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— Just Married —

Dim 20 Juin - 19:10
Messages postés : 14
Inscrit.e le : 20/06/2021

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Nekawa Ann
Informations générales
Nom :  Nekawa
Prénom.s : - Ann
Âge : 19 ans née le 25 Décembre 2093
Genre : Féminin
Origines : Japonaise (père étranger)
Activité : Suit une formation dans l'hôtellerie-restauration avec une mention complémentaire de Barmaid, travaille à temps partiel dans un café-restaurant.
Sexualité : Hétérosexuelle
Avatar : Han SooYoung - Lecteur Omniscient
Règlement : Validé - Ari
Chemin Comment avez-vous connu le forum ?
Autre : Un commentaire ?
Histoire -  "Les hommes ne sont pas prisonniers de leur destin, ils sont prisonniers de leur propre esprit."
Vous connaissez sans doute le début de l'histoire. Elle n'est pas belle, elle n'est pas joyeuse, encore moins niaise. Ce n'est pas une histoire que l'on raconte le soir à des enfants pour qu'ils fassent de beaux rêves, ce n'est pas une histoire qui se raconte de toute façon.

Peut-être voyez-vous Hanah Nekawa comme une personne horrible, une mère indigne : il n'avait fallu que d'une soirée pour détruire sa vie fictive et la plonger tête la première dans le grand bain froid et mordant de la réalité. Peut-être que la réalité a voulu répondre elle aussi à tous les posts factices qu'Hanah mettait sur les réseaux sociaux pour lui rappeler son existence.

Ce fut peut-être l'élément déclencheur. Non pas d'une prise de conscience comme la réalité l'aurait voulu, mais le déclencheur de quelque chose.

Une grossesse, puis une deuxième. Les deux arrivèrent à terme alors qu'elle aurait pu prendre une pilule du lendemain ou bien aller dans un centre pour retirer ces commentaires que la réalité avait postés sur le profil de vie d'Hanah. Mais elle n'en fit rien, vous le savez. Elle les a aimés à la première seconde où elle a posé ses yeux sur eux, avant de les laisser, incapable de garder le contrôle de ses désirs, ses pulsions, ses sautes d'humeurs et ses boulots.

La réalité se dit alors qu'il fallait encore une fois réveiller Hanah, cette fois-ci non pas en la plongeant dans un grand bain glacé, mais en lui assénant une claque.

Le décès de son ainé : Tsuki.

La réalité avait frappé là où il fallait. Hanah se sentait misérable d'avoir gardé ses enfants avec elle, près d'elle. Elle-même ne comprenait pas pourquoi : garder ses enfants alors qu'elle se savait incapable de les élever. Garder ses enfants près d'elle, alors qu'elle se savait paradoxalement incapable de les aimer correctement. Garder ses enfants contre elle, alors qu'elle en avait tué un et que l'autre ne faisait que déverser sa colère sur le monde.

Hanah voulait s'échapper, fuir, courir à toutes jambes vers un monde plus doux, où elle pouvait se sentir aimée et aimer en même temps. Elle devait trouver un moyen de fuir cette réalité trop dure à supporter pour elle, il fallait qu'elle fuit : elle et son cadet.
Alors, Hanah trouva la force de prendre son cadet et de le confier à des gens qui sauraient l'aimer, car Hanah ne le pouvait pas. Elle ne pouvait pas l'aimer comme il le fallait, comme il le méritait. Désormais seule chez elle, Hanah resta cloîtrée de longues heures, de longs jours, jusqu'à ce qu'elle finisse par sortir, vêtue comme à l'aube de ses dix-huit ans, belle et élancée, le regard fier, presque aguicheur. Quelques tremblements en marchant avec ses talons et quelques verres de whisky dans l'estomac, mais sinon Hanah semblait bien aller. Elle n'avait pas perdu de sa superbe, même après deux grossesses, le regard des hommes dans le quartier le lui faisait bien savoir. Et Hanah aimait ça : être le centre de l'attention, être admirée, être vue, être imaginée dans l'esprit des plus pervers nue face à eux. C'était cela qu'Hanah aimait. Avoir laissé son fils cadet à ses parents, cela fut sans doute la meilleure chose qu'elle fit dans sa vie : la réalité et la vie lui avaient offert sans le vouloir une seconde jeunesse. Hanah reprit alors ses vieilles habitudes qui lui avaient tant manqué, l'alcool venant mettre sous le tapis l'existence de ses deux enfants. La mort de son ainé et son cadet parti devenait beaucoup plus supportable pour elle quand elle était accompagnée d'un homme, mais revenait la hanter dès qu'elle franchissait le seuil de sa porte seule le lendemain avec la gueule de bois. Mais Hanah profita de ces quelques mois, elle profita à fond, comme si elle pouvait mourir le lendemain. Mais la roue, même brisée peut essayer de tourner. Et elle tourna, une dernière fois, avant de s'effondrer, définitivement.


Quoi de mieux qu’une troisième grossesse pour lui rappeler que chaque acte entraîne des conséquences ?

2093

Ann est une conséquence, la dernière conséquence engendrée par Hanah et un étranger venu commercer avec une entreprise japonaise. Une soirée, plusieurs verres, plusieurs regards, plusieurs danses et cet acte charnel pour quelques gros billets.

Une conséquence gigantesque pour quelques billets glissés dans la poche de sa veste.

Hanah avait pris sa décision cette fois-ci, qu'importe ce qu'il allait se passer, elle allait laisser cet enfant au soin d'un centre d'adoption. Il n'était pas question pour elle de retourner dans cette vie de reproche, de cris et de responsabilités. Pourtant, lorsque Ann fut déposée dans ses bras, tous les projets que la mère avait planifiés disparurent.

On ne lui tendait non pas un enfant, mais une poupée : ceux que l'on offre à une petite fille pour son anniversaire. Hanah se revoyait petite fille, serrer contre elle cette poupée comme si sa vie en dépendait. Ce petit être, fragile, calme, si petit dans ses bras qui ne demandait qu'une chose : se blottir un peu plus contre elle. Cela eut raison de tous ses projets.

Hanah se dit qu'enfin, elle pourrait être une bonne mère, qu'elle pourrait absoudre toutes ses mauvaises décisions, ses mauvaises actions en élevant ce futur enfant comme il le fallait.

"Ann... ", murmura-t-elle en déposant un baiser sur son front,"... Ma belle poupée Ann".

Les premiers jours, Hanah ne put se défaire d'Ann. Elle avait trop peur que quelqu'un puisse faire du mal à sa fille. Les fois où la poupée pleurait, c'était pour ne demander qu'une chose : sentir la chaleur de sa mère.

En voyant tout cet amour, ce besoin d'être près de sa mère, Hanah était plus que décidée à changer de vie : fini les soirées à écumer les bars et les hommes, fini les hauts talons, fini l'alcool. Sa petite poupée la réclamait, sa petite poupée avait besoin d'elle.

Elle avait tout prévu : dès qu'elle sortirait de l'hôpital avec Ann, elle irait trouver un travail, mieux payé et plus accessible pour la mère célibataire qu'elle était. Elle travaillerait, quitte à déménager dans un logement plus petit et élèverai Ann : pas de tabac, pas d'alcool, des produits frais et une bonne écoute. Elle serait là pour la conseiller quand elle serait perdue, la rassurer quand elle aurait peur, la protéger quand il le fallait.

Oui, Hanah était décidée. Et peut-être qu'au bout d'un certain temps, la matriarche pourrait reprendre contact avec ses parents et avec son fils cadet, Yusei. Peut-être même qu'il pourrait revenir "à la maison". Qu'ils pourraient être "une vraie famille".

Mais entre désir et réalité, il y a un fossé.

À peine passé le pas de la porte, Hanah se sentit différente : toute la détermination, l'espoir, tous ses projets étaient encore une fois remis en question. À la simple vue d'Ann et de la bouteille d'alcool bon marché trônant sur la petite table du salon. La tentation était trop forte, mais Ann, par ses pleurs de nourrisson réussissait à faire oublier la bouteille à Hanah.

Cela dura quelque temps : Hanah sur le point de prendre cette bouteille était stoppée par Ann qui pleurait. Trouver un emploi avec un nourrisson n'était pas facile, si bien qu'elle re postula au fast-food et que le même manège qu'Hanah jouait en présence de ses fils continua.

Ce fut à cette période, que les nerfs d'Hanah lâchèrent : il lui arrivait de changer de comportement, d'être heureuse, voire euphorique, puis de tomber quelques jours plus tard dans une profonde tristesse. Tristesse qui s'accentuait en entendant les pleurs d'Ann.

Hanah fit alors un pas, puis un autre vers un coin du salon, là où elle avait rangé la bouteille. Elle ne compta pas le nombre de minutes où elle était restée en face de cette bouteille, les pleurs de sa poupée envahissant l'appartement.

Le fait est qu'Hanah prit rageusement la bouteille et la but d'une traite.

Dans son immeuble, Hanah avait de la chance d'avoir comme voisine à l'étage du dessous une vieille femme sans famille. Hanah laissait sa fille de quelques mois avec cette vieille dame qui était ravie de s'occuper d'un bébé.
Ann côtoya cette vieille dame le début de ses jeunes années, jusqu'à ce qu'Hanah décide que sa fille était assez grande pour rester toute seule à la maison et madame Kin trop vieille pour s'occuper d'une petite fille de cinq ans. Ann comprit bien plus tard que si Hanah avait décidé de couper les ponts avec cette vieille dame, ce n'était pas par soucis d'âge. Mais simplement par jalousie : Hanah ne pouvait laisser quelqu'un s'occuper mieux qu'elle de sa poupée.

Elle décida sur un coup de tête de démissionner de son emploi au fast-food. Sans revenu, Hanah fit alors la seule chose qu'elle savait faire et qu'elle aimait faire : s'apprêter et sortir dans un bar pour aguicher un bel et riche homme.

Pour la petite fille qu'était Ann, sa maman devait faire un travail très dur pour qu'elle rentre le matin toute collante et tremblante. Alors, Ann faisait tout pour que sa maman rentre du travail et se repose le plus possible à la maison.

"Ma poupée, donne moi la bouteille qui est là."

Cette phrase, Ann l'a entendu des dizaines, des centaines de milliers de fois.

Par curiosité, Ann goûta un jour ce liquide : si maman aimait ça, pourquoi pas elle aussi ?
Première erreur : recracher l'alcool aussi vite qu'il était passé dans sa gorge.
Seconde erreur : laisser tomber la bouteille qui se renversa sur le sol de leur petit appartement.
Troisième erreur : le faire devant maman.

"Tu as vu ce que tu as fait ! Tu sais combien ça coûte une bouteille comme ça ?! Non mais qui m'a donné une gamine aussi stupide ! Ne fais plus jamais ça, tu m'entends ?! Dans ta chambre tout de suite Ann ! Et que je ne t'entende pas pleurnicher ! "


Jetée dans sa chambre, Ann écoutait sa mère jurer, crier, de l'autre côté de sa porte. Ann avait juste été curieuse, rien de plus. Mais c'était toujours comme ça à la maison, maman était toujours comme ça : un jour en colère, quelques jours où elle était calme, puis le lendemain maman était triste. Encore une fois, le cycle recommençait.

À la maison, Ann restait des heures devant les écrans, seule occupation qu'elle pouvait faire puisque sa mère lui interdisait d'aller chez madame Kin, prétextant qu'elle était trop âgée pour s'occuper d'elle. Alors, Ann regardait les dessins animés, mais très vite cela l'ennuya : Anpanman et Doraemon avaient déjà comblé la curiosité de la petite fille. Ann changea de chaîne pour découvrir des émissions pour les grands, elle ne comprenait pas ce que les adultes disaient quand ils parlaient d'économie, de chiffre, et elle fut prise à nouveau par l'ennui. Ann regarda autour d'elle, maman était sortie travailler et n'était pas revenue depuis la veille.

C'est ainsi qu'Ann s'était retrouvée dans ce bar puant le tabac et le parfum bon marché. Elle avait souvent vu sa mère sortir de ce bar, alors elle s'y était faufilée, le plus discrètement possible en se cachant dans un groupe d'adultes qui ne l'avaient même pas remarqué. La musique tambourinait, les rires fusaient, mais Ann ne voyait pas sa mère à travers l'épaisse fumée de tabac et l'éclairage trop sombre. Elle s'avança alors vers l'endroit le mieux éclairé du bar : le comptoir.

Elle s'assit tant bien que mal sur le haut tabouret et Ann vit alors un autre monde. Elle voyait les verres parfois multicolores se battre sur le plateau d'une serveuse pour avoir une place : les tranches de citron sur les Mojitos, le sucre sur le rebord du verre accompagné d'une petite décoration sur un "Sex and the bitch", les olives dans ce verre de Martini déposé simplement dans le verre, les glaçons déposés avec force dans le whisky. Le plateau partait, tenu par la main de la serveuse, serveuse qui semblait danser au rythme de la musique entre les tables pour être déposé délicatement devant le client.

Et les clients. C'est peut-être cela qui impressionna le plus Ann : chaque personne avait le sourire en voyant ces verres multicolores se poser devant eux. Même les clients qui semblaient tristes au comptoir ou bien assis seuls retrouvaient le sourire. Chacun avait son rire : gras, étouffé, surjoué. Tous riaient, en buvant ses verres. Ils étaient heureux, euphoriques.

C'était une symphonie, tout était clair, limpide, tout s'accordait à la perfection et la personne qui contrôlait tout cela ? Qui était cette personne qui réussissait à tout accorder, à tout faire marcher ensemble ?

Cet homme, debout derrière le comptoir. Cet homme qui faisait de grands gestes avec ses bras, comme un chef d'orchestre, celui qui faisait jongler ces récipients en Chrome avec dextérité pour ensuite déposer son mélange dans le verre qu'il avait décoré. Ann était subjuguée par cet homme qui réussissait à faire sourire tout le monde. Pour la brunette, elle comprenait maintenant pourquoi sa mère était si heureuse quand elle rentrait le soir : parce que cet homme lui donnait le sourire avec ses beaux verres.

"Mika ! C'est qui la gamine ?" Demanda une voix derrière la petite fille

"C'est ma petite sœur, notre mère travaille tard ce soir alors je la garde" répondit le barman en regardant Ann.

"Ta sœur hein ? Ahah te fout pas de ma gueule. L'incontestable t'as bien fait changer mon vieux"

Le serveur partit, toujours en se moquant du barman qui regarda alors Ann. Il resta de longues secondes à la regarder fixer ses mains posées au comptoir avant de passer une main dans ses cheveux.

"Ma gentillesse me perdra..." Soupira-t-il, "Mais je ne serais pas un bon barman si je ne proposais pas un cocktail à une nouvelle cliente"

Ann releva immédiatement la tête : le barman était devant elle, lui préparant un cocktail avec ces mêmes gestes amples et souples. Ann était émerveillée de voir devant elle un verre avec un liquide rosé, le sucre décorant le pourtour du verre et les glaçons nageant dedans.

"Oh, attends", arrêta le barman avant de déposer une petite fraise sur le verre, " Voilà ! Un cocktail sans décoration n'est pas un cocktail digne de ce nom pour une nouvelle cliente."

"Est-ce que ça va brûler la bouche si je le bois ?" Demanda-t-elle en fronçant les sourcils

" C'est un cocktail spécial, pour une cliente spéciale."

Avec un clin d'œil, le barman attendit qu'Ann goûte ce "cocktail" : elle s'attendait à ce que sa gorge brûle comme la dernière fois, mais au contraire, c'était sucré et doux. Rien à voir avec ce qu'Ann avait goûté quelques semaines plus tôt. Ses lèvres s'étirèrent alors en un sourire béa et Ann se dit alors que cet homme était un magicien, en plus d'être un chef d'orchestre.

"C'est trop bon ! Qu'est-ce que c'est ? "

"Ça s'appelle : une grenadine ", lui répondit-il avant de regarder Ann avec insistance, "Bon, qui tu cherches ? C'est pas un endroit pour les enfants ici, tu n'aurais jamais dû pouvoir entrer."

"Je cherche ma maman."

Ann ne comprit pas le regard du Barman se teinter de tristesse, ni le soupir de dépit quand Ann reconnut le rire d'Hanah retentir dans un coin de la pièce aux côtés d'un homme au double de son âge. Elle avait l'air si heureuse avec cet homme, un sourire béat, son corps collé au sien, une cigarette au doigt en buvant son verre.

Pourtant, le sourire de sa mère disparu immédiatement lorsque la serveuse vint vers elle pour lui tendre discrètement un morceau de papier. Hanah se leva prestement et claqua ses talons vers le comptoir, tirant Ann vers la sortie. Les deux filles rentrèrent : sans argent pour Hanah, des rêves plein la tête pour Ann.

Pourtant, les rêves d'Ann se firent vite oublier ce soir-là. À peine rentrés les doigts collants d'Hanah emprisonnèrent la mâchoire d'Ann et la forçaient à plonger son regard apeuré dans celui haineux de sa mère.

"Ne. Refais. Plus jamais. Ça."

La voix sifflante de sa mère, dite dans un murmure presque inaudible, son haleine empestant l'alcool, Ann n'avait jamais vu sa mère autant en colère contre elle. Elle ne put que hocher la tête, avant de sentir la poigne de sa mère se défaire.

"Non mais regarde moi tout ce foutoir ! Ann qu'est-ce que t'as foutu encore ! C'est une porcherie !"

Ann voyait sa mère balancer ses affaires sur le sol, revenir vers elles et les balancer encore plus loin avec un coup de pied. Elle voyait sa mère faire les cent pas dans l'appartement, ne cessant de crier les mêmes choses, encore et encore. Et Ann avait peur, elle ne voyait plus sa mère qui quelques minutes plus tôt était radieuse, elle voyait devant elle un lion en cage, prêt à attaquer.

"Pardon maman."

Après tout, c'était de sa faute si l'appartement était en désordre : elle avait mis maman en colère, elle l'avait dérangé. C'était de sa faute si maman n'avait plus le sourire.

"Rien à foutre que tu sois désolée ! Regarde le bordel qu'il y a maintenant ! T'es complètement inutile Ann ! J'aurais pas dû te garder, pourquoi je t'ai gardé ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ça ne va pas ? "

Ann s'enfuit dans sa chambre et se cacha sous le lit pour pleurer en silence. Ann ne savait pas comment réagir pour la calmer. Ce n'était pas quelque chose de rare pour Ann de voir sa mère crier comme ça. Mais cela lui faisait toujours mal de ne rien pouvoir faire et d'être la source de ses cris et de ses pleurs.

Le lendemain, Ann se réveilla la première et rangea alors l'appartement en désordre. Après tout, elle avait mis sa mère en colère, c'était à elle de réparer les choses pour qu'elle se sente mieux. Ann se souvient encore d'entendre sa mère l'appeler et lui demander ce qu'elle faisait debout à cette heure alors que le week-end venait de débuter. Elle se souvient encore de sa mère ouvrant ses bras pour qu'elle puisse se blottir contre elle.

"Il est trop tôt pour faire le ménage, reste avec moi ma poupée" avait dit sa mère d'une voix calme.

C'étaient ces moments-là qu'Ann chérissait plus que tout : ces moments où sa mère la prenait dans ses bras et jouait avec ses cheveux, ceux où elle entendait les battements de son cœur contre son oreille. C'étaient ces petits moments qui faisaient tout oublier à Ann.

