Just Married
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Épreuve 3 ;;
Jouet avec le feu
La nostalgie, un beau sentiment, mais parfois un peu triste. Pourtant, voilà que vous retrouvez vos jouets d'enfance. Ceux qui vous ont suivi durant de nombreuses années et qui vous ont vu grandir. L'occasion de se remémorer de bons moments passés ensemble. Attendez... Est-ce que l'un d'eux ne vient pas de bouger ?! Mais si, le voilà qui s'approche de vous et, visiblement, il ne semble pas particulièrement content. Ses camarades non plus. Apparemment, ils ont des comptes à régler avec vous.

Rappel des règles

✗ Cette épreuve est un duo écho.
✗ Vous avez deux jours pour faire un post chacun.
✗ L'épreuve se termine donc le 29 mai à 23h59.
✗ Les posts sont limités à 1500 mots maximum.

✗ Rappel du duo écho
Dans une épreuve duo, deux champions de forum différent sont mis ensemble afin de poster chacun un post unique de 1500 mots maximum.
La particularité, c'est que dans un duo écho, les deux textes doivent faire écho l'un à l'autre. Cela peut-être au travers d'un même personnage apparaissant dans les deux posts, une même scène, une action identique... Quelque chose doit lier les deux posts selon le détail qu'il vous plaira. Laissez libre court à votre imagination !
Attention, utiliser un même code ou faire apparaître une même phrase n'est pas suffisant. Jouez bien le jeu.

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L'Incontesté
Si t'es sage, t'auras un badge
Machine à écrire
A posté 100 messages
Invité
Seito Mori
Anonymous
Dim 29 Mai - 12:14
JOUET AVEC LE FEU


Le petit Seito illustré:

La maison est vide. A travers les fenêtres ouvertes, les cigales s'époumonent. En ce début d'été, l'air est lourd. Il ajoute de la pesanteur à l'air vicié du bureau dans lequel il a élu domicile. Le matelas à même le sol témoigne de son statut de clandestin. L'adolescent s'abandonne à l'ennui. Quelques notes de musique percent sa bulle. Un éclat de rire se perd dans le méandre des badauds. Dehors, le festival bat son plein. Il ne partage pas leur liesse, pas plus qu'il ne s'ouvre à l'espérance à laquelle la tradition contribue. Ses parents et la Chose sont partis sans lui. Prétexter ne pas être de bonne compagnie était une évidence, assumer la solitude de son choix est un crève-cœur. Les étoiles se passeront de lui cette année, n'en déplaise au Bouvier et à la Tisserande. Une énième déception de sa part ne devrait pas les étonner. Si ses parents s'en sont accommodés, les astres le peuvent aussi. Dans l'immensité où ils demeurent, il n'est qu'une poussière insignifiante. Un grain de sable dans une machinerie astronomique que les rouages du destin écrasent avec une minutie céleste.

Le halo d'un lampadaire éclaire faiblement la moiteur de sa peau. L'immobilité l’écœure, Seito déroule sa colonne vertébrale et se retrouve assis. Son regard accroche l'extérieur mais ne s'y attarde pas. L'écran de son portable déchargé lui renvoie son reflet, aminci par l'anxiété. Aucun livre ne saurait combler le vide béant dans sa poitrine. D'ordinaire peu enclin à l'affection tactile, il ne déclinerait pas une étreinte. Nul besoin d'effusion de baisers, d'effervescence de compliments. Un corps seul suffirait. Lover sa tête contre un torse bienveillant et se complaire de deux bras qui l'enserrent. Les pores dilatés par l'asthénie, il trouve la force de se redresser complètement. Ses jambes le portent jusqu'à la cuisine mais une porte entrouverte attire son attention avant de l'atteindre. Mû par une curiosité dissonante, son corps se faufile sans un bruit par l’entrebâillement. Le souffle court, l'obscurité l'enveloppe de son châle écliptique. Pour une raison qui lui échappe, il a pénétré dans l'antre de la Chose.

Ses pupilles ont bien dû mal à s'acclimater à la pénombre. A mesure qu'il analyse son environnement, les ombres lui jouent des tours et s'amusent du sursaut de son palpitant. La paume de sa main agrippe l'un des poteaux du lit à baldaquin, maigre repaire dans cette galaxie inexplorée. Enfin, il fait un pas. Loin d'égaler les astronautes lunaires, il se contente de suivre les contours du meuble jusqu'à effleurer la veilleuse du bout des pieds. Une lueur bleutée illumine la tanière, il retient un battement. De multiples faisceaux projettent une myriade de météores sur les murs, effaçant l'espace d'un instant le trouble qui l'afflige depuis qu'il s'est introduit dans cette pièce. Son regard, jusqu'alors nébuleux, vient se poser sur l'objet de ses désirs et il contient son affliction. La crinière ébouriffée, Kyou l'observe au bout du lit d'un air morne. Un frisson crapahute sur son dos à en hérisser les cheveux de sa nuque. La peluche est accompagnée de ses congénères, grands buveurs de thé du peu qu'il sait. Parmi eux, Yuzu le singe, une peluche également, et Momo – diminutif affectueux de Momotarō – une poupée en tissu.

Un coup d’œil inquiet sur la porte, Seito scrute le lit mais refuse de s'y asseoir. L'hésitation au bout des doigts, un dérèglement du spectre électromagnétique s'opère. Le domaine du visible se distend puis les frontières s'effacent au profit de l'imperceptible. Les jouets prennent vie, sous ses yeux ébahis.

Le vieux lion étire sa carcasse débourrée et secoue sa crinière dégarnie. Plutôt que d'encaisser la stupeur par un mouvement de recul, Seito se fige. Le visage sclérosé par l'angoisse, il ne lui vient pas à l'idée de remettre en question la vraisemblance de la situation. Le singe prend la parole en premier, suivi bien vite par ses camarades de chambrée.
« Je le croyais bavard.
— Et moi plus souriant.
— Quel âge a-t-il ?
— Si petit, si fragile, on dirait un enfant. »

Les murmures prennent de l'ampleur. Le coryphée jadis flamboyant pousse alors un rugissement terrifiant et réduit à néant tout commentaire superflu.
« C'est le cas. » répond-il d'une voix sans appel. « Présente-toi Seito. »
Le japonais tente vainement de reprendre contenance et d'insuffler un brin de vie dans la pâleur de ses joues.
« Je... » Un filet de voix s'échappe de sa gorge nouée. Tour à tour, ses yeux se posent sur les jouets qui lui font face. Le silence brutalement obtenu est à nouveau rongé par le brouhaha que sa réparti a instigué. Cette fois-ci, la poupée de chiffon prend les devants :
« Une pâle copie de sa sœur.
— Le roi a-t-il vraiment joué avec lui ?
— Le garçon ne l'a-t-il pas trahi ? »

A peine le fauve émet un grognement que la plèbe se tait. L'adolescent dévisage son compagnon d'infortune, inconscient de l'accusation à venir.
Au bout d'un moment, le lion dit :
« Non, il a fait pire. Seito m'a abandonné aux mains de la Chose. »

Un soupir d'effroi agite l'assistance, Seito tressaille. Le scintillement d'une dague en plein cœur ne l'aurait pas autant aveuglé que cet aveu déflagrant. Le trou noir de son cœur se comprime, il accuse le coup en chancelant.
« Je n'ai pas voulu. » souffle-t-il.
Ses tempes vibrent au rythme de ses pulsations erratiques. Des images se superposent dans son esprit déchiré. D'abord flous, les souvenirs affluent à la surface, propulsés par l'énergie du désespoir. Il les repêche un par un et se laisse happer par les réminiscences d'une obsolescence programmée.

Le lion fait ROAR ! Haha et Chichi s'autorisent même une imitation. Ce qu'il rigole. Lui aussi montre les crocs et cela lui vaut le surnom de Koneko. Parmi toutes les peluches du zoo, il choisit le lion. De la majesté et du panache, il ne lui faut pas plus d'éloge pour le convaincre que cet animal solaire mérite sa place en tant que roi. Il le prénomme Kyou, en hommage à son pelage couleur abricot.
Le lion fait RONRON ! Chichi a la tête dans les étoiles. Armé de son télescope, il lui apprend le nom des constellations. La Grande Ourse est une casserole renversée, il est hilare. Pégase n'a que trois jambes et sa tête manque à l'appel. Le Lion ressemble à un pied indépendant qui court un marathon stellaire.
Le lion fait GRRR ! Le ventre de Haha s'arrondit. Kyou ne juge pas ses accès de colère, il se sacrifie pour absorber sa peine. Au final, même les étoiles choisissent l'implosion plutôt que la vie.

Seito ouvre les paupières. L'herbe est mouillée sous son dos, il le remarque en se redressant. Les bras desserrés, Kyou retombe mollement sur ses cuisses. Interloqué, le japonais s'aide de ses mains pour se relever. Un pétard fuse à quelques mètres et illumine le jardin d'une gerbe d'étoiles filantes. La détonation tranche le brouillard de ses hallucinations. Un soubresaut et le lion retrouve la chaleur de son étreinte. Un deuxième retentit, puis un troisième, mais déjà son attention dérive. Une brise légère fait bruisser les feuilles des bambous attenants. Sur leurs branches, des tanzaku ondulent. Sans plus attendre, il s'engouffre dans la maison et récupère dans la cuisine une bandelette de papier bleu. Marqueur en main, l'hésitation le surprend à nouveau. Son cœur anémié tressaute et soudain, du lion, l'essence de la vie jaillit. Il ressent le Ch'i jusqu'au plus profond de son être. Une énergie fulgurante qui anime le moindre parsec de son système solaire.

Véga et Altaïr veillent sur lui depuis la Voie lactée. Leur dualité fait parti intégrante du mythe. Son passé n'est pas tissé des mêmes fils mais il y voit un parallèle manichéen. Le doute s'évanouit. C'est dans l'obscurité qu'apparaissent les étoiles. Il écrit son vœu d'une main sûre, y joint une cordelette et, toujours accompagné de Kyou, ressort affronter son destin. Le tanzaku rejoint ses paires ; Seito rejoint le sol, de son plein gré cette fois-ci, étrangement serein. Le lion blotti contre lui, il embrasse les étoiles du regard. Le vent gondole la bandelette bleue sur laquelle on peut lire : Haha, Chichi, Megumi, je souhaite que vous soyez heureux.






Seito Mori
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Noah S. Shaw
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Be.Wild:
Noah:
Petit glossaire:


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jouet avec le feu
avec seito
calléis, camp harmon'île
nuit tombée
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Le camp murmure une liesse atypique au silence accoutumé. Des éclats de voix, dans le lointain ; des rires et les crépitements de feux de camp allumés au centre de la clairière, plus près. Ma tente est ouverte, les battants tirés - plongé dans l’obscurité, installé à même le sol à l’entrée de mon abri de fortune, j’observe les silhouettes qui se détachent dans les halos brûlants. Les instruments de bois qu’on pince, qu’on gratte ou qu’on frappe font vibrer l’air de mélodies venues d’ici - de nos terres sauvages Callésiennes. L’heure est à la fête et, quand bien même j’ignore ce qu’on célèbre, je me laisse porter par les rythmiques familières, douces à mon coeur que les semaines alourdissent de plomb. Je demeure à l’écart, perché sur la butte où je réside, le visage caressé par le mistral de la vallée - inquiet de déranger, dissuadé par l’idée de détonner dans l’allégresse volée de cette tendre soirée.

À mes côtés, Oneira fait ce qu’elle sait faire de mieux : luire pour m’apaiser. Ses spores cérulés virevoltent dans l’air, portés loin par ce souffle qui fait battre les toiles et danser les flammes. J’observe leur placide ballet - la façon dont ils sont balayés avec douceur, s’élèvent et puis disparaissent, avalés par la nuit.
Dans un soupir lascif, je bascule. Je laisse la gravité faire son emploi - mon dos heurte l’herbe grasse avec précaution. Mon champ de vision se renverse - adieu, Harmon’île ; moi, je n’ai plus d’yeux que pour les étoiles. Mes prunelles cherchent, dans cette infinité terrifiante bien plus immense que mon indifférente existence, les contours de ces constellations cent fois retracées. Gravées au coeur au fil des insomnies - quand mon corps épuisé préfère tanguer sous la brise et la bruine que de fourrager des draps inconfortables à l’instant où les crocs de mes cauchemars se referment sur ma nuque -, j’éprouve réconfort à les trouver. Immuables. Éternelles.
Inventions du ciel, des hommes ou des Dieux - qui sait ?

« Là ! C’est la Grande Ursaring ! » Je m’adresse à Oneira comme si elle pouvait comprendre mes mots humains, le bras levé en direction de ces horizons stellaires pour désigner d’un index tendu la drôle de casserole renversée qui nous surplombe. « Et là, c’est la constellation du Némélios. » J’en aligne encore quelques unes, murmurées au firmament et puis, doucement, le poids sur mes paupières s’alourdit. Bercé par la bise et par le friselis des feuillaisons, par le chant des instruments et les rires de ma terre - je sombre.

Ça ne dure qu’un instant - le temps d’une inspiration ; d’un sursaut quand une sensation de chute dans le néant s’empare de moi et m’arrache brusquement à l’accalmie, le souffle court d’une stupeur glaçante. Un bruit. Comme le frottement des tissus froissés, dans mon dos. Je me redresse pour ramper à l’intérieur de ma tente, encore engourdi de somnolence. Pas l’ombre d’une Oneira, pas celle d’une Redolent : la hutte est vide de vie.
Perplexe, confus, je m’apprête à m’en retourner à l’extérieur quand un simulacre de mouvement attire mon attention. À moins que ce soit ma propre ombre, jetée sur les aspérités de la toile qui me sert d’abri ? J’approche, lentement, mais l’obscurité confond les formes et les chimères. J’arrache mon téléphone à ma poche, et j’allume d’un geste pressé la lampe torche.

. Dans le recoin de ma tente, tombé au pied de mon rudimentaire lit de camp - un vestige oublié. Je me penche, par dessus les ressorts qui protestent, pour attraper la peluche égarée. « Salut, toi… » Petite étoile fabuleuse tirée de nos légendes les plus précieuses ; Jirachi souriant qui continue de poser sur moi deux grands yeux bienveillants. Je l’avais oubliée ; persuadé, finalement, de ne même plus l’avoir. Comment ai-je pu la louper ? Les sourcils froncés par l’embarras, envahi d’un sentiment mordant de honte farouche à l’idée d’avoir tant négligé le présent d’Alice, je fais la moue. Pourquoi…?
Ah. Oui.
Oneira est entrée dans ma vie - et, moi, j’ai grandi. Je me souviens du jour où j’ai renoncé à serrer Astéria - c’est son nom, je crois - dans mes bras. Du soir, en vérité. J’ai longtemps fixé la peluche qui m’avait bercé, les mois qui ont suivi mon arrivée au village - premier cadeau d’Alice qui espérait chasser mes cauchemars sans avoir à me veiller de crainte que mes pleurs réveillent le camp. Et puis, je l’ai posée, au pied de mon lit. Je ne lui ai pas souhaité bonne nuit.
J’ai décidé, brusquement et injustement, que je n’étais plus un enfant ; qu’à treize ans, j’étais déjà bien assez grand pour ne plus serrer dans mes bras le moindre doudou réconfortant. La peluche est encore neuve - elle a si peu vécu. Pas une couture abîmée, pas un fil ôté… La tenir de nouveau entre mes mains fait trembler quelque chose en moi que je croyais perdu.

« Je te déteste ! » Mon sursaut est si violent que j’en repousse l’origine de cette voix. Un hoquet d’horreur se coince dans ma gorge quand la peluche se suspend dans les airs plutôt que de tomber au sol dans un bruit sourd. Muet, paralysé - sonné, je ne peux rien faire d’autre que contempler. L’évidence d’une absurdité - d’une erreur dans la syntaxe du monde. D’une incohérence que mon esprit ne trouve pas la force de contrarier. « Tu m’as oubliée ! » La voix est maigrelette, toute fluette comme celle d’un enfant - l’intonation accusatrice, un peu tremblante. Juste assez pour me nouer la gorge - tout juste ce qu’il faut pour qu’une culpabilité profondément humaine me chavire.
Non ! j’aimerais dire - mais mentir, je n’ai jamais su. Jamais aussi bien que j’aurais voulu. « Pardon… » Ce n’est qu’un murmure et ce n’est pas assez. Comment puis-je rendre des comptes à des mémoires que le présent s’acharne à me voler ?

Dans un bruissement léger, Astéria s’est approchée. Ses rubans dansent dans son sillage, comme porté par le zéphyr de l’extérieur qui s’engouffre dans le wigwam. « Pourquoi tu m’as laissée ? » Et cette petite voix, fragile, qui me déchire. Je voudrais la rassurer - lui dire que tout est resté là, dans mon coeur, elle y compris. Mais rien ne me revient que le jour où Alice me l’a donnée, et ce soir où je l’ai abandonnée. J’ai soustrait à mes propres souvenirs ceux de ces nuits où elle était la seule à mes côtés… Pourquoi ? « Je croyais que je n’avais plus besoin de toi… » Sa plainte est infime - presque inaudible. « Et moi ?! Ça ne comptait pas, si j’avais besoin de toi ?! » Les mots me heurtent, plus fort que je ne l’aurais voulu.
Plus certainement que tous les coups d’Adamante. Plus sûrement que toutes les chutes dans les neiges glaciales d’Adamantia.
Elle avait… besoin de moi ?
« Pardon. » Mon souffle est étranglé d’une émotion que je ne parviens pas à expliquer. « Pardon. Je savais pas. J’étais égoïste… » Égoïste de croire qu’être grand c’était maintenant ; égoïste d’oublier que je n’ai que quinze ans. Égoïste d’oublier que je ne suis qu’un enfant et, qu’après tout, les doudous ne vivent que tant qu’il y en a des comme moi pour croire en eux. À quel moment j’ai oublié l’affection que je lui portais ? « Viens là, Astéria. » Mes doigts embrassent ses rubans - j’enlace son petit corps contre moi, avec toute la tendresse volée dont je suis encore capable. « Recommence à croire en moi, dis, Noah… » Les yeux clos, le souffle paisible - des larmes silencieuses dévalent mes joues et s’en vont tremper la peluche blottie dans mes bras.
Je suis en paix.

Quand j’ouvre les yeux, le camp s’est tu. Plus aucun bruit que les craquements des bois environnants et le son d’une averse qui frappe la toile au dessus de mon corps somnolent. Je me redresse, confus - sous ma main, Astéria est là. Je me souviens.
Un coup de tonnerre déchire le silence et, dans un réflexe que je ne me connaissais plus, je serre la peluche dans mes bras. L’un de ses rubans me caresse le nez, et je louche dessus dans la pénombre, éclairée par le flash de mon portable que je n’ai jamais éteint et qui gît dans le désordre de mes draps.
Un élan me bouscule. Je me redresse, Astéria à la main, et je fouille de l’autre dans mes affaires de classe. J’en sors un marqueur fin. J’ôte le capuchon entre mes dents, j’étale soigneusement le ruban bleu sur un coin de mon bureau, et ma main tremble. Me pardonnera-t-elle de l’abîmer ? Recommence à croire en moi… J’inspire.
Fébrile, je m’arme de la plus belle de mes calligraphies pour imprégner le tissu d’encre. Au dessus du camp, un nouveau roulement de l’orage me fait frémir. J’attends l’éclaircie - mon esprit, lui, s’acharne à la quiétude.
Quand je me redresse, je ramène ma peluche contre moi, et j’avance dans l’embrasure qui sépare mon couvert de l’extérieur où le déluge s’abat sans discontinuer. Plus une seule étoile dans le ciel couvert de nuages épais ; mais la seule qui compte est dans mes bras.
Le ruban, qui s’agite au vent, dévoile mon voeu silencieux à la nuit - puissent ceux que j’aime et qui m’aiment à tout jamais être heureux.
C'était un réel plaisir d'écrire avec toi ! Tu as une plume fabuleuse, des idées tout aussi fabuleuses, et une bienveillance sans nom ! Merci pour l'expérience ♥

J'ai écrit ce texte sur Let it go de Chandler Leighton & Lo Spirit !

1640 mots - rip, j'ai éclaté la limite. Soit béni le +10% /sbaff
code rp by catharsis
Noah S. Shaw
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