Just Married
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Les plus du perso :
Je suis: pro-Incontestable.
Époux/se : Une petite chèvre. BHÊÊÊ. ♫
Autre: Remerciements, big up, infos à savoir ?
Épreuve 5 ;;
Danse macabre
Connaissez-vous la fête des morts ? Non ? Et bien c'est l'occasion d'y participer. Ce soir, le ciel est dégagé, les étoiles sont visibles dans le ciel et les gens ont allumé des dizaines de cierges pour honorer les disparus. L'humeur est à la joie et à la fête, car c'est un moment de partage davantage que de tristesse. Vous êtes là également et vous regardez les âmes des disparus passer le pont entre le monde des vivants et des morts. Là-bas, l'un de vos proches arrive vers vous. Ne serait-ce pas l'occasion de faire de nouveau la fête ensemble et de danser jusqu'au bout de la nuit ?

Rappel des règles

✗ L'épreuve se termine au bout de 24 heures, soit ce soir, le 29 mai, à 23h59.
✗ Les réponses sont limitées à 1500 mots maximum.


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L'Incontesté
Si t'es sage, t'auras un badge
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Jill Fellowes
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Jill Fellowes

Les résumés:

Ressentais-tu l'électricité statique dans l'air ?
Douce mélancolie qui s'immisçait dans ta poitrine accompagnée de ce léger frisson dans l'échine, la réminiscence de tes derniers instants en leur compagnie ressemblaient à une véritable idylle enfantine. Soirée de fête en une Calléis modèle, ce crépuscule était en l'honneur de ceux dont l'enveloppe charnelle s'était désagrégée pour permettre à leurs âmes prisonnières de s'envoler vers des contrées éternelles. Photos encadrées et cierges allumés, une fresque murale composée des visages immortalisés des défunts comme des lumières dansantes au gré des brises - symbolisant la présence de Xernéas en ces lieux bénis - s'était peu à peu dessinée depuis le début des festivités, au fur et à mesure de l'arrivée des invités. Lieu de deuil pour les disparitions les plus récentes comme de souvenance pour les plus anciennes, voilà vingt-et-un ans que ceux qui comptaient t'avaient laissé tout en t'incombant de la plus grande des responsabilités : veiller sur le reste des Fellowes, Ophelia en priorité ; ta cadette adorée. Mission que tu tentais d'accomplir de tout ton cœur, tu ne pouvais savoir si tu étais réellement à la hauteur de leurs attentes indéfinies néanmoins tu espérais que tes efforts valaient quelque chose aux yeux de tes géniteurs et ce, même si tu conservais au fin fond de ton esprit cette pointe de peur. Insidieuse, douloureuse, toxine qui depuis toujours te pourrissait de l'intérieur, tu ne voulais pas être la renégat de la famille, être considérée comme une simple tueuse déviante dénuée de raison. Atlas, ce qui t'affligeait le plus était que les autres ne puissent pas voir que tu supportais sur tes épaules le poids des responsabilités et de la culpabilité afin d'offrir un avenir brillant à ta chère soeur, celui-là même que tes parents n'ont jamais réussi à te façonner, faute d'avoir pu essayer. Liens du sang plus puissants que la moralité ou bien l'altruisme, tu avais sacrifié intégrité et humanité pour octroyer aux tiens de quoi survivre, de quoi vivre, de quoi exister.

Te frayant un passage entre les différents groupes d'humains qui priaient devant les portraits, tu t'approchas de cette magnifique sépulture spirituelle ornée de fleurs agencées avec dignité et déposas à ton tour la photographie de tes deux parents bien-aimés. Silence respectueux, tu observas leurs visages radieux imprimés sans pouvoir t'empêcher de revivre tous ces instants partagés en leur sublime compagnie, lorsque la vie était belle et que tes principaux problèmes se résumaient à ne pas dépasser le couvre-feu. Discrètement, un petit sourire nostalgique vint éclairer ton visage et tes prunelles retrouvèrent une voûte céleste constellée d'astres à la brillance extrême, une vision qui te resta à jamais gravée en tête. Orpheline depuis tes sept ans, tu n'avais pas pu grandir correctement et ils n'avaient pas pu t'inculquer toutes leurs magnifiques connaissances, surtout en matière de science ; tu aurais aimé qu'ils soient là ce soir pour découvrir les astres avec toi, pour t'indiquer quelle constellation représentait quoi. Une musique acoustique et une voix aigüe te tirèrent de ta rêverie, les festivités débutaient donc pour de vrai. Sans rien ajouter, aussi pour permettre à d'autre de momentanément se recueillir comme tu l'avais fait, tu t'éclipsas de la fresque pour plutôt graviter autour du fleuve Rabord qui coulait à proximité. Les plus jeunes de ta contrée d'origine se trouvaient dans le coin et profitaient de quelques gouttes d'éthanol tandis que les accords musicaux continuaient de virevolter dans les airs, jusqu'à vos oreilles. Un peu à l'écart du reste, tu vins t'asseoir au bord de la rivière. Voie Lactée, seule comme une étoile, tu observais paisiblement ton reflet dans le liquide pur tout comme celui des lumières qui te surplombaient. Habituée de la fête, difficile de ne pas l'être en étant officiellement barmaid, tu préférais prendre un peu de temps pour ressasser cette histoire vieille comme toi ; peut-être que plus tard tu irais rejoindre tes amis et le reste de ta famille qui s'amusaient là-bas. Alors, pour occuper tes phalanges pendant que ton esprit vaquait dans les nuages, tu attrapas un galet qui traînait à côté de toi et le lanças avec suffisamment de précision et d'habilité pour ne faire aucun ricochet. Principe plutôt simple en théorie, la pratique se trouvait bien plus difficile et progressivement tu vis dans ton reflet tes traits se crisper sous les coups de la frustration.

Un visage à la pilosité importante apparut à la gauche de ton reflet. Il te souffla de ne pas lever aussi haut ton bras avant de lancer. Un second visage bien plus efféminé fit de même à droite. Elle te conseilla d'être plus douce dans tes mouvements. "Vous croyez ?" Ils répondirent en chœur que oui, dans un léger rire qui te donna envie de faire de même. Mais, sans rien dire, tu t'exécutas et vit avec surprise le caillou rebondir trois fois de suite à la surface avant de sombrer dans les abysses. Les visages célébrèrent ta réussite et progressivement ton sourire de tout à l'heure s'intensifia. "Merci ! C'est grâce à vous. J'aurais pas pu réussir sans vous." Ils te répondirent qu'ils étaient fiers de toi et tu sentis le rouge te monter aux joues ; te faire complimenter de la sorte te plaisait toujours autant. Néanmoins, tu restas sur place à détailler les traits légèrement brouillés à cause du liquide que tu dérangeais avec ces pierres désormais noyées ; tu n'arrivais pas à croire en leurs dernières paroles et ils le remarquèrent bien vite. Les visages s'abaissèrent, ils venaient tout juste de s'asseoir à côté de toi. Les poils de tes bras s'hérissèrent mais tu dissimulas tes prunelles derrière ce voile d'épiderme pour t'imprégner de l'instant. "L'êtes-vous réellement ... ?" La brise s'intensifia légèrement, le vent fit voltiger tes mèches sombres comme pour te faire passer un message, mais lequel ? "J'ai fait beaucoup de mauvaises choses vous savez." La voix la plus grave murmura que tes erreurs découlaient des leurs, que tu ne devais pas te sentir responsable de la spirale infernale dans laquelle tu étais tombée, que c'était leur travail de t'empêcher de sombrer. Et ils avaient échoué. Tes iris revirent la lueur de la lune, ta main vint à nouveau déranger le fleuve qui s'assoupissait. La voix la plus douce reprit là où l'autre s'était arrêtée : son amour pour toi était indélébile, elle regrettait simplement que ce chemin t'ait mené aussi loin dans les méandres de la dégénérescence humaine. Néanmoins elle savait que tu essayais de t'en extirper à la seule force de ta volonté ; tu étais David contre le Goliath de ta société. Entendre ça suffit à te rendre le sourire. Tu ne voulais pas t'abattre, tu ne voulais pas te coucher et ce peu importe les infimes probabilités de succès, ton plus grand souhait était de mettre de côté cette vie de crime qui t'avait tant enlevé et tant donné. "J'ai fait ça pour ..." Ophelia. Dans leur bouche, son nom prit une sonorité toute autre. Bien plus douce, bien plus belle, bien plus passionnée, tout l'amour que tu avais ressenti s'était vu décuplé alors que vous veniez de mentionner la cadette de la famille. Ils le savaient. Tes raisons étaient pures, tu ne l'étais hélas plus. Mais ils ne t'en voulaient pas, ils ne pouvaient pas.

Et savoir ceci t'offrit la catharsis tant recherchée. Tu n'étais pas aussi mauvaise que tu le pensais. Ceux dont tu cherchais la validation depuis tant d'années venaient de te le confirmer. Alors ... À quoi bon pleurer ?
Bras contre tes orbites mouillées afin de balayer le soulagement matérialisé, tu reniflas bruyamment avant que ton sourire ne réapparaisse, bien plus pétillant que jamais. Comment expliquer ce sentiment de libération que tu ressentais ? Comme libérée du fardeau de tes regrets, ta conscience se portait bien plus tranquille désormais mais cela ne voulait pas dire que tu avais absolu tous tes péchés. Mais l'heure n'était pas aux lamentations mais à la joie, aux célébrations et à la foi. Au loin, tu entendais les percussions et les rires, des voix cassées qui s'exclamaient devant les danseurs effrénés, devant les bons comme les mauvais. Entendais-tu leur appel ? Tu venais de recevoir la gratification tant espérée, plus rien ne te retenais. Tu te relevas alors avec vigueur alors que la prochaine musique semblait démarrer. "Mamie et Ophelia doivent m'attendre pour danser. Vous vous joignez à nous ?" Leurs reflets acquiescèrent d'un mouvement de tête et tu te retournas finalement en direction de la fête, prête à continuer à vivre cette vie qui était la tienne. Tu pouvais les sentir marcher à tes côtés et t'accompagner. C'était l'heure de s'amuser. “Elles seront heureuses de vous retrouver.”
Jill Fellowes
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