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Épreuve 4 ;; Si j'étais toi

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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Épreuve 4 ;;
Si j'étais toi
Quelque chose cloche. Les gens se trompent de prénom, les habits ne sont pas les bons, ce n'est pas votre logement. C'est certain, vous n'êtes pas vous même. Un seul regard dans un miroir dissipe vos doutes : ce n'est pas votre corps. Encore pire : il semblerait que vous soyez dans la peau de l'un de vos proches ! Que faire ? A vous sa vie, ses emmerdes, son boulot, sa routine, sa famille ! Bon courage.

Rappel des règles

✗ L'épreuve se termine au bout de 24 heures, soit ce soir, le 06 juillet, à 23h59.
✗ Les réponses sont limitées à 1500 mots maximum.


▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

 

Kerrah[CI]
Kerrah[CI]
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Kerrah[CI]
Kerrah[CI]
Invité
Sam 6 Juil - 2:05
Kerrah - Chroniques d'Irydaë

Avatar des personnages :

Kerrah
Spoiler:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 128-34

Freidrich
Spoiler:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 6207a653d26ae1d09c68e4f56eae507e



La première chose que Kerrah sentit en se levant fut une migraine atroce. Depuis quand était-elle devenue si fragile ?

Elle repassa sa soirée en tête rapidement : Freidrich, cet animal à sang froid toujours souriant et affable qui lui servait de supérieur, l’avait convoqué pour une mission. Ils s’étaient infiltrés parmi les invités d’une soirée de luxe pour dérober un des objets de l’enchère prévue le soir même : Une magilithe, pierre dotée de pouvoir immense dont les propriétés exactes étaient encore inconnues.

Son supérieur n’avait pas dissimulé l’amusement de la voir fumer de rage toute la soirée du fait de devoir porter une robe et de se tenir à son bras comme une potiche de bonne éducation.

L’opération s’étant déroulée sans accroc, et la magilithe ayant été remise à l’agent chargé de l’évacuer discrètement, Kerrah avait profité de l’occasion pour se venger et traîner Freidrich dans un concours de boisson autodestructeur. Il avait résisté, cependant la quantité consommée par Kerrah ne justifiait aucunement son mal être actuel compte-tenu du niveau d’accoutumance dont elle disposait.

Kerrah s’étira : Elle avait dû piétiner trop longtemps la veille car elle avait encore des courbatures qui venait s’aj…

Le train de pensée entier de Kerrah dérailla tandis qu’elle se figeait dans son mouvement d’étirement : Des courbatures ? …

La couverture vola.

Elle resta complètement figée, dans un état de choc, observant ses jambes : Elles étaient tout ce qu’il y a de plus normale, bien en chair, et avec en bonus une pilosité qu’elle n’avait jamais connue.

La porte de sa chambre s’ouvrit avec violence alors que Kerrah débarquait, en sous-vêtement, dans la pièce commune de l’appartement qu’elle partageait avec Freidrich pour la durée de cette opération.

Elle trouva Freidrich assis sur une chaise, accoudé à la table à manger, en train de siroter une tasse de thé avec un air à la fois distingué et parfaitement serein, à cela prêt qu’il le faisait à l’aide du corps de Kerrah.

- Bonjour opératrice Kolsen. Bien dormis ? Vous n’avez vraiment eu aucune pitié avec mon pauvre foie hier soir, je me suis réveillé en ne sentant plus mes membres ~ Dit-il avec un ton jovial en désignant les quatre prothèses militaires qu’il arborait maintenant à la place de ses bras et jambes.

C’est finalement son attitude suffisante, malgré son masque de jovialité souriante, qui tira Kerrah de sa stupeur, renversant la vapeur, et la faisant bouillir de rage. Une chose était sûre, c’était bien l’esprit de cette personne qui lui causait des pics de tensions dès qu’elle le voyait, car même en portant sa propre face, il arrivait encore à déclencher des pulsions meurtrières chez l’agente secrète.

- Ça te fais rire ? Tu crois que j’ai envie de passer le restant de mes jours dans ce corps !

- Allons darling, imagine un peu ma situation, je sais que mon corps actuel commence à démontrer des syndromes de manque, mais je n’ai aucune idée si ceux-ci correspondent à un manque d’alcool, de tabac … combien de substances nocives consume-tu au quotidien déjà ?

Kerrah, d’un geste rapide et précis, arracha une dose de stimulant militaire de sa ceinture et la planta dans le cou son interlocuteur, l’injectant se faisant.

Celui-ci eut un léger tic nerveux avant de se détendre.

- Ah, c’était donc ça. Merci ma chérie, je tiens à dire que je te trouve absolument ravissante ce matin. Tu as fait quelque chose à tes cheveux ?

Kerrah s’assit, se massant les tempes : Si elle n’avait pas déjà une gueule de bois atroce de la veille elle aurait cherché quelque chose à boire.

- Ça doit être cette magilithe hier. Au moins nous savons ce qu’elle fait maintenant. Il faut que nous rattrapions le messager pour essayer de retrouver nos corps d’origine.

Freidrich répondit avec un air calme, tout en sirotant son thé :

- Je préférerais aussi, je n’ai pas confiance en ta capacité à contrôler tes pulsions. Je ne voudrais pas que tu abuse de mon corps d’Apollon alors que tu me laisse uniquement cette boîte de conserve à jouer avec.


Kerrah, dans un élan de rage, abattit son poing sur la table de toutes ses forces. Cependant, au lieu de fracasser celle-ci en deux comme elle s’y attendait, elle fut plongée dans un mutisme absolu, ses lèvres tremblant légèrement.

Freidrich leva les yeux de sa tasse, la regardant avec un air contrit :

- Je crois que tu viens de casser ma main.

Une bordée d’insultes, de jurons de douleur, et un bandage plus tard, Kerrah et Freidrich était en route pour intercepter le messager.

Heureusement pour eux, ils savaient précisément où celui-ci résidait.

Kerrah toqua à la porte suivant une combinaison précisée, puis attendit.

- C’est dommage, je suis sûr que cette expérience aurait pu nous rapprocher ~

Kerrah se tourna et le regarda avec un regard moribond :

- Il me reste encore une main à casser si tu veux.


Freidrich répondit d’un simple sourire, faisant comme s’il refermait une fermeture éclair entre ses lèvres.

Devant l’absence de réponse, Kerrah fut soudainement pris d’un doute. Sa première impulsion fut de prendre un pas de recul pour enfoncer la porte, mais elle s’arrêta juste à temps, indiquant la porte à Freidrich.

Celui-ci avait aussi perdu son sourire usuel à ce moment-là. Très loin de son attitude débonnaire usuelle, il prit un pas d’élan rapide et enfonça la porte d’un coup précis, perdant juste légèrement son équilibre sur la fin du mouvement à cause du poids supplémentaire des prothèses.

Kerrah eut une brève pensée avant de plonger dans la pièce à sa suite : Il semblait que son apparence de parasite dissimulait quelque chose de plus profond que ce qu’elle pensait.

La pièce était maculée de tâches de sang. Le messager était attaché sur une chaise, couverts de marques de coup et de brûlures, et plusieurs de ses phalanges coupées. Ses bourreaux, au nombre de quatre, attendaient Kerrah et Freidrich de pied ferme.

Les deux agents plongèrent chacun de leur côté dans les deux portes les plus proche de l’entrée, évitant de peu la rafale de chevrotine qui perça l’air peu après leur manœuvre d’esquive.

Kerrah se saisi du revolver à la ceinture de Freidrich, fronçant les sourcilles et l’observant de plus près : Celui-ci était une arme magithèque de très haute facture malgré son aspect discret. Cela voulait aussi dire que ce revolver était probablement plus couteux que l’ensemble de l’équipement de Kerrah, et dix fois plus puissant. Même les balles de celui-ci était infusée de magilithe.

Estimant la position préalable des agresseurs, elle leva l’arme, et tira.

Les balles crevèrent les cloisons fines avec un bruit de tonnerre, forçant les intrus à plonger à couvert.

Kerrah rechargea et se prépara à sortir dans le couloir quand elle entendit avec un bruit sinistre une cloison se fait éventrer. D’ici qu’elle pénètre dans le salon, Freidrich avait exploité la force surhumaine de son corps mécanique pour traverser la cloison séparant la cuisine du salon, et avait éliminé proprement les ennemis restants.

Kerrah baissa les yeux sur deux cadavres au sol. Ils avaient visiblement été touché par les balles qu’elle avait tirée, mais les blessures n’auraient pas dû être léthales, si ce n’est pour la gangrène purulente qui se développait autour de leurs plaies. Kerrah jeta un regard horrifié au revolver qu’elle tenait encore en main.

- Jolis tirs agent Kolsen, vous avez juste failli tuer l’otage.

Kerrah tourna le regard pour voir le messager regarder avec un retard horrifié la balle qui s’était logé dans la chaise à laquelle il était attaché, juste entre ses jambes. Kerrah renifla en retour avec dédain :

- Je suis presque sûr que ce n’est pas un organe vital.

Pour argumenter son point, elle pointa le canon de l’arme sur « ses » propres parties.

Avec un frisson, Freidrich ouvrit le coffre-fort et se saisi de la magilithe, l’activant pour échanger de corps avec Kerrah sans plus attendre.

Kerrah ne pu s’empêcher de palper son visage dès qu’elle retrouva son propre corps : Il n’est pas à dire, il fait bon d’être chez soi !


Kerrah[CI]
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Sam 6 Juil - 8:51
Just Married présente... "Si j'étais toi""Voilà le topo. Lui c'est Logan Edwards. Anglais naturalisé japonais, amateur de boxe et drogué à la cocaïne. Beau grossier que le mariage a rendu beaucoup trop abruti si vous voulez mon avis... Et qui va devoir se démerder dans le corps de..."Réveil en sursaut. La fièvre est tombée. Logan est seul dans le lit. Sur son front perle quelques gouttes de sueurs. Freyja est déjà partie ? Son regard se tourne sur le cadran. Presque huit heures. Un soupir, puis une main dans sa tignasse. Une odeur de jasmin émane de sa chemise de nuit. C'est fou ce qu'il pouvait détester cette odeur et...

• Attends... Y'a quelque chose qui va pas là.

Un regard sur ses vêtements. Du satin et... c'est quoi ce bleu nuit ? Un détail affolant. La délicatesse de ses mains. Des ongles limés au bout des doigts ? Oh put... La couette qui vole. Des jambes si frêles qu'un coup de pied les casserait en un instant. Non, ça ne se peut pas. L'urgence ? Se lever et aller voir. C'est fou ce qu'il se sentait léger tout à coup. Sauf sur sa tête, avec ces espèces de... boucles rousses indomptables et...

• Bordel de merde ! Mais c'est quoi c'délire ?

Debout devant le miroir de la salle de bain, l'horreur se saisit du visage si angélique de la jolie femme qui se trouvait là. Ou plutôt de Monsieur Edwards dans le corps... de sa propre femme !

• NOOON !

Un hurlement strident. Puis le silence. Non mec, tu ne rêves pas. T'as été métamorphosé dis donc ! Et si ça se trouve, ta Freyja ne l'a même pas remarqué ! Ou... attends... Est-ce qu'elle aurait permuté elle aussi ? Question conne. Elle s'en serait rendue compte non ? Fais chier... Comment il allait s'en sortir maintenant ?

Regard perdu dans ses pensées. Désespoir saisissant. Besoin violent de tout envoyer valser pour se défouler. Mais dans ce corps, il risquerait de se faire mal. Nouveau cri de rage, puis plus rien. Le temps de se changer et de se faire un café. Après il réfléchirait à la question. Mais alors... en parlant de fringues... Passage imposé par la chambre à coucher et fouille en cours. Pas moyen qu'il garde ça !

• Désolé chérie, j'vais t'emprunter des affaires.

Elle est pas là connard ! Et puis il allait mettre quoi au juste ? Une robe à fleurs ? Jamais de la vie. T-shirt et pantalon mec. T'as pas le choix et tu te grouilles ! Et merde... et le soutif ? Tu comptes le mettre ou bien ? Logan se galérait bien ouais, entre la dentelle et le reste. Il aurait pu se mater au passage, mais ce serait malsain. Incarner ce qu'il aimerait pouvoir se taper depuis des semaines ? C'est bon, il s'en passera.

Dix minutes. Pas moins de six cent secondes pour si peu ! Et le café qui n'était même pas prêt... Évidemment ! C'était son boulot à elle ! Maintenant, c'est toi qui t'y colle ! ET TU BAISSES D'UN TON ! Trop de chahut dans sa petite tête. Ouais alors, c'est pas à prendre au pied de la lettre hein ! Il parle de lui et pas d'elle... Bref ! Ferme ta gueule toi aussi. Le blondinet de base avait besoin de se concentrer juste deux minutes. La journée de Freyja se résumait à quoi déjà ? Préparer le petit déj'... filer à sa boutique de fleurs et faire des livraisons toute la journée ?

• Sans déconner... J'y arriverais jamais !

Tu crois pas si bien dire ! Pauvre petit gosse de riches qui n'a jamais travaillé comme il se doit. Lui qui préférait écumer les bars et se taper tout ce qui bouge il n'y a pas si longtemps... et qui a osé mordre la ligne hein ! Tu vas faire quoi maintenant ? Te bouger le cul ou pointer malade ? Faire l'effort de comprendre qui elle est et ce qu'elle vit pendant que toi, sale prétentieux de mes deux, t'es sensé être au Call Center à appeler des gens au hasard ?

***

Bilan de la journée ? Deux heures d'essai à la Freyja Attitude. Bravo mec... t'appelles ça un effort toi le minable ?  Et tu oses te lamenter sur ton sort et retourner te coucher tout habillé ? Comme si les effets allaient passer tient. Non mais sérieux ! Il aurait pu se balader en ville ! Croiser des gens, changer de quartier peut-être et vendre ces putains de fleurs aux parfums plus ou moins vomitifs selon les cas... Quoi ? Qu'est-ce qu'y a encore ? Il pourrait être un peu plus précis sur ses faits et gestes ?

Le néant. C'est clair comme ça ? Logan n'a tout simplement rien glandé tellement il était blasé. Oh ça oui ! Il l'a vue la boutique de sa chère épouse... mais du coin de l’œil. Depuis le temps qu'il en entend parler, il aurait pu la visiter non ? Que dalle. Et surtout pas que ça à foutre. Lui dans la peau d'une femme ? Pas moyen. Pas gérable. Deux nichons au lieu de sa protubérance habituelle ? Y'en a que ça fait bander, mais pas lui. Ce qu'il n'a pas supporté ? Le regard de certains mecs sur sa gueule ! Voilà ! Il les aurait tous claqués mais ça aurait changé quoi ?

Super expérience. Vraiment. De nouveau allongé sur le lit, regard niais observant le plafond comme s'il espérait le voir se fracasser sur sa tronche. Pas la peine d'insister ! Il n'y croyait pas. C'était juste un cauchemar... Un peu trop réaliste okay, mais il allait y croire suffisamment fort pour retrouver son corps de mec viril. Juste fermer les yeux, ne penser à rien. Une fois... deux fois... Rien de change. La panique... Putain mais réveille-toi Logan !

***

Folie meurtrière subite. Besoin ultra vital de se défouler sur n'importe quoi. La couette vole de nouveau. Les oreillers valsent dans le couloir. La porte de la chambre claque. Logan tape des pieds et entre dans la cuisine. Les placards s'ouvrent à la volée et la vaisselle se retrouve expédiée dans le salon. Un bruit de porcelaine rompt le silence. La table pivote et les chaises tombent. Ah le canapé... trop lourd pour lui ? C'est ce qu'on va voir. Flexion. Extension du bras. Lever du mobilier et bim ! Complètement retourné. L'étagère là-bas... trop de livres ! Allez hop ! On ouvre les fenêtres et on balance tout dehors !

Nouveau bilan ? La maison est sans dessus-dessous... pour ne pas dire en bordel et à la limite d'avoir été cambriolée. Un cri de soulagement. Les genoux qui frôlent le sol. Logan n'en peut plus. Il est à cran. Son esprit a rejeté la réalité. La fatigue le gagne, il s'écroule sur le parquet japonais.

Game Over Dude... Try again ?
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Alexander de Wettelsbach
Alexander de Wettelsbach
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Alexander de Wettelsbach
Alexander de Wettelsbach
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#4 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Alexander de Wettelsbach
Sam 6 Juil - 9:26
Alexander de Wettelsbach pour le forum DEAD END



On dit souvent : « si jeunesse savait, si vieillesse pouvait »… On ne se rend jamais vraiment compte du mal que nous pouvons faire aux autres quand on les juge. Quand on croit détenir la sainte vérité de tout. Après une ultime dispute avec sa grande sœur Mathilda, la veille, où elle lui jeta au visage qu’elle aimerait bien qu’il soit juste un jour dans sa peau, juste pour se rendre compte, que la vie d’une femme n’était pas aussi simple que ça ! Mathieu en bon gros con, l’avait méchamment envoyée chier. Sans penser un seul instant, que le souhait de cette dernière pouvait se réaliser. A croire qu’il y avait vraiment quelqu’un là haut…

Ce matin, quand ses yeux s’ouvrirent, qu’il se remua dans son lit, avec un mal de ventre carabiné, il n’avait aucune envie de se bouger du lit. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Il n’était pourtant pas un habitué des douleurs au bide ! Surtout le matin ! Et le pire, c’est qu’il avait mal à la tête et se sentait nauséeux. Horrible. Il referma aussi vite les yeux. Les premiers rayons du soleil qui vinrent à lui furent comme une agression insupportable.

Et sa mère qui se mit à brailler le prénom de sa conne de sœur comme un âne !

« Putain ! Mais elle peut pas se lever cette crétine ! J’ai déjà mal au crâne bordel ! », pensa-t-il bien fort.

Les cris redoublèrent jusqu’à ce que la porte s’ouvre sur sa mère qui se mit à lui retirer les draps sans ménagement.

– Mathilde ! Enfin ! Tu exagères ! Tu te lèves maintenant ! Le petit déjeuner est prêt et après il faut que tu files à ta douche ! Je te rappelle que c’est ton premier jour de boulot d’été ! Je ne veux pas que tu sois en retard ! Est-ce claire ? Règle ou pas. Il faut que tu bosses.

Tout en se redressant lentement dans le lit, Matthieu fit comme son ordinateur qui plantait quand un programme demandait trop de charge pour son micro processeur. Jusqu’à ce que son regard croise son reflet dans le miroir face à lui…

– Misère ! Mais bouges toi ! Ton petit frère est déjà partie en viré avec ses copains pour le weekend ! Et aurait fallut voir comme il était gaie comme un pinçon lui !

Non, Math, ne l’écoutait plus… Il vivait un vrai cauchemar ! Non, c’était juste impossible ! Il ne pouvait pas être dans le corps de sa grande sœur ! C’était impossible ! Comment une telle chose avait pu se produire ! COMMENT ?!

– Je… maman… je… j’ai trop mal au ventre…

Sa mère posa sur ce qu’elle croyait sa fille un regard dur.

– Mathilde ! Ok ! Je sais que tu as des règles douloureuses ! Mais tu crois que tu es la seule ? Moi-même, je dois aller bosser que j’ai mal ou pas ! T’auras qu’à prendre des cachets ! Point ! Maintenant tu te lèves ! Et change ton tampon ! Pas plus de 2 h ! Et là, tu dors avec ! Dépêches toi bon sang !

Et lui, restait choqué sur place, médusé par cette réponse si dure.

– Ok…

Il dû se faire violence pour sortir du lit. Se tenant le ventre, plié en deux. Même les seins de sa sœur lui faisaient mal ! Une fois dans la salle de bain/wc, il s’y enferma… et avec une grimace, limite dégoût de devoir descendre la culotte de sa grande sœur, il chercha à tâtons la ficelle du dit tampon quand il la trouva, il tira dessus… Il descendit d’un coup, rouge… totalement rouge. Il en eut un haut le coeur. Il le jeta rapidement à la poubelle en le tenant par le bout des doigts comme-ci ça allait le mordre.

Il se répétait en boucle que ce n’était juste qu’un putain de cauchemar ! Qu’il allait se réveiller ! Mais le réveil n’arrivait pas ! Le faisant plonger totalement dans cet Enfer au sens propre du terme. Soudainement il eut la sensation comme une chose qui se déchira dans son bas ventre et quelque chose se mit à couler entre ses jambes, chaud et gluant. Il baissa les yeux, pour voir plein de sang qui maculait ses cuisses… et le sol… A cette vitesse, il savait qu’il allait tourner de l’oeil !

Pourtant Mathieu agrippa du PQ pour s’essuyer comme il pouvait. Ecoeuré. Puis chercha les tampons… dû lire la notice pour savoir comment le mettre et l’installa en fermant quasiment les yeux. L’aspirine était là… juste là… à côté des tampons dans l’armoire à pharmacie, il attrapa donc le tube pour en prendre deux qu’il mit directement en bouche ! Tant pis pour l’eau ! Il avait bien trop mal !

Il était hors de question qu’il aille manger dans cet état… Il prit directement sa douche en retirant avec un mal de chien le soutien gorge. Une fois sous l’eau chaude, il ferma les yeux, il ne voulait pas regarder davantage se corps qui n’était pas le sien mais celui de sa grande sœur, Mathilde. Etait-ce cela le quotidien de sa frangine ? La vie qu’elle menait ?

Math soupira profondément … et aux nouveaux cris de sa mère qui gâchait sa quiétude, il sortit de la douche, prit une serviette pour se sécher.

– J’arrive ! Nom de Dieu ! Par tous les saints de l’univers arrête de crier ! Ma tête !

Et sans attendre sa réponse, il fila dans la chambre de sa sœur. Ouvrit son placard… et regarda quoi mettre… il baissa les yeux sur ses jambes… Non pas épilées… Il prit un ensemble de lingerie sport, brassière et slip en coton. Puis un pantalon vague qui ne serrait pas trop à la taille et un débardeur. Des baskets pour la marche. Une fois à la cuisine, sa mère le dévisagea.

– Non mais t’es pas bien ! Tu vas faire l’hôtesse d’accueil dans un magasin où j’ai eu un mal de chien à décrocher le poste pour toi ! Et tu t’habilles ainsi ?! C’est pas vrai ! Je dois tout faire moi même donc ?!

Elle le prit par le bras et le ramena dans sa chambre.

– Assis toi là ! Tu n’es pas épilé hein ? Heureusement que tu es blonde ! Le duvet se verra moins ! Donc… Coulant noir, chaussure à talons, jupe noire, corsage blancs, soutien gorge pigeonnant.

Tout en parlant, elle lui mit les vêtements sur le lit. C’était de pire en pire !

– Après tu tacheras de te coiffer un minimum ! Hein !

Une fois qu’elle sortit de la chambre, il se sentait totalement désœuvré. Désemparé. Désespéré même. Toutefois, il n’eut pas d’autre chose que de se déshabiller pour mettre les autres habits. Il galéra pour le soutien gorge et le collant… mais sans doute l’horreur fut les chaussures à talons, il tenait à peine debout dessus… Il dut se tenir jusqu’à la cuisine contre les murs pour ne pas chuter.

– Là, c’est mieux maman ?

– Oui, tu es parfaite, cette fois ! Viens manger et après tu dois attraper le but pour aller au magasin. Une bijouterie dans le centre ville, Cléopâtre. Ils ont de la grosse clientèle. Alors il faudra surveillé ton langage ma grande !

– Oui, maman.

Il se laissa tomber sur la chaise, mangea sans faim son repas… avant de se relever pour partir… prenant un sac à main classe que sa mère avait préparé.

Math n’arrêtait pas de se tordre les pieds avec ses chaussures… son ventre lui faisait encore plus mal à chaque pas… et tenir debout à attendre le bus, fut un calvaire sans nom. Une fois, enfin, assis dans le but, il médita sur ce qui lui arrivait… sur tout ce qu’il avait pu dire ou faire à sa sœur, Mathilde. Il se jura mentalement, que plus jamais, il ne baverait sur elle. Plus jamais, il ne penserait que sa place de femme était géniale et qu’elle se plaignait pour un oui et non… Plus jamais, de toute son existence. En espérant qu’un jour, il soit à nouveau dans son corps à lui… et que ce qu’il vivait là n’était pas une punition divine à durée indéterminée…
Alexander de Wettelsbach
Neil I. Marshall (KHS)
Neil I. Marshall (KHS)
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Neil I. Marshall (KHS)
Neil I. Marshall (KHS)
Invité
#5 —Et si j'étais toi...
Neil I. Marshall (KHS)
Sam 6 Juil - 12:23
Et si j’étais toi...
Neil Ichiro Marshall pour Kobe High School
Lisez moi:
Neil Ichiro Marshall est le fils futur héritier du PDG qui règne sur le milieu pharmaceutique au Japon. Il est issu d’une famille riche, vit dans une maison luxueuse à Kobe et étudie sur le campus de Kobe High School où il est interne. Comme il a une petite soeur, il lui arrive de rentrer chez lui pour la garder quand il n’y a pas d’autre solution. Neil est populaire, classe, a de bonnes manières mais s’avère être égocentrique, un poil macho sur les bords et narcissique à souhait.
Et si j'étais toi... Neil11

Ayako est une première année qui croise Neil de temps en temps et a un petit crush pour l’étudiant, et pour cause celui-ci ressemble à l’un de ses chanteurs préférés. Elle devient timide quand elle doit lui adresser la parole mais est habituellement une petite avec du caractère et qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.  Elle prend soin d’elle et de son style et a deux membres de sa famille sur le campus.
Et si j'étais toi... Wm5510

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu le sommeil aussi lourd. J'entrouvre les paupières pour poser les yeux sur le réveil  posé sur ma table de chevet, s'étirant de tout mon long mais quelque chose cloche. Mes bras étirés devant mon visage sont si frêles, si courts et mes mains sont si petites… Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? Je me redresse et sent une cascade de cheveux me glisser le long du dos, des cheveux beaucoup trop longs pour être les miens. Un rapide tour d’horizon me confirme que quelque chose ne va pas. Ma chambre si spacieuse, décorée avec classe et sobriété, est échangée contre un dortoir du lycée où dorment des gamins délurés. Je me lève alors que les autres dorment encore, soupirant en voyant le première année aux cheveux rouges ronfler. Même endormi il est casse-pied. Je me dirige vers le placard proche du lit où j’étais allongé et, en chemin, je remarque que tout semble plus grand qu’à l’accoutumée. Comme si j’avais.. rapetissé ? Un rapide coup d’oeil dans le miroir une fois en face me confirme que je vis un cauchemar éveillé : me voilà dans la peau d’une première année…

Et pas n’importe quelle première année. Ayako Johansson, une petite loli aussi mignonne que timide quand elle me croise, avec une fratrie des plus déconcertantes. Un décoloré grognon d’un mètre quatre-vingt comme grand-frère et la pile à la crinière rouge qui ronfle à côté comme demi-frère. Pincez-moi je rêve… Hey mais… Je me pince mais rien ne se passe, j’aurai au moins essayé. Si ça doit se passer comme ça, alors autant en finir au plus vite. Peut-être que si je fais comme si de rien n’était, je finirai par me réveiller. Je me scrute dans la glace pour observer ce corps si frêle en pyjama rose bonbon, assorti aux cheveux teintés de la même couleur, et me perdant dans les yeux bleus de la petite accompagné d’un silence imperturbable.

Neil dans ses pensées : “Qu’est-ce que j’ai bien te faire pour atterrir là moi, hein ?”"

Un silence… mais ça veut dire que…

“Hey soeurette !!! T’es déjà levée ?”

Je me retourne avec les yeux écarquillés pour voir la pile rouge s’approcher avec ses bras tentaculesque dans le but de me faire un... calin? Ah non. Non non non. Je recule jusqu’à me cogner dos au placard et, encerclée par la demi-portion, me fait étreindre de force, grimaçant avec toute l’horreur du monde. Je reste collée au placard quand il se détache et l’observe un peu suspect, m’attendant à ce qu’il fasse un autre geste affectif dégoûtant du genre mais lui aussi semble me trouver suspect. Enfin, “suspecte”. J’en profite pour tourner le dos et ouvrir le placard, autant feindre un truc bidon pour lui échapper :

Neil//Ayako : “Euhm oui je.. je suis réveillée. Désolée, je suis un peu patraque, je crois que j’ai mes... règles”

C’est un truc crédible ça non ? Les filles sortent cette excuse à toutes les sauces après tout. L’entendant faire un “eurk” de dégoût, je souris : victoire par forfait. Comme il semble s’éloigner sans chercher à pousser la discussion plus loin, je reporte mon attention sur la penderie et… oh malheur. Autant cette petite est toujours mignonne, mais que je doive choisir une tenue de loli ? Ce serait comme jouer à la poupée, au secours… Je soupire désespéré, si je veux sortir d’ici je n’ai pas trop le choix. Je me dépêche de piocher une robe parce que c’est le plus rapide à enfiler, prends les affaires de toilettes et me dirige hors de la chambre avant que le reste de la chambre ne se réveille. Je remercie le ciel que cette fille soit pré-pubère et pas encore développée quand je vais me doucher et fait ça aussi vite que possible, en fermant les yeux pour que ce moment disparaisse. Lavé et robe enfilé, je sors de la cabine pour brosser ses cheveux : une crinière aussi longue, quelle plaie. Je dévisage le contenu de la trousse de toilette de la jeune fille : les produits de beauté et les bijoux, c’est hors de question.

Je range la brosse et ferme la trousse, prend la serviette et retourne dans la chambre mais me retrouve nez-à-nez avec l’élève de quatrième année que j’avais dans mon équipe à la course. Dans la peau d’Ayako, ce dernier faisait bien une tête et demi de plus que moi et je n’aimait pas ça. Je lève les yeux pour le fixer jusqu’à ce qu’il daigne se décaler vu qu’il me barrait un peu la route. Il engage la conversation en échangeant les politesses, mais tout ce que je veux moi c’est en finir. C’est rigolo deux minutes de retomber en enfance dans un corps de poupée, mais ma fierté en prends un coup là.

Neil//Ayako : “Tu pourrais te décaler ? Tu bouches le passages Gideon-kun.”

La lueur qui apparaît dans ses yeux me dit que j’ai raté mon coup. J’aurai peut-être dû ajouter un “s’il te plait” ? Ou alors elle lui donne un petit surnom débile genre “Gigi” ? Peut-être bien que c’est juste “senpai”, mais me rabaisser non merci. Quoiqu’il en soit, je lui souris et essaye de forcer le passage. Il se décale enfin, non sans un regard complètement incrédule. C’est sûr que ça doit changer de la petite poupée si mignonne pour le coup. Je m’empresse d’enfiler les chaussures de la demoiselle et d’attraper son sac pour rejoindre le lycée, s’il y a bien un truc ou je vais gérer, c’est ça. Mon niveau scolaire est exemplaire. Je ne sais pas ce qu’il en est de la demoiselle alors je pourrais toujours faire une ou deux fautes voulues pour semer le doute.

Je déambule dans le campus pour rejoindre le bâtiment, croisant quelques personnes qui me saluent en tant qu’Ayako et leur fait des coucous de la main en guise de réponse, quand une force assez conséquente m’attrape par derrière en me tirant le bras. Je me retourne, sourcils froncés et fait face au décoloré que je craignais croiser. Le grand frère. Si Ayako était une poupée mignonne, lui était le roi des grognons. Un sourire sur son visage était aussi improbable que de croiser quelqu’un de la plèbe chez moi. Un duel de regard dura quelques longues secondes entre lui et moi, jusqu’à ce qu’il vienne abréger la chose en m’ébouriffant les cheveux. Je prenais sur moi jusque là mais là, c’était trop en demander. Je repousse sa main en grognant et lui donne un coup de poing dans le bras, qui bien sur n’a aucun effet vu la masse musculaire du garçon et la taille du petit poing que j’ai en ce moment. L’autre rigole avant d’avancer pour aller en cours, tout ce que je souhaite maintenant c’est retrouver mon vrai corps. La supercherie a assez duré.

Je rebrousse chemin et retourne dans la chambre, ferme la porte derrière moi et décide de retourner me coucher. Si c’est un cauchemar, il n’y a que ça qui peut fonctionner. Je m’endors quelques minutes après avoir pesté contre mes interlocuteurs de la journée, me réveillant quelques temps plus tard. Cette fois, je suis bien dans ma chambre, dans mon corps si finement sculpté et me dirige vers le miroir pour m’admirer.

Neil is back.


Code by Fushi

Neil I. Marshall (KHS)
Naoto - Hikari Sekai
Naoto - Hikari Sekai
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Naoto - Hikari Sekai
Naoto - Hikari Sekai
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#6 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Naoto - Hikari Sekai
Sam 6 Juil - 12:59

Avez-vous déjà eut envie, juste une fois, d’entrer dans la tête de quelqu’un d’autre ? Voir ce que ça fait d’être cette personne, voir le monde à sa hauteur, peut-être même avoir accès à ses pensées… Naoto Miyazawa, hybride méduse et collégien au pensionnat Sousei de son état, n’y avait jamais songé, et il pensait d’ailleurs que c’était terrible, car si quelqu’un entrait dans sa petite tête à lui il serait profondément angoissé par toutes les choses qu’il pourrait voir ou faire avec son corps.

Mais comme on dit, la vie est une tartine de merde, et plus précisément de merde de clown.

Ce matin en se levant, le jeune Naoto Miyazawa se sent un peu bizarre. Son corps aurait-il soudainement grandit au cours de la nuit ? Une poussée de croissance ? Non… Ce lit, avec la vieille couverture My Little Poney qui a plus de six ans, ce n’est pas le sien. Et ces grands pieds aux ongles couverts d’une épaisse couche de verni turquoise bon marché qui s’écaille déjà, ce ne sont pas les siens.

Avec effroi, Naoto Miyazawa réalise qu’il se trouve dans le corps de sa sœur Tsugumi.

Comment est-ce possible ? Que faire ? Aller chez le médecin ? Peut-être que Tsugumi l’attend dans la cuisine, avec son corps de Naoto Miyazawa bien à lui ? La petite méduse se gratte nerveusement les plumes. Les plumes… ? Qu’est-ce que ça gratte, le corps d’une hybride corbeau !

Sortant en panique de la chambre, équipé seulement d’une chemise de nuit en satin de basse qualité, pour se retrouver nez à nez avec sa mère.

« Oh tiens, Tsugumi, tu es bien matinale pour une fois !
- M’man ! J-je… Euh… Tu sais où est Tsu- Erhm Naoto ? »


La maman prend un air surpris.

« Mais ma chérie, tu sais bien que Naoto a école, aujourd’hui ! Il est déjà parti depuis plusieurs heures ! »

Ô rage, au désespoir ! Cette idiote de Tsugumi dans le corps de son frère n’a donc aucune jugeote ? Elle est allée à l’école ? Avec SES affaires ? Son carnet est toujours dans le sac ! Quel cauchemar, quel désastre ! Il va devoir attendre qu’elle ait finit la journée d’école, SA journée d’école, pour essayer de régler le problème…

« Bon, ma grande, tu devrais t’habiller ! Tu dois aller chercher du travail, aujourd’hui, tu te rappelles ? »

Le cauchemar s’épaissit comme une brume en hiver qui s’est douillettement installé sur un bord de rivière et n’est pas décidée à se dissiper. Il va falloir chercher du travail pour Tsugumi, penser et parler comme Tsugumi. Se cognant dans quelques murs et manquant de se coincer les doigts dans la porte, la petite méduse se réfugie sur son lit avec la couverture pleine d’étoiles.
Il regarde dans sa penderie. Son uniforme n’est plus là. Sa besace non plus. Dans le miroir sur la penderie, il voit le reflet d’une fille de vingt ans assez grande, pas coiffée, avec les yeux bien noirs et des plumes sur les bras. Sa sœur ne lui ressemble pas tant que ça. Et puis c’est une fille, elle a des… Choses que lui n’a pas, et elles sont d’ailleurs très visibles. Il n’ose pas les regarder. C’est ceux de sa sœur, beurk.

Ca a l’air encombrant et pas mal gênant, ces machins-là, quand même. Flasques, comme si c’était plein d’eau, et ça rebondit quand tu sautilles… Ca fait vachement mal par contre. Et c’est lourd, comment les filles font pour porter ça tout le temps ? Ils reviennent en place, et s’ajoute une sensation désagréable qui fait tressaillir le collégien. La sueur sous les boobs, ça colle, une horreur, trop horrible. Vivement qu’il sorte de là. Bon, maintenant faut récupérer une tenue… Où est sa chemise à imprimé notes de musiques… ?

« Tsugumi ? Est-ce que ça va ? Ne me dit pas que tu es retournée fouillée dans les dessins de ton frère ! »


Deux informations parviennent en même temps aux oreilles de Naoto. De un, il est dans sa propre chambre au lieu de s’habiller dans celle de sa sœur. De deux, sa sœur fouille dans sa chambre.

Il se retrouve partagé entre la détresse et la rage. Mais il faut agir rapidement.
Vite, il sort, et se rue dans la bonne chambre.

« Et si, pri…se la main dans le sac ! Désolé m’man ! »


Bien, catastrophe évitée. Fichue Tsugumi ! Elle va voir, tiens. Le petit frère entreprend de chercher le téléphone de sa grande sœur, histoire de se venger… Mais impossible de le trouver. La garce ! Elle a dû l’embarquer pendant qu’il dormait ! Naoto fulmine. Il pourrait blesser le corps de sa sœur, ou ruiner ses entretiens d’embauche, mais ce ne serait vraiment pas sympa…
Il soupire. Maintenant, faut s’habiller. Y’a pas grand choix de toute façon pour faire assez classe, tu prends le chemisier blanc avec le nœud dans le dos, une jupe noire classique et des talons… Y’a que ça, des chaussures à talons. Trois paires, pour être exact. Les bottines, avec un talon creux et l’autre qui se décolle, les sandales qui se transforment plus en tong-escarpin parce que les lanières qui maintiennent l’arrière ont lâché, et les bottes de neige.

Naoto considère sérieusement l’option des bottes de neige en juillet, parce qu’elles ont pas de talons. Mais il finit par prendre les bottines, les préférées de Tsugumi, non pas qu’elle en ait beaucoup d’autres.

Dernière étape, et une des plus importantes, comme dirait Cristina Cockatiela dans les Lionnes du Shopping, c’est la mise en beauté. On fait simple, lipstick rose et mascara. Pas si simple, tout compte fait, vu les traces noires autour des yeux et le coloriage raté des lèvres. Dernière touche, le parfum. Tsugumi met toujours une tonne de son parfum cheap au patchouli parce qu’elle trouve que ça sent meilleur que l’odeur de brocante qui colle à la maison Miyazawa.

« Ma chérie ! Kousuke est venu te chercher pour ton premier entretien ! »

Le visage de Naoto, ou plutôt celui de Tsugumi Miyazawa, devait ressembler trait pour trait au Cri d’Edvard Munch. « Skriiiiik ! » a d’ailleurs produit la bouche de cette dernière lorsque le garçon dans sa tête a percuté que Kousuke est arrivé.

Parce que Kousuke, c’est le petit copain de Tsugumi Miyazawa. Et pas le copain du tout de Naoto. Il pue l’huile de moteur parce qu’il passe beaucoup de temps avec sa voiture d’occasion à moitié pétée qu’il appelle « la deuxième femme de sa vie ». Il crâne avec sa veste en cuir trop usée et ses baskets neuves et plus chères que son téléphone. Et surtout, SURTOUT…
Il passe son temps à bécoter lourdement sa frangine ! Hors de question qu’il la touche. Jamais. Plutôt mourir ici et maintenant, se suicider dans l’honneur avec une paire de ciseaux, que d’approcher Kousuke…

Le monde se floute autour de Naoto, et la silhouette maigre et flasque de l’hybride chien se dessine dans la porte.

« Salut ma p’tite Barbie, ton Ken préféré est arrivé ! »

NON !

Une profonde inspiration et Naoto émerge de ce cauchemar. C’est le matin, il est dans son lit avec la couverture pleine d’étoiles, sa besace est à côté de son bureau bancal et surtout, il est bel et bien dans le costume de viande répondant au nom de Naoto Miyazawa.

Jamais il n’aurait cru être si content de retrouver son corps d’adolescent transpireux et empoté, ses bleus et ses pansements.
C’est pas plus mal d’être soi.

HS:
Bonjour,  j'espère que j'ai tout bien fais comme il faut, me tapez pas si je me suis planté ;v; En théorie vous devriez trouver 1268 mots ici, j'espère que ça va !
Bonne journée et bon interforum à vous tous !
Naoto - Hikari Sekai
Ismaël Taylor
Ismaël Taylor
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Ismaël Taylor
Ismaël Taylor
Invité
Sam 6 Juil - 13:21
Ismaël Taylor, pour le forum The Awakening

Spoiler:


La scène commença avec la sensation de se réveiller, ce qui était déjà, en soit, très étrange. Voyez-vous, Ismaël ne se réveillait jamais. Il divaguait parfois dans ses pensées, lorsqu'il était le moins en forme, mais depuis une petite centaine d'années, il ne s'était jamais vraiment endormi, à part pour simuler un pseudo-sommeil pour oublier le soleil dehors. Cela ne comptait donc pas.

La scène était donc très étrange car Ismaël se réveillait. Il avait l'impression d'avoir dormi de bonnes et longues heures et avait les muscles totalement ankylosés par une bonne et longue pratique d'un quelconque sport. Lorsqu'il bougea du matelas sur lequel il était endormi, il constata à quel point sa stature était différente : déjà, sa masse corporelle était beaucoup plus lourde que la sienne : chaque poing qu'il soulevait avait le poids d'un petit haltère. Et le pied qu'il venait de lever pour heurter le sol venait de faire un bruit tel qu'il en avait été terrifié.

C'était sûr : il y avait un problème.

Automatiquement, mu par une peur irrationnelle, il se dirigea vers la salle de bain pour y voir dans son propre reflet l'image d'une femme musclée, à la poitrine musculeuse et aux mains de géante. Même sa propre tête était différente, si bien que ce changement soudain fit naître l'affolement dans son cœur.

Son cœur ? Il était censé s'être arrêté de battre cent ans auparavant. Que ?

« Putain...je dois trouver...une sorcière ! », dit-il dans ses moustaches, ou plutôt dans l'endroit entre le nez et la bouche qui en était dépourvu. « Lola ? », reconnut-il dans le miroir.

C'était une femme qu'il avait rencontré lorsqu'il était venu prendre en photo le club de fitness dans lequel elle pratiquait. Il était dans le corps de Lola, cette drôle de fille impressionnante aux abdos qui ne lui avaient pas donné envie de lui chercher des noises. C'était bizarre, et dès lors, il fit attention à ne pas casser ce qui pouvait se trouver dans cette pièce pour qu'elle ne lui refasse pas le portrait.

Il n'avait pas vraiment fait attention à ses seins et au reste, mais lorsqu'il se retrouva seul devant son armoire, il ne put nier le fait qu'ils étaient véritablement là. Distrait, il posa ses mains dessus et devint encore plus blanc. Il les en retira comme s'il était lui-même une créature de Satan.

« ...Et si c'était une punition ? », murmura-t-il, encore à l'intention de lui-même. Il se dépêcha de se trouver quelques habits, peu importait qu'ils fassent féminins ou non, il ne pouvait pas rester en boxer la poitrine à l'air.

Il serait bien allé voir son amie Ileana, qui était une sorcière, mais depuis la dernière fois où elle l'avait surpris en train de faire deux ou trois innocentes conneries, ils n'étaient pas séparés spécialement en bons termes. Il aurait également pu se rendre à la tour d'Awakening, qui était une espèce de tour Avengers pour les vampires, mais bizarrement, Ismaël ne souhaitait plus avoir aucun contact avec ses congénères. Il ne voulait pas qu'on lui rappelle qu'il avait été l'assassin d'une petite dizaine d’animaux de compagnie.

« Probablement une punition, donc. »

Quelques minutes plus tard, il était sorti.

L'air dehors lui semblait plus appétissant et plus vivant que lorsqu'il était dans sa peau d'Ismaël. Voyez-vous, à chaque centimètre, chaque mètre, il sentait une odeur différente, il parvenait à entendre une conversation et il la comprenait. Il se sentait libre dans cette lourde peau dans laquelle il était emprisonné et avait envie de le crier sous tous les toits.

Toutefois, lorsqu'il avait levé la tête vers le ciel et vit la Lune, il sut que tout ne se passerait pas comme prévu. Comme un espèce de pressentiment, une impression catastrophique sur ce qui allait se passer. Il n'avait jamais vu la Lune comme cela, aussi haute, aussi ronde dans le ciel. Il était en train de penser qu'il lui faudrait trouver une autre sorcière que celle qu'il connaissait lorsque son corps, une fois de plus, se mit à avoir des réactions étranges.

En pleine rue.

Sous les yeux des passants.

Si Ismaël avait su de quoi il s'agissait, il aurait sûrement couru se mettre à l'abri et d'ailleurs, son instinct le lui criait : il était juste trop terrifié pour faire quoi que ce soit. Une sueur gluante avait recouvert son torse et, conformément à l'impression selon laquelle la Lune l'appelait, le garçon se contorsionna sur le sol.

-Mademoiselle, ça va ?

Une voix grave perturba ses pensées et entra directement dans sa tête. Ismaël leva son menton lorsqu'il découvrit l'effroi sur le visage de l'humain qui lui parlait. Un long cri naquit dans sa bouche tandis que, d'un réflexe, celui qui n'était plus un vampire l'attrapa d'une patte comme s'il n'était qu'une simple mouche. Sa conscience était totalement partie, il ne restait là que l'esprit sauvage auquel il avait laissé place : sa patte resserra la pression sur le torse de l'homme et on entendit un violent craquement. De sa gueule béante, il en arracha la tête comme si cet humain providentiel n'avait été qu'une friandise.

Le sang éclaboussa le sol, ses dents, et tout le reste, lui procurant un sentiment de puissance. Ismaël dirigea sa gueule vers la Lune, faisant fi des autres passants qui couraient dans les directions opposées en hurlant de peur. Un long son sortit de sa bouche, qui résonna alors dans tout New York.

Pour un spectateur lambda, c'était une catastrophe : devant leurs yeux, un humain s'était transformé en loup. Pour Ismaël, c'était probablement encore pire : il s'était retrouvé dans la peau d'un lycan sans comprendre pourquoi et n'avait pas du tout l'habitude du revers de la médaille de cette malédiction.

Grisé par le sang, il lâcha le corps désormais inerte, se frappa le torse comme pour prouver sa supériorité et prit son élan. Il commença à courir dans New York, ci et là, à la vue de toute la population. S'arrêterait-il au petit matin et retrouverait-il sa véritable apparence ? Ou bien cette fuite effrénée aurait-elle une fin, là, ce soir, tout de suite ?

Ses pattes l'entraînaient vers l'extérieur de la ville, du sang et de la bave lui coulaient le long de ses babines. Son cerveau ne marchait plus depuis déjà de longues minutes : il avait besoin de viande, de la viande fraîche. Il arracha un bras humain sur le chemin, mangea une jambe de femme. Lorsqu'il se posa enfin dans Central Park pour dévorer son repas bien mérité, il entendit le bruit si caractéristique des sirènes de police, puis, une voix grave :

« Tu sais ce qui arrive aux lycans qui perdent le contrôle, hein. »

Sa forme n'était pas distincte, Ismaël sut juste qu'il tenta de lui bondir dessus. Il y eut un bruit sinistre et il perdit connaissance.


Ismaël Taylor
Elisha/Elizabeth [Te]
Elisha/Elizabeth [Te]
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Elisha/Elizabeth [Te]
Elisha/Elizabeth [Te]
Invité
#8 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Elisha/Elizabeth [Te]
Sam 6 Juil - 17:04
Voici la participation de Terrae :D

Terrae c'est quoi ? :
Dans la vie, les drames sont plus fréquents que vous ne le pensez. Oh bien sûr, cela ne vous touche peut être pas, mais ce sera votre voisin, vos amis, votre famille ... Il arrive qu'une personne subisse un événement dans sa vie qui le change à jamais. Qui fait grandir en lui un Vide impossible à combler. Impossible à ignorer.

Ce Vide, c'est le billet d'entrée pour Terrae, un Institut situé au Japon. C'est pour beaucoup l'espoir d'une deuxième chance, d'un nouveau départ, l'espoir de refaire sa vie et de tirer un trait sur son passé. Et comme les bonnes nouvelles n'arrivent jamais seules, ce Vide permet aussi de développer des facultés ... magiques, en fonction de votre personnalité.

Qui est Elizabeth ?:
Elizabeth Hammerschmidt, Liz ou Lizou pour les intimes, est une enfant de 10 ans arrivée à l'institut de Terrae depuis peu. Atteinte du TDAH (Trouble du Déficit de l'Attention avec Hyperactivité), elle a beaucoup de mal à se concentrer et aura tendance à surréagir à n'importe quel évènement. Sa tête fourmille d'idées plus loufoques les unes que les autres, et elle a plutôt tendance à faire des bêtises. Elle ne manque pas d'imagination non plus, et transforme chacune de ses journées en aventure épique.

Depuis la disparition de sa soeur, Liz s'est renfermée dans une bulle peuplée de fées, de dragons et de licornes. Son imagination est débordante, et elle est persuadée que ce que l'on trouve dans les livres sont des histoires vraies. Cela rend la fillette particulièrement naïve et prompte à croire n'importe quoi. Mais ne vous y trompez pas : elle sait se montrer très manipulatrice quand elle veut obtenir quelque chose, les larmes étant son arme de prédilection (oui oui une arme je vous assure).

Qui est Tiago ?:
Tiago Marquez, alias le voleur de Doudous, est un Terraen lui aussi, arrivé depuis quelques mois. C'est un bad boy plutôt beau gosse que tout le monde connait à l'institut pour aimer faire la fête, se saouler la poire à n'importe quelle heure de la journée, et pour sa tendance à se battre ou sauter sur tout ce qui bouge. Très séducteur, il a couché avec pas mal de filles de l'institut. Oh, et c'est également un dealer de drogue avec une certaine ... renommée ?

Lizou l'appelle le voleur de Doudou car elle est persuadée qu'il s'introduit la nuit dans le dortoir des enfants pour subtiliser les doudous et les revendre sur le marché noir. Elle lui a même tendu un piège, un jour, afin de coincer cet imposteur ! (Mais étrangement ça n'avait pas marché comme prévu ...)

Si j'étais toi

Elizabeth dans la peau de Tiago pour Terrae

Ouaaaaaah, ce matin, j’me réveille en pleine forme ! J’ai dormi suuuuuper longtemps dis donc ! Pour une fois que les petits dans le dortoirs ils ont pas pleuré toute la nuit. Je me demande quelle heure il est tiens … Sûrement tard, parce qu’à travers mes yeux encore fermés, je vois qu’il y a plein de lumière dans la pièce. Mais, attendez … MAIS J’AI COURS MOI ! AAAAAAAAAAAAAAAAH !! Vite vite vite, faut que je me lève sinon je vais encore être en retard et avoir une punition ! Allez hop, j’ouvre les yeux et j’me prépare à sauter de mon lit en quatrième vitesse.

Sauf que … Sauf que avant, y avait un autre lit au dessus de ma tête. Celui de Léa. Et là nan. Et quand je tourne la tête, je suis pas dans le dortoir, je suis dans une chambre avec UN SEUL LIT ! C’est peut être pour ça que je me suis pas réveillée ? Bizarre bizarre… Peut être que des extra-terrestres m’ont enlevée pour me donner une chambre individuelle ? Ou nan !! DES FÉES !! Je suis sûre que c’est des fées parce que l’autre jour j’ai trouvé un puit, et j’ai fais un vœu dedans et je suis sûre maintenant que c’était un puit aux souhaits parce que j’avais demandé à avoir une grande chambre rien que pour moi. C’est trop COOOOOOL !!

Bon, la chambre c’est super cool, mais je suis quand même en retard alors zou ! Je me lève d’un bond. Wah. Depuis quand je suis aussi grande moi… Nan mais c’est vrai je touche presque le plafond !! C’est n’importe quoi, moi j’avais demandé une grande chambre pas un truc pour les nains !! Pfff, les fées, vous êtes trop nulles en fait je retire tout c’que j’ai dit. J’me vengerai mais un autre jour, là j’ai pas le temps.

Première étape, m’habiller. Y doit sûrement y avoir mes vêtements dans le placard là bas. Mais… Mais c’est quoi ce truc ?! J’me retrouve étalée par terre sur le ventre parce que mes jambes elles se sont emmêlées !! Stupides jambes ! Je les regarde et… AH MAIS ! ELLES SONT SI POILUES !! Waaaah je me suis transformée en yéti ou quoi ?! Vite, je cours au miroir ! Enfin… Je marche à quatre pattes, c’est plus prudent. Et quand je regarde dans la glace… Nan je suis pas devenu un yéti. Je suis devenu… Un grand ! Et pas n’importe quel grand en plus !! LE VOLEUR DE DOUDOUS !!

Là c’est la panique, moi j’veux pas être un grand, enfin si mais pas tout de suite, et puis je préfèrerais être moi quand je serais grande, et pas un sale voleur de doudou aux jambes de yéti ! Qu’est ce que je vais faaaaaiiiiiire !!! Bon allez Lizou. Calmons nous. D’abord tu inspires. Voilà. Et tu expires. Pfiou. Ca va mieux. Bon. Il faut que je réfléchisse. Pourquoi je suis devenue comme ça ? Et ben… Je sais pas, probablement les fées qui ont pas compris mon voeu. Donc la solution c’est… Retourner au puit pour demander l’inverse. Oui voilà ! T’es trop forte Liz héhé !! Ah mais, attendez une minute… Si je suis dans le corps du grand… CA VEUT DIRE QUE J’AI PAS BESOIN D’ALLER À L'ÉCOLE !! TROP BIEN !! Ok les fées, on règlera ça ce soir, là j’ai touuuute une journée pour faire c’que je veux, et j’vais en profiter !

D’abord je m’habille. Facile, y a plein de vêtements qui traînent par terre. Le voleur est vraiment un cracra hein… Dans les poches du jean que j’ai choisi, je trouve : des petits sachets en plastique opaque avec un espèce de truc rond à l’intérieur (je sais pas ce que c’est, c’est marqué Pré-ser-va-tif dessus...), d’autres petits sachets transparents avec un peu d’herbe séchée à l’intérieur (pourquoi il se balade avec du basilic lui…) et surtout un portefeuille avec pleiiiin de billets !! TROP COOL !! JE SUIS RIIIIIICHE HEHE !!

Je sais DÉJÀ c’que je vais en faire. Direction, le bar d’Erik ! Parce qu’ils servent une nouvelle glace MEGA GROSSE !! Sur le chemin, les gens me regardent bizarre. Bon, d’accord, peut être que dans ce corps, je devrais pas sautiller… C’est pas si mal finalement, d’être grand. Bon, si j’ignore les regards bizarres des mecs grands et baraqués qui font peur, ou des filles qui font… Ouai encore plus peur en fait. On dirait qu’elles vont me manger toute crue c’est flippant quand même !! Mais bon, ça va, j’arrive au bar en un seul morceau.

Je vais au comptoir, et là le barman il vient me voir DIRECT. Wah d’habitude quand il me voit ici, il me mets dehors direct soit disant que c’est pas pour les enfants. OUAI BEN SI C’EST PAS POUR LES ENFANTS, TU SERS PAS DES GLACES !! C’est c’que je lui dis à chaque fois mais bon il m’écoute pas, c’est normal les grands ils m’écoutent jamais d’habitude.

Salut mec, comme d’hab ?

Je le regarde un peu bizarre… Comme d’hab genre il va me jeter dehors ? Ah mais non ! Je suis dans la peau du grand là !! Héhé, mode incognito.

Nan, aujourd’hui, j’vais prendre une éééééénorme glace. A la vanille. Et au chocolat aussi. AVEC DU CHOCOLAT FONDU ET DE LA CHANTILLY DESSUS !! Et des chamalow. Merci !

Il me lance un regard vraiment bizarre, l’air de dire “mais qu’est ce qui t’arrive ce matin”. S’il savait que j’étais pas du tout le grand, il en ferait une tête encore plus bizarre ! Mais bon, il hausse les épaules et m’apporte ce que je veux, et c’est tout ce qui compte ! Je commence à manger. OMG C’EST SI BON !! C’est sûr plus jamais je sors de ce corps moi, c’est beaucoup trop cool !! Faudra quand même que j’achète des vêtements mieux quand même, genre avec des lapins ou des chatons.

Une fois que j’ai fini ma glace - et elle était teeeeellement bonne !! - je sors du bar pour aller faire un tour au parc. Comme tout le monde est à l’école, j’vais avoir les jeux pour moi toute seule héhé !! C’est tellement génial comme vie… Enfin… C’est ce que je croyais, mais en fait avec ce corps super grand je rentre même pas dans le toboggan. Bon, d’accord, y a pas que des trucs cools dans la vie de grand. Mais ça ne va pas me gâcher la journée !

Hem… Je n’aurai jamais dû penser ça… On dirait que les fées, elles veulent me donner une leçon ou un truc comme ça, parce que y a un groupe de grands l’air pas commode qui se rapproche de moi.

Hé, mec, t’as de la came sur toi ? J’en ai besoin.

J’comprends rien, moi, à ce qu’ils me disent, alors je me relève (parce que je m’étais assise sur un jeu à ressort là) et je répond :

De la … Quoi ? Nan mais laissez moi tranquille avec vos têtes de gros balourds, moi j’veux jouer sans être dérangée !

C’est vrai quoi, je leur ai rien demander à ceux-là, et puis qu’est ce qu’ils font sur l’aire de jeux ? C’est pour les enfants ! Enfin, remarque, dans ce corps j’suis plus trop une enfant non plus … Ah, zut, j’aurais du réfléchir avant de dire ça alors … Parce qu’ils le prennent pas bien du tout et ils commencent à me frapper !! AÏE !! MAIS CA FAIT SUPER MAL !!

MAIS CA VA PAS BIEN DANS TA TÊTE ESPÈCE DE DEB-

J’ai pas le temps de finir ma phrase, je prend un autre coup de poing dans la mâchoire qui me fait tomber par terre. Je retire tout c’que j’ai dit aujourd’hui, ça fait trop mal d’être un grand. Au moins quand t’es petit, tu peux dire ce que tu veux et personne vient t’embêter !! Là j’ai si mal que j’pleure comme un bébé. Ouai je sais que normalement je suis presque une grande fille mais, hé, vous vous êtes déjà pris des coups de poing comme ça ? Parce que moi non !! La dernière chose que je vois, c’est un policier qui court vers moi, avant qu’un dernier coup m’assomme et que je tombe dans les pommes…

Quand je me réveille, je suis de nouveau dans mon dortoir, sous le lit de Léa, avec mes petites mains et mes cheveux roux. TROP BIEN. J’ai même plus mal du tout. En même temps normal, c’est pas mon corps qui s’est fait taper héhé. N’empêche, je me demande … C’était un rêve, ou pas ?
Elisha/Elizabeth [Te]
Jericho Swain [VB]
Jericho Swain [VB]
Anonymous
Jericho Swain [VB]
Jericho Swain [VB]
Invité
#9 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Jericho Swain [VB]
Sam 6 Juil - 17:12
Contexte:
Jericho Swain est le dirigeant de facto de l'empire noxien, en tant que Grand Général. La relation qu'il entretient avec sa principale opposante au sein de la cité de Noxus Prime est pour le moins... ambigüe. Il est clair qu'ils sont bien plus qu'ennemis, ce qui ne les empêche pas, l'un comme l'autre, d'avoir recours à tous les coups bas imaginables.

La porte vola en éclats, soufflée par la détonation hextech. La brusque fournaise d’un vert surnaturel laissa la place à une volée d’échardes, qui vinrent, incandescentes, piqueter ses vêtements. Swain se dressa, le cœur battant, son genou heurtant dans la manœuvre l’écritoire devant lequel il se trouvait. Il trébucha, voulut instinctivement prendre appui sur sa canne, prit conscience au moment où il heurtait le sol que là où elle aurait dû se trouver, il n’y avait que le vide. Sa chute avait au moins eu le mérite de lui faire éviter la première lame, qui vint se ficher avec un bruit mat dans la cloison derrière lui.

Le dirigeant noxien se débattit, roula de manière complètement désordonnée vers un mur, tandis que ses assaillants pénétraient dans la pièce. Il reconnaissait parfaitement leurs traits, bien que ceux-ci soient dissimulés derrière des masques ouvragés. En tant qu’homme qui avait passé soixante années d’existence à trahir les autres pour accéder au pouvoir, il ne pouvait prétendre à trop d’empathie. Mais il était tout de même outré d’être ainsi trahi à son tour. Par de vulgaires assassins, rien de moins ! Il se serait plutôt vu partir, la tête sur une pique, renversé par une coalition de mages et d’aristocrates, après de longues années de règne. Voilà une mort qui respirait le panache, et qui en disait long sur la place qu’il occuperait dans l’Histoire.

Le premier tueur tira un nouveau couteau des plis de sa cape, armant son geste sans hésitation, mais sans précipitation non plus, pour l’atteindre alors qu’il se trouvait encore au sol. Une absence de conscience quasi-professionnelle. Swain tendit la main dans sa direction, dans un geste de défense, autant que dans l’optique de pratiquer une incantation désespérée. La magie, bien plus fluide et obéissante qu’à son habitude, se manifesta instantanément, mais pas de la manière dont il l’avait prévu. Il se sentit emporté, catapulté presque, et son corps disparut tout à fait, ne laissant qu’une bouffée de fumée et un éclair de lumière là où il se trouvait. Un instant après, la lame se fichait dans le parquet.

Il se retrouva dans une rue pavée de Noxus Prime, toujours étalé de tout son long, la main tendue et le visage crispé par la peur de mourir. Le poissonnier qui avait failli le piétiner le dévisageait comme s’il venait de se matérialiser de manière surnaturelle, là, à l’instant. Mais Swain ne lui accordait aucune attention. Il était focalisé sur sa propre main, toujours en suspens devant son visage. En lieu et place de sa peau parcheminée et des serres noirâtres qui lui servaient d’ongles, il pouvait admirer une main menue, parfaitement élancée et gracile, récemment manucurée. Voilà qui avait le mérite de rendre la journée plus intéressante. Le général se redressa, examinant son corps avec attention. Ses habits encore fumants révélaient une peau pâle, immaculée. Les bijoux qu’il portait arboraient tous ostensiblement une rose noire, comme autant de rappel de son statut et de sa puissance. Il était LeBlanc. À tout le moins, il était lui-même, dans le corps d’Evaine. Fascinant.

Il se releva, contourna le poissonnier dont l’œil bovin trahissait autant d’intelligence que celui de la carpe qu’il tenait à la main et se mit à remonter la rue à grandes enjambées. Son esprit retors cherchait à évaluer et comprendre la situation, mais il ne pouvait s’empêcher d’apprécier les capacités de cette nouvelle enveloppe. Sa jouvence perpétuellement assurée par une magie séculaire, il pouvait pour la première fois depuis près de cinquante ans poser le pied à terre sans que son tibia pulvérisé ne se rappelle à son bon souvenir. Être jeune, à nouveau. Et pas n’importe quelle jeunesse ! Il sentait le potentiel qui était le sien. La magie frissonnait en lui, foisonnante, mais contrôlée. Il pouvait voir le respect et la crainte que sa présence faisait naître sur les visages de ceux qu’il croisait.

Qu’allait-il faire de cette opportunité ? Il organisa ses pensées, développa son plan. Il se rendrait d’abord à ces réunions occultes, auxquelles il n’était pas convié en tant que Swain. Avec cette nouvelle apparence, il était certain de pouvoir extorquer leurs secrets à ceux qui menaçaient son autorité de général. Il lui suffirait alors de fomenter quelque exaction théâtrale, et de se servir de ces connaissances nouvellement acquises pour instaurer un climat de terreur chez ses opposants de l’ombre. Plongé dans ses réflexions, il ne perçut la menace qu’au dernier moment. Les assassins l’avaient retrouvé. Il esquiva d’un cheveux la lame -exploit de souplesse qu’il n’aurait pu accomplir avec son ancien corps- avant de répliquer d’un coup de genou bien ajusté. Autour d’eux, la foule se dispersa en hurlant, les armes bien visibles des assaillants trahissant leurs intentions.

Attendez un instant !
Tais-toi et crève, traînée de magicienne !


Les hommes s’étaient déployés en arc de cercle, prêts à fondre sur lui. Il joua son va-tout :
Vous n’allez quand même pas me tuer pour une somme aussi dérisoire ? Je parie que ce vieux rapiat de Swain vous a demandé ma tête pour moins de 10 000.

Il savait pertinemment combien il avait offert, le matin même, pour la tête de LeBlanc. C’était effectivement une somme dérisoire, par-rapport à l’importance de la cible. Celui qui semblait être le meneur des égorgeurs, déstabilisé par son apparente omniscience, lui coula un regard méfiant.

C’est supposé vouloir dire quoi ?

Cela signifie, mon bon ami, que je savais que vous alliez venir. J’ai des yeux partout dans cette cité. La seule raison pour laquelle vous n’êtes pas encore morts, c’est parce que j’ai une contre-proposition à vous faire… Pour combien seriez-vous prêts à vous occupez du Grand Général Swain pour moi ?
Jericho Swain [VB]
Opale [PAB]
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Opale [PAB]
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Sam 6 Juil - 17:28
Opale est une lémure du Tokyo de l'au-delà - elle est décédée à l'âge de 18 ans, il y a un peu moins d'un an. Après une vie passée à vouloir satisfaire ses parents, au sacrifice d'à peu près tout le reste, on lui a donné une seconde chance - une nouvelle vie dans un monde semblable au sien. Elle a décidé d'en profiter à fond et se fiche complétement des autres personnes : elle n'en fait qu'à sa tête, suit la moindre de ses envies sans se soucier des conséquences. Que ce soit sur son entourage ou sur elle-même - elle est déjà morte, alors rien ne peut lui arriver de pire, pas vrai ?

Tokyo de l’au-delà, 20 juillet 2019, dix heures du matin.

« Oooh, il est trop chou ce chat ! Minou minou… »

Anabeth, fillette de huit ans fraîchement décédée, venait d’apercevoir un chat dans un petit parc de jeux pour enfants. Les chats sauvages n’étaient pas très nombreux à Tokyo, même dans l’au-delà, mais celui-ci s’avérait particulier : il s’agissait d’un superbe Maine Coon ; autant dire qu’il ne faisait pas dans la discrétion, avec ses longs poils et sa stature (environ sept kilos pour un mètre de long). Il détonnait avec le milieu relativement sablonneux de ce coin du parc, et semblait étrangement à l’aise malgré tous les enfants se comportant comme tels – c’est-à-dire, ayant comme seul objectif dans la vie d'être bruyant - aux alentours.

Il s’approcha tranquillement de la petite fille qui, accroupie, tendait la main vers lui, et son regard plongea dans celui d’Anabeth.

« Ouaaah, il n’a pas du tout peur de moi ! Est-ce que je peux l’adopter ?? »

Elle se mit à le caresser doucement lorsqu’il fut à portée, et l’intéressé activa le mode ronronnage marteau-piqueur.

« Oooh il est tout doux en plus !! Il a l’air de m’adorer hihi ! »

Anabeth la naïve était au paradis.

Pourquoi naïve ? Parce qu’au bout de trois minutes trente-deux, le chat se désintéressa totalement d’elle et partit vers un autre enfant, sans prévenir. Lorsqu’elle essaya de le rattraper, il lui feula à la figure et parti la queue haute, comme s’il était pleinement satisfait d’avoir détruit tous ses espoirs alors qu’elle ne lui avait absolument rien fait.

Spoiler : c’était le cas.

Anabeth fit demi-tour, épaules basses, au bord des larmes.

Plume – ou plutôt Opale – continua son chemin, ronronnant de bonheur.

Elle vivait sa meilleure vie.

Pourquoi ne l’avait-on pas envoyée d'emblée dans un corps de chat ? Pourquoi lui avoir imposé le même corps que lorsqu’elle était vivante, si c’était pour changer d’avis au bout de même pas un an ?? Sérieusement, les humains, c’était vraiment surfait. Elle était faite pour être un chat.

En vérité, la jeune fille ne comprenait absolument pas ce qu’il se passait, mais elle avait pour philosophie de profiter au maximum de ce qu’on lui offrait et ne se posait que peu de questions. Et là, quel cadeau !

Elle s’était réveillée ce matin dans son lit, comme d’habitude. Mais elle avait remarqué quelques détails qui l’avaient interpelée. Par exemple, le fait que son point de vue était beaucoup plus bas que d’habitude. Qu’elle sentait quelque chose sur ses joues, que son visage lui semblait beaucoup plus petit que d’habitude. Qu’elle avait des pattes à la place des bras et des jambes, qu’une queue avait poussé au beau milieu de la nuit. Qu’elle foutait des poils partout, aussi.

Bref, des broutilles.

Elle avait bien vite compris, et, comme toute personne normale, s’était écriée (ou plus exactement, avait miaulé) : « Mais c’est génial ! » avant de se faufiler tant bien que mal à l’extérieur. C'était perturbant de marcher avec quatre papattes, mais elle s'y fit relativement vite. Elle ouvrit la porte sans trop de soucis et, adoptant déjà l’état d'esprit du corps qu’elle habitait, ne la ferma évidemment pas.

La seule chose qui la tracassait, c’était que son corps d’humaine avait disparu. Le corps de l’animal qu’elle habitait actuellement était celui de son chat domestique, Plume. Avaient-ils échangé de place ? Où était-il passé ?

Mais bon, il y avait d'autres priorités.

Dehors, elle s’éclatait. Si les chats étaient des rois – Plume était un dieu. Sa fluffiness le rendait irrésistible, et Opale savourait le regard des passants qui, impressionnés, n’osaient pas s’approcher.

Tu m’étonnes que les chats soient si méprisants !

Elle les ignoraient royalement, et eux faisaient tout pour attirer son attention. Bon, il fallait avouer que les caresses n’étaient pas désagréables, au contraire – le ronronnement vint naturellement, même si ça la déstabilisa grandement au premier abord. Les gens, les bâtiments, tout paraissait si grand, aussi. Elle redécouvrait littéralement Tokyo. Tous les coins où elle ne pouvait passer avec ses deux jambes humaines – ses quatre petites pattes le lui permettait aujourd'hui. Elle pouvait même s’incruster dans le jardin de parfaits inconnus !

Ainsi, après avoir maltraité une petite fille qui n’avait absolument rien demandé, Opale, pleinement satisfaite, décida d’aller se prélasser au soleil sur le toit d’une petite maison, dans une rue calme non loin du parc. Atterrir dans ce genre de rue, après le tumulte des avenues passantes, c’était comme changer d’univers ; aujourd'hui encore plus que d’habitude.

Décidément, Plume avait vraiment la belle vie. Allongée de tout son long, une petite brise lui caressant les moustaches, une multitude d’odeurs lui envahissant les narines – elle sentait tellement plus de choses avec son nez d’humaine -, Opale était au paradis.

Elle finit cependant par redescendre une heure après.

Elle fit un petit détour par le parc, s’amusa à se promener hors du sentier ; elle longea la petite rivière qui traversait l’endroit, passa à travers des buissons – tant pis pour le pelage -, renifla des fleurs. On aurait dit une enfant qui découvrait la vie.

Son chemin croisa celui de véritables enfants. Et vous savez l’autre nom que l’on donne à ces jeunes êtres – les petits diables.

Il suffit de cinq petites secondes pour que la journée parfaite d’Opale se transforme en enfer. Les enfants l’entourèrent, l’empêchant de partir, et se mirent à la caresser. Bon, c’était un peu oppressant, mais ! ça passait encore.

Ils parlaient très forts et avaient l’air un peu débile, mais ! soit.

Un de ces chers petits chérubins trouva sa queue très intéressante et décida de la tirer, mais ! …

Ah ben non.

Opale feula de douleur, fit un bond, sauta sur un des enfants, passa par-dessus son épaule et détala ventre à terre.

Elle arrêta sa course cinq minutes plus tard, épuisée. Mais ils étaient fous ?? Est-ce que Plume subissait ça régulièrement, aussi ? Peut-être était-ce pour ça que la plupart des chats prenaient soin d’éviter les humains ? Ça paraissait évident que sa queue n’était pas élastique, bon sang. C’était quoi la prochaine étape, la lui enrouler pour qu’elle ressemble à un tire-bouchon ?

Sa course l'avait menée non loin du parc de jeux - mauvaise idée, les diablotins y étaient légion.

Elle vit à quelques mètres d’elle la petite Anabeth, assise sur un banc. Elle semblait s’être remise de sa TERRIBLE déception du matin, et lisait, l'air insouciant, un manga.

Anabeth n’avait pas étouffé Opale en s’approchant trop près d’elle.

Anabeth n’avait pas pris sa queue pour un jouet.

Anabeth ne lui avait pas hurlé dans les oreilles.

Anabeth avait été gentille, elle.

Et Opale se dit que, peut-être, elle méritait bien qu’on lui montre un peu d’appréciation.

Bon, elle voulait surtout éviter de tomber de nouveau sur des gens qui la prendraient pour un jouet.

Alors elle sauta sur le banc, miaula et s’installa sur ses genoux.

Anabeth se mit à la caresser doucement d’une main, continuant de lire en même temps. Ronronnement, activé. Opale ferma les yeux et se laissa bercer. Elle s’endormit.

Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle se rendit compte qu’elle se trouvait sur un toit. Avait-elle rêvé la seconde partie de la journée ?

C’est lorsqu’elle mit sa main parfaitement humaine devant sa bouche pour bailler qu’elle réalisa.

Trois choses : 1) ses vêtements étaient en lambeaux 2) elle venait d'attraper un sacré coup de soleil 3) elle n’avait aucune idée de comment elle était montée là et ne voyait pas de façon de descendre sans chute relativement violente.

Plume allait passer un sale quart d’heure ce soir.

Quand elle aura trouvé un moyen de rentrer chez elle.
Opale [PAB]
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#11 —Si j'étais toi?
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Sam 6 Juil - 17:31
Kendall McKnight pour Bronx Nemesis

Out of my HeadY’a un truc pas normal
«Ne touches plus à rien, et encore moins à… Ne… Ne fais rien de louche avec mon corps, Gordon, il faut que je trouve un moyen d’arranger ça... »

─Heu… Okay !

Mais dans quel pétrin je me suis encore fourré moi. Je ne sais même pas comment je vais arranger le problème. Un gros problème même. Je me retrouve actuellement dans le corps d’un des clones que j’ai créé, Gordon, et lui, dans mon corps. Je dois bien admettre que vu d’extérieur je suis vraiment bandant… Là n’est pas le problème actuel… Revenons à quelques heures plus tôt surtout.

Je suis Kendall McKnight, généticien de renom et directeur de la Xenetica Fondation, une firme qui travaille avec la DARPA et L’armée dans le but de créer des projets pour l’évolution de notre société humaine et le monde entier. Je suis spécialisé dans le clonage, la recherche de nouvelles technologies et la nanotechnologie. Ma firme possède également divers services ce qui a pu amener son expansion et une protection gouvernementale.

Le corps dans lequel je me suis retrouvé coincé n’est autre que celui de mon garde du corps et clone, Gordon. J’étais sur une manipulation délicate d’un modulateur de mémoire pour les clones que j’étais en train d’étudier et d’améliorer qu’un défaut système survint. Gordon m’agaçait à jouer sur son portable alors j’ai dû lui demander de mettre le fil bleu en contact avec le jaune car c’est à ce moment précis que la machine dérailla complètement. L’appareil créa un champ de force qui nous donna un puissant coup de jus et une onde de choc nous propulsa tous deux à l’autre bout de la pièce. Après un bref coma de quelques minutes, je reprenais conscience avec la sensation d’avoir la tête qui explose et des fourmillements dans tout le corps. Pire encore, je mis un certain temps à replacer les événements et à reprendre contenance.

«Gordon ? Tu vas bien ?» C’était assez étrange pour moi, et probablement le choc, mais je n’avais pas la même sonorité dans ma voix qu’habituellement.
─O… Oui… je crois… Avait répondu mon clone dans une vois qui me semblait bien plus grave et posée que je n’avais l’habitude d’entendre.

C’était déjà très étrange, mais en plus ça commençait sérieusement à m’inquiéter. Je regardais l’appareil qui avait complètement pété, disloqué de sorte à ce que je sois bon à reconstruire. Une fois debout, je levais la main jusqu’à ma tête pour la masser, mais chose fut de constater la rapidité avec laquelle elle arriva jusqu’à mon visage, me donnant bêtement un coup par la même occasion.

«Ourf !»

─Ca va Ken ?

Je n’ai plus aucune notion de distance ou c’est ma main qui allait bien trop vite ?

«Je crois…»

De plus en plus étrange, mais en relevant la tête pour chercher du regard Gordon je tombais nez à nez avec un reflet de moi qui me regardait avec des yeux aussi gros que deux ronds de flans. Etrange comme il ne réagit pas de la même façon. Tentant alors de m’avancer, mon corps se propulsa si vite que je ne compris absolument rien à ce qui m’arrivait, comme si je n’étais qu’une feuille morte que le vent soufflait pour qu’elle s’envole. C’était bien là, la plus étrange des expériences. Je fonçais sur mon reflet et le heurtais avec violence. L’autre n’ayant pu me retenir, nous nous écrasions tous deux au sol.
─Argh !

A qui le dis-tu !! C’était quoi ce bordel !? Qu’est-ce qu’il venait de se passer exactement ? Pourquoi j’ai l’impression d’être plus petit, plus… moi ?! Ho ! WAIT !? Ne me dites pas que c’est ce que je pense ? En posant mes mains sur le torse de mon reflet je constatais que je n’avais absolument pas le même habit, les mes mains, et surtout, j’étais réellement plus petit que… moi !

«C’est pas vrai !! Par le Kilt de Sean Connery !! » Okay, m’entendre dire ça affolé avec une vois qui n’est pas la mienne est absolument ridicule. «On a interchangé nos corps Gordon !» J’observais la tronche béate que Gordon avait… Dans mon corps… entre nous j’ai vraiment une tête de con quand il fait ça.
─Ken… Kendall ! C’est quoi c’bordel ! Sa grimace me laissait comprendre qu’il commençait à paniquer. Je tentais de me relever, et ce fut extrêmement rapide. A peine une fraction de seconde pour le faire et je titubais pour maintenir mon équilibre. Si j’étais dans le corps de Gordon, il était évident que j’ai aussi ses capacités à être aussi rapide que Flash lui-même. Moi-même je commençais à paniquer et à respirer en saccade. Je n’arrivais pas à réfléchir calmement et Gordon ne m’aidait pas.

─Comment on va faire pour revenir dans nos corps !? Si on est coincés éternellement ?
Pourvu que ça ne soit pas le cas, pitié, j’aime mon corps, et voir ma tête en panique sur le point d’éclater en sanglot me fait pitié. Je grimaçais, inspirais fortement et secouais la tête un peu trop rapidement pour que ce soit naturel. Je titubais en me prenant la tête, mauvaise idée, un autre coup. Foutue rapidité et trajectoire !

«Awh ! D-du calme Gordon, me voir en panique est une horreur ! Comment on fait pour aller moins vite ?» Il cligna des yeux, toujours si circonspect avec ma façon d’être sans filtre.

Tentant de reprendre contenance, il se redressa lentement, je pense que ça doit lui faire d’autant plus étrange d’être dans mon corps…. Quand il se lève, je suis obligé de tordre le cou. Pourquoi je suis aussi grand et lui aussi petit, sérieusement, il n’a pas de tortis-coli en me regardant ? Je penche la tête sur le côté en réfléchissant, en réalité, il se tient toujours à distance, ce qui expliquerait qu’il n’a aucun besoin de lever la tête puisqu’il est toujours loin de moi. Mais avec 23 cm d’écart, fatalement, ça perturbe…. J’ai vraiment de grandes mains…

─Il faut que tu te concentres, que tu arrives à te dire que tu dois être au ralenti. Comme si tu voulais tout faire lentement en retenant tes muscles.
Quelle plaie …

Ce n’est pas évident, ni simple, mais avec de la concentration, ma volonté de fer et quelques essais ratés, je suis parvenu à faire un peu de que je voulais du corps dans lequel j’étais actuellement. Je m’adaptais doucement mais comme je suis un génie, je commence à comprendre rapidement le fonctionnement. Il fallait que je trouve un moyen d’inverser cette phase. Heureusement, j’avais une autre machine telle que celle-ci en rab. Probablement qu’en refaisant la même chose en sens inverse ça fonctionnerait. Ou peut-être pas…
Nous étions allés dans une autre salle en évitant de croiser un maximum de personnes dans les secteurs pour qu’on ne soit pas enquiquinés avec eux et qu’ils ne se posent de questions. Et une fois dans la salle où se trouvait le second modulateur de mémoire, j’avais donné l’ordre à Gordon de ne rien faire de louche avec mon corps. Il avait pris son portable dans ma poche, enfin, la sienne, et s’était mis à jouer sur son portable. Hou ! Que je suis risible quand je fais mon Ado geek !

─N’empêche, ça a du bon de se retrouver dans la peau du directeur de la Xenetica, je pourrais limite faire tout ce qui me plaît avec les employés.
«N’y compte pas ! Et je t’interdis de me donner une mauvaise réputation sinon je vais te donner la plus grosse honte de ta vie et plus personne ne te verra comme tu es après ça.»
Je ne rigolais pas, et Gordon l’avait bien compris vu qu’il dégluti bruyamment, j’étais capable du pire, et la honte n’était ne faisait pas partie de ms principes.
─Tu oserais ?
«Bien sûr, ne doutes pas de mes limites en terme d’humilité.»

Au moment où je disais ça, je remettais deux câbles en contact et là, cette fois-ci l’onde de choc passa dans tout l’immeuble, interchangeant tous les corps. Si nous étions revenus à la normale, ce n’était pas le cas pour les autres. Le cauchemar prenait une autre tournante, et je me réveillais en sueur. La première chose que je fis en prenant conscience que j’étais dans mon lit en sueur, c’est de m’assurer que j’avais de nouveau mon corps. Je suis bien content que ça ne soit qu'un rêve.

:copyright:️ 2981 12289 0
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Shadock M. Phantom [SNKR]
Shadock M. Phantom [SNKR]
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Shadock M. Phantom [SNKR]
Shadock M. Phantom [SNKR]
Invité
#12 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Shadock M. Phantom [SNKR]
Sam 6 Juil - 17:33
A propos de Shadock:
Shadock est un bâtard d'une famille noble. Abandonné à son sort dans la ville souterraine, il s'est construit un véritable empire et une fortune sans fin, en grandissant. Pour cela, il a du payer un prix qu'il ne parvient pas, et ne parviendra jamais, à rembourser : son amour, Ruyn, assassinée pour une sombre histoire de vengeance.

Je t’enfilai des bas noirs, légèrement satinés, sur ta peau douce et blanche. Par-dessous ta robe d’un rouge éclatant, j’y accrochai tes jarretelles puis enfilai des chaussures noires également, dont le talon, carré, élançait ta silhouette saillante dans cette tenue sanglante. Enfin, devant ta coiffeuse, j’effectuai les finitions, replaçai quelques mèches bouclées dans ton chignon, accrochai à tes oreilles des bijoux aux milles carats que l’on t’avait offert sans savoir que tu étais la meilleure croqueuse de diamants de Sina, et laissai glisser sur tes lèvres une encre tentatrice. Je t’offris un sourire, et tu me le rendis, dans ce miroir luisant. Tu étais si belle. Mais surtout, tu étais prête.

Je te levai de ta chaise, remis en place ta jolie poitrine dans le décolleté que te faisait ta robe - c’était ma préférée, tu le savais – me fis cadeau d’un dernier regard où je plongeais allégrement. J’ai toujours aimé tes yeux d’un bleu océanique, qui me rappelaient les descriptions de la mer et de ses merveilles que l’on trouvait dans les écrits interdits par le gouvernement. A chaque fois, j’aimais à penser que tu avais une façon unique de me regarder, rien que pour moi, que tu me régalais de ton expression à la fois douce et charmante, en même temps que tu me dévorais de ce même regard. Pour moi, et pour toujours, tu étais si belle.

Je te fis marcher le long d’un couloir où le silence était encore de mise. Seuls claquaient sur le parquet de bois rose tes talons noirs. Je te retournai, dans l’espoir de revoir ton visage, mais ton regard comme le mien ne rencontrèrent que l’ombre d’un portrait à l’autre bout du corridor. Ma respiration manqua d’un souffle, et je me détournai. A mon oreille chuchotaient les déboires de la fête déjà bien entamée dans le manoir du comte auquel tu t’étais accrochée pour lui croquer sa fortune. Je savais qu’il ne te touchait pas, tu ne l’aurais pas permis.
Non, toi, on t’aimait sans jamais t’attraper. Tu leur faisais miroiter ta beauté, les rendais accro au désir de te posséder, les rendais fou de ne pas parvenir à te rendre captive de leurs bras. Tu les faisais tous tomber, les uns après les autres. Moi aussi, j’étais tombé.

Je n’avais aucune peine à rendre ta démarche séduisante. Tu avais toujours eu un admirable sens de la légèreté dans tes pas, et je n’avais qu’à mettre en mouvement ton corps, ingénieuse anatomie parfaitement équilibrée, pour profiter du balancé de tes hanches et du rebond de tes boucles brunes sur tes épaules. Cette robe les laissait entrevoir, découvrant ta chair pâle et délicate. Tu avais toujours été si tentatrice. Cela faisait partie de toi, et tout ce qui faisait partie de toi, je l’avais aimé.
La musique parvint enfin dans le couloir, discrète sous les bavardages des dames et des comtes, sous les rires et les discussions politiques de ces messieurs. Toi comme moi savions qu’ils étaient trop bêtes pour penser qu’une femme pouvait être intellectuellement élevée. Cela facilitait ton travail. Moi, je ne t’avais jamais sous-estimé. Pourtant, tu m’avais croqué à mon tour, comme tous les autres.

J’entrai dans la grande salle, illuminée par des lustres aux diamants rutilants et aux bougies qui suivaient le rythme des couples dansant sur la piste. L’orchestre jouait un morceau gai, tout le monde était en joie. La foule grondait d’allégresse, le vin allait bon train dans les verres et dans les bouches, allégeant les cœurs et déliant les mœurs. Je parcourrai la masse. Je ne trouvai pas ce que je cherchai alors. Je continuai, glissant entre les invités, dérobant sur un plateau d’argent brillant une coupe de blanc, non sans voler aussi le souffle du garçon d’un clin d’œil taquin.
Oh toi, c’était si facile avec toi. Personne ne résistait à ton joli minois qui semblait avoir été taillé dans la dentelle, à tes iris ensorceleuses peintes dans les plus beaux tons d’un ciel d’été, à tes lèvres encrées de rouge où l’on se suspendait à chacun de tes mots, à tes anglaises qui semblaient supplier qu’on les caresse de tout leur long, à ta peau au teint de porcelaine qui rendait verte de jalousie toutes les dames et damoiselles de la cour. Je voulais te revoir encore une fois. Une dernière fois.

Je partais à la recherche de mon reflet, de ton reflet. Mon pas s’accélérait, je relevai cette robe, dévoilant tes chevilles voilées de noir, attirant sur toi des regards intéressés. On me prenait en étau entre deux épaules, la masse de gens s’agglutinait par endroit. J’étouffai dans mon corset, laissai couler dans le dos d’une lady le vin froid. L’effet de surprise attendu prit, on se dégagea vivement alors que je m’envolai déjà, posant sur un nouveau plateau la coupe à présent vide. Par ce concours de circonstances, j’atterrissais aux abords de la piste de danse au moment où les musiciens entamaient une valse.

J’aurais dû me douter qu’avec toi, il était impossible d’échapper à des mains prédatrices, masculines, qui prenaient possession de ta taille et t’attiraient fermement contre un torse habillé d’un costume gris, de très mauvais goût selon moi. Je glissai tes yeux d’océan sur le visage de cet inconnu, trop vieux, et lui offrit le sourire poli que tu faisais à ce genre d’occasion. Celui qui parlait sans que tu n’aies à le faire et qui disait à ta place à quel point tu haïssais ces hommes qui te prenaient pour une nouvelle conquête à accrocher à leur tableau de chasse. Mais eux ne le voyaient pas ainsi, jamais. Ils se laissaient noyer dans la profondeur des abysses de tes prunelles et, charmés par ton expression, se laissaient berner, pris à leur propre jeu. Tout comme j’en avais été la victime. Je lui donnai l’impression que tu lui offrais une véritable danse, virevoltai deux fois, trois fois avec lui, puis le repoussai dans les bras d’une autre sous son regard médusé avant de disparaître dans la foule.

Toi, tu faisais toujours ça. Il n’y avait que toi, pour faire ça. Je me souviens, de ces nombreuses occasions où j’avais tenté de d’attraper, et où au final, tu nous avais laissés, moi et ma frustration, en te volatilisant sans laisser de trace, aucune. Tu me donnais la désagréable sensation de n’être qu’un petit garçon. Un sentiment d’abandon et de trahison, tout à la fois. J’en redemandais, à chaque fois.
Tu étais encore plus insaisissable que moi à l’époque, plus éthérée que la brume d’un matin d’hiver. Evanescente comme une apparition, subite, troublante, qui marquait les esprits et les laissait se lamenter de ta soudaine absence. Pourtant, ils savaient que tu reviendrais. Tu revenais à chaque fois. Mais tu ne reviendras plus jamais me voir.

L’air frais piqua mon visage et revigora mon être. Je pouvais sentir ta trachée s’ouvrir à la fraîcheur nocturne bienvenue. J’avais trouvé refuge sur un balconnet, derrière un voile de rideaux qui coupaient l’ambiance festive et la luminosité claquante de la salle de réception. Sur ta peau glissait une lumière toute autre, tamisée, la rendant halée sans que tu n’aies à te montrer au soleil. Ici, il n’y avait que toi sous le plafond d’étoiles, sous un ciel sans lune. Un ciel que tu aimais tant. Je glissai mon regard sur l’infinie espace qui happait ma conscience, puis laissai tes prunelles parcourir la ville silencieuse tout autour. La fête se déroulait à l’étage. D’ici on pouvait voir les murs de Sina, plus loin ceux de Rose qui cachaient Maria et ses contrées pas encore perdues aux mains des Titans, à cette époque. Cette époque où tu étais encore en vie.

L’étoffe claqua, je me retournai brusquement. Ce n’était que moi, apparu sur le balcon à mon tour. Je m’observais, observais à quel point j’étais démuni devant toi. A quel point je perdais tous mes moyens. A quel point tu me manquais. Je voulais te voir. Je voulais te revoir une dernière fois. Je croisai mon propre regard, d’un azur glacé, beaucoup plus clair que le bleu de tes yeux. Ici, peut-être... ?
Je m’approchai, dans l’espoir d’apercevoir ton reflet dans mes pupilles, impatient, le besoin me rendant presque brutal dans ton corps fait de porcelaine. Je voulais tellement te revoir.

Mais tu n’étais plus là. En face de moi, il n’y avait que le balcon, vide. Et derrière, le silence. La fête était finie depuis bien longtemps. Si longtemps déjà. Dans le ciel, une nuit sans lune. Les mêmes étoiles, immuables. J’aurais aimé que tu le sois aussi. Les voiles claquèrent de nouveau.

Tombée de rideau.
Shadock M. Phantom [SNKR]
Darren van Mastroëm [ILU]
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Darren van Mastroëm [ILU]
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Invité
#13 —Si j'étais toi - Ilukaan
Darren van Mastroëm [ILU]
Sam 6 Juil - 17:41




Darren
Ilukaan


Si j'étais toi

Mon premier étonnement fut l'absence du grincement des volets en bois. C’était toujours le premier son que j'entendais une fois réveillé. Une mélodie peu agréable à l'oreille, mais à laquelle je m'étais habitué avec le temps, comme on s'habituait au chant de la mer à force de l'entendre une fois sur la plage. Il y avait aussi celui des oiseaux, qui servait de chœur au paysage musical de mes matinées depuis mon arrivée en Sicile.

Cette nouvelle journée s'annonçait déjà excellente, me réjouissant à l'idée de redécouvrir les formes du visage de celui que j'aimais. Que ce soit son menton ferme, son nez retroussé, marqué par une cicatrice qu'il s'était fait lors de l'âge d'or de sa carrière sportive ou encore ses yeux en amande, qu'il qualifiait d'un gris un peu spécial - ce qui voulait dire, à sa manière, qu'ils étaient d'un simple céruléen monotone.

Toutes ces petites choses faisaient que c'était lui et pas un autre. Toutes ces petites choses qui faisaient que je m'étais entiché de lui. Oui, entiché. Je ne disais jamais que je l'aimais – peut-être avais-je peur de le dire ? Je me disais souvent que j'attendais le bon moment pour lui dire. Nous n'étions pas ensemble depuis longtemps et nous aimions rester discrets à propos de ce que nous ressentions l'un pour l'autre. Un peu comme quand nous avions seize ans. Mais nous n'en avions plus seize, nous prétendions parfois les avoir mais la quarantaine revenait toujours sur nos épaules.

Ce grand dadais prenait toujours son temps l'aube venue et était peu souvent de bonne humeur le matin – ce qui n'était pas mon cas. Parfois, il se contentait de me sourire quand il n'était pas râleur, un air innocent sur le visage. Il me disait qu'il aimait la couleur de mes yeux. Un vert modeste qui peignait deux ovales fatigués par le travail. Je lui disais qu'il n'y avait rien de spécial à ces derniers, il me répondait que c'était pour ça qu'il les appréciait.
M'essuyant les yeux pour pouvoir affronter la lumière du jour, je me contentais de déposer ma main libre sur son épaule. Une des premières réactions fut de me figer en me rendant compte que ce n'était pas l'épaule forte de celui que j'aimais, elle était plus féminine, modeste. Une épaule me faisant entrer dans un univers, qui n'était pas le mien. L'univers d'une femme dont la carnation était marquée par une teinte chaleureuse – peut-être un peu assombrie par le clair-obscur d'une chambre qui n'était pas la mienne. Une chambre qui n'avait de chambre que le nom, qu'on pouvait décrire de cabine plutôt que de réelle pièce. Il n'y avait que ce modeste lit, ce bureau à peine rangé et des vêtements traînant non loin de quelques valises. On pouvait comprendre assez aisément quel genre de personnes pouvait habiter ici. Quelques caméras, des appareils photo et de quoi voyager comme des passeports ou encore différentes cartes de la région.

Cette chambre avait cependant un parfum reconnaissable ; celui de mes années mortes. Le même qui marquait celle du carton où j'entreposais mes affaires d'école. L'odeur de celui que je nommais mon meilleur ami lors de mes années en faculté, Henry. Un nom qui signifiait, plus qu'une personne, surtout un premier amour de jeunesse, des sentiments inavoués et des choses pensées mais pas dites.

On ne pouvait pas oublier les séquelles du passé et d'une manière ou d'une autre, nos problèmes refaisaient toujours surface. Je ne savais pas si j'étais capable d'affronter cet endroit, dans le corps de celui que j'admirais, aux côtés de celle que je voulais être et dans la chambre où j’aurais voulu être si on me l’avait demandé  il y a encore dix ans. Saisissant mon courage à deux mains, je me levai dans ce corps, m'habituant aux plus petites choses de ce dernier. Je commençais peu à peu à prendre goût à ses bras plus forts que les miens, ce torse plus élancé que la maigreur de mon corps et cette peau mate qui changeait énormément de mon teint plus pâle.

Un premier pas dans la salle de bain, réalisant réellement que c'était bien cet homme qui m'avait fait souffrir toutes ces années. Cette personne c'était moi. Le prix du silence était trop lourd. Même avec plus de dix ans depuis la dernière fois que nous nous étions vus, je suis toujours incapable de dire un simple « Je t'aime ». Les robinets de la salle de bain rattachée à la cabine n'étaient pas les plus simples à ouvrir, je manquai de m'écorcher les mains. L'eau froide coulait sur mon corps une fois sous la douche - il n'y avait pas ou plus d'eau chaude.

Henry et moi ou moi et Henry, peu importait, étions tout les deux dans le même institut de biologie dans deux spécialisations distinctes. Pour lui, c'était l'étude des créatures magiques, pour moi c'était l'étude des plantes , herbes et champignons magiques comme non-maj'. Nous avions un rêve commun à cette époque ; nous voulions devenir des journalistes d'investigation, comme ceux qu'on voyait à la télévision. Ceux qui remplissaient les yeux des chérubins comme lui et moi d'étoiles dans les yeux.

Un rêve qu'il réalisa sans trop de fracas. Ce ne fut pas mon cas.

Les débouchées en botanique se comptaient sur les doigts d’une main. Je devais prendre ce qu'on me donnait même si ça ne me plaisait pas. Je ne pus que tenir six longues années dans un institut québécois de médicomagie avant de poser ma démission. Le travail en laboratoire m'importait peu, ce que je cherchais dans ce domaine, c'était le contact avec l'humain et de pouvoir donner de l'espoir aux autres. Au bout du rouleau, l'école de magie, petit coin de paradis en Nouvelle-Écosse, vint dans ma vie comme une idylle inespérée.

Un de mes premiers réflexes fut d'aller jeter un œil au fameux bureau où se trouvait de quoi se repérer sur une carte. Thaïlande, donc. Dans la région de Surin, où comme disait souvent le blondin, la région connue pour ses éléphants. Je fis mine de chercher de quoi prévenir mes proches, après tout, ce genre d'accident pouvait potentiellement arriver dans le monde magique. C'était sûrement  une simple maladie, ou une pathologie assez rare.

Ce qui fut le plus dur dans cette journée fut d'affronter le regard de son équipe de tournage, celui de sa femme aussi. Sa femme qui n'avait que de femme l'avantage sur qui j'étais dans ma jeunesse. Un avantage malheureusement primordial aux yeux de celui que j'incarnais. Il y eut aussi le problème des caméras ; Henry était fait pour les caméras, contrairement à moi. Le cadre était enchanteur mais je ne prenais aucun plaisir lors de l'expédition. Quelque chose manquait.

Après avoir échoué maintes et maintes fois dans ma vie, j'avais réussi à me bâtir une vie stable. Je pensais souvent que ma vie serait meilleure si j'avais réalisé mon rêve mais je compris enfin que ce qui me plaisait était ma vie actuelle. Ces petites choses du quotidien comme la capacité à pouvoir m'offrir des vacances chaque été, ou encore celle de pouvoir sortir boire un verre avec mes collègues quand je le voulais.

Tout devint flou au bout d'un moment. Je finis par m'arrêter de suivre le groupe, et une fois perdu à la lisière de ce qui semblait être un cours d'eau, je regardai mon reflet dans l'eau. Ma vie me manquait et j'avais peur de ne jamais retrouver ce confort qui au final me plaisait tant. J'eus l'envie de pleurer même si j'avais maintenant trente-huit ans et qu'à cet âge, on n'est plus censé pleurer. Du moins, c'est ce que tout le monde dit, qu'il faut être fort pour les autres.

Dans ma tête, un bruit sourd se faisait ressentir comme une fanfare que je ne pouvais plus ignorer. J'étais de nouveau dans la chambre de l’auberge , les yeux engourdis par les larmes en face de celui que je voulais revoir le plus au monde. Ce n'était qu'un mauvais rêve mais je ne l'ai jamais oublié. Il m'avait fait comprendre que je ne devais plus me mettre à la place des autres et surtout que je devais saisir les occasions quand elle se présentait. Morale que j'appliquai directement, me rapprochant des bras de l'élu de mon cœur avant de lui susurrer ces quelques mots.

