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Épreuve 5 ;; A celui que j'étais

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Nachtgewalt [FS]
Nachtgewalt [FS]
Anonymous
Nachtgewalt [FS]
Nachtgewalt [FS]
Invité
Dim 7 Juil - 23:00
Nachtgewalt et Four Seasons:

Four Seasons est le monde incontesté des loups, les clans se battant pour faire dominer la saison qui est la leur. Un groupe de loups pacifiques s'est opposé à cette guerre : la Guilde des Libres-Lunes.

Nachtgewalt, dit Nacht, est un renégat de cette Guilde, qu'il a quitté à la mort de sa femme et de sa fille. Il s'agit d'un loup très puissant, capable d'exaucer les souhaits, mais subissant de cruelles malédictions s'il tente d'utiliser ce pouvoir pour tuer. C'est pour cela que Nacht a désormais une apparence proche du corbeau. Il est devenu ennemi numéro un de Four Seasons en tentant d'éradiquer la Guilde, qu'il tient responsable pour le meurtre de sa famille, mais a échoué dans sa petite guerre. En représaille, Nacht a enlevé l'un des princes automnaux, Dyani, pour briser le moral de l'alpha de l'Automne qui s'était opposé à lui. Depuis, il élève Dyani à l'abri des regards.

Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 Ybp5

NOTE: J'ai pris l'habitude de jouer Nachtgewalt en humain durant les Interforums. Pour rester fidèle à cette tradition, ce sera donc le cas ici.
1300 mots


***

"Puisque tu peux exaucer les vœux, est-ce que tu peux remonter dans le temps ?"

Dyani fixait Nachtgewalt en prononçant ces mots, ses mèches bouclées dissimulant à peine l'intensité de son regard. Nacht cilla, pris au dépourvu par la question du gamin.

-Non, je ne peux pas, répondit-il brusquement.

-Même pas dans ton propre passé ? répliqua l'enfant avec une obstination juvénile.

-Non. Et pourquoi est-ce que je ferais ça ? rétorqua Nacht, agacé.

Il le toisa froidement. Les deux être étaient attablés, leur repas encore fumant devant eux. C'était une tablée austère, aussi fade que le plat que Nacht avait cuisiné sans grand talent. Le démon noir n'était pas doué avec la cuisine, ni avec les enfants d'ailleurs.

-Pour parler avec ton Toi du passé ! poursuivit Dyani sur le ton de l'évidence. Tu n'en as pas envie ?

Nacht resta silencieux, méditant malgré lui cette réponse. Est-ce qu'il en aurait envie ? Qu'aurait-il à dire à un "soi" du passé ? Et à quelle époque ? Nacht se rappelait chaque détail du château qui l'avait vu naitre, chaque couleur des tableaux qui inondaient les couloirs, chaque grain de poussière de sa chambre. Il se rappelait son lit, sur lequel il se plaçait pour s'entrainer avec sa magie. Il se souvenait également de son apparence d'antan, lorsqu'il n'avait pas ce visage déformé qu'il dissimulait derrière un masque de corbeau en ivoire. A l'époque, les serviteurs s'accordaient pour lui trouver un joli minois, ses cheveux noirs de jais encadrant un visage où deux billes bleues brillaient. C'était une apparence bien éloignée de celle actuelle du Corbeau, ses yeux n'étant plus que deux éclats de miroir suspendus au milieu d'un masque blanc.

Nacht s'imagina s'avançant au milieu de sa chambre, surprenant une version miniature de lui-même qui lui jeta un regard circonspect.

-Qui êtes-vous ? demanda Petit Nacht. Comment êtes-vous entré ici ?

Cette version là de lui-même ne devait pas avoir plus de huit ans, mais sa maturité était déjà le fruit d'une éducation stricte et sévère. Nachtgewalt ne fut pas surpris de ne pas être reconnu : il n'avait plus rien en commun avec cet enfant, et cela depuis longtemps.

-Je suis Nachtgewalt, répondit-il simplement, son habituel sourire découvrant ses crocs trop nombreux en une cauchemardesque grimace. Et toi ?

-Sternenklarnacht, répondit l'autre avec méfiance.

Nacht n'avait pas entendu ce nom depuis longtemps. Il avait cessé de le porter quand il avait quitté la Guilde.

Quand il avait tué le meurtrier de sa famille.

Le Corbeau fit un pas vers l'enfant, et ce dernier eut un mouvement de recul. Il essayait de paraitre calme, mais il avait peur de cette silhouette noire qui lui faisait face. Nacht n'en fut pas surpris non plus.

-Je suis de ta famille, extrapola-t-il pour le rassurer. Warheit m'a demandé de venir te parler, nos destins sont très...Similaires, dirons nous. Nous avons les mêmes pouvoirs. Le même but.

Petit Nacht observa le démon noir avec circonspection, mais en entendant le nom de sa mère il s'était détendu. Grand Nacht savait qu'il s'agissait simplement d'une apparence, il ne releva cependant pas.

-Vous avez les mêmes pouvoirs que moi mais Père ne vous a pas tué lors de votre quinzième anniversaire ? demanda alors l'enfant à mi-voix.

Le Corbeau se raidit.

-Il a essayé, mais j'ai fui, répondit-il en serrant les crocs.

Il n'avait pas parlé de ce passé depuis des siècles, et le faire ne laissait qu'un arrière goût de haine et de mépris à ses pensées. Sternenklarnacht écarquilla les yeux, stupéfait, et se leva de son lit pour venir se placer face au démon noir. Les deux Nacht se fixèrent, deux faces d'une même pièce s'observant avec un mélange de fascination et de crainte, deux étincelles de temps écartant le voile de leur propre déni.

-C'est pour cela que vous portez le masque ? murmura l'enfant. Pour cacher ce qu'il vous a fait ? Il vous a maudit ?

Nacht gloussa avec amertume.

-Il n'en a pas eu besoin, je me suis très bien débrouillé tout seul pour ça.

La nuit était noire à travers la fenêtre. Nacht ne se rappelait pas l'avoir déjà aperçue si obscure, mais après tout, les souvenirs prennent des teintes grises lorsqu'ils s'empêtrent dans la mélasse de l'oubli.

