Les coups d'pouce ♥
Comme une lettre à la poste [Doumeki] Partenariat4
Comme une lettre à la poste [Doumeki] 6krh
Comme une lettre à la poste [Doumeki] KRhNt37
Toutes les 2h !
Makoto
Nanase
Contacter
Kaori
Vanzine
Contacter
Seyfried
Hohental
Contacter
Carmine
Bellandi
Contacter
Votre staff
A l'honneur ce mois-ci
Membre du moisAmbroise H. Vinsmoke
Voteur du moisIchiban R. Abatangelo
Fix your shit
Normalement y a un résumé un peu plus complet du rp mais faudra nous croire sur parole pour cette fois : c'est du quiproquos qui sent bon l'embrouille est les émotions fortes, après de premiers pas pourtant sereins dans leur mariage. La suite ? Lisez le rp !
Les arrivées du mois
Jennai Orayashe
Seizō Kaieda
Aleksandra N. Zelenka
Chiharu Arizawa
Kazuma Nakashima
Jun Nielsen
Fuu Haruki
Abiki Furuya
Itsuko Takara
Michiko Fuyuka


★
le Ven 3 Mai - 18:55
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Comme une lettre à la poste.
-ft. Doumeki-

Max fait un énième tour sur sa chaise de bureau, une jambe dans le vide, l’autre repliée sur l’assise contre l’accoudoir. Y a pas à dire, elle préfère communiquer avec ses clients par mail plutôt que de vive voix, que ce soit avec les quatre-vingt pour cent d’aimables, ou les vingt pour cent d’exécrables et d’idiots ; elle est toujours moins tentée de s’énerver contre ces derniers. Elle est consciente qu’il faut les plaindre, pas les blâmer, les pauvres. Après tout, c’est elle la professionnelle, eux n’y connaissent rien en photographie. Pas vrai ?
Vrai. Alors pourquoi diable se permettent-ils d’ouvrir leur gueule sur ses méthodes ?

« Le nombre d’or, vous y avez pensé ? »

Oui j’y pense souvent, ça occupe mon esprit quand je suis sous la douche, ça te va ?

« Il y a plein de blanc là autour… »

Ouais c’est ce que m’a dit mon dernier plan cul.

Encore quelques tours de chaise de bureau sur du bon Fall Out Boy, histoire de décompresser et de ne pas laisser ses doigts taper ses pensées au clavier. Heureusement, la plupart de ses clients sont quasi irréprochables et même sympathiques. Ils n’iront pas juger de sa personne pour déterminer quel jugement ils doivent avoir de son travail. Ce n’est pas le cas de tout le monde cela dit.

Max boucle un dernier e-mail, exécute un dernier clic sur le bouton envoyer, puis passe ses bras au-dessus de sa tête, s’étire longuement, regarde l’heure. 12h46. La matinée a été longue. Assez banale, compte tenu de toutes celles qui ont précédé ce mercredi. Un peu de cuisine va lui changer les idées.
Accueillie par Gin et Yumi en sortant de la chambre, elle leur fait une caresse à chacun et va inspecter le contenu de son réfrigérateur, afin de déterminer quelle recette sera la plus judicieuse à faire. Recette, ou expérimentation. Max peut se permettre d’expérimenter ; elle est la seule à manger ce qu’elle cuisine. Un bel avantage à être célibataire, pouvoir expérimenter librement. Et ce n’est pas seulement vrai pour la cuisine, songe-t-elle avec un sourire en coin.
Alors elle sort de quoi faire une panure bien funky, aux épices, et le peu de volaille qu’elle a dans le réfrigérateur. Il faut dire qu’elle achète assez rarement de la viande. D’ailleurs, sachant qu’elle ne mangera pas tout, elle offre un morceau à Gin, et en coupe un autre en dés pour Yumi.

Pendant la cuisson, Max profite du temps qu’elle a devant elle pour descendre dans le hall de l’immeuble, afin de vérifier sa boite aux lettres. Publicités, factures, publicités, coupons, propagande… Elle soupire. Encore du papier gâché.
Le vieux Yamamoto, son voisin du dessus, descend lui aussi dans le hall, saluant Max d’un signe de tête respectueux, il retire ensuite une poignée de lettres de sa propre boite. Lui rendant son salut, la jeune femme reporte son attention sur le fond de sa propre boite, où quelques lettres se trouvent encore.

La vue d’une enveloppe couleur guimauve lui fait alors oublier tout le reste. Que-
Non. C’est juste une énième publicité, avec une propagande martelant l’esprit des gens aussi subtilement qu’un marteau-piqueur sous stéroïdes… Mais ça ne peut pas être-
Le cachet de l’Etat ? Son nom imprimé sur la redoutée missive rose ?
Non, non et non. Cette lettre n’est pas la sienne. Il n’y a pas du tout son nom et son adresse dessus. C’est une blague, ça doit forcément être une blague. Même lorsque ses doigts s’emparent du papier à la couleur douceâtre, hésitants, elle n’y croit toujours pas.

« Enfin, » fait la voix de son voisin du dessus. « Il était plus que temps que votre tour arrive. »

Elle voit à peine le vieux Yamamoto qui lui adresse un signe de tête, un petit sourire, avant de s’éclipser du hall.
Comment font les gens pour se réjouir de ce moment ? Elle ne s’est jamais réjoui pour personne au moment où ceux de son entourage ont reçu leur lettre. Lorsqu’ils s’en réjouissent eux-mêmes –avant même d’avoir rencontré leur conjoint.e- elle ne comprend pas tellement leur enthousiasme, leur impatience, leur bonheur, leur soumission inconditionnelle. Peut-être bien qu’ils essaient simplement de faire semblant, pour rendre la réalité plus simple. Mais on ne rend pas la réalité plus simple.

Max remonte les escaliers jusqu’à son appartement en moins de temps qu’il ne le faut pour l’écrire, claque et verrouille la porte derrière elle, jette la lettre sur la table basse et se laisse tomber sur le canapé. Elle n’a pas descellé l’enveloppe, et ne la regarde même pas.
Dix-sept ans. Dix-sept putain d’années que Max habite au Japon, pays dans lequel les origines nippones de sa mère l’ont finalement trainée à l’âge de dix ans. L’Incontestable avait alors fait éclater sa première famille. Shukumei avait joué le même rôle par la suite. Et maintenant ? Dix-sept ans plus tard, cet algorithme… quoi ? S’imagine qu’elle va former une famille avec la personne désignée ? Un parfait inconnu ? Comment les japonais peuvent-ils aduler quelque chose qui rend si artificielles les relations censées être si uniques et spéciales ?

Il se passe un long moment avant que la jeune femme ose lever les yeux. Gin est roulé en boule à côté d’elle, sur son coin du canapé. Yumi est allongée sur la table basse, en plein sur la pile de courrier, occupée à une toilette méticuleuse de ses oreilles. Voir ses deux compagnons la rassure quelque peu ; au moins, ils seront là, quoi qu’il arrive. Merde, et si mon Incontesté déteste les animaux ? C’est simple, iel n’a pas intérêt à leur faire quoi que ce soit, sinon ça va chier des bulles dans leur nouveau logement. D’ailleurs, leur nouveau logement se trouve où ?
Max regarde la lettre. Toujours scellée. En l’ouvrant, elle découvrira sa nouvelle adresse, mais aussi le nom de l’élu. A-t-elle vraiment envie de savoir si vite ? A vrai dire, si la jeune femme cède à ses envies les plus profondes et viscérales, cela veut dire qu’elle lance cette maudite lettre à Gin pour qu’il la dévore. Mais alors une autre viendrait. Et à la date d’échéance, ce n’est pas dans un nouveau logement qu’elle rencontrerait la personne concernée, mais dans une cellule.

Max serre la mâchoire et se lève un peu abruptement. Rien de tout cela ne lui donne envie d’ouvrir cette lettre tout de suite. Alors elle retourne d’abord en cuisine, auprès du poulet pané qui cuit encore à feu doux. Avec une spatule de bois, elle les retourne tout en se rendant compte que toute envie de manger a déserté son estomac.
Regard torve vers la lettre qui la nargue encore depuis la table basse, sous les fesses de son chat blanc. J’espère que tu finiras jamais au tri sélectif, maudite enveloppe rose bonbon.

***

Doumeki Kazuma. C’est son nom. C’est un homme. Sur le coup, Max regrette d’office d’avoir ouvert la lettre –même si elle aurait de toute façon dû le faire un jour où l’autre ; elle avait secrètement espéré qu’il s’agisse d’une femme. Non seulement parce que Max a toujours été plus souvent attirée par les femmes que par les hommes, mais son expérience personnelle lui a rudement appris que la plupart des hommes la considèrent bien différemment des autres femmes. Soit ils la fétichisent, soit ils ne l’apprécient pas et ne la trouvent pas attirante. Enfin, si, jusqu’à ce qu’ils apprennent qu’elle est transgenre et qu’elle n’a subi aucune opération. Résultat : Max a passé davantage de temps à leur rendre leur hostilité, à les envoyer balader ou tout simplement à s’en méfier par défaut, plutôt qu’à passer du bon temps avec eux. Il y a eu des exceptions, mais chaque exception confirme une règle, parait-il.

Alors non, ce n’est pas la joie. C’est plutôt le stress. Le chaos même. Car c’est bien compliqué pour elle de se faire à l’idée de quitter cet appartement. Il n’est pas bien grand, la résidence est quelque peu vétuste, mais le logis est accueillant, et c’est chez elle. Chez elle et chez personne d’autre. Max ne se sent pas prête à partager son espace, sa vie, ses expériences avec quelqu’un. Un parfait étranger, peu importe ce que dit désormais la Loi.
Pourtant, le lendemain de la réception de la lettre et après l’avoir ouverte, la jeune femme commence à rassembler des affaires. Le nécessaire, c’est-à-dire tout ce dont Gin et Yumi auraient besoin, quelques vêtements, des affaires de toilette et son matériel informatique. Le coffre de sa voiture n’est pas très grand, et sur la banquette arrière, Gin doit cohabiter avec un sac de voyage et la cage de transport de Yumi.
Ainsi, deux jours après la réception de la première lettre, Max met les voiles vers sa nouvelle adresse.

Le trajet dure une vingtaine de minutes. La jeune femme est plutôt surprise de garer sa voiture sur le parking souterrain d’une immense tour. Elle vérifie même plusieurs fois l’adresse pour s’assurer qu’elle est bien au bon endroit. Il s’avère que oui. Bah putain. Ce cher Incontestable ne s’est sans doute pas basé principalement sur son salaire pour déterminer le logement qu’occupera son couple.
Max frissonne. Son. Couple. Elle conçoit parfaitement ces deux mots, comprend leur signification, mais pas lorsqu’ils sont mis bout à bout. C’est vraiment bizarre à dire et à penser. Dire qu’elle a redouté ce jour toute sa vie, alors que d’autres sont si empressés de le vivre.

Gin au bout d’une laisse, Yumi miaulant d’impatience dans sa cage de transport, Max prend l’ascenseur depuis le parking souterrain pour rejoindre le bon étage. Elle se rend alors compte que l’appartement s’étend sur tout l’étage en question. Putain, mais à qui a-t-elle été mariée ? En temps normal, Max est du genre à éviter les préjugés et les idées toutes faites, mais actuellement, ce n’est pas ce qu'elle appelle un temps normal. Alors elle s’imagine un japonais pure souche très traditionnel, coincé et réservé, travaillant non-stop au sommet de la hiérarchie d’une immense entreprise. Ô joie.
La jeune femme se force à respirer profondément pour se calmer, puis déverrouille la porte de son nouveau chez elle. En à peine quelques pas, elle a déjà l’impression de s’être perdue dans le séjour. Comparé à son ancien appartement, le salon à lui tout seul parait vaste. Max en ressent un mélange d’excitation et d’angoisse.

« Il y a quelqu’un ? »

Aucune réponse. Serait-elle donc la première arrivée ? Bien… Pouvoir prendre ses marques seule a quelque chose de rassurant. Débarquer dans ce même appartement alors que Doumeki s'y trouvait déjà aurait été bien plus malaisant.
Elle détache la laisse de Gin et libère Yumi, les laissant explorer leur nouvel environnement, tandis qu’elle fait de même. Les pièces sont innombrables -en tous cas comparé à son ancien appartement- ; il y a trois chambres, tout autant de salles de bain, un comptoir cuisine immense… C’est agréable, en fait, mais le contexte rend l’endroit angoissant. Paradoxalement, le fait qu’il soit encore désert y est encore pour quelque chose. Max a l’appréhension d’entendre la porte s’ouvrir.

Elle n’a mangé que la veille au soir, mais en ce milieu d’après-midi, elle n’a toujours pas faim. Elle s’occupe donc de déposer les affaires dont elle dispose dans la chambre et dans le séjour. Gin a déjà choisi son coin favori, à côté du petit meuble jouxtant le canapé, contre le mur. Max lui dépose donc son panier à cet endroit, tandis que Yumi se couche sur un petit étage du meuble TV. Max aurait aimé être aussi détendue et posée qu’eux dans cette situation.

La soirée se résume à prendre ses marques, se familiariser avec leur nouveau lieu de vie. Max n’a pas encore retrouvé l’appétit, aussi se contente-t-elle donc d’aller directement dormir après avoir pris une douche. La chambre est vaste, le lit est grand.  La jeune femme est consciente qu’il s’agit sans doute de sa dernière nuit seule. Cette pensée l’angoisse. Il y a trop d’inconnus dans l’équation. Peut-être que son conjoint devrait se dépêcher d’arriver et devenir une réalité qu’elle pourrait ensuite appréhender comme il se doit.

***

Gin accueille Max comme d’habitude lorsqu’elle se réveille et sort de la chambre. Yumi, qui a dormi avec elle sur un coin du lit, la suit jusqu’à la cuisine. Ses deux compagnons sont un excellent soutien moral, et même s’ils sont encore eux-mêmes appréhensifs et hésitants face à ce nouveau foyer, ils sont un point d’ancrage pour Max. Après les avoir nourris, elle enfile rapidement un jean, un T-shirt et un pull noir ainsi que son manteau long emmène Gin en promenade dans le quartier, ce qui lui permet de repérer ce qui se trouve aux alentours directs de l’immense tour.
Lorsqu’elle rentre, l’appartement est toujours aussi désert, aussi vaste. Détachant la laisse de Gin, Max laisse son manteau et ses Doc Martens dans l’entrée, avant de se retirer dans la chambre avec son ordinateur. Elle laisse la porte ouverte, pour entendre le bruit de celle de l’entrée, si jamais quelqu’un venait à l’ouvrir aujourd’hui.
Le week-end vient de commencer, il faut espérer que ce Doumeki ne tarde pas trop à arriver. Entre lui et la milice, c’est tout de même lui que Max espère voir franchir le seuil en premier.


Code by: Charlie Crow

— soosaku —

le Sam 4 Mai - 21:08
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma


Le bilan est positif encore cette année mais les subordonnés de Doumeki ne s’en réjouissent pas trop. Le directeur financier n’est jamais souriant, mais il y a sa tête renfrognée des bons jours, et sa tête assassine des mauvais jours. Et personne dans els service le plus invivable du Japon, qui n’ait des envies e mort imminente. Alors tous font profil bas et sursautent quand leur chef claque la porte de son bureau.

Akira, sur le canapé installé dans le bureau de direction, fume tranquillement. Doumeki semble énervé mais il tempère toujours ses humeurs face à son père adoptif. Pourtant, l’exercice est difficile. Il est hors de lui. Même si tout le monde trouve que les chiffres sont concluants, c’est loin de l’attente qu’avait le directeur financier sur les chiffres de cette année. Ils sont en dessous même de sa moyenne, alors quand il attendait plus de bénéfices, le double annoncé, son sang ne fait qu’un tour face au fiasco. Les succursales n’ont pas suivi les indications de son service, ils n’ont pas suivi les ordres et pire encore, ils ont parfois fait l’inverse. Des pertes se sont ajoutées au manque à gagner et pour Doumeki, c’est du sabotage, du torpillage.

Akira lève les yeux de son journal papier. Le vieil homme s’acharne à l’acheter sous ce format, simplement pour pouvoir cacher le grand sourire qu’il arbore souvent derrière.

Ben alors ? T’es bien grognon pour un employé félicité par le conseil d’administration. Ils sont très contents de toi tu sais ?

Non, Doumeki n’arrivera pas à retenir sa colère. La chaise de bureau en prend pour un aller simple à travers le bureau jusque sur le mur où elle tombe, les roulettes roulant dans le vide avant de s’arrêter.

Comment voulez-vous que je bosse avec de tels incompétents ! Ils ont bousillé le chiffre d’affaire de moitié par rapport aux prévisions de mi-exercice ! On aurait dû pouvoir afficher un résultat cinquante-deux virgule cent trente-six pourcents supérieur au désastre annoncé ! C’est du sabotage !

Tout doux Doumeki-chan, tu oublies que ce résultat, c’est tout de même le double de l’an passé.

A peine ! Quatre-vingt-seize virgule zéro quatorze, pas de quoi sauter au plafond.

Ben on fera mieux l’an prochain.

On ne peut pas, Kazuma- shachô, si le résultat affiche un chiffre trop flagrant, on risque les contrôles à répétition. Et l’an prochain est censé être une année maigre. Il va falloir attendre des années pour atteindre à nouveau un chiffre correct.


Akira Kazuma ricane mais Doumeki a dit vrai. C’est le vieux yakuza qui a appris les ficelles du métier à son fils adoptif. Pas étonnant que désormais, Doumeki se sente responsable quand les chiffres du conseil d’administration ne correspondent pas à ses estimations. Il baisse le journal, l’air faussement boudeur, pour se moquer du directeur.

Même pas un « papa », fils indigne !

Doumeki soupire nais ne dit rien. Il n’irait jamais appeler Akira « Papa », même de manière honorifique, et il sait que le vieux yakuza lui fera toujours la remarque. Il préfère l’ignorer mais c’est plus difficile quand le chef d’entreprise secoue dans sa main une lettre rose.

Tu as reçu du courrier ! La concierge de ton appartement a préféré te l’apporter en mains propres.

« En mains propres » ?

Oh, tu sais, un Kazuma c’est un peu tous les Kazuma. Je lui ai promis de te la donner dès que tu serais sorti de réunion…

… Il est seize heures, Kazuma-shachô.

J’ai pas précisé quelle réunion ! Enfin. Tu es marié, mon petit Doumeki ! Fais une risette !


Doumeki préféra lancer un regard assassin à l’enveloppe qui s’abîmait entre les doigts du directeur. Il s’avança et tendit docilement la main. Akira lui donna le courrier en marmonnant.

Doumeki-chan, on va revoir ton sourire.

Ce n’est pas utile dans le travail… Vous ne l’avez pas ouverte ?

Bien sûr que non ! Pour qui me prends-tu ? Je respecte ta vie privée !

Vous aviez posté mes résultats d’examen sur les réseaux sociaux quatre minutes et douze secondes après l’arrivée du facteur.

Mais j’étais tellement fier !!


Doumeki soupira. Il ne voulait pas ouvrir le courrier de l’Incontestable devant Akira, mais celui-ci avait totalement délaissé son journal et regardait tour à tour le directeur financier et le papier. Il pourrait bien faire toute une scène si Doumeki refusait de regarder la teneur du courrier dans l’instant, et avec le travail qu’il devrait faire pour rattraper la catastrophe financière de tantôt. Doumeki tua un peu de temps en allant récupérer son siège, décidément bien solide. D’un geste de son coupe-papier il ouvrit le courrier. Et à peine déplié, il entendit son père adoptif.

Alors ?

Doumeki grogna, pour la forme et lut à voix haute.

Madame, Monsieur, par la présente et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la loi, Maxwell K. Kazuma, anciennement Hosaka, et Doumeki Kazuma, je vous déclare maintenant unis par les liens du mariage.  

Tu es toujours un Kazuma ! A la bonne heure !


Doumeki ne répondit pas. Oui, il était plutôt content de garder son nom, même s’il ne s’y faisait toujours pas. Il s’arrêta juste de lire, calculant la probabilité que « Maxwell » soit une femme, et plus jeune, probablement les deux ? Les probabilités n’étaient pas des vérités, mais ça permettait toujours à Doumeki de s’attendre à toutes les éventualités. Honnêtement, il n’était pas à l’aise avec les prénoms étrangers, et à part une marque de café, rien ne lui passait en tête. Et ce K. ne lui disait rien non plus. On n’avait pas ça au Japon. Il s’arrêta au résultat et repris sa lecture.

Nous demandons au couple de prendre connaissance de toutes les clauses du contrat de mariage, document que vous trouverez ci-joint. Et nous vous demandons de bien vouloir emménager dans les sept jours prochains à votre nouvelle adresse, dépassé ce délai, nous serons dans l'obligation de vous considérer comme hors-la-loi.

Sept jours, cent soixante-huit heures, dix mille quatre-vingts minutes six cent quatre mille huit cents secondes. Et déjà moins maintenant. Sept jours pour changer de foyer. Pas vraiment un problème pour Doumeki mais il pensait à Naoto. Elle avait beaucoup de mal à déménager. Depuis leur départ de la maison Tsubo, Doumeki n’avait changé que trois fois de logement, et avec beaucoup de réticence. L’autisme de Naoto se pliait très mal à la nécessité de changer de lieu de vie. Son réveil surtout, où encore endormie, elle ne reconnaissait rien. Il grimaça mais savait que Akira l’observait. Il reprit la lecture.

Votre nouvelle adresse ;

Doumeki et Maxwell K. Kazuma
89-7-36 Shibuya
Tokyo 160-0021


Il ne lut pas le code mais savait que le vieux yakuza allait vite le trouver et l’utiliser. Non qu’il s’en inquiétait. Akira était blagueur, et parfois son humour n’était pas celui de tout le monde, mais Doumeki n’en avait jamais souffert outre mesure.

Le pays tout entier se joint à ma plume pour souhaiter aux jeunes mariés tous nos vœux de bonheur. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées. L’Incontestable.

Félicitations ! Tu y vas quand ?

Dans moins de sept jours.

Mais encore ?

Je ne sais pas. Je dois en parler à Naoto.

Tu vas l’imposer à ton conjoint ?

Naoto me suit. Elle ne pourrait pas vivre seule.

Tu pourrais aussi la mettre en établissement spécialisé.


Doumeki fusilla du regard son père adoptif qui ne releva même pas, attendant une réponse verbale. Akira n’est pas facilement impressionné. Il en a vu des bien pire que son idiot de fils.

Elle n’ira pas dans ce genre d’endroit. Nous avons toujours été ensemble, et ça ne changera pas. Point.

Akira soupira mais haussa des épaules en se levant.

Bon, mon travail est fait, je t’ai à l’œil, et je veux voir ma belle-fille ! Ou mon beau-fils. Je suis sûr que vous allez faire un couple adorable ! Tu me raconteras, hein !?

Vous n’avez pas de travail à faire, Kazuma-shachô ?

A part t’embêter ? Non pas vraiment, ingrat ! Ne rentre pas trop tard et prépare ton déménagement !


Le claquement de la porte fut accompagné par le soupir las de Doumeki. Marié, lui, la catastrophe de plus. Il n’aimait pas les mariages, ses employés mariés travaillaient moins que les autres à causes des foutues clauses de l’Incontestable, et il finissait toujours par les virer parce qu’ils craquaient. Si lui allait être marié…

Il regarda la liste des obligations des mariés, calculant le temps que ça lui prendrait, et c’était bien trop. Le toit, le lit, la fidélité, ce n’était pas très difficile. Doumeki n’était pas franchement un coureur de jupons et il était assez casanier quand il finissait ses soixante heures hebdomadaires, Naoto s’en plaignait parfois. Avec quelqu’un ou seul, quelle différence ?  Mais le partage des tâches et des activités, la relation sexuelle, tout ça demandait du temps, que Doumeki ne voulait pas consacrer à ce genre de trivialité. Il savait bien qua ça permettait le fondement d’une relation entre les conjoints, mais c’était surtout une perte de temps qu’il pourrait utiliser à gagner de l’argent. Grognant, il replia le tout et rangea l’enveloppe dans la poche intérieure de sa veste, avant de repartir dans le travail, les sourcils un peu plus froncés qu’avant.

***

En trois jours, impossible de s’attarder sur le courrier. Naoto n’était pas à la maison, toujours de sortie ou au travail au bar, et Doumeki lui-même réorganisait l’intégralité du plan d’action financière de sa boite pour pallier la perte de revenus qu’une énième bourde des succursales. Quand on leur demande de faire une OPA, ce n’est pas trois jours après !

Mais en pleine réunion, c’est le directeur qui entre et fait installer le silence à sa simple présence. On l’oublie peut-être assez vite, Mais Akira Kazuma est un yakuza puissant et respecté. Il fait souvent le mariolle, s’amuse de farce, mais il peut être sérieux. Et il est sérieusement inquiétant quand il fait sortir tout le monde de la salle, et garde Doumeki. Le directeur financier lui-même n’est pas tranquille quand la clenche claque derrière les derniers partis.

Doumeki-kun, j’admire ta réactivité au boulot, et je suis très fier de ce rattrapage pour lequel toute ton équipe a fais nuit blanche. Très impressionnant, vraiment ! L’Oyabun en sera ravi.

Merci, Kazuma-shachô.

Doumeki répondait plus à la défensive. Il sentait que quelque chose n’allait pas. Et il attendait la tempête derrière le sourire trop mesuré de son père adoptif. Il ne voyait pas quelles erreurs il avait pu commettre dans son travail qui imposait un « Doumeki-kun » aussi menaçant. Même s’il n’aimait pas ça, il préférait de loin le suffixe chan que le directeur affublait à son nom, dans les bons jours.

Par contre, t’as pas oublié d’être réactif sur une autre affaire ?

Doumeki fronça le regard. Il avait constamment un œil sur les affaires financières de la boîte, si quelque chose n’allait pas, il l’aurait su. A l’instant même. Il se prit une tape derrière la tête comme un gamin pris en faute.

Ton mariage, triple idiot ! Tu compte y aller quand, hein ?

Akira venait de crier et le toisait du regard comme un vrai père en colère. Doumeki passa sa main derrière sa tête pour calmer la brulûre de la tape, son mentor a une sacré force dans les mains, et détourna le regard.

Je n’ai pas le temps, Shachô…

Tu l’as ! Je ne veux pas te voir ici demain ! Ni après demain ! Tu pointe ton nez, tu es viré ! Tu crois quoi ? Qu’en ignorant le problème, il va s’enfuir ? Je ne t’ai jamais connu lâche, Doumeki ! Alors maintenant, tu annule tes rendez-vous de demain, d’après-demain, tu vas chercher Naoto, et tu vas chez toi, chez ton nouveau toi ! Tu es attendu !

La gronderie aurait pu être risible, venant d’un cinquantenaire sur un presque quarantenaire, mais aucun ne rigolait et Doumeki céda vite à l’ordre, face à tant de verve. Il n’aimait pas décevoir Akira, de prime abord, mais pire encore, il n’aimait pas être pris pour un lâche. L’engueulade dura pourtant longtemps. Le vieux yakuza semblait mettre un point d’honneur à faire comprendre à Doumeki que c’était une lourde erreur d’ignorer les ordres de l’Incontestable, pire encore que la loi elle-même.

***

Renvoyé chez lui comme un mauvais employé, Doumeki dut bien s’atteler à son déménagement.  A commencer par avertir Naoto. Il n’avait pas voulu. Pas pour sa réaction à chaud, mais bien pour les complications qui suivraient. Aussi, quand il lui demanda de venir à table avec lui, elle était même contente de parler avec lui.

Tu travailles beaucoup, Doumeki-kun, mais tu sais, moi aussi ! White est très contente !

Doumeki lui sourit, amusé. White était la patronne du bar où bossait Naoto, et rien de ce que pourrait faire Naoto ne l’énerverait jamais, au contraire, tout ce qu’elle faisait plaisait à la patronne pourtant connue comme une irascible mégère.

Je n’en doute pas, Naoto-oneesan. Mais il faut… On va devoir déménager. Rapidement. J’ai reçu une lettre de mariage et j’ai reçu un logement d’office. On ira ensemble demain. Hum…

Il se gratta la tête, là où Akira avait frappé plus tôt et soupira.

Tu sais, il y aura quelqu’un d’autre avec nous. Mon, ou ma, conjointe.

Oh oui !!! Une nouvelle amie ! J’ai hâte de la rencontrer ! Comment s’appelle-t-elle ? Elle est comment ?

Maxwell. Maxwell K. Kazuma. Mais je ne sais même pas si c’est une femme. On la verra demain. Alors pour ce soir, tu peux aller travailler, et je préparerai mes affaires, comme ça, demain matin, tu dormiras un peu, et ou emballera tes affaires aussi, puis on ira la voir. D’accord ?

Oui ! Je suis trop contente !

Et Naoto fit le tour de la table pour offrir à Doumeki une chaleureuse étreinte, qu’l lui rendit. Il était content qu’elle prenne si bien la nouvelle, mais ce n’était que plus difficile de prévoir quelle serait sa réaction face à Maxwell. Elle ne serait pas vraiment mauvaise, mais malgré lui, l’homme repensait à Chika. Sa grand-mère avait fait beaucoup de mal à Naoto, et il n’osait pas imaginer si le schéma se reproduisait avec son mariage. Il allait y avoir un massacre, et pas de Naoto, il s’en assurerait. Le mal resterait fait pour elle.

Quoiqu’il arrive cet appartement sera toujours disponible, si tu as besoin. Je ne pourrais pas y retourner, mais toi, si. D’accord.

Nh, nh. Je te suis, Doumeki. Je dois veiller sur mon petit frère !

C’est vrai. Merci Naoto.


Une fois Naoto partie au travail, Doumeki fit ses valises et empaqueta tout son bureau. Il avait quand même fait quelques préparations et une grande partie de ses papiers et du contenu de son coffre atterrit dans un caisson de sécurité rapidement scellé. Il n’emporta que quelques gadgets de sa collection et le ukulélé que lui avait offert sa mère. Plus tardivement, il fit un sac de voyage où il rassembla ses vêtements qui n’était pas pour le travail, pratiquement trois tenues. Le tout fut étiqueté pour d’une société de transport vienne chercher le tout le lendemain, la voiture de sport de Doumeki n’étant pas prévue pour contenir plus que quelques paquets.

Il soupira. Il n’avait tellement pas envie de ce mariage. C’était un risque potentiel jusqu’à maintenant. Mais lui qui n’avait jamais connu le rose de ces lettres ridicules, pourquoi qu’elle arrive finalement maintenant, alors qu’il était presque en passe de devenir Kakei ? Et inutile de calculer la probabilité que Maxwell soit yakuza, son nom ne lui disait rien alors soit c’était une petite main de bas étage, soit il ou elle ne faisait tout simplement pas partie d’un clan. Le mariage ne le surprenait pas outre mesure. En revanche, il n’arrivait pas à déterminer les risques ou les avantages que représenterait ce ou cette Maxwell. Et comme il ne pouvait pas travailler, il se mit à tourner en rond, à calculer tout et rien, à s’ennuyer. Impossible de dormir, pas moyen de filer au travail, il trouva soudain ce début de mariage catastrophique. Et quand après plusieurs heures de calculs mentaux ininterrompus il finit par s’endormir, enfin quoique pas pour longtemps.

Il se réveilla de mauvaise humeur. Le réveil vola à travers sa chambre pour atterrir dans la corbeille près de la porte. Il n’était pas du matin et mis bien vingt minutes à émerger pour faire le petit déjeuner et attendre Naoto. Elle arriva toute pimpante. Son maquillage lui donnait l’air d’une jeune femme mais elle redevenait cinquantenaire une fois démaquillée, avec ses rides légères mais présentes. Néanmoins, comme elle n’allait pas se recoucher après le repas, elle se refit une beauté et reprit des traits jeunes et éclatants. Ils petit-déjeunaient ensemble avant qu’il parte travailler et qu’elle aille dormir, d’habitude. Mais ce matin, il lui avait prévu du jus multivitaminé et un café au lait pour l’aider à lutter contre le sommeil et faire ses valises avec elle. Par chance, la nuit n’avait pas été trop intense et Naoto souriait doucettement en pliant ses affaires et en remplissant ses cartons. Doumeki s’occupa des affaires trop encombrantes de sa sœur, comme sa couette ou ses livres, et il étiqueta le tout suffisamment rapidement pour que le coursier n’ait pas à attendre en arrivant chercher le tout.

Ils allèrent au garage pour prendre la voiture de Doumeki et sortirent de l’immeuble, pour la dernière fois. Mais Naoto ne semblait pas encore enclin à aller au nouveau logement. Doumeki s’arrêta plusieurs fois, pour passer dans des magasins que voulait voir Naoto, prendre un gâteau à la boulangerie du coin, et, Naoto insista, des fleurs pour Maxwell. La raison, Naoto la montra sur son portable avec un grand sourire.

Akira-san m’a dit de t’y faire penser ! Il a dit « Doumeki est un garçon bien élevé, il doit offrir des fleurs à sa nouvelle moitié ». C’est gentil de sa part de nous y avoir fait penser, n’est-ce pas ?

Doumeki grogna en guise de réponse, l’esprit à un calcul mathématique sans grand rapport avec la conversation. Malgré tout le respect qu’il avait pour l’homme, quelquefois, il ne voyait de ses actions qu’un moyen de le ridiculiser. Mais il souffla et acquiesça. Au fond, partir d’un bon pied ne fera pas de mal.

Il gara la voiture dans le parking de la tour où ils habitaient désormais et prit les deux sacs de voyage qu’ils avaient gardés avec eux, le temps que les affaires arrivent par le transporteur. Naoto le força à prendre le bouquet également tandis qu’elle portait ses achats et le gâteau qu’ils avaient acheté et ils montèrent à l’ascenseur.

Je suis pressée de rencontrer Maxwell ! Mais il faut que tu la salues le premier tu sais ! Tu es son mari ! Je lui dirai bonjour après !

Doumeki sourit, amusé de l’excitation de Naoto quand lui ne ressentait qu’une lourde et profonde fatigue. L’immobilier n’était pas sa spécialité, mais Doumeki se mit à calculer l’amortissement de la surface habitable de la tour en termes d’imposition. Il ne semblait pas gagner au change par rapport à son ancien logement, ce qui voulait dire que si Maxwell gagnait sa vie, ce n’était pas à la même mesure que le directeur financier. Au point où il en était, c’était juste un détail de plus qui ne le faisait plus tiquer.

A l’ouverture de la porte, Doumeki se déchaussa et entra le premier, poussé par Naoto qui lui souriait à pleine dents. Elle était plus heureuse pour Doumeki qu’il ne l’est, lui-même. Au contraire, il se sentait bien ridicule, chargé comme un baudet, un bouquet à la main et pourtant en pull col roulé - pour cacher son tatouage - et jean alors qu’il est plus à l’aise en costume, la clope au bec et le regard froncé. Bon, il lui restait le regard froncé qui ne disparut pas quand arriva un chien sur le palier. Il aboya, mais si Naoto se tendit, Doumeki, plus curieux, présenta sa main à l’animal pour le laisser voir qu’ils ne lui voulaient rien. Il s’essaya à une caresse que le chien accepta. Bon chien. Même Naoto osa le caresser et lui fit des compliments à foisons en le voyant haleter.

Je vais dans la cuisine. Va dire bonjour !

En soupirant une énième fois, Doumeki posa les valises et regarda les portes, allant vers celle ouverte. Bingo, hélas. Devant lui, une… un ? Oh.

Doumeki avait un peu l’habitude. Naoto travaillait dans un bar trans ou se côtoyaient transsexuels et travestis. Il ne s’attendait pourtant pas à trouver face à lui une transsexuelle, grande et brune, en jean et manches longues qui devait le regarder comme lui la regardait, les sourcils froncés en moins. Ce n’était pas évident à deviner, mais la forme du visage et la pomme d’Adam, Doumeki les remarqua vite. Il remarqua aussi qu’elle était jeune, un regard fier dans les yeux, un côté effronté, il n’en doutait pas, mais qu’il n’allait pas juger tout de suite. Il aurait haussé des épaules mais préféra tendre le bouquet de fleurs qu’il tenait.

Bonjour. Je suis Doumeki. Kazuma Doumeki. Mh, c’est. C’est pour toi.

Il ne lui tendait pas ce bouquet comme il fallait. De mémoire d’homme, il n’avait jamais offert de fleurs directement. Il en envoyait parfois, en cadeau ou pour une convalescence, mais en offrir comme ça, c’était une première, et il ne savait pas y faire. Alors seul moyen de garder contenance face à un tel embarras, ce fut de se gratter l’arrière de la tête, pour se souvenir que c’est Akira qui l’avait poussé à acheter ce fichu bouquet et se couvrir de ridicule devant sa… femme. Il se pencha légèrement en avant, courbant un peu le dos sans en faire trop. Il n'était pas vraiment sensible aux charme de sa nouvelle épouse, quoiqu'elle restait belle à ses yeux. Pour l'heure il voulait juste retourner au travail, sans vouloir non plus le montrer.

Ravi de faire ta connaissance.
Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Sam 11 Mai - 16:35
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Comme une lettre à la poste.
-ft. Doumeki-

Assise sur le lit, Max lève les yeux de l’écran de son ordinateur en entendant le bruit de la porte d’entrée. Contrairement à l’aboiement de son chien, le léger grincement de cette porte n’est pas encore un bruit familier, mais cela va le devenir bien assez tôt. Pour l’instant, elle écoute ; il y a des pas -ceux de son chien, très reconnaissables- et ceux d’un être humain. Peut-être même plusieurs, en fait. Oui, plusieurs jeux de pas. Et une voix féminine qui s’adresse à Gin.
La jeune femme fronce un instant les sourcils, perplexe. Est-ce quelqu’un ayant aidé Doumeki à déménager ses effets personnels ?
En tous cas, Gin est là pour les accueillir, amical dès les premières caresses et dès qu’il comprend que ces gens ont tout autant le droit que lui de se trouver dans cet appartement. Non, en dépit des apparences, son Pitbull n’est pas vraiment un bon chien de garde. D’ailleurs, elle l’imagine déjà en train de suivre les nouveaux arrivants, levant la tête pour les observer avec ce large sourire béat collé sur la face. Quant à Yumi… Max aperçoit un éclair blanc pourvu d’une queue en panache filer sous le lit. La chatte aura besoin de bien plus de temps pour être à l’aise, mais cela viendra.

Entendant des pas se rapprocher dans le couloir, Max ferme l’écran de son ordinateur, le dépose à côté d’elle sur le lit et se redresse. Quelques secondes plus tard, elle n’est plus seule dans la chambre ; tu entres et lui fais face. Aussi grand qu’elle -ce qui est en soi une surprise- tu as aussi des traits plus typiques que les siens. Max ne détonne pas seulement par son prénom qui, en plus d’être étranger, s’avère aussi mixte. Quelque part, c’est une gaijin, et ça se voit. Elle ignore si cela fait partie des raisons pour lesquelles tu bloques un peu durant les premières secondes. Haha, non. Elle sait très bien que c’est pas ça. Ce serait mentir de dire que ça ne l’inquiète pas un peu d'ailleurs.
Par contre, rien qu’au bouquet, Max devine qu’elle a affaire à son mari. Sérieusement ? Tu étais obligé ? A observer ta gestuelle, la jeune femme se dit en effet que tu t’en serais bien passé toi aussi. C'est une convention gênante, vous êtes d'accord là-dessus.

Pour l’instant, impossible de dire si tu corresponds à l’idée stéréotypée s’étant vaguement formée dans son esprit pendant le trajet, la veille. Probablement un peu. Max attend de voir à quel point.
Comme elle l’a également soupçonné, même si tu es loin d’être un homme désagréable à regarder, tu n’aurais jamais rien partagé dans la vie de Max s’il n’y avait pas eu d’Incontestable. Tu es plus âgé qu’elle, aussi. Un détail de plus à ajouter au reste.

« Bonjour. Je suis Maxwell. Ravie de te connaître enfin. » Où est l’utilité d’annoncer un nom de famille ? Le sien n’est plus d’actualité depuis la lettre, et elle se doute bien que tu n’as pas oublié le tien entre temps. Alors elle se contente de se rapprocher de quelques pas, assez près pour prendre dans sa main le bouquet. « Merci. »

Max ne tient pas rigueur de la manière dont tu lui tends –peu importe que tu ne te sois pas jeté un genou à terre en soulevant les fleurs au-dessus de ta tête ; personne ne lui a jamais offert de fleurs, du moins pas romantiquement parlant. Si elle avait eu le cœur à détendre l’atmosphère, elle aurait tenu l’objet du délit à l’envers avec un sourire pour te faire dédramatiser.
D’une manière générale, ce n’est d’ailleurs pas Max qui te reprochera ce genre de maladresse. Quelque part, si tu en commets, ce sera probablement rassurant pour elle, sachant qu’elle en commettra aussi.

En revanche, contrairement à toi, Max ne s’est pas donné la peine de masquer ses tatouages. Le col de son T-shirt, un peu large, tombe légèrement sur une épaule et expose les pétales du dernier Lotus -ainsi que les quelques lignes fines qui l’entourent- composant le tatouage le long de son bras gauche. A une époque, elle a cherché à les cacher, mais cette époque-là est révolue –et ne renaîtra certainement pas maintenant que son mariage a été prononcé. Autant que tu saches directement à qui tu as affaire, et ce que tu vas devoir accepter que tu le veuilles ou non.
S’incliner, par exemple. C’est on ne peut plus courant au Japon, mais cela a toujours eu l’air strict et formel aux yeux de Max. A l’image du peuple en lui-même. Vous allez vivre ensemble sous ce toit, hors de question qu’on s’y sente comme dans le bureau du patron. Alors elle te rend ton salut avec un léger signe de tête, et un sourire ; pas son plus chaleureux, mais son plus cordial. Même cette expression-là n’efface pas totalement les petites traces de sa nature insolente sur son visage.

De la chambre, elle entend encore la voix féminine ; au moins semble-t-elle aimer Gin. Si c’est le cas, Max est à peu près sûre d’avoir une chance de s’entendre avec elle, qui que ce soit –sa mère ? Une tante ? Une sœur ? En tous cas, une personne douce avec les animaux cache souvent, tout simplement, la douceur et la gentillesse la plus authentique.

Bref regard en direction du couloir. « C’était son idée, pas vrai ? » Bref regard vers les fleurs pour se faire comprendre.

Code by: Charlie Crow

— soosaku —

le Jeu 16 Mai - 21:08
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma


Maxwell semblait surprise, mais aussi, Doumeki en avait une nette impression, amusée par le bouquet. Elle le prend, se rapprochant de l’homme d’affaire. Dans sa tête une pensée passe entre deux calculs. Lui qui a pris soin de ne pas exposer son tatouage à son épouse, celle-ci montre le sien assez ostensiblement. Un lotus, symbole de plénitude. Doumeki aimerait à le croire.

Bonjour. Je suis Maxwell. Ravie de te connaître enfin. Merci.

Enfin ? Doumeki se demanda si elle l’avait attendu depuis le premier jour. Il n’est pas du genre à arriver en retard, mais en général, tout passe après le travail. Alors comme il avait été bien occupé, il aurait été impensable pour lui de décaler ses obligations professionnelles sans l’intervention d’Akira.

Elle sourit un peu, à la vue des fleurs, et Doumeki trouve que ça lui va bien, mais là encore, il se demande si ce sourire est moqueur ou juste amusé de la situation en générale. Elle n’a pas l’air impressionnée, ni par Doumeki, ni par son geste, en tout cas. D’un côté, c’est peut-être mieux. Doumeki a tendance à refuser les femmes dans son service et à en avoir très peu dans son entourage car ses colères les effraient très facilement. Et mise à part Naoto, il ne cherche pas spécialement à s’en prévenir. C’est aussi un peu pourquoi il n’a pas de problème avec les transsexuels : ils ou elles ont souvent les nerfs plus solides que les frêles japonaises.

Le regard de Maxwell se détourna vers la porte par où leur arrivait la voix de Naoto qui jouait encore avec le chien. Doumeki pensa la présenter, mais il entendit d’abord la question que Maxwell.

C’était son idée, pas vrai ?

Il regarda tour à tour la porte, Maxwell puis le bouquet qu’elle observait et il mis sa main devant lui, en geste de négation.

Non. Mais elle m’a conseillé pour les choisir.

Doumeki ne voulait pas vraiment expliquer la symbolique des fleurs choisies, sans doute que Naoto le fera mieux que lui, ou qu’ils oublieront simplement pourquoi c’est un bouquet de bleuet avec des roses et des iris blancs. Si Doumeki avait écouté plus sérieusement la fleuriste, il n’aurait pas laissé Naoto choisir des fleurs pareilles mais en toute honnêteté, il ne s’en préoccupait pas tellement.

Je dois te la présenter, car elle va vivre ici aussi. Naoto ne peut pas vivre seule, et nous vivons toujours ensemble. Elle est sous ma tutelle. Mais rassure-toi, elle sait être autonome. Simplement, ce n’est pas toujours facile, pour elle. Elle peut avoir des moments où elle est désorientée. Être avec moi la rassure.

Il se décala un peu pour sortir et ne manqua pas de voir que Naoto attendait de le voir, et surtout de voir Maxwell. Son maquillage était irréprochable, mais avec son grand sourire, on devinait au coin de ses yeux les rides du temps qui rappelaient son âge. Très respectueusement, Doumeki présenta l’une à l’autre.

Maxwell, je te présente Naoto, ma grande sœur. Naoto-oneesan, voici Maxwell, mon épouse.

Il n’en fallut pas plus pour que la plus âgée saute presque au cou de Maxwell, la saluant d’une franche étreinte comme une lycéenne saluerait une copine de classe. Elle la complimenta sur tout ce qu’elle voyait d’elle, ses longs cheveux, ses beaux yeux, sa grande taille, son tatouage, tout était bien. Comme toujours pour Naoto.

Doumeki aussi à un tatouage, tu sais ! Il l’a caché pour aujourd’hui, mais il en a un dans le dos !

L’homme n’était pas spécialement pudique, ni vraiment gêné par les propos de Naoto. Il savait qu’elle aimait papoter, de tout de rien, et parfois aussi de lui, même quand il était présent. Il laissa Naoto découvrir sa belle-sœur à grand renfort de questions – si elle s’était déjà installée, si elle avait mangé, si elle aimait les fleurs, si elle voulait du gâteau, comment s’appelait le chien. La situation ne l’intéressait plus et il préféra reprendre la valise de Naoto et chercher la chambre qu’elle occuperait. Il en découvrit deux autres, en plus de la chambre conjugale, et se demanda un moment si l’une servirait de chambre d’ami ou si Maxwell avait elle-même quelqu’un à sa charge.

Mais aucune des deux pièces n’avait d’effets personnels. Il en déduisit dont qu’elles étaient toutes les deux libres et en pris une, la plus grande, pour poser les affaires de Naoto. Il pensait au temps qui avançaient. Naoto serait sans doute pimpante encore une heure, tout au plus, mais d’habitude, elle devait dormir après le travail et elle risquait d’avoir un coup de barre d’ici peu de temps. Si ses affaires étaient déjà dans la chambre, ça l’aiderait à s’acclimater au nouvel appartement.

Il revint vite dans le salon et proposa à Naoto d’aller ranger le reste de ses affaires avant de manger un peu. Une fois seuls, Doumeki s’adressa à Maxwell.

Pardonne sa curiosité. Naoto aime discuter et se lier d’amitié avec les gens. Elle travaille dans un bar de travestis et rencontre souvent des transsexuels. Elle te proposera sans doute de venir en rencontrer.

Il trouva un vase et le rempli d’eau. Son esprit pragmatique l’obligeait à faire constamment quelque chose et il détestait l’oisiveté. Il n’avait pas le droit de retourner au bureau et même si ça devait être important, les présentations l’embêtaient, de plus en plus clairement. De plus, il ne voulait pas braquer Maxwell mais il voulait être sûr de ses intentions.

Elle est sans doute enfantine, mais Naoto est ma sœur, et je ne veux pas qu’il lui arrive du mal. Alors ne lui en fais pas.

Difficile pour lui de ne pas paraitre menaçant, mais impossible de faire comme si de rien n’était. Naoto était l’être le plus cher qu’il ait jamais eu, alors il la défendrait contre tous, et même contre Maxwell s’il le fallait. Il ne la connaissait pas encore, mais Doumeki espérait que l’effronterie de son épouse n’était pas de la méchanceté, il ne le supporterait clairement pas.
Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Mer 29 Mai - 17:34
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Comme une lettre à la poste.
-ft. Doumeki-

Vivre avec eux ? C’est plutôt inattendu. Max n’a pas vraiment considéré l’éventualité d’une troisième personne, hormis le bref moment où elle a espéré que son mari n’avait pas d’enfants. Les enfants touchent à tout et sont particulièrement usants. Heureusement, ça ne semble pas être le cas.
Elle hausse les épaules, sincèrement curieuse sans pouvoir le cacher –et sans essayer de toute façon.

« Très bien. J’ai hâte de faire sa connaissance. »

La jeune femme ignore encore qui est cette Naoto par rapport à toi, et elle te suit sans hésiter en dehors de la chambre. Max ne s’attend pas à une image en particulier, mais cela ne l’empêche pas d’être surprise en découvrant une femme magnifique, à l’air avenant et bienveillant. Elle ne comprend pas encore tout à fait la raison pour laquelle Naoto est sous la tutelle de son frère, mais elle soupçonne une forme de handicap invisible ou peu évident à cerner, du moins pas au premier coup d’œil. Tout ce que Max retient pour l’instant, c’est qu’elle ressent immédiatement une aura chaleureuse émaner de cette femme, en contraste saisissant avec la tienne, plus froide et distante. Elle n’a pas à forcer un sourire sur ses traits ; il vient naturellement, tant Naoto lui parait amicale.
D’abord avec une certaine retenue entièrement due à la surprise, Max lui rend son étreinte. Elle tente encore de se remettre d’être passée soudainement de ton accueil formel à celui de ta sœur, que Naoto n’en finit déjà plus avec les compliments. Aussi, il y a la surprise d’apprendre que toi aussi, tu possèdes un tatouage. Tiens donc. Max n’aurait jamais deviné. Elle trouve ça bien étrange, en contradiction avec l’image qu’elle s’est faite de toi, et avec celle que le peuple nippon a de cet art en général.

Elle n’a pas le temps de se questionner davantage, Naoto l’entraine dans une conversation –pour ne pas dire une véritable foire aux questions. Mais malgré cela, Max se détend considérablement en présence de la femme. Non, elle n’a pas vraiment fini de s’installer ; il lui reste des affaires à ramener. Oui, elle aime certaines fleurs, surtout le Lotus. Non elle n’a pas mangé –mais elle ne dit rien sur le fait qu’elle a eu l’estomac trop noué pour cela. Elle accepte néanmoins une petite part de gâteau, pour lui faire plaisir. Le chien s’appelle Gin, pour une raison tout à fait évidente. Il se rapproche davantage de la peluche pour dormir que de la bête fauve. Et il y a aussi une petite chatte blanche, Yumi. Elle est craintive, surtout depuis qu’elle a traversé l’épreuve qu’a été Shukumei, mais elle s’acclimatera vite et viendra toute seule vers les nouvelles têtes. Max est d’ailleurs prête à parier que Yumi va adorer Naoto.

Un peu plus et elle en aurait presque oublié qu’il s’agit de son premier jour en tant que femme mariée. Cela lui revient en même temps que toi, lorsque tu réapparais dans la cuisine. Naoto ne se fait pas prier pour découvrir sa nouvelle chambre et s’installer, et Max se retrouve à nouveau seule avec toi, son mari.
La curiosité de Naoto n’est pas gênante. Ce qui l’est à ses oreilles, c’est bien la suite de ta phrase. Max hausse légèrement un sourcil circonspect, là encore sans chercher à cacher ses émotions. En l’occurrence, confusion et vexation. Travestis ? Transsexuels ? Les premiers n’ont rien à voir avec Max, les seconds sont bien mal désignés par ce terme à rayer de la liste de tout vocabulaire respectueux.

« Oh. D’accord. » Elle laisse quelques secondes passer, se demandant malgré cela à quoi peut bien ressembler ce bar dont il parle. « Je suis effectivement transgenre. Mais je me suis jamais travestie. »

Ce n'est pas tout à fait exact, si l'on prend en compte la période de sa vie ayant précédé son coming out, mais la véracité de sa phrase n'est pas le but recherché. Transgenre et travesti sont deux choses différentes. Donc, non, elle ne s'est jamais travestie. C'est ce qu'elle veut que tu retiennes.
Et à vrai dire, elle n’a jamais vraiment fréquenté d’autres personnes transgenres non plus. Non pas qu’elle les évite, mais elle n’a jamais spécialement recherché leur compagnie. Cela aurait sûrement pu l’aider, autrefois. Un regret parmi tant d’autres, sans doute.
Pour l’instant, avec sa réponse courte, Max se contente de te donner une petite poussée dans la bonne direction, et son ton plutôt détendu laisse deviner qu’elle ne tiendra pas rigueur de la petite bourde. Déjà parce qu’elle n’a pas envie de se lancer dans une longue discussion à ce sujet aujourd’hui, et aussi parce qu’elle a envie de voir jusqu’où iront tes efforts sur cet aspect de sa vie. Tu ne peux rien changer à ce qu’elle est, mais changer ta façon de la voir et de lui parler, ça tu peux. Elle entend déjà assez d’âneries de la part des gens qu’elle croise au quotidien, y compris sur ses réseaux sociaux, ce n’est pas pour en entendre encore de la bouche de son mari.

Alors que Max place les fleurs dans le vase que tu as rempli d’eau, elle s’en désintéresse soudainement –en admettant que ça l’ait intéressée à un certain moment- lorsque la conversation revient sur Naoto, et d’une manière qui surprend la jeune femme une fois de plus. Elle fronce les sourcils, espérant que cet avertissement ne se révèlera pas être une obsession de ta part. Elle comprend à quel point tu peux avoir envie de la protéger et de la préserver, mais tes mots sonnent comme une accusation à quelque chose qu'elle n'a même pas fait. Le stress de ces derniers évènements ne l'aide évidemment pas à prendre du recul, mais elle garde néanmoins tout son calme, même si le ton chaleureux dont Max a gratifié Naoto n'existe plus.

« Pourquoi tu pars du principe que j’aurai envie de lui en faire ? » demande-t-elle sans te quitter des yeux. « Ta sœur est un rayon de soleil. Je suis contente qu'elle soit là. »

Pour contrebalancer la tronche que tu tires. Ça t'arrive de sourire ?

Max a toujours fait de son mieux pour prendre soin des personnes à qui elle tient. Naoto en fera sûrement partie. Ça l’aurait arrangée que tu en fasses partie toi aussi, puisque maintenant ta présence dans sa vie est… incontestable. Mais ce n’est que le premier jour. Qui sait, elle n’a sans doute pas fini d’être surprise.

Code by: Charlie Crow

— soosaku —

le Dim 23 Juin - 16:43
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma


Oh. D’accord. Je suis effectivement transgenre. Mais je me suis jamais travestie.

Transgenre. Doumeki ignore si c’est juste un synonyme, mais à la tête qu’a fait Maxwell au mot transsexuel, il en déduit vite qu’elle n’aime pas le terme. Non qu’il fasse particulièrement la différence. Mais là encore, il pense que ça ne sert à rien de se mettre à dos son épouse pour des broutilles. Il hoche simplement de la tête.

Son avertissement semble encore déranger Maxwell, mais Doumeki ne s’en excuse pas. Il dit les choses comme elles sont, et il protégera Naoto avant toute autre chose. Même son épouse.

Pourquoi tu pars du principe que j’aurai envie de lui en faire ? Ta sœur est un rayon de soleil. Je suis contente qu'elle soit là.

La comparaison de Naoto au soleil laisse un moment flotter un sourire amusé sur le visage de Doumeki. Il est un peu rassuré des mots de la jeune femme, et même si ce ne sont que des mots, il est déjà content qu’ils ne traitent pas mal Naoto. Alors forcément, il se doit de s’expliquer et il cherche ses mots, les voulant courts et concis. Il ne veut pas revenir sur ces souvenirs de bleus, de frayeur dans les yeux de Naoto, de colère dans les siens, de haine dans ceux qui a causé de foutoir.

On a eu le cas. Je ne veux pas que ça se reproduise.

Il soupire, mine de rien un peu soulagé.

Merci.

Ce n’est pas un mot facile à dire pour le yakuza, il n’aimait pas être reconnaissant envers les autres, reconnaître qu’ils l’avaient aidé et qu’ils pouvaient donc attendre de l’aide de sa part. Mais les femmes, même les travestis, en sont sensibles. Doumeki ne pense pas que Maxwell et lui se comprendront du jour au lendemain. Ils auront sans doute beaucoup de mal à se comprendre en fait. Doumeki n’est pas vraiment du genre à s’intéresser aux gens, et encore moins s’il n’y a pas un intérêt financier. Pourtant, il a encore en tête l’idée de faire un effort.

Hm, tu veux parler de notre vie commune ? Naoto en a pour un moment, elle n’est pas rapide pour ranger.

Naoto aime prendre le temps, sans compter qu’elle peut facilement dévier de ses tâches si elle trouve quelque chose de plus intéressant à faire. Doumeki avait l’habitude, il la rappelait à l’ordre parfois, mais le plus souvent, il faisait ce qu’elle avait laissé lui-même. Il se gratte la tête. Par où commencer ? Il avait déduit qu’elle était plus jeune que lui, et qu’elle ne gagnait pas beaucoup. Et du reste, les fleurs n’avaient pas eu le résultat escompté. Est-ce qu’il avait envie de creuser ? Pas vraiment. Mais il fallait bien trouver des terrains d’entente, des points communs ou au moins des bases pour une vie de couple. Enfin… Couple.

Tu travailles ? Ou tu es peut-être en études ?

Il commence par parler d’elle. Toujours demander à l’autre, ça évite qu’il en dise trop sur lui. Et avec un peu de chance, elle était pipelette et occuperait à elle seule le gros de la conversation. Il fallait juste qu’il reste concentré sur son discours.

Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Dim 14 Juil - 13:21
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Comme une lettre à la poste.
-ft. Doumeki-

Max n’est pas sûre que tu aies pleinement compris –elle en doute même très fort- mais au moins ne cherches-tu pas à soulever d’autres vagues. Faute de vraiment comprendre sa remarque, au moins l’as-tu acceptée, et pour l’instant cela suffit amplement à Max.
Elle comprend la tienne en retard, après l’explication succincte que tu lui donnes. Aussi, le sourire qu’elle voit apparaître sur ton visage froid la prend au dépourvu.
Ses propres traits s’adoucissent ; sur le coup, ta mise en garde gratuite l’avait froissée, mais la jeune femme se rend maintenant compte qu’elle a sans doute mal réagi. Ou avec trop de hâte. Enfin, elle n’aurait pas pu deviner, pour Naoto.

« Oh… Je comprends, » dit-elle néanmoins avec sincérité. « Je suis désolée. »

Même sans vraiment la connaître, l’idée que quelqu’un puisse faire du mal à Naoto lui semble inacceptable. Peut-être aurait-elle réagi de la même manière que toi s’il s’était agi de Kai, son petit frère. Elle en est même persuadée. Personne ne touche à Kai. Jamais.
La question qui suit la sort de ce train de pensée pour l’entrainer dans un autre avec à peine deux secondes de correspondance. Vie commune ? Ouais… moi non plus j’arrive pas à dire ‘couple’. Cela viendra peut-être, ou peut-être pas.

« Je suppose qu’on y manquera pas, » dit-elle en retrouvant de la légèreté dans la voix, les hanches toujours appuyées contre le comptoir de la cuisine. Elle commence par répondre aux questions la concernant. « J’ai terminé mes études il y a quelques années. Depuis, je suis à mon compte en tant que photographe, principalement. Je travaille beaucoup à la maison, sauf dans les moments où ma présence est nécessaire sur le terrain. Ça dépend des clients. »

Elle n’a effectivement pas de très hauts revenus, mais aussi des revenus relativement variables. Max ne voit pas l’utilité, ni ne ressent le besoin de te cacher sa situation. Au contraire, elle trouve cela satisfaisant et gratifiant d’avoir autant de mérite personnel et d’indépendance.
Ce qui, bien sûr, ramène Max à se questionner une fois de plus sur la situation de son nouveau compagnon. Tu dois sans nul doute occuper un poste important pour que l’Incontestable en vienne à arrêter son choix de logement sur… ça.

« Et toi ? Quel genre de travail tu fais ? Pour l’instant, j’en sais plus sur Naoto que sur toi, » fait-elle remarquer avec un sourire.

Code by: Charlie Crow

— soosaku —

le Sam 27 Juil - 9:22
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma

Oh… Je comprends. Je suis désolée.

Doumeki fit un signe de la tête et de la main, comme pour chasser un insecte indésirable. Il n’aimait pas aborder le sujet et maintenant qu’il était vu, il ne tenait pas à s’y attarder. Problème abordé, vu, résolu.

Problème suivant.

Il n’avait pas pensé que Maxwell ait déjà des années d’expérience mais sa surprise cible surtout sa profession. Photographe ? De nos jours, tout le monde prend des photos. Comment gagne-t-on sa vie à ça ? Réflexion faite, Doumeki repensa au calcul qu’il avait fait dans l’ascenseur. Il en déduisit qu’on ne pouvait pas. Mais au fond, il ne s’en préoccupait pas. Naoto non plus ne gagnait pas beaucoup. Il gagnait largement pour deux, et sans doute bien assez pour trois, désormais. Surtout que Maxwell n’avait rien d’une croqueuse de diamants. Ou elle le cachait très bien.

Et toi ? Quel genre de travail tu fais ? Pour l’instant, j’en sais plus sur Naoto que sur toi.

La phrase le tira de sa réflexion et il sortit par habitude sa carte de visite. Il lui tendit sans formalisme. Il n’en faisait usage que quand c’était nécessaire, mais Maxwell n’allait sans doute pas s’offusquer qu’il ne la tende pas à deux mains en courbant le dos.

Je ne suis pas vraiment bavard en fait. Hm, je suis directeur financier. Je gère les comptes de la maison mère et des succursales d’un groupe industriel et financier.

Il n’en dit pas plus. Il n’est pas bavard en règle générale, et la situation le rendait, même s’il ne l’avouera pas, un peu timide. Il cherche plusieurs secondes quoi dire, sur lui ou à demander sur Maxwell. Il finit par sortir au hasard :

Maxwell n’est pas un prénom japonais. Tu es métisse ?

Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure, le visage de Maxwell n’avait pas des origines exclusivement asiatiques, mais Kazuma n’était pas un féru de géographie, et encore moins de morphologie. Il n’aurait pas su dire quel était le métissage de Maxwell. Européen, américain, peut-être australien ou russe ?  Peu au fait de ces considérations, Doumeki cherchait surtout à meubler la conversation. En temps normal, il l’aurait juste stoppé, mais était-ce le bon moyen de débuter un mariage ?

Il se gratta la tête, se rappelant de la tape d’Akira. Il ne devait pas poser les bonnes questions, et clairement, il n’avait pas l’attitude d’un nouvel époux. Mais avec le temps, l’âge, et les liaisons courtes qu’il avait toujours eues, Doumeki ne savait pas vraiment comment être. Naturel, il ferait sans doute peur à Maxwell, ou au moins il l’agacerait par son manque de réaction, et même d’intérêt. Mais il se sentait hypocrite de poser ainsi des questions qui ne l’intéressait pas, juste pour tisser un semblant de communication qu’il avait du mal à tenir.

Je n’ai rien contre le métissage. Mais je n’y connais rien en culture étrangère.


Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Mer 28 Aoû - 15:32
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Comme une lettre à la poste.
-ft. Doumeki-


Max se rend bien compte que la conversation à laquelle elle participe comporte un déséquilibre, un intérêt non réciproque sans doute. Parce que oui –tu l’apprendras à tes dépens- sa curiosité est bien réelle. À ton sujet –toi qui vas désormais partager sa vie- au sujet de ta sœur Naoto, de ton travail aussi… Elle est curieuse de tout cela, parce que cela la concerne aussi maintenant, et également parce que tu éveilles son intérêt. Elle ne va pas tarder à revenir là-dessus…
La carte est une nouvelle surprise de ta part, même si Max a bien senti que tu n’étais pas un grand bavard. Elle la prend de tes doigts, lui accorde un peu de son attention. Directeur financier hein ? La jeune métisse aurait effectivement parié sur quelque chose dans ces tons-là. Cela explique… eh bien, que Max ait failli se perdre dans son propre appartement la première fois qu’elle y est entrée.

Si tu sais un tant soit peu lire le langage du corps et déchiffrer une gestuelle, tu te rendras compte qu’elle ne simule pas l’intérêt qu’elle porte envers quelque chose ou quelqu’un. Chez elle, l’intérêt et l’attention sont sincères. Lorsqu'elle tente une mascarade pour cacher ses sentiments, la plupart du temps, cela se remarque d'une façon ou d'une autre. Simuler n’est pas dans ses habitudes –oh ça aussi tu l’apprendras, mais c’est un tout autre sujet qu’elle n’a pas forcément envie d’aborder le premier jour…
D’aucuns pourrait confondre son authenticité et son honnêteté avec de l’impolitesse ou de l’indélicatesse. Il est vrai que la délicatesse peut ne pas faire partie de ses meilleures qualités, par moments. Souvent. Disons qu’elle n’épargne pas ceux qui lui cherchent des problèmes ou qui la contrarient. Sois sûr qu’elle ne t’épargnera pas, le fait que tu sois son mari -et que ce destin ait été scellé par l’Incontestable ainsi qu’une lettre rose- n’y changera pas grand-chose.

Max relève la tête vers toi quelques secondes plus tard. « Il n’y a pas de mal, tout le monde n’aime pas parler, » lui répond-elle en se voulant plutôt rassurante. Elle mentirait si elle prétendait que la situation ne l’intimide pas –le déménagement, le mariage, une première expérience de vie à deux, ou plutôt à trois… Mais elle se dit que peut-être, tu agis de manière réservée à cause de cela également. De la timidité serait une chose compréhensible. Mais ce n’est pas grave, Max a l’assurance et la confiance en soi nécessaire pour deux.

« C’est pas grave non plus si tu connais pas grand-chose venant d’au-delà des frontières japonaises. Avant d’y emménager, je savais presque rien de ce qui se passait à l’intérieur, » avoue-t-elle. Et quelle douce époque, d’ailleurs. « J’ai passé les dix premières années de ma vie en Russie. Ma mère était japonaise. » Max évoque brièvement le sujet sans s’y attarder, et utilise la première échappatoire possible afin d’éviter les éventuelles questions sur sa mère. « Maxwell est un prénom Anglais. Mon petit frère Kai m’a aidé à le choisir, pendant ma transition. »

On devine à travers son léger sourire l’attendrissement que la jeune femme ressent face à ce souvenir, et aussi la tendresse qu’elle a pour son frère. Tu le croiseras sans doute –le jeune homme est plus impressionnable que sa sœur aînée, alors cette dernière espère que tu n’abuseras pas de ta tête de patron lorsqu’il viendra lui rendre visite. Oh elle sera la première à en rire, mais attention aux limites. Elles sont les mêmes que celles que tu fixes pour ta sœur.

« Oh, et tu peux m’appeler Max, si tu veux. » Autant instaurer quelques familiarités tout de suite, cela apaise toujours les tensions. Même si tu n’as pas vraiment l’air accoutumé aux comportements familiers, sauf peut-être avec Naoto, songe Max.
Par contre, le fait qu’elle envisage et comprenne la timidité –même chez quelqu’un comme toi- ne veut pas dire qu’elle te laissera tranquillement dans ta zone de confort. Tu n’aimes pas parler ? Dommage.

« Au fait, Naoto a dit que tu avais un tatouage c’est ça ? C’est assez inattendu je trouve. Enfin, ici au Japon, chez quelqu’un qui travaille dans un cadre assez… strict. » Oui, c’est vrai que le choc des cultures est assez fort -et ça ne fait que commencer- mais ce n’est certainement pas ton tatouage qui va la déranger. Le simple fait qu’elle en ait le laisse deviner –avec ceux qu’elle a aux épaules et les piercings qui ornent ses oreilles, ce serait bien ironique de sa part de te faire le moindre sermon.

Code by: Charlie Crow

— soosaku —

le Dim 1 Sep - 8:48
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma

Doumeki n’aimait pas trop le regard soutenu que Maxwell lui lançait. Bien sûr, elle devait être curieuse du mari qu’on lui donnait, mais Doumeki n’avait pas l’habitude d’être fixé ainsi par une personne qu’il ne connaissait pas plus que ça. C’était un peu agaçant, et gênant par-dessus le marché. Mais Doumeki n’en dit rien, soutenant son regard sans ciller.

Il n’y a pas de mal, tout le monde n’aime pas parler

Doumeki leva un sourcil pensif. Il ne savait pas si cette affirmation était une bonne ou une mauvaise chose. Il était plutôt content de ne pas avoir à parler, ce n’est pas son fort. Mais ça semblait cacher quelques chose. Pourtant, le sourire de Maxwell ne transparaissait pas un mensonge, pour ce que Doumeki savait le reconnaitre. Peut-être était-elle aussi mal à l’aise dans les conversations, quoiqu’elle ne l’ait pas montré face à Naoto, et encore moins face à son regard insistant. Doumeki ne savait pas vraiment comment interpréter ces mots, alors il les rangea simplement dans sa mémoire.

C’est pas grave non plus si tu connais pas grand-chose venant d’au-delà des frontières japonaises. Avant d’y emménager, je savais presque rien de ce qui se passait à l’intérieur. J’ai passé les dix premières années de ma vie en Russie. Ma mère était japonaise. Maxwell est un prénom Anglais. Mon petit frère Kai m’a aidé à le choisir, pendant ma transition.

Elle était donc bien étrangère de naissance, Russe. Elle n’avait pas l’air d’être reliée à aucune bratva, en tout cas elle n’en portait pas de marque distinctive aux poignets, il en présuma donc qu’elle n’était qu’une honnête jeune femme venue avec sa mère au Japon pour répondre aux exigences de l’Incontestable. Elle a dû se faire au Japon donc. Doumeki releva le nom du petit frère, sans doute aurait-il l’occasion de le rencontrer au cours de leur vie commune, mais pour l’heure, ce n’était pas encore important. Kai. Ok.

Doumeki ne savait pas vraiment en quoi consistait la « transition » dont parlait Maxwell, mais à y réfléchir, il décréta rapidement qu’il était trop tôt pour en parler. De toute façon, physiquement homme ou femme, Doumeki n’y voyait pas de problème. Il devait visiblement mieux veiller à son langage et ses manières qu’aux particularités physiques de son épouse. Ça ne risquait pas d’aller à l’encontre de ses propres préférences, de toute façon pas franchement arrêtées, sauf si elle était vraiment déformée, et ça n’en donnait pas l’air. Ce n’était pas des chiffres, après tout, et ça ne rapportait pas autant d’argent que la compagnie. C’était juste stupidement obligé.

Oh, et tu peux m’appeler Max, si tu veux.

Doumeki acquiesça mais ne s’essaya pas à l’exercice. Ce n’est pas comme s’il avait quelques chose à rétorquer. Les questions de base passées, que demander de plus ? Que dire de plus ? Il n’était vraiment pas une personne de bonne conversation, et à vrai dire, il n’avait pas spécialement envie de changer ça. Il se contentait de parler succinctement, de faits et d’informations, dans l’échange le plus apuré de toutes les fioritures de langage qu’il détestait. Perte de temps, donc perte d’argent.

Au fait, Naoto a dit que tu avais un tatouage c’est ça ? C’est assez inattendu je trouve. Enfin, ici au Japon, chez quelqu’un qui travaille dans un cadre assez… strict.

Doumeki leva les yeux, les sourcils froncés par la perplexité. Elle n’avait – semble-t-il – pas fait le lien. Elle n’était pas japonaise, d’accord, mais pour quelqu’un qui en portait, elle devait bien savoir quels sens ils pouvaient revêtir, non ? Il baissa le regard. Non. Si elle n’a aucun lien dedans, pas sûr qu’elle en fasse un.

Mais voilà, comment le présenter ? Doumeki’s style, ce serait le plus simple.

C’est un tatouage de clan. Je suis yakuza.

Voilà. Epuré, sans fioritures et peut-être à peine assez de mot pour bien se faire comprendre. Il se gratta l’arrière de la tête. Peut-être qu’il faudrait quand même ajouter quelque chose.

Tu l’apprendras bien à un moment. Autant que tu l’apprennes tôt, et de moi. Mais Naoto n’en est pas. Je la protège juste. Elle ne… comprend pas bien ce que c’est.

Minute.

Toi, tu le sais, toi, non ?

Parce qu’expliquer, ça n’allait pas être simple. Doumeki n'en parlait pas spécialement. Et son visage qui se renfrognait à l’idée en donnait un bel aperçu.

Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Sam 7 Sep - 8:12
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Max est en train de toucher distraitement les pétales des fleurs mises dans le vase pendant que tu lui parles. C’est toujours doux, les pétales.

« C’est un tatouage de clan. Je suis yakuza. »

Sa main se fige. Elle te regarde, laisse échapper un petit rire nerveux sans avoir l’air d’y croire. De vouloir y croire, en fait. Mais confrontée à ton expression, elle est bien obligée de laisser la vérité se frayer un chemin dans son esprit.
A ce moment-là, Max a l’impression qu’une pierre vient de tomber au fond de son estomac. Que tu lui annonces une chose pareille façon brute de décoffrage, elle ne s’y est pas attendu. Son expression a soudainement changé, pour devenir un mélange de stupéfaction et de méfiance, avec quelque part une note de peur. Il est vrai qu’au Japon, la signification du tatouage est très particulière et spécifique. Presque tous les japonais regardent les siens avec de la méfiance dans le regard, mais Max y est tellement habituée qu’elle n’y fait plus attention. Dans sa mentalité, un tatouage n'a une signification que personnelle. Voilà pourquoi elle n’a pas envisagé que le tien puisse vraiment cacher un statut de criminel.

Cependant, dire qu’elle regrette sa question serait un mensonge. Tu as tout à fait raison ; c’est quelque chose qu’elle préfère savoir le plus tôt possible, au lieu de l’apprendre bien plus tard, peut-être par elle-même et non par toi. Au moins, aucune fausse image de toi ne se construira dans sa tête pour ensuite être brisée par cette vérité que tu n’as de toute façon pas cherché à cacher.

A ta question, Max détourne le regard. Non pas qu’elle évite la question (ou la réponse), mais à voir le pli soucieux entre ses arcades, oui, elle sait ce que cela implique. Par quoi commencer ? La société dans laquelle tu travailles n’est qu’une couverture pour des affaires bien moins scrupuleuses, tu vis dangereusement car tu as des ennemis dangereux… Et aussi, tu as peu de chances d’être quelqu’un de bien, sans vouloir t’offenser.
Sa réponse vient sous forme d’un hochement de tête. Il lui faut encore plusieurs secondes avant de relever son regard vers le tien. Elle n’a plus l’air d’avoir peur, ni même surprise maintenant. Juste résignée, avec une pointe appréhensive.

« Merci de me l’avoir dit. » Au moins elle ne te reprochera pas ton manque de transparence. Elle se dit même que si tu es comme ça pour tout, ce serait une sacrée qualité. Par contre, Max ne prétend pas tout connaître de l’organisation et des mœurs des Yakuza. Sa vie est à des années lumières de la leur. Du moins, elle l’a été jusqu’à aujourd’hui. « Ton statut, le mariage… Qu’est-ce que ça implique pour moi ? »

En gros, est-ce que ton statut va changer quelque chose au sien ? Est-ce que tu vas exiger certaines choses de sa part ? Max n’est pas née de la dernière pluie, elle sait que dans beaucoup de cas, c’est à la femme de s’adapter au statut du mari, et que ça n’annonce généralement rien de bon pour elle. Restrictions des libertés, par exemple. Le problème, c’est que tu peux toujours courir.

— soosaku —

le Dim 15 Sep - 8:04
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma

La réaction est claire, Maxwell a compris de quoi Doumeki parlait. Et ça ne lui plait pas, à la tête qu’elle envoie à son nouvel époux. Doumeki ne s’en défend pas et ne s’en vante pas davantage. Le fait est là. Il n’aurait pas choisi de lui-même cette voie, mais c’est la seule à lui avoir offert sa délivrance et les opportunités dont il bénéficie aujourd’hui. Rien ni personne d’autre n’a sorti Naoto des griffes de Chika, rien ni personne d’autre n’aurait voulu de sa colère et de sa violence, ou n’aurait pu développer ses compétences jusqu’à les rendre aussi utiles et surtout aussi rentables. Son Clan était une famille d’idiots et de manipulateurs sans scrupules, mais il y avait pleinement sa place qu’il avait durement gagnée pour mettre Naoto hors de tous dangers.

Le regard de Maxwell se détourne, elle réfléchit et Doumeki n’émets alors aucun son, la laissant assimiler l’information. Il en profita pour reprendre le manteau de Naoto qu’elle avait laissé sur une chaise, et le lissa de ses mains, remettant correctement les manches enroulées en place, puis faisant des ourlets propres. Ce manteau a des manches trop longues et Doumeki n’a pas encore pu le prendre à Naoto pour le faire repriser. Il fallait remonter chaque manche de 4,3 cm à gauche et 4,7 cm à droite. Le prêt à porter n’est vraiment pas une valeur sûre. Naoto voulait cependant ce manteau en particulier, et comme toujours il le lui a cédé.

Son regard revint vers Maxwell quand sa réflexion prit fin, en même temps que la sienne.

Merci de me l’avoir dit. Ton statut, le mariage… Qu’est-ce que ça implique pour moi ?

Les sourcils de Doumeki froncèrent, pas de colère, mais d’une incertitude.

J’aimerais dire « Rien du tout », mais ce serait mentir. Naoto n’est que ma sœur, et pourtant, pour beaucoup, elle est rattachée au Clan. Ils feront le même amalgame avec toi. Cela dit, comme j’ai interdit Naoto de se préoccuper de ça, je refuse que tu prennes part à mes affaires. Pour quelqu’un du milieu, c’est… compliqué. Pour quelqu’un qui n’y connait rien, c’est pire encore.

Compliqué, car dangereux. Mais Doumeki a tout de même assez de tact pour ne pas parler de ça ainsi. Les épouses sont forcément liées aux membres des clans, mais avec l’Incontestable, si on ne rend pas service au mari en s’attaquant à son épouse, il arrive souvent qu’elle ne soit même pas un moyen de pression, car c’est rarement un mariage d’amour et encore moins d’intérêt. Le problème, c’est quand elles décident de s’en mêler. Et c’est souvent aux risques et périls de leur propre conjoint.  L’une d’elle l’a fait sciemment, pour se débarrasser de son époux. Elle a mal évalué sa capacité à se renseigner et l’a appris en glissant dans les eaux noires de la baie, quelques temps plus tard.

Je te dirais juste de faire attention. J’ai suffisamment d’influence pour que la première frappe ne s’en prenne pas à toi, aussi débile soit-elle. Et encore moins les suivantes. Dis toujours que tu ne sais rien, si l’on te demande, même si tu te doutes, n’en parles pas. Flic, yakuzas, amis ou autre, le silence est toujours plus sûr. Je ne te parlerai sans doute jamais de mes activités donc tu ne mentiras jamais vraiment. Mais si on te menace, qu’on te fait du chantage ou si tu te sens suivie, parle m’en, et je règlerai le problème. Téléphone-moi si besoin.

En croisant les bras, Doumeki frôla le bandage de sa plaie par balle d’un autre soir. Le bleu s’était résorbé, mais la plaie mettrait des semaines à disparaitre pour de bon. Il aurait pu lui en parler mais tant qu’il n’avait pas à lui montrer, il ne le jugea pas nécessaire.

Pour le reste, c’est juste de la prudence et du bon sens. Je n’ai pas l’habitude de mêler les autres à mes affaires, tu ne feras pas exception.

Et il espérait bien qu’Akira n’irait pas colporter la nouvelle comme un beau-père en liesse. Le vieil homme était si imprévisible que Doumeki se dit qu’il n’avait pas encore imaginé ce qu’il allait faire de la nouvelle, mais qu’il le regretterait sûrement et lui en voudrait, un temps. L’imprédictibilité de l’homme faisait sa force, mais pour Doumeki, c’était aussi parfois la cause de beaucoup trop de problèmes.

Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Mer 25 Sep - 10:32
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Elle aurait aimé entendre « rien du tout » aussi. Et tu as beau adoucir les angles comme tu peux, cacher le couteau sous les coussins du canapé en utilisant des mots moins alarmants que ce que tu devrais, Max en comprend le sens caché. Depuis ta révélation, elle comprend que ton statut la met en danger, voilà tout. Quelques minutes auparavant, elle était à des lieues de s’imaginer cela ; un mariage dangereux, qui l’obligera désormais à se montrer prudente, et à se préparer à l’éventualité qu’on s’en prenne à elle à cause du Clan. Génial. Absolument génial.
La bonne nouvelle, c’est que tu n’exiges aucune implication de sa part. Juste de la discrétion et du silence. Elle en est soulagée, à vrai dire ; la jeune femme n’a aucune envie de prendre part à quoi que ce soit, de toute façon. Ni t’aider, ni te soutenir, ni rencontrer le Clan pour y faire bonne figure. Max se demande d’ailleurs si elle en viendra à rencontrer d’autres membres. En comptant Naoto, cela en fait deux. Peut-être a-t-elle le droit d’espérer que d’autres auront le quart de la bienveillance dont ta sœur fait preuve ? On peut toujours rêver…

Une autre bonne nouvelle, c’est que tu sembles aussi honnête que tu peux te le permettre avec Max. Bien sûr, tes affaires sont les tiennes, tes secrets sont les tiens, et c’est très bien comme ça. Mais tu lui révèles tout ce qu’elle doit savoir, tu lui assures même que tu prendras la responsabilité pour les problèmes que tes ennemis pourraient lui causer, pour peu qu’elle t’en parle. C’est bien ce qu’elle compte faire ; d’ailleurs, elle n’attendra pas de se sentir suivie ou menacée pour te parler si une contrariété survient, sois-en sûr. Si tu veux qu’elle reste en dehors de tes affaires et qu’elle ne s’en plaigne pas, aucun souci, mais il va falloir veiller à ce que tes affaires n’interfèrent pas trop dans sa vie, professionnelle ou privée.
C’est la moindre des choses que de prendre cela en compte, mais tu aurais pu ne pas avoir cette considération, tu aurais pu te moquer de sa sécurité –l’Incontestable ne t’oblige en rien à y accorder de l’importance. Elle s’était attendue à ce que tu t’en moques. Après tout, tu ne veux pas de ce mariage, toi non plus. De ce côté-là, Max s’avoue rassurée, sans doute même assez agréablement surprise. Du moins, c’est rassurant à entendre après avoir entendu que tu étais yakuza…

Elle hoche la tête. Conditions acceptées. « Dans ce cas, je ne pense pas que tu changeras beaucoup tes habitudes de ce côté-là. Je ne demande rien de mieux que de rester en dehors de ça. Ne m’implique pas, n’implique pas mes proches –de quelque manière que ce soit- et je ne m’impliquerai pas non plus. »

Aussi simple que ça –du moins, c’est ce qu’on verra. Ou plus précisément ce qu’on ne verra certainement pas. Max n’est ni idiote ni naïve ; elle sait que rien ne sera simple. Mais elle est cependant prête à y mettre du sien pour que tout se passe au mieux, du moment que les efforts sont communs.
Son regard dérive un bref instant sur l’horloge de la cuisine. 10 heures 35. Il est encore tôt.

« On aura sûrement d’autres occasions de parler de tout ça, » dit-elle sans vraiment avoir l’impression d’esquiver le sujet ; vous traiterez les détails à mesure que ceux-ci s’imposeront, et tu as déjà couvert ledit sujet à toi tout seul. « Tu veux qu’on prépare le repas ensemble ? » Parce que vous ne voulez pas qu’en plus, l’Incontestable vous tape sur les doigts, pas vrai ? À moins que tu aies d’autres idées d’activités que vous pourriez accomplir à deux.

— soosaku —

le Lun 30 Sep - 16:30
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:

Comme une lettre

A la poste

Feat Mawxell K. Kazuma

Les mots firent double effet. Maxwell semblait d’abord plus inquiète puis rassurée. Doumeki ne savait pas vraiment ce qui a fait quoi mais du moment que son épouse ne prenait pas trop mal la nouvelle, ça suffisait pour lui.

Dans ce cas, je ne pense pas que tu changeras beaucoup tes habitudes de ce côté-là. Je ne demande rien de mieux que de rester en dehors de ça. Ne m’implique pas, n’implique pas mes proches –de quelque manière que ce soit- et je ne m’impliquerai pas non plus.

Il acquiesça, quoiqu’en fronçant le regard. Il n’aimait pas la tournure de sa phrase, comme un ordre, ou un chantage. Il n’avait pas envisagé mêler son épouse, et qui que soit les autres membres de sa famille, Doumeki ne rendait de compte qu’à son père et l’Oyabun. Alors savoir qu’elle acceptait « à condition », c’était bizarre, suspect. Il est facile de faire porter le chapeau à Doumeki pour les actions d’autrui. Akira y arrivait si souvent que Doumeki en avait presque perdu le compte. Et avec la nouvelle méfiance de Maxwell, il arrivera sans doute parfois qu’il se retrouvera sur le banc des accusés pour rien. Avait-elle de la famille dans la police ou parmi certains détectives ?

Doumeki allait poser la question mais maxwell parlait avant lui.

On aura sûrement d’autres occasions de parler de tout ça.

Il ne rétorqua pas. Au fond, rien ne l’obligeait à se renseigner, et si l’incident arrivait avant qu’il apprenne que untel ou untel de ses opposants étaient de la famille de Maxwell, il pourra dire qu’il l’ignorait, et sans mentir puisque Maxwell avait d’elle-même clos le sujet. Statistiquement, c’était une bonne solution.

Tu veux qu’on prépare le repas ensemble ?

La question le laissa un peu perplexe. Ses yeux s’ouvrirent d’étonnement et l’heure lui donnait raison. Il était tôt. Il y avait les devoirs, bien sûr, l’activité, les tâches ménagères. Il ne savait pas exactement ce que « faire le repas ensemble » allait valider et un instant, il ne sut que répondre.

Euh…

Il se reprit en toussant un peu dans son poing et en décroisant ses bras.

Oui, allons-y. Que veux-tu faire ?

Il n’était pas très à l’aise dans une maison en réalité. La plupart du temps, il était à la société ou dans le quartier de Naoto, où il n’était qu’un patron ou qu’un yakuza. Ils avaient l’habitude de beaucoup sortir, et si Doumeki restait à la maison, c’était soit parce que Naoto était malade, ou parce qu’elle avait des crises. Le travail passant toujours avant tout, il n’avait plus qu’une idée floue de ce qu’était une vie de couple. Ça se voyait un peu, à sa manière de marcher et hésiter, revenir sur ses pas pour poser sa veste, repartir, s’arrêter pour remonter les manches de sa veste et regarder alentour comme si un indice de ce qu’il devait faire se trouvait dans le décor.

Et la conversation n’allait pas aider. Une fois qu’ils avaient abordé les grands sujets, Doumeki n’avait pas vraiment d’idées de discussions. Puisque Maxwell lui retournait systématiquement ses questions, il ne préférait pas partir sur le passé, compromettant, ou les loisirs, pour lui inexistants ou un peu gênants. Un yakuza quarantenaire qui ne pense qu’au travail, ce n’est pas vraiment flatteur, et s’il ne voulait pas faire une impression particulière à son épouse, il ne cherchait pas vraiment à ce qu’elle le prenne en grippe ou se moque de lui.

Ah, ou peut-être…

Tu as des allergies ? Ou des aliments que tu n’aimes pas ?

Il se rendit compte qu’avec la conversation précédente, même avec le changement de sujet, ça sonnait faux. Ou c’était lui ? Il ne pouvait pas vraiment le savoir. Il n’était jamais loquace quand il fallait parler d’autres choses que de chiffres ou d’ordres à donner. Alors dès qu’il s’essayait à l’exercice, il se sentait hors contexte. Il savait que ça ne se sentait pas toujours, dans les bars ou parmi les gars du clan, mais lui en avait toujours la très nette impression. Pas vraiment fait pour le social.

Akira :#990000 Naoto :#00cc99 Doumeki : #000099

★
le Ven 4 Oct - 10:23
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Max a pour habitude d’observer les gens qui se tiennent devant elle, et de savoir assez vite à qui elle a affaire –ou du moins comment se comporter avec eux. Seulement, lorsque la personne qui lui fait face est un introverti endurci qui n’a même pas l’air d’avoir l’envie réelle de communiquer, c’est plus compliqué.
Elle peut comprendre que tu sois secret par habitude, vu qui tu es. Mais encore une fois, la jeune femme se dit que sans l’Incontestable, vous auriez pu vous croiser des milliers de fois dans la même ville, durant un millier de vies, rien ne se serait passé. Ni une parole, ni un regard, rien.

Tu n’as pas non plus l’habitude d’une vie de couple, ça se renifle de loin. Même Max –qui n’a pas plus l’habitude que toi- le remarque. Elle se demande si c'est ton premier mariage à toi aussi.

« Il n’y a pas beaucoup de choses dans le frigo pour l’instant, mais je pense qu’on peut faire un risotto. Ça te va ? »

Ceci étant dit, Max quitte la posture qu’elle a gardé durant leur conversation –les hanches appuyées contre le comptoir- et va fouiller dans le frigo.

« Non pas que je sache. Si c’est le cas pour toi, hésite pas à le dire. »

Elle en sort les quelques légumes qui s’y trouvent, les pose sur la table, te lance un coup d’œil… et estime que malgré ta nature peu loquace, tu as besoin qu’on te parle –là maintenant, en tous cas.

« Tu peux commencer à couper pendant que je dose le riz, s’il te plait ? »

Max ne peut pas t’apprendre ce qu’est une vie de couple parfaite, mais un risotto, ça elle peut. Devant ta mine décontenancée et tout en se servant d’un verre pour doser le riz sec, elle ajoute :

« Je me dis juste que pour aujourd’hui, ça peut être l’activité qu’on doit partager. Non ? » C’est vrai que vous ne pourrez pas toujours vous contenter de faire ça pour satisfaire l’Incontestable. Même Max aimerait explorer d’autres pistes. Ah, et il y a le baiser, aussi. Pour l’instant, elle repousse ce détail dans un coin de sa tête. « Je ne sais pas ce que tu as l’habitude de faire en dehors du travail, mais on trouvera certainement d’autres façons de remplir cette part du contrat. »

Ah si elle savait. Seulement, malgré les apparences, elle a encore envie d’espérer qu’il y a autre chose qu’un bourreau de travail devant elle -ou un bourreau tout court, va savoir ce que tes activités de yakuza exigent de toi. Dans le cas contraire… Je vais grave me faire chier. Heureusement qu’il y aura Naoto.
Mais en parlant d’activités extra-professionnelles, Max se rend compte qu’il y a certaines choses qu’elle devrait dire.

« Au fait, en parlant de ça, je vais sans doute rentrer un peu tard certains soirs. » Parce que l’Urbex. Elle aime trop ça pour arrêter, surtout pour un mariage. Ce qui est triste, c’est qu’avec cette foutue règle l’obligeant à partager le lit conjugal chaque nuit de sa vie à compter de ce jour, Max peut dire adieu à ses occasionnelles nuits blanches dans des endroits où personne ne songerait même à pénétrer. Et évidemment, ce n’est pas toi qui accepteras de l’accompagner pendant ses virées nocturnes. « Et j’espère que la musique ne te dérange pas, » elle ajoute avec un léger sourire. Parce que le violon. Et parce qu’il est hors de question que l’instrument prenne la poussière et reste silencieux.

— soosaku —

le Sam 12 Oct - 9:26
Doumeki Kazuma
Messages postés : 215
Inscrit.e le : 28/08/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
Comme une lettre à la posteDoumeki Kazuma et Maxwell K. KazumaNon pas que je sache. Si c’est le cas pour toi, hésite pas à le dire.

Doumeki hocha négativement la tête. Il n’aimait pas certaines choses, mais il avait pris l’habitude de laisser de côté et de manger le reste. Son appétit était plutôt important mais en soi, rien qui ne l’empêche d’être fine bouche.

Tu peux commencer à couper pendant que je dose le riz, s’il te plait ?

Nouveau hochement de tête, positif, et il s’activa. Il prit un couteau, releva ses manches, lava les légumes et s’attela à les couper avec la force de l’habitude. Il n’était pas un grand cuisinier, mais il avait appris les tâches simples. Incapable de faire ledit « risotto ». Il n’était pas très exotique dans ce qu’il mangeait, alors si le nom évoquait pour lui une photo floue d’un menu de restaurant italien, il n’allait aps dire pour autant qu’il aimait ça ou non. Il n’en avait sans doute jamais mangé.

Je me dis juste que pour aujourd’hui, ça peut être l’activité qu’on doit partager. Non ?

Doumeki fronça les sourcils. L’activité à partager, sans doute. Il n’avait pas d’autres idées en tête de toute manière. Plutôt un algorithme sur le nombre de graines dans tel légumes par rapport à tel autre. Inutile mais quotidien dans cette tête renfrognée.

Je présume que oui.

Je ne sais pas ce que tu as l’habitude de faire en dehors du travail, mais on trouvera certainement d’autres façons de remplir cette part du contrat.

Doumeki ouvrit la bouche mais la referma derechef. Il n’était sans doute pas judicieux d’admettre de but en blanc, dès le premier jour, que non, il n’avait pas de loisirs. Le sport était plus un exutoire qu’un plaisir, aller boire relevait plus du contacting, ou c’était pour veiller sur Naoto. Sa main s’arrêta une seconde à la réalisation. Il n’avait pas vraiment de loisirs. Mais il reprit bien vite son occupation. Parce qu’en fait, si. Il en avait une, et il était payé pour. Compter. Le problème restait le même. Impossible de « partager » ça.

Au fait, en parlant de ça, je vais sans doute rentrer un peu tard certains soirs.

Doumeki leva un sourcil, s’attendant à une explication, ou un motif de ces retours « tardifs ». Le travail fut la première raison qui lui venait en tête, presque la seule. Il y avait aussi les soirées, comme Naoto aimait en faire aussi. A son âge, elle devait en faire. Mais rien ne vint, juste une suite laconique dans un sourire presque amusé.

Et j’espère que la musique ne te dérange pas.

La musique ? Doumeki n’était pas un fin amateur non plus. Il ne l’écoutait pas spécialement dans les soirées ou en voiture. Il n’avait rien contre mais ce n’était simplement pas son truc.

Je ne pense pas. Je n’en écoute pas en général.
Très peu.


Petite correction tardive parce qu’il pensait tout de même au ukulélé qui trainait quelque part. Etrange lubie de Naoto qui n’arrivait pas à faire deux accords corrects, et avait tout simplement demandé à Doumeki d’apprendre à en jouer. C’était un peu étrange, le ukulélé est avant tout un instrument d’accompagnement à la voix. Mais Doumeki ne chantait pas. Il savait juste jouer quelques airs.

J’ai tendance à rentrer tard aussi. Mon travail peut me retenir certains soirs, ou je peux y aller très tôt le matin. Il arrive que ce soit les deux, alors il faudra parfois s’arranger pour faire les obligations. Honnêtement, ça va être la principale contrainte pour moi dans le mariage. Je travaille beaucoup et j’ai du mal à me dégager du temps si ce n’est pas… important.

Et c’est peu de le dire. Pourtant, Doumeki n’en rajoute pas. Il a fini de couper les légumes et se rinça les mains après avoir lavé le couteau. Il n’était pas maniaque, mais à vivre avec une femme qui ne rangeait rien, et qui était maladroite, il avait pris des habitudes un peu particulières.

Que faut-il faire d’autre ?

Doumeki sentait encore cette fausse note. Il n’était certes pas à sa place, mais l’impression ne s’estompait pas du tout. Il avait le sentiment de ne pas faire ce qu’il fallait. Mais il n’avait aucune idée de ce qu’il fallait changer dans son comportement pour qu’il soit à la fois sincère et avenant. En prenant la nouvelle tâche à faire pour le repas, il se questionnait sans trouver de réponses.  Il soupira et se gratta la tête. Peut-être que demander serait plus simple ?

Que faut-il faire d’autre ?

Merde.

Il leva la main devant lui comme un temps mort.

Je… Je m’exprime mal. Je me demande juste si… Ce que tu…

Il se tut et croisa les bras, réfléchissant à moitié, avec toujours son algorithme qui évoluait dans sa tête et parasitait son esprit. Il finit par lâcher avec une voix basse. Chaque mot lui faisait froncer un peu plus les sourcils, comme s’il s’étonnait de ce qu’il disait, ou s’en fâchait.

Honnêtement, vu mon âge, je n’imaginais pas être marié un jour. Ça ne te surprendra pas que je dise que je suis… mal à l’aise, et tu l’es aussi. Je présume que c’est normal. Mais surtout, je ne sais pas comment… organiser ?

C’était peu de le dire. Il n’avait déjà pas beaucoup de temps libre, et quand il en avait, il travaillait, ou faisait de l’argent d’une autre façon. Naoto était sans doute la seule personne à lui faire oublier un moment l’argent, pour le tirer dans une activité où il pensait perdre son temps, mais qu’il faisait quand même pour sa sœur. Pour qu’elle soit heureuse.

Non, plutôt… Je ne veux pas que ça se passe mal. Pour toi, pour Naoto, pour moi non plus. Mais je ne suis pas très doué pour… faire des efforts. Je travaille beaucoup. Enfin…

Il grogna de son propre monologue et se mit une main sur le front, couvrant ses yeux aussi. Parler de lui-même n’était pas son fort. Il n’était pas spécialement expansif de base et il n’avait jamais eu à l’être, vraiment. Naoto n’était pas une interlocutrice idéale, Akira essayait mais Doumeki n’aimait pas trop en dire au vieil homme, ses amis et ses exs n’avaient pas besoin d’en savoir plus que ce qu’il disait, c’est-à-dire très peu. Pourtant, pour une épouse, c’était normal de s’investir, un peu, non ?

Ça ne fait aucun sens, n’est-ce pas ?

Ou peut-être pas. Au fond, il pouvait se contenter de répondre à ses questions et s’assurer de sa sécurité. Pas besoin de jouer les bons époux. Akira pourrait lui tirer les oreilles mais Doumeki savait pourquoi, le vieux yakuza ne voulait pas que son fils adoptif refasse ses propres erreurs, mais il savait aussi que les situations n’étaient pas les mêmes. Pas besoin de tisser un lien fort pour vivre avec son épouse. Il n’aurait pas le temps nécessaire, Maxwell ne semblait pas plus motivée que lui, et sérieusement, leur différence d’âge allait clairement poser problème.

Je présume que ce n’est pas important pour le moment. N’en parlons plus.

:copyright: 2981 12289 0

★
le Lun 21 Oct - 17:28
Maxwell K. Kazuma
Messages postés : 121
Inscrit.e le : 30/03/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Don Doudou Kazuma
Autre: ♦ avatar by: me ♦

Quelque part, t’entendre dire que tu seras très pris par ton travail et assez absent la soulage. Non pas que Max ne s’en doutait pas déjà avant que tu ne le dises, mais que tu le confirmes, c’est réconfortant. Réconfortant de savoir qu’elle va passer moins de temps que prévu avec toi. On en est là. Pour elle qui a pris l’habitude d’écarter de sa vie tout ce qu’il y a d’inutile ou de négatif, le changement sera pour le moins radical. Car elle ne pourra absolument pas t’écarter de sa vie, à moins que l’Incontestable le décide.

« Que faut-il faire d’autre ? »

« Hmm, il manque les soixante grammes de beurre, tu peux les ajouter ? Je vais essayer de trouver le sel et le poivre. » Elle la ressent aussi, la fausse note –elle l’entend, presque comme si celle-ci avait grincé sur les cordes de son violon. Tout en fouillant les placards, Max commence à se dire que c’est le quotidien auquel elle va devoir s’habituer. Se côtoyer sans vraiment s’apprécier, partager sans affinités…

Elle se fige lorsque tu réitères ta question, et tourne la tête vers toi, à la fois perplexe et interloquée. Tu lèves une main devant toi alors que la jeune femme ne sait même pas encore ce qu’elle aurait répondu, si tu lui en avais laissé le temps. Mais elle ne s’en plaint pas, au contraire.

« Honnêtement, vu mon âge, je n’imaginais pas être marié un jour. Ça ne te surprendra pas que je dise que je suis… mal à l’aise, et tu l’es aussi. Je présume que c’est normal. Mais surtout, je ne sais pas comment… organiser ? »

Mal à l’aise oui, c’est peu de le dire. Max a cessé d’en compter les raisons –contrairement à toi, elle n’en a pas besoin, de compter. Enfin, pas autant. Elle appréhende bien différemment de toi le monde qui l’entoure. Est-ce que votre écart d’âge y est pour quelque chose ? Max se demande brièvement si tu aurais été moins frigide avec dix ans de moins. Elle ne te connait pas, donc elle n’en sait rien. Elle aimerait bien savoir. Mais il est vrai qu’un fossé de douze années pouvait en partie porter la faute d’un manque d’affinités.

« Non, plutôt… Je ne veux pas que ça se passe mal. Pour toi, pour Naoto, pour moi non plus. Mais je ne suis pas très doué pour… faire des efforts. Je travaille beaucoup. Enfin… »

Max pose la salière et se tourne entièrement vers toi. Elle ne va pas te dire que tout va bien se passer –elle ne peut décemment pas faire ce genre de promesse, ni te faire croire à cette phrase toute faite dans votre situation. Elle n'y croit déjà pas elle-même.

« Ça ne fait aucun sens, n’est-ce pas ? »

« Oh, si. Enfin… J’ai souvent imaginé être mariée, mais je n’en ai jamais eu aucune envie. Ce n’est pas de ta faute, ni de la mienne, c’est de la f… enfin, bref, c’est juste comme ça. » Parler ouvertement de son hostilité envers l’Incontestable est sans doute très imprudent tant qu’elle ne connait pas exactement ta propre position sur le sujet. Tu n’as pas l’air d’un pro-Incontestable, mais la jeune femme préfère tout de même faire avancer la conversation ailleurs, tout en faisant preuve de son honnêteté habituelle.

« Comme tu le dis c’est normal. C’est notre premier jour après tout, et même dans les jours, les semaines qui suivent, je m’attends pas à ce qu’on sache mener une vie de couple, toi comme moi. Par contre… » Max se gratte l’arrière de la tête en laissant un regard pensif dériver un instant. Elle cherche tout autant à te rassurant qu’à se rassurer elle-même. « ... peu importe le temps que ça prendra, on va forcément devoir trouver… un équilibre qui nous conviendra. Essaie de voir les choses dans ce sens-là. »

"Équilibre" sonne moins dramatique que "couple", c’est vrai. C’est aussi un concept plus abstrait, qui engage moins de choses, comme par exemple un vivre-ensemble sans sentiments. C’est exactement ce qu’il vous faut, non ?
Mais comme Max l’a dit, ce n’est que votre premier jour. Autrement dit, ce n’est pas aujourd’hui que vous allez régler tous les problèmes. Cela viendra, avec le temps. Alors elle n’insiste pas, t’adresse un hochement de tête paisible, et retourne à sa tâche.

Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum