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Pour voir le monde à l'endroit, il faut l'observer à l'envers
02 mars 2112

-Madame, Nicolson-san est arrivé, il attend à l’accueil.

A cette annonce, les prunelles mauves glissèrent jusqu’à l’horloge surplombant la porte d’entrée, accrochèrent les chiffres digitaux qui de leur éclat sanguin annonçait l’heure ; se teintèrent de satisfaction sitôt que la magistrate pu constater le parfait respect de l’horaire donné à son invité. Ponctualité, première qualité des gens raisonnables, première vertu que tout travailleur devait respecter.

- Très bien, j’arrive, merci.

Dans un geste fluide le téléphone retrouva sa base, émis un discret signal sonore pour informer sa propriétaire qu’il avait été bien raccroché. Celle-ci pourtant n’y prêta guère d’attention, éteignant plutôt l’écran d’ordinateur dès que ce dernier s’endormit dans sa mise en veille, passant son manteau de quelques mouvements rapides avant de quitter rapidement son bureau, sac à main sous le bras. Talons claquant au rythme cadencé de sa démarche souple, Michiko s’engouffra dans l’ascenseur sitôt les portes ouvertes, pressa mécaniquement le bouton de fermeture des portes pour rejaillir neuf étages plus bas, téléphone contre l’oreille. L’appel fut rapidement abrégé et, arrivée à l’entrée du bâtiment, elle fouilla de ses imperturbables orbes mauves la salle d’attente de l’accueil du tribunal. Toujours si pleine, toujours si hétéroclite. Toujours envahit, aussi, de cette mauvaise humeur permanente, de cette détresse qui noyait les yeux, de cette fureur qui serrait les poings. Anxiété, peur, désemparement, espoir ; elles étaient en nombre, les émotions qui palpitaient en ce lieu. Et parmi ces êtres fatigués ou effondrés, au milieu de ces regards tourmentés comme provocateurs, un visage se détachait, qu’elle repéra aisément. Minois juvénile où perçaient deux émeraudes sous les cheveux de feu, qui observait et attendait. Elle se souvenait de lui, étudiant rencontré brièvement quelques semaines plus tôt pour un entretien, qui lui avait laissé l’impression d’un jeune homme aussi déterminé qu’impliqué dans son travail. De ses professeurs elle n’avait entendu que louange ; c’était par ailleurs de l’une d’entre eux qu’il devait sa venue ici. Parce qu’elle avait noué de paisibles liens de cordialité respectueuse avec celle qui de l’époque de ses propres études s’était montrée une professeure admirable en tout point, Michiko avait – chose rare – accepté d’accueillir ce nouveau protégé de sa mentore sous réserve qu’il lui convienne également. Et entre eux le contact était aisément passé, alors que la procureure avait perçu en sa soif d’apprendre comme en son sérieux le propre reflet de sa jeunesse estudiantine.

- Nicolson Oswald ? Je suis la procureure Fuyuka Michiko, votre tutrice.

Sans doute se souvenait-il d’elle, mais l’habitude a la vie dure et les règles de courtoisie d’étranges manières et plusieurs mois s’étaient écoulés depuis leur première – et jusqu’alors unique – rencontre. Un autre temps, semblait-il. Avant que les puces ne se désactivent, avant que ne débute la chasse à l’humain, avant que la justice ne se trouve de nouveau en ébullition. Avant, aussi, qu’elle ne voit son propre quotidien bousculé, qu’elle n’ajoute à ses dossiers personnels une enquête bien personnelle, qu’elle ne se trouve en permanent terrain ennemi. Aurait-elle accepté une charge supplémentaire, le sachant ? Que la réponse fut positive ou négative, l’engagement était pris et il n’était pas même envisagé d’y renoncer. D’autant qu’elle le savait, combien il était important pour ces jeunes d’obtenir pareille opportunité. C’était là autant un apport personnel qu’un atout précieux pour leur future carrière. Quelle que soit la voie vers laquelle le jeune homme se dirigerait par la suite, une ligne de plus dans son curriculum vitae pouvait le faire se distinguer de ses compagnons, un contact de plus dans son carnet d’adresse pouvait lui ouvrir quelques portes. Car s’il lui offrait satisfaction, elle n’avait guère de raison à l’avenir de lui refuser son aide dans un milieu où tout soutien s’avérait un avantage non négligeable ; et s’il ignorait vers quelle voie se diriger, peut-être pourrait-elle ainsi l’amener à rêver de la magistrature. Et un jour, peut-être, se trouverait être son collègue.

- C’est un plaisir de vous revoir. Suivez-moi.

D’un geste de la main elle l’invita à la suivre, puis sans plus lui laisser le temps de discuter elle tourna les talons et repartie vers les ascenseurs pour descendre au parking sous-terrain. Un instant de tranquillité s’offrit à eux lorsqu’ils attendirent que se referment les portes et elle braqua les yeux vers lui, adoucit.

- Mes sincères excuses de vous presser ainsi. Je suis attendue au commissariat, mais n’hésitez pas à me poser toute question qui vous viendrait à l’esprit jusqu’à ce qu’on arrive.

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Tu l’attendais depuis plusieurs jours, le stage avec la magistrate. Tellement que tu avais parfois du mal à tenir en place et que rien ne semblait pouvoir entacher la bonne humeur dont tu faisais preuve depuis. C’est ta professeur de droit à l’université qui t’en avait parlé. Elle avait formé la magistrate Michiko Fuyuka dans le passé. Tes bons résultats et ton travail acharné t’avaient ouvert la voie. On t’avait proposé un stage, tu l’avais accepté. Tu n’avais pas réfléchi.

Tu étais arrivé dans le tribunal un peu avant l’heure de rendez-vous, tu t’étais annoncé à l’accueil et on t’avait demandé de patienter dans une salle d’attente bondée. Il y avait des gens très différents physiquement mais dans leur yeux, ils avaient tous la même fatigue. Chacun avait son problème, mais tous en étaient épuisés. Tu avais l’impression de faire un peu tâche. Mais tu ne te sentit pas mal à l’aise trop longtemps, ta tutrice arrive et tu te lèves  de ton siège pour la saluer à ton tour.

Puis, tu la suis jusqu’à l’ascenseur. Dans l’habitacle, la magistrate se tourne vers toi, montrant une facette plus douce que précédemment. Elle te permettait de poser tes questions.

- Oswald vous remercie de l’opportunité de stage que vous lui offrez. Il aimerait savoir quelles seront ses missions durant ce stage et quel est le programme de la journée ? Il a également pris de quoi noter.

De ton sac, tu sors un cahier de notes. Très organisé que tu es, tu as pris un cahier différent que ceux de tes cours. C’est un cahier tout neuf que tu ouvres là. Il n'attend qu’à être rempli d’encre.
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Pour voir le monde à l'endroit, il faut l'observer à l'enversElle l’avait oublié, cette étrange manière qu’il avait de parler de lui-même à la troisième personne. Habitude qui dans la vie professionnelle saurait, peut-être, se faire autant avantage qu’inconvénient ; cela ne dépendrait que de ceux qu’il rencontrerait en chemin. Mais Michiko n’avait aucune intention de réapprendre à parler au jeune homme, estimant que s’il faisait preuve d’un esprit critique et de compétences de raisonnement acérées, qu’il puisse parler de lui-même à la troisième personne lui importait peu. Il y en avait, des excentriques, partout dans le monde ; et l’univers juridique ne faisait pas exception. Si des criminels pouvaient devenir « hommes de loi », pourquoi pas lui ? Il faisait montre de respect, il faisait montre d’attention. Cela lui suffisait.

- Pour l’heure, nous allons au commissariat. Vous pourrez assister à la garde-à-vue si toutes les parties sont d’accord.

C’était le plus souvent le cas – se faire bien voir, en offrant au magistrat cette satisfaction, était surtout le but recherché. Amener chacune des parties à se trouver de la plus plaisante humeur, pour que de l’échange ressorte autant de positif qu’il était possible, c’était là l’une des manœuvres les plus habiles, aussi ancienne et commune soit-elle. Procureur, avocats, juges, jurés ; tous étaient humains. Plus ou moins consciemment, plus ou moins fortement, ils étaient influencés par leurs humeurs et leurs ressentis, aussi forte puisse être recherchée l’impartialité, aussi ancré puisse être le désir de détachement.

- Aujourd’hui je vous présenterai les services, mes collègues, le tribunal, si nous en avons le temps. Il y a une audience en huis-clos en fin de journée, a priori vous avez autorisation d’y assister. Vous m’assisterez également dans quelques dossiers en faisant de menues recherches notamment. En revanche il n’est pas certain que vous puissiez m’accompagner sur le terrain.

Cela dépendrait, très certainement, dudit terrain. Elle ne pouvait oublier que le jeune homme n’était encore qu’au début de ses études, que dès lors le stage se ferait nécessairement adapté à son niveau. Elle ne pourrait donc trop lui demander, sachant que ses connaissances étaient donc limitées, quelle que fut sa capacité d’apprentissage. L’ascenceur s’arrêta et, sitôt les portes ouvertes, la jeune femme se dirigea vers son véhicule, invitant son nouvel apprenti à monter. Elle programma rapidement le GPS – quoiqu’elle connaisse par cœur le chemin pour s’y rendre, travaux et accidents divers obligeaient régulièrement à changer de trajet au dernier instant. Le moteur commença à ronronner quand elle reprit tranquillement ses explications :

- Vous passerez également quelques jours auprès des autres services du tribunal, afin que vous puissiez avoir un aperçu un peu plus marqué du travail de chacun. Le plus souvent, ce sera toutefois de l’observation. Avez-vous fait d’autres stages ? Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez particulièrement découvrir ?

Il était peu courant de trouver pareille opportunité à son niveau, aussi se doutait-elle qu’à la première question il lui réponde négativement – n’ayant, après tout, pas souvenir des indications sur son curriculum vitae. A la deuxième en revanche elle s’avérait plus curieuse, se demandant ce que son esprit encore jeune pouvait le plus espérer approcher.
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L'ascenseur arrive à destination quand Michiko t’explique le programme du moment. Une garde à vue au commissariat. Tu ne pensais pas être plongé dans le bain dès le début. C’est une surprise, mais une agréable surprise, bien sûr. Mais elle te donne aussi le programme de la journée. Plus basique, mais très bien pour un premier jour. Silencieux, tu hoche juste la tête pour indiquer que tu comprends bien.

Tu apprends aussi que tu ne vas pas passer toutes tes journées auprès de Michiko mais dans les autres services également. Tu sais bien que ça te permettra de mieux comprendre le fonctionnement du tribunal. Tu prends place dans la voiture de Michiko. Tu écoute ses questions et tu prends quelques secondes pour y répondre.

- C’est le premier stage d’Oswald et il est curieux de savoir comment se déroule le prise en charge d’une affaire. Du début jusqu’à la fin, il entend. Il sait pas si vous voyez ce qu’il veut dire.

C’est presque pas clair même pour toi. Est-ce ta joie qui t’empêche de parler correctement ? Tu décides de te reprendre, afin d’être un peu plus compréhensible.

- Désolé, Oswald ne s’exprime pas très bien. Comment ça se passe, quand une affaire passe par votre tribunal, jusqu’à sa fin définitive. Il y a toujours un monde entre la théorie et la pratique.

C’est probablement le but de ton stage, découvrir comment tout fonctionne. C’est pour ça que Michiko t’a pris sous son aile. Maintenant, tu n’as plus qu’à apprendre.

