Cappucino et Micchiato 200803042355296862
Cappucino et Micchiato 1GdvXk1
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— Just Married —

le Mar 23 Juin - 4:36
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Le bruit de tes talonnettes sur le sol lustré résonne dans le couloir presque vide, ton regard ignore ceux qui se braquent furtifs sur toi. Tu pourrais travailler ici depuis une décennie que ta démarche serait la même qu'aujourd'hui. Les pas ne ralentissent pas en approchant de la porte des toilettes, tu passes devant, continuant le chemin. Il t'a fallu deux heures pour réussir à esquiver ton avocat, c'est pas pour les gaspiller à l'endroit où tu lui as indiqué aller.

T'es pas stressé, juste un peu nerveux. Tu t'inquiètes pas vraiment pour ton sort. Et lui est confiant.
Franchement, tu t'en es sorti face à bien pire que ça Yuu, c'est pas cette gamine qui pourra sortir les pires de tes dossiers.

T'aurais pu supporter la dernière demi-heure avant le début de l'audience sous les salves des questions de l'homme bien déterminé à t'y préparer, en hochant la tête pour lui montrer que t'as bien récité ton texte, mais t'as croisé au loin le dos d'Akisada encore en train de serrer des mains. Le vieux n'allait évidemment pas louper ça, pour rien au monde.
Tu sais déjà que ton regard sera braqué lourd, sur ta nuque durant toute la durée de la séance.

Vous ne vous êtes pas beaucoup plus parlé, depuis le début de cette affaire, et t'es bien content que les choses restent ainsi. Alors maintenant que tu le sais dans le bâtiment, tu files tout droit au dehors respirer de l'air frais. Et inspirer de l'air bien plus nicotiné. Tu fais quelques pas sur le côté en sortant, te mets à l'écart pour dégainer ton paquet de cigarettes et en allumer une rapidement.

Front posé contre la paume de ta main fraîche, tu laisses la fumée s'échapper entre tes lèvres entrouvertes en évitant de penser à ce qui viendra. Tu imagines l'après, le discours que tu tiendras aux caméras quand tu ressortiras par la porte principale, une fois que cette broutille sera réglée. Perte sèche de temps. Qui emmerde bien le reste de ton agenda.

Qui t'a laissé en plus de ça avec une dette imposée au paternel.

Le mégot s'envole d'une pichenette rageuse. Même une cigarette, il arrive à la gâcher.
Première tentative d'appel de ton avocat qui commence à se demander où t'as pu disparaître, tu lui envoies un message pour éviter qu'il n'envoie quelqu'un à ta recherche. Il te reste encore un peu plus d'une demi heure avant de devoir t'y rendre. Ton corps lui, réclame tous ses addictifs. L'appréhension le tiraille, il te rappelle que dans ces situations, il réagit mieux une fois contenté.

Les deux seuls que tu peux lui apporter font bien pâle figure à côté. Mais un café pourrait t'aider à mieux faire passer le tabac, qui fumé seul, aujourd'hui finit par t'écœurer. Alors tu entres à nouveau, longues enjambées souples en observant tout autour. Persuadé d'avoir vu un espace avec des machines en arrivant ce matin. T'as juste besoin de quelques minutes pour retrouver ton chemin.

Qui est récompensé sur place par une longue chevelure blanche. Tu les connais ces reflets clairs, et tu sais que juste derrière tu verrais deux prunelles de même couleur. Que si le visage se retournait, il serait froid, jeune et déterminé. En ce moment, il doit être concentré, peut-être un peu nerveux.

Quelque part, t'as un peu de pitié pour son karma qui t'as mis sur son chemin. Tu risques de faire une tâche dans sa carrière. Sans que tu ne t'en veuilles plus que ça, elle s'en remettra, elle. Des gamines à faire taire et à écraser, elle n'est pas celle qui doit le plus s'inquiéter.

Sauf si elle continue de prendre autant de temps pour se servir. T'es pas vraiment du genre patient, encore moins dans ces moments. Les cheveux s'agitent, son visage s'abaisse lorsque le liquide sombre s'écoule, et tu fais un pas, deux pas vifs, pour glisser ton bras sous le sien, inattentif. Le carton est chaud, tu souffles rapidement et prends une gorgée.

« Désolé, j'espère bien que vous comprendrez que je suis vraiment pressé. »

Dans la paume encore tendue, tu laisses tomber une pièce en lui adressant un clin d'œil.
À vrai dire, t'aurais pu attendre quelques minutes de plus. Mais aucune occasion n'aurait été plus belle. Ce n'est pas du temps que tu veux gagner, mais une bataille rangée qui peut tout aussi bien commencer ici, avec les nerfs et la patience d'une procureuse chargée de l'affaire.

Pourtant, ton sourire s'étire quand ton autre main se lève pour lui présenter ton paquet de cigarettes, l'une d'entre elle dépassant de quelques centimètres.

« Je peux même vous en offrir une pour me faire pardonner. »
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Cappucino et Micchiato
23 février 2107

Bientôt l’heure. L’aiguille ne semblait pas décidée à ralentir, moins encore à s’arrêter, quelle que fut la ferveur avec laquelle Michiko l’espérait. Son premier véritable procès, médiatisé, attendu. Elle serait regardée, elle le savait, autant par ses collègues que la presse, surveillée par ses supérieurs, épiée par les services juridiques des stars en détresse. Plus tôt ce matin, Yume l’avait encouragée, lui avait même préparé avec enthousiasme l’un de ses petits déjeuners dont elle avait le secret. Mais cela ne suffisait pas à repousser au loin la poigne sévère qui lui broyait les entrailles, non plus à écarter un peu cette douloureuse boule roulant en vain dans sa gorge trop sèche. Nerveuse, elle était nerveuse. Sa trop courte expérience du métier ne l’avait pas préparé à affronter le monstre face à elle et, hésitante, elle n’avait su faire face convenablement à l’avocat lors de leur rencontre. Pourquoi avait-elle écopé d’un tel dossier ? Oh, elle ne le savait que trop bien. Jeune, novice, sans assistance de ses aînés, ses pourcentages de réussite étaient faibles. Il y avait des murmures, le long des couloirs blancs du palais de justice, des chuchotis qui toujours lui soufflaient le même secret : Komeiji devait s’en sortir. Des coups de fils avaient été passés, des poignées de mains s’étaient échangées, des dîners avaient été partagés et des services restitués. Dans le grand jeu des relations, les vieux joueurs étaient toujours favorisés. Et elle, néophyte, n’avait guère pour toute aide que sa propre confiance en soi. Trente-six minutes. Encore trente-six minutes.

