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la Brute

le Mar 26 Mai - 21:46
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Inscrit.e le : 18/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
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Mikhaïl Raskolnikov
"C’est étrange une amnésie. Comme une réponse à une question qu'on ignore."

Généralités
Nom ;; Raskolnikov - du verbe fendre, oui.
Prénom ;; Mikhaïl - Misha pour les proches.
ge ;; 45 ans, né le 1er janvier 2067. Mais tout ça, tu viens juste de l’apprendre alors c’est un peu abstrait.
Genre ;; Homme.
Origines ;; Russie qui coule dans les veines, Japon comme une balle dans la nuque.
Activité ;; Ancien attaquant centre du club de hockey sur glace HK CSKA Moscou. Joueur retraité de force suite à une très mauvaise blessure. Mais tout ça, c’est vague dans ta tête. Tu ne t’en rappelles pas vraiment - et tant mieux, finalement. Aujourd’hui, tu bosses pour HISA, une agence de sécurité, et t’enchaines les missions comme tu respires.
Sexualité ;; Hypersexuel, ça compte ? Homme, femme, entre-deux, les deux en même temps, qu’importe, tant que tu prends ton pied et que tu oublies tout ce dont tu ne peux pas te souvenir.
Avatar ;; Geralt de Riv #TheWitcher.
Règlement ;; Mikhaïl indignité. DAMAGE CASE 3766924225 - Carme
Chemin ;; J’ai établi mon campement entre les annexes et le règlement, depuis le temps. Je fais un peu partie des meubles.
Commentaire ;; Je suis nulle en blague, sachez-le. Donc si celle-ci passe pas, des joues vont couler sur mes larmes. DAMAGE CASE 1451543918

Histoire
L’eau.

C’est la première chose dont tu te souviens.

L’eau qui est partout, tout autour, en-dessus, en-dessous, dans ta gorge, tes poumons. L’eau qui oppresse et qui donne l’impression d’étouffer pour enfin mourir. L’eau qui va et qui vient, sans jamais partir. L’eau qui reste, l’eau qui broie, l’eau qui noie. L’eau, l’eau, l’eau.

Puis l’obscurité. Tu te rappelles de l’obscurité qui prend tout, ne rend rien, refuse de te laisser partir jusqu’à, enfin, la lumière. La lumière dans les yeux, la lumière au plafond. La lumière qui brûle et qui tape. Éteignez ça.

Monsieur ? Monsieur, vous m’entendez ?

Oui.

Monsieur, est-ce que vous savez où vous êtes ?

Non.

Monsieur, est-ce que vous pouvez nous donner votre nom ?

... Non ?

Et après tout ça, tu te souviens surtout de la panique qui enfle et de l’obscurité qui revient.



Il y a tout un tas de choses que tu ne sais pas.

Par exemple, tu ne sais pas que Maman est née à Mytichtchi, en plein Moscou, au fin fond de la Russie hivernale. Tu ne sais pas non plus que si elle a commencé sa vie dans la chaleur des restaurants, sur les terrasses des cafés, elle l’a finie sur les trottoirs à l’orée de la nuit. Tu ne sais pas qu’elle ne connaît pas ton père, que ce n’est qu’un client de plus, qu’elle n’a jamais su faire la différence au final. Tu ne sais pas qu’avec le temps et ta carrure, elle commence à trouver des similitudes mais ne se pose pas plus de questions.

Non, décidément, tu ne sais pas grand chose.

Tu ne sais pas qu’elle a fait de son mieux pour t’élever mais qu’elle ne t’a jamais aimé. Tu ne sais pas que tu passais plus de temps tout seul dans l’appartement qu’avec elle. Tu ne sais pas que lorsqu’elle était là, il fallait qu’elle soit accompagnée et toi, tu finissais dans le placard à regarder sans trop le vouloir.

Oh, elle n’était pas méchante, non, mais clairement, elle n’était pas faite pour être mère et tu n’étais pas sa préoccupation première. C’est peut-être mieux que tu ne te souviennes pas en vérité. De l’enfance dans le noir et la solitude. De l’adolescence aux prises avec des métiers ingrats pour essayer de trouver à manger. Des matins froids. Des journées fades. Des soirées sans fin. De ses regards qui jamais ne se posaient sur toi. De ses caresses qui jamais ne t’étaient destinées. De sa distance que jamais tu n’as comprise. C’est peut-être mieux, oui. Tu ne peux pas souffrir de ce que tu ne sais pas, pas vrai ? Au moins, tu ignores que tu n’as même pas pu lui dire au revoir quand elle est morte. Futile accident de voiture. Elle y est restée sur le coup.

