Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 200803042355296862
Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 1GdvXk1

— Just Married —

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Karl Abel Ástþrúðurson
« Qui n’est jamais tombé n’a pas une juste idée
de l’effort à faire pour se tenir debout. »
Informations générales
Nom :Ástþrúðurson
Prénom.s :Karl Abel
Âge :35 ans - 14 février 2077
Genre :Greygender
Origines : Islando-japonaise
Activité :Soigneur animalier - Patron associé du refuge La Ménagerie.
Sexualité :Il était pansexuel, maintenant il se dit asexuel pour éviter les explications.
Avatar :OC de Lenôf (moi)
Réglement : -
CheminOuuuh... on parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre.
Autre :Je m'excuse d'avance auprès des modos Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 4158426957
Physique
Sa voix. C’est ce qui fait qu’on lève les yeux sur lui. Sa voix, elle a comme un accent d’aventure. Karl est étranger et ça s’entend. Pas qu'il ne sache pas parler japonais, non, il le maîtrise parfaitement. On y entend ces accents de par-delà les mers. Pourtant ça ne suffit pas à faire lever les yeux vers lui ; il a une voix claire et agréable, elle est aussi douce et accueillante, mais il y a plus. Cette solitude peut-être.

Lorsque les yeux se lèvent vers lui et on est captivé par les siens. Vairons, ils sont particuliers, l’un bleu, l’autre ambre ; pour lui, ils sont tellement habituels qu'il ne se rend plus compte de leur singularité. Ses yeux sont toujours fatigués et cernés, mais d’une intensité qui captive. Il n’a pas conscience de combien ils peuvent être intéressants. Il essaie de s’effacer trop souvent, de se faire discret, et il y parvient, on ne sait trop comment.

Il a les cheveux verts comme la nature. À la base, il était blond, car parfois, quand il se baisse, on voit tes racines, si on ne compte pas les poils de sa barbe. Ils sont longs sur le sommet de son crâne de piaf démesuré, et rasés sur les côtés. Il ressemblerait presque à punk s'il s’habillait dans le bon registre. Mais là, il ressemble à ce qu'il est, un gentil hippie avec ses zoris. Il doit être un peu daltonien vu le mélange affolant de couleurs que comportent ses tenues souvent larges comme pour le protéger, tout comme la multitude de couches de tissus qu'il enfile lui donnant une allure à la fois classe et dépareillée.

Karl est immense. Il est une montagne, douce et rassurante. Ses épaules sont moins larges que le laisserait présumer sa taille. Certains le traiteraient de malingre, il est juste constitutionnellement maigre. Il doit faire quoi ? Deux mètres ? Deux mètres d’os et de muscles qui n’ont pas voulu fondre malgré les mauvais traitements qu'il leur fait subir.
C'est un putain de con de végétarien. De ceux qui mange plus de légumes que de ce qui pourrait le remplumer. Ce n’est pas par choix éthique, mais il a la viande en horreur. Mais si ce n'était que ça. Son corps ne supporte pas le lait et le gras le dégoûte dès qu'il y en a légèrement trop à ses yeux. Par contre le sucre, ça va. Il faut mettre du sucre partout si on veut qu'il prenne quelques kilos.

Il a un on ne sait quoi qui fait qu’on se sent à l’aise avec lui, cette douceur peut-être ? Son visage carré aux joues saillantes rassure, il est apaisant. Ses joues sont rugueuses d’une barbe qu’il ne rase pas assez souvent et ses lèvres sont fines. Le pire dans cette histoire, c’est qu’il n’est pas beau, selon les conventions japonaises, il n’est pas attirant, mais il rassure.

Pourtant, il est fragile, il n’en faudrait que peu pour le faire plier. Il a un passé qu’il expose au travers de ses tatouages et piercings et un autre qu’il cache derrière ces derniers. En effet, il arrive qu’il raconte l’histoire de certaines de ces parures. En particulier ses piercings chacun a été fait dans un pays différent, ceux qu’il a traversés pour découvrir le monde. En tout, il en a douze : il en a deux au lobe gauche, un au tragus et deux au niveau du cartilage du même côté. Sur son arcade, toujours à gauche, brille un bijou. À l’opposé du côté droit, il porte un écarteur en bois et un industriel vachement sexy. Pas autant que le piercing qu’il porte à sa lèvre, à moins que ce soit celui sur la langue qu’on voit que lorsqu’il la tire pour se moquer. Quoi on a parlé de douze piercings et seulement dix sont localisés ? Hm… ça c’est un secret, mais faut le déshabiller pour voir les deux derniers.
On a parlé de ses tatouages, il en est recouvert, à croire qu’il veuille se cacher derrière. Il en a un en forme de trace de branchies de chaque côté du cou. Ensuite, un gigantesque représentant des symboles protecteurs lui recouvre le bras gauche et une partie du torse, ainsi qu’un papillon sphinx sur l’avant-bras. Un phénix coloré qui renaît dans des fleurs lui couvre le droit. Mais le plus grand de tous lui recouvre quasiment tout le dos, il masque d’immenses cicatrice. Et il en a d’autres, tellement d’autres, pour qui il invente des histoires pour cacher la vérité. S’il les assumait, il ne les camouflerait pas sous autant d’encres et de vêtements bariolés pour détourner les regards de son corps.

Petit + : Il fait plus jeune que son âge par son comportement gamin et irresponsable à première vue – Il a une peau très pâle de Nordique, laiteuse un peu grisâtre lui donnant un teint légèrement malade – Il a une démarche fluide, ne se tient pas droit, souvent obligé de se baisser à cause de sa taille, mais pas avachi non plus – Il est un peu lent dans ses mouvements mais est toujours soigné dans les tâches qu'il doit faire – On peut facilement lui confier un enfant, il ne le fera jamais tomber – Sa voix est douce et claire, chaleureuse, à une voix portant dans les aiguës lorsqu'il chante, surtout dans sa langue maternelle qu'est l'Islandais, elle est presque cristalline par moment.
Caractère
Mou, c'est le mot qui définit facilement Karl. Il a toujours l’air dans la lune, ailleurs et il fonctionne doucement, mais sûrement. Parfois, on peut même se demander s'il se shoote, mais quand on le teste, il est négatif. C’est juste dans sa nature d’être mou, parfois ça énerve, d’autre fois ça apaise. Car en dehors d’être quelqu’un de mou, Karl est aussi terriblement calme.
Il n'aime pas se prendre la tête, il évite les disputes ou essaye de les résoudre calmement ; et il est d'une tolérance à toute épreuve, capable de pardonner facilement. Avant de s’énerver, Karl cherche à comprendre son prochain, à voir son point de vu. Il ne punit pas, il écoute et il explique ce qui ne va pas sans imposer sa vision des choses. Il est donc adepte de l’éducation positive, et ça se voit à la façon dont il traite ses animaux.
Mais ce n'est pas pour cela qu'il se laisse marcher sur les pieds. Karl a son caractère et il peut hausser le ton si c’est nécessaire. Il peut devenir impressionnant, car il est un calme ; et il n’y a pas plus flippant qu’un calme en colère. Il lui arrive aussi d’être bougon, même s'il essaye de garder le sourire, surtout avant son thé et sa biscotte du matin ; et aussi quand il manque beaucoup trop de sommeil. Mais il essaye de ne pas partager sa mauvaise humeur, il n’a pas à se défouler sur les autres. Il reflète beaucoup de positivité et de bonheur en général.

Karl est un peu con, pas idiot, mais les blagues foireuses, c'est sa spécialité, un peu lourdes parfois. Il ne manque pas de répartie quand il le veut, offrant des punchlines que seul son esprit décalé est capable de lancer. Il est aussi maladroit et fait des choses absurdes si bien que la phrase "Mais qu'il est con..." est presque routinière pour lui.
Mais il est aussi partageur, rien à ses yeux ne lui appartient, il vit avec peu mais il peut donner beaucoup. Il pense souvent aux autres et il s'oublie trop souvent. Il est facile à supporter pour quelqu'un qui accepte sa façon de vivre.