Elle soupira, rejeta d’un geste agacé une longue mèche venu lui balayer le visage avant de revérifier une énième fois ses dossiers. Sa plaidoirie était toute préparée, les preuves soigneusement énumérées. La jeune femme lissa sa chemise, tira sur sa veste. En quittant son petit bureau, elle eut la désagréable sensation d’échapper au couvert protecteur des arbres pour se jeter, trop visible, dans une jungle dont elle ne connaissait que trop les prédateurs. Ses épaules se redressèrent, son visage se releva. Garder la tête haute et ne pas se laisser intimider, surtout. Elle leur montrerait, à ces vedettes délinquantes et hauts personnages corrompus, qu’ils auraient toutes les raisons du monde de se souvenir de son nom. Leur ferait regretter leur arrogance, leur insupportable mépris à son égard. Mais, parce que rien de beau ne réussissait jamais sans qu’un café ne soit venu en saluer les débuts, elle prit auparavant le chemin du distributeur, un œil attentif fixé sur sa montre. Vingt-neuf minutes. Encore vingt-neuf minutes.

Noir et parfumé, le liquide coulait lentement dans le petit gobelet de carton, quelques vagues de fumée translucide flottant un instant autour du filet sombre pour disparaître en une fraction de seconde. Pensive, la magistrate l’observait sans vraiment le voir, focalisée sur l’audience qui bientôt commencerait. Les débuts étaient toujours importants : accrocher l’attention, interpeller l’auditoire, parvenir à passionner tout en restant professionnel. L’émotion n’avait pas sa place : elle laissait cela à la populace, ces réseaux sociaux soudainement transformés en tribunaux grotesques attisant haine et violence au mépris de toutes les règles de l’État de Droit. Non pas qu’elle puisse réellement considérer le Japon comme tel ; mais au moins existait-il quelques encadrements sensés et objectifs pour veiller au respect de la poignée de libertés possédées, contrairement à ce qu’offraient les hâtifs jugements du sentiment populaire. Si son adversaire voulait jouer la corde sensible, grand bien lui fasse : elle demeurait persuadée que seuls comptaient les faits purs, que ne pouvait être entendue qu’une réalité froide et impartiale. Et, dans celle-ci, Komeiji était coupable, cela ne faisait aucun doute. Chantage, menace, agression sexuelle. Rien de surprenant, pour un homme tel que le décrivait son dossier. Sans doute pensait-il naturel d’agir ainsi, parce que le monde dans lequel il évoluait le dispensait de respecter les mêmes codes que le reste des citoyens. Une position inacceptable : à cette pensée, elle sentait l’excitation de la chasse le disputer à sa nervosité. Vingt-sept minutes. Encore vingt-sept minutes.

La machine signala avoir terminé sa tâche d’une légère sonnerie : Michiko tendit la main, étendit les doigts pour se saisir du gobelet tant attendu. Trop tard. Impudent, un bras étranger se glissa dessous le sien tandis que s’éloignait l’objet de convoitise, emporté derrière elle. Elle pivota, outrée, découvrant un visage qu’elle savait devoir côtoyer pour encore plusieurs heures. Ah, ces pupilles disparates, ce visage émacié, cette silhouette élancée, elle ne pouvait que le reconnaître. Lui. Komeiji. Comment pouvait-il oser, avec une telle effronterie, lui subtiliser ainsi sa boisson alors même que dans moins d’une demi-heure, elle se tiendrait devant lui pour demander sa condamnation ? Pareille provocation ne pouvait avoir qu’une signification : il n’avait aucun respect à son égard. Et s’il était une chose que la procureure ne pouvait supporter, c’était de voir ainsi son orgueil piétiné.

- Je le suis tout autant que vous, ne vous en déplaise.

Son poing se referma sur les pièces outrageusement déposées dans sa paume et, glaciale, elle n’opposa qu’austérité à son clin d’œil presque complice. Il ne parviendrait pas à ronger ainsi sa patience, non, elle ne le permettrait pas. Elle avait travaillé trop dur son contrôle d’elle-même pour qu’une simple et puérile bravade en vienne à bout, quand bien même sentait-elle l’appréhension du procès lui coller à la peau plus sûrement qu’une combinaison de latex.

- Non merci, je tiens à ma santé.

Quelques gestes rapides et une nouvelle commande était passée. La machine, dans un ronronnement, se remit au travail, prête à distribuer une nouvelle boisson que, cette fois, elle surveillerait prudemment.

- Il semblerait que vous n’ayez toujours pas compris que vous ne pouvez pas vous servir ainsi de ce qui n’est pas à vous, Komeiji-san – et  elle ne faisait pas ici allusion qu'à ce qu'il tenait présentement en main. Je prendrai donc soin de vous inculquer cette leçon d’ici à la fin de la journée. Et à vous apprendre que certains cafés peuvent coûter très cher. D'ici là, vous devriez garder profil bas et retourner sagement auprès de votre avocat.

Quel dommage, que la chaleur de son breuvage n’ait pas brûlé son sourire vaniteux. Elle se consolait, alors, en songeant qu’à la fin de la journée, il aurait disparu pour d’autres raisons. Vingt-cinq minutes. Encore vingt-cinq minutes, avant qu’elle ne lui fasse regretter cette injure.
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le Ven 3 Juil - 3:26
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Tu la revois encore dans son bureau, lors de votre première rencontre et confrontation face à ton avocat. Elle savait très bien ce qu'elle faisait à ce moment là, un plongeon droit sans protection dans le grand bassin, celui rempli de requins. Avec toute la droiture et la fierté du dernier des condamnés, et elle l'est. Condamnée à ne pas te voir l'être, malgré ses efforts et ses réserves.

Elle en a moins aujourd'hui, moins à masquer son orgueil, sa colère.
C'est drôle à voir pour toi.

La gorgée de café qui te coule dans la gorge n'en est que plus parfumée. Elle te brûle la langue dans la précipitation, mais valait toujours le coup. Elle a un avant-goût de victoire que tu savoures d'un soupir chaud. Tu serais presque prêt à trinquer en l'honneur de ton interlocutrice, faire sauter les derniers verrous de sa contenance avant l'heure fatidique de l'audience. Égoïstement, pour apaiser tes nerfs tu plantes les griffes dans les siens.

Parce que t'aimes bien la froideur qui se dégage d'elle, comme si rien ne pouvait l'atteindre, et par pur jeu tu voudrais presque lui prouver le contraire. Qui sait si tu trouveras injure plus grande encore, que de lui dérober son précieux breuvage ?

Elle est comme cette gamine qui t'a traîné de force ici. Elle te fait penser à elle un peu, à vouloir croire que le monde s'intéressera à elles, si elles font assez de bruit pour ça. Penser pouvoir s'adapter à un monde qui s'adaptera toujours assez pour leur rester inaccessible. Ou pire encore, s'imaginer le changer.

