Just Married
×
Le Deal du moment :
Cartes Pokémon – coffret ETB Astres ...
Voir le deal

la Brute

Messages postés :
313

Inscrit.e le :
18/07/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Eternel célibataire.
Autre:

Elle est quand même sacrément rose, cette lettre.

C’est un poil agressif pour les rétines, de découvrir ça de bon matin. Et à tous les coups, vu comment ça fleure bon la pétrochimie et le cancer en boîte, ça doit pas être coloré avec des trucs très clean.

Tu te demandes un instant si le petit roquet de Maze, beaucoup trop engagé sur beaucoup trop de sujets, a fait une réflexion sur le sujet, du temps de leur mariage. Puis tu te rappelles que t’as tout un tas de préoccupations plus importantes, comme lire la lettre et découvrir à qui t’es enchaîné.

Heureusement, t’as la journée de libre - les calculs de l’Incontestable sont tellement parfaits qu’ils tombent même le bon jour, incroyable - alors t’as pas à supporter le suspens bien longtemps. Juste quelques minutes, histoire de remonter chez toi et d'affronter la découverte dans ton appart, devant ta canette de café, plutôt que dans le froid du hall de l’immeuble sous le regard un peu trop curieux de ta voisine.

C’est assis sur ton canapé, café dans la main droite, vodka sur la table basse, que tu entames ton duel avec la lettre.

Tu la déchires plutôt que tu l’ouvres et quand tu déplies le papier avec les battoirs qui te servent de mains, tu manques bien d’en faire des confettis. Heureusement, ça n’arrive pas et tu découvres le nom de l’heureux - heureuse ? - élu(e).

Louis.

Il s’appelle Louis.


Quelque part entre ici et là-bas, t’envoies un message à Chris.

C’est court, à peine quelques mots, mais tu t’sens un peu trop bizarre là, en-dedans.

Tu le sais, ce n’est pas comme si vous vous étiez promis quoi que ce soit. Vous n’étiez pas exclusifs, n’avez jamais prononcé les trois mots fatidiques - ne les avez peut-être même jamais pensé - et l’Incontestable planait toujours, ombre menaçante sur vos têtes, mais quand même. C’est bizarre.

Il va te manquer.

Un peu.

Beaucoup.


Maze te récupère au vol après le sport.

T’as eu besoin de ça, de ce moment à la salle, à courir courir courir, frapper frapper frapper.

Qu’importe les quatre pauvres heures de sommeil qui trébuchent dans ton souffle.
Qu’importe les muscles défoncés, le genou complètement décalqué.
Qu’importe la carcasse esquintée, le cerveau épuisé.
Qu’importe, tant que tu peux fuir et oublier.

Forcément, t’es pas bien frais quand tu sors de là, mais voir Maze et Lucy te file presque le sourire - presque, parce que tu sais toujours pas faire, donc ça ressemble plus à une grimace qu’autre chose.

J’ai reçu ça.

La lettre sortie de ta poche, brandie sous les yeux de ton - ancien - amant.

Parce que oui, bien sûr que tu l’as fait venir jusqu'ici sans lui expliquer la raison.

Tu viens faire le tour du proprio ?


Tu ne sais pas trop à quoi tu t’attends en arrivant.

C’est grand, bien plus grand que ton appartement. C’est pas mal blanc aussi et ça pue l’argent.

T’imagines que t’habitais un endroit pareil en Russie, quand t’étais au sommet de ta gloire. Maintenant, t’es plutôt habitué aux logements sans trop de chichis, avec tout ce qu’il faut où il faut, et ça te convient tant qu’il y a un grand lit et de la hauteur sous plafond - parce que pour caler tes deux mètres et des poussières dans les maisons de minimoy des jap', faut parfois que tu plies un peu trop les jambes et c'est pas forcément le plus agréable.

Enfin, bon.

C’est pas si mal de tomber sur un appart pareil - même si t’as un peu peur de tout casser sur ton passage. Tu te demandes si ça correspond aux goûts de ce Louis Morgenstern, parce que clairement, c’est pas trop les tiens. Puis tu te dis que t’as déjà entendu ce nom quelque part, mais t’arrives pas à recaser où.

Tu ne t’attardes pas, montes à l’étage - des Louis, doit y en avoir des tonnes, même ici, au Japon.


C’est le bruit de la porte s’ouvrant qui t’interrompt dans ta visite.

T’es sûr que ce n’est pas Maze, parce que de là où tu te trouves, tu le vois très bien qui te tournes le dos, occupé à examiner le frigo et son bac à légumes - qui tiendra sûrement bientôt lieu de bac à bières si tu le laisses faire.

Tu clignes des yeux, regardes l’heure. Pas encore treize heures. Quelle était la probabilité que lui aussi vienne visiter ou s’installer le premier jour ?

Bon. On n’y peut rien de toute façon.

Mais quand même. C’est peut-être un peu tôt pour la rencontre. Et t’es peut-être pas très propre, cheveux en sueur vite fait attachés en chignon, vêtements puant la transpi. Et t’es encore en jogging d’ailleurs. Avec rien de plus qu’un débardeur troué par l’usure, trop fin et trop large pour masquer quoique ce soit. Après, tu pouvais pas prévoir qu’il viendrait, pas vrai ? Alors t’as rien sous la main pour réparer le désastre et essayer de mieux te présenter.

Des bruits de pas annoncent l’approche du mari prodigue.

Tant pis, hein.

S’il est fait pour toi, il ne te jugera pas là-dessus.

C’est ce que tu te dis en quittant la terrasse pour rejoindre le coin cuisine de la grande pièce de vie et ton mari.

La première chose que tu vois, c’est qu’il a de longs cheveux blonds, à l’air sacrément agréables au toucher. Tu te demandes ce que ça fera de les saisir et les tirer au lit.

La seconde, c’est qu’il n’est pas bien grand, mais pas non plus spécialement petit par rapport aux standards japonais. Quoiqu’il n’ait pas spécialement l’air beaucoup plus japonais que toi, hein.

La troisième ?

C’est sa silhouette pressée contre celle de Maze, et le baiser volé à un autre que toi.

Qu’est-ce que c’est que cette blague ?

En trois enjambées, t’avales la distance qui vous sépare pour te retrouver derrière cet époux qui te trompe sous tes yeux.

T’essaies déjà de nous envoyer à la potence ?
©️ P A N
Mikhaïl Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
— ★ —

— ★ —
Messages postés :
231

Inscrit.e le :
16/04/2018


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Alekseï ♥
Autre: Merci Driss pour l'ava




Le plus beau


T’en as de la chance Misha, Maze était justement en route. Pas pour te voir mais pour rentrer après son service. C’est dire la relation qui vous unit, qu’il ne réfléchit pas une seconde avant d’envoyer un message à son mari, pour reporter leur rendez-vous petit-déjeuner. Al’ comprendrait. Il le ferait pas pour n’importe qui, juste pour toi. Il se l’est promis après Shukumeï, ta disparition, le grand chambardement, l’oubli.
Pas une seconde, il ne s’imagine la raison de ton message. Il ne s’imagine pas grand-chose d’ailleurs, il n’est même pas inquiet. La gym aurait dû lui mettre la puce à l’oreille.

- J’suis là ! Qu’est-ce qu’il y a ?

Elle est quand même sacrément rose cette lettre. Ça fait pas si longtemps, mais…elle était aussi rose la dernière fois ? Aucune idée, il les a toutes jetées. Il n’est pas très souvenir ou encombrement. Sa vie tient dans deux cartons. (enfin, ça c’était avant de te rencontrer, Al’. )

- Ah. Merde.

Un nouveau message à son mari pour prévenir. Ça prendrait plus longtemps que prévu.
Ca aussi il l’a appris plutôt récemment, prévenir. Et il y a encore des progrès à faire.

Louis.  C’est un nom d’’étranger ça, même si ça veut plus vraiment rien dire à présent.

Hm. A voir. Il avait un nom, un prénom. C’était suffisant pour se renseigner et vérifier qu’on réservait aucune crasse à Misha. Ce dernier avait déjà assez souffert, aussi, pendant que lui se souciait des détails de sa nouvelle vie, Maze assurerait ses arrières.

- C’est plutôt un bon quartier ça, non ?

***

C’est à peine s’il attend que Misha déverrouille pour entrer. Un sifflement qui résonne.

- Classe. Pas mal.

Déjà, lui inspecte l’appartement qui, il le sait, sera bientôt son second point de chute. Il avait déjà repéré le petit coin où caser quelques affaires pour Lucy. Au cas où.  Cette dernière est déjà partie chasser les nouvelles odeurs, les devançant largement.
Maze ne fait pas d’autres commentaires, sur la lettre, sur Louis. Ça viendrait, plus tard.
L’heure n’est pas d' ouvrir une bouteille de vodka. Ce qui est bien con parce que c’est votre plus vieux mode de communication. Enfin, presque, mais l’autre méthode vous enverrait à l’abattoir.

T’es pas inquiet, non. Pas vraiment. Tu comptes bien assurer ses arrières.

- Bon, j’le pose où ça ?

***

Pas si tard que ça, tu admires le frigo, comme si c’était le tien, Maze. Tu calcules déjà combien de pack de bières et de boîtes de pizza ou de chinois il pourrait contenir. Lunettes de soleil juchées sur le crâne, manches retroussées, cuir abandonné sur le dossier d’une chaise, t’es plutôt pas mal.
Tout comme semble le penser l’incarnation du mari de Barbie qui se dirige vers toi, déterminé. Il y a quelque temps, il aurait même été carrément ton style. Tu te serais déjà imaginé salir un peu ce pull blanc, marquer cette peau trop délicate. Parce que l’autre est clairement fait pour être chahuté au pieu.  Maintenant…si la tentation existe encore, existera toujours, tu n’es pas devenu aveugle non plus, tes goûts se portent plus sur les tatouages, moins sur les poupées délicates.

Il ressemble donc à ça, Louis.

Un demi sourire au coin des lèvres, Maze l’observe, le jauge. Misha n’est absolument pas prêt à rencontrer un tel mari. Ce dernier lui parle, mais pour changer, il n’écoute pas.
Il n’a de toute façon pas le temps de répondre.

Un soupçon de fruité, de framboise peut-être, accompagne une caresse glacée par le trajet.
Un geste à peine amorcé pour poser une main au creux de ses reins. Pour le soutenir. Un réflexe plus qu’humain lorsqu'on venait à l'embrasser. Il était marié, pas eunuque.

Puis la douche froide. L’incompréhension face à l’absurdité de la situation. Et le remords, écrasant.
En même temps que tonne la voix de Misha, un tout autre nom traverse son esprit et laisse une flambée de panique sur son passage. Alekseï.
Merde.

- Je suis…flatté…mais pas la bonne cible.

Merde. Merdemerdemerde. Par-dessus la tête de Louis, ils échangent un regard. Rire ? Pleurer ? Se moquer ? Un choix cornélien. La situation serait comique, digne du pire des sitcoms, sans la puce fichée dans leurs nuques.

Un vrai blond ce Louis. Il  ne semble même pas percuter de suite son erreur. Il est presque docile quand Maze se dévoue, et mains sur les épaules, veut le faire pivoter vers son époux.

Louis, ton époux. Misha, ton crétin qui va tous vous tuer avec son… enthousiasme.

Dans le couloir, attiré par le drame en cours, un cliquetis de griffes sur le parquet se fait entendre, ignoré de tous ou presque. Jamais Maze n’ignorerait sa Princesse.



©️ P A N
Maze Jefferson
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
— Just Married —

Messages postés :
64

Inscrit.e le :
14/05/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Mikhaïl ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Noces de paillettes
Presque la Saint-Valentin


- Damn it, c’est… pas le moment.

Dire qu’il s’était précipité à ton encontre, ravi de te croiser en personne pour te tendre ta lettre, ton facteur. Le voilà qui était soudain très pressé de partir, son Félicitations ! lancé à la hâte par-dessus son épaule.

Rose. Rose.  Rose

Ce n’est pas le moment. La St Valentin est au tournant. Tu n’as pas le temps de gérer un nouveau mariage, un nouveau déménagement…tout. C’était la folie, votre pire période de l’année. Rien que cette semaine, tu n’avais pas compté tes heures. Et cette lettre qui se froisse entre tes doigts crispés ? T’as pas le temps de t’en occuper. Tu peux pas te permettre de t’absenter, te laisser Hea(r)t entre tes mains autres que les tiennes. Pas maintenant.
Tu l’abandonnes sur le comptoir, sans même la lire, pas de suite. Tu fixes sans les voir les chiffres sur ton micro-onde où tu réchauffes tes restes de soupe. Les minutes se changent en dates, celles de ton planning. Et le défilé ? Il était prévu dans moins d’une semaine. Tu n’aurais jamais le temps…

Mais, au fond, est-ce que tu as vraiment le choix ? Ta colère panique retombe comme un soufflé raté.
Pourquoi maintenant ? Tu la fixes cette enveloppe comme pour y déceler tes réponses. Peine perdue. La dernière fois… Un sourire penaud, des yeux rieurs, un ridicule tee-shirt pokémon, traversent ton esprit.

Kyo.

Ca fait quelques mois déjà depuis votre divorce. Depuis son remariage. Tu as eu le temps de ruminer, d’encaisser et de colmater ton ego ébréché dans d’autres bras. Il y avait toujours Hea(r)t, ton projet en pleine croissances, de plus en plus chronophage. Il ne resta bientôt plus de place au vide ou aux souvenirs dans ta vie.

Une inspiration. Tu arraches l’enveloppe comme un sparadrap. La réponse à tes questions te fait loucher.

Qu’est-ce que ce vomi de lettres à côté de ton nom ? Ras…Raski-quoi ?

Avec un nom pareil, Mikhaïl est soit serbe, soit russe ou originaire d’un de ces pays slaves, et très certainement un homme. Tu ne t’accordes pas le temps de poser un nom sur ce que tu ressens. Tu te raccroches à cette adresse familière. En taxi, tu aurais largement d’aller faire les premiers repérages, booker les déménageurs, puis retourner aux bureaux pour vérifier les dernières retouches. C’était jouable.

La dernière fois, tu as pris ton temps. Cette fois, tu ne t’accordes que celui de ne pas trop te brûler en terminant ta soupe avant de filer.
Depuis Kyo, tu as dû déménager deux fois. Tu es rôdé.e à présent. Tu as presque ta carte de fidélité.

***

Avec soin tu mitrailles le hall d’entrée, la porte. Tes gants t’attendent sur le siège du taxi et le court trajet jusqu’à ton nouvel immeuble a suffit à te glacer. Une chose n’a pas changé depuis ton enfance, tu détestes toujours autant le froid. Mais tu le détestes avec style, emmitouflé.e dans ton épais pull en cachemire aux petits stress qui accrochent la lumière, ton jean doublé. C’est à peine si tu t’es regardé.e avant de partir en te mettant un coup de gloss rapide, pour quoi faire ? C’est l’appartement que tu allais mitrailler.

Sauf que ton objectif capture une silhouette humaine. Un époux, complètement imprévu, qui a trouvé le moyen de te devancer.

- …Hello ?

Mikhaïl.
Il ne porte pas de tee-shirt tiré d’un animé. Avec un look pareil, tu t’attendrais presque à le croiser à la sortie d’un bar, à draguer à côté de sa moto. Ce n’est …pas si catastrophique. Ce serait même presque parfait niveau timing. L’idée germe aussitôt et s'impose comme une évidence. Hors de question de revivre ces heures de malaise et d’angoisse à l’idée de trop traîner, de rater le coche de vos obligations.
Le sourire qui t’anime est beaucoup trop satisfait.

- Je pensais pas voir déjà…quelqu’un. Mais c’est parfait. Comme ça on va pouvoir…régler un tout petit détail pour être tranquilles.

Tes jambes te portent jusqu’à lui tout en parlant. Tu n’es que fausse confidence et soulagement secret de porter tes converses à paillettes et non tes talons. Parce qu’à l’intérieur, ce n’est pas aussi simple.

Tu l’embrasses, Mikhaïl. Vite. Avant qu’il ne réalise. Avant qu’il n’ait l’idée de te repousser. Une bonne chose de faite, vraiment. C’est un sacré service que tu viens de vous rendre, un casse-tête en moins.

T’es pas fan de l’odeur de nicotine, mais tu feras avec.

Puis le chaos. La panique. Ou peut-être le tonnerre. Ca sonne comme le tonnerre ou une voix de film d’horreur, de celle qui vous empoignent par les tripes.

— T’essaies déjà de nous envoyer à la potence ?

Un sursaut, une fuite précipitée et tu te heurtes à un mur humain. Tu lèves et lèves encore les yeux. Nuque tordue, c’est à peine si tu parviens à croiser les siens ainsi.
Un blanc.
Ils sont deux ?!

Une bouffée d’angoisse t’étrangle. Tu fuis ces mains sur tes épaules, leurs contacts détestables. Un de tes coudes rencontre avec zèle les côtes du coupable. Tu fuis. Un pas sur le côté, de la distance, encore, puis encore un peu, jusqu'à avoir les deux hommes bien dans ton champ de vision. Un goût amer vint remplacer ton sentiment si doux de victoire sur ce destin capricieux.

- Mais… vous êtes qui ? Ta voix accusatrice laisse place à l’incertitude.
-… Tu n’es pas Mikhaïl ?

Et même si tu pointes le premier homme du doigt, celui aux mains baladeuses, tu comprends, soudain. Et l’étendue de ton erreur emplit tout l’espace.
Bien joué, Louis.a . Superbe entrée, parfaite rencontre qui sera peut-être la dernière.

- …Je pensais… il était…

Tes yeux clairs ricochent d’une silhouette à l’autre sans savoir qui regarder, qui accuser… qui reconnaître.

- …Ça compte pas. Ça peut pas compter, c’était…une erreur !

Tu relèves le menton, fièr.e, même dans tes erreurs. Un réflexe qui t’as valu bien des séjours au coin enfant et dont tu ne t’es jamais vraiment débarassé.e . Tu joues très mal les bêtes acculé.e.s .

-…Pourquoi est-ce que vous êtes là aussi, vous n’êtes pas…

T'es incapable de continuer sur ta lancée, de rejeter la faute sur un autre. Tes mots s’évaporent quand pour la première fois, tu regardes vraiment cet autre homme. Mikhaïl ? Tu n’es plus sûr.e de rien. Tu détestes ça. Et rarement, tu t’es senti.e aussi… petit. Sans que le contexte soit beaucoup plus propice aux jeux d'adultes à d'eux.

-…Mikhaïl ?

Venir ici, aujourd’hui, sans ton taser, sans te préparer, te paraît soudain la pire des idées. Tu peux presque imaginer la Une du prochain journal qui contient ton épitaphe. Parce que si cette montagne d’homme… est Rasp-rapout- Rask-…Mikhaïl, il semble prêt à t’arracher la tête à mains nues.



Code by Joy
Louis Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
la Brute

Messages postés :
313

Inscrit.e le :
18/07/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Eternel célibataire.
Autre:

Qu’est-ce que c’est que cette merde ?

Tu fermes les yeux un instant, espères qu’il s’agisse d’un rêve un peu trop fertile ou pourquoi pas une putain de blague de mauvais goût. Mais quand tu les ouvres, rien n’a changé, bien sûr. Toujours le même époux stupide beaucoup trop proche de Maze. Toujours le même baiser volé, sans conscience du danger qui danse au-dessus de vos têtes à tous les trois - quatre, parce que y a le deuxième Jefferson dans la balance aussi.

Quel con.

Une bordée d’insultes t’échappe malencontreusement. Une bouillie de mots russes grondant et fracassant, qui roulent et tombent, explosent en morceaux au sol entre vous trois.

T’as bien envie de le secouer.

A défaut, tu l’attrapes par l’épaule, la droite, celle qu’est la plus près, et tu le tires vers toi. Manquerait plus qu’il recommence et vous envoie tous à la mort - bravo, Louis, un vrai strike.

En vrai, tu devrais pas faire ça.

Peut-être que tu vas lui faire mal - il a l’air vraiment fragile, ce mari qu’on t’a refilé.
Peut-être qu’il va te détester - et ce serait chiant pour la suite de votre vie à deux.

Peut-être, peut-être, peut-être.

Peut-être que t’en as rien à foutre, des bien-pensants et de la bienséance, peut-être que t’en as rien à carrer, de ce qu’il pense, le gamin - putain, quel âge il a au juste ? -, peut-être que t’as été terrifié, l’espace d’un instant, que les miliciens viennent, défoncent tout, t’emportent, emportent Maze, surtout. C’est de sa faute. C’est de ta faute, Louis.

Es-tu stupide, ou quelque chose comme ça ?

La peur est vissée à tes chevilles, la colère plantée jusque dans tes côtes. Chaque battement de cœur conne comme autant de coups de tonnerre à tes tempes. Vous vivez au Japon. Au Japon. Tout étranger qu’il soit, il a dû apprendre, pas vrai ?

Les droits des mariés.
Les devoirs des mariés.

Les époux se doivent mutuellement fidélité. Un non respect de ce devoir entraîne une exécution immédiate du couple.

Ça sonne et ça résonne encore à tes oreilles. Merci les cours accélérés qu’on t’a redonnés à l’hôpital, peu de temps après ton réveil. Ça sonne et ça résonne encore à tes oreilles. Merci les différents sites, applications, merci les trop nombreuses piqûres de rappel. Ça sonne et ça résonne encore à tes oreilles, et tout ça t’énerve tellement, Misha.

Une erreur, hein ?

Il s’est trompé, a embrassé la mauvaise personne, aurait pu vous condamner à mort - heureusement qu’il y a la notion d’intention, dans tout ça, heureusement que la puce est toute puissante, que l’Incontestable ne se trompe jamais, hein ?

Il s’est trompé, oui, c’est sa foutue faute et que fait-il ?

Il vous toise.

De haut, sans même songer à s’excuser.

Qu’est-ce qu’on t’a refilé, Misha ? Avec quel genre de personne t’es supposé être compatible, au juste ?

Ça t'arrive souvent ? D’embrasser le premier qui te passe sous la main ?

Est-ce que tu vas devoir le museler, cet époux ?

Je suis Mikhaïl, dis-tu en insistant sur le prénom, histoire de lui apprendre dès le début à bien le prononcer. Et voici Maze, un homme marié lui aussi. Essaie de t’en rappeler, la prochaine fois que tu le verras. Je tiens à garder ma tête à sa place.

Une nouvelle fournée d’injures et autres joyeusetés, à moitié japonaises, à moitié russes, et tu te penches, ploies ta grande carcasse sur la petite silhouette, au mépris de ton genou qui geint, de son regard effrayé.

Puisque t’es si pressé…

Y a quelque chose de mauvais dans ton regard, comme une pluie de comètes incendiaires prêtes à tout ravager sur leur passage. C’est ta colère. C’est ta peur. Un mélange qui tonne et détonne, ne fait pas bon ménage, mais tu t’en branles de potentiellement tout foutre en l’air dès le premier jour, parce qu’au fond, n’est-ce pas lui qui a fait la première erreur ?

Tu te penches comme pour l’emprisonner, ta poigne se resserre sur son épaule pour l’empêcher de fuir et toute ta rage lui explose au visage dans un baiser. Tiens cyka, toi qui voulais voler des lèvres, c’est les tiennes qui te sont arrachées.

C’est ce que tu voulais.

Il n’y avait rien de tendre dans cet échange.
Il n’y avait de doux dans cette caresse.

Deux bouches, l’une contre l’autre. Deux paires de lèvres pressées, agressées.

Un regard froid, glacé, qui poignarde la chose pathétique qui te sert de mari - et peut-être que tu serais allé plus loin, peut-être que t’aurais dit plus de choses crades, si le cliquetis des griffes de Lucy sur le sol ne t’avait pas rappelé à la réalité, si le regard de Maze ne t’avait pas douché sec. Alors tu le lâches. Alors tu recules, un pas, puis deux. Alors tu croises les bras et tu le fixes, le jauges de haut en bas.

Et y a rien de sympa dans tes yeux trop jaunes.

T’aurais dû t’excuser, Louis.
T’aurais dû demander pardon et baisser la tête.


Ouais, vraiment, t’aurais dû.

Parce qu’ici, c’est oeil pour oeil, dent pour dent. Et Misha est sacrément mécontent, là, tout de suite.
©️ P A N
Mikhaïl Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
— Just Married —

Messages postés :
64

Inscrit.e le :
14/05/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Mikhaïl ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Noces de paillettes
Presque la Saint-Valentin


-Ça t'arrive souvent ? D’embrasser le premier qui te passe sous la main ?

Et si c’était le cas ? Tu te retiens de feuler, animal acculé.

- Lâche-moi ! T’es fait en béton ou quoi ?

Tu bats et débats. Il te tient. Sa main te fait mal. Tu l’imagines te transpercer, comme un insecte. Tu te sens épinglé.e sur une toile, incapable de t’échapper. Il est fort. Il ne paraît même pas fournir d’effort.

Elles t’auraient fait de l’effet dans un autre contexte, cette force, cette stature. T’aurais rêvé qu’il te plaque contre un mur, tu te serais imaginé.e enrouler tes jambes autour de sa taille, l’encourager à t’impressionner et te détruire de la meilleure des manières. Tes lèvres auraient laissé des paillettes et du rose sur sa peau.

D’ailleurs, t’es presque sûr.e d’avoir déjà croisé quelqu’un avec une chevelure aussi étonnante, une stature aussi alléchante. Difficile à dire avec les spots lumineux, les flashs. Difficile à dire avec cette terreur viscérale qui déforme tout et te tord le ventre.

T’aurais préféré un autre, n'importe qui. T’aurais préféré ne pas venir aujourd’hui, ne pas te planter. Ne pas risquer vos vies à tous les trois, quatre. Maze est marié. Putain.

A la place, les insultes fusent, anglais, japonais, islandais, tu ne sais plus. Tu lui fais échos. Dent pour dent. T’es en colère, révolté.e . Tout sauf terrorisé.e ( et pourtant t’as peur. Qu’est-ce que t’as peur au fond.)

Ton genou aussi fuse mais il ricoche, loin de sa cible. Mikhaïl ne bronche pas, ne te libère pas. Qu’il est grand. Monstrueux . T’espères lui avoir fait mal, tu redoutes de lui avoir fait mal.

T’as peur.

Tu crèverais plus que de l’avouer. T’es mort.e de trouille. T’as mal. Et t’es presque persuadé.e qu’il pourrait te déboiter l’épaule sans même forcer. Ou pire, sans le vouloir. Elle est méritée sa colère. Mais plutôt t’étrangler sur ta fierté plutôt que de le reconnaître devant lui. Ta fierté te tuera un jour. Si tu l’as pas déjà fait.

T’as peur d’avoir tout gâché. Entre vous. Avec l’autre, Maze. T’as peur de lui. T’as peur qu’il le voit. T’as peur d’être vulnérable.
Alors tu te défends.

- C’est ce que tu voulais

Ce que tu voulais.

Ce que tu voulais.

Non.


Il est vrai que tu t’es assis.e sur la notion de consentement.  L’idée t’avait parue si jolie, si parfaite. Le plus heureux des compromis afin que vous puissiez discuter, sans revivre ses minutes d’angoisses à savoir si l’autre allait accepter de se plier aux devoirs imposés aux couples mariés ou pas. T’as jamais connu les joies d’un séjour en cellule, tu n’avais guère l’envie de tout gâcher.

T’es allé.e vite, trop, avec des œillères.
T’as tout fait foiré.e .  Tu t’es planté.e royalement.

Il t’embrasse. Un baiser qui n’en a que la mécanique de base. Le choc de deux statues de marbre. Tu subis cette punition, agressive, à deux doigts de mordre. Il s’écarte juste à temps.

C’est ce que tu voulais, non ? C’est ce que tu as fait. Alors pourquoi cette envie de tout casser ?

C’est lui ton époux ?
T’as envie de pleurer.
T’as déjà tout cassé. Tout sali.
C’est lui ton époux et il te déteste déjà. Et il a peut-être un peu raison.

Félicitations, Louis.a .

- C’est bon ? Ou tu veux m’en mettre une aussi ?

Ferme-là-ferme-là-ferme-là.

- Wow, on se calme tous les deux. Temps mort !

Tu sursautes. Tu l’avais presque oublié. Ta victime. Tu lui fais face, comme on se prépare sur l’échafaud, sans tout à fait tourner le dos à ton mari.
Prudent.e .

- Ecoute…je… enfin…j’ai pas fait assez attention. Sur le moment, ça semblait - Si je pensais qu’il y avait la moindre chance…

Tu secoues la tête, ravales tes justifications. T’as de l’acide dans la bouche, ta fierté à ses pieds, t’es minable. Coupable. Un rescapé malgré ta connerie et ça te tue de l’admettre devant lui.

- Je suis désolé.e . Pour le baiser. I fucked up. Sorry… vraiment..désolé. Ouais.

C’est bien la première fois que tu t’excuses d’embrasser quelqu’un. Dans d’autres circonstances, dans un autre pays, vous seriez en train d’en vrai.
Et parce que tu fixes le bout de ces chaussons d’intérieur, tu bondis quand une langue chaude t’agresse soudain la main dans un accès d’affection non désirée.

- What ?!

Louis.a voici Lucy, Lucy, Louis.a .

Code by Joy
Louis Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
— ★ —

— ★ —
Messages postés :
231

Inscrit.e le :
16/04/2018


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Alekseï ♥
Autre: Merci Driss pour l'ava




La plus belle des chandelles


Hiroshima. Nagasaki. Shukumei.

Intérieurement, Maze panique, incapable de trouver une catastrophe équivalente de celle en train de se produire sous ses yeux. Les secondes passent, la menace de leur mort imminente aussi.

Ce n’est qu’après, bien après, entre plusieurs bouteilles vides, qu’il avait évoqué son passage en cellule avec Misha. Ils avaient discuté, à demi-mots, autant à cause de l’alcool qui ne l’aidait pas à particulier, que parce qu’il préférait s’immoler avec leur vodka que de parler de sentiments. Est-ce qu’ils auraient pu s’en sortir autrement avec Teare ? Peut-être, sûrement s’ils avaient réussi à s’entendre suffisamment longtemps pour coopérer. Pour consentir à quelque chose.

Il n’est plus pas trop inquiet. Son Louis a fait la boulette du siècle.  Mais ça restait justement ça, une erreur de gosse stupide. Et s’il était navré pour Misha qui avait écopé d’un sacré cas, il n’était plus inquiet pour sa vie et celle d’Al.
Et il assiste à leur naufrage, impuissant. A la colère de Misha qui déborde. (Doux euphémisme.)

- Tu sais… Un sourire en coin courbe ses lèvres.  Dans d’autres circonstances, je serai carrément flatté. Mais je pense pas que c’était ta meilleure idée.

Sa remarque tombe dans le vide.

Misha dérape. Maze n’intervient pas. Il lui fait confiance. Louis le sait pas encore mais c’est un grand gentil Misha, malgré sa grosse voix et sa carrure d’ours sibérien. Il lui fera pas mal.
Enfin…

L’inquiétude commence quand même à pointer le bout de son nez. Mais Misha croise enfin son regard, se recule.

- C’est bon ? Ou tu veux m’en mettre une aussi ?

…Et apparemment le jeune sait pas quand s’arrêter et la fermer.  

- Wow, on se calme tous les deux. Temps mort !

Et le voilà qui sursaute, sa peur transparaissant dans ses réflexes. Va falloir les aider à fixer ça Maze… Hors de question que Misha se retrouve en cellule après tout ça. Tu le connais. Ce serait pire que tout.

- Ecoute…je… enfin…j’ai pas fait assez attention. Sur le moment, ça semblait - Si je pensais qu’il y avait la moindre chance… Je suis désolé.e . Pour le baiser. I fucked up. Sorry… vraiment..désolé.

Eh bien, il ne s’attendait pas vraiment à des excuses. Et même s’il aurait apprécié qu’il s’excuse auprès de Misha, c’est Misha qui a pris peur, qui a vu son époux manquer de les condamner… c’est un début.

Il hausse les épaules, faussement désinvolte. Son rôle, c'est de tenter de lisser les angles et les garder en vie tous les deux à présent.
Il cherche le regard de Misha par-dessus sa tête courbée.

C’est bon pour moi, tente-t-il de transmettre. C’est pas pareil, c’est stupide. C’était dangereux…mais c’est un gosse.

De toute façon, pour son bien ? Il pardonnerait beaucoup. Presque tout.

- Fais attention. Je détesterai perdre mon meilleur pote aussi connement. Mais ça arrive. Et je sais que je suis difficile à résister… On va reprendre. Moi, c’est Maze Jefferson. Pas ton mari. Lui, c’est Mikhaïl. Et tu nous as fiché la peur de notre vie.

Une exclamation surprise, pas très virile, l’interrompit. Louis observait sa main couverte de bave comme s’il ne savait pas s’il devait la couper ou la brûler.

- Et elle c’est Lucy. Elle dit juste bonjour. Finit-il dans un ricanement qu’il ne tenta même pas de maîtriser.

Si parfaite Lucy, qui insista un peu, jusqu’à ce que Louis daigne tapoter son crâne avant d’aller chercher des caresses plus adroites et satisfaisantes. Autrement, elle alla mettre de grands coups de truffes dans la cuisse de Misha.

Elle, dressée pour désamorcer les crises ? Tout à fait. Et puis Misha était son second préféré après son maître.





©️ P A N
Maze Jefferson
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
la Brute

Messages postés :
313

Inscrit.e le :
18/07/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Eternel célibataire.
Autre:

T’aurais pas dû venir.

La rage entre les dents, la peur au bord des lèvres, c’est ce que tu te dis, en voyant l’air acculé, de bête traquée, de ton minuscule mari. Plus t’y réfléchis, plus tu te dis que, franchement, c’était une mauvaise idée.

T’aurais pas dû venir, non.

T’aurais dû attendre quelques jours de plus pour te pointer, venir investiguer, t’installer. Ce n’est pas comme si t’étais pressé après tout - vous avez sept jours avant de finir en centre de redressement, avant que la loi, les devoirs, ne se rappellent à vous. Sauf que t’as préféré courir, te précipiter, et voilà le résultat.

C’est bon ? Ou tu veux m’en mettre une ?

C’est qu’il cherche les ennuis en plus, le mioche.

Le frapper ? T’es pas un méchant, Misha, ça non. Mais là, tout de suite, ouais, t’en as envie. Putain, ce que t’en as envie. L’odeur de sa traîtrise est collée à tes doigts, engluée à tes yeux. T’es stressé, crevé, agacé. Quel couple incroyable vous faîtes. Quel mariage prometteur se profile. Ah, ça commence bien.

Merde, tu t’attendais pas à ça pour ton mariage.

Louis.

T’as ce nom accroché à la langue et pas pour le goûter - non, plutôt pour le crever.

Ah, tu t’attendais pas à ça, c’est certain.

Et tu ne peux même pas fuir.

Parce que c’est le principe, pas vrai ? Maintenant que vous vous êtes croisés, rencontrés, heurtés, il est trop tard pour faire marche arrière et demander un délai. En tout cas, t’en es quasiment persuadé et t’as surtout pas envie de tester les limites de l’Incontestable. Les aveux à demi-mots de Maze, sur le centre, sur les cellules, t’ont filé suffisamment de frissons pour que tu refuses tout de go de tenter le sort.

Je reviendrai dans sept jours, promis juré.
Laissez-moi le temps de m’y préparer, s’il vous plaît.
Juste un peu plus, juste quelques jours de plus - je ne suis pas prêt.


Bien sûr, ouais.

Comme si on pouvait être préparé à ça.

Tu soupires, grognes, écoutes ton mari parler, ces excuses qu’il ne peut plus ravaler mais qui jamais ne te sont adressées. C’est flou, c’est laborieux, sa voix trébuche, les mots s’emmêlent et tombent. Il dit qu’il n’a pas fait attention, qu’il ne voulait pas. Il dit pardon. Et tu plisses les yeux, t’as la fureur qui bout dans les veines, qui se glisse entre tes côtes, qui se crispe jusqu’à tes poings. Parce que ses mots, y en a aucun pour toi.

Il va bien falloir que tu le regardes, Louis.
Il va bien falloir que tu lui parles.

Tu ne peux pas te contenter de rester là, l’air presque aussi traumatisé par Lucy que par lui.


Tu ne sais plus quoi penser, Misha.

Le regard de Maze t’a coupé dans ton élan, rappelé que t’es pas qu’une brute. Ses mots t’ont fracassé plus efficacement que le petit coup de genou de Louis tout à l’heure, ce coup que t’as dévié sans même y penser, ce coup qu’a bien failli te pousser à t’emporter.

La peur de votre vie, hein ?

Il n’a pas tort.

Respire, Mikhhaïl.
Regarde-toi. T’as les mains qui tremblent.

Omaeda-sensei te l’a dit et redit pourtant. Vous devez éviter le stress, Raskolnikov-san. Parce que la panique, ça te réussit pas, bien au contraire.

Et Lucy, brave Lucy, l’a senti.

Elle te rejoint, donne de grands coups de truffes dans ta cuisse, cherche tes doigts pour les lécher, quémander.

Bonne fille, murmures-tu en russe.

T’as l’impression que tout ce qui se passe n’est qu’une vaste blague, sauf que t’arrives pas bien à en rire - même jaune. Faut que tu te changes les idées. De ce baiser. De ce mari stupide. De la peur qui colle aux tripes. Tu lâches quelque chose, une flopée d’injures encore, dans un parler bâtard de russo-japonais et tu t’abaisses. T’as le genou qui gémit, la jambe qui craque. T’as le dos qui ploie, l’échine qui courbe. T’as la carcasse qui s’accroupit, se réduit, de montagne tu passes à simple colline.

Et le regard que tu détournes, et les mains que tu passes dans la douce fourrure de Lucy, et le souffle que t’essaies de ralentir, achèvent d’asphyxier l’incendie de ta colère - ou pas tout à fait.

Ça te semblait quoi ? Tu gardes tes yeux sur la chienne. Sinon tu donnerais pas cher de votre mariage. Une bonne idée ? La chose à faire ? Embrasser un inconnu dans une dictature de la fidélité ?

Y a quelque chose de froid dans tes mots, quelque chose de dur dans ta voix. Et comme un jugement, là, derrière.

A quel point est-il stupide au juste ?
Parce qu’ici, c’est oeil pour oeil, dent pour dent. Et Misha est sacrément mécontent, là, tout de suite.
©️ P A N
Mikhaïl Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
— Just Married —

Messages postés :
64

Inscrit.e le :
14/05/2019


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Mikhaïl ♥
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Noces de paillettes
Presque la fin


"Vous en faites pas, vous me connaissez. Je vais me débrouiller, peu importe qui me présentera l’Incontestable. "

Tu te revois, sourire confiant, face à l’inquiétude de Klemens et de Jenna. Tes doutes presque anecdotiques alors face à ta détermination.  
"Et si je ne li plais pas ? Je li séduirai jusqu’à ce qu’iel cède."  
Tu ne t’attendais pas à trouver ton Klemens à toi, trop compliqué.e, trop exigent.e, incapable de te contorsionner pour rentrer dans un moule. Pas que tu le veuilles.
T’as trop de maquillage et de jupes et de mensonges dans tes placards pour rentrer dans la norme . Quel intérêt de toute façon ?

Puis il y a eu Kyo pour te rappeler qu’un mariage, ce n’était pas qu’un bout de papier rose. Que peut-être, ce ne serait pas si facile. Aussi, t’as essayé avec Kyo. De te conformer, de te faire plus petit, un temps. T’as tenu des semaines, à te sentir trop à l’étroit.e dans tes jeans, à ne pas oser respirer trop fort, à étouffer lentement, funambule de ta propre vie. Pour un résultat pas des plus terribles en plus…
( Mais qu’est-ce qu’iel y peut si tout le monde n’a pas de masque pour la peau dans sa routine beauté. Une peau pareille, ça se mérite et ça s’entretient. Iel n’est pas un sauvage.)

D'ailleurs, mn masque, ou une bonne douche, ne ferait pas de mal à son nouveau mari. Parce que tu te retiens difficilement de le montrer, ou même de froncer le nez, mais en plus d’être un géant patibulaire et violent, son eau de Cologne ressemble plus à une eau de sueur. A croire qu’il est venu en courant.

Maintenant qu’il ne te fixe plus, qu’il ne te touche plus, tu l’étudies plus librement. Sa taille n’est plus si étouffante maintenant qu’il batifole avec le chien. Est-ce le sien ? Tu ne crois pas, t’espères que non. Ils sont vraiment blancs, ses cheveux, pourtant il n’a ni le corps ni la force d’un vieillard. Il reste plus vieux que toi, clairement. Ce qui ne t’a jamais arrêté. Tu te ne souviens pas de ses yeux. Tu sais que tu es jaloux.se de sa barbe. T’aurais aimé avoir la même opportunité.

Mikhaïl n’a pas l’air de quelqu’un qui se remet beaucoup en question. Ça aussi, tu lui envies.
Machinalement, tu frottes ta main pleine de bave contre ton pantalon.

A présent que le plus gros de la tempête semble passé, que ta peur se fait plus discrète, il semble plus humain ton mari. Violent, immense, mais humain. Et toi tu te sens petit.e .Mais ça n’a rien à avoir avec ta taille ( tout à fait normale pour un européen cela dit).

Milles mensonges, justifications, se pressent contre tes lèvres. T’aimerais retrouver ta rage, ta colère. Ce serait plus facile de tempêter, t’obstiner jusqu’à obtenir raison. Si facile. Sans cette colère, tu te sens presque démuni.e .  Détestable sentiment.

Tu inspires. Ça coince un peu, dans ta poitrine, comme la réminiscence diabolique de tes démons. Tu es presque sûr.e que c’est que l’émotion et non ton asthme. Ta ventoline est dans ton autre sac. C’est dire à quel point tu en as eu besoin ces derniers temps.

- … Et pourquoi pas ? Tu contres, sans réel venin dans ta voix.

Tu lèves tes mains avant qu’on t’interrompe. T’as conscience de l’autre, Maze, qui se rapproche. Lui non plus n’a pas confiance en ton jugement. C’est un peu de la triche. T’es venu.e seul.e, toi. Et quelle magnifique idée ce fut…

- C’était pas ma meilleure idée.

Une main dans tes cheveux, pour cacher ton stress. Quelle angoisse ? Aucune. Parce que s’il te saute à la gorge, cette fois, Incontestable ou pas, tu ne te laisserais plus attraper.

- Mais la lettre est arrivée aujourd’hui, on est deux à avoir le code… Comment je pouvais savoir que t’amènerais ton… Ton regard va de l’un à l’autre …quelqu’un !

Tes yeux se plissent, ta posture se fait plus défensive.

- Et puis, pourquoi venir si c’était pour refuser ? T’allais quoi ? Te barrer si l’appart’ était pas à ton goût ?

Quelques pas, pour calmer tes nerfs, contrôler cet estomac qui se tord.

- Je pensais nous rendre service, tu vois ! Enlever un stress en moins dans la liste des choses à faire aujourd’hui, comme t’étais là, et moi aussi.

Ta technique du sparadrap arraché d’un coup pour pas souffrir. T’avais été fier.e de ta trouvaille sur le coup. T’avais pensé t’éviter de te faire rejeter, un doute interminable. T’avais pas prévu de te faire détester de ton mari avant même de l’avoir croisé…

- Je me suis dis que tu me pardonnerais un smack, que ça nous laisserait le temps de voir venir, pour demain.  Jamais j’aurais pu deviner…

Tu montres Maze. L’intru imprévu. Le caillou dans ton plan si imparfait.

T’as encore du mal à te faire sa présence. Elle a tout gâché et d’un autre côté, sans lui, Mikhaïl t’aurait peut-être déjà réduit en miettes. Encore plus. Tu sens encore le fantôme de sa poigne sur ton épaule.

Un coup d’œil vers la baie vitrée, une envie d’évasion, temporaire. De tout remettre à zéro. Tout effacer. C’est trop tard, Louis.a. Il est déjà gâché de toute façon ton mariage.

- C’était juste un simple baiser à la base. Me dis pas que t’as jamais embrassé d’inconnu.e.s en boite ?  
Une pause, une inspiration, pour forcer le barrage de ta gorge.

- C’était pas ma meilleure idée mais si je voulais me suicider j’entraînerai personne avec moi pour le faire, d’accord ?!  J’ai…j’ai déconné.

Une admission qui te coûte, c’est évident.

Mais t’as déconné aussi, Mikhaïl. Tu lui as fait peur, tu lui as fait mal. Et ça, iel te le pardonnera pas de sitôt non plus.

- Ecoute… on est parti…sur de mauv-...sur les pires bases possibles. My fault. Sorry Je vais retourner au taff et je reviendrais ap-
Une secousse, inattendue, qui t’étrangle à moitié, interrompant ton élan. Tu ne fuyais, tu comptais juste souffler un peu. Réévaluer tes options...avant que tout dérape un peu plus. Avant d'aller trop loin. Jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de réparer.

-  Man ! What the hell ?!

Code by Joy
Louis Raskolnikov
Si t'es sage, t'auras un badge
— ★ —

— ★ —
Messages postés :
231

Inscrit.e le :
16/04/2018


Les plus du perso :
Je suis: neutre.
Époux/se : Alekseï ♥
Autre: Merci Driss pour l'ava




La glue de votre mariage


Si Maze garde un œil sur eux, maintenant que Lucy fait son œuvre, que l’apocalypse et la prison imminentes semblent désamorcées, il n’écoute pas vraiment. Louis.a parle trop. Ils sont pas morts. C’était un accident. Ils ne se sont pas entretués. Ca lui suffit.

Fait assez rare pour le mentionner, il pianote sur son téléphone. Il aurait pu naître au siècle précédent, tant il se reposait le moins possible sur la technologie, contrairement à une majorité de ses contemporains. Il n’a pas la logique des applis, s’il veut faire ses courses, il peut se bouger. S’il veut draguer, il a plus de chance de réussir en personne qu’avec sa prose peu poétique et inspirée. ( Même si ce n’est plus d’actualité depuis un moment). Et s’il veut faire accélérer le traitement d’un dossier, il peut pas vraiment soudoyer  charmer un tas de circuits. Et une appli lui a jamais filé de rab.

… Me dis pas que t’as jamais embrassé d’inconnu.e.s en boite ?  

 Un ricanement que Maze ne prend pas la peine de retenir, un regard appuyé vers Misha. Il marque un point le jeune. Misha a jamais été une nonne. Et il a jamais eu de mal à trouver de partenaires non plus. Lui-même pouvait en témoigner.

 - Ça vous dit pas de bouger de là ?

Il a déjà repéré le salon et ses canapés qui semblent bien confortables. S’il reste inquiet pour Misha, il ne le montre pas. Il se contente de garder un œil sur lui. Et de rattraper son époux par le col alors qu’ayant enfin fini de parler, ce dernier semble déterminé à partir . Quelle idée à la con.

Maze grimace en le relâchant, tapote son épaule, bourru. Vaine tentative pour masquer ce manque de douceur qui a manqué d’étrangler Louis. En même temps, il est tout fin, ce Louis. Sa trombine aurait presque sa place sur les pages de papier glacé d’un magazine.

- Reste. C’est con, j’ai commandé des pizzas et des bières. …Et un machin aux fruits pour toi.

Parce qu’il n’avait pas la tête d’un amateur de houblon le blond. Il s’attendait à le voir avec un verre à la décoration extravagante ou à ne pas boire tout court. Parce qu’il va arrêter de déconner maintenant et se prouver un mari digne de ce nom. Parce que Misha mérite le meilleur.

Un regard vers Misha, toujours. Tout est pas encore cassé, brisé. Un peu de glue, quelques bières, et il était sûr qu’il n’en paraîtrait plus. En tout cas, ils les laisseraient pas se bousiller. Ni l’un, ni l’autre.

- J’ai pas pris de végétarienne par contre.

Il était prêt à faire beaucoup d’efforts pour l’époux de Misha, mais il avait atteint ses limites pour les mangeurs de pelouse. Et il lui rappelait beaucoup trop un autre homme, blond, dont le souvenir entachait peut-être ses premières impressions de Louis. Peut-être.

- Et si t’as du taff, ton patron comprendra. Il a sûrement l’habitude et de toute façon, c’est la loi. Profites-en pour le prévenir.

Ce n’est qu’une fois certain qu’il ne risquait pas de filer, que Maze s’écarta à nouveau. Non sans l’observer d’un regard critique.

- …T’as quel âge d’ailleurs ? 20 ans ?

Difficile à dire avec ses traits européens, les machins sur ses yeux et ses cheveux longs. Un grand flou entre 20 et 30 selon lui. Difficile à dire avec ce premier mariage qui a tout taché, tout déformé. Maze n’avait jamais été le plus doué pour deviner les âges. Et son précédent mariage ne lui avait que confirmé. Toutes ces machins qui scintillaient au coin de ses yeux aidaient pas vraiment  à se faire une idée précise selon lui.




©️ P A N
Maze Jefferson
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Si t'es sage, t'auras un badge
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum