Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji DgoiC4q
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 9oulLiP
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 620526BoutonElysion5050

— Just Married —

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Inscrit.e le : 16/10/2021

Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Il ne serait un cadeau pour personne...
Autre: Merci à Shôta pour les vavas ♥
Mikami Shôji
Quand la douleur n'est plus supportable...
Informations générales
Nom : Mikami
Prénom.s : Shôji
Âge : 33 ans ; né ironiquement le jour de la fête des enfants, le 5 Mai 2080.
Genre : Que sa chevelure soit parée de noir ou de rose, Shôji est et restera un Homme.
Origines : Difficiles à appréhender pour un orphelin. On suppose qu’il est 100% Japonais, sans en avoir la certitude.
Activité : Après avoir été licencié de son job de rêve de concierge pour un immeuble de standing de Shinjuku, Shôji a eu une longue période de chômage avant de se reprendre en mains plus récemment. Désormais, il est Employé polyvalent dans un Love Hotel et arrondit ses fins de mois en rendant des services par le biais d'un site d'entraide.
Sexualité : Après avoir douté un moment, il sait maintenant qu’il est ouvertement Bisexuel.
Avatar : Encore et toujours Lee Hong-Bin (anciennement) des VIXX.
Règlement : - Validé - Ari
Chemin J'fais partie des murs depuis l'temps, nan ? Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 2078551763 /pan
Autre : J'ai l'droit de demander un rang rose fluo spécialement pour Shô et pour tous les persos aux cheveux roses de JM ? Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 3766924225 /pan

Plus sérieusement. Si j'ai eu la chance de faire vivre une belle histoire d'amour pleine de sentiments, de feels et de drama à Shôji dans sa première version... Je n'ai pas fait honneur à mon perso puisque je n'ai quasiment joué que ça avec lui, alors que Shôji est un personnage avec mille possibilités. Voilà un an maintenant que je veux le faire revenir. J'ai pris mon temps pour bien y réfléchir, voir si ça en valait la peine, si je serais à la hauteur de ce qu'il aurait à proposer sur JM... Maintenant, je me sais prête à offrir une seconde chance digne de ce nom à Shôji. Et je lui souhaite par avance plein d'aventures de tout ordre et à toute période de sa vie sur JM. 🙏

PS: je hais toujours autant coder les fiches sur FA. Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 128457956
Physique
Tu n'es plus l'adolescent candide dont j'étais tombée amoureuse à l'époque, Shôji.
Tu es devenu adulte.
Tu es un homme maintenant.
Pourtant… Je ne peux m'empêcher d'avoir de la peine quand je vois les choses que cet homme-là s’est infligé à lui-même par ma faute…

La seule chose qui n’a pas changé chez toi depuis, c’est ta taille : tu es grand, très grand. Du haut de ton (presque) mètre quatre-vingt-sept, c’est sans mal que tu dépasses la moyenne nipponne. Aujourd'hui encore, tu en imposes par ta stature. Après ma disparition, tu as troqué la batte de baseball du lycée pour des chaussures de course et un abonnement en salle de sport. Pourtant, ta carrure n'est plus aussi développée qu'il y a deux ans, pas vrai ? Si les muscles ne fondent pas comme neige au soleil lorsque l'on a autant d'années de pratique de la musculation et du jogging que toi, il n'empêche qu'un arrêt total du jour au lendemain sur une longue période, ça fait des dégâts. Mais, bien que tes muscles aient légèrement perdu de leur circonférence et de leur tonus, ils demeurent ; comme le souvenir amer d'une époque où tu essayais de gérer tes émotions, de calmer tes démons.

Te confronter au miroir est devenu une épreuve de chaque instant. A chaque fois, il te renvoie à ce que tu as perdu. Même ces abdominaux dont tu étais si fier, ils ont quasiment disparu derrière une petite couche de graisse bedonnante. Çà et là, ton corps porte maintenant les stigmates de bagarres dont tu ne te rappelles pour la plupart même pas. Il est loin le temps où tu avais l'alcool joyeux... Peut-être ne l’as-tu jamais vraiment eu d’ailleurs. De nos jours, il ne te sert qu'à lever tes barrières mentales, à te défouler... et te détruire un peu plus encore. J’en parle au présent car, malgré cette nouvelle première année de sobriété, toi comme moi savons que, parfois encore, dans les moments les plus sombres, l’appel de la soif continue de résonner dans ton esprit.

L’alcool est ton talon d’Achille et, maintenant, tout ton entourage le sait.
Et c’est fou comme cette fichue addiction a pu t’en faire faire, des bêtises ! Toi qui as toujours été un si gentil garçon…

Si chacun dans ton entourage regrette quelque chose de celui que tu étais « avant » de leur révéler ta plus profonde vulnérabilité, mon plus gros regret à moi, c'est ce que tu as fait à tes cheveux. Elles me manquent, tes bouclettes roses. Tu te souviens, Shô ? Je disais souvent que tu avais les cheveux couleur barbe-à-papa quand tu étais petit ! Vu ta situation, on ne saura jamais duquel de tes parents tu l’as héritée mais, oui, c’est ta couleur naturelle. Ce n’est pas une lubie adolescente contrairement à ce que beaucoup de passants ont pu croire en croisant ton chemin. Il fut un temps où tu en rougissais, à cause de ce foutu cliché dictant aux garçons que, le rose, c’est pas fait pour eux. Avec le temps, t’en étais devenu fier pourtant. Au point que c’était la partie de ton anatomie dont tu prenais le plus soin… Mais ça, c’était avant.

Tes cheveux si soyeux me semblent bien ternes aujourd’hui... Quelle idée de les avoir teints en brun ! Si je croyais que tu avais pris cette décision à la va-vite, après que ce garçon t’ait brisé le cœur, tu continues malheureusement d’entretenir cette couleur fade et triste sur toi. Tu voulais les faire disparaitre, ces cheveux roses qu'il a tant aimés. Ta haine était si forte à ce moment-là qu'il n'est pas à exclure que, si tu en avais eu les moyens, tu aurais carrément demandé une modification génétique. Désormais, ils sont noirs d'encre. En regardant bien, on voit quelques reflets violet sombre qui ressortent à mesure que les shampoings font fuir les pigments de la fibre. Pour parfaire la supercherie, tu vas même jusqu'à teindre tes sourcils. Une chance que ton obsession n’aille pas jusqu’à teindre chaque poil de ton corps… Tu t’en sortirais pas, ou tu vivrais dans ta salle de bain !

Je garde toutefois espoir car, depuis peu, tu songes parfois à demander l'aide d'un professionnel pour retrouver ta couleur antérieure. Par nostalgie, mais aussi parce que tu voudrais retrouver un peu de celui que tu étais « avant » d’envoyer valser cette vie que tu t’étais péniblement construite. Mais faire face au miroir t’est encore trop difficile pour que tu oses vraiment sauter le pas.

Ça viendra.
J’ai confiance en toi.

Heureusement, l’alcool ne t’a pas tout volé. Si tes cernes me semblent encore trop prononcés malgré ton traitement pour lutter contre tes insomnies et tes yeux de jais aux reflets chocolat encore un peu fatigués par ces horaires décalés que tu te coltines, rien ni personne n’a réussi à effacer cet adorable sourire de tes lèvres pulpeuses. Ton teint reprend un peu de son hâle d’antan, à mesure que ton corps retrouve la lumière du jour. Tu as beau avoir un peu perdu confiance en toi après tout ça, aux yeux des autres, tu rayonnes toujours. Par ta simple présence, par ta démarche tranquille, tu apaises les gens. Tu n’as pas perdu ton super-pouvoir. Les mauvaises ondes semblent toujours ricocher sur toi sans t’atteindre. T’as retrouvé ta bulle de bonne humeur et tu n’hésites pas à la partager à qui veut bien y entrer.

Et, pour mon plus grand bonheur, tu as tant repris goût à la vie que tu as ressorti ta vieille guitare ! C’est dingue qu’elle soit toujours en état de fonctionner d’ailleurs, malgré toutes ces années ! Tes grandes paluches veineuses ont beau en avoir vu de toutes les couleurs, elles n’ont pas oublié les accords que je t’enseignais quand nous étions ados. De nouveau, tes doigts arborent les stries de ton retour à la gratte, en plus des callosités sur tes paumes à cause des travaux manuels que tu exécutes. De temps à autres, je vois aussi parfois des coups de griffes sur tes doigts. Même si tes animaux ont retrouvé un foyer, tu continues de passer du temps dans les cat-cafés et autres associations d’aide aux animaux à l’occasion. Eh oui. On est ami des animaux ou on ne l’est pas, ma foi !

Cela dit, s’il y a un point sur lequel je dois faire mon mea culpa, ce sont tes tatouages, Shôji… Comme bien des japonais, j’ai été éduquée avec cette vision que, les tatouages, c’est le signe d’appartenance des gangs et des yakuzas. Aussi, quand tu me disais vouloir t’encrer la peau étant ado, j’ai tenté de t’en dissuader. J’avais peur que tu deviennes un délinquant, qu’à cause de ça, tu sapes ta réputation et tes possibilités d’emploi… Etonnamment, ça n’a jamais posé souci pour ça. Ou, les quelques fois où tu as senti d’éventuelles remarques arriver, tu faisais en sorte de les camoufler au travail. En dehors, tu les arbores fièrement. Et il y a de quoi. Même moi qui n’en ai jamais été fan, je les trouve beaux ! Le dernier en date remonte à quelques années déjà, mais il est toujours aussi esthétique et lourd de sens : une espèce de montre-boussole reposant sur longue flèche lézarde sur ton avant-bras gauche. Et le tout premier en date – celui qui a vacciné Atsushi de t’accompagner pour te faire tatouer –, c’est mon préféré. Deux carpes koi s’entremêlent joliment à l’arrière de ton mollet droit. Outre le symbole, j’aime tout particulièrement les mots que tu as fait appliquer autour : « You will not always be strong, but you can always be brave. »

J’espère que tu te rappelles de ces mots, Shô…
Ils sont encore valables aujourd’hui.

Caractère
Ceux qui ne te connaissent pas vraiment diraient au premier abord que tu n’as pas tant changé avec le temps.
Et ce n’est pas tout à fait faux.
Si les traits de caractère s’affinent avec l’âge, la personnalité, elle, demeure.