À vrai dire, il est une personne assez agréable et semblant avoir peu de défauts, mais ce serait mentir. Malgré une sociabilité apparente, Karl est un être profondément timide avec les inconnus, dont il reste méfiant. C'est suite à beaucoup d'effort et de travail sur lui-même qu'il arrive maintenant à faire le premier pas vers les autres. Mais la plupart du temps, il préfère qu'on vienne à lui. Dans ce cas-là, il accueille à bras ouvert et avec plaisir, car il sait que la personne veut bien de lui. Une personne agressive le met mal à l’aise et il essaye de désenclencher l’hostilité pour rétablir une atmosphère calme. Quand il n’y arrive pas, il a tendance à fuir ou à reléguer le problème, incapable d’y faire face. Surtout que lorsqu'il panique, il bégaye, incapable de faire une phrase correcte.
Ce malaise est dû à son vécu. On lui à trop fait de mal dans la vie, la vie lui a fait trop de mal pour rester toujours serein. De plus, Karl a été diagnostiqué dépressif chronique, il a remporté son long combat contre la bête, mais il la sait endormie au fond de lui et craint qu'un rien peut la réveiller. Il sait la faire taire dès qu'il l'entend gémir, mais la peur reste en latence. Le pire, c'est que même réveillé, Karl ne reflète pas son mal, étant un dépressif souriant.
Les séquelles qui en résultent sont principalement son haptophobie. Il ne supporte pas le contact. Rien qu'une poignée de main, il la refuse et préfère saluer en s'inclinant à la Japonaise, et à distance. Il sursaute si on l'attrape, et peut repousser brutalement si on tente de l'enlacer. Pire, il panique totalement si on maintient une étreinte. Mais il lui arrive de toucher les gens. En réalité, il faut juste être patient et attendre qu'il décide de venir vers les gens. La seconde séquelle, c'est son incapacité à avoir une relation sexuelle. Bloqué par ses traumatismes, il se dira asexuel pour aller plus vite, pour raccourcir, même si ce n'est pas le cas. Ça évite les questions. Bien sûr, ce fut délicat quand il a été marié une seconde fois, il a fait l'effort d'aller vers l'autre, mais ce n’est pas pour autant qu'il a apprécié. Et puis l'Incontestable ne lui a pas laissé plus de temps de changer et vaincre ce trauma avec la personne, avec qui pourtant, il avait confiance.

Pour revenir des défauts plus marrant, Karl a des tocs, des manies presque psychotiques, rien de bien méchant, mais ça perturbe. Il collectionne les rubans verts et roses, il y en a pleins accrochés à son sac. Pourquoi ces couleurs ? Parce qu’il a toujours aimé le vert, et le rose. Il ne range pas ses chaussettes par paires, mais par pied, ne regardant pas l'assortiment des couleurs quand il les met. Et il a la manie de faire craquer ses articulations. Pour des yeux communs, il est bordélique, mais dans sa tête tout suit une logique de rangement particulier. Enfin, il a la manie de piquer les stylos verts. Toujours les stylos verts.

Il aime aussi les couleurs, mais tout mélangé, il n'a aucun sens de l'agencement, mais il aime les trucs colorés. Il est d'ailleurs assez déconseillé de le laisser avec des feutres, il se sent obligé de décorer toutes les surfaces unies qu'il voit comme ce jour où il avait tagué un magnifique papillon multicolore sur un des murs du refuge, pour que ça fasse plus gaie dans la cour. Un papillon mec, bordel ! Il ne pouvait pas dessiner des bites comme tout le monde ?
Il apprécie aussi la musique, le genre ambiant qui fait rêver. La musique qu'il écoute et qu'il fait, beaucoup la trouve étrange, un peu perchée, mais qu'importe, soit on aime, soit on n'aime pas. Il peut en écouter pendant des heures allongées par terre, à même le lino. Le calme, la solitude, la tranquillité l’apaisent. Passer une après-midi dehors contre un arbre avec ses animaux qui s’amusent, est le summum de ses plaisirs. Parfois, il lit, parfois, il tricote.
Pourtant, il s'est mis à la batterie. Ce qui n'est pas très calme comme instrument. Mais c'est sa manière de se défouler et décompresser. Sa batterie, c'est bien la seule chose qu'il frappe. Le bruit des caisses qui résonnent comme les battements d'un cœur, du cœur d'une musique, ça l’apaise.

Ce que Karl déteste, c’est manger. Ça l'agace, il trouve ça inutile et de toute façon, il complexe. Il complexe sur sa taille, immense, il dépasse tout le monde d’une ou deux têtes, alors il ne mange pas pour se faire maigre, se sentir comme tout le monde et que les gens arrêtent de se retourner pour fixer le géant qu'il est. Il a peur de grossir, de prendre plus de place et il n'aime rien. Il a la viande en horreur et le lait le rend malade, il arrive à manger un peu de poisson parfois, mais il reste un végétarien. Son régime alimentaire se résume à des biscottes ou des chocapics, car il mange mal, même s’il met du lait de soja dans tes céréales. Il saute des repas, beaucoup de repas, jusqu'à ce qu'il s'effondre, car son corps meurt de faim. Pas parce qu'il veut, pas, mais parce qu'il oublie.
On ne peut donc pas dire qu'il soit anorexique, les calories ne sont pas une obsession pour lui et il peut s’enfiler une tarte aux citrons meringués à lui tout seul sans culpabiliser. C’est juste que ce n’est pas sa priorité et puis parfois, le monstre lui coupe l’appétit.
Par contre, ironiquement, il aime bien cuisiner, ça l'occupe et il aime faire plaisir et voir les gens se régaler. Il ne comprend pas vraiment, mais les gens sont toujours heureux quand ils mangent.
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Histoire
Allongé de travers, dans un lit toujours trop petit pour lui, Karl passait ses mains sur la couverture d’un livre. Un journal qui avait vécu, qui avait voyagé, dans lequel il avait inscrit toute sa vie jusqu’à aujourd’hui. Les bons moments comme les pires. Il l’aimait ce journal, comme il le détestait tout autant pour les sombres lignes qu’il pouvait contenir. Pourtant, de temps en temps, Karl le relisait, pour ne pas oublier, pour ne pas refaire les mêmes erreurs.
Il l’ouvrit sur la première page, ces pages qui aujourd’hui tenaient par le bon vouloir du saint esprit. En lettres d’enfant hésitantes, était marqué son prénom, suivi d’un dessin, sans doute sa famille, il dessinait si mal autrefois, encore aujourd'hui d'ailleurs. Il sourit, tourna la page et commença à lire.

I
PAPILLON

9 février 2082 (5 ans)

Aujourd'hui, ma maman m'a donné ce journal pour mon naniverséreanniversaire pour que j'écrive des trucs dedans pour m’entrainéer à écrire. Je sais pas trop quoi mettre dedans, peut-être me présenter ?
Je m'appelle Karl ! J'ai 5 ans et j'aime les renards. Je vis sur une grosse île qui s'appelle l'Islande dans la ville de Reykjavik. Il y a plein de renards tout blanc en hiver et tout gris en été. Maman dit que ce sont les mêmes, ce sont des pouwers renards !
Dans ce pays y a pas beaucoup de monde, vous saviéez qu'il y a des villes sur la carte que quand vous y êtes c'est juste une maison ? Oui on est pas beaucoup, il y a beaucoup de nature. Mais c'est très beau, c'est vert, bleu, gris. On peut marcher des jours sans croiser de maison ville. C'est calme. J'aime mon pays et je veux le quittéer pour rien au monde.
Ma maman est aussi née dans ce pays, mais pas mon papa. Mon papa il est né dans un graaaand pays à l'est, qui s'appelle la Russie. Mais il est plus avec maman, ils se disputéaient beaucoup et un jour ils se sont séparés. Mais c'est pas grave car il m'envoie des lettres et parfois des cadeausx dans des boites en carton. Des colis je crois.
En fait je savéais pas quoi marquer mais j'ai marqué quand même. Un jour remplirai tout ce carnet !

Et un jour aussi, tu feras moins de fautes, mon cœur.

Ça, c'était Karl petit, encore libre, innocent et ne sachant pas écrire correctement. Mais bordel, c'est quoi toutes ces fautes !? Enfin bon à cet âge, c'était normal. Et heureusement, sa mère passait derrière pour corriger. Au début il n'était pas si intime que ça ce journal.
Karl ne se souviens plus trop de son enfance, il était encore très petit. Mais il aimait bien son pays. Il faisait froid, il était petit, mais il était libre. Il se souvenait cependant que son père, Nikolaï Melikov, était russe asiatique et que son nom de famille était tiré de sa mère, Ástþrúður Ósvifurdótti. Ses deux parents n'étaient pas mariés et sa mère avait exigé de donner son prénom à l'Islandaise à son fils lors de leur séparation. Son père n'avait pas fait obstacle temps qu'il pouvait encore contacter et voir son fils.

19 septembre 2083 (6 ans).

