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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se :
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Hatsumi KÛGA
"Farewell to all the earthly remains"

Généralités
Nom ;; Kûga.
Prénoms ;; Hatsumi
Âge ;; 25 ans ; née le 7 janvier 2089
Genre ;; Féminin
Origines ;; Japonaise, avec un père russe qu’elle n’a jamais rencontré compris dans le pack
Activité ;; Graphiste en freelance. Elle publie des dessins sur ses réseaux sociaux et réalise quelques commissions, mais elle a autrefois été escort girl sous le nom d'Ayame.
Sexualité ;; Bi, même si elle n'a connu que des hommes au sens biblique du terme
Avatar ;; OC de Sam Yang @samdoesart (désolée pour la fausse joie aux gens qui m'ont souhaité bienvenue avant que je change d'avis 😔 )
Règlement ;;
Chemin ;; Je suis tombé dans la marmite quand j’étais petit Good ridance to all the thieves 4115966937
Commentaire ;; Vous êtes duveteux. Même si je change sans arrêt de costume, je vous aime :3 Et Hatsumi me manquait beaucoup.
Histoire

[TW : même s'ils restent brefs et ne sont jamais décrits en détails, certains passages de l'histoire évoquent des thèmes difficiles (viol et proxénétisme). Protégez-vous et prenez soin de vous.]

Elle ne sait plus exactement quand elle a commencé à le penser. Mais si elle devait nommer un fléau qui a détruit sa vie, un seul…

Elle choisirait les Hommes. Tous.

Ceux qui ne sont que des corps
Ceux qui ne sont que des noms
Ceux qu’elle déteste
Celui qu’elle aime

Tous sont entrés dans sa vie en lui crevant la peau, tous en sont repartis avec un lambeau d’elle. Tous ont contribué à la faire telle qu’elle est aujourd’hui, sublime et brillante, seule et froide comme une étoile lointaine, couverte de blessures de la peau à l’âme. Elle aimerait tous les détruire elle aussi, les écorcher de ses crocs comme ils l’ont fait d’elle. Elle en rêve, lorsqu’elle se souvient comment faire. Et puis, elle oublie. Les rêves n’ont jamais aidé personne. Les rêves ne font que donner plus de prises quand le malheur tend la main. De toute manière, on n’affronte pas sur son terrain un ennemi plus fort que soi et le monde entier, à de rares exceptions, est le terrain des Hommes. Chaque femme qui l’arpente finit par l’apprendre un jour et cette leçon a germé en elle avant même qu’elle soit en âge de bien la comprendre…

2095 – 6 ans

On ne peut être jaloux que de ce qu’on ne possède pas. Hatsumi, elle, n’a pas de papa. Enfin, pas pour de vrai. Elle en a sans doute un, sinon elle ne serait pas là. Mais il ne rentre jamais à la maison, il ne vient jamais la voir. Une fois, à l’école, on lui a dit que c’était qu’un sale gaijin de toute façon et qu’elle ferait mieux de partir elle aussi, de retourner dans son pays. Ce jour-là, Hatsumi s’est battue dans la cour et a été punie. Son papa, elle y pense de temps en temps, surtout quand elle voit que les autres en ont un. Elle aimerait bien partir le chercher mais Maman lui a dit que ce n’était pas la peine, que ce n’était pas très important du moment qu’elles étaient toutes les deux et Hatsumi a fini par y croire un peu. Toutes les paroles de sa mère sont auréolées de lumière. Maman Rouge-à-lèvres, Maman Robe-brillante. Maman qui papillonne parfois dans l’appartement et dans son champ de vision pour aller se changer, se remaquiller, toujours pressée d’ajuster ses ailes noircies de khôl et ses décolletés. Elle dit qu’elle va tenir compagnie à des messieurs le soir, qu’ils lui donneront de l’argent. Avec, elles iront au cinéma et au restaurant, ou s‘acheter de beaux vêtements. Alors Hatsumi attend, chez les voisins ou à la maison. Elle attend le retour du papillon. Elle joue à la poupée, essaye les hauts-talons, se barbouille de maquillage, se goinfre de promesses et des glaces qu’elles iront manger ensemble, un jour où les messieurs la laisseront tranquille. Elle vit sa vie par procuration, dans le sillage d’une mère dont la présence ne fait que clignoter comme un signal de détresse…

2102 – 13 ans

Les enfants apprennent vite, bien plus qu’on le soupçonne. Ils ressemblent à des étoiles. Les yeux crédules des adultes perçoivent encore la lumière de leur six ans et ils les traitent en conséquence, alors qu’ils ont en réalité plusieurs galaxies d’avance. Ceux qui n’ont pas de chance ont déjà goûté au vide sidéral avant même la puberté. Hatsumi, elle, ne sourit même plus aux promesses de Maman, aux glaces et aux films, aux après-midis shopping ou au parc Yoyogi. Ce sont juste de vieilles comptines que sa mère récite en pensant la rassurer, combattre la peur du vide qu’elle laisse derrière elle à chaque fois qu’elle fuit en avant.

Maman ne peut pas se disperser ailleurs que dans sa course folle, la bataille qu’elle livre du sommet de ses escarpins. Elle doit se dépêcher de rejoindre les messieurs qui veulent d’elle, de refaire sa couleur, d’enterrer les minuscules ridules au coin de ses yeux dans des tombeaux de crème. Maman lutte contre le temps, tente de garder en vie ses ailes de papillon toutes craquelées de fond de teint. Le comble, c’est qu’elle continue de promettre des glaces alors qu’Hatsumi a passé l’âge et sait très bien qu’elle n’en mangerait pas. Le miroir et la balance, les dieux de son existence, le lui interdiront et leur jugement fait loi. Tant pis. C’est comme ça. Hatsumi, donc, ne croit plus aux contes de fées de sa mère. Ça fait un moment déjà qu’elle se raconte les siens.

Il habite à l’étage en dessous. C’est un garçon et il a son âge. Il ne voulait pas jouer avec elle quand ils étaient enfants parce que c’était une fille, jusqu’à ce qu’Hatsumi cesse de se déguiser en maman et mette des baskets pour le battre à la course. Depuis, ils sont toujours fourrés ensemble. Il est petit et fluet mais cette fragilité est modelée de délicatesse, d’une grâce enfantine qui affleure encore sur son visage en travaux, dans ses gestes dégingandés, dans le léger embarras que tous les ados éprouvent vis-à-vis de leur corps quand il grandit trop vite pour leur perception. Il est emmailloté dedans comme dans une chrysalide dont il s’extrait avec peine mais déjà on devine les traits coupants qui s’ébauchent, leur beauté sombre et sèche, les lèvres sinueuses, les longs doigts agiles et les tendons aigus que l’on devine aux poignets, presque trop affûtés sur ce garçon qui est encore un enfant.

Il n’a pas beaucoup de camarades parce qu’on le traite de tapette mais toutes les mères du quartier en sont folles. Elles roucoulent devant lui, adoucissent leur voix, élargissent leurs sourires et l’abreuvent de compliments tant il est gentil, serviable, mignon, charmant, alors qu’en réalité il est surtout intelligent. Hatsumi les a déjà vues faire. C’est hilarant. Et très pratique parce qu’il a souvent des gâteaux et des fruits à partager avec elle quand elle franchit en trois bonds l’escalier qui les sépare. Maman la laisse faire mais sans grande confiance. Elle dit que ce môme va briser des cœurs plus tard et elle a certainement raison car quand elle ne promet pas des chimères, elle a le jugement sûr en ce qui concerne les hommes. Elle met régulièrement sa fille en garde même si cette dernière ne l’écoute déjà plus, qu’elle a bien trop l’habitude de faire sa vie toute seule en son absence et de passer ses journées à l’étage du dessous.

C’est un appartement où il n’y a jamais personne à part eux. Les parents du garçon travaillent et sont tout le temps en déplacement. Hatsumi adore y aller. Là, au milieu des livres et des chats, elle apprend petit à petit à respecter la perspective, à placer les ombres et les lumières, à esquisser des formes et des reliefs en quelques coups de crayons qui capturent comme par magie ce qui bouge sous ses yeux. C’est le garçon qui lui apprend car il est très doué. Hatsumi s’applique et fait de son mieux. Elle décortique chaque modèle comme on éplucherait un fruit, ne s’autorise à le savourer que quand il est parfaitement maîtrisé. De fait, elle est perpétuellement affamée.

Ses oreilles et ses yeux lui tiennent lieu d’estomac quand, après la leçon, elle boit du thé glacée et mange des cochonneries avec son professeur tandis qu’ils parlent de tout durant des heures. De films, de mangas et de romans. De sexe, de mode et de tiktoks ridicules. De la mort, de l’amour et de l’Incontestable. Et surtout, surtout, du plaisir sans bornes que leur donne le dessin. Hatsumi se veut artiste peintre à l’époque. Elle veut devenir une étoile, pour de vrai, bien vivante et dont on ne verrait pas la lumière à rebours mais dans la seconde, en un flash éblouissant. Parce que ce serait sortir enfin des quatre murs de l’appartement, ce serait faire quelque chose de tellement beau et de tellement émouvant que peut-être, enfin, Maman arrêterait de se consumer sous ses yeux et trouverait du temps pour tenir ses promesses. Peut-être qu’il n’y aurait plus de messieurs, plus de miroir ni de balance, plus rien qui les empêcherait de manger des glaces ensemble. Elle oublie un peu vite que la vie d’artiste est souvent ingrate, en plus d’être difficile d’accès. Elle n’a pas encore conscience que la route est semée d’embûches, que son corps lui-même aura bientôt plus d’une trahison en réserve alors qu’il ébauche ses formes et qu’arrivent ses premières règles. Elle n’a pas encore conscience que les rêves et les étoiles peuvent disparaître dans bon nombre d’abîmes, ou dans les sourires de plus en plus beaux que lui adresse le garçon…

2106 – 17 ans

Peut-être est-ce là qu’elle a commencé à le penser. Peut-être est-ce là, finalement, que cette conviction a germé en elle, l’a imprégnée de force avant de pousser comme un chancre, déformant son esprit au fur et à mesure de sa monstrueuse croissance. Oui, peut-être est-ce là, alors qu’elle fermait les yeux en serrant les mains sur le rebord de son lit pour contenir les larmes et la rage qui montaient en elle comme les vagues de la nausée.

Il n’y aura pas d’artiste peintre remplissant les musées. Il n’y en aura jamais. Hatsumi ne dessine plus. Elle ne va plus chez le garçon d’en dessous. On le lui a interdit et de toute façon, elle ne peut plus le voir après ce qui s’est passé. Chaque matin, elle doit surmonter la colère qui lui donne envie de pleurer, de vomir à l’idée qu’il soit peut-être là, juste sous le plancher alors qu’elle se lève et marche jusqu’à la salle de bain. À un monde de distance alors qu’elle les croyait unis comme les doigts de la main. Alors qu’il le lui a dit lui-même, qu’il lui a dit tant et tant de choses douces et précieuses quand ils étaient allongés ensemble, essoufflés et heureux, étonnés de découvrir tant de trésors sur leurs peaux respectives. Elle lui faisait confiance. Elle pensait l’aimer. Elle a cru à ses paroles comme à toutes ses caresses qui la rendaient belle. Tout ça pour qu’il batte en retraite dès que l’absence de ses règles est devenue signifiante, pour qu’il se cache derrière ses parents dès qu’elle a refusé d’avorter.

Il les a laissés l’insulter, la menacer, la faire passer pour une traînée dans tout le quartier. Toute cette opprobre la souille dès qu’elle ose passer la porte et qu’on la regarde, qu’on murmure sur son passage. Alors même que la nourriture ne passe plus sans être promptement rendue, elle a l’impression d’enfler comme une baudruche ou un éléphant. Tout en elle est gonflé et collant, toute sa peau trop sensible est distendue sur son corps bouffi. Elle se dégoûte. Elle s’englue en elle-même. Elle perd pied. Et bien évidemment, elle ne dit rien à Maman.

Il est loin le temps du joli papillon qui voletait en la saupoudrant de promesses. Hatsumi est trop grande à présent. Elle ne joue plus à la poupée et ne veut plus ressembler à sa mère. Elle lui parle à peine sauf pour lui hurler dessus, tenter de vomir un peu de cette haine qui la déforme. Elle voit bien que les robes brillantes sont des contrefaçons, que les rides se creusent sous le maquillage et que les messieurs sont moins nombreux qu’avant. Elle sait maintenant qu’ils n’ont rien des gentils admirateurs qu’elle imaginait enfant, qu’ils n’emmènent pas sa mère au bal en lui offrant des bouquets ou en lui baisant la main. Elle se doute qu’ils lui pétrissent les cuisses de leur doigts boudinés et que ce n’est pas pour lui épargner le trajet du retour qu’ils l’emmènent à l’hôtel. Elle devine que son père était un de ceux-là, que le préservatif a craqué, s’il y en a eu un, et qu’il a oublié l’escort-girl japonaise aux longs cheveux noirs sitôt renfilé sa chemise. Il en avait eu tout ce qu’il voulait, ce qui lui ôtait toute valeur. Maman aussi le sait. Ça se voit dans le désespoir qui affleure aux coins de ses yeux noircis de khôl, dans sa peur de disparaître et de vieillir, et surtout dans l’horreur abyssale qui dévore son visage quand elle découvre la vérité. Quand le dieu miroir lui joue un mauvais tour, trace une boucle dans le temps et lui montre sa propre fille marcher dans ses pas, enfiler la même vie misérable…

2107 – 18 ans

Si Hatsumi devait nommer la plus grande tragédie de l’existence, elle dirait sans hésiter que c’est la tendance sadique du cours des choses à jeter à la volée des miettes de bonheur entre chaque moisson de peines. Ces petits riens qui s’accumulent et qui font sourire, qu’on conserve précieusement, qu’on fait durer longtemps, en se disant que ça vaut la peine d’être vécu, finalement. C’est cette conviction enfantine de naïveté qui fait que tous ceux qui arpentent le monde le font avec le syndrome de Stockholm. Elle en est convaincue parce qu’elle s’est volontairement crevée les yeux elle aussi, il n’y a pas si longtemps quand elle y réfléchit.

Hisaki est né un 15 octobre et il a eu le mérite de faire bouger les choses, même a l’époque où il n’était qu’un têtard barbotant qui menaçait de rompre le plancher de sa chambre. Maman et Hatsumi ont déménagé dans un autre quartier de Tokyo. L’une a continué l’école, l’autre raccroché ses robes brillantes, tant bien que mal pour les deux. Elles jonglent entre les boulots alimentaires, les horaires des cours du soir et l’éducation du petit garçon. Hatsumi le considère encore avec suspicion. Elle compte ses bouclettes noires, observe le grain parfait de sa peau et le velours de ses yeux clairs. Elle n’est pas dupe. C’est un très bel enfant lui aussi, un futur briseur de cœur. C’est bien pour cela qu’elle le serre rarement contre elle, qu’elle ne le fait jamais sans qu’une ligne de tension ne crépite entre ses deux épaules. Il ne restera pas éternellement petit et rond, doux comme un agneau, calme comme un bonze alors qu’il empile ses cubes avec la plus sérieuse des maladresses. Un jour, bien plus tôt sans doute qu’elle ne le soupçonne, il deviendra un homme et le vent lui-même se coupera sur les arêtes de son visage, les ligaments de ses mains. Il ressemblera à son père. Hatsumi le sait car elle le contemple bien plus souvent qu’elle ne veut se l’avouer.

Elle fait rouler avec lui les petites voitures et le camion de pompier. Elle rit quand il rampe maladroitement vers elle, remplissant tout l’espace de ses babillages d’enfant et de l’éclat de ses dents de lait. Elle ne lui fait aucune promesse papillonnante mais lui chante des comptines en agitant dans les siennes ses petites mains potelées. Et même si l’étouffer sous un oreiller a parfois des allures de fantasmes quand il pleure toute la nuit, même si le baby-blues a bien failli avoir sa peau, rien n’y fait. Le seul homme de sa vie s’appellera Hisaki. C’est uniquement pour lui qu’elle accepte de se frotter à la cohorte de ses pairs, dans le restaurant qui ne paye pas de mine où elle est devenue serveuse, en parallèle des études de graphisme qu’elle mène tant bien que mal. Hatsumi sait déjà à peu près tout ce dont elle a besoin de toute manière. Les enfants apprennent vite et meurent d’autant plus. C’est l’amer avantage à être bousculée de bonne heure par les commotions de l’existence : on n’a pas d’autres choix que de rapidement se forger sagesse et bouclier pour pouvoir survivre entre le marteau et l’enclume.

Pour ceux qui veulent connaître les hommes, les restaurants de Tokyo sont une bonne école. Contrairement à ce qu’elle croyait, ce ne sont pas uniquement des monstres qui usent les papillons et vous abandonnent avec des bébés plantés dans une chair trop tendre. La plupart d’entre eux sont des créatures de bien plus petites statures. Ils tiennent du chien, du coq et du chaton. Ils aboient plus qu’ils ne mordent, ils gonflent les plumes et leur importance, ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils ressemblent à des enfants dans des armures trop larges qui s’entrechoquent maladroitement, agitant à bout de bras des jouets dont ils ne savent pas bien se servir. Et s’ils boivent un peu trop, s’ils n’aiment pas qu’on leur tienne tête, s’ils insultent et rabaissent, s’ils exigent que leur revienne sans effort tous les trophées qu’ils désirent, c’est qu’il faut bien cacher la misère. Le monde est peut-être le terrain des hommes, mais la compétition est rude. Il n’a pas beaucoup à offrir aux petits garçons qui tentent de faire illusion, qui bâtissent leur maigre royaume avec le peu qu’ils ont à portée. Hatsumi l’a compris en observant les spécimens qui se rassemblent dans l’izakaya. Elle en a tiré plus d’une leçon.

Pour qu’un homme soit un allié, il faut être ce qu’il s’imagine, au moins en partie. Alors Hatsumi ment sur son âge, se maquille, porte des jupes et des talons sur ses jambes interminables, arbore toujours le bijou brillant de son sourire et de sa bonne humeur, appelle les habitués par leur petit nom, fait semblant de ne pas voir les enfants qu’ils sont. Pour ça, elle a eu un bon professeur. Maman serait atterrée en la voyant. Ceci dit, comme il n’est jamais bon d’être totalement invisible, il faut aussi briser savamment l’illusion. Alors Hatsumi parle fort, tape sèchement les mains baladeuses et rétorque sans peur aux remarques déplacées. Sa langue est tantôt gourdin, tantôt fleuret, en fonction de son public. Car, aussi ironique que ce soit, rien de vaut un homme pour la protéger d’un autre et les habitués sont devenus autant de chevaliers rustauds dont elle a suffisamment poli l’armure pour qu’ils défendent farouchement leur petite Mi-chan quand un étranger vient lui chercher des noises. Hatsumi s’accommode de ce quotidien de funambule et, de fait, les choses vont à peu près. Sa vie est grise de banalité mais parsemée de suffisamment d’éclats de joie, roses et brillants comme des coquillages, pour qu’elle s’estime bien lotie. Oui, ça pourrait être pire. Elle pourrait se retrouver mariée. Elle lance souvent cette punchline, jongle avec comme une plaisanterie et la jette bien vite par-dessus son épaule pour ne plus y penser. À quoi bon ? Elle est encore tellement jeune. Ça ne lui arrivera peut-être jamais. Ça fait vingt-cinq ans que Maman attend sa lettre rose. De toute façon, ce n’est pas la peine d’y penser. Au moins, elle est en sécurité…

Et la douceur lénifiante de cette pensée lui fait peu à peu oublier que le malheur, lui, n’oublie jamais personne. Il attend simplement qu’on ait amassé assez de petits coquillages roses pour tous les écraser d’un coup, les faire croustiller sous ses dents…

2108 – 19 ans

Satan se déguise bien en ange de lumière.
Asuma, lui, ne prend cette peine. Il entre dans sa vie comme le loup sort du bois, comme un seigneur en son domaine attiré par l’éclat d’une cape rouge, en se léchant les babines et en brandissant son bon droit.

À cette époque, les choses sont difficiles. Maman a perdu son travail trois mois plus tôt et ne s’en remet pas. Elle ne cherche rien d’autre, reste à la maison pour déprimer sans fin sur un passé révolu mais qui vaut forcément mieux que ce présent où elle est inutile par définition. Hatsumi aimerait lui rappeler à quel point ce passé-là était sordide, qu’elle n’avait pas plus de consistance que ses faux cils et cessait d’exister sitôt la capote remplie mais elle se retient. Elle encaisse. Elle ravale et épargne ses forces pour porter sa famille à bout de bras puisqu’il n’y a plus personne d’autre pour le faire. Le plus dur n’est pas l’angoisse ou l’abattement. Le plus dur, c’est la colère qu’elle éprouve contre sa mère et qui la brûle plus cruellement que ses larmes quand elle la trouve parfois sur son lit dans une de ses anciennes robes brillantes, les yeux caves et le visage vide.

Elle voudrait balancer ces vieux lambeaux de vie qui lui font horreur. Elle a l’impression de bouillonner de l’intérieur, comme ces Incontrôlables dont on perçoit les remous malgré le couvercle médiatique du gouvernement, qui font écho à sa rage. Cette rancœur étouffe son sommeil dans l’œuf, refuse de passer comme une indigestion constamment ravivée par tous les problèmes que cette déprime engendre. Le salaire en moins, la fatigue, les études, le stress, le loyer, Hisaki… Hatsumi en est à sauter les repas pour payer les vêtements de son fils qui poussent à vue d’œil lorsqu’elle reçoit la lettre, le lendemain du Big Bang Kiss et de ses explosions en une cruelle ironie. Elle a l’impression d’en subir encore le choc, d’être complètement sonnée par la déflagration lorsqu’elle se présente en tremblant à l’appartement. Il arrive deux jours plus tard, l’œil comme un fer de lance ou une flamme dans la nuit noire, les mouvements tout en puissance à peine contenue, à peine cachée sous le Louvre de tatouages qui lui drape les bras.

Elle ne l’a jamais vu, c’est la première fois. Il ne la connaît pas non plus mais ça ne lui pose aucun soucis. Il  sourit comme s’il la dévorait en parlant d’elle, en disant qu’elle est belle, qu’elle a de l’allure, qu’il va pouvoir en faire quelque chose. Avant même la fin du premier jour, quand elle entend son mari disserter sur ses nichons, sur ses jambes, sur son cul comme si elle n’était pas là, comme si elle avait cessé d’exister en ne laissant que son enveloppe derrière elle, Hatsumi comprend qu’elle est tombée aux mains d’un homme. Un de ceux qui sont des loups pour leurs semblables, qui ont le monde pour terrain de chasse, qui se mesurent à coups de poings, de revolvers ou de bassin. Pour qui elle n’est rien d’autre qu’une jolie tête de bétail et que jamais elle ne pourra plus y faire quoi que ce soit. Hatsumi comprend si bien qu’elle entend distinctement les craquelures de sa peau, les fêlures de ses os quand ce fait inéluctable s’inscrit en elle, la broie dans les mâchoires de son évidence. Pendant cette première soirée, cette première nuit atroce qui dure des années, elle disparaît lentement dans la gueule du Léviathan.

Asuma gère un business de delivery health. Tout un cheptel de filles qu’il recrute parfois directement dans la rue avec monts et merveilles, des promesses de sacs Chanel qu’elles pourront se payer après une, deux, trois passes, pas plus, promis. Et ces pauvres filles un peu paumées, soudain toutes émoustillées qu’on leur fasse autant de compliments alors qu’elles se pensaient tout juste jolies, tombent dans son piège. Il les choisit avec soin, avec art, avec suffisamment de miel dans ses paroles et ses gestes pour étourdir ses victimes et les mener comme il l’entend. Il les prend jeunes, belles, célibataires, engoncées dans un travail médiocre. Il les polit et les dresse, conserve une sextape ou des photos de chacune pour ne pas qu’elles lui filent trop vite entre les doigts. Il connaît toutes leurs mensurations par cœur. Il compulse ses registres d’un œil expert pour trouver la pouliche la mieux adaptée aux désirs de ses clients, les pieds nonchalamment croisés sur son bureau. Il pense, mène, négocie, avance ses pions comme un maître sur l’échiquier. Hatsumi n’est pas épargnée.

Puisqu’il ne peut pas la prostituer, il n’a pas de temps à perdre avec elle. Elle doit lui obéir si elle ne veut pas qu’il abîme son joli minois. Elle quitte son travail, elle arrête ses études. Elle le laisse décider de son apparence, de son régime, de son emploi du temps. Tous les quinze jours, elle le laisse allumer la webcam et lui imposer toutes sortes de positions, s’arranger pour qu’on voit tout d’elle et rien de son propre visage. Elle ne touche rien des commissions de ces vidéos. Elle dit oui à tout et ne dit surtout rien de la famille qu’elle a laissée derrière. Asuma ne doit pas savoir. Mieux vaut qu’elle soit la seule à subir son joug et à s’enterrer dans ce calvaire. Parce que Maman est perdue en elle-même, parce qu’Hisaki grandit trop vite, parce qu’elle est jeune et effrayée. Parce qu’il a la promesse de douleur si tendre au coin des lèvres qu’à sa place, n’importe qui le suivrait sans résister dans l’ombre et le péché. Quelle importance au fond ? On n’inverse pas le cours des choses en comptant les maillons de ses chaînes. On peut juste apprendre à suivre le courant et à en tirer parti.

2109 – 20 ans


La chance est une maîtresse capricieuse. Une belle salope, c’est ce qu’Hatsumi pense alors que pourtant, elle a été généreuse avec elle. Enfin, surtout avec son mari mais suffisamment pour qu’elle puisse en ramasser les restes. La théorie du ruissellement, sans doute. Asuma est un monstre, un négrier de filles perdues qui brise des vies comme on marcherait sur un tapis de feuilles mortes mais il est doué pour les affaires. Son business roule tellement qu’il embauche du monde, agrandit son cheptel et que l’argent coule à flot. Il excite la jalousie mais s’attire aussi la protection des gros poissons, des gens plus puissants que lui à qui il cède bien volontiers une partie de son indécent capital pour continuer de le faire fructifier en paix. Et puisque les affaires vont bien, il lâche un peu la bride à sa femme. Pas de beaucoup mais Hatsumi est assez maline, assez bonne funambule pour évoluer en talons hauts sur cette corde raide. Sa position change à elle aussi. Peu à peu, elle devient moins sa putain personnelle qu’une jolie décoration, un bijou qui se doit d’être étincelant quand il l’exhibe comme preuve de sa réussite.

Elle ne le contredit pas. Certaines choses ne changent pas avec les hommes et Hatsumi s’applique à être exactement ce qu’on attend d’elle. Elle fait du Pilates et du fitness. Elle compte les calories. Elle s’épile au laser. Elle raccourcit ses cheveux parce que son mari préfère sa nuque dégagée. Elle se fait les ongles. Elle se maquille. Elle s’habille. Ses placards débordent de chaussures, de robes, de sacs à main, de choses criardes et hors de prix qu’elle arbore en roucoulant à ses côtés. Elle l’accompagne partout où il l’exige, sourit à son bras quand il expose fièrement sa petite femme à ses amis, ses associés, d’autres maquereaux comme lui, parfois des yakuzas même si personne n’en dit rien. Elle lui sert son whisky on the rocks comme il se doit. Elle retire sa robe mais pas ses bijoux quand la retourne sur le matelas ou la prend sur ses genoux, parce que ça lui donne l’impression de baiser la reine de Saba. Au moins a-t-il laissé tomber les vidéos depuis qu’il a décidé qu’elle était un produit de luxe, réservé à son usage personnel.

Elle est un peu princesse, un peu pétasse, un peu chatte en chaleurs quand il le faut. De cette façon, personne ne soupçonne le hurlement de rage qui perce sa poitrine, la haine térébrante qui brille dans ses yeux qu’elle garde baissés quand son mari lui tourne le dos, à portée de ciseaux ou d’une hideuse statuette en marbre. Hatsumi passe ses journées écartelée entre son armure Dior et ce qui survit derrière. Parfois, elle a l’impression qu’elle pourrait tout détruire de ses mains, tout envoyer promener pour se rappeler ce que ça fait de pouvoir choisir. Parfois, elle a l’impression qu’elle pourrait s’y faire. Cette pensée-là ne manque jamais de la réveiller, de lui donner la nausée de cette cage dorée dans laquelle elle pourrit. Et chaque fois, elle s’échappe. Elle quitte Odaiba et la tour beaucoup trop haute où elle vit pour rendre discrètement visite à son fils.

Il a bientôt trois ans maintenant. Elle le voit grandir de loin en loin, sur les photos que Maman lui envoie de temps en temps, tôt le matin quand Asuma ne risque pas de se lever pour la surprendre. Elle leur rapporte l’argent qu’elle parvient à dérober en douce pour aider du mieux qu’elle peut. Elle le voit pousser à vue d’œil, ses traits ronds de bébé s’ébaucher petit à petit. Il a l’air heureux. Il se souvient encore d’elle, se suspend à son cou quand elle vient le voir et refuse de la lâcher quand arrive l’heure de partir. Pour combien de temps encore, se demande-t-elle en rentrant chez son mari ? Quand commencera-t-elle à faire partie de son passé ? Quand cessera-t-il de s’accrocher de la même façon qu’elle a laissé tomber l’idée que sa mère tienne ses promesses, que son père vienne un jour la chercher ? Si elle reste mariée, ça finira sûrement par arriver. Elle redoute ce jour de tout son cœur de jeune mère. C’est ce qu’elle reste en dépit de la distance, du temps, de son visage qui s’estompera dans la mémoire de son fils. Il lui doit cette vie précaire, qui ne tient qu’à un fil, qui pourrait basculer du jour au lendemain dans l’abîme. Qui bascule bel et bien le jour où Tokyo tremble sur ses bases.

La tour d’Odaiba résiste mais le monde d’Hatsumi s’écroule. Maman lui envoie un message au mépris de toutes les règles de prudence qu’elles ont fixées ensemble. L’immeuble s’est effondré. Parce que la chance est une salope généreuse, ni elle ni son fils n’ont davantage que quelques contusions, un poignet foulé et une grosse frayeur. Ils sont à l’hôpital, en observation. Mais parce que la chance n’en est pas moins une garce, Asuma lui arrache le téléphone des mains quand il la voit changer de couleur à la lecture et il entre aussitôt dans une rage folle. Il lui hurle dessus, l’insulte à pleins poumons, lui serre le bras à lui en briser les os en exigeant de savoir ce que c’est que ce bordel, quelle genre de saloperie elle dissimule dans son dos. Effrayée, en larmes, effondrée aux pieds de son bourreau, Hatsumi est obligée d’avouer la vérité pour pouvoir supplier de rejoindre son fils. Juste pour s’assurer qu’il va bien, ensuite elle revient, elle promet qu’elle revient tout de suite. Évidemment, Asuma refuse.

Il se contrefout du lardon qu’elle a pondu avant leur mariage. Si elle a été trop conne pour pouvoir avorter, ce n’est pas son problème. En attendant, il ne va ni payer pour ce chiard, ni partager sa femme avec. Il lui interdit de quitter la maison toute seule. Il lui interdit de retourner le voir. Et si elle est pas contente, elle a qu’à fermer sa gueule. Il peut toujours faire en sorte que ce môme passe malencontreusement sous les roues d’une bagnole si elle n’est pas sage. Hatsumi comprend qu’il dit vrai, qu’il n’aura aucun scrupule. Qu’il mettra peut-être la menace à exécution quoi qu’elle fasse histoire d’être tranquille pour de bon. Alors, elle explose.

Elle hurle, se débat, vomit des torrents d’insultes à faire rougir un docker. Peu importe qu’il la frappe, qu’il lui ordonne d’arrêter de gueuler comme une truie, bordel de merde. Hatsumi ne s’arrête pas. Ça sera la dernière chose qu’elle laissera, c’est ainsi qu’elle veut que finisse le monde. Pas sur un murmure ou un sanglot, mais une supernova. Elle se rebelle jusqu’à ce qu’il la lâche par miracle et elle s’enfuit de la tour. Elle court pied nus, sans rien d’autre sur le dos que sa tenue d’intérieur. Elle court jusqu’à être hors d’atteinte et Asuma ne la rattrape pas. Elle ignore pourquoi, comment elle s’y est prise pour le semer alors qu’elle fuyait au hasard. À chaque rue elle s’attend à le voir surgir mais elle reste seule et hébétée, libre et terrifiée, sous les regards des passants qui la prennent pour une folle. Elle l’est sans doute car elle ne rentre pas.

Malgré la menace de la milice et du centre qui plane au-dessus de sa tête, malgré l’angoisse qui la transperce et lui donne la nausée quand elle pense au moment où elle se retrouvera à nouveau face à lui, elle poursuit jusqu’à l’hôpital en se faufilant sans payer dans le métro. Elle l’atteint quand les sirènes commencent à hurler sur la ville. Après ça, elle ne sait pas. Aujourd’hui encore, elle est incapable de se souvenir avec précision de ce qui s’est passé. Tout ce dont elle parvient à se rappeler quand elle en fait l’effort, ce sont les cris effrayés, le rugissement de l’eau, la lumière du couloir qui sautait sans cesse comme si l’orage se déchaînait à l’intérieur et les mots rassurants qu’elle s’efforçait de murmurer à son garçon terrorisé, serré contre elle, recroquevillé avec elle derrière un distributeur de boissons qui les protégeait des mouvements de panique. Le reste est silence. Ce silence assourdissant qui persiste quand la vague se retire finalement.

Hatsumi n’entend plus rien de ce qui se passe autour d’elle, regarde sans comprendre le chaos muet de sinistrés qui recherchent fébrilement leurs proches, appelant des noms sans substance qu’elle lit à peine sur leurs lèvres. La seule chose qu’elle entend distinctement après tout cela, c’est son propre rire. Le rire vibrant, douloureux, éclatant de joie pure qui lui prend toute la poitrine et remplit ses yeux de larmes quand on lui apprend que son époux est mort. Hatsumi ne se rappelle pas avoir ri de façon plus libératrice que ce jour où elle regarde le ciel lourd de nuages et qu’il lui apparaît plus beau que jamais malgré les morts et les décombres, parce que son mari gît noyé sous les ruines de leur putain de tour trop haute, à Odaiba.

2111 – 22 ans

La vie reprend son cours comme elle le peut. Ce n’est pas facile. Au début elle rampe, elle avance à peine. Il lui faut du temps pour refermer ses blessures, ressouder suffisamment ses fractures pour parvenir à vaciller sur ses jambes. Il lui faudrait si peu de choses pour retomber et faire éclater à nouveau ses cicatrices que ça paraît même fou qu’elle parvienne à se remettre debout. Et pourtant, elle reprend sa marche. Elle finit par se retourner pour s’étonner d’avoir parcouru déjà tant de distance alors qu’il lui semble que c’était hier qu’elle a failli s’arrêter pour de bon, fracassée sur les pierres de la route.

Asuma est mort et, en tant que veuve, elle a touché son assurance vie. Comme leur logement n’était plus habitable, elle a aussi touché un dédommagement du gouvernement. Elle a fait quatre choses de tout cet argent : acheter un appartement pour eux trois, financer sa reprise d’études, payer un thérapeute pour sa mère et elle et s’offrir une modification génétique. Tant pis pour ses cheveux. Tant pis pour ses yeux. Elle ne les a jamais aimés de toute façon et elle ne veut plus ressembler à cette petite japonaise à la coupe courte qui gémit en se faisant tringler par son mari, à la vue de tous. Tous les bijoux, toutes les chaussures, toutes les robes de luxe ont été engloutis dans l’eau et la boue. Tant mieux. L’épouse d’Asuma est morte en même tant que lui et son corps de soie, de satin et d’or massif repose lui aussi au fond de la baie de Tokyo. Débarrassée de son fantôme, elle peut prendre un nouveau départ en ne gardant que l’essentiel. Son fils, sa mère et cette lucidité aiguisée envers le bonheur, cette certitude que celui-ci ne durera pas, si doux soit-il, et qu’il faut se préparer sans cesse au retour des mauvais jours.

Ce mariage aura au moins eu cet unique bon côté : Hatsumi a mûri, a perdu ses derniers lambeaux d’innocence. Si elle a craint un moment de se retrouver de nouveau mariée avec une, deux, ou trois autres personnes comme c’est arrivé après le tsunami, elle passe sans dommage au travers de ce péril. L’arrêt de l’Incontestable n’a pas de conséquences sur elle non plus, si ce n’est le vent de folie qui souffle sur les japonais soûls de cette liberté dont ils ne savent pas quoi faire et dont elle se tient à distance. Sa prudence acérée lui évite bien de nouveaux déboires avec les hommes et la vie. Il lui manque juste encore un peu d’expérience pour se souvenir que le malheur se rit de tous ses efforts, de tout son courage. Qu’il frappe toujours au défaut de l’armure, quand on baisse son bouclier après s’être cru en sécurité…

Les gens tombent malade. À la fac, dans le métro, dans les rues, la foule s’éclaircit. Ses clients sont moins nombreux à la demander pour la soirée, pour la nuit (certaines choses ne changent pas et quoiqu’elle pense d’eux, les hommes sont une source de revenus non négligeable maintenant qu’elle a appris à jouer avec leurs plus basses pulsions). Les passants pressent le pas, jettent des regards en biais à leurs voisins en regardant les informations, essaient de ne pas céder à la peur derrière leurs masques en coton. C’est peine perdue, évidemment. En dépit de la chaleur étouffante de l’été, le mal se répand. Il frappe au hasard, à l’aveugle, avec une cruauté impartiale qui nivelle toutes les différences et réduit chacun à sa plus simple expression, sa plus fragile substance. Les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux, les bons et les autres, tous ne sont plus que des corps susceptibles de succomber. Hatsumi tombe malade elle aussi.

Pendant des jours, elle est fiévreuse et épuisée, lunatique et dominée par ses nerfs à vif, au désarroi de Maman. Elle se met en tête que le garçon d’autrefois va revenir lui voler son fils, qu’Asuma a survécu et qu’il va revenir la voler elle. Elle supporte à peine d’être assise à côté d’un homme dans le métro parce qu’elle cherche les ressemblances, les différences, la faille dans le déguisement. La peur lui donne la nausée. À un moment, elle se croit de nouveau enceinte et puis elle réalise que c’est stupide. Elle réalise peu à peu que toutes ses craintes sont stupides alors que la fièvre lâche prise. Elle se souvient qu’il y a plus grave et plus urgent, qu’elle a plus précieux à perdre et un ennemi bien plus implacable que les fantômes d’hommes qui la hantent quand Hisaki tombe malade à son tour.

Ce n’est pas un petit rhume avec quelques vomissements, quelques crises de larmes ou de colère sans raison apparente. Son petit garçon s’écroule, terrassé par la fièvre. Il gémit parce qu’il voit des monstres et qu’il est trop épuisé pour hurler de terreur. Il n’avale plus rien, n’a même plus la force de boire. Il maigrit à vue d’œil dans le lit d’hôpital où il atterrit, entouré de perfusions et de machines atroces qui mesurent la vie restante dans son corps trop frêle. Hatsumi en devient folle. Elle perd le sens commun et ne va plus à la fac, ne prend plus de clients. Elle perd le contrôle de sa voix en criant sur les médecins débordés qui ne savent pas ce qu’il a et ne peuvent que lutter contre les symptômes, écoper la cale au lieu de réparer la coque. Elle perd la mesure du temps qu’elle passe à son chevet. Elle se perd en prières et en malédictions qui restent sans effet. Elle pleure toutes les larmes de son corps en serrant la petite main pâle, terrassée par la voix affaiblie qui délire et supplie. Ne me brûle pas, Maman. S’il te plaît, s’il te plaît ne me brûle pas, je veux pas aller au cimetière…

Ça dure presque quinze jours. Quinze jours aussi longs qu’une vie dont elle se réveille hébétée, assommée, vidée de forces et de pensées pour voir s’ouvrir sur elle les yeux de son fils. Son fils qui la voit, la voit pour de vrai car il arrive à rouvrir les paupières sans hallucination pour le terrifier. Son garçon qui l’appelle de sa voix craquelée et se blottit faiblement contre elle en murmurant ce nom qu’elle a pris il y a longtemps, un 15 octobre. Ce nom gravé si profondément dans sa chair que la brûlure s’en ravive aujourd’hui, lumineuse et cuisante comme si elle venait d’être faite sans qu’on ne sache trop lequel des deux donne la vie à l’autre. Hatsumi aussi redevient comme à l’époque. Dix-sept ans, rien dans la tête, plus rien dans le cœur ou presque et soudain la crue, l’avalanche, le cyclone de tendresse et le feu dévorant qui se déversent en elle pour la faire pleurer. Elle finit en larmes à nouveau, à genoux au chevet de son seigneur et maître, le seul qu’elle accepte, auquel elle ne peut prêter serment qu’avec un seul mot. Cette poignée de sons répétée jusqu’à l’obsession, porteuse de toute une litanie de titres aberrants, criants de vérité. Mon fils, mon bébé. Chair de ma chair, sang de mon sang, unique homme de ma vie. Hisaki, Hisaki, Hisaki…

Il guérit. Il quitte l’hôpital. Il reprend l’école et sa vie aux côtés d’Hatsumi, qui elle-même a bientôt fort à faire pour rattraper tout son retard à la fac et se distraire de l’angoisse qui l’a tenue des jours. Elle s’y consacre à corps perdu pour oublier le drame qui a failli les frapper, se relève en vacillant une fois de plus et continue à marcher le plus loin possible de cet affreux fragment de passé. Bien entendu, elle n’a aucun moyen de deviner que les conséquences de cet événement l’accompagnent et rampent dans son ombre, attendant leur heure pour surgir et jeter à bas tout ce qu’elle s’efforce de construire.

2112 – 23 ans

Tout aurait pu fonctionner. D’un bout à l’autre, les éléments se sont mis en place, chaque rouage s’imbriquant dans le suivant si vite qu’elle n’avait pas le temps de réfléchir entre deux rotations et qu’elle s’est contentée d’épouser le mouvement qui la poussait hors du Japon. Il manquait si peu qu’Hatsumi a envie de hurler, que ses doigts la brûlent alors qu’ils ne peuvent qu’effleurer cette liberté désormais hors d’atteinte. Tout ça parce que la chance sera toujours ce qu’elle est.

Quand elle y réfléchit, elle ne saurait même pas dire où elle a commis une erreur. Peut-être n’y en a-t-il pas eu, peut-être était-elle tellement infime qu’elle est devenue invisible et qu’elle n’apparaîtra à son tour que lorsque le cataclysme se sera abattu pour de bon. Et peut-être que la machinerie en apparence bien huilée s’est simplement emballée toute seule et qu’Hatsumi n’a pas pu faire autrement que de sortir du rail avec elle. C’est ce qu’elle s’est dit quand la milice l’a finalement rattrapée quand elle a essayé de s’enfuir avec Hisaki après que l’Incontestable les ait déclarés morts tous les deux, comme tant d’autres japonais qui ont aussitôt tenté de quitter ce pays-prison. Elle comptait rejoindre la Russie. Elle s’agace elle-même. Comme si ça pouvait changer quoi que ce soit aujourd’hui, comme si on l’attendait là-bas. De toute façon, rien de tout cela ne verra le jour. La Russie, elle n’en foulera jamais le sol. Elle ne quittera jamais le Japon. Il n’y a rien pour elle ailleurs.

C’est ce qu’elle pense aujourd’hui, ce qu’elle croit penser. Elle ne sait plus. Parfois, elle se demande ce qui est encore à elle dans sa tête. C’est compliqué depuis qu’elle est sortie du centre, depuis qu’elle est revenue chez Maman et qu’elle a retrouvé son fils qu’on lui avait arraché, depuis qu’elle a repris encore une fois le cours de sa vie boiteuse qui titube un peu plus à chaque chute. Elle ne peut pas quitter le Japon parce qu’elle doit s’y marier. Sa nouvelle puce lui trouvera quelqu’un. Un homme, sans doute. Ça se passera bien. Et c’est toujours là que le fil se casse, que les fêlures apparaissent. Dans ces éclairs de lucidité qui ne durent jamais assez, cette idée de mariage la terrorise parce qu’il n’y aura pas de second tsunami pour l’en délivrer. Mais ça ne peut pas arriver, n’est-ce pas ? Pas vraiment. De toute façon, elle n’a pas à s’inquiéter. La Machine est parfaite. La Machine est infaillible. La Machine est l’avenir du Japon. Son avenir à elle. Elle doit obéir...

2114 – 25 ans

Le temps a passé. Une fois n’est pas coutume, il a apporté de bonnes choses. Rien de plus qu’une nouvelle moisson de coquillages avant la prochaine tempête mais Hatsumi chérit particulièrement celle-ci. Elle lui donne l’impression d’arriver à bâtir quelque chose…

Maman a finalement reçu sa lettre. Teruo Nemoto est un homme dur, d’autant plus intransigeant qu’il essaie de faire oublier le fauteuil où il est cloué depuis Shukumei, mais au moins traite-t-il son épouse avec respect et ne se mêle pas trop des affaires de sa belle-fille. Mais sa plus grande qualité aux yeux d’Hatsumi est sans conteste d’être le père de Reita. Un beau garçon, un peu trop mâle, un peu trop responsable, un peu trop stressé quand il s’agit de sa virilité. Et pourtant ils se sont aimé tout de suite, ont tout partagé, tous leurs plus obscurs petits secrets. Enfant, elle avait parfois demandé un petit frère. Aujourd’hui, elle sait ce que ça fait. Ils n’ont pas une goutte de sang en commun, mais ils s’ouvriraient les veines l’un pour l’autre. Ils se font confiance et s’épaulent comme elle ne l’aurait jamais cru possible, sans que jamais le désir ou le sexe ne viennent empoisonner leur complicité. Hatsumi ne pensait pas, un jour, pouvoir poser sa tête sur les cuisses d’un homme et s’endormir avec sa main dans les cheveux sans craindre quoi que ce soit de lui.

Le temps a passé et elle a terminé ses études. Elle est aujourd’hui graphiste en freelance, avec tout ce que ça comporte d’aléas. Ce n’est pas la carrière d’artiste dont elle rêvait enfant mais elle a suffisamment goûté au poison des rêves pour s’en contenter avec plaisir, surtout depuis qu’elle a arrêté de se prostituer. Tout ce qu’elle espère maintenant, c’est que le temps continue d’avancer et de l’éloigner de ces souillures jusqu’à ce qu’elles ne puissent plus essaimer. Et que le mariage continue de l’épargner aussi, même si c’est son rôle. On a eu beau altérer son esprit, elle continue d’écouter cette petite voix qui parle au fond d’elle-même, entre les failles de sa conscience fracassée, pour lui dire que l’Incontestable peut bien l’enchaîner à tous les hommes qu’il veut. Qu’il y a toujours un moyen de tricher avec les règles qu’ils dictent et manœuvrent à leur guise même si ce sont eux qui régissent le monde. Qu’il y a toujours moyen de s’infiltrer dans les failles de leur jeu, de brouiller les cartes et de changer le terrain parce que le champ de bataille est immense et, même dans les chambres de love hotel où ses clients la culbutent, elle peut parvenir à se jouer d’eux. Que même si elle a les mains vides face à un adversaire trop puissant, peu importe qu’il s’agisse d’un homme ou d’une machine, elle doit l’affronter jusqu’au bout.

C’est ainsi que finissent les étoiles. Pas sur un murmure ou un sanglot, mais dans un flash aveuglant. Une explosion de lumière…

Caractère
Hatsumi est une coquille scintillante. Coquette et enjouée, elle n’a pas son pareil pour se montrer aimable au premier abord. Elle sourit, rit, vous complimente et vous écoute et il n’est pas difficile de la croire sincère. Elle l’est peut-être. Comment savoir ? Elle ne montrera pas facilement ce qu’elle pense réellement de vous. Elle ne montrera pas facilement qu’elle pense tout court, car il est parfois plus simple de se faire passer pour moins malin qu’on ne l’est. De paroles en regard velouté, c’est votre image améliorée que vous verrez d’abord dans ses beaux yeux à la couleur irréelle. Hypocrite ? Trompeuse ? Sans doute. Mieux vaut en tout cas ne pas totalement s’y fier. De toute façon, si vous percez la surface, vous le saurez.

Hatsumi est un noyau d’acier. Malgré le peu d’années sur lesquelles elles se sont étalées, les épreuves l’ont forgée, endurcie et lui ont surtout ouvert les yeux. Fière de nature, elle a une conscience aiguë de ce qu’elle vaut et, toute marchandise qu’elle soit, n’escomptez pas l’avoir au rabais. La jeune femme sait faire preuve de patience et de ténacité pour obtenir ce qu’elle désire, de l’argent et la paix le plus souvent. Non, elle n’en attend pas plus, ni de vous ni de personne. Elle a appris dans le sang et les larmes que les espoirs et les rêves n’existent que pour être piétinés, mieux vaut donc s’en débarrasser. Et de toute façon, même si elle les écoute avec des étoiles en toc dans les yeux, elle sait ce que valent les belles promesses des hommes. Il ne faut pas se fier à eux quand ils vous promettent la Lune et bien davantage quand ils vous préparent l’enfer. C’est bien pour cela qu’elle quitte rarement son armure.

Hatsumi est un cœur en fusion. Quand les barrières cèdent, quand on parvient à la tirer de la tranchée de ses convictions et à lui arracher son étendard d’amertume, on la découvre vive et impétueuse, emplie de douleur, de colère, d’amours déçus et de rêves brisés dont elle ne sait pas quoi faire. On découvre qu’elle peut hurler sa haine et pleurer son chagrin de la même façon, sans réserve et sans limite. On découvre sa peur de refaire sans fin les mêmes erreurs, de ne pas réussir à protéger les rares choses précieuses qu’elle possède. Sa mère, son fils, sa volonté. Cette dernière lui a déjà été à moitié arrachée à l’issue de la chasse à l’homme et elle en protège les lambeaux avec une rage farouche, une angoisse ardente lorsqu’elle se rappelle que quelque chose cloche dans sa tête, dans le système, dans le pays. C’est compliqué. On découvre de l’angoisse, de la rancune, de l’amour, de la passion. On découvre des cicatrices et des contradictions. Et, avec beaucoup de patience et d’attention, on découvre aussi les minuscules fleurs qui repoussent timidement dans cette terre brûlée malgré tous ses efforts pour les cacher. Cette envie d'apaisement qui devient de plus en plus pressante avec les années.

Physique
Avec 1m70 sans les talons, Hatsumi est aussi grande que gracile. Sa taille étroite, ses membres fins et fuselés lui confèrent une fragilité confortée par la finesse de ses cuisses, le galbe gracieux de sa poitrine et de ses hanches. Hatsumi est consciente de la beauté de son corps et l’entretient savamment, la garde efficace et aiguisée comme elle le ferait d’un outil de travail car c’est ce qu’elle est. C’est pour cela que sa démarche est aussi étudiée, qu’elle sait mettre autant de langueur féline que de gaieté pimpante dans ses gestes et ses expressions quand elle le décide.

Sur son beau visage en forme de cœur, les sourires sont légions car elle sait l’effet qu’ils produisent avec sa jolie petite bouche aux lèvres bien dessinées, pulpeuses et brillantes de maquillage. De manière générale, Hatsumi a rehaussé la nature par toutes sortes de menues artifices. Ses cheveux d’un blanc de neige en sont un bon exemple. Leur longues mèches soyeuses mettent en lumière sa peau claire et satinée, lui confère un teint délicat de fleur de cerisier. Elle ne regrette pas d’avoir modifié ses gênes pour cela, même si elle sait que ce choix surprend. Elle ne veut plus jamais avoir les cheveux noirs. Grâce au métissage, l’harmonie de ses traits n’est pas dépourvue de caractère, même si ses pommettes rondes et son menton pointu donnent souvent l’impression qu’elle est plus jeune en dépit de sa grande taille. C’est sans doute grâce à ses yeux. Moins bridés, ourlés de longs cils noirs et veloutés, leur couleur est saisissante. Aigue-marine, disait le catalogue de GenEsthetics. Hatsumi a vu à quoi ressemblait cette pierre et c’est vrai qu’on croirait observer une lagune sous les tropiques. En général, ce sont ses yeux qui restent lorsqu’elle ressurgit des mémoires.

En matière de vêtements, Hatsumi reste dans la droite ligne de son apparence. Féminine jusqu’au bout de ses ongles nacrés, elle aime les jupes et les bijoux, les ensemble girly ou sexy selon les occasions, les talons hauts et les jolies coiffures, les couleurs douces, les décolletés et les robes noires. Elle ne s’habille simplement que lorsqu’elle passe du temps avec son fils car c’est le seul devant qui elle ne craint pas de se montrer sans armure.

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Sam Yang {Kara} est Hatsumi Kûga


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... Not gonna lie, ça me donne envie de jouer à Stardew Valley, d'un coup :V

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Très bonne idée. Fais ça. C'est toujours une bonne chose de rejouer à Stardew Valley, même quand on a déjà 300h sur le jeu Good ridance to all the thieves 4115966937 (Alex, mon amour, c'est toi le seul husbando de mon coeur)

MERCI BEAUCOUP BG
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SEBASTIAN ! Aheum pardon, je suis fan du personnage. Bon reboot et bonne chance pour ta fiche ! J'ai hâte de connaitre un peu plus Thomas.
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TU AS BIEN RAISON ALEX !!!

Mais désolée, Sebastian est parti 😔

Merci pour tous vos messages de bienvenue malgré tout ! J'espère que ma fiche vous plaira :3
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Modération de fiche

Le staff de Just Married te souhaite la bienvenue sur le forum ! ♥

Introduction

Comme dit plus haut, bon retour finalement sous le doux visage d'Hatsumi que j'ai découvert avec grand plaisir !

Histoire


Tout y est ! Mais parce qu'il faut bien qu'on me paie (c'est faux) pour quelque chose, je te pose quelques (rares) petites fautes et oubli !

« un jour où les messieurs la laisseront tranquilles »
« dont il s’extraie avec peine »
« Hisaki est né un 15 octobre et il a eu le mérite de faire bouger choses »
« les hommes sont une source de revenus non négligeables »

J'ajoute que j'ai plusieurs fois bugué sur des choix d'utiliser le pluriel, mais je ne les ai pas relevées car ça restait parfaitement correct !

Caractère


Izoké !

Physique


Izoké !

Conclusion

J'ai déjà eu le plaisir de goûter ta plume, et je dois dire qu'Hatsumi est magnifiquement rédigée. C'est fluide et poétique, doux même quand c'est dur... Bref, j'aime !
Le plus dur dans la correction, ça sera de retrouver les passages mentionnés, mais c'est tout ce que je peux reprocher ! A très vite donc !



Bon courage pour les modifications ! En cas de problème, de doute, n'hésite pas à contacter un des membres de l'administration, nous serions ravis de te venir en aide ! :)

Analyse : 1/3

Nous analysons au maximum trois fois une fiche, après cela, si nous ne pouvons toujours pas la valider, nous serons malheureusement obligés de la refuser. Nous ne pouvons nous permettre de reprendre chaque fiche dix ou vingt fois, cela serait autant pénible pour vous que pour nous. Merci de votre compréhension. ♥

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

Good ridance to all the thieves 696314QGkGhcF
Kohaku Edo
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Merci pour ta correction et tes commentaires ! Je suis contente qu'Hatsu t'ait plu uwu

J'ai corrigé tout ce que tu as relevé ! Et une incohérence mineure qui m'avait échappée, parce que cette fiche a été écrite beaucoup trop tard dans la soirée Good ridance to all the thieves 128457956

Merci encore !
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C'est tout parfait! Bon retour à Hatsumi!

Pré-validation par Kohaku
Votre fiche a été pré-validée par un modérateur, un administrateur passera sous peu valider officiellement celle-ci.


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Good ridance to all the thieves 696314QGkGhcF
Kohaku Edo
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Tu es validé(e) !

Toutes mes félicitations, votre fiche est validée !

N'oubliez pas :
• De remplir les champs de votre profil.
• Si vous souhaitez trouver des partenaires pour vous lancer, n'hésitez pas à faire un tour par ici ! ♥
• Dans l'ordre, vous pouvez faire une demande de conjoint ici, ensuite vous faites une demande d'habitation ici et enfin, vous pourrez valider votre mariage ici.
• De faire un peu de pub autour de vous pour le forum et de voter régulièrement aux tops sites. ♥

& Surtout, AMUSEZ-VOUS !

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Good ridance to all the thieves Unknown
Good ridance to all the thieves CjjIPFG Good ridance to all the thieves UlmRG6s Good ridance to all the thieves NlRYT1U Good ridance to all the thieves NwQ16ft
one brain cell:

merci Hatoclown, Fu, Zach et Eiji pour les avatars ღ
Arisa Koyama
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BON RETOUR SIS' Good ridance to all the thieves 1362171446

Trop content de te revoir Good ridance to all the thieves 1227068846

Good ridance to all the thieves Bongo-cat
Reita Nemoto
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