Just Married
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Épreuve 5 ;;
Danse macabre
Connaissez-vous la fête des morts ? Non ? Et bien c'est l'occasion d'y participer. Ce soir, le ciel est dégagé, les étoiles sont visibles dans le ciel et les gens ont allumé des dizaines de cierges pour honorer les disparus. L'humeur est à la joie et à la fête, car c'est un moment de partage davantage que de tristesse. Vous êtes là également et vous regardez les âmes des disparus passer le pont entre le monde des vivants et des morts. Là-bas, l'un de vos proches arrive vers vous. Ne serait-ce pas l'occasion de faire de nouveau la fête ensemble et de danser jusqu'au bout de la nuit ?

Rappel des règles

✗ L'épreuve se termine au bout de 24 heures, soit ce soir, le 29 mai, à 23h59.
✗ Les réponses sont limitées à 1500 mots maximum.


▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬ ◆ ▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

 
L'Incontesté
Si t'es sage, t'auras un badge
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Invité
Luwei
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Luwei Senku-sha


Luwei Senku-Sha:

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Au Pays des Morts, le Souvenir est vie
Par Luwei, d'Ashita No Sekai

1648 mots


Le soleil se couchait derrière l’horizon, nimbant de rouge une dernière fois le ciel, éclairant la silhouette du chasseur dont le visage était plongé dans les ombres de son casque. Le sang coulait le long de sa lame, épais, noir, brûlant, comme la larme qui glissait le long de sa joue. Chaque bataille, chaque chimère éliminée était une petite vengeance contre ces créatures maudites qui lui avait tout pris. Sa vie, celle qu’il aimait, sa plus jeune sœur. Tout avait disparu dans l’horreur et les hurlements. Il n’avait jamais pardonné, il n’était jamais allé de l’avant. Il s’était fait un devoir de purifier le monde, avant de s’en aller à son tour, de laisser la vie renaître sans lui car il savait qu’il n’aurait plus sa place dans un monde en paix.

D’un geste sec, il chassa le sang de l’acier. La ville était sauvée. La ville… Laquelle était-ce déjà ? Ce n’était plus qu’une ville secondaire, une petite ville protégée par quelques défenses, qui avait eu la chance d’avoir une escouade de l’armée noire en son sein lorsque les chimères s’étaient manifestées. Il ne s’était pas battu pour eux, il ne s’était lancé dans la bataille que parce que ses proies s’étaient présentées.

Il soupira. Il était fatigué. Il voulait seulement dormir, se coucher dans l’herbe, attendre la Mort, oublier la souffrance et la solitude. Mais il ne pouvait pas. Il avait encore des combats à mener. Alors, sans plus un regard, il se détourna du cadavre du Geikirin, cette chimère solitaire. Une véritable saleté. Il en avait bavé. Les blessures sur son corps en témoignaient, mais il n’y prêtait pas attention. Sa tenue le maintiendrait en vie. Luwei Senku-Sha marchait, sans prêter attention à sa destination. Il se laissait porter par les bruits, les voix. Peut-être restait-il des adversaires ? Il ignorait que tout était déjà terminé, alors il fut surpris de se retrouver brutalement au milieu d’une foule joyeuse, paisible, animée.

Pourquoi ne se souciaient-ils pas de ce qui se passait ? Comment pouvaient-ils tenir un festival alors que, à l’instant, il versait son sang pour eux ? L’humain était ingrat. Il comprenait mieux cette vieille bique qui lui avait lancé ces quelques mots « l’homme est sa propre chimère, tu le comprendras un de ces jours. ». Oui… Il commençait à comprendre… Même si quelque chose n’allait pas. Cette fête elle-même était un problème. Les participants également.

N'était-ce pas Laure Everest ? Cette américaine brutale qui lui avait envoyé sa clef à mollette dans les côtes, un soir où il était ivre dans un bar, oubliant la fin du monde dans l’alcool ? Et là, Shun, son ancien voisin, ce gars qui ne cessait de se mêler de ce qui ne le regardait pas ???

Comment les morts pouvaient-ils l’entourer ? C’était impossible. Il devait rêver. Il se mordit la lèvre. La douleur était vive mais il n’y eut de réveil. Mais peut-être n’était-ce qu’un rêve trop précis, où même la douleur était comme réelle ? Ou bien il était pris dans une illusion. Mais, sa pensée n’en changeait pas : c’était impossible. Les morts ne pouvaient côtoyer les vivants. Ce n’était qu’une légende, une fable inventée par des êtres fragiles, incapables d’affronter la réalité pour limiter leur chagrin. Alors il marcha, entre les spectres du passé, fermant les yeux à ce monde dénué de logique, empreint de folie.

Etait-ce lui qui perdait la raison ? Avait-il finalement cédé à cette voix qui lui disait d’abandonner ? Après avoir vu tant de morts, après avoir perdu tant de proches, après avoir tant souffert pour acquérir la force de combattre. Cédait-il enfin à l’appel salutaire de Lyssa, responsable la folie d’Héraclès ? Il n’avait pourtant rien du héros aux douze travaux ! Il n’avait été qu’un imbécile se battant par colère et désespoir !

« Oublie tout ce qui fait de toi un homme, abandonne ta capacité à raisonner. Le monde n’a de sens. Tout meurt, tout est mort. ».

Ces mots flottaient à l’orée de sa conscience, participant à ce sentiment de flottement, d’irréel. Puis, comme si elle venait de loin, une voix familière retentit à ses oreilles, cristalline, surprise. D’abord, il n’y prêta pas attention, mais son regard finit par se tourner vers son propriétaire.

« Luwei ? Luwei ?? »

Ce n’était qu’un spectre dépourvu de visage. Elle avait perdu depuis longtemps ses traits. Ce n’était plus qu’un nom, une idée, un vague souvenir issu des tréfonds de sa mémoire.

« Qu’est-ce que tu fais ici ? Ce n’est pas ta place ! »

Cette voix. Il n’y avait pas de doute. Elle était celle de Sakura, de sa défunte sœur, dévorée aux premières heures de la Journée Hurlante, dont la main avait glissé de la sienne lorsque les crocs s’étaient refermés sur elle, juste avant que la petite amie de Luwei ne le pousse, sacrifiant sa vie pour lui.

« Comment ? Pourquoi ? »

Ce furent les seuls mots qu’il fut capable de prononcer. Il ne pouvait même plus faire un geste. Il était figé, de stupeur, d’incompréhension, de colère contre le dieu pervers qui lui faisait revivre cet instant, qui lui rappelait que le temps était passé au point de ne plus se souvenir des visages de son passé.

« C’est le monde des morts. Tu ne devrais pas être là. Tu n’es pas encore mort. »

Mort… Il l’était, intérieurement, depuis sept ans. Il n’était plus que l’ombre de lui-même.

« Je pensais ne jamais te revoir. Je suis tellement désolé. Je n’ai pas su te protéger. Je n’ai su protéger personne. »
« Ne t’en veux pas. Tu ne pouvais rien faire. Personne n’était prêt. »
« J’aurais dû l’être. »
« Tu en demandes trop à toi-même. Tu as toujours été comme ça. Tu dois vivre Luwei, tourner la page. Pardonne-toi. Aucun de nous ne t’en veux. »
« Je doutes pouvoir. Même après des millénaires, je resterai incapable d’oublier cette douleur ! Car c’est tout ce qui me reste. Vos visages, à Aya, à toi… Tous ceux que j’ai connus… Je ne peux même plus les voir en fermant les yeux ! Il n’y a que la douleur, rien d’autre ! La joie s’est éteinte ! »

Une claque retentit contre la joue de Senku-sha, lui envoyant une décharge électrique. Une chaleur résiduelle se propageait dans son corps, lui faisant ressentir le froid qui jusque-là l’avait engourdi, anesthésié. Le choc l’avait ranimé. Ce qui n’avait été qu’ombre se parait de lumière, ce qui avait été fumée devenait matière. Les visages des spectres prenaient forme. Ils n’étaient pas haineux, comme il avait imaginé. Ils étaient souriants, paisibles. Ils n’y avaient pas de mensonge ici, seulement la pâle sérénité de la mort, les faux-semblants n'avaient plus de raison d’être. Même le visage de sa sœur qu’il avait oublié se manifestait devant lui. Il s’en souvenait. Il ne l’avait pas oublié, il n’avait fait que fuir le souvenir par culpabilité. Il comprenait maintenant. Fuir le passé n’apportait rien. Ce n’était qu’une chaîne qui le retenait.

« Si tu es ici… Ayla… Où est-elle ? J’aimerais tant la revoir… »
« Elle n’est pas ici. Elle a trouvé la paix la première. Elle voulait que tu saches qu’elle t’aimait, qu’elle te souhaitait d’être heureux, jusqu’au jour où vous pourrez enfin être réunis. »
« Si tu la vois, dis-lui que… J’essaierai. »
« Ok. Passe le bonjour à notre sœur ! »

Luwei voulut répondre mais le monde s’effaçait sous ses yeux, comme une brume qui se dissipait. Les morts, la fête dans laquelle il avait évolué, marché sans se rendre compte disparaissait. Une larme coula sur sa joue, mais ce n’était pas de tristesse. C’était une joie étrange, une chose qu’il avait oublié. Un sentiment d’apaisement. Il n’était plus prêt à mourir, il voulait vivre, pour ceux qui n’avaient pu vivre, qui avaient peuplé sa vie, qui lui avait permis d’avancer, de connaître le bonheur. Il ne pouvait pas abandonner.

A la toute fin, alors que la brume était devenue si translucide qu’il était presque impossible de la discerner, il entrevit une silhouette qui le saluait. Sa sœur, Sakura ? Sa petite amie, Aya ? Il n’était pas sûr, mais il esquissa un sourire, posa la main sur la poignée de son épée Jian, et dégaina, se jetant dans les rues de son monde, parmi les chimères, fauchant les véritables ombres qui hantaient son existence avec une joie sauvage. Il ne se battait plus par colère, mais pour défendre ses souvenirs. Il n’oublierait plus rien. Dans l’aube naissante, il chantait.

Brandis ta lame, chéris le sang qui la salit,
La sueur tombera sur nos terres, donnera vie au printemps !
Brandis ta lame, maudit le sang impie
Honore les morts, engrais du printemps

Ils bâtissent de leurs corps brisé la route de l’avenir,
Ne laisse personne les salir,
Ils étaient les hérauts de notre renaissance,
Soit le champion de notre vengeance

Chasseurs levez-vous ! Battez-vous !
Ne restez pas allongés, attendant la mort !
Brandissez vos lames, n’ayez crainte de la mort !
Souriez, l’Oubli n’est pas pour vous !

Combattez sans peur, il y a encore du bien
Combattez avec l’espoir au cœur !
Relevez la tête, voyez ces lointaines lueurs !
Elles ne sont pas si loin. La victoire vous appartient !

Brandis ta lame, chéris le sang qui la salit,
La sueur tombera sur nos terres, donnera vie au printemps !



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