Aiko Tokugawa DgoiC4q
Aiko Tokugawa 9oulLiP
Aiko Tokugawa 620526BoutonElysion5050

— Just Married —

Dim 5 Déc - 1:48
Messages postés : 19
Inscrit.e le : 03/12/2021

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Pon pon pon ♪
Aiko Tokugawa
Personally speaking, i can't wait to watch life tear you apart.
Informations générales
Nom :Tokugawa
Prénom.s :Aiko
pseudonyme:Son identité n'ayant jamais été divulgué, Kyandi Love est son pseudonyme d'idole (Kyarin pour ses fans).
Âge :18 ans (5 Janvier 2095)
Genre :Féminin
Origines : Japonaise
Activité :Ancienne idole Junior dès ses 5 ans, elle est une idole de propagande surmédiatisée depuis ses 10 ans. Actrice et mannequin, elle chante et danse (en play-back) et enchaîne les apparitions dans divers émissions. Elle fait aussi des doublages jeux vidéos/animéset énormément de spots publicitaires.
Sexualité :Officiellement pansexuelle
Avatar :Perona de One piece
Réglement : Validé - Ari
CheminAncien membre !
Autre :
Physique
Au premier abord, rien ne choque.
Depuis l’enfance, Aiko a appris à discipliner son corps, évoluant dans un monde où tout débordement émotionnel était systématiquement réprimé, puni, et où tout acte inadapté ne pouvait qu’être ridiculisé, ou raillé. Toute son éducation, toute son évolution la poussa à s’adapter, à instrumentaliser chacune de ses réactions, chacun des signes qu’elle laissait entrapercevoir, si bien qu’avec le temps, elle perdit toute capacité à agir impulsivement, endiguant par un dressage féroce tout ce qui, à ses yeux, n’était qu’une faiblesse du corps sur l’esprit, une tare à son héritage, une incapacité à garder le contrôle de son instrument. Bien vite, les émotions devinrent elles aussi des instruments, peintes sur le visage sans qu’elles n’atteignent pour autant le cœur, faisant d’elle une merveilleuse comédienne de tous les jours, changeant de masque en fonction de ses interlocuteurs, sans jamais se dévoiler.
Rien ne dépasse alors, rien n’est laissé au hasard, et tout doit servir son dessein. Pour autant, il reste quelques soubresauts, des erreurs qui apparaissent à quelques occasions, des erreurs qu’elle rejette sur sa jeunesse, certes, mais qu’elle ne se pardonne nullement pour autant, et qui sont si implacablement punies par elle-même qu’elles n’ont que rarement l’occasion de se présenter une deuxième fois.
Digne et confiante, Aiko se tient toujours droite, la tête haute, son port restant toujours d’une rigidité et d’une retenue toute japonaise. Si son attitude n’est jamais totalement fermée, elle n’en est pas pour autant ouverte, alors que ses yeux froids, examinateurs, se parent d’une froide politesse, tandis qu’ils cherchent en chacun la moindre faiblesse qui pourrait lui servir, la moindre faille qu’elle pourrait exploiter.

Si Kayrin reste sans commune mesure la plus belle apparence d'Aiko, cette dernière n'est pas en reste, bien que cela ne soit en rien de naissance. A vrai dire, Aiko n'entrait pas vraiment dans les critères de beauté de sa société, enfant, si bien que cela poussa sa mère, frustrée de ne pas avoir une enfant belle, sa petite idole parfaite, à la mettre entre les mains des chirurgiens très jeune, espérant ainsi améliorer sa carrière d'idole. Elle subit quelques chirurgies mineures dans son enfance, notamment pour ses paupières. Sa mère aurait voulu plus, mais malgré son argent et ses colères, personne ne lui donna raison. N'ayant d'autres solution, elle apprit très tôt à sa fille à user du maquillage pour modifier son apparence.
Si pour sa part, Aiko ne fit que subir docilement les lubies de sa mère dans un premier temps, quand elle assimila les codes de la société, commençant à aiguiser ses armes et à apprendre à les utiliser, elle comprit à quel point la beauté était un critère déterminant, que ce soit pour sa carrière ou le reste. Arrivée à l'âge de pouvoir le faire, elle reprit la chirurgie pour rendre son visage plus harmonieux et réduire les heures de maquillage nécessaire pour arriver au même résultat.

Pour le reste, il n'y a rien, dans son apparence, qui ne saurait lui porter préjudice. Pas un tatouage, pas un piercing, pas même une cicatrice, rien qui ne pourrait, d'une façon ou d'un autre, jouer en la défaveur de Kyarin. Ses longs cheveux noir corbeau, de la même couleur de ses yeux, coulent le long de son visage, suivant les lignes de son dos où ils s'arrêtent, à quelques centimètres de ses hanches. Ils semblent toujours impeccablement coupés et brillants, montrant là toute l'importance que voue leur propriétaire aux apparences. En revanche, ils ne s’encombrent ni de fioritures, ni d'accessoires, n'étant jamais retenus par quoi que ce soit, lassent d'être constamment emmailloté dans différents filets pour laisser place aux lourdes perruques colorées de Kayrin, d’un rose bonbon tombant joyeusement en cascade de boucles le long de son corps…
Comme pour contraster avec le dressing très féminin, coloré et pastel de son alter-ego, celui d’Aiko est sobre, bien qu’onéreux, allant du blanc au noir principalement, et restant souvent unisexe. Si elle semble préférer l'utile et le pratique, Aiko prend tout de même soin à ne commettre aucune faute de goût, se préparant au jour où son identité ne pourra plus être cachée, par choix ou non, et que tout le monde saura qui se cache derrière Kayrin.
Il serait imprudent de sa part de sous-estimer cette possibilité, qu’elle sait inévitable sur la durée…

Tous ces efforts pour tenir son corps dans une perfection factice n’est cependant pas sans coût, et Aiko bataille depuis des années avec un épuisement physique écrasant, étant parfois au bord de l’évanouissement, problème qu’elle pare à coup de vitamine et énergisant de toute sorte, voulant garder un contrôle obsessionnel sur son corps. Plus les années passent, et plus les compléments alimentaires ainsi que les médicaments se font nombreux dans sa routine matinale, tandis que son assiette se fait de plus en plus vide, et ses journées de plus en plus longues.
Caractère
Peu de monde connaît réellement Aiko, à l’inverse de Kayrin, son image officielle, son pantin désarticulé derrière lequel elle se cache, qu’elle plie au gré de ses agents et de son contrat sans jamais se plaindre, sans jamais émettre la moindre objection. Aux yeux du monde, Kayrin est un archétype joyeux et coloré, amusant et frivole, qui se veut pleine d’espoir et d’attente envers l’incontestable et ne voulant que le meilleur pour son pays. L’idole japonaise dans toute son innocence factice, apparaissant sur tous les fronts, une idole créée de toute pièce pour être aimée, pour être adorée, chantant, dansant, jouant et paradant jusqu’à l’écœurement. Kayrin est un rôle écrit noir sur blanc sur un papier qu'elle signa, le jour où tout commença, le jour où elle naquit. Un papier qui lui apprit ce qu'elle devait aimer, ce qu'elle devait porter, ce qu'elle devait dire, ceux qu’elle avait le droit ou non de côtoyer. Kayrin n'a pas été faite pour penser ou pour agir, mais seulement pour s'amuser, rire et aimer. Kyarin est innocente, douce et joyeuse, et ne sert au final qu’à nourrir une propagande d’envergure où Aiko, cachée dans son ombre, y trouve son compte...

Égocentrée. Narcissique jusqu’à l’excès, tout doit tourner, graviter autour d'elle, et pour cela, elle est prête à tout. Alors Aiko manipule, ment, amadoue, car elle a besoin des regards des autres pour exister, pour vivre, pour compenser les exigences d’un père qui ne la considérera jamais à sa juste valeur et les attentes d’une mère qui ne sera jamais satisfaite de son succès.

Alors il faut qu'ils l'envient, tous, il faut qu'ils la jalousent, tous, mais surtout, il faut qu'ils la regardent. Tout plutôt qu’être ignorée. Qu’importent les réactions, elles valent toujours mieux que l’indifférence. Les caméras sont son oxygène, les médias, sa vie. Alors, Aiko éloigne tout ce qui pourrait lui faire de l'ombre, et cherche toujours à avoir un œil sur tout ce qu’elle voit comme une menace. Elle joue contre le monde, et dans sa quête de gloire, elle n'a aucun allié, aucun compagnon, seulement des ennemis. Tout ce qui n’est pas elle aura toujours moins d’importance, moins de valeur, moins d’intérêt qu’elle-même. Son empathie reste désespérément froide, dépourvue de chaleur et d’affect, dont elle peut jouer le ressenti, sans pour autant en connaître le goût. Insensible à tout ce qui est l’autre, elle ne ressent rien de leur douleurs, de leur joies, rien qui ne soit pas elle, du moins, ne partageant rien, gardant tout.

Pour autant, Aiko aiment observer les autres, les comprendre, se faisant faussement proche, compatissante, se rapprochant assez pour lire dans leur comportement, y cherchant une prévisibilité, des schémas qu’elle saurait lire et utiliser, des points et des affects sur lesquels appuyer pour que les choses aillent dans le sens qu’elle désire. Plus que tout, elle aime avoir le contrôle de tout ce qui l’entoure, à commencer par son entourage, s’assurant ainsi que leurs yeux restent braqués sur elle. Probablement est-ce à cause de se désire constant de contrôle, mais rien ne l’irrite plus qu’un comportement qu’elle ne saurait pressentir. C’est d’ailleurs probablement par refus de voir les choses lui échapper qu’elle dénigre ainsi tout comportement qu’elle jugerait trop fantaisiste, ou pire, anarchique. Tout clou qui dépasse demande à être frappé, tout le monde le sait, après tout...

Partagée entre les excès mégalomanes et ses bouffées égocentriques, Aiko a cependant appris à tenir les dérives de ses ambitions en main au risque d’être sévèrement punie, ayant appris sous la poigne implacable d’un père qui ne pardonnait rien. Ses émotions, surtout les plus sombres, sont toujours précautionneusement conservées hors de portée des autres, contrôlées aussi longtemps que nécessaire, quitte à ce qu’elle tempête au-delà de toute retenue une fois seule à l’abri dans la solitude de son chez elle, ses emportements pouvant alors se faire aussi dévastateurs que démonstratifs.

La colère, la rage, la frustration : tant d’émotions qui l’accompagnent depuis sa jeunesse, et qui bouillent souvent en elle, froidement, alors qu’elle les digère lentement pour mieux nourrir ses rancunes qui s’accumulent à chaque fois qu’elle doit se contenter de sourires apaisants, abandonnant la lutte pour offrir âprement la victoire à autrui, comme à chaque fois qu’on tire de nouveau ses ficelles pour la remettre à sa place…

Mais plus qu'une idole, Aiko veut être l'égérie de son ère. Cependant aussi ambitieuse soit-elle, elle n’en n’est pas idiote pour autant, ayant appris à jouer selon les règles de ce monde dans lequel elle veut s'élever. Aiko sait les limites à ne pas franchir, et sait reconnaître les pentes glissantes et ce qui pourrait jouer en sa défaveur. Hors de question de salir son blanc pelage en se roulant dans la boue, tout ça pour une satisfaction passagère ou une vengeance puérile. D’une patience exemplaire, elle préférera attendre l'instant propice, l'occasion parfaite pour déraciner chênes et roseaux…

Comédienne de talent, le mensonge et les apparences sont rapidement devenus une seconde peau pour Aiko ; ses armes de prédilections. Menteuse et manipulatrice, Aiko trompe tout le monde, constamment, compulsivement, n’éprouvant aucune remord à le faire, sa conscience n’ayant aucun scrupules avec lesquels la hanter. Pourquoi s’encombrer de vérités amères, alors que tout le monde préfère des mensonges doucereux? Les siens sont réfléchis, calculés, préparés, ne s’éloignant jamais de trop loin de la réalité pour mieux tromper. Aiko aime le pouvoir que cela lui donne sur les autres, ces coups d'avance qu'elle garde pour damer les rois. L'information est son atout principal. Patiente, Aiko saura attendre le bon moment pour mordre, car les mots sont ses armes, et les menaces des promesses. Mauvaise, elle n'aura aucun scrupule à rabaisser, à humilier, mais jamais par plaisir, pas que cela ne soit pas plaisant, mais elle a appris qu’il était dangereux de se laisser aller à quelques plaisirs que ce soit qui pourraient amener à commettre des erreurs.

D’ailleurs, Aiko ne s’offre presque aucun plaisir, considérant trop souvent cela comme trivial, dépourvu de sens. Aiko n’a jamais eu que sa carrière et ses études en tête, en bon produit de sa génération, trouvant son plaisir dans ses réussites, dans son ascension sociale. Évoluant dans un milieu hostile, Aiko noya très jeune toute son enfance sans une once de regret, comprenant que sa puérilité serait toujours moquée par ses parents, abandonnant alors tout ce qui ne saurait servir ses ambitions et son manque croissant de reconnaissance. Si elle maîtrise tous les codes sociaux, Aiko ne les a jamais utilisés que comme des armes, n’ayant, en réalité, aucun entourage autre que professionnel et familial. Aiko marche seule, et cela n’a jamais semblé la déranger, incapable qu’elle est de faire suffisamment confiance à quelqu’un pour le laisser gravir cette montagne sans fin avec elle. Seul compte d’avancer au final. Envers et contre tous…
Généré avec le formulaire
— STAFF JM : BOTAMSTER —

Dim 5 Déc - 2:59
Messages postés : 3541
Inscrit.e le : 07/04/2014

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se : Sergei Vanzine forever ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Bon retour sur le forum et bon courage pour ta fiche ! o/

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Aiko Tokugawa Y23dmr11
Kao râle en #99ccff
— Just Married —

Dim 5 Déc - 10:50
Messages postés : 366
Inscrit.e le : 29/08/2015

Les plus du perso :
Je suis: anti-Incontestable.
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Rebienvenue parmi nous Princessa ☼
Je suis curieux de redécouvrir ce personnage. Bon courage pour l'écriture :3
— Just Married —

Dim 5 Déc - 13:48
Messages postés : 202
Inscrit.e le : 24/01/2018

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Veuf
Autre:
Ohhh un autre visage de la propagande !
Heero va peut être penser à sa retraite médiatique ?
Re-Bienvenue à toi, je vais regarder ta fiche de près, je suis curieux :)
— Just Married —

Sam 18 Déc - 6:58
Messages postés : 19
Inscrit.e le : 03/12/2021

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Pon pon pon ♪
Histoire

Résumé dans les grandes lignes pour qui ne veut pas tout se taper:
Aiko est née au sein d'une famille dysfonctionnelle et n'ayant aucun amour de la part de ses parents, ce qui l'a rendu peu empathique et très égocentrique, tout le temps en manque d'attention. Elle a une soeur du nom de Hakemi et un frère du nom de Kagari, chacun d'eux ayant une mère différente, Aiko étant la fille de la dernière femme de son père. Ils ont chacun grandi dans la crainte de leur père politicien très contrôlant, ne voulant pas que ses enfants porte préjudice à sa carrière, ce qui a poussé Kagari à fuir en Amerique jusqu'à ce que son mariage l'oblige à revenir. Hakemi est restée avec Aiko jusqu'à ce que cette dernière la pousse à bout, partant alors en France pour ses études.

Yoko, la mère de Aiko, a reporté ses rêves de gloire sur sa fille, en faisant une enfant idole très (trop) jeune, ayant alors une attitude peu éthique envers la petite fille pour l'amener à briller, quitte à la transformer totalement et nuire à sa santé.  Son enfance fut sacrifiée dans le processus, poussant rapidement Aiko à se comporter comme une petite adulte, devenant une menteuse et une actrice du quotidien. Refusant de se voir comme une victime, Aiko a finalement absorbée les rêves de sa mère pour survivre à tout cela, les faisant ainsi sien. Sur demande de Yoko, son père a pu faire jouer ses relations pour faire d'elle une idole de propagande, ce que Aiko a accepté, devenant Kyandi Love, se retrouvant obligée de voir une psychiatre pour s'assurer qu'elle reste stable et fiable. Yoko est finalement décédée lors du Shukumei, tandis que Kagari est officiellement mort lors de l'épidémie, ayant profité de sa puce défaillante pour fuir en Amerique.  Après des années, Aiko s'est excusée auprès de Hakemi, et les deux ont pu se retrouver, cassant ainsi l'isolement des deuils, et permettant à Aiko d'avoir son premier lien presque sain avec quelqu'un. N'ayant jamais réussi à gagner le respect de son père, dont elle ne pardonne pas la négligeance à son égard, Aiko est resté frustrée de cette relation et veut désormais le dépasser en tout point pour se venger.

Février 2104


Bonjour Aiko. C’est un plaisir de te rencontrer.

Tutoyez-vous tous vos patients, en les appelant par leur prénoms ou n’est-ce là qu’un privilège dû à mon âge ?

Je dois avouer que tu es la plus jeune de mes patientes…

Naturellement, d’ailleurs, vous ne m’auriez probablement jamais pris si cela n’avait pas été sa demande spécifique, n’est-ce pas ? Je suis toujours étonnée par les passe-droits qu’offrent le pouvoir et l’influence. Eh bien, soit, puisque je suis l’exception qui confirme la règle, traitez-moi comme vos autres patients, docteur.

Je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise. Mais si vous préférez, nous agirons ainsi, Tokugawa-san.

… Tout compte fait, continuez à m’appeler Aiko. Gardez les Tokugawa-san pour votre autre patient…

En parlant de votre père, il m’a fait part de la disparition du chien de votre sœur, Ponko, c’est d’ailleurs pour cela qu’il tenait à ce que je vous vois.

Un non-sens. C’est son chien qui disparaît, mais c’est moi qui me retrouve chez sa psychiatre. Que voulez-vous entendre docteur ? Que sa disparition m’attriste ? Je garde ce discours pour Yoko et Hakemi.

C’est tout même particulier que vous ne soyez même pas un peu affectée par toute cette histoire. Vous n’êtes même pas un peu triste pour votre sœur ?

… Non. Elle passait trop de temps avec cet animal idiot, de toute façon.


Juin 2105



Alors, vous avez signé le contrat, vous aussi. Je n’aurais pas cru que vous accepteriez, à vrai dire. J’ai donné votre nom parce que cela me semblait plus simple de garder la même psychiatre, que de tout recommencer avec une nouvelle tête. C’est lassant d’avoir à se répéter…

Je fus, en effet, surprise par la demande, vous n’étiez plus venue me voir depuis presque un an.

Et cela n’aurait probablement pas changé si ma carrière ne m’y avait pas obligé, mais voyez, nous y voilà. C’est une clause de mon contrat, un suivi pour s’assurer de ma constance et prévenir toute instabilité que pourrait entraîner le succès… Ou toute autre chose. La fiabilité avant tout, voyez-vous.

Appréciez-vous votre carrière, Aiko ?

La question n’a jamais été vraiment si je l’appréciais ou non. Yoko ne m’a jamais demandé si j’étais contente ou heureuse de courir les castings et les concours alors que je n’avais qu’à peine cinq ans. Il n’était pas question de mon plaisir, mais du sien ici… Bref, de quoi dois-je parler, maintenant? Nous pourrions bien sûr passer les quarante-cinq prochaines minutes à nous regarder dans le blanc des yeux, mais à faire cela chaque semaine, je risquerais de vite me lasser. Autant se plier à l'exercice, je présume. Alors?

Comme vous le souhaitez, Aiko. Je suis là pour vous écouter et vous aider.

Dois-je parler de Yoko, puisque le sujet a été abordé?

La famille est toujours un sujet important. Avez-vous envie de parler de votre mère?

Non. Mais je suis ici pour cela, je l'ai bien compris… Et… Elle fait partie intégrante de ma carrière, elle en est même la pierre angulaire, grand mal m’en fasse… Alors nous ne pourrons pas y couper. Comme nous ne pourrons pas éternellement éviter de parler de mon père. Même s’il ne se mêle pas de toute cette histoire, je sais qu’il garde la mainmise sur tout ça, probablement de peur que mes frasques n'entachent son blanc plumage… C'est pour cela qu'il vous a incité à me prendre la première fois, n'est-ce pas? Voilà qui nous fait à lui et moi un point commun de plus : nous avons le même aliéniste...

À vous entendre, vous vous ressemblez beaucoup.

Ce n'est pas une question, donc vous avez déjà la réponse. Je me demande combien de pourcentage de son temps de parole entre ces murs j'occupe. J’aime à croire qu’il parle beaucoup de moi. Et souvent. C’est assez réconfortant de penser que son indifférence n’est que de façade. Que dit-il quand il vous parle de moi?

Votre père vous a-t-il dit pourquoi il tenait à ce que vous veniez ici?

Nous avons eu une conversation plutôt… Difficile, à la disparition de Ponko. Et quand cette opportunité de carrière est arrivée, le sujet est revenu sur la table, et votre nom une nouvelle fois évoquée. Officiellement, comme dit, je viens ici pour apprendre à gérer le succès, pour que je ne me perde pas et que je trouve un équilibre entre ce que je suis et ce que je dois être. Officieusement par contre... Je crois qu’il veut que j’apprenne à me gérer comme il se gère. Nous sommes faits du même bois, lui et moi, pas vrai docteur ?

Je n'ai pas à parler de mes avis sur mes autres patients avec vous, Aiko.