« Je t'aime. »

Codage par Libella sur Graphiorum

Darren van Mastroëm [ILU]
Byakuren
Byakuren
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Byakuren
Byakuren
Invité
Sam 6 Juil - 18:33
Byakuren Kimura pour le forum Hastérion

contexte:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 1nfc
Byakuren est la prêtresse d’un village de Kii, une région montagneuse d'Hastérion inspirée du Japon médiéval. Elle a des pressentiments depuis son plus jeune âge, qui ont été reconnus comme la ‘voix' d’un Pokémon légendaire important dans la région: Le Faiseur de Paix. Généralement, ils la guident dans la bonne direction ou l’avertissent d’un danger. Chiyō est sa meilleure amie depuis l’enfance, moins habituée qu’elle à explorer la montagne mais toujours partante pour une aventure.

tu ne l’entends pas
son silence te glace

Pour la première fois depuis des années, la Presque-Voix est silencieuse. N’es tu pourtant pas en danger, Byakuren ? Le Faiseur de Paix aurait-il abandonné l’idée de te guider ? Quel traitement cruel, pour une prêtresse si jeune. Quelle réaction puérile, de la part d’un dieu. Tes actes de défiance étaient pourtant minimes. Mais alors que la rage menace de grimper dans ta gorge, tu prends une longue inspiration.

du calme
réfléchis

En vouloir à une divinité ne te tirera pas de cette crevasse. Ni toi, ni ton amie Chiyō. Un instant, la culpabilité menace de te mettre les larmes aux yeux. Tu aurais dû être plus ferme. De vous deux, c’est toi qui connais le mieux la montagne. Tu aurais dû refuser que vous empruntiez ce chemin instable. Si elle est blessée..

d’ailleurs, où est elle ?
tu la cherches du regard

Parcourant les ténèbres de tes yeux sombres, tu te redresses sur le sol caillouteux, ignorant les protestations de tes muscles. Ton regard finit par tomber sur une silhouette.. familière. Mais pas familière comme Chiyō.

familière comme toi
avec tes vêtements

que vous est-il arrivé ?

« Chiyō ? » appelles-tu, inquiète

ce n’est pas ta voix
c’est pourtant toi qui as parlé

Lorsqu’elle semble bouger et tourne vers toi son.. ton visage, tu t’emplis d’un soulagement sans bornes, balayant presque ta grande confusion. Le Faiseur de Paix ne t’a pas abandonnée. C’est juste toi qui n’es plus dans ta tête. Excellente nouvelle. Tu n’as aucune idée de ce qui s’est passé. C’est déjà moins amusant.

Est-ce cela, sa punition, pour tes minuscules désobéissances ? Une situation difficile dans un corps que tu connais moins que le tien ? Tu jettes un coup d’oeil au ciel, saisie par l’envie de rire amèrement. Les dieux ont un curieux sens de l’humour.

au moins n’est-il pas cruel
tu peux accepter ça

« ..Désolée, j’ai sali ta tenue de prêtresse. » souffle ton amie en examinant ton haori blanc

Elle n’a pas tort. Son coude, écorché dans la chute, a tâché le tissu d’écarlate. Il y a également tant de poussière que tu doutes de pouvoir un jour faire retrouver au vêtement sa couleur originelle. Par réflexe, tu examines ta propre tenue. Le kimono sombre est dans un état similaire, tâché par tes éraflures et un peu déchiré au niveau d’une épaule.

tu la regardes à nouveau
vous éclatez de rire

Haut, fort et incontrôlé, défiant les circonstances, ton rire s’élève entre les parois rocheuses. Il se joint à celui de Chiyō, emplissant l’air, semblant parcourir les montagnes entières. Dans une situation pareille, c’est vraiment la première chose qui vient à l’esprit de ton amie ? Tu la reconnais bien là. Au moins, cette réflexion t’assure d’une chose: ses blessures ne peuvent pas être bien grave.

vous reprenez votre souffle
elle jette un oeil aux environs

« Hmmm.. je crois qu’il faut aller par là, décrète-t-elle en désignant un étroit passage entre les murs rocheux, Un pressentiment, comme une voix. C’est ça, être aimée du Faiseur de Paix ? Quelle chance ! » ajoute Chiyō, enthousiaste

Elle se relève avec entrain, comme si la chute ne lui avait rien fait. Un sourire en coin te vient: tu es heureuse qu’elle aie bien encaissé. Du moins, que ton corps lui permette d’avoir bien encaissé. Habituée comme tu es à être rudoyée par les caprices de la montagne, tu te relèves normalement bien vite.

dans ce corps, c’est différent
tout te fait souffrir

Prudente, tu te relèves en prenant appui contre la roche. Tes mains délicates, habituées à la couture, s’agrippent à la paroi avec moins de force qu’à l’accoutumée. Tu sens tes jambes trembler comme celles d’un Vivaldaim nouveau-né. Remarquant ton retard, ton amie revient vers toi. Lorsqu’elle approche, tu reconnais l’inquiétude sur ton visage.

elle passe son bras à ta taille
t’aide à te tenir droite

(tu te sens si fragile)
(c’est assez déroutant)

« T’en fais pas, je vais te ramener, Byakuren. » assure-t-elle avec un sourire doux

dans ta voix, tu reconnais celle de ton amie
alors, malgré la peur, tu la crois
Byakuren
Sylhuna C. (Madelle)
Sylhuna C. (Madelle)
Anonymous
Sylhuna C. (Madelle)
Sylhuna C. (Madelle)
Invité
#15 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Sylhuna C. (Madelle)
Sam 6 Juil - 19:15

☩ Si j’étais toi ☩
Interforum

Ouvrant les yeux, Sylhuna demeura immobile, aux aguets, en comprenant que quelque chose n’allait pas. N’entendant rien et ne percevant aucune créature à proximité, elle se dressa sur son séant, perplexe, ressentait un inconfort notable. Comme si tout son corps était… problématique. Levant une main devant elle, elle l’étudia comme un scientifique s’intéresserait à un insecte des plus surprenants, la pinçant, la secouant. Cette main, aux doigts si graciles, à la paume si menue, n’était pas la sienne, pas plus que ne l’étaient ces jambes, ces cheveux, ce corps tout entier. Ce petit corps. Perplexe, elle prit le temps de s’assurer rapidement que tout était fonctionnel, avant de se décider à se lever précautionneusement. Etait-ce là l’œuvre d’une quelconque potion ingurgitée à son insu ? Avait-elle été visée précisément ? Elle était dans la Tour Sombre, pourtant, de cela au moins elle était certaine. Ou presque. Nul ne viendrait l’y atteindre de la sorte. Alors quoi, une mauvaise plaisanterie ? Un entrainement un peu spécial orchestré par ses supérieurs ? Posant pieds au sol, elle se dirigea promena le regard autour d’elle, prudente et aux aguets. Le sentiment de malaise qui l’étreignait s’intensifia. Cette pièce, elle la connaissait, elle en était certaine. Elle était identique à ses souvenirs, temple immuable d’un passé révolu. La clarté des murs, les jouets sagement rangés sur la commode, les crayons étalés sur le petit bureau de bois clair… toute cette gaieté conférait à la chambre une aura puissamment sinistre. Mais si elle était , alors ce corps n’était-il pas celui de… de LUI ? Incontrôlable, elle se mit à trembler. De colère, de peur, de remords aussi peut-être. Du simple choc, sans aucun doute. Mais la Récleyès sentait monter dans son âme inchangée une fureur noire et dévastatrice, une hargne sans limite contre celui-là même dont elle possédait l’enveloppe charnelle. Pourquoi ? Pourquoi venait-il, encore, toujours, détruire sa vie, s’accrochant à elle tel un mauvais parasite dont elle ne pouvait se débarrasser ? Pourquoi ne restait-il pas où il devait être, mort, tout simplement ? Pourquoi fallait-il toujours qu’il soit là, quelque part dans son esprit, coincé dans ses pensées comme une mouche insistante refusant de sortir malgré la fenêtre ouverte ?  Mais surtout, sa rage se dirigeait contre l’être à l’origine de cette folie. Qui ou quoi qu’il fut, elle lui laisserait un souvenir indélébile de ce petit jeu auquel il s’était livré. Elle n’était pas un cobaye. Et si c’était là une conséquence des Vérités détraquées, de l’Arbre brûlé, elle trouverait malgré tout un responsable car elle-même ne devrait pas en être impactée. Contenant cette brûlure interne qui se répandait dans ses veines, l’enfant qu’elle était devenue tressaillit en entendant des pas s’approcher. Puis s’éloigner. Bien sûr. Dans cette maison familiale dont elle avait été chassée depuis si longtemps, il y avait toujours des habitants. Sa famille. Son père, sa mère. Non. Leur père, leur mère. Ils vivaient toujours au même endroit, se satisfaisaient sans nul doute de cette monotone existence qui était devenue la leur, oubliant qu’un temps, ils avaient été parents. Doublement, même. Mais l’eau froide du lac avait tout effacé, de cette partie de leur vie. Ce qui n’avait pas été emporté, ils l’avaient chassé. Enfin, tout… sauf cette chambre, intacte. Un sourire mauvais déforma les lèvres de l’innocent visage poupin. Peut-être était-il temps de leur rappeler, cette époque taboue… Le choc initial passé, Sylhuna avait rapidement repris ses esprits et, habituée à se servir de toute situation pour la mettre à son avantage, elle se décida à déguster une vengeance glaciale. Ouvrant la porte, elle dirigea son nouveau corps à pas de loups vers la source du bruit. La cuisine. En s’approchant, elle distingua la silhouette à présent empâtée de sa génitrice qui buvait lentement un simple verre d’eau, marmonnant pour elle-même en contemplant le paysage plongé dans l’obscurité qui s’ouvrait derrière la fenêtre. Ah, il faisait nuit. Insomniaque, la vieille femme ? L’enfant qui n’en était pas vraiment un s’approcha, lentement. Près. Tout près. Et lorsque la pauvre assoiffée se tourna, saisit sans doute d’un quelconque pressentiment, tout son corps se figea dans un hurlement silencieux. Hébétée, aussi pâle que le froid rayon de lune glissant sur l’étendue lisse du lac voisin, celle qui avait été une mère recula finalement, bredouillant quelques incompréhensibles syllabes, trébuchant contre une chaise qu’elle renversa sans y prendre garde, jusqu’à ce que sa bouche enfin articule quelques mots reconnaissables.

-Frenn… Frenn… Frenn… Oh Sydilia, c’est Frenn…

Et en titubant, elle se rapprocha finalement, cherchant à enlacer, embrasser, cajoler ce fils disparu qui sans cesse s’écartait en se jouant d’elle.

- Mère. Oh, maman. Non non, ce n’est pas un rêve. Tu sais, eh bien… vous ne m’avez pas manqué, en fait. Ni toi, ni papa, je suis bien mieux sans vous si c’est ce qui vous inquiète. L’autre se figea, livide. Je suis revenue, mais tu sais… Il baissa la voix, sur le ton de la confidence : j’étais mieux mort. Vous ne m’avez pas sauvé, n’est-ce pas ? D’ailleurs, vous ne m’avez pas surveillé non plus, vous avez tout laissé à ma sœur, que vous avez ensuite abandonné aussi. Alors c’est que vous ne m’aimiez pas beaucoup. J’espère que vous en avez conscience, tous les deux. Que vous vous en voulez chaque jour.

A pas lents, contournant sa mère immobile, elle, ou plutôt il, s’approcha de la bougie que la maitresse des lieux avait posée sur la table pour se guider au travers de la maison endormie. Se penchant, Sylhuna observa la flamme qui y dansait, fascinée par son éclat pur.

- Mais, j’ai envie de nous réunir, et c’est peut-être une chance, que je sois revenu. On pourrait recommencer, tous les trois, n’est-ce pas ? Si on faisait tous un effort, on pourra y arriver.

Alors que son interlocutrice en état de choc hochait frénétiquement la tête, alors même qu’elle paraissait ne pas comprendre ce qui se passait, l’enfant tendit la main vers le porte-bougie. Approcha la flamme de l’un des rideaux, qui ne tarda pas à prendre feu. Sourit à sa mère hébétée.

- Puisque l’eau nous a séparé, peut-être le feu nous rassemblera-t-il… Tu vois, je vous aime, je veux être avec vous. Alors ne bouge pas. Chut… ne dis rien, tu vas réveiller papa. Il vaut mieux attendre un peu, avant de lui dire.

Et, laissant les flammes gagner en puissance, celui qui n’avait de Frenn que l’apparence attendit paisiblement, serein, que ces langues dévoreuses ne fassent leur œuvre. Finalement, sa vengeance ne serait pas glaciale. Elle serait brûlante. Qu’adviendrait-il d’elle, de son vrai corps, de son âme ? Tout cela était-il seulement réel, ou un autre de ces cauchemars qui venait hanter ses longues nuits solitaires ? Cela n’avait aucune importance. Même si ce n’était qu’en rêve, la Récleyès voulait les voir brûler. Non, mieux, elle voulait les brûler elle-même. Tous, et lui avec, avec ses grands yeux innocents et son insupportable visage candide. Surtout lui, même. Fut-elle coincée dans son corps.


Explications univers-persos:

L'univers : Madelle est forum rpg type médiéval-fantasy dans lequel il existe trois peuples, dont les humains. Ceux-ci sont eux-mêmes scindés en divers peuples, l'un d'eux (les Récléyès) étant en guerre avec les autres. Il existe une magie propre à chaque individu nommée Vérité.

Sylhuna est une espionne Récléyès, responsable en partie de la mort de son petit frère, Frenn, qu'elle a laissé se noyer dans un lac. Elle n'est pas fondamentalement mauvaise mais en veut toujours à ses parents de l'avoir chassé de chez eux suite à cet incident.
J'espère que ce texte rentrera dans les consignes de l'épreuve  Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 2026231687
Sylhuna C. (Madelle)
Luis R. Higan [AVA]
Luis R. Higan [AVA]
Anonymous
Luis R. Higan [AVA]
Luis R. Higan [AVA]
Invité
#16 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Luis R. Higan [AVA]
Sam 6 Juil - 20:20
Informations Contextuelle:
La Nouvelle Avalon est un forum de Science-Fiction dont l'histoire se déroule sur la planète SP-35R-4. Des terriens ont quitté la planète Terre dans le but de découvrir des planètes où établir une colonie. Suite a un accident, l'Arche Avalon s'est écrasée sur une planète certes habitables, mais peuplés d'une faune et d'une flore complètement inconnu et dangereuse. Voilà déjà trois mois que la Colonie a commencé à s'implanter, et elle doit son développement autant à la chance qu'au fait de disposer d'une technologie unique : Les Écailles d'Avalon. Les porteurs d'écailles étant nommé "Guerrier d'Avalon", il s'agit néanmoins de personne neurocompatible au système et donc, peuvent indépendamment être des civils ou des militaires.

Luis Rui Higan est un américano-japonais ayant prit part au projet en sa qualité de Capitaine. Il a quitté le corps des Marines des États-Unis d'Amériques en intégrant le projet coloniale et la flotte d'Avalon. Militaire sérieux sur le terrain, c'est un homme bon vivant et même relativement simple dans le privée. Il a rejoint le projet avec sa plus jeune sœur -Marie Higan- et sa mère, le reste de sa famille étant rester sur la Terre. A noter qu'il est ultra-protecteur avec sa cadette, d'autant plus depuis qu'elle s'est révélée compatible avec une écaille d'Avalon.

« Il est 8h du matin. Il est 8h du matin. »

La voix stridente de l’IA programmée pour le réveil matin m’agresse les oreilles. Grognon, ronchon même, je vins à ordonner le silence, le tout avec une voix bien pâteuse. Faut dire, j’ai l’impression d’être encore plus fatigué qu’avant de me lever.

« Quelle tenue dois-je apprêter pour vous ? » Entendis-je. D’ailleurs, je remarque seulement maintenant, mais… Depuis quand mon IA me parle en japonais ? Je suis sûr d’avoir programmé la mienne en anglais, c’était plus facile pour mon ancien colocataire d’ailleurs : comme elle réveillait tout l’appartement.

Il n’en faut pas davantage pour que je bondisse de mon… lit… Mais ce n’est pas mon lit ça ! Ni ma chambre ! Un regard d’ensemble me permet de reconnaître la chambre toute propre et bien rangée de Marie, ma petite sœur. Attends, mais, depuis quand je dors dans le lit de ma frangine moi ? Je me souviens être allé en excursion avec le major Mimir. Cette fois, on a bien fait attention à ne pas revenir avec un animal local, car je pense que je pouvais dire adieu à mon grade de Capitaine sinon. Le commandement n’est pas loin de la tolérance zéro sur le sujet depuis que mon Giga-Agneau squatte chez les blouses blanches.

Tout en réfléchissant à la situation, je me fais le commentaire que j’ai un peu mal au dos. Alors, j’amorce un geste pour m’étirer et là, ben, euh… OK. Ce n’est pas ce que je crois, si ?

« Un ! Deux ! … »

Je ferme les yeux, et j’inspire profondément. Cette voix, je la connais ! Finalement, c’est en une enjambée que j’atteins le miroir de ma poupinette adorée. Et ce que j’y vois me fait ouvrir de grands yeux, pâlir et lâcher un hi pas très viril. C’est le corps de ma petite sœur !! Je suis dans le corps de Marie ! C’est terrible ! C’est affreux ! Où se trouve mon adorable petit ange maintenant ?! Et puis, le corps de ma plus jeune sœur… EN NUISETTE !! Depuis quand elle porte des nuisettes aussi saillantes et sexy d’ailleurs ?

« Non, ne pas chercher la réponse à cette question… Et… »

J’avise le drap et avant que l’IA n’ait fini de faire le lit je choppe le couvre-lit pour recouvrir le miroir. Bien, déjà, ça, c’est fait. Hors de question que je porte atteinte à l’intégrité de mon petit ange. En tout cas, je comprends mieux pourquoi je me sentais bizarre… Marie est plus petite que moi et pas qu’un peu, et je ne peux m’empêcher de soupirer en voyant combien ses bras sont fins et frêles. Mes muscles… J’ai un pincement de cœur en pensant à cette perte soudaine dans ma vie quotidienne.

« Quelle tenue dois-je…
— Roh, c’est bon. La plus facile à mettre, et la plus moche surtout ! »
Dis-je en ronchonnant, plongé dans mes réflexions.

Je suis dans le corps de ma sœur donc… Il y a un risque qu’elle soit dans le mien ! Hier soir, je suis rentré me coucher dans ma petite piaule. Oh… Mince… Je n’étais pas seul hier soir ! C’est une catastrophe ! Je me souviens être rentré avec un amant occasionnel !

Un regard, vite, sur l’heure. Il est 8h15. Déjà quinze minutes que je suis bloqué ici ?! Attend, huit heure et quart ça veut dire que…

« Marie ! Tu es prête ? Tu as entraînement ce matin. Le commandant Dupuy a d’ailleurs été assez aimable pour se proposer comme instructeur.
— Oui, maman. »
Répondis-je, en japonais, à ma petite vieille favorite.

Mais pas le temps de penser à ça. Entraînement avec Thomas ? Je suis sûr qu’il doit en profiter pour la draguer. J’attrapais d’une main les fringues que le robot domotique me tendait. Ni une, ni deux, je fis un chignon à la chevelure de ma sister et me brosse les dents. Pas question d’abimer son hygiène bucco-dentaire pour des bêtises. Un bisou sur la joue de ma vieille maman, et je file. Ah, j’y pense, Marie a toujours été plus carrée que moi sur les gestes affectueux… Plus japonaise quoi. Maman va trouver ça bizarre ? Osef.

Bon, vu l’heure, j’ai 10 minutes pour débarquer chez moi et éviter que mon idiote d’IA ne me réveille. D’autant si ma sœur se trouve dans mon corps. Ce qui me laisse aussi dix bonnes minutes pour virer mon plan cul AVANT que ma sœur ne le voie ! Déjà que PERSONNE ne sait rien sur ma sexualité, et que j’en fais un point d’honneur, hors de question que ma précieuse et innocente petite sœur se réveille avec un homme nu à côté d’elle. Je ne m’en remettrais pas : jamais. Et si je lui injecte des somnifères ? C’est mon corps que je malmène après tout, y’a pas crime : non ?

Je courais non sans grogner après la charge mammaire typique des femmes, même si Marie est plutôt plate, désolé pour elle. Et c’est en un temps record et avec une cardio qui atteint des sommets que j’arrive devant la résidence où se trouve mon appartement. Un étage plus loin et je suis devant ma porte. Bon, j’ai rentré Marie dans les personnes ayant le droit d’accéder au logement donc normalement niveau contrôle biométrique ça devrait passer. Test… OUI ! Petit geste de victoire, et je pénètre le capharnaüm de mon logement de célibataire. Si ça se sait qu’un gradé laisse un tel bordel chez lui… Je me prendrais un de ces soufflons de la part de la direction !

J’entends qu’on cuisine et à la voix, je sais que c’est mon plan de la veille. Bon, la loose totale. Je ne m’entends pas ronfler par contre… Pas bon signe. Ou plutôt, signe que ce n’est pas moi dans mon corps ? Faut dire : je suis ici. C’est compliqué là. Je toussote pour signaler ma présence et avec un grand sourire, je demande à l’inconnu pas du tout inconnu :

« Bonjour ! Vous êtes un ami d’onii-chan ? »

C’est que mon petit scientifique, là, il a bien sursauté et semble très mal à l’aise. Mignon dans son boxer tiens. Ah ! Non ! Je suis Marie donc, pas de regard lubrique DU TOUT ! Pas question de pervertir les yeux de ma petite sœur adorée ! Il baragouine un truc de son côté, et commence à prendre la poudre d’escampette. Victoire numéro deux ! En théorie, il me reste à m’injecter un somnifère, puis à aller casser la tête de mon meilleur ami, ce cher Thomas Dupuy, pour son flirt avec ma sœur. Je m’approche tout juste de ma chambre, et donc de mon lit, que je me sens pris de vertiges.

Je titube, tout devient flou autour de moi. Je me sens vraiment malade là… Je sens mon corps choir et le noir m’envahir.

Combien de temps, je l’ignore. Mais c’est une voix qui m’appelle qui me fait reprendre connaissance. La voix de Marie. J’ouvre un œil, le visage grimaçant et la tête explosée. J’ai envie de vomir ma parole.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Une étreinte soudaine, comme du soulagement. Je suis heureux et soulagé de constater que je suis bien dans mon corps. Attends, mais là je suis dans une unité de soins, non ? Je vois la doc, Anoushka Sharma, s’avancer et m’expliquer qu’une plante encore non identifiée a relâché une spore que nos capteurs n’ont pas détectée lors de l’exploration. L’inhalation a rendu notre unité comateuse, et des renforts sont de suite venus nous exfiltrer. On me rassure sur le fait que mes examens sont bons, juste qu’à première vue j’ai eu une période d’intense activité cérébrale. Attends, ça veut dire que tout ça, c’était une hallucination à cause d’une plante locale cheloue ?!

Je ne peux retenir le soupir de soulagement, à l’idée que mon cauchemar soit une facétie de cette nouvelle planète et de son biotope. Je ne peux d’ailleurs pas m’empêcher de rire, et de dire à la doc :

« Je vous le dis Doc, j’ai connu de meilleurs rêves que celui-là ! »

Et si je me fais un peu tirer les oreilles pour avoir inquiété la famille, et les amis, au final ce n’était rien de trop grave. Bientôt, je retournerais visiter les territoires vierges de SP-35R-4, afin que la Nouvelle Avalon grandisse et se sécurise. Et qu’ainsi, ma guerrière angélique de petite sœur reste en sécurité. Parole d’un Marine. Parole d’un Higan.

Luis R. Higan [AVA]
Enyo Dellucini [LS]
Enyo Dellucini [LS]
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Enyo Dellucini [LS]
Enyo Dellucini [LS]
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#17 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Enyo Dellucini [LS]
Sam 6 Juil - 20:26
Spoiler:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 851-59
Enyo Dellucini pour La Sérénissime.
Assurée, Enyo aime se pavaner sur son bateau comme elle l'entend. Héritière de la flotte de son père, elle mène d'une main de maître ce qui lui appartient et ne se laisse jamais déconcentrer. Lorsque elle a un but, elle met tout en œuvre pour l'atteindre et ce même si elle doit écraser ceux qui se mettent sur son passage pour y parvenir. Agissant machinalement, la jeune femme ne se préoccupe plus véritablement de sa réputation et fait le sale travail lorsque il faut le faire. Le sang a souillé ses mains et le sang souillera à nouveau ses mains: elle le sait, elle est née pour tuer, née pour s'occuper d'un équipage et sait que malheureusement le meurtre fait parti du quotidien marin.

Elle ne compte que sur elle même. Rare sont ses amis et elle même pense pouvoir les compter sur les trois doigts d'une main amputée, atrophiée. Peu bavarde sauf lorsque elle se plaît à s'acharner sur une proie pour arriver à ses fins et obtenir son dû, Enyo est une tête brûlée. Elle ne craint plus rien ni personne après avoir frôlé la mort à de multiples reprises.

"Capitaine Capitaine !"
La voix de mes hommes retenti et me tournant d'un quart je lève les yeux au ciel exaspérée : quoi encore ? Bon sang ! Ils ont décidé de m'emmerder aujourd'hui ?! Je ne peux pas boire en paix ?! Sous quel prétexte viennent-ils m'agacer encore ? C'est la pleine lune ? Ça leur suffit à justifier leur comportement des plus collants ?! Ne sont-ils pas censés être adultes et responsables ? Je les observe et d'un pas ils se reculent tous. Mais bon sang ! Ils insinuent que j'ai une sale gueule en reculant ainsi ? J'ai quoi ? J'ai une mouche sur la gueule ? Je passe le plat de ma main contre mon visage mais ne récolte rien. Alors ? Je pue de la gueule ?! Soufflant contre ma main je constate que je sens l'alcool. Mais rien d'autre. C'est quoi le problème les gueux ?! Bwah. Je ne me sens pas bien. J'ai envie de vomir. J'ai forcément forcé sur l'alcool pour être dans un état aussi déplorable. Bredouillent à l'unisson face à mon visage des plus agacés, ils m'interrogent :
"Où est-elle ?"

Quoi où est-elle ? Je touche mon crâne et réajuste mon tricorne en fronçant les sourcils. Mes hommes pointent leurs armes sur moi : épées et lames diverses sont tendues en ma direction et menacent de me trancher la jugulaire à tout moment. Wowowowo. On se calme. Je me recule d'un pas à mon tour. Je lève mes mains devant moi : qui cherchent-ils ? Ne suis-je pas la seule femme à bord du navire ? Je constate que mes mains sont plus marquées qu'à l'accoutumée. Ai-je été trop longtemps dans mon bain hier soir ? Sont-elles devenues toutes fripées à cause de l'eau chaude ? Et mes bottines ! Pourquoi sont-elles aussi larges et lourdes ? Ai-je un boulet au pied ? Je passe une main sur mon ventre rond par l'alcool et le trouve anormalement haut par rapport à l'accoutumé. Que diable se passe t-il ? Et mes miches ?! Où sont-elles ?! J'ai perdu mes seins ! Seigneur ! Mes seins mes nénés mes roploplos ! Où sont-ils ?! Je pourfends la foule, poussant avec assurance mes hommes. Je veux voir ce qui se passe ! Je veux vérifier ! Mais l'un de mes bras est retenu et dans mon élan, j'embrasse le sol. L'un de mes hommes me plaque sévèrement et enfonce sans scrupules ses genoux au bas de mon dos. Connard ! Je lâche un rire mauvais, soufflant entre mes dents quelques propos assassins:
"Si tu ne me relâches pas de suite, je te jure de..."

Un bâillon se glisse sur ma bouche, emprisonnant mes jurons. Muette. Je gesticule, me débat, bredouille contre l'étoffe mais la chose est vaine : ils ne me voient pas telle que je suis ! Ils me pensent toute autre ! Avec négligence, ils me nouent les mains et me relèvent comme un sac à patates, m'ordonnant d'avancer. Ai-je proféré récemment des menaces à l'encontre de mon équipage ? Et pourquoi mes pieds sont aussi grands, aussi larges ?! Je trébuche, manque de rencontrer le sol à plusieurs reprises. Diable ! Que se passe t-il ?! La main présente dans mon dos se fait d'avantage rude, sévère et m'oblige à avancer, passant de l'étage à la coque du bateau. Avec la négligence qu'on accorde aux prisonniers de guerre, on me jette sans ménagement. Tout est flou. Confus. Le cliquetis de la porte retenti et je crois que mon destin se scelle juste sous mes yeux.

Seule, je me relève et titube me rattrapant de mon buste sur un tonneau de vin. J'embrasse le tonneau de mes courbes masculines et de justesse me relève au prochain balancement. Le navire vogue au gré des vagues et j'en profite pour esquisser quelques pas jusque à rencontrer mon reflet dans l'un des hublots. Un rire fou meurt étouffé contre l'étoffe. Rapidement je suffoque. Pourquoi ?! Pourquoi mon reflet est celui-ci ?! Qu'est-ce donc cette grosse boutade ?! De mon front j'embrasse le hublot, tentant de me calmer, tentant de reprendre mes esprits. Mon cœur s'affole, mes mains tremblent, la sueur perle et goutte grossièrement le long de mon visage. Le long de son visage. Pourquoi ?! Pourquoi Seigneur le reflet me renvoi la tronche de ce gros corniaud de Battista ?! Putain ! Qu'on me donne une arme ! Que je lui arrache les yeux, que je le fasse suffoquer en m'arrachant,...en lui arrachant la langue ! Quelle est donc cette magie quelconque ? Se planque t-il sous l'eau pour me faire coucou derrière le hublot ?! Me rejoint-il ? Est-ce moi ? Est-ce lui ? Qui suis-je ? Que fais-je ? Où vais-je ?! L'air me manque d'avantage. J'inspire vainement sous le bâillon. Quelques pas sont esquissés, je quitte le hublot et me laisse tomber, buste en avant, contre mon ami de tout à l'heure : le tonneau. Je ferme les yeux et respire comme une truie mettant bas. Ma respiration siffle, l'emprise se fait. Comme une vilaine crise de tétanie, comme une vilaine crise d'asthme, comme une vilaine crise d'hystérie, la main invisible enserre mon cou et je suffoque. Enfermée sur mon propre navire, par mes propres hommes, je perds la face. J'aimerai prendre le large, croire qu'il ne s'agit que d'une vilaine boutade mais la vérité est telle que je suis devenue mon pire cauchemar. Cet homme. Cet amant. Cet ami. Cet ennemi. Lui. Mes yeux se ferment. Progressivement je me laisse aller. Je me laisse bercer par le doux son des vagues alors que la porte s'ouvre non loin. Je perds pieds. Je ne distingue plus la réalité du mensonge au fil des heures. Je me laisse aller à cette crise, à cette boutade, à ce sommeil néfaste alors qu'on me récupère et qu'une étreinte douce se fait. J'entre-ouvre un oeil et me laisse aller contre l'ange exterminateur. Contre le reflet de mon âme. Contre celui qui rythme mes jours à tord. Contre celui qui n'est autre que mon alter-égo : Battista.

Le réveil est d'autant plus rude qu'on me secoue comme un prunier. Je me redresse à contre-coeur alors que l'un de mes hommes me souffle:
"Battista. Nous l'avons vu. Nous l'avons enfermé mais il s'est encore échappé."

Émergeant de mon sommeil, je les observe à tour de rôle. Je glisse une main derrière mon visage et constate qu'il n'y a guère de bâillon. Confuse, je leur bredouille:
"Que fais-je...
- Vous avez bu.
- Un peu !
- Un peu beaucoup, tu peux le dire ! Du coup pour votre sécurité on vous a laissé dormir ici !"

Mes sourcils se froncent d'avantage alors que je me redresse et me saisis de mon tricorne nerveusement. Je joue avec mon chapeau, presque honteuse, lorsque entre mes doigts, un bout de parchemin s'en détache...

"Merci Enyo. T'es toujours aussi mignonne. Mais à l'avenir, évite de boire autant. Ça termine toujours mal ce genre d'histoires.
Battista."


Frustrée, je froisse le papier et le piétine hargneusement, me dirigeant à l'étage, gueulant à pleins poumons:
"Battista !"
Enyo Dellucini [LS]
Under the Moon
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Under the Moon
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Sam 6 Juil - 20:48
Pour + d'infos:

Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 1562438446-stephally
Allyson est étudiante en psychologie, elle vit avec Stephen depuis peu de temps. Il est le père de deux jumeaux à peine âgés de quelques mois. Aucun des deux ne s'attendaient à leur venue mais maintenant qu'ils sont là, il faut bien faire avec et puis ce n'est pas dans les habitudes du couple de se prendre la tête.

Je participe pour le forum Under the Moon.

Il était aux alentours de 22h lorsque j’émergeais enfin et dire que j’avais la tête dans le cul serait un doux euphémisme. J’avais passé la journée à réviser dans le salon et je m’étais visiblement endormie sur le canapé. Il fallut une petite minute pour que je me rende compte que quelque chose était différent. A vrai dire, passer mes doigts sur mon visage et grimacer en sentant qu’une barbe couvrait la moitié de mes joues suffit à m’alerter du problème. J’attrapais mon portable aussitôt afin d’être fixée et actionnait la caméra avant afin de me prendre en photo. Mon visage s’illumina aussitôt alors qu’un rire bien différent de d’habitude m’échappait. Et je crois que pendant plus de deux minutes minimum je riais sur ce canapé sans pouvoir m’arrêter. Changer de sexe pouvait être un peu perturbant mais avoir carrément le corps de son petit copain, c’était déstabilisant à souhait. Pour autant, je crois que je préférais avoir le sien, au moins je le connaissais déjà par cœur. Bien sur il y avait tout un monde entre connaître et apprivoiser une fois que l’on était en sa possession. Et si beaucoup auraient paniqué, je dois bien avouer que voir ma petite culotte sur le corps de Stephen aidait à me détendre et à prendre les choses positivement.

Je baissais les yeux vers mes dessous et réprimais un nouveau rire. Bordel, la vue était vraiment tordante, je pouvais pas ne pas immortaliser ça. Armée de mon cellulaire, je pris plusieurs photos, n’oubliant pas le duck face obligatoire, prenant des poses plus clichées les unes que les autres. Si Stephen tombait sur ces photos, je n’avais aucun doute sur sa réaction, il allait me tuer. Je crois que c’est cette pensée qui me motiva davantage à imaginer jusqu’où je pouvais aller. Mais quelque chose vint m’interrompre dans mon élan : ma vessie. Je jetais naturellement un coup d’œil sous ma lingerie et me redressais sur mes jambes. Il allait falloir que j’aille aux toilettes avec ce machin là ? Je me dirigeais vers la salle de bain en prenant soin de me dévisager quelques instants dans le miroir, un petit sourire aux lèvres. Cette soirée commençait plutôt bien, d’autant que mon cher et tendre était au travail et que j’étais libre de disposer de lui.. enfin de moi.. ou plutôt de nous comme je l’entendais.

J’avoue que face aux toilettes, je ressentis un moment de solitude, alors que je me débarrassais enfin de ma culotte. Pisser debout me paraissait particulièrement étrange, là tout de suite. J’essayais tant bien que mal de viser en ayant la vague impression de jouer à la pêche aux canards. Et puis comment on faisait après, on secouait.. on sautait en l’air ? Un bond plus tard et je rabaissais la cuvette tout en tirant la chasse d’eau. Une bonne chose de faîte. Ça me donnait presque la sensation d’être dans une journée expérimentale dont le titre serait « Anatomie & Découverte ». Tandis que je me lavais les mains, une multitude d’idées me traversèrent l’esprit et pas nécessairement bonnes. Enfin cela dépendait pour qui. En une fraction de seconde j’éliminais déjà l’idée du tatouage sur les fesses « J’adore ma p’tite femme » parce que cela pourrait clairement être un motif de rupture, ou de meurtre j’ignore ce qui est le pire. Si je mettais de côté l’encrage de sa peau pâle comme un yaourt… je pouvais toujours utiliser ma jolie voix masculine pour mettre Steph dans des situations… délicates.

La première personne que j’appelais fut Oliver, le soldat était l’un des meilleurs potes de mon compagnon et nul doute qu’il ne s’attendrait pas du tout à un appel du genre. Un « je t’aime vraiment mon pote et je suis même pas bourré » j’étais sûre et certaine que notre cher capitaine n’oublierait pas de si tôt. Tout comme ce cher Micky, le collègue actuel de Stephen qui eut du mal à croire que ce dernier le traitait comme un véritable frère et lui demandait le plus gentiment du monde de commander davantage de donuts afin qu’il puisse en ramener pour la « femme de sa vie qui l’attendait sagement à la maison ». Faut dire que le sale caractère de ce trou du cul était légendaire, difficile d’avaler sa soudaine bonne humeur. Lorsque j’en eus assez de transmettre autant d’amour téléphonique à nos amis communs je me laissais tomber sur le canapé en soufflant. L’ennui ne me gagnait pas encore, à vrai dire il restait une ou deux choses que je voulais essayer et parmi elles, une était loin d’être catholique. Qui n’a jamais imaginé pouvoir être dans le corps du sexe opposé au moins une journée ? Et je crois que l’on peut tous s’accorder à dire qu’il est évident que chacun d’entre nous tenterait de découvrir comment fonctionne ce corps que l’on ne possède qu’au cours de torrides échanges. J’avais la sensation de retomber un peu en enfance, à l’époque où l’on découvre son anatomie plus en détail. J’eus donc la chance de découvrir le marathon post branlette afin d’arracher une feuille d’essuie tout à la cuisine en râlant que ça ne durait pas assez longtemps et que ça manquait en intensité. Finalement, être une femme avait des avantages non négligeables, si on mettait de côté les mains au cul dans le métro, les salaires moins élevés, les règles et j’en passe.

J’attrapais le paquet de cigarettes traînant sur la table et glissais une clope entre mes lèvres avant d’en griller l’extrémité. Au moins je ne risquais pas de noircir ses poumons avec le poison qu’était la nicotine, ils devaient être bien plus noirs que les miens. La fumée s’échappant de mes lèvres, je balayais la pièce du regard avant de m’arrêter sur un rouge à lèvre qui traînait dans un coin du salon. L’idée lumineuse que je venais d’avoir fit naître un sourire diabolique sur mon visage alors que j’écrasais le cancer en barre dans le cendrier, me précipitant dans la salle de bain. La partie gauche lui était réservée et la droite était toute à moi. Je ne perdis pas une seconde pour m’emparer de ma trousse à maquillage et sortis tout le nécessaire pour transformer cette petite bouille. Le blush ressortait particulièrement bien sur le haut de mes joues et le far doré que j’utilisais pour mes yeux mettait le bleu de mes iris en valeur. J’aimais mes yeux verts habituels mais je devais avouer que maquiller mon homme sans qu’il ne puisse protester, cela avait quelque chose de satisfaisant. Le résultat l’était d’autant plus et je ne pouvais pas me contenter d’en rester là.

Le truc avec la créativité c’est qu’une fois inspirée, les idées s’enchaînent sans que l’on puisse les retenir ou en mesurer la sagesse. Je suppose que changer la photo de profil de Steph sur chacun de ses réseaux était déraisonnable au possible et sans doute qu’il me le ferait savoir lorsqu’il rentrerait, d’une manière ou d’une autre. En revanche je doutais que l’on parvienne à se réconcilier comme d’ordinaire. Il faut dire qu’étant un homme, cette histoire ne finirait pas au lit, pas avec cet hétéro pur et dur. Au mieux il m’autoriserait à dormir à ses côtés, le chien entre nous en guise de séparation. Si mon état perdurait, il faudrait expliquer à nos deux enfants que maman était devenue papa et papa était devenu pa-paniqué. Admirant mon œuvre dans la glace face à moi, je décidais de prendre un ultime selfie que j’envoyais directement à mon conjoint.

« Regarde comme t’es mignonne, Steph. Ta dernière publication a fait fureur, t’pourras me remercier quand tu seras devenue aussi populaire que Conchita Wurst »

Je ne fus pas étonnée d’entendre mon téléphone vibrer à plusieurs reprises quelques minutes après ce message. Et j’espérais bien le mettre dans tous ses états, c’était ma distraction quotidienne. Et ça ne rata pas.

« Ally, c’est quoi ce bordel, putain ?! »

J’en connais un qui ne va pas être content en rentrant.
Under the Moon
Onyx (Esquisse)
Onyx (Esquisse)
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Onyx (Esquisse)
Onyx (Esquisse)
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#19 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Onyx (Esquisse)
Sam 6 Juil - 21:00
Onyx pour Esquisse

Mon personnage:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 0Tbajni
Présentation du personnage : http://www.esquisse-rp.com/t2413-juste-lucas-rien-d-autre
Lucas est un vétéran de l’armée américaine de 32 ans qui souffrait de PTDS et qui, après avoir été campé avec des amis, a retardé son retour en ville de quelques jours… semaines… mois… et n’est finalement jamais revenu en ville.
Il s’est retrouvé du jour au lendemain dans l’Esquisse, un monde totalement loufoque et incohérent et ce, dans le corps d’un enfant de 8 ans. Il considère cela comme une deuxième chance et se fait passer pour l'enfant qu'il ressemble auprès des autres Dessinateurs. Il erre dans le Laboratoire de l’Esquisse avec les autres Dessinateurs en explorant les lieux pour y trouver des trucs utiles et s’y installer.

Se réveiller dans les bras d’une belle femme, le visage à moitié enfoui dans ses seins... Quel bonheur! C'était l’avantage d’avoir l’air d’un enfant innocent et de pouvoir dormir avec n’importe qui juste en disant avoir peur du noir…Tiens, les melons en question n’étaient-ils pas un peu plus gros que d’habitude? Lucas ouvrit les yeux et réalisa que oui, la poitrine sur lequel il était écrasé lui semblait légèrement plus imposante que d’habitude et manquait des taches de rousseur. Sa partenaire de lit l’avait-elle échangé avec quelqu’un d’autre pendant la nuit?

L’ex-militaire se redressa pour jeter un regard paresseux autour de lui. Une grande chambre luxueuse, un lit avec des draps de satin, une blonde aux formes attirantes et dont la main était en train de glisser vers…

« Non mais tu fais quoi!? », s’écria Lucas d’une voix horrifiée.

Le trentenaire se jeta hors du lit si vite qu’il s’emmêla dans les draps et s’écroula sur le sol de la chambre. Au moins, la moquette amortit sa chute… Cette femme… était sa belle-sœur. Sa putain de bourgeoise de belle-sœur froide comme la glace qui méprisait tout le monde et avec qui son frère cadet était heureusement marié. Elle foutait quoi là!? Et pourquoi était-elle habillée en déshabillé transparent!? Elle portait sincèrement ça pour dormir!? Elle, la femme qui avait osé critiquer la longueur de la jupe de sa sœur comme étant indécente juste parce que le bout de tissu lui arrivait un peu en haut des genoux?

« Chéri? Qu’est-ce qu’il y a? Tu te sens bien? »

Chéri? Depuis quand cette vipère lui donnait de tels mots tendres!? Ok… Ne paniquons pas, analysons la situation lentement avant de prendre des décisions hâtives et…

« Sean? Allez, tu n’as pas besoin d’aller porter les enfants à l’école avant au moins 45 minutes, on a bien le temps pour… »

Un « NON ! » retentissant coupa la parole de la séductrice alors que Lucas abandonnait toute tentative d’analyser la situation pour battre en retraite vers la salle de bain adjacente en balbutiant des excuses.

« Je… euh… me sens pas très bien… »

WHAT THE ACTUAL FUCK? Lucas referma la porte en la claquant, se laissant couler au sol, la tête entre les mains. De trop grandes mains d’ailleurs. Il n’était plus dans le corps d’un enfant. Qu’est-ce qui se passait exactement? L’Esquisse n’était-elle qu’un rêve un peu trop réaliste? Avait-il actuellement cocufié son frère avec sa Barbie de femme!? Il était mort. Son frère n’allait pas seulement le tuer, il allait lui arracher son bras estropié pour le battre avec le bout qui saigne jusqu’à ce qu’il se vide de son sang. Son bras estropié?

L’ancien militaire regarda son bras droit. Il ne pouvait habituellement pas le bouger autant. Pas de cicatrices, pas de tatouages à moitié détruits… Ce n’était pas son bras. L’homme dérouté se releva, verrouillant la porte de la salle de bain en ignorant la voix de sa belle-sœur qui lui demandait s’il allait bien. Au moins, trouver un miroir ne devrait pas être difficile considérant le narcissisme de son frère et de sa famille.

« Miroir, miroir, dis-moi qui est le plus beau. », murmura l’américain en observant son reflet qui lui montrait un visage qui n’était pas le sien.

Lucas ne se souvenait pas d’avoir signé pour un film d’adolescente à la Ryan Gosling. Il n’avait aucune raison d’être dans ce corps qui était définitivement celui de Sean, son frangin. D’un côté, c’était rafraîchissant d’être de retour dans un corps qui n’était ni blessé, ni trop petit. D’un autre, de tous les corps possibles, pourquoi celui de son petit frère!?

Considérant la nature de l’Esquisse, l’ancien soldat allait jeter la faute à cet univers ridicule et assumer qu’il retrouverait bientôt sa place. Sinon… qu’était-il supposé faire, dire à sa belle-sœur qu’elle avait failli molester le mauvais frère? Mieux valait l’éviter pour le moment… Lucas croyait fermement en la devise qu’ignorer ses problèmes les faisait disparaître. M’enfin, ça ou tirer dessus, mais il n’avait malheureusement pas d’armes et fusiller sa belle-sœur n’était sûrement pas une très bonne idée, aussi insupportable soit-elle.

Cherchant à gagner du temps et à se distraire, le trentenaire prit une longue douche et s’habilla des vêtements qui étaient déjà préparés sur un cintre près du lavabo. Il reluqua avec une envie de plus en plus forte la fenêtre. Serait-ce vraiment si mal de prendre la fuite?

« SEAN! SEAN! NON, MAIS TU FAIS QUOI LÀ-DEDANS!? »

Très tentante cette fenêtre… Avec un soupir, Lucas sortit de la pièce, évitant la femme quasi-hystérique et alla dans le couloir à la recherche de la cuisine.

« La salle de bain est libre... »

L’explorateur trouva rapidement la cuisine à l’odeur de café et rencontra son neveu et sa nièce, déjà installés à la table à manger des céréales. Son humeur s’éclaircit légèrement. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu les morpions! Le faux-Sean fit un câlin rapide aux enfants en leur souhaitant un bon matin, puis se servit un café.

« Salut papa ! T’es content aujourd’hui? D’habitude, t’es fâché après le journal », questionna Eric, son neveu.

« Err… Je pensais à mon frère », marmonna Lucas à travers sa gorgée du liquide divin.

« Lucas? Le looser? Il est pas mouru dans les poubelles? », demanda innocemment sa nièce, Amber.

« On dit "Mort dans une décharge" », corrigea l’imposteur avant d’assimiler les paroles de l’enfant. Mais qu’est-ce que son frangin avait raconté à ses gosses!? Le looser? C’était comme ça que Sean parlait de lui à ses propres enfants? Il n’avait jamais été très proche des petits, mais il croyait que ces derniers l’aimaient bien… Et il savait que son frère désapprouvait à peu près tous ses choix de vie, tel que s’engager dans « cette armée de tueurs dégénérés juste pour en revenir en miettes », mais l’insulter dans son dos comme cela?

Lucas déposa sa tasse, l’appétit coupé. Le pire, c’était qu’il ne pouvait même pas dire que son frérot avait tort. Le vétéran s’était engagé parce qu’il voulait vivre l’adrénaline des combats et être utile, mais il n’était arrivé qu’à faire tuer ses camarades par son incompétence et à revenir chez lui invalide. Il aurait peut-être dû écouter Sean. Après tout, au moins, lui semblait être arrivé à réussir dans la vie. Pas comme lui qui était…

Wait a minute. S’il était ici, dans le corps de son frère… Où était Sean!? Dans l’Esquisse!? Merde.

« Papa? », s’inquiéta Eric en voyant l’homme qu’il croyait être son père blanchir à vue d’œil.

« C’est rien, c’est rien… Je viens de me souvenir que j’ai un truc urgent à faire, votre mère ira vous porter à l’école » jeta Lucas aux enfants avant de se diriger vers l’entrée, ignorant le « Quoi!? » de sa belle-sœur qui venait elle-même d’entrer dans la cuisine.

Allez, il fallait qu’il file pendant que les enfants distrayaient la harpie… L’Esquisse semblait un endroit merveilleux au premier coup d’œil. C’était un endroit merveilleux! Le seul hic, c’était qu’il y avait des Objets dangereux qui attaquaient tous les passants. La spécialité de son frère était de crier après l’incompétence des gens, pas de combattre!

Cela ne prit pas deux minutes et Lucas était dans le véhicule de son frère, roulant dans la direction de là où il campait. Il n’avait aucune idée de comment retourner dans l’Esquisse, mais c’était son seul point de repère. Il n’était peut-être qu’un échec d’être humain qui n’avait plus sa place dans la société, mais il ne laisserait pas son frère en danger sans rien faire!

Heureusement, son campement n'était pas loin et Lucas arriva à sa destination quelques minutes plus tard. Il abandonna l’automobile pour se lancer vers le sentier menant à sa tente. Allez, allez, allez. Quelqu’un se tenait debout à côté de son refuge...

« Sean!? », lança-il, rempli d’espoir.

La silhouette se retourna et…

Lucas se réveilla, collé contre une poitrine. Une poitrine moyenne, avec des taches de rousseurs… Il était de retour dans l’Esquisse. Il se releva en regardant son corps d’enfant. Sean était-il retourné dans propre son corps?

Il ne saurait jamais avec exactitude ce qui s’était passé (telle était la nature de l’Esquisse), mais au moins c’était sûrement fini… N’est-ce pas?
Onyx (Esquisse)
Azamir Mergar [MP]
Azamir Mergar [MP]
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Azamir Mergar [MP]
Azamir Mergar [MP]
Invité
#20 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Azamir Mergar [MP]
Sam 6 Juil - 21:13
Infos sur mon personnage:
Coucou o/

Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi Vava_a10
Je vous présente Azamir Mergar (31 ans - Captain Harlock comme avatar). Il est un ranger Pokémon chef de son équipe (nommée Skyfall), vainqueur de la Ligue 1, bref un top dresseur quoi avec plusieurs Pokémon très bourrins x) Sa Alakazam, surnommée Kad, sera présente dans l'écrit. Il a un tempérament assez froid et taciturne, distant, introverti, pudique même, en plus de n'avoir aucun humour. C’est un homme au lourd passé d’erreurs qui cherche à s’en repentir. Il s'entraîne tous les jours pour rester en forme à cause de son travail, mais aussi parce que ça lui tient à cœur. Il est aujourd’hui en couple avec Gaeriel Miya (perso de MP), une ranger aussi et vainqueur, pour sa part, de la Ligue 2.

Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi Ferir_10
Pour cet écrit, il sera dans le corps de Ferir Nyriu (28 ans), son meilleur ami. Il le considère comme son petit frère. Ferir est la gentillesse incarnée, il est doux, a le cœur sur la main, est très extraverti. Il s’occupe d’un refuge pour Pokémon blessés, malades ou abandonnés. Il est gai et en couple avec Shinara Shikei (perso de MP). Ce dernier fera d’ailleurs une brève apparition dans l’écrit o/ (et j’ai l’accord de sa joueuse pour ça !)

Donc comme vous le constatez sur les deux images, leur physique et leur style sont bien différents, et c’est avec ça que le fun commence héhé

Bonne lecture o/

Le réveil est plutôt difficile ce matin, ma tête paraît lourde. J’ouvre doucement les paupières et la surprise me gagne au point de me faire me redresser d’un coup, les couvertures glissant sur moi. Je porte ma main devant mon œil droit, et je la vois. Ce n’est pas normal... Mon œil n’est plus, l’orbite est vide. N’y croyant toujours pas, un de mes doigts vient appuyer sur mes paupières fraîchement fermées. La sensation de l’œil bien à sa place me saisit. Mais comment...? S’il est vrai que j’en ai rêvé, cela est impossible. Désireux d’obtenir des réponses, je me lève avant de figer d’effroi : aucun vêtement ne recouvre ma peau. Je ne dors jamais nu, jamais. Cela me rend beaucoup trop mal à l’aise. Je remarque aussi que les cheveux qui encadrent mon visage, que je parviens à voir, me semblent être bleus. Le frisson d’effroi qui remonte le long de ma colonne vertébrale est réel. Est-ce que... Mon regard s’attarde sur la pièce et je reconnais immédiatement la chambre à coucher de Ferir. Qu’est-ce que je fais à Kanto chez mon meilleur ami? La dernière chose dont je me souviens est de m’être couché dans mon lit, chez moi, à Hoenn. Et surtout, j’avais toujours ma prothèse oculaire dans l’orbite droite... Pour lever tout doute, mes pas me guident vers le grand miroir dans la salle de bain adjacente à la chambre. Ce que je craignais est vrai : mon corps est celui de mon meilleur ami. Je fais face à une foule de questions, d’incompréhensions. Surtout, où est Ferir? S’est-il réveillé à ma place, dans mon corps? Si c’est le cas, je suis ravi que Gaeriel ne soit pas chez moi... Pensant à cela, je reviens vers la chambre, puis remarque plusieurs vêtements au sol. Deux pantalons, deux chemises, deux boxers... J’entends alors du bruit dans la cuisine, ce qui me confirme la pensée qui m’est venue. Shinara est ici.

Cette constatation te fait paniquer. Tu n’as aucune envie de voir le petit ami de ton meilleur ami dans ces conditions. Tu ne songes pas un seul instant qu’il pourrait avoir des réponses, la panique l’emporte sur la raison. Tu réagis à l’instinct.

Le plus discrètement possible, j’ouvre les tiroirs de la commode dans laquelle Ferir y plie ses vêtements. Je ne me soucie guère de ce que j’enfile, tant que mon — plutôt ce — corps est recouvert. Cela fait, je regarde si un portable ne serait pas posé sur une des tables de chevet, mais ce n’est pas le cas. Il n’y a pas non plus le portefeuille de mon ami. Je voudrais fouiller plus longuement, sauf qu’il ne faut pas que j’attire l’attention. Il y a quelqu’un qui peut m’aider. Ce quelqu’un est Kad, ma Alakazam. C’est une chance qu’elle aide ici au refuge. Elle doit déjà avoir commencé les soins aux pensionnaires. Je sais donc où la trouver. Comment m’y rendre pose problème. Je ne maîtrise pas bien ce corps, surtout à cause de la vision. Je n’ai plus l’habitude d’avoir deux yeux. S’il faut que je fasse du bruit dans le corridor vers la porte arrière, Shinara risquerait de l’entendre. En observant la chambre une fois de plus, un plan d’action me vient en tête. Il vaut la peine que je l’essaie puisque mon instinct se trompe rarement. Avec grande précaution, mes doigts déverrouillent la fenêtre, avant de l’ouvrir au maximum. M’y faufiler sans faire de bruit me demande de me contorsionner avec ce corps qui n’est pas le mien, avec ce corps qui a des limites. Et ce qui devait arriver arriva... Me voici tombé tête première dehors dans la verdure autour de la maison, les pieds encore sur le cadrage de la fenêtre. Une position des plus ridicules... Ferir est beaucoup moins athlétique que moi, je le ressens. Juste avec cet effort, mes muscles m’élancent. Je dois vraiment retrouver mon corps, surtout avant que Shinara me trouve. Je ne suis pas sûr que tenter de lui expliquer que le corps qu’il a en face de lui ne contient pas le bon esprit soit une bonne idée...

En effet, tu aimerais éviter qu’il se croie en pleine hallucination à cause de sa schizophrénie. Tu n’es pas aussi à l’aise que Ferir face à cette maladie.

Me relevant rapidement, j’essaie de me rendre jusqu’au refuge un peu plus loin dans la cour. Des étourdissements m’empêchent de bien marcher. Est-ce à cause de ma vision, du fait que j’ai l’habitude qu’elle soit coupée par mon œil en moins? Au moins, je n’ai pas à me déplacer longtemps avant d’arriver à ma destination. Les grandes portes du refuge sont ouvertes et Kad apparaît dans mon champ de vision. Enfin! Kad! Entendre la voix de mon meilleur ami sortir de ma bouche est quelque chose de très déroutant. Ma Alakazam redresse la tête, me regardant en ayant presque un sourire. Les secondes défilent avant que je me rende compte qu’elle ne va pas me parler par télépathie, Ferir ne le tolérant pas. Il faut donc que je lui explique la situation de vive voix. Je ne suis pas Ferir, dis-je en premier lieu. De son côté, elle fronce les sourcils. Ce n’est vraiment pas ce qu’il y a de plus simple à expliquer. C’est moi, Azamir. Je suis prisonnier de son corps. La stupeur passe sur le visage du Pokémon. Évidemment. Je sens qu’elle établit la connexion télépathique et mes mains se portent directement à mes tempes quand elle commence à me parler. C’est une torture, et j’en comprends que ce corps est le problème. Comprendre les mots qu’elle a prononcés m’est impossible. Heureusement, en constatant ma douleur, elle rompt le lien télépathique. Il va falloir que tu m’écrives. Il doit y avoir un papier quelque part. Mon regard navigue dans la pièce, mais Kad sait mieux que moi où tout est rangé. Le crayon à la patte, elle rédige une courte phrase que je lis. « Comment est-ce possible? » Un soupir de désespoir franchit mes lèvres et ma voix prend une intonation similaire. Une intonation que je n’ai jamais, typique de Ferir. Je l’ignore, je pensais que toi tu aurais des pistes à me proposer.

La peur de devoir vivre ainsi te prend aux tripes. Tout, mais pas cela...

Ce n’est pas que la vie de mon meilleur ami n’est pas intéressante, loin de là. Ce refuge est son rêve concrétisé et je me plais à l’aider, quand je le peux. C’est grâce à lui que j’ai pu devenir ranger. Et justement, je veux récupérer ma vie. J’ai pris tant de temps avant de me sortir de mon parcours parsemé d’erreurs, j’ai une petite amie que j’adore, des Pokémon qui sont mes amis... L’idée de vivre la vie d’un autre me rappelle douloureusement que c’était ce que je faisais, en étant convaincu qu’il s’agissait de mon choix. Je n’étais pas libre et me voici prisonnier de nouveau. Pourquoi le destin s’acharne-t-il? Je réalise que je m’étais coupé de la réalité, perdu dans ces pensées, quand ma Alakazam bouge la feuille tout juste devant mon visage. Elle veut que je lise. « Je vais chercher si je ne trouve pas quelque chose qui te ramènerait dans ton corps, mais cela peut être long. » Je ne veux pas que ça soit long, rétorquai-je d’une intonation boudeuse qui ne me caractérise pas du tout. Tout cela me perturbe à un point...

Et tu n’es pas au bout de tes surprises.

Kad sort plusieurs carnets de notes de Ferir puis commence à les survoler. Pour ma part, je ne parviens pas à faire autre chose que la regarder, attendant la suite. Je pourrais m’occuper des pensionnaires du refuge, je le peux. Il y a les notes manuscrites sur chacun d’eux concernant les médicaments qu’ils prennent, la nourriture qu’ils mangent, et plus. Je me sens bloqué, impuissant et ça me rend amorphe. Néanmoins, je réagis d’un son de stupéfaction quand je sens deux bras m’entourer la taille, quand je sens un souffle chaud près de mon oreille. Mon dos se raidit, le cauchemar prend une nouvelle tournure que je ne suis pas prêt à affronter... Chaton, je te trouve enfin. Le ton employé ne laisse aucun doute sur ce qu’il a en tête. D’ailleurs, une de ses mains ne tarde pas à descendre sur ce torse qui n’est pas le mien. Kad!
Un cri désespéré, l’espoir que ça se termine. Que je me réveille enfin.
Azamir Mergar [MP]
Dahlia [RR]
Dahlia [RR]
Anonymous
Dahlia [RR]
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Invité
Sam 6 Juil - 21:37
A lire:
Dahlia est née en Egypte, sur Zephyra, une planète où les dieux des mythologies existent bel et bien et font régner le chaos sur son monde. Pour tenter de les vaincre, les Zephyriens ont mis au point des armures surpuissantes, malheureusement elles ne vinrent pas à bout des dieux. Ces derniers déclenchent à présent des guerres sur tous les pays pour les punir, et se servent de jeunes soldats enrôlés de forces pour livrer leur batailles, recouverts des armures qu’ils ont eux-même crées.

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Ces guerres ont fait naître des sectes, partisans de cette sentence divine, qui enlèvent des enfants pour les former et en faire de parfaits soldats l’heure venue. Le père de Dahlia, Samuel (italien d’origine) est membre de la secte égyptienne et n’a pas hésité à l’arracher aux bras de sa mère à peine née, pour la contraindre à rejoindre la secte et suivre leur entraînement drastique.

Son sommeil était agité. Ce n’était pas une nouveauté, Dahlia avait l’habitude de revoir certaines images qu’elle aurait aimé oublier. Tous ces corps qui l’entouraient, gisant, pour se révéler n’être que le fruit d’une simulation technologique rudement menée pour les préparer à leur funeste destin. Jusqu’à ce que tout cela devienne réel, qu’elle ne puisse plus se rassurer chaque fois qu’elle reprenait pied dans la réalité. Elle s’était faite à ces cauchemars avec les années, ils ne la réveillaient plus. Mais celui-là... Il était différent. Le point de vue n’était plus le sien, les sensations ne lui appartenaient plus. Des voix que Dahlia n’avait jamais entendu s’adressaient à elle. Un terrain totalement inconnu qui la força à ouvrir les yeux brusquement. Un rayon de soleil s’y engouffrant violemment l’accueillit telle une gifle. Le soleil ? Pas par cette fenêtre-ci...

La brune fronça les sourcils en se relevant doucement. Son corps lui semblait plus lourd que la normale, la pièce encore dans la pénombre ne lui disait absolument rien ! La combattante n’était définitivement pas dans sa chambre ! Qu’est-ce qui lui arrivait, c’était la question qui tournait en boucle dans sa tête. Lorsque l’Egyptienne quitta hâtivement le lit, son regard ambré s’arrêta sur ces jambes pâles parsemés de poils blonds.

« C’est quoi ce-...! »

Dahlia ouvrit les rideaux et le paysage qu’elle découvrit lui fit rater un battement. C’était tout bonnement impossible... Le vaisseau-monde leur permettant de voyager entre leur univers, et celui de l’organisation qu’elle avait rejoint avait disparu... Comment, comment pouvait-elle se trouver à fixer le terrain d’entraînement qui avait été durant plus de dix ans son seul terrain de jeu ?! La brune remarqua enfin la porte sur sa droite et s’y dirigea aussi vite que cette enveloppe qu’elle ne maîtrisait pas parfaitement le lui permettait. La salle de bain, la soldat se posta devant le miroir. Le visage qui était à présent le sien, elle aurait souhaité ne plus jamais le revoir. Son regard changea pour afficher une lueur haineuse et dégoûtée. Des cheveux courts et blonds, des yeux bleus qui transperçaient la glace. La sacrifiée n’osa même pas toucher la face de ce géniteur avec lequel elle ne partageait que le nom. Celui qui lui avait volé sa vie sans aucun remord. Se retrouver dans son corps lui donna une nausée qu’elle pu retenir grâce à des heures passées au contrôle des émotions.

« Ok, calme... Doit avoir une explication à cette connerie... »

Si elle retrouvais le responsable de cette mauvaise blague, Dahlia n’était pas certaine qu’elle lui laisserait la vie. Et puis si elle se trouvait dans le corps de son père, alors lui... C’était juste la merde. Sans plus attendre, la jeune femme piqua des vêtements et se prépara à sortir de la chambre, c’était son seul moyen de trouver une solution. L’idée de parcourir de nouveau les couloirs de cette forteresse ne l’enchantait guère et lui serrait l’estomac. Six ans, six ans qu’elle avait quitté cet endroit, cette prison dorée en apparence. Un soupire bruyant lui échappa alors qu’elle ouvrit la porte, tombant nez à nez avec un homme dont le visage ne lui était pas inconnu. Son instructeur. Dahlia eu grand mal à se retenir de fracasser son poing contre sa mâchoire et la sienne, enfin... Bref... Se crispa.

« Je venais vous chercher, on vous attend pour l’évaluation... »

Une évaluation ? L’imposteur qu’elle était tâchait de garder la mine fermée et légèrement hautaine. Heureusement, elle savait parfaitement comment se comportait son père, pour l’avoir vu jouir de son autorité avec une satisfaction horripilante.

« Eh bien je suis prêt, allons-y... » Prononça-t-elle d’une voix froide et grave inhabituelle.

L’instructeur dévisagea son supérieur une seconde et se dit qu’une mauvaise nuit pouvait expliquer ce comportement. L’homme se décala et ouvrit la marche. Dahlia pesta intérieurement, elle n’avait pour l’heure aucun moyen de vaquer à ses recherches. Les phases d’évaluation, celles qui déterminaient si vous alliez avoir quelques heures de répit ou si vous devriez verser quelques gouttes de sueur en plus. La soldat les avait en horreur. Leurs regards impartiaux et inexpressifs vissés sur leur performance plus que sur leur état inquiétant lui revinrent en mémoire. Réaliser qu’elle devrait y assister à la place de son père lui donna une sueur froide. Dahlia serra les poings discrètement alors que par-dessus la balustrade en métal, de jeunes enfants tous alignés tels des militaires se tenaient droit comme des i au centre du gymnase.

Toujours à la suite de son ancien instructeur, la brune descendit les marches. Ses yeux croisèrent les regards des gamins. Elle aussi s’était tenue à cette place une décennie plus tôt. Tantôt vides, tantôt animés d’une haire sans pareille, cet échange eu l’effet d’un poignard pour la combattante. C’était comme revoir un reflet de sa propre personne. Seul un aveugle comme son père pouvait tenir face à ces visages creusés par une maturité précoce. Le pire restait à venir. C’était son père qui avait pour habitude d’annoncer les épreuves qu’ils devront passer. En d’autres termes... Ces mots dont elle avait chaque jour souhaité qu’ils l’étouffent, Dahlia allait devoir les prononcer. La Zephyrienne déglutit alors qu’on lui transmettait un écran de verre où des informations défilaient. La combattante se remémora son intonation, son accent dû à son origine étrangère, sa façon d’énoncer chaque critère. Se fondre dans la peau de cet homme qu’elle haïssait était une lourde épreuve pour la jeune femme.  

« Épreuve d’évaluation n°E457... Simulation, opération offensive, double enveloppement. »

L’épreuve consistait en une percée en territoire ennemi en deux points. Dahlia vit les expressions inquiètes des jeunes lui faisant face. Au-delà de leur regard épuisé, ils ne restaient que des pré-adolescents, le plus jeune semblait avoir douze ans tout au plus. Le système de simulation avait la réputation de plonger dans une immersion totale. Il était tout bonnement impossible de se rappeler du caractère irréel de l’opération, là était toute l’horreur. Car tout ce qu’ils vivaient s’inscrivait sans équivoque dans les recoins de leur psyché. Un nœud se forma dans cette gorge qui n’était pas la sienne. Dahlia n’avait aucune envie de devoir assister à ce massacre. L’avoir vécu lui suffisait amplement. Mais avait-elle le choix...

Des sièges sortirent de trappes circulaires dans le sol du gymnase et les enfants prirent place à contre cœur. Sur les écrans, ils apparurent très vite recouverts d’armures standard, l’atmosphère était celle du chaos. Bâtiment fumant, victimes tentant de fuir, personne ne pourrait douter de la véracité de cette scène. Les enfants étaient divisés en quatre groupes, deux défendant la zone, les autres étant évalués. Les affrontements qui suivirent et la souffrance que subissait ces jeunes sacrifiés pour une cause futile, étaient des visions trop dure à supporter pour Dahlia. Si la jeune femme continuait à fixer ces écrans, elle craignait de perdre son calme et se retrouver dans de beaux draps...

« Je reviens... » S’exprima la voix de son père dans un sifflement que la fille tentait de contenir.

« Mais vous devez pouvoir-...» S’indigna son ancien instructeur.

« J’ai dis que je revenais ! »

Un silence de mort s’installa et les autres instructeurs le dévisagèrent. Voilà, elle s’était emportée. Sans un regard en arrière, la combattante remontait les marches et quittait le gymnase. Il était hors de question qu’elle fasse semblant de se délecter des nouveaux pions qu’ils façonnaient pour ses bourreaux. Dahlia revint dans la chambre de son paternel et retrouva le miroir de la salle d’eau. Elle se jura que la prochaine fois qu’elle croiserait ce regard, ce serait pour le voir s’éteindre définitivement.
Dahlia [RR]
Inej A. Thalys [PE]
Inej A. Thalys [PE]
Anonymous
Inej A. Thalys [PE]
Inej A. Thalys [PE]
Invité
#22 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Inej A. Thalys [PE]
Sam 6 Juil - 21:39
Qui est Inej ?:
Ma petite Inej vit à Ekoe, un forum Pokémon qui s'inscrit dans une époque médiévale. Inej est tout simplement une voleuse, qui vit dans la pauvreté et qui fait ça pour s'en sortir. Elle est un personnage triste dans le fond, mais en apparences elle est très manipulatrice et méfiante. A savoir pour cette histoire : Inej a eu un frère adoptif qui était une sorte de policier à Ekoe, il l'a recueillie petite alors qu'elle mendiait dans la rue et il a failli la sauver de tout ça, mais il est mort un jour de tempête alors qu'ils pêchaient tous les deux sur un bateau. Depuis, Inej s'en veut et elle est régulièrement visitée par son fantôme qui agit comme une sorte de conscience sur sa personne.

Inej A. Thalys

Si j'étais toi.

« If only I could go back when I was me. »



L’impression de flotter dans l’air. De n’avoir ni mains ni pieds, ni haut ni bas. Je ne sais pas où je suis. Je ne sais pas qui je suis. Ce matin je me suis réveillée et j’étais dans ton corps. Ou plutôt, dans ton absence de corps. J’ai toujours cru que ce fantôme que je voyais sans cesse n’était qu’un mirage de mon cerveau, une volonté capricieuse de ma conscience pour ne pas me laisser glisser complètement. Mais maintenant, je ne sais plus. J’ai vingt-deux ans et je ne crois pas aux fantômes. Pourtant j’ai vécu avec un la moitié de ma vie. Et aujourd’hui, j’ai été ce fantôme.

Je me suis toujours demandé ce que ça faisait, d’être toi. Tu étais mon parfait opposé : une personne au cœur généreux mais à l’esprit droit et rationnel. J’ai passé des nuits à t’observer, à me demander ce que j’avais raté dans ma vie pour ne pas partager tes idéaux, ton courage. Je te pensais capable de sauver le monde de la misère et j’aurais tant voulu en faire de même. La vie aurait certainement été meilleure si j’avais péri dans cette tempête à ta place. Un monde sans Inej aurait survécu, mais un monde sans toi… je sais qu’il est plus triste depuis que tu es parti. J’ai pris ton corps et j’ai su ce que c’était vrai : tu avais des doigts fins et de longues mains qui auraient fait de toi un musicien connu, capable d’apaiser avec ses mélodies les esprits les plus tourmentés. Ton corps robuste était parfait pour aider les plus pauvres dans leur dur labeur et ton visage était suffisamment sévère pour empêcher les malfrats d’aller en prison. Tu aurais pu faire tellement de choses. Je le vois mieux, maintenant. Je sais que quand tu m’apparais en fantôme, je ne te regarde plus de peur de ne plus jamais pouvoir contenir mes larmes, mais c’était une erreur. J’ai passé la journée à te contempler et je continuerai à le faire tant que tu voudras bien de moi, même si ton corps a un aspect plus effacé lorsque je suis dans le corps de cette fille aux cheveux d’ébène et au regarde triste. Je m’en fiche. Je regarderais ton ombre s’il le fallait.

J’ai traversé les rues et j’étais invisible aux yeux de tous ; même les miroirs de la ville ne voulaient pas renvoyer mon reflet. Tu n’as jamais aimé être ignoré et pourtant voilà que plus personne ne te regardait. Quelques Pokémon, parfois, au détour d’un chemin, t’observaient avec de grands yeux. C’est là que j’ai su que je n’étais pas complètement folle – ou alors nous l’étions tous et ce n’est pas improbable. Un jour un Polichombr a foncé sur toi et je me souviens encore de ton sourire, de ce moment où tu as compris que, toi aussi, tu étais réel. Suffisamment fort pour apparaître aux yeux d’autres spectres, aussi étranges soient-ils. Je n’en ai croisé aucun, aujourd’hui. J’étais complètement seule. Je n’étais pas assez puissante pour dégager ton aura. Je ne savais pas quoi faire de ce corps qui, insensible au toucher, ne pouvait pas voler.

Où étais-tu parti pendant que je contrôlais ton corps transparent ? Si tu étais dans le mien, j’espère que ça n’a pas été trop difficile pour toi. Mais quelque part, cet échange n’a pas été juste, tu sais ? Il n’a duré qu’un seul jour alors qu’il aurait dû en être ainsi toute la vie. Moi, une âme errante et toi, un homme bien vivant capable de changer le monde.

Qu’est-ce que tu as pu voir, à travers mes yeux ? Avec les tiens mes pensées n’ont jamais été aussi claires. J’ai arrêté de voir le monde en noir et blanc et j’ai aperçu des couleurs pour la première fois depuis longtemps. J’aurais dû m’en douter : la vie pour toi n’était qu’une peinture aux teintes nuancées et tu n’as jamais cru à une vision manichéenne du monde. Mais je pense que tu te trompais. Tu ne m’as jamais vue comme une mauvaise personne alors que c’est exactement ce que je suis. A quoi ça sert de voir le monde en couleurs si tu fais confiance à n’importe qui ? Pourtant, j’aurais aimé ne jamais quitter ton regard. J’ai souri, je crois. Un sourire qui a fait briller tes yeux et qui, je le sais, a révélé tes petites fossettes sur les côtés. Tu souriais tout le temps et tu riais toujours à t’en faire mal à la mâchoire. Je n’avais jamais vu une personne aussi expressive de toute ma vie et j’ai su exactement la tête que j’avais – que tu avais – quand j’ai souri. Alors que mes propres émotions ne se reflètent jamais sur mon visage terne. J’aurais aimé rire aux éclats avec toi.

J’aurais aimé être toi de ton vivant : être une meilleure personne, courageuse, gentille. Mais maintenant je n’ai plus qu’une seule envie, celle d’être toi en fantôme aussi. Je veux te rendre un corps, même si c’est celui d’Inej, car je sais que tu sauras l’animer, la rendre vivante. Car là était tout ton pouvoir : ton enveloppe charnelle n'était pas ton plus bel atout, mais c'était ton esprit. Tes gestes, tes mots. Tu savais toujours quoi dire, toujours quoi faire. J'ai eu beau maîtriser ce qu'il restait de ton corps aujourd'hui, je n'aurais jamais pu être toi. Tu étais unique, la meilleure personne au monde, et je n'étais qu'une voleuse avec l'apparence d'un Dieu. Encore et toujours une voleuse.

Mais si seulement j’étais toi, tout toi, rien que toi...

Inej A. Thalys [PE]
Damian Taylor [RE]
Damian Taylor [RE]
Anonymous
Damian Taylor [RE]
Damian Taylor [RE]
Invité
#23 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Damian Taylor [RE]
Sam 6 Juil - 22:48
Damian Taylor pour Reload

Avant de lire ~:
Coucou tout le monde !  Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 2244379341

Je suis absolument ravie de participer à cet interforum, surtout étant donné que c’est mon tout premier !
Je tenais à mettre une petite note à propos du contexte, qui me semble nécessaire pour tout comprendre ~

James et Damian sont des trentenaires qui se sont connus et aimés dès leurs années au lycée. Douloureusement séparés par la vie, ils n'ont pu vivre complètement leur idylle. Tandis que Damian doit s'occuper de sa famille en Espagne, James, resté en Angleterre, péri au cours d'un incendie mais il ressuscite doté du pouvoir d'animer les objets. Son corps reste marqué par les stigmates de cette terrible agonie au coeur des flammes. Dix ans se sont passés, sans qu’ils échangent un mot, et Damian retrouve enfin James en rentrant en Angleterre.

En bonus, voici les deux personnages :3

Damian
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James
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Bonne lecture o/

Et si j'étais toi

1493 mots

Une sonnerie de réveil me sort de ma torpeur, alors que je suis certain de ne pas travailler aujourd’hui. Je ne suis d’ailleurs pas familier avec cette musique. J’écrase mon téléphone pour l’éteindre. Cette sensation de faiblesse, de fragilité… Est-elle dû à ma journée d’hier ? A nos retrouvailles avec James ? Dix ans… Dix ans que nous ne nous étions vu et, même si ça ne s’est pas terminé comme dans mes rêves les plus fous, il m’a laissé m’expliquer. Il m’a laissé ma chance, et je compte bien tout faire pour me rattraper et retrouver notre relation de l'époque. J’ouvre doucement les yeux, mais je suis dans le flou total. Et ce n’est pas une façon de parler, malheureusement. Je ne vois rien, et ce n’est absolument pas normal. Je lève ma main pour la placer devant mes yeux. Je n’ai pas bu hier, alors pourquoi ? Je tourne la tête et remarque que quelque chose d’autre ne va pas. Les murs de mon appartement sont plutôt sombres, hors là, tout est clair. Je ne suis pas chez moi. C’est quoi ce délire ?

Alors que je tapote la table de chevet à la recherche de mon téléphone, j’ai l’impression d’entendre une voix qui chuchote. « Plus à gauche ! », « Non, moins ! ». Je suis les instructions et mes doigts heurtent des… Lunettes ? J’ai peur de comprendre. Je les attrape, me redresse et les chausse. Le monde autour de moi se transforme, les murs et les objets se dessinent. J’observe mon corps, bien chétif par rapport à ce dont j’ai l’habitude. Ce n’est pas moi. Et ce corps, je le reconnaitrais entre milles, malgré les stigmates qui l’ornent désormais. James. Je suis dans le corps de James. Je retire la couverture brusquement et me lève rapidement pour filer dans la salle de bain. Cependant, c’est plus dans un parcours du combattant que je me lance. Malgré les lunettes, je percute le mur à côté du lit et de nombreux meubles. Le miroir, enfin atteint, me confirme mes soupçons. Ce visage est celui que j’aime tant, qui me rend si accro et pour qui je me damnerais sans hésiter. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Est-ce que je rêve ? Je touche sa joue, la mienne au moment présent. Je l’ai tellement caressé, j’en connais chaque millimètre.

Je suis James. J’ai envie de me prendre dans mes bras. Alors que je l’ai quitté à contre-coeur hier soir, j’ai la chance de pouvoir être on ne peut plus près de lui à nouveau. J’en suis tellement heureux que je pourrais en pleurer. J’ai retenu mes larmes tant bien que mal la veille mais maintenant que je suis seul... Cependant, je ne supporte pas de voir l’homme que j’aime pleurer, je me retiens donc. Mes doigts s’attardent sur son torse, que je sais être marqué à vie par ma faute. Se sentir coupable est vraiment un des pires sentiments au monde. Je sors de la salle de bain et regarde autour de moi. J’enlève et remet mes lunettes. Sa vue est vraiment exécrable, le pauvre.

Bon, essayons de redevenir maître de la situation. Quand bien même ce n’est sûrement qu’un rêve, je compte bien prendre soin du corps de l’amour de ma vie et répondre à ses obligations. Si son réveil a sonné, je suppose que je dois me préparer pour aller à la librairie où il travaille. Si je suis dans son corps, je me dois aussi de respecter son caractère raisonnable, et ne pas me laisser aller à mes travers habituels. Je l’aime tellement, mon monde ne tourne qu'autour de lui et j’ai bien du mal à organiser mes pensées. Il m'est si désirable… J’enfile rapidement une chemise, histoire de passer à autre chose. Il ne manquerait plus que je reste à le regarder toute la journée, ce dont je suis, en soit, parfaitement capable. Une fois prêt, j’expédie le petit-déjeuner, même si mon estomac ne réclame rien. Il faut qu’il mange, il est bien trop maigre. Hors de question que je le laisse continuer à dépérir alors que je viens enfin de le retrouver. J’attrape ensuite sa canne dans l’entrée et, après une respiration de motivation, je sors de l’appartement.

Marcher est une véritable épreuve. Je veux d’autant plus être là à chaque instant pour le guider, l’aider. Après être enfin arrivé à la librairie, non sans mal, je suis salué par un vieil homme. Il doit sans doute être le propriétaire de la boutique pour qui James travaille. Ma façon de lui répondre semble le satisfaire car il retourne immédiatement à ses occupations. Dix ans d’absence et James est toujours l’homme dont je suis tombé amoureux. Je n’ai visiblement rien oublié de son attitude et de ses mimiques. Je vais poser mon manteau et, à contre-coeur, ma canne, pour aller me perdre dans les allées d’étagères remplis de vieux bouquins. Je ne sais pas quoi faire d’autre que ranger les livres, alors je m’y attelle immédiatement. Je me perd dans les titres et les noms d’auteurs, tandis que j’entend quelqu’un me saluer. Je répond sans trouver l'interlocuteur.

- Dans tes mains James, enfin, à quoi tu joues ?

Je regarde le livre avec de grands yeux. Je rêve ou ce livre vient de me parler, comme si tout était normal ? Oui, je n’ai plus de doutes, tout ça est bien irréel. Bientôt, plusieurs livres se mettent à me dire bonjour et à entamer la conversation entre eux. C’est quoi ce… Certains changent de place, d’étagères, se mélangeant et annulant tout le travail que je viens d'effectuer.

- Nan mais vous plaisantez là !

Je m’exclame trop fort car le patron vient me voir pour s’assurer que tout va bien. Evidemment, les livres se taisent subitement. Dès que le vieil homme s’éloigne, ils reprennent leurs conversations. Je m’exprime, cette fois-ci en chuchotant.

- Bon, ça suffit. Vous retournez tous à vos places et vous y restez.

Ma journée continue, les livres me parlent à nouveau, mais j’essaye cette fois-ci d’en faire mes amis, tout en les dirigeants d’une main de fer. Ils veulent bouger ? Parfait, qu’ils le fassent utilement ! Je finis même par trouver ça drôle.

- Il t’est arrivé un truc James ? D’habitude, tu nous laisses te raconter nos histoires et tu nous racontes les tiennes !

Oh. Très intéressant ça. Extrêmement intéressant même. Je m’assois, face à la longue conversation qui m’attend mais que j’ai hâte d’entamer.

- D’accord, vous l’aurez voulu. Petit test ! De quoi vous rappelez-vous de mon histoire ?

Ravis d’être questionnés et surtout, d’avoir un public, chacun y va de son commentaire, me racontant tout plein d’anecdotes sur mon bien-aimé. Tout ce que j’ai raté, ils sont en train de me le raconter. Tout ce que leur a confié James, je suis en train de l’entendre. Je culpabilise, dans le sens où j’ai l’impression de lire son journal intime, mais j’ai besoin de savoir tout ce que j’ai manqué, pour mieux le rattraper. Même si au fond, je reste persuadé que tout ceci n'est qu'un rêve, cela m’offre une motivation nouvelle et je les écoute attentivement.

Le gérant vient me demander quelque chose avant la fin de mon service, et je suis obligé de poser brusquement ma main sur le livre qui me parle pour qu’il se taise . Je ris nerveusement, espérant qu’il ne remarquerait rien à la situation. De vraies pipelettes, c’est pas possible ! J’en ai oublié l’heure.  

Tandis que je pars de la librairie, je me sens pris d’une irrésistible envie de voir James, de lui parler. Je m’assois sur le canapé à peine son appartement regagné. Outre le côté complètement farfelu des livres qui parlent, ce fut une journée très instructive. J’ai appris tout plein d’informations sur la vie que mène désormais mon ancien amant. Je m’en veux tellement. Si seulement je n’étais pas parti… Mais j’ai plus d’un tour dans mon sac. Je vais tout faire pour reconquérir le coeur de mon premier et dernier amour. En attendant, je profite une dernière fois du miroir dans la salle de bain pour admirer son visage. J’ai terriblement envie de l’embrasser. J’ai envie d’être contre lui et de ne rien faire d’autre que profiter de sa présence à mes côtés, lui qui m’a tant manqué. J’ai hâte de me réveiller et de le retrouver.

DEV NERD GIRL

Damian Taylor [RE]
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Sam 6 Juil - 22:56
Jihyeon pour Four Seasons

A savoir:
Je suis la joueuse de Kuma, un loup faisant partie du conseil de la guilde des LibresLunes. Ces derniers font en sorte de maintenir la paix entre les quatre clans qui dominent le forum. Lors d'un évènement passé, ils se sont vus attaquer par les NuitsTernes, menés par Nachtgewalt - ancien LibreLune rancunier à souhait, dont la mémoire n'avait pas bien été effacée lors de son départ de la guilde.

Pour vous permettre de comprendre les différences physiques, voici leurs designs respectifs :

Kuma:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 180916101807182691

Nachtgewalt:
Épreuve 4 ;;  Si j'étais toi 12qx


Si j'étais toi
Quand Kuma se réveille dans la peau de Nachtgewalt
Le réveil avait été compliqué ce matin là pour le loup blanc, il avait passé une des pires nuits de sa vie. Le sommeil ne voulait pas venir à lui au départ, et quand il avait enfin trouvé le moyen de s'endormir, l'un de ses fils avait eu la bonne idée de s'attaquer à ses oreilles pour jouer. Suite à cette interruption, il lui fallut encore beaucoup de temps avant de se rendormir pour de bon. Mais, à son grand dam, s'il n'était pas éveillé, son corps lui faisait ressentir d'atroces douleurs qui semblaient sorties de nulle part. Enfin sorti de cette tourmente nocturne, ses yeux se posèrent sur ses pattes qui n'avaient rien d'habituel.

Au lieu d'être fines et claires, il se trouvait avec deux masses noires et déformées, pourvues de griffes si longues qu'il lui semblait impossible qu'un loup puisse se déplacer avec. Inquiet de ce qui lui arrivait, le LibreLune se leva en sursaut ce qui réveilla des douleurs un peu partout dans son corps, lui arrachant une grimace. Son épaule droite ne lui causait pourtant plus aucun trouble, encore une preuve que quelque chose n'allait pas ce matin. Son regard scruta finalement le lieu dans lequel il se trouvait : une caverne sombre, mais plus étrange encore que ce lieu, la solitude qui l'accompagnait. Rien à voir avec la veille puisqu'il s'était couché auprès de sa famille dans une tanière hivernale plutôt lumineuse.

Toujours inquiet, mais habité par une forte curiosité, le blanc se dirigea vers la sortie de son abris. Lorsqu'il pointa son museau dehors, il se sentit perdu au beau milieu de nulle part. Rien autour de cette grotte ne lui semblait familier, il n'avait jamais mis volontairement les pattes dans ces terres. Autre fait qui ne lui était pas apparu tout de suite : ses deux yeux fonctionnaient parfaitement, chose qui n'était quasiment jamais arrivée au cours de sa vie.

Toutes ses modifications dans sa vie n'avaient rien de normal et sans doute rien de naturel non plus. Bien décidé à en apprendre plus, le loup prit la direction du lac qu'il avait vu en contre-bas. Son reflet ne pouvait pas lui appartenir, c'était impossible et il voulait en avoir la confirmation.

La démarche qu'il arborait n'était pas plus naturelle que tout le reste des évènements qui lui arrivaient jusqu'à présent, et il fut heureux d'enfin pouvoir s'arrêter. L'étendue d'eau se trouvait face à lui, son cœur était partagé entre la curiosité et la peur de découvrir la réalité, mais il ne pouvait plus reculer, plus maintenant. Alors, il planta ses pattes avant au bord du lac et se pencha pour voir apparaître un reflet. Celui de Nachgewalt. Horrifié, le LibreLune se recula aussi vite qu'il le put, il ne pouvait pas y croire et pourtant il ne pouvait le nier : il était dans le corps de son pire ennemi. « M-mais... comment c'est possible un truc pareil ? » marmonnait-il en fixant les griffes aiguisées qu'il avait dû affronter quelques mois plus tôt.

Impossible pour le blanc de rester plus longtemps ainsi, il devait trouver comment récupérer son propre corps. Surtout que si lui était dans le corps du corbeau, ce dernier risquait d'avoir pris place auprès de sa famille. Dans le corps du blanc il pourrait s'infiltrer sans mal dans la guilde pour y semer la destruction. Il lui suffisait juste de briser les chaînes qui retenait la puissance de son pouvoir... Kuma avait tant d'idées terribles qui fusaient dans sa tête. Il avait beau se retrouver avec une carcasse abîmée, il se jeta à toute allure dans la direction qui lui semblait la plus probable pour rejoindre le phare.

Il avançait rapidement, mais sans grandes certitudes quant à sa trajectoire. Le territoire qui abritait le noir semblait si éloigné du reste de Four Seasons, pas étonnant que personne n'ait remis la patte dessus après sa disparition. Lorsque ses foulées le rapprochèrent enfin d'un endroit qui lui semblait familier, un loup surgit des fourrés et l'attaqua sans crier gare. Le mâle avait beau crier qu'il n'était pas le corbeau, comment pouvait-on le croire alors qu'il en avait le corps et la voix ? Aucun autre choix ne s'offrait à lui que la fuite, option qu'il choisit rapidement pour éviter une mort certaine.

Le LibreLune avait traversé déjà pas mal de territoires appartenant aux différents clans, sans aucun succès. Chaque fois qu'il croisait un autre canidé, soit celui-ci prenait peur, soit il l'agressait dans l'espoir de ramener sa tête sur un pieux pour fanfaronner devant son Alpha. Aucun d'eux ne voulaient l'écouter, de toute façon même s'ils en avaient eu envie, ils ne l'auraient pas cru. Alors, triste et désemparé de ces aventures, le blanc décida de ne pas se montrer à la guilde. Il avait essayé toute la journée d'entrer en contact avec Oropher*, en vain. Cela signifiait que même s'il pointait sa truffe auprès de ses amis, aucun d'eux ne le verraient comme tel, et il n'aurait aucune preuve de sa véritable identité. Il était clairement dans une impasse.

Ne pouvant plus rien tenter d'efficace pour la journée, Kuma prit la décision de se trouver une nouvelle tanière où s'abriter - enfin se cacher plus exactement - des autres. Il s'allongea, songeant à la vie qu'il aurait à mener s'il ne trouvait pas de solution. Devrait-il réellement se cacher éternellement des claniques ? Restait-il quelques alliés au corbeau ? Le blanc ne se sentait pas vraiment empathique vis à vis de son ennemi, du moins il ne voulait pas l'admettre. Une vie si vide de sens, entouré uniquement de haine et de rancœur, le pacifiste n'était pas suffisamment dure pour y être insensible. Lui qui luttait chaque jour que le monde faisait pour que la paix se maintienne, était bien incapable de souhaiter tant de malheur à un de ses congénères. Cependant, il refusait de plier face à cet agresseur potentiel et plus encore que la guilde, il ne comptait pas lui céder sa famille si facilement.

Après ces quelques réflexions sur la vie de Nachtgewalt, prenant en compte aussi bien son passé au sein de la meute en tant que mentor d'Asha, que son passé de loup libre et dangereux, la lune avait fini par montrer l'une de ses faces. Il était donc temps de se laisser gagner par les bras de Morphée et étrangement, cette nuit là le blanc n'eut aucun mal à trouver le sommeil.

***

Une légère pression se fit sentir sur son épaule, le tirant de ses derniers instants de repos avant une lourde journée de recherche... une pression sur son épaule ?! Ouvrant de grands yeux, une petite frimousse grise lui faisait face. Il s'agissait de Tym, l'un de ses fils qui l'avait réveillé puisque tout le monde était déjà debout. Kuma était perdu, il se souvenait pourtant s'être couché dans la peau du corbeau, seul au fond d'une grotte et le voilà à présent auprès de sa marmaille ? Il secoua la tête, puis fit le tour du propriétaire, apercevant un à un ses quatre loupiots, puis son bien-aimé. Tout cela n'avait donc été qu'un rêve ? Ça lui avait paru beaucoup trop réaliste pour n'être qu'un rêve, mais puisqu'il avait retrouvé ses propres pattes, ses chaînes, son œil aveugle et sa petite troupe, rien ne pouvait lui faire plus plaisir que d'être à nouveau lui. Il se leva avec un entrain certain, avant d'adresser une tendre étreinte à chacun des êtres présents dans la tanière, bien trop heureux qu'ils soient tous saufs.
© FRIMELDA


* Oropher est le membre le plus ancien de la guilde, mais aussi le plus "haut placé" dans le conseil. Il peut communiqué avec absolument tous les membres de la guilde par télépathie.
Jihyeon
Gabriel (Tasty Tales)
Gabriel (Tasty Tales)
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Gabriel (Tasty Tales)
Gabriel (Tasty Tales)
Invité
#25 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
Gabriel (Tasty Tales)
Sam 6 Juil - 23:08

// Gabriel d. langenberg (tasty tales)

survole l'image pour passer de Gabriel à Cal!
GABRIEL // 19 ans // néerlandais // lâche, prend des décisions sur le court terme, bien intentionné, observateur // s’est échappé de son père pour aller sur l’île de Summerbridge // Cesarina, jeune femme puissante et influente, le protège en l’échange de l’utilisation de son pouvoir // S’est retrouvé placé sous la tutelle de Cal, un ex-militaire de 29 ans également au service de Cesarina, par celle-ci.

COPYCAT // Le don de Gabriel, lui permettant de se transformer en une personne qu’il a touché une minute auparavant.



C’est le bruit des voitures à sa fenêtre qui le réveille de son profond sommeil. Gabriel s’étire, se demandant pourquoi il ne sent pas son oreiller habituel contre sa tête. Il se dit que c’est sans doute un coup de son colocataire, d’une manière ou d’une autre, encore.

Lorsqu’il se relève pour s’adosser au mur, un grognement échappe ses lèvres. Il a mal, et pas mal n’importe où. Le jeune homme sent des courbatures le long de sa colonne vertébrale, un mal de tête à presque s’évanouir et une sensation de fatigue.  Une vilaine grippe, on dirait - Tiens, c’est presque comme quand il utilise son don.

Attendez, c’est exactement comme quand il utilise son don.

Alors il fait ce qu’il fait à chaque fois qu’il se métamorphose avec son pouvoir. Il racle le fond de sa gorge, remarquant soudainement son besoin désespéré de boire. Tant pis, ça attendra un peu. Puis enfin, il ouvre la bouche.

« Ah-- Ah? Cal? Hein?! »

Gabriel regarde à gauche et à droite- Non, pas de doute, c’est la voix de Cal qui est sortie de sa bouche, son ange gardien improvisé et mentor. Il s’est transformé en Cal. Cal. Super. Ce n’est pas une situation si inhabituelle, pour le jeune homme, de se transformer en quelqu’un d’autre. Loin de là, c’est même son don et probablement la seule raison pour laquelle il est utile à qui que ce soit. Non, ce qui est beaucoup plus inhabituel, en revanche, c’est de se réveiller dans la peau d’un autre. Gabriel, habituellement, touche quelqu’un afin de lui voler son apparence. En somme, le fait qu’il soit là, dans la peau de son tuteur, chez lui, c’est tout sauf  normal. Il lâche un soupir et passe sa main dans ses cheveux maintenant blancs.

Il n’a même pas aimé Your Name, en plus.

Le métamorphe se lève avec difficulté. En plus d’être inhabituelle, sa transformation est bien plus douloureuse que ce à quoi il est normalement habitué. Il ajoute ça à sa liste mentale des raisons pour lesquelles il déteste son pouvoir.
Ses yeux observent et tentent d’assimiler tous les éléments autour de lui. Pas grand chose, finalement, ce qui déçoit un peu son esprit observateur. Il y remarque plusieurs armes - dont ce qui ressemble à un sniper. Ses doigts - ou plutôt, ceux de Cal - effleurent le viseur de l’arme machinalement. Il a été souvent utilisé. Forcément. Le jeune homme en frissonne presque.

Ce qui le fait vraiment tressaillir, par contre, c’est le bruit de la porte qui s’ouvre derrière lui.

« Tu t’es levé bien tard. »

Il reconnaît la voix. Cesarina - Leur patronne. Celle qui leur procure sécurité, mais également celle qui héberge Cal. C’est le dernier aspect qui inquiète tout particulièrement Gabriel. Il sait qu’elle est là, dans son dos, à attendre une réponse - une excuse ? - de sa part. Enfin, de la part de Cal. Vous m’avez compris. C’est compliqué les métamorphoses.

Gabriel est, fort heureusement, habitué à ce genre de situations bien que légèrement déboussolé. Il se retourne vers elle, passant son poids d’une jambe à l’autre,  faisant tout pour rester mobile. Cal ne tient jamais sur place, c’est ce qu’il avait remarqué lors de leur première rencontre.

« Désolé. Je n’ai pas entendu mon alarme. »

Il la voit lever un sourcil. Aïe. Fort heureusement, elle ne le questionne pas plus, faisant à la place demi-tour sans poursuivre son interrogatoire. Le jeune homme en profite pour fermer la porte, observant son environnement.

Bon, habituellement, son don s’annule si l’une des conditions suivantes est respectée: la première étant un espacement supérieur à un kilomètre avec la personne dont il a copié l’apparence. Sauf que là, aucune idée de l'emplacement du vrai Cal. Une autre possibilité serait d’attendre que Gabriel se fatigue suffisamment pour qu’il s’évanouisse et retrouve son apparence normale; pour ça, encore fallait-il qu’il réussisse à sortir de l’immeuble sans se faire interpeller et trouve un endroit où il serait tranquille.

Il grimace. La dernière option serait que Cal voit Gabriel - en somme, se voit. Mais là encore, les répercussions l’effraie un peu trop.

Du coup, en attendant de trouver une quelconque solution, il retourne observer l’arme qu’il avait vu tout à l’heure. La passivité, y’a rien de mieux. Le métamorphe la prend dans ses mains, la tourne un peu, prenant temps d’en admirer chaque détail, chaque trace d’usure. Est-ce que ça va l’avancer? Non. Est-ce qu’il panique intérieurement et qu’il veut se distraire? Oui. Quelques minutes s’écoulent, comme ça, dans le plus grand silence.

Silence peu à peu rempli par l’idée qu’il est totalement foutu. Son don lui échappe totalement, il ne sait pas pourquoi il est là ni comment - et encore moins comment s'en sortir. Il entend presque les problèmes toquer à sa porte.

Attendez.

On toque vraiment à sa porte. Gabriel n’a pas le temps d’ouvrir que devant lui se tiennent deux corps. L’arme à feu est toujours dans ses mains. Son coeur s’accélère. Puis tout à coup, il voit une forme blanchâtre s’avancer vers lui. Non, foncer vers lui. Il est plaqué contre le mur, l’arme sort de sa prise et tombe sur le sol avec un bruit sourd. La crosse tape contre son crâne, et tout devient noir.



Quand Gabriel se réveille pour la deuxième fois de la journée, il passe une main sur sa tête endolorie. Au passage, il remarque la couleur de sa peau, la forme de sa main; c’est la sienne.  Un soupir de soulagement quitte ses lèvres. Il a retrouvé son apparence - la sienne. Le corps frêle qu’il connaît, sa vue, ses sens -

Il entend quelqu’un tousser.

Son regard se redirige du plafond au mur en face de lui où il voit Cal et Cesarina le fixer. A leur droite, le fusil que Gabriel - enfin, Cal..  enfin, vous avez compris - tenait entre les mains il y a quelques temps. Quelques minutes, quelques heures, il n’en sait rien - trop sonné pour savoir combien de temps s’est écoulé.

Aïe.

Ils sont là, devant lui, prêts à le questionner. Vu le regard de Cal, probablement prêts à l’assommer une deuxième fois, si jamais. Au cas-où. Remarque, s'il était lui, il ferait sans doute la même chose.

Gabriel se frotte la tête.

« ..  Me demandez pas, je sais pas non plus. »


(c) Loki // 1116 mots
Gabriel (Tasty Tales)
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#26 —Re: Épreuve 4 ;; Si j'étais toi
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