Le premier mot qui viendrait pour la désigner ? Doux. T'es un mec cool, la force tranquille. Parfois, t'as même l'air complètement déconnecté de la réalité, mais c’est pas grave. On t’en tient pas rigueur. Parce que t’es un gentil, Shôji. La gentillesse à l’état pur, même ! Ton surnom, il n’est pas venu sans raison. Il s'est formé d'année en année, à force de bienveillance et d'altruisme envers les autres. T'es ce « grand frère » sur qui on peut compter à toute heure du jour comme de la nuit. Que ce soit en cas d'souci, ou juste si on a besoin de parler. T’es celui qui nous défendra, celui qui rendra service, mais aussi et surtout celui qui nous fera la morale quand on a merdé. Ouais, t’es celui qui fera tout pour nous remettre dans le droit chemin, que ça plaise ou pas. Et l'pire dans tout ça ? C'est qu'à la fin, même si c'était pas agréable, on t'en remercie, parce qu'on réalise que t'avais raison, putain ! Et l'pire du pire ?! C'est qu't'as souvent raison, en plus ! C’est sûrement parce que la plupart des conneries qu'on fait, tu les as déjà faites aussi, avant. Y'a longtemps. Et t'en as tiré des leçons dont tu veux nous faire profiter. Pourtant, t'as beau être sympa et bavard sur un peu tous les sujets bateaux possibles et imaginables, dès qu'il s'agit de parler de toi, c'est plus compliqué. Ça t'embarrasse, t'en vois même pas forcément l'intérêt ! Quant à parler de ton passé, là, c'est chasse gardée : t'en parles jamais.

Quand on creuse un peu, on remarque que derrière cette image sans bavure se cache un mec plus taquin qu'il en a l'air. Tactile, adepte des chatouilles. Fut un temps, on te disait séducteur aussi sur les bords, quand l’humeur y était. Néanmoins, si le corps n’avait pas de problème à s’exprimer, les mots, eux, sont toujours aussi difficiles à sortir, pas vrai ? T’as de gros problèmes de communication. Involontairement, il t’arrive d’être à côté de la plaque, de pas voir les évidences. Ou de comprendre de traviole, tout simplement. En te connaissant bien, on sait que t’as pas d’problème à gérer les relations sans lendemain… Par contre quand il est question de sentiments, t’es une véritable quiche !

Faut dire que l'amour, tu l'offres au premier qui passe. A tous ceux que ça pourrait intéresser. Tu donnes, tu donnes, Shôji. Sans compter. Trop et surtout trop vite, certainement. Car la réciproque est rarement vraie. Tu t'attaches car t'en as besoin. Des repères ? Des racines ? T'en as pas. La vie pour toi, c'est ça: les gens viennent et disparaissent aussi vite. On sait pas comment, on sait pas pourquoi. Et après on dit que « C'est la vie ». Dans le fond, qui pourrait s'intéresser vraiment à toi ? A tes goûts, à cette personnalité affirmée que tu caches derrière tes sourires, ta politesse ou ta bienveillance… Personne, t’en es convaincu. Et dans les faits, c'est vrai qu'ils sont peu nombreux, ceux qui ont forcé la porte de ton cœur. Ceux qui ont eu le cran et l'envie de gratter le vernis du mec parfait que tu tentes d’être à l’extérieur. Ceux qui se sont pas fait avoir par les « on dit ». Oui, qui pourrait t'aimer si même tes parents n'ont pas été capables de le faire ?...

La vérité, Shôji, c'est que tu crèves de solitude, de ce vide, de ce trou béant dans ton cœur. Celui-là même que t'essayes de combler comme tu peux. Jusqu’à récemment, t’avaisbeaucoup de potes, ouais. Mais si tu devais être à 100% honnête, tu dirais sûrement que tu préfères les animaux. Eux, ils sont capables de t'accorder l'affection dont tu manques tant. Comme toi, sans compter. Tes bêtes n’étaient pas avares de tendresse : vous vous étiez bien trouvés. Et c’est bien pour ça que t’as eu le cœur déchiré quand t’as dû t’en séparer…

Toujours est-il que, quand il est question de sentiments, ça coince pour toi. Depuis Nee-chan, t’es incapable de tenir une relation sans culpabiliser vis-à-vis d’elle. Y’a une part de toi qui a l’impression de la trahir, de l’oublier si tu sors avec quelqu’un d’autre. Pourtant, tu tentes. Mais ça plane, comme une ombre envahissante sur ton cœur. Alors, inévitablement, tes relations ne durent pas... T’es de ces mecs qui, en voyant que l’autre s’éloigne, ne moufte pas. Ça fait mal, mais c’est dans la logique des choses, puisque tu ne le méritais pas… L’important c’est qu’il soit heureux, même si c’est au bras d’un(e) autre. Toi ? Tu passes en dernier, c’est pas grave. T’es habitué. Y’a un réel manque de confiance en toi, derrière tout ça…

Le problème, c’est que les gens aiment qu'on s'occupe d'eux, qu'on leur apporte de l'amour et de l'attention. Mais ils sont souvent égoïstes. Ils ne pensent qu'à eux, sûrement car ils se disent qu’ils ont « mieux ». Y'aura toujours mieux que toi, c'est vrai. T'es loin d'être le gendre ou l'copain idéal, mais tu fais ton possible quand même. L’évidence, c’est que t'es pessimiste en ce qui te concerne, très défaitiste. A 30 ans révolus, t'attends déjà plus rien de la vie. Rien de transcendant du moins. Ta vie, tu la vis, tout simplement. Tu la prends comme elle vient, sans trop penser à demain. Car t'es bien placé pour savoir que c'est pas dit que demain arrive. Un jour on vit, un jour on meurt et « C'est la vie ». T'as ni rêve, ni ambition précise ; à peine quelques envies, passagères pour la plupart. Tu sais pas c'que tu voudras demain. Alors tu profites de chaque jour comme si c'était le dernier, parce qu'il pourrait carrément l'être. Au maximum, tu veux essayer de minimiser tes regrets avant de crever. C'est que t'en as déjà trop au compteur, autant éviter d’en rajouter…

C'qui se cache derrière cette belle façade si bien entretenue aussi, c'est que t'es bien plus fragile que ton apparence pourrait le laisser entendre. Et c’est bien là que les choses ont changé, empiré depuis quelques années. Hypersensible, dès qu'une personne à laquelle tu es attachée a une mauvaise réaction te concernant, dans ta tête c'est la fin du monde. Sans que tu le réalises, ça prend des proportions démesurées. Au point que la peur se transforme en panique. Au point que la panique en arrive à te couper le souffle. T'as du mal à relativiser tout seul. Et comme tu gardes tout pour toi, tu souffres en silence. Pas pour rien que t’es encore suivi pour dépression aujourd’hui. Heureusement, tu combats assidument tes démons à coups de petites pilules, de rendez-vous médicaux, de méditations et de groupes de parole ! Néanmoins, tout ça a un pouvoir très aléatoire. C'est comme jouer à la roulette russe en fait: un jour tu gagnes, un jour tu perds. T'es pas parfait, Shôji. T'es parfaitement imparfait. Et tu l'assumes car tu sais te remettre en question quand tu fais une erreur ; même si c’est parfois avec trois trains de retard. T’essayes de réparer les pots cassés, toujours.

Ce que les gens ne comprennent pas toujours quand ils t’adorent, c’est que t’es comme tout le monde : toi aussi, t’as ta part d’ombre.  Et autant dire qu’une fois alcoolisé, tu n’es plus le même homme. Les limites ? Les règles ? Elles n’existent plus. Tes sacro-saintes valeurs, tu les fous dans une boite et tu les enfermes jusqu’à ce que t’aies décuvé. Tu succombes à l’appel de l’alcool quand la douleur devient trop forte, que tu peux plus la supporter seul. Tampon émotionnel à l’arrière-goût de poison. Mais quand t’as bu, ça peut être toi, le poison pour les autres.

Evidemment, au réveil, tes actions alcoolisées, elles piquent, elles blessent. Et aujourd’hui encore, tu culpabilises pour bien des choses que tu as faites à cette époque où tu buvais régulièrement. Mais si tu y vas doucement mais sûrement pour faire amende honorable et te racheter une conduite, il te tenait à cœur surtout de t’impliquer pour que le meurtre de celle que tu as aimé ne reste pas irrésolu. Adolescent, tu as cru que tu ne pourrais jamais rien faire pour faire bouger la justice. Tu étais petit, seul, impuissant… Maintenant que tu es adulte, s’il y a bien une leçon que la vie t’a apprise, c’est qu’ensemble, on est plus fort. Ensemble, on va plus loin. Ensemble, avec l’association « Justice pour Nee-chan », vous allez offrir à cette pauvre âme le repos qu’elle mérite depuis tant d’années.

On ne peut pas toujours être fort, mais on peut toujours être brave.
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Histoire

1er jour de cure • Lundi 28 Décembre 2111

C’est à peine si tu respires.
Etouffé par ta propre colère, tu as bien des difficultés à te calmer. En témoignent ces mâchoires crispées, ce genou agité, ces mains fourrées en poings au fond des poches de ton sweat. Gris, le sweat. Aussi gris que ton humeur. Tu en as rabattu la capuche d’ailleurs. Afin de cacher tes traits. Afin d’oublier cette tignasse récemment colorée de noir pour ne plus voir tes reflets rosâtres naturels ; ceux-là même qui t’écœurent aujourd’hui...

En somme, t’essayes de te faire oublier.
Avec ta carrure, pourtant, impossible de te rater.

Voilà bientôt dix minutes que tu les jauges ; ou plutôt que tu les juges. Tu t’es trouvé le poste d’observation idéal en cette table isolée que tu t’es attribuée à peine étais-tu entré. Si tu as tes habitudes dans les bars de ton quartier, celui-là, tu ne le connais pas.

Evidemment, tu as refusé de te joindre aux autres. Etant donné que tu vas devoir passer les quatre prochaines semaines enfermé avec eux, t’as pas franchement envie de passer ta dernière heure de « liberté » en leur compagnie. Et pour se dire quoi, d’abord ? En dehors de ce poison qui vous a tous menés à vous retrouver dans cette galère, vous n’avez rien en commun. Tu le vois bien ! Ou du moins, tu tentes de t’en persuader.

Parce que tous ces gens, tous ces pauvres déchets autour de toi, ils te font pitié. Non, ils te dégoûtent. Tu peux d’ailleurs constater que certains semblent encore à moitié abrutis de la dernière cuite qu’ils se sont pris. D’autres te font tout simplement peur, depuis ton arrivée à l’hôpital tout à l’heure. On dirait plus des cadavres ambulants que des êtres humains. Même la lumière au fond de leurs yeux, elle s’est éteinte.

Qu’est-ce qui m’a pris d’accepter …?
Qu’est-ce que j’fous là, putain ?!
te répètes-tu avec rage, dans l’intimité de ton âme.

Les jointures de tes doigts blanchissent sous la pression que tu leur imposes dans le secret de ta poche. Plus tu les regardes tous, plus tu es en colère. Tu n’es pas comme tous ces gens. Non, t’es pas comme eux. T’es pas aussi pitoyable. T’as rien d’aussi misérable ! C’est pas parce qu’on t’a retrouvé en coma éthylique pour la deuxième fois en dix ans que, ça y est, tu fais partie des abonnés aux cures de désintox !

Non. Pour toi, c’est la première fois.

Il y a dix ans, c’était en ambulatoire que tu t’étais sevré. De toi-même et avec les bons conseils des docteurs. Outre quelques couacs au début, tu y étais arrivé sans problème. Et tu maintiens que tu aurais pu réitérer l’exploit si Atsushi ne t’avait pas supplié de te faire soigner ainsi. Aujourd’hui, tu réalises que tu t’es simplement laissé attendrir par la détresse de ton ami. Mais maintenant que tu vois enfin tes camarades de sevrage, la donne est différente. Tu refuses d’être mis dans le même panier qu’eux. Arrêter l’alcool, ce n’est qu’une question de volonté, pas de babysitting !

Et pourtant, tu as recommencé…

Alors que tu te répètes ce mantra de rejet en boucle, les serveurs apportent à chacun leur commande. Sous l’œil bienveillant des soignants veillant au bon déroulement de cette sortie, tu réceptionnes la tienne. Whisky pur. Sans glaçon.

Mais quand tes yeux se posent dessus, quand tu aperçois ton reflet vaciller au fond du verre, quelque chose te frappe. Ce gars pitoyable, au regard épuisé, c’est pas toi. Ça peut pas être moi… Et pourtant, quand tu bouges, la silhouette bouge avec toi. Le choc est de taille, tu ne te reconnais tout simplement pas.

Depuis quand je me suis pas regardé dans la glace… ? Depuis quand je me suis pas vraiment regardé ?

Sans un mot, tu fixes ton reflet. Tu l’analyses. Et plus tu le regardes, plus ta colère est remplacée par une émotion toute autre ; une émotion que tu n’avais plus ressentie depuis des mois, que tu avais enterrée très profondément en toi. Le désespoir. Ton menton tressaille. Les narines te brûlent. Tes yeux se noient de ces larmes que tu n’as plus pleuré depuis bien longtemps. Et t’as encore plus de mal à respirer que deux minutes auparavant. Tu suffoques sous la honte et le dégoût que t’inspire cet homme dont l’image t’est bien trouble aujourd’hui, bien loin de celle que tu t’étais forgé pour devenir quelqu’un, pour être quelqu’un de bien. T’aimerais déglutir, mais t’y arrives pas. La culpabilité t’étrangle.

Car tu te souviens. Tu te remémores toutes les conneries que tu as faites ces derniers mois. Les sommes astronomiques que tu as dépensées, celles que tu as empruntées à tes proches pour pouvoir te saouler. Tu te souviens les embrouilles, le mépris, le manque de respect. Les bagarres, les injures, les provocations. Tu te rappelles l’incompréhension, la douleur, la déception dans leurs yeux…

C’est dur… Si dur de se retrouver face à la vérité.
Dire qu’il y a un an encore, t’étais parfaitement intégré dans la société.
Brisé, certes… Mais intégré.

T’avais pas compris pourquoi ils vous proposaient de boire un dernier verre pour débuter le sevrage. Comme si t’avais besoin de remuer le couteau dans la plaie ! Il parait qu’il est important, qu’il est symbolique ce verre. Et c’est vrai, il l’est. Pendant des années, tu t’es souvenu de ce dernier verre que tu t’étais offert avant de te joindre au groupe des alcooliques anonymes conseillé par ton addictologue. Vodka-orange, avec glaçons.

Tu renifles.

Comment j’ai pu en arriver là …?


{…}


Samedi 15 Août 2111 •


J'ai chaud...

Mes mouvements, chaotiques, tentent de suivre ceux des quidams les plus proches de moi. Je danse, ondoie ; j'essaie toutefois. Ça devient un peu compliqué quand on sait le nombre de verres que je me suis enfilé, mais bon. C’est pas ici qu’on jugera mon absence de talent en danse !

Autour de moi, ça pue le parfum bon marché, l'alcool fort et la transpiration. J’ai beau adorer la musique, celle-là me vrille les oreilles tant le son est poussé à l’extrême. Je ne comprends toujours pas pourquoi ils la mettent aussi fort en boite de nuit, m’enfin. Tant que les pistes s’enchainent et se déchainent, j’me plains pas. A vrai dire, j'ignore depuis combien de temps je suis là ; sûrement plusieurs heures déjà. Vu le monde qu’il y a encore dans la pièce baignée de stroboscopes, la fermeture n’est pas pour tout de suite. Et quand bien même ce serait le cas, je n’ai vraiment pas envie de partir ce soir...

Au bout d’un moment à me trémousser tel un pantin désarticulé, une gêne supplémentaire s’ajoute à cette chaleur étouffante qui colle mes vêtements sur ma peau. Ma gorge me démange, elle réclame son dû. J’ai soif… Péniblement, je déglutis, avant d’humecter mes lèvres sèches. Au changement de chanson, je me traîne jusqu'au bar. Je m’y avachis presque, interpelle le barman. Puis j’me pince les lèvres, plisse les paupières. Fait chier …! Ça m’tourne un peu quand j’arrête de danser ; j’aime pas ça. Ma tête est si lourde que je dois m’accouder au bar, la maintenir un tantinet droite en ancrant mon poing contre ma tempe. Mes yeux vides errent entre les âmes les plus proches, sans intention aucune, si ce n’est celle de tuer le temps jusqu’à ce qu’on s’occupe de moi. J’remarque alors une demoiselle plantureuse, à l’autre bout du comptoir. Elle me fait un petit signe, ce à quoi j’hausse les sourcils, désabusé. Avec ses quelques verres dans le nez, elle se croit la plus belle de la soirée mais, pour être honnête, elle est plutôt insipide. Ce n’est ni un thon, ni un canon. Si je n’avais pas été enivré, je ne l’aurais même pas regardée...

Enfin, le barman m’accorde son attention. Il acquiesce machinalement à ma commande, s’active sans un mot. C’est fou comme, en quelques semaines à squatter ce genre d’établissements, on en arrive à retenir les visages et les noms facilement… J’avais oublié combien la vie d’oiseau de nuit pouvait être mille fois plus simple que la vraie vie. Des années que je n’avais plus mis les pieds en boite et, pourtant, rien n’a changé. L’image de Take se superpose à celle de mon barman de l’époque. Tout concorde à la perfection. Ce même rictus contrarié au coin des lippes, ces regards lourds de sens... Je lui fais pitié. Inutile d’être un génie pour le deviner, sa figure crie au mépris. Et d’ordinaire, j’aurais été le premier à valider cette pensée…

Mais pas ce soir.
Non, car, pendant que d’autres agonisent de ce mal étrange qui court au Japon après l’arrêt temporaire de la machine qui régit nos vies, moi, j’ai quelque chose à fêter !
Eh, quoi ? C'est pas tous les jours qu'on se fait licencier !

J’ai appris « l’heureuse » nouvelle par courrier recommandé tout à l’heure. Et je ne réalise pas encore totalement... Car je ne comprends pas cette décision. Pour moi, c’est juste pas possible ! C’est inconcevable. Je dirais même plus : si c’est bien vrai, j’en suis écœuré.

Quatre ans. J’ai presque quatre années de bons et loyaux services dans mon immeuble au compteur. Quatre années à nettoyer la merde des gens, à déplacer leurs poubelles, à m’occuper des espaces verts, à gérer leurs courriers, à réceptionner leurs colis, à calmer les conflits, et tant d’autres choses encore que j’oublie… Après tout ce que j’ai fait pour les habitants du quartier, voilà comment je suis remercié ! Je pensais avoir été un bon concierge pendant tout ce temps, un bon ami même pour certains… Et pourtant, on me l’a mis à l’envers, comme souvent. C’est à se demander pourquoi je fais encore confiance aux gens. J’dois être particulièrement con, c’est pas possible autrement !

Mon verre arrive ; whisky avec glaçon. Je lâche un râle expansif en levant un regard atterré au plafond. Cet idiot a encore oublié de me le servir pur ! Tant pis, ça fera l’affaire. D’une traite, j’en avale les deux tiers. Une grimace hideuse froisse mes traits, comme à chaque fois que je consomme quelque chose d’aussi fort. La sensation demeure la même qu’à l’époque. Dégoût premier, soulagement éphémère ensuite. Le liquide ambré roule dans mon gosier, brûle tout ce qui passe à sa portée. Je claque le culot de mon verre contre le bois mat du comptoir en une satisfaction sonore. Quelques gouttes de mon nectar s’échappent dans le mouvement, mais qu’importe ; je suis plus à ça près. La bouffée d’air tiède que j’inspire ensuite réveille mes sens, me revivifie de l’intérieur. Je laisse l’alcool couler dans mes veines, apaiser mes muscles tendus par cette trahison.

Apparemment, certaines plaintes remontent à un moment : depuis Shukumei plus précisément. J’esquisse un rictus amer en y repensant. D’un mouvement agile du poignet, je laisse tournoyer le fond de ma boisson dans mon verre. Il est vrai que depuis que la mort a déferlé sur Tokyo, je ne suis plus tout à fait le même homme. Comme beaucoup d’entre nous, je suppose…

La catastrophe ne m’a pas épargné : elle m’a pris la seule « famille » qui me restait. Si, contrairement à d’autres, je n’ai jamais expérimenté la douceur d’un foyer étant gamin, il n’empêche qu’une des dames de mon orphelinat était comme une mère pour moi. Mais depuis, tantine est plongée dans un coma profond. Sa santé a des hauts et des bas, mais elle s’accroche. Alors, même si j’ai eu le malheur d’être un peu dans la lune et d’oublier certaines choses depuis, j’estime que ça ne vaut tout de même pas d’être relevé de mes fonctions !

Sourire désabusé.
De toute façon, j’aurais beau râler, la décision de mes (ex-)employeurs est prise et je ne peux rien y faire… Et j’ai plus la force de me battre.

Le truc, c’est que perdre mon travail ne serait pas un problème en soi s’il n’y avait pas d’autres conséquences plus dérangeantes derrière. Je crois que ça s’appelle l’effet domino, cette merde. Car, non content de perdre mon emploi, je perds également mon foyer. En concierge dévoué, je disposais d’un appartement de fonction dans le package, à côté de la loge. Aussi, on me laisse jusqu’à fin Septembre pour libérer le plancher. La bonne nouvelle dans cette histoire, c’est qu’Atsushi, mon ami de toujours, veut bien m’héberger le temps que je retombe sur mes pieds. La mauvaise… C’est qu’il est allergique aux poils de chats et que son appartement est minuscule comparé au mien. C’est plus un studio qu’un appart’ en fait. Aussi, bien que ça me broie le cœur, je vais devoir me séparer de presque toutes mes bêtes… Et ceux qui m’connaissent un peu savent que mes bêtes, c’est toute ma vie. Tout ce que j’ai. Bientôt, tout ce que j’avais

Soupir las. J’ingurgite la fin de mon verre sans sourciller lorsque la nana de tout à l’heure s’en vient me caresser le bras d’un air aventureux.

« Hey… Tu veux danser ? »

De manière aguicheuse, elle mord sa lèvre inférieure peinturlurée de rouge, tout en me reluquant de la tête aux pieds. Il semblerait que je lui plaise, même dans cet état. Dans son regard, je devine ce qu’elle attend véritablement de moi. Certains signes ne trompent pas. Alors j’me redresse, me risque à poser ma main sur sa taille pour la rapprocher de moi, plaquer son corps contre le mien. Mes lèvres cherchent son oreille, y glissent le fond de ma pensée :

« T’es sûre que c’est vraiment une danse qui t’fait rêver …? »

Elle rougit et se met à glousser comme une dinde avant de m’emmener vers le centre de la pièce bondée. Docilement, je m’y laisse tirer. Je ne lutte pas, car je sais déjà comment tout ça finira. On sera tellement bourrés qu’on aura du mal à viser les lèvres de l’autre pour s’embrasser. J’me ferais pressant, elle aussi. Et j’finirais certainement par la tringler dans les WC les plus proches, par flemme de l’emmener jusqu’au love hotel d’à côté.

Ce ne serait pas la première fois que ça arrive ces derniers mois. Et clairement, ce ne sera pas la dernière. Et parce que je suis pas du genre difficile, j’ai essayé les gars aussi. Mais si j’ai réussi à charmer quelques âmes aussi paumées que la mienne depuis, je n’ai pas pu à aller au bout... Quelque chose coince encore en moi. Je bloque. Y’a encore son visage, imprimé sur ma rétine. Les vestiges de sa voix qui résonnent dans mes oreilles. Son souvenir en somme, qui me donne envie de chialer à chaque fois que son nom émerge dans mes pensées. J’suis pas encore remis de son mensonge, de son « mariage » ni même du fait qu’il m’ait abandonné au moment où j’avais le plus besoin de lui... Dire que je commençais enfin à m’ouvrir à lui. Pff. Quand je dis que je suis particulièrement con, c’est pas des conneries. Alors, faute de réussir à l’oublier pour de bon, j’me calme avec ces dames. Ce qui n’a pas l’air de déplaire, à en juger le sourire euphorique qui redresse les commissures de mon futur coup du soir.

Ne me jugez pas, s’il vous plait.
Vous n’savez pas ce que j’ai enduré. Vous ne me connaissez pas.

La vérité, c’est que j’ai besoin de ça. De boire, de baiser. Encore et toujours plus. J’ai besoin de ressentir des choses, de vibrer… Pour essayer de surmonter la douleur qui me lacère le cœur. Pour oublier que sans ça, j’me sens vide. Désespérément vide.

En fait, l’alcool et le sexe me rappellent simplement que je suis (malheureusement) toujours en vie.


{…}


5e Jour de cure • Vendredi 1er Janvier 2112



C’est au moins la quinzième fois que tu te repositionnes sur ta chaise depuis que cette greluche raconte son histoire au groupe de parole. T’arrives pas à tenir en place. Ça te rend nerveux, ces cercles aseptisés. Ou bien est-ce le manque de ta drogue préférée qui commence sérieusement à taper ? Heureusement que, comme les autres, t’es sous cachets. Sans cela, qu’est-ce que ce serait ?

Tu feins donc d’écouter le petit discours larmoyant de ta consœur addict, mais en vérité, t’as décroché depuis longtemps. Depuis que Madame a expliqué souffrir d’ « alcoolisme mondain ». Qu’est-ce qui faut pas entendre comme conneries. Ces riches et leurs problèmes de merde... Le sien, c’était d’avoir été mariée à un homme qui n’était pas de son rang, tu comprends. Alors, honteuse de devoir le présenter en société, elle est petit à petit tombée dans l’alcool à coup de champagne, de vins et autres rosés que tu devines extrêmement onéreux, si tu en juges la tenue vestimentaire impeccable de la concernée.

L’espace d’un instant, pourtant, tu as cru que tu aurais un semblant de sympathie pour elle. Peut-être même une dose de respect. Car, sous ses airs de sainte nitouche, Madame vous a quand même expliqué être sortie dans la rue avec son mari, lors de l’événement que les médias ont relayé comme étant le Big Bang Kiss. C’est le seul moment où tu as daigné la regarder. Mais, en la voyant rougir et se tasser sur sa chaise ensuite, tu as compris avant même qu’elle ne le précise qu’elle en a terriblement honte aujourd’hui. Elle se cache derrière le fait que son mari désirait faire partie des Incontrôlables à l’époque et qu’il suivait toutes leurs « bêtises ». Elle, elle se contentait de suivre car il ne voulait rien entendre. Evidemment, elle a été soulagée que le mouvement soit dissout.

A ces mots, tu lâches un soupir sonore qui fait se retourner quelques paires d’yeux dans ta direction. Mais tu n’en as que faire. Si tu ne clames pas sur tous les toits ton soutien secret aux anciens membres des Incontrôlables ainsi que toute ta compréhension aux époux devenus volages lorsque les moniteurs ont été éteints par le saint état japonais, tu n’en demeures pas moins admiratif de ces gens qui osent transgresser la loi par conviction politique. Mais de là à affirmer que tu aurais fait de même, c’est une autre histoire. Tu ne sais pas comment tu réagirais si demain tu te retrouvais marié. Mal, certainement. Mais mal à quel point, ça, c’est un mystère encore irrésolu à ce jour. Et quand tu vois le déchet humain que tu es devenu ces derniers mois, franchement, tu ne souhaites à personne de recevoir une lettre avec ton nom inscrit dessus. Tu serais loin d’être un cadeau…

Tes yeux s’attardent donc sur les guirlandes de Noël premier prix installées ici et là dans la pièce et dans tout le service pour « égayer » l’endroit. Il va sans dire que personne parmi vous ne voudrait être ici à cette période de l’année. Hélas, c’est aussi une période particulièrement prolifique pour la consommation d’alcool. Alors, certains centres de désintoxication comme le vôtre ne ferment pas leurs portes, même lors des fêtes.

Il n’empêche que, les bras croisés sur ton buste, tu ne sais pas ce qui te retient de rire jaune à son petit récit princier. T’aimerais bien lui apprendre la vie, à cette nana. Toi, tu sais c’que c’est que d’avoir une vie de merde. T’as pas choisi de devenir alcoolique. C’est la vie qui t’a fait un gros fuck dès la naissance et qui n’a cessé de te planter coup après coup dans le dos au fur et à mesure des années, jusqu’à ce que tu finisses par t’écrouler.

Le premier coup fut un choc, d’une violence inouïe.
Un choc duquel personne ne saurait revenir indemne…

« Mikami-san ? »

Tes yeux se relèvent vers le soignant qui dirige la séance. Il semblerait que miss « ma vie de gosse de riche est trop nulle snif-snif ouin-ouin » ait fini de pleurer sur son sort. L’homme t’offre alors un sourire bienveillant, t’encourageant à t’ouvrir cette fois ; ce que tu n’as pas vraiment fait jusque-là. Malheureusement pour lui, son rictus ne saurait effacer la blouse blanche dont il est vêtu.

« Vous avez envie de nous raconter votre histoire ? »
« Non. Je passe mon tour. »

L’homme se pince les lèvres. Outre décliner ton identité et affirmer que tu es alcoolique, tu n’as rien dit de plus à ce jour. Tu demeures l’un des derniers à ne rien avoir osé dire sur toi jusqu’alors. Faut dire que tu n’es pas à l’aise dans ces séances. Tu préférais mille fois ton groupe de parole aux alcooliques anonymes. C’était plus chaleureux, moins austère et culpabilisant.

Alors, tu me tais.


{…}


Vendredi 18 Décembre 2111 •


La porte de l’appartement claque. Elle me tire des limbes de mon sommeil réparateur. J’en grogne avant d’enfoncer un peu plus ma face dans le moelleux des oreillers sans me préoccuper d’Atsushi qui se déchausse dans l’entrée. J’entends Cookie lui faire la fête, mais ça ne dure pas. Car, une fois mon chien calmé, mon ami me rejoint dans ma chambre au salon. Je crois qu’il soupire, mais je l’entends à peine. Faut dire qu’avec ce putain de marteau-piqueur qui essaye de percer des trous dans mon crâne, c’est chaud d’entendre pleinement ce qu’il se passe autour de moi. Pourtant, ma caboche tourne dans sa direction. Je tente même d’ouvrir un œil, mais il se referme aussitôt. Les yeux me brûlent encore. J’ai tout juste eu le temps de constater que mon cimetière de bières vides ne s’est pas miraculeusement téléporté à la poubelle depuis hier soir. Dommage, j’suis pas en état de les y aider, là.

Cela dit, Atsushi ne semble pas décidé à me laisser me reposer ce soir. Il me frappe même mollement le pied. Je râle, mais ne bouge pas plus.

« Shô… T’as vu l’heure ? » Je grommelle un truc incompréhensible. « Je suppose que tu n’as pas cherché de boulot aujourd’hui non plus... ? »

Non, en effet. Je n’ai pas cherché de boulot aujourd’hui. Ni hier. Ni depuis que je vis chez lui avec mon brave Cookie d’ailleurs. La pilule de mon licenciement a encore du mal à passer. Cependant, ça, Atsushi n’en a cure. A sa voix, je comprends bien qu’il commence à s’agacer.

« Dis voir, tu comptes passer ta vie sur mon canapé maintenant ? »
« C'est pas ma faute... Tes coussins m'ont accepté comme l'un des leurs, je voudrais pas les décevoir... »

Ma touche d’humour semble ne faire rire que moi.

« Et tu trouves ça drôle en plus ! » gronde-t-il.

Bon, puisqu’il le faut… Je me redresse et contrains mes iris à s’adapter à la lueur du jour. Je fronce ensuite les sourcils sur la silhouette gracile du blond.

« Ouais… Parce que j’en ai assez de pleurer, tu vois. »

Les traits du décoloré perdent de leur animosité, se parant d’abord de surprise, puis de pitié. La suite, je ne veux pas la voir. Ma tête replonge donc aussi sec dans les coussins. Je ferme les yeux aussi fort que je peux pour effacer de ma mémoire cette expression sur ses traits.

J’arrive pas à chercher un autre travail… Le dernier était certes ingrat, mais c’est là-bas que ce sont joués certains de mes meilleurs souvenirs. J’étais heureux comme concierge, vraiment… Et tout comme mon prédécesseur, j’aurais bien voulu occuper cette place jusqu’à l’heure de ma retraite. Je sais pertinemment que ce n’est pas tant mon étourderie de ces dernières années qui est en cause dans mon renvoi. Ce genre de choses, ça arrive à tout le monde. Non… C’est ma consommation d’alcool a précipité ma chute. Je le sais bien au fond… J’suis pas si con. Mais je suis encore trop aveuglé par la colère pour l’admettre. Ça fait des mois maintenant que j’en veux à la Terre entière.

Et à une personne en particulier…
Une personne qui, sans le savoir, a provoqué ma rechute après neuf ans, un mois et vingt et un jours d’abstinence.
Autant dire que j’ai des raisons d’avoir du mal à digérer tout ça.

Au bout du canapé, un soupir se fait entendre mais je ne bronche pas. Les pas d’Atsushi semblent alors s’éloigner de moi. Mais si je pensais qu’il irait se récurer le corps méticuleusement comme à ses habitudes quand il rentre, il a l’air de changer d’avis ce soir. La première pique fuse.

« Nagisa serait déçue si elle te voyait dans cet état, Shô. »

Le ton est sec, mais dépité. Je sais ce qu’il essaye de faire. Atsu, c’est ce genre de pote qui te donne une tape à l’arrière de la tête quand tu fais une connerie, qui te fait la morale si tu vois pas la merde dans laquelle tu te fourres. J’le sais bien. J’y ai droit régulièrement depuis qu’on vit ensemble. Mais si d’ordinaire, ses attaques parviennent à me réveiller, ces derniers temps, ça ne me fait plus grand-chose… A dire vrai, j’sais pas si y’a encore quoi que ce soit qui pourrait vraiment m’émouvoir aujourd’hui de toute manière. Je serre alors les dents, marmonnant dans mon oreiller assez fort pour qu’il puisse l’entendre :

« Nee-chan est morte, Atsu. Ça fait douze ans maintenant. » Je déglutis, grognant un peu plus fort : « Je pense qu’elle a d’autres chats à fouetter là où elle est. »

Il m’en a fallu des années pour parvenir à parler d’elle à quelqu’un d’autre qu’à mon psy. Mais si, par le passé, évoquer son souvenir me rendait terriblement triste, aujourd’hui, je suis juste lasse. Lasse de ne pas réussir à dormir, de peur de revoir en songes son regard inanimé…

Aujourd’hui encore, la scène me revient parfois ; comme si elle avait eu lieu la veille. Je sens encore le sang s’échapper de son corps et me glisser entre les doigts à mesure que je tente les manœuvres pour la réanimer avant l’arrivée des secours. J’entends encore ce pompier m’annoncer, après quelques chuchotis du médecin, qu’elle ne va pas se réveiller.

Le cri glaçant de tantine, en comprenant qu’elle a perdu sa fille unique dans des conditions atroces, me réveille encore la nuit...

J’en peux plus d’entendre Nee-chan me murmurer à l’oreille de ne pas l’oublier…
J’en peux plus de me torturer l’esprit pour savoir ce que j’aurais pu faire de plus.
Je suis épuisé, meurtri par le poids de la culpabilité. Cette femme, que j’aimais de tout mon être durant mes jeunes années, je n’ai pas pu la sauver. Je n’ai pas pu la protéger.

Sans compter que, la solution à cette énigme, ce n’est pas à moi de la trouver.
C’est à la justice.
Mais force est de constater qu’elle faillit à son rôle... Encore.

Le silence d’Atsushi s’étire tant qu’à un moment, je crois qu’il est parti. Je commençais même de nouveau à m’assoupir lorsqu’il reprend la parole. Ou plutôt, qu’il prononce ces mots qu’il n’aurait jamais dû dire :

« En fait, j’crois que je comprends Daiki finalement. » Son nom résonne froidement entre mes tempes. J’en retiens ma respiration par automatisme, soufflé par mon cœur qui déraille en repensant à lui, encore. Mes iris retrouvent la lueur du jour, ne se souciant pas de l’agression visuelle que je me tape. « Quand on voit l’état dans lequel tu es aujourd’hui, il a eu raison de pas revenir. »

Ses mots étaient de trop.

Mu par une force que je n’avais pas conscience d’avoir encore, je me redresse subitement vers lui. Mon corps bouge tout seul. La scène se passe très vite. J’ai à peine le temps de le voir adossé nonchalamment au mur d’en face que ma dextre s’empare de la première bouteille vide qui lui passe sous la main. La seconde d’après, je l’envoie de toutes mes forces en direction de mon plus fidèle ami ; peut-être même du tout dernier qu’il me reste. Il a de la chance que je vise mal quand je décuve ; et que les bouteilles de verre soient moins aérodynamiques que les balles de baseball.

Néanmoins, le projectile ne passe pas loin.

Les yeux du blond s’écarquillent sous la surprise de ce qu’il vient de provoquer. La seconde qui suit, la bouteille s’éclate contre le placo, à un bon trente centimètres de sa tête. Un cri d’effroi fuse dans l’air, se mêlant aux jappements paniqués de mon chien. Mais je n’entends rien. Les jambes d’Atsushi cèdent, ses mains entourant maladroitement les contours de son visage dans l’espoir vain de le protéger d’une nouvelle bouteille. Mais je n’en ai rien à faire. Je suis trop occupé à l’assassiner du regard. Qu’il ressorte le souvenir de Nee-chan pour me bousculer, c’est de bonne guerre. Mais qu’il évoque celui de mon ex… ça, ça ne passe pas.

« Ose me répéter ça dans les yeux, pour voir ! »

Il couine, repousse son corps contre le mur. S’il pouvait rentrer dedans pour s’y cacher, il le ferait. Je tente de poser un pied au sol, ne me risquant finalement pas à poser le second en voyant comme je tangue déjà. Tant pis, je me contenterais de lui gueuler dessus à distance :

« Ose me dire que j’étais pas à la hauteur, que j’ai pas tout fait pour lui ! » Une paume décidée se plaque contre mon buste. « Dois-je te rappeler que c’est LUI qui m’a abandonné ? Que c’est LUI qui m’a menti ? Que c’est LUI qui n’est pas revenu vers moi après son mariage express ?! J’ai peut-être beaucoup de torts, Atsu, mais certainement pas celui de ne pas avoir tout fait pour Daiki ! Et regarde le résultat ! »

J’éructe, désignant l’environnement dégradé dans lequel je vis de mes mains puissantes.

C’est à cause de lui tout ça.
A cause de ses mensonges que j’ai pété un câble.
A cause de ce cœur, qu’il a brisé sans remords, que je me suis remis à boire.
Et à cause de lui donc, si j’ai perdu mon boulot, si j’ai dû rendre mon appart, si j’ai dû trouver des familles d’accueil pour mes chats, mon lapin, mon hamster et mon poisson clown !
A cause de lui que… Je me retrouve plus seul que jamais.


Alors, non... Qu’on me parle pas de lui.

Mais… Est-ce vraiment lui l’égoïste de cette histoire ?

Essoufflé par toutes ces émotions, je me contente d’envoyer toutes mes mauvaises ondes vers Atsu, le fusillant du regard. Les secondes, les minutes passent… Jusqu’à ce qu’une drôle d’odeur me pique les narines. Attends… C’est moi ou ça pue la pisse ? Je cille, avisant en un premier temps mon berger australien, aplati sur son coussin comme un pauvre malheureux. Il me regarde avec des yeux de cocker, comme s’il espérait m’attendrir ainsi. L’espace d’un instant, je me détends un peu. Mais l’odeur continue de me monter au nez. C’est dégoûtant.

Ce n’est qu’à la seconde qui suit que je comprends que si ce n’est pas mon chien qui a dégueulassé le tapis, alors c’est… Mes orbes nuageuses reviennent vers Atsushi. Il n’a pas bougé, à ceci près qu’il tremble comme une feuille. Son visage ruissèle de larmes et ne s’arrête pas de fondre. Quant à son pantalon… Est littéralement trempé. C’est à cette vision, en voyant la bouteille répandue à ses pieds en de multiples petits morceaux que mes neurones se remettent subitement à fonctionner. Oh putain. J’suis vraiment le roi des connards !

« Atsu… » tenté-je en forçant pour me tenir sur mes pieds.
« M’approche pas ! »

Je me fige. Sa voix craque sous le poids des souvenirs, ceux-là même qui me reviennent en mémoire un à un. Les bleus sur son corps. L’isolement. Le soulagement dans ses yeux lors de l’incinération de son mari… ça lui a pris des mois pour me livrer tous les sévices que cet homme lui avait faits. Et moi, moi, sombre crétin, je viens de balancer une bouteille en verre à la gueule d’un ex-homme battu. J’ai envie de vomir.

Par je ne sais quel miracle, Atsu parvient à se redresser sur ses jambes flageolantes. Arquées vers l’intérieur comme pour cacher qu’il s’est oublié, il titube en arrière en direction de la porte d’entrée. J’avance, tendant des mains penaudes dans sa direction. Mais il ne me regarde plus, il n’ose plus faire face à mes yeux.

« Atsu, attends… »
« J-J’vais dormir ailleurs ce soir ! » bredouille-t-il d’une voix cassée par l’angoisse.
« Quoi ? Non ! Attends ! C’est moi qui me casse, je- »

Je n’ai pas le temps de lui présenter mes excuses que la porte me claque au nez. Il est parti si vite qu’il n’a même pas retiré ses chaussons… Un instant, je reste là comme un con, à regarder cette porte qui me fait l’effet d’une gifle. Cookie couine dans mon dos, soucieux de me voir ainsi statufié. Mon poing atterrit dans le placo, histoire de passer ma frustration. Tant pis si je le ruine un peu plus.

« Et merde… »


{…}


10e Jour de cure • Mercredi 6 Janvier 2112


Les yeux posés sur les billes d’acier qui s’entrechoquent en rythme sur le bureau du psychiatre depuis que la séance a commencé, tu gardes le silence. T’as l’impression d’être pris au piège dans cette pièce. L’homme d’âge mûr a beau l’avoir agrémenté de sorte à rendre son bureau accueillant, toi, t’as juste envie de fuir. T’as beau avoir vu des psys depuis des années pour traiter ta dépression et tes insomnies, face à lui, tu es complètement fermé. Alors tu t’occupes l’esprit, tes yeux se concentrant tantôt sur ces billes, sur la pendule accrochée au mur ou sur le tapotis du crayon du professionnel qui te fait face sur le papier. Mais en aucun cas tu ne relèves le nez vers l’individu en question. C’est comme ça à chaque fois que tu le vois depuis que tu es ici. Tu n’arrives pas à t’ouvrir ou à parler. Tu n’en as pas envie.

Et quand bien même tu le ferais, tu n’as pas l’impression de mériter qu’on se penche sur ton cas.
Pas après tout ce que tu as fait subir à tes proches ces derniers mois…
Pis, si on pouvait m’aider, depuis le temps, ça se saurait…

Un soupir sonore fuite.

« Mikami-san. Plus longtemps vous mettrez à me parler de ce qui vous tracasse vraiment et plus longtemps vous mettrez à avancer sur le chemin de la guérison… Vous le savez, n’est-ce-pas ? Si vous ne me parlez pas, si vous ne parlez pas lors de vos groupes de parole, vous ne réussirez pas cette cure. »

Je plante des pupilles éteintes sur lui. J’hausse une épaule ; faiblement.

« … Peut-être que je suis incurable. »
« C’est ce que vous pensez ? » risque-t-il, croyant visiblement avoir ouvert une brèche dans ma carapace.
« Peut-être… »
« Dites m’en plus. »

Je me pince les lèvres. Mes yeux se redressent vers la pendule.
Plus que dix minutes…


{…}


Samedi 19 Décembre 2111 •


J’entends des bruits au loin.
Des « bips ».
Une succession de « bips », qui s’enchainent à une fréquence constante ou presque. Et puisque ce son entêtant, dérangeant, ne s’arrête pas au fil du temps, il finit par me tirer petit à petit de ce sommeil profond dans lequel je m’étais enterré…

Je déglutis, difficilement. Ma bouche est sèche, complètement déshydratée. C’est l’inconvénient de boire autant. Mais cette fois, j’y découvre un goût atroce. Comme si j’avais vomi mes tripes avant de m’endormir. Est-ce que c’est le cas ?

Je sais pas… Je sais pas.
J’arrive pas à réfléchir. J’ai l’impression d’être… Drogué, ouais. Un truc comme ça.

Ma tête roule mollement sur l’oreiller. Je prends conscience qu’elle est surélevée, que mon buste est relevé, que mon corps ne peut donc pas reposer sur le moelleux du canapé d’Atsushi comme ce fut le cas ces derniers mois. Je ne reconnais ni la douceur des coussins, ni la chaleur que me procuraient ses plaids. Au contraire, je crois même que j’ai un peu froid avec ce frêle drap qui repose sur ma silhouette groggy. Un frisson me parcourt. J’en grimace.

J’essaye de lâcher un profond soupir du nez, mais il m’est renvoyé à la gueule sans sommation. J’en gémis de mécontentement. Je réalise alors qu’il y a quelque chose sur mon nez qui m’envoie de l’air dans les narines. Une sorte de tube semble reposer sur mes oreilles avant de se réunir sous mon menton en une seule est même entité. Et quand j’essaye mollement de lever la main pour l’enlever, que je réalise qu’il y a quelque chose de rentré dans mon bras gauche. Quelque chose pince mon bras et mon index droit aussi.

Je crois que je commence à comprendre où je suis. J’ai comme une amère sensation de déjà-vu. J’ai beau être encore assommé par la quantité d’alcool ingurgitée – qu’on a certainement fait retomber chimiquement pour m’empêcher de quitter trop tôt le monde des vivants –, je comprends.

« Shô… »

La voix s’Atsushi est brisée. Putain, je l’ai encore fait pleurer… Mes paupières sont si lourdes que je peine à les lever, que j’ai toutes les difficultés du monde à les garder ouvertes aussi. Encore plus à forcer sur mes pupilles pour distinguer mon environnement. J’me sens si lourd… C’est comme si mon corps tout entier était lesté par des poids invisibles. Comme si chaque partie de mon corps devait lutter pour se réveiller. Le souvenir de la silhouette de mon ami s’échappant de chez lui, terrifié, me revient à l’esprit. J’avale encore cette salive que je n’arrive pas à produire quand mes yeux parviennent enfin à tenir assez le choc pour le voir me tenir la main. Il m’empêche de retirer tous ces câbles reliés à mon corps. Mais cette vision de lui, avachi à mon chevet aux urgences, me déchire le cœur après ce que je lui ai fait. Un instant, je reste sous le choc. Atsushi… a pris un sacré coup de vieux. Ses larmes semblent avoir laissé des traces indélébiles sur son visage. Il n’est plus ce jeune homme qui attendait aux côtés de Kô et tantine que je me réveille dix ans plus tôt… Maintenant, il n’y a plus que lui. Et, bien que je me sente aussi sec qu’un pruneau, l’eau me monte aux yeux.

« Je suis… Tellement désolé. »

Désolé de t’avoir fait pleurer.
Désolé de t’avoir fait peur.
Désolé d’avoir été un tel poids pour toi ces derniers mois…
Désolé… D’exister.


« Chhh. » m’intime-t-il en reniflant, ses paumes enserrant tendrement la mienne, comme si je risquais de m’évaporer s’il serrait trop fort. « Laisse tomber. C’est pas grave. »
« Si, ça l’est. » Il se pince les lèvres. Je resserre mes doigts sur sa main. « Ça l’est. »
« … »

Il ramène ses mains vers lui, attirant le dos de ma main sous son menton. Ses iris dévastées par la vie s’implantent profondément dans mes yeux.

« … Faut qu’tu te fasses soigner, Shô. Tu le sais, pas vrai ? » Je lâche un sanglot. « Faut qu’t’arrêtes de te faire du mal comme ça. » Les poids dans mon bras droit cèdent pour mieux me laisser cacher mon visage honteux au creux de ma main. Atsushi resserre sa poigne sur l’autre. « J’veux pas… J’veux pas te perdre, crétin. Ta vie vaut la peine. Tu vaux la peine. Et ceux qui pensent le contraire, tu les emmerdes. Laisse pas la dépression gagner, putain. La laisse pas gagner… T’es plus fort que ça ! »

J’en suis pas si sûr, Atsu…
J’en suis pas si sûr.



{…}


13e jour de cure • Samedi 9 Janvier 2112


Atsushi était bien pâle lorsqu’il est arrivé pour te rendre visite. Ses yeux étaient tous bouffis, comme s’il venait de pleurer mais s’en était caché. Il t’a dit que la raison de son tourment résidait en cette lettre qu’un « ami » t’avait rédigé, puisqu’il en a reçu une lui-même. Néanmoins, désireux de profiter de la présence d’Atsushi et bien décidé à lui changer les idées comme à tes habitudes, tu as mis cette missive de côté. Tu étais curieux de son contenu, bien sûr, mais le bien-être de ton ami est plus important qu’un vulgaire courrier. C’est toujours comme ça quand tu es sobre : les autres passent avant toi. Hélas, ça n’a pas franchement marché cette fois. D’une part car, vu l’environnement, vous étiez tous les deux tendus. Et d’autre part, puisqu’il ne parlait pas beaucoup. T’as bien vu que ça le contrariait, que tu ne lises pas cette lettre devant lui. Mais t’avais pas envie de la lire en sa présence. Si c’était pour apprendre une énième mauvaise nouvelle, tu préférais encore que cela reste entre toi et toi.

C’est ainsi qu’Atsushi parti, tu as décidé de t’isoler dans la chambre pour lire ce courrier. Mais cette écriture, tu l’as reconnue tout de suite. Et bien que tu n’aies plus vu le concerné depuis deux ans maintenant, tes yeux ont plongé sur sa lettre.


Hey Shô,

Ça fait longtemps, pas vrai ? Ouais… Faut dire que t’avais été assez clair la dernière fois qu’on s’est vus, quant au fait que tu voulais plus revoir ma tronche.

Je t’écris ces mots dans l’éventualité qu’un jour, tu chercherais à me recontacter. J’y crois pas trop, mais on sait jamais… Il se peut que ce jour-là, tu apprennes que je suis mort... Et peut-être que ce sera le cas. Mais pour l’instant, c’est surtout l’ATAI qui l’dit. Alors voilà : surprise, je suis mort ! Il m’a pas fallu longtemps pour comprendre ce qu’il se passait, avec toutes ces rumeurs de puces défectueuses.

On me le reprochera sûrement, mais j’y vois là ma chance… Celle d’effacer l’ardoise de ma vie, d’en débuter une nouvelle. Loin d’ici. Là où j’existe pas « administrativement ». Pour personne.

Alors, voilà. Je pars, Shô. On ne se reverra pas. Ou, si on finit par se recroiser un jour, ce sera parce que la milice m’aura rattrapé avant que je ne meure vraiment. M’enfin, vu que tu peux plus m’voir en peinture, je doute que ce jour arrive. Mais tu m’connais. J’suis un peu bête sur les bords…

Bref.
Quand tu liras ces mots, c’est qu’Atsu aura lu sa propre lettre.
Et je t’écris pas pour ça à la base.
Je t’écris surtout ces mots pour te dire que… Tu m’as déçu, Shôji. Profondément déçu. Atsu m’a dit pour ton coma éthylique. Sérieusement ? Ça t’a pas suffi que j’te ramasse à la petite cuillère la première fois ? Ça t’a pas suffi de trimer des années durant pour te sortir de l’alcoolisme ? Fallait que tu replonges, vraiment ?! Et tout ça pour quoi ? A cause d’un mec ?! J’ai pas les mots. J’sais pas quoi dire…

C’est pas toi, ça. C’est pas le mec dont je suis tombé amoureux quand j’étais ado... Bah quoi ? Bien sûr que j’étais amoureux de toi. J’voyais que toi. Mais toi, tu m’as jamais vu. Y’avait toujours un problème, ou quelqu’un d’autre. Sans compter mes propres soucis qui, je l’espère, s’envoleront dès que j’aurais quitté le Japon.

Mais tu veux que j’te dise un truc ? J’avais beau le détester du plus profond de mon être, ton gars… Je l’enviais. Parce qu’il avait réussi à toucher ton cœur là où, moi, c’était seulement ton corps que j’avais réussi à atteindre pendant toutes ces années… J’préférais encore te savoir avec lui que tout seul. Parce que tu rayonnais avec lui, Shô. J’t’avais plus vu sourire comme ça depuis des années… Et c’que t’es beau, quand tu souris, purée... Quand tu souris, j’oublie que j’ai des problèmes moi aussi. Les choses paraissent plus simples. C’était comme si, à lui tout seul, Daiki parvenait à soigner tes démons, à les apaiser, là où Atsu et moi, on avait jamais su t’aider. Alors ouais, si c’était pour te voir aussi heureux, j’étais prêt à te laisser avec lui. C’est comme ça, quand on aime quelqu’un, pas vrai ? On veut que son bonheur.

C’était Daiki, ton bonheur… Pas moi.

Enfin, tout ça pour dire que je suis désolé de t’avoir volé ce baiser sous ses yeux après Shukumei. J’avais mes propres problèmes et j’avais eu terriblement peur de te perdre… Alors j’ai pas réfléchi. Et j’l’avais même pas vu en plus… Pourtant, jamais je m’excuserais de t’avoir aimé. Et tu m’empêcheras pas de croire que ta rupture avec lui n’est pas de mon fait. Pardon Shô, mais je refuse de porter ce chapeau. Celui qui a torpillé ta relation, ce n’est pas moi, c’est toi. T’as beau avoir la haine contre moi, j’te connais bien, Shôji. Alors j’vais te poser une question. Une toute petite question :

Tu lui as dit que tu l’aimais, Daiki ?

T’en fais c’que tu veux. J’me trompe peut-être, mais j’en doute. J’te connais depuis assez longtemps pour connaitre la réponse. Et il serait temps que t’ouvres les yeux, toi aussi, sur ta putain d’incapacité à t’ouvrir émotionnellement aux autres ! Arrête de faire semblant et vis, bon sang !!

Enfin bref. J’crois que j’en ai fini.

Libre à toi de déchirer cette lettre, de la brûler, de la jeter sans même la regarder. Peu m’importe… Moi, j’ai dit ce que j’avais à dire. J’ai l’esprit tranquille.

Je te souhaite de pouvoir en dire autant un jour.
Ça te prendra sûrement du temps… Mais j’te connais. T’en es capable, Shô.
Tu l’as déjà prouvé une fois. Tu peux recommencer.
Mais pour ça, faut que tu le veuilles vraiment.

Prouve-moi que j’ai eu raison de te sauver la vie y’a dix ans. Crétin !

Kô.



Tes doigts tremblent tant sur la feuille qu’elle semble passée en mode vibreur. Des larmes parsèment déjà la page de cercles concentriques qui gondolent le papier. Mais ce sont pas les miennes… Cependant, l’émotion est si forte que ton visage plonge sans crier gare au creux de la lettre. Et là, les vannes s’ouvrent. Celle de tes larmes, de tes regrets et de ta peine.

Parce que Kô a raison.
Il a toujours raison, ce petit con…


{…}


15e jour de cure • Lundi 11 Janvier 2112


Au terme d’énièmes minutes de silence au cours de notre nouveau rendez-vous, mon psy semble commencer à perdre patience. Il retire ses lunettes, se masse l’arête du nez d’un air contrarié. Mais il n’est pas le seul à l’être. En ce moment, je suis aussi sensible qu’une bombe : prêt à exploser ! Or, je crois bien que c’est cette mise en garde du professionnel qui achève de m’armer :

« Bon, Mikami-kun. Je suis désolé mais… Si vous ne voulez pas parler, je ne peux rien faire pour vous. Quand vous vous êtes engagé dans cette cure, vous vous êtes engagé en votre âme et conscience. Personne ne vous y a forcé. Mais si c’est le cas, parfait ! On arrête les frais ! Vous ne seriez pas le premier patient à changer d’avis en réalisant qu’il a été poussé à venir ici par ses proches. Ce n’est pas grave. Vous reviendrez nous voir quand vous serez vraiment décidé à vous soigner ! Il vous suffit d’un mot et je vois avec mes collègues pour vous faire sortir ! »
« Vous voulez savoir ce que je pense vraiment ?! » finis-je par lâcher, tapant du poing sur son joli bureau en bois massif.

Le grisonnant hausse les sourcils, surpris par ce soudain regain d’énergie. La faute à cette lettre, cachée au fond des poches de mon sweat. L’homme se reprend toutefois, armant son crayon pour prendre des notes.

« Oui. »
« J’pense que je suis une erreur de la nature, voilà c’que je pense ! » Ma voix craque. Je serre les dents, priant pour contenir le torrent de larmes que je sens déjà affluer entre mes paupières. Ma gorge commence à me faire mal, mais faut que ça sorte : « J'aurais jamais dû voir le jour ! On m'a pas aimé quand j'étais tout petit, moi ! A l'intérieur, y'a un vide énorme à combler. Un vide qui ne sera sûrement jamais rempli en toute une vie ! »

Je serre le poing et le renvoie aussi sec contre mon buste, m’assénant un coup sans douceur. Ma respiration s’accentue mais lui, il prend des notes, hochant la tête en silence.

En trois mots : je culpabilise d’être né.
Je donne le change, j’essaye d’aller de l’avant. Tout le temps. Mais au fond, j’ai juste envie de crever tellement j’me sens différent de toutes les personnes que je connais...

« Quand on m'aime, je vais mieux, mais quand il est question de démontrer le mien d'amour, j'ai peur !! J'sais pas comment faire. J'ai jamais su comment faire… On m’a jamais appris comment faire ça… Alors j’ai jamais l'impression de bien faire avec les autres, jamais l’impression d’être à la hauteur de l’amour qu’on peut me porter… Et ça me bouffe ! »

Les larmes commencent à rouler d’elles-mêmes. Le visage de Daiki passe devant mes yeux. J’ai beau lui en avoir voulu pour son manque de confiance, dans le fond, si j’avais été plus démonstratif dans notre couple, il serait pas allé voir ailleurs. Si je lui avais dit « je t’aime », peut-être qu’il serait revenu, une fois son divorce prononcé… Il m’a tant donné et moi, moi… J’ai profité de lui. J’suis horrible…
Ma voix flanche.

« Comment… Comment un gamin qu'on n'a pas aimé est capable de briser le cœur du mec qu'il a le plus aimé ? J’suis un connard égoïste, je fais que briser tout autour de moi ! Tout ce que je touche, tout ce à quoi je m'attache... Alors, à quoi bon ?! A quoi bon… ? »

Ma voix finit par s’éteindre d’elle-même sous le poids de tout ce qui doit sortir. Après mes confidences, c’est un silence qui plane dans la pièce, simplement perturbé par les sifflements de mon nez qui peine à me laisser respirer en paix. J’me passe les mains sur les joues, essayant de chasser ces larmes de crocodile. J’suis pas celui le plus à plaindre dans l’histoire. C’est pas parce que j’ai eu la vie dure que j’dois la rendre dure aux autres…

Toujours est-il que l’homme finit par lâcher son crayon et planter des iris compatissantes sur moi. Il attend toutefois que je relève des yeux piteux vers lui pour m’offrir un sourire d’une douceur infinie.

« Vous savez, Mikami-san... Si quelque chose est cassé, vous n’avez qu’à le réparer. »

Je souffle un rire dépité, épongeant le reste de mon chagrin avec le bout des manches de mon sweat.

« Certaines choses ne se réparent pas, docteur. »
« Vous avez essayé de réparer ces choses …? Ou vous avez peur d’essayer ? »

Cette petite phrase me laisse sans voix. Je relève des yeux stupéfaits vers lui. Son rictus s’étire un peu plus. On dirait qu’il est fier de son petit effet. Un silence de quelques secondes s’étire, avant que je ne baisse la tête vers mes baskets.

« ... Il est trop tard. »
« Vous êtes en vie, Mikami-san. Et tant que vous êtes en vie, il n'est jamais trop tard. »

— Just Married —

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Histoire
De nos jours… •



« Je suis rentré ! »
« Bon retour ! » m’exclamé-je, sans toutefois cesser mon activité.
« Oh ? Qu’est-ce que tu fais ? »

Atsushi me rejoint. Accroupi face à l’un des murs du salon, je redresse le nez vers lui. Mes lippes s’étirent ensuite en un sourire franc tandis que j’annonce, brandissant ma spatule en direction du mur :

« Ce que j’aurais dû faire depuis longtemps… »

Et sur ces bonnes paroles, je me reconcentre sur ma tâche, étalant soigneusement l’enduit dans les deux trous que j’avais faits à l’époque. Je m’applique, veillant à ne pas en mettre trop en raclant soigneusement la surface de placo. Ça faisait bien longtemps que je n’avais pas mis mes compétences au service des autres et je dois bien avouer que ça me fait du bien. C’était vraiment une bonne idée de proposer mes services sur ce site d’entraide il y a quelques mois. Non seulement ça m’occupe, ça me fait me sentir utile et en plus, ça me permet d’arrondir les fins de mois. Faut bien que je trouve le moyen de rembourser Atsushi pour toutes ces sommes d’argent que je lui ai soutirées pour aller « m’amuser » en 2111...

Ouais, il était temps que je me ressaisisse.

Bien que cette cure de désintox fût on ne peut plus difficile à vivre, elle m’a surtout été très bénéfique. Ça m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. En particulier sur le fait que je peux me relever, que je peux me sortir de l’alcoolisme : il suffit que je m’adresse aux bonnes personnes, aux bons professionnels, quand j’ai un coup de mou pour pouvoir aller mieux. Aussi, je suis assidûment ma thérapie et les rencontres de mon groupe de paroles aux AA maintenant. Je ne les lâcherais plus. J’ai bien pris conscience qu’en laissant ma santé mentale dépérir, ça peut non seulement avoir des conséquences désastreuses sur ma vie, mais aussi sur tout ceux qui m’entourent… Et ça, je ne le veux plus.

Puis, il avait pas tort, le psy. Beaucoup de choses peuvent être réparées pour un peu qu’on y mette du sien. Et la première chose que j’ai faite pour avancer sur ce point, c’était de demander pardon. Pardon à Atsu. Pardon à tantine aussi qui, durant ma cure, a fini par sortir du coma pour mon plus grand bonheur et celui de sa famille ! Et, puisque je ne pourrais sûrement jamais m’excuser auprès de Kô pour tout le mal que je lui ai fait, je me suis appliqué à le faire auprès d’autres personnes que j’ai pu blesser durant mes heures sombres. Pas tout le monde, je n’en ai pas encore le courage... Ce genre de choses prend du temps. Mais je sais que les choses vont finir par se faire.

Après ça, j’ai donc ressenti le besoin de me rendre utile. Ce que j’ai à moitié réussi à faire, disons. On peut pas dire qu’avec le taff que j’ai décroché dans ce love hotel miteux que je vais pouvoir retrouver mon indépendance. Sans Atsu, c’est sûr, Cookie et moi serions à la rue. Donner un coup de main aux autres pour arrondir ses fins de mois, c’est bien, mais ça fait pas vivre un homme. Les cautions sont chères à Tokyo, les propriétaires frileux quand on n’a pas de job stable comme moi. Et puisque certains de mes anciens employeurs m’ont fait une jolie réputation dans le coin, toutes mes tentatives pour retrouver un poste de concierge sont restées infructueuses… Mais je ne baisse pas les bras. Je trouverais !

Puis, finalement, j’ai recommencé à sortir. Pas en boîte, ça non ! A moins que je ne dégote un taff en tant que videur là-bas, on m’y retrouvera plus ! Non, juste… Sociabiliser, me refaire un cercle. J’aurais pas cru mais, voir du monde, ça aide vraiment à garder le moral.

« Tu peux aller prendre ta douche. Le dîner est prêt, il ne reste plus qu’à le réchauffer. » marmonné-je en fignolant mon mur. « Ah ! Mais tu peux prendre une chouquette aussi, si t’as un petit creux. J’en ai fait tout à l’heure, ta voisine les trouve excellentes ! »
« Eh bien eh bien. » me sourit Atsu en s’accroupissant à mes côtés. « Attention, Shô. T’es presque bon à marier maintenant ! »

J’écarquille les yeux avant de grimacer.

« Dis pas n’importe quoi… »

J’ai vraiment pas le temps pour un mariage. J’ai toute une vie à reconstruire. C’est bien assez de travail pour en plus joindre mes problèmes à ceux de quelqu’un d’autre.

« J’déconne. Par contre, je crois qu’on a reçu quelque chose qui va te faire plaisir. » Je relève le nez, intrigué. Tout sourire, Atsu me met un document sous les yeux. « Ça y est. On a reçu le récépissé de la préfecture ! L’association « Justice pour Nee-chan » existe officiellement désormais. »

Mon cœur bondit dans ma poitrine. J’en lâche ma spatule, m’emparant du papier sous le coup de l’émotion. Et je relis assidûment. N’étant pas l’homme le plus instruit que la Terre ait porté, il me faut bien quelques secondes pour comprendre les tournures de phrase de l’administration mais Atsu a raison : on a la bénédiction de la préfecture pour ce projet. Enfin...

Un sourire ému réhausse mes commissures. Un nœud se forme dans ma gorge et quelque chose me brûle les narines. Un peu plus et je me mettrais à pleurer. Ce projet d’association, c’était devenu mon bébé ces derniers mois. J’y pensais tout le temps. Et je m’en suis même voulu de ne pas avoir sauté le pas plus tôt. Car, des associations qui luttent et obtiennent ce qu’elles veulent, il y en a eu des tas depuis le siècle dernier ! Tout seul, je ne pèse rien auprès de la justice. Je ne suis même pas de la famille de Nee-chan, ma voix n’a donc aucune réelle valeur. Les avocats ne prenaient pas au sérieux l’adolescent que j’étais à l’époque. Tout seul, je suis un grain de sable, que l’on peut facilement ignorer en détournant le regard…

Mais au sein d’une association, c’est différent. Personne ne pourra nous mépriser. A l’époque, le décès de Nee-chan avait bouleversé tout le quartier. Je suis sûr que les gens, qu’ils la connaissaient ou pas, s’indigneraient que son meurtre soit resté impuni et rejoindraient la cause. On ne demande pas grand-chose : que le dossier reste ouvert, que de nouvelles pistes soient explorées afin que Nee-chan puisse enfin reposer en paix.

Il m’aurait fallu beaucoup de temps pour comprendre quelle était ma mission sur cette Terre après ton départ, Nee-chan… Mais maintenant, je veux faire les choses bien. Je veux te rendre honneur. Je veux que les gens te connaissent, qu’ils te reconnaissent, qu’ils savent que tu as existé. Si moi je t’ai aimée comme un homme aime une femme, je suis certain que d’autres reconnaitront en ton visage et ton histoire une amie, une fille de leur quartier, une sœur, une cousine… J’ai besoin d’alliés dans ce combat, Nee-chan. Et grâce à ces alliés, la justice et les avocats s’intéresseront enfin à ton cas, j’en suis sûr.

Ça prendra du temps, des moyens financiers conséquents et beaucoup d’énergie pour mettre en place tout ça, mais je ne lâcherais pas. Je ne te lâcherais pas.

Cette cause, elle en vaut la peine.

Mon seul regret, c’est que l’Alzheimer de ta mère soit trop avancé pour qu’elle réalise véritablement toute l’ampleur de ce qu’Atsushi et moi mettons en place pour que le dossier soit relancé… J’ai trop trainé pour qu’elle puisse pleinement réaliser les choses, mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber.

Avec un peu de chance, elle l’aura un peu assimilé avant d’aller te retrouver…
— Just Married —

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josuis trop contente de le voir enfin, ahhhhhhh ✨
anyways, tu sais déjà tout ce que je pense de lui et de ta plume Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 1227068846
rebienvenue à ce loulou, à qui je souhaite une vie prospère et plein d'amour Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 1227068846
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Rah ça fait trop plaisir de revoir sa bouille de cutie Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 501520050 Je lui souhaite une belle nouvelle vie, il le mérite fort ce bichou ♥♥♥
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Autre: Merci Raion pour les magnifiques vavas ♥ dessins par Shiba, Haru, Gaby , nnmoae, jin.lol ,lilvi and me o/
Rebienvenue avec ce nouveau perso Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 1362171446 bonne validation et amuses toi bien !!! 👀 😌 ♥ Toujours aussi fab tes persos !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji CjjIPFG
Merci Shiba Natsu et Gaby pour ces magnifiques cadeaux ♥️:
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji UabvUn cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji Zach210Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 9bopUn cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji UnknownUn cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 7xmoUn cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 4oef
Lisalisa

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Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
Rebienvenue parmi nous ! o/

Pavé césar lu ! Une fois qu'on est plongé dans ta fiche (et cette longue histoire), on est vite entraîné et on ne se rend même pas compte de la longueur.
J'ai rien à relever, juste que j'ai apprécié ma lecture, comme pour tes précédents perso on retrouve cette qualité dans la rédaction, tu te perds pas dans la quantité que tu nous racontes, c'est très fluide! Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 4115966937

Amuse-toi bien ! Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 2984341854

Pré-validation par Arisa
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

merci Hatoclown, Fu, Zach et Zian pour les avatars ღ

one brain cell:
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji Uron

grbfh:
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji Unknown
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji CjjIPFG Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji UlmRG6s Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji NlRYT1U Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji NwQ16ft
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Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre:
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 716243026

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars si le code n'a pas été ajouté à la fin de votre fiche
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji Makoto%20-%20signature
Merci Lucci, Zach et Lucas pour les avatars et kits Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji Ld7d
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji BbNTuR8
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji V1dcdrQ
Le plus beau compliment ♥️:
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Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji 1EPYLUw
Un cerisier brûlé pourra-t-il refleurir un jour ...? ❀ Shôji DfzeUm9


Merci Karlito ♥️:
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Merci Oz ♥️:
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