Alors, vous n'aurez plus à parler de moi avec lui, désormais. Cela vous manquera, j'en suis sûre. Dommage, vos échanges deviendront bien moins intéressants. Mais en attendant, il me tarde d'en savoir autant sur vous, que vous sur moi. Nous avons tant à rattraper...

Septembre 2106


Parlez-moi de votre sœur, Aiko.

Oh, alors il vous a dit qu'elle quittait la maison.

Cela vous peine-t-il? Vous étiez proches, toutes les deux, il me semble.

Proche n'est pas le terme que j’emploierais. Elle m'était utile, comme toute grande sœur devrait l’être, et elle pouvait se montrer distrayante, à l’occasion. Elle m'a permis de m'élever plus vite. J'ai appris beaucoup grâce à elle, mais l'élève dépasse toujours le maître, c'est dans l'ordre des choses.

L'aimiez-vous?

Autant qu'on aime un chien.

Et aimez-vous les chiens?

Tant qu’ils restent à leur place…

Je vois... Pouvez-vous me parler d'elle?

Si vous y tenez.
Hakemi avait toujours été une jeune fille joyeuse et naturelle, bien que d’un naturel calme et passif. Un véritable chiot. Vous pouvez peut-être lui pardonner ses cabrioles, dans un élan maternel profondément déplacé, mais les filets de bave qu'il laisse sur vos affaires, c'est autre chose. Pour ma part, je ne pardonnais ni l'un, ni l'autre, aimant trop garder le contrôle sur mes affaires, dont elle faisait partie d’ailleurs, qu’elle le veuille ou non.


Vous ne pouvez pas considérer les autres comme des biens, Aiko.

Il paraît oui, mais ça ne m’a jamais réellement empêché de le faire. Et Hakemi ne s’en est jamais plainte, à vrai dire. J’imagine qu’elle prenait ma possessivité à son égard comme de l’affection qui ne s’assume pas. On a tous envie d’être aimé, dans le fond. Elle se montrait, de fait, excessivement patiente et accommodante avec moi, chose somme toute assez utile, car cela me permettait d’abuser d’elle à profusion. Elle avait tant à cœur d'être ma sœur qu'elle voulait à tout prix se montrer utile. Elle a souvent pris mon parti face à notre père ou Yoko quand je lui demandais, quitte à s’attirer leurs foudres. De plus, elle m’a beaucoup aidé pour mes études, j’ai pu progresser bien plus vite grâce aux efforts qu’elle ne ménageait pas. Puis, quand j’ai commencé à la dépasser, il lui fallait autre chose.

D’où lui venait ce besoin, selon vous?

De l'absence d'attention. Yoko n'aimait pas Hakemi. Elle ressemblait trop à la défunte épouse de notre père pour cela. Pour mon père, vous le connaissez assez, je présume, pour savoir le peu d’intérêt qu'il nous portait. Hélas, pour elle, Hakemi avait toujours rêvé d'avoir une famille unie et aimante, vivant très mal la froideur de notre foyer, et si elle ne pouvait avoir les parents, il ne lui restait plus qu'à viser ses frères et sœurs. Kagari ayant quitté la maison depuis bien longtemps, il n'y avait plus que moi à amadouer et elle savait, au fond, que le seul moyen d'avoir mon attention était de m'être utile.
Cependant, nous n'avions jamais été égales l’une à l’autre. Hakemi a toujours eu, je vous l'accorde, des capacités émotives et humaines que je n'ai pas, mais j'ai en échange bien des talents qu'elle n'aura jamais, notamment en ce qui concerne les facultés d'apprentissages ou de compréhension. J’éprouve beaucoup trop de plaisir à triompher des autres. Tout ce qu’elle avait pris des mois à apprendre, des années, je le faisais en moins de temps qu’elle, et en mieux. J’y prenais, je l’avoue, un plaisir certain à la voir amère à chacune de mes réussites, et cela m’a peut-être poussé à redoubler d’efforts pour lui couper l’herbe sous le pied, encore et encore… Et peut-être trop durement, à quelques occasions…
Eh bien, j’ai gagné en somme, je l’ai poussé à bout, et elle a décidé d’abandonner… De m’abandonner. Elle a demandé pour partir en France pour y continuer ses études de haute-couture, et père à accepté... J’ai eu beau exulter de colère, ça n’a rien changé. Son avion partait ce matin, d'ailleurs.


Lui avez-vous dit au revoir?

… Pourquoi l’aurais-je fait ?

Pour lui dire que vous regrettiez, par exemple ?

Pourquoi ce serait à moi de présenter mes excuses alors que c’est elle qui m’abandonne ? Je vais plutôt attendre qu’elle vienne ramper à mes pieds pour que je lui pardonne.


Mars 2107


Que pensez-vous de Kyandi Love, docteur?

Cela est-il important pour vous?

Bien sûr. Que ce soit votre point de vue en tant que psychiatre ou en tant que fan. Car je suis sûre que vous êtes fan. Je suis trop tentante. Je suis un peu le cupcake de vos patients, non? Vous qui connaissez les coulisses depuis le premier jour, vous avez pu voir son évolution en fonction de la mienne, jour après jour, n'est-ce pas fascinant? Vous avez un avantage sur tout le monde pour ne pas vous laisser avoir.

Je pense que Kyandi Love est un masque, un masque qu'on vous a imposé, mais que vous avez fait vôtre, une tenue d'être humain sur-mesure faite pour être admirée. Vous êtes devenue en quelque sorte votre propre marionnettiste.

Est-ce ainsi que vous me voyez? La marionnette marionnettiste? Ironique, mais vrai, je vous le concède. Et lui, comment le voyez-vous? Si je suis une marionnettiste, quand est-il de lui ? Je sais que je lui ressemble, je sais que dans le fond, nous sommes pareils. Qu’est-ce qui se cache derrière son costume d’humain ?

Vous semblez avoir beaucoup d’intérêt pour votre père.

Naturellement. Regardez-le avancer dans ce monde. Impitoyable, mais fort. Charismatique, juste assez pour qu'on lui pardonne d'être aussi implacable avec ses adversaires. J'envie le masque qu'il a choisi - pour reprendre vos termes - rien ne semble pouvoir l’arrêter. J'envie son assurance, cette même assurance qui me pousse à l'écouter. Il maîtrise la politique, ses ficelles et ses travers avec tant de goûts qu'il est devenu indétectable. C'est un piton dans un nid de vipères. Il joue bien, efficacement, tout est étudié, calculé, il ne laisse rien au hasard, à commencer par moi. Le cabinet doit se réjouir de l'avoir de leur côté, dans le fond...
Nous savons tous deux, lui et moi, quel est mon rôle dans tout cela. Il m'a toujours ''encouragé'' avec force à rester sage, à gérer mes frustrations sans prendre de décisions hâtives qui pourraient, à la longue, jouer contre moi. Il a noyé tout mon feu dans votre raison. Kyandi doit être le modèle qu'on attend qu'elle soit. Pure, parfaite et innocente... Cependant, il ne le fait pas par amour paternel, simplement par intérêt. Une pièce de plus sur son échiquier, une pièce qu’il ne laissera pas lui poser problème.


Et vous? L'aimez-vous?

Comme un lionceau aime son géniteur, sachant que s'il n'était pas le fruit de sa semence, il aurait été dévoré par cette même gueule qui terrasse ses adversaires. Je ne sais pas encore si je dois craindre ou espérer le moment où il me faudra devenir l’adversaire de ses crocs, mais je sais néanmoins que ce jour viendra.

Janvier 2108


Veuillez me pardonner mon retard, docteur, il n'était pas de mon fait. Yoko a tenu à m'amener et à conduire, d'une façon bien moins efficace que mon chauffeur. Résolution du nouvel An. Je ne sais pas pourquoi elle s’obstine à garder cette manie. C'était une situation profondément désagréable. Détestable, même, tandis qu'elle me racontait ses ennuyeuses journées, essayant d'avoir quelques miettes des miennes. Je ne lui ai pas donné ce plaisir.

Il n’en est rien, commençons. Qu'éprouvez-vous pour votre mère, Aiko?

Il serait facile d'imaginer que je la déteste, ce qui n'est pas le cas. Pour la détester, il faudrait déjà que je la considère, et je n'en ai jamais trouvé l'utilité.

Vous l’appelez toujours par son prénom, pourquoi cela?

Car c'est le sien.

Pourtant, votre père n'a pas ce privilège.

Car il joua son rôle, contrairement à elle. Yoko a toujours été une femme profondément stupide et manquant de raffinement, comme une fille de ferme propulsée un peu par erreur à la cour du roi. L’incontestable à un humour que je ne comprendrais jamais. Elle essaya de donner le change, de se donner des allures, mais rien n'y fit. Tout ce qu'elle sut faire, fut de paraître et de s'amuser. Elle ne comprenait jamais rien aux intrigues, se contentait de suivre la mode sans jamais la lancer, et n'avait aucun goût pour les arts qui l’assommaient. Petit à petit, sa bêtise ne lui permit même plus d'être respectée par sa propre progéniture, car son immaturité et son manque de responsabilité l'empêchèrent d'être une mère. Ne vous laissez pas berner par son eau de Cologne ou ses tailleurs, au fond, elle n'est rien de plus qu'une enfant bonne à vendre des ramens.

Et pourtant, malgré tout, elle reste votre mère.

Hélas, c'est une tare avec laquelle j'ai appris à vivre. L'incontestable humour, comme je disais. Saviez-vous qu'elle fut mariée le jour même de ses seize ans? Quelques jours avant de signer son contrat d'idole. Autant dire que ses rêves furent tués dans l’œuf. Il n'est pas difficile de comprendre pourquoi elle me destina si tôt à ce genre de carrière aussi fastidieuse que futile. Je n'avais pas cinq ans que je courrais castings et publicités. J’avais des cours de chant et de danse plusieurs fois par semaines, et j’ai commencé à suivre une diète stricte à un âge ou cela ne devrait pas être une occupation, devenant aussi obsédée par mon poids qu’elle. J’ai passé mon enfance à être sa poupée, qu’elle modela pour son bon plaisir, utilisant l’argent que lui offrait son mariage pour me refaire à l’image de ses rêves. Éthiquement, c’était très contestable, mais elle était riche, et à travers mon père, puissante. Tout cela restait un sujet tabou. Personne ne trouva à redire, ou du moins, personne ne le fit, et tout le monde détourna les yeux en se disant qu’ils n’avaient pas à s’occuper des affaires de familles d’autrui. Je n’ai évité les concours minables et les mauvaises prises en charge professionnelles simplement parce que ses nouvelles sphères relationnelles lui permettaient au moins de jouer du piston, de chercher le meilleur. Les gens avaient pitié d'elle comme d'un chiot à qui il manquerait une patte, à la voir ainsi exposer sa poupée partout en espérant qu’on la remarque. Ils ne l'aidèrent que parce que cela leur donnait l'impression de faire une bonne action en l’aidant… Ou en ayant l’impression de m’aider, j’imagine.