Les années se sont écoulées, le temps a passé, ne s’est pas arrêté. Ce qui est drôle, c’est que tout ça, pour toi, n’a jamais existé. C’est comme si le passé avait disparu, comme si le temps avait été effacé, la bulle éclaté.

Tu ne te souviens pas du temps passé à l’école. Tu ne te souviens pas que tu n’étais pas plus bête qu’un autre mais pas spécialement intelligent. Qu’on te regardait de travers et qu’on te parlait mal. Que des fois, tes affaires disparaissaient. Que des insultes étaient gravées sur ton bureau, jour après jour. Ce n’était pas horrible, mais tu n’as pas passé une scolarité agréable.

Tu ne te souviens pas non plus que tu étais doué en sport, suffisamment pour gagner une bourse. Tu ne t’en souviens pas, non, mais tu l’as appris en cherchant un peu.



Apparemment, ta mère t’a inscrit très tôt au hockey sur glace.

Les gens disent qu’elle voyait en toi une star montante et t’aimes à le croire - mais en vrai, elle voulait juste se débarrasser de toi. Heureusement pour toi, tu ne te souviens pas.

Ce qui compte, de toute façon, c’est que t’as commencé à Moscou, que t’es même rentré dans le Zvesda, un club évoluant dans la VHL - la Ligue Majeure de Hockey. Quand tu lis des commentaires à  ce sujet ou que tu déniches de vieux magazines en lignes, tu retrouves un palmarès dont tu as tout oublié. Meilleur pointeur. Meilleur attaquant. Joueur avec le meilleur esprit sportif. Attaquant du mois de septembre puis du mois de décembre. Les réussites s’accumulent et si tu n’y comprends plus grand-chose aujourd’hui, le fait est que tu te démarques petit à petit et on parle de toi à droite à gauche. Le début de la réussite visiblement.

Et un jour, ça paie.

Tu passes professionnel avec le HK CSKA Moscou en KHL, la Ligue Continentale de Hockey. Le niveau y est communément considéré comme le meilleur en Europe et le second au monde, derrière la Ligue Nationale de Hockey. L’air de rien, c’est impressionnant, un peu intimidant aussi. Tu ne saurais dire aujourd’hui mais tu imagines que c’est là que ta carrière sportive a vraiment décollé. Que tu as commencé à réussir pour de vrai et que tu as enfin pu gagner ta vie de ce sport que tu pratiquais à outrance. A cette époque, tu te hisses lentement mais sûrement au sommet de ta propre équipe, enchaînes les triomphes. Tu participes à trois Matchs des étoiles, t’illustres par tes buts gagnants, la Coupe Gargarine remportée non pas une mais deux fois et les carnages sur la glace. Parce que oui, tu es un monstre sur tes patins et certainement pas le dernier à t’échauffer, sentir l’euphorie bouillir dans tes veines, porter tes poings et te causer nombre de pénalités.

Puis il y a eu l’accident.



21 octobre 2101.

Honnêtement, ça non plus tu ne t’en rappelles pas. Mais tu as trouvé une vidéo YouTube et tu l’as vu.

Tu ne t’es même pas blessé en jouant - pas vraiment. En fait, c’est arrivé lors d’une bagarre générale qui a très vite tourné au pugilat. Un mauvais coup, un mauvais mouvement et tu es tombé. La tempe droit sur ta crosse d’abord. Puis le corps sur la glace, sous la lame du patin d’un coéquipier, le poids d’un autre qui chute.

Commotion cérébrale, cervicales abîmées, genou droit disloqué.

Pantin désassemblé. Marionnette désossée.