"Je n'aurais pas dû te crier comme ça hier soir ma poupée. Personne ne t'a embêté hein ?" Demanda Hanah en soulevant le menton d'Ann, "tu me le dirais si quelqu'un te faisait du mal pas vrai ? Parce que j'irais le voir et je lui ferai regretter de t'avoir touché."

Ann raconta alors son moment avec le barman, arrachant un timide sourire à Hanah. Elle crut même entendre le rire de sa mère. Ann n'aurait échangé sa place pour rien au monde à ce moment-là.

Hanah resta quelques jours cloîtrée dans la maison, à fumer ses cigarettes, à boire et à s'abrutir devant la télévision qu'elle n'écoutait que d'une oreille distraite. Ann à l'école, elle ne se doutait pas que des hommes venaient de temps en temps chez elle. Ann ne voyait que la liasse de billets le soir et sa mère assise sur le canapé puant le tabac et la moisissure, une bouteille dans la main, une cigarette dans l'autre.

2101

Plus les années passaient, plus Ann comprenait ce qu'il se passait chez elle. Il n'y avait qu'à voir les regards des habitants du quartier pour comprendre. Ann avait compris ce que sa mère faisait, à huit ans, on pouvait comprendre pas mal de choses. Elle comprenait aussi pourquoi les draps de son lit étaient défaits le soir quand elle rentrait des cours et cela la dégoûtait. Si bien qu'Ann finit par dormir sur le sol, répugné à l'idée de dormir dans des draps utilisés à des fins bestiales.

Elle voyait souvent Mika, le barman qui l'avait aidé. Ann allait parfois dans ce bar pour le regarder s'occuper de ses tâches quotidiennes. Cela ne semblait pas le déranger non plus, puisqu'il avait l'habitude de la taquiner à chaque fois qu'elle venait, à chaque fois qu'elle lui posait une question sur le nom d'un objet sur le comptoir, sur les cocktails ou quand elle lui demandait de lui apprendre "à jongler" avec les shakers. Dans ces moments-là, avec Mika, Ann n'était plus obligée de serrer les dents, de froncer les sourcils et de sentir les regards méprisants sur elle. Elle pouvait respirer, elle prenait une grande bouffée d'air frais avant de rentrer chez elle et de voir sa mère se rhabiller tandis qu'un énième mâle sortait de l'appartement.


"Va faire les courses Ann. Et passe acheter des clopes."

Ann alla acheter "des clopes" : du moins, elle tenta d'en acheter. Une gamine de huit ans pouvait-elle acheter des cigarettes ? C'était impossible, même au quartier. Mais elle tenta le coup, elle ne voulait pas subir une énième crise de sa mère.

"Qu'est-ce tu crois toi, allez va t'en de là, je vends pas ça à des merdeuses."

"C'est pas pour moi, c'est pour ma mère."

"Qu'elle ramène son cul alors, je vends pas à des mineures"
, renchérit le vendeur avant de sourire narquoisement en voyant le visage fermé d'Ann, "ahah ! T'es bien la sœur de Tsuki et d'Yusei toi ! Le même regard qu'eux ! Ahah"

Ann ne comprit absolument rien. Qui étaient ces garçons ? Elle avait déjà entendu dans la rue ces prénoms, ou alors certains adultes dire "petite cerbère", mais Ann ne s'en était jamais souciée puisque pour elle, cela ne la concernait pas. Le vendeur se pencha alors vers Ann et regarda la jeune fille avec amusement.

"Tu croyais quand même pas que t'étais le seul marmot d'une alcoolo faisant le tapin nuit et jour ?" Se moqua-t-il, "jamais deux sans trois comme on dit et ça m'étonnerait pas qu'y en ai un quatrième en route ahah !"

Ann ne tiqua même pas, beaucoup trop habituée à ce genre de réflexion. Le seul point positif était qu'au moins lui, avait été franc. Et le comble : sa mère ne lui en avait jamais touché un mot.

Elle sortit du tabac et croisa Mika, qui lui acheta alors les cigarettes. Mais Ann ne s'en souvient plus vraiment, elle était beaucoup trop concentrée sur ce qu'elle venait d'apprendre : il y avait quelqu'un d'autre. Même plus ! Elle n'avait pas qu'un frère, mais deux ! Deux frères !

"Ben alors chère cliente ! On remercie pas son barman préféré pour lui avoir rendu service ?" Demanda Mika avec amusement

"T'étais au courant ? Pour Tsuki et Yusei"

Mika s'arrêta de marcher et regarda Ann quelque peu déboussolé. Bien sûr qu'il était au courant, tout le monde savait qui était Hanah, ce qu'elle faisait et ce qu'elle avait fait. Et c'était encore plus étrange pour l'adulte de voir que la seule personne ignorant tout de sa famille était un de ses membres.

"Ta mère a eu deux enfants avant toi : deux garçons, Tsuki et Yusei. Malheureusement... Ton grand frère, Tsuki, est mort dans une fusillade. Quant à ton autre grand frère Yusei", raconta-il avant de soupirer, " on ne peut pas dire qu'il était facile. Alors je sais pas ce qu'il s'est passé, mais du jour au lendemain Yusei n'est plus revenu. Enfin si, de temps en temps pour traîner avec ses potes, mais il a fini par les quitter et depuis... plus de Yusei. Eh Ann où tu vas ?! "

Elle ignora les appels de Mika, elle ignorait même ce qu'elle faisait, pourquoi ses jambes s'étaient mises à courir toutes seules jusqu'à chez elle. À peine était-elle au courant de l'existence de ses deux frères qu'un était déjà mort et l'autre disparu. Mais qu'importe, il fallait qu'elle sache : où était Yusei ? Est-ce qu'il allait bien ? Avait-il des problèmes ? Peut-être était-ce pour cela qu'il n'avait pas pu rentrer plus tôt. Peut-être que Yusei était en danger.

Elle venait à peine de connaître son existence que déjà, elle l'aimait. C'était normal après tout : il était son frère, son grand frère. Ils étaient une famille. Ann ne se sentirait plus toute seule, elle n'aurait plus peur de rentrer chez elle le soir à se demander avec qui sa mère était, si elle rentrerait le soir-même ou dans deux jours. Elle n'aurait plus à avoir peur du moindre geste qu'elle ferait ou des mots qu'elle choisirait pour ne pas énerver sa mère. Elle n'aurait plus à marcher sur des œufs toute la journée.

Elle devait lui parler, mais avant, Ann devait faire quelque chose qui allait être encore plus compliqué : en parler à sa mère.

Choisir les bons mots, le bon moment, la bonne intonation pour éviter de la mettre en colère ou alors de la faire pleurer.

"Le reste du loyer, il est où Hanah ?" Entendit-elle derrière la porte de l'appartement.

"Je vais payer, je vais payer, c'est bon laisse-moi un peu de temps."

"Te laisser du temps ? Je t'ai fait une fleur en te faisant bosser pour moi. Je t'ai même rendu service en ne prenant que 30% de ce que tu touches en baisant les clients donc maintenant soit tu me donnes mon fric, soit tu dégages avec ta gamine ! "


Ann avait ouvert la porte, inquiète de savoir que l'argent manquait. Et en voyant cet homme bedonnant luisant de graisse, Ann fit tous les efforts du monde pour ne pas avoir un haut-le-cœur.

L'argent des courses toujours en main, sa mère se rua vers pour lui arracher les quelques billets et les donner à son maque.

"Tiens voilà, c'est tout ce que j'ai, mais je vais me remettre au boulot."

"T'as intérêt à te remettre au boulot Hanah, ma patience à ses limites"
répondit le maque en sortant.

Ann n'oubliera jamais le regard mi-amusé, mi-lubrique que cet homme lui donna. De sa main prenant une de ses mèches de cheveux entre ses doigts, de son sourire effrayant ni de ses mots.

"Quand t'aura besoin d'un coup de main, passe me voir ma belle. Je m'occupe toujours bien de mes filles qui ont du potentiel."

Un silence régna dans l'appartement, un long silence, un long moment. Sa mère, assise sur le canapé, buvait son énième verre avec son énième cigarette qui se consumait lentement. Ann mit un moment avant de calmer les battements de son cœur.

"T'en fais pas il est toujours aussi con celui-là" Dit sa mère avec nonchalance, "t'as mes clopes ?"

Ann s'avança lentement vers sa mère et lui tendit ces cigarettes. Elle ne comprenait pas pourquoi elle devait bosser pour un type comme lui :

"une alcoolo qui fait le tapin"

Ah oui. Ann avait oublié l'espace d'un instant qui était sa mère. Mais Ann avait une autre question en tête, ça, elle ne l'avait pas oublié : pourquoi ne lui avait-elle pas parlé de Tsuki et Yusei ?

Ce n'était pas le bon moment, mais quand allait être le bon moment finalement ? Quand elle rentrerait ivre morte ? Quand elle serait dans son bon jour ? Chose qui n'arrivait plus (ou bien Ann ne le voyait pas). A la plus grande surprise d'Ann, sa mère semblait l'être aujourd'hui, ou du moins, elle était encore assez sobre pour tenir une conversation.

"Qui sont Tsuki et Yusei ?" Demanda de but en blanc Ann

Autant y aller directement. Elle semblait dans son bon jour et son maque venait de lui parler avec plus de verve que ça : c'était un pari risqué, quitte ou double. Ann vit sa mère boire calmement son verre en fixant un point invisible au loin.

"Est-ce que.." Continua-t-elle avec le plus de douceur possible, "... ce sont mes frères ?"

Ann vit un voile blanc passer devant ses yeux avant de se rendre compte qu'elle était au sol, un horrible mal de crâne, des morceaux de verres éparpillés sur le sol en prime. Elle resta inerte de longues secondes, n'écoutant même pas les hurlements de sa mère avant que celle-ci lui tire le bras pour la réveiller.