Et ensuite, une fois qu'ils l'eurent aidé?

Je fus prise dans la nouvelle version des secrets des cerisiers pour jouer un second rôle, devenant rapidement une idole junior et elle fut satisfaite de la tournure des événements... Assez pour insister auprès de son époux, espérant ainsi qu'il propulserait ma carrière en trouvant une agence capable de faire de moi une grande idole. C'était un politicien après tout, il devait forcément, selon-t-elle, savoir quelle boite travaillait en collaboration avec l’État et pouvait donc me rendre célèbre. Je ne suis pas certaine qu'elle m'imaginait devenir une icône propagandiste, dans une agence de publicité et non d'idole, mais elle ne s'en plaignit pas. Tout ce qui comptait pour elle, c'était le succès, qu'importe le reste...
Une femme idiote, vous dis-je.


Et vous? Pourquoi n'aviez-vous pas arrêté si vous n'aimiez pas cela?

Yoko n’entendait rien d’autre que son avis, et puisque père ne voulait pas s’en mêler, probablement pour préserver la paix de son mariage, personne n’aurait pu donner du poids à mon avis. Yoko disait faire cela pour mon bien, pour moi… Mais en vérité elle ne cherchait pas à m'offrir le succès par amour maternel, elle le faisait pour jouir de ma notoriété et vivre ma carrière par procuration... Alors je l’ai fait. Et c’est là que se creuse l’ambiguïté de notre relation. Maintenant que je trouve de l’intérêt dans ma carrière, que j’aime mon travail, dois-je toujours lui en vouloir pour ce qu’elle m’a fait subir ? Pour son despotisme ? Quand bien même cela m’est utile aujourd’hui ? Je reste partagée sur la question, alors disons que je me venge par intermittence, pour lui signifier que je n’ai pas oublié.

Vous venger ? Que lui faites-vous ?

Rien de grave, je reste sage, rassurez-vous : je ne suis pas assez ingrate pour mordre la main qui me nourrit... Non, je le suis juste assez pour lui rappeler que j'ai des crocs. Et puis père me surveille. Heureusement pour Yoko, j’ai trouvé quelque chose dans toute cette histoire que j’aime plus encore que la vengeance...

Vous aimez qu'on vous regarde, avoir l'attention des autres.

… Avez-vous déjà été dans une foule qui vous admire, docteur? Il y a quelque chose qui s'en dégage, à travers les cris et les pleures qui fusent de partout, les mains et les bras qui s’étirent désespérément vers vous, tandis que leurs yeux pleurent une frustration à laquelle vous pourriez mettre fin d'un simple geste. C'est puissant, jouissif. Il y a une sorte d'amour infini, presque dévot, d’admiration désintéressée qui s'en dégage. Ils vous adorent. Ils vous aiment plus qu'ils ne s'aiment eux-mêmes... Pendant ces quelques instants où ils ont l'impression d'être si proches de ce qui leur semblait parfaitement irréel jusqu'alors, vous êtes leur soleil, leur dieu, touchant le divin du bout des doigts.

D'un geste, d'un sourire, vous pouvez aussi bien illuminer leur journée que la détruire, et ce pouvoir n'a pas de prix. Nous sommes des idoles, des sources dévotions. Nous prodiguons joie, bonheur et félicité, mais nous nous nourrissons de leur amour en échange, pareil à des sangsues. Nous sommes encore plus dépendants qu’ils le sont de nous. Je suis sûre que quelqu'un d'aussi cultivé que vous aura vite fait le rapprochement avec le côté divin de la chose, n'est-ce pas docteur?


Cherchez-vous à atteindre le divin, Aiko? Est-ce une façon pour vous de compenser l'absence d'amour parental?

D’une certaine manière, peut-être ? Ce que j’aime dans l’idée de divin, c’est l’éternité. Je crois que je n'ai jamais cherché à vivre au-delà de mon temps, je sais qu’il n’y a pas d’immortalité... Excepté via la célébrité. La renommée offre une sorte d’éternité par l'image, par l’amour, tout comme marquer l'histoire. Sauf qu'aujourd'hui, pour une raison qui m'échappe, les Hommes préfèrent se souvenir des noms de leurs artistes favoris, de chanteurs morts il y a presque deux cents ans, que ceux des hommes politiques qui ont fait de leur monde une dictature. Voilà pourquoi je n'ai pas suivi les traces de mon père, mais celles de Yoko. Mon père vise le pouvoir, la grandeur. Moi, je vise l'éternité et le divin. À chacun son délire mégalomane, j’imagine.

N'est-ce pas faire preuve d'arrogance que de viser un tel dessein?

Je n’ai jamais dit le contraire. Mais n’est-ce pas le propre de l’humain, de faire preuve d’arrogance face à tout ce qui lui fait obstacle ? Tout Homme au fond de son cœur est persuadé d’être immortel, moi je veux le devenir concrètement. La façon diverge, mais le résultat est là. Consciemment ou non, c'est ainsi que le commun des mortels se protège de la peur de la mort, évitant ainsi d'être constamment tétanisé à l'idée de ce moment qui, inévitablement, arrivera sans qu'il ne sache quand. N'est-ce pas aussi faire preuve d'arrogance que se croire au-dessus de la fatalité? De se croire plus fort que la mort? Je suis aussi égocentrée que n'importe qui, c'est un comportement très humain. Seulement, moi, je ne le cache pas... Enfin, pas dans les limites de ces quatre murs, en tout cas.

Et en dehors?

En dehors... Comment disiez-vous, déjà? Ah, ça me revient. En dehors, docteur, j'enfile ma tenue d'humaine faite sur-mesure, je prends mon plus beau sourire, et je touche avec les yeux, pour ne rien casser.


Juillet 2109


Kagari est rentré au Japon, docteur. Il est même venu manger avec nous pour l'occasion. Yoko avait trouvé qu'il serait de bon ton de faire une petite réception pour fêter cela. Ce fut un petit comité, pas plus d'une vingtaine de personnes. Le fugu était délicieux d'ailleurs, j'ai pris grand plaisir en le mangeant, presque autant qu'à les regarder le couper. Le spectacle, voyez-vous, consistait à le faire en plein milieu de la salle. Dommage qu'il fut aussi bien coupé, il aurait été amusant que la soirée prenne un tout autre tournant... Je plaisante, bien sûr.

Nous reviendrons sur votre humour. Il est rare que vous parliez de votre frère.

Il me déteste, pas que cela me fasse quelque chose, mais cela rend forcément nos rencontres moins fréquentes. Je sais qu'il revenait fréquemment au Japon pour voir Hakemi, mais il prenait toujours soin de le faire hors de la maison. Pour des raisons évidentes, il n'aime pas non plus notre père, mais il en a trop peur pour lui être sciemment hostile. Quant à Yoko, il l'avait toujours vu comme une femme stupide, et je ne peux pas lui donner tort sur ce point. Je crois bien que c'était là notre seul avis commun...

En aviez-vous d'autres?

Non. Nous sommes le jour et la nuit. Il n'a jamais pu m'aimer. Même quand nous étions enfants, il m'évitait comme une pestiférée et faisait de son mieux pour encourager Hakemi à faire de même. Sauf qu'elle n'avait pas son... Instinct, dirons-nous. Alors, il passait tout son temps hors de cette maison qu'il ne considérait probablement plus comme la sienne depuis le divorce de sa mère - les voies de l'incontestable sont impénétrables. Il parlait peu d’elle mais, je sais qu'il entretenait une correspondance avec sa génitrice. Une anti-incontestable comme on ne les aime pas. C'est elle qui, sans surprise, lui inculqua sa haine de l'incontestable et ses idées extrémistes. Il quitta la maison très tôt - sur sa demande - pour aller faire ses études en Amérique avec le consentement de notre père qui voyait là un moyen de se débarrasser d’un élément perturbateur, lui ordonnant juste de se faire oublier et de ne pas lui donner de raisons d'être en colère... Ce qu'il ne respecta pas, naturellement: loin des yeux, loin de la peur.

Et vous, que faisiez-vous en ce temps?

Moi, je venais d'avoir sept ans, le temps de cerisier commençait tout juste à se faire connaître, j’étais surtout prise avec les nombreux cours d’actrice de mon quotidien. Je n'avais pas le temps de m'occuper du départ de l'autre tare de la famille. Il ne m'a pas dit au revoir avant son départ - j'en ai souri. Quelle ironie, non ? Tandis qu'il écrivait plusieurs livres sous pseudonyme contre le régime japonais, perdu en Amérique, moi, j’ai fait de mon mieux pour apprendre à toutes les jeunes générations à aimer et chérir ce même régime et son dieu-machine qu'il dénigrait de façon si virulente à l'autre bout du monde. Amusant, n'est-ce pas? Le jour et la nuit, comme vous pouvez le constater.

Je vois. Que pensez-vous de son retour?

Amusant, là encore. Au final, vous avez beau vous débattre, vous croire au-dessus de tous, vous êtes vite rappelé à notre statut de mouton quand sonne enfin l'heure de se rendre à l’abattoir. Il avait tenu cinq jours, avant de rentrer au Japon à toute vitesse, la queue entre les jambes de peur des conséquences. Au fond, je n'arrive pas à savoir si c'est réellement l'idée de voir la milice venir le chercher, où celle de mettre notre père de forte mauvaise humeur, qui lui fit le plus peur. D’ailleurs, vous avez sûrement des informations que je n’ai pas, à ce sujet. Père l'a-t-il appelé? Qu'a-t-il dit pour l'amener à changer d'avis si vite, le faisant revenir jouer les gentils citoyens japonais? Lui a-t-il fait peur? J'aime à penser que oui.

Selon-vous, votre père vous manipule donc à ce point?

Naturellement, et il a bien raison. Il ne faut rien négliger quand on vise le ministère. Il tient nos laisses - surtout la mienne, vous en conviendrez - entourées autour de son poing serré, nous étranglant avec si nécessaire. Que nous le voulions ou non, nous sommes ses enfants indésirés, et il nous déteste pour cela : nous sommes la preuve vivante que même lui n'est qu'un mouton, sous son pelage de loup.

Il semble pourtant particulièrement attentif à vous.

Surtout depuis Kyandi à vrai dire. Il nous veut parfaits, car chaque tache que nous ferons, chaque erreur que nous commettrons, se répercutera sur son blanc lainage de par notre nom, notre lignage. Ceci dit, avec Hakemi, il n'a rien à craindre: elle sera bientôt une fière petite poule pondeuse. Moi, il a su me faire rentrer dans l'engrenage en jouant avec mes envies et en vous utilisant comme filet de rattrapage. Je lui suis désormais semblable, docile. Mais Kagari... S'il n'était pas aussi idiot, j'admirerais presque sa détermination à vouloir constamment se battre contre des moulins, ce brave bélier qu'il me tarde de voir casser ses cornes...