Comme tu peux en rire.
Et comme elles sont faciles à briser, toutes, d'un simple revers de main.

Ton sourire n'en démord pas.

« Pourtant, je pourrais vous sauver beaucoup de temps en vous conseillant de rentrer vous reposer, vous me semblez fatiguée. Hm, ou peut-être qu'un peu de sucre pourrait détendre votre visage, qui sait ? »

Elle prend le déshonneur en gardant la face, tu pourrais la saluer pour ça. Du sourcil, qui se hausse à sa remarque, à ton bras qui se lève mécaniquement en réponse pour glisser le tube fin entre tes lèvres. Quand tu la regardes tu te demandes, qu'est-ce que sa santé peut bien valoir aujourd'hui, est-ce que les sacrifices pour l'entretenir ont apporté quelque chose à sa vie ? Sinon de la frustration, qui s'accumule en boule nerveuse, qu'elle veut te recracher dessus. Tu lui rends service pourtant, le café c'est mauvais pour le cœur. C'est pas comme si il t'en restait un à détraquer.

Mais tu ne lui dis pas ça. Ce serait une provocation bien trop grossière, en plus d'être vaine. Les yeux rivés sur sa main qui s'agite, repasse rapidement commande, ton sourire s'étire. C'est stupide, mais tant que le café continuera de couler, elle reste coincée ici. Et se permet d'elle-même d'enchaîner sur une remarque qui te laisse avec un éclat de rire frais.

Elle n'a aucune idée de ce qui est à toi ou pas.
Elle ne sait rien, et elle se permet. Elle ne sait pas que si tu le voulais tu pourrais l'écraser.

Elle, comme toutes celles et ceux qui viennent bourdonner autour de ton trône, que tu écrases entre deux doigts quand leurs ronronnements insignifiants deviennent un peu trop agaçants.

Bien sûr que tu te sers. Ils sont là pour ça.

« Effectivement je ne comprends pas. Être parfois un peu... taquin, ne me rends pas pour autant coupable des faits supposés, vous savez. Vous avez pourtant l'air d'avoir l'intelligence de ne pas croire tout ce que la presse peut raconter pour se faire vendre. »

T'es bien au courant de ça, c'est ce que tu fais chaque jour. Dieu seul sait combien de poison tu as versé avec ta plume, si tant est qu'il te lise. Après tout, tu veux bien te prendre parfois pour lui.
En attendant, ce n'est qu'une nouvelle gorgée de café que tu prends.

« Serait-ce des menaces ? J'ose espérer qu'une femme de votre stature ne viendrait pas à commettre ce dont elle m'accuse. »

Car ses mots à elle aussi peuvent lui coûter cher. La seule chose qu'elle ait, c'est de la chance, ta bonne humeur, et que tu veuilles pas spécialement détruire sa carrière. Ton avocat te racontait une fois, ces procureurs ou magistrats qu'il a discrédité en dernier recours pour arracher des victoires perdues. Ton envie de discrétion et d'expédier prestement l'affaire t'avait secoué négativement la tête en réponse.

« Allons bon, je me dis que vous et moi sommes partis du mauvais pied. Malgré mon respect pour votre fonction, ça me chagrine que vous ayez une telle opinion de moi. Si je peux reprendre vos mots, effectivement il y a des cafés très chers, mais aussi délicieux, bien plus que celui-ci. Une fois toute cette affaire terminée, je pourrais peut-être vous le rendre en vous en offrant un digne de ce nom ? »

Tu te rappelles de ce café français à Shimokitazawa. Probablement que tu feras un tour pour apprécier ta victoire en sortant, si tu penses encore à elle à ce moment. Tes yeux la relâchent pour retomber sur le liquide qui coule pour la seconde fois, sur le gobelet à présent bientôt rempli, et les doigts qui tiennent le tien s'agitent en un salut à son encontre.

Un mouvement de tête dégage la mèche de cheveux devant ton regard, amorce un demi-tour leste avant que la machine ne termine, puis les premiers pas vers la sortie.

Il faut dire que tu étais vraiment pressé, après tout.
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Cappucino et Micchiato Fatiguée de le supporter, oui. Il avait beau jeu de souligner l’existence de ses cernes alors que ses agissements en étaient parmi les principales raisons. Elle avait travaillé ardemment sur ce dossier, comparé, recherché, recoupé les sources. Ses nuits s’étaient faites de plus en plus courtes à mesure que le temps passait, alors qu’elle comprenait avec davantage d’acuité qu’elle n’aurait guère d’aide mais plutôt des obstacles. Aucun de ses aînés n’avait jamais pris le temps de lui proposer son assistance – mais peut-être était-ce qu’ils savaient déjà qu’elle les aurait froidement rejetés. Individualiste ou indépendante : les regards variaient, mais le fond demeurait le même alors qu’elle n’aspirait qu’à mener seule ses propres combats. Le travail d’équipe ne lui avait jamais réussi et peut-être était-ce pour partie pour cela qu’être procureure la satisfaisait pleinement : sans être vraiment seule, elle n’en menait pas moins sa barque relativement à sa guise. Il n’était pas question de laisser ces années d’étude gâchées par un vaniteux individu qu’une gloire temporaire avait trop vite éblouie. A sa proposition, elle ne répondit qu’avec hauteur.

- Je vous remercie pour votre sollicitude mais j’ai encore bien assez d’énergie pour aujourd’hui, ne vous inquiétez pas.

Pour aujourd’hui, pour le lendemain, pour le surlendemain. A grand renfort de caféine, certes – du moins quand on ne lui volait pas impunément sa tasse – mais elle avait suffisamment de combativité pour consacrer sa vie à son travail. A dire vrai, plus il souhaiterait la décourager ou l’humilier d’une quelconque façon que ce soit et davantage elle se montrerait pugnace. Ce jour-ci ou un autre : elle n’avait guère pour habitude d’oublier, moins encore de pardonner. Chaque offense se payait inévitablement, tout comme le moindre écart se devait d’être sanctionné. Qu’importait ce qu’il prétendait à ce sujet, elle ne doutait pas un instant qu’il s’agissait d’autre chose que de « taquinerie ». La presse avait pu être sévère à son égard mais, pour une rare fois, peut-être était-ce justifié. Et pourtant, elle n’avait à l’égard du domaine journalistique – celui-là même qui recelait tant de chiens enragés à la recherche de la moindre proie aisée à mordre puis déchiqueter – qu’une infinie méfiance mâtinée de mépris. Quelle offense c’était lui faire, que seulement la soupçonner un instant de croire en ces monticules d’absurdités haineuses, où l’argent et le scandale valaient tous les sacrifices et surtout ceux des plus fragiles ?

