Shine bright tonight ✩ Moon  200803042355296862
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— Just Married —

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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Le radieux Jūzō ♥
Autre: Moon fredonne en #FF5733.
Raitô Moon
I’m broken.

Généralités
Nom ;;  « Raitô » ;« D’une banalité navrante… » a dit sa mère, lorsqu’elle s’est vue affublée de ce patronyme. Elle grimaçait d’ailleurs, se faisant la remarque qu’une fois prononcé, cela ressemblait à un mot anglais. Cette grande dame regrettait de ne pas avoir été mariée à un homme de son rang. Ou tout du moins, à quelqu’un d’influent. Il faut dire que se retrouver marié à une descendante de la noblesse japonaise avait de quoi intimider son père, simple facteur de la ville d’Uji au service de l’Incontestable. Aux yeux de sa femme, il n’était que déception
Prénoms ;;  « Moon » ; Tel est le nom que son père lui a donné. Car sa mère, elle, était tout sauf ravie d’avoir dû donner la vie : sa grossesse risquait de freiner sa carrière. Elle ne s’est pas franchement préoccupée de ce rejeton ordonné par l’Incontestable lors de ses premières années de vie. Le seul avantage qu’elle voyait à son existence, c’était qu’elle avait désormais un héritier. Un héritier qu’elle allait s’atteler à former à son image – ou du moins, c’était ce qu’elle espérait.
Et pourquoi la lune ? Car aux yeux du premier homme de sa vie, Moon est la lumière qui illumine ses nuits. La passion de cet homme pour l’astronomie ne doit pas être étrangère à une telle décision…
Âge ;; 29 Etés ; né le 16 Juillet 2083.
Genre ;; Une fée au Masculin.
Origines ;; Nippon pur sang ! De toute manière, Mère n’aime les gaijins que pour les affaires. Son cœur à lui se balade pourtant quelque part entre la Corée du Sud, la France et les étoiles.
Activité ;; Professeur des écoles d’une classe de maternelle à Tokyo, depuis près de 6 ans.
Sexualité ;; Elle va, elle vient. Douce et passionnée. Il Aime avec un grand A. Moon aime séduire autant qu’il apprécie se sentir convoité. Pour autant, cela fait bien longtemps maintenant qu’il n’essaye plus ; qu’il n’ose plus. Amoureux de son futur époux depuis le premier jour, il se considère comme étant Polyamoureux, par la force des choses. Mais dans les faits, il n’est qu’un Homoromantique, au passif amoureux des plus cahoteux.
Avatar ;; Kim Namjoon / RM / Rap Monster {BTS}
Règlement ;; Validey - Ari
Chemin ;; Les partenaires, il y a 4 ans. Shine bright tonight ✩ Moon  3182035657  #TeamVieilleBranche
Autre : Le dernier codage m'a trollée alors je retourne à mes classiques. Shine bright tonight ✩ Moon  4158426957
Histoire

/!\ Attention, cette histoire contient une scène de viol et une tentative de meurtre. /!\
La scène concernée a été mise sous hide, afin de préserver les âmes sensibles.


Dimanche 27 Octobre 2109 – 19h27


Je suis en plein interrogatoire, je crois. Pourtant l’homme qui me fait face n’a rien d’un policier… Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Je n’en ai pas la sensation. M’enfin, je n’ai plus beaucoup de sensations tout court pour le moment à vrai dire… Qu’il est dur d’émerger, de chasser ce nuage opaque qui a pris place dans ma tête, cohabitant avec une joyeuse migraine. J’ai mal. Je veux me rendormir… Tout est si blanc ici, si lumineux que j’ai l’impression qu’on a reset ma palette de couleurs. Les murs, les draps, mon plâtre, les blouses… Tout est blanc. Celle de mon médecin l’est tout autant. Je ne sais plus s’il est neurologue ou chef de service… Les deux peut-être ?

Il me demande des choses, je m'exécute.
Il me pose des questions, j’y réponds.
Et il note. Encore et encore. Jusqu’alors, il semble satisfait.

J’aimerais pouvoir en dire autant, mais j’ai soif. Et j’ai si mal… Plus ou moins partout à vrai dire. Les antidouleurs ne sont pas assez puissants… J’imagine qu’on reverra mon traitement à la fin de l’entretient. En attendant, je ravale mes plaintes et mes larmes, comme toujours. J’ai hâte que ce soit fini, d’être soulagé. De grâce !

Cela dit, j'essaye de cacher une petite pointe d’agacement. Car, à force d’être pressé comme un citron, j’ai la sensation qu’il cherche la petite bête, ce cher docteur. Qu’il attend la question piège.
Pour passer le temps, je reluque ses lunettes de vue. Je les trouve jolies, originales. Pas comme les miennes, de loin plus sobres. Je me demande bien où j’ai pu les mettre, d’ailleurs…

« Pouvez-vous m’indiquer la date, Raitô-san ? »

Un soupir fatigué m’échappe. Je grommelle : « Mh… Le 13 Septembre 2108. »

Hochement de tête machinal. Mais au moment de noter, il se fige. On dirait qu’il a compris quelque chose. Je n’ai pas parlé assez fort ? A de nombreuses reprises, il tendait l'oreille quand je répondais. Je suis si lessivé que l’option n’est pas à écarter.  Il me fixe. Je fronce les sourcils.

« … Vous pouvez répéter, s’il vous plait ? »
« Euh… Le 13 Septembre 2108 … Non ? »

Non.

Un blanc s’installe. Nous parlons quelques temps encore, mais je sens une crispation chez mon vis-à-vis. Le doute s’installe dans mon esprit. De l’aspect plus fonctionnel des premiers tests qu’il m’a fait faire, les questions se font plus précises. Temporelles comme personnelles. Et je dois bien me rendre à l’évidence… J’ai du mal à répondre. Beaucoup de mal. Peut-être car je suis encore à moitié dans les vapes ? Il faut dire que mon esprit, c'est de la ouate. Une boule cotonneuse toute douce, rassurante. Un cocon. Seulement, depuis cette fameuse question, je devine que quelque chose cloche. J’imagine qu’avec mes quelques jours de sommeil comateux, je me suis trompé de peu. Ça arrive.

Une fois l’entretien terminé, il m’annonce qu’il va me faire passer des tests supplémentaires, car il semblerait que ma mémoire soit affectée. Je n’y crois pas, j'en pouffe même. C’est une mauvaise blague ? J’ai juste du mal à émerger, rien de grave ! Du moins, j’y croyais. Jusqu’à ce qu’il me montre la date sur son mobile. Mes paupières s’entrouvrent davantage. Je me transforme en statue de cire. Une année. J’aurais oublié plus d’une année de ma vie ?... Il me rassure, me dit que c’est sûrement une amnésie temporaire, que cela va se décanter. Je veux bien le croire. Le contraire me semble inconcevable.

Au diagnostic préliminaire post-apocalypse m’informant que j’ai une jambe cassée, de nombreux hématomes sur le buste, l’abdomen et les avant-bras ainsi qu’un trauma crânien supposément de gravité moindre, s’ajoute maintenant la variante perte de mémoire.

J’espère que les examens seront rassurants…



Mercredi 6 Novembre 2109


Sourire avenant, réconfortant. Le genre qui invite à s’épancher. Elle a la tête de l’emploi, mais je la sens fatiguée. Une telle proportion d’anticernes, ce n’est pas sans raison. J’imagine qu’elle a eu beaucoup de travail après la catastrophe. Personnellement, il m’a fallu un moment pour assimiler. J’ai pourtant dû m’y résoudre, en observant mon triste état. Je n’aurais pas fini ainsi si je ne m’étais pas pris une vague gigantesque sur la tête ! A la télévision, on ne parle que de ça. C’est déprimant... Nous sommes en deuil, tous autant que nous sommes.

Je suis un miraculé.
J’ai été sauvé et j’en suis immensément reconnaissant !

Il faudra que je songe à demander le nom de ceux qui m’ont aidé pour les remercier un jour… D’autres n’ont pas eu ma chance. Aussi, même si l’idée de rester un moment alité me frustre au plus haut point, je tente d’accepter mon sort.

Et ça passe, entre autres, par accepter la présence de cette gentille dame dans mon quotidien pour l’instant. C’est la première fois que je la vois, certainement car il n’y a pas assez de personnel soignant à l’écoute des patients dans un tel climat. J’aime bien sa voix. Je ne lui en veux pas de me voir si tard. Après tout, mon état psychologique n’a rien de grave. « Je vais bien ! », c’est ce que je n’arrête pas de lui répéter. Sauf qu’elle ne semble pas me croire.

« Raitô-san… Comment vous sentez-vous vis-à-vis de votre diagnostic ? »
« Ca va vous paraitre bizarre je pense, mais… Je ne le prends pas mal. Bien sûr, c’est perturbant de se dire qu’on a la mémoire défectueuse. Mais au fond… Ça change rien pour moi. Je veux dire, j’ai pas l’impression d’être différent de celui que j’étais avant. J’ai des souvenirs tout de même ! Beaucoup, maintenant. »

Ok, j’exagère. Mais il y a du mieux ! A mon réveil, je peinais à faire le lien entre les images que j’avais dans la tête et les informations qui étaient ancrées en moi. Sûrement des difficultés à émerger. Il m’a fallu quelques jours pour aller mieux, pour dissiper le nuage compact dans lequel j’étais prisonnier. Et quelques autres réaliser ce qu’il m’était arrivé.

« Mais je reste moi ! Mes souvenirs, je les retrouverai. Ce n’est qu’une question de temps ! L’important, c’est que je sois en vie, non ? »
« Tout à fait ! Vous avez raison. » Elle note. « J’ai entendu dire que votre père était venu vous voir il y a quelques jours… Racontez-moi. »

Evidemment, il fallait qu’elle aborde le sujet.
Ma mâchoire se crispe. Les images se succèdent. Souvenir douloureux. Je déglutis, détourne les yeux pour la première fois.

« Je ne… l’ai pas reconnu. »

Elle hoche la tête. Je n’arrive pas à dire un mot de plus.

« Qu’avez-vous ressenti ...? Vous ne vous souveniez vraiment de rien ? »
« Si, mais… » Je souffle, tourmenté par nos retrouvailles. « Sa voix me disait quelque chose. Je sentais que je le connaissais, que c’était quelqu’un que j’aimais particulièrement. Seulement… » Ma respiration se fait lourde. Ne pas se laisser submerger par l’émotion. « Le père dont je me souviens n’a jamais porté de lunettes. Il était plus musclé, moins rondouillard, moins voûté. Il était plus souriant, moins effrayé. Il n’était pas poivre-sel. Il portait toujours une montre à gousset à la ceinture et une chaîne en argent autour du cou… Cet homme que j’ai rencontré, c’est aussi mon père, oui. Maintenant j’en suis sûr, après avoir discuté et passé du temps avec lui. Sauf que c’est mon père avec 10, peut-être 15 ans de plus que dans mes souvenirs ?... » Ma main, tremblante d’émotion, saisit mon verre afin que je me désaltère. J’en ai besoin, pour cacher les tressaillements dans ma voix. « Je lui ai fait du mal. Et je m’en veux pour ça. »

J’ai bien cru avoir brisé son cœur quand je lui ai lâché mon « Bonjour monsieur ». Mon père n’est pas quelqu’un qui montre quand il souffre. Tel père, tel fils. Je l’ai senti, pourtant. Alors, au fur et à mesure de la conversation, quand je l’ai replacé, quand j’ai mis un nouveau visage sur mes souvenirs, j’ai ressenti une énorme culpabilité m’envahir. Il ne mérite pas ça. Je sais bien qu’il ne m’en veut pas – il est trop heureux que je sois en vie pour ça – mais tout de même !

Je tente de me reprendre. La psychologue se redresse, souriante.

« Vous savez, Raitô-san, ce que vous vivez est tout à fait normal. Vous avez survécu à une catastrophe naturelle. Il est normal de ne pas en sortir totalement indemne. Malheureusement, pour vous, la cause n’est pas que fonctionnelle. »

Son regard d’ambre bifurque vers ma jambe gauche, celle qui m’affecte le plus maintenant. Apparemment, je suis parti pour un peu moins d’un mois et demi alité ici. S'en suivra ensuite une longue rééducation, pour réapprendre à marcher avec un tibia fragilisé. Ça fait bizarre d’avoir toujours une jambe en l’air, immobilisée d’un plâtre du pied jusqu’en haut de la cuisse. Le pire, c’est quand je sens des fourmis dans ma jambe, ou qu’elle me démange. Une vraie torture ! Puis, je suis du genre actif. Alors, rester au lit juste avec un ordi entre les mains, ou zapper sur les différentes chaînes de télévision, c’est vraiment pas ma tasse de thé ! Je m’ennuie à mourir... J’ai tellement hâte que tout soit fini ! Je n’ose même pas imaginer la tête que j’ai, après être passé sur le billard pour mon trauma’. J’dois ressembler à rien…

Mais elle ne se préoccupe pas de mon état physique, elle. Ses mireilles glissent vers mes avant-bras, qui étaient parsemés de cercles difformes jaunes/verdâtres à mon réveil. Vestiges d’hématomes. Les médecins ont dû lui parler... Ses yeux rejoignent les miens.

« Les examens ont révélé que votre amnésie n'est pas due à votre traumatisme, mais à une source psychologique... Qu'en pensez-vous, Raitô-san ? »
J’hausse les épaules, un sourire mutin aux lèvres.
« Eh bien… Ça me semble logique. Je me suis quand même pris une vague sur la tête: il y a de quoi traumatiser tout le monde ! »

Mon rire s’envole. J’ai besoin de détendre l’atmosphère. Effectivement, j’ai oublié une partie des événements avant la catastrophe, mais je n’ai pas de souci à me créer de nouveaux souvenirs. C’est une amnésie rétrograde, à source psychogène. Les résultats parfaits de mes imageries cérébrales le prouvent. Voilà comment je me suis retrouvé à dialoguer avec cette gentille dame… Qui ne se laisse pas berner par ma bonne humeur.

« Selon vous, donc… Ce serait dû à la vague ? »

Mon regard se perd un instant. Mon esprit se vide. Je sens le sous-entendu pour les hématomes. Il parait qu’ils n’étaient vraiment pas beaux à voir, quand je suis arrivé... Oui, Madame. Moi aussi je trouve ça bizarre, mais non, je n’ai pas d’explication. Et je ne suis pas sûr de vouloir savoir.

Je penche la tête sur le côté: « A quoi ce serait dû sinon ? »

J’élude la question, elle semble compatir. Mais je n’ai pas envie d’en parler. Je ne suis pas quelqu’un qui parle facilement quand ça ne va pas. Il y a des limites à ne pas dépasser, et là, je me sens sincèrement dans une mauvaise position. Si je n’étais pas cloué sur ce lit, j’aurais déjà pris congé…

« J’ai lu sur les transmissions que vous aviez fait des cauchemars ces dernières nuits. Vous pouvez m’en parler ? »

J’acquiesce. D’ordinaire, je dors déjà peu, mais depuis que je suis sorti du coma, les rares fois où le sommeil m’emporte, je ne me sens pas bien. Je vois des choses qui m’effraient, me donnent des sueurs froides. Il m’est arrivé de me réveiller à plusieurs reprises en m’accrochant à mes ridelles, comme un naufragé à la mer, ma blouse trempée de sueur. Alors je raconte sans omettre de détails, le peu de choses dont je me rappelle. Un homme. Je le connaissais, mais je ne sais plus qui c’est. Une arme de poing. De multiples tatouages… Et surtout, la présence d’un élément qui me rend perplexe : une lettre rose.

Avec un peu de chance, ce n’est rien d’important…



{…}


Les mauvaises nuits se sont multipliées. Elles ont perduré, longtemps. Si chaque endormissement ne résultait pas forcément sur un cauchemar, pendant des mois je n’ai pas été serein à l’idée de m’endormir.

Au départ, tout était très flou. Ça me revenait par morceaux. Une image. Une odeur. Un son.
Le réveil, lui, demeurait le même : une intense sensation d’insécurité m’étreignait.
Et j’étais incapable de l’expliquer.

Il m’a fallu du temps pour comprendre, pour rassembler les pièces du puzzle. Un peu plus encore pour accepter que ce n’était pas qu’un songe, que tout ce que mon cerveau cassé m’envoyait comme visions, je l’avais déjà vécu. Tout ça m’était arrivé… Quelques minutes seulement avant que la vague ne déferle sur Tokyo.