Novembre 2109


Je ne pensais qu’on se reverrait aussi vite après la catastrophe, mais Kyandi Love est plus que jamais sollicité, et après la mort de Yoko…

Toutes mes condoléances Aiko dans ces moments difficiles.

Ce n’est pas aussi difficile que vous le croyez. Enfin… Je ne sais pas. J’ai un sentiment d’inachèvement, tout au plus. Au moins nous avons pu retrouver son corps et l’incinérer décemment. Son autel a été mis a coté de celui de la mère d’Hakemi, quelle ironie.

Que ressentez-vous par rapport à cette perte, Aiko ?

Peu de choses, en vérité. J’ai juste le sentiment qu’on m’a retiré une épine du pied, mais une épine à laquelle j’étais habituée. Quelque chose qui faisait partie de mon monde, et avec lequel je composais depuis si longtemps. Ce qui m’inquiète en vérité, c’est surtout le fait que mon père est désormais veuf, pour la seconde fois.

Craignez-vous qu’il soit remarié.

Oui.

Pourquoi ?

Je… Je ne sais pas si je supporterai d’être remplacé. Je sais comment il fonctionne. Il dénigre ses femmes, mais espère toujours un héritier pour honorer sa famille et transmettre son nom. Kagari lui fait honte, et Hakemi et moi-même finirons par être assimilées à une autre famille. Je ne sais pas comment je réagirais si cela devait arriver. S’il venait à avoir un fils plus intéressant que moi. Ou pire, une fille.

N’y voyez-vous pas une occasion de vous détacher de ses attentes ? Pourquoi avez-vous tant besoin de son intention, Aiko ?

Je… Je ne sais pas. Ou peut-être que je ne veux pas le savoir. Mais maintenant qu’il n’y a plus Yoko, maintenant que je suis au même niveau que ma sœur, je… Je me sens inexplicablement emplie de frustration et de honte. Décidèrent, jusqu’au bout, Yoko aura été une mère déplorable.

Avez-vous repris contact avec Hakemi ?

Elle était à la cérémonie. Mais Kagari était aussi là alors… Non. Peu importe. Je n’ai pas besoin d’elle. Je n’ai besoin de personne. Et j’ai trop à faire avec ma carrière de toute façon pour me laisser aller à quelques sensibleries familiales.

Avril 2110


Êtes-vous mariée, Docteur?

En effet. Redoutez-vous le mariage, Aiko?

Non, pas réellement. Yoko a toujours fait en sorte de me lancer dans le show-business le plus tôt possible justement pour que cela ne soit pas un frein à ma carrière. Contrairement à Kagari, j'ai préféré apprendre, m'adapter aux rouages du système plutôt que d'essayer de passer à travers. C'est un combat perdu d'avance. On ne gagne jamais à vouloir démolir des forteresses, surtout quand elles forment un pays. Détruisez un rouage, une pierre, et ils en mettront une autre à sa place, ce n'est pas ce qui manque. Nous sommes tous remplaçables... Il est nettement préférable de capituler dès le début, c'est un gain de temps considérable. Alors non, je n'ai pas peur du mariage, mes agents ont déjà plein d'idées pour que cela ne soit pas la fin de ma carrière, mais chaque chose en son temps...

Je comprends. Mais cette question avait pourtant un but.

Vous connaissez forcément l'histoire de la mère d'Hakemi. Il vous en a parlé, non?

Pourquoi continuez-vous à vouloir parler de mes autres patients? Vous savez que je ne peux pas vous répondre.

Un simple oui aurait suffi, docteur. Il vous en a forcément parlé. Cette femme m'a toujours paru parfaitement pitoyable. Son suicide n'apporta rien, ni à sa famille, ni même a sa cause. Pour protester, il faut être vivant, les morts, eux, ne peuvent plus rien dire où faire. Mon père eut vite fait de la décrire comme une femme fragile et folle, décrédibilisant son geste de désespoir par des relents instables, et faisant d'Hakemi une sorte d'impure, héritière du sang fou de sa mère. Je me demande parfois si, un jour, elle se suicidera aussi, comme sa mère. C'est son héritage, non? Nous ne pouvons pas aller contre.

Quel héritage aimeriez-vous donner à vos enfants, Aiko?

L’immortalité par l’héritage, c’est plutôt le truc de mon père. La maternité ne me semble pas être quelque chose d’enviable, pour ma part. L’idée qu’on me pousse à faire passer un enfant avant mes propres besoins est tellement grotesque. Je me suis toujours dit que je n'en voudrais pas, hormis sur incontestable demande… Cependant il y a Kyandi Love dans la balance, et le fait de devoir montrer que relancer la courbe démographique du pays est une bonne chose. Je dois rester un modèle, c'est écrit noir sur blanc, alors j’imagine que je reprendrai les méthodes de mon père pour les tenir bien à leur place, pour qu’ainsi ils ne viennent pas déranger mes ambitions. Les mains de fer et les gants de velours…

Décembre 2110


Mentez-vous, Aiko? Dans cette pièce, j’entends.

Pas à vous. Cela serait grotesque et rendrait ces séances inutiles, ce qui serait fort pénible, vu le temps qu'elles me prennent chaque semaine. Vous savez, j'ai un agenda de ministre. Et puisque le secret médical ainsi que votre contrat vous empêchent de parler ouvertement de vos patients, alors je ne crains pas que vous me portiez préjudice... À moins que vous ne parliez de moi de façon détournée? Sous un faux nom ? Quel terme employez-vous pour me désigner? La patiente solaire? Le pantin marionnettiste, pour reprendre vos mots ?

Je ne parle jamais de mes patients, je vous l'ai déjà dit. Ni à vous, ni aux autres. Vous comprenez à quel point il est important que nos échanges se basent sur l’honnêteté, n'est-ce pas?

Je suis toujours honnête, avec vous du moins, n’est-ce pas suffisant ?

Vous l'êtes peut-être plus qu'avec la moyenne des gens, je le conçois, mais vous ne l'êtes pas totalement, aussi est-il nécessaire qu'au moins l'un de nous le soit pour que nos échanges aient un sens.

Je suis honnête, aussi honnête que l'est cette dite moyenne des gens, docteur.

Pas exactement… Ou pas totalement. J'ai des échanges avec des visages, des personnalités reprenant une part de vous, des variantes de vous et tout ce que je peux faire, c’est espérer que celle qui se cache derrière y trouve ce dont elle a besoin.

À vous entendre, je me voile constamment, ironique pour quelqu'un qui aime à ce point avoir l'attention du monde braqué sur soi, vous ne pensez pas? Et fatiguant aussi.

Oui. Vous devez vous sentir fatiguée. Et seule. Avez-vous repris contact avec votre sœur ?

… Ce n’est pas le sujet. Et puis, j'ai des amies, vous savez.

Je ne pense pas. Au fil de nos conversations, j'ai pu analyser que vous aviez une famille dont toutes les attentions à votre égard ne sont dictées que par l'avidité, mais aucunement par l'amour ou la tendresse, schéma que vous avez ensuite répété toute votre vie. Vous ne venez vers les autres que si vous avez quelque chose à y gagner, puis vous prenez toujours soin de tout faire s’écrouler ensuite pour ne pas créer de lien. Dans votre métier, vous n'avez des collègues que vous voyez comme des rivaux à surveiller, et des fans vous admirant aveuglément, mais personne qui vous soit proche. Qu'importent les autres, vous restez toujours de l'autre côté de ce voile que vous placez constamment sur votre personnalité. En réalité, vous n'approchez personne. Vous êtes incapable d'avoir confiance en qui que ce soit.

Et pourtant, je suis ici chaque mardi, sans exception. Je vous approche, ne suis-je pas en train de vous faire confiance?

Mais je ne suis pas votre amie, je suis votre médecin. Vous venez parce que vous avez besoin de quelqu'un pour vous perfectionner, au vu de vos pathologies, dont vous savez que les lèvres resteront closes. Vous ne cherchez pas mon amitié, mais uniquement à mettre en exergue vos failles. J'en vois assez pour discerner votre nature, et pourtant, je vous apprécie. Pourquoi en serait-il différent pour les autres?

J'apprécie la solitude. Elle est le poids de toutes les âmes différentes, et de toutes celles qui veulent s'élever, à vous d'en faire une force. Depuis que je suis devenue Kyandi, j'ai l'impression de vivre au sommet d'une pyramide. D'ici, la vue est magnifique, mais la foule en bas semble si lointaine qu'on ne dirait rien d'autre que des fourmis. Elles grouillent, elles rampent... Et vous écœurent.

Dites-moi, docteur, qui voudrait être ami avec des fourmis?

Mai 2111


Parlez-moi de votre enfance, Aiko.

Inexistante ? Je n’avais pas vraiment le temps de jouer à la poupée, si c’est là votre question. Mon temps libre était limité : Yoko, contrairement à moi, appréciait beaucoup de jouer avec sa poupée de chair, paradant partout où elle le pouvait, moi à son bras... Et quand elle se lassait et me laisser enfin de l’espace, il me fallait étudier pour ne pas faire honte à notre père. J’ai très vite suivi des études à domicile, ce qui limita encore plus mes interactions avec des semblables de mon âge, mais c’était plus facile pour gérer ma carrière, et c’était tout ce qui comptait pour Yoko. Donc oui, le concept d’enfance reste très flou, pour moi.

Vous n'avez jamais été dans une classe?

Je me souviens avoir fait quelques classes, très jeunes, mais je ne me souviens pas être rentrée en primaire. Je me souviens en revanche du défilé des précepteurs.

Qu'étudiez-vous?

Tout, de façon très condensée. L'histoire, la danse, le théâtre, l'anthropologie, les langues, un peu de science, aussi, puis l'informatique, plus par nécessité qu'autre chose. J'apprenais aussi à avoir une hygiène de vie irréprochable, pour que mon apparence ne puisse en pâtir. Hormis les pâtisseries qu'Hakemi utilisait pour m'amadouer, je ne me souviens pas avoir eu beaucoup de sucreries dans mon enfance. Je pense que mon aversion pour la nourriture m’a été en grande partie inculquée par Yoko. Enfin, qu’importe, j’étudiais et je travaillais continuellement, donc, et c’était probablement mieux ainsi : l'important était surtout de ne pas s'ennuyer. Père disait que l'ennui était notre pire ennemi, et j'ai toujours été très difficile à distraire...

Vous ennuyez-vous souvent?