-Qu'est-ce que vous avez fait...? demanda Petit Nacht après une hésitation.

-J'ai tué. Torturé. J'ai fait la guerre et je l'ai perdue.

Le regard lumineux du Corbeau se fit ardent tandis qu'il susurrait avec un sourire plein de sous-entendus :

-Est-ce que tu as peur que cela t'arrive ?

-Cela ne m'arrivera pas, rétorqua avec insolence le gamin. Je suis meilleur que ça. Je ne veux pas m'abaisser au niveau de mon père.

Nachtgewalt reçut cette réponse comme un couteau entre les côtes, la lame glaciale s'enfonçant dans le cuir épais de son vécu, et son sourire se fana en une fraction de secondes. Il se rapprocha de l'enfant, le regard soudain furieux, et le gamin recula contre le lit pour fuir l'aura de menace qui se dégageait de son interlocuteur.

-Tu ne sais pas de quoi tu parles, siffla Nacht avec colère. Tu n'es encore qu'un gosse : tu n'as jamais aimé, tu n'as jamais vécu un deuil, tu n'as jamais haï.

-Je hais mon père ! protesta violemment Sternenklarnacht, les flammes de son regard faisant écho à la peur qui tiraillait ses traits.

Nacht gloussa d'un air mauvais et pointa une serre accusatrice vers le gamin. Il se pencha pour se mettre à sa hauteur, son sourire hésitant entre railleries et amertume.

-Tes haines puériles sont exactement ce qui m'a conduit à devenir le monstre que je suis. Si tu as avais eu un peu de cran, c'est à ta mère que tu te serais opposé, et ton père n'aurait plus eu aucun pouvoir sur toi.

-Et si tu avais eu un peu plus de cran, tu aurais pu sauver ta femme et ta fille, Nachtgewalt ! rétorqua le gamin avec virulence.

Le Corbeau tressaillit. Les souvenirs s'emmêlaient, et il ne parvenait plus à se raccrocher à l'image de l'innocent Petit Nacht. A travers la bouche de l'enfant, c'était la Haine qui s'exprimait, celle qui suivait chacun des pas de Nachtgewalt, celle qui poissait sa mémoire, empoisonnait ses rêves et noircissait ses pensées.

-Et si tu n'étais pas devenu aussi faible, reprit la Haine par la bouche de l'enfant, Tu aurais déjà mis tes ennemis à genoux. Tu aurais déjà détruit la Guilde, tu ne te serais pas contenté d'enlever l'un des princes automnaux en représailles ! La vérité, tu la connais...

- *Halt's Maul ! gronda Nachtgewalt.

"La vérité, c'est que tu es devenu exactement tout ce que enfant tu méprisais."

- HALT'S MAUL ! cria Nachtgewalt.

Le souvenir se dissipa et Nacht revint à lui quand il se rendit compte qu'il venait de crier sur Dyani, lequel le regardait avec crainte. Les bribes de rêveries persistèrent quelques instants dans l'esprit du Corbeau qui haletait, la haine et le désarroi nouant ses tripes en un nœud douloureux. Il cilla quelques instants, puis décrispa ses doigts de la table. Devant lui, la viande était froide. Toujours aussi terne.

-Mange, Dyani, déclara alors Nacht pour rompre le silence qui commençait à s'installer.

Encore embrumé dans ses pensées, il ne remarqua pas que l'enfant avait déjà fini de manger, mais il ne vint pas à l'idée de Dyani de le lui faire remarquer.

Il avait appris à rester silencieux lors des accès de haine de l'homme qui lui servait de père.

*Traductions allemandes:
Halt's Maul = Ferme-la
Nachtgewalt [FS]
Lyra Wainwright[PaB]
Lyra Wainwright[PaB]
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Lyra Wainwright[PaB]
Lyra Wainwright[PaB]
Invité
#27 —Re: Épreuve 5 ;; A celui que j'étais
Lyra Wainwright[PaB]
Dim 7 Juil - 23:36

Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 Tumblr_pt5a4rXq1w1y7gnino4_400

A celle que j'étais

C'était comme si le temps s'était arrêté.
Ce n'était qu'une petite explosion, à cause d'un nécromancien trop téméraire pour se rendre compte des risques que sa préparation encourait.
Mais les explosions, Lyra, elle les avait en horreur.

Peu importe le bruit, l'ampleur de la détonation. L'angoisse la tenait à la poitrine et la désarmait de tout ses repères.
Il n'y avait plus de son, plus d'images durant quelques instants. Elle était prisonnière au milieu du vide, au milieu de rien, et tout ce qu'elle pouvait encore faire c'était vivre par ses pensées.
Vivre...
C'était un mot qu'elle n'avait plus souvent employé.

Et il lui fallu du temps pour que ses yeux s’accommodent de nouveau à la lumière, pour qu'elle réalise qu'elle était toujours debout, présente, qu'elle n'avait pas été annihilée par une force invisible et surpuissante. Mais cet endroit... elle aurait juré que ce n'était pas sa chambre.
Elle était là, immobile. Tremblante. Impuissante.
C'était une chambre d'enfant. Une chambre dont elle avait toujours gardé l'image gravée dans sa mémoire. Sa chambre. Celle de la fillette qu'elle avait été.
Elle était claire, sobre, correctement rangée. Il n'y avait pour mobilier qu'un petit lit et une commode, surmontée d'un miroir dans lequel elle ne s'était jamais véritablement regardée. Eux aussi, ils la terrifiaient. Il lui renvoyaient sans cesse l'image de ce qu'elle était devenue, de l'échec, du monstre qu'elle était. Parce qu'elle s'était toujours considérée comme une erreur.

Au cœur des couleurs pastel de la chambre, il y avait des objets, des bijoux, une multitude de peluches et un unique coffre à jouets. Cet endroit... il était tel qu'elle l'avait connu peu avant le jour de sa mort. Si elle était censée entrevoir la réalité, alors pourquoi cet endroit n'était-il pas triste, vide et dévasté ? Elle ne comprenait pas. Elle restait tétanisée.
Ses yeux vitreux balayaient la pièce avec lenteur, quand elle entendit une petite mélodie qu'on chantonnait. C'était une voix fluette, qui reflétait toute la candeur, la douceur et l'innocence qu'une fillette pouvait avoir. Une fillette qui, en tailleur sur son grand lit, coiffait avec précaution la chevelure de fils d'or d'une poupée de chiffon.
Elle était petite, menue, et tout chez elle dégageait beaucoup de grâce et de sincérité.
Elle avait les cheveux bruns, tombant sur sa nuque, et ses yeux verts brillait d'une lueur tendre, emplis d'une affection certaine.

Et Lyra se mit à pleurer.

Doucement, en silence, sans même vraiment pouvoir se contrôler. Elle avait bien failli ne pas se reconnaître, ne pas reconnaître qui elle était. Cette petite fille... c'était elle, c'était l'enfant qu'elle avait été avant que la guerre et la mort ne viennent l'arracher à l'insouciance de l'enfance et au bonheur d'une famille aimée.
Peut-être que s'il n'y avait pas eu la chambre, peut-être que s'il n'y avait pas eu cette poupée, elle n'aurait jamais su qui cette petite était. Après tant d'années d'errance, elle n'était plus qu'une ombre, une silhouette sans saveurs et sans motivation, qui avait perdu le goût des choses.
« Alors c'est comme ça que j'étais ? », pensait-elle, regardant ses mains pâles et décharnées.

-Pourquoi tu pleures ?

Doucement, elle n'avait fait que secouer la tête. Lyra... la petite Lyra, elle était tout près d'elle. Elle avait posé sa main dans la sienne, et ses yeux semblaient inquiets. Pourquoi ne prenait-elle pas peur, de voir une inconnue débarquer de la sorte ?
Peut-être que tout ça n'était qu'un rêve.
Parce qu'on ne peut pas revenir dans le passé.
Et on ne peut pas reprendre vie. Sa condition de zombie le lui avait bien prouvé.

-Tu es qui ? Reprit-elle.

Elle lui avait tendu un mouchoir de tissu, que le fantôme avait serré contre elle, sans même prendre le temps de sécher ses larmes. Parce qu'elle n'avait pas comprit qu'elle pleurait.

-Je... je m'appelle Lyra.

C'était tout ce qu'elle parvint à murmurer.
Le visage de la petite s'illumina, comme si elle faisait face à un ange. Elle glissa ses deux mains dans celles de la plus grande, et l'entraîna derrière elle, l'invitant à s'asseoir à ses côtés.

-Moi aussi je m'appelle Lyra ! Papa m'a dit que quelqu'un allait venir me voir, c'est toi alors ? C'est parce que tu t'appelles comme moi ?

Perdue, le fantôme ne répondit pas. Elle était comme prise au piège de ses pensées, paniquée, comme si elle cherchait à reprendre ses esprits. Et la petite l'observait avec un regard triste et interloqué.

-Tu es belle, tu sais, reprit la petite. Et quand on est belle, il ne faut pas pleurer.

Lyra se figea. Ces mots lui faisaient mal. Tellement mal. Cette enfant avait toute l'innocence et la gentillesse qu'elle avait perdues, désormais. Elle ne se rendait pas compte de qui elle était, que cette jeune femme était ce qu'elle deviendrait dans quelques années. On allait lui voler son enfance, son insouciance. On allait tout lui arracher, tout lui enlever. Elle n'était plus la même. Cette petite était-elle seulement la véritable Lyra ? Elle peinait à y croire.
Un simple sourire fendit son visage, désespéré, comme s'il était empli de toute la tristesse du monde. Sa main vint s'appuyer contre la joue de la fillette avec une bienveillance qu'elle ne se connaissait pas. Elle avait envie de lui dire toutes ses erreurs, de la convaincre de ne pas devenir la même. Peut-être... peut-être qu'elle arriverait à changer quelque chose ?

-Je... je ne suis pas belle, murmura Lyra. Je suis triste, et je ne souris même pas. Comment est-ce qu'on peut être beau quand on ne sourit pas ? En fait, ça fait tellement longtemps que je crois que j'ai oublié comment sourire. Sourire vraiment. J'ai fait des choses stupides dans ma vie, je me suis renfermée sur moi-même au lieu d'aller de l'avant et je me suis laissée avoir par les problèmes. Plutôt que d'aider les autres, je les regardais souffrir en disant qu'ils ne pouvaient pas souffrir plus que moi. J'ai pleuré. J'ai beaucoup pleuré, sans me rendre compte de la misère que je créais chez les autres. Je pensais que j'étais la plus malheureuse. J'ai été égoïste, et ça m'a menée à ma perte. Quelqu'un comme moi... quelqu'un comme moi ne peut pas être beau.

« Je regrette celle que j'ai été. Si seulement je pouvais revenir en arrière et faire en sorte de changer les choses... Mais je suis morte, et maintenant c'est trop tard. »
Chaque parole lui donnait l'impression que son cœur se déchirait un peu plus, lentement.

La petite avait baissé les yeux. Elle fixait sa poupée aux cheveux d'or, cette petite poupée qui, dans ses moments de tristesse, avait toujours été son seul réconfort.

-Papa m'a dit que les gens méchants ne se rendaient jamais compte qu'ils faisaient du mal. Moi, je pense que tu es gentille, souffla la petite. Mais il ne faut pas que tu sois triste, tu pleures plus que moi ! Continue de prendre soin des gens que tu aimes, parce que l'amour c'est le plus beau des trésors.

Un petit rire s'échappa d'entre les lèvres de la jeune femme. Il avait été bref, mais sincère, et elle s'en étonna. De nouveau, le visage de l'enfant s'illumina.

-Tu vois, tu souris !

Doucement, elle vint déposer sa poupée aux cheveux d'or dans le creux des bras du fantôme. Elle prit les mains de la plus grande, et les referma contre elle.

-Prends soin d'elle. Elle a pas de prénom, mais je suis sûre que tu en trouveras un qui lui plaira.

Son cœur se serra. Et le fantôme dût faire un effort monstre pour retenir ses larmes. Durant quelques instants, elle demeura immobile, tremblante, submergée d'émotions. Et elle attira la petite dans ses bras, la gardant contre elle comme si c'était la chose la plus précieuse au monde.

-Petite Lyra... promets-moi que toi, tu ne seras jamais triste et que tu feras toujours tout pour être heureuse. Quoi qu'il arrive, sourit, et ne te laisse pas abattre. Tu es grandes, et je suis sûre que tu seras quelqu'un de fort.

« Si je ne peux pas inverser le cours du temps, alors c'est toi qui le fera. »

-C'est promis, répondit la fillette, blottie contre Lyra.
Lyra Wainwright[PaB]
Airat Ivanov [Metro]
Airat Ivanov [Metro]
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Airat Ivanov [Metro]
Airat Ivanov [Metro]
Invité
#28 —Re: Épreuve 5 ;; A celui que j'étais
Airat Ivanov [Metro]
Dim 7 Juil - 23:42
Personnage:

Airat Ivanov
Colporteur pour la Ligne Rouge (faction communiste), né à Polis (faction détenant le savoir), d'où il a fugué puis à été bannie après un différent Ô combien violent avec sa mère.


« Tient tient, le chien-chien à sa maman. »

Ricana Airat, observant le garçonnet qui venait de se tourner d'un bloc vers lui, tenant fermement contre son torse rachitique un gros livre. Airat était revenu à sa station d'origine où il avait juré sur l'âme d'un défunt amant de ne jamais remettre les pieds, Airat avec bécoter le supérieur dudit défunt amant, Airat, surtout, avait survécu à la malédiction d'une entité du métro. Alors quand l'ombre de ce tout petit enfant, au visage asymétrique et bicolore coupée par une tâche de vin, c'était découpé sur le béton de la correspondance d'une station de la Ligne Rouge, il avait à peine haussé un sourcils ; l'enfant pouvait autant né d'un rêve que de son esprit malade, et si ce n'était ni l'un ni l'autre, il ne sous-estimait pas les capacités de nuisance de Baba Yaga.

« V-vous êtes qui ? Pourquoi vous avez la même tâche que moi ? »

Le Rouge s'apprêta à répondre, lèvres entre-ouvertes, avant que l'enfant ne le coupe de nouveau.

« Vous êtes mon pére !
- Hein ? Mais non ! »

D'un mouvement de la main, il balaya les mots du gosse, faisant claquer sa langue contre son palais. Il avait oublié qu'à l'époque, le spectre de son père voletait encore au-dessus de sa mère et lui. Il s'imaginait un jour le voir venir à Polis, claudiquant jusqu'à sa mère pour s'appuyer sur les épaules de cette femme, qui portaient déjà un petit garçon voué à devenir la relève de l'humanité et les plus gros secrets de la Cité des Lumières. Puis étaient passés ses dix ans, et avec l'espoir. Il c'était résolue  à ne jamais avoir le soutient que d'une génitrice polaire qui au fils des années avaient finit par plus le voir comme un élève que comme son fils.
Airat rangea sa main dans la poche de son long manteau, toisant le gosse d'un regard méprisant.

« Je crois pas que ton pére va revenir.... Par contre, il y a quelqu'un en qui tu peux avoir confiance à Polis.
- Ha ? »

Le rouge fit un pas vers l'enfant dans un crissement de botte, et s'agenouilla à sa hauteur, les coudes reposant sur ses cuisses, le cou tendu dans un relief de tendon pour l'observer avec deux yeux plissés à la lueur mauvaise.

« Ouais. Kir Sokolov, ça te dit quelque chose non ? Il travaille avec ta mère. »

Les iris du garçonnet s’animèrent, et il releva un regard écarquillé d'admiration sur le Rouge, qui ne su maîtriser le déploie de ses lèvres en sourire amusé. Kir. Son second père, celui qui sans le savoir l'avait protéger, installant dans son cerveau – par un processus qu'Airat n'avait toujours pas percé une décennie plus tard – cette certitude qui l'avait sauver du refoulement, de la culpabilité et de la haine intériorisée : il avait le droit, le devoir même, d'être lui, et s'il devait parfois plier, il ne devait jamais se renier.

« Tu peux lui faire confiance. Il va t'apprendre plein de trucs, qui te permettront de te sauvegarder le moment venu. Tu comprend ? »

L'enfant face à lui secoua la tête en geste sec, le regard devenu sérieux dans une brusquerie qui n'avait rien d'infantile. L'éducation maternelle, rigoureuse et toujours plus pressée de le voir devenir un adulte avait déjà fait son chemin ; et si le bout d'homme face à lui se battait toujours avec les autres de son âges lorsqu'une pic fusait à propos de sa tâche de naissance le défigurant, ses incartades étaient de plus en plus sévèrement punis le soir-même. Il n'y avait pas de violence et n'en aurait jamais sur lui : Akilina Ivanova était trop soucieuse de son précieux fils, fruit indésiré mais porté et sublimé pour continuer ses desseins.
Airat passa une main dans les cheveux courts et sombres de l'enfant, dont il savait qu'à l'heure de l'adolescence, ils arriveraient à ses épaules. Avant que l'arrivée d'un certain militaire dans le paysage ne pousse leur propriétaire à préférer les couper, pour ne jamais ressembler à ces filles, dont il finirait jaloux, elles qui avaient le droit d'embrasser l'homme qu'elles aimaient.

« Évidement que tu comprends, tu viens de Polis toi, t'es pas un débile...
- Mais vous aussi vous êtes intelligent ! Puisque vous savez tous ça.... Mais je vous est jamais vu, à aucune station... Puis personne sait que Kir vient travailler avec Mamouchka parfois à la maison !»

Le rouge sourit tendrement, sa main glissant jusqu'à la joue de l'enfant.

« C'est pas très important, d'où je viens et comment ce tout ça. Mais sache que je veux simplement te protéger. T'éviter une vie aussi compliquée que la mienne... »

Sa voix le trahit, défaillante, tremblante, usée ; alourdie d'émotions qu'il n'exprimait que rarement.

« Après tout, au même âge, je te ressemblais beaucoup. »
Airat Ivanov [Metro]
Kristopher Moreau - SNK
Kristopher Moreau - SNK
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Kristopher Moreau - SNK
Kristopher Moreau - SNK
Invité
#29 —Re: Épreuve 5 ;; A celui que j'étais
Kristopher Moreau - SNK
Dim 7 Juil - 23:51
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A toi, des années plutôt...

Présentation du personnage:
Soldat de la Garnison, Kristopher est un homme dont la famille avait été autrefois massacrée par des esclavagistes au sein des Murs. S'en est suivi alors une période de douloureuse captivités avec d'autres enfants de son village ainsi que sa sœur ou souvent, il devait lutter dans une arène pour pouvoir survivre et faire vivre sa sœur.

Sa poitrine était écrasée par la poutre. Sa respiration était sifflante, à peine perceptible. Ses yeux étaient dilatés, hagard, comme si un voile avait été posé sur son visage. Au travers du trou dans le plafond, il crut apercevoir, malgré les épais nuages, une constellation. Laquelle était-ce ? Voyait-il vraiment quelque chose ? Était-ce seulement la réalité ? Non. La réalité était qu’il allait probablement mourir ce soir, après toutes ces années d’errance, comme un mort-vivant. Et pourtant, d’un geste inconscient, le pauvre humain au corps meurtri venait de poser une main sur la poutre, et, malgré la faiblesse de son corps, repoussait la poutre. Côtes cassées, avait-il pensé. S’aidant de ses coudes, le jeune homme venait de se mettre en position assise, et avec une difficulté croissante, et pourtant si familière, il venait de se relever, et, d’un air rappelant un estropié, il venait de quitter la modeste demeure d’un fermier.

L’œuvre d’individus désabusés, lie de l’humanité. La neige recouvrait les lieux, mais la cendre noircissait les alentours. Le feu n’était plus aussi intense qu’avant, mais il continuait de dévorer la demeure d’un côté. Et les propriétaires gisaient là. Recouvert de neige. Pourquoi vivait-il, et non eux ? Sans un autre regard, le soldat de la Garnison s’engagea sur une route, s’éloignant de cet endroit. Une minute passait. Puis deux. Puis six. Un temps presque infini. La douleur ne se calmait pas, le froid mordant s’insinuait jusque dans ses os. Les lueurs fantomatiques de la lune tentaient d’outrepasser les épais rideaux nuageux. Ses yeux gris semblaient toujours aussi apathiques. Mais il tomba sur ses genoux après un moment d’errance. Son corps semblait véritablement le lâcher, maintenant. Il allait mourir. C’était bien la fin. Elle approchait. Elle l’observait. Peut-être prenait-elle plaisir, cette chose qui le hantait, depuis longtemps. Qu’était-elle, il ne le savait pas, seulement qu’elle était patiente.

Le vent soufflait tout juste, créant une sorte de rideau opaque avec les flocons tombant des cieux. Pendant un instant, il se crut chez lui. Une chaleur confortable d’été, l’odeur du thé chaud sucré dans l’air. Et il rouvrit les yeux. Sur le sentier enneigé, au travers du rideau opaque de flocons ondulant dans l’air, s’y trouvait une silhouette qui s’approchait de lui. De petites tailles, bravant pourtant la tempête. Elle ne fléchissait pas au froid, ni au vent, ni aux douleurs tiraillant son corps. Des billes d’acier rencontrant des prunelles d’argents, une chevelure corbeau d’une propreté irréelle, tout comme l’air qui ondulait autour de l’enfant, éloignant les flocons comme une sorte de bouclier ou de dômes. Des traits fatigués confrontant quelque chose de plus vivant, quelque chose de plus humain que lui.

-Tu as mal, dit le petit.

-Oui. J’ai mal.

-Pourquoi as-tu mal ?

-… Je ne sais pas. J’aimerais dire que je ne ressens plus rien. Que je suis endurci. Mais me voilà, à parler à une chose qui n’est plus censée exister. Quelque chose que j’ai oubliée.

-Suis-je une chose ? Cette chose ?

-Non. Tu es infiniment plus que ça. Et pourtant, moins que ça. Tu es ce que j’aurais dû rester, et pourtant, je suis la coquille de ce que tu as été.

Pendant un instant, tout perdit son sens. Son vécu, ce monde, et tout ce qui se manifestait sous quelque chose de verdoyant et de chaud, remplacé par une étendue froide et inhospitalière, repoussant la vie et la mort, existant sans exister, contenant sans rien avoir, et possédant sans contrôler. Et pourtant, ce petit garçon se tenait devant lui. Était-ce vraiment la réalité ? Était-il lui-même en cette situation, alors qu’en d’autres circonstances, il aurait agi autrement ? Il avançait, et avançait, et avançait, sans regarder en arrière, toujours en étant dans l’obscurité. L’enfant continuait d’observer le soldat. Blessé, pourtant intact. À genou, pourtant insoumis. Au bord de la mort, pourtant invaincu. Il avait tout de l’homme ayant abandonné. Mais abandonner était différent de finir quelque chose. Et l’homme avait l’impression d’avoir fini quelque chose. Ne disait-on pas que lorsqu’on voulait un conclure un périple, il suffisait d’arrêter de marcher ? S’était-il mis à genoux parce qu’il avait abandonné... Ou parce que quelque chose lui avait dit que tout allait bientôt prendre fin ?

Une émotion soudaine et intense s’empara de lui. Quelque chose comparable au soulagement et pourtant en de l’anxiété. Non. Pas de l’anxiété. De la fébrilité. Observant encore les prunelles d’argent du petit garçon, Kristopher finit par faire part de ses pensées au petit.

-Un jour... Notre père m’avait dit que celui qui avait assez de courage et de patience pour observer au travers des abysses toute sa vie pourrait y voir un éclat de lumière. J’ai vécu depuis longtemps ainsi... Et je t’y vois. Et laisse-moi te dire quelque chose.

De la même manière qu’il aurait voulue qu’on le lui dise, il tendit la main pour la poser contre la joue de l’enfant. Malgré le froid, il sentit une étrange chaleur se propager en lui. Quelque chose le poussait à casser cette glace en lui, cet éclat de glace dans son cœur, et dans son regard, qui semblait fondre face au regard de l’enfant qu’il avait été autrefois. Quelque chose d’étranger en lui ressurgissait.

-Ne cesse jamais de lutter, peu importe l’obstacle devant toi, mais n’oublie jamais l’important... C’est de vivre. Tu te demanderas pourquoi tu auras vécu, et tu te diras que tu n’aurais jamais dû être le seul en être sorti. Que tu ne le méritais pas.

L’enfant continuait d’observer l’homme blessé devant lui, et il sentit quelque chose de chaud couler sur sa joue. Le pouce de l’homme blessé vint sécher la larme.

-Mais la seule chose dont tu peux décider, malgré ces heures si sombres, c’est de savoir ce que tu feras du temps qui te sera imparti... Le mal n’est pas la seule chose qui agisse en ce monde. L’aube est toujours précédée de la nuit la plus sombre.

Dans le ciel, la Lune apparut, projetant sa lumière sur les deux individus. L’être aux allures irréelles captivait le soldat, et, doucement, attira l’enfant vers lui pour l’enlacer dans ses bras. Pendant un bref instant, ce fut comme si le monde avait retrouvé sa clarté d’avant, puis, en douceur, le silence fut brisé par le soldat de nouveau :

Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Noires comme un puits où l’on se noie,
Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,
Pour mon âme invincible et fière.

Dans de cruelles circonstances,
Je n’ai ni gémi ni pleuré,
Meurtri par cette existence,
Je suis debout bien que blessé.

En ce lieu de colère et de pleurs,
Se profile l’ombre de la mort,
Je ne sais ce que me réserve le sort,
Mais je suis et je resterai sans peur.

Aussi étroit soit le chemin,
Nombreux les châtiments infâmes,
Je suis le maître de mon destin,
Je suis le capitaine de mon âme.



Libérant l’enfant de son étreinte, il plongea ses yeux couleur d’acier dans ceux de l’enfant, qui semblait plus serein. Ou peut-être était-ce lui qui était plus serein ? Tout ce qu’il savait, c’était que cette rencontre avait touché à sa fin.

-Je m’en souviendrais, fis l’enfant, avant de se pencher vers l’avant pour poser un baiser sur le front du soldat. Au revoir.

Et le vent balaya les alentours, et comme s’il n’avait jamais existé, l’enfant disparut, comme emporté par la soudaine bourrasque. La morsure du froid ne semblait plus avoir d’emprise sur le soldat de la Garnison comme avant. Une chaleur dans sa poitrine. Au loin, une lueur se fit voir. Puis deux. Puis quatre. Des chevaux. Des cris. Hélant son nom. L’appelant. Il n’allait pas mourir. Son regard dériva vers un bâton auquel il attrapa et en usa comme d’une canne pour s’en relever. Elle se brisa. Mais il ne tombait pas. Sous la douleur, le Loup Implacable de la Garnison se fit violence et s’avança vers la troupe de cavaliers. L’un d’eux l’aperçut et héla ses compagnons. Malgré ses blessures, il vivrait.

Car dans la nuit, un éclat de lumière y est apparu, et il s’était décidé de la suivre.

MOTS : 1457, SI LE COMPTE EST BON

'w'7
Kristopher Moreau - SNK
Lady Maria [EP]
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Dim 7 Juil - 23:57
'Dorothea McRae et Nali le bunnalix:

Irydaë, le monde des Chroniques d'Irydaë, est le théâtre de l'affrontement entre deux forces : Les my'träns (Boooouuuuh), qui croient en les Architectes, les Dieux créateurs d'Irydaë et peuvent utiliser la magie et les Daënars (OUAIIIIIIIIS  Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 2609568152 ) qui ont renié ouvertement les Architectes, et compensent l'absence de magie avec la technologie.

Dorothea McRae (surnommée "Dot", "Dottie" ou "Dora") est une jeune ingénieure-forgeronne qui vient d'Hinaus, une province glaciale de Daënastre. Fière daënar (peut-être même un peu trop), elle travaille dans son atelier, concevant, entre autres, armes et armures pour les soldats daënars.

La caractéristique la plus remarquable de Dot est l'immense cicatrice de brûlure qui balafre la moitié gauche de son visage, résultat d'un jet de vapeur surchauffée au visage et qui la cloitrera chez ses parents pendant un temps. Ce texte se déroule à la fin de la période de convalescence.

Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 532-28

Nali est une peluche de bunnalix, une créature carnivore qui vit dans les régions polaires d'Irydaë. C'est un cadeau de sa mère, à laquelle Dot est attachée.

Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 Objr


À celle que j'étais
Dorothea McRae feat. elle-même (et peut-être sa môman)

Dorothea était assise sur un fauteuil, devant la cheminée du domicile de ses parents. Elle était recroquevillée sur elle-même, et fixait les flammes qui dansaient sur les bûches de l'âtre de son unique œil encore valide. Elle passa la main presque machinalement sur l'épais bandage qui couvrait la moitié de son visage.

"Mon cœur, papa et moi allons nous coucher. Ne reste pas trop tard ici, tu as un lit qui t'attend." lui susurra à l'oreille sa mère, qui s'était faufilée derrière elle.

La jeune ex-apprentie décrocha son regard du feu qui crépitait dans l'âtre et embrassa sa mère, murmurant avec une petite voix trahissant son manque total de cœur :

"D'accord, maman, bonne nuit à vous. Je vous aime."

Elle le disait tous les jours, comme pour se rappeler qu'elle avait encore des gens qui tenaient à elle... Elle pensait beaucoup à la mort, ces derniers temps. Ou à meurtrir son corps, alternativement. Elle pensait que ce n'étaient que de vulgaires pulsions, une sorte d'extension macabre de sa curiosité naturelle, pas forcément au premier plan mais toujours présente. Elle se prenait à imaginer le monde, sans elle, si elle n'avait jamais existé. Elle imaginait le fait de plonger sa main dans les flammes. Elles étaient actuellement si proches... Elle pourrait le faire, juste une fois... Elle crispa ses mains, pour être sûre qu'elle n'allait pas tenter de se rôtir la main. Est-ce que les sensations seraient les mêmes que pour son visage? Serait-ce plus progressif? Plus vif? Elle aimerait bien savoir... Et, ayant déja brisé son corps, pourquoi ne pas parachever l'œuvre? Pourquoi ne pas continuer?

Les paupières de Dorothea se fermèrent, lentement, pendant qu'elle se torturait l'esprit à propos de la torture de son propre corps, et petit-à-petit, elle s'endormit, bien malgré elle, sur le fauteil, enroulée dans une couverture.

Dorothea se réveilla brusquement, lancée par une douleur au bas du dos, comme si quelqu'un y avait enfoncé une aiguille. Elle se releva tout aussi brusquement du fauteuil, et se retourna, inspectant les alentours de l'endroit où elle aurait pu être piquée. Il n'y avait rien. Était-ce juste un nerf? Peut-être un ressort inconfortable... Elle n'en savait pas grand chose, mais elle remarqua toutefois que ce n'était pas le fauteuil dans lequelle elle s'était endormie auparavant.

Pas plus, en fait, qu'elle n'était dans le salon de ses parents. Elle se trouvait dans un salon autrement plus grand et baigné de lumière, comme s'ils étaient en réalité à l'extérieur. Sauf qu'ils se trouvaient en intérieur, à en juger par les plafonds décorés qui planaient au-dessus de la jeune ingéneiure.. Devant son fauteuil, il y avait maintenant une table basse, avec un service à thé en porcelaine posé dessus, ainsi que, dans un vase en verre, de belles fleurs. Et, dans un des autres fauteuils qui étaient placés soigneusement autour de la table basse, une petite fille, vêtue d'une robe blanche légère qui aurait sa place n'importe où sauf à Hinaus, était assise.

La petite fille dévisageait la jeune apprentie de ses yeux taillés dans des rubis. Ses cheveux d'argent étaient proprement rangés en une queue de cheval qui rappelait celles que Dorothea elle-même avait commencé à porter quand elle était entrée au service de Mr. Russell, l'horloger pas loin de chez ses parents. Dorothea, d'une fois qui trahissait son manque de confiance en elle, parla en premier.

"Bonjour... Est-ce que tu sais où je suis?"

La petite fille inclina la tête légèrement, comme si Dorothea avait posé une question idiote, et, de sa voix claire et enfantine, répondit.

"Bien sûr, je sais où on est actuellement. On est dans un rêve."

"Ah, et dans ce cas, puis-je savoir qui tu es?"

Dorothea était véritablement curieuse. La petite fille ressemblait à un amalgame de plusieurs versions d'elle-même, prises à différentes époques de sa vie.

"Je suis Dorothea McRae. J'ai 9 ans. Et toi, qui es-tu?"

Dorothea était abasourdie. La ressemblance entre elle-même et mini-Dot était frappante, même avec les cicatrices de la brûlure, mais... Elle était dans un rêve, face à elle-même d'il y a une dizaine d'années? C'était tellement ahurissant qu'elle dut s'asseoir pour pouvoir digérer correctement l'information.

Des questions multiples envahirent son esprit comme l'Allemagne a envahi la Pologne. Était-ce vrai, était-elle vraiment Dorothea plus jeune? Si oui, comment la jeune fille avait pu arriver ici? Et, par extension, comment est-ce que l'apprentie ingénieure a pu arriver ici elle aussi? Et, par dessus tout... Quelle était la raison de son arrivée ici?

"Je... Je suis aussi Dorothea McRae? J'ai 20 ans, personnellement. Comment est-ce qu'on est arrivées ici, toi et moi?"

La jeune fille regardait Dorothea fixement. On sentait qu'elle essayait de maintenir son regard loin des bandages qui couvraient la moitié gauche de sa tête, mais Dorothea pouvait voir en son double la même inextinguible curiosité qui l'animait, elle aussi.

"Je ne sais pas. J'étais à Cerka avec Maman, et quand je me suis mise au lit le soir, je suis arrivée ici."

Cela concordait avec sa vie aussi, Dorothea était en effet allée pendant quelques jours à Cerka avec sa mère pour une histoire professionnelle. La jeune demoiselle semblait en effet être Dorothea. Mini-Dot ne put contenir plus longtemps sa curiosité et posa la question qui lui brûlait la langue.

"Il t'est arrivé quoi au visage?"

L'adulte détourna le regard, les yeux de la jeune fille étant toujours médusés sur son visage.

"J'ai eu un accident au travail. Un réservoir de vapeur préssurisée qui m'a éclaté au visage, j'ai été brûlée."

La fillette était inconfortable, et gigotait un peu sur son siège, probablement pour masquer son inconfort.

"Ah, d'accord. Donc si, ça t'est arrivé, ça veut dire que ça va m'arriver aussi?"

"Je crains que ce ne soit malheureusment le cas."

Le son de la voix de la fillette surprit suffisamment Dorothea pour qu'elle ose à nouveau regarder la jeune fille en face d'elle. Son ton était joyeux et insouciant, un ton que l'ingénieure avait presque oublié.

"D'accord!"

La réponse joviale de la fillette déconcerta Dorothea, qui, à son tour, hocha la tête.

"Ca n'a pas l'air de te déranger. Tu sais que tu vas perdre un œil?"

"Bof, pas vraiment. C'est la vie. Papa et Maman vont bien?"

"Oui, ils vont très bien. Je passe beaucoup de temps avec eux, à cause de..."

Dorothea pointa vers le bandage qui recouvrait la partie brûlée de son visage, passant doucement l'index sur le bandage. Sa peau était majoritairement cicatrisée, et elle voulait connaître la texture de sa peau cicatrisée.

"Et Nali? Tu as toujours Nali?"

"Bien sûr que j'ai toujours Nali. Je ne dors plus trop avec, mais il est toujours là."

"D'accord. J'aime beaucoup Nali."

Elle repensa à Nali, sa peluche de bunnalix. Elle l'avait enfouie dans une armoire, il y a quelques années. Et dans son heure sombre, elle commençait à avoir de nouveau envie de la serrer dans ses bras. Mini-dot commençait à piquer du nez dans le rêve.

"Bon, je vais aller dormir, moi. Bonne nuit, maxi-moi! Prends soin de Nali pour moi!"

Dorothea acquiesca silencieusement, un sourire triste esquissé sur les lèvres. Ses paupières, à leurs tour, s'alourdirent et elle s'endormit à nouveau.

Dorothea se réveilla à nouveau dans le salon de chez ses parents, le feu, qui crépitait quand elle s'était endormie, était lentement en train de mourir. La jeune ingénieure se leva et, tant bien que mal, rejoignit sa chambre. Elle passa devant son armoire et, contemplant longuement le lourd meuble de bois, elle l'ouvrit. Elle s'accroupit et chercha dans l'armoire, fouillant jusqu'à en sortir Nali, dont les couleurs avaient fini par déteindre, et se glissa sous les couvertures de son lit, après en avoir soigneusement retiré le moine. Elle serra la peluche fort contre sa poitrine. Demain serait un jour meilleur.

Le lendemain matin, elle se réveilla doucement, toujours emmitouflée dans ses couvertures. Elle se leva, et quitta sa chambre, en tenant Nali sous le bras.

"Bonjour mon ange, ça va bien? Tu as ressorti ta peluche?"

Dorothea souriait, fait rare depuis sa blessure. Elle était contente d'avoir ses parents près d'elle, et Nali aussi.

"Bonjour m'man. Ca va bien, oui. Bien mieux."

Elle caressa machinalement sa peluche.

"J'ai ressorti Nali, il me manquait."

Elle s'assit à la table, où sa mère lui servit une assiette contenant des haricots et de la viande. Elle commença à manger le contenu de son assiette.

"Maman?"

"Oui, ma puce?"

"On pourra retirer le bandage, un peu plus tard?"

Elle enfourna la fourchette dans sa bouche.

"Je pense qu'il est temps que j'arrête de me cacher derrière."

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Lun 8 Juil - 0:47
Je m'excuse pour ce retard, encore une fois, et merci T.T
Mini explication:
Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 Chiaki - Étudie à la fac sur Summerbridge * Jeune femme de 20 ans * L'enfant tourne dans les 8 ans

L’encre noire tâche, au fur à mesure, une vieille page blanche froissée. Il y avait tant de choses à dire à ce petit être qui est là sûrement depuis une bonne heure.

N’oublie pas que ta Maman t’aime, même si un jour elle ne pourra plus jamais te le répéter, ne t’en veux pas. Elle est fière de toi, quoiqu’il arrive. Fais attention à toi, choisis bien ton entourage, il y en a tu dois les éviter. Sois prudente. Tu n’as pas probablement fait la connaissance de tes meilleurs amis, mais sache que tu compte pour eux. Ne rejette pas la faute sur toi lorsqu’ils vont disparaitre. Ce n’est aucunement de ta faute. Ne désespère pas, car tu les retrouvera. Un jour. Je tenais absolument à te raconter tout ça pour que tu puisses éviter ces erreurs.

La fillette observa son aînée, penchant la tête sur le côté, ne comprenant pas le contenu de cette lettre. Seulement, Chiaki ne voulait plus rien d’autre, caressant doucement la tête de l’enfant. Elle a comprit que c’était elle il y a des années encore. Elle qui a toujours rêvé de retrouver la partie perdue dans le passé qui lui manquait, elle est servie. Néanmoins, la mutatis n’est pas satisfaite. Elle n’arrive pas à retrouver totalement ce qui a été endommagés.

“Ca te soulage d’écrire ça, pas vrai ? Mais tu sais, on ne peut pas changer les éléments qui proviennent du passé, ils sont des parties de toi, de nous. Par contre, tu peux tenter de construire le futur !”

La jeune femme observe l’enfant, perplexe sur le coup en l’entendant dire ça, s’arrêtant de lui caresser la tête. Du coup la rose y réfléchit, plus sérieusement, elle avait cette détermination et cette volonté de continuer à poursuivre son chemin sans se laisser abattre entièrement… Hey mais au final elle n’est pas si différente. La Chiaki d’aujourd’hui aussi, même si elle parait plus fragile, ce n’est pas totalement vrai.

L’étudiante lâche un soupire en fixant encore une fois à son petit bout de passé.

“Tu as raison… mais je veux que tu me fasses la promesse de fuir dès qu’une personne te raconte une histoire de monstres. C’est un piège. Ne lui parle jamais et si tu échoues… fuis en rejoignant directement Summerbrigde. N’attends pas.”

La petite penche la tête sur le coté, intriguée, répétant le nom de l’île où vit son ainée désormais. C’est vrai qu’elle ne doit pas comprendre, alors la jeune femme aux cheveux roses lui raconte tout, tout en lui prévenant quelques détails sur ses futures relations tout comme elle lui réservait la surprise sur certaines choses. Autant ne pas tout lui dévoiler.

“Il faut continuer d’avancer, alors !”

S’écria soudainement la gamine avec un grand sourire joyeux, fière d’elle. Est-ce qu’elle essaye d’encourager son ainée ? Chiaki se mit à sourire tendrement en regardant la mini Chiaki et passe doucement sa main dans ses cheveux pour les lui caresser avant de la voir disparaitre.

La jeune femme a bien conscience qu’en réalité, cela n’a servit à rien ce qu’elle a dit, écrit, mais d’un coté ça l’a renforcé et quelque peu réconforté. Peut-être qu’au final, elle n’a pas totalement perdue ce qu’elle était avant maintenant qu’elle y songe.


Épreuve 5 ;;  A celui que j'étais - Page 2 ASv07tC
Chiaki [TT]
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#32 —Re: Épreuve 5 ;; A celui que j'étais
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