"Ce ne sont pas tes frères ! Ils n'existent pas ! Y a que toi et moi Ann ! Tu m'entends ! TOI et MOI rien d'autre ! Tsuki est mort ! Yusei est mort ! Tes grands-parents sont morts et le dojo est mort aussi ! T'es rien ! Rien du tout Ann ! Tu n'es rien pour eux ! T'existes pas pour eux ! T'EXISTES PAS ANN ! T'ES RIEN ! RIEN ! RIEN DU TOUT ! Et tu resteras rien du tout avec moi et moi seule !"

Ann n'avait jamais vu sa mère dans un tel état. Pas même la fois où elle avait vidé les bouteilles d'alcool dans les toilettes, ni la fois où Ann avait dépensé l'argent des courses pour s'acheter des sirops et faire des mélanges pour apprendre à faire des cocktails. Ni même lorsqu'elle avait abîmé le maquillage de sa mère pour se maquiller comme elle.

Ce changement dans le regard de sa mère, dans son comportement, Ann essayait de s'y habituer mais elle en souffrait. Jamais elle n'avait eu aussi peur d'elle.  Jamais autant, jamais à ce point. Jamais au point de ramper sur le sol avant de courir s'enfermer à double-tour dans sa chambre et de se cacher sous son lit en se faisant la plus petite possible.

Jamais sa mère n'avait tambouriné à sa porte avec autant de force, n'avait hurlé à s'en casser la voix. Ce n'était plus un lion en cage qui se trouvait dans l'appartement d'Ann, le lion s'était échappé et avait trouvé une proie, juste derrière cette porte qui absorbait les chocs.

"Tsuki est mort, Ann ! Il est mort ! MORT ! Il est mort et Yusei pareil ! Ils sont partis, loin de moi, loin de nous ! C'est pour ça Ann ! Qu'il n'y a que toi et moi ! Uniquement TOI et uniquement MOI ! Toi ! Moi ! Toi ! Moi ! Toi ! Moi !" hurlait sa mère, "On doit pas exister pour eux ... On doit pas, c'est pas bon... C'est pas juste... Pas juste..."

Ann sentit un liquide chaud couler le long de son front, ses mains lui piquaient, son bras lui faisait mal. C'est là qu'elle passa ses doigts sur le liquide.
Hanah avait déjà giflé sa fille sous le coup de la colère, elle avait déjà hurlé contre elle, mais jamais Hanah n'avait blessé sa fille au point de la faire saigner jusqu'à aujourd'hui.

Ann se souvient d'avoir prié tous les dieux pour que quelqu'un vienne, pour que quelqu'un puisse calmer sa mère qui pleurait derrière la porte en détruisant tout dans l'appartement. Elle priait, encore et encore jusqu'à fermer les yeux. Elle se réveilla le lendemain sur un brancard, Mika à côté d'elle. Il lui raconta alors brièvement que la voisine, madame Kin, l'avait appelé pour qu'il règle la situation, la vieille dame avait trop peur de montrer dans l'appartement pour voir le désastre des Nekawa.


Et c'est le soir même de sa sortie, seule chez elle, sa mère envolée depuis x temps, qu'Ann décida que le sujet "Tsuki et Yusei" serait banni à jamais de sa bouche. Plus tard dans la soirée, alors qu'elle dormait, Ann sentit quelqu'un se coucher près d'elle : il ne lui fallut pas longtemps pour comprendre que sa mère était rentrée ; encore une fois alcoolisé à en juger par son haleine.

"Pardonne-moi ... C'était pas censé se passer comme ça, c'était pas censé se passer comme ça avec toi. C'était censé être différent, tout devait être différents Ann. J'ai tout fais foirer, encore une fois... C'est pour ça que j'ai envoyé Yusei loin de moi. Mais toi.. Toi quand tu es arrivée, tout était différent."

Ann resta muette, immobile, prétextant dormir. Elle ne savait pas à quoi s'attendre avec sa mère, c'était toujours comme ça. Toujours imprévisible, toujours inconstant.

"Je vais faire des efforts, tu verras, je te le promets."

Encore un énième sanglot, encore une caresse dans ses cheveux. Un énième câlin, un énième mensonge.

"Ann, ma belle poupée Ann"

Pourquoi sa mère agissait ainsi ? Pourquoi du jour au lendemain, Hanah changeait ?

"Ne me laisse pas, reste avec moi. S'il te plaît"

L'ambiance à la maison changea quelque temps : Hanah faisait le ménage, elle accompagnait sa fille à l'école, elle fumait et buvait moins. Mais les vieilles habitudes reprirent et le cycle continua. Alors, Ann se promit de toujours garder le contrôle d'elle-même, le plus longtemps possible.

Elle ne savait pas encore que sa coupe était déjà bien remplit et prête à se briser.

2108

“Mika, t’en penses quoi de ces “incontrôlables” ?”

“C’est quoi ? Le nom de ton nouveau cocktail ?”

“Mika… s’il te plaît un peu de sérieux”


Sept ans s'étaient écoulés depuis qu'Ann était passée aux urgences. Rien n'avait changé en somme, sa mère agissait comme d'habitude, parfois, elle s'absentait plusieurs jours sans aucune nouvelle, puis revenait pour quelques jours soit pour rester toute la journée dans son lit à pleurer, soit pour regarder la télévision et boire. Ce cycle pouvait durer de quelques semaines à quelques mois. Ann était arrivée à la conclusion qu'elle ne pouvait pas l'empêcher de faire quoi que ce soit (si tant est qu'elle ait réussi une fois), tout ce qu'elle pouvait faire, c'était limité la casse : endurer ses sautes d'humeur, son alcoolisme, les hommes qui venaient parfois chez elles.

Elle s'occupait de tout dans la maison : ménage, vaisselle, lessive, repas, bricolage et parfois Ann s'occupait de soigner sa mère. Il arrivait à sa mère de se blesser à force de marcher sur des échasses avec trois grammes dans le sang, ou bien de casser une bouteille, un verre ou de revenir avec un bleu.

Ann avait bien essayé de savoir qui pouvait la frapper comme ça, quels clients avaient touché sa mère de la sorte.

"T'occupes", répondait Hanah.

Alors, Ann n'insistait pas. Elle supportait en silence de voir sa mère souffrir, de peur de trop insister et de finir encore une fois aux urgences. Les seuls moments où la jeune adolescente pouvait souffler étaient toujours en compagnie de Mika : ce barman de presque trente-cinq ans qui l'avait prit sous son aile. Il lui apprenait beaucoup de choses sur le métier de barman : si bien qu'Ann se faufilait parfois le soir pour entrer et se poser au comptoir dans un coin où personne ne pourrait la voir. Juste pour observer. Ann voyait Mika comme un grand-frère, celui qu’elle n’avait jamais eu et cela blessait la jeune fille qui aurait tellement voulu que cela soit une réalité et non pas une illusion.

Les cours intéressaient la jeune fille : c'était un autre moyen de penser à autres choses que sa mère, à l'argent, ou à bien d'autres choses.

Autres choses qui s'appelaient : adolescence, stupidité et collège.

"Je veux être libre d'aimer qui je veux, je veux pouvoir vivre avant de m'engager dans une relation et de fonder une famille. Je veux faire mes propres choix surtout pour celui-là : vivre ensemble, fonder une famille alors que personne n'est heureux, tu trouves ça normal ? L'incontestable peut même t'ordonner de concevoir un enfant, tu imagines ? Je ne suis peut-être pas le citoyen parfait, mais je veux pouvoir faire avancer les choses. Peut-être pas pour moi, mais pour les futures générations, je veux qu'elles soient libres d'aimer" répondit Mika

"L'Incontestable t'a demandé de faire un enfant avec ta femme ?"

"Ouai."

"La pauvre : elle va devoir s'occuper de deux enfants."

"Depuis quand ma cliente préférée est devenue si moqueuse envers moi hein ? D'habitude, c'est moi qui me moque de toi, pas l'inverse."

"Certaines choses changent... Enfin, je suppose"
, murmura Ann.

"Pourquoi tu me demandes ça, au juste ?"

"Par curiosité."


Ann n'aimait que les cours au collège et était plutôt bonne, le reste, elle s'en fichait. Les autres élèves, en particulier ceux qui se surnommaient "les caïds" du collège semblaient trouver un malin plaisir à lui rendre la vie impossible.

Lancé de nourriture, croche-patte, bousculade, brimades : c'était son quotidien. Mais Ann supportait, car elle devait garder le contrôle.

Et la raison pour laquelle Ann posait cette question à Mika n'était pas non plus anodine. Le groupe des incontrôlables était apparu et avec lui le fameux rassemblement "Big Bang Kiss". Ses tortionnaires avaient eu assez d'imagination pour reprendre le nom de ce groupuscule et de l'associer à sa mère.

Et Ann détestait ça. Mais elle ne pouvait pas se révolter : que ferait une minuscule gamine de quatorze-quinze ans contre un groupe de cinq ? Clairement, Ann se ferait passer à tabac et c'était la dernière chose qu'elle voulait.

Alors, elle ne disait rien. Elle encaissait, encore et encore. Parce que sa coupe pouvait encore se remplir. C'était ce qu'elle pensait en tout cas.

Le lendemain à la sortie des cours, Ann se fit aborder par ses tortionnaires. Peu réjouissant pour la jeune fille qui venait de subir le matin même la passivité de sa mère face à son maque qui était revenu quémander l'argent de son loyer. Maque qui n'avait pas jugé utile de se faire discret en regardant Ann avec insistance et qui avait, pour rajouter à cette journée, parler de Tsuki et Yusei, de la popularité de ce dernier qui faisait partie du groupe "LIOM" : en somme, la journée était merdique, du début à la fin.

"Allez Nekawa, un baiser pour le Big Bang Kiss et je te donne un billet"
avait dit un de ses tortionnaires en la plaquant un mur, "t'es habituée à ça de toute façon non ?"

