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Epreuve 4 || Si j'étais toi 620526BoutonElysion5050

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Mer 31 Juil - 22:59
L'autre et toi:

L'époux:
Epreuve 4 || Si j'étais toi 10zcxoj
Benji et Kintaro ont été Incontestablement mariés contre leur choix. Obligations de vivre, dormir, manger ensemble ou c'est la case prison. Le premier, sans travail fixe, 25 ans, biphobe, se retrouve dans la peau du second: 35 ans, à la tête d’une chaine de Soapland, frustré, cachant son mauvais caractère derrière un masque le temps de manipuler son époux pour en faire un gentil petit boloss. Le mariage se passe très mal (menace de lancer l'un par la fenêtre, l'autre qui vomit sur les chaussures, deux cambriolages au compteur, coups et blessures.) En bref, beaucoup d'amour et de mots doux.
Ce passage arrive au moment de l'event qui annonce la fin de leur mariage. Benji est retourné en Russie.
Petit jeu : devinez qui est le narrateur.

Si j'étais toi

musique

Qu'importe le nombre de secondes, qu'importe l'angle ou la parole. Il n'y avait pas de Russie, ni dans tes veines, ni sur ton visage. Tout n'était que trop pâle ou trop froid, couleurs saturées qui débordent, trop éclatant de blanc, de brun qui devient clair. Oh quel monstre, ces yeux n'étaient pourtant pas si étrangers que ça. Ce gris des prunelles qui se fixent sans ciller, cette peau blanche que cet autre toi n'avait voulu ou osé effleurer du regard que lorsque l'homme ne le voyait pas. Que c'est étrange. Me voir là, reflet inconnu dans ton miroir. Le voir là, visage exposé ? Te voir là, en face de toi. Cette mâchoire serrée pendant que tu grinces des dents, ces sourcils que tu fronces en fixant l'image que je te renvoie. Tu le connais. Tu l'as connu. Tu me fixes, regard fiévreux de vérité et de réponses que je ne saurais te donner. Souvenirs coincés dans la caboche. Il te fait face de toute son aura de violence et de dégoût qui te soulève le coeur et les tripes. Où es-tu, si ce « il » est devenu « toi » ? Si ce « toi » est autre, métamorphose de l'enveloppe. Tu restes sans voix. Que penser de lui ? Que penser de ça ? Comment est-ce possible ?
Glissement de doigts, du cou vers le visage, la peau blanche qu'il frôle en même temps que toi, sans oser s'y attarder. Est-ce qu'il t'a marqué à ce point, cet homme ? Dans ta peau par ses dents et ses coups, puis dans ton esprit, par ses murmures qui te hérissaient le poil sur la nuque. Est-ce qu'il t'obsède, s'imposant à ton esprit même dans les chimères veloutées de la nuit ? Rêve trop réel, réalité trop exceptionnelle ? Tu clignes des yeux plusieurs fois, attendant un peu avant de les rouvrir. Pourtant je suis toujours face à toi. Gorge serrée et coeur qui bat à tout rompre. Tu ne sais pas quoi en penser. Pourquoi ce corps, pourquoi lui.

Tu sors de la salle de bain, jambes tremblantes, lèvres mordues entre des dents qui avaient l'habitude de se dévoiler pour t'adresser des mots d'une douce violence. Une main cherche le réconfort des boucles brunes qui couronnaient ta tête, mais elle ne trouve que les cheveux courts et sombres où se trouvent des résidus de gel. Souffle saccadé, coeur qui tangue, sabordé par un trop plein de sentiments qui n'arrivent pas à trouver leur boite, que tu n'arrives pas à nommer, que tu n'arrives pas à discipliner. Le regard ne peut pas quitter ce corps qui n'est pas le tien, mais qui t'appartenait presque, pendant de très longues semaines. Ce bleu et ce violet qui colorent les reliefs des muscles, ces bras que tu fuyais dès qu'ils t'approchaient de trop près, tu restes à les contempler d'un air absent.
Et lui, est-il... ? Pense-t-il... ?
Visage recueilli dans les larges paumes. Un long soupir réchauffe la peau de tes poignets. Tout ça n'est qu'un rêve, qu'un cauchemar, un verre de trop qui mène vers les ténèbres lucides. La gueule du loup prête à t'avaler tout rond, te torturant avec ta mémoire, éraflant ton coeur de vieux souvenirs absurdes qui ne peuvent être supprimés de ta tête. Je te torture par ma présence, rappelant à toi des choses que tu n'osais comprendre, que tu refusais. Tu as fuit sa présence pour te retrouver coincé sous son ombre. Il y a eu tant de mal à occuper ton esprit, au début. Des éclats de voix qui revenaient carillonner à tes oreilles, une impression de chaleur contre ton dos au réveil, des épines qui se plantaient dans ton estomac en croyant reconnaître sa silhouette. Pourquoi continue-t-il à hanter tes pensées ? Ce mariage détesté, cet époux que tu craignais. Tout ça te semble si loin et si proche.
Tu l'as quitté sans te retourner. Pas un dernier regard, pas une dernière parole, l'argent dans le sac et tes biens au fond de la valise. Peut-être espérais-tu voir une réaction, recevoir un appel, un signe quelconque. Pourtant c'était le soulagement qui t'a donné des ailes ce jour là. Une petite voix qui murmurait à peine, mise au cachot par la raison grisée de liberté.
Voici Stockholm qui te retourne les tripes, à peine habitué à ta vie maritale.
Voici l'heure des doutes et des remords. Tout était parti de travers.

Tu n'étais pas moi, je n'étais pas toi.
Est-il toi ou es-tu lui ?
Étiez-vous deux ou ne deviez vous devenir qu'un ?
Tu déglutis.
Tu sais.
Que c'est la dernière fois.
Que ce visage n’apparaîtra plus jamais devant toi. Tu réalises enfin. Yeux fixés sur ces doigts dont tu ne connaissais que le toucher sur ta peau brune. Kintaro n'est plus qu'un souvenir. Mort à tes yeux, annulaire arraché, anneau recraché dans sa boite de velours. Ses mains tremblent. Ou ne sont-elles pas tiennes à présent ?
Il n'y a jamais eu de véritable au revoir, deuil d'une relation malsaine avortée avant que les dégâts ne soient irréparables.
Tu es pris de doutes et d'incertitude. Il n'y a plus aucune raison de repartir au Japon.
Votre visage anonyme se tourne vers la glace. Il ne restera plus que nous deux, individualité effacée l'instant d'un battement de cil. Que dire à ton reflet quand il vous renvoie la métaphore de ton orgueil mal placé ?
Regretteras-tu un jour vos adieux gâchés par ta lâcheté ?
Codage par Libella sur Graphiorum
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