Ils ont cru te perdre. Ils ont failli te perdre. Tu fais une allergie à l'anesthésiant utilisé, entre en choc, manque de ne pas te réveiller, fait un arrêt cardiaque pour finalement te réveiller - et quand t'ouvres les yeux, t'as tout perdu. Ta carrière. Ta jambe. Ton visage. Ta vie. Mais toi, tout ça, t'as oublié. Tu ne te rappelles le moment où tu as réalisé que sans le hockey, tu n'étais absolument plus rien.

A peine plus qu'un souvenir.



Après ça, on ne parle plus de toi.

Oh, on évoque encore l’accident parfois, mais on ne parle plus vraiment de toi. Tu as disparu des radars. Tu t’es fait oublier.

Peut-être parce que pour commencer, tu n’avais rien d’autre dans ta vie que le hockey. Sorti de force de la glace, il t’est resté les factures de l’hôpital et ta foutue solitude. Car tu n’avais personne, Misha. Tu n’as jamais eu personne. Pas de père. Pas vraiment de mère. Aucun ami à part tes coéquipiers désormais trop occupés à jouer la prochaine saison. Tu t’es retrouvé seul et sans rien. Quelques vieux trophées, un corps en miettes, une maison trop grande et trop vide.

Tu t'es lancé dans le coaching. Quelques contrats de-ci de-là raconte Internet. Rien de bien glorieux mais certainement ce qui t'a permis de vivre quelques années de plus là-bas, en Russie.

Jusqu'à ce que tu décides de débarquer ici.



Quelque part entre là-bas et ici, tu as appris à parler japonais couramment - sans réussir à tout à fait effacer ton accent malgré tout. Tu t'es débrouillé pour passer la certification d'agent de sécurité, trouver des propositions d'emplois, faire jouer tout ce que tu pouvais. Et t'es entré. On t'a endormi, glissé une grenade dégoupillée dans le crâne, puis au-revoir la Russie, bonjour le Japon à tout jamais. De toute façon, tu es venu ici plusieurs fois dans le cadre de matchs plus ou moins amicaux donc tu imagines qu'ils ont jugé que tu connaissais suffisamment la culture.

Tu ne te rappelles pas.

Les heures passées le soir à déchiffrer des caractères alambiqués.
Les journées à se casser le dos en rééducation et remise en forme à outrance.
Le temps acharné que tu as passé sur tes études à défaut de pouvoir de nouveau glisser sur la glace.
Les dizaines de CV, lettres de motivation et entretiens d'embauche à distance soigneusement préparés.

Oh non, tu ne te rappelles pas tout le travail fourni pour réussir à entrer dans ce pays dictatorial et tu te rappelles encore moins pourquoi tu t'es donné tout ce mal.

Ta jambe un peu folle t'empêche de retourner patiner à haut niveau mais n'entrave pas suffisamment tes mouvements pour être vraiment considéré comme un handicap. T'as longtemps réfléchi. Tu ne sais plus trop pourquoi ni comment le déclic s'est fait mais en vrai, ça te va bien de jouer les défenseurs. Et ça te rappelle un peu les matchs parfois. Et peut-être bien que t'étais fait ça, avec ta carrure de grizzli, tes mains comme des battoirs et ton intransigeance à geler un désert. Sûrement, même. Parce que t'as réussi. T'as tout donné et t'as réussi, oui.

A l'heure d'aujourd'hui, tu ne te rappelles pas et tu n'imagines pas.

A quel point ça a été dur.
A quel point tu as douté, voulu abandonné.

Et tu ne sais pas pourquoi.

Mais t'avais une sacré bonne raison, Misha.



Dans les archives de ta carrière, tu retrouves quelques matchs amicaux joués ici, au Japon. Tu te dis que c’est comme ça que tu as appris à découvrir le pays. Que c’est peut-être à ce moment que tu es tombé amoureux de l’endroit et décidé d’y rester plus tard.

Oh, tu ne sais vraiment rien, n'est-ce pas ?
Tu as oublié tout ça.
Quelle honte.



Tout ça, c'est la faute de Shukumei.

Shukumei qui t'a pris une vie entière, qui a effacé ton enfance, ton existence. Shukumei qui t'a fait oublier pourquoi tu es venu, pour qui. Shukumei qui fait que tu ne sais pas quoi penser de ces Incontrôlables, fantômes d'une époque que tu as connue et te semble si décalée, déphasée. Shukumei, foutue catastrophe qui, non contente de ravager une ville, un pays, de rayer des vies de la terre, a décidé de te démolir un peu plus. Tu es comme ces immeubles éventrés puis effondrés. On te reconstruit brique par brique, on essaie de colmater les fuites, de bétonner les fondations.

Au moins, il ne t'a pas pris Maze.

Le seul qui est venu à l'hôpital, qui a répondu présent - puisque tu n'avais que son numéro, perdu entre ceux des livreurs et de ton propriétaire.

Le seul qui peut te rappeler un peu qui tu étais et qui, surtout - surtout -, ne t'a pas laissé en plan quand il a découvert la page blanche que tu es devenu.

Le seul vers qui tu te tournes quand ça ne va pas, quand les choses dérapent un peu dans ta tête, avec tes poings.

Le seul qui t'aide à te souvenir d'Hatsumi.

Il est là quand le monde devient fou et que l'Incontrôlable disjoncte, Dieu Tout-Puissant que tu peines encore à comprendre. Il est là quand les gens tombent malades puis se mettent à mourir les uns après les autres pour de faux. Il est là, même s'il n'est plus seul, même si on l'a marié avec une crevette plus bruyante qu'un roquet, plus féroce qu'un chat de gouttière. Il est là alors tout va bien et rien ne t'atteint.

De toute façon, ce n'est pas comme si tu avais connu autre chose.



Caractère
Tu ne sais pas qui tu es.

Tu ne te connais pas - plus. Tu apprends à te découvrir chaque jour davantage. C’était dur au début. Oh, ça l’est toujours mais un peu moins.

Tu t’es réveillé et t’as sombré, choqué de ne pas te reconnaître, choqué d’ignorer jusqu’à ton propre nom. Ils ont réparé ton épaule, ils ont arrangé les sales plaies sur ton visage mais ils n’ont rien pu faire pour le reste de ta tête. Amnésie rétrograde, a dit le docteur Tanaka. Trouble de stress post-traumatique, a annoncé la psychiatre, Omaeda-sensei. Shukumei était une expérience traumatisante, Raskolnikov-san, ont-ils répété. Votre esprit essaie de vous protéger, c’est tout naturel.

Ils t’ont listé les symptômes, tu as fait quelques recherches sur le net et c’est vrai, tu t’y reconnais.

Intrusion. Tu revis un peu trop souvent le traumatisme, à coups de cauchemars et autres terreurs nocturnes. Même les somnifères n’y font rien. Tu n’as pas tenté l’alcool ou les drogues, merci non merci. Peu importe à quel point t’es épuisé, l’eau revient dans ton sommeil et t’étouffe, l’obscurité ne te quitte jamais et quand tu te réveilles, tu es perdu, ailleurs. Alors tu as fini par acheter une paire de menottes et le docteur t’a prescrit une gouttière dentale. Ca n’a rien de sexy mais c’est mieux. Au moins, ça t’évite de te ruiner la mâchoire à force de grincer des dents. Et ça t’épargne le fait de recommencer comme cette fois où tu t’es retrouvé à étrangler ton compagnon dans la nuit. Ou cette fois où tu as bien failli te jeter par la fenêtre. Maze s’est moqué de toi quand il a vu les menottes. Il a vite arrêté de rire quand tu t’es à moitié démis l’épaule à force de te tordre et hurler dans le lit.

Hypervigilance. A cause de tout ça, tu ne dors pas. Ou presque pas. Et par conséquent, bonjour les difficultés de concentration, bonjour l’irritabilité persistante et l’impatience. Tu t’es mis à carburer au café et aux boissons énergisantes mais impossible de nier l’impact que ça a sur ton comportement. Tu ne supportes plus le bruit, les lumières trop fortes. Tu as besoin que les choses aillent vite, vite, vite, que le monde ne s’arrête jamais de tourner pour que tu n’aies pas le temps de penser. Maintenant, tu fonctionnes à l’adrénaline et c’est mauvais, très mauvais. Combien de fois tu t’es retrouvé à frapper un mur à défaut d’un visage ? Bien trop pour les compter. Ta mémoire part à vau-l’eau aussi mais ça, un peu plus ou un peu moins, ça ne fait rien.

Évitement. Tu ne te rappelles pas comment tu étais avant mais maintenant, tu esquives les gens, tu fuis la foule, la proximité. Tu as des difficultés pour t’exprimer aussi alors tu ne parles pas beaucoup, quasiment pas en fait. Tu ne t’attaches pas - plus. Tu t’éloignes de tout ce qui peut te rappeler l’eau et l’obscurité. Tu t’oublies dans les sports pour ne plus y penser.

Le psy dit que tout ça, c’est normal, ça fait partie du processus. Il dit que la faute revient probablement à Shukumei mais qu’il y a peut-être autre chose, plus loin dans le passé. Il dit aussi que ça reviendra un jour mais pas sûr. Il utilise tout un tas de termes compliqués, de la distanciation mécanique à l’impulsivité marquée en passant par la déréalisation et les pulsions autodestructrices. Il parle aussi de régression, parce que tu es comme un enfant qui redécouvre le monde et que des choses simples comme une glace ou une balade en pleine nuit te font sourire.

C’est fou ça, mais chaque fois que tu vas le voir, chaque fois que t’as un rendez-vous, une séance, tu ressors en te disant que t’es brisé, décalé, en désaxé.

Surtout quand il te demande si tu veux te rappeler.

Tu n’as encore jamais trouvé la réponse à la question.

Peut-être parce que tu n’es pas sûr d’aimer ce que tu vois.

Lors de la rééducation, tu as passé de longs moments à tester ton corps, tu as demandé à voir les radios pour savoir de quoi t’es fait même si t’as aucune idée de comment ça se lit. Il t’a fallu des mois pour réussir à te confronter à ton reflet et accepter que oui, cette chose cassée, c’est toi. Quand tu vois les cicatrices, quand tu sens les muscles, tu te demandes ce que tu as fait. Quand tu retrouves des réflexes brutaux, tu te dis que tu ne veux pas savoir et tu passes à autre chose.

Non, Misha, tu ne sais pas qui tu es. Tu ne te souviens pas. Alors tu t’es appris.

Tu as essayé tout un tas de plats, écouté de la musique, tenté des activités. Tu as découvert que tu détestes tout ce qui est sucré, que tu aimes te dépenser et rouler à toute vitesse. Tu as appris que t’as la voix rauque, que tu t’énerves vite et que tu prends plaisir à détruire des choses. Tu sais que les bruits soudains et trop forts te mettent en alerte. Que la vue du sang t’énerve. Que le désordre te frustre. Que tu aimes ranger, plier, organiser, nettoyer. Que tu ne peux pas quitter ta maison sans avoir fait ton lit au carré, fermé toutes les portes, vérifié le gaz, tiré les rideaux. Peut-être un peu maniaque ? A moins que tu aimes juste avoir le contrôle.

L’apprentissage le plus difficile a sans conteste été celui de l’Incontestable.

Parce qu’on t’a dit que même si tu es né russe, maintenant tu es japonais. Tu parles japonais, tu travailles pour des japonais, tu vis dans un appartement japonais. Et tu as la fameuse puce japonaise dans la nuque.

Sauf que tu ne te rappelles pas pourquoi tu as choisi de venir.

Les médecins ont parlé d’une envie de renouveau, du désir de participer à la reconstruction du pays. Ils ont vanté ton altruisme et applaudi ta compréhension du système.

Le psy a évoqué une retraite dans un pays plus accueillant, plus chaleureux que celui d’où tu viens. Il a mentionné le besoin de se ressourcer après la fin de ta carrière sportive, le besoin de trouver quelqu’un alors que la solitude te frappait.

Tout le monde est d’accord. Les gens, les papiers, la télé. Ils disent tous que c’est mieux ici, que c’est le bon choix.

Mais toi, tu ne te rappelles pas pourquoi.

Tu sais que tu as été remercié pour tes services dans l’équipe à cause de tes blessures, ce qui te cause toujours un pincement là, au cœur. Tu sais que tu as quitté le pays peu après, sans laisser femme, homme ou enfant derrière. Alors tu te dis que, peut-être, c’est ça que tu cherchais à construire. Un foyer. Une famille. Et quand tu te vois aujourd’hui, incapable de t’approcher des gens, d’avoir des amis, une vraie relation, tu comprends que certainement, la machine est la seule capable de trouver ta moitié, celle qui acceptera l’horreur cabossée que tu es.


Physique
Même ça, tu ne sais pas.

Pourquoi tu es si blafard qu’on dirait un mort.
Pourquoi tes yeux sont jaunes comme ceux d’un animal.
Pourquoi tu es si grand, si massif que tu fais peur à tout le monde.
Pourquoi tes cheveux, tes sourcils, tous tes putains de poils sont blancs.

Non, tu ne sais pas. Comment pourrais-tu ? Tu n’étais pas là quand Maman a pris goût à l’argent, a soigneusement économisé tout ce qu’elle gagnait pour le réinvestir dans son fonds de commerce : son corps. Tu vois, elle a toujours su qu’elle était belle, un peu ordinaire mais bien faite de sa personne, avec un certaine charme. Alors elle pris soin de rester physiquement impeccable pour attirer le plus de clients possibles. Peut-être trop. Elle a enchaîné les rendez-vous. Manipulations, opérations, soins. Tout y est passé. De ses cheveux châtain terne devenus d’un blanc éclatant à ses yeux bleus trafiqués pour ressembler à ceux d’un animal - parce que c’est sexy lui avait dit un jour un client alors qu’elle portait des lentilles. De ses seins trop haut perchés à ses dents du bonheur. De son nez trop souvent cassé à sa peau pas suffisamment pâle. Elle aurait sûrement continué si elle en avait eu les moyens - à la place, elle t’a eu, toi. Mais tout ça, tu n’en sais rien, non.

Tu ignores que c’est de sa faute si tu ressembles à ça.
Tu ignores que tu lui dois tes cheveux trop clairs, ta peau trop fade, tes yeux trop jaunes.
Tu ignores que sans elle, tu ressemblerais sûrement à n’importe quel homme lambda, peut-être brun, peut-être blond, les yeux bleus ou bien marrons.

Mais la thérapie génétique, les modifications de cet acabit, tout ça se transmet de la mère au fœtus alors rien ne t’a été épargné. Tu es une expérience, Misha. Une drôle de poupée conçue par des hommes se prenant pour des dieux. Et tu ne sais pas si le résultat te plaît.

Au naturel, tu fais peur. Trop pâle, trop blafard, t’as des airs de malade et tu sais très bien que les gens chuchotent sur ton passage. Tes cheveux n’aident pas, se confondent presque à la couleur de ta peau. Les cendres d’une enfance brûlée, la poussière de toute une vie volée, envolée, qui se sont posées sur toi et ne t’ont jamais quitté. Peut-être que tu devrais les teindre. Ou au moins les couper, faire quelque chose. Mais non, rien à faire, depuis l’incident tu ne les as pas touchés et ils ont poussé. Ils sont longs maintenant. Ils t’arrivent plus bas que les épaules, balaient tes omoplates, caressent tes clavicules. Tu les attaches parfois, quand tu es fatigué d’avoir des mèches à droite à gauche sur le visage, mais la plupart du temps, ils restent libres. Encadrent un visage rude, abrupt, une expression gelée, figée, aussi glacée que ta peau.

Quand tu te regardes dans un miroir, Misha, tu as l’apparence de quelqu’un qui a trop vécu, trop vu. Les épaules voûtées sous le poids de tes doutes. Les sourcils froncés par la colère qui ne cesse de gonder. Un air sévère qui ne te quitte jamais. Parce qu’en plus de tes souvenirs, tu as aussi oublié comment sourire. Maintenant, quand tu t'y essaies, ça ressemble plus à de drôles de grimaces. Des grimaces douloureuses, crispées, amertume au coin des lèvres et regrets entre tes dents serrées. Des grimaces qui t’échappent souvent, te donnent l’air bizarre, décalé, comme si tu souffrais, alors qu’en réalité tu n’es qu’un enfant heureux de redécouvrir le monde.

Et il n’y a pas que le reste du monde que tu dois apprendre à connaître. Il y a aussi ton corps, cet inconnu avec qui tu dois composer pour le restant de tes jours et qui parfois t’échappe encore.

Tu te regardes dans le miroir et tu te demandes.

D’où viennent ces cicatrices, peintures d’une guerre que tu ne te souviens pas avoir vécue. Comme cette longue trace blanche et plissée qui part de ton omoplate jusqu’au milieu du dos. Ou ces taches décolorées sur tes côtes. Ou encore les marques sur ta cuisse et ton genou droits. Tu n’en gardes aucun souvenir mais elles sont bien là, gardiennes d’une époques révolue qui se rappelle constamment à toi.

Et elles ne t’aident pas à paraître moins imposant.

Tu fais peur, Misha. Une silhouette massive. Un nez qui serait droit s’il n’avait pas été aussi souvent cassé. Quand le médecin est venu te parler, après ton réveil, il a dit que bon nombre de tes os ont déjà été brisés, abîmés. Qu’il y a des broches dans ton cou, pour maintenir les cervicales en place. Qu’il y a aussi des vis et des plaques dans ton épaule gauche et dans ton genou droit. Qu’on t’a retiré une partie importante du ménisque droit, ce qui a causé un début d’arthrose. Certaines de ces blessures datent d'avant, de l'incident. D'autres te viennent de Shukumei. Et entre tout ça, tu as l’impression d’avoir été brisé en mille morceaux et reconstruit. Pourtant, tu restes fort. Des muscles durs comme du roc, denses et saillants, que tu as récupérés au prix d’une rééducation intensive et d’un retour au sport à outrance malgré les douleurs, malgré les contre-indications. Des pectoraux qui se soulèvent au rythme d’une respiration lente, des abdominaux à nouveau taillés dans la pierre. Une paire d’épaules solides, liées à des bras puissants. Des jambes longues, vigoureuses, à la démarche lourde et cadencée à cause de cette jambe qui te fait boiter et hésiter parfois. Un dos sculpté qui s’arrête sur des hanches marquées et des fesses fermes. Tu as été façonné par le goût des efforts et ton amour de l’adrénaline. Et même les blessures, même le coma n’ont pas pu venir à bout de ta trop grande carcasse.

Et tu plais, Misha. Tu sais que tu plais. Même quand tu laisses ta barbe pousser, à défaut de trouver la motivation pour la tailler, et qu’elle devient si fournie, si épaisse, qu’on te donne facilement dix à quinze ans de plus. Même si t’as des allures d’ours mal léché et l’air constamment renfrogné. Même si tes épaules restent nouées, tendues, comme à l’affût du moindre piège, de la moindre trahison. Même si tu fais peur, oui.
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#2 —Re: DAMAGE CASE
Invité
le Mar 26 Mai - 21:46
DAMAGE CASE 2078551763 Bonsoir puppy.
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la Brute

le Mar 26 Mai - 21:48
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— ★ —
le Mar 26 Mai - 21:52
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Autre: Merci Driss pour l'ava ♥
T'étais passé où Mec ? On t'attendait sérieux. ( Ca envoie du lourd, comme toujours DAMAGE CASE 3998388675 )
la Brute

le Mar 26 Mai - 21:56
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Coincé dans les embouteillages du déconfinement. DAMAGE CASE 3766924225
(Merci, t'es le meilleur. ♥)
— Just Married —

le Mer 27 Mai - 14:15
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Russel forever ♥
Rebienvenuuue DAMAGE CASE 2432113367
la Brute

le Jeu 28 Mai - 17:30
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
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— Just Married —

le Jeu 28 Mai - 21:27
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Je suis: neutre.
Époux/se : Toi?
Autre: Buvez de l'eau
J'ai vu Geralt, j'ai cliqué, j'ai kiffé  DAMAGE CASE 3766924225
Hâte de connaître ton bonhomme ♥
— ★ —

— ★ —
le Jeu 28 Mai - 21:30
Messages postés : 285
Inscrit.e le : 04/08/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : ToshiBabe ♥
Autre: Avatars by Dewey, Tybalt, Fu et Fubuki ~♥
OMG GERALT, mais épouse-moi grand fou! (Comment ça je dis ça à tout le monde?)

Ce que j'ai lu m'a beaucoup plus et j'ai hâte de voir cette fiche terminée!
la Brute

le Ven 29 Mai - 17:29
Messages postés : 246
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
Ahlala, Geralt, cette star. DAMAGE CASE 3488335006
Merci à vous deux ! DAMAGE CASE 1362171446 J'espère que la suite va autant vous plaire (un bout d'histoire vient d'être posté DAMAGE CASE 2837704232).
— STAFF JM : REINE DES CHAGASSES—

— STAFF JM : REINE DES CHAGASSES—
le Sam 30 Mai - 20:54
Messages postés : 672
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Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : BELLANDIVE (╯°□°)╯︵ ┻━┻
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u so sexy, wanna be mon ami ? DAMAGE CASE 361633772

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Kinkeabae, fournisseuse de kits swag since 2018

so nobody will ever forget your memorable skill, satoshit:

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la Brute

le Lun 1 Juin - 21:10
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Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
— Just Married —

le Lun 1 Juin - 22:13
Messages postés : 60
Inscrit.e le : 18/03/2020

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Ashley Fûjisaki
Autre: Soyez gentil, mignon mais pas trop, et vous aurez pas de problème avec lui.
La vision de cet avatar a malmené mon coeur. Puis quand j'ai commencé à lire que j'ai vu Russie, mon coeur a été encore plus ébranlé. J'ai pas encore tout lu de l'histoire, mais j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu tu écris bien ! Bienvenue et bon jeu ici :)
— Just Married —

le Dim 7 Juin - 11:25
Messages postés : 177
Inscrit.e le : 16/12/2019

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kan Odawara
Autre:
Bienvenue !
J'aime beaucoup ce que je lis déjà et j'aime beaucoup ton style DAMAGE CASE 2837215391
Bon courage pour la suite ! DAMAGE CASE 2343467211
la Brute

le Lun 8 Juin - 10:57
Messages postés : 246
Inscrit.e le : 18/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
Moh, merci à vous. DAMAGE CASE 3488335006 Vous êtes adorables. Je suis content que ça vous plaise jusque là !

(Puis-je demande une rallonge d'une semaine siouplé ? Je quitte le télétravail cette semaine, donc je need un peu plus de temps pour me remettre dans le bain. DAMAGE CASE 4115966937 Merchi. ♥)
— STAFF JM —

— STAFF JM —
le Lun 8 Juin - 11:59
Messages postés : 5783
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre:
Ajout d'une semaine de délai o/

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

DAMAGE CASE 4qQG8D4
Merci Lucci pour le kit DAMAGE CASE 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
DAMAGE CASE Ld7d
DAMAGE CASE BbNTuR8
DAMAGE CASE V1dcdrQ
Le plus beau compliment ♥️:
DAMAGE CASE Cn3Ckyx
DAMAGE CASE 1EPYLUw
DAMAGE CASE DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
DAMAGE CASE E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
DAMAGE CASE 3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
DAMAGE CASE Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
DAMAGE CASE YqECw0j
— STAFF JM —

— STAFF JM —
le Dim 14 Juin - 19:24
Messages postés : 1970
Inscrit.e le : 24/01/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
DAMAGE CASE 1620036270

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
Don't get in my way
◀◀    ❚❚  ▶▶



Yzma, spirit animal:

Garde partagée:
— STAFF JM —

— STAFF JM —
le Lun 15 Juin - 22:12
Messages postés : 1970
Inscrit.e le : 24/01/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
J'vois que les coups de pression fonctionnent, bien bien bien. DAMAGE CASE 1620036270

Bon beh écoute hein, amuse-toi bien avec ta nouvelle victime hein, qu'est-ce tu veux que j'te dise d'autre. DAMAGE CASE 4209819182 C'est toujours aussi prenant et poignant, hâte de voir comment il va évoluer celui-là. On se chope pour un lien avec Chris sous peu tmtc je continue à poursuivre le grand chelem.

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !



▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
Don't get in my way
◀◀    ❚❚  ▶▶



Yzma, spirit animal:

Garde partagée:
la Brute

le Mer 17 Juin - 18:59
Messages postés : 246
Inscrit.e le : 18/07/2019

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se :
Autre:
T'as vu, tu me grondes et j'accoure. DAMAGE CASE 3182035657
Sans déc', le timing fut serré. DAMAGE CASE 128457956 J'ai eu peur de le dépasser. En tout cas, merci pour la validation et les mots doux. ♥
J'attends Chris avec impatience. DAMAGE CASE 2837704232
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#20 —Re: DAMAGE CASE
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