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Gun cock, Gunshot, Gonna lick a boy
le Mar 24 Mar - 18:15
Yuu Komeiji
Messages postés : 92
Inscrit.e le : 01/12/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : l'indécence
Autre:
Komeiji Yuu
le prince charmant comme il respire.
Informations générales
Nom : Komeiji
Prénom : Yuu
Âge : Si le maquillage peut te sauver quelques années, il faut de plus en plus de poudre pour combler les sillons de l'alcoolisme juvénile et du temps que creusent tes 36ans. Il y a longtemps maintenant que tu te moques de jouer avec cette course accélérée débutée le 12 avril 2076.
Genre : Homme.
Origines : Ton père soutiendra jusqu'à crever être japonais, que son précieux enfant l'est. Et ce n'est certainement pas lui qui dira dans quel autre pays il aurait pu souiller ta génitrice.
Activité : Si son nom vous est vaguement familier, c'est peut-être que gamin, vous l'avez vu dans l'un des nombreux films où il jouait lorsqu'il l'était encore lui aussi. Durant tout le temps nécessaire pour briser un enfant. Mais si son nom vous est plus connu, alors vous savez probablement qu'il a la plume acerbe d'un écrivain et auteur reconnu, et une place importante comme journaliste pour une revue de mode influente. Elle appartient toujours à papa, mais qu'importe, tant qu'on a le pouvoir et les avantages qui vont avec.
Sexualité : Difficile à suivre.
Avatar : David Bowie
Règlement : -
Chemin Celui du succès.
Autre : Au départ, je voulais essayer d'en faire un mec bien. Puis j'ai vu dans le règlement que les créatures fantastiques ne sont pas admises.

Autrement, l'histoire abordera le sujet de la pédocriminalité, si vous y êtes sensibles évitez.
Histoire - and sometimes, I miss this life I've never had
Il y a toutes ces choses que tu sais pas, des vérités achetées avec les mensonges.
D'autres qui sont simplement tues, enterrées à jamais sous les silences.

Tu ne sais où il était durant toutes ces années où tu n'existais pas. Il était loin d'ici, comme aujourd'hui parfois. État-Unis ? Europe ? Plus tard, tu as simplement compris le pourquoi, sans jamais apprendre où. Pour une invitation, suivre une tournée, ou simplement par tourisme ? Peut-être que maintenant tu t'en fous, ou tu te dis que dans ses égarements de cinglé, il l'a possiblement lui-même oublié. Il a répété qu'elle était japonaise. Tu l'imagines jeune et probablement naïve, sinon vulnérable. Il les a toujours préférées comme ça. C'est un miracle même, que tu sois le seul rejeton qu'il ait produit hors mariage.

C'est tout ce que tu peux imaginer.
Il a dit qu'elle ne voulait pas de toi. Qu'elle disait que c'était à lui, de te garder.

Mais tu ne pourras jamais entendre tout ce qu'elle a entendu, sentir le poids de ses mains lourdes serrant ses épaules en murmurant. Toutes les lois obscures d'un pays qu'elle ne connait pas, dont elle n'a appris que les rumeurs médiatisées. Il n'a juste qu'à les tordre pour l'effrayer assez. Il lui a répété qu'elle portait un bébé japonais, qu'avant toute chose c'était le plus important. Elle n'a surtout pas le droit d'avorter. Oh non, surement pas, c'est considéré comme un crime pour le pays, qu'il disait. Elle t'a gardé en pensant ne pas avoir le choix.
Ils viendront te chercher, qu'il disait. Ils t'arracheront de ses bras.
Parce que tu es japonais. C'est tout ce qui comptait.
À ses yeux, et contre sa volonté à elle.

Et ce jour là, à moitié évanouie, elle a posé les yeux sur toi pour la première fois. Sans que tu ne puisses avoir conscience que ça restera la dernière. Sa respiration s'affaiblit en voyant d'autres mains te saisir, comme il l'avait prédit. Le cordon a été coupé avec le dernier espoir, peut-être s'est-elle effondrée juste après pour ne pas avoir à renoncer. Il est sorti de la chambre, sans un regard, il les a suivi tant qu'il pouvait d'un couloir à l'autre.

C'est à ce moment qu'ils ont déposé cette bombe à retardement sous ton crâne.

Il était là, à t'attendre de pied ferme. Ils n'ont vu qu'un père inquiet venu récupérer son bébé. Et plus personne d'autre ne vous a vu après.

Penché sur le berceau qui te ramène au Japon, il te bercait.
Tu es mon bébé, tu sais ? T'es à moi, rien qu'à moi. T'es ma chose Yuu, t'es mon humain. T'es mon bébé.

Une clinique privée pour accueille et lieu de vie, bien loin des indiscrétions de la capitale. Derrière quelques enveloppes et murmures conciliateurs, un dossier a été glissé parmi les autres. Il indique que Yuu Komeiji est né au Japon entre leurs couloirs, d'une mère nommée X qui ne l'a jamais reconnue. La page suivante est une longue liste, presque effrayante, de tous les coups de bistouri que tu as reçu, de toutes les manipulations génétiques qu'ils t'ont implanté. Bridage des yeux. Coloration des pupilles et des cheveux. Et, à mesure que ton visage de poupon s'étirait, tes premières années ont été marquées par ces aller-retours bien trop réguliers. Le nez. La mâchoire. Les pommettes. Rien n'a été épargné.

Akisada Komeiji, baignant dans sa folie et ses mensonges, t'y a noyé comme tout premier baptême. Personne ne sait à quel point il s'est lui-même fait opérer, et la même discrétion pour toi maintenant est achetée. Ta vie est un agenda, son agenda est recalqué sur ta vie. Il est ton père, ton présent, ton avenir. Et s'il est japonais, alors tu le seras aussi. Avant d'avoir l'âge de pouvoir t'en souvenir, avant qu'il puisse te présenter à son monde, il doit t'y préparer.

De nombreuses mains t'ont porté, changé, nourri. Elles ne restaient jamais les mêmes bien longtemps, aucune ne peut témoigner t'avoir vu autant changer. Et de ton père, ta mémoire n'en conserve surtout qu'un dos, penché sur son bureau, sortant de la maison, quittant la pièce lorsque tu étais trop bruyant. C'était le soir que tu avais droit à ton baiser rituel, les murmures d'un amour filiale et faux, des promesses possessives d'avenir radieux, et un nouveau cadeau.

Tu ne voulais rien, tu avais déjà tout eu avant d'y songer.
Et tu savais déjà que bientôt, le reste serait à toi.

Tôt. Très tôt, tu as commencé les cours de théâtre. Tu étais un de ces enfants à qui on promet de réaliser tous ses rêves d'enfant. Tu seras un grand acteur, Yuu. Tu seras connu, adulé partout. Ton nom l'est déjà, fondation de l'empire familial dont tu es le futur héritier. Chemin tracé, offert, et du haut de tes six ans déjà tu marchais sur scène comme si elle t'appartenait. Tu savais que papa est important, et que par extension tu l'es aussi. Tu voyais les courbettes à son encontre et l'attention particulière que les professeurs te donnaient. Gratifiant. Grisant. Trop. Beaucoup trop. Bien plus que ce qu'un esprit aussi juvénile ne puisse appréhender, surtout né avec l'idée que tout est acquis et dû.

Car chaque mois, ton nom est imprimé plus d'un million de fois sur les couvertures posées en premier dans les kiosques, après l'actualité. La revue Komei a maintenant plus de soixante-dix ans d'existence, aujourd'hui bien implantée dans tout le pays. Mode, people, aux standings bien plus élevés que le simple tabloïd. Dictant les tendances à venir par les créateurs mis en avant, dénicheur d'idoles et de modèles posant pour eux, les importants, les fortunés, les conciliants.

Alors qui se permettra de te répliquer quoi que ce soit ?

Le premier casting a été une formalité. Tu ne connais pas le trac ici, tu as déjà vu l'homme que les autres appellent 'producteur'. Il était venu plusieurs fois à la maison, papa te l'a présenté, et pour lui tu avais déjà fait semblant de jouer. Si tant est que cette démonstration ait de l'importance, c'est toi l'objet de la transaction, plus que ta performance. Elle a été faite à l'avance, et nulle surprise ne se manifeste sur ton visage à l'annonce du premier rôle que tu as décroché. Une arrogante satisfaction, peut-être. La même que lorsqu'on dépose devant toi ton assiette pleine. Ce n'était qu'une simple audition, et tu te voyais déjà continuer avec cette même simplicité.

Ils vantent un visage atypique, étrange. Un regard profond, une froideur palpable, un sourire cassé, un physique qu'ils veulent exploiter.

Et tu ne comprenais pas tout ce qu'ils t'ont dit de faire. Le maquillage était toujours le plus long à faire. La peau recouverte d'une épaisse poudre blanche, les yeux cernés, et tu gardes encore en bouche le goût de ce qu'ils te faisaient avaler pour avoir les lèvres, les dents et la langue noire. Tu n'avais pas beaucoup de texte à apprendre. Ils t'ont fait pousser des cris aigus, ils ont projeté sur toi des éclats de sang. Parfois, on te confiait le plus long couteau que tu n'as jamais vu. Tu ne savais pas ce que tu faisais, en ayant conscience pourtant de ce que ça signifiait. Tu dois lui sauter dessus. Tu dois passer tes doigts autour de son cou. Tu dois rester accroupi devant ce corps mutilé. Ces images qui s'impriment sur la rétine, qui s'infiltrent jusqu'aux confins de ton esprit. Et peu à peu, tu te fermes l'esprit pour encaisser, pour accepter, tu te mets à agir sans y réfléchir. Le soir, tu étouffes et ravales cette boule de stress qui est venue se loger dans ta gorge, celle qui t'empêchait la journée d'avoir la nausée. Sans que tu ne le saches, c'est ta dernière once d'innocence que tu tues à petit feu pour supporter ce que tu vois. Jusqu'à ne plus avoir l'impression que c'est ta main qui s'abat pour semer une mort factice, avatar fantôme des cauchemars.

Quelque chose a changé en toi Yuu, mais tu ne sais encore quoi. Personne d'extérieur ne voyait la différence, ou presque. Ton professeur t'a félicité, les autres enfants de ta classe ont aussi du te montrer leur respect, mais depuis un mur s'est construit entre toi et eux. Ils pouvaient sentir l'injustice lorsqu'on te présentait comme modèle à suivre, alors que même dans cette école privée ton statut était déjà particulier. On leur a juste dit qu'ils n'avaient pas l'âge de voir le film dans lequel tu as tourné pendant ces deux mois d'absence. Alors pourquoi as-tu eu le droit de jouer dedans ? La réponse de ton père est devenue la tienne, tu es unique. Tu es important. Plus qu'ils ne le seront jamais.
Et cette idée a été bien plus que confortée quand Akisada t'a expliqué combien le film a marché, que bientôt tu seras une véritable star, que le contrat a été prolongé pour tourner la suite l'année suivante.

Tu n'avais plus le droit de retourner à l'école, tu ne voyais plus que des professeurs particuliers.
Tout s'est très vite enchaîné.

Jusqu'à ce qu'une bourrasque ne vienne secouer ton père sous la forme d'une lettre rose. Vous étiez loin de la maison pour le tournage, et tu t'es vite caché pour ne pas subir les torrents de colère qui brisent tout ce qui arrivait entre ses mains. Toute l'équipe technique a pu l'entendre, comprendre, mais aucun n'a osé toquer à la loge familiale. De longues heures plus tard, avec un calme de façade retrouvé, Akisada te dit qu'il devra repartir. Que vous n'allez plus être seuls à la maison. Mais que toi, tu devras rester là, c'est le film le plus important. C'est pas toi, c'est les délais à respecter, ton rôle à conserver.
Tu hausses les épaules. À quoi bon, t'as pas le temps d'avoir une nouvelle maman.

...

« Bonjour mon petit Yuu, oui tu peux t'asseoir. Bien sur que tu peux en prendre, le paquet est posé pour ça ! Alors, ton papa t'a expliqué ce qui s'est passé ? Pourquoi il est parti ? Oui, on ne pouvait pas arrêter en plein milieu si tu t'en allais, j'espère que ça ne te rend pas trop triste de plus le voir ? Non ? C'est bien, t'es un grand garçon. Alors dis moi, comment se passe le voyage pour toi, tu aimes bien tourner là ? Justement, je voulais qu'on discute un peu de ton rôle. Tu le fais très bien, tu sais. Non, je n'ai aucun problème avec. Tu savais que c'était moi qui m'occupait de tout ici ? Oui, je décide et je choisis, et je dois tout faire à la fois. La dernière fois, on avait pas eu le temps de se retrouver qu'à deux pour que je puisse faire tout mon travail. Aujourd'hui, c'est moi qui vais te photographier. Oui, place toi là, mon petit Yuu. J'ai besoin que tu fasses comme si on tournait pour de vrai, et là aussi tu dois faire tout ce que je te dis. C'est aussi pour le film. On commence comme pour le maquillage, il faut que tu retires ta chemise. Oui, comme ça... Et regarde moi, regarde moi bien. »

...

Un regard mort sur un visage mort.
Ils ont dit que tu n'as jamais aussi bien performé.

Quelques semaines plus tard, ton père t'a récupéré à l'aéroport. Il te parle de nouvelle maison sans grande conviction, et toi tu entends sans écouter. Il ne parle pas de qui vous attend là bas, te demande comment ça s'est passé pour le tournage, si rien n'a été gâché. Tu lui dis que maintenant tu commences à t'y habituer. Tu lui dis qu'ils ont tous été contents de toi. Tu es silencieux. Tu baisses la tête. Tu lui demandes si c'est normal que le patron a voulu te toucher. Tu n'as pas besoin de la relever pour savoir que la sienne n'a pas bougé. Il te dit que tout le monde dans ce métier fait ça pour réussir.

Cette phrase incisive gravée dans un morceau arraché de ton âme.

Ton esprit lui, a enterré au plus profond de ta mémoire cette discussion, là où tu ne pourras plus la retrouver.

Vous êtes arrivés à la nouvelle demeure, l'habitacle baignant dans un silence palpable. Elle est plus grande que la précédente, mais rien ici qui ne puisse t'impressionner. Tu n'as même pas encore atteint tes dix ans, que déjà tu as le désintérêt d'un homme âgé. Ou est-ce la certitude que de toute manière, rien de moins imposant ne mériterait d'être l'adresse de la famille Komeiji. Ton père n'est pas descendu de la voiture, fenêtre ouverte, il te dit qu'il doit retourner travailler, "qu'il t'indiquera à l'intérieur tout ce dont tu as besoin". Tu ne sais pas de qui il parle. Les premiers pas à l'intérieur sont lents, circonspects. Le hall est vaste, un bruit adjacent t'attire vers une seconde pièce. Te voilà hésitant dans ton propre chez-toi. La porte coulisse, tu entres, une silhouette est assise sur un fauteuil. Sans surprise, sans tact, sans présentation, tu lui demandes qui il est. Un sursaut plus tard il est debout, s'excuse déjà en s'inclinant. Sourcils froncés. Les domestiques peuvent se reposer dans votre salon, maintenant ?

Mitsukane. Mitsukane Komeiji.
Il n'a rien d'une nouvelle maman.

Et à vrai dire, tu ne te souviens pas non plus quand Akisada avait mentionné la personne à qui on l'avait lié. Tu l'observes en battant des cils, sans mot. Il t'appelle par ton nom de famille. C'était cet homme révérencieux qui venait s'imbriquer dans votre quotidien ? Ton mépris n'en démord pas. Tu ne veux pas de lui ici, tu ne veux pas qu'il s'approche, qu'il reste dans un recoin loin de ta vie. Il n'aura droit qu'à deux réponses mono-syllabes, et une porte qui claque, lorsqu'il t'emmène dans ta nouvelle chambre. Tu ne veux pas voir le reste, tu ne veux pas le voir lui.


Tu ne sais pas à quel point cet homme à déjà peur de ton père, qu'il reste autant intimidé face au fils.

Tu t'en fous, Yuu. Là, maintenant, tu t'en fous de tout. De lui, de la maison, de l'avenir.

Tu es seul, maintenant, enfin. Un trop plein qui crève à l'intérieur de toi, que tu hurles dans l'oreiller, pour faire sortir toutes les immondices qu'on t'a imposé.


UC parce que je pense quand même pas finir là.
Physique
« Comme l'emballage d'un papier cadeau maintenant froissé et arraché...

Aujourd'hui, c'est le soleil qui décide de tes couleurs pour toi.

L'ombre d'une silhouette mince qui se détache de la réalité. Les mouvements de tes gestes assurés vers le ciel change toute la lumière de la scène. De tout Tokyo, peut-être. Le long de ta mâchoire brille le zénith, peau blanche et tirée, usée et fatiguée, qui ne retrouve son éclat qu'éclairée. Midi sonne sur une mèche plus claire qu'une autre, chevelure colorée par les saisons, du blond des épis d'été au roux des feuilles d'automne. Sur ton front plissé peine l'aurore, aux lueurs capturées par tes prunelles. L'une de miel et d'or, ton chaud et pupille dilatée prête à les capter. L'autre froide transperce altière d'un regard presque aveugle, un poignard dans l'âme, miroir de pluie.

Et de ces mouvements de soleil capricieux, tu changes le monde à tes convenances, ode à la lumière. Toute cette fantasque géométrie de ton être projette des reflets de vitraux, que tu foules sur bitume ou parquet. Tu veux briller. Tu te drapes et te déguises en astre, pour ne pas admettre que tu es Icare.

Jusqu'à ce que les costumes tombent. Chemises ou vestons, kimono ou pantalons droits, de la soie principalement qui te court sur le corps pour chuter. Et lorsque que les derniers éclats de poudre sont effacés, ne reste qu'une peau froide creusée par les cicatrices et nouée sur les muscles séchés. Tes écarts se dévoilent comme des stigmates. Tu ne peux plus vraiment le cacher, pas vrai Yuu ?

Non, bien sûr que non.

T'as laissé tomber cette idée le jour où tu t'es fait arracher la moitié de la gueule au bistouri.
La seule décision que tu aies prise pour te reposséder de toi. Il a disparu maintenant, le jeune Yuu qu'on voyait sur les écrans. Un Yuu aux cheveux noirs, aux yeux bridés, un Yuu au visage rond, qui n'aurait pu devenir si anguleux avec le temps. Lorsqu'on te croyait aussi japonais que ton nom. On ne peut le retrouver qu'à travers la pellicule qui l'a enfermé, mensonge cristallisé à jamais dans les mémoires.

Aujourd'hui n'en reste que les sécheresses. Tu clames d'une voix cassée, comme le sont tes gestes. Aura brute au parfum de danger, flamme dans un désert de neige brûlant ceux qui viennent s'y chauffer. Et chaque matin inlassablement, tu maquilles les cicatrices pour laisser derrière le mime habile une mine lisse et domptée. De nouveau tu transformes cet austère faciès en figure raffinée. Le visage est la tombe des ruines de ta vie dont tu en polis l'épitaphe pour ne plus exposer ces brèches.
Il te faudra bientôt rendre compte, le film poudreux ne suffira bientôt plus pour acquitter les écarts.
Le Roi Soleil ne brille plus que par sa couronne.

Caractère
... dont le présent abandonné depuis des années s'effrite sous la crasse accumulée. »

Tu étais beau ce matin, en marchant sur le parquet d'un plateau télé, aussi beau que pour une soirée. C'est qu'il faut savoir faire semblant pour les émissions enregistrées à l'avance. Et c'est tout ce que tu sais faire, semblant. C'est pour ça que tu es là. Tu ne te montres presque plus devant les caméras, sinon lorsque ta bibliographie est sur le point de s'agrandir. Il y a bien peu de raisons maintenant, qui te poussent à commettre un écart à la discrétion que tu tentes d'apporter à ta vie privée. Pour celle-ci, tu prépares tes poses, tu chronomètres tes sourires.

Et le monde te regarde.
Il te regarde comme il t'a toujours regardé.

Alors tu lui montres comme tu es beau. Il y a les mots qui coulent, fluides, les gestes qui happent et hypnotisent. Assis sur un fauteuil que tu prends pour trône, tu séduis une foule invisible. Tu sais jouer cette comédie. Aussi assuré et exubérant qu'au centre d'une soirée mondaine. On te remarque, Yuu. On te remarque et tu le sais. Ce n'est pas que tu aimes particulièrement ça, mais ça fait partie du jeu. Tu captes. Tu brilles. Tu appelles. C'est le jeu.
C'est le piège.

Dans ce contrat que tu as passé avec eux à la naissance, tu dois leur montrer l'arsenal de tes charmes. On salue la nonchalance derrière l'extravagance, le cynisme désabusé des mots crus que tu clames autant que tu les couches sur papier. Tu restes le même face à ton auditoire qu'avec toutes ces femmes et hommes avec qui tu bois en riant de vos conciliations. L'irréprochable et envié Yuu Komeiji, qui fascine et attire dans son univers épidermique. Qui encore après toutes ces années, soigne la moindre de ses apparitions publiques.

Après tout, c'est tout ce qui compte, l'image.

Et lorsqu'elle n'a plus tant besoin que tu flamboies, tu redeviens bien plus dur l'après-midi, une fois assis dans ton bureau. S'il n'y a aucun siège sur lequel tu ne te poses pas comme un roi, celui-ci est l'épicentre des griffes de ton pouvoir. Elles jaillissent tentaculaires, ronces et racines à la fois. Sans aucun tuteur ni garde-fou pour contenir leur étreinte empoisonnée. Une fois que les portes sont closes et les regards indiscrets éloignées, le tien se pose sévère, implacable miroir reflétant l'image de ce que tu es prêt à briser pour qu'on t'offre tout ce qui est exigé.

Parfois, on peut entendre les éclats glaçants d'une colère brûlante.

Mais les murs sont trop épais pour laisser passer les murmures doucereux susurrant qu'il faudra être très gentil avec toi.

Peut-être un rire, assez étouffé pour ne pas paraître faux. Sans qu'il ne signifie pour autant un meilleur signe.

Et ici aucun ne peut y échapper. Le magazine Komei, tour à tour épée et bouclier de ton narcissisme tyrannique. Il y a ceux qui veulent y écrire, jusque ceux qui y vendent leur corps et leur image. Tous finissent par être aussi dociles que les quelques malheureux qui, à l'inverse, se courbent par peur d'y apparaître. Le monde de Yuu Komeiji tourne ainsi. Et ils doivent être prêts à tordre le leur s'ils veulent avoir la possibilité de pouvoir y briller. Cet empire t'a été offert. Ta vie a été broyée pour lui. Aujourd'hui, tu peux broyer celle des autres.

Alors tu le fais.

Réservé jusque là, c'est ce soir que tu seras le plus sublime. Les talons qui claquent en tournant, et les bras qui se lèvent au centre de ton vaste salon pour saluer tes plus remarquables invités. Ils t'aiment, ils te veulent, et tu te baignes dans leur désir de briller à tes yeux. Leurs mains qui se posent sur toi, se remplissent d'alcool pour en verser dans les gorges. Les lumières deviennent floues, les couleurs se mêlent, les narines s'irritent. Tu ne comptes plus les bouches que tu as embrassé avant de trouver celle sur laquelle jeter ton dévolu. Plus petite qu'une autre, tendre et charnue. Une bouche que tu peux posséder pleinement et avaler, alors qu'un nuage de fumée couvre peu à peu son visage juvénile.

Et leurs ongles dans ton dos.

Leurs dents sur ta peau.

Le centre de leurs vies.

C'est une danse à la chorégraphie incisive, qui saisit, aux mouvements raides et poignants. Une création superbe et immédiate, un tableau que tu peins cent fois, que tu sublimes mille fois. Sanguin. Exalté. Déraisonné.
Ils t'emplissent alors que tu dévores.

Nourris toi de toute leur verve.

Car la nuit venue, les lumières s'éteignent pour ne pas voir comme tu es laid. Loin des reflets et réflexions, tu étouffes toute la sombre crasse de ton esprit aliéné. Les yeux fermés sur les cicatrices. Trop lucide sur toi-même pour encaisser, trop embrumé pour arrêter. Dans une course désespérée contre la puce, avec la peur qu'elle te rattrape et balaye ton monde d'un revers de main. Regarde toi Yuu, tu sais à peine marcher droit. Et chaque jour, il t'en faut un peu plus pour oublier celui qui vient de passer, et surtout, tous ceux qui reviennent te hanter. Il n'y en a jamais assez, assez pour te remplir, assez pour te faire ressentir, trou béant et vorace charriant les insanités.

Condamné à jamais à ne pouvoir être comblé. Le corps mort et l'âme en lambeaux, malédiction gravée pour prix. Et pour vivre comme un immortel, tu te dilapides et te vends un peu plus pour le payer. De ta vie. Tu crèverais pour ne pas mourir. Et tu te tues à petit feu pour que l'image de Yuu Komeiji te subsiste.

Oh, comme tu peux t'aimer Yuu,

et comme tu te hais.

— soosaku —

le Mar 24 Mar - 18:32
Karma Rūkha
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Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Peut-être toi ? ♥
Autre: Avatars crédits à: Kinboloss, Carmine, Chiharu, Fu, Milo et Akihiko.
Jtm bg. ♥
Hâte hâte hâte éloge d'une ruine 1518348080
— soosaku —

le Mar 24 Mar - 20:07
Noah M. Aida-Ellsberg
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Inscrit.e le : 15/01/2020

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Parle couramment anglais et japonais. Préfère qu'on l'appelle Noah que Motoki.
OOOOOOOOOH éloge d'une ruine 1503925550

Rebienvenue bb et j'suis impatiente de pouvoir lire ta fiche terminéééééée éloge d'une ruine 3488335006
— soosaku —

le Mar 24 Mar - 21:34
Fu Soda
Messages postés : 568
Inscrit.e le : 04/09/2016

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Déjà fu de toi ❀
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éloge d'une ruine XUSolFK
— soosaku —

le Mar 24 Mar - 22:41
Masao Bessho
Messages postés : 14
Inscrit.e le : 07/02/2020
Et bien gamin... Une ruine ? Toi ? Qu'est ce que je dois dire de moi, dans ce cas ? Mhh ? Je ne vais pas te faire d'éloges...
Bienvenue à toi !
*Repart lentement en s'appuyant sur sa canne*
— soosaku —

le Mar 24 Mar - 23:03
Hanz Asuka
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éloge d'une ruine 3859597877
— soosaku —

le Mar 24 Mar - 23:52
Milo De Jaeger
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Je suis: neutre.
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Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
éloge d'une ruine 361633772 ♥
01010011 01110100 01101111 01110000
le Mer 25 Mar - 11:09
Simon Lechat
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Inscrit.e le : 16/07/2017

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Je suis: neutre.
Époux/se : Libellule. ♥
Autre: Connard pathétique IRL, passe ta route.
éloge d'une ruine 2244379341
Gun cock, Gunshot, Gonna lick a boy
le Mer 25 Mar - 17:49
Yuu Komeiji
Messages postés : 92
Inscrit.e le : 01/12/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : l'indécence
Autre:
oh Karmamour, j'ai hâte de faire du kayak avec toi éloge d'une ruine 1518348080

bwlbwlbwl Noah j'espère que ça te plaira ohlalala merci bb

Fu éloge d'une ruine 3303333686

Masao, c'est un autre type de ruine disons, merci et fais gaffe à ton tour de rein éloge d'une ruine 3182035657

Hanz je t'attends éloge d'une ruine 1266160259

♥ éloge d'une ruine 361633772 toujours présent, jtm

Simon éloge d'une ruine 2837215391

Merci pour vos petits messages d'encouragements, vous êtes le crack de ma pipe, le fromage de mes macaronis ♥
— soosaku —

le Mer 25 Mar - 18:03
Michiko Nakashima
Messages postés : 137
Inscrit.e le : 10/11/2019

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Temporaire
Autre: Reste Fuyuka dans le cadre professionnel
Oooh, recoucou toi éloge d'une ruine 3488335006 Ca y est, enfin je vais pouvoir te pouvoir faire une poupée voodoo à ton effigie et te maudire parmi tant d'autres ? éloge d'une ruine 2837215391 Bon courage pour finir ta fiche en tout cas éloge d'une ruine 2432113367 ♥
— soosaku —

le Sam 28 Mar - 10:48
Izumi Fûka
Messages postés : 54
Inscrit.e le : 03/01/2020

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre:
Pouloulou o/

Je suis super fan de ce que je lis ! Bonne validation, et hâte de voir ce personnage parmi nous !

Izumi
Gun cock, Gunshot, Gonna lick a boy
le Mar 31 Mar - 15:34
Yuu Komeiji
Messages postés : 92
Inscrit.e le : 01/12/2018

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : l'indécence
Autre:
Mais voyons mimi, tu sais très bien que je ne vous veux que du bien éloge d'une ruine 1266160259 ♥

Merci bbdragée, tant que tu valides j'ai besoin de rien de plus :relieved
Bien à toi, Yuu
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