Cher Journal, aujourd'hui ma maman m’a dit qu'on allait partir de chéez nous. Qu'on alléait dans une autre île à l'autre bout du monde. Je veux pas. Qui va donner à manger aux renards si je pars ? Méais elle m'a dit que ce serait bien, qu'elle a trouvé du travail laba là-bas. Cé’est vrévrai que depuis que papa est plus à la maison maman mange moins, mais elle veut pas manger mon assiette quand j'ai pas finfaim et me force à finir.
Elle m'a dit ossiaussi que j'aurais peut-être un autre papa, que ce seréait plus facile pour elle et pour moi. Mais je veux pas d'un autre papa, j'ai déjà un papa, je veux pas partir…

Et il a bien raison, Karl aurait dû s'attacher à un poteau ou demander à rester avec ses grands-parents. Mais au lieu de ça, il a suivi sa maman, ignorante et naïve qui voyait le Japon comme une solution à ses problèmes. Ses problèmes d'argent, ses problèmes d'amour…
─ Putain, pourquoi tu n'es pas partie toute seule, jura-t-il en relisant ces lignes. Tu savais ce qui allait arriver, mais tu as choisi pour moi. Tu ne pouvais pas me laisser chez Papi et Granny.
Et le pire dans tout ça, c'est qu'il n’arrivait même pas à lui en vouloir, car au fond de lui, il le savait, ce n'est pas sa faute...

2 novembre 2083 (6 ans)

Cher Journal, aujourd'hui j'ai mal à la tête... On m’a amené dans une grande pièce bleue et on m'a fait faire dodo avec un gasez qui faisait tournéer les murs. Ma maman et les monsieurs disaient que c'était pour mon bien. Mais j'ai si mal à la tête. Je suis malade ?

Karl s’arrêta de lire quelques secondes. C’est dingue comme à travers les mots d’un enfant certaines choses peuvent devenir ignobles. C’était le jour où on lui avait implanté cette maudite puce. Heureux sont ceux qui l’ont eue dès leur naissance, qui ne peuvent se souvenir. Mais au lieu de ça, il a suivi sa maman… qu’à ce moment-là, il n’avait pas compris ce qu’il lui arrivait, car on ne lui a rien dit à part un : "c'est pour ton bien". Et ça, c’était assez douloureux à supporter.
Il attrapa son paquet de cigarettes pour en prendre une. La portant à ta bouche, il l’alluma, soupirant ensuite l’épaisse fumée avant d’ouvrir la fenêtre.

26 février 2084 (7 ans)

Cher journal, aujourd'hui ma maman a reçu une lettre qui l’a rendue contaente. CétéC’était mon nouveau papa. On l'a rencontré cet après-midi. Il est trés gentil même s'il me fait un peu peur. Je crois qu'il memem’aime bien aussi.

Il émit un rire forcé, mais même si ce que faisait cet homme l'horripilait encore aujourd'hui,
Karl ne pouvait nier qu'il a été un bon père... Il prenait le temps de jouer avec lui malgré ses emplois du temps chargés et était toujours là quand Karl avait eu besoin de lui.

5 mars 2085 (8 ans)

Cher journal, aujourd'hui j'ai demandé à mon nouveau papa son travail. Il m'a dist qu'il était un docteur qui faisait faire dodo aux gens. Je lui ai demandé pourquoi et il m'a dist que c'est parce que c'était de vilaines personnes alors il leur faisait faire dodo pour toujours pour plus qu'elles facefassent de mauvaises choses. Je lui ais dis que je voulais faire pareil et punir les vilains gens, et il a rigolé et m'a répondu : "pourquoi pas ?"

─ Parce que je n'avais pas compris que tu tuais des gens innocents ! Railla-t-il ironiquement. Et le pire, c'est qu'à cet âge, il était très fier de son père. Karl s'était mis à bien travailler à l'école pour réaliser ce rêve de devenir comme son père adoptif. Élevé dans la logique de l'Incontestable, même quand il apprit ce qu'était un ange de la mort, il trouvait ça normal de supprimer ceux qui ne respectaient pas la machine.
Mais c'était difficile et à l'adolescence, Karl développa quelques symptômes de dépressions. Pertes d'énergie, troubles du sommeil, perte d'appétit et de motivation, idées noires. C'était en partie à cause des paroles des autres élèves qui voyaient ça comme affreux que Karl veuille être médecin pour l'Incontestable, certains l'insultant de futur meurtrier tout comme son père. Ça pouvait être juste une déprime dû à ce harcèlement, mais sa mère étant diagnostiquée dépressive et la génétique pouvant augmenter les risques sans que ce soit forcément une prédisposition viable, Karl se fit tout de même suivre par un psychiatre en prévention. Il fut diagnostiqué d'une dépression épisodique.
Cependant, ses envies de carrières s'étaient essoufflées et à seize ans, il ne savait plus vraiment quoi faire de sa vie.

Ce qui l'aida à remonter la pente, c'est quand on lui demanda de faire un stage à la fin de son Chugako. Karl avait choisi de le faire chez un vétérinaire au village aux renards de Zao, situé dans la préfecture japonaise de Miyagi. Il adorait les animaux, manquant pas de les amener, se faire soigner quand il en trouvait un blessé, faute de pouvoir en avoir. Ce fut la révélation, il savait ce qu'il voulait faire de sa vie.

1er avril 2096 (19 ans)

Cher Journal, aujourd'hui, j'ai fait ma première journée l’école de vétérinaire de Tokyo. Je me suis démené pour avoir cette place et je dois dire que je suis assez fier. Dans ma classe, il y a une fille super jolie, Miyuki. Je sais que je ne devrais pas, mais j'aimerais bien faire connaissance avec elle. Je verrai bien demain.

Karl avait sauté pas mal de pages sur ce coup, déjà parce que c’était peu intéressant et puis pendant un temps, il avait lâché le journal. Il a eu une vie plutôt normale, même aisée grâce au boulot de son beau-père, même s'il commençait à de moins en moins l'apprécier, son travail. Il rester son père adoptif et Karl avais encore de l'attachement pour lui.
Il se souvenait de cette époque, et de son look aussi. Il était un adolescent blond coupé court, rasé, frais, et surtout bien plus baraqué qu'il ne l'était aujourd'hui. Il s’habillait BCBG avec des chemises repassées et des pantalons droits. Dur à imaginer hein ? Et pourtant, avec la famille qu'il se tapait, Karl était un petit riche. Heureusement pas fils à papa, mais il en avait le look et sa carrure faisait qu'on l'emmerdait rarement. Mais heureusement pour les autres, Karl était gentil.

15 novembre 2096 (19 ans)

Cher Journal, je t'avais dit, il y a un mois que je sortais avec Miyuki. On avait décidé que ce serait surtout charnel, elle ne m’est pas destinée, elle ne m'a pas été choisie. Le souci, c'est qu'elle m'a dit qu'elle m'aimait. Et je crois que c'est pareil pour moi. Si on s'aime vraiment l'Incontestable nous mettra forcément ensemble, c'est obligé ! Je ne sais pas trop quoi faire.

Karl ricana, tirant une latte sur sa clope, fixant les lignes d’un air vague.
─ Et oui les sentiments ne se commandent pas et sont irrationnels, contrairement à une pizza trois fromages. L'Incontestable serait plus doué en pizzeria qu'en amour tient.
Il fatiguait. Enfin bon, ce petit amour a duré. Dans sa tête, Karl s'était toujours dit qu'ils seraient mariés. C'était une telle évidence à force pour lui qu'il ne s'était pas plus inquiété de l'Incontestable.

26 mars 2097 (20 ans)

… Putain
Je ne sais pas quoi écrire, mais il faut… j’en ai besoin… Merde…
Je suis chez Ginko, je squatte chez lui. Je savais qu’il m’aiderait, il a toujours été là pour moi. Putain t’es un pote Gin. T’ain je tremble en écrivant, ah ah ! C’est si con… je suis trop con.
*Gribouillages*

Ils ont tué Miyuki.
Je l’ai appris tout à l’heure, à table, entre les yakitoris et les mochis. De la bouche de mon beau-père ce connard d’Ikeda. Ça lui arrive de parler un peu du boulot à table, ça sortait jamais du cadre familial. Et comme si c’était naturel, normal, que j’allais rien dire, il m’a sortie : "Ah, au fait, tu savais que ta copine, Miyuki a été exécutée par l’Incontestable ? Elle a trompé son mari." tout en me fixant froidement.
Il voulait quoi en me disant ça ? Il savait que je tenais à elle… “Fallait pas aller batifoler” qu’il m’a dit ce con. “Fallait respecter la loi”. Mais je la respecte cette putain de loi ! Elle m'avait rien dit… elle m’avait pas dit qu’elle avait reçu une lettre… qu’elle était mariée. Sinon je… on l’aurait pas fait, j’aurai refusé…. merde.
Je me suis cassé de chez moi, je supportai pas de rester à côté de ce… cet assassin. À tous les coups, c’est lui qui a dû s’en occuper. Ça a dû lui faire plaisir, il n’aimait pas que je sois avec quelqu’un qui ne m’avait pas été choisi par cette connasse de machine.
Je ne sais pas quoi faire… j’ai piqué le fric dans la réserve mais après… je fais quoi ?

Il passa son pouce sur des traces de larmes séchées. L’écriture tremblante était presque illisible, diluée dans ces éclaboussures. Ce passage lui serrait le cœur et pourtant, il était important pour Karl. C’était le soir où il avait enfin compris qu'il vivait dans un pays de merde. Il avait grandi dans une famille de pro-incontestables qui lui avaient bourré le crâne avec leurs idées. Alors il y avait cru, l’Incontestable, c’était le bien, la solution et si ça ne fonctionne pas, ça n’arrivait qu’aux autres, pas à ceux qu'il connaissait, pas à ceux qu'il aimait. Mais là, non, c’était de pures conneries tout ça et il avait mis vingt ans à comprendre que la machine n’aidait pas mais empêcher d’être avec qui on voulait, de faire ses expériences et de les garder, même si dans dix ans ça ne fonctionne plus. Car l’amour ce n’est pas que des données, de la compatibilité, c’est des échanges, des expériences qui permettent de grandir et d’évoluer. À quoi bon si tout le plaisir de la rencontre est prémâché ?

Après ce drame, Karl était tombé en dépression réactionnelle. Refusant de revoir sa famille, et surtout son beau-père, il n'aurait pas pu remonter la pente sans la présence de son meilleur ami Ginko. Il lui en doit une, il le sait. À moins que ce soit son chien, un border collie, Karl était apaisé en présence de l'animal.
À côté, il avait lâché ses études, son état l'empêchant de les suivre correctement. À moins que ce soit l'herbe qu'il avait commencé à fumer plus que les clopes. Au final, l'université l'avait renvoyé pour absence répétée.

5 avril 2097 (20 ans)

Cher Journal, aujourd’hui, j’ai appelé mon père. Pas l’autre con, mais mon vrai père, en Russie. J’ai dû claquer tout mon forfait en l’appelant, mais tant pis. Il a accepté que je vienne chez lui, de m'héberger quand je lui ai raconté ce qui s’était passé et que j’ai quitté la baraque. Il me paye même le voyage. Je suis heureux d’avoir toujours gardé le contact avec lui, je vais pouvoir enfin le revoir. Ça fait quoi, dix ans que je ne l'ai pas revu ? Ça fait tellement longtemps.

Karl était parti la semaine suivante, le temps de se préparer. Évidemment, il n'était pas retourné chez lui récupérer des affaires, il n’avait pas eu très envie que ses darons l’empêchent de repartir. Et puis Karl était adulte en ce temps. Il avait donc fait avec ce qu'il avait, les quelques affaires qu'il avait embarquées à la va-vite. De toute façon, le fugueur avait eu envie de tout recommencer à zéro, tirant un trait sur le passé, mais aussi sur le Japon qu'il laissait derrière lui.

Les débuts en Russie furent quelque peu difficiles, ça n’avait rien à voir avec le Japon, c’était plus, brut. Karl avait mis un temps fou à apprendre le russe, mais le pire fut d’apprendre l’alphabet cyrillique, une horreur. Mais il avait plus de facilités que d’autres en langue, en connaissant déjà deux, trois si on compte ses bases en anglais, et deux alphabets totalement différents. Et puis son père biologique l'avait aidé, et Nikita, son husky, l'avait soutenu, restant avec Karl quand il travaillait.
À propos de travail, Karl avait décidé de faire une formation de soigneur animalier en parc zoologique. Elle avait duré deux ans et il s'était spécialisé dans la faune sauvage en passant le certificat de capacité d'animaux non-domestiques. Lors de la deuxième année, il avait adopté un chien-loup Tchécoslovaque qu'il appela Alyosha. Nikita s'était montrée d'une grande aide pour son éducation et le canaliser.
Karl était resté quelques années dans le pays, car après sa formation, il avait travaillé quelques mois dans un élevage de renards, ces derniers étant des animaux de compagnie en Russie. Il avait donc appris à s'en occuper et à comprendre leur comportement. Après cette expérience, il avait été embauché à la réserve naturelle Khingan dans l'Extrême-Orient russe, dans la région où habitait son père ce qui avait été pratique.

En Russie, Karl s'était donc fait une nouvelle vie et de nouveaux amis. Oh ! Il avait gardé contact avec son meilleur ami, Ginko, une fois ce dernier était même venu le voir. Il avait aussi totalement changé de look ; c’est dans cette période qu'il s'était mis à se teindre les cheveux, ce vert qu'il ne quittera plus jamais. Il passait ses soirées dehors avec des potes, à boire des bouteilles de vodka à qui rendra l’âme en premier tout en jouant de la guitare et en fumant des joints.

Karl tourna la page, appréciant de relire ces souvenirs d'autant. Les plus belles années de sa vie, c'était certain.

14 février 2100 (23 ans)

Cher Journal, aujourd'hui, c'est mon anniversaire et j'en reviens pas, mon père m'a offert une moto ! UNE MOTO !
"C'est pour ton rad trip à travers le monde", m'a-t-il dit. Un projet que je prépare pour mars : faire le chemin Russie-Islande par mes propres moyens. Je crois qu'il a eut pitier quand il a vu que la voiture est trop petite pour ma taille. Et puis j'en voulais tellement une ! Il a même pensé à Alyoshia en installant un side-car ! Il est tellement grand que même Nikita rentre dedans. J'ai trop hâte de prendre la route avec.

Et cette moto, Karl l'as encore après tout ses années. Certes, toutes les pièces ne sont pas d'origine, mais elle est toujours aussi nickel. Et pour rien au monde, il ne l'échangerait pour un plus moderne. Sleipnir, son petit nom, est presque un membre de sa famille à ses yeux.

22 mars 2100 (23 ans)

Cher Journal, aujourd’hui, j’ai commencé mon voyage. Cela fait des mois que je le prépare, j’ai décidé d’aller en Islande par mes propres moyens. Et ouai, je vais traverser l’Europe à moto, ce n'est pas trop cool ça ? Je ne sais pas combien de temps, je vais mettre, mais j’ai pas mal d’économies et puis au pire, je trouverais un petit boulot temporaire, ouai je vais bien me débrouiller. Bref, j’ai décidé de profiter de chaque pays que je traverse, en les marquant d’un piercing sur ma peau. Un peu bizarre comme souvenir, mais j’aime bien le concept. J’espère juste que je ne vais pas en traverser des tonnes, car sinon je pourrai plus croiser Magnéto sans flipper.
Enfin bon, là, je suis à Kiev en Ukraine et c’est vachement sympa.

L'islando-russe lut ce passage avec un sourire amusé. Quand il avait écrit ce texte, il devait être dans un pub en train de se torcher la gueule en vue des conneries qu'il avait enfilé sur ces pages, en même temps que les verres d’alcool. C’était son premier pays et aussi son premier piercing, au lobe gauche. Oui, certes, ce n'est pas vraiment un piercing, mais il n’en avait aucun à ce moment et il avait commencé tranquille. On évite de faire son premier sur la bite, ça traumatise.
Karl avait mis un peu plus d’un an et demi à traverser toute l’Europe pour rejoindre l’Islande. Il s'était arrêté plus ou moins longtemps dans chaque pays ; un mois, au minimum, plus longtemps, s'il devait gagner un peu de fric, faisant intérimaire dans des refuges ou des associations animales. Parfois, il avait fait la manche, mais il n'aimait pas trop. Ce ne fut pas toujours très facile, il avait souvent dormi dehors et en hiver ce n'eut pas été la joie, mais il eut de bons moments, faisant d’agréables connaissances. Une expérience qu'il ne regrettait pas. Sauf la traversée en bateau, son baptême de l’eau lui avait fait comprendre qu'il avait le mal de mer.