"Ou alors tu veux plus, c'est ça ?"
Se moqua une des filles du groupe, " elle en veut plus chui sûre"

Gloussements de la part des filles, sourires méprisants de la part des garçons : pas nouveau pour Ann. Mais ce n'était pas le bon jour, Ann n'avait aucune envie de se prendre la tête, ni même de continuer à les écouter.

"Pourtant, c'est pas toi la petite sœur de Cerbère ?" Demanda une autre fille du groupe," Mon frangin connaît son frère et apparemment, c'est une star de la musique ! Il est pété de thune ce mec !"

Ann se défit de sa prison humaine, les dents et les poings serrés. Pourquoi fallait-il qu'aujourd'hui tout s'enchaîne ? Pourquoi sa mère ne pouvait-elle pas être quelqu'un d'autre ? Pourquoi ne disait-elle rien quand elle voyait son maque la déshabiller du regard ? Pourquoi Tsuki était-il mort ? Pourquoi Yusei ne revenait pas ? C'était surtout cela qui peinait le plus Ann : pourquoi est-ce qu'il ne revenait pas ? Un coup de téléphone au moins ? Il était en vie, il était en bonne santé, il avait réussi dans sa vie, alors pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il ne revenait pas ? Dans une famille, on se serre les coudes, on est ensemble non ?

“Eh Cerbère junior ! On t’causes ! Reviens putain !”

“Laisse tomber mec, elle préfère faire le tapin comme sa folle de mère”
lança une fille du groupe, “au moins elle finira pas en steak comme son grand frère dealer ahah”

La goutte de trop. Celle qui fait déborder la coupe, coupe qui se brise en mille morceaux, morceaux qui tombent encore et toujours. Ann devint incontrôlable à ce moment-là : elle avait gardé tout pour elle, elle qui pensait pouvoir encaisser jusqu'à la fin, c'était raté. Complètement raté. Une illusion à en juger par les poings de la jeune fille s'abattant sur le visage de l'autre. Tandis que certains filmaient la scène, d'autres hurlaient leur excitation à la vue d'une baston.

Ann n'était plus le petit fantôme rasant les murs, Ann était devenue une lionne, griffant, mordant jusqu'au sang n'importe qui voulant l'empêcher de se défouler contre ces filles qui venaient de l'insulter une fois de plus. Une fois de trop. Sa vie était merdique, elle le savait, elle pleurait tous les soirs en silence, espérant que quelque chose se passe, espérant que quelqu'un vienne prendre les choses en main. Mais personne ne venait, personne ne toquait à la porte comme dans les téléfilms et venait tout régler. L'idée de s'enfuir lui était venue à l'esprit plus d'une fois : mais pour aller où ? Avec quel argent ? Avec quelle perspective ? Elle était mineure, elle n'irait pas très loin.

Elle n'entendit même pas Mika lui hurler d'arrêter de frapper. Elle ne se rendit même pas compte qu'elle l'avait mordu, lui qui tentait simplement d'aider. Elle se sentit juste soulever par le col de sa veste et tirer loin du collège.

"Non mais ça va pas ?! Qu'est-ce qui te prends Ann ! Tu te rends compte que t'aurais pu la tuer ?"

"Cette connasse le méritait ! Je vais la tuer dégage !"

"Tu vas rien faire du tout à part te calmer Ann !"
, cria Mika en la bloquant, "Non mais tu t'entends ? Tu te rends compte des conséquences que ça aurait pu avoir sur toi ? Sur ta vie ? Sur ta mère ?"

"Mais qu'est-ce que ça peut te faire à toi ! C'est quoi ton problème j'ai pas besoin de toi et j'veux pas de ton aide ! T'es pas mon père ni mon frère alors casse-toi ! "


"Rien à foutre que tu veuilles ou pas de mon aide, je resterai ici jusqu'à ce que tu sois calmée ! C'est exactement ce qu'ils veulent que tu pètes un plomb ! T'es pas stupide alors tombe pas dans le panneau ! Tu vaux mieux que ça !" Dit-il en la plaquant contre le mur, "tu crois qu'un patron de bar ou de café voudra embaucher une fille qui devient hystérique à la moindre insulte ? Personne voudra embaucher un animal alors contrôle-toi !"

"Tss... C'est des conneries Mika, tu le sais. C'est qu'un stupide rêve, ça marchera jamais ! Je partirai jamais d'ici je resterai toujours la fille de la putain. La sœur du Cerbère, la sœur du dealer."

"Ah parce que tu pensais que ça allait être facile ? Si tu veux pas qu'on t'associe à eux alors ne deviens pas comme eux ! Commence petit, fait une formation, fait des stages dans des grands hôtels ! Mais ne te laisse pas tirer vers le bas par ses imbéciles. Tu vaux plus que n'importe lequel de ces merdeux Ann alors reprends toi merde !", dit-il avant de regarder sa main en sang, "bordel, tu avais si faim pour me mordre jusqu'au sang ? Je te préviens je suis pas comestible Annibale !


2109

Ann avait réussit. Enfin Ann voyait une petite lueur d’espoir. Après le collège et l'enseignement obligatoire, elle s’était inscrite dans un lycée technologique et commençait une formation dans l’hôtellerie-Restauration avec une mention complémentaire pour se spécialiser pour être barmaid : elle se rapprochait de son objectif et de son rêve.
Un petit rêve avec de basse ambition pour certain, un énorme rêve pour d’autre.
Car c’était cela qu’Ann voulait : donner du rêve, offrir un moment de détente à ceux qui en avaient besoin. Un moment où les personnes pourraient souffler, se libérer de tous leurs tracas quotidiens autour d’un verre ou d’un repas.

Certes cela avait été difficile, mais Ann était parvenue à obtenir une petite bourse en plus de faire quelques petits boulots payés au noir. Mais elle s’en fichait, tant qu’elle pouvait ramener un peu plus d’argent, gagner de l’expérience et continuer ses études. C’était tout ce qui lui importait.

Ann se lia d’amitié contre toute attente avec l'une des filles qui l’avait harcelé au collège. Avec beaucoup d’efforts de la part de celle-ci, elle réussit à convaincre Ann de lui donner une chance : de lui montrer qu’elle n’était pas la gamine idiote et stupide qui utilise le passé des autres pour se décharger de sa propre douleur.
Elle sortait avec ses amies quand elle en avait le temps, le début des premiers amours, des hormones qui sont en surchauffe, des premiers petits-copains (qui se soldaient par une rupture dès qu’elle sentait que les sentiments devenaient plus importants).

Mais il n’aura fallu qu’une journée pour qu’Ann prenne conscience d’une chose si simple mais pourtant vite oubliée dans la société contemporaine : la vie est fragile.
Ann n’oubliera jamais Shukumei : cette dévastation, ces cris, ces pleurs, et cette eau. Toute cette eau, à perte de vue. Cette eau qui avait failli prendre Ann pour toujours. Cette sensation de ne rien pouvoir contrôler, d’être aspiré, tiré par l’eau, cette eau salée qui s’était infiltrée dans ses poumons. Et ces corps, tous ces corps flottant funestement à la surface de l’eau, se cachant dans les décombres trop timides ou trop fainéants pour sortir.

“Où est ma fille ? Ann ! ANN !”

La concernée se réveilla de sa torpeur en entendant les cris de sa mère à l’hôpital. Elle la voyait au loin, se débattant avec un infirmier, le giflant par la même occasion avant de courir vers Ann.

Sa mère. Si Ann était partie, si elle n’avait pas été rattrapé de justesse, Ann n’aurait plus jamais vu sa mère. Sa mère n'aurait eu personne et inversement. Si sa mère avait été enlevée par Shukumei, Ann se serait retrouvée seule.

“Allez viens Ann, on s’en va. Tu vas voir on rentre à la maison et on nettoie tout ! Et ensuite on ira s’acheter de quoi faire un bon repas tu verras ! Tu verras on va s’en sortir !” disait sa mère surexcitée, “on va se prendre un autre logement si le nôtre est détruit et tu verras, ce sera un nouveau départ, oui un nouveau départ. On fera en sorte d’avoir chacune notre chambre et dans le salon il y aura un bar, pour que tu t’entraines à faire des cocktails. Tu verras on va s’en sortir !”

Par chance leur immeuble avait tenu le coup face à Shukumei. Un soulagement pour Ann qui se reconcentra tant bien que mal sur ses objectifs. Tout semblait redevenir normal, les cours, les amies, les amourettes, le travail. A cette période, Ann commença aussi à fumer : sa mère ne remarquait même pas qu’un paquet avait disparu ou se vidait plus vite que d’habitude. C’était un petit mensonge d’Ann, pas le plus intelligent, mais de temps en temps une cigarette ne lui faisait pas de mal pour se détendre. Ann alla accompagner Mika se recueillir lors de la commémoration de Shukumei : celui-ci avait perdu sa femme lors de la catastrophe.

2111

Puis il y eut l'incontestable et son enquête sociologique. Événement qui passa aux oubliettes pour la jeune fille puisqu'elle avait réussi à être admise pour un stage dans un grand hôtel luxueux de la ville. Une fierté et un rêve pour la jeune fille qui adorait ses études et qui était en âge de trouver un travail à temps-partiel, mieux que des petits boulots payés au noir. Elle réussit à se faire embaucher comme serveuse dans un café : elle accumulerait encore plus d'expérience si elle travaillait dans la même branche que ses études. Mais quelque chose de plus important pour elle vint  assombrir le tableau : trois coups de massue.

Premier coup de massue : l'Épidémie.

Si Ann eut de la chance en ayant aucun symptôme, elle s'inquiéta beaucoup plus pour sa mère. La mère avait toujours été imprévisible, mais pour Ann, l'idée même qu'elle puisse être touchée la terrifiait. Ainsi, Ann ne cessait de vérifier l'état de sa mère : appels, messages, post sur les réseaux sociaux, notifications. Ann devint une véritable gardienne. Elle voulait savoir où elle était, avec qui elle était, ce qu'elle faisait, comment elle se sentait. Ann voulait tout savoir. Elle avait même commencé à couper l'alcool avec de l'eau, du sirop, n'importe quoi dans les bouteilles de l'appartement pour que sa mère soit moins ivre et soit plus alerte.

Ann fut appelée au beau milieu de la journée par l'hôpital : sa mère venait d'être hospitalisée. Ni une, ni deux, abandonnant son stage, Ann courut la rejoindre. Rien qu'en passant un pied dans les urgences, Ann sentait que quelque chose allait se passer.


Physique
Ann est une poupée.

Vous la voyez marcher calmement dans la rue, ses cheveux noirs se balancent de part et d’autre de ses mâchoires, sa frange cachant son front. Elle passe inaperçue : jean, T-shirt, veste à capuche, basket et perfecto en simili cuir.
Elle n’est pas très grande, peut-être est-elle trop petite pour les autres, mais Ann s’en fiche : son mètre soixante lui convient parfaitement de même que sa poitrine, qui lui paraît de taille moyenne.
Elle marche dans la rue, accompagnée de quelques amis de son âge avec sa démarche assurée, ses jambes ni trop maigres, ni trop épaisses, ses muscles tendus, prêt à bouger à n’importe quel moment. À partir du moment où son physique est opérationnel pour travailler Ann est contente.


Elle est là, ses lèvres rosées s’élargissant sans pour autant montrer sa dentition pour gratifier ses amis d’un sourire calme comme d’habitude. Ses gestes sont calmes et maîtrisés. Son teint blanc légèrement rehaussé de blush pour avoir bonne mine, ses sourcils parfaitement épilés avec un grain de beauté sous l’œil droit. Ses yeux sont peut-être la seule chose que son père étranger lui ai transmit, légèrement maquillés, assez pour que son regard gris soit mis en valeur sans pour autant être emprisonné par deux couches de fards à paupières, d’eye-liner et d’autres moyens pour permettre d’avoir la pliure de la paupière visible. Apparemment, c’est un standard de beauté d’avoir les paupières comme les occidentaux : quoi qu’il en soit, véridique ou non, Ann s’en fiche.
Son regard se veut doux et calme, comme une poupée malgré les quelques cernes sous ses yeux à force d’enchaîner les petits boulots en parallèle de sa formation pour devenir barmaid. C’est sûrement pour cela qu’on la croit fragile, mais son regard peut vite devenir tranchant, insistant, voire intimidant si on la pousse à bout.

Si l’on regarde d’un peu plus près, sous sa frange se cache une cicatrice : de sa tempe gauche qui remonte jusqu'à la racine de ses cheveux. Ann ne cesse de la toucher cette cicatrice. Une habitude qu’Ann a beaucoup de mal à se défaire. Ses mains sont petites, elles ne tremblent pas, elles auraient pu être lisses si quelques cicatrices sur ses phalanges ne venaient pas s’ajouter.

Des cicatrices, Ann en a encore quelques-unes, mais toutes sont bien cachées.

Car Ann est une poupée. Et une poupée doit être parfaite.

Caractère

Vous êtes perdu dans cette ville qu'est Tokyo, alors vous demandez votre chemin : vous ne demandez pas votre chemin au type adossé contre la devanture d’un magasin qui regarde les passants comme s’il allait les tuer. Ni à cette femme pressée qui court entre les passants pour se rendre au travail.

Vous demandez alors à quelqu’un qui vous semble accessible : c’est là que vous croisez Ann. Poliment vous lui demandez où se trouve le magasin que vous cherchez tant. Ann vous répondra calmement, avec exactitude et courtoisie. Elle n’oubliera pas de vous gratifier d’un sourire que vous interpréterez comme de la timidité.
Si vous êtes son ami(e), Ann sera là pour vous. Elle rigolera calmement à vos blagues, en fera même parfois et discutera volontiers avec vous. Si vous êtes triste, en colère ou bien perdue, Ann sera là pour vous écouter et vous conseiller. Ann sera directe, elle vous vexera peut-être et vous la verrez comme une grande donneuse de leçons. Mais Ann est comme ça : franche et directe, parfois trop directe.

Jamais Ann ne criera ni même n’osera lever la main sur vous.

Car Ann garde le contrôle.

Contrôle.
C’est l’adjectif qui pourrait définir le mieux la jeune fille : du petit cheveux qui ne veut pas se ranger avec ses comparses à ses tremblements, Ann garde le contrôle d’elle-même.
Le contrôle, Ann se fait un devoir de le garder. Si elle ne peut pas contrôler les agissements de sa mère, Ann peut avoir le contrôle sur elle.

Avec les autres, Ann garde le contrôle comme on peut l’avoir sur le robinet d’eau : on ouvre assez pour remplir le verre, mais jamais trop pour qu’il déborde.

Juste assez pour que ses ami(e)s puissent l’apprécier et se confier, mais jamais trop pour qu’Ann puisse se dévoiler. Ann ne laisse jamais quelqu’un dépasser la limite, elle ne laisse jamais personne entrer dans son cercle privé.

Son cercle privé, un cercle gardé, fermé à double, triple tour et ensuite caché.
Montrer ses faiblesses, montrer ses peurs et ses doutes : impossible pour la jeune fille.
Sa fierté et son égo en prendraient un coup.

Se dévoiler, Ann ne le fait pas, parce qu’elle ne contrôlera pas ce qui en découlera.

Car oui, il y a des choses qu’Ann ne peut pas contrôler et cela, elle n’aime pas, donc elle les cache encore plus,  derrière d'innombrables couches plus dures les unes que les autres.

Contrôler ses peurs : Ann en est incapable.

L’aquaphobie : Shukumei l’a marqué, au point d’avoir peur de l’océan, d’avoir la tête sous l’eau, de ne pas pouvoir remonter à la surface. Elle n’ira jamais se baigner, prétextant ne pas savoir nager, ou avoir mal quelque part. N’importe quelle excuse suffira.

La Philophobie : Aimer pour Ann est la pire des choses possible. On ne peut pas contrôler qui on aime, ni même les sentiments que l’on éprouve en côtoyant une personne. La déception, la peur de l’abandon, le mensonge, Ann ne le supporte plus.  Alors, Ann ne veut pas tomber amoureuse, elle ne veut pas non plus que quelqu’un tombe amoureux d’elle. Hors de question de souffrir à nouveau. Avoir des attentes vis-à-vis d’une personne, l’aimer, avoir peur qu’elle parte, les mensonges, les cris, la douleur de voir que l’autre n’a plus l’étincelle qui vous-même vous anime, la peur de se trouver perdu sans l’autre. Ann a trop souffert de ça et ne veut plus le revivre.

Que recevrait quelqu’un qui aimerait  Ann ? Rien. Car Ann ferait en sorte de fuir cette personne : rompre avec son petit-copain, se détacher d’un ami qui a des sentiments pour elle, avant qu’il ne tombe amoureux (ou qu’elle ne tombe amoureuse), Ann l’a déjà fait et elle le refera, autant de fois que nécessaire. Même si cela lui brise le cœur et celui de l’autre, Ann s’en fiche, car sa mère est sa priorité.


Il y a aussi ces petites choses qu’elle ne peut pas contrôler comme sa jambe qui ne cesse de tressauter, ses doigts qui jouent avec le stylo, ses lèvres qu’elle mordille quand elle est concentrée. De sa mâchoire qui se serre à lui casser l'émail quand elle est en colère. Ou de toucher la cicatrice qu’elle a sur son front à travers sa frange.  Ann ne le contrôle pas, et ça l’énerve.

Mais il n’y a pas que ça qui énerve Ann :

Ann n’aime pas la mauvaise foi. Elle préfère l’honnêteté, qui coûte moins cher en temps et qui vaut plus qu’un mensonge pour “paraître” ou pour “protéger”.
Elle n'aime pas voir qu'on rabaisse quelqu'un, qu'on le sous-estime, qu'on le juge sans même le connaître, ni la violence : ce sont des actes qu'elle ne cautionne pas et qu'elle n'hésitera pas à dénoncer.
Accepter ses erreurs, se remettre en question et se battre pour changer vaut bien plus pour Ann que quelqu’un se cachant derrière des excuses, des titres ou des noms. C’est peut-être la seule et unique chance pour ceux qui l’ont déçu d’être pardonnés.  
Ann a beau sembler discrète, calme et réservée, Ann n’est pas faible. Elle sait ce qu’elle vaut, elle sait qui elle est et d’où elle vient. Et Ann n’abandonne pas, surtout quand il s’agit de sa famille.

En parlant de famille : Ann n’aime pas qu’on la compare à ses membres. Elle est qui elle est : ni sa mère, ni son ainé Tsuki et encore moins son autre frère Yusei. Elle n’aime pas être “la petite sœur de…” ou “la fille de…”. Non. Elle est Ann, ou Annibale pour ses ami(e)s.

Si pour elle, Yusei a renié sa mère, il en va de même pour Ann : il n’est pas son frère.  Juste un inconnu qui a abandonné sa mère par facilité. Mais qu’importe pour Ann, elle range Yusei dans un coin de sa tête et se concentre sur sa mère.

C’est tout ce qui lui importe, c’est la principale motivation d’Ann, sa seule famille : sa mère Hanah.
La seule personne encore vivante à faire partie de son cercle privé : avec elle Ann est douce, presque maternelle. Les rôles se sont inversés depuis longtemps et cela ne dérange pas Ann puisqu’elle savait que cela arriverait. Ann peut se montrer très possessive vis-à-vis des personnes dans son cercle privé : elle est le stéréotype de la mère-poule, ou de la petite-copine relou. C’est comme ça, Ann veut tout savoir et avoir le contrôle de tout pour se préparer à chaque éventualité, limiter la casse et protéger son cercle privé.

C’est peut-être la seule arme que les autres ont pour lui faire entendre raison : utiliser sa mère. Mais attention à celui qui l’utiliserai contre elle.