- Non, en effet, je ne me fie pas à la presse, seulement aux faits tels que les enquêtes les ont objectivement rapportés. Si ce n’était pas le cas, ni vous ni moi ne serions ici et l’enquête aurait déjà été refermée.

Un regard méprisant pour ponctuer sa phrase, tandis que la magistrate lui expliquait tel à un enfant ignare la raison de sa présence en ce tribunal. Elle n’aurait certainement pas demandé davantage aux enquêteurs si les informations recueillies ne lui avaient laissé la conviction qu’il avait beaucoup à cacher puis, une fois constitué le dossier, assez d’éléments à charge – davantage qu’à décharge – pour le déférer devant la juridiction compétente. L’un de ses aînés lui avait conseillé, à demi-mots, de ne guère trop chercher à creuser, peu s’appesantir et plus aisément fermer les yeux sur ce qui pourrait apparaître compromettant. Les stars, présentes, déchues ou en devenir, étaient toujours « de vraies plaies » pour les magistrats, pour reprendre ses propres termes. Aux vues des infractions reprochées, Michiko avait pourtant estimé qu’il n’y avait aucune raison de le laisser ainsi lui échapper. La gloire et le pouvoir ne devraient certainement pas être sources d’impunité ; le simple fait qu’il lui soit ainsi conseillé de ne pas davantage l’importuner ne faisait qu’éveiller ses instincts de chasseresse et, avec lui, le désir brûlant de le saisir à pleine gorge pour l’achever.

- Une menace de prouver votre culpabilité n’en est juridiquement pas une.

En apparence sereine, c’était doctement qu’elle le reprenait sur ses propos, aspirant à rétablir immédiatement la vérité et l’arrêter avant toute vaine plainte. Inutile de poursuivre ainsi en conflits superflus alors que dans quelques poignées de minutes, ils auraient bien assez pour s’opposer, fusse par l’intermédiaire de son défenseur. Lui semblait si confiant de la sortie de ce procès qu’il osait même lui offrir ce café litigieux qu’il ingurgitait impunément devant elle… Pour toute réponse, un « Avec plaisir » sec, alors qu’attendant de récupérer enfin son précieux breuvage, elle l’observait s’éloigner tranquillement. Ses prunelles mauves attrapèrent sa silhouette, la photographièrent rapidement pour s’assurer de ne jamais l’oublier, ni dans cette vie ni dans une prochaine.

La machine signalant d’un bruitage discret la fin de sa distribution de boisson, Michiko récupéra son breuvage délicatement – non sans s’être assurée que personne ne viendrait le lui voler – tout en s’interrogeant sur la raison de l’assurance de son interlocuteur trop vite éclipsé. Que cachait-il donc, pour sembler si certain de ne rien craindre ? Perdue dans ses pensées, ce fut la sonnerie de son téléphone qui l’incita à rejoindre à son tour l’extérieur, répondant rapidement à son épouse plus anxieuse qu’elle pour ce premier procès d’importance en vue ; à se demander laquelle s’en trouvait être la magistrate. Un instant plus tard, son amie dûment rassurée, la juriste raccrochait pour savourer une gorgée légère de sa boisson brûlante, observant calmement les alentours. Son regard clair épingla celles disparates de Komeji et elle le rejoignit calmement, l’interrogeant tout en observant distraitement le allées venues des visiteurs et professionnels du palais de justice.

- Qu’est-ce qui vous rend si certain d’être acquitté ?

La curiosité revenait, galopante, alors que son inexpérience ne lui permettait pas de comprendre l’ampleur de l’affaire et qu’elle n’aspirait qu’à davantage saisir ce qui lui offrait une telle confiance en sa victoire. Il n’était certes pas le premier, à démontrer une belle assurance en son innocence, mais sans doute était-ce le premier dont la nonchalance tranchait autant.
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le Mar 22 Sep - 3:33
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C'est fou comme ça t'amuse.

De la voir répondre à tes provocations, froncer les sourcils pour lisser l’ego froissé.
Tu devines le poison muet distillé dans ses mots, les injures muselées par son professionnalisme, et les nerfs hérissés en bouquet de ronces. L'arrogance des impunis fait fleurir la nonchalance dans ton sourire, et le dédain face à son mépris serait presque perceptible dans ton sillage. À croire que jusqu'à la dernière seconde tu as décidé d'être odieux.

Pousseras-tu réellement le vice à l'inviter une fois que tout ceci sera terminé ? Dans tes plans à court terme, rien de ce que tu as prévu n'a le moindre rapport avec ce procès, comme si tu voulais déjà l'enterrer avant même qu'il ne commence. Il faut croire que c'est ta curiosité qui l'emporte, toujours, celle de savoir si elle rentrera dans le jeu. À quel moment elle décidera de l'arrêter -à défaut de pouvoir t'arrêter.

Probablement que ton avocat te tuerait.
Rien que d'oser lui parler juste avant l'audience, jusque cette audace à réclamer les prolongations.

T'as juste pas conscience combien tes écarts téméraires auront des conséquences. Tu agis et tu te sers, impulsif, tu imposes autant que tu disposes, car elles ne sont pour toi que des poussières qu'on balaye. C'est même étonnant tout ce que tu as pu faire par toi-même, malgré tous tes moyens et possibilités de déléguer qui s'offrent d'eux-mêmes à toi. Tu te sens même plutôt responsable de tes actes, t'occupant de les régler en les nettoyant proprement.

On dit que tout se paye.
Que plus tard, tout fini par tomber, qu'on récolte ce qui est mérité.

Toi, tu dis que t'as déjà payé.

T'as trinqué sans rien avoir demandé, payé à crédit le karma de toute une vie.

Puis tu refuses de croire qu'une gamine vulgaire à la voix portée par cette procureuse sera celle qui signera ta chute. Et tu as encore bien à faire avant de simplement l'accepter, ton père vivant, tes plans pour lui arracher tout ce qu'il a construit et t'a pris son les seuls engrenages qui permettent d'animer ta carcasse. Alors effectivement, tu as bien d'autres choses à faire que de perdre tes précieuses années enfermé dans une cellule.

En poussant la porte vers l'extérieur, tu revois encore son visage pâle et pointu croisé plus tôt, remuant une nausée haineuse au fond de l'estomac. Même la gorgée de café que tu prends peine à détendre assez ce nœud pour couler. Un regard t'épingle, puis un autre, tu te décales. Adossé derrière un pilier et caché des quelques personnes rassemblées derrière, tu coinces une seconde cigarette entre tes lèvres pour aspirer les dernières bouffées avant l'audience. T'as pas envie de penser à Akisada. Tu peux juste pas t'empêcher.

Alors quand t'entends un bruit de talon s'approcher, tes yeux remontent aussitôt pour apostropher la silhouette impudente qui te rejoint.
Elle ne pourra plus dire que c'est toi qui vient l'embêter, maintenant.

Pourtant, à sa question presque innocente, tu lui offres un sourire doux.

« Oh, vous savez... au fond, je n'en suis absolument pas certain. »

Et tu ponctues ton affirmation par une exclamation d'un amusement gêné. Tu ne lui mens même pas totalement pour le coup, ton avocat lui-même a grogné maintes fois que vous ne pourriez avoir une certitude de victoire que si tu le laissais faire à sa guise. Mais en plus du tapage qu'il pourrait provoquer, ça impliquait aussi de le laisser un peu trop fouiller là où tu ne veux voir personne.

« Mais je dois garder la face, car il y a des gens qui m'attendent et comptent sur moi. »

Même toi tu ne saurais évaluer de combien tu dois forcer ton air affecté, ou s'il ne suffisait que de poser sur tes traits l'honnêteté de tes anxiétés, en lui laissant le libre choix de les relier avec tes paroles.

« Si je vous disais que je suis innocent, bien évidemment que vous ne me croiriez pas, c'est bien là votre fonction et je la respecte. J'aime cependant aussi croire en notre système judiciaire, qui saura reconnaître un innocent quand les preuves des deux côtés lui seront présentés. »

Ton visage se tend en l'air pour cracher un filet de fumée dans le vent, tâchant de l'éviter soigneusement. Ton autre main remue le gobelet criminel, agite les dépôts poudreux retombés au fond, avant d'en boire une dernière gorgée.
Ton sourire s'étire. Il paraîtrait presque avenant pour celui qui te connait, toi et ceux que tu déverses habituellement au quotidien.

« Et s'il fallait pour ça commencer par vous présenter mes excuses, je vous prie de bien vouloir les accepter. »
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Cappucino et MicchiatoCette honnêteté, elle ne s’y attendait guère. Loin de l’arrogance bravache, loin de l’insolence méprisante, il se faisait soudainement sincère, rejetant au fossé ses faux-semblants et grimaces provocantes. Elle en était presque triste, de cet aveu. Elle en était presque déçue, de cette confession. Il lui semblait alors qu’ils partageaient la même assurance de façade, quoique l’homme qui lui faisait face avait sur ce point certainement davantage d’expérience qu’elle. Accusé, accusateur : ils étaient pris au piège de la même tension, ils subissaient les mêmes regards, ils se réfugiaient derrière le même bouclier d’orgueil. Elle en avait été prévenue par ses collègues pourtant. Il demeurait cependant difficile à la jeune femme d’appréhender pleinement ce que ces nombreux journalistes signifiaient, ce que ces toutes voix si bruyantes chuchotaient en approchant de l’imposant bâtiment. Garder la face, qu’important son âge, qu’important son sexe, qu’important le maigre bagage d’expériences qu’elle transportait, c’était là le crédo de sa vie professionnelle, ce jour plus qu’aucun autre.
Hélas, il en venait déjà à ruiner ce brève intermède sincère, reprenant plutôt ses airs de victimes, se drapant encore dans ses airs de martyr. Mais qu’ils étaient agaçants, tous autant qu’ils étaient, à ne la prendre que pour la méchante voulait trancher des têtes, tel un impitoyable bourreau prêt à sacrifier cent innocents pour arrêter un seul coupable. Combien de fois devrait-elle le dire, en quelles lettres d’or ou de sang devait-elle l’écrire, pour qu’enfin entre dans la tête de ces néophytes que si elle enquêtait, c’était en parfaite impartialité, autant à charge qu’à décharge ? Exaspérée, elle noya sa contrariété dans une gorgée de café, observant d’un œil figé les allers et venues insistantes sur les allées de l’avant du tribunal.

- Pour le café, je les accepte. Pour le reste, ce n’est pas à moi qu’il faut les présenter.

Quelques excuses pour des corps souillés, pour des âmes fissurées, ce ne serait jamais assez certainement. Mais des victimes en tant que telles elle s’en moquait ; triste réalité mais ce n’était pas là son travail. Surtout, il lui fallait prendre soin de l’écarter de la société, de le museler avant qu’il ne morde de nouveau. Elle soupira doucement, souffla un nuage de vapeur chaude qui s’éclipsa rapidement vers le ciel gris de l’hiver.

- Vous avez conscience, certainement, que si nous en sommes là c’est que mes dossiers sont suffisamment importants pour que je ne crois nullement en votre innocence. Vous pourrez gaspiller toute votre salive en vaines jérémiades que cela ne me convaincra pas davantage.

C’était dit sans agressivité aucune, prononcé plutôt sur le ton de l’évidence. Ne pas leur faire perdre leur temps avec d’inutiles prétentions auxquelles elle ne croirait jamais, trop certaine de ce qu’elle avançait. La justice nippone était ainsi faite que rares étaient les affaires s’achevant devant le tribunal, car le procureur s’assurait toujours d’avoir un solide dossier. Le taux de réussite était grâce à cela exceptionnel, car l’ombre recouvrait tous les autres cas. Il fallait maintenir un semblant d’efficacité parfaite, garantir la réputation du système. Leur présence à tous deux signifiait donc bien évidemment que la magistrate avait suffisamment de preuves à soumettre pour être confiante dans le verdict. Seule omission dans son assurance : dans son équation d’élève modèle sortant depuis peu de l’école, elle omettait une inconnue pourtant majeure. L’importance du pouvoir, celui du nom comme celui monétaire.
Un regard à sa montre et elle le saluait, s’éclipsait déjà vers la salle d’audience, désireuse de prendre ses marques avant que ne s’ouvre l’audience. Avec, au fond du cœur, l'espoir farouche que leurs routes brièvement croisées demeureraient à présent soigneusement éloignées.
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le Jeu 5 Nov - 18:27
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Tu la fixes un moment, elle et son air décontenancé posé sur son joli visage en forme de cœur, sa silhouette découpée par les mèches claires tombant devant tes yeux. Quand la politesse aurait dû te faire ciller depuis quelques secondes déjà, c'est tes épis qui interrompent ces œillades curieuses, presque un peu voyeuses. Elle te donne l'impression d'être aussi perdue dans ses pensées que toi. Un instant même, tu te demandes ce à quoi elle peut penser. Alors que dans moins d'une dizaine de minutes vos deux carrières vont jouer aux équilibristes sur la même balance.

Son agacement, tu l'accueilles avec une moue amusée, presque identique à celle que t'as eu devant la machine à café. Tu peux pas t'en empêcher hein, de trouver un certain réconfort réjouit dans ses sourcils froncés et soupirs frustrés.

Faudrait pas que tu tires sur cette corde déjà bien assez tendue.

« Oh, ne vous en faites pas, je conserve ma salive pour plus tard. Ce serait dommage de vous gâcher maintenant la surprise, vous ne pensez pas ? »

Ton évasif enroulé dans les mots qui s'envolent avec la fumée de ta dernière bouffée de cigarette. D'un haussement d'épaule, t'as effacé toute trace de tes sarcasmes et moqueries, définitivement enfouies sous ton sérieux qui semble enfin reprendre contenance. À sa tirade fière et droite tu n'as lâché que cette réponse qui n'en est pas une, pour lui rendre un salut léger et poli, demi-sourire aux lèvres. L'au revoir muet qui promet déjà de se revoir bientôt, peut-être pour plus longtemps qu'elle n'espère ou ne croit.

▼ ▼

Le bâtiment aurait pu te paraître bien plus beau, aujourd'hui. Beaucoup plus calme et moins peuplé que lorsqu'il te fallait encore faire ces allers-retours éreintant. L'euphorie première de l'annonce du verdict avait déjà été soufflée, assez violemment pour pouvoir sentir maintenant, cette pointe de malaise au fond de toi en constatant que ces couloirs commençaient presque à te devenir familiers.

Il t'aura fallu bien peu de temps, avant que tu ne relègues déjà cette histoire au second plan. C'est passé, c'est fini, il ne reste plus qu'à balayer et épousseter les dernières miettes qui t'entachaient. T'as bien plus important à faire à présent. Bientôt, t'auras enfin la place que t'aurais toujours dû avoir dans les bureaux de ton père.

Bientôt, t'auras ces bureaux. L'immeuble, le magazine, tout ton héritage enfin restitué.

C'est tout ce qu'il te reste, maintenant.

Tu claques la porte du bureau où ton avocat t'as fait signer les derniers papiers comme on fermerait une boîte qu'on s'apprête à enterrer. Tu voudrais avoir plus rien à faire ici, mais il te dit encore d'attendre, pour te rendre le dernier dossier. Alors qu'il se bouge de lui-même et ne viennent te l'apporter, tu l'attendras dehors. Tu le fuis lui, le regard et les échanges avec ses collègues et confrères, qu'à chaque couloir tu évites. Ils te regardent tous comme si tu avais gagné, comme si tu conservais tout ce pour quoi tu t'étais battu ces derniers mois. Certains te félicitent au passage, d'autres ne se contentent que de toiser ton dos avec un mépris plus ou moins dissimulé.

Toi, t'as tout perdu dans cette affaire.
Ils ne le savent pas, personne ne peut le savoir.

T'as perdu ta Kayoko, et c'est un peu comme si t'avais perdu la vie.

Alors t'aurais pu parader et te pavaner entre ces murs, mais tu restes muet, froid. Et seul, terriblement seul. Toi qui ne vis pourtant que pour être entouré, te voilà à vouloir couper court au monde tout autour. Tes pas te porteraient presque au hasard, suivent par réflexe inconscient ce même trajet que tu as pris pendant toute une semaine entre chaque interlude de ton audience, revenant ironiquement sur les lieux premiers du crime envers la procureuse. La pauvre a vu son argumentaire être noyé sous la verve empoisonnée de ton avocat. Et toi qui te pensais de bien peu de limites et morale, ce cliché de véreux en costard-cravate n'a strictement rien à t'envier.
Fuyuka en a fait les frais, l'exemple parfait et injuste du mauvais endroit au mauvais moment.

Morne, ton doigt glisse une pièce dans le distributeur, lorsque tu prends conscience de l'endroit où tu es arrivé. Mine lisse et occupée, ton regard se détourne des quelques pas qui vont et viennent autour de toi.

Bientôt, oui, très vite. Tu pourras enfin tout oublier.
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Cappucino et MicchiatoDe mauvaise humeur, elle tapota d’un geste agacé sur le rebord de son bureau noir, fixant son écran de ses prunelles réfrigérantes comme s’il pouvait faire disparaitre l’objet de son mécontentement. Depuis plusieurs jours que le procès Komeiji était terminé, la jeune femme se sentait intensément contrariée. Humiliée, simplement, par cet échec cuisant et trop retentissant.  Les dernières affaires confiées, hélas, n’étaient toutefois en rien palpitantes. Se voir ainsi reproché son inconscience, son inexpérience, son arrogance, alors même que toutes les strates avaient donné leur accord… Elle ne devait de garder son poste que « grâce » aux médias qui, en la présentant comme novice, avaient retourné sur son supérieur direct la responsabilité. Bouc émissaire tout désigné pour venger l’honneur de la justice nippone mise en cause, il avait donc été très discrètement écarté du système… sans qu’elle ne sache vraiment à quel point sa carrière était désormais vide de sens. Michiko ne l’avait jamais très apprécié et pourtant, elle s’était sentie réellement heurtée de découvrir combien rien de tout cela n’avait de sens. Comme si elle avait été invitée à jouer une partie dont l’issue avait déjà été déterminée, un jeu dans lequel jamais elle n’avait eu la main. Ils le savaient, tous, ils le savaient et s’en doutaient mais n’avaient en rien cherché à en venir à bout, de cette corruption dont ils avaient pleine conscience, de cette prétendue chance qui n’en avait que le nom. Ils l’avaient laissé aller jusqu’au bout, s’en amusant peut-être en grands seigneurs observant d’un œil morne la petite mouche s’enliser dans la toile d’araignée qu’eux-mêmes avaient contribuer à tendre. Le but, de tout cela, elle l’ignorait. Elle ne s’en sortait elle-même si bien que grâce à l’appui inattendu d’un magistrat respecté, l’un de ses anciens enseignants, dont elle louait l’intervention.  Mais ses derniers dossiers… mâchoires crispées devant le procès-verbal policier, elle soupira, termina d’étudier les documents. Que pouvait-elle faire, avec si peu d’éléments matériels ? Paroles contre paroles et sans rien pour confirmer le harcèlement de cette employée, la jeune femme ne pouvait aller plus loin. Les auditions n’avaient rien donné, la confrontation n’avait rien changé. Aucun témoin, aucune marque physique, quelques messages ambigus qui ne pouvaient justifier d’aller plus loin… Elle devait se montrer prudente désormais, alors que sa carrière se balançait doucement sur un fil acéré. Un mauvais pas et elle chuterait, rejoindrait sitôt son aîné renvoyé dans les tréfonds d’un tribunal de campagne… Secouant la tête pour elle-même, elle prit les dispositions pour classer sans suite la procédure, s’octroyant enfin une pause rapide alors que ses yeux cernés brûlaient de trop faire face aux écrans.

Frustrée, la magistrate se leva, s’arrêta un instant pour s’entretenir avec son secrétariat, déposa quelques documents avant d’en récupérer d’autres qu’elle feuilleta brièvement. Elle ne pouvait s’estimer proche de son équipe – elle aimait à séparer travail et personnel – pourtant ils avaient fait montre durant la semaine d’un soutien chaleureux qu’elle appréciait en silence. Aussi lorsqu’elle s’éloigna pour redescendre au service du greffe, ce fut un peu soulagée de sa mauvaise humeur qu’elle prit instinctivement le chemin de la machine à café, l’image d’une tasse chaude et fumante flottant avec délice à la lisière de son esprit. Bien vite, pourtant, elle sentit revenir au galop son mécontentement, alors que ses prunelles éviscéraient la silhouette longiligne qui se tenait devant l’objet de sa convoitise.  Ne venait-il que pour la narguer, lui qui quelques minutes avant l’audience avait affirmé avec tant d’aplomb le verdict d’innocence. Son avocat avait déjà tous les pions en mains, elle le comprenait désormais. Le comprenait trop tard, enfant découvrant brutalement la réalité de la vie, confrontée soudainement à ses propres désillusions. Elle lui en voulait, de cette victoire. Pas à son avocat – quoique si, aussi – mais à lui surtout. Pour être venu ainsi la narguer, pour l’avoir autant humiliée. S’il n’existait pas, s’il n’avait pas perpétrer tous ces actes dont elle le savait pertinemment responsable, s’il ne s’était pas servi honteusement de sa position pour échapper à toute responsabilité, alors rien de tout cela ne serait. Amère, Michiko s’approcha malgré tout, n’ayant aucun désir de faire demi-tour. D’un pas souple, elle s’approcha de l’homme qui faisait patiemment couler le breuvage source de leur dernier échange hors audience.

- Vous me l’offrez, j’espère.

Visage impassible malgré la rancœur qui glissait dans ses veines lorsqu’il se retourna, elle le dévisagea un instant, grava chacun de ses traits dans son esprit. Pour toujours se souvenir, surtout, de ce qu’il était, de qui il était. A travers lui, elle avait appris une leçon, une leçon bien lourde à digérer mais une leçon essentielle. Elle ne l’oublierait jamais, c’était certain. Dans un an ou dans dix ans, ils se reverraient. Et cette fois, elle serait infiniment mieux préparée.

- Vous m’en devez un, Komeij-san. Digne de ce nom, avez-vous-même dit, mais de votre part je ne sais si c’est véritablement gage de qualité.

Dans la pointe de mépris se glissait son ressentiment, tandis qu’avec une certaine satisfaction elle notait qu’en dépit de sa victoire quelques jours plus tôt, il semblait davantage éteint. Où était-elle donc passée, l’étincelle d’arrogance qui flottait en ses yeux ? Elle se sentait curieuse, désormais, de savoir ce qui le rongeait ainsi, alors qu’elle l’étudiait pensivement. Doutait, surtout, qu’il puisse s’agir là de remords. Les êtres comme lui, sûrement, ignoraient même le sens de ce mot.
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le Mer 2 Déc - 3:46
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« Hm ? »

Une voix lointaine te tire hors de ta propre tête. À l'intérieur, une véritable tempête. Maelstrom confus de toutes ces pensées contradictoire qui t'assènent, la colère envers ton paternel, la douleur ineffable de la perte, la colère d'avoir vu ta sœur te quitter, la satisfaction de voir ta carrière décoller. Et la colère envers toi-même, la colère partout, tout le temps. Véritable rage interne bouillonnant jusqu'au bout de chaque veine.

Alors cette petite voix perchée t'énerve.
Ce ton hautain et suffisant que tu entends sans écouter t'énerve.

Et avec le plus grand calme, ton visage se retourne lentement. Oh,

qui aurait cru la revoir si vite.

La surprise hausse tes sourcils un peu plus haut que tu ne l'aurais cru. Peu à peu, ton esprit fait marche arrière pour tenter de comprendre ses mots qui t'ont interpellés. Car son regard lui, t'épingles sévère, froide inquisition juchée sur ses principes et sa fierté. Depuis la fin du procès, elle n'a toujours pas changée non, fidèle à elle-même. Elle devrait pourtant se cacher, après sa défaite face à toi.
T'as un rictus amusé.
Court, il meurt aussi vite qu'il est arrivé.

Au moins elle réussit toujours autant à t'amuser.

« Veuillez m'excuser, oui ..? »

La voilà qui d'elle-même enchaîne, t'épargnes l'inconfort de lui dire que tu n'écoutais pas. Et te voilà soudainement bien pris par l'attention portée à sa proposition, bien que l'étonnement face à l'incongru te fasse un instant cligner des yeux.

« Oh, je suis ravi que vous ayez commencé à apprécier ma compagnie au point de vouloir maintenant la prolonger. »

Le bruit indiquant que le gobelet est prêt résonne derrière toi, tu hoches la tête à son encontre avant de le saisir sans baisser les yeux sur ce que tu fais, comme si tu étais bien plus préoccupé par le fait de peser le pour et le contre de ce qu'elle te dit. Le café fumant roule dans le carton, agite la poudre qui peine à entièrement se dissoudre, il est vrai qu'il serait confortable de l'échanger pour un de bien meilleure qualité.

« ... mais si vous ne buvez que ce produit reconstitué, je doute qu'effectivement vous ne fassiez la différence entre un vrai café et un excellent café. »

Murmuré à toi-même et à ta tasse, bien plus qu'à ton interlocutrice. Mais tu te reprends, en la regardant à travers tes cils.

« Vous êtes étonnante tout de même, Miss Fuyuka. Après avoir passé tout ce temps à décrire avec toute votre verve cette vision déplorable que vous avez de moi et de ma vie, que le juge a bien reconnu qu'il s'agissait là d'une honteuse mascarade destinée à me nuire, vous vous tenez toujours debout droite devant moi à vous comporter comme si j'étais le dernier des délinquants ? »

T'as fait un pas vers elle en parlant, sans être menaçant, mais tes prunelles ne l'ont pas lâchée, n'ont même pas cillé. T'es à fleur de peau, t'es à cran. À chaque instant prêt à vriller, à éclater, sans avoir même la volonté réelle de te contenir. T'as envie d'exploser chaque jour, de te trouver une raison pour. Sinon, tu t'oublies dans un ailleurs de concupiscence, fuyant sobriété et réalité.

Tu prends une inspiration légère, expiration brève. Et tu souris.

« Vous n'hésitez pas, c'est vrai. Ça pourra vous mener très loin, dans votre vie... ou à votre propre perte. Tout dépendra de vos choix, je suppose. Hm. Tout comme il est aussi vrai que votre cran me plaît, je dois vous avouer. J'aime les personnes qui vont jusqu'au bout de leurs idées. Ceci dit, voyez-vous, je pense avoir passé bien assez de temps ici à me faire mépriser. J'espère que vous comprendrez que je ne souhaite pas vraiment prolonger la séance. »

Qu'est-ce que tu peux parler pour une simple provocation, Yuu.
Qu'est-ce qu'il se passe, t'as perdu ta contenance, ton habituel flegme indifférent ?

Tu te redresses et fais un pas de côté, avant d'épingler du coin de l'œil l'assistant de ton avocat semblant chercher quelqu'un. Après un rapide signe de tête à la procureuse tu t'avances vers lui, sans attendre la réponse ou lui signifier que la conversation est terminée. Tu feuillettes le dossier qu'il te tend, vérifie chaque page, avant de prendre enfin congés de lui, et de tout cet endroit.
Long soupir le refermant.

C'est enfin terminé.

Le début d'un sourire sincère et soulagé a même le temps de s'attarder quelques secondes sur tes lèvres.  
Avant de repartir, tu te tournes une dernière fois vers ton interlocutrice que tu n'avais pas oublié.

« Alors, aurais-je le droit à une meilleure compagnie, pour accompagner un bien meilleur café ? »
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le Mer 30 Déc - 22:38
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Cappucino et MicchiatoSilencieuse, elle le dévisagea en se demandant comment il pouvait, simplement, imaginer qu’elle ait pu apprécier sa compagnie ; pire, qu’elle ait pu volontairement rechercher celle-ci. Il se trouvait devant la machine à café, venant obstruer l’accès à son précieux breuvage, osait ensuite venir la mettre en défaut. Aurait-elle dû s’éloigner en l’apercevant, l’ignorer, faire profil bas pour le satisfaire ? Sa fierté lui interdisait de baisser la tête d’une quelconque façon que ce soit, de faire preuve du plus petit soupçon de faiblesse devant qui que ce fut – et plus encore un adversaire. Cette défaite s’avérait déjà bien amère sur sa langue ; trop amère à accepter. Ce serait une tâche noire sur son parcours professionnel, aussi jeune et débutante soit-elle, une tâche qu’elle devrait prendre soin d’écarter au mieux au profit de brillantes victoires si elle désirait pouvoir avancer posément sa carrière. Et elle n’oubliait pas, surtout, qu’il l’avait offensé juste avant l’audience, de la plus grossière des manières. La machine à café semblait finalement être inévitable point de rendez-vous entre eux…

- Vraiment ? Ai-je à quelconque moment que ce soit remis en cause la sentence prononcée, en vous parlant café ?

L’œil teinté de dédain devant ces lamentations affichées, Michiko le laissa approcher sans bouger. Qu’il puisse penser l’impressionner ou l’intimider de la sorte était risible, tout comme l’était son avis sur elle-même. Avait-elle jamais prétendu vouloir qu’il approuve, ou non, ses choix, sa vie, son caractère ou sa personne toute entière ? S’il lui fallait rechercher l’acquiescement de chacun des individus dont elle voyait le nom sur ses dossiers, cela n’aurait aucun sens de les poursuivre. Elle qui se moquait bien de celui de ses proches… Elle n’accordait pas plus d’importance à son avis que de crédibilité à ses plaintes sur l’acharnement injustifié qu’il prétendait subir. Elle n’était certainement pas la bonne personne à tenter d’attendrir, alors même que c’était la conviction de sa culpabilité qui les avait menés si loin. Sa voix se chargea d’un mépris doucement amusé tandis que désabusée, elle acceptait volontiers qu’il s’éloigne.

- Vous n’êtes pas acteur pour rien. Mais bien évidemment, je ne vous retiens nullement.

De même qu’elle n’avait en aucun cas demandé un monologue de sa part – moins encore sur un tel sujet – elle n’attendait en aucun cas de lui qu’il reste à ses côtés alors que le café sélectionné s’écoulait doucement. Du coin de l’œil, elle l’aperçut qui s’éloignait un peu, engageant la discussion avec un tiers individu, se plongeait dans la lecture d’une pile de feuilles. Qu’il parte, qu’il s’éloigne, elle n’oublierait pas pourtant. S’il fallait tomber pour apprendre, alors soit. Et lorsqu’elle en aurait l’opportunité, elle se rappellerait à son bon souvenir. Ce qu’il pensait être le passé lui reviendrait un jour avec force ; le loup blessé sait patiemment attendre que sorte sa proie pour lui briser enfin la nuque. La machine sonna, sa main se tendit sans interrompre le flot de pensées. Recueillit, machinalement, le précieux breuvage, avant qu’une voix ne vienne s’immiscer dans son esprit concentré.

- Alors, aurais-je le droit à une meilleure compagnie, pour accompagner un bien meilleur café ?

Surprise de la proposition, la jeune femme releva la tête, laissa ses iris mauves voguer jusqu’à son interlocuteur qu’elle étudia un instant. Elle l’avait estimé déserter les lieux après avoir pris congé un instant plus tôt, s’éloignant sur une dernière note dramatique. Pourtant il était encore là, l’invitant à se joindre à lui. Pourquoi ? La curiosité la rongeait alors qu’elle s’interrogeait sur ce qui pouvait motiver l’homme à pousser plus loin cette rencontre. Une étincelle moqueuse dansa dans ses yeux alors qu’elle le fixait avec hauteur, sa propre tasse en main lui brûlant le bout des doigts.

- Vous préférez donc vous faire mépriser dehors ? A votre aise.

Elle savait qu’elle aurait dû refuser, garder prudemment ses distances. Mais au-delà du refus buté de paraître le fuir, elle voulait savoir ce que dissimulait cette proposition. Comprendre, aussi, quelle avait été son erreur, ce qu’elle avait manqué pour se trouver ainsi perdante dans son dossier. Après tout, il ne pourrait guère lui nuire davantage ; elle ne perdait rien à accepter. Le suivant donc, ils sortirent du tribunal pour pousser à peine quelques pas plus loin la porte d’un salon de thé infiniment plus paisible. Se glissant sur le siège de la table choisie, la procureure croisa les mains sur la table, reprenant avec la même rigidité que celle qu’il lui connaissait désormais :

- Que me vaut donc cette invitation ? J’espère que vous n’imaginez pas que j’oublierais ainsi l’outrage que vous m’avez fait hier.

Les outrages, aurait-elle dû dire. Car s’il avait cette idée, il lui faudrait rapidement comprendre qu’elle avait la rancune tenace.
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#11 —Re: Cappucino et Micchiato
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