, je me retrouve délaissé par celle qui comptait vraiment pour moi… Qué perra vida… (:Chienne de vie…)
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le Jeu 8 Aoû - 23:06
Fox Russel
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Retour du fils employé prodigueRubèn n’aime pas mes questions, mais il me doit bien ça après une semaine sans même savoir s’il respirait encore. Il n’aime pas ça, mais il a beau se montrer grognon, j’aime à le taquiner sur ses histoires de cœur.

J’la connais pas très bien…

Oh, il ne s’en sortira pas si facilement ! D’ailleurs mon petit suspense réussit très bien ! Je m’en veux presque de ne pas avoir pris sa réaction en photo, histoire de la montrer à sa compagne le jour ou je la croiserais. Si, je compte bien la croiser un jour ! Il grimace et semble bien content que la question concerne l’âge, et non les performances de son épouse. Pourtant, my god, c’est un détail très important ! En tout cas, ça facilite au moins un genre de communication.

Mouais, on doit avoir à peu près le même âge.

Ah, pas sûr, ou il ne veut pas s’étaler sur la question. Au moins, ce n’est pas une mamie cougar au dentier mal fixé. Je précise pour la question de la performance, parce que le mordant dans un couple, ce n’est pas toujours bien quand c’est mécanique.

Ça va, elle est sympa, ouais…

Sympa… Doux euphémisme ou juste une façon de dire qu’elle ne l’embâte pas trop ? Mh, trop évasif pour que je détermine l’un de l’autre… En tout cas, il ne se braque pas totalement à parler d’elle. C’est un bon début, je dirai.

Mais soudain, question piège.

T’y crois, toi, à ces mariages ?.. Tu penses franchement que c’est quelque chose de bien ?..

J’affiche un sourire énigmatique, de ceux que j’arbore face à une question particulièrement pointue ou qui demande dans sa réponse une formulation bien spécifique. Je n’y réponds pas pour autant.

Toi, qu’en penses-tu ? Est-ce quelque chose de bien ? Ou de mal ?

Mais c’est autre chose qui le chiffonne, car il repart dans d’autres questions. Ça l’intéresse, ou l’inquiète, ou le fâche, et peut-être bien, un peu des trois.
Tu regrettes pas parfois d’avoir mis fin à ta liberté ? De ne pas être plutôt dans un pays où tu pourrais vivre avec quelqu’un que tu aurais choisi ? De toi-même faire ta demande en mariage et d’organiser quelque chose qui vous ressemblerait à l’un et à l’autre ?...

Je prends le temps de bien réfléchir à ses questions. J’en connais les réponses, mais difficile de donner à cet épris de liberté une réponse qui ne le révoltera pas, ou ne le fâchera pas. Notre vision du monde est différente, c’est bien pour ça que je l’ai voulu comme photographe. Pour offrir un autre angle de vue au travail de l’agence. Son point de vue sur l’Incontestable est on ne peut plus clair, rein qu’à la formulation de ses questions. Mais le mien n’a jamais été très défini.

Pas vraiment, Rubèn. J’ai un passé assez sulfureux, et même avec tout le romantisme que j’ai en moi, jamais auparavant je n’ai pu garder quelqu’un jusqu’au mariage, La liberté de choisir, ça ne signifie pas que l’autre te choisira aussi. J’ai connu bien des amours malheureuses, et des ruptures douloureuses. Et puis, peut-être que je ne me tournais jamais vers la bonne personne pour moi, peut-être que je refusais les personnes qui m’auraient convenues. Ne crois pas que dans les pays où la liberté de mariage existe, tout le monde trouve son âme sœur. J’en ai traversé une centaine, et pourtant, je suis arrivé ici seul. Un super amant, mais un piètre fiancé, et pire mari encore…

Seul ou presque. Mais chut.

Et même avec mes mariages successifs, puis-je me plaindre ? Ce n’est que le schéma que j’avais déjà auparavant. Jusqu’à ce qu’une fois pour toute, je sois lié à quelqu’un.

Je me redresse.