Et l’heure arrive pour toi de faire le grand saut. Car vous approchez du commissariat. Ton stage commence enfin.
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Pour voir le monde à l'endroit, il faut l'observer à l'enversAttentive, elle écouta les interrogations de son stagiaire, préférant savoir tout de suite ce qu’il attendait de ce séjour au tribunal. C’était ainsi une manière tant de pouvoir orienter celui-ci dans la direction qui conviendrait le mieux à la personnalité du jeune homme – puisqu’à son niveau il était avant tout important qu’il puisse découvrir l’univers qui l’entourait avant d’en appréhender pleinement les subtilités. A ses explications elle eut un bref hochement de tête, lui indiquant qu’elle suivait ses dires tout en l’invitant en silence à poursuivre. Le déroulement d’une enquête, découvrir comment d’une infraction découlait un procès, combien tout cela fascinait toujours… Sans doute n’avait-il encore que de vagues connaissances, entrecoupées d’idées reçues que les médias comme le cinéma alimentées en nombre. Quand bien même aurait-il prit le temps de se renseigner sur la procédure exacte, il avait raison en ce qui concernait la différence qu’offrait la pratique. Les aménagements nécessités par la réalité faisaient qu’un monde séparait les deux, un monde qui ne se découvrait qu’en plongeant dedans. Cela pouvait effrayer, certainement, tout comme enchanter. Les distinctions soigneusement transcrites à l’écrit se lissaient pour que tout ne soit plus qu’unité dans lesquelles les étapes académiques se perdaient, les subtilités de la vérité venaient altérer les enseignements rigoureux et mettre à mal les convictions les plus ancrées. Tout oublier pour tout réapprendre, un cliché qui, s’il n’était entièrement vrai, ne pouvait toutefois être considéré faux. A trop vouloir se conformer aux apprentissages institutionnels, il devenait impossible de se sortir de certaines situations. La rigidité était nécessaire dans la seule condition qu’elle n’était pas excessive ; rigueur et obéissance ne pouvaient mener à rien sans un sens de l’adaptation nécessaire.

- Je comprends ce que vous voulez dire, ne vous en faites pas. C’est bien l’intérêt des stages, que de confronter vos connaissances à l’application réelle.

Ceinture verrouillée, elle sortie prudemment du parking, s’engagea sur la chaussée. Il y avait toujours du monde, dans la capitale nippone, qui compliquaient infiniment la possibilité d’arriver à l’heure aux rendez-vous et imposait une attention permanente, guère propice aux conversations. Profitant d’un ralentissement sur sa voie, la magistrate reprit tranquillement :

- N’oubliez pas cependant que la convention que vous avez signée vous tient au secret professionnel. Vous devez savoir qu’une fuite quelconque peut avoir de sévères conséquences sur la vie d’un individu. Tenir la presse est déjà bien assez compliqué, vous vous en rendrez peut-être compte prochainement…

Retenant un soupir en songeant aux migraines que les médias lui causaient toujours, la jeune femme se reconcentra sur sa route quand la circulation reprit. Quelques longues minutes plus tard, elle approchait le véhicule de la barrière du parking privé, laquelle se souleva automatiquement en détectant le badge collé au pare-brise.

- Je vais assister à l’une des garde-à-vue, vous pourrez ainsi voir comment cela se passe. Gardez néanmoins à l’esprit que le but n’est pas d’incriminer à tout prix la personne mais de savoir exactement ce qu’il s’est passé, à charge ou décharge.

Elle l’estimait assez mature pour comprendre qu’il n’existait pas qu’une intransigeante dichotomie entre bien et mal, méchants et gentils. Non, il y avait des nuances, multiples, des atténuations de toute sorte qu’elle – ainsi que tous les acteurs de ce grand monde de la justice – devait prendre en compte. Comprendre, pour s’adapter.

- J’en profiterai pour vous présenter au commissaire, il est déjà prévenu. Il pourra vous expliquer plus concrètement son travail et celui de ses équipes. Allons-y.

Elle n’attendit pas de réponse de sa part, tenant à conserver sa ponctualité, et sortit plutôt rapidement du véhicule, refermant en douceur la portière. Il aurait temps de lui faire part de ses interrogations jusqu’à ce qu’ils parviennent dans le bâtiment.
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