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Comment dire… Le temps est beau mais pâle quand juste après mon anniversaire la lettre rose est tombée, salopiaute juste après le réveil, endormie, comme si elle n’était pas plus importante que les factures d’Internet voire pire, que les publicités, alors que ma tête se remettait à peine, pleine de béton, à guérir des quelques jours de la veille. Je l’avais dans les pognes quand je terminais ma dernière tartine, sans l’ouvrir mais sans trembler ; je cherchais la bonne minute, celle où l’on se dirait qu’on avait agi avec dignité. Trop précipité voulait trop dire, trop attendre aussi. Juste après la dernière bouchée peut-être, me permettrait de déclarer à tous que j’avais eu mieux à faire à ce moment-là, que oui, le confort avant l’emmerde, qu’à ce moment où l’humain était le plus soumis à son Etat, j’avais eu assez de marge pour épanouir encore ma liberté bafouée ; mieux encore, j’avais fait acte de sang-froid quand j’en étais sûr, les gens défaillaient d’une manière ou d’une autre.

Enfin, emmerde avais-je pensé, vous auriez vu mon âge, vous auriez flippé comme moi. Trente-neuf sans mariage, je m’étais mis à croire que l’Incontestable n’avait personne qui pourrait un peu me correspondre ; après, je tenais la baraque, je n’étais pas du genre à me verser dans les mouchoirs puis je pouvais me concentrer sur ma carrière et mes sorties alors en vrai ? Ouais, peut-être qu’à choisir, c’était le bon âge pour se marier ; si ce n’était l’ego, je n’avais pas vraiment à me plaindre. Enfin, tout de même, ne suis-je pas convenable ? Peut-être expansif, mais n’était-ce pas moi, mon caractère et ma joie, le fruit le plus sacré de l’Incontestable, la raison profonde de son existence ?

Le ventre se serre quand même, sacré appareil, il y avait si peu de monde qui te comprenait ; peut-être Lao Tseu, lui, il savait écouter le ventre plutôt que les yeux et j’avais suivi au moins de lui, cette philosophie où les contractions ne leurraient jamais plus que les yeux. J’ouvre la lettre, conscient que le nom me filerait le vertige même s’il n’y avait aucune chance qu’il me dise la moindre chose ; là encore, les mystiques qui attribuaient un pouvoir sur le patronyme ne s’était pas trompé. Quoique… Je pouvais tomber sur un mec. Oh non… Peut-être que l’Incontestable, marre de chercher une gonze qui me correspondrait, avait cédé et avait ouvert mes nouvelles préférences à ma place. Pitié pas un crétin, je me jetterais du balcon, tout le monde comprendrait.

Heureusement, entre mes doigts lourds, inscrit sur du rose pâle,le nom d’Astrée Duval m’apaisa aussitôt. Il me surprenait finalement et la surprise prenait le pas sur les angoisses. Un nom étranger et si je ne me trompais pas, c’était un nom français. Il y avait d’autres pays francophones mais je ne doutais pas qu’elle fut française, par intuition conne plutôt que par réflexion ; qui avait entendu parler d’un moindre Duval au Japon et pourquoi diable serait-elle Belge ? La Belgique connaissait-elle le Japon ? Si elle était Suisse, pourquoi partir du pays ? Il n’y avait plus qu’à prier pour ne pas tomber sur une vieille veuve que la solitude ridait, ou un laideron aux traits si terribles qu’il n’y avait qu’au Japon qu’un mari se présenterait dans la même pièce qu’elle… Enfin, encore une fois, je me faisais des films. Ma spécialité, bien.

J’avais rempli mon sac des premières affaires histoire de m’établir au plus vite. J’avais tant dans cet appartement qu’il me faudrait bien un camion et quelques allers-retours pour tout déballer, les gens comme moi ont tendance à bien accumuler de leurs expériences et souvenirs, la mémoire est faillible, pas les cailloux qu’on ramasse sur le trajet de la vie. Me fallait du courage aussi parce que je sentais au fond de moi se creuser un drôle de puits, une lassitude à devoir changer du tout au tout mes habitudes et je sentais que tout mon courage était en train de colmater des inquiétudes grandissantes. Ce drôle de puits, tout le monde devait l’avoir en soi ou on n’était pas humain, cet engourdissement dans les membres et la tête, cette vision limitée au nez de l’âme, cette étrange clameur à l’intérieur de nous qui se plaignait de tout et ne voyait dans le changement aucun espoir ni confort et on se disait que rien n’allait s’arranger. On ne pouvait rien entendre et tandis que je terminais mon sac et que je posais le tout dans ma voiture, je dû couper ces mauvais bruits, cette fureur angoissée, avec de la musique. Il y avait des groupes que des vieux lecteurs d’un siècle dirons-nous ne pourraient comprendre mais quelques fois, on avait Imelda May et son “It’s good to be alive” qui savait très bien que ce n’était pas de l’excellente musique mais en même temps, c’était ce genre de came que j’étais venu chercher, un bon confort sympa, où y a aucune note inconnue dans laquelle je peux louvoyer mes doutes quelques instants.

Ma Lexus est fiable elle, complètement électrique, elle fait zéro bruit et la musique à l’intérieur, je la mets à fond. Je mets toujours “It’s good to be alive” pendant que le soleil, découpant froidement ses rayons comme dans une usine à lumière, me forçait à porter mes lunettes de soleil. Je m’anesthésiais complètement et ouvris les fenêtres, plus aucune question, j’allais juste voir par moi-même et encaisser, j’aurais tout le temps de me plaindre ensuite, toute la vie même, alors autant repousser au plus tard les chialeries… Tokyo pouvait être bouchée mais pas à cette heure et pas dans les rues : je connaissais les meilleurs endroits pour éviter les feux les plus douloureux, c’était étrangement, puérilement, une de mes plus grandes fiertés.

Je rejoignis l’appartement sans joie et je tentais de me consoler de mille façons, dans l’ascenseur. J’étais sociable, c’était certain qu’ils allaient me coller au ménage une gonze du même acabit. Puis dans le pire, je détendrais l’atmosphère, je ferais en sorte que ça marche. Tout le monde à part quelques extrémistes devaient être dans cet état d’esprit. Evidemment, bien sûr que j’aimerais faire confiance à l’Incontestable aveuglément mais au fond de moi, malgré ce que je pensais de lui, il y avait toujours un sentiment primal, une inconnue insubmersible qui tremblait au loin, provoquant le noir le plus obscur pour se cacher.

Toujours dans l’optique de calmer mes vertiges émotionnels, sans avoir à décrire l’appartement dont vous pouvez lire la description ailleurs (imaginez-le plus vide), je commençais doucement, sous la mélodie d’Imelda, à déballer un peu de repas pour ce midi, pour le soir et d’autres et direct, en mettant ses soeurs dans le frigo, je me pris une bière. L’alcoolisme était aux portes de celui qui pour chercher une meilleure version de soi dans les situations les plus tendues s’en murgeait une - qui pourrait m’en plaindre ? Puis c’est juste qu’une, puis il fait soif.

La donzelle pourrait arriver maintenant, dans mes pas, ou dans la semaine ; j’avais eu de la chance, c’était mon jour de repos aujourd’hui, j’étais entre deux projets dirons-nous. Disons que j’ai retapé un script que je trouvais bancal, les deux scénaristes ont vrillé et manifestement, les corrections à apporter ont trouvé en eux des divergences difficiles à surmonter. Je les presse, je les presse mais en attendant qu’ils corrigent, c’est le tournage qui est décalé à deux semaines, date butoir à partir de laquelle le réalisateur sera obligé de commencer son film, script ou pas script. La situation n’était pas tendue pour moi, je n’avais plus aucune responsabilité dans le travail que je prenais et j’aurais l’autorisation dans cinq jours de débouler pour faire avancer moi-même le projet - sous couvert de l’accord du réalisateur… En tout cas, je n’étais pas trop stressé, juste nerveux car quand je retournerais au travail, ça serait pour secouer des gorges… Mais en attendant, j’avais un autre diable à affronter.
Bunta Nakayama
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Un matin comme un autre. Un réveil qui sonne. Te voilà à te lever, parfaitement réveillée, parfaitement coiffée, avec un teint parfait et une odeur de fraicheur digne d’une princesse Disney… Non, pas du tout. Ton esprit t’a empêché de dormir. T’as tapé une quasi nuit blanche, tu es cernée comme pas permis, le teint pâle, mais pas pâle maîtrisé, pâle du « j’ai pas dormi depuis vingt-quatre heures et je tourne au café. Ceci est le 15ème de ma journée ». Bref, t’as une sale gueule, et ta jambe te lance. Enfin. Pas vraiment ta jambe. C’est plutôt psychologique. À cause de ta nuit, justement. Tu ne veux clairement plus y penser. Tu veux songer à autre chose.

Alors, tu vas te glisser sous l’eau chaude de ta douche. Tu n’as pas trop fait attention à la météo, pas encore. Tu as… un peu trop la tête dans le cul pour ça. Et tu comptes sur l’eau pour te réveiller un peu plus. Ce qu’elle fait, légèrement, mais pas assez à ton goût. Ton peignoir et tes chaussons enfilés, c’est vers la cuisine que tu boîtes pour aller te faire un café. Triple dose. Serré. Sans sucre. Bref, le truc le plus concentré – et dégueulasse – possible pour te donner l’énergie de tenir ta journée sans t’endormir au travail. Et en effet, une bois la boisson prête, et que tu y as goûté… Tu ne peux t’empêcher de dire qu’elle aussi dégueulasse que ce que tu imaginais. Toi qui es plutôt « petit café avec nuage de lait et son petit sucre » - ou, en gros, à commander des lattes quand tu vas dans un café – tu n’apprécies pas du tout. Mais tu as besoin de toute l’énergie possible.

Déjà, pour aller t’habiller. Enfiler quelque chose de couvrant, manches longues, jean jusqu’aux chevilles, qui seront les seules parties de ton corps visibles, alors que tu mets tes socquettes dans l’idée de chausser des tennis simples, par la suite. Et puis, tu observes tes pulls… avant de te dire qu’il avait l’air de faire bien jour, dans ta cuisine… Et finalement regarder par la fenêtre. Puis, checker la météo sur ton téléphone. Et elle t’informe que la journée promet d’être belle. Non, qu’elle est déjà belle. Et tu soupires. Et tu vas mettre du déo.

Avant d’aller chercher ton courrier, pour clôturer ton petit rituel du matin – et le lire autour d’un nouveau petit café, mais moins serré cette fois. Celui-ci, il est fait pour le plaisir (comptons tous ensembles, nous en sommes déjà à deux). Donc, tu claudiques, gentiment, jusqu’à la boîte aux lettres, insère ta clé dans la serrure, ouvre la petite porte, attrape le paquet de courrier pour commencer à feuilleter, tandis qu’un de tes voisins vient en faire de même, en te saluant, d’un sourire courtois. Un jeune homme, d’à peu près ton âge, qui a déjà essayé une dizaine de fois depuis ton emménagement de t’inviter à déjeuner, diner, boire un verre, dehors ou chez lui. Et toi, tu n’as jamais compris ses propositions, ou alors tu as dû décliner pour de bonnes raisons. Tu ne remarques pas non plus comme il t’observe avec désir, avec envie, avec passion… et comme ses sourcils se froncent, alors que tu tombes sur l’enveloppe rose… et que tu fais tomber ta pile de courrier. Tu ne le remarques pas non plus ouvrir sa boîte avec empressement, pour y découvrir un vide d’enveloppe rose qui lui fait claquer la porte de la boîte et te ramène à la situation, dans un sursaut.

« Félicitations. »

Te lâche-t-il, avant de t’offrir une courbette polie et s’en aller à toute vitesse direction son appartement. Ce que tu t’empresses de faire, après avoir ramassé le reste de ton courrier éparpillé au sol. Tu refermes la porte, jette ce qui ne t’intéresse pas sur le coup, dans le vide poche de ton entrée, avant d’entrainer l’enveloppe rose jusqu’à la cuisine pour te faire ton café latte. Une fois la boisson prête, tu t’installe à ta table à manger, avant de venir caresser le papier du bout des doigts. Étonnamment tu savais que ça allait finir par arriver. Mais tu espérais que… eh bien. Cela ne vienne pas, tout simplement. Tu te sens très bien sans personne. Mais il faut croire que la machine n’est pas – plus ? – de cet avis.

Tu soupires, avant de boire une gorgée pour te donner le courage de, finalement, ouvrir l’enveloppe pour en lire le contenu. Et…

Rien. Tu ne ressens rien de spécial.

Si ce n’est… Si. Tu es, d’une certaine manière, heureuse de te défaire de ce nom de famille que tu détestes. Nakayama… Astrée Nakayama… ? Ça sonne… pas mal. Bien ? Hmm… Il va falloir que tu t’y habitues. Ceci dit, tu te demandes à quoi ressemble ce Bounty… Pardon, Bunta. Houla. La fatigue. Tu sens, cependant, que ça va rester, ce surnom… Tu l’imagine, peut-être, de ton âge. Pas vraiment plus âgé. Peut-être banal. Pas forcément beau, mais pas forcément… non, c’est méchant, tout de même… moche ? Tu soupires, doucement, viens boire une deuxième gorgée. Et aller chercher ton téléphone pour appeler ton patron. Tu lui expliques la situation et, compréhensif, il te donne ta journée. Tu promets d’échanger et de récupérer sur un de tes jours de repos. Il te répond que ce n’est pas la peine, que tu fais déjà bien assez d’heures supplémentaires pour qu’il puisse te donner cette journée quelque peu… spéciale, ainsi que le lendemain pour l’organisation du déménagement. Avant de te lâcher ce … « félicitations ». C’est déjà le deuxième de la journée. D’une voix un peu coincée, tu le remercies, avant de raccrocher.

Tu termines ton café, vas dans ta chambre pour venir attraper la valise qui pionce sous le lit, avant de la remplir du strict nécessaire pour pouvoir tenir, le temps d’organiser le déménagement. Parce que bon… tu es bien consciente, bien au courant, que tu n’as pas le choix. Mais tant qu’à faire, tu préfères… eh bien. Ne pas fuir. Faire ta valise, en y mettant des sous-vêtements, des vêtements et des chaussettes pour une semaine. Une fois ceci fait, tu te rends au Kombini le plus proche pour acheter des cartons et commencer à les préparer. Mais tu les finiras demain. Il se faire presque l’heure du repas de midi, et tu es curieuse de ton nouvel habitat. Et peut-être… de l’autre.

Tu reviendras faire le reste de tes cartons demain et contacteras une agence de déménagement à ce moment-là. En attendant, eh bien… Tu commandes un taxi, pour te faire emmener jusqu’à destination et, en l’attendant, retourne au Konbini, en trainant ta valise, pour acheter de quoi manger pour deux personnes pour ce midi et ce soir. Tu prends des choses basiques, ignorant ce qu’il aime – car tu imagines difficilement une femme avec un tel prénom, d’autant plus que tu en as pris le nom de famille – et, surtout, tu ignores également s’il sera là. Mais au cas où, tu préfères prévoir pour la journée. Tu iras faire des courses plus importantes demain. Enfin. Tu… trouveras bien le temps, hein ? Pendant le trajet, tu essaies de calculer ton temps de trajet jusqu’à ton travail. Cela ne te le rallonge pas énormément, a priori. Mais un peu, quand même. Bon. Ça t’enquiquine, mais ok.

Et enfin, te voilà devant le bâtiment. Tu viens rentrer le code, en tirant ta valise, avant d’entrer et te diriger sur l’ascenseur. Le son de ta canne claque contre le carrelage au sol. Ta valise, elle, ne fait pas de bruit. Tu entres dans l’engin élévateur, appui sur le bouton et te laisse mener jusqu’au bon étage, avant de regarder à droite, à gauche… et te diriger vers la porte de l’appartement. Là, encore, tu tapes le code pour y avoir accès, en regardant le courrier. Elle se déverrouille, te laisse pénétrer les lieux. Et … tu ignores pourquoi, mais tu as le sentiment que tu n’es pas toute seule…

Tu avances, en posant ta canne dans l’entrée, entraine ta valise jusqu’à ce qui semble être le salon et... pose ton sac de courses sur le plan de travail de la cuisine, avant de t’atteler à tout ranger dans le réfrigérateur avant de finir par regarder autour de toi. Et te rendre compte que tu n’es pas… seule. En effet. Il y a déjà des traces de … potentiel repas. Pour ce midi et ce soir. Il faut croire que vous avez eu la même idée. Tu soupires, te traite mentalement d’idiote.

Mais tu n’as sûrement pas remarqué que la présence est… présente. Juste qu’il y a des bières. Et que tu en prendrais bien une. D’ailleurs, ta main se tend. Avant de renoncer. Est-ce que tu peux toucher à ses affaires ? Est-ce que ce qui est à lui est à toi ?



Oh et puis merde, aller, juste une. Tu lui diras que tu en rachèteras demain, si besoin. Tu l’ouvres, bois une gorgée et…

« Aaaah… »

Ce soupire étrange et libérateur de la personne assoiffée. En l’occurrence, de la jeune femme qui stresse un peu à rencontrer celui qui lui a été désigné comme sien…

Et qui est là. Bel et bien là.
Astrée Nakayama
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Il fallait avoir les yeux qui bravaient le noir pour imaginer les abysses dans lesquels j’étais tombé quand j’entendis le bruit d’une canne qui dans le couloir avait stoppé ses pas claquants devant la porte d’entrée de l’appartement ; la théorie de la vieille veuve qui à défaut d’empoisonner l’air de son ancien mari étendait ses miasmes à un pauvre prétendant tel que moi me glaça directement les sangs. Ma bière se décolla légèrement de mes lèvres, faisant plus de mouvements que les saccades de mon cœur, lui arrêtés net, givré d’un coup. Je voyais déjà le tombereau de rides, l'œil fixé sur moi comme une proie, d’un bec de rapace ravi de pouvoir terminer ses jours avec un homme dont la jeunesse lui épargnait l’épouvante d’une camaraderie sexuelle qui irait dans le mauvais sens. Allez-y, lancez-moi les éclats de la bienfaisance, que faisons-nous avec ce gérontophobe qui voit les femmes comme des fleurs qui fanent avant la moitié de leur existence, n’est-ce pas bien jouer contre le type qui lui-même ne rêve que d’une minette d’une décennie sa cadette pour profiter à fond des atouts que seule la jeunesse peut fournir ? Que le diable m’emporte si c’est par ses terres qu’on peut profiter de la luxure ! Qui a le droit de m’empêcher de désirer une peau de pêche !

Que croyez-vous, que je ne pense qu’au devoir conjugual ? Non ! Bien sûr que non, j’aime l’esprit, le caractère, les discussions pendant des heures avec la même personne jusqu’à ce que les étoiles nous bercent et pourquoi pas, leur fille de toujours, l’aurore qui trouve un compromis entre le bleu et l’orange du ciel, j’adore les sourires et les attentions et si l’amour doit être entre deux personnes imprévues par la nature, ça ne me pose pas de problème non plus, la sincérité de l’engagement, la passion de l’investissement, je suis sensible à toutes ces choses. Une odeur qu’on partage ensemble, des musiques sur lesquelles danser, le même arbre ou la même rivière, ces endroits qu’on décore de souvenirs et ces frôlements de peau, ses baisers sur le front, comme tout le monde j’adore. Mais ma femme n’est pas obligée de me tenir le bras dans la rue ou de m’embrasser la nuque quand je fais la vaisselle ; par contre, elle sera obligée de coucher avec moi. Le sexe, c’est le dénominateur commun absolu d’une histoire liée par l’Incontrôlable, je sais, j’ai retouché des scripts pour le cinéma, bien sûr que tout ça me passe par la tête. Mais si c’est pour taper la croûte, puis le pus - comme la fameuse blague - pourquoi fallait-il que ça tombe sur moi ?

Ne faisais-je pas de l’exercice, preuve de ma volonté ? Ne servais-je pas avec dévouement l’Incontestable quelque part, en fournissant au public des comédies romantiques à son honneur ? N’étais-je pas typiquement le genre de personnes, sociable, solaire, que le Japon rêvait de voir retrouver en ces terres ? Quelle galère qu’un serviteur comme devait encore surmonter pour que le grand Seigneur Cupidon m’accorde une légère faveur, celle d’influer légèrement le destin pour que je fusse avec une dame dont je pourrais admirer la beauté ? J’en avais des fantasmes et des goûts mais aucun ne s’embarrassait d’une canne !

La mariée rentre soudainement ; encore sonnée par la lettre rose peut-être, elle s’ébahit de son nouvel environnement de prime, me rendant invisible à ses yeux. Pendant quelques secondes, je pouvais l’apercevoir sans qu’elle ne me vit avec ce genre de voiles dans lesquels les romans du 19ème tiraient leur romantisme. Dieu qu’on était loin de toute crainte et comme pour me faire une sale blague, même la canne avait été relégué à l’entrée comme si elle sortait de notre univers ; elle claudiquait encore un peu mais sa beauté pardonnait tout. Ce n’était pas un ange, pas complètement et sa démarche semblait rabougrir son honneur mais mon référentiel avait si bien plongé qu’une dame commune m’aurait déjà soulagé d’un tel poids que j’aurais pu l’appeler ma reine. La mariée, Astrée de mémoire, était blonde comme il était dur de le croire mais elle avait la taille fine, le dos très droit, comme l’avaient m’avait-on dit, toutes les Parisiennes, des yeux gris, dedans, pas dehors, les mains fines mais fermes et des épaules serrées, puis il était difficile de croire qu’elle n’était pas généreuse par nature tant la nature avait été généreuse avec elle. Elle avait peut-être le visage qu’on trouverait commun dans son pays ou les traits sont plus fins et les nez plus en trompette, mais elle avait un buste qui d’une main posée dessus pouvait soigner n’importe quel chagrin.

Quand elle se saisit d’une bière dans sa main, je me lève et fais savoir ma présence d’une légère courbette qui se voulait polie :

“Madame, je suis enchanté, je suis votre mari, Nakayama Bunta.” Je peux me vanter d’avoir le savoir-faire avec les gens et d’être présentable mais dans cette situation, même quelqu’un de mon tonneau devait sembler perdu. Je rajoutais, trop poli peut-être : “Je suis ravi qu’on soit mariés ensemble.”

Ce n’était pas un mensonge : la beauté passée, moi comme j’avais déjà dit, le mariage n’était plus tellement un problème. Je faisais confiance à l’Incontestable pour la compatibilité de caractère, plus en tout cas. Je lève ma bouteille :

“Tu bois ? Déjà un bon point.” Un rire de deux notes. Modeste blague, modeste blague.

Maintenant que j’étais sur le coup, il restait à savoir comment débuter une conversation sans que la gêne ne s’installe et j’étais perdu pour dire. J’allais tout partager avec cette personne comme on naît au monde enchaîné à une respiration et ce pour la fin de la vie ; des relations passionnées, fusionnelles n’étaient pas prêtes pour la plupart au degré d’investissement qu’il nous fallait à elle et à moi. Je me reposais sur la chaise en me demandant s’il ne valait pas mieux rentrer chez moi commencer à préparer mon déménagement… J’éviterais son regard jaugeur, le même que le mien, ça me grattait la nuque de ne pas savoir aborder une personne. Hm, Bunta, c’est toi ou elle qui allait mener la discussion, montre qui tu es.

“Je sais qu’on a énormément de choses à se dire. Je t’avoue que je ne sais pas par où commencer et ce qui te mettrait à l’aise !” Je faisais tomber mes mains sur mes cuisses, dans une pose interrogatrice. “Ce que je peux te proposer, c’est qu’on ne se dise rien, basta ! Mais je t’invite dans trois endroits différents qui sont spéciaux pour moi, et de ton côté, tu fais de même. C’est tout de même six rendez-vous. Et on pourra se parler tranquillement et se découvrir l’un l’autre, le temps qu’on emménage nos affaires ici. On parlera de tout et de rien. L’endroit est chouette, non ? L’endroit est chouette.”
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Sûrement la fatigue, qui te fais occulter autant le reste de la pièce. Cette présence, non loin. Qui pourtant, est tout de même quelque peu imposante. Plus que toi, c’est un fait. Tu bois une gorgée… avant de sursauter, en entendant cette voix derrière toi. Te faisant tomber de la bière… direct sur ton haut. Tu te tournes, peu ravie déjà de sentir la bière avant le déjeuner, et… te mets à le dévisager. Oh. Tu ne t’attendais pas vraiment à grand-chose. Mais peut-être qu’au final, tu espérais peut-être… mieux ? Enfin. Ah. Oui. La politesse. Il faut de la politesse.

« Astrée Duval. »

Tu réponds. Avant de te mordre la lèvre inférieure, et te gifler mentalement.

« Veuillez m’excuser. Je… »

Un temps. Oh. Il semblerait qu’il sache parler pour deux, en fait. Tu le laisse continuer à déblatérer, hochant du chef à sa « blague » sur le fait de boire, avant de le fixer, en n’étant pas trop sûre de ce qu’il désire, en fait. Tu fronces les sourcils. Beaucoup de mots. Trop de mots. Tu as du mal à tout suivre. Tu finis par inspirer, profondément.

« Ok. »

Tu susurres, pour toi-même, essayant de te calmer. Nouvelle inspiration. Expiration.

« Premièrement, je vous prie de m’excuser de ne point vous avoir remarqué. La nuit fut courte, très courte, et le café ne coule pas encore assez à flots dans mes veines pour que je réussisse à être attentive à tout. »

Tu avoues, en lui offrant un sourire pitoyable. Tu viens attacher tes cheveux, avant de fixer ton t-shirt tâché, tout en réfléchissant à la proposition de l’homme.

« Je ne suis pas sûre d’avoir trois idées en tête qui pourraient bien vous passionner. »

Tu lâches, finalement. Parce que bon… la librairie, la bibliothèque et un café, est-ce que vraiment c’est là où tu aurais envie de l’entrainer ? Qu’est-ce que ça dirait sur toi, d’autre que ta vie est extrêmement triste ? Bon. C’est… vrai, en fait. Tu finis par reposer ton attention sur la bière, pour venir boire une nouvelle gorgée.

« Je ne sais pas, cependant, quand vous voulez organiser ces six rendez-vous. Il est déjà midi passé, aujourd’hui, on ne réussira jamais à tout enchainer en un après-midi. Et j’ai prévu d’aller terminer de faire mes cartons, demain. Donc à moins que vous ayez votre journée et souhaitez m’aider à ranger mes affaires… »

Ou alors il voulait dire après le travail, peut-être ? Tu inspires.

« Et si nous déjeunions, d’abord ? Avez-vous déjà mangé, Nakayama-san ? »

Tu as déjà du mal à l’appeler par son prénom, pour le coup. Tu as même du mal à te dire que… eh bien. Vous êtes mari et femme. Tout te semble… terriblement brutal. Brusque. Trop pour être réel. Tu ne réponds pas, en revanche, sur sa question qui te sembles rhétorique.

« Hmm… »

Tu retournes fouiller dans le réfrigérateur pour sortir ce que tu as amené, ainsi que ce que lui a amené et tout poser sur le plan de travail.

« Y a-t-il quelque chose qui vous fasse envie ? Personnellement, je pense que je vais opter pour… ça… »

Un des plats que tu avais pris, et qui te faisais envie, au Konbini. Tu le mets au micro-ondes, avant de reprendre ta bière et en boire une nouvelle gorgée, encore. Tu iras te changer, après. Parce que bon, pour le moment… tu pues la bière. Et ça, c’est pas agréable du tout. Tu as… pas mal de questions que tu as envie de poser. Et tu n’as… pas envie de parler de toi, à vrai dire.
Astrée Nakayama
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La pauvre était étourdie, ça ne devait pas être une journée facile pour elle, on devient rapidement hébété avec la digestion et quelque chose me dit qu’elle digère depuis des semaines. Astrée semble à moitié présente, comme si elle absorbait que la moitié de ce que je disais et que sa bouche oubliait ensuite à nouveau une moitié de l’information jusqu’à ne rester qu’un gloubi boulga de syllabes qu’elle envoyait le poignet pâle. Quand un oiseau se cogne la fenêtre heureusement pour elle, j’étais plutôt le genre d’homme à me pencher puis à panser ses plaies, pas à me moquer. Peut-être que j’émis quelques mouvements à peine contrôlés et à peine visible quand elle tenta de saouler son haut d’un mouvement maladroit mais sinon, je tentais de contrôler tout ce que je faisais, ce que j’associais à une forme de retenue et je n’étais pas le genre d’animal à être doué là-dedans : mais je pouvais faire un effort.

“C’est une journée qu’il faut encaisser. Elle est difficile pour tout le monde et pour n’importe qui. Je rentrerai ce soir avec un bouchon d’alcool à brûler, on enlèvera cette tâche rapidement.”

Ce n’était pas qu’une question d’hébétement peut-être, me disais-je quand elle semblait ne pas comprendre mon opération. Il fallait me rectifier au plus vite et si vous pouviez m’entendre, j’avais pris une voix légèrement plus lente qu’à l’accoutumée, je la posais comme si je tentais d’amadouer une créature agitée. Astrée ne semblait pas nerveuse, les gens nerveux avaient de l’énergie et semblaient trembler sur place comme si la batterie à l’intérieur d’eux était surchargée et brûlait par violents à-coups ; ici, on avait plutôt l’impression qu’elle sous-jouait dans sa propre vie. Mais j’étais bien méchant, elle était étrangère et même si son japonais ne me faisait pas tiquer, il était possible d’imaginer qu’elle fut dans le coin depuis peu. Elle ne devait pas bien connaître Tokyo, qui pouvait l’en blâmer, une vie ne suffirait pas à en faire le tour ? et on était toujours avisés de jouer la bonne âme quand rien ne l’appelait.

“Je pensais à six rendez-vous étalés sur au moins deux semaines, pour apprendre à se connaître sur le terme. Et si tu ne connais pas d’endroit, tu en découvriras des neufs ! Je dois découvrir ce coin encore, je ne suis pas un grand connaisseur du sud de Tokyo, mais en allant vers le centre, je connais quelques endroits où se poser ou à visiter. Les grandes villes peuvent faire peur, elles s’adoptent doucement au fur et à mesure des quartiers que tu visites. Et si tu veux, on peut commencer dès demain soir, je t’emmènerai dans un restaurant. Il est très bon.”

Au fur et à mesure, je commençais peut-être à cerner ce qu’il se tramait : Astrée était étrange, pas complète, quelque chose de plus que la fatigue ne suffirait pas à expliquer. A force de fréquenter des gens, on pouvait les comprendre rien qu’à l’énergie qu’ils déployaient dans chaque mot et Astrée à-côté de gros esclaffeurs de soirée qui se satisfaisaient de survoler toutes les tables du bar de leur bois par leurs vivats, elle semblait siffler ses mots, comme s’ils n’en valaient pas la peine. On aurait pu croire qu’elle sortait d’un vieux roman, de ceux où les femmes sont toute secrètement aigries comme si on avait étouffé avant les cinq ans leur force vitale et qui persiflaient pour seul acte de rébellion, et encore, celles qui n’avaient pas de comportement religieux qui leur trouvaient une certaine fierté à subir le plus possible comme si le dos servait avant tout à recevoir le fouet plutôt qu’à transporter sa fierté. Je lui accorderais une bonne nuit de sommeil et quelques semaines de répit avant de dresser un portrait plus sévère… Puis pourquoi toujours chercher les défauts sans les événements qui les ont provoqués, sinon par paresse de jugement ? Pourquoi pas tenter de l’aider d’abord ? L’Incontestable ne nous avait pas collés ensemble au hasard ! Etrangement, ce genre de pensées me donna plus de courage que je ne l’aurais cru.

Je lui dis que j’allais l’imiter pour la prise du repas et mon plat, destiné avant tout à une consommation solitaire, que j’avais pris au cas où Astrée aurait mis des jours avant de visiter l’appartement, passa au micro-ondes après le sien. J’anticipais cela comme les vieux film, sinon, les films d’auteur, sur un plan où deux personnes rentrant à peine dans le cadre, montrant un repas où le silence des protagonistes disait tout. Je ne sais pas si Astrée allait se mettre à parler mais je n’aurais pas trouvé cela moche, peut-être juste dommage que je fus un des participants. Le silence était rarement sujet à interprétation tant qu’on saisissait le contexte qui taisait les mots : il pouvait être un signe d’affaissement de l’amour comme chez d’autres, une preuve qu’il flamboyait tant que des regards suffisaient aux paroles. Ici, juste deux inconnus qui se jaugeaient, proie et prédateur, un peu de l’un et un peu de l’autre, qui se trouvent au même point d’eau, le seul de la région et devront le partager ensemble plusieurs fois par jour.

Je mange vite, je n’ai aucune raison de faire traîner ce repas ; c’est pour le plaisir un repas et ici, je ressentais trop de maladresses d’une part et d’autre de la table, de maladresses ou de prudence, dans un cas comme dans l’autre, il n’y avait pas besoin de continuer la scène car le temps fera mieux son office que nous.

“Je vais commencer à repartir chez moi emballer mes premières affaires. Dans deux jours, je pense que j’aurais tout déménagé. Si tu as besoin d’aide ou d’un camion, je suis là, passe par moi, je t’en trouverai un gratis.”
Bunta Nakayama
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Étourdie. On peut dire cela ainsi. Mais la vérité, c’est que derrière tes mèches blondes, ton esprit dérive à vive allure, pensant à mille choses à la fois. Tu ne veux pas y songer. Et pourtant, tu ne peux t’en empêcher. Tu sais où cela vous mène. Tu sais ce que la machine attend de vous, en vous envoyant ces enveloppes, en vous mariant par la loi, en vous offrant cet appartement – que vous allez payer, bien évidemment, chaque mois, comme avant. Tu sais ce qu’il doit arriver, au bout des deux semaines fatidiques et tu le redoutes.

Non pas que l’homme soit hideux – il faut de tout pour faire un monde, les goûts et les couleurs, tout ça tout ça – il n’est pas exactement à ton goût. Cependant, peut-être que, dans le noir, sans y voir, tu pourrais peut-être… Tu secoues la tête, déglutis péniblement. Outre le fait que toi, tu ne sois pas spécifiquement attirée, tu te demandes également comment lui pourra l’être. Toi qui n’apprécies pas ton reflet dans le miroir à sa juste valeur. Toi qui te vois plus brisée que tu ne l’es en vérité. Mais tu préfères ne pas y réfléchir. Ne pas y penser. Il doit sûrement avoir d’autres atouts que son physique, non ? Putain, mais t’es vraiment une connasse, dans ta tête… Tu as envie de te gifler.

Mais il finit par te sortir de cette mare boueuse dans laquelle tu t’enlises, mentalement, avant de relever ton regard vers lui. Il te ramène au présent. Tu fronces les sourcils, doucement, avant de te mordre la lèvre inférieure… puis venir te ronger l’ongle du pouce, songeuse.

« Encaisser… »

Tu répètes, doucement. Avant de soupirer, puis venir remettre une mèche en place. Nouvelle inspiration, profonde. « Bip ! » le son du micro-ondes, annonçant que ta pitance est prête. Tu la sors de la machine, la pose sur la table avant de chercher une paire de baguettes, avant de t’installer, ce qui soulage ta patte folle. Soupire.

« Eh bien… D’accord pour le restaurant demain. »

Tu espères simplement qu’il est dans tes moyens. Tu n’as pas vraiment envie de commencer ce mariage sur ton époux qui te paie tout et n’importe quoi. Tu voudrais au moins payer ta part.

« C’est surtout que je sors peu. Et vais toujours aux mêmes endroits. Qui se ressemblent pas mal. Et je ne suis pas bien sûre que ce soit passionnant de vous emmener à la bibliothèque, où l’on ne peut pas vraiment… parler. »

Tu finis par avouer, avant de lâcher un petit « ittadakimasu » avant de plonger tes baguettes dans ton plat pour commencer à manger. Et ce repas te fait un bien fou. Mais tu sens, déjà, que la digestion va être compliquée. Tu vas devoir lutter contre l’envie de taper ta meilleure sieste. Ou… pas. Compte tenu des mots de Bunta, sur son planning de l’après-midi.  

« Je comptais… eh bien. M’occuper de mes affaires demain. Je vais donc déjà défaire la valise que j’ai préparé, m’habituer un peu à l’endroit… peut-être visiter un peu le quartier, pour prendre mes repères. »

Tu finis par répondre. Mais tu ne rebondis pas de suite sur sa proposition. Tu n’as pas vraiment envie… de lui devoir quoi que ce soir, pour un service rendu. Sûrement es-tu… trop méfiante. La faute à qui, on se le demande. Hein, monsieur Duval ? Bref. Tu viens te gratter la nuque, doucement, puis remets, de nouveau, une mèche derrière ton oreille.

« J’apprécie votre proposition. Mais j’ai déjà un contact pour s’occuper de tout ça. Ne vous dérangez pas pour moi. »

Pas encore, en tout cas. Enfin. Tu finis par te relever, pour chercher où sont rangés les verres, trouver ce que tu désires et le remplir d'eau, avant d'aller récupérer ton sac à mains pour en tirer deux boites de cachets. Tu en prends deux de chaque, que tu avales, avant de venir boire quelques gorgées d'eau pour faire passer le tout.

Tes meilleurs amis : anti-douleur et anti-dépresseur. Anti-toi. Anti-tout.

Le temps que cela fasse effet, puisque tu as oublié, dans la précipitation matinale, de les prendre, tu préfères te concentrer sur ton vis à vis, plutôt que sur toi. Que sur ta jambe. Que sur ta psychée en morceaux.

« Dites Bunta. Vous aimez manger quoi ? Parce que j'ai pris des onigiris, des ramens instantanés et des buns au porc, mais c'est... eh bien. Quelque peu rustique. Je ne suis pas la meilleure cuisinière, mais je sais faire du basique, pour peu que vous m'indiquiez ce que vous aimez, n'aimez pas, si vous avez des allergies ou intolérances... »

Tu essaies d'y mettre du tien, oui... C'est un fait.[/i]
Astrée Nakayama
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Elle a besoin d’une boussole certainement parce que la chtiote est perdue ; je ne sais pas, il y avait quelque chose dans sa voix comme si coupée à un certain endroits, il y aurait pour toujours un tressaillis dans ses phrases, un trémolos dans l’âme. Rien qu’à entendre parler quelqu’un, on pouvait plonger dans un puits pour appréhender une personne et fiou, ça fonce loin et sombre chez elle. Elle a des cernes, peut-être pas sur le visage mais elle tremblote comme si elle sortait perpétuellement d’une mauvaise grippe. En rapport peut-être avec les médocs qu’elle s’enfilait ; peut-être que sa jambe lui arrachait plus de douleur qu’on pourrait le croire.

Je finis mon plat à grande vitesse et ne demande qu’à m’expulser de cet endroit : forcément, avec un être pareil qu’on vous associe d’une chaîne mortelle dont le moindre maillon brisé vous prendrait votre vie, entre deux inconnus qui au-delà des devoirs, devront coper avec l’autre jusqu’à la mort, ça serait une gageure d’être à l’aise. Je m’imagine déjà respirer enfin par chez-moi à préparer lentement mes affaires sous du bon son parce que l’atmosphère devenait vite glaçante à force d’être gorgée de politesse. Astrée me demande ce que je veux bouffer ; j’ai l’estomac plein mais je fournis un gros effort pour lui répondre et je vais tout simplement au plus simple :

“Des ramens, ne t’embête pas. C’est facile à faire, ménageons-nous.”

Je me lève et pose les quelques couverts dans le lave-vaisselle ; je termine ma bière en quelques instants. Je pourrais me présenter plus en détail mais dans l’idée, je préférerais laisser ce genre d’informations aussi importantes fussent-elles pour les rendez-vous : j’en avais eu l’idée pour ça puis je tirais un petit plaisir de ne pas savoir grand-chose d’elle et de découvrir au fur et à mesure sa personnalité m’enjaillait, d’une certaine manière, alors bien égocentriquement, je lui prêtais les mêmes désirs. Eh, c’était peut-être même ma dernière occasion d’avoir des premiers rendez-vous romantiques avec quelqu’un, je n’allais pas m’em priver aussi vite. Je dis calmement :

“Je vais rentrer chez moi, c’est loin et je vais rapporter l’essentiel pour le soir.” Je fais un petit salut de la tête, les bras pas loin du long du corps. Je me trouve encore trop engoncé, moi le fanfaron sous les étoiles, putain, ça valait le coup de se vanter de pouvoir tisser un lien avec n’importe qui si c’était pour buter contre la personne la plus importante de sa vie. Après, est-ce que c’était un défi réalisable ?

Mais je le sens pas les gens qui le sentent pas, non pas que j’ai quelque chose contre ceux qui se taisent, bien entendu que non, mais c’est difficile de s’ouvrir quand quelqu’un en-face a levé toutes les barricades possibles et protège des remparts de glace (et Astrée est loin d’être à cette extrémité) ; pire que difficile, ça pourrait même être maladroit. Parler à quelqu’un, c’est danser avec elle, c’est s’avancer et reculer alors déjà c’est compliqué de prendre l’initiative mais si en plus votre partenaire semble souffrante, il ne fallait pas lancer la valse à mille temps.

Cependant, quand quelqu’un ne va pas très bien, tu peux au moins laver l’honneur comme le seigneur lève des troupes et tenter de rassurer les malheureux. En passant près de la blonde, je pose une main compatissante sur son épaule.

“Ça va le faire. Ecoute, je suis pas la première personne à qui t’en aurais envie, mais si tu as le moindre souci, tu peux me parler. Il y a une pièce au fond de l’appartement, je n’en ai pas l’usage alors tu peux la prendre si tu la souhaites.” Voilà quelque chose de plus acceptable, c’est posé ainsi.

Je pars quelques instants après une fois les chausses remises et je retourne au garage où ma Lexus est planquée, j’ai dit à ce soir à Astrée, en me demandant dans le souterrain sombre si le choc derrière nous, on pourrait enfin mettre de côté les a-prioris pour commencer quelque chose de plus honnête. Il faudra travailler à s’entendre à l’intérieur des murs comme des colocs et voir si un jour, on pourrait s’entendre comme des gens mariés. Je savais que je disais, surtout les pintes dans le nez, que c’est pas une femme qui va changer quoique ce soit à ma vie - quelques conneries au quotidien - mais que dans la possibilité où l’on ne se supporte pas, rien ne s’embrouillera véritablement et je continuerais à sortir et à m’éclater le soir, faisant fi de la mauvaise ambiance comme d’une légère fumée. Mais maintenant que j’y étais, maintenant que je me rendais compte que une femme, une vraie personne, c’était un autre boulot que des illusions lointaines, mes certitudes s’étaient évaporées ; j’avais tant vécu loin de l’Incontestable et de sa lettre rose que je m’étais peut-être imaginé que jamais on me marierait. Enfin, pour être plus précis… Disons que je savais que demain, j’aurais une lettre rose mais pas aujourd’hui et ma vie avait été une longue suite de jours d’aujourd’hui.

Je finis après avoir vaincu le trafic de rentrer chez moi, dans mon appartement devenu peut-être un peu trop petit - il fallait que je me tire de là de toute manière, l’autre était bien deux à trois fois plus spacieux - et je me demandais par quoi commencer. Je me posai dans chaque oreille mes écouteurs et lançai la musique.
Bunta Nakayama
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Tu as voulu faire un effort. Et tu as l’impression de te prendre un revers de gant. Sa réponse te donne l’impression qu’il t’envoie paître. Et son attitude par la suite également. De se lever, débarrasser, vouloir partir… Tu baisses la tête, te traitant d’imbécile, mais il s’arrête, pose une main sur ton épaule, pour te lâcher ces mots là…

Tu inspires, profondément, pour essayer de te contenir. Mais tu ne réponds pas. Le laisse partir, en silence. Tu attends d’entendre la porte d’entrée se fermer, avant de te lever, jeter ton plat que tu n’as pas terminé, avant de claudiquer jusqu’à une fenêtre, que tu ouvres, puis récupérer un paquet de cigarettes que tu ne touches que rarement – uniquement lorsque tu te sens sous pression – pour en sortir une et la caler entre tes lippes, puis l’allumer. Tu la fumes, en prenant ton temps, pour finalement la terminer et aller jeter le mégot, à son tour. Puis, tu retournes récupérer ta valise, à la recherche de la chambre, que tu finis par trouver. Tu viens ranger tes affaires dans le placard, avant de t’assoir sur le lit. Il te semble confortable. Le matelas n’est ni trop dur, ni trop mou, et la couette te semble moelleuse à souhait. Quant aux oreillers… et bien, il y en a assez pour que tu en piques deux pour toi.

Puis, tu te lèves, décidée à aller chercher cette pièce dont Bunta a parlé, plus tôt. Une pièce qu’il ne compte pas utiliser, apparemment. Et… tu t’y sens de suite chez toi, à vrai dire. Cette bibliothèque, ce coin lecture, ce bureau… D’accord. Ici, ce sera ton refuge. Tu as adopté cette pièce. Tu te dis, donc, que demain, tu viendras ranger tes livres ici. Ainsi que tes crayons, tes feutres, tes papiers…

Tu te décides, cependant, à reprendre ta visite, avant de… eh bien. Retourner dans la chambre, pour retirer ton pull, ton jean, avant de te glisser dans le lit. Tu as bien mérité de dormir encore un peu, non ?

… Non. Mais tu en as vraiment besoin. Et à peine ta tête est-elle posée sur l’oreiller, que tu t’endors, directement, sans te sentir partir. Pour ne te réveiller que bien plus tard. Au début, en ouvrant les yeux, tu ne sais plus trop où tu es. Tu te passes une main sur le visage, avant de te lever et te diriger vers la salle de bains, sans te couvrir plus pour le moment. Le tout, pour pouvoir te passer un peu d’eau sur la figure.

Et puis, tu te souviens. Ce matin, la lettre rose. Le repas. L’ambiance plus qu’étrange. L’impression de t’être faite jeter, alors que tu as tenté de faire un effort. Tout. Tout ce malaise qui pèse, dans ces lieux. Bunta qui était parti chez lui. Il est rentré ?

Tu te frottes les yeux, encore un peu ensommeillée, avant d’aller jusqu’au salon, pour aller te servir un verre d’eau et en le cherchant, peut-être. Oubliant bien ta tenue. Heureusement, tu as opté pour quelque chose de sobre à te mettre sur les fesses, aujourd’hui. Pas du coton, mais pas de la dentelle non plus, quoi.

Au moins, s’il est là et que tu n’as pas capté sa présence, comme ce matin, alors tu dois lui offrir un drôle de spectacle. Mais tu finis par sentir un courant d’air, heurter tes jambes. Et te rends compte que tu n’es qu’en t-shirt manches longues et culotte. Tu regardes, en boitant, jusqu’à la chambre, pour récupérer ton jean et le remettre là où il doit être.

Est-ce le moment de mourir de honte ou bien est-ce que tu as eu de la chance ?
Astrée Nakayama
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Le grand rangement se fait sans hâte, sans pression et sans grande hargne ; dans chaque oreille je reçois “High Voltage” et l’énergie qu’on peut en tirer : une super ligne de basse en arrière-fond avec des paroles erratiques et des ponts de silence qu’on ne trouvait généralement plus dans les musiques de grande écoute. Le chantier du déménagement était énormissime mais c’était cela qui me plaisait : un travail accompli trop vite et c’était l’ambiance hasardeuse, entre aube et crépuscule - parce que le doute est un vers solitaire plus rongeur que la colère ou la mauvaise ambiance - cette ambiance pleine de doutes comme un mur d’escalade aux prises inversées et glissantes duquel on ne pouvait pas vraiment tomber.

Je vous fais grâce de l’entièreté de l’inventaire et de tous les cartons que j’étais allé chercher au garage et de toute l’organisation d’un déménagement qui n’avait pas plus de malice que le vôtre si ce n’était peut-être comme je l’avais dit, un grand nombre d’affaires que j’avais pioché au hasard de ma vie pour en constituer un stock important de passé - la mémoire qui fait défaut tue bien plus de vie que la mort, alors sachez prendre des photos ! Imaginez, pas mal de natifs généralement quittaient rarement le Japon : l’Incontestable agrippait fort par le col et les déplacements en territoire étranger étaient contraints par les baisages habituels et les bisous sur la trompe de chacun. Moi par contre, j’avais le double avantage d’un métier qui demandait des fois des tournages à d’autres horizons (notamment les moins chers) et ce, sans que je n’aie de lettres roses de l’Incontestable, autant dire que j’avais encore deux ailes et de plus, une trajectoire. Je ne compte pas le nombre de fois où j’avais même pris la tête de la réalisation car le réalisateur n’avait pas pu se défaire de l’emprise du mariage pour venir : Bunta est pratique, tout le monde le sait. Et donc j’étais allé un peu partout dans le monde pour aider à des productions où certains Japonais ne pouvaient aller et me voilà avec les appartements plein de choses étrangères, de vêtements d’ailleurs, des journaux particuliers, des grandes photographies, des peintures, des sacs, des pots de miel de Mongolie et bien plus. Après, tout ça, je l’empaqueterai en dernier lieu, le plus important, c’était les vêtements, les accessoires de muscu, les DVD et disques durs avec mes films les plus importants, les plantes aux feuilles douces, mes plus fragiles cocottes. Mes chaussons, c’était le plus important. D’autres bières, le nouveau plus important.

Enfin, vous connaissez les bruits de scotch contre le carton, les reniflements quand on regarde sous le lit les tapis de poussière, les égarements habituels quand les affaires, en bien trop grandes quantités pour leur espace avaient pourtant trouvé un certain équilibre dans le vertical ou l’arrière des choses et ce n’était qu’en déballant, qu’en brisant le vase, qu’on se rendait compte à quel point il contenait trop d’eau, physiquement parlant.

Il y avait deux extrêmes dans la vie, les maisons blanches, les maisons témoins sans âme que seuls des bons samaritains savaient encaisser sans devenir timbré où toute pièce était parfaitement rangée et il ne suffisait que d’une chaussette pour provoquer l’anarchie et le dégoût comme une mouche écrasée sur un tableau vierge savait le faire. Voilà, je vous parle de maison triste, de maison trop carrée où les angles piquaient et où le vide impressionnant de l’ambiance quelconque empêchait toute harmonie avec les meubles ou les sculptures, tout trop minces et trop désolés. De l’autre côté de l’extrême, vous aviez ce que j’avais, ce que mes parents avaient et toutes ces maisons inhospitalières pour qui n’y vivaient pas, ces gros pleins de partout qui débordent, les placards ouverts par les manches de poêle, où aucune place n’était certaine et se débattait avec la forme des autres objets, ces grands cocons dévastés par une tempête intérieure d’êtres vivants en son sein. Moi-même j’aurais dû être le premier à apprécier le gigantisme du travail à accomplir et un coup d’oeil étranger m’aurait donné juste quant au temps estimé à empiler dans les cartons ce bardas gargantuesque… Mais c’était sans compter sur le vertical et l’arrière des choses qui fortes de leur statut d’autres dimensions avaient encore plein de choses à me faire découvrir. J’en avais pour trois jours ce matin, voilà que ça allait me prendre cinq années maintenant que j’étais éclairé.

J’appuyais sur ma portière de Lexus pour la fermer ; vous comprenez maintenant que quand je rentre au garage de ma nouvelle demeure et que j’emprunte les escaliers, une plante verte sous les bras et un grand carton mal ajusté sous l’autre, je suis pris de fatigue et je dodeline de la tête dans l’ascenseur. Je me recompose vite quand j’arrive à mon étage et les émotions qui me bouffent l’estomac grésillent tout ce qu’ils peuvent pour me fournir un peu d’adrénaline et bientôt, diantre, je n’aurais plus de cerne après un tel cocktail.

J’ouvre et je ne trouve pas Astrée mais je l’entends et elle se trouve sous la douche ; elle l’avait baptisé avant moi… Mais cette chaleur et mes efforts, il faudrait que j’y aille juste après. Je continue mes allers et venues entre l’ascenseur et la maison, trois devraient suffire pour tout poser un peu à-côté de l’entrée, mes affaires de première nécessité. Je vous raconte que pour saluer la fin de ma besogne, c’est Astrée d’un coup qui m’accueille sans l’avoir prévu et elle s’en va vers la chambre certainement pour couvrir ce dont les romanciers d’avant n’oseraient jamais parler malgré les grands paragraphes qui filaient dans leur tête pour les empêcher de mordre le sujet de leur désir soudain. Ceux qui me connaissaient savaient que ce genre de vues chez moi déclenchait le moindre commentaire qui lui-même camouflait une envie inextinguible d’aller chercher une boisson pour la biche mais cette fois-ci, je me retenais si bien tel un marin qui empêche à mains nues, tenant son cordage tiré, son bateau de dériver pendant une tempête de crus et de grossièretés. Peut-être la seule pensée qui me traversa pleinement fut qu’elle quittant le living, roulant ostensiblement ce qui prendrait des années à décrire comme il le faudrait, j’admirais au moins le pulpe de ses cuisses en imaginant qu’il n’y avait ni assassinat ni suicide si quelqu’un finissait étranglé entre : c’était juste un privilège contre lequel il avait négocié sa vie.

D’un coup d’une légère humeur maintenant que le principal avait été fait sérieusement, je prévins Astrée en passant près de la chambre que j’allais me doucher. Je transpirais facilement et j’avais le front si luisant que je pouvais sentir le sel se coucher à nouveau sur ma peau dans un grattement désagréable. La douche tiède, ensuite froide, fut si bonne que j’y restais quelques minutes supplémentaires, puis je me passais un savon sur tout le corps et frotta et frotta comme si je pouvais prendre de l’avance sur les douches à venir. Une fois que je quittais la salle de bain, je prévins que j’allais distribuer mes affaires dans les pièces et je partis m’occuper ainsi. Pendant que je faisais, je demandais à la belle, non sans mettre un léger sourire pour me rendre agréable :

“Tu as visité un peu ?” Le sous-entendu était clair, je voulais savoir si elle était particulièrement passée dans la pièce que je lui avais laissée. “Je vais commencer à avoir faim. On fait ensemble ? Je crois qu’on doit une activité à l’Incontestable.”

On doit aussi un baiser de mémoire, mais je le garde sous silence pour éviter que la gêne ne se repointe. Je garde aussi sous silence l’épisode de ses jambes à nu, j’avais hésité à faire un commentaire mais comme je ne savais pas si ça allait briser la glace ou la raffermir, je préférais ne rien tenter pour le moment. Moi-même, je savais que j’étais tiède avec elle mais encore une fois, je savais qu’aidé par les rendez-vous, l’alcool et je ne savais quel allié encore, j’allais pouvoir lui apprendre qui j’étais tranquillement, sans presser et sans brusquer. Pour un tel sujet comme le mariage, je me surprenais à déployer des trésors de patience quand d’habitude, j’étais le gai luron qui fonçait sans état d’âme pour la lenteur, et des trésors de douceur quand d’habitude, j’étais le gai luron qui fonçait sans état d’âme pour la subtilité.
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