Just Married
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28/12/2021


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Ryann Soucy-Chavez
Why walk when you can dance?
Informations générales
Nom : Soucy-Chavez
Prénom.s : Ryann Alejandra
Âge : 35 ans (25/11/2078)
Genre : Féminin
Origines : Canadienne. (Née à Montréal, d’une mère québécoise et d’un père péruvien)
Activité : Première soliste pour le Tokyo City Ballet, elle a commencé à prendre des contrats comme chorégraphe ou professeure invitée dans des studios afin de préparer sa retraite de la scène qui approche rapidement
Sexualité : Bisexuelle
Avatar : OC de Bofeng Lin
Règlement : - Validé - Ari
Chemin TC, moi qui disais que je m'arrêterais à deux...  Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up 3766924225
Autre : TW : Anxiété, dépression, tentative de mutilation, abus sexuels et émotionnels. Comme toujours, abordés le plus délicatement possible, mais mieux vaut prévenir.

Vous aurez compris que ce n’est pas ma fiche la plus jojo. Ryann a été témoin d’un paquet de trucs. Je pense cependant l’avoir gardée réaliste. J’ai repris la fiche d’origine (2018) et l’ai réécrite à ma plume actuelle. Je l’ai pas mal raccourcie (qu’est-ce qu’il y en avait du blabla pour rien), mais essentiellement c’est la même.

Les petites infos :  Pour la timeline: Ryann suit un parcours scolaire québécois standard avec un DEC de 2 ans au CEGEP Montmorency. Étant née en novembre, elle commence la maternelle à 5 ans.  J'ai déjà la chrono de Ryann sous la main au besoin.
Au Québec, la paternité n’a pas à être déclarée s’il n’y a pas d’union civile (1 an de cohabitation) ou de mariage.
Les danseurs prennent leur retraite de la scène vers 34 ans en moyenne, ce qui explique pourquoi Ryann prépare un plan B.   
Histoire

Dans cette chambre aseptisée, je te berce doucement. Je te tiens contre mon sein. Cœur contre cœur. Entre mes mains, tu es minuscule. Ma douce enfant. Ma toute première.
Ma Ryann.

Ryann Alejandra Soucy-Chavez
14h32, 25/11/2078
Hôpital Santa Cabrini, Montréal


Ton enfance fut douce. Le calme avant la tempête. Cette enfance qu’on promet à chaque enfant. Portrait parfait de la famille typique. Toi. Moi. Ton père. Ton frère d’un an ton benjamin. On vous a offert tout ce qu’on pouvait se permettre. Un toit. Une éducation. Notre amour. La sécurité. À 4 ans, on t’a inscrite à des cours de ballet. Je me rappelle de ton regard qui s’illumine chaque samedi. De ton impatience d’enfiler tes chaussons. De la joie qui te gagnait à chaque séance.

L’école est arrivée et avec elle les premiers signes de ton mal. Les crises au petit matin. L’inquiétude qui te guettait à l’approche de la nouveauté. Les flots asséchés sur tes joues. Ton cœur peu à peu abimé. Et pourtant, toujours le silence. La peur de t’exprimer. D’empirer les choses. De faire un pas de travers. De faire une chute inarrêtable. L’anxiété te prenait au ventre.

Tu construisais peu à peu cette carapace. Ce masque d’impassibilité. Déjà, tu cédais ta place à Jordan, ton frère pour qui la vie était si difficile. Qui, déjà enfant, voyageait de frustration en frustration. Incontrôlable. Incontrôlé. Criant. Frappant. Brisant. Sans savoir s’exprimer autrement. Sans pouvoir décrire les façons dont il était différent. De toi. Des autres. De tout un chacun. Les appels à la maison étaient toujours pour lui. Pour nous informer d’un nouveau tracas. D’une nouvelle explosion.

Tu vivais ses crises en silence. T’efforçant de nous alléger la tâche. De ne ramener que des A. De ne jamais causer d’ennuis. De t’occuper de ta sœur née à tes 9 ans. Tentant de te faire oublier. De faire de toi la perfection. L’infaillible Ryann. Un rôle que tu porteras longtemps. Trop longtemps. Témoin silencieux de nos destins brisés. Impuissante face aux difficultés qui nous assailliraient. Tu préféreras l’omission. Tu tairas tout ce qui pourrait nous blesser. Nous inquiéter. Les épines à ton pied, tu les arracheras toi-même. Te mordant les lèvres pour éviter de crier.

Plus les années avançaient et plus le tableau se déformait. Moins les problèmes de la maison ressemblaient à ceux des autres familles. Moins tu trouvais de personnes à qui te comparer. Pour justifier tes douleurs. Pour te dire que tout était normal. Esseulée, tu fuyais. Profitais de ton indépendance grandissante pour quitter la maison plus souvent. Ton horaire était chargé d'excuses pour t'absenter. D’activités parascolaires. De relations amoureuses insouciantes. De tes cours de danse qui se multipliaient, en plus des contrats.

Recrutée à tes 12 ans par les Grands Ballets Canadiens pour une figuration dans Casse-Noisette, tu n’avais plus arrêté. La danse était une échappatoire. Un exutoire. À l’aube de tes 16 ans, elle te permettait d’oublier. D’oublier que plus rien n’allait chez toi. Que les murs tremblaient sous les cris désespérés de ton paternel. Que tes piliers s’effondraient. Qu’en rentrant chez toi, tu ne savais pas ce qui s’y trouverait.  Aujourd’hui, tu comprends. Que la dépression s’attaque à tous. Aux plus démunis comme aux mieux nantis. Qu’elle ravage. Qu'elle a détruit ton père sans aucune pitié.  Aujourd’hui, tu sais, mais du haut de ton adolescence, c’était trop. Pour toi. Pour vous. Enfants subissant un destin qu’on aurait préféré ne jamais vous imposer. Pendant que tu enfouissais ton ressenti pour le taire à jamais, ton frère, lui, détruisait tout ce qu’il avait construit. Tout ce qu’on mettait en place pour lui. Bravant une à une les limites fixées. Chez toi, violences, pleurs et tendresses s’affrontaient constamment. Façonnaient un équilibre incertain, destiné un jour à s’effondrer.

Tu préparais la fin de ton secondaire quand tout s’est écrasé. Tu aurais dû célébrer. Compter les semaines avant le lancer du mortier. Te soucier que ta robe soit assortie à la cravate de ton copain. Au lieu de ça, tu avais l’impression que la vie s’acharnait. Nous avons cogné à ta porte pour t’annoncer l’arrivée des policiers et le monde s’est tu. Les battements de ton cœur ont couvert le son des voitures. De ta chanson préférée à la radio. De nos voix qui tentaient d’expliquer. Tu n’as pas compris grand-chose. Des mots. Des bribes. Assez pour te faire une idée vague. Ton frère qui avait commis l’erreur de trop. Des commentaires inappropriés à l’école. Ses mains qui se baladent là où elles ne devraient pas. Ta sœur. Victime. Ta sœur trop jeune. Tes parents dépassés avaient appelé à l’aide. Composé le 911.

Tu n'as rien dit. Tu ne savais pas quoi dire. Quoi ajouter. Quoi penser. Tu as attrapé ta veste. Ton cellulaire. Tes clés. Tu as passé la porte enfouie dans ton mutisme. Sans regarder l’officier qui venait d’entrer chez vous. Tu ne voulais pas le voir. Tu ne voulais pas savoir. Que la vie est difficile. Qu’elle le sera toujours pour nous. Tu as fui le chaos qui vous accablait. Pour gagner les bras de ton copain. Plus calmes. Plus rassurants. C’est au cœur de cette étreinte que tu as enfin éclaté. Libérant les flots accumulés.

Tu as pris des nouvelles de ton frère quand on te les donnait. N’en as jamais demandé plus. Sur son entrée dans un centre de détention jeunesse. 1 an et demi d'incarcération. Parce qu’il était jeune. Sorti à sa majorité. Sur son interdiction de retourner à la maison. Il s’est trouvé un appartement. Longtemps tu as évité de le voir. C'était trop dur. Trop confrontant. Tu ne savais pas. Que parfois ceux qui nous blessent le plus, sont ceux que l’on porte dans notre cœur. Que les liens du sang sont si durs à briser. Que malgré l’atrocité, tu aurais du mal à l’abandonner. Ce n’est pas la haine qui t’a prise, mais l’incompréhension. Incapable de donner un sens à toute cette folie.

Tu n'as jamais voulu qu’on la voie. Cette détresse qui t’habitait. Mais, tu n’avais pas besoin de mots. On l’a vue. Dans tes absences trop fréquentes. Toujours rendue au studio. À te défoncer. Pousser tes limites à l’extrême. Privilégiant ta passion au profit de ta santé. À ta recherche soudaine de nouveauté. Tu t’es mise au streetdance et aux danses sociales. Tu as essayé un paquet de trucs dans notre dos. Tu revenais aux petites heures en traînant le parfum des bières à petits prix. On l’a vue à la façon dont tu t’es investie dans ta relation amoureuse. Sans la questionner. Sans te respecter. Tu as tout donné pour lui. Sans jamais qu’il ne donne en retour. Tu as refusé d’en parler. Tu ne voulais pas briser la famille plus qu’elle ne l’était. Tu as banalisé tes douleurs. Rejeté ton anxiété qui ne faisait que grandir. Fait fi des cauchemars que tu vivais avec lui.

Tu as quitté notre maison de Saint-Léonard après ta première année de CÉGEP. Tu nous aimais, mais tu avais besoin de renouveau. De changements. Tu étais partie avec lui dans l’espoir de sauver votre relation. Vous vous étiez connus à vos 15 ans. Tu le prenais pour l’homme de ta vie. Tu l’aimais. Il t’avait aidée. Supportée. Quand tu n’avais pas la danse, tu l’avais lui. Tu pouvais tout lui pardonner. Ne voyais que le bon en lui. Tu justifiais constamment ses comportements déplacés. Son tempérament acéré. Ses commentaires blessants. Ses colères te piquaient, mais tu les laissais passer. Tu préférais te dire que tu exagérais. Que ce n’était que des phases. Ça s’arrêterait quand vous partageriez vos vies.

Votre quotidien n’a fait que noircir. Le bail censé être ton sursis devenu l’instrument de ta torture. Utilisé pour te contrôler. Chantage. Menace. Ses rages de plus en plus vives. Une main jamais abattue, toujours soulevée à la hauteur du visage. Menaçante. Effrayante. Une main persuasive qui faisait mal à l’intérieur. Des mots. Ceux qui blessent. Ceux qui déchirent sans laisser de traces. Des mensonges au goût de vérité. Des reproches et des excuses. Banalisant ta peur. Tu te sentais impuissante. Tu étais infiniment petite. Qu’une chose fragile entre ses mains.

Tu as sombré. Séché tes cours. Laissé tomber les ateliers de danse supplémentaires. En chute libre, une main plaquée contre ta bouche pour étouffer tes cris. Évitant habilement le sujet lorsqu’on te questionnait. Muette. Tu l’aimais encore. Tu ne voulais pas le perdre. Tu suivais ses règles en espérant des matins heureux. Repoussais la main qu’on te tendait. Feignais un sourire en ridiculisant nos inquiétudes.

4 mois. 4 mois et demi d’enfer dans ton nouvel appartement. Au téléphone, je ne t’ai pas reconnue. Ta voix se brisait contre les éclats de tes sanglots. Ton discours était décousu. Paniqué. Incompréhensible. Je t’ai gardée au téléphone pendant que ton père te rejoignait. Je t’ai chuchoté des douceurs en tentant de comprendre. Je t’ai murmuré des tendresses pour t’apaiser. J’ai écouté tes pleurs. Dans le combiné, la voix de ton père s’est mêlée à la tienne tandis qu’il passait la porte de ton appartement.

“Y  m’fait peur m’man! Ça va faire ! J’ai la chienne. J’ai peur pour l’enfant maman”

On t’a accueillie chez nous. Ton père a récupéré tes choses sans que tu n’aies jamais à y retourner. Tu es restée longtemps. On t’a aidée à terminer la dernière session de ton DEC. On n’a jamais posé de questions. On t’a laissé nous en parler à ton rythme. Nous raconter comment tu avais découvert ta grossesse. Comment tu l’avais aimé immédiatement. Cet être qui grandissait en toi. À quel point ça t’avait effrayé. Fragile. Si fragile. Trop fragile. Tu ne voulais pas qu’il vive comme toi. Qu’il souffre comme toi. Tu as caché la vérité du mieux que tu pouvais. Mais tu n’y arriverais pas éternellement. Pas pendant 9 mois.

Le désespoir t’a gagné et avec lui des idées insensées. L’envie de le blesser. De te blesser. De feindre tes menstruations. De trancher ta peau et faire couler ton sang pour gagner un mois.  Le souffle court, prête à tout pour promettre un avenir meilleur à cet enfant. Sous l'étincelant de la lame, tu as enfin compris. Que tu ne pouvais pas rester. Que tu devais partir. Quelque part entre la confusion et les pleurs, tu as enfin accepté d’être un poids de plus à notre histoire familiale. Tu as appelé à la maison.

Maël est né dans le secret alors que tu rebâtissais ta vie. L’identité du père laissée inconnue alors que tu te trouvais un appartement dans Hochelaga-Maisonneuve. Que tu remontais doucement la pente. Tu as repris la danse rapidement après l’accouchement. Le loyer était difficile à payer malgré notre aide. Tu devais lancer ta carrière. Tu décrochais des petits rôles par-ci par-là.  Pas grand-chose. Juste assez pour vous deux. Juste assez pour raviver la flamme de ta passion.  Pour bâtir ton portfolio.

L’hiver s’achevait et le printemps semblait plus doux. Pourtant tu avais toujours la peur au ventre. Cette peur de lui. Ton fils grandissait comme ta carrière. Tu t’absentais de plus en plus souvent. Pour des tournages. Des spectacles. Tu le confiais à ceux que tu aimais. Ta famille. Tes amis. Tu partais, inquiète. Effrayée. À l’idée que ton ex découvre ton secret. L’existence de ton fils. Qu’il te l’arrache en ton absence. Qu’il vous fasse souffrir à nouveau. Le père de Maël planait dans ta vie comme un fantôme. Perpétuant son emprise sur toi malgré son absence.

Sans en parler à personne, tu as commencé à contacter des recruteurs. À faire des auditions pour des contrats à l’étranger. Loin du mal. Loin de lui. Tu voulais vivre à nouveau. Sans cette boule qui t’empêchait de respirer. Cesser de regarder derrière toi et pouvoir avancer. Tu te débrouillais bien. Tu avais du talent, mais il y avait toujours plus talentueux. Plus doué. Plus précis. Tu te faisais refuser des emplois un peu partout. En France. En Russie. Aux États-Unis. Plus tu rentrais bredouille et plus tu t’acharnais. Tu en venais à ne plus savoir où tu avais postulé. Pour qui. Pour quoi. Quel endroit t’accueillerait.

Tu avais 23 ans quand tu as quitté le Québec. Abandonné les lumières de Montréal. Tu nous as laissés dans les pleurs. Nous promettant d’appeler régulièrement. D’envoyer des photos. Tu étais enfin libérée des chaînes qui t’empêchaient de déployer tes ailes. Une audition fructueuse. Un appel du Japon. Tu n’y croyais plus. Tu avais accepté le jour même. On s’inquiétait. C’était si loin. Si différent. Et ces puces qu’on ne comprenait pas. Cette dictature que tous critiquaient. Tu nous as rassurés, malgré tes lèvres qui tremblaient. Tu serais loin de lui. Ton fils serait sauf. C’est tout ce qui comptait. La langue. L’Incontestable. L’inconnu. Tu pouvais tout encaisser pour cette sécurité.

Tu as tenu ta promesse. Appelé régulièrement. Pour tes joies. Pour tes pleurs. Quand le pays te manquait. Quand tu as reçu ta puce. Quand ton nom s’est frayé une place sur les grandes affiches. Quand Maël te faisait pleurer. D’épuisement. D’inquiétude. De bonheur. Tu nous visitais pendant les vacances. Nous parlais de ta nouvelle patrie en esquivant soigneusement les événements inquiétants. Évitant de répéter le chaos d'octobre.

Cet octobre funeste. Qui avait frappé sans ton appel. Partout dans les médias, on ne voyait que ça. La vague meurtrière. Mangeuse d’hommes. On ne peut décrire les pleurs intarissables. La douleur silencieuse de ne pas savoir. L’attente qui nous déchire. Qui nous brise pendant des heures. On ne peut décrire le soulagement en apprenant que vous alliez bien. Une commotion pour toi. Un bras cassé pour Maël. Des amis, des collègues, disparus à jamais. Le battement de vos cœurs qui continuait de se faire entendre.

Doucement, le Japon s’est relevé. Tu as combattu la culpabilité quand tu as dû reprendre un premier rôle promis au membre d’une famille endeuillée. Tu as bercé ton fils pleurant la perte de ses compagnons. Et doucement les larmes se sont asséchées. Vous êtes passés au jour d’après. Au mois suivant. À la prochaine joie. La routine a repris ses droits.

Elles t’ont bousculée. Ces périodes difficiles. Craintive à l’idée que vous tombiez malades. Que tu ne puisses plus prendre soin de ton fils alors que tu étais sa seule famille au pays. Déboussolée par l’annonce de cette expérience sociale étrange. Testée par un système auquel tu croyais déjà. Qui ne semblait pas te faire confiance. Terrassée par l’annonce du décès d’êtres chers. De ton voisin. De ta collègue. Qui pourtant étaient toujours là. Défiant la mort par leur vivacité. Tentant vainement de cacher la chasse à l’homme à Maël. Sa lettre arriverait bientôt. D’ici quelques années. Tu préférais qu’il accueille ce système qu’il ne pouvait fuir avec espoir plutôt que teinté par les doutes qui te gagnaient doucement en suivant les actualités.

À nouveau, tu te retrouvais témoin. De réalités qui n’étaient pas les tiennes, mais qui affectaient les tiens. Impuissante. Frustrée. Tu t’en sors mieux qu’enfant. Forgée par tes épreuves passées.Tu marches vers ton équilibre. Épanouie dans ta carrière. Tu as pu vous offrir la vie que vous méritiez. La sécurité. Le calme. Tu es le roc qui protégera à jamais les tiens.
Physique
Lorsque je te vois sur scène, je te vois bambin. Tes doigts minuscules. Ils auraient pu s’effriter. Je vois ton visage si semblable à celui de ton père. Tu lui ressembles tant et si peu à moi. Tes iris d’un brun doux. Tes traits latins. Ta peau hâlée aux couleurs du Sud et du soleil.

Lorsque je te vois danser, je vois ton chignon aux mèches bien alignées. Celui qui t’a pris si longtemps à maîtriser. À la tombée de rideau, tu libères ces mèches rebelles. Du fixatif. Du fer plat. Des élastiques trop serrés. Tu laisses retomber ces vagues brunes contre ton dos.  Tu les laisses se croire indomptables.

Lorsque tu bouges, mon regard se fixe sur toi. Sur la façon dont ta posture te donne l’air un peu plus grand. Ton 1m59 t’as toujours un peu dérangé. Plus jeune, tu te redressais en passant devant le miroir, bien droite pour gagner quelques millimètres. Tes pas se suivent si fragiles, si doux.

Pourtant ton corps est fort. Fort de tous ces entraînements de ces années de pratique. Il a vécu. Il a souffert. Marqué par les entorses et les fractures que tu lui as imposées. Ces blessures que tu considérais comme des freins. Marqué par ton fils. Petits zigzags sur ton ventre, presque disparus. Personne ne les remarque, mais toi tu les traces toujours du bout des doigts. Partagée entre ton égo blessé et le souvenir heureux de la naissance de Maël.

Ton corps est unique. Tu voulais faire de lui ton identité. Tu as laissé l’aiguille le modifier. Encre et sang. Elle a tracé une fleur à la cheville, un « M » à ton poignet. Elle a transpercé ton nombril pour y laisser passer un bijou, tes oreilles pour y glisser des créoles et des pendentifs. Ceux qui complètent ton look confortable, simple et féminin.

Lorsque je te vois sur scène. Tu joues le rôle que l’on t’a donné. Tu transmets une histoire qui n’est pas toujours la tienne. Pourtant c’est toujours toi. Entre chacun de tes pas, ton corps présente une petite partie de ton âme. Un corps qui est complètement tien.
Caractère
Tu es porcelaine. Craquelée, mais toujours pas brisée. Parée d’or pour colmater les fissures. Tu as vécu. Vécu pleinement. Tu es tombée souvent, mais chaque fois tu t’es relevée. Avec les genoux éraflés, tu as continué à avancer. Tranquillement, les plaies se sont refermées. Devenues cicatrices, tu ne les oublies jamais. Elles sont une part de toi. Elles t’ont permis d’apprendre. D’apprendre à faire attention à toi. À suivre tes instincts. À prendre des décisions égoïstes parfois.  Pour ta propre sécurité. Pour celle de ta famille. Elles t’ont appris que ce qui se brise peut être réparé.

Tu es famille. C’est une valeur que nous t’avons transmise. Toute ta vie, nous t’avons montré qu’on n’abandonne jamais les siens. Ce fut dur à comprendre. Tu as de la difficulté à pardonner. Même si tu ne le dis pas, tu tiens les gens en tort très longtemps. Tu as pris ton temps pour laisser ton frère reprendre une place distante dans ta vie. Nous ne t’avons pas forcé. Mais tu n’as pas eu le choix, tu as dû suivre le flot.Ton fils a pris toute la place dans ta vie. Il t’a obligée à devenir responsable. À penser à sa sécurité. À son bien-être en travers le tien. Tu as dû l’élever seule, te montrer indépendante alors que tu ne l’es pas tant que ça.

Tu es étrangère. Tu as tout laissé derrière toi pour rejoindre la sécurité. Financière. Physique. Psychologique. C’était ça pour toi le Japon. Sécurité. Ce pays est devenu ta nouvelle demeure. Ce fut long. Apprendre une quatrième langue à 23 ans, c’était difficile. Isolée des autres par des locutions trop différentes des tiennes. Tu t’es investie. Parce que c’était important. L’Incontestable a embrouillé ton esprit. Tu n’en mesurais pas les dimensions aussi bien que tu le croyais. Propagande et rêve en papier mâché. Tu as appris à l'apprécier. Appris à le voir comme tout Japonais. L’Idéal. En quelques mois, tu as été convaincue. Puis, l’Incontrôlable t’a fait vaciller. Si les natifs eux-mêmes ne croyaient pas au système, comment pouvais-tu y croire ? Ils ont semé la remise en question et depuis, elle pousse doucement. En sourdine. Tu t’adaptes toujours et encore pour faire du Japon ton chez-toi.

Tu es affection. Partagée entre confiance et doute, tu accueilles les gens entre tes bras en gardant toujours une porte de sortie. Tu aimes. Tu aimes tendrement. Mais tu prends ton temps pour te montrer vulnérable. Tu réserves cette vision à ceux qui partagent ton intimité.  À ces relations éphémères. Jamais d’avenir envisagé. À quoi bon prendre ce risque ? À quoi bon te briser le cœur alors que le système peut t’offrir l’éternel?

Tu es inquiétude. L’anxiété te prend. Elle t’a toujours rongée. Longtemps, tu t’es crue pleurnicharde. En sortant de ta relation toxique, tu as mis un mot sur ce mal. Sur les larmes qui coulent sans prévenir. Sur l’avalanche de pensées qui t’assourdit. Qui te fait craindre des dangers qui n’existent pas. Toujours peur d’être un poids pour autrui. Toujours peur de choquer. De blesser. Ce sentiment, tu le chasses dans tes passions. Tu l’expulses. En travers ce que tu aimes.

Tu es danse. Tu as fait d’elle ta toile. Tu y vis. Tu y peins. Ta joie. Ta tristesse. Ta colère. Tes plus grandes peurs. Tu as réalisé ton rêve de petite fille. Chaque jour, vivre pour danser. Tu as tout donné. Surmontant tous tes maux pour continuer à monter sur scène. C’est dans la danse que tu te sens la plus complète. Que tu es la réalisation de toi même.
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Ryann Minami
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Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Célibataire
Autre: Merci pour cette bonne idée et le design très fonctionnel.
Je suis venue, j’ai vu, je suis vaincue.

J’adore le style, les phrases courtes, les mots forts, ça claque, ça frappe, ça secoue.

Superbe personnage. Bravo.
Viktoryia K. Morisson
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Lisalisa

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24/07/2020


Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Célibataire.
Autre: Née pour perdurer. (#9999cc)
Rebienvenue avec ce TC !

Tu as bien fait de franchir le pas car c'est un très joli personnage que tu nous présentes. Ryann est émouvante, a cumulé les difficultés, mais n'a jamais perdu espoir en partie pour son fils. Ta fiche est très agréable à lire, j'aime comme tu as intégré les éléments du contexte sans que cela perturbe ta narration principale, au contraire tu t'es bien appuyé dessus pour bâtir une nouvelle réflexion.

Je lui souhaite plein de bonnes choses Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up 3912395661

Pré-validation par Arisa
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up Unknown
Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up CjjIPFG Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up UlmRG6s Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up NlRYT1U Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up NwQ16ft
one brain cell:

merci Hatoclown, Fu, Zach et Eiji pour les avatars ღ
Arisa Koyama
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Bon TC ! Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up 1362171446

Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• De réserver votre avatar ; Réservation avatars si le code n'a pas été ajouté à la fin de votre fiche
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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Ryann Soucy-Chavez | Keep It Up Y23dmr11
Kao râle en #9900ff
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