Car même si Ann est gentille et compréhensive,  Ann ne donne qu’une chance. Une seule et unique chance aux autres. Elle est intransigeante et rancunière.

Le seul moyen de se faire pardonner si l’on déçoit Ann ? Faire partie de "l'exception qui confirme la règle”.
En d’autres termes : bon courage.

Elle contrôle tout, même sa colère : il n’y a qu’à voir son regard acier vous transpercer de part en part pour vous faire comprendre qu’Ann n’apprécie pas. Son ton sec, ses remarques acerbes et les silences lourds qu’elle installe pour vous faire comprendre que “ soit tu arrêtes de m’attaquer, soit tu subis les conséquences”.

Car Ann n’attaque jamais la première.

Elle ne veut dépendre de personne, elle met un point d’honneur à être indépendante et n’être redevable de rien, envers quiconque : elle sait que certains pourraient s’en servir pour les piéger, elle et sa mère.

Alors Ann s’acharne corps et âme, elle en est capable, elle doit en être capable : pour elle et pour sa mère. Ann est assez solide pour endurer et encaisser : ironiquement, sa coupe qui a déjà débordé une fois a fini par devenir un océan.

Un océan qui, s’il vient à devenir un tsunami, peut devenir dangereux, pour les autres et pour Ann.

Et avec tout ceci, tout ce que vous venez de lire, il y a encore une chose, la plus paradoxale peut-être, que vous devez savoir au sujet d’Ann.

C’est que caché au plus profond d’elle, si bien que même Ann n’en a plus conscience maintenant, Ann reste une enfant. La même petite fille qui pleurait sous son lit en attendant que sa mère finisse de hurler de l’autre côté de la porte tellement elle était alcoolisée, la même petite fille qui espérait que quelqu’un vienne lui tendre la main, l’envelopper dans une étreinte qu’elle saurait être rassurante ou simplement lui dire “tout va bien.”

“Tu n’es pas toute seule.”


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(Hâte de déguster le rester ta fiche  Under control /Ann Nekawa 2903594549 ♥ )
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AAAAAAAAAAAAAAAAANN Under control /Ann Nekawa 1258839627

Bijour, chère future belle-soeur, je te souhaite la bienvenue ❤

J'ai beaucoup aimé le caractère, tout haut en couleur ! hâte de découvrir la suite Under control /Ann Nekawa 1353670443
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Et que vous arriverez à supporter Ann surtout vous, Yusei et Chiharu Under control /Ann Nekawa 1362171446

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SOOYOUNG Under control /Ann Nekawa 3312792343

Quel perso intéressant! J'aime énormément ce que j'ai lu et j'ai hâte de voir ce perso en action sur le forum. J'ai peut-être bien une idée de lien que je te proposerais une fois validée. En tout cas bienvenue et bon courage pour ta validation.  Under control /Ann Nekawa 2432113367
— Just Married —

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OUI SOOYOUNG !! Under control /Ann Nekawa 2903594549

Merci beaucoup de ton accueil, j'espère que la fin de la fiche te plaira tout autant que ce que tu as déjà lu :)
— Just Married —

Sam 26 Juin - 12:36
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Histoire - Suite
Ann aurait pu souffler de soulagement si elle n'avait pas remarqué l'état presque catatonique de sa mère en compagnie de Mika. Couverte de bleus, saignant à la tête, elle était allongée sur un brancard, les yeux mi-clos, sa tête bougeait lentement de droite à gauche, sa voix à peine audible chantonnait quelque chose alors que ses mains étaient attachées par des sangles. Ann ne l'avait jamais vu aussi "stone". Même avec l'alcool, sa mère n'avait jamais été aussi fragile et cela déplut à la jeune fille : que s'était-il passé pour qu'on la drogue comme ça ? Pour qu'on l'attache comme si elle n'était qu'un animal ou une folle furieuse ?

“Bonjour mademoiselle Nekawa “

Un infirmier vint alors à sa rencontre, le visage fermé, l'air grave, les sourcils froncés, le regard fuyant comme s'il hésitait à parler. Ann pointa sa mère du doigt : pourquoi était-elle dans cet état ? Qui lui avait fait ça ?

"J'aurais quelques questions à vous poser, si vous voulez bien me suivre" dit-il en montrant le couloir

Ann ne bougea pas d'un pouce. Si l'infirmier avait quelque chose à lui dire qui le dise ici, Ann ne bougerait pas, ne laisserait pas sa mère seule sur ce brancard, attachée qui plus est. Le médecin le comprit bien à en juger par le soupir qu'il émit.


"Votre mère a été amenée ici et mise sous sédatif après avoir eu un accident de voiture. Votre mère, a semble-t-il, prit la voiture de son compagnon et a heurté un mur avant de courir dans la rue.", commença le docteur,"nous avons fait passer des examens à votre mère et il s'avère qu'elle n'est pas concernée par l'épidémie. Cependant..."

La jeune fille soupira, passant une main sur son visage. Mais qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Ann passa une main sur la joue de sa mère où un hématome commençait à se faire voir. Il fallait qu'elle arrête de boire, Ann avait essayé de lui faire arrêter. Apparemment, cela n'avait pas fonctionné. Puisque Hannah était aux urgences.

"Je voulais vous poser des questions sur votre mère : sur son comportement."

Ann tiqua. Son comportement ? Que cherchait-il à faire ? Que cherchait-il à faire avouer à Ann ?

"Si je vous pose cette question, ce n'est pas pour rien mademoiselle", continua-t-il en feuilletant son bloc-note

Prenant une profonde inspiration, Ann serra encore plus les dents. Elle voyait bien qu'il cherchait ses mots. Il voulait lui dire quelque chose, mais il ne savait pas comment.

"Dîtes ce que vous avez à dire, nous ne sommes pas là pour faire perdre du temps à l'autre" claqua Ann d'un ton sec

"Vous ne vous souvenez sans doute pas de moi, mais c'est moi qui ait soigné votre blessure à la tête quand vous étiez plus jeune et... j'étais aussi là quand votre mère vous cherchez dans l'hôpital après Shukumei"

Le rapport ? Ann n'en voyait aucun. Qu'est-ce que cela avait à voir avec l'état actuel de sa mère ? Ann s'impatientait de plus en plus. Allait-il finir par cracher le morceau oui ou non ?

"Je vais aller droit au but", finis par dire le médecin, "au vu de son dossier, et des dires de votre ami, nous souhaiterions que votre mère passe plusieurs examens psychologiques."

"De son... Dossier ?" Répéta Ann, "c'est la première fois depuis des années que ma mère n'a plus mit un pied à l'hôpital"

"Ann"
appela alors Mika.

Tendant une main réconfortante vers la concernée, elle se recula instinctivement. Elle ne comprenait absolument rien à la situation, il devait se tromper. Il n'y avait que cette explication puisqu'Ann n'avait jamais reçu un coup de téléphone, rien.

"Qu'est-ce que t'as fait, Mika", murmura Ann en comprenant que Mika avait un lien avec ça, "c'est quoi cette histoire de dossier ? Qu'est-ce que tu lui as dit ?"

"Vous n'avez jamais trouvé cela étrange"
, dit alors le médecin, "les changements d'humeur de votre mère."

"Ma mère n'a pas eu une vie facile, je pense qu'il est naturel de se sentir comme ça. Ne venez pas me dire que vous n'avez jamais eu une baisse de moral."
Répondit la brune.

"Oui, c'est naturel pour chacun de..."

"Alors, je ne vois pas pourquoi vous nous faites perdre notre temps"
, coupa Ann en commençant à détacher sa mère, "si ma mère n'a pas le virus, nous n'avons plus rien à faire ici. Allez maman lèves-toi, on rentre à la maison."

"Ann écoute ce qu'il a à dire."

"Ma mère n'est pas folle et elle n'a pas besoin de passer des tests psychologiques Mika."


"Votre mère n'est pas "folle", elle est malade. Ce genre de trouble de l'humeur s'accompagne généralement d'autres troubles de comorbidité comme l'alcoolisme, le tabagisme, le diabète", Énonça le médecin, "vous marchez sur des œufs en permanence, car vous ne savez pas ce qu'elle pourra faire. Elle peut rester dans sa chambre des jours avant de subitement en sortir. Elle peut partir des jours sans éprouver la moindre fatigue, puis elle revient et elle retombe encore une fois dans le mutisme, ou bien la mélancolie."

S'en était trop pour Ann. Elle devait sortir d'ici avec sa mère le plus rapidement possible. Même si les paroles du médecin faisaient écho à son quotidien, Ann ne voulait rien entendre. Sa mère n'était ni malade, ni folle. Ils ne l'emmèneraient pas loin d'elle, elle ne serait pas dans un asile avec une camisole de force comme on en voyait dans les films. Hors de question.

Mika tenta de la retenir, de lui faire comprendre qu'elle devait écouter le médecin qui était toujours dans la même pièce qu'eux.

"Ann, ça suffit, tu vas m'écouter maintenant !" Cria Mika, "Ta mère n'a pas contracté le virus, mais elle est quand même malade ! Elle est malade Ann ! Elle a besoin de se faire aider, tu comprends ?"

"Mais en quoi ça te regarde Mika ?" Demanda doucement Ann, "Je t'ai jamais rien demander au sujet de ma mère."

"Tu ne peux pas l'aider, ce sont des médecins, des médicaments, un traitement dont elle a besoin ! Tu ne peux pas tout gérer Ann ! "


"Tu veux quoi ?" Avait alors rétorqué froidement Ann, "il y a toujours une emmerde à rendre service donc qu'est-ce que tu veux..."

"Ann, aussi invraisemblable que ça puisse te paraître, je te demande rien ! "


"Mais c'est quoi... Ton putain... De problème Mika ?" Avait alors rétorqué Ann la voix fébrile, "Pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi tu veux l'éloigner de moi ? Pourquoi t'as fait ça Mika !"