Avec le recul, je pense que je tentais de fuir… Car je ne voulais pas me souvenir.

J’avais rendez-vous, dans une bâtisse en décrépitude. Sûrement une ancienne usine, désaffectée depuis longtemps. Un endroit abandonné comme il y en a des milliers sur le sol japonais. Etonnamment, c’était un lieu qui m’inspirait confiance, bien que les alentours soient déserts. Je me souvenais y être allé souvent avec des amis. C’était un lieu de rencontre, où l’on dansait, où l’on chantait...
Et c’est bien pour cette raison que je m’y suis rendu sans crainte cette fois encore.

Je n’aurais pas dû.

L’air était saturé d’une odeur prégnante de tabac froid. Ça venait de lui, de l’une des nombreuses cancerettes qu’il avait fumées en m’attendant. Il s’agissait d’un de mes derniers amants. Ce n’était pourtant pas dans mes habitudes d’en avoir, avant. Aujourd’hui encore, j’ignore pourquoi j’ai multiplié les conquêtes à cette période de ma vie. Je suppose que je peinais à me remettre d’une déception amoureuse, mais je n’en ai pas la preuve. Le seul départ de Sarah de notre colocation ne peut expliquer un tel laisser-aller...

Toujours est-il qu’il m’avait appelé en urgence ce midi-là. Aussi ai-je répondu présent. Car je l’appréciais. Car je lui faisais confiance.

Mais rien ne s’est passé comme je l’imaginais.
Il a agité une jolie enveloppe rose sous mon nez, me demandant si j’en avais reçu une de mon côté. Evidemment, ce n’était pas le cas. Mon cœur s’est serré en observant le rectangle coloré. Ça faisait des années que j’espérais la recevoir… J’ai même cru que c’était mon tour, une fois : quand mon amie et colocataire a reçu la sienne dans notre boite aux lettres commune. Mais non…

Et si la réaction explosive de Sarah à l’annonce de son mariage m’avait affecté, elle n’était rien comparée à celle que me réservait Ryôma.

Sur un coup de tête, il enflamma sa lettre. Je lui ai sauté dessus. Pour arrêter le feu, pour sauver le pauvre papier qui n’avait rien demandé. Peut-être l’ai-je pris personnellement, imaginant qu’il brûlait ma lettre ? Ou peut-être désirai-je sincèrement le raisonner afin qu’il n’aille pas en cellule ? Je l’ignore encore... Toujours est-il que ma réaction fut instinctive, viscérale.

Après, on s’est méchamment embrouillés. Au cours de notre joute verbale, j’ai fini par comprendre que cet homme impulsif et brutal avait un penchant pour moi… Et qu’il me considérait comme sa propriété.

Il était beaucoup trop tard pour ça, mais j’ai compris que je n’aurais même pas dû poser les yeux sur cet homme. Sarah m’avait bien mis en garde pourtant, quand je me suis mis à le fréquenter. Une rumeur courrait selon laquelle ce type était un Yakuza, trempant dans le trafic de stupéfiants.
Mais je ne l’ai pas crue. J’aurais dû…






Tout est devenu flou. J’étais là sans être là. J’entendais des cris, puis un bruit menaçant qui se rapprochait. J’ai lâché prise, persuadé que j’allais mourir. Ma tête a roulé sur le côté, mes yeux se posant sur la lettre de Ryôma.

Ma dernière pensée fut pour mon futur époux :

Pardon, mon cœur... Je pars d’abord. Tu ne me connais pas, mais j’aurais tellement voulu que ce soit le cas. J’aurais voulu t’aimer en personne, te faire savoir que je t’ai toujours attendu, que je suis heureux de t’avoir connu…
Je t’aime… Ne m'en veux pas trop…


Et puis, ce fut le trou noir.



Dimanche 21 Janvier 2110 – 3h03


Le réveil est violent.
J’hurle à pleins poumons, m’accrochant corps et âme au plaid que Sarah m’a donné pour dormir sur son canapé. Je loge chez elle le temps que ma jambe se rétablisse assez pour que je marche correctement avec une canne. Heureusement, ma sauveuse surgit dans le salon, suivie de près par son mari qui allume toutes les lumières. Alertés par mes cris de panique, ils s’inquiètent. Elle se précipite sur moi, me caresse le visage. Je réalise alors que je suis trempé de sueur, que mes yeux ruissèlent encore. Comme dans mon cauchemar.
Je me blottis contre le corps fragile de ma meilleure amie, tombant du sofa. Elle m’enferme dans ses bras et me berce fermement pour me faire revenir à la réalité. Je tire désespérément sur sa robe de nuit, pour qu’elle ne me lâche pas.

Elle me questionne longuement, tel un disque rayé. Finalement, ma voix se brise :

« Je voulais pas savoir ! Je voulais pas savoir c’qu’il s’est passé ce jour-là, Sarah… Je voulais pas… »
« Quoi, Moon ? Qu’est-ce que tu voulais pas savoir ?... »
« Il… Il a… » Je renifle, lâchant dans un sanglot : « Il a voulu me tuer… »

Je ne lui en dirais pas plus. Jamais. A personne. Pas maintenant du moins. C’est trop dur, c’est trop frais. Je ne peux pas...
Mais je sais maintenant que ce jour-là, sans Shukûmei… Je serais mort.



Vendredi 29 Mai 2111


« Non ! C’est toi qui ne comprends rien, Ikuto ! »

Paupières closes, je retiens un soupir pour ne pas réveiller bébé Luna, qui s’est enfin assoupie. Depuis une demi-heure que je la berce contre mon cœur, j’entends mon amie beugler sur son mari au téléphone. Bien qu’elle fasse les cents pas sur le balcon depuis un bon moment maintenant, elle crie si fort que je l’entends depuis la chambre d’amis – qu’elle s’est attribuée trois semaines auparavant. C’est à se demander si ça servait à quelque chose que je déménage et qu’elle finisse mariée si c’est pour que l’on se retrouve dans la même situation qu’avant Shukumei ! La seule chose qui a réellement changé… C’est qu’elle est devenue maman.

Je jette un coup d’œil à la petite poupée de 6 mois blottie contre moi. Le mois dernier, des rumeurs courraient comme quoi de nombreux moniteurs avaient cessé de fonctionner. De rares personnes de mon entourage se demandaient même si l’Incontestable n’avait pas rendu l’âme. Moi, je n’y croyais pas. C’était impossible !

Et puis, un soir, Sarah s’est pointée chez moi, avec son bébé et sa valise sous le bras. Malgré mes suppliques d’aller retrouver son mari pour ne pas se faire emporter par la milice, elle est restée. Les jours sont passés, mais pas la milice. A plusieurs reprises, Ikuto a tenté de se réconcilier avec sa (tête de mule de) femme, employant toutes les méthodes de pour-parler possibles et imaginables. En vain.

Dans les faits, leur couple n’a pas de problème. Au contraire, la naissance de Luna les a soudés plus que jamais. D’autant plus que, malgré son aversion viscérale pour la machine qui régit nos vies, Sarah avait fini par tomber sous le charme de son époux. L’arrivée de Luna n’était que la suite logique de leur idylle…

Le seul point noir de leur histoire, c’est que Sarah hait l’Incontestable.
Alors qu’elle entrait dans l’adolescence, elle a été contrainte de suivre ses parents au Japon. Son père avait une belle opportunité professionnelle et sa mère cherchait à renouer avec ses lointaines racines nipponnes. Seulement, après leur naturalisation, l’Incontestable les a séparés. Sarah ne l’a jamais accepté.
Je peux l’entendre… Mais pour Ikuto, c’est plus compliqué.

La panne des moniteurs a réveillé le démon de l’insurrection dans le cœur de Sarah ; une position que son mari ne peut décemment pas soutenir.

Sentant que la respiration du petit être d’amour s’est ralentie sous mes doigts, j’entreprends de la déposer dans son berceau et de la couvrir. Je dépose ensuite dépose un baiser papillon au sommet de sa jolie frimousse ensommeillée. Elle grimace entre deux songes, visiblement dérangée, ce qui stimule mes zygomatiques. Elle est si mignonne… Si petite, si fragile. Si insouciante. A mon humble place de « tonton Moon », j’essaye de la préserver des mauvaises ondes de ses parents.

Pour m’assurer qu’elle s’endorme profondément, je récupère mon fidèle violon et me redresse. Coinçant la mentonnière sous ma mâchoire, j’inspire profondément. Je prépare mon archet et, une fois le vide fait dans mon esprit, je laisse glisser la mèche contre les cordes. J’interprète une mélodie de mon invention, fredonnant des paroles imaginaires en parallèle. Cette chanson n’a aucune prétention, si ce n’est celle de rappeler à Luna que j’étais là, tout au long de la grossesse de sa mère. Que les sons tendres et englobants que je jouais alors, ils étaient pour elle. Que toujours, Sarah et elle pourront compter sur moi. Toujours.

J’ignore combien de temps de joue. Plus que nécessaire en tout cas. La voix de Sarah s’est tue depuis un moment. Le visage de Luna s'est apaisé.

Je troque mon violon contre ma 3e jambe, ma canne. Sur conseil de mon kiné, j’avais cessé de l’utiliser depuis quelques semaines, malgré les quelques faiblesses qui persistaient dans ma patte folle. Mais j’ai trébuché en revenant des courses tout à l’heure. Depuis, elle me fait mal… Je n’ai pas envie de réitérer l’expérience.

A pas de velours, je m’éclipse puis regagne la cuisine. Sarah a eu la bonté de me servir un chocolat chaud fumant, en complément de son café serré. Comme avant… Hélas, si elle ne crie plus, elle ressent toujours le besoin de râler. Je m’installe à table et, d’une oreille inattentive, je l’écoute. Voilà trois semaines que j’ai droit au même refrain tous les soirs, à son exposé sur la situation du Japon, à son désir ardent d’une renaissance du mouvement des Incontrôlables – des criminels dont le soulèvement a été tué dans l’œuf des années auparavant, à mon grand soulagement – afin de mettre un point final au règne de l’Incontestable. Elle répète qu’Ikuto ne comprend rien, qu’il ne voit pas à quel point le gouvernement nous manipule…

Mais ce soir, je ne dois pas être dans mon état normal. Je ne suis pas assez fort pour encaisser sans sourciller ses propos qui vont en tous points à l’encontre de mes opinions. Sous la table, mes doigts tremblants s’entrelacent. L’émotion monte. C’est comme si chaque mot qui sortait de sa bouche finissait en coup de couteau dans ma poitrine… Je n’arrive plus à respirer.

« Sarah… Je t’aime très fort et je respecte tes choix, vraiment. » commencé-je, d’une voix atone, acquiesçant pour m’en convaincre. « Par contre, il faut vraiment que je te dise : à mes yeux, tu n’es qu’une égoïste. »

La bombe est lâchée. Elle écarquille les yeux, atterrée par ce qu’elle vient d’entendre. Peut-être est-ce la première fois de ma vie que je m’aventure à aller à contre-courant de ses idées, à exprimer les miennes en toute liberté. Avec le joyeux bordel qu’est ma mémoire, je ne suis pas sûr de l’avoir un jour contredite… Fébrilement, je déglutis, réalisant par la même occasion que ma gorge est terriblement sèche.

« Si je comprends ton opinion, en ce moment, je ne peux pas m’empêcher de t’en vouloir de me dire tout ça... J’veux dire, te rends-tu seulement compte que de la chance que tu as ?! Un job que tu aimes, des parents à l’écoute, des amis présents, un mari aimant, un bébé… »

Plus les mots sortent, plus ma voix chevrote. Ma vision se trouble. Le choc sur les traits de Sarah se mue en quelque chose semblable à de la pitié. Je ne dois pas pleurer.

« As-tu la moindre idée de ce que je donnerais pour l’avoir, moi, ta vie ?! Ça ne fait pas longtemps que je peux exercer de nouveau à peu près aussi aisément qu’avant, ma mère n’est venue me voir qu’une fois depuis que j’ai manqué de finir noyé, j’ai perdu la moitié de mes amis car ils n’ont pas accepté que je ne me souvienne pas d’eux et je- je-… »
« Moon… » murmure-t-elle en s’asseyant à mes côtés.

Une perle de tristesse roule le long de ma joue. Ses mains s’en viennent recouvrir affectueusement mes miennes, passées en mode vibreur. Je laisse échapper un sanglot douloureux, mes épaules tressautant malgré moi.

« Je ne… sais pas ce que donnaient mes amours avant Shukumei mais, ce qui est sûr, c’est que depuis la vague, ma situation sentimentale est au point mort ! » lâché-je, véritablement affecté par cela.

La responsable, elle est accrochée à ma chaise. C’est vrai que c’est hyper sexy, les cannes ! Comment aurais-je le cran d’aller draguer le premier mignon qui passe si je ne suis même plus capable de danser aussi librement qu’avant ?! Je m’en veux, de peiner autant à retrouver mes capacités ! Je m’en veux, de complexer sur mon boitillement ! Je suis prêt à mettre ma main à couper que j’ai gravement perdu en assurance depuis la catastrophe ! Et le pire, c’est que les autres ne se rendent pas compte de ce que je ressens... Je suis peut-être meilleur comédien que je ne le pensais.

Mâchoires crispées, je secoue la tête et assène :

« Ça va faire 12 ans, Sarah. 12 ans que j’espère, que je désespère de recevoir ma lettre ! Et toi, qui n’en veux même pas, tu la reçois ! Tu tombes sur un mari adorable, tu fondes ta famille alors que tu ne voulais pas d’enfant … ! » L’émotion m’essouffle, je dégage rageusement les larmes qui me ravagent le visage : « Crois-moi, si je le pouvais, j’échangerais ma vie contre la tienne sans hésiter ! Si toi tu rêves que l’Incontestable soit éteint, moi, j’espère encore que l’Incontestable exauce mon rêve ! Je vais devenir quoi, moi, si il s’arrête ?! »
« Tais-toi, idiot. » me gronde-t-elle, m’attirant vivement contre elle.

Au comble du désespoir, je me noie sans réfléchir dans son étreinte. Mon visage se fraye un chemin au creux de son cou, mes bras se nouant à son petit corps. Et je me laisse aller. Je laisse parler mes émotions, malgré la honte et la culpabilité de le faire. Si la femme qui me sert de mère était là, j’aurais droit à un sermon pour mon absence de virilité, c’est certain. Mais Sarah n’est pas cette femme. Sarah est ma meilleure amie. Et en tant que telle, elle me console. Elle attend que le tumulte de mon âme s’exprime, y allant de caresses et de baisers pour me calmer. Puis, une fois que j’ai cessé de pleurer, que je suis lessivé, elle me fait redresser le menton pour planter ses iris françaises dans les miennes.

« Ecoute-moi bien, Moon… Rien ne t’empêche de réaliser ton rêve par tes propres moyens, tu m’entends ? Si l’Incontestable ne te marie pas, rien ne t’empêche de te trouver un gentil petit homme toi-même. Tu as su en trouver par le passé et tu le peux encore ! Tout comme rien ne t’empêche d’avoir un bébé ! Il y a plein de manières d’avoir un enfant de nos jours. » Elle sourit, efface les dernières traces de mon chagrin. « Je suis sûre que tu serais un papa formidable… »

Je pouffe, haussant des sourcils d’un air de ne pas y croire. Moi, j’ai été élevé avec le modèle d’une famille formée par l’Incontestable. Je n’ai jamais pensé une seconde à déroger à cet idéal. Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que je me suis orienté vers mon métier. « Si mon futur mari ne veut pas d’enfants, au moins, je travaille auprès d’eux… » pensai-je. Mais force est de constater qu’avec le temps, je réalise que ce choix n’est pas suffisant pour endiguer mon désir d’enfants...

Je me dégage de son étreinte sans un mot, me décidant enfin à siroter mon chocolat, désormais tiède. Ce n’est que quand je repose ma tasse que sa tête rejoint mon épaule, murmurant simplement :

« Tu as le droit au bonheur, mon Moon. Mais la seule personne réellement capable de réaliser tes rêves, c’est toi. »



Samedi 4 Juillet 2111


Elle s’appelait Emi. Elle n’avait que 4 ans...

Cette constatation tourne en boucle dans ma tête depuis que je suis assis sur cette chaise, attendant mon tour pour présenter mes respects à la petite défunte, ainsi qu’à ses parents. Non. En fait, elle me reste en tête depuis plusieurs jours maintenant. Depuis que ma directrice m’a appelé, au petit matin, pour me prévenir qu’Emi était décédée à l’hôpital durant la nuit. Depuis que j’ai dû trouver les « bons » mots pour informer mes élèves que leur camarade, absente depuis la mi-Juin en raison qu’une « grippe estivale », ne reviendrait jamais.

Et maintenant, je réfléchis à quels « bons mots » dire à ses parents, pour exprimer mes condoléances. Y’en a-t-il seulement ? Existe-t-il dans ce monde des mots qui pourraient réconforter des parents de la perte de leur enfant unique, emportée par la maladie ?
Je ne le crois pas.

Je n’ai pas d’enfant, je n’en aurais peut-être jamais. Mais que l’on me retire l’un de mes élèves de manière aussi cruelle… Je ne l’accepte pas. Rien ne justifie que l’on doive remplir ce minuscule cercueil. Rien. Les pupilles fixées sur la boite, j’empêche mes doigts d’enserrer le tube cartonné contenant tous les dessins des camarades d’Emi. Il ne faudrait pas les abimer !

Comment on en est arrivés là …? On n’en parle pas, mais on le soupçonne. Il y a peu, notre ministre de l’intérieur nous a confié que le bug des moniteurs était une expérience sociale. Le gouvernement l’avait organisée pour juger de l’efficacité des bienfaits de l’Incontestable, une fois désactivé… Peu après, beaucoup de mes concitoyens sont tombés malades. Il fallait que certains, trop faibles, succombent à ces affections… Et Emi, hélas, en fait partie.

La petite timide de ma classe, qui commençait à s’ouvrir aux autres, qui riait de bon cœur aux blagues nulles de ses camarades et se trouvait être très douée en dessin malgré son jeune âge…

Je ne comprends pas pourquoi c’est tombé sur elle et pas sur moi ! Elle ne connaissait pourtant pas grand-chose du fonctionnement de l’Incontestable, vu son jeune âge. Il aurait été logique que moi, si bouleversé par tous ces événements, je sois touché ! Mais non, je vais bien. Je n’ai pas l’ombre d’un rhume. Mon père, mon si doux papa m’inquiète toutefois. La dernière fois que je l’ai eu au téléphone, il disait avoir des migraines depuis quelques temps. J’espère que ce n’est pas lié à cette fichue épidémie ! Je ne m’en remettrais pas si, en plus de devoir dire adieu à mon élève, je devais aussi préparer les obsèques de mon propre père…

C’est à moi d’adresser mes respects au petit cadavre d’Emi. J’inspire, tâche de ravaler le flot d’incompréhension qui me tourmente et je me lève. Je bombe le torse, m’incline devant la photo de la petite fille. Je prends un temps pour la remercier d’avoir partagé un bout de ma vie, avant de me présenter à ses parents. Derrière moi, plusieurs parents d’élèves scrutent mes réactions, tout aussi bouleversés. Mais je suis le professeur. Contrairement à eux, je ne peux pas me permettre de vaciller... Pas autant que je pleure, en mon for intérieur. Quand vient mon tour de parler aux parents, dévastés, je ne sais que dire… Alors je m’incline, la mort dans l’âme.

« Suzume-san… Je vous présente mes plus sincères condoléances. »

Je les regarde, l’un après l’autre, d’ores et déjà certain que, quoi qu’il m’arrive à l’avenir, je ne pourrais pas oublier cette scène. Jamais. Ils me sourient poliment. Leurs visages, épuisés, portent les stigmates de toutes ces larmes qu’ils ont versées. Humblement, je leur remets le tube.

« Ses camarades lui ont fait des dessins… Elle va beaucoup nous manquer. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous savez où me trouver... »



Dimanche 17 Juillet 2112


Je me penche vers l’appareil photo, m’affairant aux derniers réglages. Même en ayant perdu bon nombre de mes souvenirs, je n’ai pas perdu ce rituel entre moi et la caméra. A chacun de mes anniversaires ou presque, depuis que j’ai l’âge de me marier, je filme une vidéo à l’intention de mon futur époux. Ça me tenait à cœur. Même si l’on ne se connait pas, je voulais lui montrer à quel point je l’incluais dans mon quotidien. Ainsi, quand nous serions mariés, il saurait que je l’attendais depuis longtemps… Depuis trop de temps.

En effet, la vidéo que je m’apprête à tourner ce soir sera la dernière.

J’ai le trac ; comme la première fois.
Ça fait des jours, des semaines, des mois que j’y songe maintenant. J’ai même hésité à cesser purement et simplement, sans crier gare. Car au fond, à quoi bon ? Mais je m’en serais voulu si j’avais coupé court à notre « relation » de la sorte : ça n’est pas mon genre. Ça paraitra peut-être ridicule pour certains, mais j’ai trop de respect pour mon futur époux pour lui faire ça. Fût-il le fruit de mon imagination…

J’inspire profondément. Je suis raide comme un piquet. Je déglutis, chassant au mieux le nœud qui étreint ma gorge.

J’appuie sur le bouton d’enregistrement. Puis, je force un sourire.  

« Salut… » Pas de mon cœur. Pas de mon amour. cette fois. « Ça fait longtemps hein …? » Plus que d’ordinaire, en effet. Il s’est écoulé deux ans depuis la dernière. Après le décès d’Emi, je n’ai pas eu le cœur de me confier à une simple caméra. Si ça se trouve, j’ai simplement mûri ? « Désolé de pas t’avoir repris depuis la dernière fois… Il s’est passé beaucoup… vraiment beaucoup de choses dans ma vie depuis. Et je n’arrivais pas à me résoudre à te parler de tout ça. Même aujourd’hui, c’est compliqué… »

Mes mâchoires se serrent. Mes doigts triturent la feuille de papier froissé tâchée de larmes sur mes genoux ; cette missive que j’aurais préféré ne jamais recevoir.

« Je vais pas y aller par quatre chemins : ceci est ma dernière vidéo… J’ai fini par comprendre, au bout de toutes ces années… Que tu n’arriveras certainement jamais. »

Les trémolos dans ma voix s’avèrent durs à tempérer. Car, dieu, ce que je l’espérais, ce mariage ! Toute ma vie ou presque, je l’ai attendu. Avec d’autant plus d’impatience depuis que j’ai eu l’âge requis. En vain.

J’inspire avec difficulté, avant de lancer la bombe :

« Et puis, si tant est que tu arriverais dans ma vie… Rien ne me garantit que nous aurions un mariage heureux. » Que ce soit par l'union avec une femme, un homme hétérosexuel, ou pire... Un sourire contrit aux lèvres, je désigne la feuille de papier que je tiens entre les mains à l’objectif : « Mon père… N’a pas eu cette chance. »

Un pouffement désabusé m’échappe tandis que mon regard plonge vers cette lettre, reçue quelques mois plus tôt… Celle qu’il m’a envoyée avant de disparaitre.

« Il y a quelques mois, il m’a confié le calvaire qu’a été son mariage… Et je pense, vu ce qu’il m’a écrit, que le terme n’est même pas assez fort. »

Un silence pesant s’étire.
Doucement, je me laisse envahir par les souvenirs. Je me rappelle à peu près de mon enfance malgré mon amnésie. Elle n’était pas malheureuse, mais elle n’était pas particulièrement heureuse non plus. Mais s’il y a bien une chose dont je suis sûr, c’est que mes meilleurs moments, je les partageais avec mon père. Cet homme doux, que j’avais pourtant totalement occulté après Shukumei...

Pendant toutes ces années de mariage, je n’ai pas eu conscience de la souffrance de papa. C’était déchirant de lire que la seule chose positive que son mariage lui eût apporté, ce fut ma naissance. Avec pudeur, il m’a confié avoir régulièrement songé à mettre fin à ses jours avant que Mère ne tombe enceinte. Ça m’a broyé le cœur... Pour une fois dans son existence, papa ne m’a pas épargné. Il m’a tout raconté. Tout ce qu’il a subi.

Les humiliations.
Le mépris.
Le rejet.
La froideur.
Les coups aussi, même s’ils furent moins nombreux après ma naissance ; car il faisait soigneusement attention à ne plus contrarier sa femme.

Il m’a raconté comme sa lumière intérieure s’était éteinte avec le mariage, mais aussi comment ma venue avait redonné un sens à sa vie. Comment il s’était battu avec sa femme, d’abord pour lui faire accepter mon orientation sexuelle, puis lui faire tolérer mon choix professionnel et mon départ pour Tokyo. Tout, dans les moindres détails…

« Il y a eu pas mal de soucis avec l’Incontestable ces dernières années. D’abord l’étude du gouvernement, qui m’a beaucoup ébranlé… Puis une épidémie, qui a eu raison d’une de mes élèves et a touché mon père... » Je raconte tout cela d’un ton monocorde, distancié. Car j’en ai bien trop pleuré. Tout comme j’ai trop pleuré devant cette caméra. « Heureusement, il s’en est remis ! Mais… Quelques mois plus tard, j’ai reçu une notification m’apprenant qu’il était mort. »

Cette fois, l’émotion se sent dans ma voix. Un voile opaque prend place en repensant à ce que j’ai ressenti devant cette foutue notification. J’ai eu si peur…

« Par réflexe, j’ai appelé ma mère… Qui m’a passé mon père, agacée par mes « bêtises ». » J’hausse les sourcils, poursuivant sans m’attarder sur cette femme. « Ça fait bizarre, tu sais ? De parler à un mort. D’autant qu’il se portait à merveille ! Ce n’est qu’après quelques recherches qu’on a compris que c’était un bug de la puce. Il devait aller se faire recenser et faire changer sa puce… » Pause. Ma voix craque. « Il n’y est jamais allé… A la place, j’ai reçu ça, quelques jours après notre dernier appel. »

Je secoue le papier devant la caméra, comme si cette chose pouvait faire revenir mon père.

« C’est le dernier signe de vie que j’ai eu de lui. Ma mère était paniquée en ne le voyant pas revenir, craignant chaque jour de se faire emmener par la milice... Mais non. Il a juste… Disparu. Aujourd’hui encore, on ne sait pas ce qu’il est devenu. A-t-il été attrapé et jeté en prison pour trahison ? A-t-il réussi à s’enfuir et changer d’identité ? A-t-il obtenu une seconde vie, plus heureuse, dans un autre pays… ? Je ne sais pas. Mais j'espère qu’il va bien et qu’il est heureux. Il le mérite… »

Je renifle, essuyant d’un revers de manche une larme qui s’échappait.
Je me refuse d’envisager l’option la plus pessimiste…

« Mais ça fait mal, d’être le fils d’un traitre à son propre pays. Je- » Mélange de tristesse et de colère. « Ce que j’ai lu est tellement à l’opposé de ce que je croyais que je- Je suis complètement perdu ! J’ai mal. Je sais plus quoi faire. J’ai même plus l’impression de savoir qui je suis vraiment !! » Lâché-je, tourmenté. « Mais… Au moins, je sais ce que je veux. Papa m’a conseillé de vivre ma vie à fond avant le mariage, afin de ne pas avoir de regrets comme lui a pu en avoir. Il m’a fallu du temps pour admettre que, même si je pensais vivre ma vie… Je l’ai pas fait totalement, même une fois arrivé à Tokyo. »

En particulier depuis la vague. L’amnésie. Mon handicap…

« Je veux un amoureux, une personne avec qui tout se passerait bien. Une personne qui m’aimerait comme je suis… Et je veux être papa aussi. Si tu n’en voulais pas, je pensais que travailler auprès des enfants suffirait à faire mon bonheur… Mais j’avais tort. J’y ai beaucoup réfléchi et… Je songe à faire appel à une mère porteuse. »

Aborder ce sujet ouvertement me console, chasse les nuages de la déprime. Je suis fier de lui annoncer cela. Je saisis d'ailleurs l’une des brochures que je me suis procuré, qui attendaient sur ma table basse. Un petit sourire point en relisant ces mots que je n’ai que trop analysés depuis quelques mois.

« Avant, jamais je n’aurais envisagé de devenir papa solo… Mais c’est mon rêve, d’avoir un bébé… Mon bébé. J’ai peur, bien sûr… Mais je sais que j’ai pris la bonne décision. Et puis, si j’ai besoin d’aide, je suis bien entouré. »

Un large sourire s’épanouit sur mes lèvres, un soupçon d’excitation se réveillant dans mon cœur.

« Quant à mon amoureux, ce n’est pas dit que l’Incontestable me l’apporte... Alors je vais le chercher, sérieusement. Même si ça m’angoisse, et même si je serais sûrement rejeté plusieurs fois… Il faut que je tente ma chance. Pour ne pas avoir de regrets. »

J’acquiesce pour moi-même, couvant la lettre de mon père du regard, lui envoyant ce « Merci » mental que je ne pourrais plus lui dire de vive voix.
La seconde qui suit, mes iris se plantent à nouveau sur l’objectif.

« Alors voilà… Ceci est un Au revoir. Peut-être pas un Adieu, ça, ça sera à l’Incontestable d’en décider. Mais j’espère que s’il nous unit un jour, si tu finis par voir cette vidéo… Que tu comprendras ma décision… Et que tu seras un meilleur époux pour moi que ma mère ne l’était pour mon père... »

Un ange passe.
Je réalise avec soulagement qu'avoir réalisé cette vidéo m'a certes remué, mais que ça m'a également fait beaucoup de bien. Comme si un poids avait disparu de mes épaules... Alors, je conclus ainsi:

« En tous cas, merci d’avoir fait partie de ma vie pendant toutes ces années. Merci de m’avoir aidé sans le savoir, d’avoir donné un but à l’adolescent naïf que j’étais. Et sache que… J’étais sérieux, pendant tout ce temps, quand je disais que je t’aimais. Et, même si cette vidéo te paraitra un peu sèche par rapport aux autres que j’ai pu te faire… Sache qu’une part de moi espère toujours pouvoir te rencontrer un jour... »

Caractère
S’il y a un point sur lequel tes proches s’accordent, c’est qu’ils sont attirés par ta personnalité. Tu fais partie de ces gens qui croquent la vie à pleines dents. De ceux qui, chaque jour, s’émerveillent : de tout, d’un rien. En ta compagnie, tout semble plus facile, plus simple, tant tu irradies de positivité. Tant tu débordes de douceur.

Soucieux de tes pairs, tu te montres très à l’écoute. Un homme adorable, sur qui l’on peut compter. Tu es de ceux qui poussent les autres à se réaliser, à se dépasser. Tu encourages, tu soutiens, tu es là. Toujours, même si les opinions divergent – j’en sais quelque chose. A mes yeux, l’incarnation de la gentillesse ; un peu trop d’ailleurs. « Trop bon, trop con », dirait le dicton. Crédule parfois, naïf souvent. Tu ne te méfies pas. Jamais. De personne. Car tu crois sincèrement à la bonté humaine. A croire que tu n’as pas d’instinct de conservation… Hélas, tout le monde n’est pas comme toi. A chaque fois, tu t’en mords les doigts. Remarque, plus le temps passe, plus je te sens sur la défensive. C’est pas plus mal !

Au premier abord, tu parais pur et innocent. Mais ça, c’est en ignorant ce désir avide de frisson qui demeure au fond de ton cœur. Celui qui parcourt l’échine jusqu’à la chute de reins. Celui de la séduction, de la spontanéité. Un besoin un peu ensommeillé ces dernières années, il est vrai, mais qui n’attendrait qu’une étincelle pour être ravivé !

En somme : tu es lumineux, Moon.
Enfin, ça, c’est la belle image que tu renvoies à la société.

Car, si tu restes infiniment reconnaissant d’avoir survécu à la vague, il s’avère que ton éclat s’est légèrement terni depuis. Bien sûr, tu demeures optimiste. De ceux qui rêvent, espèrent et agissent en conséquence – bien que, pour ce dernier point, tu ne t’en sois donné l’autorisation que récemment. Mais ce qui me rassure, c’est que tu commences à perdre ton côté utopiste. Peut-être en as-tu eu marre d’attendre le prince charmant ? Peut-être commences-tu à ouvrir les yeux sur cette société bancale dans laquelle on est obligés de vivre ? J’en sais rien. Malheureusement, tu n’es pas de ceux qui s’ouvrent facilement. Même à ta meilleure amie. Je regrette d’ailleurs que tu ne me fasses pas davantage part de ton jardin secret… Il serait temps que tu te décharges du poids de tes peines et de tes douleurs ! Tu as le droit de pleurer, bordel ! Ça me broie le cœur que tu sois si secret. A croire que tout ce qui est du registre de l’émotion négative, tu n’as pas le droit de le ressentir !

Mais Moon, tu n’es pas un robot.
Tu n’es pas parfait.
Tu es humain.

Et dans cette parfaite imperfection, il y a un point qui me chiffonne. Un mal qui te ronge de l’intérieur, qui n’aurait pas dû être là: ton amnésie. Je m’estime chanceuse que tu te souviennes. De moi, de nous. Oh, je ne suis pas naïve, tu ne te rappelles pas de tout, loin de là ! Ta mémoire est comme fragmentée, dispersée. Pour le reste, la brume est encore un peu dure à dissiper, mais tu as fait d’énormes progrès depuis 3 ans. On l’a tous remarqué ! Doucement, ton cerveau réapprend à accorder sa confiance. Des personnes, des pans entiers de ton existence te sont parfois très durs – voire impossibles – à replacer, mais on ne désespère pas. Les souvenirs sont endormis, mais ils sont là. Ta mémoire n’est pas morte, elle se protège. C’est psychologique, ça reviendra.

Tu ne le montres pas, mais je sais que ça te soucie d’avoir oublié. Pas pour toi, non. Toi, tu te contenterais bien de continuer ta vie ainsi. On ne peut pas souffrir de quelque chose dont on n’a pas conscience après tout ! Non, c’est pour nous que tu as mal. Pour ceux dont ton cerveau malade n’arrive pas bien à assembler les pièces du puzzle. J’imagine bien que ça doit être fatiguant de vivre ainsi, de subir jour après jour le même schéma. Je sens la peine, la souffrance dans tes yeux quand tu comprends que quelque chose ne va pas. La peur aussi, depuis que tu t'es souvenu de lui... Et de ce qu'il t'a fait subir.

Puis, d’un sourire circonstanciel, tu rassures. Tu fais comme si de rien n’était. Tu t’excuses même, si besoin est. Tu expliques ta situation, luttant parfois pour que la personne comprenne l’information.

Car, qu’importe l’émotion qui t’assaille, il y aura toujours un sourire sur tes lèvres.
Toujours.

Physique
Dans la foule compacte des Tokyoïtes, pressés aux heures de pointe, il passe plutôt inaperçu. En ces conditions, il est tel l’astre lunaire par une nuit couverte : camouflé par de nombreux nuages cotonneux, qui empêcheraient presque de remarquer sa présence. Un homme parmi tant d’autres. Au premier abord, Moon ne semble pas différent de ses compatriotes. Si vous ne vous attardez pas, tout chez lui vous paraitrait banal au possible ! Que ce soit son teint de miel, ses orbes sombres étirés en amandes, ou bien son mètre soixante-treize, à peine au-dessus de la moyenne.

En somme : un pur produit de l’Incontestable, incontestablement Japonais.
Un gentil petit mouton, aussi doux qu’un agneau.

Pour autant, son attitude diffère de celle de ses pairs. Beaucoup sont voûtés, le nez plongé vers leurs écrans. Leurs visages éteints trahissent un désir d’être partout sauf ici. Or, celui de poupon du jeune professeur exalte, pour sa part, tout l’inverse. Lui, se satisfait de l’ici et maintenant. Menton relevé, ses yeux cerclés de noisette couvent perpétuellement son environnement avec envie et curiosité. Comme s’il le redécouvrait à chaque instant. Ses lèvres charnues fendent souvent son faciès d’un sourire tendre et malicieux, creusant d’adorables fossettes dans ses joues rondelettes. Imperturbable à la mauvaise humeur ambiante.

Les plus curieux – ou ceux qui s’ennuient le plus dans la rame de métro – noteront certains détails au sujet de ce gentil mouton. D’abord ses cheveux, plus si bruns qu’à leurs racines. Instabilité capillaire oblige, il a toujours trouvé sa couleur naturelle trop fade. Et si ses colorations s’avèrent plus sages que par le passé, Moon n’arrive toujours pas à décider quelle teinte sa coupe courte devrait arborer sur le long terme.

Puisqu’il a pour habitude de dégager son front de quelques touches de gel coiffant, afin de laisser ses yeux libres de tout obstacle – en dehors de petites lunettes de lecture perchées de temps à autres sur son nez –, vos regards pourraient se croiser. Auquel cas, vous remarquerez peut-être que quelque chose cloche. Sûrement le manque de naturel de ses lentilles ambrées ? Ce ne sont pas les seules qu’il porte, mais ce sont ses préférées. S’il a parfois songé à se faire opérer, par peur, il n’ose pas. A se demander pourquoi il s'est fait encrer l’intérieur du poignet gauche et percer la langue dans ce cas, non ? Oh, si la question venait sur le tapis, il serait bien embarrassé pour répondre.

Concernant le piercing, Sarah a témoigné l’avoir accompagné pour sauter le pas, lors d’une soirée un peu trop arrosée. La surprise passée, il l’a volontiers accepté, puisqu'il reste assez discret. Pour ce qui est du tatouage, par contre, c’est plus compliqué. Il est parfaitement incapable d’en expliquer la provenance, ou même le sens. Il est persuadé qu’il en a un, pourtant. Car, lorsque ses yeux s’attardent un peu trop dessus, une étrange mélancolie lui serre le cœur. Peut-être qu’un jour, la vie résoudra cette énigme pour lui. En attendant, s’il assume cette jolie fleur de cerisier au grand jour lorsqu’il est de sortie, au travail, il prend tout de même soin de le cacher. Pas tant pour ses élèves, qui trouveraient certainement la fleur jolie, mais plutôt de peur de se prendre des remarques désobligeantes, de la part de leurs parents…

Les plus connaisseurs remarqueront également que Moon est un homme très soucieux de son apparence. En particulier via ses tenues, soigneusement choisies. Pour une raison qu’il ne saurait vous expliquer, il semblerait qu’il emprunte les codes de la mode coréenne pour s’habiller. Toujours est-il que son apparence, il la peaufine dans les moindres détails. Que ce soit par ce maquillage léger, embellissant quotidiennement ses traits, ou par ce vernis ornant religieusement ses ongles ; taillés au plus court, afin de ne pas blesser les enfants par maladresse ! Bien sûr, certains se sont déjà moqué de son côté efféminé. Mais ces gens, Moon ne leur accorde pas d'importance. Il se sait ne pas correspondre au cliché du mâle viril mais, honnêtement, il se préfère ainsi.
Il s’aime tel qu’il est. A prendre ou à laisser.

Et puis, il y a des jours sans aussi. On en a tous. Les siens, pourtant, l’accablent davantage physiquement. Le boitillement – devenu naturel depuis Shukumei – de sa jambe gauche se fait plus marqué, le forçant malgré lui à utiliser encore sa canne pour se déplacer. Hélas, là est son plus gros complexe. Ça, et la cicatrice affreuse qui se camoufle à l’arrière de son crâne, à la naissance de son cuir chevelu. Une marque profonde pour son âme, qu’il cache avec la bonne longueur de cheveux afin qu’on ne vienne pas lui en parler. Les autres stigmates que son corps possède depuis la vague, il ne les remarque même plus. Ses proches, eux, s’inquiètent depuis quelques temps, trouvant que sa silhouette filiforme s’est encore affinée dernièrement.

Peut-être qu’au fond, son état d’esprit influe plus sur son image que ce qu’il voudrait faire croire ...?
Lisalisa

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Je suis: pro-Incontestable.
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Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
J'ai cru voir Jay Park ou Lee Joon. Shine bright tonight ✩ Moon  4200135721
Bon TC ! Shine bright tonight ✩ Moon  2984341854

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Stepping into the room, then the world slows down.

Voix de Arisa

merci Hatori & Fu pour les avatars + theme songs ♥

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Lucifer

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omg je Shine bright tonight ✩ Moon  2310585803 Shine bright tonight ✩ Moon  2310585803

jtm t trop beau snif
je commence tout juste et c'est toujours aussi wow, bref j'ai hâte de la suite Shine bright tonight ✩ Moon  2900933843
bon tc et bon courage pour la suite de la redac!
Momiji

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Moon-Moon ♥ Bon retour à lui, damn ça me fait un truc de le revoir ce petit chat ! Je lui souhaite le bonheur au bout du chemin (et toi la joie d'écrire à nouveau avec ♥) Bonne fin de rédac Shine bright tonight ✩ Moon  1518348080
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prend un coup de ventoline et respire.
Sweetie Moon, je l'aime Shine bright tonight ✩ Moon  3912395661

Tu sais déjà tout ce que je pense mais watch me expliquer au monde entier combien je l'aime Shine bright tonight ✩ Moon  1055899934

En tout cas ce début de fiche de qualiteyyyy, j'ai si hâte de lire son histoire Shine bright tonight ✩ Moon  1215503234
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sdifgyhsjfgdsfg le rETOUR DU PLUS BEAU ET DU PLUS MIGNON

welcome back bby, ça fait plaisir de le revoir ♥♥♥
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Arisa • Shine bright tonight ✩ Moon  4200135721 Et t'es déçue, c'est ça ? Avoue ! /mur

Ash • Shine bright tonight ✩ Moon  2310585803 jtm aussi snif snif ♥

Momo • A moi aussi ohlàlà, retravailler sa fiche demande beaucoup d'énergie tellement elle déborde de feels à mes yeux Shine bright tonight ✩ Moon  3912395661 (si j'avais pas la joie de le faire revenir, il ne serait pas là Shine bright tonight ✩ Moon  2361740871 ) ♥

Michi • Merci la plus mignonne ! Shine bright tonight ✩ Moon  1258839627

Jûjû • Ohlàlà cette déclaration d'amour si sweet je fonnnnnds Shine bright tonight ✩ Moon  1055899934 J'espère que l'histoire te plaira autant ! ♥

Natsu • Sankyu chouuu ! Contente de revoir ta bouille aussi Shine bright tonight ✩ Moon  1362171446 ♥


Un grand merci à tous pour vos mots, ça me touche beaucoup. ;w; ♥
Petit up pour signaler que j'ai ajouté un bout d'histoire. Je continue de retravailler la suite aaaaaaaaaaah ! Shine bright tonight ✩ Moon  128457956
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Époux/se : Le radieux Jūzō ♥
Autre: Moon fredonne en #FF5733.
Yes I am ♥


Voilà, après des heures et des heures à lire et relire cette fiche (et à me battre avec son codage, nesspa Mako ? Shine bright tonight ✩ Moon  901032552 ), je peux enfin dire fièrement qu'elle est TERMINEE !
Merci d'avance au modérateur qui s'en chargera. ♥ Et pardon s'il y a des erreurs: à ce stade, j'ai trop le nez dedans pour les remarquer... Shine bright tonight ✩ Moon  128457956
Lisalisa

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Modération de fiche

Le staff de Just Married te souhaite la bienvenue sur le forum ! ♥

Introduction
Rebienvenue avec ce TC ! Shine bright tonight ✩ Moon  2984341854 Je n'ai que quelques fautes à te signaler et une précision à te demander !

Dans les généralités :
- quelqu'un d'influence : on dit "d'influent"
- noblesse Japonaise – adj = pas de maj

Histoire


- Neurologue – pas de maj
- Mes mâchoires – on en a qu'une Shine bright tonight ✩ Moon  517494357, du coup il faudra corriger les fois où tu l'as écrit au pluriel.
- Je les retrouverais
- sol Japonais
- réalisant par la même que ma gorge – la même occasion ?
- Une chose dont je sois sûre

Est-ce que Moon a un suivi psychologique même trois ans après ne serait-ce que pour affronter ses traumatismes passés et aider/entraîner son cerveau à se souvenir ?

Caractère

R.A.S

Physique

- mode Coréenne

Conclusion
Attention juste, tu as tendance à mettre pas mal de virgules ou de points qui coupent des fois trop les phrases et donc la lecture. Sinon, rien à dire, c'est bien raconté, on a tous les éléments et tu as su décrire des périodes de sa vie qui sont nécessaires pour bien le cerner. Shine bright tonight ✩ Moon  3998388675

N'hésites pas à mettre ta correction en couleur, gras ou souligné ! ♥

Bon courage pour les modifications ! En cas de problème, de doute, n'hésite pas à contacter un des membres de l'administration, nous serions ravis de te venir en aide ! :)

Modération : 1/3

Nous analysons au maximum trois fois une fiche, après cela, si nous ne pouvons toujours pas la valider, nous serons malheureusement obligés de la refuser. Nous ne pouvons nous permettre de reprendre chaque fiche dix ou vingt fois, cela serait autant pénible pour vous que pour nous. Merci de votre compréhension. ♥

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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Holà Arisa, merci pour ta modération et pour tes remarques constructives ♥ Shine bright tonight ✩ Moon  2984341854

Les étourderies ont toutes été corrigées. Shine bright tonight ✩ Moon  2432113367 Je me permets cependant de préciser concernant les mâchoires... Euh, non, on en a deux. Shine bright tonight ✩ Moon  3766924225 J'ai été vérifier par acquis de conscience mais je parlais de la contraction de la mâchoire inférieure (ou mandibule) contre la mâchoire supérieure (ou maxillaire), d'où "mes mâchoires se crispent" (je précise que la tournure originale n'est pas de moi: je l'ai lu à plusieurs reprises, d'où le fait de l'avoir utilisée ici). On peut désigner la mandibule + la maxillaire par "la mâchoire" comme tu me l'as indiqué, mais dans les faits, on en a deux. Shine bright tonight ✩ Moon  4115966937 (ceci dit, j'ai modifié)


Quant au suivi psychologique de Moon même trois ans après, en effet, il est toujours suivi. Shine bright tonight ✩ Moon  4115966937 Ca me semblait évident vu ce qu'il a subi (et vu qu'il a vécu d'autres événements pas jouasses ces dernières années ;w;) donc je n'ai pas ressenti le besoin de le préciser, d'autant que ça serait tombé un peu comme un cheveu sur la soupe au cours du récit. Shine bright tonight ✩ Moon  517494357
A titre indicatif, sache que la première année après Shukumei il a été suivi une à deux fois par semaine (+ une visite en urgence quand il a compris pourquoi il faisait tous ces cauchemars 8D); mais actuellement c'est plutôt un rendez-vous mensuel. Par ailleurs, il demande de lui-même à voir davantage sa psychologue quand il sent qu'il a un coup de mou pour raison X/Y.

Voilà, penses-tu qu'il y ait besoin de préciser dans le récit qu'il consulte encore présentement une psychologue ? Shine bright tonight ✩ Moon  2047885044
Lisalisa

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Je dormirai moins bête ce soir, hehehe.
Et non t'inquiètes pour ça, j'ai posé cette question pour être sûre et savoir si tu avais de la cohérence. Il vaut mieux pointer l'évidence que rester avec des "est-ce que ?" en tête.

Rien d'autre à dire, je te pré-valide. Shine bright tonight ✩ Moon  2984341854

Pré-validation par Arisa
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

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Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

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Merci Lucci pour le kit Shine bright tonight ✩ Moon  1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
Shine bright tonight ✩ Moon  Ld7d
Shine bright tonight ✩ Moon  BbNTuR8
Shine bright tonight ✩ Moon  V1dcdrQ
Le plus beau compliment ♥️:
Shine bright tonight ✩ Moon  Cn3Ckyx
Shine bright tonight ✩ Moon  1EPYLUw
Shine bright tonight ✩ Moon  DfzeUm9


La famille ♥️:
Nanase's family:
Shine bright tonight ✩ Moon  E9mgMerci à Aria ♥️

Game of Nanase et activité familiale:
Shine bright tonight ✩ Moon  3OXEfcUMerci à Driss ♥️

Merci Karlito ♥️:
Shine bright tonight ✩ Moon  Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
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Encore une fois merci ♥ Shine bright tonight ✩ Moon  3912395661
*est émue*
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#16 —Re: Shine bright tonight ✩ Moon
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