10 septembre 2101 (24 ans)

Cher Journal, cela fait deux mois que j’ai emménagé dans mon nouvel appartement à Reykjavík, tu sais, là où je suis né et que j’ai écrit pour la première fois dans tes pages qui n’en finissent pas. J’ai un peu l’impression d’être rentré chez moi, même si je ne reconnais rien. Faut dire que j’avais six ans quand je suis parti.
La semaine dernière, je suis allé à Höfn voir les Jökulsárlón, c’était magnifique. Sinon je me suis fait une bande de potes, assez rapidement d’ailleurs et on a décidé de former un groupe. Ça tombe bien, car bon, on ne va pas dire que mon boss me paye des masses au refuge. Au moins, si j’arrive à gagner un peu avec la musique ça me permettra de boucler les mois. Le truc gênant, c'est qu'ils veulent me foutre en chant, soi-disant que j'ai une jolie voix.

À cette époque, Karl vivait sa vie sans rien demander à personne. Le groupe n'avait pas percé vraiment niveau musique, même s'il était plutôt doué en chant finalement ; mais il s’amusait et c’était le principal. C'était aussi en Islande qu'il avait fait ses premiers tatouages, ceux de son bras gauche donc un papillon sur l'avant-bras. Il avait fait des tonnes de connaissances, avait passé certains moments intimes avec des filles et découvrit ta première expérience avec un homme, constatant que c’était bien aussi. Au final, Karl ne sut jamais vraiment ce qu'il préférait. Il tombait sous le charme des gens, pas des corps.

06 novembre 2102 (25 ans)

Cher Journal, aujourd’hui, j’ai trouvé un renardeau polaire sur le bord de la route. Il était blessé et affamé. J’ai donc cherché un moment si sa mère n’était pas loin, normalement, il ne faut pas les toucher au cas où. Mais rien, et vu l'état du renardeau, j'ai pris le risque de le prendre.
Comme je faisais du camping au nord de l’Islande, dans un lieu éloigné de toute grande ville, il n’y avait pas de centre pour l’accueillir. J'ai donc écourté mon camping avec les potes pour le ramener au refuge où je travaille. J'ai fait les premiers soins, mais il n'allait pas mieux.
Une fois au refuge, le vétérinaire pu constater qu'on lui avait tiré dessus. Bien qu'interdit, la chasse au renard polaire existe encore en Islande, victime de leur belle fourrure. Le vétérinaire a pu sauver sa patte, mais le pauvre boitera à vie, l'articulation étant touchée. Il ne pourra donc être relâché dans la nature et vivra au refuge avec les autres renards inaptes à pouvoir se débrouiller seul.
Je l'ai surnommé Sheldon.

Karl tendit la main pour caresser le renard boiteux, maintenant adulte, qui dormait contre lui.
Karl l'avait appelé Sheldon, car il n’arrêtait pas de poker sa jambe pour avoir des câlins, oui, son nom vient d’une série qu'il regardait en ce temps-là. Karl avait été le seul que le renardeau accepté d'approcher, alors il avait été le seul à s'en occuper. Un peu trop sans doute, car Sheldon se mettait à hurler de désespoir dès qu’il ne voyait plus le géant vert. Ça lui fendait le cœur tous les soirs quand il devait rentrer chez lui. Parfois, souvent, Karl restait dormir au refuge avec son chien pour tenir compagnie à Sheldon. À chaque fois que sa dépression revenait, il faisait ça, car l'animal avait un don pour l'apaiser avec Alyosha. Son lien avec Sheldon était devenu tellement fort, que le patron du refuge lui proposa de l'adopter. Il savait que Karl savait parfaitement s'en occuper et ce serait plus simple pour tous les deux ainsi. La procédure était difficile d'accès, mais Karl remplissait toutes les conditions, en plus d'avoir le soutien de son supérieur. Une fois l'appartement et le jardin de Karl aménagé, le renardeau arriva réellement dans sa vie.
La belle vie dura presque quatre ans, mais hélas toute bonne chose a une fin et parfois le karma s’inverse.

Karl marqua une pause, fermant le bouquin en laissant un marque-page pour s'allumer une autre cigarette. Il savait que ce qu'il allait lire par la suite serait assez difficile moralement et il lui fallait un peu d’aide sur ce coup.

II
LIENS

16 février 2103 (26 ans)

Parfois, on oublie certaines choses, car on les pense loin derrière nous, comme si elles n’avaient jamais existé. Puis un jour elles refont surface comme une vérité qu’on ne peut fuir.
Cher Journal, aujourd’hui, j’ai reçu une lettre.
À l'autre bout du monde, je me sentais, à tort, inaccessible de toute cette mascarade. Je me fourvoyai complètement.
Je ne sais pas quoi penser de tout ça, mais il est hors de question que je reparte au Japon. J’ai décidé de rester en Islande, advienne que pourra.

Note : j’ai eu mon anniversaire il y a 2 jours, j’ai vu mieux comme cadeau.

Une semaine, c’est ce que l’incontestable avait laissé à Karl pour profiter encore du pays où il vivait, où il s’était réfugié. L'islandais avait ignoré la lettre et ses conséquences, en espérant, au fond de lui, que s'il l'oubliait, ils l’oublieraient.
Lorsque la milice vint le chercher, il fut pourtant peu étonné. Ils étaient un peu énervés d’être venus le chercher jusqu’ici pour le ramener de force au pays pour faire "son devoir de citoyen". Karl ne résista pas vraiment, il connaissait le système, il savait que de toute manière, il se débattrait pour rien et que même son pays natal ne le défendrait pas. Alors Karl revit ce pays qu'il avait fui pour se marier avec un inconnu. C’était un homme, il avait lu la lettre et c’était la seule chose qu'il savait. Qu’importe, à ce moment-là ce n’était pas son plus grand souci.

23 février 2103 (26 ans)

Cher Journal, aujourd’hui ça fait cinq jours que je connais mon “mari” , Mashiro Kiriyaru, et trois qu’on est sortis de prison. On est sortis assez rapidement. Faut dire qu’il ne m’a pas trop laissé le choix, c’est limite s’il ne m’a pas étranglé en m’attrapant le col pour m’embrasser, car il ne voulait pas croupir dans la cellule. Je le comprends d’un certain côté, mais ça aurait été sympa de me demander avant…
Depuis qu’on a emménagé dans “notre” maison, il se montre distant et je n’aime pas trop son regard. On dirait qu’il essaye de me faire culpabiliser. Il n’a pas l’air d'apprécier la situation, ni ma gueule d’ailleurs. Je ne sais pas pourquoi, mais je le sens mal…
Enfin, c’est sans doute qu’une impression et j’essaye de faire de mon mieux pour que ça se passe bien. Je suis en colère, je ne veux pas de ce mariage, mais ce n’est pas de sa faute. Toujours est-il que j’ai pu récupérer mes affaires restées en Islande, ainsi qu'Alyosha après avoir rempli quelques papiers.
Pour ce qui est de Sheldon, à la base, je voulais le laisser là-bas, au refuge. Mais encore une fois, il a recommencé à déprimer sans moi et ne plus s'alimenter. En tout cas la loi est plus simple pour l'obtention d'animaux sauvages au Japon, au moins un truc positif. En plus, on a un jardin, je vais donc passer la semaine pour l'aménager pour Sheldon.
J'ai également trouvé un travail dans une association qui secoure la faune sauvage en périphérie de Tokyo.

Après ce message, Karl n’a plus écrit, pendant un très long moment. Lorsqu'il s'était dit qu'il avait un mauvais pressentiment, il aurait sans doute préféré ne pas avoir raison.
Mashiro Kiriyaru, dont Karl avait hérité du nom, était plus petit que lui - faut dire que les gens de sa taille ne courent pas les rues - par contre il était plus trapu, un sportif, un boxeur assez fort pour mettre le géant à terre. C’était un macho, et si un jour, il avait dit à Karl qu’il était homophobe, il l’aurait cru. Peut-être que la machine avait bien choisi, peut-être qu'ils se seraient bien entendu, si Karl avait été une femme. Mais elle ne prend pas en compte ce genre de détail qui peut pourtant transformer totalement une relation.

Pendant deux semaines, ce fut le silence le plus complet entre eux, ils mangeaient ensemble dans le silence, regardaient seulement la télé ensemble comme activité et dormaient ensemble, chacun au bord du lit, mais c’était les seuls moments où ils restaient ensemble. Karl avait tenté de communiquer, mais il ne répondait jamais. Il n’existait pas aux yeux de Mashiro.
Quand il n'était pas au travail à faire des heures sup' pour fuir cette tension, Karl sortait la plupart du temps pour rejoindre Ginko avec qui il avait repris contact. Sa vie ne changea pas immédiatement, et en dehors de son mari presque inexistant, tout allait bien. Puis vint la confrontation ultime, la “première fois”, faire l’amour avec son conjoint avant l’heure limite. Ce fut l'acte qui réveilla le démon.
Mashiro avait accepté de le faire qu’à la seule condition qu’il mène la danse, qu’il ne voit pas son visage, mais surtout, qu’il ne voit pas que Karl était un homme. Sur le coup, l'islandais l'avait pris mal, mais il avait accepté. Il n’était pas très rebelle, voire plutôt conciliant. Après tout ce n’était pas sa faute si Mashiro et lui étiez ensemble.

[TW viol et violence conjugale, suicide]

Karl avait découvert à ce moment-là avec quoi il était marié : un sadique. Pire, un sadique qui le détestait et voulait lui faire payer d’être son conjoint. Il aurait préféré ne jamais découvrir son vrai visage, que tout reste dans l'ignorance l'un de l'autre. Dans le minima.
Toutes les deux semaines, Karl avait dû subir sa haine, sa violence. Et plus ils le faisaient et plus il prenait plaisir malsain à le faire avec toi, uniquement pour humilier et faire mal. Et forcément, en dehors de l’acte obligatoire l'islandais avait refusé tous les autres et ses rejets s'étaient fini en ce qu’on appelait des viols conjugaux. Même si les obligations l’étaient tout autant.
Il avait souffert de la situation, aussi bien physiquement que moralement, ne sachant pas vraiment quoi faire, ne pouvant fuir. Et les rares fois où il s'était rebellé, Mashiro lui faisait bouffer le parquet pour bien lui faire comprendre qui était le dominant dans le couple. En dehors de ça, il refusait que Karl se montre en sa compagnie quand il était avec d’autres personnes, car il avait honte de lui, le foutant à la porte le temps d’une soirée ou l’enfermant dans la chambre avec l’interdiction d’en sortir.
Très vite, sa consommation de cannabis tripla en même temps que son poids dégringola, se laissant limite mourir de faim, mangeant de façon anecdotique lors de ses repas en couple. Il voulait disparaître, que Mashiro ne le voit plus. À tel point que l'envie de mourir te trottait de plus en plus dans la tête. Autant dire que ses prédispositions à la dépression, s'arrêtant à quelques manifestations mineures s'était totalement réveillé en stade majeur. Mais évidemment, pour son mari, ce n'était que de la comédie.

Socialement, il avait commencé à s'isoler, à ne plus contacter personne. Ses erreurs aux travails s'étaient multipliées et forcément, son supérieur avait rapidement vu qu'un truc n'allait pas. Un jour, Karl était arrivé au refuge couvert de bleus en voulant protéger son chien qui avait trop grogné sur son mari qui n'avait pas apprécié ; et il n'avait pas réussi à les camoufler correctement. Son patron l'avait mis en arrêt le temps qu'il arrive à régler le problème et lui avait demandé d'aller voir un psychiatre. En attendant, Sheldon était resté au refuge, Karl étant plus en état de s'occuper d'un animal semi-sauvage.
Dans un pays où chaque mariage était programmé pour être parfait, c'était compliqué d'avoir un soutient en tant qu'homme battu. Le médecin lui avait même sortie une fois que si ça se passait mal, ça devait aussi être un peu de sa "faute", qu'il ne devait pas faire assez d'"efforts". Karl n'y était plus retourné après ça.
Incompris, Karl commença à prendre des analgésiques pour supporter les douleurs quotidiennes. Mais il finit par devenir tolérant aux médicaments et il prit des substances de plus en plus fortes pour, d’une certaine manière, s’échapper ; jusqu’à arriver à l'héroïne. Avec ça il n’avait plus mal, et il ne pensait plus à rien. Il devenait une loque, un truc amorphe et mutique avec lequel son conjoint s’amusait, une simple poupée de chiffon. Un simple objet. Un objet avec lequel Mashiro se lassa.

Un jour, alors qu'ils passaient ce moment que Karl détestait ensemble, Mashiro l'avait laissé en plein milieu de l’acte. Karl ne s'était pas demandé ce qui faisait, il avait juste envie que ça se termine rapidement. Il était revenu prendre sa place derrière lui et… Karl avait hurlé, sous l’atroce douleur qu'il avait ressentie, que même l’opiacé n'avait pas réussi à dissiper, devenant presque aphone. Un couteau, il était allé chercher un putain de couteau et s'était amusé à lui taillader le dos. Puis il l'avait attrapé par la gorge, alors qu'Alyosha aboyait derrière la porte, et lui avait murmuré : “Ça me lassait de ne plus t’entendre crier”.
La victime n'avait pu s’endormir après ça, il avait mal et rien n'avait pu calmer la brûlure qui le lançait dans le dos malgré les soins précaires apportés. Il était évident que Mashiro n'allait pas l’amené à l'hôpital alors il l’avait soigné lui-même, sans recoudre, lui laissant à vie de larges marques le long du dos.
Alors Karl s’était levé et il était sortie de chez Mashiro - il ne s’était jamais senti chez lui - avec son chien qui restait silencieux. Ils avaient marché des heures dans Tokyo, Karl dans un état second, Alyosha restant, inquiet, au pied, jusqu'à arriver jusqu'au refuge, après avoir fait une partie du chemin en bus. Devant l'entrée, il avait demandé au gardien de le laisser entrer. Le gardien le connaissait bien, il avait l'habitude de voir arriver Karl de temps à autre, même de nuit, pour venir voir Sheldon. Alors, il l'avait laissé entrer sans trop poser de question, juste une remarque sur sa sale mine.
Karl était donc directement allé dans l'enclos du renard, où ce dernier était venu l'accueillir avec ses jappements de bonheur, venant se rouler à ses pieds pour demander des caresses. Cela avait arraché un faible sourire à l'Islandais. Sheldon était plus que le seul à réussir à arracher un sourire à Karl, même si ce soir-là, il était plus que triste.
Il était resté un moment assis par terre, les deux canidés contre lui, incapable de verser la moindre larme. Il était apaisé, car il savait qu'ici, ils seraient bien traités. Puis, il avait fini par sortir une seringue de la poche de son manteau et se piqua à l'héroïne d'une dose bien plus forte qu'à l'accoutumé. Il s'était endormi, rapidement, profondément, sans doute trop profondément. Il avait senti le sol se dérober sous ses pieds, puis plus rien.

[Fin TW]

Karl s'était réveillé trois jours plus tard dans un hôpital, avec une sensation de manque et mal-être intense. Il avait fait une overdose, non, une tentative de suicide pour être plus précis. Le gardien l’avait amené à temps aux urgences, en plein arrêt respiratoire dans l'ambulance lorsqu'il était venu voir ce que tu faisais. Arrivé à l'hôpital, il avait fait un arrêt cardiaque et les médecins avaient réussi à le faire revenir. Heureusement pour lui, il a été pris en charge assez tôt pour n'avoir aucune séquelle.
À son réveil, il avait été entre colère et désespoir. L'impression d'échec dans son acte avait été difficile à encaisser. Mais ses amies et ses collègues étaient là pour le soutenir et une bonne nouvelle était arrivé pendant son coma. L'Incontestable lui avait envoyé une lettre de divorce.

21 août 2105 (28 ans)

Cher Journal, aujourd’hui, j’ai pleuré, de joie, de tristesse. J’avais oublié ce que c’était.

Karl ne sortit pas tout de suite de l'hôpital. Le temps de voir un psychiatre - cette fois compétant - il devait aussi suivre une cure de désintox forcé s'il voulait s'en sortir. Et ce n'était pas facile, vraiment pas.

15 septembre 2105 (28 ans)

Putain ! Je m'en fous d'avoir survécu ! Je veux crever là... ou filez-moi une dose, j'en peux plus !

Karl était constamment dans un état de manque, et il maudissait le monde à chaque fois qu'on baissait la dose de buprénorphine pour son sevrage. C'était la procédure, c'était pour son bien, il le sait maintenant. Mais quand on est en manque, quand on souffre, quand on ne pense qu'à sa dose, se piquer pour se soulager, on ne pense pas à ça et on devient aveugle. Alors quand une infirmière avait dit non pour le cachet et qu'il devrait prendre sur lui, le coup était parti. Il partit tout seul, son poing frappant son visage entraînant l'arrêt du temps. Karl n'avait pas été très fort, il aurait été bien en peine de lui briser la pommette, mais le geste était là et le regard qu’elle avait levé sur lui, lui avait glacé le sang.
Il se rendit compte de sa connerie, de ce qu'il avait osé faire. Lui qui était si doux, contre toute forme de violence, il s'était comporté comme son ex-mari et ça le pétrifia. Il s'était excusé au moins pendant vingt minutes auprès de la jeune femme qui lui en n'a pas tenu rigueur en vue des circonstances. Mais il s'en est toujours voulu. Après ça, Karl s'était montré plus coopératif et pu sortir après son sevrage terminé, ainsi qu'avoir atteint une stabilité psychologique.

Karl éteignit son mégot. C'était la seule drogue qu'il prenait maintenant. Ce n'était pas bien, mais après tout ce qu'il avait pris, ce n'était vraiment pas grand-chose. Ça calmait facilement ses envies d'autres choses et avec ses traitements, l'alcool lui était aussi interdit. Et puis il a failli y plonger, si Ginko n'avait été pas là pour le surveiller. Karl avait mis du temps à remonter la pente, surtout pour vaincre ses problèmes d'alimentation. Mais la présence de ses animaux et le soutient de ses proches l'avaient beaucoup aidé.
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Histoire (Suite)
III
PHENIX

Les pages suivantes étaient nettement mieux écrites. C'était fou comme on pouvait deviner l'état d'esprit de Karl à sa façon d'écrire. Il aimait bien la suite de ce journal, à chaque fois, le relire lui procurait une satisfaction de réussite.

22 mars 2106 (29 ans)

Cher Journal, aujourd'hui j'ai enfin aménagé au village de Zao. Ça faisait un moment que je voulais y vivre, j'avais grandement besoin de me détacher de la ville. De plus, j'ai réussi à avoir un poste de soigneur animalier là-bas. J'irai demain revoir les lieux, j'ai hâte de voir la réaction de Sheldon, j'espère qu'il sera content de voir ses semblables. Il y a bien Alyosha, mais ce n'est pas pareil pour lui.
Ah ! Et aujourd'hui, j'ai réussi à manger un repas entier !

C'était important pour Karl de s'assurer du bien-être de ses animaux. Il a toujours eu conscience que son renard était un animal semi-sauvage et devait avoir des interactions avec ses semblables. Il en a été privé pendant deux ans malgré le maximum que Karl avait pu faire pour lui, il était temps de changer ça.

Vivre au village des renards avait fait beaucoup de bien à l'islandais. Redevenu psychologiquement stable, il avait trouvé un autre moyen que la drogue pour décompresser, à travers la musique, mais surtout la batterie. La seule chose qu'il est capable de frapper dans sa vie. Mais les séquelles de ses traumas étaient toujours présentes, il gardait encore une faible estime de lui et de son corps et avait encore de mal avec la nourriture. De même, au niveau sexuel, même s’il pouvait s’amuser à jouer de ses charmes et répondre à de la drague, il refusait toute relation charnelle qui lui rappelle de trop mauvais souvenir. Rien que le contact physique avec autrui le mettait très mal à l'aise. Autant dire qu'il était haptophobe - et l'est toujours - et ça se voyait à sa façon de s'habiller, se recouvrant presque totalement de plusieurs couches de vêtements. La seule fois, il avait laissé quelqu'un le toucher pendant plusieurs heures, c'était son tatoueur. Un moment, difficile pour lui, mais soulageant, puisqu'il avait fait recouvrir le passé sombre de son dos par des couleurs.

14 février 2108 (31 ans)

Cher Journal, le monde part en couilles. Je ne sais pas trop quoi penser de ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Des bombes, sérieusement ? J'ai vu mieux comme cadeau d'anniversaire.

Quand le Big Bang Kiss était arrivé, Karl avait été horrifié de voir un mouvement soi-disant pacifiste autant dégénérer. Il ne savait pas trop quoi penser des Incontrôlables, étant contre le système, mais n'aimait pas la violence. Il savait bien que le gouvernement est une dictature, mais de là à lancer des bombes, surtout qu'à la base, ils cherchaient à faire augmenter la démographie, pas à faire des morts. Quoiqu'avec le système de punition paradoxal. En vrai, pendant cette période, Karl n'avait pas d'avis tranché et évitait les conversations qui en parlaient. Il préférait égoïstement rester éloigner de tout ça, ayant surtout de la peine pour les morts et les blessés.

25 mars 2108 (31 ans)

Cher Journal, j'ai réussi à l'appeler. Cela faisait combien d'années ? J'avais tellement peur de sa réaction. Ma mère. Elle est tombée en larme en reconnaissant ma voix. Moi aussi d'ailleurs. C'est ma faute si on n'avait pas pu se reparler. Elle avait essayé de me joindre par mon père, mais j'ai toujours refusé en ce temps-là, car je lui en voulais. Et puis après, elle ne pouvait plus. Et puis après, j'avais peur d'appeler. Quel idiot. Elle me pardonne. Je suis à la fois heureux et je culpabilise. On va réessayer de repartir à zéro.
En plus, Seiryû est mort. Mon beau-père. Un cancer. Je me suis surpris à en être ravi, ça me dégoûte un peu, mais d'après ma mère, c'était un sale type au final. Surtout, depuis que j'avais fugué. Bref, elle est libre maintenant ♥.

PS : ce n'est pas ma mère qui a décroché, mais ma demi-sœur. J'ai une petite sœur bordel ! J'ai hâte de la rencontrer ! J'espère qu'elle m'acceptera.

Sólrún Ikeda, c'était le nom de sa petite sœur. Née sous ordre de l'Incontestable, Karl avait eu peur qu'elle soit conditionnée par son père. Mais ce n'était pas le cas. Du côté de sa mère, elle était d'un naturel tolérant et avait accepté son grand frère assez rapidement. Disons que malgré une certaine méfiance en raison de l'abandon de son frère, elle avait décidé de lui donner une chance. Karl s'en était saisi et après avoir décidé de revenir sur Tokyo, il ne passait pas une semaine sans voir sa mère et sa sœur au moins une fois afin de retrouver le temps perdu et renouer des liens.

Sólrún adorait voir son frère, mais surtout ses renards, Sheldon et Asgeir. Asgeir était un jeune renard argenté, récupéré d'une ferme à fourrure illégale. Le pauvre animal s'était mangé la queue sous le stress et n'avait aucun instinct sauvage, mais surtout avait peur de tout et était associable avec ses semblables. Ne pouvant rester au village à cause de son comportement, Karl s'en était longuement occupé et le jeune renard avait fini par lui donner sa confiance, en plus de ne tolérer que la présence de son renard des neiges.

C'est cette rencontre avec Asgeir, ainsi que Masahiro Yamaguchi avec qui il avait travaillé au village de Zao, que Karl avait eu l'envie de créer un refuge. Celui à Tokyo était déjà très débordé par les abandons et souvent surchargé. Après en avoir parlé avec ses anciens patrons et s'être mis en accord pour une future collaboration, Yamaguchi et lui avaient fondé La Ménagerie. Un refuge dans le périmètre de Tokyo où les animaux autant domestiques que sauvages étaient recueillie. Ces derniers ne faisaient que passer, le temps d'être soignée. Mais il arrivait parfois que ces animaux sauvages soit trop handicapé pour retourner à la vie sauvage, mais pouvaient vivre encore correctement pour écarter l'euthanasie. Comme pour Sheldon et Asgeir. Ils étaient alors confiés à des parcs animaliers et dans ces rares cas, à des particuliers capacitaires avec un suivi de Karl derrière. Pour les domestiques, c'était plus Masahiro qui s'occupait du suivi, même si Karl pouvait aussi s'en charger. Le but du refuge n'était pas de satisfaire des clients, mais trouver une maison douce et aimante pour chaque animal recueilli.

C'est dans cette même période que Karl avait fait la connaissance de Matthias Isley, et son groupe de musique. À la base, le groupe déjà un peu connu, cherchait un batteur et Karl s'était laissé tenter pour qu'au final cette collaboration se transforme en une véritable amitié. Matthias était une personne très gentille et calme avec qui l'islandais se sentait bien et aimait être. Lui qui était toujours méfiant avec les autres, ce sentiment s'étouffait en la présence du roux et ça lui faisait du bien de pouvoir faire confiance à quelqu'un.
Dans le groupe en lui-même, Karl était plutôt discret, aimant son rôle arrière de batteur. On lui avait proposé plusieurs fois de chanter, mais il n'en avait jamais eu le courage. Après le concert, il avait cette tendance à fuir les spectateurs, ne supportant pas la foule ce qui entraîna une vague de mystère sur lui.

