sometimes, silence is loud.  200803042355296862

— Just Married —

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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : kusagibb ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Viktor Ishida
Il y a de la beauté, dans ces ténèbres.

Généralités
Nom ;; Ishida - comme des souvenirs enfouis, quelque chose qui perdure dans ta mémoire mais pas dans tes veines. Presque un fossé avec ta réelle identité, mais au gré des années, tu t'y es attaché.
Prénoms ;; Viktor - comme l'inconnu, le désaccord entre ce nom qui ne t'appartient pas, le contraste entre ce prénom qui pulse dans tes veines, et ce nom qu'on t'a presque attribué.
Âge ;; 28 ans et le 21 janvier 2084.
Genre ;; Masculin, avec toute la panoplie qui va avec. (Sauf la grosse voix - on peut pas tout avoir.)
Origines ;; Européen, allemand, japonais juste un peu, c'est ce qui coule dans tes veines - ce qui encadre ta physionomie, mais pas que, y'a qu'à jeter un coup d'oeil à ton prénom et ton nom.
Activité ;; Compositeur, producteur - la production d'arrangement ou les mixages en tout genres, mastering. Et quand le ciel revêt enfin sa robe nocturne, tu plonges dans un restaurant, apaisant les coeurs avec les notes.
Sexualité ;; On dirait versatile, incertain, presque inconnu quand on regarde de plus près.
Avatar ;; Eren Jäger de Shingeki No Kyojin (à partir du chapitre 854)
Règlement ;; oui, en effet sometimes, silence is loud.  4158426957 - Ollie
Chemin ;; Comme on se retrouve mes ptits amis  sometimes, silence is loud.  2310585803
Commentaire ;; Quelques petites notes au sujet du personnage parce que j'avoue qu'on peut se dire aux premiers abords mais késako ? Pourquoi un personnage muet - d'abord parce que j'avais vraiment envie sometimes, silence is loud.  517494357 mais je pense que y'a quand même moyen d'avoir des très bons rp même si vous aurez un partenaire muet.. faudra juste être un peu motivé héhé mais vous aurez de quoi faire faites moi confiance (bonne chance aussi à la personne qui s'occupera de corriger ma fiche, je me suis fait plaisir uwu)
Histoire
Ils sont étouffés.

Les mots, les syllabes dans ta gorge, ils sont coincés. Enracinés et inextirpables, c’est comme si des mètres de ronces les retenaient.
Pourtant au fil des années, tu as eu le temps de t’y habituer, cette sensation d’isolement ne t’a jamais quitté après tout ; elle ne te quittera sans doute jamais.

Chaque fois - chaque jour, tu as comme l’impression de te perdre dans l’obscurité.

Elle est triste, la nuit.

Pourtant tu cramponnes encore ta gorge des deux mains, tu serres plus fort. Tu serres comme t’as jamais serré. Tu t’en étoufferais presque si tu ne connaissais pas tes propres limites. Tes yeux s’embuent de larmes, ta bouche s’entrouvre mais rien n’en sort.

C’est le néant.

Tu finis par te morfondre.
Comme chaque soir,
Comme chaque nuit.

Et tes pleurs sont inaudibles - il n’y a que tes reniflements qui s’élèvent dans l’air. Des larmes lactescentes d’eau salée qui perlent le long de tes joues, s’attardent d’une façon déplaisante le long de ton cou cinabre.

C’est le néant.
Tu voudrais crier.
Pourtant rien ne sort ; c’est juste aphone, insonore.

Alors tu pleures - encore.
En deuil à tous ces mots mourants que tu ne pourras jamais prononcer.


Tu t’es toujours détesté.
Comme un enfant qui se comparait trop aux autres.
Comme un adolescent qui remettait trop souvent son existence en question.
T’as toujours détesté ce que les gens nomment unique - ce que tu nommes défaut, défaillance.

Dystopie.

Ça part de ce visage européen - ce visage pas assez asiatique, cette physionomie si différente de tes parents qui répondent au nom de Ishida. Tu réponds plus au nom de Hoffmann, Strauss, ou encore Rosenberg, mais pas, sûrement pas Ishida.
Puis de toute façon, pas une seule goutte du sang carmin qui coule dans tes veines n’est Ishida.
Au contraire, il t’est totalement inconnu.
Mais ça - ça te bouffe pas vraiment.
Pas plus que cette difficulté d’exister qui s’intensifie avec l’âge.

Mais t’es habitué. T’es habitué à ce que tout soit trop compliqué pour que tu puisses y faire quoi que ce soit. Tu es passager de ta propre vie, elle n’a jamais été incroyable, tu n’as jamais eu le choix - jamais eu la chance de choisir. T’as toujours dû t’adapter à toi même, à comment la vie a désiré que tu laisses une trace ici.
Le problème était là - tu n’avais aucune façon de la laisser, ta trace.
Tu ne te sentais même pas exister.

Dans une société où la communication est cruciale, tu es né muet.

Tu as passé toute ton enfance à essayer de rendre les choses plus faciles pour toi-même d’abord, puis pour ton entourage. Mais peu de personnes avaient la chance de connaître le langage des cygnes, alors même ça à tes yeux, ça ne représentait plus rien.
Tu ne te raccrochais à plus grand chose. Même quand Maman te chuchotait que ça irait, même quand elle essayait de te rassurer, de toute façon, tu pouvais essayer de lui expliquer autant que tu voulais, elle, elle avait la voix - et elle était douce sa voix, plume duveteuse, allégresse, quand tu l’entendais, ça t’apaisait et tes maux s’envolaient.
Tu as passé plus de temps à t’adapter qu’à t’amuser - plus de temps à essayer de t’en sortir qu’à jouer avec les autres enfants.
Eux ne cherchaient même pas réellement à te comprendre.
Tu étais invisible.
Si les adultes s’en inquiétaient, tu ne le prenais pas si mal. L’invisibilité avait du mérite. Ou du moins, tu y avais pris goût.

L’enfance et l’adolescence furent sans doute deux des parties les plus complexes de ta vie. Les gens ont toujours associé ton mutisme avec une éventuelle surdité. Tu les entendais pourtant si bien - si clairement.
Les gens n’ont jamais été méchants avec toi, quand tu existais, ils te traitaient toujours comme une personne en difficulté.
Quelqu’un qui avait besoin d’aide.
Quand tu leur disais que tu n’avais pas usage de la parole, ils t’offraient toujours des excuses, une lueur attristée dans le regard ; sincère ou non, ça t’agaçait, tu n’avais pas besoin de la pitié des gens. C’était presque déprimant parce que tu refusais d’être limité à ça.

Limité à quelqu’un d’extérieur ; tout ça parce que tu ne pouvais pas t’exprimer.

Limité à rien d’autre que ça ; le Viktor qui devait secouer les mains - taper des pieds pour se faire entendre, pour qu’on lui porte un peu d’attention, qui devait courir derrière les gens parce qu’il ne pouvait pas crier « Attends moi ! » Ce même Viktor qui, découragé d’écrire ou de s’exprimer avec des gestes, hoche de droite à gauche ou de haut en bas la tête faute de construire des réponses développées.
T’avais beau te dire que c’était rien et que tu avancerais avec - ça te rattrapait toujours et t’enfonçait un peu plus. Tu détestais ça.

Quand tu as grandi, tu t’es rendu compte que tu avais de la chance d’être silencieux.

Il y a de la beauté, dans ces ténèbres ; mais également tant de cruauté.


2097 - sous la courbe de ses doigts.



Ils sont délicats, ses doigts sur les touches.
Tu as l’impression qu’elle effleure un nuage ; ses doigts feutrés font des arabesques sur l’instrument.
Les plus belles mélodies en découlent ; à l’image de sa voix.
À force de l’entendre, ces paroles ne te sont plus inconnues, tu les connais par coeur.
Papa aussi, les connaît par coeur.
Tellement délicate sa voix ; elle endort Cerbère, apaise l’Hydre.
Un poème que ni déesses ni dieux ne peuvent donner ;
Le murmure de l’Ange.


Maman ne se doute pas que la nuit - quand la pénombre noie ta chambre - tu te lèves et traces des sillons dans les couloirs ; avec discrétion tu viens l’écouter.
Elle est Morphée ; te porte vers des songes éthérés.
Maman ne se doute pas que des fois, tu entends ses pleurs - tu penses simplement que c’est parce qu’elle comprend mieux la signification de son chant que toi même.

Mais toi tu ne te doutes pas, que si Maman pleure c’est parce qu’elle a mal - parce qu’il y a une petit fissure qui peine à guérir sur sa chrysalide fragilisée.

Tu ne te doutes pas que c’est ton paternel qui l’a créé.
Avec de simples mots un peu trop blessant, des attentions un peu trop manquantes.
Pourtant il l’aime, Maman.
Il l’aime si fort que ça fait mal.

Ça fait si mal que des fois ; il doit l’extérioriser.
Alors il se fait mal, Papa.
Il contient tellement sa douleur qu’il en a mal.
Toi tu ne peux rien faire, rien dire.
Tu n’as rien à dire pour leur prouver que ça ira mieux.
Tu peux juste attendre ; panser les plaies, jusqu’à ce qu’elles se rouvrent.
Papa dit que ça passera.

Pourtant il a des traits similaires à ceux de Maman. À la fois gris et ténébreux. Son visage se ferme - lentement. Avec nonchalance il te prend dans ses bras parfois, pose sa main sur ton crâne, sur ton épaule.
Elle est si froide, sa main.
Plus froide que quand tu prends la neige dans tes mains l’hiver.
Tu te maudis toi et ton incapacité de les aider.
Et ça te rend dingue ; ça te consume lentement.


2098 - sous la rougeur de ses poings.



Tu aimerais tellement comprendre.
Comprendre pourquoi Maman travaille si dur en ce moment,
Pourquoi tu n’entends presque plus les notes bercer tes nuits,
Pourquoi un voile de poussière s’est accumulé sur le grand piano à queue ; celui qui se trouve dans cette pièce devenue déserte.
Tu aimerais aussi comprendre pourquoi Papa casse autant de choses en ce moment ; pourquoi il est si maladroit.
Pourquoi il ignore tes gestes - pourquoi il rend plus profond encore le fossé qui vous sépare déjà.
Pourquoi Maman te murmure que ça s’arrangera alors que ça semble empirer.

Ils s’éloignent.

Pourtant tu voudrais leur crier de rester encore, juste un peu.
Mais les moments que vous partagez deviennent sans saveur.
Papa ne sourit plus.
Son visage a fané ; il est devenu grisaille.
Un peu comme le ciel d’hiver.

Tu vis dans le déni et l’incompréhension.
C’était cruel.
Tu avais l’impression qu’eux aussi, ils t’abandonnaient.
Ça te faisait mal.

Papa est devenu amorphe.
Ses nuits sont blanches - monotones.
Des fois il s’en va, et tu ne peux pas lui demander où ; son dos est déjà tourné.
Et ça te manque, l’époque où il t’amenait avec lui faire les course - se promener, ou simplement discuter.
Mais ça serait égoïste de le lui rappeler n’est ce pas ? Il a le droit de vouloir être seul.
Parfois - on a besoin d’être seul avec soi même.
Tu essaies de te rassurer, de croire que ça ira mieux. Pourtant l’espoir semble déjà si loin.
Aussi loin qu’eux.

Alors une nuit trop cauchemardesque tu décides de te faufiler pour voir Papa ; pour t’assurer qu’il va bien.
Comme si tu craignais quelque chose.
Comme si tu savais.
Comme si t’avais peur.
Et t’étais terrifié.
Pourtant il continue de te regarder avec ses orbes qui ont perdu leur lueur.
T’es sans doute trop jeune pour comprendre, trop jeune pour comprendre à quel point il souffre.
Tu ne le comprendras sans doute jamais.
Et Maman non plus ; c’est pour ça qu’elle a si mal.
Parce que Papa va mal, mais qu’elle ne peut rien faire.
Parce que Papa s’en va, mais qu’elle est impuissante.

Elle est pas seule ; tu l’es aussi.
Tes doigts se resserrent sur les extrémités de ton haut quand sonne l’heure du dîner. C’est si vide - si palpable, l’atmosphère. Tu ne peux même pas briser le silence. Tu restes juste invisible, comme tu l’as toujours été.
L’impuissance te hante. Tu sais que tu finiras par le regretter, mais tu t’es déjà résolu, tu ne peux rien y faire.
Alors tu songes, avec ferveur tu espères. Tu espères que les choses s’amélioreront.


2099 - sous les larmes de la peur.


Les rectangles de cartons s’empilent, s’entassent dans la poubelle.
Tu ne comptes plus le nombre de fois où Papa en prend.
Ou du moins - tu as arrêté de compter.
Tu sais que c’est censé l’aider à aller mieux. Pourtant tu en doutes.
Parfois tu te demandes si t’es fautif, tu te demandes si ça aurait été mieux qu’ils ne soient jamais venu te chercher, ce jour-là.
Tu te demandes si ça n’aurait pas été mieux que tu n’aies jamais existé.
Tu fais pleurer Maman, quand tu oses enfin lui avouer.
Les larmes ravagent son visage - puis elle t’étreint contre elle. C’est si fort, si chaud, si lénifiant. Comme si les morceaux qui s’étaient brisés graduellement se recollaient. Il y a ses phalanges qui viennent se perdre dans tes cheveux, ton silence qui perdure, sa respiration erratique qui s’absorbe dans ses reniflements.
Ils sont lourds, les mots qui pèsent sur ton coeur.
Ils sont brisés, anéantis, les mots qui s’échappent de ses lèvres.
Ce soir là - vous vous noyez dans les larmes.
Tu as quinze ans et c’est déjà trop.

La voûte de tes semelles écorche le bitume froid. Pourtant le paysage qui s’étend sous tes iris est coloré de frimas, foulé par une brise frigorifique. Tu marchais vers la maison - abandonnant le filtre noir et blanc oppressant procuré par les cours.
Si seulement tu savais ; si seulement tu te doutais que quand tu passerais la porte, rien ne serait plus pareil. Alors tu serais resté là-bas.
Pourtant tu t’avances sur la planche de bois - sans idée de ce qui t’attend une fois à la toute fin.
Tu poses ta main sur la poignée de la porte ; ce que c’est froid.
Pas plus froid que la main de Papa ; pas plus froid que les pleurs qui résonnent derrière la porte.
Tu te demandes si tu dois obligatoirement la pousser - la porte, tu te demandes si c’est pas mieux que tu restes encore un peu à l’extérieur. Parce que si tu entres ; tu ne pourras que regarder, regarder et pleurer à ton tour.
Tu sais que ce n’est pas ce qui le sauvera.
Si seulement Papa savait à quel point tu t’en voulais.

Elle tombe ; l’aile du papillon.

Tu pousses la porte, les yeux rivés sur le sol - parce que c’est trop dur d’affronter la réalité. C’est trop dur de faire face.

Elle tombe si violemment qu’elle s’écorche.

Encore une fois ; tu te demandes pourquoi.
Pourquoi la pièce possède ce profond goût d’amertume qui éprend tes narines, tord tes intestins.
Pourquoi Maman est étalée sur le plancher - léthargique, immobile.
Pourquoi les pleurs de Papa sont mêlés à des excuses chaotiques.
Il y a des lianes qui se sont enroulées autour de tes jambes, le froid qui les a immobilisées.
Tu peines à comprendre ce qu’il vient d’arriver ; où alors tu essaies volontairement de te convaincre.
Tes lèvres se meuvent mais rien n’en sort - tes mains trémulent mais n’arrivent pas à bouger.
Papa n’a même pas remarqué ta présence, jusqu’à ce que des larmes perlent les long de tes joues, puis écorchent la parquet. Il relève la tête avec terreur - plante ses pupilles qui esquintent ton visage. Son regard si grisé est devenu plein de désarroi. Tu le sens terrorisé et affolé.
Cette même panique qui sommeille en toi.
Pourtant tu n’oses même pas t’approcher pour voir Maman - tu n’oses pas la serrer pour t’assurer qu’elle respire encore, comme si tu savais.
Comme si tu savais que ses doigts n’effleureraient plus ton épiderme, que sa voix n’alimenterait plus tes nuits.

Alors, tout soudainement se met à défiler à vitesse grand v.
Il y a Papa qui est immobile auprès de Maman, qui n’arrive pas à te regarder, qui n’arrive pas à te parler non plus.
Il y a les voisins qui pénètrent la maison sans préavis - ils ont entendu des bruits, des cris, alors ils sont venus.
Tu n’as pas pu appeler une ambulance, ni même les secours. Qu’est ce que tu aurais pu leur dire ? Tu n’avais pas même pu envoyer un message, le téléphone de Papa étant verrouillé.

Le temps passait si vite, en seulement quelques minutes, Maman venait de disparaître en emportant Papa.
Le fossé qui vous séparait avait disparu - avec ceux qui t’avaient élevé.
Ça fait mal de l’admettre, mais ils te laissent et te revoilà seul.
Ça fait mal de l’admettre, mais Papa avait tué Maman.

Pourtant ça ne faisait sens. Il l’aimait tellement, Maman. Comment avait-il pu faire ça ? Non décidément, ça n’avait pas de sens. Mais peu importe au combien tu essayais de lui trouver des excuses ; la sentence était tombée. Tu pensais que ça aurait au moins le mérite de t’apprendre pourquoi Papa était comme ça, mais non, tu étais encore plus dans le flou, encore plus dans l’interrogation.  On avait beau te donner jour après jour des informations - les raisons en étaient si brumeuses que ton cerveau d’enfant de quinze ans ne comprenait. Tu appris qu’ils s’étaient disputés, que Papa avait poussé Maman et qu’elle était brutalement tombée, que son crâne avait percuté le coin du meuble, la tuant sur le coup.
Même quand on t’a communiqué ça, tu n’arrivais pas à pleurer.
En plus de cela, l’on te parlait de toutes ces choses administratives, comme si tu pouvais t’en sortir, comme si t’étais assez grand pour comprendre, comme si tu pouvais te débrouiller seul.
T’étais encore qu’un gamin - et ta famille venait de s’autodétruire sans que tu n’aies pu faire quoi que ce soit.

Les mois qui suivirent furent neurasthéniques, taciturnes. C’est les parents de ta mère qui ont fini par te prendre sous leur aile ; tu ne comprenais pas toutes ces discussions - ces disputes même qui prenaient place au sein d’une famille dont tu n’avais hérité d’aucun trait, et tu ne pouvais même pas demander qu’on te l’explique. Tu nageais dans l’incompréhension, et lentement, tu commençais à asphyxier.
Elle était devenue si terne, ta peau. Tes orbes elles, n’avaient plus d’éclat.
C’était vide quand on te regardait. Comme c’était vide dans ton coeur - silencieux.

Oh, tout était si vide.

2100 - ruines des arabesques musicales.


La situation évolue progressivement, mais elle n’est pas forcément positive.
Il ne passe pas un jour, une heure, une minute ou une seconde sans que tu ne penses à eux. Pourtant ils te manquent et ça te calcine.
Tu t’en veux même un peu quand Papa te manque. Mais t’y peux rien, tu l’aimes au même titre que Maman - même si ta grand-mère poursuit de le nommer assassin.
Tu la comprends un peu, elle aussi.
Alors qu’elle, pas du tout. Mais elle ne comprendrait sans doute jamais, alors tu t’es mis en tête que ça ne servait à rien d’insister.

Tu n’as jamais pensé que ça serait mieux pour toi si on te séparait de tes parents, tu pensais que ça irait peut-être mieux pour eux, pas pour toi. Et parfois tu repenses à la dernière vision que t’as eu de Maman. Comment un enfant trop ignorant qui vit dans son utopie, tu espères au moins qu’avec tout ce qu’elle a enduré, elle soit morte sans trop de souffrances.
Cette idée ne te quitte pas, elle ne quittera jamais, tu n’arrives pas à te mettre en tête qu’elle n’est plus là.
Un peu comme si peu importe où tu allais, tu entendais sa voix ou cernais son visage. Des fois même tu sens sa main qui affectionne ton crâne. Tu oublies qu’elle n’est plus là.

C’est devenu un calvaire, les cours. Tu étais déjà considéré comme en difficulté à cause de ton mutisme - mais avec les évènements, c’était encore pire. Il ne se passait pas une journée sans que tu sois pris à part par un professeur ou un camarade.
T’es redevenu vulnérable.
Misérable.
Et tu détestes qu’on te prenne par pitié. Parce que tu sais que si Aihara vient te demander chaque matin si tu vas bien, c’est parce qu’elle veut entretenir son image d’élève parfaitement modèle, pas celle d’une camarade de classe à qui on peut faire confiance ou juste se confier. Parce que les professeurs veulent juste s’assurer que tu puisses correctement étudier et avoir ton diplôme, pour être un pourcentage de plus à vanter les réussites de leurs enseignements.
Pourtant, tu sais bien qu’arrêter ne ferait que t’enfoncer dans une autre galère, alors t’essaies de tenir le coup, même si c’est dur et qu’il faut pouvoir le supporter.

Tu leurs réponds que ça ira ; parce que ça signifie que tu peux le supporter.


Mars arrivait, enveloppait ton être d’une brise légère - hostile et sérac.
Toi, tu avais pu faire un pas dans ces lieux corrompus par la mort, foulés par Hela.
C’était ce qu’il y avait de plus cher à ses yeux.
Ce grand instrument qui s’étendait face à toi, dans un coin de la pièce, voilé par une épaisse couche de poussière, consterné par les feuilles qui s’entassaient, même sur les touches.
Ça te fit l’effet d’un poignard dans le coeur ; et tu te rappelles des jours heureux. Tu te rappelles quand Maman jouait à Noël, ou même à ton anniversaire.
Tu te rappelles de cette belle lueur qui scintillait dans ses orbes - de cette jolie courbe, ce sourire de perle qui ornait son visage.
Tu as mémorisé chacun de ses traits ; comme tu as mémorisé chacune des touches qu’elle effleurait.
La pulpe de ton index frôle une touche morne - une musicalité grave s’en échappe, fait vibrer la pièce. Quand tu glisses tes doigts à la suite, une traînée blanche poursuit, et tu relèves ton doigt devenu poussiéreux.
Ça te rappelle à quel point le temps a défilé, depuis que Maman a abandonné le piano dans cette pièce.
Ça te rappelle comment ses phalanges se mouvaient vite - comment elle semblait connaître chacune des touches qu’elle n’avait même pas besoin de laisser ses pupilles zieuter ces dernières.

Tu effleures de nouveau les touches qui se font grisaille, tu pianotes ce que tu as réussi à mémoriser dans ses chants d’autrefois.
C’est juste toi et le souvenir de Maman qui s’anime.
C’est juste toi qui laisse tes doigts chanter à ta place.

Ils jouent la mort - le regret.
Il y demeure une certaine conviction, mais elle est sibylline.

Tu peux doucement te réjouir, tu as la chance de pouvoir récupérer un fragment de Maman, installé dans la grande pièce qu’est devenue ta chambre.
Pourtant tu n’y arrives pas, parce que ça te rappelle que c’est terminé.
C’est tellement compliqué, tu pleures plus que tes doigts ne touchent le clavier.
Quand ta gorge se noue, tu te rappelles quand elle chuchotait au creux de ton oreille en te serrant, tu te remémores ses paroles. Et de nouveau - sa voix, son odeur te manque. Elle te dit que ça ira mieux, encore maintenant, tu peux l’entendre.
Papa aussi, habite toujours autant tes pensées. Quand tes doigts se perdent sur le clavier, tu ne peux pas t’empêcher de tourner la tête pour t’assurer qu’il n’est pas là - comme quand il admirait Maman jouer.
Tu es heureux que dans ce genre de moments, ce sont des souvenirs bienheureux qui imprègnent ta mémoire, et pas le seul souvenir du visage de Papa qui fanait.

Mais même quand tu joues en notes séraphiques, elle perdure, cette sensation.
Ce vide au fond de toi, il perdure.
Rien n’a changé.

2101 - éloge d’une renaissance.


Renji t’a invité à une soirée. Il pense que ça te fera du bien de quitter la solitude pour la fête - mais tu n’es pas d’humeur à t’amuser, du moins, ça fait longtemps que tu n’avais plus la tête à ça. Mais malgré ton envie qui persiste, tu finis par céder, tu sais qu’il veut t’aider, et que c’est quelqu’un de gentil dans le fond, parce qu’il n’agit jamais pour lui-même. Son geste te touche un peu - et c’est comme ça que tu te retrouves un samedi soir dans un lieu qui t’es inconnu. Vous êtes encore mineurs, vous connaissez vos limites - la soirée se déroule chez une de vos camarades de classe donc tu es plutôt en confiance, sans trop l’être non plus.
Chacune des pièces dans lesquelles vous vous avancez sont bondées, de gens avec qui tu partages le quotidien, d’autres qui te sont simplement inconnus.
Tu ne quittes pas Renji d’une semelle - il est l’épaule à laquelle tu peux te tenir pour éviter de te perdre, mais sa sociabilité te perdra un jour, il en faut bien peu pour que tu te retrouves en sa compagnie, au centre de l’attention.

Pourtant c’est si bon - ces sonorités qui frappent violemment contre tes oreilles. Ces rires qui s’échouent dans l’air, cognent dans ton crâne.
Mais c’est toujours aussi frustrant de ne pas pouvoir participer pleinement à cet échange, ça te frustre tellement que tu te retrouves à regarder Renji - à avoir envie de te glisser dans sa peau juste un instant.
À avoir envie de voir le monde comme lui le voit ; juste un instant.
À avoir même envie de sentir tes cordes vocales vibrer, alors que tu perçois son rire cristallin dans la nuit. Il se perd, s’oriente çà et là, jusqu’à ce que toi même tu le perdes.

Tu te mets à déambuler à sa recherche ; sans résultat, alors tu finis dans un coin de la pièce principale, avachi sur un des canapés, et tu regardes ce monde que tu ne suis pas. Quand tu y regardes d’un peu plus près, tu vois des petites étoiles se mouver ; s’accrocher, et ça te fait presque sourire. Tu te remets à envier les gens alors que tu t’es mis toi même à l’écart à l’instant. Tu ne te comprends pas réellement, ne saisis pas moindre de tes réactions, tu préfères te délaisser à l’écart, en attendant que Renji revienne par exemple.
Tu ne sais pas qu’il a déjà succombé à deux, deux ou trois verres d’alcool dont tu n’avais connaissance, c’était même pas prévu qu’il y en ai, mais c’est ce que tu crois, parce que t’es un peu naïf. Personne t’en voudra pour ça - reste dans ton ignorance. C’est peut-être pour ça que le brun t’as délaissé, mais tu ne lui en veux pas plus que ça.
Mais le temps tourne et toi, t’es là.
T’es là et tu fais rien, rien d’autre que regarder, mouver tes lèvres en crachant silencieusement les paroles de ces musiques que tu connais par coeur.
Tu sens même pas que tu bouges ton corps, rythmé par les basses.

Puis, alors que tes paupières s’affaissent, t’as juste le temps de voir des phalanges qui s’étirent vers toi. Puis une paume qui s’écrase contre ta tignasse ; tu sais déjà que s’en est fini de toi, surtout quand ton bon vieil ami affiche ce sourire béat et idiot à la fois, tu ne sais si ça te fait plaisir d’être témoin de cette scène où tu vois les deux adolescents à moitié saoul. Tu meuves tes bras de sorte à faire comprendre le fond de tes pensées à ton camarade, mais il renchérit avant même que tu termines, déterminé à t’emmener sur la piste. Pourtant Renji le sait ; toi et la foule, toi et les gens, toi et la danse. Tu penses tellement au regard des autres que ça t’empêche de t’amuser, il en est conscient et il est déterminé à changer ça.
Sa poigne se fait plus forte sur ton poignet, puis il finit par te tirer si violemment que t’en serais tombé s’il ne t’avait pas rattrapé. Concernant le précédent garçon qui l’accompagnait, il s’est aussitôt éclipsé entre deux jolies jeunes femmes - tu peux pas lui en vouloir de pas t’avoir aidé à fuir vu que de toute façon, il ne l’aurait pas fait.
Alors qu’il maintient sa prise sur ton poignet, tu le vois s’agiter - son bras se découpe dans l’obscurité, un peu comme sa silhouette. Son sourire rayonne, il brille tellement que t’as un peu de mal à le regarder, et ce n’est pas qu’une façon de parler, puisque tous les faisceaux lumineux épileptiques heurtent ta rétine.
T’as l’impression qu’il s’éteint quand il finit par te lâcher, alors que sa tête se penche brutalement vers l’arrière en un soupir mal retenu.

Il insiste ; il veut que tu t’amuses, toi aussi.
Tu sais que t’as beau insister à ton tour, lui confirmer que c’est le cas, il ne te croira pas, parce que jamais personne n’a su lire si rapidement en toi.
Puis il te force à t’engouffrer dans la foule - plus loin encore, là où tu ne pourras pas t’extirper.
Alors, au point où tu en es, tu t’abandonnes.
Tes muscles t’abandonnent, ils deviennent un peu incontrôlables.
Pourtant - c’est tellement plaisant, comme la petite brise d’été.
Cette brise qui frôle avec pudeur ton épiderme pluvieux - presque humecté.
Tu perds presque ton souffle, tu ne sais même plus.
Depuis combien de minutes étais-tu là, en train de vriller seul ?
Depuis combien de temps il se jouait, ce morceau ?
Surtout depuis combien de temps y avait-il cette proximité brutale ?
Ça t’écorche de le regarder alors que tes yeux se noient encore.
Ça t’écorche la peau de frôler son torse devenu clavier où tu répètes les notes que tu entends, les notes que tu connais par coeur.
Ça t’écorche de revoir Maman qui sillonne à travers ton âme, toi qui écoute, Papa qui admire.
Ça t’écorche tellement, cette idée ne se défera jamais de ton esprit.

Renji te laisser pianoter. Il se laisse être piano - toi pianiste. Sa voix ne s’élève pas, il demeure silencieux, comme s’il avait compris.
Puis dans un mouvement simple il t’étreint.
Le monde s’arrête, à cet instant.
Il porte l’odeur du monde - celui qui tourne autour de vous.
Mais son étreinte est chaude - comme celle de Maman.
Ça te fait un peu bizarre, de te faire cette image.

Alors tu t’exiles avec prudence, dissipes ton corps qui ondule dans les silhouettes méconnues.
Tu disparais un peu plus loin dans les abysses.
Si loin que tu ne distingues plus rien, pourquoi tout est devenu flou ?
Il fait si chaud que s’en est étouffant - tu asphyxies.

Quand tu pousses enfin cette grande porte, tu es accueilli par cette brise presque frigorifique.
Et un torrent, un torrent glacial qui vient perler sur ton visage - alors tu peux enfin laisser tes yeux respirer, puis laisser la douleur couler, se mêler à la pluie qui fait rage.
La pluie que tu entends comme fond sonore de la musique qui bat encore son plein à l’intérieur. Sans que tu distingues que tes vêtements s’imprègnent d’eau, comme si t’avais plongé dans une rivière.

D’un coup, la pluie s’arrête de tomber - seules tes larmes perlent le long de tes joues.
Pourtant, tu l’entends toujours cogner contre le bitume froid.
Quand tu ouvres enfin les yeux ; tu distingues un dôme rose pâle.
Qu’est ce que c’est ?

Tu pivotes ton regard, puis ton visage vers la droite - les yeux rougis.
Alors là, tu croises son regard.
Des cils diffus qui encadrent ses étoiles bleutées ; les galaxies s’y reflètent comme si c’était la première fois que tu distinguais un amas d’étoiles. Tu peux y voir l’astre lunaire scintiller - même des constellations se former.
Il y a un petit halo coquelicot qui fleurit sur l’arabesque de son nez, s’étend sur ses pommettes.
Tu souris. Parce que tu trouves ça mignon.
Elle est jolie.
Pourtant malgré cette brève vision céleste, tu agrippes ton téléphone fourré dans l’une de tes poches et tu t’apprêtes à appeler les vieux.
T’abandonnes aussitôt l’idée quand tu vois l’heure qui s’affiche sur ton téléphone portable. Bien trop tard pour qu’ils ne te répondent, bien trop tard même pour les déranger. Sans doute plus aucun transport à cette heure-ci pour te ramener, et tu ne veux pas gâcher la soirée de Renji parce que tu as eu un coup de mou.
Pourtant, tu refuses d’y retourner. Tu finis par souffler, t’appuyant contre l’un des murs extérieurs.
T’as presque oublié le geste de celle qui est à tes côtés. C’est sans doute grâce à elle que la pluie ne t’atteint plus- puisqu’elle a volontairement placé son parapluie au dessus de toi.
Tu peux même pas la remercier, mais ça n’a pas l’air de la déranger.
Tu n’as rien dit alors que t’as très bien compris son geste, mais elle n’a rien dit non plus.
Elle n’a même pas retiré son parapluie d’au dessus de ton crâne malgré ton impolitesse.

Ça te rend dingue une personne si gentille - ça te rend dingue qu’elle prenne la pluie à ta place.
Tu admires un instant ses bouclettes ébènes qui prennent forme aux pointes de sa chevelure, s’attardant sur les courbes de son cou.
Puis finalement, ton index et ton majeur repoussent l’élan du parapluie pour le remettre au dessus de son crâne.

Tu saisis ton téléphone aussitôt - te dirige vers l’application note, et pianotes rapidement quelque chose - l’une de tes mains empêchant les gouttelettes de perler sur l’écran.

Merci.

Voilà simplement ce que tu as inscrit puis pointé vers elle. Puis elle t’a simplement souri, puis un petit de rien de sa part s’est perdu dans l’air. Elle est douce sa voix, agréable et séraphique. Un peu comme son visage.
Tu apprécies le fait qu’elle n’ai rien dit de plus. C’est comme si c’était normal, peu important, comme si vous vous connaissiez.
Mais tu ne l’avais jamais vu - ni son visage, ni discerné sa voix.

Puis elle a de nouveau brisé le silence.
Elle t’a demandé si tu avais besoin d’aide pour rentrer.

T’as simplement haussé les épaules, comme si c’était pas si grave, comme si tu pouvais attendre. Mais Renji t’en voudrait peut-être pas si tu repartais. Il savait même probablement comment ça se finirait. Mais tu savais qu’il avait l’esprit noyé d’alcool, ça te forçait un peu à rester plus longtemps, tu savais que c’était problématique s’il venait à prendre la route, mais de ce côté là, tu pouvais pas vraiment l’aider.
Comment tu pouvais lui expliquer ça ? Ton visage était tiraillé par la gêne, mêlé par le tourment. Elle l’avait sans doute remarqué, puisqu’elle t’a sagement répondu de prendre ton temps.

Tu avais l’impression qu’elle avait deviné - ou peut-être juste qu’elle te connaissait.
Enfin ton temps, tu ne le prends pas trop - premièrement parce qu’il fait froid, puis parce que petit à petit t’es trempé. La rapidité de tes doigts sur ton portable cause la naissance de maintes fautes mais dans un soupir tu abandonnes leur correction - bien embêté par la pluie qui s’abat.
Puis tu lui tends finalement ton portable, où tu as inscrit quelques mots rapidement tapés. Un petit cercle se dessine sur ses lippes rosées.
Elle semble réfléchir un instant - un court instant où tu admires simplement ses traits. Elle semble douce - sa peau, à l’effigie de sa voix, et lisse, comme une poupée de porcelaine.
Est-ce la nuit qui te cause d’autant admirer cette femme ? Tu préfères penser que c’est la fatigue, l’épuisement, le profond état de déprime qui t’habite.

Sa voix s’élève de nouveau dans l’air, mais cette fois-ci, c’est pour t’inviter à rentrer de nouveau. Elle souligne le fait que ça serait triste de partir comme ça. Pendant l’espace d’un instant, tu sembles la croire, alors tu t’abandonnes à la suivre, oubliant presque ton visage ravagé par la pluie et les larmes, et l’état de tes vêtements. Quand ça te revient en tête, tu passes avec délicatesse ta main contre ta nuque, c’était problématique.

« On peut demander à Haru, je suis sûre qu’elle aura quelque chose pour arranger ça. » Haru - elle est dans la même classe que toi, mais visiblement t’est encore inconnue. Sans doute doit-elle être une de ces personnes qui t’ont déjà pris en pitié. Mais sur l’instant, tu ne peux pas trop hésiter, alors t’hoches simplement la tête de haut en bas, l’idée de tomber malade ne t’enchantant pas plus que ça.

Vous voilà de nouveau dans l’entre de la mort - comme tu aimes bien l’appeler, ces lieux bondés de monde où tout le monde s’entasse. Vous sillonnez parmi la foule à la recherche de la jeune femme, sans trop de résultats. Ça commence à être un peu désagréable cette odeur de pluie qui se dégage de tes cheveux et de tes vêtements, mais la pureté de la main de la jeune femme contre ton dos te la fait oublier.
Vous finissez par la trouver, dans un des coins, appuyée contre le mur un verre à la main. Elle pouffe un peu à la vue de ton état et tu ne lui en voudras probablement pas pour ça. Toi-même, tu te trouves un peu pathétique comme ça, pourtant les soirées ont du bon, ça t’évite d’être le centre de l’attention puisque tout le monde est absorbé ailleurs.
D’ailleurs, vous n’avez même pas besoin de lui dire un seul mot qu’elle pointe l’escalier un peu plus loin, vous indiquant que vous y trouveriez ce dont vous avez besoin, et bizarrement elle insiste bien sur le vous. Tes sourcils se sont un peu froncés d’indignation puis vous vous êtes faufilés en haut, elle pensait que tu avais besoin d’aide.

À partir de là, ça a été un peu rapide. Vous avez de nouveau été engloutis par la foule jusqu’à votre arrivée en bas des escaliers que vous vous êtes empressés de prendre pour monter à l’étage. D’ailleurs - celle dont tu ne connaissais pas le nom a jugé bon de te laisser seul le temps que tu fasses ce que tu avais à faire, ce qui fut plutôt rapide. Elle a bien évidemment précisé que tu pouvais lui demander si t’avais besoin, mais toi étant toi, t’as su te débrouiller tout seul.

Te revoilà donc, posé sur les escaliers, à moitié amorphe et songeur. Tu frottes encore tes paupières de tes muscles endoloris. Elle est où ? Est-ce qu’elle aussi t’a abandonné à ton triste sort ?
Pas vraiment non, elle apparaît en bas, deux verres à la main remplis de limonade, te tendant l’un d’eux. Habituellement, tu n’aimes pas ce qui est gazeux, mais son acte éthéré et amical te force presque à l’accepter.
Puis elle te demande - ou du moins, elle ose te demander.

Pourquoi tu pleurais, déjà ?
T’as l’impression d’avoir oublié.
De la même façon que tu finiras par oublier cette soirée ; et elle aussi, probablement.
Parce que les dernières années de ta vie ont pris une si grande place dans ton esprit qu’elles en ont effacé le peu de souvenirs joyeux.

Ça te surprend quand même - qu’elle te pose la question.
Autrefois, dès que tu commençais à écrire et montrer ton téléphone, on poursuivait rarement la discussion avec toi.
T’es muet, pas sourd ; t’apprécies qu’on te parle, c’est ce qui te maintient en vie.
T’oses pas imaginer si tu venais à perdre l’audition ou même la vue, ça serait sans doute un cauchemar.

T’as alors sorti ton cellulaire - tu l’as regardé un instant, et elle t’a souri, puis t’a fait signe de prendre ton temps, comme auparavant.

Si compréhensive.

Alors t’as pianoté quelques mots qui pouvaient possiblement définir tes sentiments.
Des mots légers,
Simples,

Douloureux.


2102 - à travers tes yeux.


Ça fait deux ans, deux années pendant lesquelles les vieux ont insisté pour que t’ailles voir un psychologue.
Ah, comme si ça changeait quelque chose. Comme si elle allait ramener Maman ou Papa, ou encore les deux.
Comme si elle pouvait te faire ce dont de voix, aussi.
Mais t’as pas l’impression qu’elle est plus utile que ça. La chance que t’as, c’est de pouvoir lui parler en langue des signes et qu’elle te comprenne - et encore, ça c’est quand t’es décidé à "parler". Sinon c’est le néant.

Mais aujourd’hui c’est différent, aujourd’hui tu lui tiendras pas le même monologue que les fois précédentes.
Pas de plaintes successives, pas de pleurs un peu mal contenus.
Y’a un sourire ; une belle courbe juvénile qui étire tes lippes. Quand elle te demande ce qui te rend si joyeux, ta réponse est immédiate.

T’es amoureux.

Même si ça semble stupide ; pour toi c’est incroyable. Plus incroyable encore, c’est réciproque. Toi-même quand tu lui déclares ça, t’as des étoiles dans les yeux. Puis elle a souri, un peu bêtement tu dois l’avouer - mais elle t’a même félicité. Ça changeait du discours des vieux qui te disaient encore de faire attention - comme si t’avais pas l’âge d’avoir une copine en dix-huit années d’existence.

Tu te souviens un peu de cette soirée là que tu pensais oublier à cause de la peine qui t’accable. Mais elle a pris une trop grande place dans ta vie. Tu peux en être heureux.
Tu pensais même que ça suffirait comme argument pour ne plus mettre un seul pied ici, mais visiblement, c’est pas maintenant que tu abandonneras ces heures que tu ne passes pas au piano. Pire encore quand elle te propose de faire connaissance avec des gens via internet, et de leur parler comme ça, via les forums ou les blogs - vu que tu as l’air d’aller mieux grâce aux personnes elles-même. T’as plutôt pas interêt à refuser, sauf si tu veux les vieux et elle aux baskets pendant un moment - jusqu’à ce que t’acceptes.

Même si tu n’aimes pas trop ça au départ, tu penses finalement que ça pourrait être une bonne idée. Ton téléphone a pris une place considérable dans ta vie - tes notes et même la petite application que tu as exprès te sont nécessaires pour te faire comprendre dans la société actuelle. Mais si tu as eu la chance de suivre des études comme un enfant lambda, c’est sans doute parce que tu vis dans un monde en perpétuelle évolution. Les méthodes d’apprentissage sont bien plus simples pour toi, et ne pas bénéficier du dont de communication n’est pas si handicapant, sauf quand tu songes à l’idée d’un futur métier.
Inutile de préciser que tu utilises tellement les écrans au quotidien que la majeure partie de tes discussions et conversations se trouvent ici. En fait, parler à des inconnus, t’aurais dû le faire depuis longtemps, rien que pour trouver des gens presque comme toi. Ça te fait un peu bizarre de penser ça comme ça, mais rien que cette idée te montre que les hommes ne naissent pas tous égaux, et que la vie elle-même creuse des fossés entre ces derniers.

Alors encore une fois, tu te plieras à sa demande, c’est la seule chose que tu peux faire de toute façon,
T’adapter.

2103 - la brutalité du silence.


C’est presque injuste que le monde se compose de bons souvenirs aussitôt effacés par les mauvais.
Parce que rien ne s’efface jamais, c’est juste une plume délicate qui effleure ta peau à chaque fois ; puis qui s’envole.
Non en fait ; on veut juste essayer d’oublier.
On essaie ; tu essaies perpétuellement.

Mais tes jours sont toujours aussi monotones, et t’as l’impression que t’arriveras jamais passer au dessus de ça. Tu sais pas ce qui finit par le plus te bouffer ; le silence ou les disparus ?
Ça doit sans doute être un peu des deux, sans doute oui.
Les jours heureux, tu peux aisément les compter sur les doigts d’une main - quand ta copine est là, avec toi.
C’est un amour simpliste - mais pas simple comme il y en a des centaines d’autres sur Terre. Simpliste de part sa pureté.
C’est pas si charnel, juste éthéré.
T’as même un peu peur, quand tu l’effleures d’un peu trop près, comme si elle pouvait se briser. C’est effrayant.

Ça va faire cinq ans que la vie est aussi triste et accablante.
Cinq ans que t’es tapis dans l’ombre.
Mais qu’est ce que tu attends au juste ? Jamais personne ne t’aidera à sortir si tu n’en prends pas toi-même la décision. Tu sais très bien que ta vie n’avancera pas plus si tu ne te ressaisis pas toi-même.
C’est ce qu’elle elle pense. Sa voix a toujours compté pour cent millions, mais tu sais qu’elle ne pourra jamais pleinement être à ta place. Tu ne peux pas lui en vouloir, mais elle peut t’en vouloir de continuer de te lamenter.
Elle a le droit ; n’a-t’elle pas fait tout ça pour t’aider, parce qu’elle t’aimait ?
Et toi - tu t’es lamenté. Comme tu sais si bien le faire.
C’est devenu injuste qu’elle en fasse autant pour toi, presque inacceptable alors qu’elle n’a que besoin de multiples baisers papillons sur ses pommettes églantines ou même que tu l’étreignes fort dans tes bras.
C’est devenu injuste qu’elle apprenne cette langue complexe pour te comprendre - c’est injuste que tu ne puisses pas toi-même la remercier, avec des mots simples ; pas des paroles inscrites sur un écran, pas des gestes, alors souvent, tu lui dis - sans vraiment lui dire.
Ouais, c’est injuste.

Tellement que ça en devient insupportable. Tu asphyxies presque trop dans ce monde dans lequel tu sembles n’être rien ; pourtant tu es bientôt majeur et ta vie ne fait que commencer.
T’es un peu perdu ; parfois tu songes sans savoir quoi penser ou quoi dire. Tu te sens trop extérieur pour penser correctement.
Si seulement ça pouvait changer - tu ne sais pas toi-même que tu es le seul à pouvoir changer ça.
Ça lui fait plus de mal à elle qu’à toi.

Ça fait encore plus mal quand tu l’effleures d’un peu trop près. Quand tu caresses son épiderme de si près que ça brûle son échine.
Oui, ça la brûle.
Ça te brûle aussi - ces contacts incessants.
Puis il y a ce piano, baptisé par vos baisers, attendri par vos étreintes. Il persiste comme la présence des vieux souvenirs étouffés. Comme l’incompréhension qui t’habite et qui t’habitera toujours. Tous tes moments heureux sont parsemés par ces mémoires - comme si elles te hantaient, et c’est déroutant.
Pourtant elle continue, elle continue à t’écouter la nuit quand tu joues jusqu’un peu trop tard, elle continue d’écouter ce désespoir que tu ne peux pas chanter. Parfois, elle s’endort là, contre ton épaule, alors que tes doigts pianotent et que son chant qui t’accompagnait disparaît peu à peu. Tu ne peux que chérir ces instants, ils sont tellement importants. Surtout tellement singuliers.

Un soir entre deux verres vous avez parlé puis vous avez écrit ; comme deux chants qui se complètent que vous avez gravé dans du papier pour finalement les laisser flotter dans l’air. C’était intense et perpétuel. Alors vous avez continué jusqu’à les connaître par coeur - ça aurait rendu fou les vieux s’ils n’étaient pas à moitié sourds déjà.
Pourtant chaque syllabe délicate qui se décroche de ses lèvres est une délicatesse, et chacune des notes que tu produis sur le clavier est une sérénité.
C’est avec ce piano que tout a commencé ; ta mère, puis ton père - c’est cet instrument qui t’a donné vie. Même si en sommes tu étais déjà né ; c’est ce dernier qui a fait qu’ils t’ont choisi toi - et pas un autre. Toi avec ton mutisme, toi avec ton visage trop européen, ton prénom pas assez japonais. Mais même ça, ils ont refusé de le changer. Tu étais toi - ton nom était ton identité. C’était sans doute la seule chose qui t’aiderait à retrouver tes parents biologiques si seulement tu en avais l’envie.

Sur cette pensée coup de tête - vous avez publié votre musique, piano et voix que tu ne possédais pas, c’était un arrangement que tu affectionnais, parce que c’était avec elle. C’était juste pour garder une trace - laisser ta trace, celle que tu pensais qu’on ne te laisserait jamais déposer. Alors ta surprise fut grande quand en seulement quelques jours, les vues avaient explosé. Quand Renji lui-même avait partagé votre musique et que toute l’école avait suivi.
Quand tu te pensais enfin exister, tu as l’impression que seuls deux jours se sont écoulés.

Entre le temps où vous vous étreignez silencieusement dans la nuit et où les étoiles vous regardent, entre le temps où vos épidermes convergent.

C’est passé si rapidement que tu en as oublié tant de choses - le fait qu’elle partirait bientôt, plus âgée que toi, plus de responsabilités encore. La perdre, c’est la dernière chose que tu veux, pourtant comme Maman et Papa, elle finira par s’envoler, et ça arrive bien plus tôt que prévu.
Tu te rends compte que le temps s’est envolé avec la brise légère quand tu te tiens là face à elle, à la gare. Quand tu constates ce visage orné d’un sourire mélancolique - ce parapluie qu’elle tient, laissant seulement quelques gouttelettes d’eau glisser contre sa valise grisée.
Ce jour là aussi, il pleuvait.
Tu te rends compte que chaque instant de ta vie est doublé ; cet instant qui n’est que tristesse te fait te remémorer la joie que tu éprouvais ce soir là, à ses cotés. Quand elle t’a écouté - quand elle t’a tendu son parapluie, quitte à en mouiller sa chevelure ébène. Le vent s’abat contre vos dermes, mais cette fois, tu ne pleures pas, parce que ce n’est pas la dernière image de toi que tu veux lui présenter. Mais plutôt celle d’un presque homme accompli et heureux de lui laisser la chance de faire sa vie, parcourir ses objectifs.

Alors tu espères au moins que là où elle sera, elle deviendra heureuse, même si c’est sans toi. Vos lèvres se sont écorchées une dernière fois alors que le train défilait plus loin, un instant qui avait été bien trop rapide. Que déjà à ton second battement de coeur tu la voyais s’engouffrer parmi la foule, s’éclipser dans le transport et disparaître, encore une fois.

2104 - les voix qui nous relient.


Pourtant malgré la distance et ton habitude à communiquer par l’intermédiaire des sms, vous saviez que vous deviez laisser l’autre partir, peut-être même faire sa vie avec une autre personne - peut-être même une personne choisie par l’Incontestable.
Elle - tu avais du mal à te rendre compte que ces beaux souvenirs n’en étaient que passés.
Du mal à croire qu’elle avait pris le large, mais tu préférais te dire que ça lui serait bénéfique. Son bonheur avait toujours compté plus que le tiens, après tout.
Mais tu continues de jouer sur ce piano où vous avez tant échangé. Des baisers - des caresses éthérées, tu continues de pianoter cette mélodie qui se répète parfois dans un coin de ruelle, parfois tu as presque du mal à croire que tu vas composer des trucs que tu ne pourras pas chanter, ni entendre de sa belle voix.  
C’est pas pour autant que tu délaisses l’instrument qui perdure dans ta chambre. Il t’est presque devenu nécessaire, pourtant quand les vieux te disent qu’il pourrait être un objet nécessaire dans ton futur, t’y crois un peu à moitié.
Tu suis juste l’élan qu’elle t’a donné et tu continues d’être productif. Tu continues de pianoter sur le clavier - de jouer parfois des mélodies connues, celles de films, de séries, ou simplement des reprises. Parfois tu composes, sans trop réfléchir, sans trop penser à ce que ça pourrait donner, c’est juste des notes qui frémissent contre ton oreille.

Petit à petit, t’as l’impression que ta vie se modèle.
Sans doute pas comme tu l’avais pensé en venant au monde - ou même quand toutes ces voitures avaient entouré ta maison.
Pourtant t’as l’impression qu’un nouveau monde s’ouvre à toi, parce qu’à travers un simple écran tu rencontres des gens , à travers un simple écran tu partages bien plus que des notes, c’est une symphonie, un train de souvenirs éthérés.

Déjà six ans - et tu te retrouves là où tu n’aurais jamais songé te retrouver auparavant, une école de musique.
Là bientôt ta chambre ne se compose plus d’un seul piano mais d’une quantité d’autres instruments. D’un côté, t’es sûr que la voie sur laquelle tu t’engages est la bonne, d’un autre, tu te dis que c’est la seule que t’as, la seule qui te rend heureux, la seule qui te lie à Maman et Papa.
Tu passes tes nuits à composer, si bien que des demi-cercles ornent tes yeux.
Parfois, t'as envie d’entendre sa voix à nouveau, mais tu te sens seul aussi, c’est presque pénible.

2108 - notes séraphiques sur l’entaille.


L’année fut presque mouvementée - autant positivement que négativement.
Elle a débuté aux alentours de février lors de ce que l’on appelle désormais le Big Bang Kiss, une manifestation de masse à laquelle tu n’as pas participé. Parce que l’Incontestable n’a jamais attisé ta curiosité, parce que tu as toujours eu d’autres problèmes auxquels penser. Mais en sommes, tu remercies ce système d’exister, car c’est grâce à quelques uns de ses ordres que tu as réussi à garder en mémoire quelques bons souvenirs de tes parents.

Plus positivement dorénavant, tu as commencé à te faire une renommée dans le pays, tandis que tu agrémentes les autres pays et continents avec lenteur ; quand tu vois des commentaires qui disent qu’ils apprécient et qu’ils s’excusent à la fin car leur anglais n’est pas très bon.
T’exprimer à travers internet c’est porter ta propre voix, tu en oublies presque la difficulté de ta vie avant cela.
Tu te lies d’amitié même avec des gens plus ou moins connus - ça t’aide à agrandir ton secteur. Et bientôt déjà on te propose un petit boulot dans un restaurant, piano ou guitare, un petit endroit qui te permettrait d’étaler ton talent en étant rémunéré.

Quelle chance - cette proposition. Tu ne joues pas pour les autres mais pour toi-même, et c’est un presque rêve irréalisable qui fleurit devant toi.
T’espères qu’elle sera fière de toi, de la haut, et lui aussi - et t’espères que celle qui t’accompagnait quand t’as posté ta première vidéo sur le net l’est aussi.

2109 - troubles sur les terres japonaises.


Ces deux dernières années sont comme des nuages duveteux sur lesquels tu peux te poser calmement - monter ton projet, publier des sons que tu créés pour toi ou pour d’autres. Alors que ça prend forme, tu arrives à gagner de l’argent entre ton travail au restaurant et la plateforme où tu publies tes vidéos. Bientôt, t’as assez d’argent pour pouvoir trouver de meilleurs outils de productions - changer les cordes de ta guitare quand elles sont pétées. Ça te permet de produire pour d’autres, de gagner encore un peu d’argent, parce que tu allais en avoir besoin, mais tu ne le savais pas encore.

En octobre, les terres japonaises sont attaquées ; syphons accompagnés d’un séisme de magnitude 9. Les dégâts sont déplorables - mais contrairement à certains, tu as la chance d’avoir peu de dégâts, tu n’es pas trop à plaindre vu ton lieu d’habitation, c’est plutôt les voisins du dessous qui sont embêtés ; l’eau monte jusqu’au genoux. Malheureusement pour toi, ces évènements posent une virgule brutale sur ton avancement, et les problèmes notamment concernant l’électricité t’empêchent de travailler pleinement.
Mais l’Incontestable lui aussi, possède ses limites - et ainsi des mariages à trois ou quatre sont reportés. Au final, ça ne t’inquiètes pas plus que ça, vu que tu n’es pas spécialement touché. Mais c’est seulement au bout de quelques temps que tu peux reprendre ton train de vie habituel.

2112 - train de vie.


Il fait un peu froid ce soir.
Ce soir où tu vas voir Maman.
Ça fait longtemps maintenant, et toi tu es adulte.
Tu repenses à toi ; ton ancienne vie. Ancienne, tu penses à ça comme si ça faisait une éternité, comme si t’avais pu être enterré et ressuscité dans ces vêtements.
Mais c’était ça, c’était il y a si longtemps tout en étant si récent à la fois. Tu repensais aux bons moments passés avec Maman et Papa, parfois tu repensais aussi à elle - comme si elle n’arrivait pas à quitter ton esprit, ta mémoire. C’était un peu ça, trop dur d’oublier quelqu’un qui nous a tellement marqué.
Mais tu te lamentes moins sur ton sort - tu sembles plus épanoui. Tu peux te concentrer pleinement à la musique, à toi. Et t’en es pas peu fier. T’as des choses à lui raconter ce soir, à Maman. Tu sais qu’elle t’écoute, elle t’écoutera toujours.

Tu vois, il m’en a fallu du temps avant de pouvoir venir te voir de moi-même et seul. Tout comme il m’a fallu du temps pour que je puisse me débrouiller seul, en réalité. Je pense que c’est une délivrance ; finalement, et que je suis moins ce boulet que j’étais autrefois que tu traînais.
Tu sais, quand je touche, quand j’effleure les touches du clavier qui t’es si cher, j’ai l’impression que t’es tout près ou même que ton sang pulse dans mes veines.
Tu sais, aussi, quand je jouais avant c’était tellement bizarre, tellement nébuleux. Tu hantais tellement la moindre de mes pensées que je finissais toujours en larmes. Comme quand je venais te voir avant. Maintenant ça a changé, je pense que j’ai changé. Tu sais je le dois à elle. T’avais raison M’man, aimer ça nous fait changer. Ça doit aussi un peu détruire pour être équitable. Comme tu le disais faut de tout pour faire un monde.
Y’a pas que ça non plus, les derniers mois ont été un peu compliqués, je sais pas si j’arriverais un jour à aller voir Papa, je sais pas si c’est bon que j’y aille non plus. En plus, je m’en veux un peu d’avoir pris l’épidémie récente comme excuse, ou même ceux de Soosaku alors que c’est même pas des trucs qui m’ont touché. J’approche de la trentaine et j’suis toujours un gosse - mais j’espère que tu seras quand même fier de moi et que tu m’en voudras pas trop au sujet de ce que je t’ai dis précédemment.
Ah ! Il est déjà si tard, il commence même à faire un peu plus froid. Pourtant tu sais, j’ai tellement de choses à te raconter - j’ai composé un nouveau morceau, et il s’accorderait si bien avec ta voix. Pourtant je ne peux que la rêver ; mais j’ai aussi appris à ne plus en être triste ou nostalgique quand elle résonne dans ma tête. C’est aussi un style que Papa affectionne. Je suis sûr que ça lui plaira aussi, si un jour on se revoit, j’aimerai bien lui faire écouter. Non vraiment tu penses que ça lui plaira ? J’ai hâte de savoir ce qu’il en pense.



Spoiler:
Je risque de poster le physique et la personnalité à part à cause de la limite de mots snif
— Just Married —

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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : kusagibb ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Caractère
Beaucoup de gens songent ; supposent même avec certitude qu’un Homme qui ne communique pas n’est personne.
Ils pensent qu’est coquille vide la personne qui ne sait s’exprimer. Ils pensent qu’est faible et destructible la personne qui ne peut pas répondre par la parole.

Vulnérable.

Tu refuses d’être résumé à ça.
Tu n’es pas insensible, mais pas attaquable non plus. Tu sais sortir tes griffes quand il le faut - elles sont un peu trop acérées même, trop vives, tu le sais ; tu prends tout comme une agression et c’est ton pire défaut. Ça concorde avec le fait que tu t’inquiètes systématiquement pour tout et pour rien, que tu te demandes toujours si tu t’es bien fait comprendre, si t’as pas fait quelque chose de travers, tu t’inquiètes un peu trop de ton image et comment les autres te perçoivent. C’est sans doute à cause de ça que tu n’as jamais pleinement vécu ta vie en tant que toi - pas en tant que ce que les autres voulaient.

Le vérité c’est que t’étais effrayé ; apeuré à l’idée d’être seul, encore.

Ça t’effraie, la solitude, le vide, le silence.
Alors tu as souvent - pour ne pas dire constamment, mis tes préférences de côté, tes envies, pour te consacrer pleinement aux gens. Tu étais une écoute perpétuelle, quelqu’un sur qui n’importe qui pouvait compter.
Sans doute que ça a un peu - mais vraiment peu dans ce cas, changé avec le temps.
Sans doute que tu t’es un peu plus renfermé.
C’est probablement normal. Parce que les gens changent, le temps te l’a appris, tu l’as appris de par toi même.
Le silence ; ça te permet de mieux réfléchir.
Alors ; il devenait beau avec le temps - le silence.

Parfois le temps, tu aurais aimé apprendre à mieux t’en servir ; tu croyais souvent que tu en manquais, mais c’était jusque parce que tu ne savais pas profiter des secondes qui s’écoulaient. Tu abandonnais trop vite - tu relâchais tes objectifs. Tu te disais que tout était trop compliqué ; si complexe que ça ne valait pas la peine de se battre.
Parce que c’est toujours plus simple, la facilité. Tout a toujours été si complexe - et peut-être, éternel fainéant, tu n’avais pas chercher à puiser cette difficulté.
Alors oui - ce que ça fait du bien de parler de ça au passé. Ça avait du bon en sommes, puisque dorénavant tu pouvais pleinement te consacrer à toi et la musique, ce qui réussissait encore à te lier avec l’au-delà où Maman demeurait. Les années ont défilé sans que tu puisses vraiment les rattraper d’une poigne ferme, sans que tu t’en rendes spécialement compte, physiquement mais surtout mentalement, t’as grandi. T’es passé de ce petit garçon qui marchait derrière les autres quand le trottoir était pas assez large à l’homme qui savait - dans son silence, se faire entendre.
Ça te plaît bien d’être devenu celui que t’es aujourd’hui, avec tes défauts et tes qualités qui empiètent un peu sur les précédentes. Tu le prends un peu moins mal quand on te rencontre à peine et qu’on dit que t’es pas super bavard, tout comme tu prends un peu moins mal les remarques sur ta physionomie européenne, au final, c’est des détails, c’est pas ce que tu choisis d’être, alors c’est pas si important. Ouais, y’a pire.

Tu te montres aussi très lunatique et versatile - c’est quelque chose qui varie au gré des jours, de tes humeurs, même du temps. Ça t’arrive que par un mot mal employé, une chaussette perdue ou juste un temps de chien tu te mettes à être exécrable toute la journée. Heureusement pour toi, au même niveau que la bonne humeur peut aisément se laisser dominer par les râles, ces dernières sont rapidement surpassées par des retours joyeux.
Ton entourage y est habitué, mais pour quelqu’un qui vient de te rencontrer, ça peut être surprenant. Dans ce genre de moments, on songe plus que t’es un gamin qui s’approche de la majorité qu’un adulte qui approche de la trentaine. Pourtant quand t’es derrière l’écran, t’as une façon de t’exprimer assez professionnelle. Sans doute la faute au fait que c’est majoritairement à travers ça que tu travailles, c’est pourquoi ton cellulaire est ton must ; l’indispensable pour être tranquille au quotidien, que ça soit travailler ou te faire comprendre. Sans ça, tu sais pas trop ce que tu ferais.
Tu t’es montré devenir plutôt chaleureux au fur et à mesure des années ; en fait tu l’as toujours été mais maintenant c’est différent, c’est plus agréable la compagnie des gens - surtout quand tu l’apprécies réellement. Pourtant c’est toujours une ambiance différente lors d’une sortie entre potes, tu peux pas forcément t’exprimer comme eux le font, t’es souvent un peu à l’écart, mais tu peux les écouter, alors c’est le principal.

T’es rêveur dans l’âme, mélancolique. C’est une facette que tu ne montres pas - parce qu’elle est difficile à montrer surtout. Tu t’ouvres tellement rarement, c’est si compliqué de s’ouvrir aux autres, en fait. Surtout pour toi, ce que les autres expriment à travers des mots simples, tu le fait à travers de gestes, puis parfois des mots inscrits sur un papier ou sur ton écran. Mais tu ne t’en plains plus, ou du moins, t’as fini de te plaindre à ce sujet, c’est vrai. Ça pourrait être pire.
Malheureusement pour toi, cet handicap que t’as beau tenter d’oublier ne te délaisse jamais bien longtemps ; même si tu peines à passer au dessus. Il revient toujours à la charge, y’a qu’à te voir toi. Tu restes la plupart du temps chez toi à composer, rester derrière un écran. Que ça soit pour traîner sur les réseaux, mixer, ou juste jouer à des jeux. C’est si pratique, la technologie.

Ouais, semblerait même que ça soit l’une des majeures raisons pour laquelle tu es encore là - c’est ça qui t’as permis de pas sombrer trop profond dans un deuil que tu peinais à faire. Dans un silence que tu ne pouvais rompre. C’est ce qui t’as permis de te libérer un peu d’un poids trop lourd pour un adolescent si frêle.
C’est même ce qui t’as permis de laisser ta trace, celle dont parlait Maman. À travers les touches de ton clavier, les cordes de ta guitare, et une grande variété d’instruments.
Ça te permet aussi de plus mettre aux oubliettes ces soirées qui te chagrinent quand on t’y invite ; t’arrives un peu mieux à te faufiler sur la piste, même si tu tapes pas tes meilleurs danses, t’es au moins là et tu t’amuses, alors c’est déjà ça. T’es quelqu’un de songeur, quelqu’un d’intrigué par le monde en sommes, et il y a désormais un fossé entre le Viktor d’avant et celui d’aujourd’hui, un fossé entre le gamin qui pleurait sa mère, pleurait son propre silence, et celui qui s’en sert dorénavant pour son propre bien, cet homme qui passe ses nuits à composer, parfois même à silencieusement chanter des mots mourants. Et même si parfois tu penses être passé au dessus, ton silence continue toujours de te ronger, au même titre que la mort de Maman et l’enfermement de Papa.
Dans le fond, t’es juste un humain lambda, t’as tes peines et tes joies, tu caches pas tes émotions ni tes sentiments, parce que c’est inutile.
Si tu dois pleurer tu pleures, si tu dois rigoler tu ris, tu le sais mieux que quiconque, on regrette facilement ce qu’on ne peut faire. Et le temps passe trop rapidement pour qu’on puisse regretter quoi que ce soit.

C’est sur cette idée que tu vis, à présent. Ce genre de phrases déposées entre guillemets entre deux vieux blogs poussiéreux, par des gosses qui utilisent des mots dont ils ne connaissent pas le chant. Tu ne peux leur en vouloir, t’as toi aussi été comme ça. On a tous déjà été comme ça ; naïfs.
Ouais tu l’as été, comme t’as été vulnérable. Et même si tu supposes que tu peux utiliser ces mots avec du passé, il n’empêche que tu l’es toujours, parfois, mais t’y peux rien, c’est le monde.

Finalement, y’a du bon dans ce silence. Tu peux mieux admirer les gens autour de toi ; plus te consacrer à eux, plus les comprendre encore. Des fois encore, t’as envie de plonger pour voir le monde comme eux le perçoivent.

Tu te dis que ça pourrait être bien.
Que ça te permettrait de voir le monde différemment,
D’en découvrir des facettes diverses.
Mais ça, c’est juste un rêve d’enfant qui se terre pour refaire surface pendant ces soirées d’été, celles où l’alcool brûle ta gorge et où la musique fait trembler les murs, courber ton corps dans des arabesques fantasques.

Physique

Même ici, il n’y a ni la mémoire de Maman, ni celle de Papa.
Il n’y a aucun trait qui leur correspond - juste une marque passionnelle - mourante sur ton front. Il n’y a pas de sang Ishida dans tes veines, juste une Europe bien lointaine. Pourtant, malgré les quelques millilitres de ce sang japonais qui s’écoule dans tes veines, tout prête à croire que tu ne l’es pas, ça commence par ses grands yeux en amande - d’une couleur émeraude.
Ils sont grands, et ce que leur lueur est vivante, brûlante, éveillée. Eux qui étaient autrefois si ternes et vides. C’est dorénavant par ces derniers que tu tentes malgré toi de communiquer. Un simple organe qui t’es vital, et qui s’occupe de transmettre tant de choses. Tu ne peux que les laisser s’éveiller - s’ouvrir au monde qui t’entoure, et en constater les beautés mais aussi les affres, moins nombreux mais toujours présents.

Parfois, on t’a juste un peu vanné sur le fait que tu n’avais aucun trait en commun avec tes parents, t’as très tôt compris qu’ils t’avaient adopté et que par conséquent c’était normal, et tu ne leur en a jamais voulu, tout comme tu n’as jamais cherché à connaître l’identité de tes vrais parents. À tes yeux, c’était eux. Tu ne voulais pas vraiment savoir de qui tu avais hérité cette peau un peu halée, ni cette chevelure châtaine, avec ces fils mordorés qui avec l’âge, se sont allongés, jusqu’à atteindre la courbe de tes épaules, s’échouant même le long de ton échine.
On te dit souvent que ça craint, de les avoir aussi longs. T’essaies quand même de garder une hauteur convenable, pas une qui leur est confortable, mais qui t’est confortable à toi. Tu t’en fiches pas mal de ce qu’ils peuvent penser, après tout. Le plus important pour toi, c’est que tu puisses garder cette sensation qui caressait ta peau chaleureusement - quand Maman les prenait entre ses mains, flattait le sommet de ton crâne, elle trouvait ça beau. Elle se disait que tu pouvais en faire ce que tu voulais - tant que tu appréciais.
Alors c’est bien plus qu’en sa mémoire que tu as décidé de les garder à cette longueur. N’en déplaise à certains.

De toute façon, on te reproche jamais de faire ce que t’as envie de ton corps - parce qu’il y a ce contraste violent entre ton physique et ta personnalité, ta façon d’être - surtout si on pense que t’es plutôt quelqu’un de doux, ou juste de vulnérable en fait. Tu pensais que les deux allaient ensemble, mais tu te trompais.
Tout ça pour dire que t’es plutôt grand, même si t’es pas un géant, on se doute bien que tu n’es pas japonais par ta taille, moins encore par ton physique en général, et même s’il doit y avoir 1% d’ADN nippon dans ton corps, on le trouve difficilement, même si on regarde bien. Tu t’es déjà demander à quoi devait ressembler ta famille biologique pour que tu ressembles à ça - non pas que ça te déplaise, mais tu affectionnais bien la longue chevelure ébène de Maman, ceux de Papa aussi et leur peau claire. Au final même si c’était presque étrange au départ, t’as réussi à te faire à cette différence, tu peux remercier l’immigration et la diversité qui ont pris place au japon.

Pourtant pas super sportif quand t’étais plus jeune - tu as réussi à attribuer une petite place au sport dans ton emploi du temps, histoire de demeurer en bonne santé comme tes parents l’ont toujours voulu. Finalement chaque partie de toi, esprit ou corps, est quelque peu habitée par eux, peu importe la distance à laquelle ils se trouvent.
Alors là - tu as quelques muscles plus ou moins saillants, une taille plus au moins imposante qui va de paire avec ton poids. Ton corps est plutôt, très masculin, ton visage est lui très silencieux. Tu t’emmitoufles toujours sous des couches de vêtements épaisses et larges - tout ce qui te plaît, tout ce avec quoi t’es à l’aise, c’est le principal.

Puis plus que tout ; tu ne meuves jamais tes lèvres.
Elles sont figées.
Alors t’as souvent cet air léthargique collé au visage, en plus de demi-cercles qui ornent les dessous de tes yeux à cause des nuits que tu passes à jouer, où tu laisses tes doigts filer sur les touches noires et blanches, à la recherche de nouvelles sonorités.  
Shôta

Shôta
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Autre: ✚ Parle en : #cc6699
Hi ! Ca a l'air d'être une très belle fiche et un très beau personnage que tu as là ! J'ai pas encore tout lu mais les passages étaient sublimes sometimes, silence is loud.  367806265

J'te souhaite la bienvenue (ou rebienvenue si j'ai bien compris?) et une bonne fin de rédaction ! ^^
— Just Married —

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Autre:
Bon DC ? Si j'ai bien compris XD
Eren en avatar, merveilleux choix sometimes, silence is loud.  3998388675
Cette longueur de fiche sometimes, silence is loud.  2047885044 Je crois que je prendrai le temps de lire plus tard XD
— Just Married —

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Époux/se : mon bambi puant ♥
Autre: Merci Jun pour ce kit ultra-beau ♥
Ouaaaaaa, ya de la lecture !! Ca promet ! Bon courage pour ta fiche et re-bienvenue !
— ★ —

— ★ —
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Je suis: neutre.
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Autre: [color=#CE3D3C]
sometimes, silence is loud.  1518348080

Coucou c'est qui ?? sometimes, silence is loud.  1518348080

Il faut que je lise tout ça sometimes, silence is loud.  1518348080
— Just Married —

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Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Erenbb
Autre: La fiche est titanesque mais je sais que vous êtes courageux.
Olalalala sometimes, silence is loud.  1518348080

First of all, je commence tout juste mais ça me semble divin !

A très vite pour un lien sometimes, silence is loud.  2432113367

La biseee
— MODÉRATEUR FICHE —

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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Lullaby ♥
Autre:
J'aime ce que je lis. sometimes, silence is loud.  1518348080 ♥
Hâte d'en voir plus.
Je viendrais peut-être probablement te gratter un lien. sometimes, silence is loud.  2837704232

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

sometimes, silence is loud.  6pl1
Merci à mon époux, le plus beau. ♥

Je ne t'oublie pas bb :

— Just Married —

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Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Hello

Très belle fiche.♥ C'est beau.♥
— Just Married —

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Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Bienvenue et bon courage pour ta fiche ! o/
— Just Married —

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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : kusagibb ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
olalala merci pour vos messages vous êtes trop mims snif sometimes, silence is loud.  501520050

du coup voilà voilà ma fiche colossale est enfin terminée, beaucoup de courage pour sa correction et merci d’avance à son correcteur<33
— MODÉRATEUR FICHE —

Messages postés : 422
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Paweł ♥
Autre: cause en #CC6666. Bosse chez un fleuriste. Aussi menteur que mignon. Aime le rose. Et les lapins. Et aimer, tout simplement.
Rebienvenue à toi sometimes, silence is loud.  1362171446 comme la fiche ne présente aucun problème, ça part direct en pré-vad, mais il y a quand même quelques fautes d'inattention qu'il serait sympa de corriger !

"connaître le langage des cygnes" -> c'est le langage des "signes", fais gaffe !
"Comme si elle pouvait te faire ce dont de voix, aussi."
"Son bonheur avait toujours compté plus que le tiens,"
"T’espères qu’elle sera fière de toi, de la haut,"

J'aurais tant de choses à dire sur Viktor... En dehors du fait que ta fiche est ben longue (mais diablement bien écrite, qui sont ces gens qui ont une telle motivation), elle prend le temps de parcourir les plus importantes étapes de sa vie ; qu'est ce que je l'ai trouvé chou avec sa copine sometimes, silence is loud.  3912395661

Un perso comme ça avait évidemment son petit lot de drame, mais il est suffisant, proportionnel aux conséquences qui entachent le reste de sa vie et sa personnalité. J'ai trouvé intéressant aussi le fait que son adoption sois si discrète dans l'écriture, mais puisque ça n'est qu'un détail pour lui, logique qu'il en soit de même pour nous (de souvenir, j'ai pas vu beaucoup de persos adoptés sur JM alors que c'est un truc qui se fait souvent dans le lore).

Bref, une très bonne fiche et un personnage profond, que j'ai hâte de voir à l'oeuvre ! sometimes, silence is loud.  2900933843

Pré-validation par Ollie
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.
— STAFF JM —

— STAFF JM —
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Seyfried Bellandi
Autre:
sometimes, silence is loud.  2984341854

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

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So if you want to push, I'm a shove || If you want to spar we can do it no gloves || And if you're gonna run at me you better do it hard || 'Cause I fear no fall, no brawl, no scars
I'm two pounds shy of a bomb || I'm one shade short of alarm || I'm too past wrath that I'm calm || Got two last laughs in my palms

And all around the sirens play
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#14 —Re: sometimes, silence is loud.
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