"PARCE QUE !" Cria Mika, avant d'essayer de reprendre le contrôle de lui-même, "parce que je m'inquiète pour toi Ann. Tu ne peux pas mettre aux oubliettes ta vie qui vient à peine de commencer pour quelqu'un dont la sienne est déjà finie ! "

Si Mika avait été un inconnu pour Ann, elle l'aurait sans doute pris pour un drogué. Mais elle le connaissait justement, ce n'était pas normal pour lui d'être aussi virulent, ce n'était pas normal qu'il sue à grosse goutte, ni même qu'il saigne du nez.

"Occupez-vous d'Ann et de sa mère" avait simplement dit Mika en voyant les regards du médecin et d'Ann, "Et toi, tu vas la laisser entre les mains des médecins, un point c'est tout. Fais ce que je te dis Ann, s'il te plaît."

"Ce ne sont pas des examens lourds, ils sont bénins mademoiselle"


Hanah resta alors en observation, à faire des examens, des tests, tandis qu'Ann essayait de jongler entre ses cours, son alternance, son job à temps-partiel et le cas de sa mère. Si sa mère était vraiment malade, il lui faudrait de l'aide. Ann chercha alors toutes les informations sur les troubles de l'humeur, les traitements, les soins, les cliniques. Tout ça coûtait cher, mais Ann allait s'en charger.

Elle avait déjà tout préparé, réfléchie pour trouver une solution. Cela se voyait à ses cernes qui n'étaient plus des petites poches, mais des grosses valises. De plus qu'elle n'avait aucune nouvelle de Mika ; elle ne savait pas s'il était sorti de l'hôpital, où il pouvait être ni comment il se sentait.

Et le verdict tomba. Deuxième coup de massue

Bipolarité (ou psychose maniaco-dépressive) : Trouble de l'humeur  caractérisé par une succession de phases euphoriques (épisodes maniaques ou hypomaniaques) et des phases dépressives.


Malgré avoir tout préparé, tout imaginé, la nouvelle fit mal. Ann serrait les dents, tentant avec toute la force dont elle était capable de faire partir la boule qu’elle avait à la gorge. Elle restait immobile, ignorant les paroles du médecins, se souvenant de sa vie, de sa mère. Ann n’avait rien vu, elle avait minimisé tout ses agissements, les mettant sur le dos de l’alcool. Toute sa vie, Hanah était malade, prisonnière d’elle-même sans le savoir. Elle avait essayé de faire des efforts, mais ses chaînes qui la retenaient prisonnière étaient trop forte. Ann ne cessait de se répéter cela, encore et encore jusqu’à ce que la voix du médecin la réveille subitement.

"Au vu de votre situation financière, lui trouver une place dans une clinique serait compliqué et très long", déclara le médecin, "Cependant, il existe un programme expérimental qui pourrait permettre à votre mère de pouvoir suivre un traitement "

Programme expérimental. Sa mère allait être un rat de laboratoire. Elle n'allait plus être un être humain, mais un objet encore une fois. Mais Ann devait tenir bon : en réduisant certains coûts comme trouver un logement plus petit, en arrêtant d'acheter l'alcool et les cigarettes, Ann pourrait peut-être réussir à rassembler la somme. Ann se dit même qu'elle pouvait arrêter ses études : devenir Barmaid ou serveuse se faisait généralement sur le tas. Postuler dans des établissements de luxe serait difficile, voire peut-être impossible, mais elle s'en sortirait. Il n'y avait qu'elle qui pouvait assumer cette responsabilité.

"Ce programme se scinde en deux phases : la première par un séjour en cure de désintoxication et la seconde par un traitement quotidien", expliqua-t-il, “ce programme prendrait en charge une partie des frais, mais il faudra vous acquitter du reste.”

"Très bien, elle va signer les documents", coupa subitement Ann.

"Malheureusement, votre mère n'est pas en état de signer les papiers", continua le médecin le visage embêté, "et comme vous êtes mineure il vous faut un garant pour la seconde signature qui se fera après la cure de désintoxication pour stipuler que madame Nekawa consenti à participer au traitement expérimental."

"Attendez, attendez... La deuxième signature ?"
Répéta la jeune fille confuse.

"Votre... ami Mika a déjà signé les papiers pour autoriser votre mère à suivre la cure", expliqua le médecin en lui tendant des papiers administratifs, "je pensais que vous étiez au courant."

"Il...Depuis qu'il a été admis, je n'ai aucune nouvelle de lui", renchérit la brune perturbée, "Est-ce que vous avez des nouvelles ? "

"Je vais voir ce que je peux faire, notez votre numéro ici", dit-il en lui prêtant un stylo, "je vous appellerai la semaine prochaine."

Une semaine plus tard. Troisième coup de massue.

"Je suis désolé mademoiselle, mais Mika a succombé au virus."

Était-ce ça que sa mère avait ressenti ? Ce plomb qui prenait la place de chacun de ses muscles, de chaque litre de son sang, chaque os. C'était ça que sa mère avait ressenti quand Tsuki était parti ? Cette sensation de plomb qui se mue en vide. A-t-elle ressenti ce vide devenir une vague prête à tout renverser ?

Ann ne sut pas comment elle réussit à rentrer chez elle. Ses pas l'avaient automatiquement mené chez elle. Ann se souvient juste s'être assise contre la porte d'entrée et avoir senti les larmes couler. Elle resta seule et en silence dans l'appartement, pleurant de tout son saoule.

Ann comprenait sa mère, la détresse, le vide qui l'avait poussée à se laisser tomber. Le fil qu'elle avait inconsciemment coupé pour fuir cette réalité trop dure. Elle comprenait pourquoi sa mère s'était mise à boire : il était plus simple de tout laisser tomber et de se laisser porter.

Elle voulait tellement oublier cette douleur, oublier d'être allé à l'hôpital, oublier que sa mère était malade, oublier tout. Absolument tout.

Puis son téléphone sonna, la ramenant à la réalité.

"Salut ma poupée, faut qu'tu viennes me donner des fringues. Ces enfoirés de médecins veulent pas que je sorte pour aller les chercher. Prends mon maquillage et oublie pas mes clopes aussi chérie. J’ai fait l’plein à la maison juste avant cette merde."


Un éclair de lucidité lui revint. Elle n'était pas toute seule. Elle ne pouvait pas fuir. Elle avait encore quelqu'un près d'elle, qui avait besoin d'elle. Ann ne pouvait pas abandonner. Tout se passa très vite pour Ann. Si vite qu'elle ne put penser à Soosaku. Elle trouva un studio et déménagea rapidement : c'était plus petit, elles devraient dormir ensemble, mais qu'importe. Il fallait s'assurer que sa mère suive sa cure de désintoxication qui allait commencer puis son traitement.
Elle laissa tomber le stage qu'elle avait commencé dans cet établissement de luxe : elle ne pouvait se permettre d'être loin de sa mère et les horaires du stage ne le lui permettait pas. Ann réussit quand même à se faire embaucher dans un autre bar pour poursuivre sa formation en plus de son emploi à temp-partiel dans un café-restaurant.
Elle rangea la perte de Mika, cette douleur, ce vide laissé en elle, dans un coin reculé de son cœur. Elle la cacha, la ferma et la verrouilla.
Ann pouvait encaisser, Ann pouvait se contrôler : si sa coupe devait se changer en océan, alors elle allait le faire.

Parce qu'il lui restait encore quelqu'un. Une dernière personne à protéger.

Mais pour la protéger, Ann devait faire une chose qu’elle pensait ne jamais faire : voir son demi-frère, Yusei.



Lisalisa

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Hello et bienvenue parmi nous ! o/

J'ai apprécié la construction de l'histoire, tu as vraiment bien exploité et montré la relation entre Ann et sa mère, dans quel environnement elle a grandi et son approche de la vie (qui n'est pas du tout facile pour une fille si jeune :c).

J'ai juste deux points à relever :
Alors la mère décida d'emmener sa fille avec elle : Au fast-food - elle emmène donc sa fille au travail ? Pas sûre que son manager accepte.
avec qui elle était / qu'elle n'est pas infectée par le virus. - l’épidémie est liée aux puces défectueuses, ce n’est pas un virus qui se transmet.

Et il y a pas mal de fautes que je te demande de corriger, une fois cela fait ce sera tout bon !

CARACTERE
innombrables couches
où de toucher
d’être pardonné
car sa mère est sa mère est sa priorité.
un Tsunami - sans maj

HISTOIRE

leur destins - sans s
la plongée
être admiré
responsabilité
disparue
lui faire
finis
finis
bue
qui fit impressionna
le sourire disparut
pleins la tête
refait
déboussoler
mac - maque
vers pour lui
de longue seconde
c’était échappé
ai
peu réjouissants
leurs excitations
aler savoir
collège technologique - lycée
boulots payé
beaucoup d’effort
plus important
se sera
leurs immeubles avaient
un cours
alla accompagné
la tête plongé
attaché
faisait écho
ces agissements
qui la retenait
muré

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Dim 27 Juin - 14:43
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Salut !

Merci pour toutes tes remarques sur la fiche, j'ai modifié les points que tu as mentionnés :)

J'espère que tout est bon !
Lisalisa

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Hey !
Je te pré-valide et il faudra aussi l'aval de Yusei, comme c'est son prédef.

Amuses-toi bien déjà Under control /Ann Nekawa 2984341854

Pré-validation par Arisa
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.




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C'est tout bon pour moi ♡
Félicitation Ann !!! Under control /Ann Nekawa 1362171446
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Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars si le code n'a pas été ajouté à la fin de votre fiche
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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Merci Lucci, Zach et Lucas pour les avatars et kits Under control /Ann Nekawa 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
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Le plus beau compliment ♥️:
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Merci Karlito ♥️:
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#16 —Re: Under control /Ann Nekawa
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