Vous n'imaginez même pas. Tout a tendance à m'ennuyer sur une durée assez longue, Yoko fut la première à l’expérimenter. Si, au début, elle me fut bien utile pour comprendre sa façon d'être et ainsi de me faire aimer en calquant ses mimiques, très vite je la trouvai banale, trop simple à berner... Fort heureusement, c'est à cette même période que je fis mes premiers pas sur le petit écran. Entourée de tant d'acteurs et d'actrices, je ne pus que parfaire mon jeu. J'ai toujours du mal à pleurer sur demande, c'est quelque chose que je ne sais vraiment pas faire, mais pour le reste, Kyandi est très convaincante. Surtout pour la candeur...

Vous restait-il du temps pour vous amuser, pour être une enfant? Avoir des amis de votre âge?

Leurrer son monde est amusant. Jouer futilement, en revanche... J'appris à prendre bien plus de plaisir à parfaire un sourire et à comprendre la nature des autres, qu'à courir après un chien et ou gribouiller sur une feuille comme Hakemi. Je n'avais pas envie d'être une enfant, encore moins pour m'entourer d'autres enfants idiots aux mains sales, incapables d'avoir une discussion digne de ce nom... Je n’avais pas la sensation qu’une enfant pourrait intéresser père, alors je ne voulais pas en être une. Ainsi, seule, j'avais plus de temps pour apprendre. J'ai beaucoup gagné au change, vous ne pouvez pas le nier.

Qu'est-ce qui vous fait penser cela?

Allons, c'est une évidence. Là où ceux de mon âge préféraient perdre leurs précieuses capacités cognitives à courir après une balle, moi, j'apprenais déjà l'art de la rhétorique. Vous souvenez-vous, la première fois que je suis venue dans ce bureau? Vous n'avez pas pu l'oublier. Tout ça pour une histoire stupide de chien perdu. Dites-moi, qu'avez-vous vu, ce jour-là, quand je suis venue pour la première fois dans ce bureau? Tout sauf une enfant, j'en suis certaine.

Détrompez-vous. J'ai bien vu une enfant. Une enfant jouant à l'adulte. Une enfant privée d'enfance. Une enfant qui, malgré toutes ses capacités, décidait de mener une carrière qui n'en exploiterait qu'une infime partie. Pourquoi? Vous aviez bien des moyens d'être admirée sans avoir constamment le besoin de vous battre contre votre ennui.

Vous l'avez dit vous-même non? Que je le veuille ou non, je ne peux renier ma mère, ma parenté. Si la mère d'Hakemi n'était qu'une pitoyable suicidaire, et celle de Kagari une anti-incontestable idiote, la mienne n’était qu'une grotesque idole de bas étage, n'ayant rien trouvé à me léguer de mieux que ses rêves brisés et ses espoirs frustrés... J'ai le caractère de mon père, et les envies de ma mère, c'est ce qui me caractérise, ce qui m’a façonné. C'est mon héritage, mon paradoxe... Et un bien curieux mélange, si vous voulez mon avis.

Juillet 2111


Lisez-vous docteur?

Je prends beaucoup de plaisir à lecture. Et vous, Aiko?

Oui. J'aime lire, et fort heureusement, père aussi. D'ailleurs, il semble aimer les collections papiers, plus pour la prestance qu'impose une lourde bibliothèque richement composé, véritable étalage de savoir et de connaissances, que par réel rejet d'une bibliothèque numérique. Il est autant collectionneur que lecteur, préférant les vieilles éditions, celles qu'on ne trouve plus, aussi poussiéreuses qu'onéreuses. Un vrai paon. Et je le comprends, tous nos invités sont toujours intimidés par sa bibliothèque. Soudainement, ils prennent conscience de leurs conditions de pauvres cancres. J'ai d'ailleurs principalement appris l'anglais pour pouvoir lire ses livres... Ainsi que ceux de mon frère. Presque impossible à se procurer, d'ailleurs. Vous savez ce que c'est, la censure, ainsi de suite... Pourtant, si vous y mettez les moyens, il y aura toujours des possibilités d'avoir ce que l'on désire, si vous n'avez pas froid aux yeux. Tout est une question de volonté et de moyens.

Les livres de votre frère ne sont-ils pas contestataires du Régime?

En effet, mais je ne comprends pas réellement le pourquoi de cette question. Si nous étions obligés d'approuver tous les livres que nous lisons, beaucoup seraient morts en refusant de lire le manuel de l'incontestable, restant parfaitement incapable de savoir comment marche la reproduction... ''Sois proche de tes amis, encore plus de tes ennemis'', pour combattre des idées, il faut les comprendre, et comment les comprendre si l'on en ignore tout? Ce qui n’empêche pas mon frère d'être un écrivain désastreux ayant une plume plutôt médiocre, mais ce n'est pas le cas tous ces livres à la plume si virulente qu'il garde loin des yeux de nos invités, mais qu'il me laisse pourtant lire. Je crois que j'ai assez fait mes preuves pour qu'il se décide à me faire confiance, le fait qu'il m'y donne accès le prouve. J'ai beaucoup appris en lisant ces livres. Certains savent manier les mots comme nous nous manions l'image. Ils ont tort, vous savez, de les négliger...

Parfois on ne peut rien faire d'autre que regarder.

Oh, ça je le sais bien, je suis d'ailleurs une merveilleuse spectatrice. Même si je préfère agir, avec les années, j'ai appris l'importance de la patience. J'ai toujours trouvé la politique de l'incontestable intéressante. D'un point de vue évolutif, je veux dire. Les Hommes ne peuvent supporter de perdre leur libre-arbitre, tout en étant aussi peu productif que des pandas d'Asie, condamnant ainsi la société à une lente et douloureuse agonie, ainsi privée de sang neuf. La vie est faite de compromis, et c'était évident qu'à force de tous les refuser, des mesures seraient prises.
Depuis, le prix des voitures familiales explosent. Tout le monde semble gagnant.


À chaque événement, sa réponse. Seul le temps jugera de sa justesse.

C'est paradoxal, ce besoin qu'on a de faire survivre l'espèce, quitte à tuer l'autre moitié pour cela. Remarquez, dans un sens, c'est un bon moyen de faire le tri: on élimine les forts esprits et les sociaux, ceux qui peuvent vivre sans qu'on ne leur dise quand s'accoupler, on garde les dociles et les asociaux, ceux qui ont besoin d'une machine pour ne pas oublier de respirer. C'est tordu, mais cela fonctionne: si l'on ne garde que les brebis ayant besoin d'un berger, l'élevage n'aura jamais de fins, et les brebis téméraires seront de moins en moins nombreuses. Cela ne réglera pas le problème, mais au moins il n'y aura plus personne pour contester la solution...

Approuvez-vous cela?

Bien sûr, mais pas de la façon dont vous l'imaginez. Kyandi Love existe grâce à eux, en quelque sorte. Elle existe parce qu’il y a des personnes pour contester, alors il faut en créer pour approuver. Elle est là pour leur montrer comment être une brave brebis gambadant joyeusement après son berger sans jamais s'éloigner du troupeau. Plus la contestation deviendra forte, plus la propagande inconsciente prendra de l’ampleur pour ruiner leurs efforts, et plus je serai sur le devant de la scène. Qu'ils continuent à faire du bruit, je les regarderai faire en applaudissant: c'est toujours intéressant de regarder le bétail se débattant sur le chemin de l’abattoir...

À vous entendre, j'ai presque l'impression que vous vous délectez de cette situation, pour quelle raison cherchez-vous à ce point à vous montrer cynique?

Pour la même raison qui pousse mon père à dénigrer ses femmes, ou celle qui oblige Kagari à attendre la dernière minute du dernier jour pour se rendre au domicile conjugal: car il est difficile d'accepter de n'être qu'une brebis, quand votre seul but est de tenir le bâton du berger… J’attends que Kagari se remette un peu de cette épidémie pour aller lui rendre visite, j’ai bien envie de débattre avec lui pour lui montrer à quel point ses idées sont stériles et sans importance. A quoi bon avec une fratrie si ce n’est pas pour se chamailler avec, dites-moi ?

Avril 2112


La cérémonie mortuaire de Kagari était intéressante. Dire qu’on a incinéré un cercueil vide. Mais cela ne change pas grand-chose…

Je ne suis pas certaine de comprendre.

Mais si, vous savez très bien de quoi je parle. L’épidémie. Le puçage massif qui a suivi. Kagari est tombé malade, et sa puce est devenue défaillante. Que croyez-vous qu’il ait fait, dès qu’il a compris qu’aux yeux de l’incontestable, il était désormais décédé et libéré de son mariage ?

Vous voulez dire…

Voilà. Évidemment père a étouffé l’affaire.. À ses yeux, son fils est mort, et c’est tout ce qu’il faut retenir. On a grassement payé sa femme pour qu’elle garde le secret et affirme sa mort officielle, tout a été signé et les sommes versées. Elle pleurait si bien avec sa petite urne dans les mains, c’était de toute beauté. C’est fou comme l’argent sait sublimer le jeu d’acteur de tout à chacun. Hakemi, cependant, n’est pas au courant de la vérité, et ses larmes étaient peut-être les seules de la famille qui n’étaient pas feintes.

Avez-vous repris contact avec votre sœur ? Après la disparition de votre frère, elle doit se sentir bien seule.

J’espère bien, ça lui apprendra à se détourner de moi.

Après tout ce temps, vous lui portez toujours rancune pour cela ? Pourquoi ne pas essayer pour une fois de faire à votre tour un pas vers quelqu’un. Vous avez perdu votre mère, votre frère, et votre père ne vous accorde pas l’attention que vous espériez. Vous êtes toute la famille qu’il lui reste désormais, et elle est la seule famille qui vous accordera de l’attention.

Elle a quitté la maison maintenant, et elle vit en collocation avec une amie.

Et cela vous dérange.

Oui.

Comme vous dérangeait Ponko ?



Aiko, vous ne pouvez pas refuser continuellement que les gens restent à la place que vous souhaitez, et tous ces changements ne pourront pas disparaître comme Ponko. Vous ne pouvez pas rayer de votre vie n’est pas non plus à la seconde où leur liberté d’action vous frustre .

Pourquoi pas ? Cela a bien fonctionné jusqu’à maintenant.

Oui, et regardez le résultat, vous êtes seule. Vous devez apprendre à composer avec les autres, et non pour les autres. Accepter de ne pas être le seul et unique centre d’intérêt des autres, et que cela ne change pas pour autant l’affection à votre égard. Votre sœur à une vie sans vous, pour autant, qu’est-ce qui l’empercherait de vous y faire une place dedans ?

Mais enfin, pourquoi est-ce si important, que je reprenne contact avec Hakemi ?

Vous souvenez-vous de notre discussion sur l’honnêteté ? Je pense que votre sœur est l’une des rares personnes avec qui vous êtes la plus honnête. Mais vous l’avez poussé à bout, et je sais au fond que vous regrettez de l’avoir perdu, quand bien même votre ego vous pousse à le nier. Je pense pourtant qu’il est nécessaire que vous préserviez les rares liens où vous êtes honnêtes, où vous êtes Aiko, et non Kyandi Love. Aussi agréable que soit cette image faite pour être aimée, vous devez aussi savoir vous en détacher à redevenir vous-même.

