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— Just Married —

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Butch TSUKINAMI
Hush hush, don’t say a word
A storm lies beyond the horizon, barely

Sous les néons
Nom ;; Tsukinami. Comme le présentateur ? Oui, comme le présentateur. D’ailleurs, c’est ton frère. Chaque fois qu’on te fait la remarque, tu grinces des dents et espères très fort qu’une lettre te débarrassera un jour de ce nom comme un boulet à ta cheville.
Prénoms ;; Butch. Un nom masculin, poussiéreux, qui respire les très vieux films de la Conquête de l’Ouest et cette culture étrangère que ton père aime tant. Il a suffi d’une soirée télé de trop et te voilà affublée d’un nom que personne ici n’arrive à prononcer correctement. Au début ça te contrariait. Maintenant ? Qu’ils t’appellent comme ils veulent, tu t’en moques. C’est rien de plus qu’un prénom.
Age ;; 32 ans. T’as soufflé tes bougies le 9 juin. Et ç’a été un long chemin depuis 2081.
Genre ;; Apparence trompeuse, flirtant avec le tout et le rien. Pas de poitrines, les mains calleuses, les épaules larges. Les cheveux courts, pas de maquillage. Et pourtant une féminité indéniable, discrète et percutante à sa façon. De la fillette à la femme d’aujourd’hui, t’as jamais douté, t’es toujours sentie à ta place.
Origines ;; Japonaise née au Japon de parents Japonais. Même si tes yeux ne sont pas très bridés. La faute à Obāsan, qui était anglaise et a choisi de s’échouer en plein Tokyo sans que tu saches trop pourquoi.
Activité ;; D’abord, y a eu des petits boulots au noir dans des garages à droite, à gauche. Puis t’as commencé à bosser sur tes propres motos et à parier. Peut-être trop. Tu t’es retrouvée à aimer faire mordre le bitume à tes roues et régler tes comptes à même la route. T’y as pas mal perdu, bien plus gagné. Maintenant, tu possèdes ton propre garage et t’as arrêté les courses illégales. Enfin, la plupart du temps, mais ça, faut pas le dire trop fort.
Sexualité ;; Active. Lesbienne. Les hommes ne t’intéressent pas le moins du monde, pas même quand tu fermes les yeux. D’ailleurs, tu n’as jamais essayé, n’en ressens pas le besoin, oublies bien volontiers cet accroc d’une soirée - c’est la faute de l’alcool et du verre de trop, peut-être même de cette petite pilule, pas vrai Chris ?
Avatar ;; Laura Pergolizzi.
Règlement ;;
Chemin ;; J’ai suivi la lumière de Baby.
Commentaire ;; Butch me manquait vraiment beaucoup. Puis Baby est revenue. Donc la revoilà elle aussi. 👋

Par souci de propriété intellectuelle, tout ça tout ça, j’ai enlevé toute allusion à Boomer et Burden dans cette fiche et dans l’histoire du perso en général. Du coup (si certains ont conservé la Toile Rouge et le B-Bang dans leurs liens / chrono), on peut toujours dire qu'il y a un peu deux mondes parallèles et deux Butch différentes sur le forum. Un peu compliqué tout ça mais je vous laisse me poke par MP (ou discord si vous avez), si on avait un lien que vous souhaitez qu'on reprenne (je suis sûre qu'il y a moyen de moyenner malgré tout).

Ah et sinon, j'ai repris pas mal de passages de mon ancienne fiche (parce que ça reste le même perso au fond après tout), j'espère que ça ne posera pas problème ? (vous pouvez facilement vérifier que c'est bien moi aha, la fiche doit toujours traîner dans les archives de Mikhaïl).

Et on arrête là ces généralités longues comme mon bras.  😂
Bonne lecture !
Les coeurs se brisent
Tu l’aimes.

Tu l’aimes. Tu l’aimes, tu l’aimes, tu l’aimes. Tu l’aimes tellement que ça te brûle de l’intérieur, que ça t’érafle jusqu’au cœur. Baby, c’est toute ta vie - et plus encore. Elle a tout bouleversé sur son passage, emporté tes certitudes, ébranlé tes convictions, renversé tes insécurités. Elle est arrivée et t’as découvert que t’aimes sans limite, que t’aimes aimer et être aimée en retour.

C’était pas gagné pourtant.

La vérité, c’est que t’as appris très - trop - tôt, que tu ne peux compter que sur toi-même.

Derrière ton allure de femme forte et fière, derrière tes uppercuts bien sentis et tes sourcils froncés, derrière ta clope au bec, ton allure sèche et éraflée, tes mains abîmées, tu caches une enfance rongée par la timidité et la solitude. Comme toute gamine, t’étais un peu naïve. Petite fille aux yeux écarquillés sur ce monde immense et effrayant, aux menottes tendues vers gens trop pressés pour les saisir. Pourtant, t’as longtemps voulu y croire.

En tes parents.

Mais force est de constater qu’ils ne t’ont jamais vraiment accordé toute leur attention. Y en avait toujours que pour ton frère, pas vrai ? Rui-nii par-ci, Rui-nii par-là. Quand est-ce que tu claques dis, Rui-nii ? Promis juré que t’es pas méchante. Quand est-ce que tu me laisses la place d’exister, hein ? Promis juré que tu souhaites pas vraiment sa mort. Juste qu’il se pousse un peu, qu’il te laisse un peu d’espace pour briller, toi aussi. Oh, vos parents ne sont pas de mauvais parents, pas vraiment. Tu sais qu’ils t’aiment, à leur façon.

Ton père t’a prise sous son aile, t’a appris les bases de tout ce que tu sais aujourd’hui en matière de mécanique et tu lui dois ton amour des moteurs et du cambouis. Tu gardes de bons souvenirs de tous ces moments à deux, dans la bulle de son garage. Pendant longtemps, tu rêvais même de l’y rejoindre pour de vrai, de travailler à ses côtés une fois adulte.

Ta mère t’a bercée tout contre son sein, s’asseyait à côté de toi à la table de la cuisine pour t’aider avec tes devoirs, t’emmenait au parc les vendredis soirs. Son parfum de patchouli et de poire, aux douces nuances de jasmin, te réconforte encore aujourd’hui, si d’aventure tu le croises au détour d’une gorge.

Oui, tu sais qu’ils t’aiment.
Mais tu sais aussi que tout ça, ce n’était que des restes.

Tout ce qu’ils t’ont donné, toute cette attention, ces brins d’affection ? ce n’était que les restes dont ton frère ne voulait pas. Et qu’est-ce que ça fait mal, putain. D’être la seconde. De ne pas compter, pas vraiment. Tout ça parce qu’il est l’aîné. Tout ça parce qu’il n’est pas con. Tout ça parce qu’il a fait la Todai. Tout ça pour ça.

Tu le détestes.

Mais ils ne sont pas les seuls coupables, rendons à César ses lauriers.

Parce que t’as aussi voulu croire en tes camarades de classe, avide de découvrir pour de vrai les histoires d’amitié dépeintes dans les séries et les animés. Sauf que, eh, t’es trop différente, Butch. Tu dénotes trop. Tu détonnes, même. Bombe humaine en dehors des normes, à l’écart des clous. Visage pas suffisamment japonais, t’es une gaijin en fait ? Voix trop grave. T’es une fille ? Allure de garçon manqué qui ne porte jamais de jupe. T’es vraiment sûre que t’es une fille ? Et ce prénom. Butch c’est pas japonais. Tu viens d’où ? Qu’est-ce que tu fais là ? Retourne dans ton pays. Tu leur ressembles pas alors ils ne t’ont pas laissée approcher. Pire, ils te l’ont renvoyé à la figure. Un jour, Kimie a baissé ton pantalon pour vérifier ce que t’as entre les jambes. Un autre jour, Akane t’a dit que tes parents n’ont pas d’argent alors c’est pour ça que tu portes que des vieilles fringues trouées. Encore un autre jour, Himiko a donné un coup de ciseau dans tes boucles en disant que tu devrais pas essayer de ressembler à une fille. Et tous les jours, tous les jours, les profs te comparaient à Rui-nii. Tu peux faire mieux, Butch. Tu peux être mieux, Butch. Regarde-le. Pourquoi ne lui ressembles-tu pas davantage ? Tu devrais faire des efforts. Encore plus d’efforts. Sois une bonne fille.

Entre les cours de maths et de japonais, t’as surtout appris à croire en personne parce que personne ne vaut le coup.

T’étais optimiste avant, souriante aussi. Une gosse comme une autre, pleine de vie et d’envies. Mais trop bizarre, trop à part, pas assez écoutée, encore moins acceptée. Alors t’as cessé d’essayer, de t’en faire. De les écouter et de leur accorder du crédit.

De toute façon, ils ne sont rien pour toi, tu n’es rien pour eux.
Tu ne peux compter que sur toi-même, Butch.

Du coup, t’es pas devenue le genre de personne à te laisser penser, dicter par les autres. Plutôt le genre à plier le monde à ta façon, à marcher sur les pieds qui te couperaient la route.

Envolés, les sourires tendres et les yeux brillant d’étoiles. Envolés, les rires d’enfant gorgés de bonheur et les petites fossettes au creux de tes joues. Envolés, envolés. Maintenant, t’as l’air froide et austère, tu parles pas beaucoup, t’es distante. Tu grognes beaucoup, gâches rarement ta salive pour parler, pas ton genre, t’as d’autres chats à fouetter. C’est un problème pour pas mal de monde, ce côté inaccessible. C’est pas que t’es hautaine, hein. C’est juste que tu ne vois pas d’intérêt à te mêler à la foule, aux gens - ils t’ont laissée de côté, en retour tu les abandonnes sur le bas-côté. Rancunière, toi ? Un peu, oui. Beaucoup, même. Aucune envie de faire des efforts pour les autres, ils ne te méritent pas.

Malgré tout, on trouve aussi des failles et des fêlures derrière cette façade glacée. Même si t’as l’air d’un bloc de glace, même si tout semble te glisser dessus comme de l’eau, toi aussi, tu as tes insécurités et tes doutes, tes peurs et tes hésitations. Tout un tas, même. Qui convergent vers une seule et même racine : tu n’as pu compter que sur toi-même. On ne s’intéressait pas vraiment à toi avant, on ne s’attardait pas sur toi sauf pour te rabaisser ou se moquer. Alors tu ne sais pas. Tu te demandes parfois si tu es assez. Est-ce qu’il ne te manque pas quelque chose ? Est-ce que tu n’es pas trop différente ? Et surtout, est-ce que tu es cassée ? A force de ne pas côtoyer grand monde, tu t’es distancée, ça se lit sur ton visage, ça se voit dans tes yeux, ça s’inscrit dans ta moue. T’as l’air de tout, t’as l’air de rien, d’un bloc de glace austère incapable de décongeler. Pourtant tu ressens tellement de choses, de belles et bonnes choses mais tu ne sais pas.

Tu ne sais pas les exprimer.
Tu ne sais pas t’exprimer.

Heureusement, Baby est arrivée. Et avec elle, t’as appris à être souple, conciliante, à laisser couler. A vivre et ressentir. A te montrer comme tu es, à t’exprimer, oui, ça y est. Tu n’es pas qu’un bloc de glace. Tu n’es pas qu’un fantôme. Tu es plus que ça, plus que tes craintes, plus que ce que tu croyais. Ça fait du bien, d’être aimée. Ça fait du bien, d’aimer. Tu apprends les petits gestes du quotidien. Tu t’essaies à la tendresse des gestes à défaut de celle des mots. Et faut croire que t’y arrives plutôt bien.

T’es devenue tactile, Butch. Ton espace personnel est important, tu n’aimes pas qu’on l’envahisse sans te demander ni te prévenir – tu n’aimes pas qu’on l’envahisse tout court, en fait. Ta tranquillité, tu l’affectionnes par-dessus tout. Le silence des moteurs te réconforte et te rassure. La solitude, parfois, te berce et t’apaise. T’as pas besoin des gens. Enfin, tu te passes bien de la plupart d’entre eux. Ils ne sont pas nombreux à avoir percé ta carapace. Mais t’as découvert que pour ceux-là, ceux que tu côtoies au quotidien, t’es capable de beaucoup et surtout, surtout, t’as besoin de beaucoup. De les toucher, les frôler. Les sentir tout près.

Ah, t’es compliquée, Butch. T’es renfermée, difficile à atteindre. Parce que tu ne sais pas comment faire pour abaisser les murs que t’as construit, parce que tu as du mal à exprimer ce que tu ressens et parfois même à ressentir tout court. Il t’a fallu longtemps, vraiment très longtemps, pour appréhender les sentiments que tu portes à Baby. Parce qu’il n’y a pas de papillon dans le ventre, mais des paillettes dans tes yeux. Parce que tu ne rougis pas, mais tu n’arrêtes pas de sourire. Ce n’est pas comme dans les livres, pas comme dans les films. Tu ne te comprends pas très bien. Mais t’as fini par apprendre. Tu l’aimes. Tu l’aimes tellement.

Au début, t’avais pas confiance. Parce que t’es un peu la définition même du mot méfiance, juste après défiance et distance. Mais c’est facile de s’approcher de Baby, de se lâcher, se laisser aller. Et en fait, on dirait pas, mais t’as de l’humour. Noir. Plein à ras bord de sarcasme. Saturé de cynisme. Tu te moques beaucoup. T'enchaines les piques et tu les lances bien. On pourrait croire que t’es méchante, en fait. Passive-agressive. Y a une colère qui couve entre tes côtes, ombre tapie derrière ton cœur qui a grossi avec les années et les injustices, les humiliations, la difficulté de la vie. Y a une colère et une maladresse que tu maîtrises mal, qui te fait trébucher sur les mots parfois, oublier le tact d’autres fois. Alors non, t’es pas méchante, pas vraiment. Tu t’en fous juste des états d'âme des autres. Aveuglement conditionné par la solitude, faut croire que t’es aigrie, vieillie et rassie avant l’âge. Avec l’indifférence vient la rancœur rance.

T’es tellement plus que ce qu’on pourrait croire de toi, Butch.
Tellement plus.

Les corps se droguent
T’es une femme, Butch.

T’es une femme et les gens peuvent peut-être s’y tromper mais pas toi. Oh non, tu n’en as jamais douté. Même si ton corps est longiligne, même si t’as pas de ces courbes supposément féminines, même si tu ne portes ni robe ni jupe, que t’as de grands pieds, des épaules carrées, des bras musclés et que t’aimes les costards trois pièces, les nœuds pap et les cravates.

T’es une femme, ouais, même si de loin, on te prend toujours pour un gars. De près aussi, parfois, souvent. Ça ne t’atteint pas vraiment. Faut dire que les autres et leurs avis, clairement, t’en as rien à cirer.

Puis tu te trouves belle, Butch.

T’aimes ton corps androgyne. T’aimes ton torse plat et les cicatrices causées par la mastectomie totale. T’aimes ton menton légèrement trop prononcé sur l’avant et ton arc de Cupidon bien creusé. T’aimes toutes les ridules d’expression qui façonnent tes traits quand tu souris. T’aimes tes ongles courts et ta pilosité toute féminine. T’aimes tes cheveux en désordre, fouillis de boucles mal organisé que tu laisses pousser en jachère sans trop t'en soucier, que tu abandonnes parfois aux mains plus ou moins habiles de Baby. Tu tonds très court, à ras, le haut de ta nuque et la base de ton crâne, derrière. Ça ne se voit pas vraiment, avec tout l’amas que t’as sur la tête, mais c’est plus confortable et ça te donne moins chaud.

Tu te trouves belle, ouais, et t’en as rien à faire des regards. Préjugés et autres tabous séculaires ne t’atteignent pas vraiment. Tu t’en fous. Tu traces ton chemin sans un regard de côté ou en arrière. Tu ne te laisses pas penser et forges ta vie sans hésiter, poings fermés, sourcils froncés.

C’est probablement pour ça que tu t’es fait percer la langue en plus des oreilles et tatouer un bateau sur le torse. En fond, oiseaux en plein vol. En-dessous, une bannière portant les mots forever for now. Peut-être bien que cette composition est là pour combler le deuil de ta poitrine, te rappeler le bonheur d’être en vie, l’espoir que tout aille mieux demain, te faire voyager. C’était le premier et loin d’être le dernier. Sur ton épaule gauche, la silhouette en ombre de Baby, gravée dans ta peau aussi sûrement que dans ton cœur. Sur ton biceps droit, deux bandes noires, la première plus épaisse que la seconde, qui part en dégradé de points. Des losanges composés de deux triangles distincts sur chacun de tes avant-bras, contenant chacun un paysage différent. Des montagnes et une forêt à droite. La mer et une route perdue sur le sable à gauche. Témoins de tes pérégrinations à travers le pays à dos de moto, de ton besoin irrépressible de voyager et de liberté. Un serpent à deux têtes sur le dos de l’index de ta main gauche, flash d’un artiste que t’aimes bien, tout simplement. Une étoile sur le côté du poignet droit, résultat d’une soirée peut-être trop alcoolisée et de Maria qui s’essayait à utiliser le dermographe acheté sur Amazon. Elle t’en a aussi tatoué deux autres, une à l’arrière de chaque cheville. Que des choses très occidentales, finalement, rien de typiquement japonais, ça ne te plaît pas spécialement les carpes et les dragons. Bon, tout ça pourrait t’attirer des ennuis, vu que le Japon n’est pas connu pour sa tolérance envers les tatouages. Mais t’as ta propre affaire et les réflexions glissent sur toi comme de l’eau, alors non, tout ce que ça te coûte, c’est l’entrée de certains lieux. Et encore, si t’y tiens vraiment, t’as juste à enfiler des vêtements bien couvrants et le tour est joué. Par contre, t'as abandonné l'idée de te rendre dans un onsen un jour.

En vrai, tu ressembles presque à n’importe quel employé de bureau lambda quand t’enfiles ta chemise et ton veston, quand tu repasses tes pantalons bien droits et que tu marches sur le monde du haut de tes chaussures bien cirées. Puis des fois, t’échanges pour des rangers renforcées de métal, un jean troué et un t-shirt, plus confortables pour bosser. T'empruntes à différents codes, toujours en noir et gris, rarement de la couleur pour égayer tout ça. Souvent, tu portes ton vieux cuir usé. Tu ne quittes que rarement tes bagues lourdes aux motifs obscurs et monstrueux ou tes si nombreuses boucles d’oreilles.

Avec le temps, avec les ans, t’as appris que tu t’aimes et que c’est tout ce qui compte. Alors, clope au bec, moue contrariée, phalanges éraflées, tu défies les bien-pensants et leurs préjugés racistes de venir te confronter.

Parce que, ouais, en plus, tu n’as pas les traits qu’on attend d’une Japonaise.

Oh, t'as bien les yeux et les cheveux noirs, la peau couleur sépia un peu passé, la taille un chouïa trop grande pour une femme mais au pire on te confond avec un homme donc c’est pas bien grave hein ? Le vrai problème c’est que t’as pas les traits typiques d’une Tsukinami, loin de là. Si Rui-nii est le parfait japonais jusqu’au bout de ses paupières en amandes, toi, tu tiens plutôt ton visage un peu trop long, pas assez anguleux, encore moins bridé, d’Obāsan. Tu lui as même pris ce nez un peu épaté.

T’as l’air de rien, t’as l’air de tout, sauf d’une Tsukinami comme les autres.
Tant pis. Tant mieux. La différence, c’est beau.

T’es pas gracieuse mais t’avances sans honte, perchée sur tes rangers qui battent le pavé, habituée aux critiques et aux jugements, aux regards de travers et à ce qu’on t’appelle gaijin à chaque coin de rue. Pauvres esprits étriqués, t’as bien mieux à faire que te préoccuper de leurs états d’âme. Tu préfères te noyer dans le cambouis et la sueur, te perdre dans l’odeur des moteurs. Métier d’homme, qu’on t’a répété. Et alors ? Qu’ils aillent tous se faire foutre.

Peut-être que t’es pas un canon de beauté, Butch, mais tu te tiens droite, tu te tiens fière et tu t’aimes, alors t’as l’air magnifique. Y a un truc qui se dégage de toi, une impression, drôle de sensation, charisme au goût de nonchalance.

Tu te portes comme tu portes les autres, sans trop t’en rendre compte.

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Et tu les regardes faire
Tu l’as trouvée dans le tiroir de maman.

L’enveloppe est rose, la lettre est blanche, les mots noirs. Elles courent, elles courent, les petites lettres. Elles courent elles courent, se succèdent et s’emmêlent, trébuchent sur le point final. Les deux noms qui s’enlacent, tu les touches du bout des doigts. Maman et papa. L’ordre de l’Incontestable qui les a faits se marier. Ça te fait frissonner.

C’est la troisième fois que tu viens ouvrir le tiroir pour la sortir et la relire.

Y a pas de raison particulière à ça. T’en as juste envie. Maintenant, tu l’as tellement vue et revue que tu la connais par cœur. Tu pourrais la réécrire si seulement tu savais tracer tous les kanjis adéquats, mais t’as pas encore bien appris.

C’est marrant comme deux personnes peuvent avoir l’air de s’aimer sur le papier. Pourtant, ils crient beaucoup dans la vraie vie. Et c’est toujours ta faute, Butch.

Pourtant, Rui-nii aussi fait des bêtises. Comme le jour où il est parti à pied pour l’école tout seul, alors qu’il sait très bien qu’il n’a pas le droit, que ça peut être dangereux. Ou cette fois où il a vidé le pot à monnaie de maman pour aller se remplir les poches de bonbons. Il ne t’a même pas partagé le butin mais c’est quand même toi qui a été grondée - parce que le fils parfait ne peut pas être l’auteur d’un crime si odieux, donc tu l’as forcément incité, pas vrai ?

Oui, c’est toujours ta faute, Butch. Toujours.
Tu commences à la connaître, la chanson.



Tu serais restée dans ta chambre, cachée sous tes draps trop roses, si seulement on t’avait laissé le choix. Mais maman a attrapé ton poignet frêle, ignoré tes grands yeux, et t’a tirée dans le salon-qui-fait-cuisine. Elle crie très fort et tout à coup il fait chaud et humide dans ton pantalon. T’as envie de pleurer alors tu bats des cils très très fort pour retenir les larmes.

« Regarde-la ! »

C’est maman.

Sa voix est aiguë, haut perché, ça crisse dans tes tympans, tu n’aimes pas ça. Même si maintenant, t’as l’habitude de l’entendre crier, tu voudrais pouvoir coller tes mains sur tes oreilles et étouffer le bruit.

« Elle ressemble déjà à une gaijin, pourquoi est-ce que tu l’as appelée comme ça, hein ? »

Les erreurs, ça arrive.

C’est ce que papa dit.

Mais il ne parle pas très fort et il baisse la tête, alors tu l’entends à peine. Maman continue, parle de la voisine, Momoko-san, qui lui a demandé ce que ça voulait dire Butch et pourquoi ils ont choisi ce prénom. Elle s’emporte, dérape et secoue ton bras sans vraiment te voir.

Les erreurs, ça arrive.

C’est ce que papa répète.

Plus tard, tu apprendras que tu aurais dû t’appeler Hina.

Sauf que papa préférait Butch et a réussi à convaincre maman. C’est souvent comme ça, elle l’aime beaucoup après tout. Sauf que maman est du genre à regretter une décision si elle ne fait pas l’unanimité aux yeux des gens, de tous les gens, même ceux que vous ne connaissez ni ne côtoyez.

Alors elle crie, elle hurle. Ce n’est pas la première fois, non. D’habitude, t’entends tout ça planquée sous ta couette ou dans les toilettes. Les voix qui montent. La vaisselle qui casse. Les pas précipités. L’appartement est si petit que c’est impossible de cacher quoique ce soit, même à un enfant trop jeune pour entendre ce genre de chose. Donc oui, ce n’est pas la première fois. Et alors ?

T’as peur.
Tu pleures.

Elle t’agrippe de toutes ses forces, crie encore plus fort et tes petits pieds luttent pour rester sur le parquet. Personne ne voit que tu as mal au bras, que les larmes débordent malgré tous tes efforts. Personne. Pas maman, qui te secoue. Pas papa, qui baisse la tête. Pas Rui-nii, qui tourne le regard. Personne.

Les erreurs, ça arrive.
Et l’erreur, c’est toi, Butch.

Papa dit qu’il n’aurait pas dû t’appeler comme ça.
Maman n’aime pas qu’on te prenne pour une gaijin.
Et toi ? Toi, tu ne comprends pas. Tu l’aimes bien ton prénom pourtant, il est joli.

Puis qu’est-ce que c’est au juste, une gaijin ?



Tu voulais juste jouer avec ton frère.

« Ferme-la, Butch. »

C’est ce que les frères et sœurs sont censés faire, non ? Jouer ensemble.

« Dégage, tu vois pas que je suis occupé ? »

Pourtant, Rui-nii ne veut jamais jouer avec toi.

Il préfère te dire de vilains mots qui te bousillent le cœur et te piquent les yeux.

« Arrête de pleurer, ça te rend encore plus moche. »



Tu te dis que si papa veut bien de toi au garage, c’est qu’il te préfère à Rui-nii.

Ridicule, vraiment. Faut croire que t’es une cause perdue. T’espères encore alors que lui et maman passent tout leur temps avec ton frère, à la maison, en dehors, qu’ils ne parlent que de lui, Rui-nii par-ci, Rui-nii par-là, même quand t’es en face. Toi, t’as droit aux miettes. Mais tu t’en fous, si les miettes ça veut dire le garage.

Au début, tu regardais juste. Ça a quelque chose d’agréable, d’être assise dans un coin à observer les mains de papa. Noires, elles s’occupent d’une moto. C’est beau les motos. Tu te demandes si tu pourras monter dessus, un jour. T’aimerais bien.

« Butch, tu peux me passer la mini-clé à cliquet à côté de toi ? »

Au début, tu regardais juste. Puis t’as commencé à donner un coup de main. Pas grand-chose. Que dalle, même. Donne-moi cet outil, là. Aide-moi à tenir ça. Prête-moi tes yeux. Pas grand-chose, non, vraiment. Mais t’aimes ça.

« Viens voir plus près, Butch. Regarde, ça c’est- »

Au début, tu regardais juste. Maintenant, tes mains aussi, elles sont noires.



Aujourd’hui, Kimie a baissé ton pantalon.
Pour « voir ce qu’il y a entre ses jambes, sensei ».

Maman dit que c'est ta faute. Que t'avais qu'à mettre une jupe, comme toutes les petites filles normales.

Mais tu ne portes pas de jupe. T’aimes pas les jupes, alors pourquoi te forcer ? C’est ce que papa a dit quand tu as refusé d’enfiler l’uniforme féminin. Maman a crié. Encore. Mais finalement, le jour de la rentrée, les anciens pantalons de Rui-nii étaient sagement pliés au bout de ton lit. Et t’as pas eu à porter de jupe. Si t’avais su.

Les professeurs n’ont pas apprécié. Les autres élèves n’ont pas compris. Et c’est comme ça, les gens n’aiment pas ce qu’ils ne comprennent pas. Plus simplement, ils n’aiment pas ce qui est différent. Et t’as toujours été différente. T’es une fille, Bout-chee ? Oui. T’es sûre ? Ben oui, t’es sûre. Alors pourquoi t’es habillée comme un garçon ? C’est juste un pantalon. Mais c’est pour les garçons. Ça veut dire que t’es un garçon ? Non ! Non, t’es une fille. Menteuse ! Tu ne mens pas. Menteuse. Menteuse. Menteuse. TU NE MENS PAS ! Alors on peut regarder ?

Aujourd’hui, Kimie a baissé ton pantalon. T’as pleuré.



Il y a eu plusieurs femmes dans ta vie, Butch.

Des amourettes de jeunesse, des baisers volés au coin de la récré, entre deux cours, des promesses arrachées sur la piste de danse, au détour d’un verre d’un trop, des découvertes faites entre les draps, les tiens ou les leurs.

Il y a eu plusieurs femmes dans ta vie, oui, et chacune t’a marquée à sa façon, mais la plupart sont oubliées le jour, la semaine, le mois suivant.

Sauf Hinata, Akino et Maria.
Et sauf Baby, bien sûr.



T’as treize ans, presque quatorze, quand tu rencontres Hinata.

Rien n’a changé. C’est une nouvelle année qui commence, une de plus où tu n’as pas d’ami sur qui compter, pas d’oreille à qui te confier, d’épaule sur laquelle t’épancher. C’est une nouvelle année et t’y vas un peu à reculons, parce que t’as compris que c’est pas au collège que tu trouveras ta place. Et pourtant.

Le premier jour, t’es désignée pour rester t’occuper du rangement de la salle de classe. Tu sais que t’as un binôme, y en a toujours dans ce genre de cas, mais tu retiens pas le nom. Ce sera toi dans un coin, elle - ou lui - dans l’autre, chacun qui nettoie une moitié de la pièce et puis basta, c’est ce que tu te dis. Mais tu te trompes. Oh, qu’est-ce que tu te trompes, Butch. Tu te plantes même en beauté.

L’après-midi venue, une fille se plante devant ton bureau et tes bras croisés.

Elle a un sourire de poupée, les yeux rivés au sol et joue avec ses mains comme si sa vie en dépendait. Elle est inquiète. Elle a peur. De toi ? Tu fronces les sourcils. T’es habituée à ce que les gens te méprisent, te dédaignent et te fuient. Mais qu’ils angoissent devant toi ? Ca t’est encore jamais arrivée et t’es pas sûre d’apprécier la sensation que ça fait. En tout cas, malgré les tremblements de ses doigts, elle reste solidement plantée devant toi quand t’essaies de lui passer devant et réussit même à te demander de l’aide. Tu la regardes, puant la défiance et l’indifférence par tous les pores de la peau et pourtant. Elle ne se défile pas. Elle reste collée à toi pendant que tu lui montres ce que le prof attend de vous, où aller chercher de quoi nettoyer la pièce, comment bien faire.

Ça aurait pu s’arrêter là.

Vous êtes de nettoyage ensemble pour la semaine, mais ça aurait pu s’arrêter là, maintenant qu’elle sait faire.

Sauf que le lendemain matin, elle t’a saluée en souriant. Et que t’as trouvé une petite boîte avec des cookies sur un coin de ton bureau. Pour te remercier.

T’as pas bien compris.

Encore moins quand elle s’est mise à te parler entre deux bouquins à ramener à la bibliothèque ou sur le chemin des poubelles.

C’est une fille discrète, Hinata. Elle a une voix douce, fragile, les yeux qui ne lèvent jamais bien haut et les doigts qui bougent tout le temps. Elle est mignonne aussi. Enfin, c’est ce que tu te dis quand t’arrives à voir son visage derrière sa frange un peu trop longue. C’est sûr qu’elle ne correspond pas aux standards de beauté classique, avec ses rondeurs et ses collants à coeur, mais t’aimes bien son petit nez tout pointu et ses traits doux.

Le sexe, ça t’intéresse pas.
Les amourettes, non plus.

T’as que treize ans et t’y connais rien aux papillons dans le ventre ou aux étoiles dans les yeux. Tu ne t’es jamais attardée sur un garçon, jamais posé la question de si ça t’intéresserait ou non, d’être avec quelqu’un - d’ailleurs, qu’est-ce que ça veut dire, hein ? être avec quelqu’un. T’as que treize ans, oui. T’es qu’une gamine.

Mais Hinata réveille quelque chose d’inattendu.

Les cookies qu’elle te cuisine et t’apporte souvent. La douceur de ses lèvres sur ta joue, la première fois qu’elle te fait la bise, un peu à la sauvette, pour faire comme les étrangers. Puis quand ça dérape un peu, manque tes propres lèvres d’un centimètre à peine, peut-être moins.

Quelque part, Hinata c’est ta première petite-amie.

En y repensant des années plus tard, t’es pas certaine qu’on puisse vraiment lui attribuer ce terme, parce que vous ne vous êtes jamais vraiment embrassées ni tenu la main mais il y avait quelque chose. C’était doux, innocent, et surtout, c’était la première fois que tu te sentais parfaitement à ta place.

Jusqu’à ce qu’elle commence à t’esquiver un jour, l’air honteux.
Jusqu’à ce que tu trouves tes affaires et ton bureau taggés d’insultes à ta sexualité.

T’es tombée amoureuse pour la première fois Butch, et t’as appris que malgré tous les messages de tolérance placardés aux murs, malgré les mariages homosexuels promulgués par l’Incontestable lui-même, là encore, t’étais différente, à part, à l’écart.



Aujourd’hui, Rui-nii s’en va.

Il déménage pour un petit studio, histoire d’être plus proche de la Todai, tous frais payés par maman et papa. Bon, ça veut dire que vous allez devoir vous serrer la ceinture pendant quelques temps mais on peut pas dire que ça te gêne vraiment, puisqu’il disparaît de ton paysage.

Il y a un repas en grandes pompes, maman met les petits plats dans les grands, papa sort sa plus belle chemise bleue, on prend des photos à droite, on glisse des petites friandises dans la valise à gauche. Un moment, t’as presque cru qu’ils allaient sortir une banderole et des petits chapeaux. On dirait qu’il quitte le pays - dommage, il déménage juste à l’autre bout de la ville.

Allez, au revoir Rui-nii.
Puisses-tu ne jamais revenir.




Il te faut quelques années de plus, quelques couches superposées à ta carapace et Akino, pour que t’oses enfin.

Akino, c’est une de ces filles populaires, aux longs cheveux brillants et au sourire solaire. Une silhouette menue, toute petite, vraiment, mais qui respire la confiance et attire les regards à chacun de ses gestes, si infime soit-il. Toujours pétillante, pleine de vie, avec ce rire clair et communicatif qui parcourt les couloirs du lycée sans retenue, rassemble les autres autour d’elle.

T’as quoi ? Seize ans à peine. Une poignée de bougies en plus, rien d’incroyable. T’as l’air plus dur, plus renfermé mais au fond, t’es toujours la même. Cette fille à l’écart, bizarre et différente. Cette fille qu’on n’aime pas et qu’on n’invite pas aux sorties shopping et encore moins aux pyjamas party. Et ça te va très bien. Tu suis le rythme, te laisses oublier sans trouver à y redire. Préférant ça aux moqueries du jardin d'enfants, aux insultes du collège.

La vérité, c’est que tu te caches, t’enfonces loin des regards pour vivre ta vie, découvrir ta sexualité, terrifiée à l’idée de retrouver ton bureau tagué, tes affaires jetées à la poubelle, des pieds se tendre entre toi et les escaliers. Tu te rappelles très bien la réaction de tes camarades lors de ton “histoire” avec Hinata. Alors même si c’est un lycée différent, même si t’as grandi et qu’eux aussi depuis, tu fais attention à tes regards, t’efforces de ne pas les laisser traîner sur les filles qui te plaisent.

Sauf qu’Akino est vraiment très jolie.
Et son sourire te fait quelque chose, là, dans le ventre.

Alors oui, peut-être bien que tes yeux se perdent un peu sur elle, peut-être bien que tu la regardes plus que les autres. Mais ça s’arrête là.

Enfin, ça aurait dû s’arrêter là.

Encore une fois, tu te trompes.

Parce que si Akino est jolie et douce comme une poupée de porcelaine, elle n’a rien de délicat, de timide ou de pudique. Il lui a suffi de quelques jours pour capter tes coups d'œil et les comprendre, puis venir te percuter avec son sourire un peu de travers, ses yeux brillants et son parfum de fraise. Elle est curieuse. Elle s’intéresse à toi. Peut-être plus dans son lit que dans sa vie, mais vous n’avez que seize ans après tout et c’est normal d’être intrigué à cet âge-là.

C’est un soir que tout commence.

Un soir tiède, encore ensoleillé. Tu t’attardes à ton bureau, attends que tout le monde s’en aille pour discrètement te faufiler. Quand tu lèves la tête, sac sur l’épaule, prête à quitter les lieux, t’es surprise de voir que t’es pas seule et qu’Akino t’attend.

Faisons le chemin ensemble, dit-elle.

Et tu te fais avoir par son sourire et ses yeux. Une fois, deux fois, trois fois. De soir en soir, elle ne te quitte pas, rentre avec toi, gagne un peu de ta confiance. Et parce qu’elle n’a absolument rien de patient, elle t’embrasse même pas une semaine plus tard, sur le seuil de ton immeuble, au diable le qu’en-dira-t-on. C’est bizarre, c’est peut-être dangereux et puis finalement tu ne la connais pas si bien, voire pas du tout, mais t’aimes ça alors tu la laisses faire. Y a de nouveaux baisers, tous les jours, des mains qui se tiennent, s’égarent sous les chemisiers à l’ombre d’un arbre, dans le placard du gymnase.

Puis les jours passent, les choses avancent vite, tu t’ouvres et personne ne dit rien - ou en tout cas, personne ne vient s’en prendre à tes affaires.

Peut-être parce que les élèves de cette école sont plus gentils.
Peut-être parce qu’Akino est populaire et que tout le monde l’aime.
Peut-être parce qu’il y a plus intéressant que votre couple.
Peut-être, peut-être, peut-être…

Tu ne t’attendais pas à vivre ça et grisée par toutes ces premières fois, tu tombes amoureuse, un peu, beaucoup, malgré toi.



Le ronronnement du moteur entre tes cuisses. La sensation du vent sur ton corps courbé. L’asphalte qui roule et se déroule sous les roues. L’ivresse de la  liberté fait comme des bulles dans ta poitrine.

Y a quelques jours, t’as eu ton permis deux roues. Tu ne peux pas encore conduire de gros engins, t’as pas l’âge légal, mais t’as économisé pour un scooter miteux qui tient vaguement la route et ça te rend fière.

Du coup, tu veux le crier au monde entier. Puis à Akino, surtout. C’est comme un nouveau champ de possibilités en couleurs qui s’offre à toi. Un voyage en plein ciel, au goût de rêve à peine réel. Alors tu te pointes à l’école en pétaradant et tu fais vrombir le moteur sous les yeux des élèves. Rien à faire que tout le monde te voit. Rien à faire du professeur qui arrive vers toi en courant. Tu lèves la visière de ton casque.

« Salut Aki-chan. »

Un sourire. Le plus grand que t’aies jamais fait. T’en as mal aux joues et à la mâchoire mais putain, c’est tellement jouissif. T’as l’impression d’être sur ton propre nuage, de pouvoir aller où tu veux quand tu veux.

« Je t’emmène faire un tour, poupée ? »

La voix faussement graveleuse, tes yeux rient alors que tu tapotes la selle derrière toi. Oh oui. Vous allez rouler vers l’horizon. Y a tout un monde, là, dehors. Un monde aux mille et une splendeurs. Et tu veux le partager avec elle.



« Faut qu’on parle. »

C’est la phrase.

Celle que redoutent tous les couples, parce qu’ils savent pertinemment que les mots qui vont suivre ne vont pas être plaisants, voire qu’ils vont s’accompagner d’une dispute ou d’une rupture.

« J’y ai beaucoup réfléchi. »

Akino a ce froncement de sourcil attristé que t’as appris à connaître.

Tu sais déjà ce qu’elle va dire et ça te donne envie de poser ton casque sur tes oreilles pour étouffer sa voix. Mais finalement, quand les mots sortent et que la rupture est consommée, ce n’est pas si douloureux. Peut-être parce que ça fait quelques temps que ce n’a plus le goût d’avant.



T’as obtenu ton certificat d’études secondaires.

Simple formalité obligatoire. Tu t’en serais bien passé, en vrai.

Toi, ce que t’aimes faire, c’est bidouiller des moteurs, pas rester des heures penchée sur un bureau à gratter du papier ou taper au clavier. Mais bon. Rui-nii a dit que tu serais incapable de l’avoir et tes parents le croyaient fermement. Ah, ils ne t’ont jamais rien dit en face, bien sûr, mais tu sais très bien interpréter leurs regards en coin, leurs soupirs et leurs petites piques autour de la table. T’es pas aveugle ni stupide, hein.

Fallait bien leur fermer le clapet alors tu l’as eu. Avec mention, même. Dans leur cul. Papier sans valeur que t’as fini par épingler sur le mur de la cuisine le jour où tu t’es barrée.

Jusque là, tu bossais pour ton père à droite à gauche, économisais quelques sous et ça t’allait très bien. Mais ils t’imaginaient dans un bureau, à jouer les employées modèles. Alors ils t’ont tannée pendant quoi ? un an, presque deux ? quelque chose comme ça, pour te pousser à aller à l’université, à faire quelque chose de ta vie. Ouais, mais non. Merci non merci. T’en veux pas, de leur petite vie bien rangée.

C'est con, petite rébellion au goût amer, mais t'y tiens.

Tes affaires au fond d’un sac, tu t’es cassée sans un mot pour échouer chez ta copine, Maria. Une étudiante en arts qui pourrait te parler des heures de ses tableaux sans que t’y comprennes quoi que ce soit mais c’est pas bien grave, parce que t’aimes la voir s’enflammer et parcourir la chambre dans ses sous-vêtements affriolants, boucles noires au vent, sa voix rauque martelant ton coeur et ses mains de fée s’agitant dans tous les sens. Puis elle a son propre appart’ et même si l’endroit tient plus du studio un peu miteux, vous pouvez vous vautrer sur le lit à deux et cracher sur le monde entre un verre et un spliff.

T’as un peu plus de dix-neuf ans et tu parviens sans trop de mal à dénicher des petits boulots au black, dans des garages de-ci de-là. Ça paie bien et tu peux faire ce que tu aimes.

Tu ne le dis à personne encore mais t’espères pouvoir ouvrir ton propre garage un jour.

De fil en aiguille, peut-être parce qu’un de tes collègues t’en as parlé, peut-être parce que tu commences à t’ennuyer dans le train-train quotidien, peut-être parce que t’as besoin d’arrondir tes fins de mois, tu te mets à parier. Quand tu connais les bécanes qui vont courser, ou qu’on te file un bon tuyau, t’es quasi certaine de rafler la mise. C’est grisant, presque jouissif. Et puis chut, faut pas le dire, mais un jour t’as concouru. Puis un autre. Et un autre. Pas trop souvent, juste de temps en temps. Mais putain, ce que ça fait du bien de tout laisser voler, de juste rouler, rouler, rouler, sans se soucier d’autre chose que gagner.

Maria n’apprécie pas vraiment, parce qu’elle a peur qu’un jour ce soit ton corps qui passe sous les roues plutôt que le bitume. Tu la comprends. Et t’essaies d’en discuter avec elle, quand bien même les mots ne sont pas ton fort. Mais ça ne marche pas et elle crie beaucoup le soir, quand tu rentres. Elle lève la main sur toi, une fois, sauf que t’es du genre à rendre les coups donc ça dure pas. Comme votre relation, d’ailleurs. Heureusement, t’as vingt ans, presque vingt-et-un maintenant, et un job respectable dans un garage respectable. Alors tu parviens à dénicher un studio, pas bien grand mais suffisant pour y caler un futon. C’est tout ce qu’il te faut et tu tournes la page Maria rapidement, non sans un pincement au cœur.

T’es heureuse, Butch, vraiment. T’as besoin de rien de plus que ton boulot et ton chez toi.
Alors qu’ils se mettent leurs attentes bien profond où tu penses.
Tu vis pour toi. Pas pour eux. Plus pour eux. Plus jamais.



C’est une soirée comme une autre.

T’es sortie pour échapper à ton quotidien, à l’ennui d’une journée trop banalisée.

Quelques verres et de nombreuses clopes plus tard, tu manques de te faire éborgner par un petit bout de femme rousse qui fait le pas de danse du robot rouillé. Elle rit, trop fort. Elle parle, encore plus fort. Et ça te fait sourire. Elle est mignonne.

« Tu t'appelles comment ? »

Tu te demandes un instant si elle va répondre.

« Euhmoic’est… Carmine… Fujiyo. Promis m’sieur jesuis clean rien à déclarermais si vous cherchez dl a drogue y a le typedufond là qui en a plein les poches. après moi jsais pas j ai pas touché à ça mh mh »

Tu ris quand tu comprends qu’elle te confond avec un flic. Et t’es même pas étonnée, quand elle enchaîne en avouant ne pas s’appeler Carmine.

« Moi- moi c’est babyyy »

C’est joli.

Tu ne sais pas si c’est son vrai prénom mais tu t’en cognes.

Si elle veut que tu l’appelles Baby, alors tu l’appelleras Baby. Puis ça lui va bien. Elle a un peu l’air d’une poupée avec ses boucles rousses et son visage pâle. Elle est vraiment mignonne, oui. Tu te demandes ce que ça ferait de l’embrasser.

« ET TOI ?

- Moi, c’est Butch.

Elle brille, Baby.

Encore plus quand elle crie à ton oreille.

« POUR LE P'OCHAIN DATE C EST TOI QUI INVITE »

Deal.



La clope entre les dents, le cœur au bord des lèvres, tu te demandes dans quoi tu t’es fourrée.

Des amourettes, t’en as eues plus qu’à ton tour. Des coups d’un soir aussi. Des relations plus ou moins sérieuses, t’en comptes moins mais y a quand même Maria, chez qui t’as habitée, avec qui ça a duré peut-être bien deux ou trois ans. T’as rencontré ses potes, écumé les bars et partagé des soirées avec eux, sans problème. Mais jamais, non, jamais, t’as fricoté avec sa famille - en même temps, Maria et sa famille, c’était plus un panier de crabes qu’autre chose.

Alors c’est la première fois.

Oh, Baby t’a bien dit que Stélian n’est pas son frère à proprement parler, pas par le sang du moins. Mais c’est tout comme. Il tient une place importante dans sa vie, majeure même. Et elle t’a dit que t’allais le rencontrer. Là. Comme ça. Aujourd’hui.

T’es un poil stressée du coup, Butch, et t’as beau expirer des nuages de fumée, tu gardes cette incertitude collée dans ta gorge.

C’est bizarre.

Ça ne fait pas si longtemps que vous êtes ensemble - quelques mois.
Mais elle veut que tu le rencontres.

Alors vous voilà, sur deux chaises en terrasse d’une grande brasserie quelconque. Elle a mis une jolie robe, qu’elle lisse machinalement du bout de ses doigts parfaitement manucurés tout en cherchant une tête familière dans la foule.

« Ah ! Enfin ! » Elle a visiblement repéré l'animal. Son sourire lumineux s'effondre d'un coup, remplacé par un air outré qui tord ses jolies lèvres. « Dannazione, je lui ai dit mille fois de jeter cette chemise, on dirait un pingouin engoncé dans son tux du dimanche. Mais est-ce qu’il m’écoute ? La preuve en image. » Elle soupire, pinaille un peu avant de se percher sur ses hauts talons pour attirer l’attention du fameux frère-qu’en-est-pas-un.

Plus il avance, plus tu te dis qu’il a une tête de bébé. Même s’il lève la tête bien haut, pointe limite le nez au ciel de fierté, il y a quelque chose d’enfantin, t’arrives juste pas à mettre le doigt dessus. Ses yeux bleus et son nez retroussé peut-être ? Ou alors ses lunettes de soleil vraiment très violettes ? Ses pas sautillants ? Hm. Tu fronces les sourcils, te lèves et le toises de haut en bas alors qu’il approche. Au naturel, il doit être légèrement plus grand que toi - d’un ou deux centimètres. Mais t’as tes rangers aux semelles beaucoup trop épaisses pour être honnêtes, alors tu le regardes un peu de haut aujourd’hui. T’espères qu’il n’est pas froissé dans sa virilité.

« Stélian, c’est ça ? » Tu lui tends la main. « Butch. Ravie de te rencontrer. »



Un choc. Le bruit sourd d’un corps plaqué contre la porte d’entrée. Tu coinces la gorge de ton frère de ton avant-bras, ton genou tout contre ses couilles. T’es trop tendue. Tes muscles sont crispés à en trembler et tu le serres fort – un peu plus et il aurait du mal à respirer. Rien à foutre.

« Qu’est-ce que tu fous là, Rui-nii ? »

Ah, les habitudes ont la vie dure. Tu voudrais l’insulter, le jeter à la rue. Lui hurler après. Pourtant, tu te contentes de lui donner du Rui-nii.

« J’ai besoin d’un endroit où rester quelques nuits. Tu ferais bien cette faveur à ton grand-frère, Boutchee ? »

Tu serres la mâchoire à en grincer des dents. Sa gorge pulse contre ton coude. T’as envie de la lui enfoncer, qu’il se taise et te laisse en paix. Connard. Il a fallu qu’il te suive jusqu’ici. Il a fallu qu’il te retrouve après tout ce temps. Connard. Connard. Connard.

« Connard.

C’est un oui ? »



« JE SAIS. VOUS ÊTES LE PRÉSENTATEUR DES ÉMISSIONS NULLES, LA. »

La voix de Baby porte jusque sous la douche.

« QU’EST-CE QUE VOUS POUVEZ BIEN FAIRE CHEZ MA COPINE ? »

Et pourtant, elle est sur le palier.

Face à face avec l’intrus qui squatte ton appartement.

Hoquet de sursaut, y a de l’eau qui te rentre dans la bouche, coule jusque dans ta gorge alors que tu sors de la cabine en crachotant, manques de trébucher sur le tapis de bain. Tu débarques en dégoulinant sur le parquet quand Rui-nii l’ouvre :

« Déjà, apprend à mieux parler avant de te pointer chez moi.

Alors déjà mon lardon, c’est pas TA maison, j’ai vérifié sur le petit bout de ferraille, là, et ça dit bien BUTCH. Et t’as pas une tête à t’appeler BUTCH. »

Honnêtement, tu ne saisis pas tout à la suite.

Juste qu’elle fait comme dans les films, prend son sac à pleines mains et le balance contre la tempe de Rui-nii. Puis qu’elle te voit débarquer en chemise d’homme et se persuade que quelque chose s’est passé avec le clown sur le pas de ta porte - ok, c’est vrai que tu ne lui as jamais dit pour Rui-nii mais mieux vaut tard que jamais, pas vrai ? faut dire que c’est un peu ta tare, ce garçon, et que tu te passerais bien de l’exhiber aux yeux du monde.



Le visage vide de Baby te fend le cœur.

Au début, elle a pleuré - tellement que t’as bien cru qu’elle vidait l’océan entier, t’y as d’ailleurs perdu une chemise, qui dégouline quelque part dans un coin. Après elle a bu toutes tes bières et descendu ton rhum. Puis elle a fumé. Beaucoup, beaucoup fumé. Maintenant, elle est affalée sur le parquet, une fin de joint coincée entre des lèvres bien loin de leur rouge carmin habituel. Le maquillage a bavé, s’est étalé jusque sur sa peau d’un blanc presque gris, trop terne.

Sincèrement, t’as eu envie de balancer un il l’a cherché quand elle est venue s’échouer dans tes bras pour t’annoncer la nouvelle. Mais t’es pas si égoïste ou cynique. Et la vérité, celle qui s’impose à toi alors que t’es assise sur le bord du lit à fixer ta moitié, c’est qu’il te manque déjà.

Finalement, tu t’y es attachée, à ce petit con suffisant. Quelque part, il fait lui aussi partie de ta famille maintenant.

Butch sans Baby et Stélian, c’est plus vraiment Butch.
Sauf que Baby est fracassée parce que Stélian en a pris pour cinq ans à l’ombre.

Cinq ans. Putain.

Tu parles d’un gâchis.



Les verres tintent, vous trinquez.

Il y a Baby, bien sûr, et puis Carmine aussi.
Stélian n’est pas là, mais t’as pas manqué d’aller au parloir lui annoncer.

La musique tisse l’ambiance en fond, riffs endiablés que t’entends à peine. Tes yeux sont perdus sur l’acte de vente, sur les papiers qui certifient que, oui, le bâtiment est à toi, oui, l’affaire est à toi. Il y a ton nom. Noir sur blanc. Il y a ta signature. Noir sur blanc.

T’as réussi.

Ça mérite bien une nouvelle gorgée de scotch, que tu sens à peine passer et brûler ta gorge, toute à ton exultation.

T’as réussi.

Ça t’a pris du temps, beaucoup de temps. Ça t’a usée jusqu’à la moelle, jusque dans tes os. T’as tout donné, tout ce que t’avais et plus encore. Baby t’a aidée, bien sûr. Même Stélian s’y est mis. Et t’as essoré Rui-nii, ne l’oublions pas, il te devait bien ça après la dernière fois. C’est grâce à eux, tout ça.

Tu vas pouvoir faire ce que t’aimes sans le devoir à quelqu’un d’autre.
Enfin.

Oh, qu’est-ce que t’es fière, Butch.

Tu l’as ton garage, ça y est.



Tu comptes jusqu’à dix, lentement, et tu ouvres les yeux.

Elle est toujours là. Putain de flaque de pisse juste dans l’entrée. Putain de chat. Tu grognes et te résous à aller chercher de quoi nettoyer la catastrophe. Un mouvement, l’éclat jaune d’un regard perçant, quelques touffes de poils gris qui volent. Tu tends le bras juste à temps pour attraper l’engeance démoniaque qui te sers d’animal de compagnie.

« Vraiment, Stélian ? T’étais obligé de faire ça ? »

Ouais, t’as appelé ton chat Stélian. Peut-être bien parce que son homonyme te manque plus que tu veux bien l’avouer.

Puis c’est drôle.

Stélian a chié sur mes pompes.
Stélian a foutu des poils partout, c’est relou.
Stélian a fait ses griffes sur mes rideaux.
Stélian va se faire castrer aujourd’hui.

Le chat ne répond plus qu’à ce nom maintenant, alors c’est mort pour en changer, même si le vrai Stélian a râlé quand tu lui as annoncé.

« Ta litière est à moins de deux mètres. Faut que t’arrêtes ça, sérieux, t’as un problème pour viser ou quoi ? »

Miaulement. Grondement. Ah. Tu le lâches précipitamment quand il sort les griffes et te lacère la joue. Une goutte de sang perle. Puis une autre. Ah. Ouais. Bon. Toujours aussi sauvage, le matou.

A la base, t’en voulais pas. Il s’est juste installé dans ton cœur comme une poussière impossible à déloger. Tous les jours, il était là, au garage, à pisser partout et à se frotter contre tes jambes pour un peu de bouffe et une gratouille derrière les oreilles. T’as fini par céder. Faut croire que t’as le cœur tendre, hein, Butch ? Maintenant, tu te retrouves avec une saleté de monstre, un bâtard de persan et de quelque chose d’autre, qui déteste tout et tout le monde, mais te suit partout sans faillir.



Réponds, Baby. Réponds.

Tes doigts pianotent nerveusement sur ton genou.

Ton appart a été dévasté par le tremblement de terre, mais ton garage a bien heureusement survécu, épargné jusque par le tsunami qui a suivi.

Réponds, Baby. Réponds.

A part une cheville en vrac et quelques méchantes contusions, tu vas bien.

T’as été évacuée, comme tant d’autres avec toi, vers l’une des infrastructures mobilisées en urgence - un gymnase ou quelque chose comme ça, même si ça n’y ressemble plus du tout maintenant, avec tous les futons étalés un peu partout, les couvertures, les cartons, les gens qui pleurent et hurlent, courent partout.

Réponds, Baby. Réponds.

Stélian va bien.

Tu le sais, parce que la prison était hors d’atteinte, bien en sécurité à l’intérieur des terres.

Réponds, Baby. Réponds.

Même ton chat des enfers va bien. Il se cramponne à toi de toute la force de ses griffes, à ton grand dam, mais il va bien.

Réponds, Baby. Réponds.

Le problème, c’est que les lignes sont saturées - pour celles qui fonctionnent encore. Et t’as aucune nouvelle de Baby.



« Vous savez, ça va déjà mieux, hein. »

Franchement, t’aimerais t’enfoncer six pieds sous terre. T’as jamais été particulièrement maladroite pourtant il a fallu que tu trébuches sur une caisse à outils dans le bordel mal organisé de ton appartement. Et que tu t’évanouisses juste après. Gé-ni-al. Baby a insisté pour te conduire à l’hôpital et te voilà, à moitié nue devant le doc’ qui étudie tes radios.

« C’est ma copine qui voulait pas prendre de risques mais c’était pas grand-chose.

- A priori vous n’avez rien de cassé. »

Un soupir de soulagement t’échappe. Tant mieux. Tu t’imaginais déjà devoir crécher ici et ça, c’est hors de question, y a trop de travail qui t’attend.

Tu commences à te rhabiller quand il reprend la parole :

« En revanche » comment ça en revanche ? « il semble qu’il y ait une petite grosseur au niveau de votre sein. »

Silence. Le tissu de ta chemise glisse à nouveau sur tes épaules et tu clignes des yeux.

« Ah bon ? »

Il se tourne vers toi, un sourire qui se veut rassurant aux lèvres. T’as jamais aimé les fausses mines de circonstance du corps médical. T’as jamais aimé l’hypocrisie, en fait.

« Ça vous ennuie que je regarde ?

- Non, non. »

Le contact froid des gants te ferait frissonner si ton esprit n’avait pas bloqué. Une grosseur. Dans ton sein. Quoi ? Non. Pas possible. Tu le saurais si c'était le cas. Hein que tu le saurais ?

« Ça fait la taille d’une cerise, je dirais. Regardez, touchez. » Il t’aide à trouver l’endroit du bout des doigts. Une grosseur. Dans ton sein. « Vous sentez, là ?

- Hn.

- Vous ne l’aviez jamais sentie avant ? En mettant votre soutien-gorge ou en vous lavant ?

- Non. » Probablement parce que tu ne mets jamais de soutif. Et que tu préfères caresser la poitrine des autres femmes que la tienne, clairement. « Qu’est-ce que c’est ?

- On va faire des examens complémentaires pour le déterminer. Ça peut être un tas de choses. »

Un cancer ?

T’oses pas le dire mais ça tourne dans ta tête.

« Vous pouvez vous rhabiller. Vous êtes suivie régulièrement par un gynécologue ? » Tu secoues la tête. Non, pas vraiment. Ta santé, tu la surveilles de loin, sans trop y faire attention. Pour la première fois, tu commences à regretter. Il ne bronche pas, ne t’engueule pas non plus – il a dû en voir d’autres. « Bon, voilà ce qu’on va faire. » qu’il reprend. « On va demander une mammographie, une échographie et une biopsie. Les résultats peuvent prendre quelques temps, surtout pour la biopsie, donc surtout ne vous affolez pas, d’accord ? Et n’allez pas regarder sur internet, on y trouve tout et n’importe quoi, surtout n’importe quoi en fait, de nos jours. » Il te sourit, l’air concerné, et remonte ses lunettes sur son nez en s’approchant. Comme pour te soutenir par sa présence. Tu te retiens pour pas lui en mettre une. T’as déjà dit que t’aimais pas l’hypocrisie de façade ? « Ça va bien se passer. »

Menteur.



« Bonjour Tsukinami-san.

- Bonjour docteur. »

Salut formel de circonstance, il s’incline et se rassied à son bureau.

« Merci d’avoir pu vous libérer rapidement. » Il ouvre le dossier posé sagement devant lui. Ton dossier. Tu peux lire ton nom sur l’étiquette. Y a comme une bulle d’angoisse qui monte dans ta gorge. « Les résultats de la biopsie sont arrivés et ils ne sont pas bons.

- … Est-ce que c’est un cancer ? »

Les mots sont sortis avant que tu puisses les retenir. Ils t’ont échappé, les traîtres.

« Oui. »

Ah.

« Vous avez un cancer du sein. »

Il le répète, le reformule, sait-on jamais que t’aies pas compris.

Mais t’es pas bête, Butch. Juste assommée. En vérité, tu pensais être submergée par la peur et la colère, noyée par des sentiments que tu ne maîtriserais pas. Au lieu de quoi, tu ressens à peine un pincement. C’est comme… si tu étais vide, complètement vide. Oh, il y a bien de l’appréhension, quelque part. De l’incompréhension, aussi, peut-être. Mais surtout de la résignation. Tu t’y connais pas trop, rayon émotions, mais c’est pas normal de presque rien ressentir, non ?

« Il va falloir envisager très rapidement un rendez-vous chez l’oncologue, pour déterminer le traitement. Dans un premier temps je suppose qu’il va vous proposer une chimiothérapie. Nous allons devoir vous faire un bilan sanguin complémentaire- Tsukinami-san ? »

Tu clignes des yeux.

Sa voix est assourdie, comme s’il te parlait à travers plusieurs épaisseurs.

« Vous serez très bien prise en charge, ne vous en faîtes pas. » Sa voix se fait plus douce. Le pli de ses lèvres aussi. Il a un regard de pitié - ou peut-être est-ce simplement de la compassion, mais t’es pas en état de nuancer. « Un cancer du sein c’est un combat, reprend-t-il, et vous allez le gagner. On a fait d’énormes progrès dans le domaine, vous savez. On guérit de plus en plus de cancers aujourd’hui. »

Silence.

Il cherche ton regard du sien, échoue. Alors, en faisant mine d’organiser ses dossiers sur le bureau, il se racle la gorge et change de tactique :

« Être entouré c’est une des clés, vous aurez besoin de l’appui de vos proches. Vous êtes toujours avec votre compagne ? »

Ta compagne, oui.
Putain. Comment tu vas pouvoir annoncer ça à Baby ?



En vérité, t’as pas envie de le faire.

D’ouvrir la bouche, formuler les phrases, l’avouer.

Mais t’as pas trop le choix, pas vrai ? Ce soir, c’est un peu comme un au revoir. Ce soir, c’est peut-être bien la dernière fois que vous vous voyez, que vous vous touchez. Alors tu dois lui dire, Butch.

« Je suis malade. »

C’est marrant comme quelques mots peuvent arracher la gorge.

« T’aurais pu me le dire, tu sais que je monte sur scène demain.

T’inquiète babe, le cancer c’est pas contagieux. »

Que t’es drôle, Butch.
Hilarante. A mourir de rire, ouais.

Tu te détestes tellement quand elle commence à pleurer.



T’as pas osé l’annoncer en face à Stélian.

Sûrement que c’est pas correct. Sûrement que t’aurais dû prendre la peine de monter sur ta bécane, rouler jusqu’au parloir, et lui dire.

Mais pas t’as pas eu la force, Butch.

Alors t’as juste décroché le téléphone pour lui avouer.

Encore une fois, tu t’es détestée.

Aucun d’eux n’a besoin de ça.
Pas maintenant ni jamais.



C’est long, une chimiothérapie. Et c’est dur. Ça te donne envie de gerber rien qu’à y repenser. Huit séances à trois semaines d’intervalle. Six putains de mois à croiser les doigts et prier des dieux auxquels t’as jamais crus.

Rester assise sur le fauteuil de l’hosto, le cathéter branché à la perfusion, à regarder s’écouler ce qui est supposé te sauver la vie, ça t’a très vite foutu le cafard. Tu pleurais souvent, le soir, sous la douche ou dans ton lit, quand personne ne pouvait te voir. Tes cheveux ont commencé à tomber une quinzaine de jours après le premier rendez-vous. Tu as tout coupé dans la foulée, incapable de supporter de les voir s’arracher par poignées. Et puis les sueurs froides. Et puis la fièvre. Et puis les nausées. Et puis les douleurs jusque dans les os. Ça t’a mise à terre, Butch.

T’as bien failli tout foutre en l’air et abandonner. Mais, ah, elle t’a pas laissée faire. Ta Baby. Elle t’a pas lâchée. Sans elle, le garage n’aurait pas tenu le choc non plus. Sans elle, tu serais probablement déjà six pieds sous terre.

Mais ça va maintenant.

Avant la chimio, t’as eu droit à une mastectomie totale. Cancer du sein stade 3. La tumeur s’étendait sur une grande partie de ton sein droit. L’intervention a été décidée en urgence. Les médecins ont préféré procéder à l’ablation pour le côté gauche également, juste au cas où. Ils t'ont quand même demandé. T'as dit oui. Tu veux pas de cette saloperie. Autant mettre toutes les chances de ton côté.

Et si maintenant, t’as plus de poitrine du tout, même plus de tétons, eh ben au moins t’es guérie et c’est tout ce qui compte.

Oui, ça va maintenant. Tu vires juste parano les veilles de contrôle.



T’es sacrément fatiguée.

Il y a comme un poids qui pèse sur tes épaules, fait ployer ta nuque, quasi constamment. Tu sais que c’est la faute aux traitements que tu viens d’encaisser, à la chimio qui a éliminé toute trace du cancer. Tu sais que ça va passer, que ça va aller, mais qu’est-ce que ça te fait chier.

Tu te traînes, arrives à peine à bosser, gères plus les papiers que les moteurs. Le garage tourne en sous-régime, heureusement que t’as quelques bons employés pour t’aider. Sans eux - et sans l’aide de Baby -, l’affaire aurait coulé depuis un moment déjà. T’as envie de te secouer, de te mettre un coup de pied au cul pour retourner au front, t’occuper des clients mais soyons clairs, t’es pas en état. Des fois, ça dépend pas que de toi et de ta motivation.

T’es fatiguée, crevée même, Butch.

Du coup tu prêtes à peine attention à tout le barda qui secoue le Japon, l’arrêt inattendu de l’Incontestable, les inquiétudes et les soupçons complotistes qui fleurissent sur la toile. C’est trop gros, trop énorme, et t’as pas le temps pour ça, pas la foi non plus. De toute façon, t’es pas encore mariée et bien plus préoccupée par l’état de ton business et ta santé. Puis t’es persuadée que ça va vite se résoudre, que le bug dans la matrice sera réglé par les techniciens ou bien que le gouvernement va vous annoncer une énorme farce - et ça manque pas d’ailleurs, un projet social dans toute sa splendeur, voilà ce qu’était le chambardement de la machine.

Tu ne réalises pas encore.
Qu’il y a pire à venir.



Au début, ce n’était pas grand-chose.

Beaucoup de rhumes, ce qui ressemblait à une épidémie de grippe, puis une vague de coups de chaleur. Sauf qu’il s’est avéré que tout ça, tous ces symptômes, ça collait pour un seul et même problème. Pas un virus, puisque la propagation s’est avérée hasardeuse, sans spectre de contagion ni cluster. Pas une maladie lambda, rien de déjà recensé.

Au début, ce n’était pas grand-chose.

Puis Baby est devenue un peu fébrile. Elle a eu de la fièvre, rien de bien plus grave que ça, mais t’as paniqué - parce que tous les jours de nouvelles personnes étaient admises aux urgences dans des états catastrophiques. En quelques jours c’était fini, heureusement. Mais t’as surveillé chaque migraine, chaque poussée de fatigue, chaque nausée. Jusqu’à ce que le gouvernement annonce le rétablissement des derniers patients et la fin de cette épidémie sans nom.

Au début, ce n’était pas grand-chose.

Jusqu’à ce que les gens se mettent à mourir pour de faux.



T’as le cœur en vrac, Butch.

Tu regardes Baby, tu ravales ta peine, cette douleur qui te prend aux tripes, te fend de l’intérieur.

C’est pourtant toi qui lui as suggéré de partir, de profiter de l’arrêt de sa puce, de l’annonce de sa fausse mort.

C’est une drôle de situation qui prend place au Japon, une fois encore. Le chaos se répand dans les rues, envahit les foyers. Les victimes n’osent pas aller se déclarer, terrifiées par les échos de ce que la milice pourrait leur faire. Les complotistes évoquent le retour des Incontrôlables. Les gens paniquent, s’interrogent, cherchent des réponses là où il n’y en a pas.

Tu te doutes que ça ne va pas durer, que le gouvernement va reprendre la main.
Tu sais que tu ne supporterais pas de voir du mal être fait à Baby.
Tu sais aussi qu’elle craint la menace de l’Incontestable au-dessus de sa tête.

Alors tu lui as suggéré l’idée, oui.

Et maintenant tu regrettes. Tu plisses les yeux, bats des cils pour retenir les larmes.

C’est mieux comme ça.
C’est mieux pour elle.

Mais alors que l’appel pour le check-in de son vol retentit, tu ne peux t’empêcher de te briser en mille morceaux. Tu l’aimes. Tu l’aimes tellement. Tu ne la reverras peut-être jamais et ce baiser qu’elle t’offre a un goût d’éternité.

Dernier appel.
Dernier sourire.

Elle s’en va et le regard qu’elle te jette par-dessus son épaule te fait comprendre qu’elle part avec ton cœur.



Apparemment, tout ça c’est à cause des puces. La maladie, les gens qui meurent pour de faux.

Le gouvernement a fait un communiqué et une gigantesque chasse à l’homme s’est lancée à l’échelle mondiale pour ramener les fuyards, les égarés du système et les ramener sur le bon chemin.

Tu ne sais pas trop quoi en penser, si ce n’est que Baby te manque toujours plus chaque jour qui passe.

Tu te noies dans le travail au point d’oublier d’aller à ton check-up médical semestriel. Et quand tu t’en rappelles, tu vas gratter à la porte de Stélian pour qu’il t’accompagne, parce que t’es trop terrorisée à l’idée d’y aller seule et que t’as personne d’autre, qu’il est ta seule famille maintenant.



Elle dépose les verres devant vous avec un sourire.

A côté de toi, Stélian s’étale dans son siège comme sur un trône. Tu fronces les sourcils en le voyant se tourner les pouces et soliloquer sur tu ne sais quel sujet alors que sa sœur remplit toutes les corvées. Et ne s’assoit même pas avec vous après vous avoir apporté à boire. Tu sais qu’il est comme ça. Du genre à glisser ses pieds sous la table et laisser la femme jouer à la boniche dans la cuisine. Tu sais que t’as pas ton mot à dire, c’est pas ta famille, pas ta vie, mais chaque fois que tu le vois faire ou que tu entends un de ses commentaires, c’est plus fort que toi, t’as le poing qui se lève et les crocs qui sortent.

D’ailleurs, tu le pousses de sa chaise - suffisamment fort pour qu’il tombe et se vautre sans grâce - et tires  celle-ci pour la présenter à la jolie brune qu’occupe les lieux.

Jusqu’à aujourd’hui, tu ne connaissais que son prénom - Dolly - et le fait qu’elle est la petite sœur de Stélian. Mais ça va changer.



Carmine est revenu.
Baby est revenue.
Ils ont changé.

Tu ne l’as pas su tout de suite.

Parce que t’es pas vraiment considérée comme sa famille proche, il a fallu que t’attendes d’avoir des nouvelles par l’un de ses frères. La lettre qu’il te montre dit que Baby va bien, qu’elle a été retrouvée et qu’elle est gardée quelques temps sous observations médicales, pour son bien, pour s’assurer que la nouvelle puce fonctionne sans incident.

Tu ne peux pas lui rendre visite. Personne ne le peut.

T’imagines que c’est pareil du côté de Carmine mais soyons honnêtes, t’es vachement plus préoccupée par le sort de Baby que le sien - même si tu l’aimes beaucoup, lui aussi, c’est pas pareil.

Puis un jour, un appel.

C’est bon, c’est fini, elle sort de là où elle était retenue et demande à ce que tu viennes la chercher.

Le soulagement se brise quand tu la retrouves et qu’elle te fait l’apologie de l’Incontestable. Incompréhension. Inquiétudes. Tu ne comprends pas. Ne la reconnais pas. Et plus les jours passent, plus tes certitudes vacillent, plus l’appréhension grandit. Elle a changé. Elle est trop policée, trop rigide. Ce n’est plus la Baby que tu connaissais, plus la femme que tu aimais. Et tu ne sais pas si tu vas pouvoir la récupérer un jour. Mais t’es pas prête à l’abandonner. Pas encore. Pas une seconde fois. Plus jamais.
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JTM COME TO ME BOUTCHI back where i belong || butch 3488335006
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back where i belong || butch 3488335006 💜 tellement hâte !
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Double post pour dire que c'est fini. Je crois n'avoir rien oublié. back where i belong || butch 128457956 (désolé, c'est long)
Merci d'avance à qui se penchera sur la correction ! ❤
Fucked up's never been sexier

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C'est parce que je suis la plus belle. back where i belong || butch 2532771219

Bon retour bro. back where i belong || butch 1227068846

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Ta robe m'a conquise en effet. back where i belong || butch 3488335006 back where i belong || butch 2532771219
Merci. back where i belong || butch 1227068846
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yuki
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J'admets avoir légèrement pris peur en voyant la longueur de la fiche, mais elle s'est finalement lue toute seule ! back where i belong || butch 3998388675
C'est vraiment parfait, alors je te pré-valide évidemment ! back where i belong || butch 3182035657
Juste quelques interrogations par rapport à quelques formulations, je me demande si ce sont des petites coquilles, je te les pose là au cas où, mais sinon c'est nickel. 🙏
mais si le vrai Stélian a râlé quand tu lui as annoncé.
T’as sacrément fatiguée.
• Mais t’as pas prête à l’abandonner

Bon retour à toi, Butch ! back where i belong || butch 1362171446

Pré-validation par Yuki
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Il s'exprime (peu, mais il fait des efforts !) en #cc0000.

back where i belong || butch Signat11

Merci à Keanu, Takashi et Natsume pour les vavas ♥️
— STAFF JM —

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Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre:
back where i belong || butch 716243026

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars si le code n'a pas été ajouté à la fin de votre fiche
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

back where i belong || butch Makoto%20-%20signature
Merci Lucci, Zach et Lucas pour les avatars et kits back where i belong || butch 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
back where i belong || butch Ld7d
back where i belong || butch BbNTuR8
back where i belong || butch V1dcdrQ
Le plus beau compliment ♥️:
back where i belong || butch Cn3Ckyx
back where i belong || butch 1EPYLUw
back where i belong || butch DfzeUm9


Merci Karlito ♥️:
back where i belong || butch Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
back where i belong || butch YqECw0j
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Coquilles corrigées (je suis agréablement surprise de voir qu'il n'y en a pas d'autres).
Désolée pour la longueur back where i belong || butch 3182035657, j'ai légèrement dérapé. back where i belong || butch 4158426957 (je ferai plus court la prochaine fois, promis)

En tout cas, merci Yuki et Mako ! ❤
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#13 —Re: back where i belong || butch
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