Je ne peux pas vraiment me plaindre. Queen est là grâce à la puce. L’agence s’est développé, j’ai rencontré Karl, Iakov, et toi, grâce à la puce. J’ai un filleul adorable, grâce à la puce. Je n’ai pas encore mon âme sœur mais j’y travaille. Pour le reste, les obligations d’embrasser, de vivre et de faire l’amour à la personne qui partage ma vie me semblent plutôt agréables à réaliser. J’ai toujours adoré faire l’amour ! Pas toi?

Mon sourire est moins innocent que coquin. Rubèn n’aime pas entendre dire de la bouche de son patron qu’il aime le sexe. Encore prude, c’est si mignon !


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le Mer 11 Sep - 13:39
Rubén Komeda
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Un sourire particulier se dessine sur les lèvres de Wallace. Aurais-je touché une corde sensible ? Il esquive la première question en me l’adressant directement. Mais de la même façon que lui, je lui réponds par d'autres interrogations. Il connaît ma réponse. Évidemment que ce système est mal. Il s'agit d'une dictature qui met en place un système de mariages arrangés sous menace de peine de mort. Le Japon doit être actuellement le pire pays qui soit concernant les droits humains. Alors forcément, je ne comprends pas pourquoi mon patron s'est jeté volontairement dans la gueule du loup. Ça n'a aucun sens pour moi. Il réfléchit longuement, d'ailleurs, à mes questions. A-t-il seulement la réponse ?

- Pas vraiment, Rubén. J’ai un passé assez sulfureux, et même avec tout le romantisme que j’ai en moi, jamais auparavant je n’ai pu garder quelqu’un jusqu’au mariage, La liberté de choisir, ça ne signifie pas que l’autre te choisira aussi. J’ai connu bien des amours malheureuses, et des ruptures douloureuses. Et puis, peut-être que je ne me tournais jamais vers la bonne personne pour moi, peut-être que je refusais les personnes qui m’auraient convenues. Ne crois pas que dans les pays où la liberté de mariage existe, tout le monde trouve son âme sœur. J’en ai traversé une centaine, et pourtant, je suis arrivé ici seul. Un super amant, mais un piètre fiancé, et pire mari encore…

Alors là, je suis sur le cul. Mon regard se durcit légèrement envers mon patron. Sous prétexte qu'il n'a pas trouvé la bonne personne, il renonce à une bonne partie de ses droits et accepte de vivre sous ce genre de régime ? Juste dans l'espoir qu'on lui enchaîne quelqu'un qui ne partira pas ?.. Qui devra le supporter de force et ne pourra pas décider de rompre de peur de mourir ? C'est horrible...

- Et même avec mes mariages successifs, puis-je me plaindre ? Ce n’est que le schéma que j’avais déjà auparavant. Jusqu’à ce qu’une fois pour toute, je sois lié à quelqu’un.

Je reste coi, écoutant mon patron m'expliquer combien il est plus pratique d'attendre que la machine lui trouve quelqu'un qui n'aura pas d'autres choix que de vivre à ses côtés. Au fond, je trouve ça assez triste qu'il ait renoncé à sa liberté pour qu'on lui trouve l'amour. Déjà parce que ce système n'est absolument pas fiable. Il a été incapable de le marier définitivement, encore. Comme quoi, c'était peut-être sa destinée de papillonner de relation en relation… Puis il doit avoir une bien piètre estime de lui-même s'il pense que la seule relation durable qu'il puisse avoir dépend d'une machine qui forcera quelqu'un à vivre avec lui en ne lui laissant aucun autre choix que d'obéir…

- Je ne peux pas vraiment me plaindre. Queen est là grâce à la puce. L’agence s’est développé, j’ai rencontré Karl, Iakov, et toi, grâce à la puce. J’ai un filleul adorable, grâce à la puce. Je n’ai pas encore mon âme sœur mais j’y travaille. Pour le reste, les obligations d’embrasser, de vivre et de faire l’amour à la personne qui partage ma vie me semblent plutôt agréables à réaliser. J’ai toujours adoré faire l’amour ! Pas toi ?

Je tique. S'il va probablement penser que c'est parler de sexe avec mon patron qui me trouble -ce qui n'est pas le cas, bien que ce ne soit pas très pro, en soit- c'est en réalité sa vision des choses qui me choque.

- Bien sûr que si.

Je ne sais pas quelle image mon patron a de moi mais je suis loin d'être un saint, prude et chaste. Je sais bien profiter de ma liberté. J'évite juste d'étaler ma vie sexuelle au boulot. De toutes façons, je suis pas du genre à discuter du thème pour gonfler mon ego, j'ai rien à prouver à qui que ce soit, puis je préfère de loin l'action que le blabla.

- C'est pas parce que je suis célibataire que je m'amuse pas.

Oh, bien au contraire, d'ailleurs. J'aurais peut-être aimé me lancer dans une vraie relation avec Amalia mais l'avantage du fait que ce soit impossible, c'est que je suis libre de faire ce que je veux avec qui je veux. Et j'en profite pleinement. C'est justement sur ce point que je dois éclaircir les choses avec Wallace. Il n'a jamais entendu parler de la notion de consentement, sérieusement ? Ouais, le sexe c'est absolument génial, je ne dis pas le contraire. Mais à condition que chacun en ait envie ou bien ça s'appelle un viol…

- Mais c'est aussi bon parce que chacun en a envie. J'veux pas être forcé de le faire avec quelqu'un que je n'ai pas choisi. Ni de forcer quelqu'un à le faire avec moi J'suis pas un violeur.

Comment suis-je censé réagir si la nana qu'on m'a collé dans les pattes ne ressent aucun désir pour moi et se retrouve obligée de se forcer ? Ce ne serait pas étonnant qu'elle le refuse. On a seulement quinze jours pour se lancer. Dans ce laps de temps il faut qu'on arrive à accepter la présence de l'indésiré puis qu'on se force à avoir des relations sexuelles pour ne pas mourir. Mais quel genre de liens crée ce gouvernement de malades ?!

- Ils nous laissent quinze putos jours pour essayer de tolérer un minimum la personne et après ça, ils veillent bien à ce qu'on baise.

Oui, on ne va pas appeler ça "faire l'amour" puisqu'il n'y a rien de tout ça. Ni amour, ni désir, ni passion, ni alchimie. Rien de rien.

- Mais cette nana a certainement pas plus envie que moi de se retrouver dans cette baraque de mierda et de devoir valider des objectifs à la con à longueur de journée. J'fais quoi moi si elle n'a pas envie de sexe même rendus à l'échéance ? Je lui dit d'la fermer, je l'immobilise et je force le passage ? C'est comme ça que ça se passe dans ce pays ?.. Joder (:putain), c'est des malades… C'est vraiment ici que tu veux élever ta fille ?..

Je sais que Wallace n'a plus le choix, désormais. Maintenant qu'elle a cette puce dans le cerveau, Queen devra elle aussi obéir aux lois de l'incontestable. Mais comment réagira-t-il si elle est mariée à une personne qui abuse d'elle et la fait souffrir ? Tiendra-t-il le même discours à sa fille ? "J'ai toujours adoré faire l'amour, pas toi ?" Je ne pense pas. Peut-être qu'à ce moment-là il réalisera à quel point le système est horrible et à quel point c'est terrible de donner à l'État des êtres humains avec lesquels s'amuser davantage…
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le Sam 28 Sep - 14:08
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Retour du fils employé prodigueJ’écoute et essuie la colère de Rubén. Il la voue à l’Incontestable, mais clairement, c’est contre moi qu’il la dirige en cet instant, brutale grondante, violente. Je ne lui en veux pas vraiment, mais j’accuse le coup sous mon masque calme. Il refuse de se faire une raison et quiconque tenterait de lui faire changer d’avis se prendra son regard noir et ses reproches, fut-ce son patron, ses parents, ses dirigeants politiques, quiconque.

Mais je ne me démonte pas et je l’écoute, un peu pour le laisser se soulager de son amertume, un peu pour écouter sa version, un peu bête à mon goût quoique je n’en dise rien. Pour l’instant. Je ne suis pas là pour me fâcher avec mon employé, ni lui ni moi n’avons besoin de ça. Mais nos avis divergent vraiment.

Parce qu’en quinze jours tu ne penses pas à séduire ton épouse ? Tu vas la bouder parce que « Non, je veux pas celle-là » ?

J’émets un rire léger, flottant dans l’air alors même qu’il est faux.

Tu ne vas pas me dire que tu n’as jamais eu de coup d’un soir ? De flirt ? De jeux de séductions avec une femme ? J’ai bien compris que tu n’aimais pas qu’on te l’impose mais ton épouse ne mérite-t-elle pas ton attention ? N’est-elle pas une femme que l’on peut séduire ? Est-ce la violer que de s’intéresser à elle ? De mettre ton orgueil de côté pour voir vraiment qui est devant toi ? Autre que « celle qu’on t’impose » ? Penses-tu que les japonais pensent à leur futur épouse comme leur premier viol ? Ou comme la personne qu’ils apprendront à aimer ? De gré ou pour toi de force ?

Je suis un homme qui s’intéresse naturellement à quiconque passe devant ses yeux. C’est sans doute pour cela que je ne vois pas pourquoi il faut en arriver au viol. Rubén est pour moi trop tranché.

Je suis clairement gay, est-ce que pour autant la mère de Queen m’a violé ? Je ne l’ai pas aimée d’amour, mais je mentirais si je disais regretter un jour notre histoire. Pour Queen bien sûr, mais aussi et surtout pour notre relation l’un envers l’autre. Était-ce un mariage raté ? Je ne pourrais pas répondre catégoriquement « non ». Ce n’est peut-être pas le mariage dont j’avais rêvé mais c’était un mariage qui m’a offert beaucoup. Et je ne pourrais pas me plaindre de mes autres mariages, fussent-ils terminés, inachevés ou balbutiant. Je ne suis pas aveugle aux difficultés, mais je ne ferme pas les yeux sur les plaisirs et les bonheurs qu’ils m’ont aussi apportés. Et rassure-toi, je n’ai jamais eu à violer mes conjoints.

Je décoche à Rubén un haussement de sourcil amusé, cachant parfaitement ma propre amertume sur sa colère injuste. Il ne m’accuse pas directement de viol mais ses tournures de phrases ne sont pas pour autant innocentes. Il accuse beaucoup pour un jeune homme qui commence à peine son premier mariage.

Si la machine était si inhumaine, elle nous obligerait à la copulation dès le premier jour et jusqu’à ce que la conjointe soit enceinte. Le but du programme est clair, repeupler le pays. Et il faut bien parfois sacrifier un peu de liberté, ou de confort pour arriver à un but. Comme un pays en guerre fait des sacrifices pour se préserver. Personne ne veut se sacrifier, et pourtant le but est noble. Alors autant faire un compromis entre ce but et le peuple qui doit l’atteindre.

Je baisse mon regard sur ma tasse.

Je ne dis pas que l’Incontestable est parfait. Je sais qu’il ne convient pas à tous, qu’il a ses travers et qu’il est autoritaire. Mais pour la majorité, il a fait ses preuves. Il fonde des foyers, il fait naître des vies, même de moi, il nous fait faire ce que nous n’arrivons plus à faire nous-même : aimer une personne et pour longtemps.

Je souris à nouveau.

Je ne sais pas quand et avec qui Queen sera mariée, mais je sais très bien que l’Incontestable n’a pas le monopole des mauvaises relations. J’en ai eues sans la machine, et crois-moi, je n’étais pas moins malheureux parce que sur le papier, j’étais libre de mes relations. Je ne pourrais que protéger ma fille comme je le pourrais en priant qu’elle n’ait pas hérité du cœur trop fragile de son père. Ici ou ailleurs, ce n’est pas l’Incontestable qui a créé les violeurs. Rassure-toi, pour peu que tu ne sois pas borné, tu n'aura pas à être un violeur.

Je ne peux pas me fâcher contre Rubén, pas après ce qui lui est arrivé, pas pour ce sujet. Il est un électron libre. Il l’a toujours été, et son franc parler ne me déplaît pas. Aussi, je ne hausse jamais le ton, et je ne lui tiens pas rigueur de ses regards mauvais ou de ses injures. Il a eu une semaine éprouvante, et je m’inquiète encore. Néanmoins, je ne peux pas non plus lui donner raison. J’y crois, j’y crois encore. Mes doigts passent au dessus de son visage sans le toucher. Les blessures semblent douloureuses.

Ne grimace pas trop, tu vas te rouvrir la lèvre.


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le Dim 29 Sep - 20:02
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Je m’emporte, perds patience. Je ne devrais pas car il s’agit de mon patron, face à moi. Je me dois de rester respectueux et serein. Même si ses propos me mettent hors-de-moi, je tente de prendre du recul, de mieux me contrôler, de mesurer mes propos. Je  n’ai sincèrement pas envie de me fâcher avec Wallace, parce que, au delà du fait qu’il soit mon supérieur, ça me ferait de la peine de perdre un ami. Pourtant, je ne suis pas au bout de mes peines, avec lui.

- Parce qu’en quinze jours tu ne penses pas à séduire ton épouse ? Tu vas la bouder parce que « Non, je veux pas celle-là » ?

Il rit mais ce n’est que pour avoir l’air -faussement- léger, j’en suis conscient. Il me lance une pique assassine, comme si j’étais un gamin boudeur alors qu’on bafoue mes droits et mes libertés. Comme si mes propos n’étaient pas légitimes. Il ne se rend pas compte qu’il banalise le mariage forcé et que ce qu’il dit est complètement dingue...

- Ce n’est pas histoire de bouder, Wallace. Je suis encore dans mon droit de ne pas être intéressé ou attiré par elle…

Je serre les dents, je sens que la colère monte. La déception aussi. J’apprécie Wallace sincèrement mais nous ne sommes absolument pas sur la même longueur d’onde à ce sujet. J’admets que je ne m’attendais pas à de telles paroles venant de lui. Je me doutais bien qu’il devait être en faveur de l’Incontestable. Assez pour s’être lui-même jeté dans la gueule du loup, en tous cas. Mais à ce point là, c’est effrayant... Il ne faudrait pas trop s’attarder sur le sujet. Je crains que ça dégénère. Je m'apprête à mettre un terme à la conversation quand il me devance.

- Tu ne vas pas me dire que tu n’as jamais eu de coup d’un soir ? De flirt ? De jeux de séductions avec une femme ? J’ai bien compris que tu n’aimais pas qu’on te l’impose mais ton épouse ne mérite-t-elle pas ton attention ? N’est-elle pas une femme que l’on peut séduire ? Est-ce la violer que de s’intéresser à elle ? De mettre ton orgueil de côté pour voir vraiment qui est devant toi ? Autre que « celle qu’on t’impose » ? Penses-tu que les japonais pensent à leur futur épouse comme leur premier viol ? Ou comme la personne qu’ils apprendront à aimer ? De gré ou pour toi de force ?

- Ça n’a rien à voir. Un jeu de séduction, un flirt, ça s’fait de manière spontanée pas par devoir. Moi j’le conçois comme ça en tous cas. Et c’est la même chose quand on tombe amoureux. C’est parce que cette personne nous attire, nous captive. Pas parce qu’un programme nous l’dicte. Ça s’contrôle pas, ça.

Je m’efforce d’adopter un ton calme, de rester paisible. Je n’oublie pas que Wallace reste une personne adorable, toujours prête à aider ses proches. Sans doutes essaie-t-il de m’aider, en ce moment-même mais il ne se rend pas compte que ça a davantage tendance à me rendre fou qu’autre chose. Nous n’avons absolument pas la même vision de l’amour, c’est incroyable. Il doit être un peu du genre coeur d’artichaud, à s’enticher facilement des autres mais ce n’est pas mon cas. J’ai besoin de sentir qu’il y a quelque chose de spécial entre moi et la personne. Positivement spécial. Parce que se retrouver enchaîné à quelqu’un, c’est franchement spécial mais absolument pas dans le bon sens du terme...

- Je suis clairement gay, est-ce que pour autant la mère de Queen m’a violé ? Je ne l’ai pas aimée d’amour, mais je mentirais si je disais regretter un jour notre histoire. Pour Queen bien sûr, mais aussi et surtout pour notre relation l’un envers l’autre. Était-ce un mariage raté ? Je ne pourrais pas répondre catégoriquement « non ». Ce n’est peut-être pas le mariage dont j’avais rêvé mais c’était un mariage qui m’a offert beaucoup. Et je ne pourrais pas me plaindre de mes autres mariages, fussent-ils terminés, inachevés ou balbutiant. Je ne suis pas aveugle aux difficultés, mais je ne ferme pas les yeux sur les plaisirs et les bonheurs qu’ils m’ont aussi apportés. Et rassure-toi, je n’ai jamais eu à violer mes conjoints.

- J’dis pas que t’as violé tes conjoints et j’te crois sur parole quand tu dis que tes mariages t’ont pas déplu mais ça veut pas dire que pour les autres ça s’passe bien. Ton cas n’est pas forcément une généralité. Le désir s’contrôle pas. Les sentiments non plus. Ça devrait pas être commandé par une machine, c'est complètement dingue…

Mon ton est posé, je veille à ne pas hausser la voix, même si ce n'est pas l'envie qui me manque. Parce que la situation me révolte au plus au point, si je n'y prête pas attention je vais encore m'emporter. Et c'est Wallace qui va en faire les frais alors que je n'ai pas à me défouler sur lui.

- Si la machine était si inhumaine, elle nous obligerait à la copulation dès le premier jour et jusqu’à ce que la conjointe soit enceinte. Le but du programme est clair, repeupler le pays. Et il faut bien parfois sacrifier un peu de liberté, ou de confort pour arriver à un but. Comme un pays en guerre fait des sacrifices pour se préserver. Personne ne veut se sacrifier, et pourtant le but est noble. Alors autant faire un compromis entre ce but et le peuple qui doit l’atteindre.

L'ennui c'est qu'il ne me facilite pas la tâche. Il ne réalise absolument pas que ses propos sont complètement fous et qu'il est sur le point de faire céder mes nerfs. Je fais tout mon possible pour garder mon calme et pourtant, mes mains commencent à trembler sous la pression. J'en viens à me demander s'il a été formaté par le gouvernement pour sortir de telles conneries. Parce que c'est typiquement le genre de choses qu'ils pourraient défendre. Or, si la population japonaise était aliénée, il fallait la soigner plutôt que de la forcer à agir contre sa volonté. Puis, en ce qui me concerne, j'ai encore moins de choses à voir avec tout ça que n’importe quel citoyen. On m'a arraché à mon pays pour m'embarquer dans cet enfer,et ensuite on a l'audace de me dire qu'il faut que je me sacrifie pour eux. Mais je n'ai jamais demandé la nationalité japonaise, j'en avais une autre, moi, et je préfère mille fois mon enfance sous les coups, la violence, l'abandon en Colombie plutôt que d'être ici. Je préfère donc garder le silence et me contenter de hocher la tête de gauche à droite en soupirant. Je lui montre que je ne suis pas d'accord mais je ne m'étend pas sur le sujet parce que ce qu'il dit me baisse et je serais incapable de m'exprimer convenablement.

- Je ne dis pas que l’Incontestable est parfait. Je sais qu’il ne convient pas à tous, qu’il a ses travers et qu’il est autoritaire. Mais pour la majorité, il a fait ses preuves. Il fonde des foyers, il fait naître des vies, même de moi, il nous fait faire ce que nous n’arrivons plus à faire nous-même : aimer une personne et pour longtemps.

- J'suis pas d'accord avec toi. Dans les autres pays l'amour existe encore et c'est pas en forçant des personnes à s'aimer qu'on construit une société saine. Après si le but c'est d'créer un pays des moutons d'élevage, qui suivent bêtement le troupeau sans s'indigner et qui se reproduisent, c'est réussi.

Un rire s'échappe de mes lèvres. Ce n'est pas un rire sarcastique, non, c'est un rire triste. Sincèrement triste. Parce que je sais que ce n'est pas une grande majorité de japonais qui se rebellent contre le système. Mon frère adoptif attend lui-même sa lettre avec impatience et a à cœur de remplir son devoir d'honnête citoyen. Comme beaucoup de japonais. Or, je ne comprend pas cela et ça me tue de voir que rien ne change. Que la société accepte ça sans broncher et s'en satisfait. Ce pays n'est définitivement pas le mien, la mentalité n'est absolument pas la mienne. Je n'ai rien à voir avec tout ça et je n'ai aucun moyen d'y échapper…

- Je ne sais pas quand et avec qui Queen sera mariée, mais je sais très bien que l’Incontestable n’a pas le monopole des mauvaises relations. J’en ai eues sans la machine, et crois-moi, je n’étais pas moins malheureux parce que sur le papier, j’étais libre de mes relations. Je ne pourrais que protéger ma fille comme je le pourrais en priant qu’elle n’ait pas hérité du cœur trop fragile de son père. Ici ou ailleurs, ce n’est pas l’Incontestable qui a créé les violeurs. Rassure-toi, pour peu que tu ne sois pas borné, tu n'aura pas à être un violeur.

- T'inquiète pas pour ça, j'préfère encore retourner en cellule qu'avoir ce rôle-là.

Même si je dois ne pas en sortir. Je préfère encore que les autorités se rendent compte que ça ne marchera pas et m'exécutent plutôt que de devenir un monstre… Je ne sens frappé par un coup de blues. Certainement renforcé par la fatigue. Je suis exténué de cette semaine éprouvante, de la raclée que les milicien m'ont mis, de cette nuit d'intervention chirurgicale. Mais je crois que cette conversation absurde m'a davantage accablé et en conclure que la mort est peut-être la meilleure solution m’achève.

- Ne grimace pas trop, tu vas te rouvrir la lèvre.

- Mmh… Ce serait bête que je sois forcé de retourner aux urgences et que je me fasse soigner par elle, hein ?

Je lève les yeux vers ceux de Wallace et tente un léger sourire. J'essaie d'apporter un peu de légèreté parce qu'entre la tension de la conversation, la déprime qui me tombe dessus et l'inquiétude qui semble l'habiter à cet instant, l'ambiance n'est pas forcément la meilleure possible. Franchement, j'aime pas ça. Ça m'emmerde parce que je l'apprécie vraiment. Je ne veux pas qu'il se sente mal et je n'ai pas non plus envie de me mettre dans un tel état. On ne partage pas le même avis, c’est clair. Maintenant on est fixés l’un comme l’autre sur notre opinion respectif. Mais plutôt que de se fâcher à ce sujet, je préfère qu’on prenne de la distance. Soit qu’on n’en parle pas si on est incapables d’en discuter sereinement, soit qu’on en rigole. En tous cas, je ne veux plus jamais avoir à revivre cette conversation. La deuxième option m’inspire d’ailleurs une idée. Je lui lance alors, avec un air de défi:

- T'sais quoi ? Si la machine a eu raison de m'la coller dans les pattes, j'te dois un restau. Ou n'importe quoi. Tu s’ras libre de choisir !

Un luxe dans ce pays, n’est-ce pas ? Je ris à nouveau mais, cette fois-ci, de façon plus légère. J’ai toujours été assez joueur et, à vrai dire, je ne prends pas d’énormes risque parce que je suis absolument convaincu que la machine ne peut pas avoir raison. Puis, si jamais il s’avérait -par le plus grand des hasard- que le système ait visé juste, je mériterais n’importe quel gage du monde pour m’être laissé avoir. Dans tous les cas, Wallace ne perd rien à accepter. Je lui tends alors la main, pour conclure le marché, mais également en gage de paix.
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