Je ne sais pas si je serai capable de le faire, docteur, vous m’en demandez beaucoup, et je ne suis pas certaine d’avoir envie de le faire... Mais je présume que je n’aurais pas d’autres choix que de m’y plier…

Tout ce que je vous demande Aiko, c’est d’essayer. Pensez-vous en être capable ?

Nous le serons bien assez tôt, ma foi.

Janvier 2113


J’ai proposé à Hakemi de la pistonner pour qu’elle rejoigne l’équipe stylistique de Kyandi Love. Son mariage est tendu, alors prendre de la distance par le travail devrait l’aider. Et du travail, on en manque jamais dans le milieu.

Cela veut dire que vous avez une action d’abord pour autrui avant de le faire pour vous-même. C’est une très bonne chose Aiko. Vous avez fait preuve d’empathie.

Ne vous faites pas une fausse idée de me personne, tout cela reste très calculé. Je me suis surtout dit qu’injecter un peu de la mode française dans les tenues de Kyandi Love pourrait être un plus, c’est tout. Il s’avérait que ma sœur avait justement étudié là-bas, et puisqu’elle avait démissionné il y a quelques mois pour se concentrer sur son mariage… J’ai vu là un moyen de faire une pierre deux coups.

C’est un bon début. Vos relations se sont-elles apaisées ?

Quelque peu. Nous avons parlé de Ponko, sous votre conseil, mais le sujet reste houleux. Nous ne parlons en revanche pas vraiment de Kagari, elle est encore trop affectée par son décès. Je ne lui dirais pas la vérité. Cependant avoir repris contact avec elle me permet de surveiller plus efficacement qu’il n’essaie pas de la contacter, et se faisant, cela me permet de satisfaire notre père, qui me laisse alors tranquille.

Craignez-vous toujours qu’il se remarie ?

Oui, et non. Cela fait plusieurs années maintenant que Yoko est morte, je me serais attendue à ce que la fameuse lettre rose arrive rapidement, mais rien. Bien sûr, il n’est pas impossible qu’elle arrive malgré tout ce temps… Ceci dit, si une lettre venait à arriver à la maison, il y aurait presque autant de chance qu’elle soit pour moi que pour lui, désormais. Pour sa part, père est satisfait de sa situation, et semble plus occupé par sa carrière politique qu’autre chose. Il n’est presque plus à la maison désormais, restant dans ses appartements de fonction, si bien qu’il peut se passer un mois sans que l’on ne se croise jamais. La perte de son fils unique n’a pas changé son désintérêt pour ses filles.

Comment le vivez-vous ?

Je n’ai pas le temps de m’en émouvoir. La carrière de Kyandi doit continuer à progresser, et maintenant qu’elle est en âge de se marier, il y a plein de nouveaux concept à aborder, ma palette s’est encore agrandi. Je n’attends plus qu’il me remarque, désormais, je compte bien continuer ma route vers les sommets : ma vengeance viendra le jour où je le dépasserai et que tout ce qu’il pourra faire, c’est me regarder le dépasser sans se retourner…
— Just Married —

Sam 18 Déc - 7:44
Messages postés : 19
Inscrit.e le : 03/12/2021

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Pon pon pon ♪
Merci pour vos messages de (re)bienvenue Aiko Tokugawa 2837215391

Navrée pour le temps que m'a pris la réecriture (et pour la longueur de l'histoire, vraiment), mais je pense avoir terminé!
Lisalisa

Sam 18 Déc - 21:43
Messages postés : 639
Inscrit.e le : 24/07/2020

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
Modération de fiche

Le staff de Just Married te souhaite la bienvenue sur le forum ! ♥

Introduction
Je dirai même rebienvenue du coup ! o/

Il me faut sa date de naissance complète.
doublage de manga : on double des anime

Histoire

leurs prénoms
ne s’en ait
cours de chants et de danses
à étouffé
les sommes versés
faite pour être aimé

L'aimiez-vous?
Autant qu'on aime un chien.
Et aimez-vous les chiens?
Tant qu’ils restent à leur place…

Elle se montrait, de fait, excessivement patiente et accommodante avec moi, chose somme toute assez utile, car cela me permettait d’abuser d’elle à profusion.


Sympa pour sa soeur 😂, et le psychiatre n’a relevé aucun souci suite à cela ? Parce qu’il y a clairement un comportement alarmant.
Alors non, je n'ai pas peur du mariage, mes agents ont déjà plein d'idées pour que cela ne soit pas la fin de ma carrière- à titre informatif, tu l’as bien expliqué après pour la question des enfants, si elle est une marionnette de la propagande, son mariage serait au contraire une très bonne nouvelle, après tout ses fans et son agence ne devraient-ils pas être heureux qu’elle soit mariée (ils savent très bien ce qui l’attend).
Caractère

pour être aimé, adoré
ressentit
conservée
leurs douleurs, leurs joies - leur

Après avoir lu ton histoire je comprends d’où elle peut avoir tiré sa façon d’être, néanmoins si je compare le caractère de Aiko à son âge, je le trouve assez excessif. Elle reste une ado, comment ce serait possible qu’elle arrive à tromper tout son monde comme elle le dit, limite qu’il soit à ses pieds, qu’elle arrive à utiliser les mots et gestes pour tout avoir sa guise, amadouer les autres ? Parce qu’à 16 ans on conserve une part d’immaturité et beaucoup de choses nous échappent encore. De plus, elle manque d’empathie, n’éprouve aucune culpabilité, est très cruelle dans sa manière de parler de sa famille et des gens en général, ça se rapproche de la sociopathie et c'est un trouble de la personnalité qui reste rare. Aiko Tokugawa 517494357

Aussi, même si elle est populaire et aimée, elle reste une idole (qu’importe le type d’agence) et leur statut au Japon n’est pas des plus meilleurs, c’est plus elle qui serait manipulée et forcée à se tenir correctement même en coulisses sous peine de recadrement strict par le staff. Tu le dis toi-même, elle a un rôle à jouer et ce rôle doit être tenu à la perfection. Si je pousse plus loin, personne ne voudrait signer et continuer à travailler avec une fillette qui se croit intouchable et qui a un comportement proche d’une peste, sachant que cette belle image qu'on apprécie, qui fait ce qu'elle est, a été crée de toute pièce, on la tient un peu par le collier et elle semble oublier que ce qu'elle est vraiment pourrait détruire sa carrière.
Et n'est-elle pas énervée ou frustrée à force par ce si grand écart entre ce qu’elle est, Aiko, et Kyarin ? Ça sent tôt ou tard le dérapage en public. Aiko Tokugawa 128457956

Je te conseillerai de la vieillir et de nuancer/revoir certains points que tu pourras renforcer plus tard, ils restent de bonnes pistes d’évolution.

Physique

ou tout débordement - où
punie
et ou
devirent
erreurs [...] puni

Il faudrait avoir la main plus légère sur le nombre d’interventions chirurgicales durant sa jeunesse, je ne suis pas sûre que des chirurgiens puissent accepter d’autant opérer une fille qui est encore bien jeune, même si sa mère aurait insisté.

Conclusion
J'ai décidé de ne pas te relever son élocution très soutenue pour son âge parce que je me dis que ça peut arriver, avec une très bonne éducation, il faudrait toutefois ne pas oublier qu'elle reste une enfant. Sinon l'ensemble de ta fiche est très bien raconté, on la cerne vite et on se demande comment elle peut changer et si elle finira par reconnaître ses vrais problèmes. 🙏 Il y a du coup ce souci avec ces multiples défauts qui font que cela fait trop pour 16 ans. Elle a une enfance et une vie qui se prêteraient à ce genre de personnalité, mais ça fait tout de même très adulte et je verrai plus cela pour un personnage plus vieux. Je peux aussi concevoir qu'au vu du feat choisi tu n'aies pas forcément d'images qui fassent plus vieux, dans ce cas il faudrait alléger.

Bon courage pour les modifications ! En cas de problème, de doute, n'hésite pas à contacter un des membres de l'administration, nous serions ravis de te venir en aide ! :)

Modération : 1/3

Nous analysons au maximum trois fois une fiche, après cela, si nous ne pouvons toujours pas la valider, nous serons malheureusement obligés de la refuser. Nous ne pouvons nous permettre de reprendre chaque fiche dix ou vingt fois, cela serait autant pénible pour vous que pour nous. Merci de votre compréhension. ♥

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Aiko Tokugawa Unknown
Aiko Tokugawa CjjIPFG Aiko Tokugawa UlmRG6s Aiko Tokugawa NlRYT1U Aiko Tokugawa NwQ16ft
one brain cell:
Aiko Tokugawa Rgun

merci Hatoclown, Fu, Zach et Eiji pour les avatars ღ
— Just Married —

Dim 19 Déc - 0:21
Messages postés : 19
Inscrit.e le : 03/12/2021

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Pon pon pon ♪
Bonjour !

Alors nullement l'idée de remettre en cause votre correction, et je vous remercie d'ailleurs pour cette dernière et pour le temps que vous y avez consacré ! Je viens juste expliquer mon point de vue et donner des détails sur les points qui ont été relevés, histoire de voir si cela est négociable. En attendant j'ai corrigé les fautes, merci !

Pour ce qui est de la psychiatre, elle a en effet relevé des points psychiatriques, c'est aussi pour cela qu'Aiko a un suivi de façon hebdomadaire et non mensuel ou bi-mensuel, mais rien qui amènerait une rupture de contrat. Aiko reste décidée à jouer son rôle envers et contre tout, elle n'est en rien anti-incontestable, et comprend parfaitement que la portée de ses actes ne lui permet pas de faire n'importe quoi, expliquant qu'elle ne permet cette franchise de parole que dans la sécurité du cabinet. J'avais demandé l'autorisation lors de sa création, donc oui, elle est dans le registre de la psychopathie, mais ce n'est pas un diagnostique reconnu, car trop flou dans ses critères, et doit probablement se trouver quelque part dans les personnalités narcissiques et les troubles de la personnalité antisociale (mais il me semble que ces diagnostiques de ce type se posent après dix-huit ans). Après, je préfère me concentrer sur les symptômes que sur les diagnostiques. Mais cela ne fait pas d'elle une criminelle ou une tueuse en devenir, elle s'intègre à la société tout comme son père, dont il est plusieurs fois dit qu'il lui ressemble grandement, cela joue surtout sur leur rapport aux autres.

Pour autant elle a montré une capacité à évoluer, même si cela peut sembler infime. Quand bien même elle ne veut pas reconnaître ses torts avec Hakemi, elle finit par accepter de reprendre contact avec elle, de s'excuser pour son attitude et d'entamer une relation presque normale avec elle, sans l'humilier ou l'utiliser (quand bien même elle se drape dans le fait que sa sœur peut être utile à sa carrière alors que bon, les stylistes ce n'est pas ce qui doit lui manquer...)

