La Sérénissime
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Eclipse lunaire

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— Just Married —

le Jeu 15 Aoû - 0:27
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Eclipse lunaire

Le compte à rebours avait été lancé dès le premier pas posé chez vous.
Tic-tac incessant de l'horloge sur votre nuque qui te glaçait les entrailles, constante présence de ce rappel à l'ordre. Les doigts grattaient la peau autour des ongles, incapacité de garder le contrôle face à l'angoisse, tic nerveux, traque du sommeil. 14 jours, rapides, violents, affamés de chair à se mettre sous les crocs devant la chasse impudique, menant tout droit à l’échafaud sous forme de matelas. Ils s'écoulaient les uns après les autres, vous rapprochant de la date butoir. Danse des corps nus sur un lit couvert de devoirs odorants et salissants. Tu avais regardé le calendrier épuiser ses pages, le dégoût bloquant la gorge et les pensées.
C'était aujourd'hui, tu le savais. Lui aussi, certainement. Les yeux évitaient de se poser sur ton époux, déviant leur trajectoire vers des points invisibles ou des objets incroyablement intéressants, l'espace de quelques secondes. Le malaise était palpable, semblant suinter de chaque pores de ta peau. Tu fuyais depuis 3 jours. Son toucher, son regard, vos interactions. Hier, déjà, tu ne savais pas comment agir ou que faire de l'information d'un devoir incontestablement proche. Trop conscient de ce corps à tes côtés dans le lit, de ces lèvres qui s'abattaient sans répits jour après jour sur tes lèvres. Pourtant ta bouche était moins crispée, la moue de dégoût se calmait, l'appréhension prenait un arrière goût doux-amer de routine. Tu ne pensais pas ça possible, au début. La bête semblait s'être calmée, le dragon était à cours de feu, l'époux avait déposé les armes. Le désintérêt semblait réciproque, en dehors de ce regard qui glissait sur tes fesses en quelques occasions malsaines.
Pourtant vous y voilà.
14ème jour, 14ème nuit.
Tu n'es pas prêt.

Petit-déjeuner avalé en quelques cuillerées, salutations forcées du bout des lèvres, le repas était encore plus silencieux que d'habitude.
La journée s'était écoulée dans la même ambiance lourde où tu attendais le retour de l'époux, ventre noué. Si seulement il y avait un moyen d'y échapper. Te voilà obligé de te préparer à le toucher, à le laisser pénétrer dans ton intimité, à sentir son parfum sur ta peau. Impossible de te concentrer sur ta dernière commande de stress-ball, les billes étaient plus nombreuses sur le sol que sur ton plan de travail. Rien n'allait, l'esprit vagabondait trop pour que tu puisses te concentrer sur ton travail. Tu venais tout juste de commencer à te faire à l'idée des baisers, comment était-il possible que tu réussisses à faire quoi que ce soit de plus avec cet homme ?
Le problème semblait sans solution. Il n'y avait aucun autre moyen que la mort pour refuser l'ordre. Tu allais devoir prendre Kintaro. Ce soir. Dans votre lit.
Yeux clos, mains sur les tempes et soupir d'abdication.
La question sur l'aptitude de ton corps à remplir son devoir te traversa l'esprit. Même les souvenirs confus de cet homme en robe ne pouvaient aider la nature. Tête renversée en arrière pendant que tu émets un couinement plaintif, les yeux rivés sur le plafond. Si seulement il était possible de procrastiner cette étreinte. Peut-être proposer une sortie ? Vous changer les idées avant le grand saut, donner du courage aux esprits dégoûtés. Boire. Il fallait boire à en perdre la raison, empoisonner le corps et endormir l'âme. Te poser un bandeau d'alcool sur les yeux pour un nuit. Ce devait être possible, non ? Tu te redresses sur ta chaise, mains posées à plat sur la table, sourcils froncés. Oui, ça pouvait aider à digérer les actions de la soirée. Tout sauf les souvenirs et l'amertume d'une virginité perdue contre un homme. Avec un peu de chance tu en oublierais la personne qui se dandine sous ton corps nu. L'époux n'y verrait pas d'inconvénient n'est-ce pas ? Lui qui semblait si heureux de te servir un verre lors de votre seconde soirée. L'alcool avait fait plus que son travail ce jour là : très peu de souvenirs avaient survécus au traitement.
Cette fois tu allais provoquer la chance.
Ce soir, tu comptais vous anesthésier pour une nuit.
Faire taire l'écho des gémissements.
Anéantir la vision des corps nus trop virils.

Les paquets de chips étaient installés sur le sol, contre le kotatsu. Les mains jointes posées sur la table, tu ne pouvais pas t'empêcher de cliquer toutes les 5 secondes sur ton portable pour y lire l'heure. L'impatience t'agitait les jambes, la hâte n'avait pas le goût de la joie mais bien celle de la nervosité. Tu venais de passer les 30 dernières minutes à tenter de préparer un repas pour le soir avant de tout jeter à la poubelle et de te rabattre sur une application de livraison à domicile. Le plan était parfaitement rodé : Kintaro allait rentrer du travail d'une minute à l'autre, tu l'inviterais ensuite à te rejoindre autour du kotatsu pour y régler un duel qui attendait son vainqueur depuis 4 jours. La suite ne dépendait que de lui.

Inspiration.
Expiration.
Tu redresses le dos en entendant le bruit de votre digicode sur le palier. Le rideau peut se lever pour laisser place à l'Acte 1 de votre pièce de théâtre maritale.
Tu te relèves, dos droit, regard fixe depuis l'autre bout de la pièce. Voix grave que tu essaies de contrôler pour lui donner un timbre posé et calme.

« Bonsoir. J'ai le surprise pour toi. »
Il est trop tard pour reculer.
L'incontestable n'attend plus que vous.
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le Dim 18 Aoû - 23:35
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Quinze jours, c’était bien court.

Hier, Kintaro avait étouffé de sa propre semelle un feu dangereux dans l’appartement de son époux. Hier, le pauvre innocent, ridicule inconscient, osait balbutier ses mensonges en maintenant son regard droit dans le sien. De mouvements de lèvres narquoises, de vibrations dangereuses, d’un baptême de l’air improvisé par une testostérone brûlante, le directeur l’avait rassit à sa place.

Aujourd'hui, il était toujours l’enfant aux chaussures usées, au regard et mouvements fuyant.
Aujourd'hui, ils étaient toujours deux inconnus.
Espérant la fragilité du fil rouge.

Quinze jours, pourtant, c’était bien long.

Sa frustration lorsqu’il ne parvenait à se faire comprendre, alors que Kintaro interdisait ses habitudes pour lui imposer les siennes, quand il ne réussissait pas du premier coup. Ses tics nerveux, sa façon d’utiliser leurs barrières pour fuir ses obligations, sa nature plus fragile que sa façade. En quinze jours, Kintaro avait ramassé les informations qui tombaient à ses pieds quand il le remuait.

Ce bloc d’argile humide, mou et mouvant, prenait chaque jour une forme plus humaine, s’imprégnait de couleurs, de motifs, parfois temporaires, parfois solides et distincts. Ce n’était pas une fière sculpture, pas une œuvre que Kintaro aurait placé dans sa maison de son plein gré. Elle lui inspirait beaucoup de dédain, beaucoup de frustration et de déception. La frôlant de l'épaule chaque matin, chaque soir, la salive de Kintaro s'imprégnait d'amertume, ses yeux se fermaient de frustration. Exposer une œuvre si scabreuse, avec si peu d’intérêt artistique attaquerait sa réputation de sculpteur, quand bien même chacun savait que le choix ne lui appartenait pas.
Lui au bras duquel s’accrochait les plus belles créatures, les esprits brillants aux manières les plus sophistiquées. Lui qui dansait dans des salles dorées, dont les doigts ne touchaient que les matières les plus nobles, appartenant à la bourgeoisie la plus grandiose, promis au futur le plus éclatant.

Pourtant, c’était ce qui lui était destiné.

Rester debout à ses côtés et feindre un sourire en la présentant.

Sa décevante œuvre finale.


Ça ne faisait que quinze jours, pourtant. Pas plus que son dernier mariage. Peut-être que ce soir, à minuit, le carillon de l’Incontestable n’annoncerait pas une autre humiliante contrainte mais bien la liberté.

Si seulement.


Les corps nus avaient quelque chose de rassurant. Dans l’ombre de la tour des vices Kintaro poursuivait ses activités malsaines, assistant à des ondulations impudiques d’un œil tout analytique. Ses mains froides rectifiaient, ses paroles contrastaient avec l’émotion factice des acteurs, ordonnant avec précision, haussant son ton grondant lorsqu’il devait se répéter. Tout companion n’était que vague à ses pieds, écume s’enroulant en un soupir autour de ses mollets. Kintaro lui, était un marin qui avait bouché ses oreilles, refusant l'appel de la mer, bien conscient qu'une fois happé des mains le pousseraient sans faute sur les rochers acérés.

C’était ça aussi, quinze jours : un sevrage violent qui se normalise. L’addiction n’était pourtant jamais bien loin, prête à lui sauter à la gorge, reprendre contrôle de ses actions. Enclencher un sourire carnassier, des paroles habiles, des caresses qui aimaient la tiédeur d’une peau, saisissant avec autorité.

Sa joue appuyée sur son poing, dans ce fauteuil de cuir tendre, Kintaro ne voyait plus ses employés. Son stylo s’agitait entre deux doigts, l’esprit parti à la conquête de nouvelles idées, à la révision d’un planning peu professionnel.

Son époux s’était appliqué à l’éviter ces derniers jours. Leurs interactions suintaient le malaise, Benji semblant de plus en plus nerveux, indisposé au moindre mot. Kintaro était loin d’être dupe, le devoir capital patientant en épée de Damoclès n’était pas étranger à ces réactions fuyantes. Son regard accrochant la réalité un instant, le japonais alluma son portable et ouvrit l’application qui irrémédiablement décomptait les jours.

Demain soir dernier délai.

Un de ses hommes, le voyant ainsi distrait, s’approcha en murmurant. “ Désirez-vous interrompre la démonstration, monsieur ? ” Le directeur balaya la proposition d’une main sans même daigner quitter ses pensées.

Kintaro Nakashima n’était pas du genre à honorer ses obligations à la dernière minute, surtout quand il était question de prison ou de sa vie. Alors, s'était-il dit, ce soir, Benji ne s’enfuirait pas. Ce soir, -et il savait déjà que cela ne plairait pas à son époux- il toucherait à nouveau sa peau sombre, obtiendrait ce que le russe ne désirait lui offrir. Un sourire pâle se dévoila à cette pensée. Certes, il avait hâte. Hâte même s’il devrait se retenir, maintenir sa façade aimable, cette mascarade de respect qu’il accordait à son époux.

Sur le chemin du retour l’idée raisonnait encore, songeant aux mots qu’il était bon d’employer, aux précautions à mettre en place pour une première fois non traumatisante. Le but était de faire perdre pied à Benji, et un jour ou l’autre l’amener à chercher à nouveau ce contact de la chair. Il était ainsi primordial que tout se passe bien.


Une odeur étrange flottait dans le couloir. Grognant en s’approchant, Kintaro composa le code en se demandant avec appréhension quelle potion infecte Benji avait encore concocté dans son chaudron de fonte. Peut-être ne devrait-il même pas goûter, il aurait bien pu l’empoisonner, un de ces jours.

La scène qui apparut une la porte poussée parut irréelle. Benji attendait, assis au kotatsu, mains sur celui-ci, ne semblant que patienter, tournant la tête en l’entendant entrer. Kintaro se retrouvait quelques années en arrière, sa mère l’attendant à son retour, son regard dur et plein de nuages prêts à exploser. Kintaro resta immobile un instant, quasi mal à l’aise. Benji se redressa, adapta son ton, comme respectant des codes personnels pour une annonce de la plus haute importance.

" - Bonsoir. J'ai le surprise pour toi. "

Kintaro inclina légèrement la tête sans le quitter des yeux, se débarrassa de ses chaussures puis disparut dans son bureau un instant. Pourquoi Benji avait-il cessé de fuir ? Il posa son porte document sur le bureau et accrocha son manteau. Que l’attendait-il dans le salon, une importante conversation ? Kintaro reparut, s’approchant en sondant son époux. Benji, Benji. Finalement, sa droiture semblait une nouvelle façade pour dissimuler la tension qui grattait la peau autour de ses ongles. A l’arrêt devant son époux, les paquets appuyés contre le kotatsu finirent de le convaincre. Benji n’avait rien de particulier à lui dire. Peut-être même avaient-ils eu la même idée.

Sa bonne humeur revint en se rendant compte qu’il avait oublié de retirer sa veste, dérogeant à son habitude millimétrée. Il abandonna avec elle sa retenue de directeur pour se permettre un peu plus de familiarité.

“ - Oh, tu comptes m’offrir cette victoire ce soir ?

Parlait-il réellement de leur pari ? Son regard arrogant pouvait bien coller aux deux situations. En le connaissant un peu, cependant, on pouvait deviner qu’il ne parlait pas de chips. S’attaquant au nœud de sa cravate, Kintaro pivota vers la cuisine, jetant un regard interrogateur sur la table, faussement sérieux.

- Pas d’eau ? Tu ne vas pas t’étouffer ?

C’était ce genre de sourires à étapes, au premièrement en coin puis éclatant d’un plaisir simple, accompagné d’un semblant de rire, qui avait le don d’attirer la sympathie. Ses piques de provocation émoussées contribuaient elles aussi à un charisme cavalier mais qui avait fait ses preuves. Il s’assit en tailleur, s’appuyant nonchalamment sur le kotatsu.

- Nous avions convenu d'un gage pour le perdant, est-ce bien cela ?

Kintaro leva les yeux, réfléchissant, posant ses bras derrière lui et s'appuyant en arrière. Il regarda Benji un instant avant de repartir dans ses pensées.

- J'espère que tu es un homme de parole. "

Dit-il avant d'attraper un paquet.

J'espère que tu es au moins ça.

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le Lun 19 Aoû - 23:13
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Vous vous fixez en chien de faïence. La curiosité glisse de son regard à ton visage, s'attarde sur tes paroles et tes mains. Mesure tes gestes Benji, mesure tes propos. Attention au calme feint sur tes traits. Il te fait face de toute son arrogance, te fait déglutir d'appréhension. Que faire ? Que dire ? Le souffle se perd dans tes bronches en une inspiration étranglée. Tu ne détourneras pas le regard aujourd'hui. Les cils battent l'air sans que le yeux ne dérivent vers le sol.
L'homme d'affaire quitte son vêtement pour devenir l'époux. Caméléon aux multiples peaux, tu suis ses gestes avec appréhension. Ce soir tu ne fuiras pas. L'arrière goût de peur coule encore dans ta gorge à chaque fois que tu te souviens de votre rencontre et de ses injonctions.

Tes mains se retrouvent jointes sur la table. Tentative frustrée de calmer tes nerfs. Tu redoutes le dernier devoir. Aucunes autres pensées n'arrivent à la supprimer. L'ordre est incontestable, la fuite est impossible. La mort ou le lit, l'abdication ou la voltige. Kintaro a bien fait comprendre le message : il n'y aurait aucune fuite possible tant que le ruban rouge lie vos annulaires.
Il y a de la lutte sous ta chevelure, un combat interne pour soutenir son regard sans détourner les yeux. Ses paroles t'arrachent des sourires crispés, les mains ne savent pas comment se placer, les doigts ne cessent de s'entrelacer, de se lâcher, de se serrer. Il y a presque une envie de riposter, le titillement du sarcasme démange le palais. Il t’agace, il t'agace. Il t'embête avec ses commentaires et ses piques, mais tu ne peux pas t'empêcher de les trouver divertissants. Son sourire t'irrites les yeux, tu peux pas t'empêcher une main de rejoindre ta nuque avant d'y faire glisser ton menton dans sa paume.
Un sourcil tressaute, la dernière provocation réussit à te tirer un sourire narquois. Un homme de parole. Tu es bien plus que ça. Certain d'une victoire par abandon, prêt à te délecter de son visage rouge et de sa bouche en feu, c'est cette vision que tu veux imposer à ton esprit avant de passer au travail. Tes jambes se délient sur le sol et tu te relèves. Quelle belle vue, tu poses un regard de haut sur ton époux et attrape le paquet de chips déposé près de toi. L'ouverture se fait dans un nuage odorant qui te souffle des relents de piments à la figure.

« Tu veux annuler avant pire ? »

Ta main se plonge dans le paquet sans que les yeux ne quittent les rétines de Kintaro.
Première chips ente les doigts, tu reposes le paquet sur la table.

« Attention à la bouche, le repas est après. » les lèvres restent ouvertes mais aucun sons n'en sortent. Elles s'étirent en un sourire crispé, non assumé, que tu as du mal à retenir. « Et si alcool mais pas eau. Plus drôle mh ? »

Il n'est pas rare que ton époux se serve un verre le soir. Longue journée, retour décevant à l'appartement, tu n'as jamais su la raison derrière, et elle ne t'intéresse pas plus que ça, mais l'emplacement des bouteilles t'es resté en mémoire. Tu contournes le kotatsu pour rejoindre le meuble. Les deux verres sont assez remplis pour un cul sec, après avoir tâté chaque bouteille. Les étiquettes te semblent toutes trop coûteuses, tu finis par déboucher le goulot de ce qui semble être de la vodka. Ce soir ton époux tâtera de la Russie, que ce soit de ses lèvres ou de ses fesses.

L'alcool est posé face à Kintaro avant de rejoindre ta place en face de lui. La bouteille reste sagement entre vous deux.
« Za zdorovie »
Tu lèves ton verre et avales entièrement le liquide.
Ventre vide, tu le laisses te brûler la gorge et t'embrumer les pensées.

La première chips est directement avalée à sa suite.

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le Mer 28 Aoû - 23:42
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La tension était unilatérale ce soir, Benji étant bien trop nerveux pour réagir à ses pics. Aux premiers du moins. Bien vite, l’époux se releva, le toisant de là-haut, de cette hauteur qu’il n’avait jamais sur Kintaro, ouvrant son paquet d’une impulsion dramatique. Le visage du japonais se secoua imperceptiblement en réponse à la mise en scène particulièrement risible. Ce qu’il était sûr de lui, ce petit. Il faisait moins le malin sur le sol de la salle de bain. Il le ferait moins également, la tête dans l’oreiller.

“ - Attention à la bouche, le repas est après.

- … Pardon ?

La phrase était lourde de sous-entendus dominateurs et sexuels. Pourtant, elle avait été prononcée franchement, sans ciller un instant. Le pli entre les sourcils de Kintaro s’aplanit quand il se souvint de son époux n’avait jamais fait preuve d’une telle audace flegmatique. Il s’agissait d’une incompréhension, rien de plus.
Benji poursuit sa conversation peu naturelle, s’envolant vers son cabinet à eaux-de-vie. Le dos de Kintaro se raidit mais il ne prononça mot, patientant diplomatiquement de voir la bouteille choisie par son époux, en espérant qu’il pioche sans le savoir dans le bas du panier. Le japonais la reconnut au premier coup d’œil. Le russe avait su instinctivement trouver l’alcool de son pays, démontrant une fois de plus son envie d’intégration. Si ce n’était pas beau. Au moins l’avait-il servi, contrairement à la dernière fois. Voulait-il se désinhiber sans être le seul ?

Kintaro leva sobrement son verre, le vidant à son tour. L’alcool brûla sa langue mais il le maintint en bouche, le faisant tourner, l’avalant à petites gorgées, regardant Benji prendre sa première chips alors qu’il s’appliquait à s’anesthésier, prenant tout le temps du monde pour examiner la bouteille et ouvrir à son tour le sachet.

La première chips n’eut pas d’effet particulier. Rassuré, Kintaro en prit quelques-unes, avalant sans trop mâcher. Comme Benji n’avait pas l’air de s’activer, le japonais repoussa la bouteille et son verre vers son époux, l’invitant à le resservir, comme le voulait la coutume. Ce serait honteux pour n’importe quel japonais de se faire rappeler les bonnes manières, mais Benji n’aurait pu comprendre l’implication que ce geste avait.
Il fallait tout lui apprendre.
Sourire mesquin.
Comme ce soir.

" - Ressers nous. "

Ça lui rappelait quelque chose, le kotatsu, la boisson, ses ordres. Benji était plus docile ce soir, pourtant.
Une chaleur bien spécifique traçait une ligne dans sa trachée, bien droite, prenant son temps pour faire son apparition, patientant que le paquet se vide pour le grand reveal. C’est soudainement que le feu prit, brûlant sur tout le chemin, faisant sauter le sang au visage. Kintaro agrippa un coin du kotatsu, toussa, garda la tête baissée alors qu’il sentait sa peau bouillir. Ah, il imaginait déjà la joie béate de son idiot d’époux, il ne pouvait lui faire ainsi plaisir. Pourtant, le piment l’agressait avec férocité, gardant sa bouche ouverte, encombrant ses yeux de larmes, déboutonnant le haut de sa chemise. Son poing s’abattit sur la table, cherchant à surmonter son état, prenant une gorgée l’alcool en espérant calmer le jeu.
De toute évidence, ça ne marchait pas. Cela semblait plutôt faire l’effet inverse.
Son regard remonta sur Benji pour le dévisager. Il ne pouvait pas le laisser s’en tirer comme ça. Son époux ne semblait pas non plus indifférent à la morsure du piment.

" - Abandonne. "

Kintaro n’avait pas imaginé être dans un tel état pour du piment, mais voilà qu’il l’était, et il n’aimait pas cela. Mais encore plus, il haïssait perdre. Ses doigts en feu reprirent des chips pour les avaler sans lâcher son époux du regard. Il continua de fouiller dans le sachet, faisant intentionnellement une partie à côté de lui, invisible aux yeux de Benji.

Abandonne car je compte bien finir ce paquet.

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le Sam 31 Aoû - 0:44
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L'alcool enflamme ta gorge sans pitié. Ce ne sont que les préliminaires à un déluge de chaleur que tu t'apprêtes à subir. Un mal pour un bien, le ventre vide et l'estomac à jeun accueillent l'offrande avec avidité, prêts à se gorger, à te corrompre le sang et les sens avec des fantasmes odorants. Le liquide est avalé d'une traite, sans possibilité de fuite. Il détend tes pensées, délie les mouvements. Tu fermes les yeux quelques secondes et laisse l'alcool te faire perdre tes repères petit à petit. Il faudra bien quelques instants avant que tu ne sentes réellement les effets sur ta psyché. Placebo ou potion, tu laisses le stress couler sur ta peau.
Les chips suivent peu après dans ta bouche, une à une. Doigts teintés d'orange et de rouge aux senteurs enivrantes de sel et d'épices. Tu te colores les lèvres de piment, le laissant te brûler la langue et te rougir les joues.
Quelques regards sont lancés en face de toi, tu ne détournes pas les rétines du paquet concurrent. L'homme avale les chips sans se soucier de la suite, le dédain reste collé à ses lèvres. Bien. Qu'il mange, qu'il avale, qu'il profite du répit. Tu mâches à ton tour, prenant soin à ne pas avaler de travers, laissant quelques coups de dents entre chaque bouchées. Plus vite il abandonnera, plus vite tu pourras refermer le sachet, pas besoin de souffrir inutilement lorsque la victoire est certaine. Ce n'est qu'une question de temps.

Le geste est arrêté en plein vol pendant que la bouteille est poussée vers toi. Un petit sourire en coin, tu t'empresses de remplir le verre de l'époux. Le tien reste vide, tu préfères taire toute tentation de boire, ou d'avaler par mégarde de l'alcool à la place de l'eau. La leçon a été bien comprise, c'est avec le sacrifice d'une bonne nuit de sommeil et d'un estomac en bon état que tu as compris l'importance de laisser l'estomac vierge de tout alcool directement après avoir ingéré des épices.
Parfait, penses-tu en regardant Kintaro avaler le liquide. Tu peux pas t'empêcher de sourire en le fixant pendant qu'il se débat dans son océan de chaleur. Les chips sont avalées avec intermittence de ton côté, mais le corps commence aussi à souffrir du piment. Le rouge colle aux joues, la bouche reste ouverte pendant que tu halètes par moment, pour attraper des lapées d'air. Le nez se vide dans un mouchoir qui attendait son grand moment d'utilité. Les yeux se mouillent, la vision se trouble, la langue est engourdie par le piment. Soupire, souffle chaud, tu tentes d'aérer ta bouche, de faire taire le piquant.
L'époux n'a pas l'air bien non plus.
Injonction, ordre, ça sonne comme une supplication à tes oreilles. Le sourire te monte sur les joues, bras croisés devant toi. Tu arques le dos vers lui, yeux coincés sur les mouvements de sa main entre ses lèvres et le paquet. Combat de regards, tu ne détournes pas le visage.

« Pas chaud ? » ton mielleux, sourire narquois. Difficile de retenir le ton moqueur qui gronde dans ta gorge. Il ne tardera pas à monter dans ta bouche et à arroser ton époux.
Tu fais tourner tes doigts parmi les chips, caressant leurs bordures, choisissant avec soin le prochain attaquant. Ta stratégie repose sur l'endurance : ton époux épuise rapidement sa bouche pendant que tu prends ton temps à mâcher les chips. La chaleur se répand plus lentement, les picotement sont plus diffus.
Tu avales une dernière bouchée, doigts colorés et brûlants. Le paquet est encore bien remplis, le soupire ne se fait pas attendre. Les jambes se déplient sur le sol, tu relèves ta carcasse brune. La démarche se fait rapide pendant que tu approches du coin cuisine. Les mains sont essuyées dans une serviette et un verre est posé sous le robinet. Oh non Benji, tu ne vas pas abandonner si facilement. Sourire moqueur en coin, tu reviens t’asseoir autour du kotatsu. Non plus face à ton époux, mais sur le côté qui lui est proche. Tu ne fais pas attention aux chips manquantes, trop occupé à ne pas éclabousser ton époux.

L'eau claque contre la table basse, tu pousses le verre vers ton époux du bout des doigts.
« Pas bien ? Chaud ? Ça va fait bien. »
La tête se penche vers le côté, une main attrape ton paquet pour le rapprocher de toi. Tu croques dans une chips en une provocation silencieuse. La tête se tourne vers la bouteille d'alcool, toujours fièrement dressée à tes côtés. Tu dodelines de la tête dans sa direction, l'indiquant d'un mouvement du menton. « Ou mieux ça ? »

Quel plaisir de le voir aussi mal. Tu ne le quittes pas des yeux, léchant ses expressions de tes rétines, t'abreuvant de son malaise et de ce rouge que partagent vos joues.

« Le gage gentil. »
Tu fais claquer ta langue contre tes lèvres. Grand sourire sur le visage, le dos se redresse et tu pioches à nouveau une chips.
« Promis. »
Tu vous ressers de la vodka en quelques mouvements. Trois verres vous font face, tes doigts glissent avec paresse sur les bords du tien. La hâte de fêter ta victoire te donne le courage d'avaler une petite gorgée qui met le feu à ta gorge.
Regarde, Kintaro. Regarde.
Regarde et avoue ta défaite.

Qu'il sera doux ce gage.
Que tu vas y prendre du plaisir.
La déglutition se fait plus difficile. Qui sait combien de temps tu arriveras à garder ce rythme pour calmer la brûlure.

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le Dim 1 Sep - 16:17
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Kintaro avait toujours eu des flammes s’échappant de sa gueule, comme n’importe quel démon rampant des crevasses de l’enfer jusqu’au monde des hommes. Cela ne l’avait jamais dérangé, cracher un torrent de lave à ses ennemis, hurler des fournaises sur ses subordonnés, serrer les dents devant ses partenaires. Aujourd’hui cependant, le feu était différent, une illusion tout au plus, mais qui le courbait devant son époux.

Ce petit renard ne manquait pas de profiter de la moindre faiblesse pour montrer ses vraies couleurs, son sourire aux crocs pointus, ses paroles piquantes. Et bien que cette attitude se joue de lui, Kintaro ne pouvait qu’apprécier cette facette joueuse, définitivement plus franche que ce qu’il obtenait jusqu’alors.

Et alors qu’il étudiait ses expressions pour déceler la moindre suspicion, Kintaro vidait peu à peu son sachet au sol. Une chips en bouche, deux au sol. Le plan se déroulait avec assurance jusqu’à ce que Benji ne se lève. Un mouvement de main encouragea le tas à se cacher sous le kotatsu, non sans laisser une trainée de paillettes orangées sur son passage. En même temps la curiosité de Kintaro suivait Benji au travers d’une étrange bulle de chaleur, vérifiant qu’il ne trichait pas.

Le verre se posa en face de lui, le narguant. Promesse d’un soulagement à très court terme, mais un soulagement tout de même. Benji avait cette même attitude fanfaronne, ses mots filant s’écraser sur l’arrière de sa gorge comme de petits piments, provoquant toux et regard embué. Que fais-tu donc, Benji ? Ces regards espiègles, ces paroles railleuses ne pouvaient-elles avoir d’autre but que d’attaquer sa fierté, de le faire réagir d’autant plus grandiosement ? Venir l’aguicher de la sorte, on eut dit un de ses employés le poussant à la débauche.
Kintaro s’appuya pourtant sur son avant-bras pour se tourner vers son époux, la tête basse et le regard urgent, s’approchant du verre sans oser le toucher. Il demanda, entre deux goulées d’air frais :

“ - Gentil comment ?

L’alcool coula, dans les verres et la gorge du jeune. Ce dernier ne pouvait empêcher ses pensées de s’inscrire dans le moindre de ses mouvements. Il était certain de sa victoire. Kintaro reporta son attention sur les verres qui lui contaient milles merveilles, aussi trompeuses qu’un spot publicitaire. Ses mains restaient hors de portée mais ses doigts se tendaient inconsciemment vers la cible, en proie au désespoir. Benji semblait pensait que boire serait un aveu d’abandon, mais après tout, cela n’avait jamais été précisé. Il ne pouvait cependant se permettre de vexer son époux ce soir. Alors autant jouer le jeu.

De nouvelles chips furent soulevées à sa hauteur, ingérées alors que son front devenait brillant. Les manches de sa chemise se relevèrent, il s’appuya d’autant plus sur la table, abattu par un soleil de plomb. Kintaro souffrait, c’était un fait. Son corps le lui rappelait à chaque instant, ne lui offrant aucun répit. ll aurait pourtant été mal le connaitre que de penser qu’un malaise passagère pousserait Kintaro à l’abandon, d’autant plus en étant défié de la sorte. Mais Benji semblait si disposé à lui montrer qui il était, autant s’amuser un petit peu.

Mais le kotatsu était bien trop chaud pour son corps fiévreux. Kintaro s’extirpa en poussant sur ses jambes, le moindre mouvement semblant surhumain pour son organisme effervescent. Son œsophage lui suppliait de de plus rien avaler, menaçant de représailles lorsqu’il se plia en avant. Kintaro ne cachait pas son combat intérieur, peut-être cela encouragerait Benji à faire plus d’efforts pour précipiter une victoire imminente.

- Convaincs-moi.

Bien qu’à moitié débraillé et couché sur la table, l’œil du japonais brillait d’une malice brûlante. Il voulait voir plus de cet idiot qui se pensait malin.
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le Lun 9 Sep - 13:37
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Le feu monte à l'intérieur. Brasier d'épices, mélange toxique d'alcool et du souffle ardent d'une hâte contenue. Tu veux le voir tomber, s'écraser sous tes pieds pour mieux te permettre de le piétiner. Appuyer ton talon contre sa tempe, l'humilier pour mieux l'apprécier.
Le ventre est chaud, l'estomac gronde, incandescence des tripes, bouillonnement qui s'impose sous ta peau. Tu sens la vague enflammée se répandre dans ton corps. Le sang ne quitte plus tes joues, il fait pulser ton cœur à chaque respiration. Difficile de faire la différence entre le piment et la vodka, la tête ne tourne que trop peu, la conscience est si présente.

Les yeux ne cessent de glisser sur Kintaro, caressant du regard ce malaise grandissant, ce bouillonnement qui illumine la peau. Les lèvres s'étirent sur ton visage sans que tu ne t'en rendes compte. Sourire pensif, satisfait, le plaisir irrésistible de voir la bête coincée. Il lutte, cet homme. Pour maintenir la tête droite, pour ne pas se laisser aller à la facilité et à la faiblesse. Tu aurais presque envie de pousser le verre plus près. Inciter à la défaite, pousser à l'abandon. Les rétines griffent ses doigts blancs. Le démon s'épuise, laisse la saveur piquante le terrasser. Bientôt il ne sera qu'un tas de poussière, pantin désarticulé, acculé, obligé de se soumettre à tes ordres et à tes envies de vengeance. Dragon vaincu, achevé, lance en travers du corps.
La grande gueule perd de sa poésie et de son panache.
Oh, mais tu seras gentil. Gentil comment ? Aussi doux qu'un agneau, aussi tendre que la brise de vent sur tes joues innocentes. Sourire ingénu, yeux plissés, doigts déliés sur le kotatsu. Il ne faut pas s'inquiéter de ça si tôt, Kintaro. Tu dodelines de la tête doucement, en un signe qui incite à la patience. Surprise.

L'homme bouge, fuite du corps hors du kotatsu. Tu ne lui adresses qu'un regard pendant que l'esprit est occupé autre part : ta main retrouve le chemin vers ton verre. Un nouvelle gorgée embrase la gorge, la grimace ne se fait pas attendre. Elle durcit tes traits et déforme la bouche quelques instants. Tu clignes difficilement des yeux, digérant avec mal la vague qui s'abat dans ton corps. C'est pour l'encourager, lui montrer la voie, ouvrir le chemin. Si toi tu peux le faire, pourquoi pas lui ?
Doigt glissé entre ton cou et ton t-shirt, tu déglutis avec difficulté en tirant sur le bord du vêtement. Le spectacle à ta gauche attire à nouveau ton attention. L'époux luttait toujours, corps tordu, gestes hésitants et lents. Le regard glisse sur ses vêtements et les traits de son visage. Jugeant, jaugeant, à quand il succombera enfin à l'abdication. Ne te fait pas supplier, Kintaro.

La voix se lève, les regards se bloquent. Délice de la malice, pointe d’espièglerie dans l'attitude. Toutes tes pensées sont occupées par le gage. Bientôt, bientôt. Icare tombera du ciel dans l'océan de la vengeance. Kintaro perdra bientôt ses plumes, arrachées par poignées pour le laisser à nu sur le sol. Tu pourras le regarder de haut, le laisser regretter ses péchés. Il ne pourra pas t'en vouloir, ce n'est qu'un gage, un défi perdu. Il ne pourra rien te dire, non. Comment demander des excuses quand c'est la défaite qui te brûle les ailes ?
Alors oui, tu es prêt à le convaincre.
Les yeux trouvent le chemin vers ses lèvres. Tu ne t'abaisseras pas à des supplications verbales. Les iris s'accrochent à la pulpe rougie par les épices. Tu ne t'abaisseras pas non plus à lui faire le plaisir d'un baiser aux dures senteurs de piment. Pourtant il serait capable de se laisser aller. Peut-être. Il n'a pas eu l'honneur de caresser tes lippes aujourd'hui, ni de sentir ton haleine sur sa peau.
Que faire, quand tu veux lui embrouiller l'esprit, lui vider la tête de toutes pensées ? Que faire quand tu dois endiguer ce venin de revanche face à ton orgueil ?

Tu allais t'approcher, Benji. Le mouvement était lancé, le corps avait bougé. Pour le tenter, sans le toucher. Lui faire sentir ton souffle sans lui donner la joie de te sentir sur lui. Narguer ses désirs d'un commentaire railleur en te laissant à l’abri de ses attaques. Lui promettre un esprit lisse et un gage chaste de toute malice.
Tu allais glisser vers lui, Benji. A mi distance, juste assez près, juste assez loin.
Mais le regard a été attiré par de la poudre rousse. Poussière orangée, laissée sur le sol vers le bord du kotatsu. Voici les infidèles qui reposent près de la jambe de Kintaro. Poussées à la lumière par une fuite des membres hors du meuble. Tu t'es arrêté en pleine approche. Visage tourné vers le sol, sourcils qui tiquent, qui se froncent devant l'outrage et la triche. Les doigts ont attrapé une chips, les yeux curieux ont questionnés l'époux.

« Ah. Mhh... » le sourire disparaît, tu restes songeur, irrité. Contrarié d'avoir été la victime d'une tromperie aussi flagrante, aussi honteuse, aussi sournoise. Pourtant tu aurais dû t'y attendre.
Cet homme obtient toujours ce qu'il veut, glissant entre les règles, effaçant les limites pour mieux les redessiner où il les préfère. Tu avais déjà pu voir le maître à l'oeuvre.

Le bras est passé sous un bord du tissu, relevant le kotatsu pour faire éclater la supercherie.
« Kintaro. »
C'était un murmure, presque un soupire de consternation. L'autre main est venue attraper une poignée de chips. Poing levé entre vous, tu le fixes dans les yeux, air désabusé sur le visage.
Et maintenant ?
Est-ce qu'il est disqualifié ?

« J'ai gagné. »
Tu lâches les chips. Elles tombent à vos côtés dans un déluge de poussière épicée.
« Le gage, à moi. »

Comment disait il déjà.. ? « J'espère que tu es un homme de parole. »
Raillerie amère. Sourire narquois.

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le Lun 9 Sep - 21:19
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Ce que Kintaro aimait les dents de Benji, surtout quand elles croquaient pleinement dans les pommes empoisonnées qu’il lui tendait. Ce qu’il était vilain, cet enfant. Docile en apparence mais prêt à frapper à la moindre faiblesse, oubliant le lendemain où il serait puni. On disait souvent, chez les Nakashima, qu’il était fou de confier le pouvoir aux frustrés, qui ne savaient l’utiliser sans devenir détestables. Benji avait tout de celui qui n’a possédé la moindre autorité et s’est fait piétiner toute sa vie. Chaque opportunité était à saisir pour tenter de se hisser sur l’échelle, faire payer à la société sa méchanceté. L’affaire aurait été moins grossière que Kintaro se serait laissé faire bien galamment, en bon gentilhomme qu’il se devait être avec son époux. Mais il y avait bien trop de ressentiment dans ce regard, une lueur malveillante qui ne pouvait lui plaire.

Alors Kintaro jouait avec ce sentiment d’ascendant, acceptant ce rôle de victime, rien qu’un instant, pour voir jusqu’où il irait. Et Benji croque le fruit, observe ses lèvres, le fait espérer, amorçant une approche. Kintaro s’imagine déjà l’obliger à presser son corps contre le sien, le faisant chanter pour qu’il aille plus loin, sans promesse d’abandon. Pourtant, l’attention du russe fut détournée au dernier moment, fixée sur un point près de sa jambe, là où, horreur et damnation, quelques preuves avaient été mises à découvert.

L’ambiance joueuse retomba immédiatement, Benji revint vers lui avec le dégoût de celui qui prend âprement conscience d’une moquerie latente. Ses doigts saisirent le tissu et Kintaro sut que le pire était à venir. Un rire fut difficile à dissimuler face à la déception russe. Il pinça sa bouche, fronça les sourcils et mordit sa langue dans l’espoir de se contrôler mais pendant une seconde on voyait son menton tressauter.

Benji lâcha les miettes qui s’éparpillèrent au sol. Kintaro les observa un instant, imaginant Benji les nettoyer, le lendemain. Ah ! S’il avait su être ainsi découvert, il aurait poussé les chips d'un pied de l'autre côté de la table pour pouvoir l'accuser à son tour.

“ - Ah, oui… mon paquet s’est renversé, tout à l’heure.

Kintaro s’était à peine repris, il souriait, ne se fatiguant que peu à feindre un air contrit, préférant s’appuyer sur son poing et le dévisager, ouvertement narquois. Rouge et peinant à respirer, mais narquois tout de même.

- Tu avais tant envie de jouer, je n’ai pas osé te le dire.

Cette fois-ci, la plaisanterie ne passerait pas, n’est-ce pas ? Il ne devait pas vexer sur époux, et ne comptait pas manger ce qu’il avait mis au sol. Alors il râla d’un ton léger, saisissant le verre d’eau et le levant en direction de Benji.

- Ok, très bien, tu as gagné.

Kintaro prit quelques gorgées d’eau en soupirant d’aise. Cela ne le soulagerait pas longtemps, pourtant. Il faudrait manger. Alors il se releva, le nez dans son verre, pour fouiller dans les placards à la recherche d’une pommade alimentaire.

- Que veux tu, donc, comme gage ?
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le Mer 11 Sep - 19:32
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Tu écoutes les fausses excuses, lèvres closes, sourcils arqués et froncés. Ta langue claque avec agacement dans ta bouche, le regard est détourné vers le tas de chips. Agacement dans les pensées, vision affligeante de son dédain. Il se moque de toi, te fait tourner entre ses mains pour faire de toi une poupée de chiffon à la tête creuse. Tu n'avais rien vu, rien remarqué. Trop occupé par tes propres pensées pour remarquer le stratagème. Que tu es vexé Benji. Fugace impression de te prendre une gifle, ça résonne dans ta caboche comme des rires moqueurs. Te voilà retombé à ta place étriquée de gamin. Il croit pouvoir te dire autant de moqueries qu'il le souhaite, mais ça gonfle dans ta poitrine. La rancœur s'amasse, l'agacement s'empile.

Seul un petit regard en coin est lancé vers l'époux. Tu ne veux pas lui donner plus d'attention, la honte te vrille le cerveau en repensant à l'approche que tu avais amorcé. Dégoût de l'acte, humiliation de la pensée. Que tu te serais senti idiot, à t'approcher si près de ses lèvres. A lui offrir la vision amère de ton corps s'approchant tant du sien. Tu déglutis avec agacement. Oui, il s'est bien moqué de toi. Il y a une telle envie de lui arracher ce sourire de ses lèvres. Grimace sur le visage, tu redresses ton dos, comme pour te redonner de la contenance. La fierté est mise à mal.
Mais voilà l'époux qui râle, qui peste, qui lève son verre. Tu fronces les sourcils à cette vision, le doute te fait croiser les bras sur ton torse. Tes yeux suivent ses gestes du regard, tu ne veux pas lui donner l'occasion de te décevoir une nouvelle fois. Pourtant le voilà qui avale, qui avoue, qui s'abandonne à l'abdication. Les paroles sont là, l'acte est fait. Tu ouvres la bouche, incapable de savoir quelles paroles prononcer. Les lèvres se lient à nouveau pendant que tu examines ses gestes. Abandonne-t-il vraiment ? Ou n'est-ce qu'un autre artifice pour te souffler dans les ailes avant de mieux te projeter contre le sol ?
Tu ne sais pas très bien.
Mais...
« ...tu as gagné. »



Il n'y a pas eu de sourire ni d'épine sarcastique. Les paroles sont restée cachées dans tes cordes vocales. Tu n'as rien dit, visage tourné vers ton époux pendant qu'il fouillait les placards. Le canapé bloque trop tôt ta vision, mur douillet entre tes rétines et les va et viens de ton époux dans la cuisine.
Soupir dédaigneux, insolent, dubitatif. Tu lèves les yeux au ciel avant de te mettre à ton tour sur tes jambes. Vos verres sont attrapés au vol, encore remplis à moitié du liquide transparent aux senteurs assez lourdes de courage. Il te faudra bien ça pour aller jusqu'au bout de tes fantasmes. Il lui faudra bien ça pour accepter sans rechigner.

Le salon est contourné, la table de la salle à manger est évitée. Avançant avec une tranquillité feinte jusqu'à Kintaro, tu déposes les deux boissons sur l'îlot de l'évier. Dos tourné à l'époux, doigt glissant avec lenteur sur les bords du verre. Comment lui dire ? Comment lui présenter le défi ?
« Je veux... » tu veux ?
Tu veux. Mais tu ne sais pas comment. Pas exactement.
Murmure rauque où perce l'hésitation. Tu coinces ta lèvre inférieur entre tes dents, énervé après toi-même d'exposer ton incertitude à l'oreille du démon. Tu te reprends, te redresse.
C'est un vibrement dans ta poche qui détourne ton attention. Le portable s'emballe, veut t'annoncer que votre repas est arrivé. Bien. Timing parfait.

Pas besoin de prévenir l'époux, tu n'as que quelques pas à faire vers la porte vers la porte avant d'y attendre le livreur. L'échange est bref, quelques regards sont échangés en même temps que les règles de politesses. Il faut croire que vos corps portaient encore les stigmates du piment, le pauvre homme vous regardait d'un air ahuri, geste hésitant, regard papillonnant de l'un à l'autre.
Le sachet est posé près des verres, tu t'installes sur l'un de tabourets du bar américain pour sortir les boites chaudes. L'odeur te met l'eau à la bouche, tu salives d'avance à l'idée de croquer dans le pain fondant.

« Burgers. Thé à moi, l'eau à toi. »
Un paquet est poussé vers l'époux pendant que tu entames avidement le repas. Il n'y aura rien de japonais au menu ce soir pour lui. Rien n'est fait pour son plaisir : tu te refuses à suivre la vie nippone de Kintaro. Tout est prétexte à éloigner un peu plus loin cette lourdeur de l'ambiance japonaise.
La viande tendre et le fromage fondu coulent dans ta bouche avec délice. La crème épaisse te caresse la gorge et apaise les brûlures. L'estomac reste toujours douloureux par endroit, trop peu habitué à être maltraité aussi durement. Les soupirs de satisfactions sont impossibles à retenir, les yeux se ferment par moment pour mieux savourer ce moment. Une main graisseuse attrape rapidement le gobelet de thé glacé. Les glaçons s'entrechoquent pendant que les gorgées sont avalées. Tu ne fais pas attention aux gouttes qui roulent aux commissures de tes lèvres, les essuyant prestement du dos de ta main.

Ce n'est qu'à la moitié du repas que tu te rends compte.
Mouvement impertinent des épaules, tu recroques dans ton burger :
« Pas le dessert. J'ai oublié. »

Tu ne sais pas encore que ce sera toi, la petite pêche saupoudrée au matcha. Impossible d'imaginer à quelle sauce tu vas te faire croquer.


Le repas est avalé en quelques coups de dents supplémentaires, trop affamé pour laisser des restes. Tu verses le fond de ton thé dans ta vodka pour la diluer. Les gorgées sont plus agréables à avaler. Une, deux, trois. Le goût en est meilleur, pourtant l'effet sera le même. La bouche et les mains sont essuyées puis lavées. Pas de saletés, pas de traces de gras qui pourraient te mettre mal à l'aise. Tu aimes la propreté, tes déchets sont immédiatement jetés à la poubelle. Ceux de ton époux sont laissé à son propriétaire.
Il ne reste plus qu'une chose à faire.
Regard coincé sur la poubelle, tu n'oses pas le tourner vers Kintaro.

« Le gage, mh ? »
Le portable est sorti, une application de traduction est ouverte. Il n'y a pas de place aux erreurs, tu ne veux rien laisser au hasard, ni lui donner la possibilité de jouer sur les mots. Pas d'échappatoires à tes désirs, aucune fuite possible.
Tu tapotes quelques phrases en russe. Mince sourire qui flotte sur les lèvres, tu te tournes vers le diable en costard, yeux fixés sur l'écran.

« Vous allez suivre mes commandes. Sans refus. »

Petite pause dans la diction, tu t'approches d'un pas vers ton nouvel esclave, gardant une distance de sécurité entre vous.

« A genoux. »
Jusqu'où peux-tu le pousser ?
Jusqu'où est-il prêt à aller ?

Tu vas prendre ton temps pour le découvrir. Juste le temps d'apprécier cette vision de soumission.

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le Sam 14 Sep - 13:26
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L’appartement était un sauna qu’il espérait fuir avec un peu de nourriture. Seul, Kintaro aurait sans doute laisser tomber ses vêtements mais, quand bien même ils seraient nus ce soir dans des positions bien plus gênantes, une chemise de moins semblait présentement inconcevable. Après un pas d’enfant agacé, Benji le rejoignit d’un rythme lent, quasi hésitant, inhabituel, forcé. Jamais n’avait-il cherché sa présence. Ce changement si soudain, après un tel dégoût dans les plis du nez n’aurait pu être naturel.

Kintaro inclina son regard pour étudier l’arrière de sa tête. Que veux-tu, Benji ? Ton désir est-il incertain ou ne sais-tu pas comment l’exprimer ?

Le verre d’eau se termina et claqua sur le comptoir. Kintaro menaçait son dos d’un air dur, lui ordonnant de surveiller ses paroles. Un pas, puis un autre le rapprocha de lui, sa nuque était proche, facilement effarouchée, ne s’attendant pas à ces doigts qui, sans agressivité mais avec fermeté, se tendaient pour l’attraper.

Nuque, aine, cuisses.
J’arrive, j’arrive pour elles.


As-tu imaginé toute la journée mes mains sur ta peau ? C’est étrange, je m’étais imaginé te poursuivre jusqu’au dernier jour. L’application est-elle restée fermée ? Ignores-tu encore d’où venaient ces bleus, ces douleurs parsemées sur son tendre corps ?

Le démon rouge était prêt à croquer, non annoncé, cette chair vierge et insoumise.
Mais le portable vibra.

Benji avait encore commandé. C’était bien la peine de refuser que ses hommes leur livrent le repas chaque soir. Un autre jour, il aurait évoqué le paradoxe. Pas aujourd’hui.
La nourriture américaine était bien loin de faire partie de ses favorites, mélange savant de sucre et de gras compact enroulé dans du papier comme tout juste sorti d’un carton. Kintaro avisa le sandwich et les morceaux d’oignon tombés dans un blob de sauce. Il croqua une ou deux fois pour se débarrasser du piment, écœuré par la graisse qui giclait du steak, la salade cuite, la colle que devenait le pain. L’eau aida à déglutir et l’alcool à se rincer la bouche. Jamais plus. Benji, lui, semblait bien aise, ne portant que peu d’importance à la façon de manger ou de boire, s’abandonnant à ses désirs comme s’il avait été seul. Une grimace fut cachée alors que Kintaro essuyait sa bouche. Ne savait-il donc rien faire correctement ?

Kintaro sirota la vodka pour patienter, le corps maintenant presque apaisé. C'est en silence que le japonais attendit que son époux finisse sa phrase, mais ce dernier ne cherchait pas à communiquer plus qu’à l’habituelle : c’est à dire pas du tout. Aucun regard, aucune position ne laissait entendre qu’il était ouvert à la discussion. Patience.
Benji finit son repas, rangea, lava. Kintaro restait immobile.

“ - Le gage, mh ?

Le regard du japonais darda une fois de plus sa colonne. Fais-moi face, Benji, ose recevoir mon avertissement avant de faire une erreur. Mais le russe gardait le regard bas, même en se retournant. Kintaro, lui, se leva, bien droit dans son attitude aristocratique, son verre à la main, ses menaces au bout des lèvres. Benji semblait confiant.

- Vous allez suivre mes commandes. Sans refus.

Le regard s’étrécit, le menton se leva encore un peu. C’était donc un abruti fini. Un génie lui aurait offert une faveur qu’il aurait demandé pour une infinité de vœux.

Tu te crois malin ?

"Sans refus."


Déjà son pied commençait à battre le sol.
Enfin, Benji osa lever son regard bravache jusqu’à lui, s’approcher comme si un pouvoir inaliénable avait investi son être, comme si les règles étaient inviolables, comme si les lois étaient d’une quelconque importance. Il put ainsi rencontrer une froideur toute particulière, observer avec quelle impatience ses bras se croisèrent sur son torse.

-  A genoux.

Sa voix eut le temps de rebondir sur les murs et de s’éteindre comme une bougie en fin de vie. Le japonais était resté immobile, une moue d’incompréhension surprise plâtrant ses traits. Une seconde s’écoula péniblement, puis deux. Qu’est-ce que cela, Benji ? Demandait son allure méprisante, tentant de comprendre le chemin de pensée de son idiot d’époux. Kintaro ne jouait pas selon les règles, Benji le savait déjà. Comment cela avait-il pu sembler une bonne idée ?

Était-ce ainsi qu’il comptait remplir leurs devoirs, ce soir ?

Cette pensée avait un tel potentiel comique qu’elle parvint à alléger la situation et son humeur d’un coup. Rire suffisant, regard supérieur. Ses bras se dénouèrent en s’approchant de son époux, son dos ployant, ses yeux ne le lâchant pas un instant, le pénétrant, allant d’un œil à l’autre en penchant la tête, testant cette attitude de parvenu, dissection lente et récréative qui mettait si facilement mal à l’aise.

- Une obéissance totale est un peu trop demander pour une défaite aussi frivole, ne crois-tu pas ?

Son visage paternaliste se pencha, demandant une réponse. Un gage n’est pas une raison d’oublier sa pondération. Benji devait le comprendre ou subir les conséquences.

- Alors, Benji, dit-il en se redressant, soudainement plus léger, laissant leur différence de taille peser sur son époux, l’air horriblement conciliant. Annonce ton gage tout entier, que nous soyons fixés. Lâche donc ta connerie en une seule fois, que je te croque immédiatement. Tu avais une idée en tête. Que devrais-je faire après m’être mis à genoux ? Ah, petit renard, te voilà dans un sacré pétrin. Prudence, prudence. C’était là le maître mot.

Sa main s’allongea, vint tranquillement se refermer sur le portable et le déposer sur le bar à côté d’eux. Poison de leur génération, l'écran captivant l’attention d’un plus jeune restait, pour Kintaro, une insulte à l’étiquette.

- Concentre toi sur moi. "

Plus de refuge pour le regard, d’impression de savoir dû à des recherches internet. Non, il était seul face à sa décision.
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le Dim 15 Sep - 0:46
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Tu es si sûr de toi.
Ça s'égraine, s'égare, les certitudes chancellent à mesure que le silence s'installe après l'ordre.

Tu étais si sûr de toi. Un gage, un ordre, une chance de lui faire accepter une commande. Tu tiens ta position, muscles tendus, traits crispés, pendant qu'il se rapproche. A genoux, à genoux. Le regarder de haut, juste pour quelques secondes. Lui faire poser les mains sur le sol, ensuite. Le forcer à courber l'échine, l'obliger à s'excuser et à te demander pardon pendant que tu resterais debout face à lui. Le dominer, le regarder de haut, pour une fois. Lui qui te disait de respecter les ordres, qui te demandait à être un homme allant au bout de ses paroles. Le voilà qui avance avec cette lueur mauvaise dans les yeux. Tu clignes, les paupières papillonnent plusieurs fois. Un homme de parole. Tu en es un toi. Tu pensais naïvement qu'il y aurait réciprocité. Il semblait s'être plus ou moins calmé, presque adoucis. Il aurait fallu prendre ton temps Benji, ne pas être aussi gourmand et affamé. Calmer cette envie de vengeance.
Le dragon montre les crocs en un rire dépourvu de joie. Il pourrait presque se lécher les babines devant ta balle gâchée, ricoché inutile sur ses écailles sombres.

Oh, Benji. Que faire quand il pose ce regard sur toi ? Quand son corps s'érige devant toi avec cette agressivité fumant hors de lui à chaque pas ?
Ce gris aussi froid que l'acier, ce gris de tempêtes, ce gris de pluie, ce gris d'orage. Il n'y a que ça qui s'impose à tes yeux. Mélange de noir et de blanc aussi glaçant qu'une lame de couteau sous la gorge. Tu déglutis. Le regard plonge en toi sans que tu puisses t'en défaire, rétines contre rétines, pupilles qui sautent d'un œil à l'autre sans bienveillance. Il prend son temps pour te fixer, te met mal à l'aise. Le souffle se coupe presque, le cœur pompe à toute allure pour ravaler ces couleurs qui t'explosaient sur les joues. Tu pourrais presque étouffer sous son ombre. Mais tu restes face à lui, une détermination qui fuit petit à petit tes lèvres.
Les voici qui s'entrouvrent, se referment, se pincent. Les doigts réajustent leur prise sur le téléphone, le dos tente de se tenir plus droit. Kintaro pourrait ne faire qu'une bouchée de toi. Le loup a la gueule grande ouverte, prêt à te gober, à te croquer chaque membre, à lécher ton malaise qui suinte dans chaque geste.

L'homme prend la parole et informe, met en garde des dangers qui se cachent dans ces occasions trop belles pour être vraies. Tu as foncé tête baissée quand on t'en a donné l'occasion. Sans réfléchir, sans penser au delà des désirs. Guêpe engluée dans de la confiture, tu te débats pour te sortir de sa présence douce-amère. Tu bourdonnes de l'intérieur, t'agites pour trouver ce soubresaut et t'éloigner enfin.
Alors Benji ?
Alors, Benji ?


Tes yeux ne savent plus où se poser, impossible de soutenir le regard de Kintaro plus de quelques secondes. Impossible de garder les rétines immobiles, les paupières s'agitent, tapent des cils contre ta peau avec agacement. Futilité de la fuite, tu sens tout de même sa présence devant toi, même en baissant la tête. La bouche s'ouvre pour parler, mais tu te reprends avec amertume. Que répondre ? Que dire ? Quelle excuse inventer, quand tes véritables intentions pourraient amener sa main contre ta joue ? Tu pinces tes lèvres, avales les lippes et les coince entre tes dents pour faire disparaître le rose de la pulpe. Le stress te faire agiter les doigts sur le portable, les ongles grattent les boutons sans les presser. Tu érafles le plastique de la coque sans l'abîmer. Pourtant les sourcils se froncent d'agacement. Que cet homme t’énerve, malgré la peur qu'il fait couler dans tes veines.
L'objet t'es retiré des mains sans que tu ne puisses rien trouver à dire. Le menton tombe en silence et les yeux suivent la main de ton époux du regard. Tes doigts ne se sont pas serrés autour de ton portable, le geste n'aurait servit à rien après tout.
Le bras reste toujours dans la même position, espace vide dans la paume à découvert. Ta mâchoire se crispe de frustration pendant que le cœur calme ces battements dans tes oreilles.
Alors tu te concentres.
Tu te concentres sur lui.
Tu te concentres sur le gris de ses yeux, sur le noir de ses sourcils.

Les mains viennent discrètement s'essuyer sur ton pantalon. Tu bloques tes yeux sur son regard, non sans efforts. Sourcils toujours froncés. C'est difficile de cacher le malaise, d'essuyer la contrariété hors de tes traits. Tu ne sais pas quoi répondre. Impossible de trouver tes mots ni la bonne réponse à apporter. Hors de question de lui balancer la vérité, mais tu restes incapable de trouver un bon mensonge. Tu tentes de soutenir son regard, t'humectant les lèvres pour te donner quelques secondes de plus.
Concentre toi.
Concentre toi sur les mots
concentre toi sur lui.
Eh bien quoi ? Il veut que tu restes face à lui, que tu gardes les yeux fixés sur ses rétines ? Que tu le dévisages pour retenir chaque trait, chaque pigment de la peau, chaque détail de ses émotions laissées transparaître sur son visage ?
Pourtant tu ne peux pas empêcher ton regard de fuir vers le portable. Si proche, mais resté hors de ta portée. Tu as bien compris qu'il était impossible de l'utiliser. Tu ravales la frustration qui te sert la gorge. Incapable de tirer le bon d'une opportunité offerte sur un plateau d'or.
Le soupir glisse entre tes lèvres, les doigts viennent caresser l'arête de ton nez.

Tu avances un pieds. Quelques centimètres plus proches, à peine.
Il y avait l'envie de reculer, pourtant. De mettre de la distance pour te protéger, pour fuir. Il a fallu ravaler l'inquiétude et la répulsion. Calmer la cacophonie dans la poitrine et la moiteur des mains. Ne pas montrer la peur ni le trouble.
Devrais-tu répondre que tu voulais une photo souvenir ? Ce serait sauter de toi même du balcon. Dire que c'était une blague ? Non, il chercherait à t'arracher la vérité. Il faut chercher, fouiller, trouver la bonne excuse, celle qui évitera la violence ou les insultes, qui calmera les esprits par l'humour ou la désinvolture. Les souvenirs s’entremêlent et s'entrechoquent dans la caboche. Puis vient l'illumination. Ce n'est pas l'idée du siècle, tu sais à peine si tu ne risques pas de finir toi même à genoux. Le temps te manque pour trouver mieux pourtant.
Les yeux retrouvent le chemin vers ceux de Kintaro. Les lèvres s'étirent en un sourire qui se veut narquois, mais dont l'apparence est trop crispée. La désinvolture que tu essaies d'imiter s'effondre quand la voix craque, à peine la bouche ouverte.

« C'est... » hésitation, « je pensais... » quoi ? Lui faire plaisir ? Non, tu ne veux pas dire ça. Comment traduire ? Comment choisir les mots ? Ce serait te précipiter dans la gueule du loup. « Drôle. Pour rigoler, vodka. Alcool, pas... » les mains se crispent d'agacement pour prendre la forme de poings, tu plies et déplies les doigts. « Alcool, dans tête. Je- juste rigoler. » le regard évite celui de Kintaro quelques secondes, puis reviennent à la charge pour s'enfoncer dans ses rétines, essayant de le convaincre en plongeant dans les prunelles. Tu avais lu ça dans ses réponses, à la salle d'arcade, souviens toi. Comment dire le mot "soumission" quand tu connais si peu de mots japonais ?
« Le-... » c'est quoi déjà, ce mot ? Tu décides de le prononcer à l'anglaise, incertain des sonorités en japonais. « Je pensais le BDSM, tu aimais. »
Tu termines la phrase en haussant des épaules, air mutin qui revient sur le visage. Le regard se repose sur le kotatsu où la bouteille trône toujours. Oh... si elle pouvait venir à ton secours, si elle pouvait embrumer les pensées de ton époux. Pourtant elle n'est que trop diffuse dans tes veines. Te donnant à peine cette impression de légèreté. Le repas a épongé les gorgées avalées.
Les lèvres se pincent à nouveau, tu n'oses pas tourner le visage vers Kintaro. Impossible de ralentir le rythme cardiaque.

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le Dim 17 Nov - 16:34
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Perdant son assurance estivale, la température ayant chuté, Benji s’était mis à frissonner. Ce n’était pas sans déplaire au démon qui s’imaginait déjà de l’orée du bois faire sortir sa main pale, caresser de sa paume glacée sa joue si chaude, l’hypnotiser depuis l’ombre du feuillage pour qu’il répétât comme un bon garçon sa parole d’évangile.
En échange d’une obéissance totale le sauver de cette triste erreur.

Son tendre corps fuyait, incapable de supporter la pression qu’imposait Kintaro. Le loup patientait, ne tentant pas le moins du monde de l’aider en prenant en arrière un pas de convenance, lui apprenant ainsi une leçon vitale. Benji battait en retraite. De la tête, du regard, de l’intégralité de son être bien qu’il tentât de ne pas le faire. Et Kintaro, ne s’adoucissant qu’à peine, découvrait des crocs moqueurs, attendant leur heure avec de moins en moins de patience.

Les proies étaient toutes les mêmes, sondant l’espace en quête d’une porte par laquelle fuir à toutes jambes, d’une bouée pour se sauver de la noyade, d’un portable pour appeler les secours. Mais une porte se ferme, une bouée s’éventre, un portable s’éloigne. Kintaro s’en assurait personnellement.

Le silence s’éternisait douloureusement, Benji se débattant en lui-même, n’ayant visiblement jamais pris en compte, dans son plan parfait, le tempérament de Kintaro. Celui-ci, la patience usée, allait mettre fin à ses souffrances d’une acide remarque quand enfin son époux releva le regard, forçant un sourire incongru. Les mots butèrent à ses lèvres, excuses faibles et hésitantes.

" - Drôle. Pour rigoler, vodka. Alcool, pas-

Kintaro répéta ironiquement “Drôle” avant de prendre une gorgée. Sa voix grognait doucement, froide et faussement légère. Drôle, ressassa Kintaro en lui-même, les yeux dans le vague, expirant du nez dans son verre, une expression incrédule haussant ses sourcils et étirant brièvement ses lèvres.

- Je pensais le BDSM, tu aimais.

Sa main eut un soubresaut. Elle le démangea soudainement, agressivement. La frustration lui fit grimacer un sourire.

- BDSM ?

Et Benji osait hausser les épaules, sourire de cette affirmation. Attention à la bouche, le repas est après. Les mots de son époux lui revinrent à l’esprit, lui qui avait cru à une simple incompréhension raccordait à présent les morceaux. Sa main aux jointures blanchies monta une nouvelle fois à sa bouche, son regard embrasé ne le lâcha que pour terminer son verre. Kintaro voulait se calmer, il l’avait vraiment voulu, mais à présent, son unique envie était de percuter sa tempe pour lui enseigner la discipline.

Sa main le démangeait, ce verre le brûlait.

Après tout, c’était Benji qui lui avait parlé de BDSM de ce regard aguicheur. Ce ne serait pas réellement de sa faute, au final. Kintaro pourrait feindre l’incompréhension, bien qu’il soit évident que si Benji le voulait au sol et à genoux, ce n’était pas pour se faire dominer.

Le verra fut lâché un peu trop négligemment sur le comptoir. Il rebondit, roula sur son côté et chuta au sol, s’explosant et glissant en toutes directions.

- Vraiment ?

Kintaro fit un dernier pas, chassant le reste de confort de Benji en atteignant sa nuque, glissant ses doigts à la base de ses cheveux. Des pensées parasites et envies soudaines sursautaient à son esprit. Il voulait serrer brusquement, le forcer à le regarder. Il ne céda à cette pulsion, mais son contact se fit plus menaçant, sa voix plus rauque.

- Attends-tu que je punisse ton insolence ?

Ç’aurait bien été sa seule rédemption, que ce manège ait été intentionnel pour réveiller les pulsions dominatrices de son partenaire. Mais de toute évidence, Benji ne savait pas dans quoi il se lançait. Ce n’était pourtant pas parce que Kintaro en avait pleine conscience qu’il n’allait pas en jouer.

Ses ongles griffèrent d’une douceur maîtrisée le crâne du jeune russe alors que le loup se pencha sur lui, s’abaissait cruellement à son niveau, proche de son oreille, proche de ses boucles, proche de sa peau délicate. Il expira un ricanement concupiscent, son souffle coulant sur le derme à nu.

Doucement, doucement, ses doigts se refermèrent, il tira ses cheveux en arrière, l’invitant à obéir. Il articula chaque syllabe pour que Benji prenne le temps de réfléchir.

- Dis-moi, Benji.

Un sourire carnassier ne quittait plus le prédateur, attentif à la moindre réaction de sa proie pour combler ses envies sadiques. Il prenait son temps, laissant son époux apprécier son inconfortable position.

Son chuchotement lascif descendit d’une octave.

- Aimerais-tu que je te fasse du mal ? "

Vas-tu enfin apprendre de tes erreurs ?
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le Mer 27 Nov - 22:55
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I prayed, I prayed
God sent me right to voicemail.
It's like, all day my vanity is for sale.


L'alcool a anesthésié tes lèvres, mais les mensonges restent accrochés à la pulpe rougie.
Incapable de te débarrasser de ces joyaux qui habillent les moindres de tes mots, tu les uses, les lustres, pour les rendre plus brillants ou plus tranchants. Mais ils sont encore trop maladroits, grossiers, si mal ficelés. Travail d'apprentis et de novice, les faire ronronner dans ta gorge ne leur donne que des formes agressives à l’œil et aux chants dissonants. Tu n'y arrives pas, devant ces yeux qui plongent en toi comme pour t'ouvrir en deux. Ce sont des mots chaotiques qui dévalent la pente, tu croasses, tu paniques, incapable de délivrer une représentation qui tienne la route.
Il est trop tard, l'excuse a déjà frappé.

Les yeux osèrent à peine se lever, quand le liquide termina sa course contre la langue de l'époux. Répit de quelques secondes sous la chaleur du regard gris, son corps est trop crispé pour que tu puisses te détendre. Tout était trop brusque, précipité, violent. Du geste qui lâcha froidement l'alcool, à l'explosion de verre sur le sol. Éclats coupants qui jonchent le sol, sursaut impossible à réprimer devant la surprise. Il y a eu un pas en arrière pour échapper aux tessons, lapin devant les phares d'une voiture. Choc imminent. Le diable en profitait déjà pour lancer l'attaque d'une main experte, glissant sur une peau à nue à la recherche du malaise qui coulait déjà dans tes veines.
Ce sont les poils qui se sont levés sur l'épiderme, le froid qui s'est installé sous la peau et les couleurs qui ont fuies les joues. Un frisson suivait ses gestes, dévalant le long de ton dos. Tu pouvais sentir les muscles de tes épaules se crisper sous la caresse. Les yeux ne savaient pas où se poser, papillonnant nerveusement d'un point sur le sol à un autre sur le côté. Tu ne voulais pas lever le regard vers lui. Les paroles suintaient de violence, promesse d'ecchymoses moins tendres. Tes lèvres s'ouvraient puis se refermaient sans qu'aucun son ne sorte, incapable de savoir quoi répondre, mesurant l'erreur que tu venais de commettre.
Plus de retour en arrière possible, il aurait fallu tourner la langue 7 fois dans ta bouche.

La main est si grande, elle glisse sur toi sans que tu n'oses bouger ni t'indigner. Tu te sens si petit, coincé entre ses doigts. Juste un corps tétanisé entre des griffes, qu'un gamin devant ses babines retroussées. Le loup est prêt à te croquer, affolant tes sens et ton souffle en exaspérant une nuque brûlante.
Le visage s'agite en un maigre geste pour répondre à la question. Non, non, c'est un malentendu, pas de violence.
C'est bientôt son souffle qui rejoint ses mains. Il est trop proche, attaquant ton talon d’Achille en quelques gestes déplacés. Se mouvant, il met la peau à vif pendant que tu serres la mâchoire. Tu endures les picotements que sa présence provoque, essayant de rester sourd aux complaintes d'une peau émoustillée. Le cœur chancelle, la gorge se serre, les mains se mouillent de sueur. L'oreille tente de fuir son souffle, elle s'éloigne en tournant la tête, les sourcils tressautent et les lèvres se pincent. Ta nuque s'impose au regard comme une offrande inconsciente. Tu veux juste t'éloigner, le repousser, gigoter hors de son emprise.

Le rythme cardiaque s'emballe quand les doigts plongent dans la chevelure et commencent à tirer doucement sur les boucles. Tout se crispe.
« Kintaro »
Le prénom se coince dans les cordes vocales, le murmure est rauque, se casse, implore si bas qu'il n'est qu'à moitié audible. Tu veux revenir en arrière, annuler la réponse qui avait été lancée sans imaginer les conséquences.

Tu détestes son prénom.
Le dire, l'entendre.
Ce qu'il représente, surtout.
Impossibilité d'utiliser le nom de famille ou un surnom, pas de Monsieur ni de titre.

Il y a une vague impression d'avoir déjà eu la chevelure agrippée. Quelque chose de plus violent, qui tourne dans le crâne, un déjà-vu qui ne veut pas se dévoiler entièrement.
Mais tu ne veux pas y penser. Non.
Non.



La tête tente de résister, la nuque cherche à se bloquer. Tu n'offres qu'une maigre résistance, effrayé qu'un refus ou une tentative de fuite ne provoque la même chute du verre avec ton corps. Le menton est levé sans que le cou n'ait de douleurs, la déglutition en reste quand même pénible. Clignement des yeux, mal à l'aise, inconfortable, ne sachant où poser le regard.
Répulsion de votre proximité.

La tête dodeline de droite à gauche avec toute la vigueur que tu peux te permettre d'imposer dans son étreinte. « N- la voix déraille, tu te racles la gorge avant de reprendre en feintant de l'aplomb, Non. »

Je suis si loin de toi.
Tu m'enfonces plus profondément dans ta chair et ton inconscient à chaque expiration de ton époux contre ta peau.

Le dégoût te fait grimacer. Tu aimerais repousser l'homme d'un bras ou agripper son poignet pour le faire lâcher mais c'est impossible. La respiration se fait tout aussi rapide, myocardite dans la cage thoracique. Tu préfères te taire plutôt que de risquer l'ajout d'une bêtise menant à échauffant.
Honte, répulsion, humiliation.
Il déplie enfin les griffes. Tu peux respirer à nouveau, laisser passer ce maigre soupir de soulagement qui restait coincé sous le diaphragme.

Ton corps fuit son contact avec ardeur, figure tournée avec hâte et pas hésitant, titubant, en arrière. On pourrait presque avoir l'impression que tu viens d'être électrocuté. Visage blanc, regard bloqué sur le sol et main plaquée sur la nuque. Les sourcils sont froncés mais c'est bien de la peur qu'il y a de cachée dans les rétines. Le plan a foiré Benji. Toi qui voulait te changer les idées, délier ce nœud au creux du ventre avec de l'alcool et des excuses formulées avec le front contre le sol. Te voici embêté, rôles inversés.
Le cœur fait mal, tu le sens taper et frapper.
Il pompe à toute allure.
Si vite.
Trop vite.
Violence dans l'aorte, les artères sous pression.
Explosions des veines, c'est le velours rouge qui fuse hors des narines sans prévenir. Filet écarlate sur le brun de la peau, il arrive pour tes lèvres.
Une main essuie la narine avant de comprendre. Tu tâtes, regardes la peau teintée.

« Merde ! Putain, merde ! » les injures défilent en russe par habitude, pas le temps de le retenir ni d'y réfléchir.
Des gouttes tombent déjà sur le t-shirt et le sol, une main essuie avec empressement le filet qui colore déjà la lèvre supérieur. C'est la panique le temps de trouver du papier. Tu tournes et te retourne à la recherche d'un tissu à plaquer sur ton nez. Le bas de la paume vient coincer la narine coupable quelques secondes avec que les deux mains ne se mettent à fouiller sur le plan de travail. La seule serviette en papier présente autour de vous est celle souillée par les lèvres et mains de l'époux. Refus total de l'utiliser. Tu pars en trombe vers les placards.
Arrêt.
Tu n'as aucune idée de l'endroit où ils sont rangés. Ni même si vous en avez.

« Papier ? Du papier ? » Le japonais roule sur la langue. Tu te retournes vers ton époux, les doigts viennent pincer le dessous de l'os du nez. Le bas de ton visage est un champ de bataille. Interrogation dans le regard. Les traits du visage se crispent à leur tour. Quel idiot, Benji. Poser des questions à cet homme, lui demander de l'aide. Une seconde, peut-être deux, ton regard vient se bloquer dans le gris métallique de ses yeux. Tressautement des sourcils.
Ton dos se tourne.
Grommellement à voix basse. « Laisse tomber. »

Tu t'empresses de rejoindre les toilettes pour en récupérer quelques feuilles de papier.
Tant de honte dans ton petit corps.
Aigreur. Ressentiment.
Épaules basses, visage et mains barbouillés de sang, T-shirt tacheté de carmin.
Tu passes une très mauvaise soirée.
Et tu as vraiment besoin d'un verre de plus.

Inspiration profonde par la bouche, tu essuies tant bien que mal le sang collé sur les lèvres et sous les narines. Les papiers sales sont jetés sans délicatesse dans la cuvette. Il te faut quelques secondes de plus pour calmer les palpitations dans la poitrine, indignation des pulsations. Le dernier saignement remontait à plusieurs mois, peut-être même une année ou deux. Ce mariage t'enfonce plus qu'il ne te permet d'aller mieux. Cet homme n'a aucune intention de te laisser tranquille, ces derniers jours de calme et d'évitement poli te semblaient déjà loin. Tu en arrives presque à les regretter. Yeux embués de rage, le calme prend son temps avant de revenir.
T'as pas vraiment envie de sortir de la pièce. Encore moins pour le rejoindre. Cet homme couronné de cornes. Il n'y a que des ornements de violence sur ses lèvres, et du poison dans ses paroles. Tes ongles grattent inconsciemment la nuque contaminée.
Rapide coup d'oeil jeté dans la salle, tu as la surprise de ne pas trouver Kintaro dans le coin de la cuisine. Du mouvement vers les canapés t'indique sa présence au kotatsu.
Il faudra bien sortir de ton trou, Benji. Il n'est pas encore minuit, impossible de fuir si tôt en ne laissant qu'un soulier derrière toi. Il te faudra lui laisser bien plus avant que l'horloge ne sonne un nouveau jour. Il faudra aller plus loin qu'une nuque effleurée, que des boucles empoignées. Tu commences à douter de certains détails.
Mais il ne faut pas.
Il ne faut pas.
Yeux clos sur la question, tu préfères ne pas penser aux choses désagréables.

La porte claque derrière toi, deux doigts empoignants toujours les narines avec fermeté. Le t-shirt est toujours sale, mais il n'y a ni l'envie ni la possibilité de le changer maintenant, tu iras te changer quand le saignement se sera calmé. Faible espoir que Kintaro ne relève pas ton allure débraillée. Un sourcil tic. Un ongle gratte un doigt.
Tu ne sais pas vraiment si son regard est posé sur toi, s'il suit tes mouvements du regard, mais tu peux sentir le malaise de retrouver ta place à la table basse. Tu t'installes face à lui, de l'autre côté. Le plus loin possible, surtout. Les rétines osent enfin trouver leur chemin vers les perles froides de l'époux. Les paroles sont lancées dans un murmure non assumé:
« ...Quoi ? T-...»
Tu es frustré et vexé. Peur d'une vengeance en cas de mot jeté trop fort ou de paroles aigries, tu te reprends à temps et crispe la mâchoire, bouche fermée. Le regard est détourné avec hâte. Ton verre est de nouveau à sa place, rempli du liquide incolore aux odeurs chargées d'alcools. Parfait. Pas de merci ni de politesse, tu t'empresses d'avaler quelques gorgées en grimaçant, toussotant après la 3ème qui a du mal à descendre, le gosier hurlant sa révolte et protestation. Le visage rouge est tourné vers le bras, les lèvres enfoncées dans l'intérieur du coude. L'une de tes mains fait signe à Kintaro d'avancer la bouteille vers toi.

Il faut lever le coude.
Boire jusqu'à plus soif.

Encore quelques gorgées avant que tu puisses de nouveau te perdre dans la brume.

Codage par Libella sur Graphiorum
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le Dim 8 Déc - 22:34
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" Il ne faut pas soulever les lapins par la peau du cou Kintaro, tu risquerais d'associer la douleur à ta présence. "

Était-ce plus important que son propre amusement ? Tant de fragilité qui se dressait férocement, comme si elle égalait le prédateur. Tant d'illusions qui allaient être déçues, c'en devenait presque un devoir que de le remettre à sa place.

" Lâche ses oreilles, Kintaro ! "

Benji, toi qui es doux et fragile, pourquoi provoquer le danger ? N'aimes-tu point la vie ?
Je peux t'aider, mais il faudra attendre demain. Ce soir, nous devons danser.


Et à force de se balancer et se tordre dans sa poigne, Benji parvint à pivoter, rien qu'à peine, lui offrant un peu plus de sa colonne, de la nuque où il était bon de planter ses crocs pour tuer. Il aurait presque entendu sa proie le supplier d'aller jusqu'au bout, appelant son nom d'une voix brûlante.

La résistance d'une peau qui cède et se perce, le sang qui déborde et inonde ses papilles. Kintaro vibra.

Veux-tu que je te fasse du mal ?
Veux-tu que d'un coup sec je rompe ton cou ?
Veux-tu m'offrir ce corps en pâture ?

Non.


Évidemment que non.



Kintaro étouffa un ricanement, satisfait de sa voix, de sa vulnérabilité, de sa chair sensible. Il ferma donc sa gueule pleine de dents, relâcha la pression, ne résistant pas à souffler sur son hérissement pour une dernière distraction.

Benji était dans un état pitoyable et fort distrayant. Le directeur plongea ses mains dans ses poches, prenant une inspiration et secouant la tête, les paupières baissées et le sourire en coin.

- Tu es définitivement incompréhensible.

Son geste n'eut pas le temps de se terminer qu’il se fit interrompre par les exclamations slaves. Kintaro s’immobilisa et redressa son regard, lentement, comme s’il allait devoir à nouveau affronter un herbivore aux envies de rébellion. Rien de cela pourtant, qu’une goutte noire essuyée en encre écarlate, qu’un affolement exagéré pour si peu de sang. Benji connaissait-il la signification japonaise de la réaction de son corps ?

Kintaro ne manqua rien du spectacle, croisant les bras et penchant la tête. Quel étrange petit animal, se disait-il alors qu’on lui demandait du “papier”. Ses mains auraient voulu prendre en coupe ses joues et étaler de ses pouces le rouge, cacher sa peau brune, en faire un écorché factice.

Étrange peinture tribale, le sang te sied à merveille, complimentant tes yeux.
Prunelles naïves qui se durcissent lorsqu’elles me rencontrent.
Puis fuient.


Le revoilà à l’abri dans son clapier, ses toilettes chéries où le gros méchant ne pourrait l’atteindre. Effectivement, Kintaro se détourna, trouva son paquet de cigarettes dans sa veste, le jeta négligemment sur le kotatsu et acquis un nouveau verre depuis son cabinet. Il changea d’ailleurs de place pour éviter les chips au sol et d’un mouvement sec de poignet embrasa le tabac. Sa fort agréable humeur le poussa, après s’être servi, à recommencer pour son époux, regardant le liquide pensivement.
Ce garçon qui supportait si mal l’alcool n'aurait jamais détecté la moindre odeur particulière, la moindre drogue diluée dans son verre ou sa cigarette. Voilà donc ce qu’il avait oublié ! Kintaro sortit son portable pour ne plus oublier, notant sa commande une bonne fois pour toutes.

Quand Benji revint, débarbouillé mais toujours négligé, Kintaro reposa son portable avant de le scruter. Le gaijin ne s’assit pas à côté mais en face de lui. Pas que ce soit une surprise, évidemment, mais il était étrange, ce soir, combien il semblait être aimanté à lui sans pourtant s'engager jusqu'au bout. Son regard et ses mots butaient toujours, Kintaro le mettait mal à l’aise. Ce n’était qu’ainsi qu'il savait se tenir, alors tant mieux.

Kintaro soupira sa fumée en le voyant forcer l’alcool dans son œsophage, posant son menton dans sa paume, étudiant l’autodestruction volontaire de son mari. Il se cache en en redemandant, ce petit malpoli. Mais Kintaro ne lui donnerait pas cette bouteille. Se levant, il se contenta de lui resservir un maigre fond, ne cachant pas sa bonne humeur comme son époux était aveugle. Sa voix, elle, contrastait de sa neutralité.

- Je suis navré, je ne pensais pas que ça te ferait cet effet.

Kintaro se rassit, plus proche. La bouteille fut reposée de son côté et il percuta son verre du sien, n’attendant pas même qu’il le saisisse, volontairement étranger aux conventions sociales.

- Je pensais te faire plaisir, comme tu parlais de sado-masochisme.

Certainement, il prenait un malin plaisir à le titiller, sachant pourquoi son époux buvait ainsi. Mais lui ne savait pas s’il voulait le laisser oublier encore une fois. Il serait plus intéressant que Benji se fasse hanter par les souvenirs de cette nuit. Alors Kintaro ne permettrait pas à ce qu’il touche à plus d’alcool.

- Tu as assez bu.

Indiqua-t-il distraitement quand Benji atteint le cul de son verre. Tirant une dernière et profonde fois sur sa cigarette, il la tendit, entre index et majeur, à son époux.

- Tiens.

Sois un bon garçon et mange dans ma main.


Cinq minutes, c’était long et court à la fois. Il fallait laisser le temps à tout cet alcool de naviguer dans les veines et trouver ce cerveau bien caché. Kintaro répondait à des mails en attendant, patiemment. Et quand lui-même sentit ce doux engourdissement, il épia Benji, évaluant son état. En se penchant sur le kotatsu il repoussa ses boucles et tapota sa joue. Sa voix demeurait calme, bien que ferme.

- Ne t’endors pas, nous avons encore à faire ce soir.

— Just Married —

le Ven 13 Déc - 23:07
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You say that you want it
Just tell it straight to me
I gotta be with you forever,
You say we can drink till September.

Il se déverse en un filet translucide, aussi peu opaque que tes pensées. Le liquide somnolait dans le verre avant qu'il ne coule en toi. Ombre sur les prunelles et brume sur la réflexion. Il faut boire ce courage, le laisser inonder ton corps et purger ton cerveau. Le nez ne saigne plus, mais une croûte s'est formée malgré toi sous une narine. Les doigts peuvent enfin lâcher leur otage.
Alors tu te laisses un peu de temps, pour calmer cette brûlure dans le gosier. Les lèvres retrouveront bien assez vite la chaleur de la vodka. Le regard ne se pose pas sur l'époux, la tête ne bouge pas non plus. A peine un mouvement de sourcils en voyant les verres s'entrechoquer trop jovialement à ton goût. Tu agrippes le tien des deux mains, laisses les doigts se crisper sur la parois et en caresser ses contours. La mâchoire se contracte en entendant les paroles venimeuses de Kintaro. Quelle blague. Tu tournes ostensiblement la le visage vers le côté opposé, te dérobant le plus possible à la présence sombre qui s'est rapprochée.
Dernière gorgée. Plus lente, que tu savoures sur la langue et laisse glisser doucement dans ta gorge. Elle a ce goût d'argent et de richesse, un arôme différent du bas de gamme vendu pour quelques billets dans les magasins peu chers de Tokyo. Ça t'enrage encore plus, de savoir que cet homme qui refuse d'entendre ta langue puisse profiter de vos douceurs.
Le verre est reposé avec un claquement sur la table, accueillit par les conseils du canidé.
Oh, que tu es surveillé, Benji.

Tu t'essuies les lèvres mouillées d'un mouvement du pouce, regard bien vite tiré vers une main tendue, où t'attend une cigarette déjà partiellement consumée.
Il y a de l'hésitation, un regard qui monte vers les yeux gris, puis qui se repose sur les doigts. C'est avec une moue dédaigneuse que tu finis par accepter l'offrande, déjà agacé en pensant à l'odeur de tabac froid qui traînera dans la salle à votre réveil.
Pourtant tu l'amènes à ta bouche, cette clope qui a si bon goût. Bien meilleur que ta marque habituelle, la nicotine en est presque plus agréable. L’arôme est différent des tiennes, il n'y a pas encore le visage de Kintaro d'accroché au mégot, mais bientôt l'odeur y sera intimement liée dans tes souvenirs.

Tu inspires, tu expires.
Si seulement tu pouvais respirer aussi tranquillement cette peur qui te ronge. Les doutes se mêlent en un amas au creux du ventre. L'angoisse, l'inquiétude de cet étau qui ne cesse de se resserrer à mesure que les minutes défilent.
Tu ne peux pas fuir cette fois.

Il y a toujours de la provocation qui fuse. Elle est impossible à contrôler.
Mais comment agir ? Que faire, quoi dire, quand l'horreur tourne dans ta tête à plein régime ? Que des questions malsaines s'imposent ? Le confort d'un lit sera-t-il préférable à la froideur du sol dur ? Faut-il s'incliner, laisser libre court à la violence de ses délices ? Fermer les yeux et le laisser faire ? Se débattre ? Abdiquer ?
Tu embrasses le cancer du bout des lèvres et inspires. Les cendres tombent mais tu n'y fais pas attention.
Combien de fois sa bouche s'est elle abattue sur ses anciens époux ? Ses mains ont-elle empoigné leur peau, griffé leur chair, attrapé leur chevelure ? Ses poings ont-ils fait cracher des rubis au coin des lèvres ?
Tu sais jusqu'où il est prêt à aller. Il arrachera de ses propres griffes tes bras chastes cachant ta virilité. Il mettra à nue la peau pour mieux te juger, ce sera la peine de petite mort pour toi, ce soir.

Mais tu n'es pas obligé d'être une victime.
Tu peux lui supprimer un peu de plaisir.
Que tu espères.

Il aime te chasser, t'éclairer les prunelles éclatées avec ses phares. Te poursuivre pour mieux planter ses griffes dans tes côtes. Il pourrait facilement te briser, pourtant. Un coup derrière la nuque, une pression trop longue, trop profonde. A croire qu'il prend plus de plaisir dans la lutte que dans la victoire. Tu ne veux pas être une victime coincée dans ses jeux de pouvoirs aussi sadiques que son esprit. Si tu dois livrer tes lèvres, ce sera quand tu l'auras décidé. Si tu dois abandonner la chute de tes reins à ses mains, ce sera sans avoir la gorge coincée dans sa poigne. Tu n'aimes pas devoir prendre de décisions, mais il t'y force en t'enlevant la possibilité de choix.
Toujours des ordres.
Toujours de la force.
Toujours de la douleur.
Toujours de la haine.
Toujours de la violence.
Toujours, toujours, toujours toujours tuojours tojuorus tuourjos...
Sans répit.
Il t'impose son tempo.

La cigarette te brûle les doigts.
Sa caresse te crame la joue.

Les rétines se posent sans voir, trouble de l'attention, trouble de la vision.

Ô que l'alcool peut te rendre hardi.
Le voici qui essaie de dessiner un sourire tordu sur tes lèvres. C'est si crispé, si forcé.
Tu ne sais pas quoi faire de ces doigts qui pourraient trembler sous un trop plein d'émotions. Alors ils viennent lâcher le mégot dans le verre et en agrippent les bords. Tu fais danser le récipient sur la table, tu traces des ronds avec son fond.
Il faut cacher l'embarras.

« Tu croire que tu me fais la peur ? »

Le regard ne quitte pas les tâches liquides de cendre. La voix n'est presque qu'un murmure, comme si tu lui confiais un secret. Tu redresses le dos en pliant la tête vers la droite. On pourrait presque croire que tu veux t'essuyer la joue avec ton épaule. Pourtant voici le visage qui remonte, les yeux qui trouvent le gris des iris. Les boucles ne cessent de remuer tant le crâne ne peut pas rester en place, dodelinant délicatement, doucement, à chaque nouveau mot japonais qui déborde de ta bouche :

« C'est pas le choix, mais ça chonge rien entre moi et toi. »

Le regard se fait plus dur quand le dos se redresse dans une posture plus droite.
« C'est le corps. Pas moi. »
Le ton est sec.
« C'est le corps. Que corps. Tu fais pas la peur dans moi. »
C'est qu'un corps, que tu dis. Il ne va pas te briser pour quelques violences sur la peau ou quelques caresses malsaines. Pourtant ta voix tremble quand les mots éraflent tes cordes vocales.
Tu déglutis et lâches le verre.
Bras croisés sur la poitrine, le geste vient presque contredire les paroles.

Tu l'attends presque, prêt à l'impact imminent, inquiet de savoir quand il se décidera à te croquer.
Tu sais ce qu'il veut, au fond de toi.

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le Jeu 26 Déc - 1:48
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Il faut toujours qu’il l’ouvre et la ramène.

Toujours de la même manière. Alors Kintaro posa sa joue dans sa main pendant que Benji se composa, il traça les contours de son visage alors qu’il déblatérait ses inepties, la courbe de ses lèvres, le plissement de ses yeux lorsqu’il mentait. Oui, tu as peur Benji, mais pas même Kintaro ne pourrait te blâmer. Il te reste un instinct de survie, un semblant d’honneur, n’est-ce pas fantastique ? C’est ce qui te permet de rester entre les clous lorsqu’il te fait peur, qui t’empêche de trop te ridiculiser.

Elle était belle cette peur, pure, dure mais craquante en surface et au cœur fondant. Benji mentait mal et même au travers de l’alcool Kintaro ne voyait que sa détresse, cette tentative maladroite de préserver son orgueil. Mais il pouvait bien dire ce qu’il désirait, tout allait tout de même se dérouler selon le plan, qu’ils le veuillent ou non. Et cette fragilité recouverte de molles épines le narguait quelque part, lui donnait envie de s’y frotter, de voir combien de temps la façade pouvait tenir, sans même y planter un croc, fondait-elle si on y glissait la langue ?

- D’accord.

Dit-il pour le réconforter, se dressant sur ses genoux et se penchant vers lui, sa main appuyée sur le kotatsu. Ses lèvres vinrent doucement chercher les siennes, mais elles n’étaient plus là, vivement échappées à son approche. Il se pencha encore un peu, le sourcil haussé, cherchant le regard de son époux, quasi-joueur, reprenant ses mots.

- Ça ne change rien, nous n’avons pas le choix, non ?

Pour une fois, Kintaro savait être patient car il savait que la victoire viendrait naturellement à lui. Alors il posa son coude et attendit, en une langueur sadique. Il passa même une main dans ses cheveux, dérangeant quelques mèches de sa coiffure stricte, feignant un soupir embêté.

- Fais-le toi-même, si tu préfères.

Mais ces yeux qui se relevaient sur Benji n’avaient rien de celui d’un mari compréhensif. Kintaro s’amusait, comme un chat qui tient une souris entre ses griffes, il attend qu’elle le distraie.

Alors distrais moi.


— Just Married —

le Jeu 26 Déc - 17:13
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I'm twisting and turning
This room here is burning
Got smoke in the air

Il y a des bourdons dans la tête, des vrombissements d'ailes qui vibrent sous le crâne. Ils éteignent les pensées, défont la conscience.
C'est un réflexe. Tu éloignes la tête quand ses lèvres viennent à l'abordage de ta bouche. Regard détourné, visage fuyant, moue dédaigneuse. Oui, pas le choix. Jamais. Froncement de sourcils vexé.
Si tu préfères, si tu préfères... mais toi, ce que tu préfères ce serait de retrouver ton ancienne vie.

Il ne restera pas en place jusqu'à avoir ce qu'il veut, tu l'as bien compris après toutes ces journées. Il faut trouver de nouvelles ruses, des manières détournées pour lui faire oublier quelques détails, lui donne juste assez pour desserrer ce collier autour de ton cou.
Les yeux remontent à contre cœur vers ses mains puissantes. Prêtes à attraper, à écraser, à casser la poupée. Ils glissent le long des veines, des habits, du col, de ce cou où pulse le sang. Le menton, rasé de près, si carré, si virile. Mais les voici enfin, ces pétales d'aconit. Ce poison déguisé, ces lèvres qui fleurissent et s'épanouissent dans les remarques acerbes et humiliantes.

Tu fermes les yeux, juste un instant.
Les jambes se déplient, tu prends appuie sur le sol et sur le kotatsu, puis entames une approche. Le faciès s'approche avec regret, grimace de dégoût sur un visage fermé.
C'est le souffle qui arrive, les odeurs de tabac qui se mélangent à mesure que la distance se réduit. La tête est vide, les yeux mi-clos pour éviter la collision. Droit devant lui.

Ce bruit de déglutition. Peut-il l'entendre, lui aussi ? Cette manière qu'a la bouche de s'ouvrir, ce souffle sur les lèvres aux odeurs de cigarettes qui grisent les pensées. C'est chaud, là, dans cette respiration qui s'engouffre entre les dents. La pulpe s'effleure, se touche à peine, ce n'est qu'une caresse, aussi légère qu'une plume, que du vent contre l'épiderme. Tu ne t'éloignes pas, trouvant un juste milieu pour le narguer d'un possible contact, juste assez proche, juste assez loin. Elles ne s'abattent pas sur leurs voisines japonaises. Gardées à distance, assez pour imaginer pouvoir y goûter, assez pour ne pas se salir de sa salive.
Le narguer.
Lui faire sentir, si près, ce que tu lui refuses.
La haine fait tant de bruit. La haine a tant de sons et d'odeur. Comme son parfum, si fort, si près, contre ton corps et dans tes narines.
Est-ce qu'il entend ce battement dans ta poitrine ? Si fort, si violent, tu as presque l'impression qu'il est audible jusqu'à l'entrée.

Une main vient flirter sur la poitrine. Simple pression du plat de la paume, tu l'incites doucement à se laisser aller en arrière, poussé sans force pour le faire tomber sur le dos. Les lèvres retournent le taquiner contre la peau sans se poser, le nez effleure la joue, trace son chemin. Elles voltigent à la rencontre de l'oreille, les prunelles accrochent le rose de la peau. Ça s'entrouvre, s'éloigne. Mais jamais ne se posent. Ça te demande tant de courage Benji, alors que le dégoût et la peur te serrent le cœur.
Tu ne fuis pas.
Les paroles ne sont pas des armes contre cet homme, il te faut tâtonner pour trouver de nouvelles lames, pour trouver un moyen de défense et d'attaque.

Et là, si près, enfin, tu lui chuchotes une dernière demande avant d'achever la chute de l'empereur contre le sol :

« Je veux pas tu me touches plus que le besoin du devoir. »

Tu ne veux pas plus de violence sur ton corps. Pas de visage enfoncé contre un matelas, pas de blessure aux poignets, pas de caresses plus que nécessaires. Pas de mains sur le torse, il faut faire ce devoir le plus rapidement possible et s'en débarrasser froidement.
Tu te glisses entre ses jambes, dos relevé, assis entre les genoux.

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le Sam 28 Déc - 0:22
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Il était confortablement installé, l’alcool détendant son corps et augmentant sensiblement la gravité. Il suivait son regard, cherchait ses pensées, ses hésitations, ses décisions. Et voilà qu’ils reprenaient où ils en étaient tout à l’heure, autour de ces fameuses chips. L’ambiance était différente, Benji s’approchant à reculons, Kintaro patientant, scrutant. Une fois de plus il donnait du mou à son époux après l’avoir rappelé à l’ordre. Jusque-là ça avait toujours été la cause d’un nouveau faux pas, mais Kintaro gardait l’espoir qu’à force de tâtonnement le gaijin apprenne ce qui était bon de faire.
Aussi, Benji avait bien besoin de se sentir un peu moins oppressé. Mais pas détendu pour autant, ça ne lui allait pas.

Ces lèvres frôlèrent sans toucher, narguant, allumant. La surprise n’avait duré qu’une seconde, Kintaro n’étant pas disposé à se poser des questions. Venant de la seule personne avait qui il pouvait coucher, et dans cette situation, il aurait avalé n’importe quel appât.
Ses lèvres s’entrouvrirent, il voulut s’avancer, le repousser sur le canapé, le débarrasser de ses vêtements, mais sur son torse une paume s’était posée. Curieux, il la laissa faire, ses abdominaux amortissant la chute, ses sens suivant tout ce qu’on leur offrait. Que fais-tu Benji ? De tes lèvres tu attises un feu frustré qui ne demande qu’à exploser. Alors quoi ? Tu n’es pas si timide, tu n’es pas immobilisé par la honte, par ton hétérosexualité, par tes valeurs immuables ?

Cette chaleur si proche, si tentante, lui demandait de la saisir à pleines mains, de la serrer contre lui, de la mordre. Sa main se leva, deux doigts désirant se glisser dans la ceinture de l’époux, le tirer pour l’amener à s’asseoir sur son bassin. Mais non, ses épaules n’avaient même pas touché la table que Benji recommençait.
Il fallait toujours qu’il l’ouvre.

La tête de Kintaro resta en suspension au-dessus du kotatsu et après une seconde de confusion, il se redressa, rejoignant Benji, son visage penché vers le sien, sa main sous son t-shirt.

" - Pourquoi ?

Elle remonta pour taquiner ses cotes alors que Kintaro attaquait sur deux plans, son regard si fier s’abaissant sur ses lèvres. Il était si proche lorsqu’il lui souffla :

- As-tu peur d’apprécier ça ?

Doucement avec le lapin. Sa bouche se pressa sur la sienne et sa langue s’immisça, caressant sa lèvre supérieure avant de se détacher, rien qu’un peu.

- Serait-ce si malheureux ?

Sa main était entre ses reins, il le tenait contre lui. C’est là que la position, la manœuvre de Benji le frappa. Kintaro réprima un rire hautain. Le gaijin était bien alcoolisé, mais une telle idée, tout de même.

- Ah, et on ne peut pas le faire ici, pour ta première fois tu auras besoin de lubrifiant. "
— Just Married —

le Sam 28 Déc - 23:01
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Oh, easy, easy
Burn all your things
To make the fight to forget
Easy, oh, easy

C'est le serpent qui glisse sur ta peau. Le froid des écailles lève les poils sur son passage, choc thermique qui remonte le long des nerfs. Le visage se détourne, une main vient se poser sur son bras pour stopper le geste. Pression des doigts sur le biceps. Le souffle se bloque sous le diaphragme, abdos contractés. Tu viens de lui demander une chose, le voilà qui t'impose le contraire.
Les yeux fixent un point invisible derrière l'épaule de l'époux, sourcils froncés. Plus rien ne bouge, instant sur pause, tremblement du moment. Son souffle chaud sur tes lèvres, tu les pinces le plus fort possible en sentant sa chaleur se rapprocher. Tu clignes des yeux comme pour empêcher l'image de s'incruster sur les rétines. Ce dégoût poisseux, humide, qui reste collé à la pulpe. Tu ne sais pas quoi en faire, rage dans le cœur et dégoût dans les tripes. Ou est-ce l'inverse ?
Tu as l'impression de te noyer, à sentir tes poumons ainsi compressés. Il faudrait avaler l'air en ouvrant la bouche, mais elles restent scellées par la répulsion.

Tétanisé contre son corps, tu redresses le dos sans t'en rendre compte en sentant la caresse entre tes reins. Électricité le long de la colonne, l'expiration est trop forte à ton goût en sentant les ailes de bourdons s'agiter dans le ventre.
Première fois, lu-...
Narines dilatées, lèvres pincées. Tu n'y tiens plus.
Bout de la manche attrapée, tu la colles à ta bouche pour en essuyer la salive de l'étranger. Tu grattes aussi fort que possible, passant plusieurs fois le tissu sur tes lèvres.

Sa langue est si mauvaise, à te caresser avec tant de désir.
S'il y a bien un mot que tu as retenu, qui s'est imposé aux souvenirs, c'est celui ci :

« Dégoûtant. »

Que tu lui craches à la figure, yeux plissés, moue dédaigneuse, sourcils froncés, mains collées contre sa poitrine pour le tenir le plus éloigné possible.

Tes doigts voltigent vers l'intérieur des coudes et poussent. Poussent, poussent, poussent. Avec autant de force que tu peux pour enlever cette main de ton dos, pour lui faire lâcher cette peau qui rougit sous ses empreintes digitales.
Il ne faut pas fuir, tu ne peux pas fuir, impossible de fuir. Fuir fuir, l'envie est grande, si présente.
Les dents grincent dans la bouche. Que faire. Ta mains reste sur le bras. Yeux clos, fesses posées sur le sol, les autres doigts viennent plonger sur ton visage comme pour en essuyer la détresse.
Tu ne sais pas quoi faire.
Immobile comme une biche entre les crocs d'un loup en sentant la fin venir.
Tu restes accroché à ce bras pourtant. Incapable de trouver la force de lacher, trop peureux pour fuir, sachant si bien que ça ne servirait à rien.

« Je vais pas... » tu marmonnes d'une voix basse.
« Pas apprécier ça. » C'en est si peu audible. L'orgueil bloque la gorge.

C'est l'un des quatre Cavaliers, attelé à son étalon sombre. Il est prêt à t'amener la petite mort et d'autres supplices sur une peau qui sera bien assez tôt marquée par des morsures de luxures, impures et ivres d'envie.

Trompettes et orchestre.
Apocalypse des sens et de la raison.

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le Jeu 2 Jan - 23:50
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Une narine se retrousse, sa tête se recule. Dégoûtant ? Encore cette hétérosexualité fragile, cette virginité scandalisée qui hurle et se débat contre un simple baiser. "Ce n'est que le corps" Aurait-il pu répéter, de simples morceaux de chair qui se rejoignent et qui sans arrogantes valeurs font se sentir bien. Était-ce si compliqué, de se coucher sur le dos pour qu'une personne expérimentée se débarrasse de cette chasteté encombrante ? Était-ce si compliqué de fermer les yeux et de tirer le meilleur parti de cette soirée ? Beaucoup payaient pour ce genre de choses, Kintaro en voyant tant qu'il en oubliait qu'il ne s'agissait pas d'un échantillon représentatif de la population japonaise. Ils voulaient une femme, douce, un homme, tendre, ils voulaient prendre leur temps pour feindre l'amour.
Mais Benji ne cherchait pas cela, ni spirituel, ni charnel. Il voulait le dessus, physique, moral, il souhaitait redorer son honneur, ternir le sien, et c'était bien une des choses que Kintaro ne concevait pas de lui céder.

- Je vais pas... Pas apprécier ça.

Aah, il était adorable. L’appréhension, ses oreilles rougies, ce regard qui fuyait et ses doigts serrés autour de sa manche. Kintaro chercha son regard sans plus le toucher, respectant sa demande pour l’instant. Il se souvint des demandes des clients.

- Nous irons à ton rythme.

Son regard était un peu plus sérieux, scrutant son époux. Que dire, que faire pour le rassurer ? Le laisser prendre des choix ?

- Tu veux aller dans la chambre ?

Une de ses paumes voulut se coller à sa joue mais s’arreta et se replaça maladroitement là où Benji n’était pas.
L’incontestable a intérêt d’avoir un super plan, à le coller à une telle tâche. Sans cette règle sur la tromperie, Kintaro l’aurait laissé avec une de ses employées, qu’elle se soir chargée de le décoincer un peu.

Quoi que soit sa décision, il poussa sur ses jambes pour se relever, prenant la direction de sa table de nuit, prenant préservatifs et lubrifiant. Il resta un instant devant le tiroir, pensif, puis se tourna. Non, ils n’auraient besoin de rien d’autre.

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le Lun 6 Jan - 23:37
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The Devil remembers me
And He shall be back
I'll be expecting Him
To come and fight
The Devil is next to me

Tu n'osais plus bouger. La voix devenue tendre, mielleuse, l'homme s'était adoucit en quelques instants. L'agression dans sa voix s'était apaisée. Lui qui t'irritait de ses caresses, le voilà à te demander ton avis, à respecter tes frontières. Tu aurais pu soupirer de soulagement.
Les gestes, même, étaient avortés. Surprise. Agréable, irritée, laissant le pire à suspecter. Pourtant tu te surprends à détendre tes muscles. Une respiration qui reprend. Tumultueuse, étranglée, mais bien présente.
Les yeux se sont furtivement levés vers le visage de l'époux, question muette.

Soubresaut des sourcils en voyant l'homme s'éloigner avant l'écoute de ton avis. Tu aurais pu répondre non, pour autant que ça l'intéressait. Borné comme tu es, tu aurais tout aussi bien pu rester planté là, sur le sol du salon. A décider de le faire ici, tête enfoncée contre le canapé plutôt que sur un lit. Uniquement par orgueil, trop borné pour accepter cet ordre muet de vous diriger vers la chambre.
Soupir. Main passée dans les boucles, tu te lèves à ton tour.

A l'ombre de la porte, tu dois te répéter en boucle les mêmes mots. « Pas peur. Pas peur. Pas peur. », pourtant les mains sont moites et le regard est fuyant. Corps figé à l'entrée de la chambre, tu n'arrives pas à te décider. Il n'y a pas d’ambiguïté sur vos devoirs. Vous savez tous les deux quelles actions vont suivre les caresses et baisers déjà enclenchés. Indécis, tu adosses l'épaule contre le portant de la porte. Attitude trop crispée pour paraître détendue ou à l'aise, tu tentes de faire bonne figure devant l'époux qui semble dans son élément. Les bras se croisent sur la poitrine, inspectant la chambre comme si tu la découvrais pour la première fois.
Qu'est-ce que tu dois faire maintenant ? T'approcher ? T'allonger ?
L'homme se tourne vers toi.
Dans une tentative de courage, tu lèves le regard jusqu'à ses yeux gris. Tu y plonges tes rétines, cœur battant trop vite pour calmer la chaleur qui te monte aux joues. Que c'est difficile. Tu essaies, tu luttes, pour maintenir la tête droite, pour garder les yeux fixes. Un pieds tape du talon contre le sol, tu fais déraper les doigts de pieds pour t'occuper d'un mouvement. Impossible de cacher ton malaise.
C'est trop pour toi, tu détournes le regard, relâches les bras et te redresses. Mains essuyées sur le pantalon, tu te passes les doigts sur un sourcil, regard perdu vers le lit.

Impossible de parler.
Tu aimerais te faire si petit, en l'entendant avancer vers toi. Une jambe amorce le recul, se prépare à la fuite. Mais tu tiens bon sur tes guibolles. Tête basse, tu te replis dans une soumission muette sans le vouloir. Il est arrivé si près. Il te suffirait de lever le menton pour sentir son parfum. Odeur musquée, mélangée aux senteurs de la cigarette que vous vous êtes partagés. Tu inspires une bouffée malgré toi.

Il est proche. Si proche. Trop proche.
Tu le pousses du bout des doigts, la main glissant sur les abdos, frôlant le tissu. Juste assez pour l'inciter à reculer. Tu avances d'un pied, pour engager une danse gênante où vous apprenez petit à petit à vous accorder aux pas de l'autre. C'est le désordre des gestes, le tempo gâché par votre manque de complicité.

Aucun mot ne sort de ta bouche. Lèvres closes, regard porté sur tes doigts qui effleurent son corps. La chaleur de sa peau se diffuse à travers la chemise. Tu pousses un peu plus, mâchoire serrée et sourcils froncés. Aller de toi même à échauffant, plutôt qu'affronter ses ordres et moqueries.
Tu ne veux pas qu'il te touche, alors tu le guides toi même. Espérant montrer ton bon vouloir, il faut feindre l'acceptation, cacher cette honte qui te sert les tripes.
Pourra-t-il sentir cette humiliation, quand ses mains glisseront sur ton corps ? Quand tes lèvres en sang seront coincées entre les dents ? Cette rage dans les tripes, ce dégoût, ce cœur au bout des lèvres. Ces yeux fermés, perlés de sel, pour oublier ta situation. Non, tu seras seul, coincé entre ce corps chaud et le matelas.
Il faudra retenir ton souffle, le temps que les vagues d'émotions te lèchent le corps. Vider les pensées pour ne pas sombrer.

Le cœur est chamboulé.
Tu cherches quelque chose auquel te rattraper, peur, inquiétude, tu redoutes les futures minutes. La main retombe contre tes hanches. Gorge serrée, tu es incapable de prononcer quoi que ce soit sans que ta voix ne se casse.
Poings serrés le long du corps.
Le malaise est palpable. Les doigts tremblent.

Tu te laisses tomber sur le bord du lit, aux côtés de l'époux toujours debout. Il ne te reste plus qu'à prendre le visage entre tes mains pour calmer ces tambours dans la tête. Les doigts dérapent dans les boucles, tu les joints sur tes genoux, coudes posés sur les cuisses.
Tu oses un coup d'oeil rapide vers l'époux avant de reposer le regard sur le sol.

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le Dim 26 Jan - 22:58
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Benji l’avait rejoint. La soirée était suffisamment inhabituelle pour qu’il ne fuît point. Allant à sa rencontre, Kintaro contempla son langage corporel : honte, appréhension derrière sa tentative habituelle d’indifférence. Et alors que ses pas se posaient pour lui, que ses yeux grattaient les indices de son état, il se souvint qu’il n’avait pas complètement perdu à la loterie incontestable, bien qu’il l’oubliât souvent à cause de leur communication chaotique. Benji avait la peau douce et les traits agréables, n’attendant qu’à être gagné pour dévoiler ses richesses.

Sa chair l’appelait, lui demandait de venir s’enivrer comme il le faisait d’alcool, retrouver avec elle le confort d’une danse interdite. Combien il aurait été agréable de glisser sa main dans ses cheveux, de l’embrasser, prendre contact avec sa peau, premièrement du bout des doigts graduellement jusqu’à n’être que deux corps collés, entrés dans une transe fanatique comme une seule personne.

Il s’avança face à Benji, les objets toujours en main. L’enfant luttait encore, il luttait pour paraitre adulte plutôt que d’assumer sa position.


Tu t’avances jusqu’à lui faire face, le visage baissé vers le sien. Il ne veut pas te voir, il ne veut pas que tu le touches. Alors tu ne bouges pas, patientant pour une fois, bien que tu détestes attendre.
Il te demande de reculer, doucement. Tu obliges en appréciant ses expressions, ne sachant que faire de ton corps qui veut toucher, qui veut goûter sans que tu ne le laisse. C’était si inhabituel, de se déplacer ainsi, de prévoir cet acte sans échauffement.


Vous n’êtes pas deux amants, vous êtes deux aimants, pôles positifs se faisant face.


Benji épuisa rapidement son courage, sa main ayant cessé de lutter contre la force répulsive. Il abandonna, se déroba à la proximité, s’assit, abattu comme si c’était la potence qui l’attendait.

… ce n’était pas si loin de la réalité.


Les yeux levés au plafond, Kintaro soupira sans bruit. A cette allure, la soirée pouvait être longue.


Cette règle de “bas les pattes” était handicapante, vraiment. Retenant un mouvement pour relever le visage de Benji, Kintaro fléchit, mains sur les genoux, fixant son stupide époux. Quelle épine dans le pied que ce mariage. Jeune, pauvre, gaijin, hétéro, puceau. Et même si l’époux était complètement abattu, Kintaro était incapable de ressentir la moindre pitié. Mais il savait la feindre, alors il adopta une douceur conciliante en posant une main sur son épaule, le faisant basculer sur le lit.

- Déshabille-toi.

Un genou posé sur le matelas, Kintaro déboucla sa propre ceinture et fit sauter le bouton de son pantalon. Puis il posa un coude à côté de l’épaule de Benji, ne sachant pas vraiment ce qui était acceptable selon ses propres préceptes. “Je veux pas tu me touches plus que le besoin du devoir.” avait-il dit. Mais s’il l’attaquait immédiatement, il était bien certain de le choquer.

Eclipse lunaire 1518348080
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le Ven 28 Fév - 2:47
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Eclipse lunaire

See I was thinking if she took them I won't see her lies
But my baby - I can taste her lies.
But my baby, all I taste is her lies.

Tu étais le garçon d'une femme aux yeux sombres et aux lèvres pleines. Tu étais le fils d'un homme au dos voûté sous les bourrasques invisibles des responsabilités et de l'exil. Modelé dans la tourbe et la glaise, tu étais un enfant anonyme fait de terre et de promesses fondant sur la langue comme neige au soleil. Tu n'étais le frère de personne. Juste une branche rabougrie et infertile où s'épuisaient quelques feuilles jaunâtres. Ployant à présent sous les assauts d'un sécateur maritale.
Pris dans une tornade qui plantait des pics dans l'argile molle de ton corps, tu semblais être le seul à sentir ce mur de vent s'abattre sur tes épaules. Invisible à l'oeil nu, la tempête portait le nom d'un homme au cœur de pierre et aux poings tremblants de haine. Tu étais insignifiant sur ta tour de potier, dissimulé derrière les faux titres et étiquettes étriquées. Tournant à en avoir mal à la tête, peau sombre pétrie et caressée pour prendre une forme négligée, négligeable.
Il pouvait rayer ton rôle de fils d'un coup contre la nuque. T'écrasant de tout son poids, te réduisant à un souvenir éphémère en un claquement de doigts.

Tu as l'odeur de dépit incrustée dans les plis de ta derme, tu suintes la vodka dans tes mots, tu pues la peur, le parfum de la honte te colle à la peau. Coincé devant les crocs qui s'ouvrent, prêts à t'avaler. Il te suffirait de tourner le visage pour voir la langue rose caresser les babines humides de salive.
Il y a d'abord eu la poigne lourde sur l'épaule. Ce sont les griffes qui se posent sur toi. Douceur humiliante et féroce. Ton corps suit le mouvement imposé, le dos se pose sur le lit impeccable. Pas un plis ne vient troubler la tranquillité de son duvet. Comme un miroir déformé, les épaules se déposent contre un océan confortable où tu te sens étouffer.
Le cerveau se vide de toutes pensées, impossible de réfléchir ou de réagir, le ventre ne fait qu'un tour. Rythme saccadé des poumons qui ploient sous l'effort, le cœur tremble et les tripes se soulèvent. Tu tournes la tête pour te défaire de son regard glacé. Mains crispées sur ton ventre, prêtes à glisser plus bas pour protéger une chasteté mise à mal. Tes yeux fixent un point invisible, les doigts agrippent ton vêtement, tu restes sourd à son ordre. Incapable de gérer les tremblements qui menacent d'agir, ce sont tes dents qui viennent mordre dans la pulpe de tes lèvres. Tu déglutis avec difficulté, collant les cuisses l'une contre l'autre, sourcils froncés mais incapable de dire un mot.
Tu voudrais agir, frémir d'une insolente et audacieuse énergie.
Tu voudrais mettre un masque narquois sur les traits qui s'affaissent et se crispent de malaise.
Tu voudrais le repousser et fuir, à défaut de pouvoir lui faire face avec le panache d'un condamné gardant la tête haute jusqu'à la fin.

Il se rapproche, geste après geste. La chaleur se diffuse, frôlant ton corps, frôlant ta peau. Ton regard s'agite, les pupilles sont fébriles. Tu clignes des yeux sans pouvoir t'arrêter, les sourcils tressautent. Tes bras viennent se croiser sur ton torse en une prière muette. Impossible de rater la cacophonie du cœur, il s'agite, pompe si vite.
Il y a presque eu un gémissement, quand sa main a glissé sur ton pantalon. Le ventre s'est retourné d'un coup, ce ne sont pas les papillons qui ont virevolté dans l'estomac, mais une armée de frelons prête à te piquer les entrailles jusqu'à inonder tes tripes de sang. La bouche s'est entrouverte, le nez a inspiré si fort sous la surprise. Tu n'as pas pu retenir ta main, geste automatique pour arrêter l’agresseur dans sa visite. Tes doigts se sont plaqués sur son avant bras, pressés contre le membre de ton époux, tu ne l'as pourtant pas repoussé, juste attrapé avec la puissance du désespoir.
Yeux clos.

La peau s'est couverte de chair de poule en sentant le souffle de l'homme contre ta peau et tes cheveux. Réaction du corps sans que l'esprit n'y puisse grand chose. Tu as tourné la tête et ton regard vers le plafond, puis enfoncé l'arrière du crâne contre le matelas. Une poigne déplaisante venait à la rencontre d'un jardin que tu voulais garder secret.
Inspiration difficile, tu déglutis avec difficulté pour cacher un embarras qui te rougis les joues.

Tu étouffes.
A l'étroit, coincé.
Entre son corps et le matelas, entre ta peur et l'obligation, entre la survie et la faucheuse.
Qui sait de quoi il serait incapable, si tu te refuses à honorer ta part du contrat. Un deal que tu n'as même pas accepté ni signé, imposé dans ta vie du jour au lendemain.

Tu gigotes sous l'emprise de l'époux. Les jambes viennent se frotter l'une contre l'autre pour empêcher le passage vers ton entre jambe. Peur. Si peur, tellement peur.
En colère, couvert de honte, mal à l'aise, paniqué. Son parfum te titille les narines à chaque fois que tu essaies de bouger ton corps.

« Mal le dos. Pas bien là le lit, pas doux. » la voix tremblotte même si tu tentes de reprendre le dessus. Les mains viennent se poser sur le torse de Kintaro et tu le pousses doucement vers l'arrière.
« Étouffé »
Tu tentes de glisser vers l'arrière, ramenant tes jambes sur le matelas, fuyant vers la tête de lit. La respiration s'accorde sur le rythme cardiaque, impossible de calmer cette pulsation et ce tempo infernal dans la tête.
Tu oses un regard vers le loup. Le brun vient à la rencontre du gris, les prunelles s'entrechoquent pendant que tu ramasses assez de courage pour garder ton regard planté dans le sien. Juste assez pour lui donner cette préférence qu'il attend avec tant d’impatience.

« Pas la lumière. »
Les yeux glissent vers la boucle de la ceinture qui tombe vers le lit, défaite.
« Veux pas voir. » que tu lui craches à la figure, le ton acerbe.
Mâchoire crispée, sourcils froncés. Tu détournes le regard pendant qu'une main vient glisser sur tes lèvres et ton menton. Une de tes mains vient glisser sur le premier bouton de ton pantalon. Doigts tremblants en sentant le métal sous l'index. Il te suffirait d'un geste pour le faire sauter. Tu hésites, gorge serrée. Il te faut sauter pour éviter qu'il ne te pousse avec trop de violence.
Le pantalon s'ouvre sans un bruit. Braguette ouverte sur un caleçon encore bien assez dissimulé.
Tu expires une dernière fois avant le grand plongeon. Le dos se redresse et le regard tente de se voiler de dureté.

« Même pas peur. » que tu murmures si bas pour te donner du courage, les dents serrées.

Codage par Libella sur Graphiorum
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le Jeu 26 Mar - 17:48
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Époux/se : Benji N. Tarkovski
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Elle intervint sans s’opposer, la paume de son époux. Un « non » puis l’absence d’action, un « non » factice, un « non » qui encourage. Les canines de Kintaro grandirent en toisant ses paupières fermées, son expression craintive. Tranquillise-toi, jeune âme, les détours sombres que tu appréhendes ne sont que ceux que quémanderont plus tard les tiens, chauds et frissonnants. Jardinier du vice, Kintaro piquera au creux de tes reins des graines de luxure, les baisera jusqu’à germination et enracinement. Pleinement épanoui, tu appartiendras à son monde, à sa vision, à son couloir bordé de merveilleuses sculptures, sa digne œuvre d’art.

Alors, tendre ingénu, laisse de ta chair éclore les fleurs du mal.


Mais n’est-ce pas des mains qui se posent sur ton torse, refusant tes idées de grandeur ? À peine t'étais tu redressé qu’il se déroba, échappa à ta paume. Tu ne sus cacher l’ardeur dans tes yeux alors que le reflexe réfréné de ta griffe vide était d’attraper ces membres qui fuyaient pour les ramener vers toi, les mordre pour leur apprendre l’obéissance, les punir de t’aguicher. Kintaro, que tu aimes le voir collecter sa virilité pour t’affronter, que tu aimes le voir se débattre contre ta victoire certaine. Mais voilà qu’il ne supporte plus ton intensité ; Il te condamne à la cécité.

Ce qu’il était mauvais, l’animal, crachant son venin car acculé, dos à l’inévitable. Kintaro resta un instant immobile, ne sachant comment réagir à ce nouveau caprice. L’envie, une fois de plus, s’attaquait à la logique. Pourquoi ce gamin devait-il toujours être si peu arrangeant quand lui faisait l’effort de l’être ? Après une ou deux secondes, la logique se couronnait de lauriers et Kintaro recula.

Si tu n’étais pas son époux, Benji, les choses seraient bien différentes.

Mais peu importait.

Il ne le laisserait pas gâcher son plaisir.

Clic.



L’obscurité regagna ses droits, Kintaro reprit conscience de son souffle, de son corps qui s’échauffait. Il se défit des faux semblants, son expression reprenant naturellement son air hautain et prédateur. Il connaissait la position de sa proie, l’image de ce pantalon ouvert encore imprimé sur la rétine, ses oreilles dressées pour détecter le moindre déplacement. Il croyait presque entendre sa respiration apeurée. Son genou creusa le matelas, suivi d’une paume, avançant en fixant là où il pensait être ses yeux. Combien il était satisfaisant de sentir ses muscles rouler sous sa peau, d'être conscient que l’on craint de vous savoir vous approcher sans espoir de fuite.

Comme tu dois avoir peur.

Les bruits étaient inhabituellement proéminents, ceux des draps alors que sa main glissante sinuait vers l’avant, frôlant parfois et par mégarde son corps, ceux de ses vêtements qui se froissaient à chaque mouvement. Il s’arrêta lorsqu’il se crût au-dessus de lui. Et il ne devait pas être bien loin, car il sentait l’odeur de son shampoing, le souffle de son haleine contre son épaule, la chaleur qui s’échappait de son visage. Kintaro regarda en coin la panique dans ce regard invisible.

Il lui laissait le temps, le temps de se faire à sa présence, de se demander ce qu’il faisait, d’appréhender le moment où il le toucherait finalement.

Le souvenir de son cou l’appelait, lui demandant de faire frémir son épiderme, lui arracher de clairs gémissements. La tentation était si forte qu’il se pencha mais s’arrêta en chemin. Pas toucher, doucement, doucement, doucement...

Une caresse pianissimo, légère comme celle d’un être aimé. Un accord subtil sur son torse qui résonnait fort dans ce silence sous vide. Puis ses lèvres posées sous son oreille. Il était bien simple de se rendre compte que ça ne lui ressemblait pas. Le sexe n’était pour lui qu’une lutte de pouvoir et des sens où il était le glorieux conquérant. Il y avait de l’irrespect dans sa douceur, ne suivant les barrières qu’avait voulu ériger son époux. Mais qu’elle idiotie était-ce que ces ordres alors qu’il sursautait et fuyait au moindre contact ?

Autant commencer par le basique.

Fruit promis mais défendu, le corps de Benji imposait qu’il s’auto-ralentisse et Kintaro souffrait de la manœuvre. Quel supplice de devoir croquer au ralenti, ne pouvoir que deviner ses textures. Peut-être l’homme qui jamais ne patiente apprendrait-il par ce biais l’art de la dégustation.

Le prédateur, pour se calmer, ferma les yeux un instant.

— Just Married —

le Ven 3 Avr - 2:39
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Eclipse lunaire

Don't let it fool you
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Down


L'abstinence des remords dans le fond de ses yeux. Métallique, de l'acier incendié au soleil pour un semblant de chaleur. Factice, prête à devenir neige pour te glacer d’effroi quand les doigts remplaceront l'ombre des battement de cils sur ta peau. Tu ne détournes pas les pupilles quand l'homme abat la nuit dans la chambre. Muet dans la pénombre, fragile et distant. Inquiet de sa chaleur si près de ta peau.

Obscurité moite, elle délie le son des respirations et les battements des cœurs. Boucles qui se déposent sur ce que tu devines être un oreiller, mains tremblantes d'appréhension. Tu tentes de calmer ton souffle qui s'étrangle dans ta gorge. Tu déglutis le plus silencieusement possible, yeux grands ouverts sur un vide colossale qui pourrait t'engloutir. Tout est décuplé, sans le confort de la vision. Il y a presque du regret, dans ta caboche. Tu n'avais pas pensé à ces sens bien plus présents, bien trop étouffants. Sa présence qui glisse vers toi, sa main qui serpente à la recherche de ta chair. Il s'approche à chaque froissement, tu fermes les yeux. Bouche entrouverte, sourcils froncés, tu as l'impression de te noyer dans les draps, enfonçant tout ton corps contre le matelas pour disparaître. Tes doigts viennent agripper ton t-shirt, comme inquiet qu'il parte en fumée si tu ne le serres pas assez fort. Cœur trébuchant sous la peur et l'angoisse.
Il est dit que le fruit de la discorde est une pomme. Que de ses pépins germent une chair juteuse mais défendue. Qu'il ne faut planter les crocs dans sa peau pour éviter la chute vers la luxure et autres plaisirs néfastes. Tu pourrais jurer, pourtant, qu'elle n'est rien face aux senteurs de l'argent, de la violence, au musc d'un après rasage de marque. Odeur forte dans les narines et l'esprit, une madeleine de Proust enrobée d'angoisse.
Un dragée d'arsenic prêt à fondre sur ta langue à chacun de ses baisers.
Une lame empoisonnée qui glisse sur le bleu de tes veines, pétales de bleuets sous la peau brune.

Chair de poule sous la sensation de son toucher. Les poils se dressent à mesure que ses doigts t'embrasent la peau. Tu aurais presque pu gémir, lorsque son empreinte s'est déposée sur ton torse.
De ta gorge, tu as senti son souffle glisser le long de ta mâchoire. Par mégarde, sans y prêter attention, ce sont tes lèvres qui, sous la surprise, se sont tournées vers cette chaleur de l'haleine. Frôlant, caressant à peine, ce sont les pulpes roses qui se sont rencontrées, l'espace d'un instant. Ne pouvant reculer ni t'enfoncer d'avantage, tu as laissé le temps se mettre sur pause. Inquiet, anxieux, attendant presque qu'il te croque avant de t'avaler tout cru, tu restes inerte sous son corps, si proche de ces lèvres qui caressent ta derme de leurs soupirs agonisants d'envie.
Tu ne peux pas te raccrocher au vide. Toi qui voulait vous bander les yeux pour ne pas subir son regard, vous vous retrouvez dans le cercueil des sensations, torturés par les souffles et caresses.
Tête tournée pour fuir sa chaleur, tu te tortilles sous son corps. Main tâtonnant vers le haut, s'écrasant avec une douceur timide contre son torse. Tu voudrais l'éloigner. Mais sa respiration te rougit les joues. Elle coule sur ton cou, glisse dans ta nuque. Met le feu à ta peau. Tu ne peux pas retenir les battements de ton coeur qui s'accélèrent, ni la respiration qui s'intensifie. Lèvres entrouvertes, déglutition difficile, tu pourrais en trembler tant l'émotion te retourne les tripes.
Tu as besoin d'air, étouffant sous la présence de ton époux. Le corps glissant, se tordant, mal à l'aise, tu ne fais pas attention aux gestes qui rapprochent la main de ton époux vers une virilité encore cachée. Le t-shirt se remonte à chaque fuite, la peau se crible de grains de peau au garde à vous.

« Боже мой »
murmures-tu, si rapidement, dans un gémissement étranglé.
Mais comment adresser une prière à un Dieu qui t'a tourné le dos. Nul message ne peut arriver aux oreilles d'un sourd, l'auréole poussiéreuse est devenue un serpent de câbles électroniques. Jouant avec ton destin et tes espérances, glissant ton palpitant entre les doigts osseux de cette faucheuse aux allures de mariée, toute vêtue de noir.

Peut-il sentir cette honte, quand ses mains quitte le tissu pour s'insinuer sur ton corps ?
Honteux par cet échauffement d'une sensation coupable qui te fait arquer le bassin sans réfléchir, les dents viennent serrer la pulpe rosée de tes lips. Le cœur au bout des lèvres, tu es seul, coincé entre ce corps et le matelas.
Il faut retenir ton souffle, le temps que ces vagues d'émotions te quittent le corps. Vider les pensées pour ne pas succomber, laisser l'écume de plaisir disparaître de tes souvenirs.

Ta main se pose avec hâte sur ses doigts curieux, que tu as laissé couler si bas sans faire exprès. Pression sur le dos de sa main, tu serres la peau pour l'éloigner de trésor si bien gardé.
Le moment tant redouté est si proche.
Le devoir vous guette dans l'obscurité, tu pourrais presque entendre le cliquetis des aiguilles, voir la chute des grains de sable dans le sablier. Ravalant la frustration et la peur, tu fais glisser la main de ton époux vers tes hanches. Un juste milieu offert en guise de signe de bon vouloir. Tu sais ce qui arrive en cas de rébellion. Kintaro a été très clair à ce sujet.

« Pas vite. Pas vite », que tu grinces entre les dents, dans un japonais hachuré.
Toi qui voulait pourtant te débarrasser de cet ordre, te voici à le supplier de prendre son temps. Il faut dire que tu pourrais presque te sentir partir tant les battements de ton cœur te donnent le tournis. Arracher un pansement d'un coup te semble insupportable, arrêtant le mouvement dès la première douleur.
Tu laisses tes doigts glisser le long de ses jointures, les ongles flirtant avec les reliefs de son poignet, de ses muscles. Il faut tenter de l'inciter au calme. Pourtant l'excitation te prends aussi, malgré toi. Elle gonfle, petite à petit, dans tes veines, sur ton corps. Soulagé qu'il ne puisse voir le rouge te monter aux joues comme un enfant embarrassé.
L'autre main vient tâtonner pour trouver sa présence dans le noir. Elle vient rencontrer sa pomme d'Adam, effleure les contours de sa gorge pour trouver les clavicules. Pression de tes doigts contre ses cervicales, tu le repousses pour l'éloigner, le temps de respirer.

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#26 —Re: Eclipse lunaire
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