12 octobre 2109 (32 ans)

Sérieux la vie ! Ça sert à quoi de m'empêcher de me suicider si c'est pour, quand je vais bien, me faire un highkick dans la gueule coup de pied retourné ? J'ai cru mourir putain !

Shukumei. Un traumatisme pour beaucoup de Tokyoïtes et surtout Karl. Le jour du tsunami, il était dans le métro qui s'était rapidement retrouvé inondé. Pris par l'adrénaline, la seule chose qui avait occupé son esprit avait été d'ouvrir les portes entre les wagons afin de faire remonter les gens vers une zone plus sécurisée. Il s'était planté la main sous la pression des gens en forçant les portes avec un tournevis et ça l'avait plus énervé qu'autre chose. Ce fut une des rares fois où Karl avait montré son visage agressif face à l'individualité des gens en panique. Il avait eu plus peur pour la vie de son chien que la sienne, sachant ses renards en sécurité en périphérie de Tokyo.
Au final, il avait réussi à s'en sortir vivant et c'est après coup, une fois l'adrénaline retombée, qu'il s'était rendu compte qu'il aurait pu y passer et que le choc s'installa. Il était resté plusieurs jours chez sa mère et sa sœur qui l'avait aidé à retrouver le moral et pendant un temps, il avait refusé de prendre le métro.

Quelques jours plus tard, alors que Matthias et son groupe avaient "forcé" Karl à aller à la campagne pour lui changer les idées, le trentenaire avait reçu la fameuse lettre rose. Réaction : la panique. Pure et simple. Il l'avait jeté dans un coin avant de s'enfermer dans sa chambre pour pleurer, refusant de revivre un autre mariage donné par l'Incontestable.
C'est Matthias qui était venu le voir pour le rassurer et lui dire qu'il avait aussi reçu la lettre et que le nom de l'islandais y figurait. Ce jour-là, Karl raconta pour la première fois à quelqu'un le pourquoi de sa réaction et le traumatisme de son premier mariage. Son nouveau conjoint avait pris le temps de le rassurer ce qui avait apaisé Karl.
C'est dans cette même période que Karl s'était fait tatouer un phénix sur le bras droit, hésitant au début et convaincu par Matthias.
Au début, Karl avait cru un peu plus en l'Incontestable, le mariage se passant parfaitement bien et étant en confiance avec Matthias. Pour lui, Matthias était le mari parfait. Enfin, jusqu'à ce qu'il apprenne que ce n'était qu'un bug et que leur lien soit rompu. Karl reprit donc sa vie d'avant avec une grande déception sur le cœur et ne croyant définitivement plus au système nippon.
Système qui avait replanté encore une fois un peu plus d'un an plus tard. Karl n'en fut pas affecté, étant célibataire.

20 juin 2111 (34 ans)

Sólrún a chopé cette merde… Elle est en service de réanimation. Je vais finir par croire que je suis les "autres" du "ça n'arrive qu'aux autres".
J'ai pris une semaine de congés, j'ai fait mon sac, j'la passe au chevet de ma sœur.

Et c'est ce qu'il avait fait, restant auprès de sa sœur malade avec la boule au ventre de la perdre. Tous les jours, il était là pour la veiller et lui parler, espérant que ça l'aider à garder contact avec la vie. Au bout d'une semaine, elle finit par se réveiller et s'en sortie, à la plus grande joie de ses proches et de Karl.

Cette même peur, il l'a vécue quelques mois après, en décembre, quand il avait cru que sa mère et Ginko étaient mort. Mais n'avait pas compris immédiatement quand sa mère l'avait appelé pour savoir si lui était en vie aussi. Encore un foutu bug, il en fut même plus étonné.
Après avoir appris que les puces étaient défaillantes, il était allé de lui-même se présenter aux autorités pour la faire changer. Bien sûr que l'envie de fuir lui avait traversé l'esprit, mais par expérience, il savait que c'était peine perdue d'échapper à l'Incontestable. Et puis, c'était aussi abandonner encore une fois sa famille.

Au fond, même si Karl déteste le système nippon et la machine, il reste heureux. Parfois, sa dépression revient, mais tient la tête haute, car il ne s'est pas battu toutes ses années pour tout lâcher ; et ses proches sont toujours là pour l'aider. On pourrait dire qu'il a vaincu sa maladie, même si elle est toujours là.
Aujourd'hui, il a une maison aux abords de Tokyo avec un grand jardin entièrement aménagé pour ses animaux, il a sa famille, ses amis, un job stable qu'il aime. Il prend aussi de son temps libre pour participer à des groupes de dépressif et les aider à sortir la tête de l'eau, leur montrer qu'on peut s'en sortir. Même s'il a encore des démons, et que l'épée de Damoclès du mariage est encore là, il se sent utile et a appris à les étouffer après un long chemin.

Karl referma son journal avant de le ranger dans sa table basse. Il regarda par la fenêtre, la nuit tombait. Asgeir se leva de son panier et vint s'allonger sur Sheldon endormi sur le lit, qui couina. Cela le fit sourire. Karl se leva chercher un verre d'eau, caressant Alyosha au passage.
Demain, tu iras t’acheter un nouveau carnet en espérant y écrire que de belles choses.
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Le + beau des mecs.
Shôta

Shôta
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Salil ♥
Autre: ✚ Parle en : #cc6699
KARL. Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 367806265 Bon retour a lui Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 367806265♥
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire... Un jour, je recevrais cette lettre rose aussi !!
Autre: Merci à tout le monde pour l'accueil
Bon retour à toi, et métier super chouette. A très vite dans le monde du rp !
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Bon, c'est plus long à corriger que j'avais prévu Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 128457956

Natsume - Oh... you Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 2078551763

Shôta - C'est quoi ces icône pépé là ? Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 367806265...

Charline - Merci ♥.
— MODÉRATEUR FICHE —

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Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Paweł ♥
Autre: cause en #CC6666. Bosse chez un fleuriste. Aussi menteur que mignon. Aime le rose. Et les lapins. Et aimer, tout simplement.
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Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Milo ma petite Lune
Autre: constelle jm en #6699ff ✰
mon dieu c'est divin. Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 3637992759

bon retour à ton bonhomme!
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre:
Bienvenue ! Ou rebienvenue ? Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 517494357

Cette longueur de fiche Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 4200135721
Bon courage pour la fin de rédaction Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 128457956
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Les plus du perso :
Je suis: Pour ou contre l'Incontestable ?
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Re-bienvenu Karlito ! ♥
Bon courage pour ta fiche Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 1362171446
Même si c'est nous qui en aurons besoin après Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 4158426957
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Terminé !!!

Et encore pardon pour le modo qui va me corriger... Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 128457956

Ollie - OLLIIIIIE !!! ♥

Tomie - Merci Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 128457956

Reita - ... Ouai... et j'ai eu le message rouge comme quoi s'était trop long... heureusement que j'ai réservé trois postes Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 4158426957

Ashley - Mais non, faut juste poser un rtt pour tout lire Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 1858451716 .
— STAFF JM —

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Je suis: anti-Incontestable.
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Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Heureusement que j'ai eu un long week-end Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 3182035657

Du coup, voyons ta fichette. Je n'ai quasi rien à redire. Il y a quelques petites coquilles qui traînent par-ci, par-là mais elles sont assez peu nombreuses. J'te laisse juste modifier un tout petit passage.
♠ la révélation sur le projet Izanagi → Le nom du projet n'a pas été révélé, il a été gardé secret. Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 4115966937

Sinon j'ai beaucoup apprécié la manière dont t'as raconté son histoire, avec des bouts de son journal. J'ai eu des moments où j'étais triste pour lui, des envies de meurtre aussi. XD Par contre le commentaire de sa mère sur le premier morceau et la partie avec Magnéto m'ont bien fait rire. Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 3182035657

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Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. Y23dmr11
Thanks Kenken pour le kit et Kea pour le vava ♥
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Blblbl... je pensais pas passer si facilement (malgré mes recherches pour que ce soit solide) et que "quelques coquilles"... god merci ;w;.

J'ai corrigé le kwak que j'avais mal compris, enfin, j'ai enlevé la phrase, c'était plus simple.

Merci pour la forme, et j'en ai chier à coder le passage corrigé par la maman Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 3182035657. La première fois ça avait pas plus que je fasse autant de faute exprès, donc c'était un compromis. Je trouve que ça rend plus authentique Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 517494357.

Merci beaucoup pour ta modération, et ta patience ♥.
— STAFF JM —

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C'est tout bon pour moi du coup ! Quand la vie est contre toi, tu sautes ou tu ripostes. J'ai choisi de riposter. 1362171446
Amuse-toi bien avec ce grand gaillard !

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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