Pour ce qui est du mariage, en effet ! Après tout toute l'idée est de jouer une idole mariée :D Mais je le précise simplement parce que je me dis qu'une partie du public doit aussi être conservée avec l'espoir que ce soit eux qui seront choisis pour se marier avec Kayrin, et que forcément, cela amènera une frustration et une perte de fanbase quand elle sera mariée à autrui, d'où le fait que je précise qu'ils ont déjà des idées pour palier à cela ( hohoho )

Pour ce qui est de son caractère, c'est en effet beaucoup, mais cela s'explique principalement par les milieux dans lesquels elle a évolué et dans quelles conditions, coupée en grande partie de tout ce qui se rattache à l'enfance (déscolarisation, pas d'amis de son âge, ect). Elle a été soumise très tôt à une pression forte et à une régulation très importante de ses parents, son père se montrant très restrictif, et sa mère humiliante. Essayant en vain de gagner leur validation, elle s'y est plié. Son entourage familial lui était hostile (hormis Hakemi), et le monde des idoles n'était clairement pas mieux, la poussant rapidement à évoluer pour survivre, se coupant de ses affects. Elle n'est pas exempte d'immaturité et d'émotions, cependant elle a appris à se contrôler pour ne pas exploser tant qu'elle n'est pas isolée, son père ayant été intransigeant à ce sujet. Elle ne veut pas montrer ses faiblesses.

Elle trompe son monde, mais il est précisé néanmoins qu'elle limite ce dernier justement pour le contrôler : elle n'a pas d'amis, pas de liens, et coupe généralement rapidement court aux relations pour ne pas se faire prendre (raison pour laquelle sa psychiatre la pousse à reprendre contact avec Hakemi). Kayrin quant à elle n'a que des relations de surfaces. Finalement, elle manipule surtout les deux milieux qu'elle connait : son milieu familial et ses proches collaborateurs. Pour le fait qu'elle reste immature et qu'elle ne contrôle pas tout, c'est dit, elle fait encore des erreurs, mais ne se le pardonne pas et se montre très critique avec elle-même (comme l'était ses parents), ce qui la pousse à éviter de les commettre trop souvent (sans quoi sa fiabilité aurait été remise en cause). Pour ce qui est de ce qu'elle ne maîtrise pas ou qui lui échappe, il est dit qu'elle se pare souvent de neutralité prudente le temps de comprendre ce qu'on attend d'elle et de trouver les bons points sur lesquels jouer, comme un musicien cherchant les bonnes notes pour commencer sa partition. C'est aussi pour cela qu'elle est aussi réfractaire à la nouveauté dans son cercle proche.

Il est aussi dit qu'Aiko ne se montre pas sous son vrai jour. Elle l'a peut-être fait dans ses premières années de jeunesse, faisant caprices et crises (et elle en faisait après tout encore dans le milieu familial, cf. le départ d'Hakemi), mais encore une fois a dû être rudement punie et humiliée pour cela, et a du rapidement ébaucher un personnage pour être aimé (il est dit qu'elle a dans un premier temps copié la personnalité de sa mère pour cela, puis s'en est détournée quand elle à commencer à trouver d'autres modèles plus efficaces), donc l'image sociale d'Aiko est très clean et polie, mais bien moins joyeuse ou naïve que celle de Kayrin.

Pour ce qui est de la frustration d'être Kyarin et d'être aimée pour Kayrin, Aiko n'en éprouve pas (elle frustrée sur d'autres points, mais pas ça). Comme dit elle aime contrôler et avoir le pouvoir, et mentir est une forme de pouvoir. Le fait que justement elle ne soit pas attachée à la réalité, l'empêche de se sentir frustrée à ce sujet, c'est qu'elle soit le centre de l'attention. Elle est vraiment accroc à cela, qu'importe s'ils ne la connaissent pas vraiment, ça n'a pas d'importance pour elle. Ils l'aiment, et c'est tout. Je pense même qu'être Kayrin est une façon de canaliser sa compulsion au mensonge, car c'est un personnage fait de toute pièce, donc tout ce qu'elle fait avec est un mensonge. C'est aussi pour cela qu'elle ne dérape pas, et que malgré son caractère, elle reste fiable : elle gagne quelque chose personnellement et ne veut pas perdre cela.

Pour ce qui est de sa jeunesse, j'aimerais si possible la conserver, pour éviter qu'elle soit inatteignable et déjà trop rodée. C'est justement un contraste que je trouve interessant à jouer, la différence entre cette personnalité très mature, et sa jeunesse qu'elle ne laisse pas évoluer, la prenant pour une faiblesse. L'intérêt sera l'évolution qui en découlera une fois obligée de côtoyer quelqu'un au quotidien et de ne pas pouvoir couper les liens avec comme elle fait d'habitude pour ne pas se faire prendre. Bon, elle est déjà bien atteinte et ne pourra pas faire de revirement a 180 degrés, mais elle peut encore trouver des nuances, il reste possible de l'atteindre. Son âge est une faiblesse, une frustration importante pour elle, parce que cela l'amène à faire des erreurs, comme dit, mais cela fait aussi qu'on la regarde de haut ou qu'on ne la considère pas (cf. son père), sans compter le fait d'être une mineur. Il sert justement à contrebalancer ce contrôle qu'elle sur elle-même et ses ambitions démesurées parce que le monde, lui, voit une enfant.

Pour la chirurgie c'est beaucoup, c'est pour cela que je suis restée floue sur le sujet niveau temporalité, parce que ça aurait été galère d'énumérer l'ensemble. Je ne voulais pas qu'elle soit naturellement belle, et en me renseignant j'ai appris que les idoles, même mineurs, avait recours à la chirurgie rapidement (ne serait-ce que celle des paupières). Je présume qu'on peut toujours trouver des chirurgiens moins éthiques que d'autres. Toutes les opérations n'ont pas été faites dans l'enfance, une partie a été faite dans la pré-adolescence et une autre dans l'adolescence, je ne sais juste pas les placer temporellement. Je me suis aussi dit que les chirurgiens auraient pu montrer des scrupules à opérer une petite fille à plusieurs reprises, mais je me suis aussi dit que si Yoko ne trouvait soit d'autres cabinets au Japon, ou aurait pu simplement se tourner vers des professionnels d'autres pays.
Lisalisa

Dim 19 Déc - 14:16
Messages postés : 639
Inscrit.e le : 24/07/2020

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
Hello !

Aucun souci pour cette réponse, au contraire il est toujours bon de discuter ainsi. Aiko Tokugawa 4115966937

J'ai du coup lu ton argumentaire, il m'a permis de comprendre que tu savais qu'elle avait un trouble de la personnalité, on ne sait jamais il peut arriver que des gens se lancent sans savoir et que cela donne lieu à bien des soucis.
Cela a été accepté à l'époque, sache que ton personnage peut être accepté mais tu devras faire attention et ne pas omettre ce détail dans tes rp !

Maintenant, son âge me pose quand même souci, je peux accepter qu'elle ait au minimum 18 ans (il faudra sous-entendre son diagnostique, je ne te demande pas de le détailler si jamais tu voudrais le faire in-rp).
Et pour les interventions chirurgicales, qu'il y ait des chirurgiens japonais ou étrangers qui sont prêts à bousculer leur éthique pour une patiente c'est peut-être le cas irl, mais sur le forum en tout cas nous le refusons. Les paupières se font souvent en Corée du Sud donc à la limite c'est ok, mais les autres devront être faites lors de sa majorité. Comme alternative Aiko aurait pu jouer des artifices, le maquillage fait des merveilles et photoshop ! Tu peux également dire que sa mère aurait désespérément voulu que ça se fasse au vu de son physique qu'elle juge imparfait. :)

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Aiko Tokugawa Unknown
Aiko Tokugawa CjjIPFG Aiko Tokugawa UlmRG6s Aiko Tokugawa NlRYT1U Aiko Tokugawa NwQ16ft
one brain cell:
Aiko Tokugawa Rgun

merci Hatoclown, Fu, Zach et Eiji pour les avatars ღ
— Just Married —

Lun 20 Déc - 7:25
Messages postés : 19
Inscrit.e le : 03/12/2021

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Pon pon pon ♪
Bonjour!

Pas de problème, je comprends bien. En effet, je disais justement cela pour dire que j'avais demandé l'autorisation la première fois, consiente que ce n'était pas anodin comme pathologie à jouer, et que j'avais bien compris les mises en garde.

J'ai donc ajouté deux ans à Aiko (et j'ai modifié les dates des premiers entretients pour que ça reste cohérent)
J'en modifié la partie physique sur la chirugie disant du coup qu'elle n'a eu que des chirugies mineurs dans sa jeunesse et n'a repris les opérations qu'à l'age requis.
J'ai ajouté un sous-entendu à son diagnostique dans son histoire, aussi!
(J'ai mis en gras pour aider à trouver les changements/ajouts)

En espérant que ça ira!
Lisalisa

Lun 20 Déc - 19:17
Messages postés : 639
Inscrit.e le : 24/07/2020

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
Merci de les avoir mis en gras, c'est bon pour moi !

Amuse-toi bien Aiko Tokugawa 2984341854
Pré-validation par Arisa
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.


▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Aiko Tokugawa Unknown
Aiko Tokugawa CjjIPFG Aiko Tokugawa UlmRG6s Aiko Tokugawa NlRYT1U Aiko Tokugawa NwQ16ft
one brain cell:
Aiko Tokugawa Rgun

merci Hatoclown, Fu, Zach et Eiji pour les avatars ღ
— STAFF JM —

— STAFF JM —
Lun 20 Déc - 20:27
Messages postés : 6548
Inscrit.e le : 10/10/2016

Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Kiyohi Nanase
Autre:
Aiko Tokugawa 716243026

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars si le code n'a pas été ajouté à la fin de votre fiche
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Aiko Tokugawa Makoto%20-%20signature
Merci Lucci, Zach et Lucas pour les avatars et kits Aiko Tokugawa 1647638966

Spoiler:
Ce qu'ils ont dit ♥️:
[22:06:43] Luz E. Alvadaro : "Le RP plus une passion, une profession" "Makoto Nanase 2017"
Aiko Tokugawa Ld7d
Aiko Tokugawa BbNTuR8
Aiko Tokugawa V1dcdrQ
Le plus beau compliment ♥️:
Aiko Tokugawa Cn3Ckyx
Aiko Tokugawa 1EPYLUw
Aiko Tokugawa DfzeUm9


Merci Karlito ♥️:
Aiko Tokugawa Ea0v9qn

Merci Oz ♥️:
Aiko Tokugawa YqECw0j
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
#13 —Re: Aiko Tokugawa
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum